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Jazz

Dernière mise à jour : 21/02/2017

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Bien qu'elle soit à l'origine de ce site, la polyphonie corse est loin de constituer mon unique horizon musical. Je suis passionné de jazz depuis l'âge de dix-huit ans.
On trouvera sur cette page certains des musiciens de jazz qui m'ont le plus marqué.
Je ne vise en aucun cas l'exhaustivité, et on ne trouvera pas forcément ici de musiciens très connus dont la renommée n'est plus à faire, mais beaucoup de "petits maîtres" (sans aucune nuance péjorative) et des "coups de coeur" personnels. En bref, mes musiciens préférés.

C'est dire que mes choix sont entièrement subjectifs et ne sauraient représenter un échantillon représentatif de ceux qui comptent dans le jazz.

L'objectif est simplement de donner au visiteur/lecteur l'envie de découvrir des artistes dont certains sont très célèbres, mais aussi d'autres dont on entend rarement parler, mais qui n'en sont pas moins estimables.

De Gato Barbieri et Carla Bley à Andy Sheppard, voici quelques uns des musiciens que j'aime voir et entendre :    

Eivind Aarset
Gato Barbieri
Carla Bley
Daniele Di Bonaventura
René Caumer
John Coltrane
Miles Davis
Elina Duni
Laïka Fatien
Paolo Fresu
Jan Garbarek
Renaud García-Fons
Melody Gardot
Charlie Haden
Tigran Hamasyan
Keith Jarrett
André Jaume
Stacey Kent
Diana Krall
Nguyên Lê
Fabienne Marcangeli
John Mc Laughlin
Giovanni Mirabassi
Caroline Nadeau
Enrico Pieranunzi
Terje Rypdal
Andy Sheppard
Virginie Teychené

Le jazz vocal

ECM

Le jazz corse et en Corse
Les festivals, notamment le Calvi Jazz Festival, sont désormais en page "Jazz live"

L'agenda jazz est également en page "Jazz live"

Pour ceux et celles qui n’aiment pas (encore) le jazz...
(ou qui croient ne pas aimer le jazz !)

Les nouveautés du jazz

Les livres sur le jazz.

NOTE : J'ai décidé, pour accélérer l'affichage de la page, de créér une page dédiée aux vidéos. Des liens permettent d'accéder aux vidéos sélectionnées pour chaque musicien.

L'actualité

Février 2017

Disparition de Larry Coryell

Le dimanche 19 février décès à 73 ans de Larry Coryell, un des plus fameux guitaristes de jazz de tous les temps. Surnommé "le parrain de la fusion" pour la part importante qu'il prit dans la naissance et le développement de ce genre musical qui unit jazz, rock et funk. Larry Coryell est né au Texas en 1943, et avait publié plus de 60 disques ; en 1973 il fonde The Eleventh House. Son disque le plus connu est Spaces, enregistré en 1970 avec le guitariste John McLaughlin, le batteur Billy Cobham, le bassiste Miroslav Vitouš et le pianiste Chick Corea.

Deux parutions intéressantes :

« Hi Dream » d'Alexis Avakian tout d'abord.

avakian

Nous avons connu Alexis Avakian au Festival de Jazz de Calvi. Son premier album nous avait déjà conquis il y a deux ans, Alexis Avakian et son quartet avaient réussi à intégrer avec subtilité le folklore et la culture arménienne dans un jazz aussi rythmique que lyrique. Le saxophoniste qui publie ici son deuxième album est un musicien particulièrement raffiné qui soigne ses compositions. Tout en évitant le cliché d’un jazz world auquel ses racines arméniennes auraient pu l’enfermer, c’est au contraire un jazz très ouvert et protéiforme que nous propose Avakian.

L'artiste, que l'on découvre ici à la guitare et à la flûte, a composé onze nouveaux thèmes pour ce nouveau projet, entouré de Fabrice Moreau à la batterie, Mauro Gargano à la contrebasse et Ludovic Allainmat au piano. Comme précédemment, le doudoukiste Artyom Minasyan est aussi de ce voyage où s'entremêlent parfaitement les racines d’Alexis Avakian et le swing de ses musiciens.

« Hà Nội Duo » de Nguyên Lê et Ngô Hông Quang

ha noi

Sur « Hà Nội Duo  » (ACT/PIAS), Nguyên Lê et Ngô Hông Quang s’immergent dans les racines de la musique vietnamienne. Ngô Hông Quang chante et s’exprime sur de nombreux instruments traditionnels vietnamiens. On retrouve sur ce disque de vieilles connaissances : Paolo Fresu et Mieko Miyasaki. Il y a aussi Alex Tran au cajon et le percussionniste indien Prabhu Edouard.

Août 2016

miles bootleg

Un coffret de 3CD, "Freedom Jazz Dance — The Bootleg Series Vol. 5", documentant l'évolution musicale de Miles Davis entre 1966 et 1968 avec son "second grand quintet" (Miles Davis, Wayne Shorter, Herbie Hancock, Ron Carter et Tony Williams) - sort en octobre dans la série "Miles Davis Bootleg Series".

Le coffret inclut les "master takes" qui apparaîtront sur les albums Miles Smiles (1967), Nefertiti (1968) et Water Babies (1976) ainsi que deux heures d'enregistrements inédits extraits des sessions de studio produites par Teo Macero, avec répétitions, faux départs, prises alternatives et conversations....

Disc: 1
1. Freedom Jazz Dance (Session Reel)
2. Freedom Jazz Dance (Master Take)
3. Circle (Session Reel)
4. Circle (Take 5)
5. Circle (Take 6)
6. Dolores (Session Reel)
7. Dolores (Master Take)

Disc: 2
1. Orbits (Session Reel)
2. Orbits (Master Take)
3. Footprints (Session Reel)
4. Footprints (Master Take)
5. Gingerbread Boy (Session Reel)
6. Gingerbread Boy (Master Take)
7. Nefertiti (Session Reel)
8. Nefertiti (Master Take)

Disc: 3
1. Fall (Session Reel)
2. Fall (Master Take)
3. Water Babies (Session Reel)
4. Water Babies (Master Take)
5. Masqualero (Alt. Take 3)
6. Country Son (Trio Rehearsal)
7. Blues in F (My Ding)
8. Play Us Your Eight (Miles Speaks)

Juin 2016

off

Hier soir 27 juin, présentation de "Off the records - En tournée en Asie avec Giovanni Mirabassi", un film de Romain Daudet-Jahan.
Le film nous fait suivre Giovanni en Chine et en Corée du sud. Taxis, chambres d'hôtel, découverte des salles de concert et des pianos... Des passages hilarants (l'interview avec la journaliste chinoise, la "Tour Eiffel-Cognac"...), d'autres plus profonds où le pianiste évoque son enfance, ses démêlés avec sa famille, son exil parisien et sa rencontre avec Aldo Ciccolini, et enfin, de beaux extraits musicaux (Le chant des partisans, Libertango, Alfonsina y el mar, d'autres encore, et un sublime El pueblo unido jamas sera vencido).
A voir absolument !

Mai 2016

Deux parutions récentes chez ECM : Carla Bley et Jack DeJohnette

andando  
Carla Bley, Andy Sheppard, Steve Swallow

Andando el Tiempo propose une nouvelle musique d'une grande étendue émotionnelle par Carla Bley, et souligne son originalité et son ingéniosité en tant que compositeur. "Saints Alive!" fait entendre des conversations animées entre les participants, avec des interventions remarquables de la guitare basse de Steve Swallow et du sax soprano d'Andy Sheppard. Le majestueux "Naked Bridges / Diving Brides" est inspiré par Mendelssohn et la poésie de Paul Haines. Et la puissante composition-titre en trois parties - qui porte sur les épreuves de la fin de la dépendance - va de la douleur à l'espoir et la joie. Le trio avec Sheppard et Swallow a été un véhicule idéal pour l'écriture de Carla pendant plus de 20 ans et fournit également l'un des meilleurs contextes pour son unique jeu de piano. Comme l'album Trios (2012) salué par la critique, Andando el Tiempo a été enregistré au RSI Studio Lugano et produit par Manfred Eicher.

(traduction du texte original en anglais du site ECM)


inmov   Jack DeJohnette, Ravi Coltrane, Matthew Garrison

Il y a beaucoup d'histoire concentrée dans cette nouvelle aventure en trio de Jack DeJohnette. Il y a cinquante ans, en tant qu'invité avec le groupe de John Coltrane, Jack DeJohnette a joué avec les pères de Ravi Coltrane et Matthew Garrison, et le programme de In Movement ouvre sur le toujours d'actualité "Alabama" de John Coltrane. "Serpentine Fire" est tiré du songbook de la Earth, Wind and Fire, comme un hommage à Maurice White - qui a également collaboré avec Jack dans les premières années."The Two Jimmys" est un hommage à Jimi Hendrix et Jimmy Garrison, l'un comme l'autre de grands innovateurs, et "Rashied" salue le regretté Rashied Ali, un autre grand batteur issu du cosmos de Coltrane. Pour toute la richesse des références, c'est vraiment un groupe en mouvement, comme l'affirme le titre. Ravi Coltrane et Matt Garrison, pour leurs débuts chez ECM, répondent magnifiquement à la batterie entraînante de DeJohnette, Ravi avec de superbes solos, Garrison avec des lignes de basse sobres et des boucles électroniques imaginatives. Jack DeJohnette: "Nous sommes connectés à un niveau très élevé et très personnel, qui, je le pense, transparaît dans la musique." In Movement a été enregistré aux studios Avatar de New York en Octobre 2015, et produit par Manfred Eicher.

(traduction du texte original en anglais du site ECM)

Avril 2016

La disparition de Gato Barbieri

La musique du film «Le dernier tango à Paris», c’était lui. On a appris la disparition samedi 2 avril, à l’âge de 83 ans, du musicien et compositeur argentin Leandro «Gato» Barbieri. Il est décédé à New York, où il vivait depuis une cinquantaine d'années, d'une pneumonie.

Musicien prolifique et touche à tout, Gato Barbieri avait à son actif une trentaine de disques et un Grammy, récompense obtenue pour le film de Bernardo Bertolucci, Le dernier tango à Paris (1972) dont il avait écrit la musique.

Il a joué avec les grands noms du jazz, de Don Cherry à Charlie Haden en passant par Cecil Taylor ou Carla Bley. Il s’est aussi illustré avec son saxophone sur scène avec Carlos Santana – il collabore à l’album Europa - ou en revisitant la célèbre composition de son compatriote Atahualpa Yupanqui, El arriero.

Gato Barbieri, né à Rosario, capitale des plaines à blé argentines, a commencé par jouer de la clarinette avant de s’essayer au saxophone alto puis ténor sur les scènes de Buenos Aires. Il rejoint un temps l’orchestre de Lalo Schifrin, autre compatriote qui deviendra aussi un compositeur renommé de musique de films culte comme Bullit ou de séries comme Mannix.

Musicien de jazz, Gato Barbieri se réclamait de l’influence de John Coltrane qu’il entendit vit sur scène pour la première fois en 1957 –dans le quintet fondé par Miles Davis- lors d’un concert en Uruguay. Il ne se définissait pas comme un musicien argentin mais international et fera d’ailleurs l’essentiel de sa carrière à New York où il s’était installé, tout en nourrissant sa musique de couleurs latines via le folklore ou encore le tango.

Source : RFI

Santana & Gato Barbieri "Europa" (live, 1977)

Le dernier tango de « Gato » Barbieri

Le Monde | 03.04.2016 à 17h11 | Par Francis Marmande

Gato Barbieri le 15 septembre 2006 à Saint-Domingue, en République dominicaine.

Né à Rosario (Argentine), le 28 novembre 1934, Leandro Barbieri, dit « Gato », est mort le 2 avril 2016, dans un hôpital de New York, a annoncé sa femme Laura, des suites d’une pneumonie. Sa première femme s’appelait Michèle – rôle essentiel dans les liens de la musique et du cinéma. En novembre 2015, on pouvait encore entendre Gato Barbieri lors de son récital mensuel au Blue Note. Il n’avait plus l’aura qui fut la sienne dans les années 1960 et 1970, mais sa renommée excédait toujours le septième cercle du « jazz ».

Son nom remue ceux de Don Cherry, Carla Bley, Charlie Haden, Enrico Rava, Steve Lacy, J.-F. Jenny-Clark et Nana Vasconcelos : plus qu’un orchestre, une communauté de cœur, de pensée, d’objectif politiqueet d’amour. On le dirait aujourd’hui « altermondialiste », l’un de ses triomphes fut, à Montreux, en 1973, le très tiers–mondiste El Pampero. La face lumineuse, gauchiste, populaire, festive, présente dans tous les meetings politiques et sur tous les podiums de la joie, du très introuvable « free jazz ».

« Le chat » au chapeau

De Barbieri, on retiendra trois détails : son surnom de « Gato » qui suffisait à l’identifier (« le chat »), chaffre aux étymologies aussi nombreuses que les pompeux informateurs qui vous en instruisaient ; son légendaire chapeau noir qu’un contestataire inspiré lui avait piqué, le 23 août 1977, à Chateauvallon (Var), le même sans doute qui venait de brailler à l’adresse de la pianiste Carla Bley : « Retourne à tes fourneaux ! » (le gauchisme n’a pas donné que des résultats satisfaisants ; les cons étaient à la mesure du projet) ; ce son de saxophone ténor qui semblait démarqué du rajo, l’inimitable fêlure des cordes vocales des flamencos de Jerez. Tout cela pour dire qu’il fut, de son vivant, visage malin, petites lunettes plus stylées que celles de Lennon, un mythe en scène et dans la vie. Porté par les orages du bonheur des tambours, son lyrisme incandescent eut tôt fait d’écarter les pisse-vinaigre et les amateurs au chef dodelinant – les bons amateurs.

Fils de charpentier, il taquine le violon, découvre le viril ténor auprès de son oncle maternel (dans Les Structures de la parenté, Lévi-Strauss établit clairement l’importance dans ce fatras de l’oncle maternel), et attaque par la face sud le requinto. Le requinto est une clarinette jivarisée qui ne fait pas sérieux. Là-dessus, coup de tonnerre, il tombe sur Charlie « Bird » Parker (un vilain poste de TSF à Buenos Aires) : pilier de Notre-Dame (voir Claudel) ! Joie, Joie, Pleurs de joie ! (se réciter le Mémorial de Pascal, cousu dans sa doublure jusqu’à sa mort). Altiste dans l’orchestre de son compatriote Lalo Schifrin, Gato choisit le ténor (1955).

En 1962, après un bref séjour au Brésil (João Gilberto, etc.), il s’établit à Rome où il joue avec Jim Hall et Ted Curson. C’est à Paris, où Don Cherry se déplaçait à Solex, trompinette dans la poche, au printemps 1965, qu’ils se rencontrent pour ne plus se quitter. À New York, ils gravent un miracle – par définition rétif à tout enregistrement : Complete Communion suivi de Symphony For Improvisers (1966). Quand on a eu la chance de vivre en direct cette époque bénie de tous les diables, on peine un peu à se faire interviewer par un gandin effaré, sur l’air de : « La première fois que vous avez entendu du free jazz, vous avez été épouvanté ? Ahuri ? Sonné ? Agressé ? » Il faut cocher.

Gato Barbieri le 18 novembre 2015 à Las Vegas.

Tout-terrain esthétique

La rencontre avec Giorgio Gaslini a lieu à Milan (Nuovi Sentimenti). En 1967, il signe ses deux premiers albums personnels, In Search Of The Mystery et Obsession, avec Sirone à la basse. Rôle des contrebassistes auprès de Gato. À Rome, avec Enrico Rava, Don Cherry, J.-F. Jenny-Clark et quelques égéries, ils vivent en communauté une vie de bâton de chaises qui tient de l’expérience scientifique et du tout-terrain esthétique.

La nature des conflits actuels (quatre vingt-trois guerres au compteur, et des institutions aussi nobles que l’Eglise déchirées par la chair) donne à cette période une allure assez sportive. D’un poil plus âgé que la bande à Gato, Steve Lacy qui tenait le rôle de passeur quasiment bilingue, fit non sans sagacité observer : « Attenchion, attenchion, mes amis, si vous continouiez à mener le vie gracieuse, le Bon Dieu, il va vous punisser… »

Blonde et aussi bouclée que Delphine Seyrig, Carla Bley est l’autre rencontre décisive. Gato participe à ce chef-d’œuvre signé Carla Bley et Paul Haines pour le livret : Escalator Over The Hill. 1968 se profile partout, même aux Jeux de Mexico. Non, non, on n’a été ni épouvanté, ni ahuri, ni sonné, encore moins agressé… Simplement heureux comme devant l’épiphanie du free. Deuxième chef-d’œuvre d’une bande de révolutionnaires dont Charlie Haden et Carla Bley portent la banderole de manif (rouge), le Liberation Music Orchestra : Don Cherry, Perry Robinson, Dewey Redman, Michael Mantler, Roswell Rudd, Bob Northern, Howard Johnson, Sam Brown, Paul Motian et Andrew Cyrille. Moins un orchestre qu’un style de vie et une pensée. Pendant une semaine, pour dire les osmoses du temps, le Liberation Music Orchestra sert de générique à l’irremplaçable « Pop-Club » de José Artur, sur France Inter.

Luttes, tambours

Gato enregistre avec le pianiste sud-africain adoubé par Duke Ellington, Dollar Brand (Abdullah Ibrahim). Virage à 180° vers ses origines sud-américaines, les luttes, les tambours. Ce qui nous conduit au Carnet de notes pour une Orestie africaine (1970), de Pier Paolo Pasolini, où il apparaît autant qu’il joue avec le contrebassiste sarde Marcelo Melis et le percussionniste Don Moye.

Ses commandos à géométrie variable, où se succèdent les plus grands bassistes, nombre de percussionnistes (Airto Moreira, James Mtume) autour de piliers (Lonnie Liston Smith jusqu’en 1973, Roswell Rudd…) obtiennent de vifs succès auprès des jeunes et des classes laborieuses. Après quoi, elles accentuent leur tonalité latina, le goût des chansons et des messages (Viva Emiliano Zapata !), chantent l’Euphoria comme aujourd’hui on brame à la Melancholia.

Il est possible que l’on traverse désormais le pont de Bir-Hakeim sans immédiatement songer au Dernier Tango à Paris (1972) de Bernardo Bertolucci, autre affidé à la bande. C’est Gato qui a composé la musique, récoltant au passage un de ses Grammys dorés. Petite curiosité, lorsqu’on voit à l’écran le voisin qui fait ses exercices au ténor (on l’aperçoit bien de la cuisine où le beurre est dans le frigo), le son est celui de Gato, mais le figurant qui joue du saxophone est noir. Ah ! effets de réel… Passons…

Les amateurs, les bons amateurs, tiennent la fin de la carrière de Gato Barbieri pour trop populaire et commerciale. Relire sur ce point Le Meunier, son fils et l’âne (Jean de La Fontaine). Musicien d’époque, son de cathédrale, mouvements intestinaux des révolutions, tentative de Hip Hop All Stars (2000), on a donc tant perdu la passion de l’Histoire ?

  • Francis Marmande
    Journaliste au Monde

-> La page consacrée à Gato Barbieri.

Novembre 2015

Un site tout neuf pour ECM ! C'est ici : https://www.ecmrecords.com/home

Et l'hommage à René Caumer :

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Une page est consacrée à René Caumer sur l-invitu : René Caumer

La mort d'Eddy Louiss

Le musicien d'origine martiniquaise s'est éteint aujourd'hui 30 juin à l'âge de 74 ans. Grande figure du jazz français il avait longtemps accompagné Claude Nougaro et joué avec les plus grands jazzmen.

Considéré comme un poète par Richard Galliano, adulé par Ray Charles, Quincy Jones ou Stan Getz, les claviers virevoltants et sensibles d'Eddy Louiss se sont tus aujourd'hui à Poitiers. Triste nouvelle pour les amoureux de la note bleue et de la musique française en général. Ce parisien d'origine martiniquaise laisse un héritage musical à la hauteur de sa générosité au piano ou à l'orgue.

De père trompettiste, Eddy Louiss a étudié lui-même la trompette et le piano avant de passer à l'orgue. Il fait ses armes dans les clubs de la capitale et participe à l'aventure des célèbres Double Six, groupe vocal fondé par Mimi Perrin. Talentueux, il jouera et enregistrera avec la crème des jazzmen américains (Johnny Griffin, Art Taylor, Dizzy Gillespie, Stan Getz avec qui il a tourné un an, Kenny Clarke...). Coté français la liste est longue, on pense à ses duos avec Michel Petrucciani et Richard Galliano, ses sessions folles avec Bernard Lubat, Jean-Luc Ponty, André Minvielle, René Thomas... Eddy Louiss fût bien sûr le musicien attitré de Claude Nougaro pendant treize ans (entre 1964 et 1977), mais aussi de Jane Birkin, Henri Salvador, Barbara, Serge Gainsbourg, Jacques Higelin et bien d'autres.

A 14 ans, Eddy Louiss accompagnait son père dans les casinos en jouant au piano de la rumba, du jazz, du tango et autres musiques de danse. L'artiste conservera toute sa vie cette ouverture aux genres et l'aspect festif et chaleureux inhérent à la musique. Dans les années 80 il fonde dans cet esprit son big band le "Multicolor Feeling" orchestre-fanfare à géométrie variable avec qui il va tourner dans le monde entier. Malgré ses graves problèmes de santé Eddy Louis a tout joué avec la même générosité, toutes les formes de jazz, de musiques caribéennes, africaines (l'album "Histoire sans parole") ou même électroniques sur "Sang mêlé" et "Wébé". Un grand musicien et un grand homme.

Ornette Coleman est mort

Le musicien et compositeur américain Ornette Coleman, légende du jazz, est mort jeudi 11 juin au matin, à l’âge de 85 ans. D’après sa famille, citée par le New York Times, il a succombé à une crise cardiaque.

Né à Fort Worth, au Texas, il est mort à New York, où il a fait l’essentiel de sa carrière. Son album de 1959, The Shape of Jazz to Come, est considéré comme l’un des premiers albums avant-gardistes de l’histoire du jazz.

Coleman fut avec John Coltrane l’un des musiciens à l’origine du free jazz, un style fondé sur l’improvisation hors de toute contrainte harmonique, avec une grande liberté de mélodie et de rythme. Connu surtout comme saxophoniste alto, Coleman rejetait les notions traditionnelles d’accord et se lançait à la place dans des solos que ses détracteurs considéraient comme chaotiques, mais qui sont devenus un courant dominant du jazz et du rock. Il expliquait que ces formes libres de solos lui venaient spontanément, car il pensait que jouer du jazz était une activité humaine naturelle. « Le jazz devrait exprimer davantage de sentiments que ce qu’il a fait jusqu’à présent », déclarait-il.

The Shape of Jazz to Come a surpris le monde du jazz, y compris Miles Davis qui l’a critiqué, à cause de son manque d’harmonie, de l’absence de guitare ou de piano pour l’accompagner. Cet album comprend la chanson pleine de passion « Lonely Woman », écrite par Coleman, à propos d’une cliente de la haute société qu’il avait remarquée quand il travaillait dans un magasin à Los Angeles, et qui est devenue un standard du jazz.

La même année, en 1959, il sort l’album The Change of the Century, enregistré en Californie plutôt que dans une capitale établie du jazz. Il a souvent enregistré des albums avec son fils Denardo Coleman, célèbre batteur de jazz.

Mai 2015

De nombreuses nouveautés annoncées ou déjà dans les bacs.

La suite, à paraître en juillet, des rééditions de concerts de Miles Davis "The Bootleg series" tout d'abord. Le volume 4 est un coffret de 4 CD regroupant des concerts à Newport de 1955 à 1975. Pour être plus précis, 1955, 1958, 1966, 1967, 1969, 1971, 1973, et 1975 plus deux concerts à Berlin et en Suisse !

Le concert historique du sextet de “Kind Of Blue”, le second "grand quintet" capté en 1966 et 1967, et pour finir la "période électrique" de Miles... Très alléchant !

bootlegs

Des sorties annoncées sur ECM également :
- deux Keith Jarrett, "Creation" constitué d'extarits de concerts solo sélectionnés par le pianiste, et un CD avec orchestre symphonique consacré à Barber et Bartók.

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- "This is the day", un disque du pianiste italien Giovanni Guidi ;

- "Surrounded by sea" d'Andy Sheppard (le trio "Libero" auquel s'est adjoint le guitariste Eivind Aarset).

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Mars 2015

   inmaggiore

Après Mistico Mediterraneo, Paolo Fresu et Daniele Di Bonaventura se retrouvent !

In maggiore, le nouveau projet du trompettiste italien Paolo Fresu, est un dialogue musical entre la trompette et l’accordéon aux sonorités méditerranéennes.

A deux dans cette nouvelle aventure, ils explorent un large éventail de répertoire constitué de ballades originales de leur propre composition, d’improvisations, d’un air provenant de La Bohème de Puccini, de musique liturgique, de pièces du légendaire chansonnier chilien Victor Jara et de l’auteur-interprète uruguayen Jaime Roos, de musique du compositeur napolitain Ernesto de Curtis, ou encore de O que sera du brésilien Chico Buarque.

Durant sa carrière, Daniele di Bonaventura s’est beaucoup consacré au rapprochement entre le jazz et les traditions sud-américaines, tandis que Paolo Fresu est l’une des voix exceptionnelles de l’improvisation contemporaine.

La relation entre leurs deux instruments évolue constamment tout au long de ce programme fascinant, enregistré à l’auditorium RSI de Lugano.

La session a déjà atteint une certaine renommée, dont des scènes figurent dans le nouveau documentaire du réalisateur italien Fabrizio Ferrao intitulé Wenn aus dem Himmel, qui fait actuellement le tour des festivals de film (notamment le festival Cinéma du réel à Beaubourg, Paris, fin mars).

Février 2015

Depuis le 18 février, en distribution exclusivement sur internet, les deux morceaux écrits par Paolo Fresu pour la bande son de "Torneranno I Prati", le dernier film de Ermanno Olmi. A écouter ici : https://embed.spotify.com/ et à télécharger sur les prinipales plate-formes musicales, de iTunes à Deezer, en passant par Spotify et Bandcamp.

Novembre 2014

Un nouveau coffret d'inédits de John Coltrane avec Miles Davis !

miles1960

Après Kind of Blue (1959), avant de quitter définitivement le groupe, Coltrane accompagna Miles dans une tournée en Europe en 1960. Un coffret de 4 CD, All of You: The Last Tour, 1960 présente des extraits de huit de ces concerts (certains étaient déjà parus sur "Miles Davis With John Coltrane and Sonny Stitt 1960" sous le label Dragon). Certains de ces enregistrements sont tirés de retransmissions à la radio, d'autres (Francfort) d'enregistrements privés. Globalement, la qualité est très bonne sauf sur un ou deux titres.
Les solos de Coltrane sont si inhabituels qu'ils firent scandale à l'époque. Frank Tenot dit du premier concert donné à Paris : “Les gens étaient vraiment surpris d'entendre Coltrane jouer de façon très différente par rapport à Kind of Blue. Une partie du public pensait que Coltrane ne jouait pas bien, qu'il jouait faux de façon involontaire.” Tenot dit au saxophoniste après le concert qu'il était trop nouveau pour le public, qu'il allait trop loin.” Coltrane se contenta de sourire et répondit : “Je ne vais pas assez loin.” Les critiques se déchaînèrent : “scandaleux", "aucun rapport avec le jeu de saxophone". L'un d'entre eux alla même jusqu'à qualifier cette musique de "terroriste". 

Ces enregistrements documentent parfaitement sur ce que sera l'évolution de Coltrane entre 1960 et 1966 avec ses "nappes de son". Même si Miles joue divinement bien, c'est le solo de Coltrane que l'on attend avec impatience sur chaque morceau !

Parution annoncée pour le 2 décembre.

Et une autre nouveauté : "Hamburg ’72" du trio de Keith Jarrett !

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Un concert inédit à la NDR Funkhaus de Hambourg. Le trio avec Charlie Haden et Paul Motian – créé en 1966 – fut le premier "super groupe" de Jarrett. Le bassiste a travaillé avec Ornette Coleman, le batteur avec Bill Evans. Avec ce trio, Jarrett pouvait explorer toute l'étendue du jazz moderne, de la ballade poétique au free le plus torride ! Le sommet du disque est le “Song for Che” de Charlie Haden. .

Juillet 2014 : décès de Charlie Haden

Décembre 2013 : Deux rééditions de Keith Jarrett : « No End » et « Concerts ».

Novembre 2012 : Enregistré en public à Münich en 1981, mixé 30 ans plus tard, voici "Carta de Amor" par le trio "Magico" : Jan Garbarek/Egberto Gismonti/Charlie Haden.

Juillet 2012 : Nouveautés et rééditions très intéressantes chez ECM : " Sleeper" du "quartet européen" de Keith Jarrett (souvent appelé "Belonging") au sommet de son art ; la réédition en coffret de trois enregistrements des débuts de Jan Garbarek, Sart (1971), Witchi-Tai-To (1973) et Dansere (1975) ; un autre coffret de 3 CD, Odyssey In Studio & In Concert de Terje Rypdal. Enfin, "Magnetic Works 1993-2001" de Jon Balke. Un musicien que je connais moins, à découvrir donc.

balke

Mai 2012

Une chanteuse de jazz corse, mais oui ! Fabienne Marcangeli, à découvrir en rubrique "jazz vocal".

Janvier 2012

Trois parutions chez ECM :

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Tord Gustavsen Ensemble: The Well (ECM 2237)

Deux ans après “Restored, Returned”, un nouveau disque du quartet de Tord Gustavsen. Ici le saxophoniste Tore Brunborg prend davantage d'importance, à côté du piano du leader, accompagné subtilement par Jarle Vespestad (d) et Mats Eilertsen (d).


ECM Player "The Well"

e2434  

Tim Berne: Snakeoil(ECM 2234)




ECM Player "Snakeoil"
e2252  
Andy Sheppard: Trio Libero(ECM 2252)

Last but not least, le disque très attendu du Trio Libero composé du saxophoniste britannique Andy Sheppard, du bassiste Michel Benita et du batteur Sebastian Rochford.
Un trio où l'interaction créatrice est reine.
Enregistré en juillet 2011 à Lugano.

ECM Player "Trio Libero"

 


deglifiori

Pour ceux et celles qui n’aiment pas (encore) le jazz...
(ou qui croient ne pas aimer le jazz !)

Certains de mes amis (certaines, surtout : ce sont semble-t-il en majorité les femmes qui n’aiment pas le jazz) déclarent ne pas apprécier le jazz. Pourtant, ils reconnaissent souvent aimer tel ou tel musicien, tel ou tel disque de jazz. Ce qu’on appelle communément « jazz » est tellement divers que chacun peut y trouver un style qui lui plaira. C’est ce que je vais essayer de démontrer ci-dessous, en espérant donner envie aux « non-amateurs » de découvrir certains aspects de cette musique qui leur auraient peut être échappé.

Pour ceux... : lire la suite →

Quelques-uns de mes artistes préférés

Eivind Aarset

Nous avons eu l'occasion de voir et d'entendre à deux reprises le guitariste norvégien Eivind Aarset avec Dhafer Youssef. Un style unique, évoquant parfois Terje Rypdal en plus planant. C'est l'occasion de revenir sur cet artiste étonnant, né le 23 mars 1961 à Oslo, que beaucoup ont découvert dans “Khmer”, le premier disque de son compatriote le trompettiste Nils Petter Molvær. Dix-neuf ans plus tard, ce musicien s’est construit son propre univers musical. “I.E”, son nouveau cd, est paru il y a quelques mois sur Jazzland.

aarset

Son éveil musical se produit en 1973 quand, à l'âge de 12 ans, il découvre Jimi Hendrix, qui lui donne instantanément envie de jouer de la guitare. Dans la foulée, il se met à écouter non moins passionnément Deep Purple, Black Sabbath, Santana et Pink Floyd avant que son frère lui fasse découvrir Miles Davis, le Mahavishnu Orchestra, Weather Report et Return to Forever. Puis il découvre le "son ECM" avec Jan Garbarek et Terje Rypdal, qui sera une de ses grandes influences.

Imprégné par le jazz de la période électrique et les possibilités offertes par l'électronique, il choisit de fusionner ces deux composantes pour créer un style qui lui est propre, qualifié à la fin des années 1990 de « nu jazz ».

Accompagnateur d'artistes importants comme Ray Charles, Dee Dee Bridgewater, Ute Lemper, Eivind Aarset s'établit une belle notoriété dans le cercle du jazz scandinave et participe aux projets du bassiste Arild Andersen, du pianiste Bugge Wesseltoft ou du joueur d'oud Dhafer Youssef. Remarqué au festival Maijazz en 1997, le guitariste influencé autant par Jimi Hendrix que Terje Rypdal compose un premier album à partir d'une pièce baptisée 7. Ce premier opus sorti l'année suivante sous le titre Électronique Noire accueille quelques personnalités comme Bugge Wesseltoft et le trompettiste Nils Petter Molvaer qui ne tarde pas à l'intégrer à son groupe.

Après ce premier ouvrage visionnaire fêté par la presse spécialisée pour son mélange de trip-hop, drum'n'bass, rock et jazz, Eivind Aarset réalise quatre autres albums pour le label Jazzland Records : les très electro Light Extracts en 2001 et Connected en 2004, le plus abordable Sonic Codex en 2007 et Live Extracts, constitué d'extraits de concerts, en 2010. Le Sonic Codex Orchestra qui le suit en tournée comprend Marius Reksjo (basse électrique), Audun Erlien (guitare, claviers), Wetle Holte (synthétiseurs), Hans Ulrik (clarinette basse), Erik Honoré et Jan Bang (sampling, production).

Dès lors, son jeu de guitare unique fera discrètement-mais-intensément merveille sur plusieurs disques essentiels : “Cartography” (ECM, 2009) et “Places Of Worship” (Rune Grammofon, 2013) d’Arve Henriksen, “Last Night The Moon Came Dropping Its Clothes In The Street” de Jon Hassell (ECM, 2009), “Ethics” (Zig Zag Territoires, 2010) et “River Silver” (ECM, 2016) de Michel Benita, “Uncommon Deities” (Samadhi Sounds, 2012) de Jan Bang et Erik Honoré (deux sound designers avec lesquels il collabore régulièrement et joue chaque année au Punkt Festival de Kristiansand) et “A Victim Of Stars 1982-2012” (Virgin, 2012) de David Sylvian, pour un seul titre, l’époustouflant Where’s Your Gravity ?, sur lequel jouent aussi Henriksen, Bang et Honoré., et il vient de tourner avec Andy Sheppard et Michel Benita.
En 2012, Eivind Aarset collabore plus spécifiquement avec Jan Bang pour l'album Dream Logic sorti en novembre (janvier 2013 en France). Ce projet, le premier pour le label ECM, additionne couches de guitares, samples, programmation, samples et divers effets électroniques conduisant à une oeuvre contemporaine proche du style ambient.

Avec “I.E.”, Eivind Aarset concentre tout ce que l’on a aimé dans ses précédents disques : riffs chirurgicaux, lyrisme électrique hérité des seventies, onirisme électronique typique du début du XXIe siècle, longues plages méditatives (Sakte, Return To Her Home) parfois ponctuées d’envolées prog-jazz (Wanderlust, They’ll Be Asked Nothing, Through Clogged Streets, Passed Rotten Buildings et le magnifique One And The Same).

Discographie

Sous son nom :

1998: Électronique Noire (Jazzland, EmArcy)
2001: Light Extracts (Jazzland), within «Électronique Noire»
2004: Connected (Jazzland)
2007: Sonic Codex (Jazzland)
2010: Live Extracts (Jazzland), within «The Sonic Codex Orchestra»
2012: Dream Logic (ECM Records)
2015: I.E. (Jazzland)

Comme sideman :

1985: Tigers of pain (avec Anne-Marie Giørtz)
1997: Khmer (Nils Petter Molvær-ECM)
2000: Solid Ether (Nils Petter Molvær-ECM)
2003: Digital Prophecy (Dhafer Youssef - Justin Time)
2004: Grace ( Ketil Bjørnstad-Universal Music)
2005: Electra (Arild Andersen-ECM Records)
2008: Movements in Colour (Andy Sheppard-ECM Records)
2008: Cartography (Arve Henriksen-ECM Records)
2009: Hamada (Nils Petter Molvær-Sula Records)
2009: Last night the moon came dropping its clothes in the street (Jon Hassell-ECM Records)
2009: På Egne Vegne (Anne-Marie Giørtz-Grappa Music)
2009: Slow Procession (Hans Ulrik-Stunt Records)
2012: Mercurial Balm (Food-ECM Records)
2013: La notte ( Ketil Bjørnstad-ECM)
2013: Places of Worship (Arve Henriksen-Rune Grammofon)
2016: Capital Punishment For Cars (Anne-Marie Giørtz-Grappa Music)
2016: The Beauty of Disaster (J. Peter Schwalm-Rare Noise Records)

Carla Bley

Née Carla Borg le 11 mai 1938 à Oakland en Californie, Carla Bley part pour New York à 17 ans et vend des cigarettes au Birdland. Elle y rencontre le pianiste Paul Bley qu'elle épouse en 1957. Il l'encourage à composer. Elle joue notamment avec Paul Bley, George Russell, Jimmy Giuffre et Art Farmer. Elle rencontre le trompettiste Michael Mantler en 1964 au sein de la Jazz Composers’ Guild. Ils fondent un orchestre avec Roswell Rudd, Archie Shepp et Milford Graves. La Guild devient bientôt le Jazz Composers’ Orchestra. Paul et Carla divorcent deux ans plus tard, mais Paul continue de jouer ses compositions, tout comme Jimmy Giuffre, George Russell et Art Farmer. Elle rencontre ensuite le trompettiste Michael Mantler, avec lequel elle dirige le Jazz Composers' Orchestra.

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Miles Davis

J’ai entendu pour la première fois Miles Davis quand, adolescent, je découvrais le jazz à travers les disques de Charlie Parker. Mais le premier concert auquel j’assistai eut lieu en 1971, en pleine période « électrique » de Miles. A l’époque, j’appréciais autant le jazz que la pop « progressive ». Je ne fus donc pas dépaysé par les claviers électriques, les sons distordus et la pédale wah-wah. Je fus au contraire fasciné par cette musique qui pourtant n’avait pas grand-chose à voir avec les disques du Miles des années 50 -60, que je découvrirais plus tard. Pour le lecteur, je crois préférable de présenter les choses dans l’ordre, c’est-à-dire en commençant par le début : 1926, naissance d’un génie.

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Paolo Fresu

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Après un passage par la page "invités" du fait de ses participations aux Rencontres de Calvi, Paolo Fresu a été le premier jazzman à avoir une page à lui. C'est ici : paolofresu.php

A consulter aussi l'article sur Carla Bley, puisqu'il vient d'intégrer sa petite formation "The Lost Chords".

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Jan Garbarek


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C’est d'un excellent musicien, cependant controversé dans le milieu du jazz, qu'il va être question ici : Jan Garbarek, saxophoniste (ténor et soprano) de jazz norvégien né en 1947.

Il commence à enregistrer au début des années 70 pour le label allemand ECM, basé à Münich, mais dont le célèbre studio d'enregistrement se situe à Oslo. Il fait alors partie de l'avant garde scandinave aux côtés notamment du pianiste Bobo Stenson, du guitariste Terje Rypdal, des batteurs Edward Vesala et Jon Christensen, du bassiste Arild Andersen... Sa carrière prend un tournant décisif quand il rencontre Keith Jarrett, qui l'intègre dans son quartet dit « européen », avec Jon Christensen et Palle Danielsson. Cette expérience lui permettra d'obtenir une reconnaissance internationale et de mener une carrière en leader très suivie et appréciée bien au delà des frontières de la Norvège.

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Nguyên Lê

Né à Paris de parents vietnamiens, le guitariste Nguyên Lê cofonde en 1983 le groupe ULTRAMARINE.

Musicien autodidacte à vocation ouverte, il joue de ses cordes autant pour le rock et le funk, la chanson, le Jazz contemporain, l'électro-acoustique et surtout les musiques extra-européennes.

Ses collaborations sont innombrables : Art Lande, Marc Johnson & Peter Erskine, Andy Emler, Michel Portal, Miroslav Vitous, Trilok Gurtu, Sylvain Marc, Antoine Illouz, Aldo  Romano, J. F. Jenny Clarke, Dewey Redman, Jon Christensen, Bunny Brunel, Daniel Humair, Michel Benita, Nana Vasconcelos, Glenn Ferris, Christof Lauer, Paolo Fresu, Art Lande, Paul McCandless, André Ceccarelli, Richard Bona et d'autres encore.

Plus récemment, ses disques avec Peter Erskine et Michel Benita (trio ELB), Paolo Fresu («Angel») ou Huong Thanh rencontrent un grand succès.

En 2008, il enregistre "The Othello Syndrome", de Uri Caine, « Blauklang », le nouvel album de Vince Mendoza & aussi "Dream Flight", le nouvel album du trio Erskine - Lê - Benita, avec Stéphane Guillaume en invité au sax.

Un nouveau disque sort en oct 2009: SAIYUKI, un trio asiatique avec Mieko Miyazaki (koto) & Prabhu Edouard (tablas), & Hariprasad Chaurasia (flute) en invité. En tant qu’ingénieur du son il mixe le nouvel album de Dhafer Youssef "Abu Nawas Rhapsody" avec qui il tournera en concert en 2010.

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Un extrait vidéo où Nguyên Lê rencontre... le Concordu de Orosei !!


John Mc Laughlin

Né le 4 janvier 1942 dans le Yorkshire, le guitariste John McLaughlin, également connu sous le nom de Mahavishnu, a commencé sa carrière en Angleterre dans les années soixante. Après un disque avec Tony Oxley et John Surman (Extrapolation), dans lequel s'expriment déjà sa grande technique, sa vélocité et son inventivité, il part en 1969 aux Etats-Unis pour rejoindre le Lifetime de Tony Williams. Puis il est engagé par Miles Davis pour ses albums majeurs In A Silent Way, Bitches Brew (dont un morceau s'appelle tout simplement John McLaughlin), Big Fun, A Tribute to Jack Johnson et l'album Live/Evil. Il joue également avec Miroslav Vitous, Larry Coryell, Wayne Shorter et Carla Bley.

Il fonde en 1970 le Mahavishnu Orchestra avec le violoniste Jerry Goodman, auquel succèdera Jean-Luc Ponty, Jan Hammer, Rick Laird et Billy Cobham. Ce sera le premier groupe de fusion jazz/rock avec des influences indiennes.

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Changement radical avec la création avec Zakir Hussain de Shakti (l'énergie en sanskrit), groupe acoustique qui combine la musique indienne et le jazz. En 1973, il enregistre Love Devotion Surrender avec Carlos Santana, autre disciple du guru Sri Chinmoy.

Il participe également à des rencontres autour du flamenco avec Paco de Lucia et Larry Coryell, puis Al Di Meola. Ce sera le Guitar Trio.

Le groupe Shakti renaît avec Remember Shakti où, à côté de Zakir Hussain, il joue avec de grands musiciens indiens tels que U. Srinivas, V. Selvaganesh, Shivkumar Sharma et Hariprasad Chaurasia.
Saturday Night in Bombay est une rencontre au sommet. Sur "Luki", le premier thème, le chanteur Shankar Mahadevan suit de la voix les accents de la guitare et de la mandoline en une frénésie rythmique incroyable. Sur le plus long "Giriraj Sudha", écrit par le Madrassi U.Shrinivas, les tablas se mêlent à la voix. "Shringar"est une méditation onirique de près d'une demi-heure où les cordes sensibles de la guitare déclinent en de longs motifs les incroyables dérivations du santour, ponctués avec délicatesse des tablas et du kanjeera.

John McLaughlin revient ensuite au jazz avec Thieves and Poets et un disque dédié à Bill Evans.

Vidéos ici.

Giovanni Mirabassi

L'Italie compte décidément nombre de musiciens de jazz de premier plan. On peut notamment citer les trompettistes Enrico Rava, Flavio Boltro et Paolo Fresu, et les pianistes Enrico Pieranunzi et Giovanni Mirabassi.

Giovanni Mirabassi est né en 1970 à Pérouse (Italie). Autodidacte, ce n'est qu'à seize ans que Giovanni prend ses premiers cours de piano, auprès d'un professeur qui lui fait découvrir le jazz. En Italie, il joue avec des musiciens tels que Chet Baker en 1987 ou Steve Grossman en 1988, puis décide en 1992 de s'établir à Paris. En 1996, il remporte le prix du meilleur soliste au Tremplin Jazz d'Avignon. La même année, avec le contrebassiste Pierre-Stéphane Michel il forme le duo Dyade et enregistre son premier disque: En bonne et due forme. Depuis, il mène une carrière de leader en salles et en studio, et collabore avec de nombreux musiciens de la scène parisienne et internationale, comme Stefano Di Battista, Flavio Boltro, Louis Moutin, Glenn Ferris, Andrzej Jagodzinski, Michel Portal. Il joue dans des nombreuses salles et festivals internationaux tels que le Paris Jazz Festival, Era Jazzu de Varsovie, le JVC Jazz festival de Paris, le Northsea Jazz Festival de Rotterdam. Les Victoires du Jazz lui ont été décernées en 2002. Giovanni Mirabassi compose de nombreuses mélodies, non seulement pour lui-même mais aussi pour des chanteurs français comme Agnès Bihl ou Claire Taïb.

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Enrico Pieranunzi

Né en 1949, Enrico Pieranunzi est reconnu par ses pairs comme l'un des meilleurs pianistes mondiaux. Influencé à ses débuts par Bill Evans et McCoy Tyner, il a acquis un style bien personnel depuis son premier disque Jazz a confronto avec Bruno Tommaso (1975). Parisian Portraits (1990) le présente en solo. En 1993 il forme un trio avec Marc Johnson et Paul Motian. Ce trio enregistrera Untold Story (1993), un magnifique The Night Gone By (1996) avec un délicat Canzone di Nausicaa, puis Ballads (2005).

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Gato Barbieri

Le saxophoniste ténor argentin Leandro « Gato » Barbieri est né à Rosario le 28 novembre 1934. Fils d'un charpentier, violoniste amateur, il découvre le ténor auprès d'un oncle saxophoniste puis le jazz en écoutant Charlie Parker en 1944. Il débute sur le requinto (petite clarinette). Cinq ans de cours particuliers de clarinette à Buenos Aires, mais il aborde également le saxophone alto et la composition.

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Charlie Haden

Le contrebassiste Charlie Haden, né le 6 août 1937 dans le Missouri, n'est peut-être pas un virtuose comme un Scott La Faro ou un Marc Johnson. Mais il a joué un rôle capital dans le jazz contemporain, notamment en accompagnant Ornette Coleman. En outre son jeu communique une émotion rare. en développant un style très libre. La contrebasse de Haden a un son solide, épais, un des plus riches de l'histoire du jazz. Rares sont ceux qui, comme Haden, parviennent à communiquer autant d'émotion. Au cours de sa longue carrière, il a collaboré avec de nombreux artistes. Mais c'est avec son "Liberation Music Orchestra" fondé en 1969 qu'il restera à coup sûr dans l'histoire.

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Keith Jarrett

Qui contesterait que Keith Jarrett soit l'un des plus grands pianistes de l'histoire du jazz ? Sa maîtrise de l'instrument sort de la logique. "Il possède la faculté de jouer à genoux, rien qu'en faisant confiance aux muscles de ses doigts. Il a des mains de crabe! C'est un extra-terrestre!" dit de lui Giovanni Mirabassi, qui est loin d'être manchot !

La sortie en DVD de la passionnante "Leçon de jazz" d'Antoine Hervé sur Keith Jarrett m'a donné envie de consacrer quelques lignes à ce grand musicien et improvisateur qui se situe au carrefour des musiques du 20e siécle.

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Pianiste à la technique exceptionnelle, improvisateur hors normes, il synthétise divers courants tels que le classique (avec une emphase sur la musique de JS.Bach), le jazz, la musique country, le rock, le free jazz et bien d’autres encore. Une de ses particularités consiste en l’utilisation du contrepoint traditionnel, de l’art de la fugue improvisée directement au clavier (école française) dans un contexte harmonique du début du XXème siècle (Ravel-Debussy), avec un groove jazz original et irrésistible. Un musicien moderne qui se place au carrefour de ce que la musique occidentale a de mieux à nous offrir.

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André Jaume

voir sur la page "invités".

Renaud García-Fons 

A la frontière entre jazz, flamenco et tango, le bassiste Renaud Garcia-Fons propose La Linea del Sur, enregistré en 2008. "Un Sud imaginaire qui réunirait de multiples racines musicales, ayant en commun la recherche d'un chant profond". Un disque porté par l'accordéon de David Venitucci, la guitare de Kiko Ruiz, la grande voix du flamenco Esperanza Fernandez (sur trois titres) et la technique étonnante de Garcia-Fons à la contrebasse à cinq cordes, qui sonne parfois comme un violoncelle.

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Terje Rypdal

Né le 23 août 1947 à Oslo, Norvège, Terje Rypdal est un guitariste au style très personnel, reconnaissable immédiatement. Associé au label ECM depuis le début des années 70, son jeu utilise l'espace et les sons denses d'une façon inhabituelle. Après des études de piano, il apprend la guitare quasiment seul, influencé par Jimi Hendrix. Il apprend le concept lydien auprès de son auteur, George Russell, avec lequel il joue avant de former un groupe avec Jan Garbarek. Il forme en 1972 le groupe Odyssey. Depuis, il joue avec des musiciens tels que Miroslav Vitous, Palle Mikkelborg, David Darling et Ketil Bjornstad.



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Andy Sheppard

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Andy Sheppard a commencé le saxophone à l’âge de 19 ans et a donné son premier concert à peine trois semaines plus tard ! Un musicien prodigieusement doué donc, très influencé par John Coltrane. Après ces débuts avec le groupe Sphere basé à Bristol, il part pour Paris et collabore notamment au groupe Urban Sax. Au milieu des années 80 il revient s’installer en Grande-Bretagne, enregistrant l’album “Andy Sheppard” pour le label Antilles/Island, avec Steve Swallow comme directeur artistique. Cette collaboration donna naissance à une longue association musicale qui perdure encore aujourd’hui.

Depuis, Andy Sheppard a enregistré pour de nombreux labels comme Blue Note, Verve, Label Bleu ou Provocateur et joué et composé une musique personnelle volontiers trans-idiomatique pour des ensembles de toutes tailles (son projet Saxophone Massive impliquait pas moins de 200 saxophonistes !) mais aussi pour le théâtre, le cinéma, la danse et le monde du multimédia. Il a joué au fil des années avec des musiciens très divers allant de Nana Vasconcelos à Han Bennink, en passant par Joanna MacGregor, Keith Tippett, L. Shankar ou Kathryn Tickell.

Sollicité par ailleurs par les plus grands artistes de jazz, Sheppard a notamment collaboré étroitement avec ces exceptionnels compositeurs que sont George Russell ou Gil Evans. Mais c'est pour ses collaborations avec Carla Bley qu'il a acquis une belle notoriété (et à mon avis c'est dans ce contexte qu'il s'exprime le mieux). Il a enregistré énormément avec Carla Bley pour le label Watt dans “Fleur Carnivore”, “The Very Big Carla Bley Band”, “Big Band Theory”, “Songs with Legs”, “The Carla Bley Big Band Goes to Church”, “‎4 x 4”, “Looking for America”‎, “The Lost Chords‎” ,“Appearing Nightly”, et ‎”The Lost Chords Find Paolo Fresu”.

trio

"Trio Libero" est le nom du groupe fondé par le saxophoniste britannique Andy Sheppard, associé au contrebassiste français Michel Benita et au batteur écossais Sebastian Rochford. Basé sur une orchestration classique du sax-contrebasse-batterie, ce « Trio Libero » propose dans ce disque une musique inventive et lyrique. Mais le maître mot du groupe est la liberté. Celle-ci est manifeste dans l'espace laissé aux mélodies, à chacun des musiciens, ce qui n'exclut pas le dialogue et l'interaction. Le groupe est issue d'une résidence à Snape Maltings, Aldeburgh. Andy Sheppard raconte que le trio s'est enfermé pendant quatre jours pour improviser. Tout a été enregistré, puis Andy a harmonisé tout cela. Ainsi The Unconditional Secret est "plus ou moins la transcription directe d'une improvisation libre datant de la résidence à Aldeburgh."

La méthode du trio : “improviser, transcrire, développer et puis rejouer le morceau en improvisant de nouveau.”

Certaines compositions pourront surprendre par l'absence de tempo (Libertino, Dia da Liberdade) ou de mélodie facilement identifiable. En fait, alternant soprano et ténor, Andy Sheppard laisse en permanence libre cours à son imagination et joue énormément sur les sonorités des saxophones (ténor et soprano), aidé en cela par les ingénieurs du son ECM qui, comme d'habitude, donnent beaucoup d'espace et de réverbération à la musique.

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Michel Benita, Andy Sheppard, Sebastian Rochford (de g à dr)  © DR

Tigran Hamasyan

Né en 1987 à Gyumri (Arménie), Tigran Hamasyan appartient probablement à la catégorie des surdoués. A l'âge de 11 ans il compose «Colours Of Paradise», un premier be-bop aux métriques complexes Repéré à 13 ans par Chick Corea ou Avishai Cohen lors du festival de Jazz d’Erevan, il obtient en 2006 (à 19 ans) le premier prix de piano du Thelonious Monk Institute of Jazz. Il entre à l'Université de Californie du Sud à Los Angeles où il commence à étudier en profondeur et en parallèle le jazz contemporain et la musique arménienne. La même année il publie son deuxième album, New Era, accompagné de François Moutin et Louis Moutin, avec l'apparition de Vardan Grigoryan au duduk. Il s'installe à New York en 2008.
En 2009, il enregistre Red Hail, un album au carrefour du jazz, du metal et du folklore arménien, avec son nouveau quintet de jeunes musiciens Aratta Rebirth : Areni Agbabian (voc), Ben Wendel (ts), Charles Altura (g), Sam Minaie (b) et Nate Wood (d). Ils se produisent dans plusieurs grands festivals internationaux, de Montréal à Nice en passant par Vienne ou Rotterdam (North Sea Jazz Festival). Il accompagne Dhafer Youssef sur son CD Abu Nawas Rhapsody et au Festival Jazz Sous Les Pommiers en mai 2010. En juin de la même année, Tigran Hamasyan signe avec le label Verve. Il enregistre en septembre 2010 à Paris l'album solo A fable, pour lequel il est lauréat des Victoires du jazz 2011 dans la catégorie album international de production française.
Il se produit en 2011 dans de grands festivals comme Jazz in Marciac, Montreux, Montréal pour la 3e année consécutive, ainsi qu'au Tokyo Jazz Festival, en Arménie, au Royaume-Uni (Queen Elizabeth Hall) ou encore en Allemagne.
Si « A Fable », précédent album ’avait confirmé dans le rôle de grand compositeur et grand claviériste de jazz, Shadow Theater le propulse dans un univers aux sonorités plus proches de Red Hail, mais qui déborde de toutes parts des carcans stylistiques. Pour s’en aller débusquer l’émotion dans les pistes les plus biscornues des crêtes les plus rêches. Dans son théâtre d’ombres, c’est tout un univers tendre et délicatement mélancolique que Tigran dessine, avec ses compositions garnies de recoins et de surprenantes relances.

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John Coltrane

Je n'avais pas encore osé affronter ce "monument" du jazz qu'est John Coltrane. Mais je me devais de réparer cette lacune... Disons-le d'emblée, John Coltrane est avec Charlie Parker l'un des musiciens les plus importants du XXe siècle.

John Coltrane (surnommé « Trane ») est né à Hamlet en Caroline du Nord le 23 septembre 1926 et mort à Long Island (New York), le 17 juillet 1967.

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Le jazz vocal

Stacey Kent

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Une chanteuse de jazz moins médiatisée que Diana Krall mais pleine de talent : Stacey Kent.
Je l'ai découverte... sur RCFM, à l'occasion de quelques concerts qu'elle a donné en Corse en 2004.

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Laïka 

J’ai découvert Laïka Fatien par hasard, sur la chaîne musicale Mezzo. J’ai immédiatement arrêté ce que j’étais en train de faire, subjugué par la force de son interprétation. Et j’ai découvert ses deux disques, Look at me now ! et tout récemment Misery.

look

misery


Née d’un père ivoirien et d’une mère hispano-marocaine à Paris en 1968, Laïka Fatien se fait connaître en chantant avec le big band de Claude Bolling. Elle collabore également avec Sixun, Julien Lourau, Steve Williams, Antoine Roney, Michael Bowie, David El Malek, Richard Galliano, Robert Glasper, Gregory Hutchinson, Peter Martin, Daryl Hall, Vince Benedetti...

Elle également au théâtre et participe à "A Drum is a Woman". Elle mène ainsi une double carrière de musicienne et d'actrice. 

Elle enregistre un premier album de vocaliste, Look at me now ! Un album très varié, dans lequel on remarque notamment le ténor David El-Malek et le pianiste Pierre de Bethmann. Une adaptation déchirante de la ballade d’Abbey Lincoln "Throw it Away", une reprise ralentie d’"Eleanor Rigby" des Beatles, un "Inchworm" candide et une version de"The Best Is Yet To Come" très différente de celle de Stacey Kent.

Cet album, à la fois audacieux, maîtrisé et respectueux des traditions, est une grande réussite du jazz vocal contemporain… Le Point

Quatre ans après, voici « Misery », hommage à Billie Holiday, enregistré en février 2008 à Paris.
Outre une sélection très personnelle de chansons et des arrangements très originaux, la voix de Laïka nous envoûte par sa sensualité, son ampleur, son sens du texte et de la musique.

Enfin une interprète qui ose et réussit le difficile pari de chanter Billie Holiday ! Laïka Fatien n’essaie pas de copier Billie, elle en livre une interprétation personnelle et convaincante, explorant tous les registres et les timbres de sa voix. Magistral.

Et voici le suivant : Nebula (sorti en mars 2011) :

nebula

Laika s'aventure ici sur des terrains variés : Thelonious Monk avec Matrix - think of one, le Brésil avec Caico de Villa Lobos, une belle version de Appointment in Ghana de Jackie Mc Lean, les autres morceaux étant des compositions de Tina Brooks, Joe Henderson, Stevie Wonder, Wayne Shorter, Björk...

A noter que cet album est produit par la bassiste Meschell Ndegeocello.

Diana Krall 

La chanteuse et pianiste canadienne Diana Krall n'est plus à présenter.
Son premier album "Stepping Out", avec le bassiste John Clayton et Jeff Hamilton, sort en 1993. Après Only Trust Your Heart (1995), son troisième disque All for You sorti en 1996,marque le début du succès. Il reste 70 semaines dans le classement jazz du Billboard. Love Scenes (1997) obtient également rapidement un grand succès.

Les arrangements de Johnny Mandel forment l'arrière plan de When i Look In Your Eyes, sorti en 1999. Elle obtient plusieurs nominations aux Grammy Awards, qui la récompensent comme Meilleure Musicienne de Jazz de l'année.

En 2001 sort The Look of Love, classé Meilleur disque de jazz vocal aux Grammy Awards.

Après son mariage avec Elvis Costello en décembre 2003, elle travaille avec lui et commence à composer ses propres chansons pour The Girl in the Other Room (2004).

Discographie

1993 : Stepping out - The early recording (Justin Time/ENJA)
1995 : Only trust your heart (Verve)
1996 : All for you - A dedication to the Nat King Cole trio (Verve)
1997 : Love scenes (Verve)
1999 : When I look in your eyes (Verve)
1999 : Have yourself a merry little Christmas (Universal Records)
2001 : The look of love (Verve)
2002 : Live in Paris (Verve)
2003 : Heartdrops (Vince Benedetti et Diana Krall - TCB)
2004 : The girl in the other room (Verve)
2005 : Christmas songs (Verve)
2006 : From This Moment On (Verve)
2009 : Quiet Nights (Verve)
2012 : Glad Rag Doll (Verve)
2015 : Wallflower (Verve)

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Vidéos

Live at the Montreal jazz festival (enregistré le 29 juin 2004 au Centre Bell de Montréal, Canada)
Live in Paris (enregistré le 2 décembre 2001 à l'Olympia)
Live in Rio (enregistré le 1er novembre 2008 à Rio de Janeiro)

Si j'apprécie beaucoup Love scenes et When I look in your eyes, je dois avouer que je suis beaucoup moins convaincu par les disques plus récents.

Caroline Nadeau


si fragile

Française émigrée au Canada, Caroline Nadeau est une des rares chanteuses de jazz chantant en français.

Après Autour de minuit, son premier album, Caroline a présenté son spectacle éponyme dans plusieurs grands événements musicaux, dont le Festival International de Jazz de Montréal, l’Edmundston Jazz & Blues Festival et le Sasktel Saskatchewan Jazz Festival.

Son deuxième album, Si fragile, est sorti en 2007. Dans ce nouvel album entièrement en français, les mots de Brel, Rivard et De Larochellière flirtent agréablement avec les notes de Coltrane, Jobim et Gershwin. Pour cet album, Caroline s’est entourée d’une équipe de musiciens talentueux et expérimentés : Julie Lamontagne au piano et à la réalisation, John Roney au piano, Jean Boutin au saxophone ténor et à la flûte, François Marion à la contrebasse, et Jim Doxas à la batterie.
Elle nous touche par sa douceur et sa subtilité dans Besame Mucho, Si Fragile et Un Enfant, par son intensité dans Naïma, et surprend par ses prouesses vocales dans J'ferme pas juste (Twisted) et Le pas qui plaira (Fascinating Rhythm).

Discographie

2000 Autour de minuit, Caroline Nadeau Jazz Band, Local distribution (2004)
2001 Petit Fou, Matapat, Borealis.

Melody Gardot


gardot

On la compare déjà à Norah Jones ou Diana Krall, ses performances pourraient également évoquer Peggy Lee, voire Tom Waits... Cette jeune chanteuse au vibrato reconnaaissable a un style très personnel, entre jazz et blues.
Ecoutez son dernier CD, My One and Only Thrill.

Melody Gardot : Lire la suite →

Fabienne Marcangeli

fabienne

Fabienne tombe dans le jazz il y a une vingtaine d’années en découvrant un disque de Coleman Hawkins. Son rythme syncopé, la recherche de l’idéale « note bleue » et la nostalgie des années swing la font rêver … et déterminent sa vocation de « jazz singer ».
Déjà comédienne, elle se forme à la technique vocale avec Anne Ducros (Victoire de la musique), au scat avec Michelle Hendricks et Jean Loup Longnon, à l’harmonie avec Bernard Maury, au swing avec Sheila… Jordan. Elle commence à se produire en 1991 grâce au Calvi Jazz Festival en compagnie d’artistes internationaux : Georges Arvanitas, Luigi Trussardi, Bernard Maury, Michel Benita, Flavio Boltro, Albert Tootie Heat, Manu Roche, les frères Levan.

En 1996, elle séquestre quelques Jazzmen bastiais fameux dont le guitariste Lucien Ferreri, le pianiste Jean Charles Santini et fonde son premier quartet « FAB FOUR », avec le répertoire qu’elle a emprunté à Ella, Sarah, Billie et les autres.
En 2005, elle travaille avec le groupe vocal féminin « Isulatine » : les quatre chanteuses sont sélectionnées pour représenter la Corse au Printemps de Bourges « Sélection Talent Scène » et se produisent la même année au festival Kann a Loar de Landernau.

On l'écoute au Calvi Jazz Festival 2006 avec Emmanuel Dupré au piano, Mourad Benhamou batterie, Samuel Hubert à la Contrebasse, André Tommasso à la flûte et Michael Chéret au saxophone alto.

2007: Calvi jazz festival avec le bastiais Charles Guillaume Costa au piano, Dominique Di Piazza à la basse, le drummer marseillais Philippe Le Van , et le saxophoniste Daniel Huck.

L'année 2008 voit naître la collaboration avec le guitariste toulonnais David Dupeyre, pour un quartet défrisant avec Philippe Le Van on drums et Christophe Le Van à la basse.

L'aventure continue jusqu’à aujourd’hui avec la même formation pour les tournées d’été (dont le festival Jazz au Couvent à Cervioni) et un album de compositions originales et standards : « The Lovebird », sorti en Août 2011 (voir ci-dessous) et présenté en live en octobre aux Musicales de Bastia, en première partie du bluesman Keith B.Brown.

En Décembre 2011, concert au « cépage Montmartrois » à Paris avec Dominique Lemerle à la contrebasse, Georges Locatelli à la guitare et Manhu Roche à la batterie.

Depuis l’été 2011 Fabienne se produit aussi régulièrement en Corse avec Pierre Reboulleau au piano et Marie Manfredi à la batterie, au sein du Jazzfab Trio .
www.myspace.com/jazzafab

lovebird

Lovebird, premier opus de Fabienne Marcangeli

Corse Matin, vendredi 16 décembre 2011

lovebird
La voix jazz de Fabienne Marcangeli est désormais disponible dans les bacs.
Photo Louis Vignaroli

On connaissait le chant polyphonique ou la « macagna » pour véhiculer la culture insulaire. A présent, il va falloir compter aussi sur le jazz, cette musique née dans les bas-fonds de la Nouvelle Orléans, mais que tant de jolies femmes ont su sublimer. Ce sont d'ailleurs ces artistes, qui ont pour nom Ella Fitzgerald, Billie Holiday, Sarah Vaughan ou encore Anita O'Day, qui ont marqué Fabienne Marcangeli, la chanteuse de Bastia. Cette dernière vient de sortir Lovebird, son premier album. L'artiste n'est pas novice dans le jazz et si elle chante depuis un bon moment elle possède aussi un riche vécu pour avoir organisé des concerts à l'époque d'Isula jazz et surtout, elle a rencontré moult musiciens au cours des éditions de jazz à Calvi. « Actuellement, je suis fan d'Eliane Elias et « A Vicina », un thème qui est présent sur mon album a été joué et chanté par Eliane, mais en brésilien bien sûr. Et j'adore aussi Diana Krall. J'ai aimé sa prestation à Patrimonio l'an passé tout comme celle d'Eliane Elias à Bastia, il y a trois ans », explique la chanteuse.

Pour cet album, qui est avant tout amour, Fabienne s'est entourée de musiciens de qualité. Philippe (dm) et Christophe (b) Le Van, ainsi que David Dupeyre (g) constitue un bel écrin qui permet à la chanteuse de déposer sa voix chatoyante sur ses compositions pour nous embarquer dans un beau voyage ou les inséparables aiment à se retrouver.

Le calendrier des concerts de Fabienne est en page "Jazz agenda".

Elina Duni

Albanaise d'origine établie à Genève, Elina Duni a été saluée comme "la plus belle surprise musicale de ce XXIe siècle en Suisse".

Rénovatrice de la tradition balkanique, Elina Duni sublime par sa voix les vieilles chansons du folklore albanais en les emmenant vers les horizons sans fin du jazz et de la musique improvisée. Dans ses interprétations passionnées, flirtant parfois avec une épure remarquable, cette jeune chanteuse helvético-albanaise se réapproprie de manière inédite un répertoire qui avait été mis sous la coupe de la propagande du régime communiste. C’est donc porté par un élan de liberté que son émouvant timbre vocal sillonne un canevas jazzistique pour évoquer l’exil ou l’amour. Une poésie subtile qui résonne dans un souffle comme la voix des oubliés.

matane

Produit par Manfred Eicher aux Studios La Buissonne, Matanë Malit, après ses deux premiers albums "Baresha" et "Lume Lume", offre un subtil mélange entre le jazz le plus contemporain et les chansons folkloriques des Balkans. Et le trio helvétique (Colin Vallon au piano, Patrice Moret à la contrebasse et Norbert Pfammatter à la batterie) est très stimulant.

[Portrait] Elina Duni, le retour de l'enfant prodigue

Avec talent, Elina Duni mâtine de jazz les chants traditionnels albanais. Son succès international fait désormais la fierté de tout un pays.

elina
Photo : © Yann Mingard

Tirana, quelques jours avant Noël. Malgré le crachin persistant, il règne un air de fête sur le boulevard Deshmoret e Kombi, les Champs-Elysées locaux, royalement paré en l'honneur du centenaire de l'indépendance albanaise : éclairées par des lumières pimpantes, des façades entières disparaissent sous de gigantesques drapeaux rouges, ornés du fameux aigle noir bicéphale. Mais the place to be, ce soir-là, c'est le prestigieux Opéra national où le concert d'Elina Duni, programmé dans le cadre des festivités, affiche complet. Tandis que, à l'entrée, les tentatives pour trouver un billet virent à la foire d'empoigne, les édiles, Premier ministre compris, et autres heureux élus s'installent à l'intérieur, sous l'oeil des caméras. Tous sont venus écouter cette enfant du pays, Genevoise d'adoption mais vraie célébrité dans sa patrie natale.

AVEC LES FÉLICITATIONS DU MINISTRE DE LA CULTURE

Les longs cheveux lâchés sur sa robe noire, la jeune diva de 31 ans entame son récital par un chant a cappella : malgré l'acoustique médiocre, sa voix profonde, habitée, capte l'auditoire. Bientôt rejointe par ses trois musiciens (piano, contrebasse et batterie), elle emmène les vieilles complaintes brumeuses et les folles ballades du folklore albanais du côté du jazz et des musiques improvisées. Ses scats chuchotés, ses pieds nus sous le jupon de tulle vert émeraude, ses pas de danse félins et farouches lui confèrent une présence elfique qui tranche avec l'austérité passéiste du lieu, cube rouge sang édifié à l'origine pour accueillir les congrès du Parti. La voilà justement qui présente un chant partisan de la Seconde Guerre mondiale que lui chantait son grand-père, « parti à 12 ans, le fusil sur l'épaule, pour lutter contre le fascisme ». Ancien instituteur, écrivain dissident sous la dictature communiste, le vieil homme de 82 ans, assis dans le public, fait partie de ces héros patriotes dont Elina Duni entend honorer la mémoire. Comme un juste retour des choses, le ministre de la Culture viendra d'ailleurs saluer la chanteuse en coulisse, à la fin du concert : « Il m'a remerciée pour ma musique, qui promeut la culture encore confinée de mon pays », dira-t-elle plus tard.

Rare artiste albanophone à avoir fait carrière à l'international, cette rénovatrice atypique de la tradition balkanique a toujours eu les faveurs des télés et des institutions albanaises. « Ma famille y est pour beaucoup », précise-t-elle. Parmi ses membres, des artistes et des intellectuels pour la plupart, dont une mère critique d'art, poète et écrivain (francophone depuis son exil, Bessa Myftiu est publiée chez Fayard) et un père metteur en scène. Lors de la chute du régime communiste, en 1992, tous deux ont émigré, fuyant les fantômes de ces décennies noires. « Toute sa vie, mon père, fils de dissidents, a souffert de sa “mauvaise biographie”, comme on disait. Pour avoir le droit d'étudier à l'Ecole des beaux-arts, il a dû vendre des cigarettes pendant des années. Alors il a préféré partir tenter sa chance aux Etats-Unis. » A 10 ans, la petite Elina, elle, rejoint sa mère en Suisse, où elle étudie le chant et la composition puis rencontre, en 2004, les musiciens de son quartet.

Lorsque Colin Vallon, son pianiste et compagnon, lui suggère de chanter dans sa langue natale, la jeune chanteuse de jazz renoue avec ses racines et redécouvre le riche répertoire populaire albanais : des mélodies ancestrales, aux paroles souvent réécrites à des fins de propagande sous la dictature. « C'était la seule musique autorisée à l'époque, la génération de mes parents l'a rejetée, explique Elina Duni, qui a grandi en écoutant des K7 pirates de musiques grecque et italienne. Grâce au travail d'ethnologues, mais aussi à Youtube, j'ai retrouvé certains des textes originaux. La force et la beauté archaïque de ces chants m'ont touchée. » Du dialecte tosk du sud de l'Albanie au gheg du nord et ses rythmiques joyeuses, elle « aime leur diversité et trouve dans le jazz la liberté de les recréer ». Soutenue par le ministère de la Culture suisse, « un pays conscient de son multiculturalisme » riche d'une forte communauté de Kosovars (à 90 % albanophones), elle a pu financer ses tournées en Europe et ainsi élargir son public en se faisant connaître de la diaspora albanophone.

« LES ALBANAIS N'ONT PAS LA CULTURE DU PIANO-BAR »

« La malchance de mon pays, c'est que la moitié des Albanais vivent en dehors de ses frontières, que ce soit au Kosovo, en Macédoine ou ailleurs. Mais c'est aussi grâce à cette diaspora que sa culture rayonne aujourd'hui », constate Elina Duni. Au pays des aigles, il y a bien quelques (excellents) festivals de musique folklorique, mais les autres circuits de diffusion restent limités. A Tirana, les musiciens ont ainsi le choix entre l'Opéra, l'Académie des arts et le Palais des congrès : « Il n'existe pas de salles plus intimistes pour jouer de la musique acoustique, les Albanais n'ont pas la culture du piano-bar », regrette la chanteuse. Sans compter l'omniprésence du turbo folk, cette tambouille électronique de sonorités folkloriques qui fait fureur dans les cafés et les clubs des Balkans. « Quand ils ne sont pas récupérés par un parti, les démocrates à droite ou les socialistes à gauche, les artistes vivant en Albanie sont obligés de faire des choses commerciales pour survivre. Il existe pourtant un public qui a envie de se réapproprier son folklore autrement. » C'est aussi pour lui qu'elle regarde « au-delà de la montagne », comme l'indique le titre de son dernier album, Matanë Malit. Dans une nation où la tradition du chant peine à se relever du communisme, elle, l'Helvético-Albanaise, incarne justement « une scène alternative en pleine émergence ». Son credo ? « Faire des choses simples, être proche du peuple. Dans ma musique, les albanophones retrouvent leur passé et leur futur. J'essaie de transcender l'aspect folklorique sans perdre son essence poétique. » Sur son disque, on retrouve ainsi les textes d'auteurs contemporains issus de toute la diaspora. Mais aussi un vieux poème, Crystal, signé Ismail Kadaré : il y est question d'une « mémoire qui se meurt jour après jour »

elinaduni.com

Anne Berthod | 26 janvier 2013
- Télérama Sortir n°3289

Vidéos ici.

Virginie Teychené

Chanteuse de Jazz française, Virginie Teychené a reçu le Grand Prix du Jury et le Prix du Public lors du concours des Révélations du festival de Jazz de Juan les Pins en 2008.

Fin 2007, elle enregistre et sort son premier disque, « Portraits» ; il est acclamé par une critique unanime, en France et en Europe (4 étoiles jazzman). Le même enthousiasme se vérifie pour son deuxième album, « I feel so good » (2010), également 4 étoiles dans « Jazzman ». Gérard Maurin (contrebasse) et Stéphane Bernard (piano), sont rejoints par Jean-Pierre Arnaud (batterie) et François Chassagnite (trompette). Ses interprétations personnelles de standards ou de compositions originales, son aisance dans les Vocalese et le scat, lui permettent d’être considérée aujourd’hui comme une véritable artiste de jazz, très souvent comparée à une instrumentiste.

Virginie Teychené : Lire la suite →

L'insolent succès d'ECM

LE MONDE | 07.11.09 | 18h12  •  Mis à jour le 07.11.09 | 18h12
Mannheim (Allemagne) Envoyé spécial

C'est une marque insolente, un défi en ces temps de marché du disque déprimé. Surtout quand on a le jazz et la musique classique pour terrain de jeu. La compagnie phonographique allemande ECM (pour Edition of Contemporary Music), 40 ans, publie avec régularité, depuis plusieurs années, entre quarante et cinquante disques par an, avec un catalogue prestigieux mais plutôt pointu. Parmi les sorties récentes de mi-octobre à début novembre, on trouve ainsi un coffret de trois CD du pianiste Keith Jarrett, en solo et en public, les nouveaux enregistrements studio du guitariste John Abercrombie, du joueur d'oud Anouar Brahem ou du pianiste Christain Wallumrod avec instruments baroques et batterie.

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