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L'actualité corse

Dernière mise à jour : 19/08/2017

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Au sommaire des revues

AOÛT 2017

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JUILLET 2017

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La disparition de Fadwa Souleimane

Figure de proue de la révolution syrienne, Fadwa Souleimane est décédée "dans la nuit de vendredi 16 à ce jeudi 17 des suites d'un cancer" à Paris, a expliqué au Monde l'acteur syrien Farès Al-Helou, qui vit également en France.

Menacée de mort par le régime de Bachar al-Assad, elle vivait en France depuis 2012 où elle bénéficiait du statut de réfugiée politique, mais, comme elle l'assurait au Magazine du Monde la même année, jamais elle n'avait abandonné son pays, "je suis partie de mon pays contre mon gré. Jamais, jamais je ne serai une réfugiée".

Actrice de cinéma et poète, la militante syrienne décédée à l'âge de 47 ans était rapidement devenue un visage de la révolutionsyrienne. En effet, les images de cette femme aux cheveux courts qui menait des foules entières de manifestants syriens à Homs, dans l'ouest de la Syrie, avaient fait le tour du monde.

La comédienne souhaitait "réveiller les consciences" et luttait contre "les dirigeants du monde entier qui ont oublié les valeurs humaines et font passer l'intérêt de leur Etat avant la vie du peuple syrien",  confiait-t-elle à Libération en 2011. Et malgré son incapacité à continuer la révolution suite à son exil, la militante alaouite (la communauté du président syrien) avait toujours un profond espoir quant à la reconstruction de son pays, "même s'ils effacent tout, on ne doit pas les laisser effacer notre rêve. S'il ne reste qu'un seul Syrien, je suis sûre qu'il va construire la Syrie que l'on aime. La Syrie ce n'est pas un pays, une géographie, c'est une idée! Nous apportons notre révolution. La révolution blanche, de l'esprit et de l'âme. Cela va traverser les lieux, le temps", avait-elle déclaré au Midi Libre en juin 2016.

Il y a 5 ans, nous vivions une aventure bouleversante, la sienne : "Le Passage", un texte en forme d'autoportrait théâtral, écho à la révolution syrienne, donné en ouverture des Rencontres polyphoniques de Calvi 2012 après une première au Festival d'Avignon.

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Messe pour Gregale

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Une interview de Gilles Simeoni dans Libération

Par Kael Serreri, correspondante à Ajaccio — 2 août 2017 à 19:06

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Gilles Simeoni, début 2016 à Ajaccio. Photo Olivier Laban-Mattei. MYOP

L’avocat autonomiste de 50 ans, à la tête de la collectivité depuis dix-huit mois, souhaite qu’un dialogue s’engage avec le nouveau gouvernement avant les élections territoriales de décembre, qui marqueront la fusion des deux départements de l’île.

Leader du mouvement autonomiste corse, Gilles Simeoni est à la tête du conseil exécutif de la collectivité territoriale depuis décembre 2015. Alors que ces dernières élections ont renforcé le poids des nationalistes dans la balance, l’avocat bastiais fait le bilan de ses premiers mois au pouvoir.

En décembre 2015, après quarante années passées dans l’opposition, les nationalistes ont pris la tête de la région. Qu’est-ce qui a vraiment changé depuis ?

Beaucoup d’habitants, y compris ceux qui n’avaient pas voté pour nous, reconnaissent que la Corse a plus changé - et de façon positive - en dix-huit mois qu’au cours des dernières décennies. Nous nous sommes d’abord employés à redresser le budget, puisque nous avons dû faire face à un passif occulte de plus de 100 millions d’euros en arrivant à la région. Nous avons aussi avancé sur la question du transport maritime et travaillons sur l’aérien. Parmi les chantiers que nous avons lancés, il y a la lutte contre la précarité, l’action en faveur des zones de l’intérieur et de montagne, le soutien aux petites entreprises et aux agriculteurs, l’action en faveur de la jeunesse… Dans tous les domaines où nous avions pris des engagements vis-à-vis des Corses, nous nous efforçons de les tenir.

Vous réclamez la co-officialité de la langue corse, un statut de résident pour lutter contre la spéculation et l’amnistie des «prisonniers politiques». Or rien n’a bougé depuis votre arrivée…

Sur ces questions, le silence, voire le blocage, de l’Etat prévaut alors même qu’elles font l’objet en Corse d’un consensus, qui va bien au-delà du mouvement nationaliste. Des délibérations qui vont dans ce sens ont été votées dans une très large majorité - et quelque fois à l’unanimité - par l’Assemblée de Corse. Et pour la première fois depuis longtemps, toutes les conditions sont réunies pour que l’on puisse tourner la page d’un demi-siècle de conflit pour entrer dans une ère nouvelle.

Vous êtes à la tête d’une région où 60 000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté, où le chômage frôle les 11 %, où les jeunes souffrent d’un déficit de formation. Ces questions restent-elles une priorité ?

Bien sûr ! Mais il faut replacer notre action dans une trajectoire historique. Nous sommes porteurs de ces revendications qui sont le cœur et le socle de notre engagement et, à côté de cela, on a une démarche pragmatique au quotidien. Nos adversaires nous ont souvent dit qu’on ne se préoccupait que des institutions et pas du développement économique et social. Nous répondons qu’il est impossible de séparer les deux car un pays qui n’a pas les institutions lui permettant de maîtriser son développement économique et social ne peut avancer. On nous a aussi reproché d’être plus dans l’idéologie que dans l’action. Mais nous sommes dans une démarche concrète ! En même temps, nous portons un idéal, celui qui justifie notre engagement. La volonté que le peuple corse soit reconnu dans ses droits et puisse construire une société à la fois démocratique et émancipée.

Pensez-vous que le nouveau gouvernement sera plus attentif à vos revendications ?

La situation d’attente dans laquelle nous nous trouvons commence à devenir inquiétante. Plus de deux mois se sont écoulés depuis la présidentielle. Nous comprenons que d’autres questions françaises, internationales, soient essentielles, mais le silence ne peut tenir lieu de politique dans les rapports entre l’Etat et la Corse. Il est inenvisageable - cela nous a pourtant été dit de façon officieuse - que le dialogue ne débute qu’après les prochaines territoriales [en décembre, ndlr]. Nous ne pouvons pas prendre encore quatre ou six mois de retard, c’est maintenant qu’il faut un geste fort !

Qu’attendez-vous de Paris ?

Cela se joue sur plusieurs niveaux. D’abord symbolique : on ne sort pas d’une période de conflit qui a duré un demi-siècle sans des gestes forts. La question corse ne relève pas seulement de l’économie ou de l’aménagement du territoire, elle est aussi fondamentalement politique, elle a entraîné un conflit avec des drames, des dizaines de morts et des milliers d’années de prison, des blessures et des cicatrices de part et d’autre. Partout dans le monde, lorsqu’il y a eu des fins de conflit, des dialogues et des apaisements, ils se sont matérialisés par des gestes symboliques. Vient ensuite le niveau institutionnel et politique. Nous allons avoir, l’an prochain, une nouvelle collectivité de Corse : quels seront ses moyens ? Ses compétences ? Ses ressources fiscales ? La réponse à ces questions déterminera le statut de la Corse dans les années à venir. Il y a, enfin, l’enjeu économique et social : plus de 20 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, l’économie est fragile, les PME rencontrent beaucoup de difficultés. Quel cadre économique construit-on pour permettre un véritable développement ?

Depuis le dépôt des armes du Front de libération nationale corse (FLNC) en juin 2014, les nationalistes reprochent au gouvernement son manque d’intérêt…

Depuis que je me suis engagé en politique, j’ai toujours milité pour l’arrêt de la violence clandestine et le choix de l’action exclusivement démocratique. Pour moi, ce choix est ferme, définitif, irréversible. Je veux une société corse démocratique, dans son cheminement et dans son fonctionnement. Aujourd’hui, de nombreux hauts fonctionnaires nous disent que, finalement, il n’y a pas de raison particulière de s’intéresser à la Corse parce qu’il n’y a pas de bombes. C’est un raisonnement terriblement pervers. Cela voudrait dire que ce n’est que dans une logique de rapport de forces qu’on peut conduire l’Etat à s’intéresser à la Corse… Or c’est précisément la démarche inverse qu’il faut avoir.

Vos idées autonomistes ont largement infusé dans la société corse. Que veut dire être nationaliste corse en 2017 ?

La quasi-totalité des Corses sont nationalistes, même s’ils ne revendiquent pas cette étiquette. Pour eux, la certitude qu’il existe un peuple avec sa langue, ses intérêts, sa capacité à maîtriser son destin est une évidence. Nos idées ont gagné, en partie parce que nous avons réaffirmé que le seul chemin qui vaille pour nous est celui de la démocratie, du respect de toutes les opinions, même quand elles ne sont pas les nôtres. Le tout en réaffirmant que ce sont les Corses et eux seuls qui décideront de ce que doivent être leur présent et leur avenir.

Kael Serreri correspondante à Ajaccio

Récit : En Corse, un renouveau sans armes ni violence

Par Kael Serreri, correspondante à Ajaccio — 2 août 2017 à 19:06

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Gilles Simeoni (g) célèbre l'élection de trois députés nationalistes lors des législatives, le 18 juin à Bastia.
Photo Pascal Pochard-Casabianca. AFP

Loin de leur réputation de «poseurs de bombes», les nationalistes convertis à la politique s’imposent petit à petit sur l’île de Beauté et partent favoris pour prendre la tête de la collectivité unique, qui verra le jour en janvier.

Pendant cinquante ans, les nationalistes corses ont été cantonnés à un rôle d’opposition. Des décennies durant, les grands partis traditionnels ont vilipendé les prises de position des «poseurs de bombes», agité le chiffon rouge de l’indépendance sous les yeux des électeurs insulaires. Depuis une dizaine d’années, le mouvement nationaliste s’est inscrit dans une dynamique nouvelle, passant du militantisme pur et dur à une formation plus en prise avec les considérations quotidiennes de la population.

Dans une île de 325 000 habitants frappée par le chômage, où plus de 20 % d’entre eux vivent en dessous du seuil de pauvreté, et où le coût de la vie est plus important que sur le continent, les nationalistes ont réussi à s’imposer comme une alternative aux grandes familles de la droite et de la gauche qui régnaient jusqu’à récemment sur la Corse. En s’appuyant sur une importante structure militante de terrain, ils ont su profiter de l’essoufflement des partis traditionnels pour devenir la force politique la plus puissante de l’île.

La branche dite «modérée» s’appuie également sur la grande popularité de son leader, sacré «personnalité préférée des Corses» par les sondages. Avocat d’Yvan Colonna, le charismatique Gilles Simeoni a su séduire bien au-delà de son camp en optant dès le début de son engagement public pour la lutte politique plutôt que l’action violente. En 2014, il souffle la mairie de Bastia à la dynastie Zuccarelli en créant une coalition avec la droite et la gauche. La manœuvre lui vaut des récriminations dans les rangs de sa propre famille politique mais s’avère payante. D’autant que quelques semaines après la victoire bastiaise, le Front de libération nationale de la Corse (FLNC), bras armé du mouvement nationaliste, renonce définitivement à la violence politique. La décision, sans grand retentissement au niveau national, jette les électeurs dans les bras du désormais fréquentable mouvement nationaliste.

Entre-temps, ces derniers ont su imposer leurs thématiques dans le débat. L’amnistie des prisonniers dits politiques, la co-officialité de la langue corse, le statut de résident, la maîtrise de la fiscalité et l’inscription de l’île dans la Constitution font désormais consensus. En décembre 2015, autonomistes et indépendantistes s’allient et s’emparent de la région. Un an et demi plus tard, les législatives confirment la montée en puissance du mouvement nationaliste : trois circonscriptions sur quatre sont remportées par la liste Pè a Corsica («pour la Corse»), avec des scores écrasants.

Un tournant dans le parcours long et semé d’embûches des nationalistes. Lesquels vont tester une nouvelle fois leur popularité dans les urnes en décembre. Forts de leurs récents succès, n’ayant pas eu le temps de décevoir depuis leur arrivée au pouvoir, les nationalistes partent grands favoris des élections territoriales et ambitionnent de prendre la tête de la future collectivité unique de Corse (fusion de l’actuelle et des deux départements, elle verra le jour en janvier).

En attendant le verdict des urnes, Gilles Simeoni rassemble les troupes. Samedi, les trois partis autonomistes ont décidé de s’allier pour constituer un «grand parti de gouvernement», mené par l’avocat bastiais. Reste toutefois à déterminer quelle sera la place réservée aux indépendantistes dans le tableau. Si Corsica Libera, le mouvement de Jean-Guy Talamoni, appelle à une liste d’union dès le premier tour, les nationalistes modérés laissent planer le doute sur «la meilleure tactique électorale» à adopter. Tout en jurant que le «principe de l’alliance est acté».

Kael Serreri correspondante à Ajaccio

Juillet 2017

26/07/2017

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17/07/2017

Régis Gizavo, l’homme qui faisait aimer l’accordéon

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Régis Gizavo avant un concert du Malagasy All Stars à l'UNESCO à Paris en 2012. ©Erwan Larzul

Alors qu’il était en Corse avec le groupe Alba, le musicien malgache Régis Gizavo est décédé le 16 juillet, à 58 ans. Avec son instrument en bandoulière, s’abandonnant à lui les yeux fermés, le lauréat du prix RFI Découvertes en 1990 a fait chanter son accordéon en live pour des artistes comme Cesaria Evora, I Muvrini, Christophe Mae et sur ses albums personnels ainsi que les différents projets destinés à mettre à l’honneur son île natale de l’océan Indien.

"Celui qui m’avait réconcilié avec l’accordéon" : en apprenant ce 17 juillet la disparition de Régis Gizavo, qualifié aussi de "magicien des notes", le chanteur français Christophe Mae a trouvé les mots appropriés pour décrire ce que le musicien malgache a apporté, ce qu’il a changé. Sous ses doigts, le "piano du pauvre" complètement ringardisé est devenu un instrument qui tour à tour exalte, apaise, gémit, transporte...

Il y a quelques semaines, il avait pris part au festival Rio Loco, la plus belle fête des musiques de l’océan Indien jamais organisée en France. Le trio Toko Telo y donnait son premier concert international et présentait son album, Toy Raha Toy. Avec deux autres pointures de chez lui, le guitariste D’Gary et la chanteuse Monique Njava, cette formation plus qu’alléchante avait tenu ses promesses. Au même moment, dans les salles de cinéma, sortait le film Songs for Madagascar réalisé par César Paes sur le collectif porte-drapeau Madagascar All Stars, auquel Régis Gizavo appartenait depuis ses tout débuts, en février 2003, à l’époque où la Grande Île traversait une crise politique majeure.

Si son investissement dans les projets autour de son pays avait pris davantage d’importance pour lui depuis une décennie, c’était pour "rendre" à la terre de ses ancêtres ce qu’elle lui avait apporté, précisait-il. Mais l’insulaire, avec tout ce que cela suppose de particularismes revendiqués, était en même temps un fervent mondialiste, prêt à converser avec la planète entière et décloisonner tout ce qui peut l’être. Sans doute une de ses singularités, par rapport à ses compatriotes musiciens.

Né à Madagascar, au milieu de l’océan Indien, décédé en Corse, en pleine méditerranée, 58 ans et un mois plus tard, Régis Gizavo aimait les îles pour les connecter, entre elles et aux autres cultures. Sur sa mappemonde, on trouve le Cap Vert, lui qui a longtemps travaillé avec Cesaria Evora, ainsi que Tcheka, Lura, Mayra Andrade... Le Brésil, où le chanteur Lenine l’avait invité et où il est revenu en étant accueilli chez l’artiste richissime Orlando Morais pour préparer Rivière noire, avec quelques vielles connaissances comme Blick Bassy et Pascal Danaé. L’Afrique du Sud, avec les Mahotella Queens puis le guitariste Louis Mlhanga.

"Il avait Madagascar dans sa tête, dans ses doigts, et faisait vivre son pays dans le monde entier", rappelle son alter ego réunionnais René Lacaille, qui a souvent retrouvé le virtuose malgache à l’autre bout du globe, que ce soit au Québec ou au Portugal. Et d’expliquer que "personne ne pouvait jouer comme lui, parce qu’il jouait du chromatique comme du diatonique, avec sa culture malgache".

A Tulear, ville du sud en bord de mer, le fils d’instituteur qui s’amusait avec l’instrument pour reproduire toutes les musiques qu’il entendait s’est fait vite remarquer. Quand on lui demande de jouer pour une personne possédée, une fois la peur passée, il découvre que les vibrations de ce qu’il tient entre les mains peuvent soulager. Quelques décennies plus tard, il renouvelle l’expérience et constate le même résultat. "On ne peut pas le croire, même quand on le voit !", reconnaissait-il, conscient de l’incompréhension que ce genre d’anecdote peut susciter en Occident, où la musique est quelque chose de rationnel.

Les différences culturelles ne lui ont pas échappé, entre son océan Indien laissé derrière lui après avoir remporté le prix RFI Découvertes en 1990, et Paris, où il s’est installé peu après. "Quand tu as mangé du riz pendant trente ans, et que tu te retrouves avec un croque-monsieur, ce n’est pas pareil", plaisante-t-il dans Songs for Madagascar. Une métaphore pour faire comprendre qu’il a fallu s’adapter, mais pas seulement car "manger, c’est la base de la vie", considérait ce bon vivant, prêt à dénicher à pas d’heure dans son quartier un boui-boui africain pour y dévorer un poisson frit et une assiette de riz.

Avec le premier instrument qu’il peut enfin s’acheter, le voilà qui monte en 1993 dans le tour bus d’ Muvrini, groupe phare des polyphonies corses. Huit ans, plusieurs albums. Et pas dix phrases décrochées par le leader de la formation, s’amusait-il à souligner, renforcé d’un "je te jure" catégorique. Des débuts difficiles sur l’île de beauté : au premier concert, en voyant le Malgache, les spectateurs devant lui quittent leurs sièges. Et puis il se fait adopter, invité partout chaque fois, traité comme un fils du pays quand il arrive à l’aéroport. Pour lui, on fait marcher les relations corses. Au bout du téléphone, une fois composé le numéro qu’on lui a communiqué pour résoudre un problème administratif, il entend : "Cabinet du Premier ministre, bonjour"…

Premier album solo

En parallèle, son premier album personnel intitulé Mikea sort en 1995. Trois autres suivront. Le sud de Madagascar y résonne, avec ses problématiques sociétales. En compagnie du percussionniste David Mirandon, l’association fonctionne à merveille sur scène, dans les grands festivals ou les bars improbables nichés dans des maisons de banlieue parisienne…

Discret par nature, et par culture, l’homme ne cherchait pas à se faire remarquer autrement que par sa musique. Il aimait la jouer, mais tout le reste de la filière qui gravitait autour des artistes lui semblait étranger. Les réactions, les mentalités le laissaient perplexe. Pas découragé. Il n’était pas rare qu’il ne reçoive pas les disques sur lesquels il était sollicité pour intervenir ! Lui qui a laissé son nom notamment sur les CDs de Yannick Noah (Charango), Youssou N’Dour (Nothing’s In Vain), Paris Combo (Attraction) prenait plaisir à parler de sa collaboration suivie avec Mano Solo. Le chanteur écorché vif l’avait touché, et il espérait pouvoir l’aider à panser ses blessures.

Dans le cadre de sa carrière personnelle, l’accordéoniste racontait qu’on lui avait parfois conseillé de faire ressortir son côté malgache dans les apparences. Se déguiser. "Je ne vais tout de même pas me mettre en boubou !" s’indignait-il. Et pourtant, il a bien fini par accepter. Pour Christophe Mae. En riant, il se remémorait la séance d’essayage avec casquette, gilet et lunettes de soleil. Mae, un autre amoureux de la Corse. C’est aussi là que leurs routes se sont croisées.

Coup de foudre artistique réciproque, quelques heures à peine avant l’enregistrement du live intitulé Comme à la maison sur une plage. Le chanteur l’embarque aussitôt sur sa tournée, mettant en avant "Monsieur Régis Gizavo" sur chacun de ses concerts. Et ne s’offusque pas, quelques années plus tard, lorsque le Malgache décline la proposition de repartir sur les routes. "Vivre dans les bus, les hôtels, ce n’est plus de mon âge", confiait le quinquagénaire, à peine conscient du luxe que pouvait représenter un tel refus, mais ravi de rejoindre la troupe en certaines occasions !

L’essentiel, pour lui, résidait dans la possibilité d’être "à 100% soi-même", en fusion complète avec son accordéon et les autres musiciens. Sa vision de la liberté. "Les gens captent cette énergie", assurait-il. Le voyage pouvait commencer, les yeux fermés…

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regis

Nous avions découvert Régis avec l'Alba. Il apportait beaucoup au groupe.

isula

inc25 Juin 2017

La Corse créative à Fab Fiera

L'équipe de l'Université de Corse et ses partenaires sont heureux de vous annoncer la 1° édition de Fab Fiera, une manifestation festive pour permettre à tous de découvrir les technologies créatives, le Samedi 1° juillet, à Corte

Car oui, la Corse est bien en train de se muer en terre d’innovation  et les technologies créatives sont là pour libérer les énergies productives de notre île et révéler la richesse de nos matériaux locaux...

Le temps d’une journée, nous vous invitons à expérimenter cette nouvelle réalité, largement favorisée par l’ouverture récente de Fab Labs équipés d’imprimantes 3D, fraiseuses, découpe laser et autres kits d’électroniques libres, et relayée par de nombreux acteurs partenaires -entreprises, associations ou institutions…  Grâce à de plus de 40 ateliers, expositions, démonstrations ou workshops, la fabrication numérique n'aura plus de secret pour personne et chacun pourra (re)devenir un authentique maker, capable de concevoir, prototyper et produire…

Vous trouverez en pièce jointe un petit dossier de présentation ainsi qu'un programme de la journée, et nous  nous tenons bien sûr à votre disposition pour compléter ces informations,

Au plaisir de vous retrouver bien vite,

fabfiera


Vannina Bernard-Leoni
Università di Corsica Pasquale Paoli
Directrice Pôle Innovation & Développement
Palazzu Naziunale - BP 52
20250 Corti
+33 (0)4 95 45 06 67
+33 (0)6 46 38 35 97

Débat sur la non-violence à Galeria

8 juin 2017

Aujourd'hui à Galeria, invités pour un débat sur la non-violence par Dominique Bianconi et François Canava, avec Edmond Simeoni, Guy Calvelli, Marie Ferranti.

Nous avons pris la route tôt dans l'après-midi. Il faisait une chaleur caniculaire et la clim était en panne. La lumière aspirait tout et l'air brûlant saturait l'air de parfums frais. La mer était d'une couleur violette, transpercée, sur ses bords, par de grandes traînées de bleu turquoise. Dans l'horizon tremblant et embrumé, quelquefois, un voilier semblait un papillon blanc épinglé. Nous avons suivi la route du bord de mer. Ce fut un voyage chaotique. Cette route n'est plus empruntée que par les touristes en mal d'exotisme ou égarés.

Je n'ai pas regretté le voyage. Après Calvi, les rochers rosissent, s'arrondissent, se creusent forment un paysage désert de toute vie humaine, d'une sauvagerie colorée. De loin, des fleurs roses et minuscules, qui poussent à fleur de rocher, enduisent leur surface d'une rouille factice. Les couleurs se précisent un instant et disparaissent. Dans les virages, nous avions la sensation fugace d'une fraîcheur bénéfique en filant sous l'ombre de grands arbres. Des eucalyptus m'apparurent soudain ; leur feuillage d'un vert violacé était planté comme une banderille vive et flottante dans ces chênes denses et sombres. Nous mîmes du temps à trouver la tour de Galeria. François s'inquiéta de notre retard. Nous étions attendus.

Près de la tour, dans une salle basse et voûtée, par la porte ouverte, j'aperçus l'assemblée et la tribune. François nous accueillit, nous nous installâmes près de lui, de Dominique et d'Edmond.
Une dame expliqua longuement les vertus de la non-violence. Elle a fait beaucoup de prévention auprès de jeunes élèves. Dominique poursuivit en présentant la nécessité de soutenir deux commerçants d'Evisa harcelés et rackettés. Je pris la parole à mon tour. Je n'ai aucune certitude. Je m'interrogeai donc. La non-violence étant antinomique avec l'écriture et la condition même d'écrivain. Edmond intervint à son tour pour développer une analyse entre le droit et la pratique de la justice et prôner la démocratie. Il croit beaucoup à la formation prodiguée à des jeunes gens sur la non-violence. Le public prit la parole. Un documentariste s'étonna que la plupart des jeunes gens filmés par lui exposent dans leur chambre l'effigie du Ribellu. Guy intervint pour lui dire que cela ne signifiait pas qu'ils adhéraient à la violence, mais à une figure de révolte, bien compréhensible à leur âge. Lui-même porte un Ribellu depuis très longtemps et se revendique comme un non-violent.

Ce bref échange donne une idée de la complexité de la question. Nous ne l'épuiserions pas aujourd'hui. François clôtura les débats. Nous sortîmes sur la terrasse partager un verre et se restaurer. Il était déjà près de sept heures. La route qui nous attendait était longue. Nous prîmes congé avec la promesse de nous revoir.

Nous avons prolongé le débat sur tout le chemin du retour. Les questions essentielles ne se vident pas en deux heures de temps. Nous le savions, mais il était bon de les ouvrir. Cors'Odissea poursuit donc sa route. Nous reviendrons cet hiver en Balagne. La région nous est favorable. Il est des signes qui ne trompent pas.

Marie Ferranti

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inc24 Mai 2017

Les travaux dans la Restonica

restonica

Après les présidentielles...

presid

Législatives 2017 : la schizophrénie nationaliste

10 mai 2017 

S’ils ne se sont pas encore entendus sur la stratégie à adopter ni sur les femmes et les hommes à investir à l’heure où nous écrivons ces lignes, les Nationalistes ou en tout cas la majorité territoriale lorgnent déjà sur le Palais Bourbon. Même si leur présence à ce scrutin national ne questionne plus vraiment, ils n’apparaissent pas comme les meilleurs avocats de la cause insulaire.

Sondage

Ce n’est pas tant leur présence qui est remise en cause par le panel. En effet, 72% des personnes interrogées dont 75% des CSP- et évidemment 89% des partisans nationalistes trouvent leur candidature logique. Alors oui, ce ne sera pas la première fois que des représentants autonomistes ou même indépendantistes se présentent ou soutiennent un des leurs à la députation. Mais ça, c’était avant. Avant qu’ils n’accèdent aux responsabilités, avant qu’ils ne cèdent à l’irresponsabilité du silence ou au positionnement tardif et forcé s’agissant de l’élection présidentielle. Ainsi comment solliciter les suffrages pour un scrutin national intervenant un peu plus d’un mois après avoir ouvertement snobé un autre scrutin national majeur ? Les plus sceptiques restent à droite, avec 38% de ses partisans qui doutent de la pertinence d’une candidature nationaliste.

Obligation de résultat

Par ailleurs, 62% de ce même panel doute de l’efficacité des candidats nationalistes pour défendre les intérêts de la Corse au sein de l’Assemblée nationale. Plus particulièrement les personnes âgées de 35 ans et plus à 64%, les habitants des zones urbaines à 69% ainsi que les partisans de gauche (76%) et de droite (80%). A l’inverse 92% des militants nationalistes sont convaincus de l’efficacité de leurs candidats. Pourtant, le flou qui entoure les candidatures et participe au faux départ en campagne, s’épaissira encore un plus quand et si élu(es) il y a, il(s) ou elle(s) devra siéger sous les ors de la République. Rejoindra-t-il ou elle un groupe politique ? Siègera-t-il ou elle parmi les non-inscrits ? Et comment constituer une majorité autour de la question corse qui, comme chacun sait, a toujours été une priorité pour les gouvernements successifs et pour l’ensemble des élus de la nation (française). Réponse dans quelques jours.

Source : "Paroles de Corse", mai 2017

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Avril 2017

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CONTRE LE FASCISME EN CORSE !

Le peuple corse dans la diversité de ses composantes politiques, syndicales, associatives a, historiquement, toujours refusé le racisme, la xénophobie et l'expression d'une idéologie fasciste sous-jacente. Cette idéologie s'exprime désormais ouvertement dans l'espace public et sur les réseaux sociaux. Nous ne pouvons demeurer silencieux. Nous proposons à toutes les organisations ainsi qu'à toute personne de signer cette pétition pour s'engager à combattre les dangers que représente aujourd'hui, en Corse, la progression de la peste brune.

PETITION DE 750 PERSONNES actualisée le 30 avril 2017

ABITBOL Pierre - ACCORSI Agnès - ACHARD ROCCHI Jean Louis - ACHILLI François - ACQUAVIVA Cathy - ACQUAVIVA François-Xavier - ACQUAVIVA Jean-Claude - ACQUAVIVA PACHE Michèle - AFC UMANI - AGOSTINI Catherine - AGOSTINI Henri-Paul - AIUTI Noëlle - AJACCIO-CROCE Cathy - ANDREANI Julie - ALBERTINI Frédérique - ALBERTINI Jean - ALBERTINI Pascal - ALBERTINI Ghjuvan'Lucca - ALBERTINI Chantal Maria - ALFONSI Jean Pasquin - ALFONSO Jean-Pierre - ALLEGRINI Stéphane - AMADEI Isabelle - AMALRIC CHOURY Isaline - AMBROISE Jean-Marie - ANCEAU Sébastien - ANDREANI Dominique - ANDREANI Jean-Marc - ANDREANI Julie - ANGELSON Steve - ANTOMARCHI Paul - ANTONA Patrice - ANTONI Laure - ARNAUD Bernardette - ARNAUD Marie-Luce - ARRIGHI Emmanuelle - ARRIGNI Jean-Sébastien - ARRIGHI Pierre - ARRIGHI-LANDINI Marie-Joseph - ASPE André - ASPER Ghyslaine - ASTOLFI AVAZERI Gérard - AUBERT-COLOMBANI Eliane - AUCLAIR Rachel - AUGER Marie Paule - AUSILIA Antoine - AVAZERI Marie-Hélène - AZARA Louis

BAGGIONI Anne-Marie - BALAFENN Manue - BALDUCCHI François - BALDUCCHI Isabelle - BARAT Pierre - BARBAGELATA Cathy - BARI Kd - BARRAL Agathe - BARRAL Alain - BARTOLI Alexandra - BARTOLI Lucien - BARTOLI Laurence - BARTOLI Madeleine - BASSANI Ange - BASTI Abdelaziz - BASTIANI Marie-Josée - BATHERET Joëlle - BATTESTINI Jean-Pierre - BAZZALI SCHMITT Patrick - BELHAJ Rachel - BELGODERE Xavier-François - BELGODERE Marylène - BELLAGAMBA Claude - BLEMONT-CERLI Marcu - BENEDETTI Laurence - BENOIT Marc - BENIGNI Guidu - BENQUE Charles - BERENI Janie - BERETTI Angèle - BERETTI Antonia - BERGEOT Dany - BERNARDEAU-PAUPE Olivia - BERNARDINI Guy - BERNARDINI Luc - BERRY Midi - BERTINI-DUREU Denise - BESSUELLE-BARTOLI Maryse - BEVERAGGI Dominique - BIANCARELLI Bernard - BIANCARDINI Jean-Pierre - BIANCHI Colomba - BIANCHINI Céline - BIANCONI Dominique - BIDALI Francine - BISGAMBIGLIA Jérôme - BISGAMBIGLIA Renée - BIZIEN Jean-Luc - BOISBOURDIN Jacques - BONALDI Charlotte - BONARDI Marie Josée - BONNEL Pascal - BONNEL Patrice - BONNEL Maryse - BORDENET Aurélien - BOSSU Damien - BOUCHVAL Brian - BOULAOUA Abdel - BOULET BATTINI Guylène - BOURDIEC Cécile - BOURET Catherine - BOUVIER Paule - BOUVIER Pierre - BOY Alain - BRAZZI Luca - BREZ Valérie - BROGGIO Jean François - BRUNET Elisabeth - BRUNI Eddy - BUCCHINI Laetitia - BURESI - VILAIN Josette - BURONI Marie Luce

CABOT Bernard - CABRERA Lauréline - CACCIARI Alain Joseph - CALAMARO Dominique - CALDERON Linda.D. - CALLEGARI Pascale - CALLENDRON Bernard - CALVAYRAC Francoise - CALVETTI Guy - CALVISI Eliane - CAMP Maco - CAMPANA Marc-Antoine - CANAPA Joseph - CANAVA François - CANCEL Pierre-André - CANEGGIANI Brigitte - CANON Petru - CAPDEVIELLE Dominique - CARDENAS Safia - CARLETTI Josiane - CARLOTTI Marie Blanche - CARON Anita - CARREGA RAMELLI Rose Marie - CASTELLI Marie - CARTIER Gilles - CASABIANCA François - CASABIANCA Jérôme Quilicus - CASALONGA Tony - CASAMARTA Jacques - CASANOVA Christiane - CASANOVA Felicia - CASANOVA Jacky - CASANOVA Jean - CASANOVA Laurent - CASANOVA Nicole - CASANOVA Pierre - CASANOVA Robert - CASANOVA Simon - CASANOVA Sandrine - CASASOPRANA François - CASASOPRANA Marie - CASASOPRANA COMITI Carole - CASIMIRI Cathy - CASTA Frédérique - CASTA Jocelyne - CASTELLANI Cam Giu - CASTELLI Marie - CAYTE Catherine - CECCALDI Jean-Marc - CECCALDI Jean-Paul - CECCALDI Patricia - CECCARELLI Anita - CECILION Ingrid - CERBONESCHI - FARRUCCI Laurent - CERVETTI Marie - CERVETTI Toussaint - CESARI Nadine - CHANDY Cathy - CHARLES Jean - CHEN Philippe - CHETTOUH Malika - CHIARI Fréderic - CHIORBOLI Jean - CHIORBOLI Rémi - CHOURY ALMARIC Isaline - CHOVIN Marina - CIMINO Guy - CIOLEK Patricia - CIOSI Antoine - CIOSI Monique - CLEMENT AARHUS Maud - CLEMENT BALTZ Monia - CLEMENT-GUY Gill - CLEMENTI Charles - CODACCIONI Jean-Paul - CODACCIONI Paul Marie - COLL Jean - COLLET Serge - COLOMBINI Mighé - COMBESCURE Florence - COMITI Marie Claire - COMPOIS Magalie - COMPOIS Annabelle - CONSTANTY Hélène - COQUELIN Laurence - COQUERELLE Fabienne - COQUERELLE Jean - CORSE Scarlet - CORSI Don Joseph - COSIMI Yvan - COSTA Marthe - COSTA Pascale - COSTA Pierre-Toussaint - COTTE Laurent - COUTAND Pascal - CRESTANI Antoine - CRISTOFARI Jean-Pierre - CROCE Ghjovella - CRUZ ORSONI Odette - CUCCHI Vincente - CULIOLI Olivier - CULIOLI Marilyne

D B Calvi - DAIGNE Nadine - DALL'AVIA Josette - DAMIANI Filippu - DAMIANI Gisele - DAMIANI Joëlle - DAMIANI Marie Josée - DAMIANI Matteo - DANDOY DE CASABIANCA Xavier - DANGER Mami - DAYSSOL Henri Étienne - DEBREGEAS Jean-Pierre - DE COCKERE POMPA Florenvce - DE FOUQUET Marie Elisabeth - DELANNE Lucile - DELBRUN Francine - DELMONT Isabelle - DE MADARIAGA Erlaitz - DEMARTINI Jean - DE MEYER Jacques - DEMURU-ANTONA Simon - DENIS FABRIZY Jocelyne - DENIS Jacques - DILER Audrey - DILER Jean-Marie - DILER Marie Lu - DILIBERTO Vincent - DJULS Ksk - DOIRON Irène - DOLOVICI Marie Paule - DOMINICI Thierry - DONATI Ange - DONATI Rose Marie - DON SIM Emmanuel - D'ORAZIO Jérôme - D'ORAZO Petru - DOTTEL Jean-Baptiste - DRUELLE Mo - DORN Charlotte - DOUSSAU Jean Luc - DOUSTE Christine - DUBOIS Christian - DUCASSE Rémy - DUMAINE Jean-Pierre - DUPONT Nathalie - DUPRE Marie Thérèse - DURAND DIT ROBIN Christine

EBRARD Paul - EISSAUTIER Charles - EL KHOULALI Najet - ESPOSITO Cléo - ETCHEVERRY Micaëla ' EVIN Isabelle - EZZINE Samia

FABIANI Jean-Pierre - FAKIRI Azeddine - FAISSE Pierre - FALAISE Marie Annick - FANCELLI Marcelle - FAUSSADIER André - FAYAUD Eric - FAZI Madeleine - FAZI Stéphanie - FEDERICA Frédérique - FELIZIA Jean-Laurent - FERACCI Daniel - FERRACCI Marie-Hélène - FERRACCI Stéphane - FERRACCI-PORI Michel - FERON Périne - FERRAGGIOLI Jean-Pierre - FERRARI Marie - FERRITO Robert - FERRUA Francis - FIGARELLI Noëlle - FIGARI Gérard - FILIPPI Jacques - FILIPPI Cristofanu - FILIPPI Marie-Luce - FILIPPI GUGLIELMACCI Marie Josée - FILLACIER Marie - FISCHER Hubert - FLORI Angélise - FLORI Ghjuvan Francescu - FOLACCI Bartolumeu - FOREST Océane - FORESTIER Isabelle - FOULON Christine - FRANCESCHI Claude - FRANQUET Axelle - FRANVILLE Jean - FRIGARA Jean Paul - FUMAROLI Dominique - FUSINA Jacques

GABRIELE Bernard - GAFFORI FANTONI Dumenica - GAGGIOLI Jean Marc - GAILLON Pascal Louis - GALEANI Jean - GALFRE Fabienne - GALPIN Noémie - GAMBINI Dumè - GIAMMARCHI Jules - GIAMMARCHI Arlette - GANNEVAL Gen' - GARCIA Vincent - GARNIER Pierre - GARITO Roland - GARLAN Hélène - GASPARI Elodie - GASPARI Noël - GATTACECCA Patrizia - GAUBERT Fabienne - GERARD LAurent - GUAZZELLI Corinne - GENEST Jean-Luc - GERIN Martine - GERIN Patricia - GERONIMI Sandra - GHAZALI Mounir - GIANNI Nathalie - GIANNESINI François - GIANNETTINI Marie Thé - GIANNONI Ginette - GIANNUCCI Jacques - GIANSILY Laura - GIOVANNANGELI Dominique GIOVANNANGELI MARTIN Marie - GIRARD Pascale - GIRAUD BARANGER Nicky - GIULIANI Marie-France - GUISSANI Armelle - GIUSTI Odile - GODFRIN Marie-Jeanne - GOGEON MONDOLONI Bruno - GOMEZ Pierre - GONCALVES Afonso Manuel - GONCALVES Katia - GORGULIO Eric - GORI Pierre Paul - GOUYON Gisèle - GRAZIANI Emmy - GRAZIANI Frédéric - GRAZIANI Jean Bernard - GRAZIANI Josh - GRAZIANI Ludovic - GRAZIANI Mickael - GRAZIANI Philippe - GRAZIANI Roger - GREGORJ Orfeu-Vittoriu - GRILLI Anne - GRIMALDI Marie-Paule - GRIMALDI Simone - GUAZZELLI Corinne - GUERIN Marie - GUERRINI Philippe - GUGLIELMACCI Jean Noël - GUIGNARD Christian - GUINET Bruno - GUTTIN Arlette - GUYON Annick - GUYONVARCH Nathalie

HASSAM Samia - HEBTING Pierre - HERBLOT Chantal - HERBLOT PIERI Marianne - HERRERA PAUL - HARIXCALDE Jean - HITER Didier - HUET Alain - HULIN Roxane - HURSON Roselyne

IDOLA Fanny - ISULA Magda - ISSANCHOU Jean-Philippe

JABOULAY Thomas - JANDAR Mohamed - JANICKI SPUIG Jacqueline - JANIN PIFERINI Camille - JOUBERT Gilles - JOURDAIN Mélissa

KHALDI Loukmane - KEUK Béatrice

LABBE Amélie - LAMBERTI Sandrine - LANOIRE Gisèle - LANGANEY Anouk - LASANIER Laurence - LASTRAJOLI Vincent - LEANDRI Jean - LE BOURDON Joyce - LE GALLO Roger - LECA Victoria - LECCIA Yves - LEIBENGUTH Jean - LEMAIRE Françoise - LEMONNIER Lisa - LEONETTI Fabrice - LEONI PINELLI Dominique - LEVENARD Charly - LEVEQUE Christophe - LEZAG Bruno - LLORENS Nanette - LLINARES ORSINI Nicole - LEVY Magali - LIOI Claudiane - LIOI Nicolas - LO GIUDICE Maria Elisabetta - LOPEZ Denis - LORENTI Catalina - LUBRANO Francis -LUCCHETTI Nadia - LUCCHINACCI Vincent - LUCCIONI Daniel - LUCCIONI Patricia - LUCENTE Jourdan - LUCIANI Anne Marie - LUCIANI Namarie - LUCIANI Eliane - LUCIANI Simon

MACRI Mélina - MAESTRACCI Fabienne - MAESTRACCI Ghjiseppu - MAESTRACCI Julienne - MAESTRATI Dominique - MAGNETO Marie Edith - MAIMONE Patricia - MAÏNETTI Pascale - MAISANI Celia - MALIET Vincent - MALOSSE Henri - MALVESIN Frédérique - MANFRUELLI Dumè - MANILLIER Jean-Marc - MARCELLEI Anne Marie - MARCELLI Carine - MARIANI Manu - MARIELLI Antoine - MARIOTTI Philippe - MAROSELLI Chantal - MARRE Karen - MARRUCCHI ANTOMARCHI Sophie - MARTIN Gérard - MARTIN Martin - MARTINENGO Tine - MARTINETTI Killian - MARTINETTI Patrick - MARTINEZ Amelia - MARUNCEAC Lory - MARY Alain - MARY André - MASIA Pierre - MASSA Marie-Luce - MASSIA Pierre Marie - MASSIANI Jean - MASSIANI JS - MASSIANI Yannick - MASSIMI Eric - MASSONI Eric - MATHIEU Ariane - MATHIS Robert - MATTEI Anne Marie - MATTEI Jacques - MATTEI Georges - MATTEI Guillaume - MAUNY Dominique - MAUNY Dominique - MAUREL MONDOLONI Nicky - MAURINO-BARTOLI Brigitte - MAUSHART Françoise - MAZZONI Ghjulianu - MEGE Laurent - MENNETRET Caroline - MENOZZI Marie- Madeleine - MERANDA Jean-Louis - MEUNIER Françoise - MICHAEL Pierre - MILLELIRI Marie Josée - MOGHRAOUI Nora - MOGHRAOUI Jean - MOLINA MATTEI Francine - MOMY Magali - MONDO Mariane - MONDOLONI Jean-Luc - MORETTI COPPOLA Saveria - MOTBAL Joëlle - MOURADIAN Philippe - MOZZICONACCI Andria - MOZZICONACCI Jean-Paul - MURATI VIVIANI Marie Noëlle - MURRONI Baptiste

NACHON Angélique - NENGO Tine- NIA Anto - NICE Patrice - NICOLAI Andrée - NICOLAÏ Don Ghjacumu - NOBILI Sandrine - NOESEN Gisèle - NOLLITAP Serge - NOREL Joyce - NOTHOMB FA - NOTTE BLUE Tunietta

OCHOA Edith - OLIVESI François - OLIVEIREDA Daniel - OLIVIERI Marie-Jéromine - ORENGA Anne - ORSI Jean-Pierre - ORSINI Charlette - ORSINI Jean-Joseph - ORSINI Joseph - ORSINI Julien - ORSINI Stéphanie - ORSONI Coco - ORSONI Jean-Christophe - ORSONI Jean-Philippe - ORSONI Stéphanie - OTTAVI Christophe - OTTAVI Dominique - OTTAVJ Jean Pierre - OUABBOU Aziz - OUAHOU Mohammed - OUAHOU Sidi - OUGIER Dany - OUKHATTOU Lahbib

PADOVANI Michel - PADOVANI Marie Antoinette - PAGANELLI Norbert - PALDACCI Isabelle - PANDOLFI-CROZIER Jean Ugo - PAOLANTONI Parisa - PAOLACCI Marinette - PAOLI Angèle - PAOLI Antoine - PAOLI Jacques - PAONE Jean-Jacques - PARDON Elisabeth - PASQUALINI Claude - PASQUALINI Petru - PASTINI GUILLEMART Patricia - PATILLON serge - PEDANO Martine - PELLEGRI Pierre - PELLEGRINI Christel - PERETTI François - PERES Danielle - PERGOLA Philippe - PERIER Susan - PERSA Alain - PERUCCA Jacques - PETIT Marlène - PETIT Valérie - PETITBOULET Nelly - PHILIPPE Philippe - PIANELLI Marie Françoise - PIACENTINI Gervais - PIASCO Henri - PIETRI David - PIETRI-NERI Michèle - PICCIOCCHI Célia - PIETRI Emmanuel - PIFERINI Dominique - PIFERINI Soveria - PINELLI Dominique - PINZUTI-STEFANI Marie-Jo - PISCHEDDA Joëlle - PISCHEDDA Nicolas - PISCIEN Haro - POGGI Anne Marie - POIRIER Sébastien - POLETTI Antoine - POLI Josiane - POLI Moune - POLI Vanina - POLIDORI Marlène - POLLINI Jacqueline - POLLINI Joseph - POMAREDE Youany - POMMEPUY Ève - PONCHELET Flo - PONTET COTI Isabelle - PORTE Isabelle - POUSSEL Charlie

QUILICHINI Hervé - QUILICHINI Pierre

RAFFALLI Marie Paule - RAFFALLI Charles - RAGAS COLONNA Anthony - RAIOLA Jean - RAINERI Dumè - RAO Anita - RAVAUTE RODE Brian - RAUSCHER Jonathan - RENARD Patrice - RENUCCI Françoise-Marie - REXHEPI Ibrahim - RIEHL Colette - RINIERI Marie Rose - RISTORCELLI Alexandre - RIZZO Monique - ROMANI Letizia - ROCCA SERRA Jacky - ROCCHI Anna - RODRIGUEZ Dominique - ROESCH Marie Camille - ROGER Marc - ROGGERI Jean-Patrick - ROGLIANO Jean-Claude - ROMANI Gilbert Xavier - ROSATI Christophe - ROSE Hubert - ROUCH Jean François - ROUSSEL Sylvie

SAD Jemaa - SAGRA OUGIER Danielle - SALDUCCI Paul - SALDUCCI Valérie - SALIOU Eric - SAMMARCELLI Davina - SAMMARCELLI Pïerre Dominique - SAMMARCELLI Michèle - SAMPIERI André - SAMPIERI Dominique - SANCHEZ Helene - SANGUINETTI Julia - SANSONNETTI Francis - SANTAMARIA Michele - SANTINI Agnès - SANTINI Jean Pierre - SANTONI Jacky - SANTONI Nenette - SANTUCCI Lucie - SANTUCCI Marie Thérèse - SARRAZIN Muriel - SARROLA Rosy - SAUQUES Marie Thérèse - SAVELLI Hélène - SAVIGNONI Serge - SCALISE Antoine - SCHMITT Elisabeth - SCHMITT BAZZALI Patrick - SCHUCKER Marianne - SEDDAS Antoine - SELVINI Noëlle - SEGHAOUIL Fatima - SHIHOIN Yoruichi - SIGURANI Annie - SILLAM Olivier - SIMEONI Dominique Joseph - SIMONCELLI Josiane - SIMONĖ Enza - SIMONI Flora - SIMONI Frédéric Richard Pierre - SIMONI Jean - SIMONI Maia - SIMONI Michèle - SOLIDAIRE Raian - SOLINAS Michel - SOLIS Angélique - SORBARA Marika - SORIA Sophie - SOULA Anne-Marie SPINOSI VARENNES Pascale - STEFANAGGI Petru - STEFANI Marie-Jo - STEFANI VESPERINI Lucie - STELLA Danielle - STELLA Davia - STELLA Sarah - STIRN Patrick - STITOU Dudu - SULITZER Rika - SUSINI Anne Laure - SUSINI Hugues - SUSINI Marie - SUSINI Santa - SUTTO Michèle

TAMBA BISGAMBIGLIA Medhi - TAMBUTINI Valérie - TERRISSE Gilbert - TESTA Anghjulu - TESTORI Pascal - THIERS Jo - TITRANT Patrick - TOLEDO Francette - TOULON Georges - TOULON Jean - TOMASINI Joëlle - TOMEI Louis - TROJANI Madeleine - TRAMONI Francine - TRINITA Patrice - TROUVE Gaël

VALENTINI Charlène - VANHOVE Monique - VARENNES SPINOSI Pascale - VENTURINI Josiane - VERLEYE Jean-Michel - VERO Véronica - VESPERINI Gaspard - VESPERINI Gerard - VESPERINI Lucie - VEYRES Jeanne - VILAISARN Akkhavanah - VINCENSINI Catherine - VINCENSINI Jean Louis - VINCENSINI Noëlle - VINCENZA Simone -VIN Gè - VINGERT Eric - VINDEOUX Yann - VIVARELLI Ghjuvanni - VOLKMAR Ernst - VOUILLEMONT Alexandra - VUILLAMIER Jean-Marcel - VUILLAMIER Maxime

WACH PLOYARD Marlène - WEBER Ghjuvàn - WEIBLE Sylvie - WENOUK Fj - WISPELAERE Ctahreine - YAHO Lionel

ZAHND Lésia - ZICCHINA Yolande

Gilles Simeoni : la Corse doit, par son vote, dire Non au Front National et à Madame Le Pen

26/04/2017

Déclaration du président de l'Exécutif de Corse, Gilles Simeoni) - 
"Le Conseil exécutif de Corse et l’ensemble de la majorité territoriale ont, avant le premier tour, demandé à tous les candidats à l’élection présidentielle s’ils étaient prêts à tirer les conséquences politiques de la nouvelle donne créée par la victoire des nationalistes aux élections territoriales de décembre 2015, et à ouvrir un dialogue permettant de créer les conditions d’une solution politique globale à la question corse. Aucun de ceux pouvant prétendre accéder à la fonction présidentielle n’a souhaité s’engager en ce sens. Aucun d’entre eux n’a non plus apporté de réponses fortes à des attentes et revendications majeures : statut de résident, coofficialité de la langue corse, traitement de la question des prisonniers politiques, inscription de la Corse dans la Constitution, statut fiscal, développement économique et social, statut d’autonomie. Nous avons pris acte de cette fin de non-recevoir, et avons considéré que nous ne pouvions pas, dans ces conditions, nous engager collectivement en faveur de quelque candidat que ce soit. Je me suis moi-même abstenu au premier tour, eu égard à ce refus d’ouvrir une perspective politique permettant d’engager les relations entre la Corse et l’Etat dans une ère nouvelle. Le résultat issu des urnes au soir du premier tour de scrutin crée une situation politique radicalement nouvelle. M. Emmanuel Macron, que nous n’avons pas soutenu au premier tour, et Madame Marine Le Pen, dont les choix sont aux antipodes des nôtres, sont qualifiés pour le deuxième tour. Surtout, celle-ci a réalisé en Corse un score considérable, arrivant largement en tête de tous les candidats, avec 27,88 % des suffrages exprimés, et l’emportant dans une commune insulaire sur trois, dont les deux plus grandes villes Aiacciu et Bastia. Il convient de respecter l’expression du suffrage universel, sans traiter ce vote par le mépris, mais sans sous-estimer non plus la gravité de ce qu’il représente. Notre première responsabilité est de nous adresser aux électrices et aux électeurs qui, bien que ne partageant pas l’idéologie du Front National, ont voté en sa faveur pour manifester leur malaise, leur colère, ou leur inquiétude, notamment face aux menaces de l’islamisme radical ou à la montée du communautarisme. Il faut nous employer à les convaincre qu’ils ont fait le mauvais choix, et traiter les problèmes politiques, économiques, sociaux, culturels, sociétaux, qui sont le terreau sur lequel prospère l’idéologie de l’extrême-droite. C’est une démarche de fond, qui s’inscrit sur la durée, et que nous avons initiée dans bien des domaines depuis notre accès aux responsabilités en décembre 2015. Reste l’urgence : à la veille du second tour, le Front National et Madame Le Pen sont à l’évidence en situation de l’emporter en Corse. Face à cette situation inédite, deux possibilités s’offrent aux nationalistes corses. Soit s’abstenir ou voter blanc, en considérant par exemple que l’élection présidentielle ne concerne pas directement la Corse, ou encore que M. Macron n’a pris aucune position par rapport à la situation insulaire qui justifie un vote en sa faveur. Je respecte la décision de celles et ceux qui opteront en ce sens : elle a sa part de légitimité et de logique.  Mais ce n’est pas, à mon avis, le choix qu’il convient de faire, eu égard aux enjeux du deuxième tour, particulièrement dans l’île. Nous sommes, depuis décembre 2015, les responsables élus de la Corse. Ces fonctions confèrent bien sûr à nos paroles, et à nos actes, un poids particulier, en Corse, comme à l’extérieur de l’île. Nous ne pouvons pas assister en spectateurs à la possible victoire dans notre île d’une idéologie totalement antagoniste avec nos options fondamentales, comme avec l’ensemble du combat mené depuis un demi-siècle par le peuple corse pour son émancipation. J’estime donc qu’il est de mon devoir de Président du Conseil exécutif de Corse d’appeler les Corses à dire, par leur vote, « Non » à Madame Le Pen. La décision de voter, lors du deuxième tour de scrutin, en faveur d’Emmanuel Macron n’est en aucun cas une caution ou un chèque en blanc à son égard. Elle est le moyen le plus sûr et le plus efficace d’empêcher la victoire du Front National. Elle est également la façon la plus claire d’affirmer que la Corse et la société que nous voulons sont incompatibles avec les choix et les options du Front National, sur le terrain des valeurs comme sur celui du projet. Nous nous engageons pour une Corse émancipée, une société de paix, de solidarité, de tolérance, de partage : le Front National cultive les antagonismes, les peurs, le rejet de l’autre. Nous nous battons pour la libération et l’amnistie des prisonniers politiques : le FN demandait, jusqu’à récemment encore, qu’ils fussent condamnés à mort. Nous aurons, à partir du 1er janvier 2018, une Collectivité de Corse que nous voulons doter de nouvelles compétences et de nouveaux moyens : le FN souhaite la supprimer et revenir aux départements. Nous agissons pour que la Corse rayonne en Méditerranée et participe à une Europe forte et solidaire : le FN projette de la quitter.   Cette incompatibilité totale entre le modèle de société que nous voulons et celui proposé par le Front National doit nous conduire, sans état d’âme ni hésitation, à dire, par notre vote, « Non » au Front National et à Madame Le Pen.

Gilles SIMEONI Président du Conseil exécutif de Corse"

La lettre aux élus corses du collectif « Avà basta »

basta

Je ne peux commencer qu’en vous exprimant la honte que j’ai ressentie à la lecture des résultats du premier tour de l’élection présidentielle 2017. J’ai honte d’avoir comme compatriotes des gens qui ont voté pour le Front National. 43 009 personnes ont voté pour Marine Le Pen la plaçant en tête de l’élection présidentielle en Corse. Avec 27.88%, la Corse est dans le top 3 des régions ayant le plus massivement voté pour Marine Le Pen.
Alors, oui certains vous diront que c’est le laxisme, la forte immigration, le déferlement d’une cinquième colonne de migrants.
Seulement voila, 123 communes corses soit 35% ont fait le choix du FN. Elles sont réparties sur toute l’ile. Or, les habitants de nombre d’entre elles n’ont vu d’immigrés qu’à la télévision.
Et, puis, les chiffres sont sans appel. Des départements comme la Seine-Saint-Denis, autrement connu sous 9-3, à forte immigration, ont mis Marine Le Pen à moins de 10%. Des villes qui ont connu des moments difficiles en raison de camps de migrants comme Grande-Synthe n’ont pas mis le FN en tête.
Et quand des communes comme Coquelle ou Sangatte, qui ont souffert de la jungle de Calais, ont voté Marie Le pen (25.4% et 28.1%), elles le font dans des proportions bien moindres que Bastia (30.77%) ou Ajaccio (30.56%) qui n’ont, pourtant, accueilli aucun migrant !
Certains vous diront que c’est la multiplication des attentats et la peur que cela engendre.
Seulement voila, des communes qui ont été meurtries dans leur chaire par de terribles attentats n’ont pas fait le choix de l’extrême droite.
Paris ? Marine Le Pen n’y dépasse pas les 5%. Nice ? C’est François Fillon qui est en tête. Toulouse ? Le FN ne dépasse pas les 10%
A titre de comparaison une commune comme Lucciana a voté à 40.75% pour le FN. Furiani à 35.86% et Biguglia à 36.53% !!
Certains vous diront que c’est la crainte de voir notre identité se diluer devant l’afflux d’étrangers
Seulement voila, il suffit de regarder les autres régions à forte identité.
Les Basques n’ont pas choisi l’extrême droite. Loin de là. Marine Le Pen stagne à 13.5% à Bayonne et ne dépasse pas les 10% à Biarritz.
Quant à la Bretagne, la candidate du FN fait 15% et se trouve en 4ème position !!
Certains vous diront que ce vote d’extrême droite est le fait de néo-arrivants.
Seulement voila, il s’agit de l’argument le plus farfelu. Tout d’abord, l’histoire de la Corse s’est construite sur des vagues d’immigration. Tout Corse est le néo-arrivant d’un autre Corse.
Ensuite, le maillage des communes ayant voté FN démontre que ce n’est la seule expression d’un vote continental. 43 009 personnes, reparties sur l’ensemble de la Corse, ont fait que 30% des communes de Haute Corse et 43% des communes de Corse du sud ont voté majoritairement pour Marine Le Pen.
On peut raisonnablement douter que des néo-arrivants se soient directement installés à Tralonca, à Manso, à Panelca ou à Cozzano.
La vérité c’est que la Corse sombre, petit à petit, dans la peste brune. Que le vote FN a augmenté de 10% par rapport à 2012 et de 84% par rapport à 2007 !!
Il ne s’agit plus de se chercher des excuses mais de combattre ce mal qui gangrène notre société.
Vous qui êtes élus, vous qui avez choisi de devenir élus, vous êtes garants de valeurs humanistes, d’un vivre ensemble. Vous qui êtes élus insulaires, vous représentez les valeurs d’une Corse ouverte et hospitalière par culture.
Le vote FN n’est pas un fond de commerce à exploiter. Il ne s’agit plus d’éviter les « sujets qui fâchent » ou de détourner les oreilles devant des propos xénophobes, racistes ou homophobes.
Que vous soyez élus de gauche, de droite ou nationalistes, la victoire électorale ne peut plus se concevoir sur le rejet de l’autre quel que soit son origine.
Si le slogan nationaliste « I Francesi Fora », inspiré de « us go home », se voulait, dans les années 70, une provocation politique à l’égard de l’Etat français, il n’est plus, aujourd’hui, que la simple expression d’une haine à l’égard d’un peuple.
Or, une lutte politique avec un Etat n’implique pas la haine à l’égard de son peuple !
Puis, se sont mis à fleurir les « Arabi Fora ». Et, maintenant, Marine Le Pen caracole en tête.
Certains mettent en avant leur « corsisme » pour exprimer leur rejet de la différence, leur dégoût de l’ailleurs et leur haine des autres.
J’ai conscience que pour vous, élus, mettre les pieds dans le plat, refuser certains propos et exprimer votre refus de l’intolérance peut vous faire perdre votre mandat. Le consensus est souvent électoralement plus efficace. Mais quel consensus peut-il y avoir avec les idées du FHaine ?
Il est suicidaire de laisser notre ile se tourner vers un parti fondé par d’anciens collaborationnistes pétainistes.
On ne peut pas admettre que la Corse tourne, à ce point, le dos à ses propres héros que furent des résistants comme Jean Nicoli ou Fred Scamaroni (pour ne citer qu’eux)
Un Jean Nicoli qui à la veille de son exécution écrivit à ses enfants : «
Tout à l'heure je partirai. Si vous saviez comme je suis calme, presque heureux de mourir pour la Corse et pour le parti. Ne pleurez-pas, souriez-moi. Soyez fier de votre papa »
Un Fred Scamaroni, qui confia à un codétenu, peu avant de se suicider pour ne pas parler sous la torture : « Tu diras à ma mère, à mes sœurs, que ce n'est pas très dur de mourir et que je meurs content »
Alors qu’est ce que prendre le risque de perdre un mandat pour avoir dit « Basta Fora », pour avoir lutté contre le national socialisme que prône Marine Le Pen, quand d’autres, dans le passé, ont fait don de leur vie pour combattre l’horreur qu’avait engendrée ce national socialisme ?
Il est grand temps de se dire que nous avons suffisamment laissé se vulgariser la haine y compris au sein de notre jeunesse.
Jean Jacques Rousseau a écrit « J'ai quelque pressentiment qu'un jour cette petite île [la Corse] étonnera l'Europe »
Il tient en grande partie à vous, élus de Corse, de faire de Jean Jacques Rousseau un visionnaire ou une simple Mme Irma de pacotille.
Le second tour de l’élection présidentielle nous le dira !

Frédéric Poletti

La LDH Corse et une cinquantaine de personnes affichent leur soutien à André Paccou et à sa famille

par Nicole Mari - 9 avril 2017

Le 11 avril à 14 heures, cinq prévenus comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Bastia, pour « incitation à la haine raciale et injure publique » à l’encontre d’André Paccou, porte-parole de la Ligue corse des droits de l'homme (LDH section Corse), et de sa famille. La LDH dénonce une « campagne de haine de deux ans », suite à l'affaire de l'école de Prunelli-di-Fiumorbu en juin 2015. Avant cette audience, deux fois renvoyée à la demande de la défense, une cinquantaine de personnes, réunies autour de la Ligue, ont, dimanche matin, place Saint-Nicolas à Bastia, affiché leur solidarité avec André Paccou et sa famille. Une lettre de soutien, signée par plusieurs centaines de personnalités, de représentants d’organisations culturelles et syndicales, et de citoyens, a été rendue publique, ainsi que plusieurs communiqués.

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La LDH section corse et une cinquantaine de personnalités en soutien à André Pacou et sa famille.

C’est à Bastia, deux jours avant la tenue du procès, que les représentants de la LDH Corsica ont tenu à faire état de la solidarité qui s'organise autour de leur porte-parole, André Paccou, et de sa famille. En l’absence de ces derniers, ils ont réuni, place Saint Nicolas, près d’une cinquantaine de personnalités du monde culturel, syndical et associatif, des artistes et de simples citoyens. Etaient présents, autour du bureau de la LDH, notamment, Jean-Claude Acquaviva, Patrizia Poli, Patrizia Gattaceca, Dominique Bianconi d’U Svegliu Calvese, François Berlinghi du Tavagna Club, l’écrivain Michèle Acquaviva-Pache, des représentants des syndicats STC, CGT et CFDT, du Parti communiste et d’A Manca naziunale, de RESF (Réseau éducation sans frontières), de la communauté israélite, le président du Secours populaire… Après avoir remercié tous ceux qui ont exprimé, d’une manière ou d’une autre, leur solidarité, Elsa Renaut, présidente de la LDH Corsica, a dévoilé une lettre de soutien à André Paccou, qui s’intitule : « La violence des mots ne peut faire société » et les noms des quelques 500 signataires. Elle a rappelé le communiqué de la majorité territoriale datant de décembre dernier et signé par les présidents de l'Exécutif territorial, de l'Assemblée de Corse, des groupes Femu a Corsica et Corsica Libera. Egalement, une tribune datant de juillet 2015, et intitulé « Aux côtés d’un homme d’honneur ».
 
Une réponse humaniste
La LDH a, également, rendu publique la liste des soutiens très divers qui vont de l’évêque en passant par l’ancien recteur, jusqu’au sénateur Panunzi. « Notre but est de montrer que les soutiens se sont manifestés dès l’origine. Ces soutiens personnels sont une réponse humaniste à la campagne de haine, de menace et d’injure qui vise, depuis deux ans, André Pacou, et touche, aussi, sa famille. Une campagne diffusée sur les réseaux sociaux et sous forme de bombages et de tracts jusqu’à ces jours-ci à Ajaccio et sur la place Saint Nicolas aujourd’hui. La montée en puissance de cette haine a fait réagir de nombreuses personnes qui considèrent que c’est insupportable pour André et inacceptable pour la société corse. Ces personnes ont désiré exprimer une indignation qui a pris la forme d’une lettre de soutien et d’un appel à signature. Pour André, la confrontation doit avoir lieu devant la justice. Il ne s’agit pas, pour nous, de faire le procès avant le procès ! Il s’agit simplement de dire qu’on ne peut pas accepter une société de haine, une société où l’on s’insulte et où l’on se menace », explique Elsa Renaut.
 
Un appel au rassemblement
Un sentiment partagé par Jean-Claude Acquaviva : « On ne peut pas envisager de faire société, de penser un avenir quelconque si on agit dans la haine, dans l’injure… Il va y avoir un procès de gens qui ont animé cette campagne haineuse. Ce qui est important, ici, c’est de dire qu’il faut que ça s’arrête ». Patrizia Poli a rappelé que « l’art doit véhiculer un message d’amour et non de haine ». Vincent Andreuzzi a évoqué le combat d’André Paccou en faveur des prisonniers politiques. Tous les participants ont lancé un appel unitaire à un rassemblement de soutien devant le Palais de justice, mardi à 14 heures.
 
N.M.

Liste des signataires sur le blog de LDH : http://ldhcorsica.blogspot.fr

paccou

Soutien à André Paccou

LA VIOLENCE DES MOTS NE PEUT FAIRE SOCIETE

Soutien à André Paccou – 11 avril Bastia

La liberté d’expression ce n’est pas la liberté d’injurier et de menacer.

La malfaisance des mots porte en germe la violence.

Notre capacité à faire société repose sur notre capacité à donner sens à la fraternité en reliant les valeurs de justice, de tolérance et de respect de l’autre.

La société dans laquelle nous nous reconnaissons refuse que soient attisées les différences au profit d’une identité dévoyée.

Nous voulons que nos enfants vivent dans une Corse réconciliée avec elle-même.

Pour ces raisons, nous sommes solidaires d’André Paccou.

Victime d’une campagne haineuse depuis près de deux ans, ce sont des centaines d’injures et de menaces qui le visent.

Nous l’assurons de notre soutien dans son combat pour défendre les valeurs humanistes alors que comparaîtront, le 11 avril à 14h devant le tribunal de Bastia, certains responsables de cette campagne indigne. 

Ce texte signé sera rendu public lors d'une conférence de presse dimanche 9 avril 2017 à 10h30 Place Saint Nicolas à Bastia (rdv au bas du kiosque) en présence d'organisations ou de personnes signataires.

 

inc

Tiens, revoilà Macron !

Mars 2017

pdc

inc

Février 2017

Spéculation immobilière à Santa Reparata di Balagna : L'appel de Corsica Libera entendu

Rédigé par (Jean-Paul-Lottier) le Dimanche 26 Février 2017

Ils étaient plus de 400 à s'être rendus ce dimanche dans la vallée de Palazzi à Santa Reparata di Balagna pour répondre à l'appel de Corsica Libera et s'opposer à une pression spéculative foncière continue.

Ce lundi 27 février, les propriétaires d'I Palazzi, commune de Santa Reparata di Balagna organisent une visite d'un terrain pastoral dans le but d'une mise aux enchères dont le prix de départ est fixé à 650 000€.
Dans une conférence de presse le 18 février dernier, le groupe nationaliste Corsica Libera invitait la population à se rassembler ce dimanche sur ce site pour s'opposer à cette pression foncière continue.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que cet appel a été largement entendu puisque en effet plus de 400 personnes étaient présentes in situ en cette journée dominicale.
Cette journée ensoleillée s'est transformée en une grande kermesse à laquelle la grande famille nationaliste et la population a participé.
Tout avait été prévu pour que ce rassemblement se déroule dans la joie et la bonne humeur, sans pour autant oublier l'objectif de ce celui-ci.

Vers 10h30, les responsables de la section Balagne de Corsica libera organisaient une visite du terrain concerné tout en rappelant que " le Domaine agricole d'I Palazzi a été vendu en 1962 à un ressortissant belge. A cette époque, la SAFER n'existe pas, ce qui ne permet pas au berger occupant de racheter cette terre.
Très vite, le nouvel acquéreur comprend l'intérêt spéculatif du terrain : en une quinzaine d'années, il ne vendra pas moins de... 35 parcelles !
Cette dérive sera finalement stoppée de manière radicale par une action du FLNC".

A l'heure du déjeuner, tous se retrouvaient pour une merendella géante avec notamment un veau à la broche apprécié de tous.
Cette journée de mobilisation se poursuivait avec une réunion-débat champêtre animée par les dirigeants de Corsica Libera et au cours de laquelle il a bien évidemment été question de spéculation immobilière et foncière en Corse mais aussi du statut de résident corse.

Un sanctuaire dédié au dieu Mithra exhumé en Corse

ARCHÉOLOGIE - L'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) a annoncé, vendredi 24 février, avoir mis au jour un mithræum sur le site de Mariana, à Lucciana. C'est le premier lieu de culte de ce type à être découvert sur l'île de Beauté.

Mariana, une colonie romaine fondée en Corse vers l'an 100 avant notre ère, connut son apogée vers le IIIe ou le IVe siècle, son port contribuant activement aux échanges en Méditerranée. Près de deux mille ans plus tard, une fouille archéologique dirigée par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) a mis au jour un quartier périphérique de cette cité antique à Lucciana, au nord-est de l'Ile de Beauté.

Il s'agit en particulier d'un mithræum: un sanctuaire dédié au dieu gallo-romain (originellement indo-iranien) Mithra. C'est la première fois en Corse qu'un mithræum est identifié. Ce sanctuaire se compose de plusieurs espaces caractéristiques des mithræa dont une salle de culte et son antichambre. La salle d'assemblée rectangulaire est constituée d'un couloir central surcreusé, bordé de deux longues banquettes limitées par un muret enduit à la chaux.

Mithra, dieu au bonnet phrygien

En vis-à-vis, deux niches voûtées en briques sont aménagées dans l'épaisseur des banquettes. L'une d'elles contenait encore trois lampes à huiles intactes, selon le communiqué. À l'extrémité du couloir devait se dresser le bas-relief de marbre représentant Mithra, coiffé de son bonnet phrygien et sacrifiant un taureau. Trois fragments de ce bas-relief brisé ont été retrouvés par les archéologues.

Lampes retrouvées dans le sanctuaire sur le site de Mariana.

D'autres éléments en marbre ont été exhumés, dont une tête de femme. Deux clochettes en bronze, de nombreuses lampes brisées et des pots à pâte fine pourraient relever d'un mobilier liturgique. Une plaque de bronze et une autre de plomb portent des inscriptions qui restent à déchiffrer.

Peu de choses sont connues sur le mithraïsme, un culte monothéiste concurrent du christianisme. En l'absence de documentation écrite explicite, la connaissance repose principalement sur l'étude de ses sanctuaires et des représentations peintes ou sculptées qu'ils renferment.

Un culte initiatique diffusé au Ier siècle

D'origine indo-iranienne, ce culte a probablement été introduit dans l'empire par les militaires romains et les marchands orientaux. Ce culte initiatique, réservé aux hommes, s'est diffusé au premier siècle, en concernant d'abord des élites, puis toutes les couches de la société.

Bas-relief représentant Mithra, coiffé du bonnet phrygien, sacrifiant le taureau. Marbre du II-IIIe siècle, Louvre, Paris.

Une centaine de mithræa sont connus dans l'ensemble de l'empire, notamment à Rome et Ostie, mais aussi en France à Bordeaux, Strasbourg, Biesheim et Septeuil. Alors concurrent du christianisme, le mithraïsme est fortement combattu puis interdit par l'empereur Théodose en 392. Le sanctuaire de Mariana porte d'ailleurs des traces de destruction dès l'Antiquité. Les causes exactes de cette destruction restent inconnues, mais un vaste complexe paléochrétien avec basilique et baptistère a été édifié vers 400 à Mariana, constituant les premières traces du christianisme en Corse.

Aujourd'hui, un important programme de valorisation de la cité romaine de Mariana est engagé par la commune de Lucciana. Il comprend notamment la construction d'un musée de site et l'aménagement d'un parc archéologique de plusieurs hectares.

Fouilles exhumant le couloir de la salle d'assemblée du sanctuaire.

inc

JANVIER 2017

pdc

Paul Giacobbi condamné à trois ans de prison ferme

Paul Giacobbi, en 2015.

L'élu a été reconnu coupable de détournement de fonds publics. Près de 500.000 euros avaient été distribués dans des fausses subventions pour la construction de gîtes ruraux.

La sanction est rare. Le député de Haute-Corse, Paul Giacobbi, a été condamné mercredi à trois ans de prison ferme, cinq ans d'inéligibilité et 100.000 euros d'amende. Alors que l'élu divers gauche présidait le conseil général de Haute-Corse, entre 2007 et 2010, 480.000 euros de subventions douteuses ont été distribuées par le département, bénéficiant à des proches du député.

L'affaire avait éclaté en 2011. La cellule anti-blanchiment du ministère de l'Économie et des Finances, Tracfin, enquête alors sur l'assassinat de Dominique Domarchi, un proche de Paul Giacobbi. Elle s'aperçoit que le fils de la victime reçoit des fonds suspects sur son compte, notamment de la part d'un organisme chargé d'un programme d'aide à la création de gîtes ruraux.

L'argent des gîtes détourné

Sauf qu'une partie de cet argent n'est pas utilisé comme il le devrait. Il sert en réalité pour des travaux sur des bâtiments privés qui n'ont rien de gîtes ruraux. Les enquêteurs s'aperçoivent que les bénéficiaires des aides font partie d'un cercle d'élus et de connaissances gravitant autour de Paul Giaccobi. La subvention, d'un montant maximum de 15.000 euros par gîte, a été versée exclusivement sur la circonscription électorale de la Haute-Corse où était élu Paul Giacobbi, tandis qu'aucune aide n'était attribuée sur la première circonscription pourtant bien pourvue en zones rurales. Ce qui a fait dire au procureur lors de l'audience que Paul Giaccobi a «été le grand ordonnateur d'un système dont il a été le premier bénéficiaire à des fins politiques».

Au total, 24 personnes avaient été mises en examen dans le cadre de l'instruction. Outre Paul Giaccobi, l'ex-directeur général des services du département, Thierry Gamba-Martini, a été condamné à 2 ans de prison ferme. Le conseiller départemental Paul-Marie Mancini a écopé de trois ans de prison, dont deux avec sursis, et cinq ans d'inéligibilité. Un autre conseiller, Jacques Costa, a été relaxé. Les vingt autres personnes mises en cause, fonctionnaires départementaux et bénéficiaires des fonds détournés, ont été condamnées à des peines allant de quatre mois à trois ans d'emprisonnement avec sursis et à des amendes de 800 à 10.000 euros.

«C'est un assassinat politique. J'entends faire appel tout de suite», a réagi Me Jean-Louis Seatelli, avocat de Paul Giacobbi. Le député, qui était absent lors du délibéré, a toujours nié avoir eu une quelconque responsabilité dans cette affaire.

Publié le 25/01/2017 par lefigaro.fr

Le projet de Centre Culturel Calvi-Balagne ajourné !

24 janvier 2017, Corse Net Infos (Jean-Paul-Lottier)

François Marchetti, président de la Communauté de Communes Calvi-Balagne a annoncé lors de la réunion de la CCCB ce soir à l'Hôtel de Ville de Calvi que le projet du Centre Culturel Calvi-Balagne était ajourné mais pas pour autant abandonné.

Le projet de Centre Culturel Calvi-Balagne ajourné !

Les délégués communautaires se sont réunis pour la première fois de l'année ce mardi 24 janvier à 18 heures, en l'Hôtel de ville de Calvi. Une réunion marathon conduite au pas de charge  par François Marchetti, président de la Communauté de Communes Calvi-Balagne.

Après avoir fait la genèse de ce projet qui remonte à 2009 et dont on retiendra qu'il avait fait l'objet d'une nouvelle mouture, après un premier appel d'offres infructueux, François Marchetti expliquait que ce projet tel qu'il était  comportait beaucoup trop d'incertitudes.
Et d'ajouter: " Je tiens à saluer ici le courage politique des élus, notamment les élus de la commission d'appel d'offres qui au vu des incohérences de ce dossiers ont pris cette décision qui est celle de la sagesse. Il n'était pas question pour nous de mettre en péril notre institution. Aussi, ce projet en l'état a été abandonné définitivement, mais il n'en demeure pas moins que ce besoin de centre culturel persiste. Aussi, nous avons acté notre volonté de relancer un nouveau projet au plus près des préoccupations et pratiques locales".

Ange Santini, maire de Calvi a tenu lui aussi a rassurer la population de la communauté de communes.
"Pas question d'abandonner ce projet mais il est clair que le dossier présenté a été minoré et mal évalué pour qu'il soit accepté. Je salue à mon tour les membres de la commission d'appel d'offres qui ont pris la décision qui s'imposait. Nous allons nous remettre au travail en voyant nos ambitions à la baisse et en trouvant des solutions plus adaptées à nos besoins".

Autrement dit, 8 ans  après le lancement du projet, on se rend compte qu'il n'est pas viable, et on recommence tout !

DÉCEMBRE 2016

Former les jeunes à la non-violence

nv

Les femmes contre l'intolérance

mots

Max Simeoni, primu arrittu

primu

Assassinat du préfet Erignac : Yvan Colonna a-t-il eu droit à un procès équitable ?

La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) dira jeudi si la justice française a traité équitablement Yvan Colonna, condamné à la perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac, ses avocats espérant ouvrir la voie à un nouveau procès.

France 3 Corse ViaStella avec AFP - Publié le 06/12/2016

Croquis d'Yvan Colonna lors de son procès © DR
© DR Croquis d'Yvan Colonna lors de son procès

Cette requête devant la CEDH constitue l'ultime recours pour le berger de Cargèse, après le rejet de son pourvoi en cassation en juillet 2012, deux ans après l'annulation pour vice de forme d'une condamnation pour les mêmes faits.

Yvan Colonna, 56 ans, espère faire reconnaître par les juges de la CEDH, chargés de veiller au respect de la Convention européenne des droits de l'Homme, que la procédure qui a conduit à sa condamnation en 2011 n'était pas conforme à la définition d'un procès équitable, en raison notamment d'atteintes répétées à sa présomption d'innocence de la part de responsables politiques.

Au terme d'un feuilleton policier et judiciaire marqué par une cavale de quatre ans dans le maquis corse, Yvan Colonna avait été condamné en juin 2011 à la perpétuité pour l'assassinat de Claude Erignac, le 6 février 1998 à Ajaccio, et pour l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella (Corse-du-Sud), où l'arme du crime avait été dérobée.

La cour d'assises spéciale de Paris avait souligné qu'il avait été mis en cause par plusieurs des six membres du commando condamnés en 2003 et par leurs épouses, lors de gardes à vue et durant l'instruction de l'affaire.

Devant la CEDH, son avocat pointe aujourd'hui l'utilisation de procès-verbaux de gardes à vue établis alors que les membres du commando n'étaient pas assistés d'avocats, le versement aux débats d'une lettre de menaces, en langue corse, qu'Yvan Colonna aurait envoyée à un membre du commando pour qu'il le disculpe, dont "on n'a jamais su si c'était un acte authentique ou un faux", et des propos de responsables politiques qui auraient porté atteinte au droit de l'accusé à la présomption d'innocence.

Parmi les propos mis en cause figurent ceux de deux anciens ministres de l'Intérieur, Jean-Pierre Chevènement et Nicolas Sarkozy, et d'une Garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie. Après l'arrestation d'Yvan Colonna, en 2003, Nicolas Sarkozy avait déclaré: "La police vient d'arrêter Yvan Colonna, l'assassin du préfet Erignac".

ARCHIVES - Yvan Colonna, condamné à perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac, le 6 février 1998 à Ajaccio © DR
© DR ARCHIVES - Yvan Colonna, condamné à perpétuité
pour l'assassinat du préfet Erignac, le 6 février 1998 à Ajaccio

La police vient d'arrêter Yvan Colonna, l'assassin du préfet Erignac

Lors du procès en 2011, les avocats d'Yvan Colonna avaient dénoncé un dossier "irréversiblement pollué" par ces déclarations.

La chambre criminelle de la Cour de cassation avait toutefois estimé que ces propos, tenus par des personnes extérieures à la procédure, n'étaient "pas de nature à entacher celle-ci d'une quelconque irrégularité".

"La jurisprudence de la CEDH est assez claire à cet égard: face à des déclarations faites par des hommes politiques et qui constituent bien une atteinte à la présomption d'innocence, il y a une jurisprudence bien ancrée", avance aujourd'hui Me Spinosi.

L'avocat dénonce également devant la CEDH la "rupture d'égalité" qu'aurait représentée pour son client le fait d'être jugé par une cour d'assises spéciale, où la culpabilité est acquise à la majorité simple, non à la majorité qualifiée.

proces
© BENOIT PEYRUCQ / AFP 15/06/2011 - Le procès d'Yvan Colonna, assassin présumé
du préfet Claude Erignac, devant la cour d'assises spéciale de Paris

Tout en reconnaissant que "le fait qu'une autorité publique présente un accusé comme coupable dès avant son jugement est un événement tout à fait regrettable", le gouvernement français a argué devant la CEDH que "ce seul fait ne suffit pas à douter de l'impartialité des juges qui sont intervenus dans la procédure", soulignant l'indépendance des magistrats du siège.

Même en cas de condamnation de la France par la CEDH, la tenue d'un nouveau procès Colonna resterait incertaine. Les autorités françaises auraient trois mois pour faire appel de cet arrêt devant la Grande chambre de la CEDH, dont les décisions sont définitives. 

"Une fois que la décision sera définitive, nous pourrons saisir la commission de réexamen, qui décidera s'il y a lieu ou pas d'organiser un nouveau procès", explique Me Spinosi.

La Corse se classe dans le top 20 des meilleures universités de France

Par Noël KRUSLIN - 05 décembre 2016

La dernière note "Parcours réussite" du ministère de l'enseignement supérieur positionne plutôt favorablement l'Université de Corse, sans masquer pour autant le problème nº1 : un taux de réussite en licence trop faible partout en France.

À première vue, il n'y a pas de quoi faire la fine bouche. Figurant à la 17e place sur un total de 75 universités françaises, le campus cortenais n'est pas à la traîne. C'est ce que révèle la dernière note "Parcours réussite aux diplômes universitaires". Un document publié par le ministère sur la base d'un taux de réussite en licence sur 3 ans, à savoir sans redoublement. Sans être négligeable, l'information mérite toutefois d'être relativisée.

"Ce qui est incontestable, c'est que nous figurons quand même dans le haut du panier, souligne Guillaume Kessler, vice-président délégué à la formation et à la vie universitaire. Nos efforts consentis dans le cadre du plan "Réussite en licence", ont visiblement porté leurs fruits. Les chiffres de la filière droit le démontrent notamment. Ceci dit, n'oublions pas que les universités françaises ne vivent pas toutes le même contexte. Elles n'ont pas les mêmes effectifs, n'ont pas toutes autant de filières sélectives et les écarts sont plutôt faibles au regard de ce classement".

Les cadres de l'université gardent la tête froide. L'analyse de Dominique Federici le confirme. "C'est plutôt un bon classement, confie le vice-président du conseil d'administration. Quelque part, il récompense nos efforts et les moyens que nous avons mis au service de la réussite, mais personnellement, je ne veux retenir qu'un chiffre : notre taux de réussite, nous devons impérativement l'améliorer". Plus que le positionnement des universités, les chiffres qui révèlent ces taux de réussite éclairent le principal enseignement à tirer de ce classement. La licence constitue encore et toujours l'écueil majeur.


[...] lire l'intégralité de cet article dans Corse-Matin du 5 décembre

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