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Puesia : La poésie corse

Dernière mise à jour de la page : 04/01/2017

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Poésie et chant sont intimement liés en Corse, terre de tradition orale. Depuis les années du riacquistu, les échanges ont été incessants.
Ecrire pour le chant est également pour les poètes contemporains un moyen privilégié d’être entendu. Des auteurs comme Ghjacumu Fusina, Ghjacumu Thiers, Ghjuvan Teramu Rocchi et bien d'autres, ont écrit pour des groupes ou des chanteurs. Sans parler de ceux qui, comme Patrizia Gattaceca ou Jean-Claude Acquaviva sont à la fois d'authentiques poètes et des chanteurs de renom international. 

Auparavant, des poètes s’étaient quelque peu affranchis du chant, et certains ont publié une œuvre littéraire très aboutie.
Clin d’œil de l’histoire, ces textes ont été retrouvés et chantés par de nombreux groupes ou chanteurs, comme Antoine Ciosi ou A Filetta, qui rend hommage à Anton Francescu Filippini en reprenant Cose Viste, Memorie ou Visioni care. La production poétique d'aujourd'hui manifeste souvent chez des poètes connus comme paroliers, le souci de s'affranchir quelque peu de cette longue complicité avec le chant.

Petite sélection de poètes corses contemporains :

fougere

La présentation de l'éditeur


«Pourquoi écrire de la poésie en corse et pas en français ?
Peut-être s'agit-il d'une sorte de besoin charnel, le besoin de respirer le parfum de la pierre chaude, celui de la délicieuse pâte qui envoie ses bouffées odorantes, besoin aussi de se souvenir de l'affection des mères et des grands-mères.
Poiesis : faire, et faire en corse, ne serait-ce pas finalement faire en être humain ; faire en homme ?»

Pasquale Ottavi

La présentation de l'auteur :


Qui connaît et lit cette littérature corse qui depuis plus d'une centaine d'années tente de faire entendre sa voix au milieu d'un océan de publications françaises ?
Les dernières années disent avec force son essor. Grâce à nos polyphonies, chacun connaît la richesse de notre tradition orale à côté de créations contemporaines qui chantent notre île et nos valeurs. Nous avons aussi quelques poètes remarquables dont la voix méritait d'être traduite et entendue au-delà de nos frontières.
Il se trouve que, dans un espace restreint, le Corse est simultanément agrippé par deux infinis : l'espace, à travers la mer qui tourne ses regards vers l'horizon ou la montagne dont les cimes se détachent dans un ciel pur, et le temps qui rattache l'individu à une histoire d'où le mythe n'a pas encore été tout à fait chassé.
Conjonction somme toute bien Méditerranéenne, dont chacun des onze auteurs fait entendre une modalité, grâce à PHI (Luxembourg) : Ghjacumu Biancarelli, Marcu Biancarelli, Rinatu Coti, Ghjacumu Fusina, Patrizia Gattaceca, Dumenicantone Geronimi, Alanu di Meglio, Pasquale Ottavi, Lucia Santucci, Ghjacumu Thiers.

Francescu-Micheli Durazzo

Actualité

Décembre 2016

stuart

piazzoli

Mai 2016

L’Institut Français d’Alger a invité les poètes Danièle Maoudj et Norbert Paganelli, le chanteur Dominique
« Dumé » Ottavi, et les éditions Colonna. Le Printemps des poètes 2016 est centré autour des expressions insulaires et contemporaines, notamment la célébration de la culture Corse, traduite et exprimée par un trio Corse, d’un côté, auxquels répondra l’œuvre du grand poète algérien épris de liberté, Malek Alloula.

Mars 2016

natalevalli

Août 2015

regards

Juillet 2015

appuntamentu Avril 2015

biancarelli

Mars 2015

femina

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Février 2015

nouv

terrazzoni

Janvier 2015

 

rencontres_pv

Décembre 2014

nouv

« Da l'altra parti »

altra

"Hedera" de Jean Valery : 400 exemplaires vendus en quelques heures à Bastia

14 Décembre 2014

La librairie "Les 2 Mondes" s'est avérée trop exigüe samedi après-midi pour accueillir la foule de tous ceux qui étaient venues rue Napoléon, à Bastia, pour acquérir le recueil de poésies de Jean Valery, "Hedera"*

Médecin-radiologue à Bastia et poète depuis toujours Jean Valery a mis du temps avant de se décider à transcrire noir sur blanc tout ce qu'il a concentré dans Hedera - le nom latin du lierre - et que son ami éditeur, Henri Medori, a convaincu de publier. A bon escient on peut l'écrire aujourd'hui.

Jean Valery est né sur les bords de la Méditerranée, le 12 novembre 1952. Son enfance court l’été dans la vallée de Sisco et dans la vallée de Brando dans le cap Corse… puis la Nouvelle-Calédonie, l’Afrique, où son père exerce le métier de médecin. Ainsi, très tôt, le petit Jean est imprégné d’une multitude d’images et de sonorités du Monde.

L’âme du poète se révèle…
Il se décide enfin à publier Hedera (qui signifie le lierre en latin), son premier recueil de poèmes.
Après ses études à Paris, il regagne Bastia où il est installé comme radiologue depuis plus de trente ans. Faiseur d’images, comme il aime le dire en contemplant la mer depuis ce chemin où la mémoire transpire entre le lierre et les pierres.

Ses textes, au sein desquels la Corse est perpétuellement présente, ont, à l'évidence, fait recette samedi soir. En l'espace de quelques heures il a vendu 400 exemplaires de Hedera, du jamais vu à Bastia, du moins à la "librairie des 2 Mondes", selon son éditeur. A titre d'exemple Marcu Biancarelli aurait réalisé au même endroit 200 dédicaces et Jérôme Ferrari 130…
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Hedera, Jean Valery. Aedis éditions, 120 pages, 8€

hedera

Mai 2014

escale

Février 2014

ghisonaccia

Novembre 2012

oletta

Octobre 2012

sarte

Mars 2012

viastella

 

pvaa

Février 2012

ceccarelli

stelucie

Décembre 2012

La mise en scène des mots pour une escale poétique

puesia

Source : Corse Matin du 4 décembre 2012

Septembre 2012

patrizia

Août 2012

barbutu

Juillet 2012

lozzi

arbori

Juin 2012

sanb

pampasgiolu

(Corse Matin du vendredi 8 juin 2012)

Avril 2012


norbert

Dans le cadre du Printemps des poètes 2012, une rencontre poétique est prévue à Bonifacio à l'espace Saint Jacques samedi 7 avril à partir de 17 h.

Alain di Meglio, Jean François Agostini et Norbert Paganelli accueilleront Tal NITZAN, poète israélienne militante pour la paix et Stefanu CESARI, poète insulaire.

Cette manifestation est le résultat d'un partenariat entre le CCU, la Mairie de Bonifacio et l'association Entrelignes.

Février 2012

poesie

valli

Poésie au Théâtre de verdure

14/08/2011

verdure

 

 

printemps

puesia

printemps

pg

levie

Novembre 2010

I morti

Stasera u mondu veste u so velu di seta
A nebbia ingutuppa e tombe di bambace
Sottu à issu dolce pesu ogni sonu si cheta
È à mezu à i morti ancu u core si tace

In issu bughju grisgiore una fiara vacilla
Culurisce di rossu quella fumaccia pagna
È un vechju ritrattu e so lacrime stilla
Mentre chì a natura vuciareghja è si lagna

In isse stonde di vita intricciata di morte
Sorgenu in a me mente tante maghjine forte
D'ogni nome cunnoscu a furtuna o i guai

È benchì u me dolu mi brusgi sempre in core
Ogni petra mi parla è mi dice l'amore
È i morti mi sò più vicinu chè mai

Marilena Verheus (detta A Pumataghja)


mambrini

mots

Une micro-vidéo créée pour la soirée poétique « Des mots en hiver » présentée le 23 janvier 2010 au Centre Culturel de Sartène. Une manifestation organisée par l'association Entrelignes, animée par Jean-François Agostini, en présence de Marcel Migozzi, Norbert Paganelli, Jacques Fusina, Danièle Maoudj, Alain Di Meglio et Stefanu Cesari. Une rencontre avec les poètes et leur poésie, avec la participation de Roland Ferrandi qui a révélé, en avant première, quelques unes des chansons de Musaïca, son nouvel album attendu dans les bacs.
 
 
 
http://www.dailymotion.com/video/xc09aw_vultulonu-jacques-fusina_creation

Auteurs et oeuvres

Ghjacumu Fusina

Corsica Neru è biancu (Ed. Sanmarcelli)

Recueil poétique trilingue corse/français/allemand
Textes de Ghjacumu Fusina
Traductions de Gerda-Marie Kühn
Illustrations de Harald Zeiher


Parution : mars 2012

neru

Norbert PAGANELLI (1954)

norbert

Originaire de Sartène, Norbert Paganelli a publié son premeir recueil "Soleil entropique" en 1973, puis édite en 1977 une première plaquette en langue corse : &A strada, a Vulpi è u Banditu& (dont le poème éponyme a été repris par le groupe Canta u Populu Corsu dans son disque Festa Zitellina), puis &Sept chants pour l'amnistie& en 1979 et &A Petra Ferta& en 1981 et enfin &A Fiara&.

Il publie en 2007 Invistita (Errance), Poèmes en langue corse, regroupant ses textes publiés dans différents ouvrages.

Invistita est un recueil en quatre parties qui se présente tout à la fois comme une somme et le signe avant coureur d’un nouveau départ. Dans cette langue rude et belle de l’Alta Rocca, un poète du temps présent nous fait partager une perception du monde. L'esthétique n’y est pas absente, l’intransigeance non plus.

Il publie ensuite Canta à i sarri aux éditions Fior di Carta. 

errance
canta

afiara
petra

Intestazione

Progetto “Conti e Puisia”

Anno 2008
14° Edizione del Concorso di Poesia “Lungòni ”

Si comunicano i nominativi dei vincitori del Concorso di Poesia “Lungòni”, premiati nel corso della cerimonia di premiazione, tenutasi il 13 dicembre 2008 nel Centro Taphros di Santa Teresa Gallura.

sta teresa

Per le opere composte in lingua gallurese  i riconoscimenti sono stati assegnati come segue:

1° premio:                 Andrea QUILIQUINI  “LU CHJLCHJU DI TANDU”
2° premio ex aequo:   Antonello BAZZU  “MIDICINA DUI”   
2° premio ex aequo:   Anna Maria Raga  “NOTTI D’AGLIOLA”
3° premio:                 Antonio CONTI  “U FARZU EQUILIBRISTA”
4° premio:                 Gianfranco Garrucciu “SOLU CHICI”

Per le opere composte in lingua corsa i riconoscimenti sono stati assegnati come segue:

1° premio: Norbert PAGANELLI                            “ANIMA CUMUNA”
2° premio: Jean AMBROGI                                        “RAMINTASSI, RITRUVASSI”
3° premio: Maria di Fatima OTTOMANI BARBARESCHI   “A CHI CUMANDA”
4° premio: Ghjuvandumenicu TAFANI                         “U FOCU LLU CORI”

Per le opere composte in lingua corsa sezione giovani si premiano 3 ragazzi della Scuola di Santa Lucia di Portovecchio:
Antoine PIETRI, Felicia BORSELLI e Mathieu DETTORI      “A TE CHI PASSI”

Il premio speciale “Jean Baptiste Stromboni”, è assegnato a:

Lucia SANTUCCI   “SITTEMBRINU”

Visite à Invistita

Norbert a créé son site, c'est ici : http://invistita.fr/




logo
norbert

Echange de bons procédés avec Norbert Paganelli, u webmaestru di Invistita :

Après l'entretien sur l'Invitu publié dans « Invistita», c'est au tour de l'Invitu d'interroger Norbert, qui vient de se voir décerner le prix «  Lungoni » aux 14es Rencontres poétiques de Santa Teresa di Gallura pour son poème « Anima cumuna ».

Derrière l’austérité granitique du site, qui évoque la langue rude de ce Sud insulaire qu’il chérit par-dessus tout, derrière la puissance des textes de Norbert, se cache une grande sensibilité… et aussi beaucoup d’humour.


Peux-tu dire quelques mots de toi et de ton parcours personnel ?

Je suis né en 1954 à Tunis mais j'ai passé ma prime enfance à Sartène, où mes grands parents tenaient un bar-tabac. Lorsque j'ai dû quitter la Corse à l'âge de 5 ans pour l'Algérie, où mon père était fonctionnaire, je parlais déjà notre langue car son usage était beaucoup plus répandu qu'il ne l'est aujourd'hui. J'ai passé ensuite plus d'une année à Sartène, au moment où mes parents ont quitté l'Algérie pour Paris. Ensuite, j'y suis systématiquement retourné passer mes vacances. En fait, je n'ai jamais rompu avec ma langue maternelle, car, au foyer, mes parents ne parlaient que le corse. J'ai donc eu la chance d'entendre, toute ma vie, chanter cette langue dont les sonorités m'ont séduit peu après m'être intéressé à la poésie, vers l'âge de 18 ans.

Très rapidement, j'ai complètement épousé la cause des langues minoritaires et ma passion de jeunesse pour l'expression poétique est devenue la compagne de ma vie. Au moment ce choisir un métier, je n'ai pas souhaité que cette liaison qui commençait à prendre racine me serve aussi à gagner ma vie. J'ai donc écarté l'idée d'études littéraires me conduisant au professorat pour une formation juridique m'assurant un emploi sans aucun rapport avec ma passion. Un peu comme Brassens dans &la non demande en mariage&, il m'a semblé préférable de faire de cette passion exigeante une maîtresse plutôt qu’une épouse. C'est aussi la raison pour laquelle j'ai très peu publié, considérant que je ne devais pas tarir cette source que j'avais découverte par inadvertance.

Je dispose aujourd'hui d'un peu plus de temps et d’un nombre invraisemblable de papiers griffonnés qui sont demeurés, des années durant, dans mes tiroirs, attendant le moment propice...

Tu as mis en ligne ton site en juin 2007. L’idée d’origine était, me semble-t-il, avant tout de promouvoir ton recueil. Comment a évolué ta démarche ?

Oui, je dois avouer que le monde de la toile m'était largement étranger en juin 2007 lorsque mon fils m'a proposé de construire un site destiné à la promotion de mon ouvrage &INVISTITA&. Je n'y ai pas accordé grande importance, mais j'avais souhaité que chacun puisse y déposer un texte s'il le souhaitait (en langue locale ...et avec une traduction) dans le but de constituer une anthologie de la poésie minoritaire.

Mon idée n'a pas été couronnée de succès, je ne sais trop pour quelle raison. Par contre, une rubrique a intéressé les internautes, celle où je donnais mon sentiment sur certains ouvrages et qui fonctionnait un peu comme une sorte de bloc notes littéraire. Partant de ce constat, la version n°2 de mon site, en ligne depuis peu, met en avant ce côté &revue littéraire&, propose un choix plus important de textes et abandonne le principe d'une anthologie vivante.

Par ailleurs, l'idée première de faire du site un moyen de promotion de mes ouvrages (il y en a d'autres en préparation) a également vécu puisque je reprends à mon compte la démarche d'Huguette Bertrand (poète du Québec) et publie désormais sur la toile la quasi intégralité des textes ayant vocation à être imprimés. Je pense en effet que le temps de l'édition papier est en voie d'être dépassé et qu'il convient de mettre à disposition du plus grand nombre les productions finalisées.

Tu as fait le choix, depuis longtemps déjà, d’écrire en langue corse, et même dans la langue du sud de l’île. Peux-tu exposer les raisons de ce choix ?
Comment conjugues-tu cette volonté identitaire avec ton ouverture sur le monde ?

Mais si le monde était complètement uniforme (et c'est un risque sérieux), à quoi donc servirait l'ouverture puisqu'on y trouverait que du standard ? L'Universel ne peut se comprendre qu'au travers d'un dépassement de la diversité, mais encore faut-il que diversité il y ait ....

J'observe que le public est mieux sensibilisé à la nécessaire diversité des cultures du sol que des cultures de l'esprit, or, c'est bien du même problème qu'il s'agit... Le temps où l'Universel était synonyme d'uniformité est révolu et c'est tant mieux. Aujourd'hui, cette notion porteuse doit se combiner avec le respect des particularismes, non pas pour que rien ne bouge, mais pour accepter un changement négocié et non imposé. Edgar Morin a eu une magnifique formule en déclarant que le progrès véritable résultait du changement et de la résistance au changement, ce qui veut dire que sans cette faculté de résister nous ne sommes rien, nous perdons notre qualité d'être humain capable de modifier le cours des choses.

Je n'ai pas choisi de parler corse, mais je choisis de défendre une manière de dire, de crier et de chanter qui ne porte préjudice à aucune autre manière de le faire. Par contre si je ne résiste pas, je deviens le complice du rouleau compresseur. Je n'ai aucune vocation à devenir le complice de causes qui me sont étrangères !

N'as-tu pas parfois l'impression qu’en dépit des discours sur le caractère polynomique de la langue corse, les variétés du sud sont systématiquement maltraitées au profit du nord ? Comment vois-tu l’avenir de la langue corse et de sa diversité ?

Ce que tu dis semble aujourd'hui évident à beaucoup et ne pourra pas durer indéfiniment. Oui, il y a malgré les discours &politiquement corrects& utilisant le registre de la tolérance et de la polynomie, une réalité beaucoup plus prosaïque qui témoigne, encore et toujours, d'un impérialisme culturel du Cismonte par rapport au Pumonti. Pour s'en convaincre il n'y a qu'à comparer la production d'œuvres émanant du sud de l'île et le commentaire qui en est fait dans les médias insulaires: quotidien (il n'y en a plus qu'un seul...), périodiques, stations de radios...

Il y a là un vieux réflexe que rien ne justifie et qui semble le reflet de la conception très française de la culture. Cette dernière n'admet que très difficilement qu'elle n'est qu'une expression du monde parmi d’autres et n'a aucune leçon à donner aux autres cultures. Nous venons de fêter les 100 ans de Claude Lévi-Strauss et dans certaines têtes rien n'a changé. On raisonne encore en termes de verticalité et de hiérarchisation, alors que pour bien comprendre les faits de culture, il faut raisonner horizontalement (sous entendu : il n'y a pas de hiérarchie des valeurs entre les systèmes culturels).

Encore une fois, il y a un abîme entre le discours de hommes et les actions qu'ils mettent en œuvre. Si c’était le cas, la liberté, l’égalité et la fraternité seraient, en France, des pratiques courantes !

Ceci étant posé, l'avenir de la langue corse passe aussi par une indispensable homogénéisation de ses différents variantes. Il n'est pas possible d'avoir, pour un seul terme, un nombre trop grand de graphies car plus personne ne va s'y retrouver (c'est déjà un peu le cas). Personnellement, je serais d'avis d'admettre, une fois pour toutes, qu'il existe deux grandes variétés de corse et d'harmoniser à l'intérieur de ces deux variétés. Par exemple choisir, pour la graphie sudiste, entre iddu et eddu, missa et messa, pilu et pelu et, bien entendu admettre les prononciations différentes à partir d'une même graphie.

Il me semble que nous devons éviter deux positions extrêmes: une homogénéisation intégrale qui ne satisferait personne et donnerait naissance à un corse artificiel, et l'émiettement actuel qui engendre des difficultés ingérables... Je dis bien &il me semble& car, en la matière, je suis un utilisateur de la langue corse et non un spécialiste...

Pourquoi as-tu pris le risque de la traduction, malgré la difficulté et les pièges de l’exercice ?

Je traduis ou fais traduire mes textes en lange corse précisément parce que je ne souhaite pas l'enfermement, je ne vois pas quel &péché originel& il y aurait à rendre accessible au plus grand nombre des textes mûris et écrits en langue corse alors que la très grande majorité de ceux qui s'intéressent à cette langue connaissent bien mieux le français ! Quelle que soit l'appréciation que l'on porte sur la manière dont la culture française a traité notre culture, on ne peut ignorer un état de fait. Il me semble que ne pas  prendre en compte cet état de fait, c'est courir le risque de se couper de tous ceux qui ne sont ni spécialistes de la langue, ni enseignants de langue corse et qui constituent un énorme potentiel plutôt favorable à la cause que nous défendons.

Quand je parle des risques de la traduction, je fais référence à deux écueils inhérents à cette activité : rester trop près du texte initial (un mot étant rarement équivalent à sa traduction) ou au contraire trop s'en éloigner et trahir l'auteur. C'est à la façon d'éviter ces écueils qu'on reconnaît une bonne traduction, non ?

La plupart du temps, la traduction d’un texte écrit en langue corse ne pose pas de réelles difficultés. Je vais prendre l’exemple du poème Altu cantu.

Si nous mettons les deux versions face à face il nous est possible de voir que la traduction en langue française est tout à fait fidèle, qu’elle rend même très exactement le sens du texte initial. J’ai presque envie de dire qu’on ne voit pas trop qu’elle autre traduction on pourrait proposer sauf à ergoter sur de choses sans importance.

Altu cantu 

Sò a lingua straniera
Di a me bocca aparta
A me bocca chì ridi
A me bocca chì canta è chì pienghji

Sò a lingua imprighjunata
Chì voli campà fora
Apriti i balcona
Bugheti porti è sulaghja

Sò lingua paisana
Antica cucina di l’acqua è di a tarra
Isulana

Sò lingua chì và caminendu
Par i stradi d’aprili
Purtendu à u me passu un cantu chjaru
Un altu cantu fieru
Stu cantu si chjama lamentu
Stu lamentu hè a me stodia
Nova

Haut chant

Je suis la langue étrangère
A ma bouche ouverte
Ma bouche qui rit
Ma bouche qui chante et qui pleure

Je suis la langue emprisonnée
Qui veut vivre dehors
Ouvrez les fenêtres
Poussez portes et planchers

Je suis la langue populaire
Vieille cousine de l’eau et de la terre
Insulaire

Je suis la langue qui va
Par les routes d’avril
Tenant à mon pas un chant clair
Un chant haut et fier
Ce chant se nomme lamento
Ce lamento est mon histoire
Nouvelle


Parfois les choses sont un peu plus délicates, non pas à cause de la langue elle-même mais en raison du fait que le langage poétique ne fonctionne comme prosaïque. Il est beaucoup dense, utilise mots d’une autre manière, métalangage qui a pour fonction parler l’imaginaire et chaque possède son imaginaire.

Voici un exemple tiré de mon poème U focu hè soli. La traduction du titre s’évade légèrement de la langue source puisqu’on aurait dû traduire Le feu est soleil mais, en fait, autant l’expression corse est euphonique autant sa traduction littérale ne l’est pas. C’est la raison pour laquelle, Dominique Colonna a choisi une formulation idiomatique renvoyant à l’idée de lumière intense : Plein feu. Le premier vers du poème est : Aghju missu l’ochja in u fenu, ce qui pourrait se traduire littéralement par : J’ai mis les yeux dans le foin mais c’est absolument indicible, à l’extrême limite on aurait pu traduire : J’ai mis l’œil dans le foin, remplaçant ainsi un pluriel par un singulier mais, là aussi, ce que l’on voit c’est un œil qu’on aurait déposé à l’intérieur d’une meule de foin (image un peu déroutante qui ne correspond pas au texte premier. Dans ce cas, avec Dominique, nous tentons de remonter à la source, un peu comme les juristes recherchent l’intention du législateur, nous recherchons l’intention initiale, intention qui n’est pas obligatoirement évidente pour celui qui a écrit le texte… Il nous a donc semblé que dire : J’ai observé le foin, tout simplement, était la manière la plus fidèle de rendre l’intention initiale.

La plus grande difficulté m’a été fournie par la traduction de mon texte Principiu (que nous avons traduit par : Genèse puisqu’il évoque la naissance minérale de l’île de Corse), qui débute le recueil Canta à i sarri.
Au milieu du poème nous trouvons ces deux vers : U razzinu si ni volta/Quand’è u nidicali hè prontu. Le terme razzinu signifie tout à la fois le génie, la race, la souche, quant au terme nidicali il correspond en français au nichet (l’œuf factice que l’on place à l’endroit où l’on désire que la poule ponde). Une traduction tout à fait littérale pourrait donner : La race fait retour/ Lorsque le nichet est prêt. C’est rigoureusement incompréhensible. On pourrait aussi avoir : Le génie resurgit/ Lorsqu’on prépare le nid mais cela ne veut pas dire grand-chose non plus. Alors, après plusieurs tentatives aussi infructueuses les unes que les autres, Dominique m’a demandé: « Réfléchis bien, dis-moi exactement en langage de tous les jours ce que tu souhaitais dire. » Je lui ai expliqué qu’ il fallait comprendre que lorsqu’une situation est mûre, ce qui fait l’originalité d’un être (ou d’une collectivité) réapparaît. Autrement dit, la personnalité profonde d’un homme peut être enfouie très longtemps pour resurgir, comme neuve, lorsque certains événements la sollicitent. Dès lors la traduction a donné : La souche reverdit /Quand la terre se fait mère.

Si la littérature en langue corse peine à trouver un public, le chant connaît un essor étonnant depuis les années 70. Penses-tu que c'est un moyen de sauver la langue ?

Tout ce qui utilise le vecteur de langue contribue, à sa manière, à la sauver: les chants, les écrits, les enseignes commerciales, les discussions au café du coin... il ne faut surtout pas faire la fine bouche et considérer, bien au contraire, que nous avons besoin de toutes les bonnes volontés.

Mais il faut être réaliste: le succès de la chanson en langue corse masque en fait un déclin qui ne fait que s'accélérer comme en témoignent les récentes enquêtes. En effet, dans une chanson il y a les mots, la voix et la musique et les mots ne sont pas ce qu'il y a de plus fondamental. Il peut exister de très belles chansons dont les paroles sont insignifiantes, inversement un texte très dense et très beau peut ne pas se prêter à la mise en musique.

Tout cela pour dire que de nombreuses chansons en langue corse ne sont pas obligatoirement &comprises& par leurs auditeurs, un peu comme dans les années soixante, les chansons anglo-saxonnes, faisant la une des hit-parades, n'étaient pas obligatoirement comprises par les jeunes auditeurs... Je connais, autour de moi, de fervents admirateurs de groupes corses qui possèdent des collections complètes de CD mais qui ne comprennent que très imparfaitement notre langue....

Donc, oui à la chanson en langue corse bien entendu, mais attention aux limites du remède...

Tes textes ont été utilisés dans le passé par un groupe musical célèbre, Canta u Populu Corsu ; comment s'est passé le travail avec le groupe ? Serais-tu prêt à renouveler pareille expérience ? Si oui, avec qui ?

Canta u Populu Corsu n'a pas mis en musique mes textes, il en a repris un qu'il a laissé sous forme de poème et cela n'a pas donné lieu à un travail entre nous. J'ai découvert le texte lorsque l'album est sorti, mais cela ne m'a pas dérangé dans le sens où je n'ai jamais eu, sur ce que j'écris, un grand sentiment de propriété, bien au contraire.

Par contre, récemment, le musicien Rolland Ferrandi est tombé par hasard sur mon site et a repris un certain nombre de poèmes pour son prochain album. Certains textes convenaient tout à fait, d'autres ont nécessité une légère adaptation et d'autres ont été créés tout spécialement pour lui.

Pourquoi certains textes ont-ils nécessité une adaptation ?

Parce que toute chanson repose sur une structure mélodique fixe qui doit obligatoirement s'appuyer sur des vers ayant, eux aussi, une structure homogène (en gros nous dirons qu'il faut un nombre similaire de pieds entre les vers). En fait, je n'ai pas la vocation d'un parolier mais l'exercice ne me déplaît pas, il m'oblige à me plier à certaines règles, à m'accommoder de certaines contraintes et ces obstacles, curieusement, peuvent devenir des vecteurs de créativité.

Il existerait donc une différence profonde entre poésie et chanson ? 

Pas du tout, il existe une différence entre une certaine forme de poésie (notamment celle qui pratique le vers libre et affectionne les ruptures de rythme) et la chanson qui repose toujours sur une certaine régularité, c'est tout. En fait, comme le faisait remarquer Georges Pompidou dans l'introduction de son excellente Anthologie de la poésie française, la poésie est un état qui peut se retrouver dans un tableau, un paysage, un visage, une chanson, un objet ou un texte. Il n'y a pas identité entre poésie et poème. La prose de Rousseau est poétique, les poèmes de Voltaire ne le sont pas...On oublie trop souvent cette dimension spécifique de la poésie qui renvoie, non pas à un genre littéraire particulier mais, de manière plus fondamentale, à l'acte même de créer. Le poète est toujours celui qui offre une nouvelle conception de la beauté. On ne saura jamais s'il l'invente ou s'il la découvre... Il y a là un grand mystère qui a torturé bien des esprits !

Quels sont les auteurs qui t'ont influencé ?

Je mentirais si je n'avouais pas ma dette envers Apollinaire auquel je voue un véritable culte. C'est lui, cet apatride anarchisant mort pour la France, qui a vraiment été à l'origine de ma passion pour la poésie. Pourquoi ? Parce qu'il est ce touche-à-tout qui improvise sans cesse avec toutes les bizarreries qu'il rencontre sur sa route: un dialogue anodin, une pipe, un terme désuet, un paysage sans importance... Il est, pour moi, celui qui donne des lettres de noblesses à ces choses que nous fréquentons, sans nous rendre compte de leur beauté. Il découvre (ou il invente) le beau là où les yeux de l'homme ordinaire n'ont rien vu. On doit obligatoirement retrouver sa trace dans ce que je fais: cette manière de couper les vers, de suggérer l'imprévu et puis, tout à coup, d'évoquer avec tendresse quelque chose de simple... Enfin j'imagine....

J'ai aussi beaucoup apprécié Jules Supervielle qui est très exactement l'opposé d'Apollinaire en ce sens qu'il n'est pas un novateur le Jules, qu'il ne cherche nullement à &décoiffer& mais son humilité intrinsèque me va droit au cœur.

Je ne peux passer sous silence René Char, que j'ai découvert en même temps qu'Héraclite (qui n'est pas à proprement parler un poète), et que j'apprécie énormément pour la force tellurique de ses propos.

Si ta question concernait les poètes corses je te dirais bien volontiers que mon ami Jacques Fusina n'a pas été sans influence sur moi... J'ai découvert, avec lui que notre langue pouvait être d'une grande élégance (ce qui est surprenant pour un peuple spécialisé dans la garde des chèvres....), mais je voue aussi une grande admiration à Ghj. Ghj. Franchi qui possède une sorte de lyrisme cosmique qui me m’impressionne. Je ne saurais passer sous silence Marie Paule Lavezzi qui écrit en langue française mais dont les textes comportent une dimension insulaire à laquelle je suis sensible et Stefanu Cesari qui est, réellement, un poète de tout premier plan. Je m'arrête là, je sais bien que j'ai oublié bien des gens, mais j'ai laissé parler mon cœur et il lui arrive d'être oublieux.  

Quelles difficultés éventuelles as-tu rencontré au démarrage du site ?

A vrai dire, je ne m'en suis pas vraiment intéressé au départ... Lorsqu'il a été mis en ligne, je le regardais un peu comme une bête dangereuse et évitais de m'en approcher...Il m'a fallu un certain temps pour me l'approprier....

As-tu rencontré des difficultés pour faire référencer ton site ?

Au départ, j'ai utilisé les services d'un organisme de référencement pour faire le gros du travail, et j'ai appris ensuite que cela ne servait à rien...ou presque. J'ai ensuite contacté quelques sites traitant de la Corse et/ou de la poésie et pratiqué des échanges de liens.

Il arrive parfois que les webmasters ne répondent pas, ou ne veulent pas s'engager, comme le webmaster de ce site que je ne nommerai pas qui me répond qu'il transmet ma demande... bigre il doit y avoir une sacré bureaucratie au sein du site pour que deux mois plus tard il ne me soit fait aucune réponse....

Et puis, il y a ceux qui viennent spontanément proposer d'eux-mêmes un échange de liens que je ne refuse jamais.

Actuellement je fais faire pratiquer un audit car il y des choses que je ne comprends pas... Par exemple, j'ai profondément modifié mon site en novembre-décembre, y ai ajouté un certain nombre de liens et cela ne se traduit ni par une augmentation du PK ni par un surcroît de visiteurs... Il y a quelques choses que je ne comprends pas et j'ai besoin d'une expertise externe.

A qui s’adresse principalement Invistita ? 

Je dirais que le cœur de cible est constitué par les amateurs de poésie et les défenseurs des langues régionales mais, comme les sujets abordés dans les news dépassent et dépasseront de plus en plus ce cadre, toute personne intéressée par le mouvement des idées peut y trouver pitance... C'est en tout cas, non pas le cœur de cible mais la cible élargie

Comment organises-tu ton travail, as-tu de l'aide pour la création ou le contenu ?

Soyons clairs: je suis totalement incompétent pour tout ce qui est technique. C'est un ami qui a élaboré le design du site (il dirige une entreprise de conseil en communication ayant pour nom Alta Rocca et pourtant il n'est pas Corse...), c'est mon fils Noël qui s'est chargé de toute la partie conception. Je n'ai aucune compétence en la matière et je dois dire que cela m'arrange bien.

Par contre, je travaille seul pour le contenu, je suis le seul maître à bord et je trouve cela extraordinaire de pouvoir faire seul, sans avoir à demander d'avis, d'autorisation, sans réunion préparatoire et groupe de validation... Cela est réellement génial.... La seule mise à jour régulière concerne les news et je vais me contraindre (je n'aime pas trop ce mot...) à un petit papier tous les dix jours.

Dans ce cas j'agis de ma propre initiative ou je sollicite une bonne volonté afin qu'elle réponde à mes questions. Un certain Jean-Claude Casanova s'est d'ailleurs plié récemment à cet exercice avec toute la mauvaise volonté qu'on lui connaît...

Si tu devais définir le principal défaut du site et son point fort, quels seraient-ils ?

Je ne suis pas satisfait du design que mon ami Olivier Lenoir a concocté en un temps record. Je ne retrouve pas, dans l'ambiance graphique qu'il a retenue, l'âme corse. Mais encore une fois, nous avons mis en ligne ce site sans le nécessaire travail de réflexion préalable, je ne peux donc m'en pendre qu'à moi-même...

Il me semble que son point fort réside dans ce mix entre site personnel, qui présentera à terme un choix très large de textes de mon cru, et revue littéraire en ligne plutôt centrée sur la production en langues régionales ou minoritaires des autres contributeurs. J'espère en tout cas que c'est la perception qu'en ont les visiteurs.

Quelles sont les innovations que tu souhaiterais apporter à ton site dans un proche avenir ? 

A court terme je vais y introduire des enregistrements de textes. J'ai déjà le micro et je commence à m'entraîner... Il me semble que la poésie est faite pour être entendue et le visiteur pourra très rapidement voir et entendre certains textes.

A moyen terme, comme je le disais précédemment, je voudrais revoir le design du site. Le problème avec mon spécialiste de fils est qu'il me parle un langage incompréhensible, un véritable dialecte dont je n'ai pas la clef, et qu'il m'affole avec ses projets qui me semblent changer tous les quatre matins... Question de générations sans aucun doute.

Quelle belle idée que de mettre des enregistrements en ligne…

Peux-tu me dire quels sont tes sites préférés ?

Je voudrais te dire que je ne suis en aucune manière un mordu de la toile.... Je crois l'avoir déjà mentionné et les sites qui me plaisent sont ceux qui sont les plus simples, ceux ou je ne perds pas, et je dois avouer que je me perds très souvent... sur la toile ou ailleurs.

Alors, le site qui fait toute mon admiration est celui de Robin Renucci : Aria, il est centré sur la création théâtrale mais, vraiment, je le trouve extraordinaire de simplicité et de fraîcheur.

Dans un tout autre registre, j'adore fréquenter Gattivi ochja, le site poétique de Stefanu Cesari, en raison de l'atmosphère intime et inquiétante qui s'en dégage (j'aime beaucoup moins la navigation mais il est vrai qu'il ne s'agit pas d'un site mais d'un blog). Par ailleurs mon ami Nicolas Cotton a également un remarquable espace qui présente, avec beaucoup de clarté, ses peintures non figuratives avec, en plus, un fond sonore qui s'harmonise parfaitement avec son travail. Voilà, j'adorerais avoir un site qui s'inspire un peu de ces trois références...Difficile n'est-ce pas ?

Et si tu devais tirer un bilan ? 

Je te dirais que la mise en ligne de mon site a eu le mérite de m'obliger à entrer dans le monde du web, ce qui est déjà extraordinaire en soi. Je te dirais ensuite que j'y ai rencontré des gens fort intéressants et cela est génial. Mais surtout, surtout, j'ai compris que le support papier était, pour l'écrit, en voie d'être dépassé... ainsi que tout le circuit habituel qui va de l'impression à la diffusion en passant par l'édition. Aujourd'hui, et c'est une véritable révolution, tout créateur peut s'adresser directement à son public sans passer par une série d'intermédiaires... Je comprends que cela fasse grincer quelques dents mais quelque chose de nouveau est en train d'émerger...

Web tu m'affoles et me séduis tout à la fois !

Un grand merci à Norbert pour cet entretien très dense et passionnant.

A notti aspetta

de Norbert Paganelli

notti

La pénombre et la nuit attirent bien plus les poètes que l’aveuglante clarté du jour avec son cortège de certitudes et de vérités révélées. On ne s’étonnera pas, dans ces conditions, que la poésie insulaire y soit également sensible, malgré le  rayonnement solaire intense qui baigne la Corse une bonne partie de l’année.

Mais de quelle nuit s’agit-il donc ? De celle qui rend visible les étoiles lointaines ? De celle dont on attend la venue, après la brûlure d’un feu intense, ou de celle dont la beauté insolente est un défi permanent à la vanité du monde visible. Les textes du présent recueil semblent renvoyer à cette intuition d’une grande étendue nocturne, source de vie et de plénitude, dont la poésie est susceptible d’en recueillir le suc.

29/07/2011

ultimu

hebdo

Source : "La Corse Votre Hebdo", 15 juillet 2011


Petru LECA : Instants tannés

Stamperia Sammarcelli


instants


Marcellu V. ACQUAVIVA (1923-2002) : Lune

Illustrations CHISA - Stamperia Sammarcelli


lune


Anton Francescu Filippini (1908-1985)



filippini


Né à San Niculau di Muriani, orphelin de guerre à l'âge de six ans, c'est à Bastia qu'Anton Francescu Filippini fait ses premiers pas à l'école avant de s'exiler en Italie où il s'installe définitivement. Il repose d'ailleurs à Rome.

Il écrit pour de nombreuses revues : A Muvra, L’Altagna, Mediterranea (Cagliari), Politica, Corsica Antica e Moderna, L’idea Corsa, U Muntese, Paese Corsu, Convivio Letterario (Milano), Il nuovo belli della poesia dialettale italiana (Roma), Fiore della poesia dialettale (Roma), La Carovana (Roma).

Si son parcours est contesté de par son exil en Italie sous le régime fasciste, il est reconnu comme un des plus grands poètes corses : « Pueta di lingua corsa, forse u più bonu. » (Anton Dumenicu Monti) ; « pueta di spressione corsa senza paru è, ci vole à dilla, u più bonu è u più marchevule di tutti… » (Ghjacintu Yvia-Croce), même si certains lui reprochent d'être trop influencé par l'italien.
Ses poésies sont empreintes de la nostalgie de l'exil, comme dans Visioni cari, chanté par A Filetta  :

« Ancu s’o un videragghiu più
La miò terra prima di more,
A miò patria a mi portu in core
E l’agghiu sempre a tu per tu. »

Anton Francescu Filippini fut également traducteur en italien des textes de Prosper Mérimée et de poésies de Paul Valery. En 1993, son oeuvre Flumen Dei (ed. Marzocchi), a reçu le Prix du livre corse.

bisaccia

Filippini

BRASSENS en langue corse !


Une initiative passionnante et courageuse.
Lire l'article de Corse matin (format pdf) et également l'entretien entre Pierre-Joseph Ferrali et Norbert Paganelli sur Invistita.

ferrali


brassens

 

 

 

separateur

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