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Dernière mise à jour : 05/02/2018

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Février 2018

TRIBUNE - Macron et la Corse : où est passée la disruption ?

Par Pierre Dottelonde, historien

Publié le 08/02/2018, 16h17
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(Francescu Maria Antona - Alta Frequenza) - L'historien et journaliste Pierre Dottelonde, auteur également de nombreux ouvrages sur la Corse, a fait parvenir aujourd'hui à la rédaction d'Alta Frequenza une tribune, après la visite présidentielle de ces deux derniers jours.

Ceux qui espéraient de la disruption de la part d’Emmanuel Macron sur le dossier corse avaient de quoi devenir sceptiques avant même sa première visite présidentielle en Corse. Mais dès les premières phrases prononcées lors de son discours du 7 février dernier à Bastia, la crainte s’est transformée en incrédulité.

Ainsi, aux attentes exprimées à diverses reprises et de façon très majoritaire par les électeurs et les élus de l’île, depuis que l’assemblée territoriale est dirigée par les nationalistes mais également avant, aucune réponse positive n’a été donnée. Le rapprochement des prisonniers résidant en Corse au moment du délit pour lequel ils ont été jugés ? Pas même évoqué, tandis qu’une amnistie pour les prisonniers « politiques » avait, elle, été totalement exclue la veille. La coofficialité du corse avec le français ? Exclue tout aussi nettement. Un statut de résident ? Exclu également, au nom de la constitution française et des règles européennes, M. Macron passant curieusement sous silence le fait qu’au Danemark, pourtant membre de l’Union européenne, seuls les citoyens danois peuvent faire une acquisition immobilière.

Aucun signe de disruption, donc, jusqu’à ce qu’à la 75ème minute d’un discours où il fut beaucoup question de 4G et de fibre, de sécurité et d’hôpitaux, d’agriculture bio et d’Internet…, M. Macron annonce être prêt à proposer d’inscrire la « reconnaissance constitutionnelle de la spécificité de la Corse » dans la réforme qui sera soumise au printemps prochain aux parlementaires (en étant attentif, on aura entendu le président de la République mentionner également la « demande d’une autonomie de la Corse reconnue dans la République », notion qu’il ne reprendra toutefois pas). Mais attention, a précisé aussitôt le chef de l’Etat, la refonte de l’article 72 de la Constitution ne se fera pas sur un « concept » mais sur des « points précis ». Lesquels ? Comme aucune des attentes reliées à cette revendication constitutionnelle n’est admise comme recevable, on se demande bien ce que vont être ces « points précis ».

À cette inconnue – qui devrait, calendrier de la réforme oblige, être levée dans les prochaines semaines – s’ajoutent deux sujets d’inquiétude majeurs.

Le premier tient au constat du peu de poids qu’accorde Paris à l’expression démocratique insulaire. La situation en Corse s’est grandement apaisée ces dernières années, sans doute par lassitude d’une violence aux résultats plutôt ténus mais surtout en raison de l’espoir de plus en plus massivement et régulièrement exprimé dans les urnes que la volonté populaire permettrait d’obtenir satisfaction sur des revendications désormais très majoritaires. Certes, on est cette fois assez loin du fameux « Même 200 000 Corses autonomistes ne pourraient obtenir une modification de la Constitution faite pour 52 millions de Français ! » prononcé en avril 1974 par Libert Bou, mandaté par Jacques Chirac, alors Premier ministre de Valery Giscard d’Estaing, pour tenter de solutionner la « question corse ». Mais si l’attitude de l’Etat consiste en un « Même 100% de voix pour les candidats nationalistes ne sauraient autoriser la co-officialité du corse, un statut de résident et le rapprochement des prisonniers », comment pense-t-on à l’Elysée que le climat en Corse évoluera ? Paris fait-il le pari d’un renoncement de la population ? Les prédécesseurs d’Emmanuel Macron s’y sont essayé au cours des quatre dernières décennies, avec le succès que l’on sait.

L’autre grand sujet d’inquiétude est la méconnaissance dont a fait montre le président de la République de l’état d’esprit des insulaires. L’ouverture ? Mais cela fait déjà fort longtemps que l’université de Corte et les structures insulaires de formation supérieure la pratiquent et nouent et développent des partenariats, particulièrement en Méditerranée. Et c’est ce que pratiquent tous ces jeunes qui, avant de fonder en Corse ces start-up si chères à Emmanuel Macron, parfont leurs études et étoffent leur expérience à l’étranger.

Prenons aussi cette vision d’une « identité corse indissociable de l’identité française » dont on hésite à dire si elle est relève seulement d’une méconnaissance ou bien d’une volonté de refuser l’évidence. Car lorsqu’on observe sur le long terme l’évolution de ces questions d’identité en Corse, on ne peut que constater le recul sensible, particulièrement chez les jeunes, d’un sentiment d’appartenance à la France voire l’expression de plus en plus assumée d’un rejet. Est-ce le but poursuivi que d’encourager la progression de ce phénomène ?

Aujourd’hui, après les deux jours passés en Corse par le président de la République, s’imposent à la fois le constat que la disruption n’était décidément pas du voyage et la crainte que la fin de non recevoir exprimée à l’encontre de trois des quatre revendications majeures plébiscitées à plusieurs reprises par les électeurs insulaires ne compromette sérieusement le climat apaisé et constructif qui s’est imposé depuis deux bonnes années.

Emmanuel Macron a indiqué que les échanges avec les dirigeants nationalistes au pouvoir pour définir sur quoi portera précisément la proposition d’inscription de la spécificité de la Corse à l’article 72 de la Constitution s’achèveront courant mars prochain. Il reste donc peu de temps pour éviter que l’homme dont on attendait beaucoup de l’esprit disruptif ne devienne celui qui aura enterré une chance peut-être unique d’éloigner la Corse d’une…tentation disruptive d’avec la France.

Source : http://www.alta-frequenza.corsica

«Macron, le côté obscur de la Corse»

Par  Natacha Polony Publié le 09/02/2018 à 19:46

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Deux libres opinions sur la visite d'Emmanuel Macron


Ceci n'est pas...

Un bilan rapide -façon Magritte- des deux jours passés par le Président Macron en Corse (liste non exhaustive), terminés en apothéose lors de son discours de Bastia ce mercredi après-midi :
- Lors de son allocution bastiaise figurent sur l’estrade 5 drapeaux français, 5 européens et aucun corse. Ceci n’est pas un manque de tact.
- Les présidents de l’exécutif et de l’assemblée corse sont fouillés ostensiblement par le service de sécurité à l’entrée du meeting de Bastia. Ceci n’est pas une humiliation.
- Annonce de plus de gendarmes et de forces de police pour lutter contre la criminalité de droit commun. Rien sur le terrorisme djihadiste qui menace directement la vie des gens. Ceci n’est pas une absence de sens des priorités.
- Rien sur le rapprochement des prisonniers corses dont les familles se ruinent pour aller les voir sur le continent. C’est pourtant un droit (en France et en Europe). Ceci n’est pas en contradiction avec le droit et les valeurs de la France.
- Fin de non recevoir pour la demande de co-officialité linguistique en Corse (qui émane de pratiquement tous les élus). Ceci ne marginalise pas le gouvernement français au sein des nations européennes qui acceptent toutes la co-officialité de leurs principales langues régionales.
- Un audit sera effectué pour comprendre "pourquoi les 9 Millions d'Euros que l’Etat dépense chaque année dans l’enseignement de la langue corse ne donne pas plus de résultat". Ceci n’est absolument pas une humiliation
- La Corse sera sans doute inscrite dans l’article 72 de la Constitution et non le 74. Le 74 est celui dans lequel figurent les collectivités d’outre-mer et confère une certaine autonomie. Le 72 ne sert à rien, en dehors du caractère symbolique. Ceci n’est pas du foutage de gueule.
- Tout avait déjà bien commencé lors de l’hommage au Préfet Erignac : le Président Macron avait indiqué que le procès des assassins ne se « plaidait pas ». Ceci ne veut bien entendu pas dire que la justice d’Etat semble donc préférable à une justice indépendante.... Sachant en plus que Gilles Simeoni était l’avocat d' Y.Colonna… Ceci n’était absolument pas un clin d’oeuil particulièrement tordu au Président de l’exécutif corse…
- Venir en Corse accompagné de JP Chevènement (qui avait nommé le Préfet Bonnet, dont les méthodes en Corse le conduisirent jusqu'à la case prison). Ceci n’est pas une provocation.
-> Au final, on peut se rassurer, la Corse reste bien un des principaux paillassons de l'ultra-jacobinisme...

Stéphane Léandri

Ma ch'hà da dì Macron?

Après le comptage (pénible, voire ridicule) du nombre de manifestants du samedi 3 février,
après le décryptage des signes donnés avant même son arrivée en Corse::
- la visite annulée à Bonifacio , où pourtant son ami Marc Ferracci aurait pu lui servir de guide,
- la présence de Chevènement dans la délégation présidentielle, Chevènement qui trouve dans sa haine des corses, une fontaine de jouvence,
- après le soutien inespéré de Patrice Franceschi, l'Indiana Jones nustrale,
- après les propos stupides d'Apolline de Malherbe sur la langue corse: cette chère Apolline qui devrait d'ailleurs, réaliser qu'après Malherbe ou Vaugelas, il y a aujourd'hui Claude Hagège qu'elle devrait lire avec attention,
Après tout ça...et le reste, nous, nous glosons, nous dissertons, nous discutons, nous supputons, nous analysons, et nous concluons::"Paris ne nous aime pas!" ..Car nous sommes atteints de strabisme divergent: un œil sur la Corse et un œil sur Paris! Et nous arrivons même à "loucher" des oreilles, toujours attentifs aux propos qui viennent de l'autre côté de la mer! Et nous sommes si friands de cet amour que Paris nous refuse que, même lorsque des personnages aussi peu recommandables que Charles Millon ou Hervé Morin, semblent soutenir la cause de la Corse, nous sommes submergés par une onde de félicité!
Ma avà, ch'hà da dì Macron? Et s'il dit: "non", que ferons-nous? Non à toutes les revendications, non à la co-officialité, non au statut de résident, non à l'inscription de la Corse dans la Constitution, non à l'amnistie et au rapprochement des prisonniers. Chì femu? Nous nous couvrons la tête de cendres? Ci lampemu tutti in mare? Lascemu more a nostra lingua? Nous laissons la spéculation engloutir nos espaces naturels et gangrener la société? Et les prisonniers, nous les laissons croupir loin de leurs familles?
En somme, croirons-nous, ou laisserons-nous croire, que ce refus signerait notre arrêt de mort, ou qu'au contraire, un accord réglerait tous nos problèmes?
Or, si "un paese da fà" est autre chose qu'un slogan, qu'une incantation, stu paese tocc'à noi à fallu! À nisun'altru!
Alors, si nous nous mettions au travail? Si nous prenions tous les problèmes que connaît la Corse, à bras le corps, et si nous mettions en oeuvre toutes nos ressources pour les résoudre? La précarité, le traitement des déchets, les transports, la gestion de l'eau, l'aménagement du territoire sont des chantiers auxquels nous devons nous attaquer sans attendre l'aval de qui que ce soit.
Quant à la langue, sortons la de son carcan idéologique et cessons de la ghettoïser: inventons des situations où elle puisse devenir un véritable outil de communication, d'échange, de partage, de fête et de plaisir.
Reste la question des prisonniers: nous ne pouvons pas accepter que l'on brandisse la "République", chaque fois que l'on aborde ce sujet. La République n'est pas qu'un concept, aussi noble soit-il. Elle est aussi le fait d'hommes et de femmes et comme telle, elle n'est pas exempte de fautes. Il ne sert à rien de les lui jeter à la tête, pas plus qu'il n'est sage de faire peser sur la Corse, l'assassinat du préfet Erignac comme le péché originel.. Désormais,que l'on soit d'accord ou pas avec son verdict, la justice s'est prononcée, . Mais pas toute la justice: .le rapprochement des prisonniers est inscrit dans la Loi. Se défausser à chacune de leurs demandes, leur opposer des arguments spécieux, sont autant d'accommodements dont la République ne sort pas grandie. Le rapprochement des prisonniers ne demande pas de mesure exceptionnelle,type modification de la constitution. Il faut donc, sans relâche.et sans pusillanimité,demander que le droit soit appliqué.

Les nationalistes sont aujourd'hui, au pouvoir par la seule voie démocratique. Ils ont été largement élus, même si l'on peut nourrir une véritable inquiétude face à une abstention qui s'étend un peu plus à chaque scrutin.
Les électeurs ont voulu, en premier lieu, balayer une classe politique sclérosée, qui de compromissions en atermoiements, s'est largement discréditée.
Nettoyer ainsi le terrain, en enlever les pierres, en extirper les vieilles racines, l'aplanir: c'est bien! I Mais, il faut à présent le labourer et l'ensemencer , et la tâche est rude, mais belle. C'est l'espoir de la récolte à venir qui peut nous ébranler, c'est le rêve du parfum des fleurs, de la saveur des fruits qui peut nous motiver, et nous faire oublier la boue qui colle à nos semelles..

"Patauger, disait Paul Valery, quelquefois, c'est faire aussi bondir deux ou trois gouttes de lumière."
Allora, ch'averà da dì, Macron? Pocu impreme: nous n'aurons rien perdu, tant que nous continuerons à faire bondir la lumière.

Dominique Bianconi

Le rapport Mastor

Dans la perspective de la révision constitutionnelle envisagée par le Président de la République, Jean-Guy Talamoni, Président de l'Assemblée de Corse a souhaité que les élus puisse bénéficier d'un état des lieux et de propositions précises concernant la Corse.

Il a donc missionné Wanda Mastor, Professeure de droit constitutionnel, pour établir une expertise scientifique poussée. Officiellement remis le 18 janvier 2018 au Président de l'Assemblée de Corse, le rapport Mastor argumente en faveur d'un nouveau statut constitutionnel de la Corse, démontrant que rien ne s'oppose à une prise ne compte des spécificités corses dans la constitution. 

Lors de leur déplacement à Paris les 22, 23  et 24 janvier dernier, les Présidents de l'Assemblée de Corse et de l'Exécutif de Corse ont remis ce rapport au cabinet du Président de la République, au Premier ministre, au Président du Sénat et au Président de l'Assemblée nationale. 

Consultez le rapport

Relations Corse –Paris : L’Assemblée de Corse vote une résolution destinée au président Macron

Nicole Mari, 3 Février 2018

Après une journée de session plutôt débridée, l’Assemblée de Corse a adopté, tard dans la soirée, une résolution solennelle, déposée par le président du Conseil exécutif et le président de l’Assemblée de Corse, qui sera remise au président de la République, Emmanuel Macron, lors de sa venue dans l’île, la semaine prochaine.
Cette résolution en quatre points - le dialogue avec Paris, la question institutionnelle, le rapprochement des prisonniers politiques, les ressources de la nouvelle collectivité unie - , qui a fait l’objet d’amendements, a recueilli 48 voix issues de la majorité territoriale et des Macronistes. La droite, affichant ses divergences, a proposé une résolution alternative. L’opposition s’est retrouvée unie pour condamner la manifestation de samedi, la jugeant prématurée.

L’idée avait été validée par les deux présidents de l’Exécutif et de l’Assemblée de Corse, il y a quinze jours. Il s’agissait, après les décevants entretiens parisiens de la semaine dernière, de proposer aux élus territoriaux d’adopter une résolution solennelle pour délivrer un message commun au président Macron. L’objectif du pouvoir nationaliste était, comme cela a parfois été le cas par le passé, d’obtenir un vote à l’unanimité de l’Assemblée de Corse pour opposer un front uni et parler d’une même voix face au chef de l’Etat. A trois jours de sa venue tant attendue dans l’île, la concrétisation s’est faite dans l’urgence pendant la session du 2 février dont elle fut la question majeure, longuement débattue en fin de soirée.
 
Des considérants brefs…
La résolution proposée, qui sera remise, mardi, au président de la République, s’est voulue, dans ce souci de consensus, assez brève et concentrée sur quatre points essentiels. Prenant, d’abord, acte du contexte difficile et du calendrier contraint, elle liste rapidement un certain nombre de considérants : « Considérant que la situation politique nouvelle en Corse est constitutive d’un fait majeur devant être pris en compte, considérant l’aspiration profonde du peuple corse à la paix, à la démocratie, au développement et à l’émancipation, considérant la nécessité de respecter le fait démocratique et l’expression du suffrage universel, considérant la révision constitutionnelle prévue dans le courant de l’année 2018, considérant la venue en Corse du Président de la République les 6 et 7 février 2018, considérant que la combinaison de ces éléments doit permettre de mettre un terme définitif à la logique de conflit et d’ouvrir une nouvelle ère dans les relations entre la Corse et l’Etat… ».
 
… Et des demandes concises
Avant d’aligner une demande conjointe et solennelle de l’Exécutif et de l’Assemblée en quatre articles tous aussi brefs, clairs et concis. L’article 1 appelle « le Président de la République à ouvrir avec les représentants élus de la Corse et les forces vives de l’île, un dialogue sans préalable ni tabou entre l’Etat et la Corse ». L’article 2 demande que « la Corse fasse l’objet d’une mention spécifique dans la Constitution permettant de la doter d’un statut défini par référence à l’article 74, prenant en compte sa situation politique, sa géographie, son insularité, son relief, sa démographie, son histoire ainsi que l’identité culturelle du peuple corse » et que « cette reconnaissance permette la mise en œuvre de solutions adaptées aux enjeux stratégiques liés notamment à la fiscalité, au foncier, à la langue et à l’exercice du pouvoir législatif ». L’article 3 réclame « l’application immédiate et sans restriction du droit au rapprochement de tous les prisonniers poursuivis ou condamnés pour des actes en relation avec la situation politique de la Corse » et qu’une « mesure d’amnistie intervienne au terme du règlement définitif de la question corse ». L’article 4 demande « la reprise des discussions concernant les ressources, moyens et transferts de fiscalité de la Collectivité de Corse, conformément aux engagements du Gouvernement afin que celle-ci soit en mesure de jouer pleinement son rôle d’institution motrice du développement social, économique et culturel de la Corse ».
 
Une occasion sans précédent
Quatre points présentés par le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, qui revient sur les enjeux : « Cette résolution s’inscrit dans le cadre de la visite présidentielle pendant laquelle nous espérons qu’une position sera donnée par le président de la République concernant la situation de la Corse et les moyens de l’améliorer, d’améliorer également les relations entre la Corse et Paris. Un certain nombre de conditions sont réunies, comme elles ne l’ont jamais été, pour envisager les choses de manière positive afin que soit apportée une solution au problème corse. Il y a la possibilité pour Paris d’insérer dans une révision constitutionnelle prévue un dispositif nous permettant de déroger au droit commun et de pouvoir mener des projets importants pour nous. Il ne faut pas rater cette occasion qui est sans précédent sur le plan historique ! ». Le débat sur ces quatre articles a relayé les divergences politiques surgies lors de la campagne électorale et les mêmes réticences, voire les mêmes peurs, mais sur un ton beaucoup plus apaisé. Les deux groupes libéraux, à l’exception de Pierre Ghionga, ont refusé le consensus, arguant de leur droit à la différence.
 
Le droit à la différence
« Nous sommes presque d’accord, donc presque en désaccord. C’est un signe de démocratie vivante de ne pas céder toujours à un unanimisme de mauvais aloi ou de rechercher sans cesse le consensus absolu. Sans rentrer dans une obstruction permanente, l’opposition doit faire vivre sa différence et se faire entendre », déclare Jean-Martin Mondoloni, président du groupe « Per l’avvene ». Le point d’achoppement s’est cristallisé sur la question institutionnelle. La droite, s’alignant sur la position exprimée par le président du Sénat, Gérard Larcher, récuse l’inscription de la Corse dans l’article 74 et lui privilégie une possible inscription dans l’article 72 qui « nous semble, dans l’approche, suffisant pour faire évoluer les compétences », explique François-Xavier Ceccoli du groupe « La Corse dans la République ». « Pour nous, le principe d’autonomie commence d’abord par faire fonctionner la loi du 22 janvier 2002 qui ne fonctionne pas. Il est nécessaire, à ce motif, que place soit faite à la Corse dans l’article 72, relatif aux collectivités métropolitaines de droit commun ou à statut particulier, pour rendre opérationnel ce pouvoir d’adaptation et d’expérimentation. Une majorité s’était, d’ailleurs, dégagée dans l’hémicycle le 27 septembre 2013 pour borner le périmètre d’une éventuelle évolution constitutionnelle au sein de l’article 72, le nouvel article propre à la Corse pouvant être numéroté 72-5. C’est la garantie pour la Corse de maintenir son positionnement au sein de l’ensemble métropolitain et de l’Union européenne, tout en permettant l’opérationnalité du pouvoir d’adaptation et l’établissement d’un statut fiscal. Les principes ne sont pas équivalents dans l’article 74. On passerait d’un état décentralisé à un Etat fédéralisé », complète Jean-Martin Mondoloni. La droite, refusant de se prêter au jeu des amendements, propose une résolution substitutive qui est récusée.
 
Un territoire ultramarin
A l’inverse, après de longues tractations hors hémicycle, le groupe pro-macroniste  « Andà per dumane » de Jean-Charles Orsucci a accepté, après dépôt d’amendements, d’adhérer à la démarche. « Dans l’intérêt général de la Corse, nous ne pouvons pas refuser de travailler avec la majorité territoriale et l’opposition. Notre groupe s’inscrit dans une démarche progressiste, nous sommes d’accord avec l’article 1 sur la nécessité d’ouverture du dialogue. L’article majeur, pour nous, est l’article 4 qui demande des moyens pour faire fonctionner la collectivité unique au service des Corses. La question institutionnelle est toute aussi essentielle. Nous pensons que le président de la République sera à la hauteur des attentes de notre collectivité. Le fil a été tracé lors de son discours de Furiani sur la décentralisation ». Se démarquant de l’opposition de droite, il estime que l’article 72 n’est pas adapté à la situation de la Corse, alors que « l’article 73 ou 74 ouvre le champ des possibilités. Je ne comprends pas pourquoi les gens s’opposent à ce que nous soyons considérés comme un territoire ultramarin. La situation socioéconomique de la Corse est en tous points comparable à celles de ces îlesNéanmoins, le pouvoir législatif doit être clairement défini dans la Constitution et encadré ». Seul bémol concernant l’épineuse question des prisonniers : « Dans un souci d’efficacité, la question de l’amnistie devait être abordée, mais il nous appartient d’en définir les modalités. Je vous propose sur cette question et celle des prisonniers à simplement renvoyer aux délibérations de l’Assemblée de Corse ».
 
Une manifestation prématurée
L’opposition s’est réunie dans une même condamnation de la manifestation populaire qui aura lieu à Ajaccio ce samedi après-midi à l’appel des mouvements nationalistes et d’une quinzaine d’associations. « Nous considérons que cette manifestation est prématurée et comporte le risque de la rue. Ce qui nous gène aussi, c’est qu’il ne faudrait pas que tout cela débouche sur une Corse à deux vitesses, une qui serait moins corse parce qu’elle se situe à l’article 72. Il ne faudrait pas que ce débat et la manifestation débouchent sur ce clivage. Il reste une divergence de fond entre nous sur l’interprétation que vous faites du scrutin. Votre légitimité est actée, mais vous considérez que les Corses ont voté pour vous pour faire nation, nous ne le pensons pas », affirme Jean-Martin Mondoloni. « Nous répondons favorablement à votre demande de résolution face à l’urgence de la venue du président de la République. Mais, nous pensons qu’organiser une manifestation est une erreur, il aurait été préférable d’entendre d’abord ce que le président de la République a à dire avant d’en critiquer le fond », regrette Jean-Charles Orsucci.
Au final, la résolution a été adoptée, vers 23h30, par 48 voix sur 63 : 41 voix de la majorité territoriale Pè a Corsica, 6 voix d’Andà per dumane et la voix de Pierre Ghionga, élu du groupe de Valérie Bozzi, qui a invoqué la cohérence de son engagement pour l’autonomie.
 
N.M.

Source : Corse Net Infos

Manifestation d’Ajaccio : Une démonstration de force réussie pour les leaders nationalistes


Rédigé par Nicole Mari le Samedi 3 Février 2018 à 22:33 | Modifié le Samedi 3 Février 2018 - 23:53


Très grande satisfaction des leaders nationalistes après la manifestation, Demucrazià è Rispettu pè u populu corsu qui a réuni, selon eux, plus de 20 000 personnes dans le calme sur le cours Napoléon à Ajaccio. Le pari est, disent-ils, réussi à trois jours de la venue dans l’île du président Macron et un message fort envoyé au chef de l’Etat.

Jean-Félix Acquaviva : « Emmanuel Macron doit être, désormais, l’homme de l’enjeu »
Les trois députés nationalistes, étaient, bien sûr, au cœur de la manifestation de cet après-midi, à Ajaccio. Très médiatisés, comme l’ensemble des élus de l’exécutif, ils ont analysé (voir ci-dessus) un événement qui aura largement répondu à leurs attentes. Analyse de la situation avec Jean-Félix Acquaviva, Député de la 2e circonscription de la Haute-Corse

- Que peut-on retenir de cette manifestation ?
- Pour ce qui nous concerne, ce fut une grande réussite. Plus de 20 000 personnes malgré des conditions climatiques très difficiles. Cela signifie que les Corses voulaient descendre massivement dans la rue avant la venue mardi, du Président de la République. Ils ont réitéré ce pourquoi ils ont voté en décembre dernier, à savoir que Paris doit, aujourd’hui, répondre au fait démocratique. L’appel du collectif « Demucrazia » a été, à l’évidence, entendu. Il y avait beaucoup de monde et de mémoire de manifestants, un rassemblement sans précédent.

- Certains avancent qu’il aurait été plus judicieux de mettre en place une telle manifestation après la visite d’Emmanuel Macron. Qu’en pensez-vous ?
- Je pense qu’il était nécessaire que les Corses descendent dans la rue avant mardi de manière pacifique, tranquille et sereine pour envoyer un message au Chef de l’Etat et d’attendre, en retour, de lui, qu’il soit l’homme de l’enjeu.

- Qu’attendez-vous de la venue du président de la République ?
- On attend qu’il ouvre la voie d’une discussion sans tabous, sans préalable, sur ce que les Corses ont demandé. Ils ne demandent rien d’autre que la normalité d’un statut d’autonomie, le même, du reste, qui a été accordé à la Polynésie ou à Saint Barthélémy. Il est normal, aujourd’hui, que les Corses maîtrisent leur destin. Les institutions permettront un meilleur développement.

- Quel regard l’Assemblée Nationale porte-t-elle sur la Corse ?
- Il y a, à l’Assemblée Nationale, des groupes qui sont favorables à nos revendications. Je pense, notamment au président François De Rugy, au groupe de « La France Insoumise » ou à d’autres. C’est le signe que les lignes bougent favorablement. Le Président de la République doit être l’homme d’Etat qui comprenne ce qui arrive en Corse.
(Propos recueillis par V. M)

Source : Corse Net Infos

Janvier 2018

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Relations Corse – Paris : Du silence à la provocation, le piège d’un dialogue qui tourne court


Nicole Mari pour Corse Net Infos - 23 Janvier 2018


Le dialogue avec Paris, à peine noué après neuf mois de silence, serait-il mort-né ? Les discussions avec le Premier ministre, Edouard Philippe, que les présidents de l’Exécutif et de l’Assemblée de Corse, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, espéraient sans tabou, ont viré au dialogue de sourds. L’entretien avec le président du Sénat, Gérard Larcher, a tourné à la farce tragique. Les réponses parisiennes aux demandes insulaires sont jugées inacceptables et vécues comme une véritable provocation, voire un piège.
Y-a-t-il un accord parisien pour liquider la question corse ? Les deux leaders nationalistes en sont convaincus, ils laissent éclater leur colère et appellent les Corses à se mobiliser.

Les présidents de l’Assemblée et de l’Exécutif de Corse, Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni, devant le Sénat, avant l’entretien avec Gérard Larcher.
Les présidents de l’Assemblée et de l’Exécutif de Corse, Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni,
devant le Sénat, avant l’entretien avec Gérard Larcher.
« Quand on met bout à bout les deux réunions d’hier et d’aujourd’hui, notre conviction est faite : l’Etat refuse de reconnaître et de prendre en compte la dimension politique de la question corse ». Les mots sont clairs et concis, presque désabusés, le ton à la colère et les visages fermés. Pas amers, mais désabusés et un peu interloqués. Les deux présidents nationalistes n’attendaient pas grand chose de ces premiers dialogues parisiens, mais, après neuf mois d’attentisme à endurer le silence de plomb de l’Elysée, le mépris condescendant et les chausse-trappes du gouvernement, des déclarations ministérielles fracassantes, chaotiques, voire contradictoires, et les récentes maladresses et incohérences d’une Madame Corse qui, de retour à Paris, prend le contrepied ce qu’elle vient d’annoncer dans l’île, ils espéraient, enfin, un peu de respect, juste « l’ouverture d’un dialogue sans tabou, ni préalable ». Les Nationalistes n’obtiendront ni l’un, ni l’autre ! Du Premier ministre, ils n’obtiennent que silence et dérobades. Du président du Sénat, un pied de nez qui frise la tragi-comédie.
 
Des préalables et des vétos
La comédie a débuté, lundi soir, à Matignon. Face à un Premier ministre surprenant de légèreté, les deux présidents nationalistes ont pourtant fait preuve de clarté et de fermeté. « Nous lui avons expliqué que si nous étions là devant lui, c’est bien parce qu’il y a eu un conflit pendant 50 ans et que, depuis notre élection, nous voulons tourner la page et ouvrir un nouveau chapitre dans les relations entre la Corse et l’Etat. Nous lui avons demandé de l’affirmer ensemble publiquement et symboliquement. C’est, pour nous, essentiel ! Sa réponse : Pas question ! La seule chose que le Premier ministre consent à dire, c’est qu’il y a une donne électorale nouvelle dans l’île. Mais, ça tout le monde le sait ! », raconte Gilles Simeoni. Son résumé de l’entrevue est glaçant, ses commentaires, lapidaires. « Sur le statut de résident, la coofficialité de la langue et l’amnistie, Edouard Philippe répond : « On n’en parlera jamais ! ». Il nous invite à une discussion et pose des préalables là où nous, nous n’en posons aucun ! Nous lui avons dit comprendre le problème politique et constitutionnel auquel il est confronté, mais qu’il devait aussi comprendre que nous sommes mandatés pour défendre notre projet politique. Nous lui avons proposé d’acter le désaccord, de mettre des problèmes de côté, mais sans dire qu’on n’en parlera jamais parce que ce n’est pas comme cela qu’on engage une discussion ! ». Pas de réponse !
 
La dérobade sur les prisonniers
Le gouvernement se défausse sur tous les sujets qui fâchent, et atteint son point d’orgue sur le rapprochement des prisonniers politiques ? « Il nous répond dans l’ordre : il n’y a pas de prisonniers politiques. Le rapprochement se fera au cas par cas. Il refuse de nous indiquer quand débutera ce rapprochement. Les trois condamnés du commando Erignac ne seront jamais rapprochés ». Une fin de non-recevoir sur ce dernier point à laquelle Gilles Simeoni réplique en plaidant le droit et la justice : « Ces trois prisonniers ont été condamnés à la prison à perpétuité sans peine de sûreté. Le droit s’applique à eux comme aux autres, ou alors l’Etat leur applique une peine d’éloignement qui n’est prévue par aucun texte. Vous n’êtes ni dans une logique républicaine, ni dans une logique d’Etat de droit, ni dans une logique de justice, mais dans une logique de vengeance. Dans ce cas, il faut nous le dire clairement ». En pure perte ! Le Premier ministre lui oppose un silence plus lourd que des mots. C’est le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, qui assume la dérobade : « Vous savez que c’est un dossier très sensible, ce n’est pas possible pour l’instant ! ».
 
L’autonomie, un mot tabou
Les points noirs liquidés en un revers de main, arrive le moment du point-clé de la discussion, la demande majeure des Nationalistes : l’évolution des institutions. Si l’actuel locataire de l’Elysée a fait du pacte girondin une de ses principales promesses de campagne, celui de Matignon ne veut même pas savoir ce que le mot signifie. Quand à l’autonomie, c’est tout simplement, pour lui, un mot tabou ! « J’ai expliqué que l’autonomie est un thème qui structure le débat public insulaire depuis un demi-siècle. Nous avons fait campagne dessus, c’est le point fort de notre projet qui a été validé par 56% des Corses. Au-delà de ce résultat électoral, un sondage montre que 80% des Corses sont favorables à un statut d’autonomie, y compris les forces politiques qui soutiennent le gouvernement. Toutes les îles de Méditerranée sont autonomes. L’autonomie existe déjà dans le droit constitutionnel actuel », argumente Gilles Simeoni. Les Nationalistes prennent bien soin de préciser qu’ils ne demandent pas la lune, c’est-à-dire pas une réponse immédiate sur le statut d’autonomie. « Je lui ai juste demandé d’en prononcer au moins le mot et d’ouvrir la porte à un dialogue. Là aussi, c’est encore non ! Le Premier ministre nous répond : « le terme autonomie, je ne sais pas ce que ça veut dire ! ». Le président de l’Exécutif corse riposte, ironique : « Cherchez dans le dictionnaire ! La définition, nous vous la donnons, elle est dans notre programme. Si vous en avez une autre, parlons-en ! ». Réponse : « Non, on n’en parle pas ! ». Fin de la discussion ! Le gouvernement ne consent à parler que des compétences de la collectivité unie.
 

Les présidents de l’Assemblée et de l’Exécutif de Corse, Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni, devant le Sénat, à l’issue de l’entretien avec Gérard Larcher.
Les présidents de l’Assemblée et de l’Exécutif de Corse, Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni, devant le Sénat, à l’issue de l’entretien avec Gérard Larcher.

La farce institutionnelle
Le Premier ministre ayant vidé le dialogue de tous les sujets, il ne restait plus que la révision constitutionnelle. Et deux options que Gilles Simeoni met sur la table : « Soit le droit à la différenciation de droit commun où la Corse est juste marginale par rapport aux autres régions. Pour nous, ça ne sert à rien ! Soit la reconnaissance de la spécificité corse, comme nous le demandons, à travers un article 72 ou 74… qui acte sa spécificité. Là encore, pas de réponse ! On nous renvoie à la prise de parole du président Macron le 6 février à Ajaccio ». Le suspens est de courte durée et levé, dès le lendemain, par le président du Sénat, Gérard Larcher, dont on ne comprend pas bien pourquoi il a tenu à rencontrer les élus corses. « Il nous dit clairement que tout est déjà décidé ! L’inscription de la Corse se fera à travers l’article 72 de différenciation du droit commun, à nous de voir si on peut jouer à la marge… Le message est clair. Tout ce qui est essentiel, on n’en parle pas ! De problème politique, il n’y en a pas ! L’autonomie, ça n’existe pas ! La Corse rentre dans le droit commun, elle perd même son différentiel initial, ses spécificités institutionnelles  sont réduites à néant ! ». Le sourire aux lèvres, presque rigolard, Gérard Larcher lance aux deux présidents nationalistes : « Je sais que vous n’êtes pas contents ! ».

Une véritable provocation
Pas contents ! Le mot est faible. Les élus corses sont furieux. La comédie a tourné à la farce, mais les masques sont tombés, l’Etat a dévoilé son jeu. Il n’a jamais eu l’intention de discuter. « C’est clair que c’est un piège ! Les présidents des différentes institutions de l’Etat se sont mis d’accord sur notre dos pour, ensuite, avancer l’argument final qu’il n’y a pas de majorité des 3/5ème pour accéder à ce que nous demandons », dénonce le président de l’Exécutif qui n’a pas l’intention de se laisser balader plus avant. Pas plus d’ailleurs que le président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, plutôt remonté : « Nous sommes face à des réponses qui ne sont pas acceptables, qui sont une véritable provocation par rapport au message qui a été délivré de manière claire par les Corses à l’occasion des élections territoriales. Ces réponses totalement négatives sont un déni de démocratie ! Le gouvernement et les autres autorités publiques parisiennes, dont le président du Sénat, ont une position qui n’a rien à voir avec une attitude ouverte, normale face à la nouvelle situation politique. Ils agissent comme s’il y avait eu, en décembre, un simple renouvellement d’une assemblée administrative, alors que c’est un véritable séisme qui s’est produit avec l’élection à la majorité absolue d’une liste entièrement composée de Nationalistes. Nous ne pouvons pas l’accepter ! ».
 
L’appel aux Corses
Le piège, c’est, d’abord, un pari ! Le gouvernement parie en Corse, comme il le fait dans l’hexagone, sur l’atonie du peuple pour acculer les Nationalistes à l’impasse, supputant qu’ils n’ont pas d’autre choix que de discuter et, la première déception passée, d’avaler les couleuvres. « Un pari plutôt risqué », selon Jean-Guy Talamoni. « Paris n’a pas compris ce qu’il s’est passé en Corse. Paris croit se débarrasser ainsi du problème corse. Nous allons leur montrer que c’est une erreur ! Nous allons continuer à montrer notre désaccord et nous allons demander aux Corses de nous aider à le faire. Nous les appelons à se mobiliser de manière massive pour défendre les intérêts collectifs du peuple corse ». L’appel est lancé pour une large manifestation populaire dans un cadre contraint puisque la révision constitutionnelle est prévue très prochainement. « Il faut qu’avant que cette révision constitutionnelle ne prenne un tour définitif, les Corses manifestent une volonté forte, ferme et massive de voir la question corse prise pleinement en compte au niveau politique et non pas à un simple niveau technique », prévient le leader indépendantiste.
 
Une promesse non-tenue
La séquence parisienne devait normalement se clore, mercredi soir, pour les élus insulaires, par une rencontre avec le président de l’Assemblée nationale. Un entretien qui pourrait être remis en cause tant il est devenu sans intérêt car il est fort difficile d’imaginer que, tout décentralisateur qu’il soit, François De Rugy tienne un discours opposé aux deux déjà entendus. Entre temps, les Nationalistes participeront à l’assemblée générale des Régions de France qui devraient leur renouveler publiquement leur soutien. Le président Hervé Morin a, déjà, réaffirmé, mardi après-midi, que « le résultat du scrutin de décembre en Corse est un fait politique majeur » et exhorté le gouvernement « à ouvrir un dialogue sans tabou ni préalable ». La façon dont Paris saborde le dialogue inquiètent les régions, car, en même temps que les espoirs corses, elle sonne le glas du pseudo-pacte girondin, promesse non tenue du candidat Macron, et lui aussi mort-né ! On ne voit pas bien ce que la venue du président de la République, dans l’île, le 6 février, annoncée comme décisive, pourrait apporter de plus. « D’ores et déjà, nous sommes convaincus que la façon dont Paris aborde la question corse est inappropriée et relève de la provocation. Si le président Macron se situe, le 6 février, dans le droit fil de ce que nous avons entendu ces deux jours, il n’y a rien à en attendre ! », lâche Jean-Guy Talamoni. Face à un dialogue vide, il ne reste peut-être plus aux Nationalistes qu’une seule option : la chaise vide !
 
N.M.
 

Décembre 2017

Les élections territoriales

victoire

Jean-Guy Talamoni : « Les Corses ont choisi de se donner un autre avenir »

ENTRETIEN. Le leader indépendantiste estime que « la France se déshonorerait » si elle ne prenait pas en compte la victoire des nationalistes aux élections.

Propos recueillis par Julian Mattei
Publié le 11/12/2017 à 10:17 | Le Point.fr

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De l'aveu de nombre d'observateurs, c'est un « raz-de-marée » nationaliste qui s'est produit dans l'île dimanche soir. Avec 56,4 % des suffrages recueillis au second tour des territoriales, la liste Pè a Corsica (Pour la Corse, NDLR) coalition des autonomistes et des indépendantistes, dominera largement la future collectivité territoriale unique qui remplacera au 1er janvier 2018 les deux conseils départementaux et l'actuelle collectivité de Corse.

Un nouveau contexte qui permet aux nationalistes de bomber le torse et d'accroître le rapport de force avec Paris pour arracher le « statut d'autonomie de plein droit et de plein exercice » qu'ils appellent de leurs vœux. Mais, de son côté, Jean-Guy Talamoni, actuel président de l'Assemblée de Corse, ne le cache pas : pour lui, l'indépendance reste l'objectif à terme. Si bien qu'au lendemain de cette victoire historique, le président indépendantiste de l'Assemblée de Corse appelle le gouvernement à ne pas négliger ces résultats qui traduisent, selon lui, une tendance de plus en plus poussée vers le nationalisme dans l'île. Il invite le chef de l'État à ouvrir des négociations.

Le Point : Vous attendiez-vous à une victoire de cette ampleur ?

Jean-Guy Talamoni : Nous avions le sentiment que nous allions faire une belle élection puisque les Corses nous ont largement manifesté leur confiance pendant la campagne électorale. L'affluence à nos réunions publiques en était un indice. Par ailleurs, la progression enregistrée entre les territoriales de 2015 et les législatives de cette année ont également montré que nos deux ans de mandature avaient globalement été appréciés. Toutefois, nous ne nous attendions pas à un tel raz-de-marée.

L'élection a tout de même été marquée, notamment au premier tour, par un taux d'abstention record. Est-ce un motif d'inquiétude ?

C'est bien entendu préoccupant. Mais ce phénomène est général et ne concerne pas seulement la Corse. Partout, les populations en difficulté, qui se sentent abandonnées, se réfugient soit dans l'abstention soit dans un vote que l'on pourrait qualifier d'irrationnel : Trump, Brexit, montée de l'extrême droite en Europe… S'agissant de la Corse et de notre majorité, nous avons engagé depuis deux ans un certain nombre de démarches pour réduire les différents types de fractures, sociale, territoriale, intergénérationnelle. Nous l'avons fait à travers des dispositifs très concrets comme un plan contre la pauvreté, des mesures en faveur du développement économique ou pour le développement du rural, ou encore l'Assemblée des jeunes, dont j'ai pris l'initiative pour intégrer la jeunesse à l'action publique. En luttant contre les fractures, je crois que nous contribuons à réhabiliter la démocratie. Mais il faut du temps pour cela.

Le moment venu, les Corses choisiront démocratiquement leur avenir

La liste unique dès le premier tour avec les autonomistes n'a pas permis de mesurer l'audience spécifique au courant indépendantiste que vous représentez. Le regrettez-vous ?

Il ne fallait surtout pas compromettre la dynamique qui nous avait déjà conduits à la victoire à l'occasion des législatives. Cette stratégie électorale s'est avérée bonne. En ce qui concerne l'audience du mouvement indépendantiste, nous avons d'autres éléments pour l'évaluer et manifestement notre participation aux responsabilités institutionnelles l'a confortée, le travail de nos élus nous ayant largement crédibilisés. Toujours est-il que les Corses viennent de valider massivement cette union entre les deux courants du nationalisme.

Au regard de ce résultat sans précédent, estimez-vous que cette victoire trace un chemin vers l'indépendance de la Corse ?

L'indépendance n'était pas l'objet de cette élection même si tous nos adversaires ont voulu la mettre au cœur de la campagne, présentant ce scrutin comme un référendum sur l'indépendance. Cette manœuvre n'était d'ailleurs pas sans danger de leur point de vue, compte tenu du résultat... Ce qu'ils ont réussi à prouver, c'est que les Corses ne sont pas effrayés par ce sujet et sont satisfaits de voir les indépendantistes exercer des responsabilités institutionnelles. En ce qui nous concerne, l'indépendance demeure évidemment l'objectif à terme. Ce n'est pas le cas de nos alliés, qui sont autonomistes. En revanche, nous sommes d'accord sur un point essentiel : ce sont les Corses qui, le moment venu, choisiront démocratiquement leur avenir.

Cette victoire vous permet toutefois de bomber le torse face à Paris. Avez-vous prévu de rencontrer le gouvernement rapidement ?

Ce n'est pas vraiment notre style que de bomber le torse. En revanche, nous souhaitons que le président de la République et le gouvernement cessent de faire comme s'il ne s'était rien passé en Corse depuis 2015, ce qui relève clairement du déni de démocratie. Le message politique réitéré par les Corses à chaque élection est clair et il faut le prendre en compte. Pour l'instant, nous n'avons pas eu de contact avec Paris.

Comptez-vous intensifier le rapport de force avec l'État ?

Des discussions doivent rapidement être ouvertes sur les sujets essentiels que les Corses veulent voir traiter, comme la coofficialité de la langue corse, le statut de résident pour lutter contre la dépossession immobilière, ou encore l'amnistie pour les prisonniers et les recherchés.

Que ferez-vous si Paris joue la carte du statu quo ?

Si tel était le cas, nous appellerions les Corses à se mobiliser et nous ferions le tour des capitales européennes pour dénoncer le comportement de la France, laquelle donne des leçons de démocratie au monde entier et ignore le fait démocratique en Corse.

Durant la campagne, vous avez revendiqué l'obtention d'un statut d'autonomie de « plein exercice et de plein droit » dans trois ans. Qu'est ce que cela signifie, concrètement ?

Ce statut de « dévolution » comprendrait le pouvoir législatif dans de larges domaines de compétence en matière économique, sociale, culturelle, d'aménagement du territoire… En fait à peu près tout sauf les prérogatives régaliennes. Pour l'instant.

Le 31 octobre dernier, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a déclaré à l'Assemblée nationale que le gouvernement était favorable à une « autonomie dans la République ». Cela devrait vous satisfaire...

S'agissant des dix années à venir, un tel statut est intéressant à obtenir pour la Corse à condition que l'on définisse soigneusement un contenu ambitieux. Passé ces dix ans, vous l'avez compris, Corsica Libera considère que les Corses pourront choisir, s'ils le souhaitent majoritairement, la souveraineté pleine et entière.

Quelle sera votre priorité dès que vous aurez pris vos fonctions dans la nouvelle Assemblée de Corse le 2 janvier prochain ?

Nos deux priorités seront, d'une part, continuer à mettre en œuvre notre projet dans les différents domaines afin d'améliorer concrètement la vie des Corses avec les moyens dont nous disposons. D'autre part, il faudra voir ouvrir des négociations avec Paris pour arracher le nouveau statut dont nous avons besoin et obtenir satisfaction s'agissant des questions que nous avons évoquées : langue, foncier, prisonniers politiques.

Cette nouvelle victoire et cette majorité écrasante peuvent être à double tranchant. Elle vous condamne à réussir…

Elle nous donne évidemment beaucoup de devoirs. Oui, nous sommes condamnés à réussir. Mais il nous faut pour cela des leviers dont nous ne disposons pas dans le cadre du statut actuel. C'est la raison pour laquelle des négociations avec Paris sont indispensables. Je pense sincèrement que les Corses ont choisi de se donner un autre avenir et qu'ils sont prêts à prendre toutes leurs responsabilités. L'enjeu tient en quatre mots qui constituent l'intitulé de notre projet : « Un paese da fà ». En votant trois fois de suite en deux ans pour des nationalistes, les Corses ont évidemment signifié que pour eux la Corse était une nation. C'est une question de logique élémentaire, sauf à imaginer que les Corses ne connaissent pas le sens des mots. Qu'est-ce qu'une nation ? Parmi les réponses de nombreux spécialistes, je retiendrai celle d'un auteur qui fait référence dans l'Hexagone, Ernest Renan : « L'existence d'une nation est un plébiscite de tous les jours. » En Corse, à ce plébiscite quotidien se sont ajoutées trois élections démocratiques en l'espace de deux ans organisées, faut-il le rappeler, selon une règle électorale fixée par Paris... Par conséquent, la France se déshonorerait s'il elle ne prenait pas en compte cette situation. Les droits nationaux du peuple corse doivent être reconnus.

Des nouvelles du projet de centre culturel de Calvi

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Novembre 2017

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I Giranduloni chez Jean-Luc

I Giranduloni étaient en direct du Marzulinu, chez Jean Luc Geronimi, qui a créé "l'Ortu di babbo"

Son enfance, son adolescence, ses passions ses coups de gueule, mais aussi son métier de maraîcher, et ses invités...

 

Ghjuvan’Battista Acquaviva : Une commémoration entre Histoire et perspectives

Le 15 novembre prochain, cela fera 30 ans que le militant nationaliste Ghjuvan’Battista Acquaviva disparaissait lors d’une opération du FLNC. Samedi 18 novembre, la famille souhaite commémorer cet anniversaire et rendre hommage au fils et au frère, mais aussi au patriote tombé pour la Corse et invite la population de l’ile à réfléchir sur l’idée que la mort d’une figure de l’histoire contemporaine de la Corse puisse permettre de conjuguer l’histoire entre conjoncture et prospectives.

Intervista di Marie – Noëlle Acquaviva : Surella di Ghjuvan’Battista Acquaviva.

Source : http://www.telepaese.corsica

OCTOBRE 2017

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Jean-Luc Geronimi : après le chant, le bio !

11/10/2017

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SEPTEMBRE 2017

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La disparition de Jacky Micaelli

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Elle était l'une des grandes voix insulaires. Originaire de Bastia, elle avait à coeur de transmettre dans une pratique qui réunissait tradition et création. On a appris ce dimanche son décès des suites d'une longue maladie.

Par Céline Serrano - 17/09/2017

Elle disait avoir commencé à chanter avant même d'avoir su parler, dans la ville de Bastia où elle est née...

Jacky Micaelli avait entamée sa carrière d'interprête dans les années 80, et son talent l'a conduite à se produire sur les plus grandes scènes internationales, la Fenice de Venise ou la Scala de Milan. Elle a aussi effectué plusieurs grandes tournées au Japon.

Passionnée de transmission, elle animait depuis de nombreuses années des stages de polyphonie au sein d'A Cumpagnia U Ponticellu, dont elle était la directrice artistique.

"La tradition ce n’est pas uniquement ce qui a existé jadis et qu’il faut conserver tel quel. C’est un héritage, un legs à recueillir, assumer, conserver mais aussi entretenir et faire fructifier en le renouvelant"

Depuis l'annonce de sa disparition ce 17 septembre, les hommages à cette grande voix insulaires se succèdent.

Source : Via Stella

La disparition de Fadwa Souleimane

Figure de proue de la révolution syrienne, Fadwa Souleimane est décédée "dans la nuit de vendredi 16 à ce jeudi 17 des suites d'un cancer" à Paris, a expliqué au Monde l'acteur syrien Farès Al-Helou, qui vit également en France.

Menacée de mort par le régime de Bachar al-Assad, elle vivait en France depuis 2012 où elle bénéficiait du statut de réfugiée politique, mais, comme elle l'assurait au Magazine du Monde la même année, jamais elle n'avait abandonné son pays, "je suis partie de mon pays contre mon gré. Jamais, jamais je ne serai une réfugiée".

Actrice de cinéma et poète, la militante syrienne décédée à l'âge de 47 ans était rapidement devenue un visage de la révolutionsyrienne. En effet, les images de cette femme aux cheveux courts qui menait des foules entières de manifestants syriens à Homs, dans l'ouest de la Syrie, avaient fait le tour du monde.

La comédienne souhaitait "réveiller les consciences" et luttait contre "les dirigeants du monde entier qui ont oublié les valeurs humaines et font passer l'intérêt de leur Etat avant la vie du peuple syrien",  confiait-t-elle à Libération en 2011. Et malgré son incapacité à continuer la révolution suite à son exil, la militante alaouite (la communauté du président syrien) avait toujours un profond espoir quant à la reconstruction de son pays, "même s'ils effacent tout, on ne doit pas les laisser effacer notre rêve. S'il ne reste qu'un seul Syrien, je suis sûre qu'il va construire la Syrie que l'on aime. La Syrie ce n'est pas un pays, une géographie, c'est une idée! Nous apportons notre révolution. La révolution blanche, de l'esprit et de l'âme. Cela va traverser les lieux, le temps", avait-elle déclaré au Midi Libre en juin 2016.

Il y a 5 ans, nous vivions une aventure bouleversante, la sienne : "Le Passage", un texte en forme d'autoportrait théâtral, écho à la révolution syrienne, donné en ouverture des Rencontres polyphoniques de Calvi 2012 après une première au Festival d'Avignon.

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Messe pour Gregale

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Une interview de Gilles Simeoni dans Libération

Par Kael Serreri, correspondante à Ajaccio — 2 août 2017 à 19:06

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Gilles Simeoni, début 2016 à Ajaccio. Photo Olivier Laban-Mattei. MYOP

L’avocat autonomiste de 50 ans, à la tête de la collectivité depuis dix-huit mois, souhaite qu’un dialogue s’engage avec le nouveau gouvernement avant les élections territoriales de décembre, qui marqueront la fusion des deux départements de l’île.

Leader du mouvement autonomiste corse, Gilles Simeoni est à la tête du conseil exécutif de la collectivité territoriale depuis décembre 2015. Alors que ces dernières élections ont renforcé le poids des nationalistes dans la balance, l’avocat bastiais fait le bilan de ses premiers mois au pouvoir.

En décembre 2015, après quarante années passées dans l’opposition, les nationalistes ont pris la tête de la région. Qu’est-ce qui a vraiment changé depuis ?

Beaucoup d’habitants, y compris ceux qui n’avaient pas voté pour nous, reconnaissent que la Corse a plus changé - et de façon positive - en dix-huit mois qu’au cours des dernières décennies. Nous nous sommes d’abord employés à redresser le budget, puisque nous avons dû faire face à un passif occulte de plus de 100 millions d’euros en arrivant à la région. Nous avons aussi avancé sur la question du transport maritime et travaillons sur l’aérien. Parmi les chantiers que nous avons lancés, il y a la lutte contre la précarité, l’action en faveur des zones de l’intérieur et de montagne, le soutien aux petites entreprises et aux agriculteurs, l’action en faveur de la jeunesse… Dans tous les domaines où nous avions pris des engagements vis-à-vis des Corses, nous nous efforçons de les tenir.

Vous réclamez la co-officialité de la langue corse, un statut de résident pour lutter contre la spéculation et l’amnistie des «prisonniers politiques». Or rien n’a bougé depuis votre arrivée…

Sur ces questions, le silence, voire le blocage, de l’Etat prévaut alors même qu’elles font l’objet en Corse d’un consensus, qui va bien au-delà du mouvement nationaliste. Des délibérations qui vont dans ce sens ont été votées dans une très large majorité - et quelque fois à l’unanimité - par l’Assemblée de Corse. Et pour la première fois depuis longtemps, toutes les conditions sont réunies pour que l’on puisse tourner la page d’un demi-siècle de conflit pour entrer dans une ère nouvelle.

Vous êtes à la tête d’une région où 60 000 personnes vivent sous le seuil de pauvreté, où le chômage frôle les 11 %, où les jeunes souffrent d’un déficit de formation. Ces questions restent-elles une priorité ?

Bien sûr ! Mais il faut replacer notre action dans une trajectoire historique. Nous sommes porteurs de ces revendications qui sont le cœur et le socle de notre engagement et, à côté de cela, on a une démarche pragmatique au quotidien. Nos adversaires nous ont souvent dit qu’on ne se préoccupait que des institutions et pas du développement économique et social. Nous répondons qu’il est impossible de séparer les deux car un pays qui n’a pas les institutions lui permettant de maîtriser son développement économique et social ne peut avancer. On nous a aussi reproché d’être plus dans l’idéologie que dans l’action. Mais nous sommes dans une démarche concrète ! En même temps, nous portons un idéal, celui qui justifie notre engagement. La volonté que le peuple corse soit reconnu dans ses droits et puisse construire une société à la fois démocratique et émancipée.

Pensez-vous que le nouveau gouvernement sera plus attentif à vos revendications ?

La situation d’attente dans laquelle nous nous trouvons commence à devenir inquiétante. Plus de deux mois se sont écoulés depuis la présidentielle. Nous comprenons que d’autres questions françaises, internationales, soient essentielles, mais le silence ne peut tenir lieu de politique dans les rapports entre l’Etat et la Corse. Il est inenvisageable - cela nous a pourtant été dit de façon officieuse - que le dialogue ne débute qu’après les prochaines territoriales [en décembre, ndlr]. Nous ne pouvons pas prendre encore quatre ou six mois de retard, c’est maintenant qu’il faut un geste fort !

Qu’attendez-vous de Paris ?

Cela se joue sur plusieurs niveaux. D’abord symbolique : on ne sort pas d’une période de conflit qui a duré un demi-siècle sans des gestes forts. La question corse ne relève pas seulement de l’économie ou de l’aménagement du territoire, elle est aussi fondamentalement politique, elle a entraîné un conflit avec des drames, des dizaines de morts et des milliers d’années de prison, des blessures et des cicatrices de part et d’autre. Partout dans le monde, lorsqu’il y a eu des fins de conflit, des dialogues et des apaisements, ils se sont matérialisés par des gestes symboliques. Vient ensuite le niveau institutionnel et politique. Nous allons avoir, l’an prochain, une nouvelle collectivité de Corse : quels seront ses moyens ? Ses compétences ? Ses ressources fiscales ? La réponse à ces questions déterminera le statut de la Corse dans les années à venir. Il y a, enfin, l’enjeu économique et social : plus de 20 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, l’économie est fragile, les PME rencontrent beaucoup de difficultés. Quel cadre économique construit-on pour permettre un véritable développement ?

Depuis le dépôt des armes du Front de libération nationale corse (FLNC) en juin 2014, les nationalistes reprochent au gouvernement son manque d’intérêt…

Depuis que je me suis engagé en politique, j’ai toujours milité pour l’arrêt de la violence clandestine et le choix de l’action exclusivement démocratique. Pour moi, ce choix est ferme, définitif, irréversible. Je veux une société corse démocratique, dans son cheminement et dans son fonctionnement. Aujourd’hui, de nombreux hauts fonctionnaires nous disent que, finalement, il n’y a pas de raison particulière de s’intéresser à la Corse parce qu’il n’y a pas de bombes. C’est un raisonnement terriblement pervers. Cela voudrait dire que ce n’est que dans une logique de rapport de forces qu’on peut conduire l’Etat à s’intéresser à la Corse… Or c’est précisément la démarche inverse qu’il faut avoir.

Vos idées autonomistes ont largement infusé dans la société corse. Que veut dire être nationaliste corse en 2017 ?

La quasi-totalité des Corses sont nationalistes, même s’ils ne revendiquent pas cette étiquette. Pour eux, la certitude qu’il existe un peuple avec sa langue, ses intérêts, sa capacité à maîtriser son destin est une évidence. Nos idées ont gagné, en partie parce que nous avons réaffirmé que le seul chemin qui vaille pour nous est celui de la démocratie, du respect de toutes les opinions, même quand elles ne sont pas les nôtres. Le tout en réaffirmant que ce sont les Corses et eux seuls qui décideront de ce que doivent être leur présent et leur avenir.

Kael Serreri correspondante à Ajaccio

Récit : En Corse, un renouveau sans armes ni violence

Par Kael Serreri, correspondante à Ajaccio — 2 août 2017 à 19:06

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Gilles Simeoni (g) célèbre l'élection de trois députés nationalistes lors des législatives, le 18 juin à Bastia.
Photo Pascal Pochard-Casabianca. AFP

Loin de leur réputation de «poseurs de bombes», les nationalistes convertis à la politique s’imposent petit à petit sur l’île de Beauté et partent favoris pour prendre la tête de la collectivité unique, qui verra le jour en janvier.

Pendant cinquante ans, les nationalistes corses ont été cantonnés à un rôle d’opposition. Des décennies durant, les grands partis traditionnels ont vilipendé les prises de position des «poseurs de bombes», agité le chiffon rouge de l’indépendance sous les yeux des électeurs insulaires. Depuis une dizaine d’années, le mouvement nationaliste s’est inscrit dans une dynamique nouvelle, passant du militantisme pur et dur à une formation plus en prise avec les considérations quotidiennes de la population.

Dans une île de 325 000 habitants frappée par le chômage, où plus de 20 % d’entre eux vivent en dessous du seuil de pauvreté, et où le coût de la vie est plus important que sur le continent, les nationalistes ont réussi à s’imposer comme une alternative aux grandes familles de la droite et de la gauche qui régnaient jusqu’à récemment sur la Corse. En s’appuyant sur une importante structure militante de terrain, ils ont su profiter de l’essoufflement des partis traditionnels pour devenir la force politique la plus puissante de l’île.

La branche dite «modérée» s’appuie également sur la grande popularité de son leader, sacré «personnalité préférée des Corses» par les sondages. Avocat d’Yvan Colonna, le charismatique Gilles Simeoni a su séduire bien au-delà de son camp en optant dès le début de son engagement public pour la lutte politique plutôt que l’action violente. En 2014, il souffle la mairie de Bastia à la dynastie Zuccarelli en créant une coalition avec la droite et la gauche. La manœuvre lui vaut des récriminations dans les rangs de sa propre famille politique mais s’avère payante. D’autant que quelques semaines après la victoire bastiaise, le Front de libération nationale de la Corse (FLNC), bras armé du mouvement nationaliste, renonce définitivement à la violence politique. La décision, sans grand retentissement au niveau national, jette les électeurs dans les bras du désormais fréquentable mouvement nationaliste.

Entre-temps, ces derniers ont su imposer leurs thématiques dans le débat. L’amnistie des prisonniers dits politiques, la co-officialité de la langue corse, le statut de résident, la maîtrise de la fiscalité et l’inscription de l’île dans la Constitution font désormais consensus. En décembre 2015, autonomistes et indépendantistes s’allient et s’emparent de la région. Un an et demi plus tard, les législatives confirment la montée en puissance du mouvement nationaliste : trois circonscriptions sur quatre sont remportées par la liste Pè a Corsica («pour la Corse»), avec des scores écrasants.

Un tournant dans le parcours long et semé d’embûches des nationalistes. Lesquels vont tester une nouvelle fois leur popularité dans les urnes en décembre. Forts de leurs récents succès, n’ayant pas eu le temps de décevoir depuis leur arrivée au pouvoir, les nationalistes partent grands favoris des élections territoriales et ambitionnent de prendre la tête de la future collectivité unique de Corse (fusion de l’actuelle et des deux départements, elle verra le jour en janvier).

En attendant le verdict des urnes, Gilles Simeoni rassemble les troupes. Samedi, les trois partis autonomistes ont décidé de s’allier pour constituer un «grand parti de gouvernement», mené par l’avocat bastiais. Reste toutefois à déterminer quelle sera la place réservée aux indépendantistes dans le tableau. Si Corsica Libera, le mouvement de Jean-Guy Talamoni, appelle à une liste d’union dès le premier tour, les nationalistes modérés laissent planer le doute sur «la meilleure tactique électorale» à adopter. Tout en jurant que le «principe de l’alliance est acté».

Kael Serreri correspondante à Ajaccio

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Juillet 2017

26/07/2017

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17/07/2017

Régis Gizavo, l’homme qui faisait aimer l’accordéon

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Régis Gizavo avant un concert du Malagasy All Stars à l'UNESCO à Paris en 2012. ©Erwan Larzul

Alors qu’il était en Corse avec le groupe Alba, le musicien malgache Régis Gizavo est décédé le 16 juillet, à 58 ans. Avec son instrument en bandoulière, s’abandonnant à lui les yeux fermés, le lauréat du prix RFI Découvertes en 1990 a fait chanter son accordéon en live pour des artistes comme Cesaria Evora, I Muvrini, Christophe Mae et sur ses albums personnels ainsi que les différents projets destinés à mettre à l’honneur son île natale de l’océan Indien.

"Celui qui m’avait réconcilié avec l’accordéon" : en apprenant ce 17 juillet la disparition de Régis Gizavo, qualifié aussi de "magicien des notes", le chanteur français Christophe Mae a trouvé les mots appropriés pour décrire ce que le musicien malgache a apporté, ce qu’il a changé. Sous ses doigts, le "piano du pauvre" complètement ringardisé est devenu un instrument qui tour à tour exalte, apaise, gémit, transporte...

Il y a quelques semaines, il avait pris part au festival Rio Loco, la plus belle fête des musiques de l’océan Indien jamais organisée en France. Le trio Toko Telo y donnait son premier concert international et présentait son album, Toy Raha Toy. Avec deux autres pointures de chez lui, le guitariste D’Gary et la chanteuse Monique Njava, cette formation plus qu’alléchante avait tenu ses promesses. Au même moment, dans les salles de cinéma, sortait le film Songs for Madagascar réalisé par César Paes sur le collectif porte-drapeau Madagascar All Stars, auquel Régis Gizavo appartenait depuis ses tout débuts, en février 2003, à l’époque où la Grande Île traversait une crise politique majeure.

Si son investissement dans les projets autour de son pays avait pris davantage d’importance pour lui depuis une décennie, c’était pour "rendre" à la terre de ses ancêtres ce qu’elle lui avait apporté, précisait-il. Mais l’insulaire, avec tout ce que cela suppose de particularismes revendiqués, était en même temps un fervent mondialiste, prêt à converser avec la planète entière et décloisonner tout ce qui peut l’être. Sans doute une de ses singularités, par rapport à ses compatriotes musiciens.

Né à Madagascar, au milieu de l’océan Indien, décédé en Corse, en pleine méditerranée, 58 ans et un mois plus tard, Régis Gizavo aimait les îles pour les connecter, entre elles et aux autres cultures. Sur sa mappemonde, on trouve le Cap Vert, lui qui a longtemps travaillé avec Cesaria Evora, ainsi que Tcheka, Lura, Mayra Andrade... Le Brésil, où le chanteur Lenine l’avait invité et où il est revenu en étant accueilli chez l’artiste richissime Orlando Morais pour préparer Rivière noire, avec quelques vielles connaissances comme Blick Bassy et Pascal Danaé. L’Afrique du Sud, avec les Mahotella Queens puis le guitariste Louis Mlhanga.

"Il avait Madagascar dans sa tête, dans ses doigts, et faisait vivre son pays dans le monde entier", rappelle son alter ego réunionnais René Lacaille, qui a souvent retrouvé le virtuose malgache à l’autre bout du globe, que ce soit au Québec ou au Portugal. Et d’expliquer que "personne ne pouvait jouer comme lui, parce qu’il jouait du chromatique comme du diatonique, avec sa culture malgache".

A Tulear, ville du sud en bord de mer, le fils d’instituteur qui s’amusait avec l’instrument pour reproduire toutes les musiques qu’il entendait s’est fait vite remarquer. Quand on lui demande de jouer pour une personne possédée, une fois la peur passée, il découvre que les vibrations de ce qu’il tient entre les mains peuvent soulager. Quelques décennies plus tard, il renouvelle l’expérience et constate le même résultat. "On ne peut pas le croire, même quand on le voit !", reconnaissait-il, conscient de l’incompréhension que ce genre d’anecdote peut susciter en Occident, où la musique est quelque chose de rationnel.

Les différences culturelles ne lui ont pas échappé, entre son océan Indien laissé derrière lui après avoir remporté le prix RFI Découvertes en 1990, et Paris, où il s’est installé peu après. "Quand tu as mangé du riz pendant trente ans, et que tu te retrouves avec un croque-monsieur, ce n’est pas pareil", plaisante-t-il dans Songs for Madagascar. Une métaphore pour faire comprendre qu’il a fallu s’adapter, mais pas seulement car "manger, c’est la base de la vie", considérait ce bon vivant, prêt à dénicher à pas d’heure dans son quartier un boui-boui africain pour y dévorer un poisson frit et une assiette de riz.

Avec le premier instrument qu’il peut enfin s’acheter, le voilà qui monte en 1993 dans le tour bus d’ Muvrini, groupe phare des polyphonies corses. Huit ans, plusieurs albums. Et pas dix phrases décrochées par le leader de la formation, s’amusait-il à souligner, renforcé d’un "je te jure" catégorique. Des débuts difficiles sur l’île de beauté : au premier concert, en voyant le Malgache, les spectateurs devant lui quittent leurs sièges. Et puis il se fait adopter, invité partout chaque fois, traité comme un fils du pays quand il arrive à l’aéroport. Pour lui, on fait marcher les relations corses. Au bout du téléphone, une fois composé le numéro qu’on lui a communiqué pour résoudre un problème administratif, il entend : "Cabinet du Premier ministre, bonjour"…

Premier album solo

En parallèle, son premier album personnel intitulé Mikea sort en 1995. Trois autres suivront. Le sud de Madagascar y résonne, avec ses problématiques sociétales. En compagnie du percussionniste David Mirandon, l’association fonctionne à merveille sur scène, dans les grands festivals ou les bars improbables nichés dans des maisons de banlieue parisienne…

Discret par nature, et par culture, l’homme ne cherchait pas à se faire remarquer autrement que par sa musique. Il aimait la jouer, mais tout le reste de la filière qui gravitait autour des artistes lui semblait étranger. Les réactions, les mentalités le laissaient perplexe. Pas découragé. Il n’était pas rare qu’il ne reçoive pas les disques sur lesquels il était sollicité pour intervenir ! Lui qui a laissé son nom notamment sur les CDs de Yannick Noah (Charango), Youssou N’Dour (Nothing’s In Vain), Paris Combo (Attraction) prenait plaisir à parler de sa collaboration suivie avec Mano Solo. Le chanteur écorché vif l’avait touché, et il espérait pouvoir l’aider à panser ses blessures.

Dans le cadre de sa carrière personnelle, l’accordéoniste racontait qu’on lui avait parfois conseillé de faire ressortir son côté malgache dans les apparences. Se déguiser. "Je ne vais tout de même pas me mettre en boubou !" s’indignait-il. Et pourtant, il a bien fini par accepter. Pour Christophe Mae. En riant, il se remémorait la séance d’essayage avec casquette, gilet et lunettes de soleil. Mae, un autre amoureux de la Corse. C’est aussi là que leurs routes se sont croisées.

Coup de foudre artistique réciproque, quelques heures à peine avant l’enregistrement du live intitulé Comme à la maison sur une plage. Le chanteur l’embarque aussitôt sur sa tournée, mettant en avant "Monsieur Régis Gizavo" sur chacun de ses concerts. Et ne s’offusque pas, quelques années plus tard, lorsque le Malgache décline la proposition de repartir sur les routes. "Vivre dans les bus, les hôtels, ce n’est plus de mon âge", confiait le quinquagénaire, à peine conscient du luxe que pouvait représenter un tel refus, mais ravi de rejoindre la troupe en certaines occasions !

L’essentiel, pour lui, résidait dans la possibilité d’être "à 100% soi-même", en fusion complète avec son accordéon et les autres musiciens. Sa vision de la liberté. "Les gens captent cette énergie", assurait-il. Le voyage pouvait commencer, les yeux fermés…

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Nous avions découvert Régis avec l'Alba. Il apportait beaucoup au groupe.

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Juin 2017

La Corse créative à Fab Fiera

L'équipe de l'Université de Corse et ses partenaires sont heureux de vous annoncer la 1° édition de Fab Fiera, une manifestation festive pour permettre à tous de découvrir les technologies créatives, le Samedi 1° juillet, à Corte

Car oui, la Corse est bien en train de se muer en terre d’innovation  et les technologies créatives sont là pour libérer les énergies productives de notre île et révéler la richesse de nos matériaux locaux...

Le temps d’une journée, nous vous invitons à expérimenter cette nouvelle réalité, largement favorisée par l’ouverture récente de Fab Labs équipés d’imprimantes 3D, fraiseuses, découpe laser et autres kits d’électroniques libres, et relayée par de nombreux acteurs partenaires -entreprises, associations ou institutions…  Grâce à de plus de 40 ateliers, expositions, démonstrations ou workshops, la fabrication numérique n'aura plus de secret pour personne et chacun pourra (re)devenir un authentique maker, capable de concevoir, prototyper et produire…

Vous trouverez en pièce jointe un petit dossier de présentation ainsi qu'un programme de la journée, et nous  nous tenons bien sûr à votre disposition pour compléter ces informations,

Au plaisir de vous retrouver bien vite,

fabfiera


Vannina Bernard-Leoni
Università di Corsica Pasquale Paoli
Directrice Pôle Innovation & Développement
Palazzu Naziunale - BP 52
20250 Corti
+33 (0)4 95 45 06 67
+33 (0)6 46 38 35 97

Débat sur la non-violence à Galeria

8 juin 2017

Aujourd'hui à Galeria, invités pour un débat sur la non-violence par Dominique Bianconi et François Canava, avec Edmond Simeoni, Guy Calvelli, Marie Ferranti.

Nous avons pris la route tôt dans l'après-midi. Il faisait une chaleur caniculaire et la clim était en panne. La lumière aspirait tout et l'air brûlant saturait l'air de parfums frais. La mer était d'une couleur violette, transpercée, sur ses bords, par de grandes traînées de bleu turquoise. Dans l'horizon tremblant et embrumé, quelquefois, un voilier semblait un papillon blanc épinglé. Nous avons suivi la route du bord de mer. Ce fut un voyage chaotique. Cette route n'est plus empruntée que par les touristes en mal d'exotisme ou égarés.

Je n'ai pas regretté le voyage. Après Calvi, les rochers rosissent, s'arrondissent, se creusent forment un paysage désert de toute vie humaine, d'une sauvagerie colorée. De loin, des fleurs roses et minuscules, qui poussent à fleur de rocher, enduisent leur surface d'une rouille factice. Les couleurs se précisent un instant et disparaissent. Dans les virages, nous avions la sensation fugace d'une fraîcheur bénéfique en filant sous l'ombre de grands arbres. Des eucalyptus m'apparurent soudain ; leur feuillage d'un vert violacé était planté comme une banderille vive et flottante dans ces chênes denses et sombres. Nous mîmes du temps à trouver la tour de Galeria. François s'inquiéta de notre retard. Nous étions attendus.

Près de la tour, dans une salle basse et voûtée, par la porte ouverte, j'aperçus l'assemblée et la tribune. François nous accueillit, nous nous installâmes près de lui, de Dominique et d'Edmond.
Une dame expliqua longuement les vertus de la non-violence. Elle a fait beaucoup de prévention auprès de jeunes élèves. Dominique poursuivit en présentant la nécessité de soutenir deux commerçants d'Evisa harcelés et rackettés. Je pris la parole à mon tour. Je n'ai aucune certitude. Je m'interrogeai donc. La non-violence étant antinomique avec l'écriture et la condition même d'écrivain. Edmond intervint à son tour pour développer une analyse entre le droit et la pratique de la justice et prôner la démocratie. Il croit beaucoup à la formation prodiguée à des jeunes gens sur la non-violence. Le public prit la parole. Un documentariste s'étonna que la plupart des jeunes gens filmés par lui exposent dans leur chambre l'effigie du Ribellu. Guy intervint pour lui dire que cela ne signifiait pas qu'ils adhéraient à la violence, mais à une figure de révolte, bien compréhensible à leur âge. Lui-même porte un Ribellu depuis très longtemps et se revendique comme un non-violent.

Ce bref échange donne une idée de la complexité de la question. Nous ne l'épuiserions pas aujourd'hui. François clôtura les débats. Nous sortîmes sur la terrasse partager un verre et se restaurer. Il était déjà près de sept heures. La route qui nous attendait était longue. Nous prîmes congé avec la promesse de nous revoir.

Nous avons prolongé le débat sur tout le chemin du retour. Les questions essentielles ne se vident pas en deux heures de temps. Nous le savions, mais il était bon de les ouvrir. Cors'Odissea poursuit donc sa route. Nous reviendrons cet hiver en Balagne. La région nous est favorable. Il est des signes qui ne trompent pas.

Marie Ferranti

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inc24 Mai 2017

Les travaux dans la Restonica

restonica

Après les présidentielles...

presid

Législatives 2017 : la schizophrénie nationaliste

10 mai 2017 

S’ils ne se sont pas encore entendus sur la stratégie à adopter ni sur les femmes et les hommes à investir à l’heure où nous écrivons ces lignes, les Nationalistes ou en tout cas la majorité territoriale lorgnent déjà sur le Palais Bourbon. Même si leur présence à ce scrutin national ne questionne plus vraiment, ils n’apparaissent pas comme les meilleurs avocats de la cause insulaire.

Sondage

Ce n’est pas tant leur présence qui est remise en cause par le panel. En effet, 72% des personnes interrogées dont 75% des CSP- et évidemment 89% des partisans nationalistes trouvent leur candidature logique. Alors oui, ce ne sera pas la première fois que des représentants autonomistes ou même indépendantistes se présentent ou soutiennent un des leurs à la députation. Mais ça, c’était avant. Avant qu’ils n’accèdent aux responsabilités, avant qu’ils ne cèdent à l’irresponsabilité du silence ou au positionnement tardif et forcé s’agissant de l’élection présidentielle. Ainsi comment solliciter les suffrages pour un scrutin national intervenant un peu plus d’un mois après avoir ouvertement snobé un autre scrutin national majeur ? Les plus sceptiques restent à droite, avec 38% de ses partisans qui doutent de la pertinence d’une candidature nationaliste.

Obligation de résultat

Par ailleurs, 62% de ce même panel doute de l’efficacité des candidats nationalistes pour défendre les intérêts de la Corse au sein de l’Assemblée nationale. Plus particulièrement les personnes âgées de 35 ans et plus à 64%, les habitants des zones urbaines à 69% ainsi que les partisans de gauche (76%) et de droite (80%). A l’inverse 92% des militants nationalistes sont convaincus de l’efficacité de leurs candidats. Pourtant, le flou qui entoure les candidatures et participe au faux départ en campagne, s’épaissira encore un plus quand et si élu(es) il y a, il(s) ou elle(s) devra siéger sous les ors de la République. Rejoindra-t-il ou elle un groupe politique ? Siègera-t-il ou elle parmi les non-inscrits ? Et comment constituer une majorité autour de la question corse qui, comme chacun sait, a toujours été une priorité pour les gouvernements successifs et pour l’ensemble des élus de la nation (française). Réponse dans quelques jours.

Source : "Paroles de Corse", mai 2017

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Avril 2017

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CONTRE LE FASCISME EN CORSE !

Le peuple corse dans la diversité de ses composantes politiques, syndicales, associatives a, historiquement, toujours refusé le racisme, la xénophobie et l'expression d'une idéologie fasciste sous-jacente. Cette idéologie s'exprime désormais ouvertement dans l'espace public et sur les réseaux sociaux. Nous ne pouvons demeurer silencieux. Nous proposons à toutes les organisations ainsi qu'à toute personne de signer cette pétition pour s'engager à combattre les dangers que représente aujourd'hui, en Corse, la progression de la peste brune.

PETITION DE 750 PERSONNES actualisée le 30 avril 2017

ABITBOL Pierre - ACCORSI Agnès - ACHARD ROCCHI Jean Louis - ACHILLI François - ACQUAVIVA Cathy - ACQUAVIVA François-Xavier - ACQUAVIVA Jean-Claude - ACQUAVIVA PACHE Michèle - AFC UMANI - AGOSTINI Catherine - AGOSTINI Henri-Paul - AIUTI Noëlle - AJACCIO-CROCE Cathy - ANDREANI Julie - ALBERTINI Frédérique - ALBERTINI Jean - ALBERTINI Pascal - ALBERTINI Ghjuvan'Lucca - ALBERTINI Chantal Maria - ALFONSI Jean Pasquin - ALFONSO Jean-Pierre - ALLEGRINI Stéphane - AMADEI Isabelle - AMALRIC CHOURY Isaline - AMBROISE Jean-Marie - ANCEAU Sébastien - ANDREANI Dominique - ANDREANI Jean-Marc - ANDREANI Julie - ANGELSON Steve - ANTOMARCHI Paul - ANTONA Patrice - ANTONI Laure - ARNAUD Bernardette - ARNAUD Marie-Luce - ARRIGHI Emmanuelle - ARRIGNI Jean-Sébastien - ARRIGHI Pierre - ARRIGHI-LANDINI Marie-Joseph - ASPE André - ASPER Ghyslaine - ASTOLFI AVAZERI Gérard - AUBERT-COLOMBANI Eliane - AUCLAIR Rachel - AUGER Marie Paule - AUSILIA Antoine - AVAZERI Marie-Hélène - AZARA Louis

BAGGIONI Anne-Marie - BALAFENN Manue - BALDUCCHI François - BALDUCCHI Isabelle - BARAT Pierre - BARBAGELATA Cathy - BARI Kd - BARRAL Agathe - BARRAL Alain - BARTOLI Alexandra - BARTOLI Lucien - BARTOLI Laurence - BARTOLI Madeleine - BASSANI Ange - BASTI Abdelaziz - BASTIANI Marie-Josée - BATHERET Joëlle - BATTESTINI Jean-Pierre - BAZZALI SCHMITT Patrick - BELHAJ Rachel - BELGODERE Xavier-François - BELGODERE Marylène - BELLAGAMBA Claude - BLEMONT-CERLI Marcu - BENEDETTI Laurence - BENOIT Marc - BENIGNI Guidu - BENQUE Charles - BERENI Janie - BERETTI Angèle - BERETTI Antonia - BERGEOT Dany - BERNARDEAU-PAUPE Olivia - BERNARDINI Guy - BERNARDINI Luc - BERRY Midi - BERTINI-DUREU Denise - BESSUELLE-BARTOLI Maryse - BEVERAGGI Dominique - BIANCARELLI Bernard - BIANCARDINI Jean-Pierre - BIANCHI Colomba - BIANCHINI Céline - BIANCONI Dominique - BIDALI Francine - BISGAMBIGLIA Jérôme - BISGAMBIGLIA Renée - BIZIEN Jean-Luc - BOISBOURDIN Jacques - BONALDI Charlotte - BONARDI Marie Josée - BONNEL Pascal - BONNEL Patrice - BONNEL Maryse - BORDENET Aurélien - BOSSU Damien - BOUCHVAL Brian - BOULAOUA Abdel - BOULET BATTINI Guylène - BOURDIEC Cécile - BOURET Catherine - BOUVIER Paule - BOUVIER Pierre - BOY Alain - BRAZZI Luca - BREZ Valérie - BROGGIO Jean François - BRUNET Elisabeth - BRUNI Eddy - BUCCHINI Laetitia - BURESI - VILAIN Josette - BURONI Marie Luce

CABOT Bernard - CABRERA Lauréline - CACCIARI Alain Joseph - CALAMARO Dominique - CALDERON Linda.D. - CALLEGARI Pascale - CALLENDRON Bernard - CALVAYRAC Francoise - CALVETTI Guy - CALVISI Eliane - CAMP Maco - CAMPANA Marc-Antoine - CANAPA Joseph - CANAVA François - CANCEL Pierre-André - CANEGGIANI Brigitte - CANON Petru - CAPDEVIELLE Dominique - CARDENAS Safia - CARLETTI Josiane - CARLOTTI Marie Blanche - CARON Anita - CARREGA RAMELLI Rose Marie - CASTELLI Marie - CARTIER Gilles - CASABIANCA François - CASABIANCA Jérôme Quilicus - CASALONGA Tony - CASAMARTA Jacques - CASANOVA Christiane - CASANOVA Felicia - CASANOVA Jacky - CASANOVA Jean - CASANOVA Laurent - CASANOVA Nicole - CASANOVA Pierre - CASANOVA Robert - CASANOVA Simon - CASANOVA Sandrine - CASASOPRANA François - CASASOPRANA Marie - CASASOPRANA COMITI Carole - CASIMIRI Cathy - CASTA Frédérique - CASTA Jocelyne - CASTELLANI Cam Giu - CASTELLI Marie - CAYTE Catherine - CECCALDI Jean-Marc - CECCALDI Jean-Paul - CECCALDI Patricia - CECCARELLI Anita - CECILION Ingrid - CERBONESCHI - FARRUCCI Laurent - CERVETTI Marie - CERVETTI Toussaint - CESARI Nadine - CHANDY Cathy - CHARLES Jean - CHEN Philippe - CHETTOUH Malika - CHIARI Fréderic - CHIORBOLI Jean - CHIORBOLI Rémi - CHOURY ALMARIC Isaline - CHOVIN Marina - CIMINO Guy - CIOLEK Patricia - CIOSI Antoine - CIOSI Monique - CLEMENT AARHUS Maud - CLEMENT BALTZ Monia - CLEMENT-GUY Gill - CLEMENTI Charles - CODACCIONI Jean-Paul - CODACCIONI Paul Marie - COLL Jean - COLLET Serge - COLOMBINI Mighé - COMBESCURE Florence - COMITI Marie Claire - COMPOIS Magalie - COMPOIS Annabelle - CONSTANTY Hélène - COQUELIN Laurence - COQUERELLE Fabienne - COQUERELLE Jean - CORSE Scarlet - CORSI Don Joseph - COSIMI Yvan - COSTA Marthe - COSTA Pascale - COSTA Pierre-Toussaint - COTTE Laurent - COUTAND Pascal - CRESTANI Antoine - CRISTOFARI Jean-Pierre - CROCE Ghjovella - CRUZ ORSONI Odette - CUCCHI Vincente - CULIOLI Olivier - CULIOLI Marilyne

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NACHON Angélique - NENGO Tine- NIA Anto - NICE Patrice - NICOLAI Andrée - NICOLAÏ Don Ghjacumu - NOBILI Sandrine - NOESEN Gisèle - NOLLITAP Serge - NOREL Joyce - NOTHOMB FA - NOTTE BLUE Tunietta

OCHOA Edith - OLIVESI François - OLIVEIREDA Daniel - OLIVIERI Marie-Jéromine - ORENGA Anne - ORSI Jean-Pierre - ORSINI Charlette - ORSINI Jean-Joseph - ORSINI Joseph - ORSINI Julien - ORSINI Stéphanie - ORSONI Coco - ORSONI Jean-Christophe - ORSONI Jean-Philippe - ORSONI Stéphanie - OTTAVI Christophe - OTTAVI Dominique - OTTAVJ Jean Pierre - OUABBOU Aziz - OUAHOU Mohammed - OUAHOU Sidi - OUGIER Dany - OUKHATTOU Lahbib

PADOVANI Michel - PADOVANI Marie Antoinette - PAGANELLI Norbert - PALDACCI Isabelle - PANDOLFI-CROZIER Jean Ugo - PAOLANTONI Parisa - PAOLACCI Marinette - PAOLI Angèle - PAOLI Antoine - PAOLI Jacques - PAONE Jean-Jacques - PARDON Elisabeth - PASQUALINI Claude - PASQUALINI Petru - PASTINI GUILLEMART Patricia - PATILLON serge - PEDANO Martine - PELLEGRI Pierre - PELLEGRINI Christel - PERETTI François - PERES Danielle - PERGOLA Philippe - PERIER Susan - PERSA Alain - PERUCCA Jacques - PETIT Marlène - PETIT Valérie - PETITBOULET Nelly - PHILIPPE Philippe - PIANELLI Marie Françoise - PIACENTINI Gervais - PIASCO Henri - PIETRI David - PIETRI-NERI Michèle - PICCIOCCHI Célia - PIETRI Emmanuel - PIFERINI Dominique - PIFERINI Soveria - PINELLI Dominique - PINZUTI-STEFANI Marie-Jo - PISCHEDDA Joëlle - PISCHEDDA Nicolas - PISCIEN Haro - POGGI Anne Marie - POIRIER Sébastien - POLETTI Antoine - POLI Josiane - POLI Moune - POLI Vanina - POLIDORI Marlène - POLLINI Jacqueline - POLLINI Joseph - POMAREDE Youany - POMMEPUY Ève - PONCHELET Flo - PONTET COTI Isabelle - PORTE Isabelle - POUSSEL Charlie

QUILICHINI Hervé - QUILICHINI Pierre

RAFFALLI Marie Paule - RAFFALLI Charles - RAGAS COLONNA Anthony - RAIOLA Jean - RAINERI Dumè - RAO Anita - RAVAUTE RODE Brian - RAUSCHER Jonathan - RENARD Patrice - RENUCCI Françoise-Marie - REXHEPI Ibrahim - RIEHL Colette - RINIERI Marie Rose - RISTORCELLI Alexandre - RIZZO Monique - ROMANI Letizia - ROCCA SERRA Jacky - ROCCHI Anna - RODRIGUEZ Dominique - ROESCH Marie Camille - ROGER Marc - ROGGERI Jean-Patrick - ROGLIANO Jean-Claude - ROMANI Gilbert Xavier - ROSATI Christophe - ROSE Hubert - ROUCH Jean François - ROUSSEL Sylvie

SAD Jemaa - SAGRA OUGIER Danielle - SALDUCCI Paul - SALDUCCI Valérie - SALIOU Eric - SAMMARCELLI Davina - SAMMARCELLI Pïerre Dominique - SAMMARCELLI Michèle - SAMPIERI André - SAMPIERI Dominique - SANCHEZ Helene - SANGUINETTI Julia - SANSONNETTI Francis - SANTAMARIA Michele - SANTINI Agnès - SANTINI Jean Pierre - SANTONI Jacky - SANTONI Nenette - SANTUCCI Lucie - SANTUCCI Marie Thérèse - SARRAZIN Muriel - SARROLA Rosy - SAUQUES Marie Thérèse - SAVELLI Hélène - SAVIGNONI Serge - SCALISE Antoine - SCHMITT Elisabeth - SCHMITT BAZZALI Patrick - SCHUCKER Marianne - SEDDAS Antoine - SELVINI Noëlle - SEGHAOUIL Fatima - SHIHOIN Yoruichi - SIGURANI Annie - SILLAM Olivier - SIMEONI Dominique Joseph - SIMONCELLI Josiane - SIMONĖ Enza - SIMONI Flora - SIMONI Frédéric Richard Pierre - SIMONI Jean - SIMONI Maia - SIMONI Michèle - SOLIDAIRE Raian - SOLINAS Michel - SOLIS Angélique - SORBARA Marika - SORIA Sophie - SOULA Anne-Marie SPINOSI VARENNES Pascale - STEFANAGGI Petru - STEFANI Marie-Jo - STEFANI VESPERINI Lucie - STELLA Danielle - STELLA Davia - STELLA Sarah - STIRN Patrick - STITOU Dudu - SULITZER Rika - SUSINI Anne Laure - SUSINI Hugues - SUSINI Marie - SUSINI Santa - SUTTO Michèle

TAMBA BISGAMBIGLIA Medhi - TAMBUTINI Valérie - TERRISSE Gilbert - TESTA Anghjulu - TESTORI Pascal - THIERS Jo - TITRANT Patrick - TOLEDO Francette - TOULON Georges - TOULON Jean - TOMASINI Joëlle - TOMEI Louis - TROJANI Madeleine - TRAMONI Francine - TRINITA Patrice - TROUVE Gaël

VALENTINI Charlène - VANHOVE Monique - VARENNES SPINOSI Pascale - VENTURINI Josiane - VERLEYE Jean-Michel - VERO Véronica - VESPERINI Gaspard - VESPERINI Gerard - VESPERINI Lucie - VEYRES Jeanne - VILAISARN Akkhavanah - VINCENSINI Catherine - VINCENSINI Jean Louis - VINCENSINI Noëlle - VINCENZA Simone -VIN Gè - VINGERT Eric - VINDEOUX Yann - VIVARELLI Ghjuvanni - VOLKMAR Ernst - VOUILLEMONT Alexandra - VUILLAMIER Jean-Marcel - VUILLAMIER Maxime

WACH PLOYARD Marlène - WEBER Ghjuvàn - WEIBLE Sylvie - WENOUK Fj - WISPELAERE Ctahreine - YAHO Lionel

ZAHND Lésia - ZICCHINA Yolande

Gilles Simeoni : la Corse doit, par son vote, dire Non au Front National et à Madame Le Pen

26/04/2017

Déclaration du président de l'Exécutif de Corse, Gilles Simeoni) - 
"Le Conseil exécutif de Corse et l’ensemble de la majorité territoriale ont, avant le premier tour, demandé à tous les candidats à l’élection présidentielle s’ils étaient prêts à tirer les conséquences politiques de la nouvelle donne créée par la victoire des nationalistes aux élections territoriales de décembre 2015, et à ouvrir un dialogue permettant de créer les conditions d’une solution politique globale à la question corse. Aucun de ceux pouvant prétendre accéder à la fonction présidentielle n’a souhaité s’engager en ce sens. Aucun d’entre eux n’a non plus apporté de réponses fortes à des attentes et revendications majeures : statut de résident, coofficialité de la langue corse, traitement de la question des prisonniers politiques, inscription de la Corse dans la Constitution, statut fiscal, développement économique et social, statut d’autonomie. Nous avons pris acte de cette fin de non-recevoir, et avons considéré que nous ne pouvions pas, dans ces conditions, nous engager collectivement en faveur de quelque candidat que ce soit. Je me suis moi-même abstenu au premier tour, eu égard à ce refus d’ouvrir une perspective politique permettant d’engager les relations entre la Corse et l’Etat dans une ère nouvelle. Le résultat issu des urnes au soir du premier tour de scrutin crée une situation politique radicalement nouvelle. M. Emmanuel Macron, que nous n’avons pas soutenu au premier tour, et Madame Marine Le Pen, dont les choix sont aux antipodes des nôtres, sont qualifiés pour le deuxième tour. Surtout, celle-ci a réalisé en Corse un score considérable, arrivant largement en tête de tous les candidats, avec 27,88 % des suffrages exprimés, et l’emportant dans une commune insulaire sur trois, dont les deux plus grandes villes Aiacciu et Bastia. Il convient de respecter l’expression du suffrage universel, sans traiter ce vote par le mépris, mais sans sous-estimer non plus la gravité de ce qu’il représente. Notre première responsabilité est de nous adresser aux électrices et aux électeurs qui, bien que ne partageant pas l’idéologie du Front National, ont voté en sa faveur pour manifester leur malaise, leur colère, ou leur inquiétude, notamment face aux menaces de l’islamisme radical ou à la montée du communautarisme. Il faut nous employer à les convaincre qu’ils ont fait le mauvais choix, et traiter les problèmes politiques, économiques, sociaux, culturels, sociétaux, qui sont le terreau sur lequel prospère l’idéologie de l’extrême-droite. C’est une démarche de fond, qui s’inscrit sur la durée, et que nous avons initiée dans bien des domaines depuis notre accès aux responsabilités en décembre 2015. Reste l’urgence : à la veille du second tour, le Front National et Madame Le Pen sont à l’évidence en situation de l’emporter en Corse. Face à cette situation inédite, deux possibilités s’offrent aux nationalistes corses. Soit s’abstenir ou voter blanc, en considérant par exemple que l’élection présidentielle ne concerne pas directement la Corse, ou encore que M. Macron n’a pris aucune position par rapport à la situation insulaire qui justifie un vote en sa faveur. Je respecte la décision de celles et ceux qui opteront en ce sens : elle a sa part de légitimité et de logique.  Mais ce n’est pas, à mon avis, le choix qu’il convient de faire, eu égard aux enjeux du deuxième tour, particulièrement dans l’île. Nous sommes, depuis décembre 2015, les responsables élus de la Corse. Ces fonctions confèrent bien sûr à nos paroles, et à nos actes, un poids particulier, en Corse, comme à l’extérieur de l’île. Nous ne pouvons pas assister en spectateurs à la possible victoire dans notre île d’une idéologie totalement antagoniste avec nos options fondamentales, comme avec l’ensemble du combat mené depuis un demi-siècle par le peuple corse pour son émancipation. J’estime donc qu’il est de mon devoir de Président du Conseil exécutif de Corse d’appeler les Corses à dire, par leur vote, « Non » à Madame Le Pen. La décision de voter, lors du deuxième tour de scrutin, en faveur d’Emmanuel Macron n’est en aucun cas une caution ou un chèque en blanc à son égard. Elle est le moyen le plus sûr et le plus efficace d’empêcher la victoire du Front National. Elle est également la façon la plus claire d’affirmer que la Corse et la société que nous voulons sont incompatibles avec les choix et les options du Front National, sur le terrain des valeurs comme sur celui du projet. Nous nous engageons pour une Corse émancipée, une société de paix, de solidarité, de tolérance, de partage : le Front National cultive les antagonismes, les peurs, le rejet de l’autre. Nous nous battons pour la libération et l’amnistie des prisonniers politiques : le FN demandait, jusqu’à récemment encore, qu’ils fussent condamnés à mort. Nous aurons, à partir du 1er janvier 2018, une Collectivité de Corse que nous voulons doter de nouvelles compétences et de nouveaux moyens : le FN souhaite la supprimer et revenir aux départements. Nous agissons pour que la Corse rayonne en Méditerranée et participe à une Europe forte et solidaire : le FN projette de la quitter.   Cette incompatibilité totale entre le modèle de société que nous voulons et celui proposé par le Front National doit nous conduire, sans état d’âme ni hésitation, à dire, par notre vote, « Non » au Front National et à Madame Le Pen.

Gilles SIMEONI Président du Conseil exécutif de Corse"

La lettre aux élus corses du collectif « Avà basta »

basta

Je ne peux commencer qu’en vous exprimant la honte que j’ai ressentie à la lecture des résultats du premier tour de l’élection présidentielle 2017. J’ai honte d’avoir comme compatriotes des gens qui ont voté pour le Front National. 43 009 personnes ont voté pour Marine Le Pen la plaçant en tête de l’élection présidentielle en Corse. Avec 27.88%, la Corse est dans le top 3 des régions ayant le plus massivement voté pour Marine Le Pen.
Alors, oui certains vous diront que c’est le laxisme, la forte immigration, le déferlement d’une cinquième colonne de migrants.
Seulement voila, 123 communes corses soit 35% ont fait le choix du FN. Elles sont réparties sur toute l’ile. Or, les habitants de nombre d’entre elles n’ont vu d’immigrés qu’à la télévision.
Et, puis, les chiffres sont sans appel. Des départements comme la Seine-Saint-Denis, autrement connu sous 9-3, à forte immigration, ont mis Marine Le Pen à moins de 10%. Des villes qui ont connu des moments difficiles en raison de camps de migrants comme Grande-Synthe n’ont pas mis le FN en tête.
Et quand des communes comme Coquelle ou Sangatte, qui ont souffert de la jungle de Calais, ont voté Marie Le pen (25.4% et 28.1%), elles le font dans des proportions bien moindres que Bastia (30.77%) ou Ajaccio (30.56%) qui n’ont, pourtant, accueilli aucun migrant !
Certains vous diront que c’est la multiplication des attentats et la peur que cela engendre.
Seulement voila, des communes qui ont été meurtries dans leur chaire par de terribles attentats n’ont pas fait le choix de l’extrême droite.
Paris ? Marine Le Pen n’y dépasse pas les 5%. Nice ? C’est François Fillon qui est en tête. Toulouse ? Le FN ne dépasse pas les 10%
A titre de comparaison une commune comme Lucciana a voté à 40.75% pour le FN. Furiani à 35.86% et Biguglia à 36.53% !!
Certains vous diront que c’est la crainte de voir notre identité se diluer devant l’afflux d’étrangers
Seulement voila, il suffit de regarder les autres régions à forte identité.
Les Basques n’ont pas choisi l’extrême droite. Loin de là. Marine Le Pen stagne à 13.5% à Bayonne et ne dépasse pas les 10% à Biarritz.
Quant à la Bretagne, la candidate du FN fait 15% et se trouve en 4ème position !!
Certains vous diront que ce vote d’extrême droite est le fait de néo-arrivants.
Seulement voila, il s’agit de l’argument le plus farfelu. Tout d’abord, l’histoire de la Corse s’est construite sur des vagues d’immigration. Tout Corse est le néo-arrivant d’un autre Corse.
Ensuite, le maillage des communes ayant voté FN démontre que ce n’est la seule expression d’un vote continental. 43 009 personnes, reparties sur l’ensemble de la Corse, ont fait que 30% des communes de Haute Corse et 43% des communes de Corse du sud ont voté majoritairement pour Marine Le Pen.
On peut raisonnablement douter que des néo-arrivants se soient directement installés à Tralonca, à Manso, à Panelca ou à Cozzano.
La vérité c’est que la Corse sombre, petit à petit, dans la peste brune. Que le vote FN a augmenté de 10% par rapport à 2012 et de 84% par rapport à 2007 !!
Il ne s’agit plus de se chercher des excuses mais de combattre ce mal qui gangrène notre société.
Vous qui êtes élus, vous qui avez choisi de devenir élus, vous êtes garants de valeurs humanistes, d’un vivre ensemble. Vous qui êtes élus insulaires, vous représentez les valeurs d’une Corse ouverte et hospitalière par culture.
Le vote FN n’est pas un fond de commerce à exploiter. Il ne s’agit plus d’éviter les « sujets qui fâchent » ou de détourner les oreilles devant des propos xénophobes, racistes ou homophobes.
Que vous soyez élus de gauche, de droite ou nationalistes, la victoire électorale ne peut plus se concevoir sur le rejet de l’autre quel que soit son origine.
Si le slogan nationaliste « I Francesi Fora », inspiré de « us go home », se voulait, dans les années 70, une provocation politique à l’égard de l’Etat français, il n’est plus, aujourd’hui, que la simple expression d’une haine à l’égard d’un peuple.
Or, une lutte politique avec un Etat n’implique pas la haine à l’égard de son peuple !
Puis, se sont mis à fleurir les « Arabi Fora ». Et, maintenant, Marine Le Pen caracole en tête.
Certains mettent en avant leur « corsisme » pour exprimer leur rejet de la différence, leur dégoût de l’ailleurs et leur haine des autres.
J’ai conscience que pour vous, élus, mettre les pieds dans le plat, refuser certains propos et exprimer votre refus de l’intolérance peut vous faire perdre votre mandat. Le consensus est souvent électoralement plus efficace. Mais quel consensus peut-il y avoir avec les idées du FHaine ?
Il est suicidaire de laisser notre ile se tourner vers un parti fondé par d’anciens collaborationnistes pétainistes.
On ne peut pas admettre que la Corse tourne, à ce point, le dos à ses propres héros que furent des résistants comme Jean Nicoli ou Fred Scamaroni (pour ne citer qu’eux)
Un Jean Nicoli qui à la veille de son exécution écrivit à ses enfants : «
Tout à l'heure je partirai. Si vous saviez comme je suis calme, presque heureux de mourir pour la Corse et pour le parti. Ne pleurez-pas, souriez-moi. Soyez fier de votre papa »
Un Fred Scamaroni, qui confia à un codétenu, peu avant de se suicider pour ne pas parler sous la torture : « Tu diras à ma mère, à mes sœurs, que ce n'est pas très dur de mourir et que je meurs content »
Alors qu’est ce que prendre le risque de perdre un mandat pour avoir dit « Basta Fora », pour avoir lutté contre le national socialisme que prône Marine Le Pen, quand d’autres, dans le passé, ont fait don de leur vie pour combattre l’horreur qu’avait engendrée ce national socialisme ?
Il est grand temps de se dire que nous avons suffisamment laissé se vulgariser la haine y compris au sein de notre jeunesse.
Jean Jacques Rousseau a écrit « J'ai quelque pressentiment qu'un jour cette petite île [la Corse] étonnera l'Europe »
Il tient en grande partie à vous, élus de Corse, de faire de Jean Jacques Rousseau un visionnaire ou une simple Mme Irma de pacotille.
Le second tour de l’élection présidentielle nous le dira !

Frédéric Poletti

La LDH Corse et une cinquantaine de personnes affichent leur soutien à André Paccou et à sa famille

par Nicole Mari - 9 avril 2017

Le 11 avril à 14 heures, cinq prévenus comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Bastia, pour « incitation à la haine raciale et injure publique » à l’encontre d’André Paccou, porte-parole de la Ligue corse des droits de l'homme (LDH section Corse), et de sa famille. La LDH dénonce une « campagne de haine de deux ans », suite à l'affaire de l'école de Prunelli-di-Fiumorbu en juin 2015. Avant cette audience, deux fois renvoyée à la demande de la défense, une cinquantaine de personnes, réunies autour de la Ligue, ont, dimanche matin, place Saint-Nicolas à Bastia, affiché leur solidarité avec André Paccou et sa famille. Une lettre de soutien, signée par plusieurs centaines de personnalités, de représentants d’organisations culturelles et syndicales, et de citoyens, a été rendue publique, ainsi que plusieurs communiqués.

ldh
La LDH section corse et une cinquantaine de personnalités en soutien à André Pacou et sa famille.

C’est à Bastia, deux jours avant la tenue du procès, que les représentants de la LDH Corsica ont tenu à faire état de la solidarité qui s'organise autour de leur porte-parole, André Paccou, et de sa famille. En l’absence de ces derniers, ils ont réuni, place Saint Nicolas, près d’une cinquantaine de personnalités du monde culturel, syndical et associatif, des artistes et de simples citoyens. Etaient présents, autour du bureau de la LDH, notamment, Jean-Claude Acquaviva, Patrizia Poli, Patrizia Gattaceca, Dominique Bianconi d’U Svegliu Calvese, François Berlinghi du Tavagna Club, l’écrivain Michèle Acquaviva-Pache, des représentants des syndicats STC, CGT et CFDT, du Parti communiste et d’A Manca naziunale, de RESF (Réseau éducation sans frontières), de la communauté israélite, le président du Secours populaire… Après avoir remercié tous ceux qui ont exprimé, d’une manière ou d’une autre, leur solidarité, Elsa Renaut, présidente de la LDH Corsica, a dévoilé une lettre de soutien à André Paccou, qui s’intitule : « La violence des mots ne peut faire société » et les noms des quelques 500 signataires. Elle a rappelé le communiqué de la majorité territoriale datant de décembre dernier et signé par les présidents de l'Exécutif territorial, de l'Assemblée de Corse, des groupes Femu a Corsica et Corsica Libera. Egalement, une tribune datant de juillet 2015, et intitulé « Aux côtés d’un homme d’honneur ».
 
Une réponse humaniste
La LDH a, également, rendu publique la liste des soutiens très divers qui vont de l’évêque en passant par l’ancien recteur, jusqu’au sénateur Panunzi. « Notre but est de montrer que les soutiens se sont manifestés dès l’origine. Ces soutiens personnels sont une réponse humaniste à la campagne de haine, de menace et d’injure qui vise, depuis deux ans, André Pacou, et touche, aussi, sa famille. Une campagne diffusée sur les réseaux sociaux et sous forme de bombages et de tracts jusqu’à ces jours-ci à Ajaccio et sur la place Saint Nicolas aujourd’hui. La montée en puissance de cette haine a fait réagir de nombreuses personnes qui considèrent que c’est insupportable pour André et inacceptable pour la société corse. Ces personnes ont désiré exprimer une indignation qui a pris la forme d’une lettre de soutien et d’un appel à signature. Pour André, la confrontation doit avoir lieu devant la justice. Il ne s’agit pas, pour nous, de faire le procès avant le procès ! Il s’agit simplement de dire qu’on ne peut pas accepter une société de haine, une société où l’on s’insulte et où l’on se menace », explique Elsa Renaut.
 
Un appel au rassemblement
Un sentiment partagé par Jean-Claude Acquaviva : « On ne peut pas envisager de faire société, de penser un avenir quelconque si on agit dans la haine, dans l’injure… Il va y avoir un procès de gens qui ont animé cette campagne haineuse. Ce qui est important, ici, c’est de dire qu’il faut que ça s’arrête ». Patrizia Poli a rappelé que « l’art doit véhiculer un message d’amour et non de haine ». Vincent Andreuzzi a évoqué le combat d’André Paccou en faveur des prisonniers politiques. Tous les participants ont lancé un appel unitaire à un rassemblement de soutien devant le Palais de justice, mardi à 14 heures.
 
N.M.

Liste des signataires sur le blog de LDH : http://ldhcorsica.blogspot.fr

paccou

Soutien à André Paccou

LA VIOLENCE DES MOTS NE PEUT FAIRE SOCIETE

Soutien à André Paccou – 11 avril Bastia

La liberté d’expression ce n’est pas la liberté d’injurier et de menacer.

La malfaisance des mots porte en germe la violence.

Notre capacité à faire société repose sur notre capacité à donner sens à la fraternité en reliant les valeurs de justice, de tolérance et de respect de l’autre.

La société dans laquelle nous nous reconnaissons refuse que soient attisées les différences au profit d’une identité dévoyée.

Nous voulons que nos enfants vivent dans une Corse réconciliée avec elle-même.

Pour ces raisons, nous sommes solidaires d’André Paccou.

Victime d’une campagne haineuse depuis près de deux ans, ce sont des centaines d’injures et de menaces qui le visent.

Nous l’assurons de notre soutien dans son combat pour défendre les valeurs humanistes alors que comparaîtront, le 11 avril à 14h devant le tribunal de Bastia, certains responsables de cette campagne indigne. 

Ce texte signé sera rendu public lors d'une conférence de presse dimanche 9 avril 2017 à 10h30 Place Saint Nicolas à Bastia (rdv au bas du kiosque) en présence d'organisations ou de personnes signataires.

 

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Tiens, revoilà Macron !

Mars 2017

pdc

inc

Février 2017

Spéculation immobilière à Santa Reparata di Balagna : L'appel de Corsica Libera entendu

Rédigé par (Jean-Paul-Lottier) le Dimanche 26 Février 2017

Ils étaient plus de 400 à s'être rendus ce dimanche dans la vallée de Palazzi à Santa Reparata di Balagna pour répondre à l'appel de Corsica Libera et s'opposer à une pression spéculative foncière continue.

Ce lundi 27 février, les propriétaires d'I Palazzi, commune de Santa Reparata di Balagna organisent une visite d'un terrain pastoral dans le but d'une mise aux enchères dont le prix de départ est fixé à 650 000€.
Dans une conférence de presse le 18 février dernier, le groupe nationaliste Corsica Libera invitait la population à se rassembler ce dimanche sur ce site pour s'opposer à cette pression foncière continue.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que cet appel a été largement entendu puisque en effet plus de 400 personnes étaient présentes in situ en cette journée dominicale.
Cette journée ensoleillée s'est transformée en une grande kermesse à laquelle la grande famille nationaliste et la population a participé.
Tout avait été prévu pour que ce rassemblement se déroule dans la joie et la bonne humeur, sans pour autant oublier l'objectif de ce celui-ci.

Vers 10h30, les responsables de la section Balagne de Corsica libera organisaient une visite du terrain concerné tout en rappelant que " le Domaine agricole d'I Palazzi a été vendu en 1962 à un ressortissant belge. A cette époque, la SAFER n'existe pas, ce qui ne permet pas au berger occupant de racheter cette terre.
Très vite, le nouvel acquéreur comprend l'intérêt spéculatif du terrain : en une quinzaine d'années, il ne vendra pas moins de... 35 parcelles !
Cette dérive sera finalement stoppée de manière radicale par une action du FLNC".

A l'heure du déjeuner, tous se retrouvaient pour une merendella géante avec notamment un veau à la broche apprécié de tous.
Cette journée de mobilisation se poursuivait avec une réunion-débat champêtre animée par les dirigeants de Corsica Libera et au cours de laquelle il a bien évidemment été question de spéculation immobilière et foncière en Corse mais aussi du statut de résident corse.

Un sanctuaire dédié au dieu Mithra exhumé en Corse

ARCHÉOLOGIE - L'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) a annoncé, vendredi 24 février, avoir mis au jour un mithræum sur le site de Mariana, à Lucciana. C'est le premier lieu de culte de ce type à être découvert sur l'île de Beauté.

Mariana, une colonie romaine fondée en Corse vers l'an 100 avant notre ère, connut son apogée vers le IIIe ou le IVe siècle, son port contribuant activement aux échanges en Méditerranée. Près de deux mille ans plus tard, une fouille archéologique dirigée par l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) a mis au jour un quartier périphérique de cette cité antique à Lucciana, au nord-est de l'Ile de Beauté.

Il s'agit en particulier d'un mithræum: un sanctuaire dédié au dieu gallo-romain (originellement indo-iranien) Mithra. C'est la première fois en Corse qu'un mithræum est identifié. Ce sanctuaire se compose de plusieurs espaces caractéristiques des mithræa dont une salle de culte et son antichambre. La salle d'assemblée rectangulaire est constituée d'un couloir central surcreusé, bordé de deux longues banquettes limitées par un muret enduit à la chaux.

Mithra, dieu au bonnet phrygien

En vis-à-vis, deux niches voûtées en briques sont aménagées dans l'épaisseur des banquettes. L'une d'elles contenait encore trois lampes à huiles intactes, selon le communiqué. À l'extrémité du couloir devait se dresser le bas-relief de marbre représentant Mithra, coiffé de son bonnet phrygien et sacrifiant un taureau. Trois fragments de ce bas-relief brisé ont été retrouvés par les archéologues.

Lampes retrouvées dans le sanctuaire sur le site de Mariana.

D'autres éléments en marbre ont été exhumés, dont une tête de femme. Deux clochettes en bronze, de nombreuses lampes brisées et des pots à pâte fine pourraient relever d'un mobilier liturgique. Une plaque de bronze et une autre de plomb portent des inscriptions qui restent à déchiffrer.

Peu de choses sont connues sur le mithraïsme, un culte monothéiste concurrent du christianisme. En l'absence de documentation écrite explicite, la connaissance repose principalement sur l'étude de ses sanctuaires et des représentations peintes ou sculptées qu'ils renferment.

Un culte initiatique diffusé au Ier siècle

D'origine indo-iranienne, ce culte a probablement été introduit dans l'empire par les militaires romains et les marchands orientaux. Ce culte initiatique, réservé aux hommes, s'est diffusé au premier siècle, en concernant d'abord des élites, puis toutes les couches de la société.

Bas-relief représentant Mithra, coiffé du bonnet phrygien, sacrifiant le taureau. Marbre du II-IIIe siècle, Louvre, Paris.

Une centaine de mithræa sont connus dans l'ensemble de l'empire, notamment à Rome et Ostie, mais aussi en France à Bordeaux, Strasbourg, Biesheim et Septeuil. Alors concurrent du christianisme, le mithraïsme est fortement combattu puis interdit par l'empereur Théodose en 392. Le sanctuaire de Mariana porte d'ailleurs des traces de destruction dès l'Antiquité. Les causes exactes de cette destruction restent inconnues, mais un vaste complexe paléochrétien avec basilique et baptistère a été édifié vers 400 à Mariana, constituant les premières traces du christianisme en Corse.

Aujourd'hui, un important programme de valorisation de la cité romaine de Mariana est engagé par la commune de Lucciana. Il comprend notamment la construction d'un musée de site et l'aménagement d'un parc archéologique de plusieurs hectares.

Fouilles exhumant le couloir de la salle d'assemblée du sanctuaire.

inc

JANVIER 2017

pdc

Paul Giacobbi condamné à trois ans de prison ferme

Paul Giacobbi, en 2015.

L'élu a été reconnu coupable de détournement de fonds publics. Près de 500.000 euros avaient été distribués dans des fausses subventions pour la construction de gîtes ruraux.

La sanction est rare. Le député de Haute-Corse, Paul Giacobbi, a été condamné mercredi à trois ans de prison ferme, cinq ans d'inéligibilité et 100.000 euros d'amende. Alors que l'élu divers gauche présidait le conseil général de Haute-Corse, entre 2007 et 2010, 480.000 euros de subventions douteuses ont été distribuées par le département, bénéficiant à des proches du député.

L'affaire avait éclaté en 2011. La cellule anti-blanchiment du ministère de l'Économie et des Finances, Tracfin, enquête alors sur l'assassinat de Dominique Domarchi, un proche de Paul Giacobbi. Elle s'aperçoit que le fils de la victime reçoit des fonds suspects sur son compte, notamment de la part d'un organisme chargé d'un programme d'aide à la création de gîtes ruraux.

L'argent des gîtes détourné

Sauf qu'une partie de cet argent n'est pas utilisé comme il le devrait. Il sert en réalité pour des travaux sur des bâtiments privés qui n'ont rien de gîtes ruraux. Les enquêteurs s'aperçoivent que les bénéficiaires des aides font partie d'un cercle d'élus et de connaissances gravitant autour de Paul Giaccobi. La subvention, d'un montant maximum de 15.000 euros par gîte, a été versée exclusivement sur la circonscription électorale de la Haute-Corse où était élu Paul Giacobbi, tandis qu'aucune aide n'était attribuée sur la première circonscription pourtant bien pourvue en zones rurales. Ce qui a fait dire au procureur lors de l'audience que Paul Giaccobi a «été le grand ordonnateur d'un système dont il a été le premier bénéficiaire à des fins politiques».

Au total, 24 personnes avaient été mises en examen dans le cadre de l'instruction. Outre Paul Giaccobi, l'ex-directeur général des services du département, Thierry Gamba-Martini, a été condamné à 2 ans de prison ferme. Le conseiller départemental Paul-Marie Mancini a écopé de trois ans de prison, dont deux avec sursis, et cinq ans d'inéligibilité. Un autre conseiller, Jacques Costa, a été relaxé. Les vingt autres personnes mises en cause, fonctionnaires départementaux et bénéficiaires des fonds détournés, ont été condamnées à des peines allant de quatre mois à trois ans d'emprisonnement avec sursis et à des amendes de 800 à 10.000 euros.

«C'est un assassinat politique. J'entends faire appel tout de suite», a réagi Me Jean-Louis Seatelli, avocat de Paul Giacobbi. Le député, qui était absent lors du délibéré, a toujours nié avoir eu une quelconque responsabilité dans cette affaire.

Publié le 25/01/2017 par lefigaro.fr

Le projet de Centre Culturel Calvi-Balagne ajourné !

24 janvier 2017, Corse Net Infos (Jean-Paul-Lottier)

François Marchetti, président de la Communauté de Communes Calvi-Balagne a annoncé lors de la réunion de la CCCB ce soir à l'Hôtel de Ville de Calvi que le projet du Centre Culturel Calvi-Balagne était ajourné mais pas pour autant abandonné.

Le projet de Centre Culturel Calvi-Balagne ajourné !

Les délégués communautaires se sont réunis pour la première fois de l'année ce mardi 24 janvier à 18 heures, en l'Hôtel de ville de Calvi. Une réunion marathon conduite au pas de charge  par François Marchetti, président de la Communauté de Communes Calvi-Balagne.

Après avoir fait la genèse de ce projet qui remonte à 2009 et dont on retiendra qu'il avait fait l'objet d'une nouvelle mouture, après un premier appel d'offres infructueux, François Marchetti expliquait que ce projet tel qu'il était  comportait beaucoup trop d'incertitudes.
Et d'ajouter: " Je tiens à saluer ici le courage politique des élus, notamment les élus de la commission d'appel d'offres qui au vu des incohérences de ce dossiers ont pris cette décision qui est celle de la sagesse. Il n'était pas question pour nous de mettre en péril notre institution. Aussi, ce projet en l'état a été abandonné définitivement, mais il n'en demeure pas moins que ce besoin de centre culturel persiste. Aussi, nous avons acté notre volonté de relancer un nouveau projet au plus près des préoccupations et pratiques locales".

Ange Santini, maire de Calvi a tenu lui aussi a rassurer la population de la communauté de communes.
"Pas question d'abandonner ce projet mais il est clair que le dossier présenté a été minoré et mal évalué pour qu'il soit accepté. Je salue à mon tour les membres de la commission d'appel d'offres qui ont pris la décision qui s'imposait. Nous allons nous remettre au travail en voyant nos ambitions à la baisse et en trouvant des solutions plus adaptées à nos besoins".

Autrement dit, 8 ans  après le lancement du projet, on se rend compte qu'il n'est pas viable, et on recommence tout !

DÉCEMBRE 2016

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Assassinat du préfet Erignac : Yvan Colonna a-t-il eu droit à un procès équitable ?

La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) dira jeudi si la justice française a traité équitablement Yvan Colonna, condamné à la perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac, ses avocats espérant ouvrir la voie à un nouveau procès.

France 3 Corse ViaStella avec AFP - Publié le 06/12/2016

Croquis d'Yvan Colonna lors de son procès © DR
© DR Croquis d'Yvan Colonna lors de son procès

Cette requête devant la CEDH constitue l'ultime recours pour le berger de Cargèse, après le rejet de son pourvoi en cassation en juillet 2012, deux ans après l'annulation pour vice de forme d'une condamnation pour les mêmes faits.

Yvan Colonna, 56 ans, espère faire reconnaître par les juges de la CEDH, chargés de veiller au respect de la Convention européenne des droits de l'Homme, que la procédure qui a conduit à sa condamnation en 2011 n'était pas conforme à la définition d'un procès équitable, en raison notamment d'atteintes répétées à sa présomption d'innocence de la part de responsables politiques.

Au terme d'un feuilleton policier et judiciaire marqué par une cavale de quatre ans dans le maquis corse, Yvan Colonna avait été condamné en juin 2011 à la perpétuité pour l'assassinat de Claude Erignac, le 6 février 1998 à Ajaccio, et pour l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella (Corse-du-Sud), où l'arme du crime avait été dérobée.

La cour d'assises spéciale de Paris avait souligné qu'il avait été mis en cause par plusieurs des six membres du commando condamnés en 2003 et par leurs épouses, lors de gardes à vue et durant l'instruction de l'affaire.

Devant la CEDH, son avocat pointe aujourd'hui l'utilisation de procès-verbaux de gardes à vue établis alors que les membres du commando n'étaient pas assistés d'avocats, le versement aux débats d'une lettre de menaces, en langue corse, qu'Yvan Colonna aurait envoyée à un membre du commando pour qu'il le disculpe, dont "on n'a jamais su si c'était un acte authentique ou un faux", et des propos de responsables politiques qui auraient porté atteinte au droit de l'accusé à la présomption d'innocence.

Parmi les propos mis en cause figurent ceux de deux anciens ministres de l'Intérieur, Jean-Pierre Chevènement et Nicolas Sarkozy, et d'une Garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie. Après l'arrestation d'Yvan Colonna, en 2003, Nicolas Sarkozy avait déclaré: "La police vient d'arrêter Yvan Colonna, l'assassin du préfet Erignac".

ARCHIVES - Yvan Colonna, condamné à perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac, le 6 février 1998 à Ajaccio © DR
© DR ARCHIVES - Yvan Colonna, condamné à perpétuité
pour l'assassinat du préfet Erignac, le 6 février 1998 à Ajaccio

La police vient d'arrêter Yvan Colonna, l'assassin du préfet Erignac

Lors du procès en 2011, les avocats d'Yvan Colonna avaient dénoncé un dossier "irréversiblement pollué" par ces déclarations.

La chambre criminelle de la Cour de cassation avait toutefois estimé que ces propos, tenus par des personnes extérieures à la procédure, n'étaient "pas de nature à entacher celle-ci d'une quelconque irrégularité".

"La jurisprudence de la CEDH est assez claire à cet égard: face à des déclarations faites par des hommes politiques et qui constituent bien une atteinte à la présomption d'innocence, il y a une jurisprudence bien ancrée", avance aujourd'hui Me Spinosi.

L'avocat dénonce également devant la CEDH la "rupture d'égalité" qu'aurait représentée pour son client le fait d'être jugé par une cour d'assises spéciale, où la culpabilité est acquise à la majorité simple, non à la majorité qualifiée.

proces
© BENOIT PEYRUCQ / AFP 15/06/2011 - Le procès d'Yvan Colonna, assassin présumé
du préfet Claude Erignac, devant la cour d'assises spéciale de Paris

Tout en reconnaissant que "le fait qu'une autorité publique présente un accusé comme coupable dès avant son jugement est un événement tout à fait regrettable", le gouvernement français a argué devant la CEDH que "ce seul fait ne suffit pas à douter de l'impartialité des juges qui sont intervenus dans la procédure", soulignant l'indépendance des magistrats du siège.

Même en cas de condamnation de la France par la CEDH, la tenue d'un nouveau procès Colonna resterait incertaine. Les autorités françaises auraient trois mois pour faire appel de cet arrêt devant la Grande chambre de la CEDH, dont les décisions sont définitives. 

"Une fois que la décision sera définitive, nous pourrons saisir la commission de réexamen, qui décidera s'il y a lieu ou pas d'organiser un nouveau procès", explique Me Spinosi.

La Corse se classe dans le top 20 des meilleures universités de France

Par Noël KRUSLIN - 05 décembre 2016

La dernière note "Parcours réussite" du ministère de l'enseignement supérieur positionne plutôt favorablement l'Université de Corse, sans masquer pour autant le problème nº1 : un taux de réussite en licence trop faible partout en France.

À première vue, il n'y a pas de quoi faire la fine bouche. Figurant à la 17e place sur un total de 75 universités françaises, le campus cortenais n'est pas à la traîne. C'est ce que révèle la dernière note "Parcours réussite aux diplômes universitaires". Un document publié par le ministère sur la base d'un taux de réussite en licence sur 3 ans, à savoir sans redoublement. Sans être négligeable, l'information mérite toutefois d'être relativisée.

"Ce qui est incontestable, c'est que nous figurons quand même dans le haut du panier, souligne Guillaume Kessler, vice-président délégué à la formation et à la vie universitaire. Nos efforts consentis dans le cadre du plan "Réussite en licence", ont visiblement porté leurs fruits. Les chiffres de la filière droit le démontrent notamment. Ceci dit, n'oublions pas que les universités françaises ne vivent pas toutes le même contexte. Elles n'ont pas les mêmes effectifs, n'ont pas toutes autant de filières sélectives et les écarts sont plutôt faibles au regard de ce classement".

Les cadres de l'université gardent la tête froide. L'analyse de Dominique Federici le confirme. "C'est plutôt un bon classement, confie le vice-président du conseil d'administration. Quelque part, il récompense nos efforts et les moyens que nous avons mis au service de la réussite, mais personnellement, je ne veux retenir qu'un chiffre : notre taux de réussite, nous devons impérativement l'améliorer". Plus que le positionnement des universités, les chiffres qui révèlent ces taux de réussite éclairent le principal enseignement à tirer de ce classement. La licence constitue encore et toujours l'écueil majeur.


[...] lire l'intégralité de cet article dans Corse-Matin du 5 décembre

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