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Libri : Livres

Des livres corses et des livres sur la Corse

Dernière mise à jour : 02/12/2017

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S'agissant des livres sur la randonnée en Corse, je renvoie à l'excellent site de Carole Racines corses qui cite un grand nombre d'ouvrages. Je me bornerai à y ajouter quelques compléments personnels et quelques ouvrages corses et sur la Corse.

Une page spécifique est dédiée à la littérature italienne dont je suis un lecteur passionné.

Une autre page regroupe les livres et auteurs du bassin méditerranéen, à commencer par Jean-Claude Izzo.

Un lien avec www.editeur.corse.com, le site de la maison d'édition créée par Jean-Jacques Colonna d'Istria, créateur du festival des Milelli et de la librairie La Marge à Ajaccio. J'étais loin de penser quand j'ai mis en place ce lien qu'il deviendrait MON éditeur !



Pour mieux s'orienter dans la page, ci-dessous des liens vers les différentes rubriques :

- La littérature corse sur le net

- Les nouveautés du livre 

- Art
- Arts et traditions populaires
- Bande dessinée
- Beaux livres
- Cuisine
- Généalogie
- Histoire locale
- Histoire, récits
- Jeunesse
- Langue corse
- Musique, polyphonie
- Policiers
- Politique
- Nature et randonnée
- Romans
- Société, ethnologie
- Tourisme
- Littérature corse

- Salons, expositions, éditeurs, prix littéraires

Décembre 2017

pastoralisme

jya

dream

 

livrecorse

chintz

29 juin 2017

ciosi

Juin 2017

Corsica magnifica

ferreira

Mai 2017

Tonu è Timpesta

tonu

« A Stella di Musè Namani » d'Antoine Ciosi

ciosi

« Fra Felice » de Guidu Benigni

frafelice

Dans l’intimité d’un Géant de l’Histoire

« Militaire de carrière retraité et cavalier émérite » - deux traits de son CV pointés avec pertinence par Jacques Fusina - Guidu Benigni est un écrivain attachant. Il s’est affirmé, depuis Amadeu u Turcu (Prix du Livre corse 2002), comme roman-cier et poète in lingua nustrale.
Son dernier roman, Fra Felice, à la gloire du « héros des deux mondes », est une belle surprise. Seul, jusqu’ici, en Corse, Gian Paolo Borghetti avait rendu un hommage de qualité à Garibaldi dans son poème « Garibaldi, un episodio della guerra per l’indipendenza italiana »
Rappelant en quelle considération Michelet tenait ce géant du Risorgimento (« Je vois un héros en Europe, un seul, je n’en connais pas deux »), Benigni exprime une égale fascination. Toutefois, Fra Felice n’est pas une hagiographie camouflée en un roman historique où l’auteur prendrait des libertés avec la vérité des faits pour le plaisir de faire à Clio de beaux enfants. Benigni tisse, en fait, de toutes les fibres de sa riche sensibilité, une toile où se nouent deux aventures, la Geste de l’homme à la chemise rouge, et, née de l’imaginaire de l’Auteur, l’aventure du narrateur. Il y a bien deux héros dans ce « roman de poésie et de vérité » : Garibaldi et Felice qui, à la suite de son père, Marcu Maria, accueilli dans la famille de Domenico Garibaldi (le père de Giuseppe), devient partie prenante d’une saga dont il vivra les heures de gloire et de deuil.

Fra Felice est aussi l’histoire du dévoilement d’un secret. Ce n’est qu’à la fin du roman que sera révélée la disgrazia qui a entraîné l’éclatement d’une famille corse et l’exil à Nice du père de Felice. L’Auteur mariant fiction et Histoire insère dans la trame du récit, en les étoffant, des épisodes réels ayant un lien avec la Corse comme ce premier mort de l’expédition des Mille, le bastiais Desideratu Pietri, tué à la bataille de Calatafimi. ll imagine qu’il a une sœur, Rosa qui rejoindra le narra-teur à Occi où il s’éteindra.
Le dernier chapitre, véritable lamentu en prose poétique clôt le roman sur l’évocation émouvante de la première rencontre de Felice et de Rosa… « A Storia ùn hè micca un ritrattu appesu à u muru. Ella si move. » précise Benigni. Elle ne se résume pas en images d’Epinal. Elle est mouvement. L’Auteur, qui s’est parfaitement documenté, déroule avec brio l’épopée du « héros aux sept vies ». Le narrateur occupe auprès du Général une position privilégiée. De promenades en assauts, il a une vue d’ensemble, qu’il s’agisse de décrire des paysages ou de relater des batailles. L’évocation de Nice ou de Bastia, piccoli porti insitati à vita da l’alitu marinu, carcu di sale è d’iodu, d’odori di salimoghja, di pesciu fragicu, nous rappelle le Pesciu Anguilla de Sebastianu Dalzeto.

Fra Felice est un roman d’apprentissage et d’initiation. Le narrateur est à l’école d’une famille et d’un Maître d’exception. S’interroge-t-il sur son identité ? Les caprices de l’Histoire font qu’il ne sait plus s’il est corse, niçois ou « caprerese ». La Corse aurait pu, prise dans le mouvement du Risorgimento, s’intégrer à l’Italie. Mais l’histoire a tourné le dos à la géographie. La patrie n’est-elle pas celle que le poète nomme, ce territoire apparemment circonscrit, mais irradiant où s’enracine l’Universel. Caprera est une île à laquelle Garibaldi a donné une âme, la sienne. Une île-miroir où les paysages de l’Amérique latine, de Nice et de la Corse se fondent dans une même nostalgie. Le même amour. Guidu Benigni, fantassin de la Liberté, fait sienne la distinction garibaldienne entre le héros et le soldat. Ainsi, Garibaldi entendait-il le cri (grido) du peuple opprimé qui s’insurge. Au nom de la liberté, le héros estimait ne recevoir d’ordre que de sa conscience. Il avait le droit de désobéir. L’expédition des Mille se voulait légitime. Et puis, il y a le temps de l’obéissance pour le soldat (« Obbedisco »), lorsque légitimité et légalité ne font qu’un. In sti tempi camonchji, tempi di cumbugli, l’épopée garibaldienne éclaire les chemins de l’avenir. Le Maître Garibaldi n’était pas donneur de leçons. Il prêchait d’exemple. « Non insegno, accenno » disait-il. Dans sa note introductrice au roman comme dans l’épilogue, Guidu Benigni assure avoir voulu contre un monde moderne « ingordu di proffitu suldaghju » rendre hommage au solitaire d’Occi, Fra Felice, et à Garibaldi « un omu chì avia fede in l’omi, mai ingordu di ricchezze ne di medaglie, ma colmu di generosità è d’umanità.» En plaçant en exergue les mots du legs moral de Garibaldi : « Lascio in eredità : il mio amore per la Libertà e la Verità » (Testamento politico), Guidu Benigni nous révèle le secret des deux miracles de son livre : la fiction peut habiller la vérité sans la trahir à la condition d’une absolue sincérité. Enfin, une terre de déréliction peut se transformer en haut-lieu d’inspiration.

Marie-Jean Vinciguerra

L'ouvrage est disponible dès aujourd'hui sur AMAZON :

https://www.amazon.fr/

Et aussi :

L’art de François Quilici :
« Peintures », un livre d’artiste !

 quilici

Préfacé par Rinatu Coti, avec des textes de Marie-Jean Vinciguerra, Aristide Nerrière, Anne Chabanon, Christine Bottero, Paule Benazet, Dominique  Landron et le poète André Giovani, ce très beau livre, relié, carré ( 30 x 30 cm) intitulé tout simplement « Peintures » regroupe en fait en un magnifique ouvrage sur papier glacé plus de cent œuvres du peintre originaire de Bisinao, enfant spirituel de Pierre Vellutini, élève de la grande Anne Casteret.

Si François Quilici expose fréquemment aux Etats-Unis à Chicago, mais aussi à Paris, il revient chez lui, en Corse tous les deux ans pour y présenter le travail d’une exposition à la suivante.
Il exposera en septembre au Lazaret Ollandini mais ce livre permet à ses adeptes et autres inconditionnels de ne pas attendre cette date pour rencontrer l’artiste qui dédicacera son livre « Peintures «  (Colonna édition) à Ajaccio mercredi prochain 10 mai ( FNAC de 16 à 19h), à l’Isolella, chez Via Sole, jeudi de 9h30 à midi et vendredi 12, dans la librairie « Le verbe du Soleil », à Porto-Vecchio, de 17 à 19h.

 colonna

Avril 2017

Ghjuvan Micheli Weber

Ghjuvan Micheli WEBER dédicacera l'ouvrage bilingue corse-français "Cuntrastu cù un mazzeru - Dialogue avec un mazzeru" (Colonna Editions) Samedi 22 avril, de 10h00 à 12h30, à la Librairie des Palmiers, ex-Hachette.

Après un recueil de poésies ainsi que plusieurs séries d'ouvrages et manuels en langue corse destinés à la communauté éducative, Ghjuvan Micheli WEBER, enseignant passionné d'histoire et de traditions, nous livre un troublant témoignage : celui d'un mazzeru.
Sur le thème mystérieux du "mazzerisme" ce dialogue entre deux personnes a pour but premier la transmission.

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Parolli in biancu è neru

parolli

Marceddu Jureczek : portrait d’un écrivain corse

Les livres de Marceddu Jureczek traitent des mutations profondes qui secouent la Corse, avec notamment un questionnement sur ce que la société de consommation induit sur notre façon d'être. Portrait

Par France 3 Corse ViaStella - 28/03/2017

Marceddu emprunte la route qui le mène au lycée Laetitia Bonaparte à Ajaccio où il enseigne la langue corse. Une route qui est balisée par des panneaux publicitaires. Pour lui qui vit dans la plaine de Peri, ce décor agit comme un révélateur du fossé qui sépare le discours sur la culture de sa réalité concrète.

"On met très souvent nos valeurs communautaires de solidarité, mais ici, elles sont où ? Elles ne sont nulle part. Et je crois que finalement, qui a raison ? Le discours sur l’identité ? Ou le paysage. Je crois que c’est le paysage qui dit la vérité. Il dit que nous sommes des individualistes avant tout. Nous avons été gagnés par cette fièvre là et nous sommes des petits soldats du libéralisme, c’est-à-dire du capitalisme et de la consommation à outrance", affirme cet auteur.

Perte culturelle

Cette profusion de commerces et de grues faisant contrepoint à un monde paysan en sursis, Marceddu Jureczek l'a décrite dans un essai bilingue, "Caotidianu" paru aux éditions Cismonte é Pumonti.

Cet univers de la consommation ne correspond pas à ce que fut l'enfance de l'auteur qui a grandi rue Fesch. à l'époque, c'était un quartier populaire dans lequel se déroule la majeure partie de son roman intitulé "Chì ùn sia fattu di guai".

"On retrouve les mêmes préoccupations, c’est-à-dire la crise d’identité que traverse la société corse d’aujourd’hui, comme celle d’hier évidemment. Cette fois-ci, je l’ai incarnée dans deux personnages et l’opposition me semblait évidente entre un père et son fils. Un père qui sur-joue le personnage corse, avec un côté politique très important parce qu’il est nationaliste. Nous sommes dans les années 1980, au moment de l’inflation et de l’explosion de la violence et de la revendication nationaliste. Et le fils qui est totalement opposé à ces idées-là", explique Marceddu Jureczek.

Nationalisme

L'action se déroule pour partie début 1981, lors de l'affaire Bastelica Fesch. à l'époque, dans l'hôtel Fesch, un commando nationaliste prend en otage trois hommes soupçonnés d'être des barbouzes.

Dans cette ambiance électrisante, un personnage imaginaire sur-joue une culture corse rurale qui n'est pas exactement la sienne. Paru chez Albiana, "Chì ùn sia fattu di guai" s'appuie sur un fait pour mieux décrire un contexte plus large, celui de la perte du sens.

Parmi les écrivains insulaires, Rinatu Coti est celui qui connait le mieux l'œuvre naissante de Marceddu Jureczek. Tous deux emploient le même corse enraciné dans la vallée du Taravu. Au-delà de la langue, la pensée est également proche, c'est celle du refus de céder face à l'indifférenciation globale.

"Un chiffon dans la bouche du vent"

"C’est une perte de sens qui est généralisée dont nous nous subissons les coups parce que nous sommes beaucoup plus petits. C’est une île de 320.000 habitants. Quels sont ceux qui sont aujourd’hui capables d’être les transmetteurs de cette culture, certains diront archaïque. Mais nous avons besoin des archaïsmes. Sans eux, nous sommes un chiffon dans la bouche du vent. Et c’est cela le problème du monde d’aujourd’hui. C’est que l’archétype d’une culture, d’une civilisation se perd. Or si on perd cela, on perd tout le reste. C’est-à-dire que nous n’avons pas la capacité de penser. Or penser, au sens étymologique du terme, cela veut dire peser sur le monde", pense Rinatu Coti, écrivain.

Écrire pour peser sur le monde ou plus simplement essayer de changer la société.

Ce pourrait-être le credo de l'auteur qui nous emmène dans sa bibliothèque. À quarante-cinq ans, Marceddu Jureczek a déjà signé quatre ouvrages. Un roman et un recueil de nouvelles sont en gestation. La parution est prévue pour l'automne.

Aregnu

Extrait de la préface

S’inscrivant dans le « Riaquistu culturale » l’ensemble des articles Patrimonii è memorie d’Aregnu constituent, de la part de leurs auteurs, une contribution scientifique de qualité à la connaissance historique des richesses archéologiques, architecturales, artistiques et vernaculaires de cette ancienne pieve de Balagne. C’est avec bonheur et un enrichissement certain que l’on découvre le fruit des recherches de spécialistes confirmés issus des formations de l’université de Corse Pasquale Paoli.

Au fil des pages se dévoilent quelques données connues et surtout des informations inédites dans des domaines insuffisamment explorés jusqu’ici.

De la Protohistoire en passant par les époques romaine, pisane, génoise et plus contemporaine, le lecteur se ressource aux modes de la vie économique, sociale et urbaine qui ont façonné les traits identitaires du village d’Aregnu. À noter aussi la légitime incursion, dans cet ensemble, de l’épisode de la Première Guerre mondiale qui bouleversa l’économie locale et sans doute certains usages ancestraux.

aregnu

Jérôme Magnier-Moreno : Le saut oblique de la truite

J'ai pris un grand plaisir à lire ce court roman. Sous son apparence de légèreté effleure quelque chose de plus profond, et l'on garde présentes en tête les images que la lecture suscite. Même sans pratiquer la pêche, on aimerait bien suivre le narrateur plus longtemps !

saut

François Xavier Ajaccio :
Les fresques des chapelles romanes corses

Depuis l'an dernier, les éditeurs corses ne sont malheureusement plus présents au Salon du livre de Paris. Une exception : les éditions Clémentine, qui avaient un petit stand tout au fond et où j'ai trouvé ce bel ouvrage de François-Xavier AJACCIO.

fresques

"Dans des lieux de vie d’un passé oublié, les chapelles romanes corses dissimulent des fresques médiévales d’une richesse artistique exceptionnelle.
Semblables dans leur programme iconographique, elles émerveillent par leurs styles, tous différents.
Élever l’âme, souligner la grandeur de la vie éternelle, instruire sur la parole du Christ, faciliter l’intercession, telles sont les vocations premières de ces ornementations murales. Elles constituent ainsi une passerelle entre l’homme et le divin.
Elles soulignent également l’intégration de l’île de Corse dans la communauté spirituelle et artistique méditerranéenne de l’époque.
Aujourd’hui, encore, ces fresques, merveilleusement bien restaurées, nous emportent dans un monde mystérieux de beauté pure, inégalée. 

Ce travail de François-Xavier Ajaccio restitue avec force une histoire, celle des fresques des églises romanes. Il raconte également une foi ancrée dans le cœur des Corses.

Un merveilleux travail pour un résultat passionnant!"

Je partage en tous points l'avis de l'éditeur et recommande donc chaleureusement ce livre.

Un essai sur Marie Susini et son œuvre littéraire chez « Colonna édition »

Cet ouvrage, « Marie Susini ou l’apologie du désespoir », a été écrit par Martine Tania Dambacher, avec une préface de Francis Beretti.

Il sera disponible au début du mois d’avril.

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Martine Tania Dambacher, qui enseigne à Strasbourg, a bien voulu venir présenter son livre en Corse.

dambacher

Mardi 11 avril, à 18h30, à Patrimonio, elle animera une première rencontre avec Francis Beretti dans la cave Orenga di Gaffori, invitée par l’association Musanostra que préside madame Marie-France Bereni-Canazzi. Une signature du livre suivra la rencontre, en présence de Jean-Jacques Colonna d'Istria.

Mercredi 12 avril, elle signera son livre dans la librairie « La Marge »», à Ajaccio, de 17 à 19h.

Jeudi 13 avril, elle animera une nouvelle rencontre, à Ajaccio dans la Bibliothèque Patrimoniale rue Fesch, à 18h30,  invitée par les Services Culturels de la Ville d’Ajaccio. Une signature du livre suivra également la rencontre.  

Hélène Constanty :
"Corse, l’étreinte mafieuse"

par Charles Monti, 4 mars 2017

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"Corse, l’étreinte mafieuse", l’économie et la politique sous l’empire du crime organisé : c'est le titre du dernier livre de Hélène Constanty (Fayard) qui sera disponible en librairie dès le 20 Mars.

En 2012 paraissait l’enquête retentissante d’Hélène Constanty Razzia sur la Corse. Depuis, si l’heure n’est plus aux bombes et aux assassinats sous couvert du FLNC, la violence n’a pas disparu pour autant, bien au contraire.
Aujourd’hui, elle est le fait du grand banditisme.
Les voyous corses, revenus vivre et travailler au pays, ont placé l’île sous coupe réglée. Ils rackettent les commerçants et les entrepreneurs, captent les marchés publics, blanchissent l’argent sale dans le BTP et nourrissent la spéculation immobilière.

« Autrefois, les élus corses se servaient des voyous pour leurs campagnes électorales. Désormais, ils sont des marionnettes entre les mains des voyous », dit un procureur. Les notables ne sont plus à l’abri. Plusieurs d’entre eux ont été assassinés depuis 2012, et aucun de ces meurtres, exécutés avec le professionnalisme du crime organisé, n’a été élucidé.

Une opération mains propres qui ne dit pas son nom a été déclenchée. Pour la première fois, un Premier ministre, Manuel Valls, a prononcé le mot de mafia pour décrire la situation dans l’île.
Plusieurs procès pour corruption d’élus ont récemment mis en lumière les liens étroits qu’ils entretiennent avec les bandes criminelles.

Dans cette enquête au plus près du terrain, Hélène Constanty décrit minutieusement cette étreinte mafieuse qui étouffe la Corse, révélant les causes profondes qui la rendent si difficile à desserrer.
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Hélène Constanty est journaliste indépendante, spécialiste de l'investigation. Elle écrit dans L'Express, Médiapart, et réalise des documentaires pour la télévision. Corse, l’étreinte mafieuse est son neuvième livre, après notamment Razzia sur la Corse (Fayard, 2012) et Razzia sur la Riviera (Fayard, 2015).

La littérature Corse s’invite à l’École Normale Supérieure

9 mars 2017

Il faut oser pousser les portes de l’École Normale Supérieure, rue d’Ulm, dans le 5e arrondissement de Paris. Dans cet établissement prestigieux se tient, depuis le 24 janvier, un séminaire intitulé « Franchir la frontière littéraire », où les auteurs corses, Jérôme Ferrari, Marcu Biancarelli, Jean-Baptiste Predali ou Jean-Yves Acquaviva, tiennent une place de choix.

Mémoire et travaux universitaires sur la littérature Corse.
Pour les commenter, Kévin Petroni, étudiant à l’Ecole Normale et à l’université Paris IV, originaire de Bastia, s’appuie sur ses recherches : « Mon premier mémoire traitait de l’adieu aux aspirations nationales dans le roman Murtoriu de Marcu Biancarelli et le Sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari. Cette année, je travaille sur les conditions de la formation d’une mémoire dans l’œuvre de Biancarelli, de Ferrari, et de Jean-Yves Acquaviva », explique l’étudiant de 23 ans.

La question de l’ancrage corse affirmée ou ancrée.
Peu de mémoires et de travaux universitaires ont été publiés sur la littérature Corse. Kévin cite ceux de Ferdinand Laignier-Colonna sur l’œuvre de Marcu Biancarelli, ou ceux, plus généraux, de Jean-Guy Talamoni et Eugène Gherardi, de l’université de Corse. En ce qui concerne Jérôme Ferrari, Kévin est plus critique : « Il y a eu un séminaire en Allemagne sur Ferrari philosophe. Mais quand on parle de philosophie, on enlève la dimension corse de l’œuvre. » Cet « ancrage » corse est pourtant loin d’être anodin : « Le but de mon premier mémoire était de montrer comment un discours du lieu pouvait façonner une poétique de l’enfermement, de l’isolement, et comment cette poétique était motivée d’un point de vue politique, économique et social. Voir comment des lieux comme le village étaient devenus des périphéries et comment la périphérie était liée à la marge voire à la folie », explique l’étudiant.

Etre écrivain et Corse, cela n’est pas très différent d’être écrivain et Parisien ou Breton.
Mais cette question de l’ancrage, affirmé ou renié, se pose néanmoins : « Chez Marcu Biancarelli, la question du dépaysement se pose de plus en plus quand on avance dans ses œuvres. Dans Murtoriu, la question territoriale et celle du lien à la nation et au peuple est évacuée par le suicide collectif et par la sortie vers un autre pays. Chez Ferrari, il y a aussi ce mouvement très pessimiste, même si je sais qu’ils n’aiment pas ce mot. Je reprends beaucoup le terme de Jean-Guy Talamoni de « Corse cauchemardée ». C’est une manière, selon moi, de montrer une certaine vision de la Corse qui désigne en quelque sorte une absence, une incapacité d’une certaine population à habiter cette île. Il y a bien sûr d’autres manières d’écrire la Corse, par exemple chez Marie Ferranti, on est dans la nostalgie, dans un rapport à l’enfance et un retour à la terre, une reconnaissance de la culture des siens...»

Comment s’emparer de la langue Corse en littérature.
Mais être écrivain et Corse, c’est aussi écrire dans une langue que l’on n’a pas choisie. Ecrire en langue corse, certains le font mais « on est obligé de passer à une langue comme le Français pour exister, en tant que figure d’auteur, pour le grand public », estime Kévin Petroni. « Dans le même temps se pose la question du rapport à la communauté : dans quelle mesure, en quittant la langue d’origine, on peut conserver des éléments qui relient à une histoire commune. Quand un lecteur parisien lit Murtoriu, il ne verra pas forcément les exécutions du général Morand en Corse, alors que c’est présent dans le texte. Il verra un western dans lequel on parle de pendaisons, il va décontextualiser l’œuvre, ce qui est normal car il n’a pas les références. »

Un contre Salon du livre.
Cette question de la langue sera évoquée longuement lors d’un « contre-Salon du livre » que plusieurs étudiants essayent d’organiser en marge du salon officiel, fin mars, dont le Maroc est invité d’honneur. « Comment s’emparer d’une langue qui est la nôtre, puisque c’est celle qu’on a apprise quand on était enfant, mais qui ne représente pas notre communauté ? Dans quelle mesure on peut renverser ce rapport de forces et faire de la langue imposée celle d’une création littéraire ? »

Musa Nostra...des cafés littéraires à Bastia.
Non content de mener de front un séminaire, un mémoire, bientôt l’agrégation, et la future création d’une revue de sciences humaines, Kévin écrit régulièrement pour Musa Nostra, une association littéraire corse qui organise des rencontres d’auteurs et des cafés littéraires à Bastia et partout en Corse. « Musa Nostra c’est un carrefour, un lieu où tout le monde peut parler. L’équipe est vraiment passionnée, avec des gens qui viennent de tous horizons. Il y a des concours, on peut écrire dans la revue, envoyer des textes. C’est vraiment libre, pas besoin d’être renommé pour écrire. Cela permet à la vie littéraire en Corse d’exister », se félicite-t-il.

L’actualité de la littérature Corse
Le 8 mars l’association a organisé un apéro littéraire à Ville-di-Pietrabugno pour la journée des droits des femmes. Kévin Petroni, lui, poursuit le séminaire à l’Ecole Normale avec Marcu Biancarelli le 7 mars, Jean-Yves Acquaviva les 21 et 28 mars et Jean-Baptiste Predali les 25 avril et 2 mai.

En savoir plus
L’association Musanostra – infos sur Pari(s) sur la Corse
Le séminaire Franchir la frontière littéraire – infos par ici
Article réalisé par Audrey Chauvet
Source : Pari(s) sur la Corse

La passion de Maria Gentile

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Parolli in biancu è neru. Paroles en noir et blanc

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par Alain di Meglio, Ceccè Ferrara et Norbert Paganelli

Parolli in biancu è neru/Paroles en noir et blanc est une œuvre collective à la gloire de cette cité de l’extrême sud insulaire bien connue des estivants.
Mais Porto-Vecchio ne se réduit pas à cette image d’épinal ! La ville a aussi une histoire, des traditions, une âme dont elle n’est pas peu fière comme l’attestent les clichés présentant, tout à la fois, des scènes de rue, des portraits ou des vues de la cité et de ses environs.
Cette personnalité originale et attachante, trois poètes contemporains (Alain di Meglio, Ceccè Ferrara et Norbert Paganelli) ont voulu la célébrer, à leur manière, à partir de ces photographies qu’ils ont utilisées comme des pré-textes à leurs créations.
En jetant sur la cité du sel ces regards distanciés et emplis de connivence, ils lui ont ainsi rendu le plus vibrant des hommages puisqu’ils ont relié le temps d’avant à celui d’aujourd’hui.

Les 42 clichés illustrant cet ouvrage proviennent du fond iconographique recueilli par l’association Portivechju di tandu qui œuvre en faveur de la conservation du patrimoine de la cité.

 

L'histoire en B.D.

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Cantu in Mossa, le chant corse sur la voie

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de Patrizia Gattaceca (Albiana éditions)

Une formidable fresque sur la chanson corse et sa place dans le mouvement de renouveau culturel des années quatre-vingt. Théâtre, littérature, spectacles vivants, arts visuels, cinéma, le chant corse s’est glissé dans tous les espaces avec un rare bonheur. Un livre pour dire l’amour de la langue, du chant, de la musique, des interprètes et de la Corse.

Lire les dfférents articles ci-dessous.

"U cantu in mossa" par Patrizia Gattaceca

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"U cantu in mossa" par Patrizia Gattaceca

par Philippe Jammes, 7 décembre 2016

La musique corse a connu au cours des quarante dernières années un essor sans égal. Au début des années 70, porté par le mouvement revendicatif, politique et culturel du Riacquistu, elle a vu naître des dizaines de groupes et s’exprimer tout autant d’artistes : chanteurs, musiciens, paroliers...
Elle a permis aussi à des entreprises (producteurs, studios d’enregistrement ...) de s’installer durablement mais surtout elle a conquis des lettres de noblesses tant dans l’île qu’à l’extérieur.

Dans cet excellent ouvrage Patrizia, auteur-compositeur-interprète-poète-comédienne, nous révèle comment certaines façons de chanter ont pu survivre au fil des années....
Aucun genre n’a été délaissé dans ce fabuleux tourbillon créatif : variété, pop, jazz, classique... Patrizia nous prouve qu’existe aujourd’hui un son « corse », une façon de chanter qui a su séduire les publics mais aussi les plus grands artistes de world music, parmi les plus créatifs.
Une chanson corse qui a aussi su intégrer les apports des cultures musicales les plus diverses venues du monde entier : Pays basque, Géorgie, Irlande, Japon... et hisser la Corse au niveau des autres grandes régions de tradition musicale.
La production discographique de ces années d’essor est elle-même remarquable puisque de quelques unités annuelles, les sorties d’albums corses se sont élevées parfois à plusieurs dizaines par an.
C’est une Mossa, une lame de fond qui a déferlé sur l’île et au-delà qui a installé durablement ses mélodies, ses textes, ses voix inoubliables. Et Patrizia Gattaceca fait partie de ces voix, ayant en effet enregistré son premier 45 tours à l’âge de 18 ans, collecté des chants villageois qui étaient en passe de disparaître, participé aux enregistrements de certains des groupes phare des années 1970-1980 comme Canta u Populu Corsu ou Chjami aghjalesi.

C’est elle qui a fondé le tout premier groupe exclusivement féminin (E duie Patrizie puis Soledonna) et a été partie prenante de nombreuses expériences musicales retentissantes (Nouvelles Polyphonies Corses, etc.).
Elle a aussi œuvré en solo en tant qu’auteure-interprète, mais aussi en tant qu’actrice de théâtre. Témoin privilégié du Riacquistu par son engagement militant pour la langue et la culture de son île, Patrizia Gattaceca retrace le chemin parcouru par cet ensemble disparate et cohérent, ces créateurs, ces chantres du partage, ces voix nouvelles qui ont porté le Cantu in mossa.
Un livre superbe, émouvant, richement illustré. Une belle idée de cadeau en cette période de fête. Un cadeau à s’offrir ou à offrir aux passionnés de chants et de culture corses.
Patrizia Gattaceca : « U cantu in mossa - Le chant corse sur la voie » aux éditions Albiana

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Source : http://www.corsenetinfos.corsica

Patrizia Gattaceca raconte près d'un siècle de chanson corse

Elle fait partie de ces quelques femmes qui, dès les années 1970, on participé au "riacquistu". Patrizia Gattaceca publie le fruit d'un long travail : "Cantu in mossa, le chant corse sur la voie".

Par Pierre-Olivier Casabianca - 18/12/2016


Patrizia Gattaceca raconte l'histoire de la chanson corse

Interviews : Patrizia Gattaceca, chanteuse, auteur de "Cantu in Mossa"; Antonu Marielli, auteur-compositeur-interprète, et fondateur de Diana di l'Allba

Elle y raconte presque un siècle de chanson corse, avec des documents que beaucoup n'ont pas eu l'occasion de voir depuis bien longtemps... Patrizia Gattaceca évoque, bien entendu, le riacquistu qui revient au-devant de la scène dans les années 70.

"Un retour qui n'avait rien de nostalgique. C'est un grand mouvement de réappropriation mais surtout de création. C'est à dire aller chercher ce qui était enfoui, ce que nous nous sommes réapproprié pour que ceci nous serve à aller de l'avant et à créer", explique Patrizia Gattaceca.

Source : http://france3-regions.francetvinfo.fr

Et une nouvelle recension sur la revue italienne "Musica Maestro" :

maestro

Autres nouveautés

Octobre 2016

xavier

Septembre 2016

Jean-Pierre Castellani et Christine Bottero signent dans la librairie « des Palmiers» « PORTRAITS DE CORSES » jeudi 8 septembre, de 17 à 19h.

Un livre très attendu, rédigé par Jean-Pierre Castellani, l’ « éditeur », le Directeur de la Collection, et Christine Bottero, mais aussi avec la participation de Marie-Amandine Sain et de Laura Biancamaria, pour deux textes. 22 portraits de « personnalités corses qui ont marqué et marquent encore leur secteur d’activités ». C’est ce recueil de portraits que les deux auteurs vont présenter et signer :

Jean-Claude Acquaviva, L’aventure collective de A Filetta
Jean-François Bernardini, Des polyphonies villageoises à la non-violence universelle
Marc Biancarelli, L’insoumis, la révolte d’un mutin ou d’un écrivain voyou
Jean-Claude Casanova, Un homme de convictions
Laetitia Casta, Le destin d’une diva corse
Isabelle Ciaravola, étoile parmi les étoiles
Dominique Colonna, Le gardien de... la Restonica
Jérôme Ferrari, Le philosophe romancier
Patrice Franceschi, L’engagement d’un écrivain aventurier
Antoine Giacomoni, Miroir de vie, miroirs des princes
Pierre Graziani, La tête dans les nuages...
Nicolas Grimaldi, Le veilleur du sémaphore
Laurent Lantieri, Le rêve d’une vie
Ange Leccia, Le voyage de la pensée visuelle, entre Nonza et Tokyo
Marie-Josée Nat, Un destin tressé à l’aube de la liberté
Jean-Noêl Pancrazi, Un écrivain du soleil
Marie-Claude Pietragalla, La volonté d’un cygne du destin.
Jean-Paul Poletti, La quête de l’impossible rêve
Philippe Pozzo di Borgo, L’intouchable
Robin Renucci, La philosophie de la forge
Edmond Simeoni, Le militant
Jean-Christophe Spinosi, La passion de la musique

Zone Critique consacre une série estivale à la littérature corse contemporaine.
Dernier article de Kevin Petroni, « La leçon de choses de Jérôme Ferrari ».
Les précédents articles étaient consacrés à Jean-Yves Acquaviva et à Marco Biancarelli.

Juillet 2016

portraits

prevost debbita

LE LIVRE QUI REND FOU !

eloge

Marc Favero signe son essai « éloge du vertige » ou « Le jeu des 7 questions essentielles »

dans la librairie « la marge », à Ajaccio, lundi prochain, 25 juillet, de 17 à 19h.

et à Bastia dans la librairie « Album », mardi prochain, 26 juillet, de 17 à 19h.

Le livre qui rend fou !

Certains livres peuvent transformer une vie si le lecteur y rentre avec l’esprit du chercheur ou celui du pèlerin. L’Eloge du vertige est de ceux-là, il pourrait aussi rendre fou comme le remarque immédiatement sa préfacière Madame Françoise Thibault, membre de l’Institut !

L’auteur nous convie à cheminer avec lui et à s’attaquer sans crainte aux sept piliers de toute pensée humaine (de toute sagesse) :

. Dieu existe-t-il ?
. Le monde a- t-il une origine ?
. Le monde est-il une illusion ?
. L’homme est-il libre ?
. L’esprit est-il indépendant de la matière ?
. Existe-t-il une morale universelle ?
. Existe-t-il un meilleur régime politique pour l’homme : La démocratie ?

En s’appuyant sur les sciences dites « dures » de la mathématique jusqu’à la physique quantique, aussi bien que sur les sciences « molles », sociales, en passant par la philosophie et la théologie voire par la poésie, vécue comme « autre manière de lever le voile sur la réalité », il va saper ce que vous croyez le plus profondément ancré en vous, quel que soit votre position initiale: matérialiste ou spiritualiste.

Il devrait petit à petit, vous permettre de comprendre que nos certitudes sont ancrées dans des habitudes de pensées historiquement et culturellement datées, qu’elles sont le reflet plus ou moins exact de notre milieu (choisi ou subi), et qu’in fine, l’important n’est pas le précipité (Dieu existe ou non). L’important, c’est le chemin. L’important, ce sont les arguments sur lesquels nous construisons ces certitudes ce qui nous conduit à reconnaître la vacuité de nos conclusions.

Bien sûr, nous ne sommes pas nécessairement tous prêts à abandonner le confort de nos certitudes. Nous ne sommes pas tous prêts à affronter ce vide insondable –inconfortable.

De cette prise de conscience naît un vertige. Un vertige terrible. Mais de cette prise de conscience naît également un sentiment puissant : celui de la tolérance. Car puisque toutes nos certitudes se valent, l’important est ailleurs. Il est dans le dialogue, l’échange, la capacité à comprendre les arguments et la position de l’Autre. Dès lors, il n’est plus nécessaire de se battre ou de combattre.

A la fin du voyage il est possible que ce sentiment d’angoisse se soit transformé en formidable appel vers la liberté....

« Comme Czerny avait composé de merveilleux Exercices pour délier les doigts, nous aurons la chance d'avoir grâce à Marc Favero des Exercices pour délier l'esprit. Délier l'esprit, c'est le détacher de toute croyance ».

Nicolas Grimaldi, philosophe


portraits

La Corse, terre de lé́gendes, de labeur et parfois de souffrances, reste pour ses habitants un morceau d’eux-mêmes dont il est impossible de se dé́tacher malgré un mariage d’amour parfois houleux.

Entre réalisme et fantastique, ce petit recueil fait revivre l’espace de quelques nouvelles un passé qui semble à jamais révolu, et des personnages parfois hauts en couleurs qui faisaient la beauté de ces contreées aujourd’hui désertées.

nouvelles

Né en 1965, Joseph-Antoine Salviani est enseignant en lettres modernes dans un lycée de Bastia ; viscéralement attaché à sa langue et à cette Corse de l’intérieur, il a voulu, le temps de dix nouvelles plus ou moins réalistes, nous replonger dans l'atmosphère d'une île émouvante, parfois drôle et ô combien complexe.

almetu

Juin 2016

liviamusanostra

Mai 2016

Damaso Maestracci, peintre et sculpteur d'Occhiatana en Balagne !

damaso
Les éditions Lieux Dits
ont le plaisir de vous annoncer la parution prochaine du livre

Corse, l'île réinventée - Damaso Maestracci


dans la collection nationale des Images du patrimoine.

Corse, l'île réinventée
Damaso Maestracci

Damaso Maestracci, certainement l'artiste corse le plus productif et le plus fantasque de sa génération, s'est imposé comme l’un des acteurs du renouveau de la statuaire corse. Cet artiste populaire et itinérant a laissé de nombreuses œuvres sur le sol corse, et particulièrement dans son village d'Occhiatana en Balagne.

Auteurs : Collectivité territoirale de Corse, Service des Patrimoines.
Texte : Julia Tristani et Sophie Cueille
Photographies : Pascale Neri
Cartes : Gil Novi

112 pages / 225 illustrations
24 x 30 cm - Couverture souple à rabats
Prix de vente public : 19 €

Le livre sera en librairies le 8 juillet.

Il est dès maintenant disponible en souscription à prix réduit :
16 € port compris (au lieu de 19 €) !

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Pour acheter directement l'ouvrage en souscription sur notre site
ou imprimer la souscription papier, cliquez ici !

Offre valable jusqu'au 8 juillet 2016.

Damaso Maestracci (1888-1976)
Déjà enfant, il est attiré par l’art. Mais ce n’est qu’en 1921 qu’il s’inscrit à l’école des Beaux-Arts de Marseille pour suivre un enseignement en dessin et en sculpture. Originaire d’Occhiatana, en Balagne, il se partage entre son village et Bargemon dans le Var, celui de de son épouse Apollonie.

Des années 1920 à la fin de sa vie, il privilégie sa carrière de sculpteur. Porté par la dynamique et le flux des divers milieux intellectuels et politiques insulaires, il participe à la création d’une véritable thématique populaire de « types corses », réalisant bustes, statuettes, médaillons et têtes de pipe dont certains figuraient à l’Exposition internationale de 1937.

Présent dans diverses manifestations à Paris, à Monte-Carlo, à Marseille ou à Bastia, il s’impose comme l’un des acteurs du renouveau de la statuaire corse. Religieuse ou civile, son œuvre se distingue autant dans les églises et les espaces publics que chez nombre de particuliers pour son réalisme teinté parfois de naïveté mais toujours empreint d’une farouche volonté de faire de l’art.

Si l’on trouve dans de nombreuses églises corses des statues de saints ou des bas-reliefs signés de la main de cet artiste populaire et itinérant, les deux réalisations les plus étonnantes de son parcours restent sans conteste sa maison balanine et son tombeau, devenu Monument historique en 1989.

nn

éditions Lieux Dits
17, rue René Leynaud - 69001 Lyon
04 72 00 94 20
contact@lieuxdits.fr
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Avril 2016

semaine

Ghjiseppu Turchini et le rire

turchini

Le coup de cœur de InCorsica : Jean-Jacques Colonna d'Istria

jjjj

Je reproduis ci-dessous le point de vue publié sur musanostra de Kevin Petroni sur la littérature corse en général et les trois auteurs corses publiés chez Actes Sud (Predali, Ferrari et Biancarelli).

A propos de

Le Groupe corse d’Actes sud

À Marco Biancarelli,

« Je demandais à Jean-Baptiste ce qu’il cherchait à faire, lui, en prenant la Corse comme cadre de ses fictions. Il m’a répondu après avoir réfléchi qu’il essayait sans doute de «faire accéder la Corse à la dignité littéraire» et, en l’entendant, j’ai eu immédiatement la certitude qu’il venait de m’offrir les mots qui me manquaient pour décrire ma propre entreprise, celle de Marco Biancarelli et de quelques autres. »
Jérôme Ferrari, Sous les clichés, une île, Libération, le 2 avril 2011.

Le champ littéraire de la Corse, local pour certains, est selon moi en voie de nationalisation. Au niveau local, la Corse se caractérise par un champ littéraire situé avec des éditeurs, des auteurs, des institutions luttant pour le prestige symbolique et commercial dans un espace délimité. C’est un champ littéraire dominé d’un point de vue littéraire et d’un point linguistique. Au niveau national, il est dominé par le champ intellectuel (Université de Corse) et le champ politique (Collectivité Territoriale), deux instances qui ont pour but d’établir l’imaginaire national de l’île. En tant que langue de recréation, peu parlée et peu connue au niveau mondial, le Corse a pour but d’importer des formes littéraires prestigieuses au niveau international et de s’exporter par ses traductions. Le « nationalisme » impose un contrôle politique, forcément restrictif, sur un champ qui devrait avoir pour but l’autonomie. Dans cette situation, certains auteurs ont décidé d’adopter une position différente. Jérôme Ferrari, Marco Biancarelli et Jean-Baptiste Predali, en publiant chez Actes Sud, ont décidé d’appliquer une poétique ambitieuse, rendre à la Corse « sa dignité littéraire » en s’attaquant à une image exotique de l’île imposée par Mérimée et en rompant avec la soumission du champ littéraire au champ politique. Le parcours de ces écrivains, ainsi que la stratégie qu’ils mettent en oeuvre pour intégrer Actes Sud, être lu par un large public et consacré par le milieu littéraire, leur a aussi permis de défendre une conception nouvelle de la Corse et de la littérature corse.

Leur parcours professionnel et personnel influe t-il sur leur entrée en littérature ? Puis, au-delà de la question politique et/ou personnelle, il faut s’intéresser à la stratégie littéraire mise en oeuvre par Jérôme Ferrari, Marc Biancarelli et Jean-Baptiste Predali pour être lus et consacrés; une manière de passer du local au national par le choix d’un éditeur singulier, Actes Sud. C’est à partir de la poétique de ce groupe que je définirai ma propre vision de la littérature corse contemporaine, de ce que j’entends par cette appellation, de cette littérature qui est « toujours déjà » dominée.-

Le parcours personnel et professionnel des trois auteurs me renseigne sur les rapports qu’ils entretiennent avec l’île. Je commencerai par évoquer leur enfance et le thème de l’exil. Car chaque auteur a connu le retour en Corse ou le départ. Né à Paris, réalisant des études à l’Université Paris I, études qui le mènent à l’agrégation de philosophie, Jérôme Ferrari décide de s’inscrire au DEA « Langue et civilisation corses » de l’Université de Corse. Outre le mythe du retour sur le sol natal, thème cher à Jérôme Ferrari, son inscription dans le champ intellectuel corse traduit une volonté de l’auteur de participer aux problématiques insulaires liées au Riacquistu. Marco Biancarelli, né à Blida, retourne en Corse à l’âge de dix ans. Loin du mythe du retour aux racines, Marco Biancarelli étudie les « Langue et civilisation corses » à l’Université de Corse. Son attitude vis-à-vis de la langue corse peut être perçue de deux façons: une manière de renforcer l’héritage de son père, le Corse de l’intérieur des terres, et le Corse de l’Université sur lequel il pose un regard critique. Jean-Baptiste Predali est le seul à avoir passé son enfance et sa jeunesse en Corse. Après le Lycée Fesch d’Ajaccio, il étudie au Lycée Masséna de Nice et à l’ENS Saint-Cloud, pour intégrer enfin le CFJ dans le but de devenir journaliste. C’est une manière de s’implanter dans le champ intellectuel local puisqu’il débute sa carrière à France 3 Corse.

Leur profession les insère directement dans le champ intellectuel de l’île.
Jérôme Ferrari est professeur de philosophie à Bastia. Il a enseigné à Porto Vecchio, où il a rencontré Marco Biancarelli, à Ajaccio, à Abu Dhabi et à Paris. Traducteur, éditorialiste, il tient aussi une chronique hebdomadaire dans le journal catholique La Croix. Marco Biancarelli, de son côté, enseigne le Corse au Lycée de Porto-Vecchio. Traducteur, dramaturge, chroniqueur, il est aussi l’animateur de blogs littéraires de langue corse et de langue française. Comme Jérôme Ferrari, Marco Biancarelli occupe aujourd’hui une position d’intellectuel longtemps contestée pour ses raisonnements dérangeants au sujet notamment du nationalisme ou de l’aveuglement d’une partie du champ intellectuel, préférant ignorer dans les années 90 la violence de la société corse. Jean-Baptiste Predali est journaliste, d’abord à France Télévision, puis à La Chaîne Parlementaire. Si son activité professionnelle paraît éloignée de la Corse, l’auteur n’en demeure pas moins lié à elle par son oeuvre, qui traite exclusivement de l’île, et par certains de ses articles parus notamment dans la revue A Pian d’Avretu. Son oeuvre porte sur deux périodes sombres de l’histoire contemporaine corse, à savoir son occupation par l’Italie mussolinienne (Autrefois Diana) et la désillusion du mouvement nationaliste dans les années 90 (Une affaire insulaire ; Nos Anges)

Entrée en littérature
Dans Vae Victis, M. Biancarelli écrit: « Mon sentiment est tel qu’il existe ici, comme sans doute partout ailleurs, deux types d’intellectuels: les officiels, ceux qui chez nous ont par exemple émergé ces vingt dernières années en se greffant aux différentes institutions de l’île (…), dont la place ne semble pas contestable, et ceux que l’on pourrait qualifier selon d’où l’on observe de marginaux ou alternatifs, c’est-à-dire ceux, auteurs, artistes, poètes, qui ont dû se construire le plus souvent hors des circuits du pouvoir, pour exister, se débattre, et faire entendre leur voix dans une sorte de construction de leur oeuvre que l’on peut comparer à un combat permanent. » L’auteur s’intéresse à la lutte qui existe au sein du champ intellectuel pour l’obtention de la place. Il évoque une spatialisation dans laquelle il se trouve en situation de marginalité, de minorité, de dominé. Exister, verbe renvoyant à l’idée d’être lu, ce que l’édition corse n’assure pas. De son côté, auteur d’un recueil de nouvelles et d’un roman aux éditions Albiana, Jérôme Ferrari connaît le même problème et souffre de la même difficulté: celle d’appartenir à un champ éditorial mineur, dominé par le champ politique et ignoré par les lecteurs. Jean-Baptiste Predali n’a
jamais publié chez des éditeurs régionaux et n’est donc pas concerné ici.
Comment cette motivation de s’inscrire en Corse trouve, dans le choix de l’éditeur Actes Sud, la concrétisation de ce projet qui est de développer une vision nouvelle de la Corse et de sa littérature, une manière d’exister?

II

Une écriture de la transgression

Leur écriture est considérée en Corse comme polémique, je voudrais traiter des actions de Jérôme Ferrari,
Marco Biancarelli et Jean-Baptiste Predali dans le champ littéraire.

Le style qu’ils adoptent rompt avec les codes esthétiques insulaires.
Dans Vae Victis, M.Biancarelli écrit :
« Ma langue à moi, donc, les a heurtés, comme s’il était réellement sérieux et pertinent de discuter de la langue d’un auteur (…), mes thèmes d’écriture les ont choqués ou révoltés. Comment pouvait-on écrire en corse sans, la gorge nouée, les veines du cou gonflées et la face écarlate, hurler qu’on est un militant de la langue? Comment oser souiller l’idiome de nos ancêtres avec des emprunts populaires ou pire des mots cochons et des images de stupre? »
Une nouvelle fois, je constate que le champ littéraire, en voie de nationalisation, dominé par la question militante, empêche l’écrivain d’exercer sa liberté de création, sa liberté d’introduire dans le lexique corse des termes polémiques qui ont pour but de révéler une certaine réalité du lieu à partir duquel l’auteur écrit. Car c’est aussi un message politique qui est combattu, au-delà de l’acte libérateur réalisé par Biancarelli, celui d’une illusion communautaire.

Le thème central des romans de Marco Biancarelli demeure celui du « suicide collectif »: une terre, livrée à elle-même, sur laquelle des habitants censés partager les mêmes valeurs se livrent une guerre impitoyable pour le pouvoir ou la survie. Jean-Baptiste Predali, lui aussi, en s’attachant à la description d’une Corse collaborant avec l’occupant fasciste ou d’une Corse livrée aux désillusions nationales, développe des thèmes polémiques.
De plus, au sujet de leur poétique, ces auteurs luttent contre « une image exotique de la Corse », collant à l’île et à ses habitants depuis Colomba. « Mon roman, Orphelins de Dieu, est un anti-Mérimée. Je reviens aux sources orales de l’île, à sa culture populaire. Dans cette Corse plus réelle, se déploie une violence bien plus médiocre que celle qu’a héroïsée Mérimée. Oui, Mérimée est quelque part dans ma conscience. » Face au cliché, Marco Biancarelli propose une Corse réaliste, travaillée à partir de la culture populaire de l’île et non de la vision, du « dominant », du « colonisateur », pour reprendre son vocabulaire.

Publiés chez Actes Sud, maison fondée dans les années 80 par l’écrivain Hubert Nyssen, pour justement contester l’hégémonie parisienne, ainsi que pour proposer des oeuvres et un fonctionnement éditorial différents, par le choix d’oeuvres de langue moins prestigieuse sur le marché mondial de l’édition (catalan, corse). Jérôme Ferrari y sera publié en 2006 avec Dans le secret. Depuis ce jour, l’intégralité de son oeuvre est publiée chez Actes Sud et son premier recueil, Variétés de la mort, a été racheté par la maison. Seuls Aleph zéro, son premier roman, reste disponible chez l’éditeur régional Albiana et son dernier livre, À fendre le coeur le plus dur, co-écrit avec l’écrivain Eric Rohe, a été publié aux éditions Inculte. De son côté, Jean-Baptiste Predali a toujours été publié chez cet éditeur et est le pionnier des auteurs corses dans la maison puisqu’il l’intègre en 2003 avec Une affaire insulaire. M. Biancarelli intègre les éditions Actes Sud par la publication de Murtoriu dans le domaine étranger. Un changement de langue important se confirme avec la publication d’Orphelins de Dieu en 2014.

Des auteurs qui se reconnaissent
Enfin, pour comprendre cette notion de groupe, il faut encore revenir sur les liens qui existent entre ces trois auteurs.
Premièrement, ils se lisent. Marco Biancarelli a lu Une affaire insulaire et en fait mention sur le site de FX Renucci.. Il ajoute d’ailleurs un élément au sujet de la publication d’un article de Jean-Baptiste Predali dans la revue A Pian d’Avretu, portant sur Bob Dylan. Jérôme Ferrari lit également Jean-Baptiste Predali puisqu’il écrit la chose suivante à son sujet: « Je suis très heureux de lire un article sur l'oeuvre de Jean-Baptiste Predali. Voilà un auteur dont, pour le coup, on ne parle jamais. »

Un événement, organisé par Musanostra a pour la première fois réuni les trois auteurs à Lozzi, au coeur de la Corse : les échanges autour du choix de la langue et de leur horizon culturel respectif ont été fructueux (Musanostra.fr, archives, Café littéraire d'août 2014) La citation, placée en exergue de cet article, montre bien qu’il existe une relation particulière entre eux, qui définit toute une poétique insulaire contemporaine autour d’un objectif commun. Jérôme Ferrari et Marco Biancarelli sont très liés amicalement et littérairement. Le premier est ce que l’on pourrait nommer avec Pascale Casanova un consacré-consacrant. C’est-à-dire un écrivain, reconnu par des instances de consécration, qui donne un peu de son prestige à un autre écrivain dans le but de le faire accéder à la visibilité littéraire. Lors de la traduction de Murtoriu, Jérôme Ferrari écrit: « Ce que j'espère, c'est que la traduction de « Murtoriu » soit éditée dans une maison d'édition nationale, pour que le livre ait ses chances. Les livres de Marco n'arrivent pas à avoir une vraie réception. Ils souffrent d'abord d'être diffusés à une échelle trop régionale; puis il y a un problème sociologique qui fait que personne n'imagine qu'un bouquin traduit du corse puisse être une traduction d'une langue étrangère. C'est épuisant de faire un livre et de savoir par avance qu'il aura maximum vingt lecteurs. C'est dur de continuer à écrire dans ces conditions-là. » Toutefois, Marco Biancarelli joue un rôle considérable dans la carrière de son ami. C’est lui qui promeut le roman Balco Atlantico à Porto-Vecchio pour que le romancier, encore méconnu, puisse vendre et communiquer autour de ses ouvrages. C’est également lui qui rédige l’article du journal Libération daté du 17 et 18 novembre 2012 sur la consécration de Jérôme Ferrari. C’est aussi lui qui permet à l’auteur du Sermon sur la chute de Rome de progresser dans son écriture. La traduction des oeuvres de Biancarelli influence inévitablement le Prix Goncourt qui tente à sa manière de s’approprier le style acerbe de son ami.
Je remarque donc qu’une poétique partagée, associée à une série d’actions coordonnées dans le but d’intégrer Actes Sud, conduit à l’édification d’un groupe dont la spécificité est de redonner à la Corse sa place dans le champ intellectuel et littéraire aussi bien national que mondial.


-III

La littérature corse, tentative de définition


Différentes notions de littérature nationale s’affrontent dans le champ intellectuel corse. Je désirerais revenir sur la notion canonique de littérature nationale. J’entends par là un corpus d’oeuvres et d’auteurs de langue corse.
Ce corpus existe puisque Jean-Guy Talamoni l’a théorisé. Il s’agit du Primu Riacquistu, période dans laquelle on retrouve des écrivains comme Sébastien Dalzetto, auteur de Pesciu anguilla ou encore Santu Casanova, le créateur de la revue A Tramuntana, auteur cité d’ailleurs par Marco Biancarelli dans Orphelins de Dieu.
Toutefois, il existe une autre proposition concernant la littérature corse qui n’exclut pas les textes écrits dans d’autres langues que la langue corse. C’est une thèse désirant intégrer toutes les expériences capables de rendre compte du rapport à l’insularité. Cette définition est défendue par Jean-Guy Talamoni dans Littérature et politique en Corse. Je cite: « (…) Considérer comme faisant partie de la littérature corse les textes mobilisants deséléments de notre imaginaire national- mythes, thèmes, motifs, figures- (…). » Néanmoins, cette dernière idée me gêne. La proposition de Jean-Guy Talamoni laisse de côté la dimension linguistique au profit de la dimension politique. La littérature corse se définirait à partir d’un ensemble d’éléments appartenant à « nos » lieux de mémoire comme la vendetta, le châtaignier, les valeurs guerrières etc. Elle me paraît encore beaucoup trop large pour définir la littérature corse dans la mesure où il m’est très difficile d’établir l’« imaginaire national » d’une société qui a renoncé à cette culture traditionnelle et à l’idée même de former une nation. Il me reste a lors à définir ce que j’entends par la littérature corse contemporaine.
Contrairement à Jean-Guy Talamoni, je crois en l’importance de la langue, je crois que ce qui définit la littérature corse contemporaine, c’est un certain sabotage du français, une manière d’introduire dans cette langue une pratique qui vient contrarier, saborder en son sein un usage dominant de la langue. C’est ce que Gilles Deleuze et Félix Guattari définissent sous l’appellation de « littérature mineure »: « Une littérature mineure n’est pas celle d’une langue mineure, plutôt celle qu’une minorité fait dans une langue majeure.»
Dans cette phrase se trouve peut-être la réponse au changement de langue de Marco Biancarelli et au choix du français par les écrivains de mon corpus. Il s’agit de restituer des expériences du déchirement, des expériences qui rendent compte d’un adieu à la culture corse, d’un adieu à cet imaginaire national devenu inaccessible si ce n’est dans une construction ayant pour vocation un projet politique réactionnaire.
Les héros des romans étudiés racontent cette expérience de l’impossible retour aux origines ; et si l’on considère avec Pascale Casanova que la traduction ne désigne pas simplement l’adaptation d’un texte dans une langue ciblée, mais « toute la série des stratégies visant à faciliter le passage de la frontière littéraire », Jérôme Ferrari, Jean-Baptiste Predali et Marco Biancarelli sont des auteurs « toujours déjà » traduits dans la mesure où ils rendent compte « d’une dépendance littéraire », d’une langue qu’ils sont à la fois contraints de parler parce qu’elle est la langue de la littérarité, et celle qui s’est substituée à une culture perdue. En somme, la définition que je peux donner de la littérature corse contemporaine est celle d’une expérience de la domination faite dans une langue dominante. Murtoriu ne désigne pas le contre-exemple de mon argumentation, mais son symbole : celui d’un personnage ayant fait de la langue de ses parents son abri jusqu’au jour où la mort de Mansuetu, son ami, le conduise à renier son impossible combat au profit de la vie. Murtoriu représente alors le passage du corse au français, de l’impossibilité de résister à la domination. Un renoncement.

Exilé sur sa propre terre.
C’est peut-être l’expérience que ces auteurs mettent en perspective. Leur principale motivation a été de s’inscrire dans le champ intellectuel de leur île. Pour ce faire, ils ont développé une poétique transgressive les ayant conduits à la marginalité au niveau local et à la recherche d’un éditeur national, Actes Sud, qui, par sa politiqueéditoriale contestataire, favorable à la diversité, leur a garanti une existence dans le champ. Cette stratégie m’a enfin permis d’établir une nouvelle conception de la littérature corse, une conception contemporaine de cette littérature que je qualifie de mineure si je pense à Gilles Deleuze et à Félix Guattari; de traduite, si je songe à ces mots de Pascale Casanova : « Pour un écrivain dominé, lutter pour l’accès à la traduction, c’est en effet lutter pour son existence même en tant que membre légitime de la République mondiale des Lettres, pour l’accès aux centres, aux instances critiques et consécratrices, pour être lu par ceux qui décrètent que ce qu’ils lisent vaut d’être lu etc. »
Kévin Petroni.

Mars 2016

Printemps des poètes 2016 : la Corse à l’honneur

Printemps des poètes 2016 : la Corse à l’honneur
du mercredi 23 mars à 10h00 au samedi 26 mars à 18h00 à l'Institut français d'Alger

Comme chaque année, la programmation de printemps de l’Institut Français d’Alger fait la part belle à littérature en général, et en particulier à la poésie, avec une déclinaison algérienne du Printemps des poètes.

Printemps des poètes Retour à la liste

Lectures, spectacles, ateliers, animeront cette fin de semaine à l’Institut, mais aussi chez des partenaires extérieurs comme la Galerie Benyaa ou le centre archéologique de Tipasa qui nous accompagne depuis deux ans pour le Tipasa des Poètes, coorganisé avec l’AARC. Cette année, des poètes insulaires viendront nous rendre visite, ainsi que les éditions Bruno Doucey, qui éditent depuis quelques années de la poésie algérienne de langue française et notamment la documentariste Habiba Djahnine.

Pour l’édition du Printemps des poètes 2016,

la Corse sera à l’honneur avec :

Danièle Maoudj, poétesse

Co-fondatrice du Festival du Film des Cultures Méditerranéennes de Bastia, membre
du Festival du Film International Amazigh en Algérie. Poétesse. Dernier ouvrage paru
“L’eau des ténèbres” Colonna édition 2016.

Norbert Paganelli, poète

Président de l’Association PERFORMANCE (escales poétiques). A publié de nombreux
ouvrages en langue corse en édition bilingue. Prix du livre corse 2015.

Dominique “Dumé” Ottavi, chanteur

Homme de paroles, c'est un poète qui chante, un chanteur qui écrit, un écrivain qui conte, un conteur qui musique, un musicien qui joue à plein la comédie du vivre, du sentir, et du dire. Paroles Nomades et Voix Multiples: Dominique Ottavi

Ange François Filippi, éditeur (Colonna Editions).

Mercredi 23 mars à partir de 18h00 à la galerie Benyaa

Jeudi 24 mars à partir de 18h00 à l’Institut Français d'Alger

Samedi 26 mars à partir de 9h00 à Tipaza

natalevalli

catenacciu

gronde rr catinacciu

Février 2016

decapage

Janvier 2016

E fole di Ziu Antò

avolpe

"Monumenti" de Marcel Fortini

fortini

Decembre 2015

"E Fole di Ziu Antone", d'Antonu Marielli

folle

Trente-cinq signatures pour lutter contre la haine

Isabelle Luccioni - 14/12/2015

Trente-cinq auteurs corses qui se réunissent pour lutter contre le racisme, la xénophobie, le rejet de l'autre.

accolta

Trente-cinq personnalités différentes, aux options politiques et philosophiques aussi diverses qu'il y a d'individus unis dans un même cri : "La Corse, ce n'est pas ça !"

Pas cette société confinée dans ses égoïsmes qui ne voit pas plus loin que le bout de son jardin ou la porte de son immeuble.

Pas ces gens, pétris de leur propre certitude, incapables d'entendre et de reconnaître leur voisin comme un être humain parce qu'il porte en lui deux ou trois différences minimes.

Pas ces ovnis (objets votants non identifiés) qui se mobilisent pour un chien blessé (ce qui est louable) et gardent l'oeil sec devant le cadavre d'un enfant.

L'idée a été lancée et a prospéré grâce à Jean-Pierre Santini (qui est opportunément responsable de la maison d'édition A fior di carta) et Norbert Paganelli.

Et les auteurs ont joué le jeu.

Une forme d'ironie en fait. Éditeur contre éditeur, puisque la tête de liste du FN insulaire s'est aussi spécialisé dans la chose écrite...

tarra

Novembre 2015

Tarra d'accolta

Réunis par Jean Pierre Santini, 35 écrivains insulaires publient un ouvrage collectif témoignant de leur engagement contre la xénophobie ambiante. Parution le 5 Décembre prochain.

tarra

Alanu Di Meglio : Sintimi di sponda

dimeglio

Etienne Orsini : "Un visage ne va pas de soi"

Parution chez Recours Au Poème Editeurs du dernier recueil d'Etienne Orsini :Un Visage ne va pas de soi (en format numérique).

Présentation de ce livre par l'auteur, ainsi que Un paysage à l'arbre près, au centre culturel de Porticcio, le vendredi 30 octobre 2015, à partir de 16h30. 

visage

La littérature corse sur le net

Une nouvelle rubrique consacrée à la littérature corse sur le net devenait indispensable, vu l'ampleur du phénomène.
Dans la quantité de blogs, j'en retiendrai trois pour commencer : "Musanostra", "Invistita" de Norbert Paganelli et le blog de Marcu Biancarelli, ainsi que le nouveau site Tarrori è fantasia, sur lequel vient de s'illustrer notre amie Marilena Verheus avec une surprenante nouvelle, "Intervirtualità"...
Je citerai aussi "Pour une littérature corse", bien qu'il soit arrêté depuis deux ans. Mais les archives (passionnantes) sont encore accessibles.

marcu

05/02/2011

musanostra

musa

28/01/2011

gerda

Musique et polyphonie

Ghjermana de ZERBI : Cantu nustrale

Albiana

dezerbi

Une réédition bienvenue, celle de Cantu Nustrale de Ghjermana de Zerbi. Le première édition de cet ouvrage paru en 1981 était depuis longtemps épuisée. Nanne, Canti pè i zitelli, Serinati è canti d'amore, Lamenti d'amore, Canti di donne, Cuntrasti, Canti di a cuscrizzione, Canti di travagliu, Paesi è stagioni, Canzone d'elezzioni, Canzone scherzose è per ballà, Lamenti, Voceri è ballate, Cantu indiatu, Inni et enfin Paghjelle sont les chapitres de cet ouvrage de référence qui passionnera tout amateur de chant corse.
Cette troisième édition est pratiquement réalisée à l'identique de la première. Deux innovations : l'indication de l'incalcu (accent tonique) ainsi que des tablatures. L'auteure prépare, avec Mighele Raffaelli, une Antulugia di u Cantu nustrale que nous attendons avec impatience.

cantu

Un article de "Corsica" à télécharger :
http://info.club-corsica.com/cul_125_001.pdf

Jean-Claude CASANOVA :
A FILETTA  Tradition et ouverture - De la polyphonie corse au chant du monde

Préface de Ghjacumu FUSINA - Colonna Edition

livre

Pour commander (franco de port : 20 € par exemplaire chèque libellé à Colonna édition)

A FILETTA  Tradition et ouverture - De la polyphonie corse au chant du monde :

- par fax : au 04 95 25 30 67
- par tel : au 06 75 33 50 49
- par mail  : à colonnadistria.jj@wanadoo.fr ou sur le site de l'éditeur (paiement sécurisé Paypal)

- par courrier : Édition Colonna  - La maison bleue  - Hameau de San Benedetto
20167 Alata.

J'ai ouvert une page spécifique pour mon livre. Suivre ce lien. Et la page Facebook est .

Ghjacumu FUSINA - Gerda-Marie KÜHN - Harald ZEIHER :
Corsica ... un'Isula chì canta

Stamperia Sammarcelli

Sur une idée initiale de Gerda-Marie Kühn, la réalisation du projet de trois passionnés : offrir les paroles de chansons diverses en corse, en français et en allemand, traduites en français par Ghjacumu Fusina (lui-même auteur de certaines de ces chansons), en allemand par Gerda, et richement illustrées par les photos de Harald Zeiher.

A découvrir également ici (en allemand) :
http://www.erlebtemusik.de/isula.php

unisula

Les personnes intéressées par l'acquisition de cet ouvrage (25 € port compris) peuvent me contacter. Pour renseignements et/ou commandes: kuhn-korsika@wanadoo.fr

8 avril 2006 : La dédicace Antoine Ciosi

Le chemin des sources profondes, Albin Michel, 2005.
dedicace

Après Une odeur de figuier sauvage, chronique villageoise d'une enfance dans la Casinca, Antoine Ciosi poursuit le récit de la vie singulière d'un Corse dans le Paris des années 50.

Antoine Ciosi donne libre cours à son amour de la terre natale, chantant avec bonheur la ruralité perdue, son parfum et son authenticité, dans ce véritable hymne à l'île de Beauté.

Antoine Ciosi montre tous ses talents de conteur en lisant un passage de son livre, qu'il illustre également en chantant a cappella de sa voix à la tessiture exceptionnelle. Un très grand Monsieur.

ciosi odeur

Chants d'une terre - 40 ans de chanson corse

complète admirablement la suite autobiographique d'Antoine Ciosi.

ciosi

Philippe-Jean Catinchi : Polyphonies corses

Actes Sud / Cité de la Musique Arles, 1999

Historien, amoureux de musiques et de livres, Philippe-Jean Catinchi, que les spectateurs des Rencontres de Calvi connaissent bien, célèbre le métissage.
Son livre s'ouvre sur une vingtaine de lignes éclairantes d'Erri de Luca. Le renouveau des polyphonies s'inscrit pour Philippe-Jean Catinchi dans la recherche et la revendication d'une identité, même si diverses influences méditerranéennes se retrouvent dans ces « voix de la montagne ». Cet ouvrage très dense présente aussi une « Petite anthologie de poésie vocale corse », paghjelli, lamenti, voceri et hymnes guerriers, mais aussi un glossaire, une bibliographie et une discographie, sans oublier le CD.

pjc

Tout simplement indispensable.

Frank Tenaille : Corse - Polyphonies et chants

Non moins indispensable !

tenaille

Dominique Salini : Histoire des musiques de Corse

Editions Dumane

Un livre passionnant sur l'histoire des musiques de Corse, à partir d'une lecture renouvelée de la notion de musique traditionnelle.

musiques


Antoine Massoni : Les Musiques de Corse - Chants, instruments et danses - Tradition vivante

Editions Alain Piazzola

musiques


L'auteur, musicien de jazz et membre de l'association Voce Cumune, dresse un inventaire de l'ensemble des formes musicales corse, en les replaçant dans l'espace musicologique méditerranéen. Passionnant.

Frédéric Ortoli :
Les Voceri de l'île de Corse


voceri

Pierre-Antoine Beretti :
50 tubes qui ont fait l'histoire de la chanson corse

tubes

Marie Ferranti :
Les Maîtres de chant 

ferranti

Parution : 30-10-2014
«L'art poétique des polyphonies corses, connu de moi dès l'enfance, m'a portée à aimer le baroque, Ovide, le chant grégorien, les sonnets de Shakespeare, l'expression du désir anéanti, du désastre, de la langue perdue, Giotto, Piero della Francesca, la couleur terre de Sienne, les gisants napolitains, l'Iliade d'Homère, les messes des morts, le Miserere d'Allegri, les lamenti, la profonde solitude, Les Regrets de Du Bellay, l'amitié de haute valeur, la révolte, le vertige du ressassement et, par-dessus tout, l'instinct artistique.» 
Né d'une pérégrination dans divers lieux de concerts de l'île et d'une réflexion sur la musique et sur l'art, ce récit nous invite à une flânerie chaleureuse dans l'imaginaire corse, qui touchera les amateurs de musique, au-delà des aficionados de la polyphonie insulaire.

Collection Blanche, Gallimard
464 pages, 140 x 205 mm 
Achevé d'imprimer : 15-10-2014

Randonnée

Les livres sur le GR20

Le GR20 de Jean-Paul Quilici

gr20

Randonnées : Lire la suite →

Nature

La Flore des maquis, de Jacques Gamisans

Albiana

florea

Premier guide pratique de reconnaissance des plantes insulaires à partir de photos détaillées, l'ouvrage est destiné à accompagner les amoureux de la nature, simplement glissé dans une poche. Deux photos par page, un descriptif succinct de la plante et quelques infos pour en savoir plus permettront au lecteur un usage simple, rapide et fiable in situ. L'ouvrage fait partie d'une collection de trois (étage littoral, étage montagnard et le présent : étage méso et thermoméditerranéens ou de basse et moyenne altitude). Il est bâti selon le principe des végétations associées (lieux humides, maquis, forêts, etc.).

gamisans

Guide du Conservatoire du Littoral :
Promenades écologiques et littéraires

Actes Sud

conservatoire

Lucette PONCIN :
Guide du Taravo - Patrimoine d'une vallée

Ed. Alain Piazzola

taravu

Alain GAUTHIER

chemins

gauthier


Alain Gauthier a reçu le prix « Sciences » du Prix du Livre Insulaire à l’occasion du 9ème Salon International du Livre d’Ouessant pour :

DES ROCHES, DES PAYSAGES ET DES HOMMES
Géologie de la Corse

La Corse est une montagne dans la mer. Son relief, sa nature et l'art d'y habiter ont été façonnés par une histoire géologique très originale...

Le texte du jury

Cet ouvrage de deux cent soixante dix-huit pages, riche de centaines d'illustrations, a pour ambition de faire comprendre au travers d'observations locales, la géologie de la Corse et l'importance que revêtent les roches dans la structure des paysages comme dans le quotidien des Corses.

L'iconographie est remarquable, le propos scientifique de haute tenue, avec un souci constant de vulgarisation. Intitulé "Allons sur le terrain", le coeur du texte invite à une promenade géologique dans la Corse occidentale que l'on pourrait aussi qualifier de Corse ancienne granitique puis dans la Corse orientale qui relève du plissement alpin, pour finir dans les paysages composites qui forment la transition entre la Corse granitique et la Corse alpine.
Mais avant d'aborder cette promenade géologique, le lecteur est initié aux bases de l'histoire géologique de la Corse et aux différents types de roches ; puis lui sont présentés les usages qui ont été faits des roches à travers les âges pour s'abriter, se nourrir, se défendre, se déplacer, prier. Sont également évoqués l'exploitation minière et le thermalisme. Au final, cet ouvrage prouve que la vulgarisation de haut niveau est possible en géologie et surtout que le livre en reste le vecteur naturel.

Da Campumoru à Senetosa - L'omini in l'orta llu ventu

ELISA (Syndicat intercommunal pour la gestion des espaces naturels littoraux du Sartenais)

La côte entre Campomoro et Senetosa est désormais protégée par le Conservatoire du littoral et les communes de Sartè, Grossa et Belvidè-Campumoru. Cet ouvrage se présente comme une promenade dans ces "jardins du vent", joliment illustrée d'aquarelles de Denis Clavreul.

campomoru

Gilles Faggio et Cécile Jolin : La Nature en Corse

faggio

Du Cap Corse aux bouches de Bonifacio, de l’étang de Biguglia au sommet du Monte Cardu, la Corse offre une exceptionnelle diversité de paysages et de milieux. Haute montagne, plaines et piémonts, forêts et maquis, pozzines et cours d’eau, littoral et marais d’eaux saumâtres, sans oublier les espaces villageois et urbains, sont autant d’habitats pour une faune et une flore où coexistent espèces dites communes et espèces rares ou endémiques.
Gilles Faggio et Cécile Jolin nous convient à la découverte de cette précieuse biodiversité et nous font partager leurs connaissances et leur passion. Leur livre est une invitation à arpenter les chemins de Corse et à découvrir, observer et admirer une nature accessible à tous. Sitelle de Corse, panicaut de mer, mouflon de Corse, pin laricio, posidonie, anax empereur, grande noctule, ciste de Montpellier, lézard tyrrhénien, goéland d’Audouin, discoglosse corse, chêne-liège… sont quelques-unes des nombreuses espèces d’oiseaux, d’insectes, de poissons, de mammifères, de batraciens, d’arbres, de plantes et autres, rencontrées dans cet ouvrage. Près de 300 photographies et dessins illustrent le propos, complété par un glossaire et une carte.

Gilles Faggio est chargé de mission au Conservatoire d’espaces naturels de Corse. Ornithologue, il a participé à une centaine d’articles scientifiques, documents de vulgarisation et rapports d’études.
Cécile Jolin est naturaliste, spécialisée en ornithologie, herpétologie et batrachologie. Que ce soit en Normandie, en Bretagne ou en Corse, elle a participé à plusieurs études scientifiques concernant les oiseaux. 

La nature en Corse

Guides touristiques

Evasion Corse par Pierre Pinelli

Hachette Tourisme

evasion    

Je n'ai vu que la vidéo (signalée par Carole sur son site) qui fait la promotion du nouveau guide Hachette sur la Corse ; ce petit film fait espérer un guide sortant des sentiers battus.

Je vous en reparle dès que je l'aurai eu entre les mains !
Chose promise, chose due : ce guide est excellent. Quelques belles randonnées en fin d'ouvrage

Littérature corse

Mathieu Ceccaldi : Anthologie de la littérature corse

Editions Alain Piazzola

ceccaldi

Réédition aux Editions Alain Piazzola de la "bible" de la littérature corse publiée en 1973 par Klincksieck.

De Salvatore Viale à Noêl Rocchiccioli en passant par Santu Casanova, Dominique Carlotti et Anton Francescu Filippini...

Evidemment, compte tenu de la date de parution initiale, le lecteur ne doit pas s'attendre à y trouver "a generazione di u 70".

Néanmoins tout aussi indispensable qu'à l'époque !

Jean-Guy Talamoni : "Littérature et politique en Corse"

talamoni

talamoni

L'auteur a accepté de répondre à un lecteur curieux de Musanostra

Bonjour M. Talamoni,

Vous venez de faire paraitre un livre de 471 pages, aux éditions Albiana, sous le titre "Littérature et politique en Corse". C'est en fait la publication tant attendue de votre thèse soutenue à l'Université de Corse en décembre 2012 ; pouvez-vous expliquer quels en ont été les fils conducteurs, quel était votre dessein, ou tout simplement comment vous avez cheminé, autour de quelle problématique ?
Faut-il retenir la première phrase de la quatrième de couverture ?

La quatrième de couverture, rédigée par l’éditeur et que j’ai évidemment validée, me paraît donner une idée exacte du contenu. Le résumer en une phrase : « Ce livre cherche à mettre au jour ce que nous dit la littérature corse sur la société insulaire d’hier et d’aujourd’hui. » Il s’agit donc de confronter la production littéraire des Corses eux-mêmes à la doxa, à la littérature romantique française, à l’ethnotype produit par la pensée simplifiante, à l’image d’Epinal en somme.

La question à laquelle j’ai tenté de répondre est donc : « La littérature corse et la littérature sur la Corse délivrent-elles la même vérité au sujet de notre peuple ? » Vous l’avez compris, ma réponse est largement négative : un travail méthodique sur les textes corses permet de faire litière de l’image d’Epinal.

Une thèse en un livre, avez-vous eu des difficultés à la réduire ? Est-ce l’éditeur qui s’en est chargé ?

En fait, elle n’a pas été réduite. L’éditeur a estimé qu’il était préférable de la conserver dans son intégralité. Seul l’intitulé et quelques titres ont été modifiés. La partie préliminaire (méthodologie et épistémologie), plutôt courte, est un peu technique. Certains lecteurs passeront directement à la première partie. À partir de là, le caractère universitaire est beaucoup plus discret et le texte se lit sans difficulté aucune. C’est du moins ce que m’ont assuré mes premiers lecteurs.

Sur la couverture, une photo de la Giustificazione… En quoi cet ouvrage d’il y a quelques siècles vous semble-t-il mériter cette place privilégiée ?

Il s’agit d’une proposition de l’éditeur. Elle était très logique puisque cet ouvrage est celui qui m’a servi de base pour repérer les éléments de l’imaginaire corse (mythes, thèmes figures…), à l’œuvre dans la littérature insulaire. Ensuite, j’ai suivi ces éléments à la trace dans les textes postérieurs, jusqu’à aujourd’hui. Pourquoi avoir choisi ce texte comme base ? Simplement parce que c’est un livre remarquable : un texte emblématique – le plus important de la période paolienne –, un texte politique, diplomatique mais également littéraire. Il constitue en outre une bible de l’imaginaire corse.

Quatrième de couverture… Partez-vous de l’idée que toute écriture est politique ou y a t-il quand même en Corse une littérature qui vise juste à faire du Beau ?

Tout dépend du point de vue. Pour l’auteur, toute littérature n’est pas forcément politique : le plaisir de composer un poème peut suffire, évidemment. Ou encore le besoin d’exprimer ce qui est en soi : par exemple, Lucciardi aurait commencé à écrire au moment de la mort de son fils. En sens inverse en revanche, pour le critique littéraire, il y a peu – ou pas – de textes qui n’ont qu’une dimension esthétique. Tout écrit délivre, il me semble, un enseignement d’ordre politique, en ce sens qu’il révèle – souvent à l’insu de l’auteur – certains éléments d’un système de valeurs propre à une société, voire d’une idéologie. Mais pour en revenir aux motivations des auteurs corses, l’enquête montre que ceux du premier Riacquistu (1896-1945), comme ceux du second (années 1970), ont clairement conscience de défendre, à travers leurs activités littéraires, la langue et l’identité corse. Il s’agit là de toute évidence d’un objectif politique.

Et cette littérature qui révèle les idéologies est-elle la même ici qu’ailleurs ?

Sur le plan du système de valeurs, l’étude du corpus corse met en relief des thématiques attendues, comme les armes, la vengeance, la guerre, la figure du bandit, le maquis, etc. Rien de très surprenant de ce point de vue. En revanche, ce qui est très intéressant c’est le contenu réel de ces éléments lorsque l’on sort de la pensée simplifiante et de l’éthnotype produit notamment par la littérature romantique française (Mérimée par exemple). L’approche complexe permet de s’apercevoir que la glorification des armes n’existe dans les textes corses que lorsque ces armes ont un usage public (la guerre pour défendre le pays, qu’il s’agisse de la Corse, comme au XVIIIe siècle, ou de la France, comme durant les deux conflits mondiaux). Lorsqu’elles ont un usage privé (vengeance par exemple) les armes ne sont pas valorisées. La figure du vengeur non plus d’ailleurs, à la différence de ce que l’on peut voir par exemple en Albanie. En Corse, le bandit est décrit comme un « malheureux » (disgraziatu), vivant dans une situation précaire. Le maquis n’est pas un refuge prestigieux mais un véritable enfer. Les textes corses insistent sur les privations matérielles et affectives qu’impliquent la vie au maquis… Enfin, la vendetta n’est nullement glorifiée mais présentée comme un choix par défaut : par exemple le lamentu de Ghjuvan Camellu Nicolai justifie la vengeance par le fait que la Cour d’Assises n’a pas rendu justice à la famille de la victime. C’est quelque chose que l’on rencontre beaucoup dans les textes, qu’il s’agisse de lamenti ou de romans…

Sur le plan de l’idéologie politique…

Sur le plan de l’idéologie politique, les textes sont également riches d’enseignements. Ils nous montrent comment s’est développée une pensée politique authentiquement corse à partir de la Révolution corse du XVIIIe siècle. Cette pensée est toujours d’actualité, de la même façon que la pensée politique française demeure de nos jours largement structurée par la Révolution française. Or ces deux révolutions ont été d’inspirations fort différentes. Comme l’a notamment montré Hannah Arendt, la Révolution française s’est développée autour du mot d’ordre d’« Egalité », elle a été fondée sur des abstractions comme la « volonté générale », elle a en outre consommé une rupture totale avec la tradition, notamment religieuse. En Corse, le mot d’ordre fut « Liberté », les abstractions ne furent point à l’honneur mais l’on fit plutôt application d’un certain réalisme machiavélien, propre à la pensée politique italienne. Par ailleurs, les Corses se refusèrent à rompre avec la tradition religieuse. Sur tous ces points, la Révolution corse a davantage préfiguré la Révolution américaine que la française… Tout cela est très important et il ne s’agit pas d’histoire ancienne : en France nombre d’acteurs politiques demeurent dans le fil de la Révolution française et du jacobinisme, lorsqu’ils ne se réclament pas explicitement de Robespierre comme Mélanchon… En Corse, l’héritage du paolisme n’est pas seulement revendiqué par le tiers de l’électorat qui vote nationaliste mais également par les forces dites « traditionnelles »… Il y a là sans doute une explication des difficultés persistantes entre la Corse et Paris, même si ce n’est sans doute pas la seule.

Vous apportez une approche qui va sûrement influer sur la façon d'appréhender dorénavant l'histoire de la littérature corse, celle de Primu riacquistu ; qu'est-ce qui le caractérise ?

En fait, s’agissant de cette période, j’ai voulu contribuer à en réévaluer l’importance. On parle généralement de littérature du « mentenimentu » (maintien), alors qu’il me semble réducteur de qualifier les auteurs de cette époque de simples mainteneurs, comme ceux du Félibrige. Je crois avoir démontré dans ma thèse qu’il y avait en fait un projet non seulement linguistique et littéraire, mais également politique, tout comme lors du « Riacquistu » (Réappropriation) des années 1970. C’est pour cela que j’ai proposé l’expression de « Primu Riacquistu ». Dans l’un et l’autre cas, ce qu’il s’agissait de se réapproprier c’était l’ensemble des attributs nationaux dont la Corse avait disposé au XVIIIe siècle. C’est très exactement ce qu’écrivent les auteurs de A Cispra en 1914 : « A Corsica ùn hè micca un dipartimentu francese mà una nazione vinta chì hà da rinasce ».

Les premières pages de ce livre, disons jusqu'à la page 55, révèlent l'ampleur de la tâche à laquelle vous vous êtes consacré ; après études de droit, travail de juriste, actions sur le terrain politique, comment avez-vous approché les notions d'analyse littéraire ( le jargon) ?

Ma thèse étant par nature transdisciplinaire, elle impliquait que je mette en œuvre des outils théoriques extérieurs à ma formation de juriste et à mon expérience de praticien de la politique. Il se trouve que je m’intéressais par ailleurs, depuis fort longtemps, à la littérature et à la critique littéraire. J’ai essayé d’utiliser les instruments à ma disposition.

Vous évoquez Julia Kristeva et sa présentation de "l'intertextualité" ; y a t-il un texte en corse, en italien, en latin ou en français dont vous avez pensé qu'il serait l'exemple idéal, le Jehan de Saintré d'ici?

Grande serait la tentation de choisir la « Giustificazione ». Julia Kristeva observe que « la structure du roman français au XVe siècle peut être considérée comme le résultat d’une transformation de plusieurs autres codes : la scolastique, la poésie courtoise, la littérature orale (publicitaire) de la ville, le carnaval. » La « Giustificazione » témoigne également de la transformation de plusieurs codes : la scolastique baroque et les ouvrages de théologie, la littérature orale corse, la littérature européenne plus moderne. On y trouve tout au long du texte « l’interpellation du lecteur » (« Chi ne dite, o lettore (…) ? ») comme dans « Jacques le fataliste » de Diderot, publié vingt ans après la Giustificazione, entre 1778 et 1780. Or, certains commentateurs actuels de « Jacques le Fataliste » qualifient ce procédé littéraire de post-moderne !

Un autre exemple : les écrits en prose de Santu Casanova, inventeur de la littérature politique en langue corse. Jacques Thiers a montré dans ses « Papiers d’identité (s) » que cet auteur a construit son style avec les matériaux à disposition : le tournures idiomatiques corses y voisinent, selon l’effet qu’il veut produire, avec des « codes » italiens ou français…

La Giustificazione en livre format poche, ce serait envisageable ? Mais cet ouvrage est il encore actuel ?

Pourquoi pas un livre en format poche? Mais alors traduit – en corse ou en français –, parce que le texte original en italien du XVIIIe siècle est un peu difficile d’accès. Il existe déjà une traduction en français de François Piazza mais j’attends avec impatience celle à paraître d’Evelyne Luciani qui comprendra un appareil critique considérable.

Pour répondre sans détour à votre question, oui, je pense que cet ouvrage est très actuel, parce qu’il constitue d’une part une bible de l’imaginaire national et d’autre part un texte fondateur de la tradition politique corse.

Propos recueillis en juillet 2013

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Par Marie-Jean Vinciguerra

Une réflexion originale sur l’imaginaire insulaire

Du discours politique au dévoilement de « l’imaginaire national corse », du dossier socio-économique en discussion dans l’enceinte de l’assemblée de Corse à la Dispute théologique, du plaidoyer de l’avocat à ce regard décapant porté sur la justice et le droit, cette fois, à travers la littérature du Primu Riacquistu**, quel étonnant chemin parcouru et quel défi relevé par Jean-Guy Talamoni, nouveau Docteur de l’Université Pascal Paoli !

talamoniNous ne lui ferons pas un mauvais procès. L’auteur n’avance pas masqué : il abat d’entrée de jeu ses cartes. Il ne renie pas ses engagements de militant et d’idéologue. Il affirme vouloir prolonger son action politique dans une démarche de recherche appliquée, « accéder, ainsi, à l’intelligence des mécanismes à l’œuvre dans la société corse en vue d’agir sur ces derniers » ! Pour redonner de la pensée à l’action politique- quel paradoxe !- c’est vers la littérature qu’il se tourne. Mais ne s’agit-il pas, en l’occurrence, pour ce « fou de littérature », d’une chasse spirituelle ? La littérature n’est-elle pas cet art de bien dire des choses essentielles ! Citant Ismaïl Kadaré pour qui « les petits peuples ont besoin de la littérature plus que les grands  »  ou encore Unamuno traquant «  l’essence de l’Espagne », Talamoni  ausculte manuscrits, revues, almanachs, brouillons, journaux, décrypte l’ imaginaire insulaire dans les « miroirs » des écrits de ces pionniers qui ont donné ses premières lettres de noblesse à la littérature imprimée en langue corse dans la diversité de ses nouvelles expressions ( journalisme, roman, drame …). Faisant la guerre aux clichés et à la pensée simplifiée, il  nous livre les pièces à conviction d’une véritable Somme  de nature à renouveler le débat sur des thèmes comme la violence, lavendetta, la justice qui n’ont jamais cessé d’être d’actualité. Il s’est doté pour cela des armes les plus performantes, une «  boîte d’outils conceptuels » ( « socio-critique », analyse structuraliste, théories de l’intertextualité, de la « critique génétique », « écoute polyphonique » de Bakhtine !…). Bourdieu,  Genette, Laforgue, Steiner, Barthes, Girard…n’ont plus de secrets pour lui. Cette démarche heuristique a le mérite en croisant les procédures de vérifier la validité des hypothèses et des résultats. Soumettant aux grilles de ses analyses les productions littéraires, il en  démonte la complexité. Aussi comprend-on qu’il privilégie dans son « discours de la Méthode » « la pensée complexe » d’Edgar Morin, préférant «le dialogique» à la dialectique de Hegel du dépassement par synthèse des contradictions .
Le Primu Riacquistu  est analysé comme ce moment critique où l’on passe d’une diglossie italien -corse à une diglossie français-corse, où s’ébauche une littérature en langue corse dans le contexte romantique d’un réveil des nationalités.

Une revisitation de la Giustificazione (1758)

Texte emblématique  vibrant de modernité où «  pour la première fois la discussion sur la tyrannie du prince et la légitimité de le renverser est conduite au nom d’une argumentation laïque », la Giustificazione est présentée comme la bible des valeurs et de l’imaginaire corse.
Mettant en valeur les  piliers d’une démonstration magistralement conduite (tyrannie d’usurpation et tyrannie d’exercice, concept deNation, recours à« la Raison toute nue », référence au droit naturel,  enfin, droit des peuples à disposer d’eux-mêmes), l’auteur souligne l’apport original des théologiens corses à l’école de Salamanque. On découvre un Talamoni rompu aux subtilités de la théologie. Doctor in utroque jure, serait-il un Docteur de l’Eglise  s’affirmant dans une Controverse renouvelée ? Une analyse particulièrement fine permet de repérer dans ce texte dépoussiéré la plupart des thèmes et des motifs de la représentation  que la société insulaire a pu se faire d’elle-même jusqu’à nos jours : rapport complexe des Corses aux armes, liens entre l’arbitraire judiciaire et la vendetta, qui se révèle pratique subsidiaire, colonisation et non-développement de l’île, structuration d’un système de valeurs autour de la morale et de la religion, figures du héros et du traître…
L’auteur marque bien l’originalité de la pensée des théologiens  corses,  de l’esprit des lumières italiennes et du pragmatisme machiavelien qui ont animé l’expérience paolienne:  Rôle des notables,  prégnance de la  tradition, des valeurs chrétiennes en harmonie avec une gestion laïque de l’Etat, méfiance à l’endroit des idées abstraites,,  valeur de la liberté l’emportant sur celle d’égalité, bref, une révolution qui serait plus proche de l’américaine que de la française…

Les contradictions insulaires, la complexité de notre imaginaire, les  paradoxales métamorphoses de ses « invariants », les oscillations entre la fascination droitière (irrédentisme,  fascisme, postures de Pierre Dominique, d’Abel Bonnard p.e) et l’esprit de gauche ou encore la tentation anarchiste (Dalzeto, Zevaco,…les mythes de Sambucuccio d’Alando,  de Sampiero, de Paoli, de Napoléon, évoluant au gré des vicissitudes historiques) font l’objet de pertinentes analyses. Pourquoi ne pas rechercher aussi du côté des « anti-lumières », les influences de cette tradition de pensée qui, de Vico, Burke, Herder à Sorel et Maurras, a combattu les Lumières françaises du XVIIIè, inspiratrices de la Révolution française ?

Dans la chair du texte
Les réponses aux questionnaires prolongent l’enquête sur les écrivains en éclairant des zones d’ombre et en nous faisant mieux connaître leurs positionnements politiques et la perception qu’en ont les familles. Plus palpitantes et révélatrices sont la présentation et l’analyse de textes emblématiques du Primu Riacquistu. U lamentu di u castagnu à u corsu , le discours de Petru Rocca  pour l’inauguration du monument de Ponte Novu, le chant des maquisards corses de S.J Vinciguerra, « l’étude génétique » de la Maria Gentile de Lucciardi, «  l’œuvre polyphonique » de Dalzeto permettent de mettre en valeur la symbolique des thèmes et divers motifs de « l’imaginaire spectral national ».

Enfin, Talamoni nous réserve encore une  belle surprise : la lecture de l’imaginaire corse et de son « ubiquité symbolique » dans « le miroir  déformant » et  « le miroir éloigné » d ’écrivains (corses ou non-corses) de langue française. On retiendra particulièrement  l’ analyse clinique des «  mythes personnels » d’auteurs dont les représentations relèvent d’un «  dédoublement de la personnalité » ( Pierre Dominique,  Pierre Bonardi), la pulsion de vengeance par procuration de Claude Farrère et, surtout, « l’esprit corse » de Paul Valery , empreint de la nostalgie de « cet exil désirable et doux dans l’île mère »

Tableau des acquis contrastés du Primu Riacquistu

Dans le troisième volet de son triptyque, l’auteur fait appel à la théorie des champs de Bourdieu , au polysystème de  Itamar Even –Zohar (bigre !) et encore une fois à la pensée  complexe d’E. Morin, pour dresser le tableau des acquis contrastés duPrimu Riacquistu. Bousculant bien des idées toutes faites, il passe en revue thèmes et topiques (Justice et institutions judiciaires, bandits et hors-la-loi, campagne et « maquis », honneur et «  point d’honneur », armes privées et armes publiques, amour et sexualité, fatalité et providence, élan national et esprit de parti. On ne s’étonnera pas de l’accent mis sur la permanence de l’idée nationale.
 L’auteur nous a-t-il convaincu ? C’est à chaque lecteur de répondre. Il a sûrement rendu notre regard sur nous-mêmes plus aigu et exigeant. Puisse le chjama è rispondi qui conclut le voyage entre l’auteur et son directeur de thèse se poursuivre avec le lecteur ch’ ellu sia o nò d’accunsentu. 
*Littérature et politique en Corse Jean-Guy Talamoni Albiana 2013
** période qui courtde la fin du XIXè siècle à la génération du Settanta), « première renaissance corse », selon  Fernand Ettori
***DCL 2008

Marie-Jean Vinciguerra

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Paul Desanti : "Trois poètes corses irrédentistes"

desanti

Jacques FUSINA

Cela faisait longtemps que je souhaitais consacrer un article à Ghjacumu Fusina. L'occasion m'en a été donnée par la conférence "La littérature corse des origines à nos jours" à laquelle j'ai eu la chance d'assister et de pouvoir échanger quelques mots avec lui.

Jacques FUSINA est né en décembre 1940 à Ortale en Haute-Corse. Après des études secondaires à Bastia puis supérieures à la Sorbonne, il a d’abord enseigné les lettres dans la région parisienne et à Paris. Revenu en Corse en 1981, il a été chargé de mission ministérielle (mise en place de l’enseignement du corse) et conseiller technique des recteurs d’académie, chargé d’inspection pédagogique régionale. Docteur ès- lettres (Montpellier) et docteur en sciences de l’éducation (Paris), il a enseigné la littérature et les sciences de l’éducation (dont il a fondé le département) et a dirigé des travaux de recherche (troisième cycle et doctorat) dans ces filières à l'université de Corse.

Jacques Fusina : Lire la suite →

Dominique MEMMI

Le Prix du Livre Insulaire 2013, catégorie “fiction” vient d’être attribué au roman de Dominique Memmi
« Retour à Mouaden ».

memmi

L’éditeur « Colonna édition » vient de voir l’un de ses auteurs à nouveau récompensé (1) en la personne de Dominique Memmi avec le prestigieux « Prix du Livre Insulaire » - catégorie « fiction », que vient de lui décerner le jury du 15 ème « Salon du Livre Insulaire » -créé et toujours animé par Isabelle Le bal - et qui se déroule actuellement à Ouessant. Rappelons que ce Prix littéraire reste unique dans le paysage francophone consacré aux îles et aux auteurs insulaires. Le jury était composé de Jacqueline de Roux, Danièle Auffray, Gilbert David, Gérard le Gouic, Antony Palou, Catherine Domain et Gwen Catala. Vingt cinq romans avaient été sélectionnés. La Corse est à l’honneur à Ouessant puisqu’une exposition du graveur Jean Chieze - qui a gravé de très nombreuses œuvres sur la Corse ou il enseigna le dessin au lycée Fesch- y est actuellement proposée aux visiteurs.

(« Retour à Mouaden ». « Colonna édition » 133 pages.14 €)

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Jacques Thiers

Né à Bastia en 1945, résidant à Biguglia. Agrégé de l'université (lettres classiques), Jacques THIERS a enseigné les lettres classiques à Nice, Ajaccio et Bastia avant de rejoindre en 1983 l'Université de Corse où il occupe actuellement une chaire de langue et culture régionales avec le grade de Professeur des Universités. Il est docteur en linguistique habilité à diriger des recherches. et a occupé diverses fonctions administratives et pédagogiques dont la direction du Service d'Information et d'Orientation (SUIO) de l'Université de Corse et du DESS de Communication Appliquée à la Valorisation des Ressources Régionales. *
Jacques Thiers a remporté le Prix 2007 des Lecteurs de Corse avec "l'Arreta Bianca" (La halte blanche)

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Jérôme FERRARI

D'une famille originaire de Fozzano et de Sartène, Jérôme Ferrari est né en 1968 à Paris. Après avoir enseigné au lycée international d'Alger, au lycée de Porto-Vecchio et au lycée Fesch d'Ajaccio, il a été professeur de philosophie et conseiller pédagogique au lycée français d'Abou Dhabi.
Depuis la rentrée 2015, il enseigne la Philosophie en hypokhâgne, au lycée Giocante de Casabianca de Bastia.

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Marcu BIANCARELLI

Marcu Biancarelli est né le 17 octobre 1968 et est professeur de langue corse au lycée de Porto-Vecchio. C’est un écrivain éclectique qui a déjà de nombreux livres à son actif. Il écrit en corse et la plupart de ses textes ont été traduits. Nouvelliste, poète, auteur de pièces de théâtre, romancier, directeur de revue culturelle, auteur de chroniques littéraires pour les journaux, essentiellement en langue corse mais aussi en langue française.

Marc Biancarelli a d'abord animé la revue A Pian d'Avretu, de 1991 à 1995, avant de proposer un premier recueil de poésies en 1999, Viaghju in Vivaldia, publié chez Le Signet.

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Gabriel-Xavier CULIOLI

Ecrivain, journaliste et essayiste, Gabriel-Xavier Culioli est né le 15 janvier 1952 à Chera. Père de quatre enfants, il est l'auteur de La Terre des Seigneurs, une saga consacrée à sa famille corse écrite sur la base du recueil des souvenirs de son grand-père, vendue à plus de 50 000 exemplaires. Il fait ses études à Paris (Lycée Henri IV, Université Paris 7-Denis Diderot), milite aux Jeunesses communistes révolutionnaires et entre dans l'Administration. Il retourne s'installer en Corse-du-Sud en 2000.

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Jean-Yves ACQUAVIVA

Jean-Yves Acquaviva, né en 1969 dans le Morbihan, est rentré en Corse au début des années 1980. Après une licence de corse à l'université de Corte, il se lance dans l'agriculture. Il est producteur de farine de châtaigne et éleveur ovin sur la commune de Lozzi dans le Niolu depuis 25 ans.

Il a déjà publié un recueil de poèmes, Tandu scrivu, et un premier roman, Ombre di guerra aux éditions Albiana en 2011.

"Cent'anni, centu mesi..." de Jean-Yves Acquaviva

  http://www.musanostra.fr/Cent-anni.jpg
Cent'anni, centu mesi..., cette courte fiction écrite en langue corse par Jean-Yves Acquaviva (dont la traduction française est en cours) s'annonce comme un roman, et s'il fallait la rattacher à un genre plus précis, on pourrait y voir un roman d'apprentissage atypique, ou plutôt un conte philosophique. Un conte rendant poreuses les frontières du rêve et de la réalité, plus philosophique qu'initiatique et plus poétique que satirique.

Sa mère étant morte en lui donnant naissance, le héros a été élevé dans une campagne montagneuse par un berger muet et solitaire, comme un chien par son maître. A la mort de ce premier père, cet enfant privé de parole - et même de nom - part à la découverte du monde et de son humanité.

Le livre s'ouvre quand, devenu Lisandru, il arrive à son tour au terme de sa vie et s'apprête à en faire le bilan, à s'affranchir justement de cette humanité pour échapper à sa prison terrestre et regagner enfin la sérénité du néant. Et l'on est très vite saisi par la très belle image d'un homme se frayant à grand peine un chemin dans le maquis dense de ses souvenirs. Pour retourner à la source, comme l'indique d'emblée le titre faisant référence à un proverbe corse : "Cent' anni centu mesi, l'acqua volta a so paesi". Un homme traçant une route vers les abimes de l'âme humaine ...

Entre ce premier chapitre se poursuivant dans le dernier intitulé "A l'aringuarsciu", ce qui souligne encore ce renversement du temps, s'installe un long retour en arrière de quatorze stations dans lequel l'auteur retrace par la voix de son héros narrateur cette vie un peu folle. Un parcours incomplet fait de rencontres et d'expériences marquantes, enchaînant des moments forts plus que des  étapes progressives : des moments de plaisir et de souffrance, de paix ou d'espérance, d'ennui, et surtout de désillusion et de désespoir qui semblent le lot de la condition humaine. Un parcours tout en alternances et en contrastes, émaillé de rêveries et de réflexions, et s'inscrivant dans une temporalité cyclique où les événements se répètent sous d'autres formes. Et ce récit n'apporte pas vraiment de réponses pour affronter la vie, pour trouver sa place dans le monde car le héros y est surtout confronté aux contradictions et aux paradoxes, à la vanité des certitudes, au doute...

Cet enfant, proche au départ d'un état animal où priment l'instinct et le besoin de l'instant, comme de l'"état de nature" antérieur à la société des hommes, va peu à peu découvrir l'autre et l'ailleurs, se confronter à d'autres mondes, être initié au langage et développer une pensée, accéder au désir et à l'imagination, au choix, mais aussi à toute la face sombre de l'humain. Et nous le suivons au plus près de ses sensations, de ses sentiments et de ses idées avec une empathie facilitée par la narration à la première personne. Nous suivons l'évolution de sa représentation et de sa compréhension du monde comme son accès à la conscience et à la connaissance de soi. Mais qu'est-ce qu'exister, et qu'est-ce qu'un homme ? Qu'est-ce que la réalité de ce monde ?  

Le choix judicieux d'une sorte d'enfant sauvage pour héros permet à l'auteur d'aborder les questions philosophiques essentielles sous un angle original, mais aussi d'appréhender son parcours à la fois comme celui de l'humanité entière et comme un voyage intérieur à la recherche de soi, tout en faisant de cet enfant enfermé dans son monde une métaphore de l'insularité renvoyant certes à la Corse, mais surtout à la solitude foncière de l'homme. Un héros dont le regard vierge justifie par ailleurs le recours à une langue simple et imagée. Quant aux différents personnages secondaires, bien que souvent des archétypes, ou brossés en peu de traits, ils prennent tous chair.
La violence et la cruauté, l'horreur de la prison, et tous ces durs rapports de domination et de soumission qui semblent la loi des hommes sont compensés par de beaux instants d'amour et surtout d'amitié, d'intense communion avec la nature, de rêveries et de contemplation. Et l'aspiration du héros à la liberté, à la beauté et la pureté, «l'attesa di qualcosa ch'ùn sapemu difinisce» soulève ce récit dans ses moments les plus noirs, le rendant paradoxalement lumineux.
L'auteur peint les états d'âmes comme des paysages, superpose les strates de sens, et son texte tisse de multiples résonances (on ne manquera pas notamment de voir dans l'attachant personnage de Petru et dans ce passage sur la pêche une clin d'oeil à Murtoriu...). Son écriture sobre, fine et sensible, sonne juste et se montre d'une grande puissance évocatrice, sa langue poétique, très ancrée dans la nature, laissant parler les images. Des images récurrentes comme cette «petra acellu» limitant le premier monde du héros et ce «pozzu turchinu» figurant l'au-delà, et qui parfois, particulièrement dans ce magnifique chapitre autour de la neige intitulé "Biancu", revêtent une grâce tarkovskienne.

Cent'annu, centu mesi... est un très beau livre d'une apparente simplicité. Un livre qui s'impose non en force mais par un équilibre complexe et subtil entre tous les éléments disparates et souvent contrastés qui s'y mêlent. Un livre qui nous fait dériver avec l'auteur dans le maquis de la mémoire et de l'imaginaire, dans une «Babbilonia» ouvrant des horizons infinis.

Emmanuelle Caminade

(Article publié le 06/03/14 sur le forum  Praxis Negra  dans la rubrique "Critiques et chroniques littéraires ")

 

Cent'anni, centu mesi de Jean-Yves Acquaviva

Attendu avec impatience, le roman de Jean-Yves Acquaviva, "Cent'anni, centu mesi" publié aux édtions Colonna.

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Norbert PAGANELLI

Né le 11 avril 1954 d'une famille sartenaise, Norbert Paganelli a publié son premier recueil, "Soleil Entropique", en 1973, qui lui vaudra d'être sélectionné pour le prix François Villon et repris dans plusieurs revues poétiques.
En plein riacquistu, Norbert Paganelli choisit de s'exprimer dans sa langue maternelle et publie en 1977: "A Strada, a vulpi è u banditu" dont l'un des textes sera repris par le groupe mythique Canta u populu corsu Festa Zitellina.

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Romans

Jean-Pierre Santini

L'Ultimu

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Une lecture de L'ULtimu par Charlie Galibert

Il y a dans cette mise en abyme de la littérature , jeux entre l'auteur et son personnage, entre Andria Costa, Julien Costa, Samuel Romani et JP Santini ; cette idée d'un destin tissé par des parques "extraterrestres" sur fond du parc humain de Slodenjick, l'allégorie des menhirs, la fable de l'écriture, les bandere, la mémoire, le militantisme, le consumérisme contemporain, la fin d'un (du ?) monde - quelque chose qui certes n'est pas habituel et n'a pas de résonance dans la littérature corse contemporaine.

Mais il y a également là un plaisir (bonheur égoïste ?) de trouver exprimés par un autre ses propres interrogations, ses propres doutes, son cheminement , l'aboutissement d'une écriture, surtout lorsque l'on se rêve soi-même écrivain.

Voyez les affinités : parmi les points essentiels, il y a celui, central dans votre « roman », de la disparition de la mort, qui rejoint une communication que j'ai eu le plaisir de faire aux journées de Marignana en octobre 2010, justement intitulée « La mort corse en voie de disparition ». Je l'ai depuis intégrée à un ouvrage, paru chez Albiana (« île diserte ») recueil d'une trentaine d'articles d'anthropologie publiés entre 1995 et 2012 dans des revues spécialisées et regroupés pour échapper à « la critique rongeuse des souris » - ouvrage que je me ferais un plaisir de vous adresser, si vous le souhaitez.

Il n'y a là aucune prétention déplacée, mais le simple aveu d'une concordance que vous du moins avez su porter à un certain paroxysme « romanesque » dans L'Ultimu, et que, à ce titre, je serais fier de partager. Les allusions «savantes» (Baudelaire, Foucault, Slotendjick) dispersées au fil de votre texte laissent entendre des lectures qui dépassent largement la simple littérature et font références à des champs disciplinaires des sciences - humaines ou plus dures - qui ne me sont pas étrangères.

Vous ne doutez certainement pas que les lectures qui vont être faites de votre texte vont être extrêmement diverses, les unes vantant le lyrisme, le travail ou l'exploit de mise en abyme, d'autres se gaussant de votre prétention à vous mettre en scène et à vous poser comme l'ultime représentant du peuple corse mais, personnellement, je préfère retenir la beauté grave et profonde de votre écriture lorsqu'elle touche à la vie et à la mort.

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Charlie Galibert est anthropologue et philosophe. Chercheur associé au Circples et chargé de cours à l’UNSA. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et de nombreux articles sur les thématiques de l’insularité et de l’altérité, dont “Sarrola 14/18. Un village corse dans la première guerre mondiale”, Ajaccio, Albiana, 2008 (Prix du livre insulaire d’Ouessant 2009 catégorie « Essai/Science ») ; “L’anthropologie à l’épreuve de la mondialisation”, Paris, L’Harmattan, 2007 ; “Guide non-touristique d’un village corse. Approche anthropologique “, Ajaccio, Albiana, 2004 ; “ La Corse, une île et le monde ”, Paris, PUF, collection “Ethnologies”, 2003.

Tarra matre,

d'Olivier Ancey

ancey

Alain Di Meglio

dimeglio

Marie-Josée NAT

Je n'ai pas oublié...
Plon

Artiste célèbre, Marie-Josée Nat publie ses souvenirs :

nat

Isabelle HORLANS : Les Sanguinaires

sanguinaires


Sebastianu DALZETO : Pépé l'Anguille (Pesciu Anguilla)



pesciu
La traduction française par François-Michel Durazzo de Pesciu Anguilla vient de paraître en Dordogne aux éditions Fédérop (24680 Gardonne), sous le titre de "Pépé l'Anguille".
Il aura fallu attendre quatre-vingt années, ― de 1930 à 2010 ― pour que le roman bastiais de Sebastianu Dalzeto (Bastia, 1875 - Barchetta, 1963) voie le jour en langue française et puisse ainsi être lu et apprécié d'un large public.

M.C. Lusinchi : La pierre manquante

publié aux editions Edilivre.
Je ne l'ai pas encore lu, mais l'auteur m'a signalé son livre :

(http://www.edilivre.com/doc/18642/La-pierre-manquante/MC-Lusinchi)..


Thierry OTTAVIANI : La Corse des écrivains

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Alain LOMBARDI :
Le Pénitent de Sartène

10/03/2013

Le Catenacciu, il en a fait un roman

Réalisateur de télévision depuis 40 ans, Alain Lombardi signe avec Le pénitent de Sartène son premier roman. Un intrigue amoureuse et policière au temps de la Corse du XIXe siècle

Dans moins d'un mois, le vendredi 29 mars, Sartène résonnera du glas lancinant du Catenacciu. La foule hostile, même haineuse, et les tessons de verre et autres n'accompagnent certes plus la lente marche du pénitent rouge qui se joue désormais presque dans une ambiance touristique, mais l'atmosphère et la symbolique n'ont pas fini d'impressionner. Tel fut le cas pour Alain Lombardi, happé par cette forte cérémonie.

Réalisateur, il a d'abord pensé à l'image avant de se tourner vers la plume pour avancer dans les pas du Pénitent de Sartène. Un premier roman très chaleureusement accueilli sur l'île… Peut-être car Alain Lombardi réussit dans sa prose à respecter l'une des valeurs du Catenacciu : l'absolu secret de l'identité du pénitent. S'éloignant du « rite » en lui-même pour dresser le portrait romancé de la Corse au XIXe siècle, ses valeurs et traditions, au travers du destin de Marie-Ange, jeune institutrice de Tallano engagée dans une relation avec un homme marié dont elle attend un enfant… À chacun d'imaginer alors à quel personnage le titre pourrait faire référence.

Comment est venue l'envie d'écrire sur la Corse avec laquelle vous n'aviez aucun lien ?

Fin 2008, j'avais en tête un projet d'écriture de scénario pour la télévision. Je voulais ancrer mon récit dans une région ayant une forte identité socioculturelle et linguistique. Je cherchais une accroche que je pensais avoir trouvée le jour où j'ai regardé un reportage sur le Catenacciu. Mais, en fait, à ce moment-là, je n'ai vu que ce qu'il y avait en surface, c'est-à-dire le côté « spectacle ». Je me suis dit qu'il serait passionnant d'écrire une histoire contemporaine, qui dévoilerait le lourd secret du pénitent que j'imaginais… Sous les traits d'une femme.

À Sartène, durant la semaine Sainte, je m'empresse de faire lire mon synopsis aux élus et à bon nombre de leurs concitoyens. Je fais aussitôt l'unanimité ! Non seulement personne ne partage mon enthousiasme, mais pire encore, le curé de Sartène me donne gentiment un avertissement, non sans humour : « Si vous avez une maison, le toit va sauter… Et si vous n'en avez pas, alors mon ami, méfiez-vous ! »

J'avais profondément heurté la sensibilité des insulaires. J'ai su qu'il fallait remonter le temps, aller chercher les racines…

Pourquoi le choix d'une femme comme « héroïne », dans une société qui mettait surtout en avant les hommes ?

J'ai découvert un jour dans un livre un fait divers bouleversant dont je me suis inspiré. Je voulais aller à la rencontre de cet homme qui avait, à la fin du XIXe, décidé de tuer sa fille parce qu'elle refusait de lui donner le nom de son amant… J'ai appris qu'il existe en Corse un dicton qui dit : « Mieux vaut mourir que de vivre dans la honte». Phrase terrible, qui porte en elle les germes d'une véritable tragédie antique. Le décor étant planté. Mon héroïne, s'est imposée comme une évidence. Avec sa sincérité, son innocence, sa fragilité, son intelligence, son audace et sa beauté… Nul autre personnage ne pouvait à ce point, émouvoir le lecteur face à la violence potentielle de la société.

Vous vous êtes installé en Corse durant un an. Écrire ailleurs était impossible ?

Totalement impossible. Je ne voulais pas répéter l'expérience du scénario. Au début, je faisais des allers et retours incessants, entre Paris et Ajaccio, mais financièrement ce n'était guère gérable. Après des vacances d'été dans le Valinco, je suis tout naturellement retourné au même endroit. Le premier matin, devant ma table de travail, j'ai été pris de panique. Je ne savais pas par où commencer… Et puis j'ai attrapé mon appareil photo, mon magnétophone et avec la curiosité d'un reporteur, je suis parti à la rencontre de la Corse et de ses habitants, me suis mêlé à la foule lors de la procession du Catenacciu. J'ai recueilli des tranches de vie, des anecdotes drôles, émouvantes, parfois tristes ou tragiques. Et puis le puzzle s'est mis en place. Dès lors, je pouvais quitter la Corse sereinement pour poursuivre la rédaction. Il m'a fallu 16 mois.

Comment vous êtes-vous documenté ?

J'ai consulté les archives départementales d'Ajaccio, les archives municipales de Sartène, lu une quantité de livres. On m'a confié des documents anciens édités au début du siècle dernier dans lesquels j'ai puisé de précieuses informations sur la société corse, l'enseignement, les mœurs, les métiers… Que Dieu me pardonne !

J'ai harcelé le conservateur en chef du musée départemental de la préhistoire pour son savoir, poursuivi de mes assiduités les élus de plusieurs municipalités. Mais également et surtout, j'ai fait de belles et innombrables rencontres, car les Corses m'ont ouvert leur porte et leur cœur avec une simplicité et une gentillesse inoubliables.

Histoire d'amour, roman policier, historique ou sociologique ?

Un peu tout à la fois. Le Pénitent de Sartène raconte une histoire d'amour certes, mais un amour interdit. Dans l'intrigue, l'union des amants est impossible. C'est la raison qui précipite le drame.

L'enquête de gendarmerie sur la disparition de l'héroïne Marie-Ange invite le lecteur à jouer les détectives.

Ce roman est une autopsie des coutumes et des valeurs de la société corse de cette époque… Celles qui expliquent encore aujourd'hui, les mécanismes du déclenchement de la vengeance…

Historique également ! Dans la mesure où je voulais situer mon récit dans une période où les coutumes et les valeurs ancrées dans les mentalités insulaires étaient les plus profondes, mais aussi où le monde est en pleine mutation, où grâce aux progrès de l'instruction notamment, bon nombre de Corses fuient la misère de leur île, vidant ainsi les campagnes au profit des Lucchese… Toute cette histoire a construit une identité. Et dans une société qui perd ses repères, les insulaires donnent encore aujourd'hui l'exemple en restant fidèles à leurs valeurs, à leurs traditions. Respect, Devoir et Honneur sont des mots oubliés. La morale de l'histoire du Pénitent de Sartène c'est également cela : retenir les leçons du passé.

Votre expérience de réalisateur a-t-elle servi la plume ?

Lorsque j'ai décidé d'écrire un roman, je me suis posé les mêmes questions que lorsque j'écrivais un scénario.

Mais, le scénariste réalisateur, se contente plus volontiers de suggérer, car il sait que ce sont les images prises par la caméra, la photo, la musique, sa mise en scène aussi et le rythme du montage qui donneront la vie à son histoire, etc.

L'auteur lui, n'a que des mots pour séduire. Cependant oui, en effet ! Je dois admettre que mon expérience de l'image a servi ma plume, pour faire naître des images… Dans beaucoup de chapitres par habitude sans aucun doute avec la réalisation, je plante le décor, je crée l'ambiance avant d'entrer de nouveau dans l'action par le dialogue.

D'autres projets en cours ?

Oui, absolument ! Mais certains me demandent s'il y aura une suite au Pénitent de Sartène… À dire vrai, je laisse le soin à mes lecteurs d'imaginer la suite…

En fait, j'ai toujours en tête mon idée de trilogie. Un des personnages de mon roman, le capitaine Le Bonniec, va quitter la Corse et demander sa mutation au Pays Basque. Je pense que j'aurai beaucoup de plaisir à découvrir les mœurs et les traditions de cet autre peuple dont la fierté n'a rien à envier à celle des Corses. J'ai hâte de m'immerger dans cette magnifique région qui, sur bien des plans, est comparable à l'île de beauté. Mais là c'est une autre histoire… !

Propos recueillis par Christine G.-Bacciochi gaubebacciochi@nicematin.fr - 05/03/2013

Le pénitent de Sartène, d'Alain Lombardi. Paru aux éditions du Panthéon. 290 pages. 18,50 euros.

L'auteur sera en soirée dédicace à la librairie La Marge à Ajaccio le jeudi 21 mars de17 h 30 à 19 h 30.

Et en direct sur RCFM, le mardi 19 mars de 17 h 30 à18 h.

Arts et traditions populaires

Pierre-Jean Luccioni
"Tempi fà"

Albiana

PRIX DU LIVRE CORSE 2008

télécharger ici l'article de "Corse Matin"

tempi
"LE" livre sur les arts et traditions populaires de Corse vient de sortir. Son auteur, Pierre-Jean Luccioni, rencontré sur le stand Corse lors du Salon du livre 2008, est intarissable sur son bel ouvrage, fruit de longues années de travail.
Journaliste à France 3, il avait réalisé vers 1985 une série de reportages sur le thème des « savoirs » anciens qui disparaissent. Les notes et photos réalisées lors des nombreux tournages nécessaires ont servi de base au livre. Pierre-Jean est alors reparti faire de nouvelles photographies (au total, ses archives en dénombrent environ 35 000 !).
Au final ce livre représente à peu près 25 années de collecte.

L'auteur nous a exposé sa démarche, à la rencontre des derniers héritiers (très âgés) de ces savoirs faire parfois millénaires, les difficultés rencontrées pour les convaincre d'accepter de refaire des gestes qu’ils n’avaient plus fait depuis des décennies. Une démarche de collecte de gestes et de vocabulaire qui rappelle celle de Quilici pour le chant, montrant comment les savoirs se transmettaient, s'amélioraient de génération en génération.

Ce livre est une contribution majeure à la sauvegarde de la mémoire de savoirs aujourd'hui disparus. Pour Pierre-Jean Luccioni, le succès de cet ouvrage est peut-être le signe que la société insulaire est en perte de repères et d’identité." Les personnages qui figurent dans le livre illustrent parfaitement toutes les valeurs que nous sommes en train de perdre, c’est ce qui fait sans doute l’âme et la force de ce livre qui est le leur." Le succès est tel, et la somme de documentation si importante, qu'un deuxième volume est en préparation.

Novembre 2009 :

"Tempi fà" Tome 2

est disponible

tempifa2

656 pages, 70 thèmes abordés, 2000 clichés et documents, 24 x 32 cm, 68 €
Editions Albiana

Pasquale Marchetti - Rigolu Grimaldi : In Corsica tandu

Philippe Sers, 1984

tandu


Paul Silvani :
Un siècle de vie corse

Albiana, 2000

silvani

Victor Sinet :
Grand album - Antulugia di a cartulina corsa

Albiana, 2002

cartoline



hist

Langue corse

"U Maiori" d'I Culioli

Avec U Maiori, seul dictionnaire corse-français sur le marché, Gabriel-Xavier Culioli livre son sixième dictionnaire en langue corse. Celui-ci est le troisième du triptyque entamé par U Maiò, dictionnaire français-corse de référence pour des centaines de bibliothèques spécialisées dans les langues romanes,. Puis il y a eu U Minò, dictionnaire français-corse et corse-français de 800 pages déjà vendu à plus de 40 000 exemplaires. Voici donc le dernier né, U Maiori (dizziunariu corsu-francesu) avec ses 45 000 entrées et ses 1 300 pages.

u_maiori

Établi par Antoine Louis Culioli, linguiste mondialement réputé et professeur émérite de linguistique de l'université française, Giuvan Battista Paoli et Ghjuvan Micheli Weber, concepteurs de projets en langue corse au Centre régional de documentation pédagogique de la Corse, et Gabriel Culioli, écrivain et auteur de trois autres dictionnaires, U Maiori, avec près de 50 000 entrées, utilise les différentes variétés de la langue corse et est richement illustré de plusieurs milliers d'exemples. Il s'annonce comme l'outil incontournable de toutes celles et tous ceux désirant apprendre ou se perfectionner en langue corse.

Pour des raisons incompréhensibles, les médias ne s'en sont guère fait l'écho alors qu'il est actuellement le seul sur le marché et que la langue corse est au cœur de la problématique corse. La CTC a refusé le moindre centime de subvention à ce projet, sans la moindre explication.

Ce dictionnaire, fruit de quatre ans de travail, réunit toutes les connaissances accumulées jusqu'à aujourd'hui dans la base de données Culioli ainsi que dans des dizaines d'autres ouvrages. Il est écrit dans la graphie dite "moderne" (contrairement par exemple au Marchetti et plus encore au Ceccaldi). Il a été édité par DCL qui, faute de subvention, va en être de sa poche. Aucun des élaborateurs n'a été payé.
Donc pour faire vivre ce dictionnaire achetez-le, offrez-le et faites le connaître !

N.B. : U Maiori a été imprimé à 1500 exemplaires et il n'y aura pas d'autre tirage !!

U Muntese

muntese

Joseph Sicurani, érudit par vocation

sicurani

Septembre 2014

En Corse dans le texte

Par Véronique Emmanuelli
25/09/2014

Deux nouveaux dictionnaires, « U Pumunticu » dans le sens français-corse et « U Muntese » - revu et corrigé - dans le sens corse-français, proposent une plongée passionnante et érudite au coeur de la langue corse. Des outils indispensables au service des étudiants, des enseignants mais aussi du grand public

Une seule langue corse adossée à un seul code de transcription. Mais qui coexiste avec des parlers spécifiques et emblématiques d'une histoire et d'une géographie riche et diverse à la fois. Comme dans le Taravu et la Rocca. Jean-Luc Santoni et Dominique Colonna, enseignants, ont allié ces convictions sociolinguistiques et discursives à la rédaction d'un dictionnaire Français-Corse. La formule sera celle de « U Pumunticu. Dizziunariu francesu-corsu/Da Verdi a Conca ». « L'intérêt est de proposer une traduction du français basée sur les variétés du sud de la Corse, en particulier celles du Taravu et de la Rocca », résument les auteurs. Dans leur approche, ils ont aussi intégré leur expérience.

« En tant qu'enseignants en langue et culture corse, aussi bien au collège, au lycée et à l'université, nous avons, chaque jour ou presque, observé les difficultés posées aux étudiants par la polynomie, aussi bien dans le domaine de la traduction qu'au niveau de la syntaxe », poursuivent-ils.

Le constat sera un argument supplémentaire pour développer « un outil de travail utile à l'enseignement de la langue corse dans ce sud très riche en histoire ». Au passage, Jean-Luc Santoni et Dominique Colonna ont le sentiment de tracer un chemin de mémoire et de « tenter de sauvegarder ce que nous considérons comme un véritable patrimoine culturel. »

Pour cette bonne cause, ils se sont faits chercheurs et ont multiplié les rencontres. Le dictionnaire a une histoire humaine. Les gens du Taravu et de la Rocca se joignent à la conversation et participent à la rédaction di U Pumunticu, en répondant à quelques questions, en livrant une part de leur lexique ancestral. Il y a des entretiens et des confidences, des paroles tourbillonnantes, des souffles poétiques inattendus et même quelques fausses pistes. Il n'empêche.

Les contributions sont toujours précieuses. Elles vont de soi, de l'avis des rédacteurs. Le corpus se construit sur le terrain. Il doit avoir de la vitalité. « Car la langue n'est pas l'affaire de quelques linguistes ou d'une élite pointilleuse. Elle est celle de tous les Corses ». Les deux enseignants plaident pour la transmission « de la parole et de la mémoire d'un peuple ». Leur rapport à la langue est concret, inspiré par les pratiques du quotidien. Au-delà, de toute forme d'intense réflexion théorique. « Une langue est la vie et le miel des hommes. Elle exprime, entre autres, leurs peurs, leurs valeurs, leur vision du monde », insistent-ils. Sans surprise, le principe linguistique s'applique aux « parlers du Taravu et de la Rocca.

Un corpus construit sur le terrain

Avec leur originalité, ils sont le reflet d'une façon d'être, de chanter, de décrire l'univers de granite au sein duquel ils se sont épanouis », poursuivent les auteurs. En parallèle, Jean-Luc Santoni, choisira de se référer à ses informateurs des années 1980. « A cette époque, j'avais procédé à une importante collecte de mots dans la région du Taravu. » L'opération s'inscrit alors dans le cadre de la rédaction de l'atlas linguistique. Je travaillais avec Mattea Giacomoni-Marcellesi. À cette occasion, j'avais constitué un fond lexical important. Il a servi de point de départ au Pumunticu », détaille l'auteur. À mesure que les années passent, les parlers de la Rocca et du Taravu lèvent le voile sur leur créativité. L'effervescence linguistique s'installe dans les pages du dictionnaire.

Au final, le volume ne comportera pas moins de 40 000 entrées. L'ensemble renvoie à un exercice au long cours. « La concrétisation du projet a réclamé 12 ans, à raison de 3 à 4 heures de travail chaque jour », rappellent Jean-Luc Santoni et Dominique Colonna. Ils ont une manière unique d'envisager chaque mot ou presque.

« Nous avons proposé des exemples d'utilisation et de traduction d'un terme donné, dans différents contextes dès que nous en avons perçu la nécessité. »

Une autre règle consistera « à mentionner l'étymologie de certains mots français. Ce qui permettra au lecteur d'effectuer des rapprochements édifiants ou bien au contraire de prendre acte des différences avec le latin et le grec ». La rédaction du dictionnaire fera appel également au procédé de transposition. Dans les colonnes, il revient à « opter pour des traductions qui paraphrasent parfois le nominal français à l'aide d'une tournure verbale beaucoup plus usitée en corse ».

Du même coup, on rejette le calque ou plutôt « l'équivalence littérale, facile et qui n'aurait été qu'une corsisation du mot ou de l'expression française », assure-t-on. Face aux carences de la langue corse, les rédacteurs prendront le parti des « latinismes, des hellénismes et des gallicismes ».

Le tout « dans le respect de l'aphonie qui permet une prononciation cohérente en corse ». Jean-Luc Santoni et Dominique Colonna savent toutefois que leur tâche n'est pas achevée. « Nous n'avons pas la prétention de citer tous les mots spécifiques à ces régions. L'ensemble ne demande qu'à être complété, précisé et augmenté. C'est ce que nous espérons ». En attendant, leur premier objectif est atteint : prendre une part active à la connaissance et à la reconnaissance de la langue corse.

U PUMUNTINCU, dizziunariu francesu-corsu (Da Verdi a Conca), Dominique Colonna, Jean-Luc Santoni, Ed Spondi, p, 40 euros

U Muntese : on dépoussière les classiques

Les dictionnaires puisent pour beaucoup dans les tendances récentes. Alors, ils doivent s'adapter à des contextes et à des environnements évolutifs pour pouvoir durer. La logique de changement sera vue comme un défi à relever du côté de l'université de Corse et des éditions Albiana. Il vaudra, en fin de compte, réédition de « U Muntese, dizziunariu corsu-francese » - soit 58 000 entrées, 450 auteurs cités, 14 000 proverbes. L'initiative révèle d'emblée une prise de conscience. « L'extension du champ de la langue est devenue une réalité objective. C'est pourquoi, nous avons dû reprendre le processus qui avait abouti à la première édition du Muntese », résume-t-on. On ressent le besoin d'opérer la jonction avec la période contemporaine, d'enrayer l'inertie et de réviser le système sans pour autant provoquer de conflit des générations.

La révolution linguistique n'aura pas lieu. L'heure est aux ajustements. Certaines continuités seront la condition sine qua non du bon fonctionnement du nouveau Muntese. « Il ne s'agit pas d'opérer une refonte de nature à altérer l'esprit de l'ouvrage. Notre intention était plutôt d'affiner, de corriger quelques erreurs et surtout d'étoffer un corpus littéraire qui a enregistré une croissance remarquable en l'espace de 30 ans », explique-t-on aux éditions Albiana. L'approche sera modelée par l'université de Corse. L'établissement fournit « sous l'impulsion d'Antoine Aiello, de nouveaux collaborateurs, Ghjacumu Thiers, Dumenica Verdoni, Ghjuvan Maria Comiti, Ghjuvan Maria Arrighi, Ghjuvanni Chiorboli et Ghjaseppiu Gaggioli. » Tous « aideront la présente édition à refléter plus exactement encore la réalité et la richesse de la langue parlée et écrite dans l'île », précise-t-on.

Esprit d'ouverture

Le modèle incorporera bien des variantes. La diversité linguistique est sauve. La théorie des « langues polynomiques » prévaut. « L'esprit d'ouverture vis-à-vis des différents dialectes insulaires est respecté », insiste-t-on. Dans le même élan, U Muntese s'autorise un relooking. « Nous avons tenu à élever la qualité éditoriale, par exemple en rajeunissant la maquette, en tirant profit des nouvelles technologies. Par conséquent, nous avons rationalisé et simplifié l'accès au dictionnaire », détaille-t-on chez Albiana. « Des outils modernes, performants », selon les termes de Ghjacumu Thiers, fondent la mutation s'agissant des apparences comme du contenu. Le Muntese comme les autres sera ainsi « enrichi de façon régulière, adapté aux besoins qui émergeront, puis actualisé lors des mises à jour périodiques », prévoit-on. Le recours à l'ingénierie et aux différents protocoles techniques s'accompagne « d'un travail considérable de documentation et de rédaction ». L'analyse englobe « les mots créés et qui font peu à peu leur entrée dans les nouveaux usages de la langue corse » ainsi que l'héritage lexical. Le dictionnaire offre à ses usagers des clés supplémentaires et utiles vers la langue corse. Il reste pourtant le lieu d'ambitions fortes. À cet égard, la stratégie privilégiée touche à l'e-communication, à l'accès à distance aux ressources lexicales. L'avenir passe sans doute par l'e-Muntese. L'innovation est attendue. « La voie est donc toute tracée pour que soit bientôt disponible un dictionnaire général du corse consultable à distance », annonce Ghjacumu Thiers.

U Muntese accumule les repères. Les premiers se rattachent aux années 1970, avec leurs tensions et leurs bonnes volontés linguistiques. C'est le temps du Riacquistu et des interrogations identitaires. La langue, de préférence u cismuntincu, a sa place dans le dispositif. On cède alors à la tentation de « doter la Corse d'un répertoire aussi complet que possible de la langue maternelle, d'enregistrer la masse de vocabulaire existant tout en y intégrant des mots importés mais intégrés par un long usage. Il est aussi question de naturaliser ou de modeler dans une forme corse les termes qui rendent certains faits de civilisation peu connus en Corse ou des notions nouvelles », rappelle Ghjacumu Thiers. En 1984, les éditions Albiana convertissent l'effort accompli en projet éditorial, soit U Muntesu, Dizziunariu corsu francesu en 4 volumes. Dumenicu Massa, Petru Venturini, Ghjacumu Fusina, entre autres sont de la partie.

U Muntese, Dizziunariu corsu-francesu, Albiana, universita di Corsica, 1 600 p, ed Albiana.
49 euros.

Source : Corse Matin

Août 2014

Ghjaseppiu Gaggioli : le corse en 23 lettres

Dans les nouveautés 2012, voici un excellent ouvrage sur la langue corse. Soulignons tout d'abord son originalité, puisqu'il est structuré selon les vingt-trois lettres de l'alphabet corse. Chacune des lettres est abordée sous différents angles : la prononciation, la grammaire, l'usage... Très complet malgré sa relative concision, cet ouvrage sera utile aussi bien aux débutants qu'à ceux qui souhaitent se perfectionner. Un ouvrage de référence.

gaggioli

L'article de Corse Matin du 6 mai 2012 (Ghjilormu PADOVANI)

Son parcours est très atypique. Et c'est sans doute ce qui lui a donné le recul nécessaire pour écrire ce livre, ce regard si particulier. Ghjaseppiu Gaggioli est devenu professeur de corse après des études de. Mathématiques ! Sa licence obtenue à l'université de Nice, il s'est rapidement tourné vers cette langue qu'il a toujours entendue parlé à la maison, chez lui, entre Marignana et Evisa. En 2007, il se présente pour la première fois au Capes de corse sans grands espoirs.
Il décroche pourtant le diplôme haut la main. De ses expériences linguistiques avec les anciens, le jeune homme en a fait une base de données extrêmement complète et détaillé pour mieux comprendre la langue. Il en livre les secrets aux débutants avec La langue corse en 23 lettres.

Comment est né le projet ?


J'aime l'étude des langues en général et celle du corse en particulier. Pour cela je m'étais procuré plusieurs livres. Les meilleurs à mes yeux étaient toujours des méthodes qui traitaient d'un thème précis ou bien par classement orthographique, faciles d'accès. Ce genre d'ouvrage n'existait pas pour le corse, je trouvais cela dommage. Et puis j'ai toujours pris des notes au cours des discussions que j'avais avec des interlocuteurs corsophones, je relevais des choses, des questions que je me posais sur la langue.
J'ai fini par construire une base de données assez importante et je souhaitais pousser un peu plus loin le projet. Les éditions Albiana l'ont accepté, c'est ainsi que le livre est né.

Pourquoi un tel ouvrage et pour qui ?

Chaque langue a ses propres mécanismes et j'ai trouvé intéressant de les présenter. Donner la parole à la langue parlée a été le projet central. évoquer ses nuances, ses richesses tout en décortiquant les mécanismes particuliers à l'aide de très nombreux exemples, les lister, les montrer, pour rendre le travail le plus concret possible. Ce n'est pas une analyse de la langue, plutôt une exposition de ce qu'elle propose. Et puis les livres qui existent sur le sujet sont très bien faits mais chacun traite un domaine précis en passant parfois à côté de certaines questions que beaucoup de lecteurs se posent. Puntelli di grammaticade Ghjuvan'Ghjaseppu Franchi est une référence extrêmement pointue mais il est écrit en corse pour des scolaires de terminale. Les débutants peuvent se retrouver démunis. Cet ouvrage est pour eux ainsi que pour tous ceux, confirmés ou non, qui ont besoin d'éléments de réponse sur des questions parfois très précises.

Pourquoi débuter l'ouvrage par des notions d'histoire ?

Pour éclairer le lecteur sur de nombreuses choses qui se disent sur le corse, une langue qui n'est pas écrite depuis très longtemps. Pour certains ce n'est d'ailleurs pas une langue.

Pourtant le débat entre langue et dialecte n'est plus d'actualité.

Pour moi la question ne se pose pas bien sûr. Mais pour beaucoup, les langues ne se valent pas toutes. Pour eux, le corse n'a pas la même importance à leurs yeux, pas le même « poids » que le français par exemple avec lequel il est en concurrence. Il faut dédramatiser cette opposition, d'autant qu'il n'existe aucune raison pour que l'une soit supérieure à l'autre. Il n'y a aucune raison « technique » de séparer langue et dialecte, la différence se fait pourtant uniquement à travers la perception que l'on en a, par des critères essentiellement politiques qui faussent tout. Le corse n'a été écrit que tardivement car il a été longtemps recouvert par l'italien, une langue sour facilement compréhensible, dont les règles écrites étaient déjà établies. Il fut donc aisé pour les Corses de la choisir pour leurs écrits. Ce n'est pas pour autant que l'italien est supérieur au corse. Nous faisons partie du même bassin italo-roman et les ressemblances sont inévitables. Je cite souvent l'exemple d'une petite localité, Sant Oreste, située au nord de Rome. Non seulement les habitants ont un parler qui ressemble beaucoup au corse mais ils utilisent également les fameuses trinaires ghjet chj qui ont les mêmes sons que chez nous.

La construction rigoureuse de l'ouvrage saute aux yeux à chaque page. Une sorte de Bled corse ?

Ce n'est pas le Bled qui m'a inspiré mais j'ai voulu une construction ordonnée avant tout, sans les célèbres exercices. J'ai souhaité me rapprocher d'une collection qui me plaisait avec des ti tres comme L'anglais de A à Z. La langue corse en 23 lettres est faite un peu sur le même modèle, pour que le lecteur pioche le maximum d'informations en fonction des chapitres par ordre alphabétique.

Que présentez-vous pour chaque lettre ?

Un mot et l'usage autour de ce mot. Ou bien un mot français et la manière de le traduire en corse, surtout si elle n'est pas littérale ou bien une notion grammaticale au sens large : accord de l'adjectif, formation du pluriel, la concordance des temps, etc.

Quelle est la place de la grammaire ?

Il y a bien sûr des notions de grammaire mais elles sont toujours couplées avec l'usage qui reste, pour moi, la référence. Je ne suis pas grammairien mais un chapitre sur la concordance des temps par exemple, qui n'est pas la même qu'en français, me semblait important. Normalement, a grammatica hè fatta secondu à a pratica (la grammaire est établie à partir de la pratique)donc j'ai choisi de mettre la pratique est au centre du projet.

Tout vient d'elle ?

Ce qui compte le plus, c'est la manière de s'exprimer des locuteurs auxquels le corse a été transmis naturellement. Ils le parlent par habitude sans traduction du français et je voulais que des personnes qui n'ont jamais parlé le corse puissent avoir accès à la richesse de cette langue. Nous savons qu'une langue ne peut s'apprendre sans qu'elle soit entendue et c'est aussi pour cela que j'ai pris quelques libertés parfois avec la norme écrite pour me rapprocher le plus sur le papier de ce corse parlé, pour le rendre le moins opaque possible. Mais j'avertis toujours avant de le faire.

Une façon de se mettre à la portée de chaque lecteur ?

Oui et c'est assez nouveau dans ce genre d'ouvrage. Mais si l'on regarde dans certains romans corses, les auteurs comme Marcu Biancarelli ont parfois leur propre convention et ils en changent parfois d'un livre à l'autre. Les ouvrages scolaires, eux, ont un cadre plus rigide, ce n'est pas le cas du mien. Mon but est de rendre la lecture la plus accessible possible.

Rendre la langue orale accessible est-ce une façon de la préserver ?

En quelque sorte. Toutes les langues évoluent selon les influences et encore plus lorsqu'elles sont grignotées par une autre langue. Alors elle peut être soumise et finalement singer la «dominatrice » ce qui est un effet pervers. Lorsque l'on constate ce phénomène sur des points de vocabulaire, ce n'est pas bien grave, une langue doit en inventer et évoluer, le français pioche bien dans l'anglais parfois. Mais il y a danger lorsque la manière de construire les phrases et donc de penser la langue se calque sur le français. C'est le sens et l'esprit du corse qui sont alors menacés.

La langue corse en 23 lettres, précis alphabétique de grammaire, d'usage et de vocabulaire du corse, éditions Albiana

URL source:
http://www.corsematin.com/article/papier/ghjaseppiu-gaggioli-le-corse-en-23-lettres.649213.php


nuls

Le Corse pour les Nuls

Jean Chiorboli - Editions First

nuls
nuls

"Estru spiritosu" de Ghjermana de Zerbi et Elena Bonerandi

estru

Ghjiseppu Turchini :
"A panza in terra !"

turchini


Rise è tambate

Ghjiseppu Turchini - Editions Albiana

rise

Pascal Marchetti :
Le corse dans tous les sens

Editions Alain Piazzola

Publication des chroniques de Pascal Marchetti parues entre 1990 et 1995 dans Corse Matin.

Décapant, parfois irritant, stigmatisant le "politiquement correct", dénonçant les ravages d'une inculture propagée à dessein, rappelant les racines italiennes souvent niées de la langue corse, condamnant la langue corse artificielle propagée par les média, cet ouvrage ne laisse pas indifférent.

marchetti

Jacques FUSINA :
Parlons Corse

Editions l'Harmattan

parlons

Par l'universitaire, poète, écrivain et parolier, expert des questions linguistiques Jacques Fusina, un ouvrage simple, précis et complet sur la langue corse sous tous ses aspects.  

Anton Dumenicu Monti :
Propos décousus

Stamperia Sammarcelli

propos

Des réflexions "décousues", mais pertinentes et très intéressantes sur la langue corse, son écriture, les expressions idiomatiques, etc.

Le "Dizziunariu" de Joseph Sicurani

sicurani

Jean-Marie ARRIGHI :
Histoire de la langue corse

Editions Jean-Paul Gisserot

histoire

Marie-José DALBERA-STEFANAGGI :
Langue corse : une approche linguistique

Editions Klincksieck

dalbera

 

grammaire

Ghjiseppu Turchini :
Ci hè da ride

Editions Albiana
(Prix du livre corse 2007)

turchini
   

Strattu da l'introitu :

O sè vo sapissite o cari ! Sè vo sapissite e ciarlate, e burlate, e sciabulate, e scaccanate, e sbillicate, e spanzate chì nascianu daretu à quelli purtelli.

Chì tante ghjelusie ! à palesu ! Nant'à a piazza, per ste strette, in campagna, in u piacè di u cummunu, chì ùn vale a risa s'ella ùn hè spartuta.

A risa hè parolla chì sguilla, sfunghje, spalanca, si tramuta è si tramanda franchendu ogni fruntiera.

O quant'ellu ne curria storie ridicule, strucciuli spiritosi, canzone in disprezzu, raconti saliti è dolci campazioni ! Una pratica naziunale, un'arte maiò, una filusuffia di vita, a intelligenza suprana d'un razzinu rudu ma scherzittosu, industriosu ma cuccagnone, altieru ma ironicu.

à chì sà ride d'ellu stessu si franca ogni travata.
A magagna, stu sebbiatu populu corsu, a maneghja dapoi l'alba di u mondu !

Stéphane Orsini :
Pruverbii è altri detti

Editions Albiana

pruverbi


Jean Chiorboli :
Langue corse et noms de lieux

Albiana

chiorboli

Jean CHIORBOLI :
La Légende des noms de famille. Appellations d'origine corse.

Albiana, 19 euros, 363 p.
La longue errance des noms propres
Par Véronique Emmanuelli
Corse Matin du 27/10/2012

Des digressions fécondes, des oscillations linguistiques entre corse, latin ou encore italien, ainsi qu'une identité et une histoire condensées à l'extrême. Les noms de famille insulaires, jaillis d'une créativité jouissive, figurent le centre absolu et minimaliste de temps, de filiations, et de quelques mythes fondateurs. Ainsi vont, en jouant des consonances et des legs épars, ces valeurs de référence entre vie privée et société.

Jean Chiorboli, chercheur et linguiste à l'université de Corse a entrepris de retracer leur grande aventure dans un essai intitulé « La légende des noms de famille. Appellations d'origine corse ». Son analyse est d'emblée configurée par les chiffres ou plutôt par des tendances chiffrées. Car le problème, c'est que bien des patronymes échappent au comptage. Il faut l'admettre, dans l'île comme ailleurs : « Il est encore impossible aujourd'hui de se faire une idée correcte du nombre de noms de famille portés par des Françaises ou des Français (…) C'est ce qu'on écrivait en 1983, et que nous pourrions reprendre à notre compte une trentaine d'années après », reconnaît l'universitaire. La logique d'approximation est entretenue par « la diversité des sources utilisées ».

Colombani, Mattei ou Santoni

Elle est aussi le reflet d'une succession de disparitions et d'apparitions patronymiques, au gré « d'épidémies, de guerres, de mouvements migratoires ». Le panorama se brouille encore lors des modifications d'état civil d'après naissance. Le fichier de l'Insee, pourtant « formidable outil d'étude patronymique », touche lui aussi au cœur du problème. Le mécanisme est simple : « L'Insee a été créé en 1946, l'informatisation de son fichier date de 1970-1972. Aussi, les personnes nées avant 1946 et mortes avant 1970 n'y figurent pas. Les 1,3 million de morts de la première guerre mondiale et les 530 000 de la seconde ne sont donc, par exemple, pas comptés. » La consultation des annuaires téléphoniques constitue un autre passage obligé pour le linguiste en quête patronymique. Les supports se fondent dans le mouvement commun. Ils seront donc « à manier avec précaution ».

Même s'ils s'assimilent à la « principale source de ce travail ». De cet ensemble émergeront 23 000 noms différents à travers l'île. 20% d'entre eux ont une diffusion régionale. Les 80% restants se cantonnent à l'espace plus restreint du département. Dans le lot, certains noms ont fait une percée remarquée, à l'image des Albertini, Casanova, Luciani ou Paoli. On s'appelle aussi beaucoup Bartoli, Colombani, Mattei, Santoni, Pietri, Rossi, Leca, entre autres. Qu'ils soient fréquents ou moins fréquents, les noms ont bien souvent une résonance moyenâgeuse. Des prénoms font le lien. L'inspiration religieuse est à l'œuvre. Ainsi, « la grande majorité des noms de famille est issue d'un nom unique, médiéval la plupart du temps ». Il s'agit « de noms chrétiens d'origine diverse portés par des saints ou des martyrs, choisis dans une liste imposée par l'Église à partir de la seconde moitié du XVIe ». Mais l'identification s'inscrit dans une mouvance touche à tout, sans style fixe. Les prénoms saisissent au vol une particularité physique, se réfèrent à un lieu d'habitation ou bien dérivent de la profession exercée. Le premier du nom est un forgeron, « Ferrari », un petit juge « Giudicelli », ou bien une forte tête, « Chiocca ». À moins qu'il n'ait affiché un teint pâle ou qu'il ait blanchi sous le harnais, « Bianchi ». Tout dépend.

Le rapport à l'Italie

Barbares et autres envahisseurs abandonneront quelques prénoms sur le lieu de leurs razzias. La mythologie est une valeur sûre. Et porter le prénom d'un héros revient sans doute à gagner sa part de prestige et de gloire. Les Serpentino, Oliviero, Orlando, Rinaldo et autres Bradamante et Tristano ont la cote. Les poètes italiens Arioste et Le Tasse ont lancé la mode. Leurs personnages sont partout, comme le seront quelques siècles plus tard les Loana, les Jennifer, les Nolwenn de la téléréalité.

Chaque époque a ses muses.

Dans tous les cas, passé l'an mille, l'influence de l'italien sera déterminante au moment de la conversion patronymique. On est dans le linguistiquement correcte. Le toscan confère à l'île sa langue et son orthographe officielle, « ce qui explique que les noms de famille corse, issus pour la plupart de prénoms, aient encore aujourd'hui une forme toscane », note l'universitaire. Les individus existent dorénavant à travers un nom et un prénom. L'évolution est le fruit de la nécessité en vertu « de la croissance démographique, d'un répertoire qui s'appauvrit. » Dans la péninsule comme dans l'île, la forme définie privilégie la finale en « -i ». Les motivations se discutent. Le choix s'interprète « comme un génitif latin singulier. Alors Andria Filippi équivaudrait alors à Andria, fils de Filippu. Il peut s'agir aussi d'un nominatif pluriel. Ce qui rejoint l'usage actuel : i Filippi, c'est-à-dire les membres de la famille Filippi. » Des métamorphoses interviennent encore au nom de l'écrit et de la tenue de registres paroissiaux. Le patronyme, cette fois, est tributaire de l'étourderie, de l'inventivité ou au contraire de la rigueur d'un scribe. « La forme écrite, plus ou moins proche de la forme locale, est déterminée par une autorité extérieure : le curé, le notaire, l'officier d'état civil. » Le modèle s'ancre dans le 16e siècle, à quelques exceptions près. Ainsi, à Quenza, « la formation des noms de famille ne commence qu'au 17e et en 1790, le nom de certaines familles n'est pas encore fixé. »

On a pris du retard à Scolca aussi où « dans la liste des mariages célébrés de 1665 à 1710, on ne relève que des prénoms », observe Jean Chiorboli. On italianise les prénoms, tôt ou tard. Et toujours des homonymies se mettent en place entre Corse et Italie, sous couvert de considérations linguistiques voisines et non de parentèle. On se nomme Susini, Padovani, Bevilacqua, Battini ou Aquaviva de part et d'autre de la tyrrhénienne, sans pour autant être cousin. Plusieurs combinaisons sont envisageables à cet égard. Ainsi, « un nom de famille comme Mattei, courant en Corse, peut être un nom porté par une ou plusieurs familles d'origine italienne (apparentées ou non) immigrées en Corse à diverses époques. Ou bien un nom porté par une ou plusieurs familles d'origine corse (apparentées ou non) sans aucun lien de parenté avec les familles homonymes d'origine corse ».

D'une rive à l'autre, il faut parfois tendre l'oreille. On fraye avec des voyelles différentes. Par exemple, « l'Italie a Bocchini et Bucchini, la Corse seulement Bucchini ». Les Salasca vivent en Corse, les Salasco en Italie. Pour certains patronymes l'île représente un horizon indépassable. La catégorie « résulte d'une évolution sociale et de caractéristiques formelles particulières ». Elle se confond avec « les noms nés en Corse qui ont changé de statut et de fonction en Corse ». Ceux-ci exposent leur corsitude à travers un suffixe, à l'image de Mufraggi (Mufra , mouflon), Pasqualaggi, Stefanaggi, Campinchi, Gugielmacci, Maestracci, entre autres. Certains patronymes ne se soumettront pas à l'analyse. Le mystère l'emporte, en plus d'une « étymologie et d'un sens inconnu ». Rien ne transparaît des accents et des inflexions. Le débat est ouvert, comme sur les « noms transparents », les « noms très communs » ou les « noms de la honte ».

Foisonnant et instructif.

En passant par le pont de Cassingue

Privés de leur liberté et coupés de leur identité insulaire. D'une pierre deux coups. Entre 1768 et 1784 les Français jettent leurs prisonniers corses dans les geôles toulonnaises et en profitent pour imposer leurs patronymes. On balance quelques voyelles, on soustrait des séquences de consonnes comme pour corriger une sorte de lourdeur paysanne. La dérive linguistique sombre parfois dans le grotesque. Ainsi, dans la liste des embastillés figure un François Maria Augustini, curé de Bigouille, puis des Francisque, des Francesque, et des Saligès, des Jomarque, des Ansiane. On s'éloigne du même coup de Biguglia. Et on ajuste au français, les Franceschi, les Saliceti, les Gianmarchi et autres Anziani.

L'intention, plus ou moins consciente, plus ou moins individuelle, perdurera dans le temps. Les locuteurs rivalisent de créativité. Bienvenue chez les « keurs » du XXIe, de Porto-Vech, de Propriane avec un détour à Portich. Au 18e on allait bien à Bescoade (Vescovato), au pont Cassingue (Penta di Casinca), ou à Jouveline (Giovelline). On n'arrête pas les effets de la toponymie.

Un lieu, un enfant

Ce sont les circonstances qui donneront du sens, après l'errance et l'effroi de l'abandon. En général, le patronyme tend aussi le miroir de l'innocence. Des règles se mettent en place et « dans les actes anciens en Corse, on a pour les enfants abandonnés un prénom neutre. Innocente, innocenzio, innocent sont fréquents mais autant que Vincente, Vincenzio et Vincent. Il est souvent associé à un nom de commune, de rivière. En souvenir peut-être de l'endroit où l'on a retrouvé le bambin.


Fondamentaux de la langue corse

papi

 

Jean-Guy Talamoni :
Dictionnaire commenté des expressions corses

DCL, 2004

talamoni


Sixte Ugolini :
Macàgne e detti di i paesi corsi

Ed. Alain Piazzola

macagne


Antoine-Louis Culioli, Gabriel Xavier Culioli, Ghjuvan Battistu Paoli, Ghjuvan Micheli Weber


U Maiò - Dictionnaire français-corse

Editions DCL


maio

O ghjenti, hà da sorta da quì à pocu u dizziunariu Francesi - Corsu chjamatu "u Maiò" di Culioli / Paoli / Weber.

Più di 1500 paghjini di traduzioni è d'adattazioni, d'asempii in tutti i parlati. Ci sarà indrentu l'opara di Foata nant'à i lingui suttanacci. Critichi ci ni sarà ma pensu ch'eddu sarà ghjuvativu è ghjuvatoghju par tutti quiddi appassiunati di a nostra lingua.
Sarà Francesi - Corsu ma for di a traduzzioni sola di a parodda, ci sò i sfarenti maneri di dì la cù una sprissioni (soprattuttu pà l'avverbii). Da capiscia bè a manera di ghjuvà si ni, sarà impurtintissimu di leghja i spiicazioni di i primi paghjini.A parodda sarà scritta cù una tarminazioni "neutra" chì a ghjenti pudarani cambià à u scrittu.

Asempiu : Tavulone chì darà in Gravunincu ed Aghjaccinu Tavuloni è ind'u suttanu Tavulonu.
Pà i prifissi, sò scritti i dui : presceltu è prasceltu par indettu.
Listessu pà i tarminazioni : musicanti, musichenti.
ùn hè un dizziunariu par quiddi ch'ùn sani nudda. Quistu, U Minò, isciarà dopu... ma da quì à pocu.
Tutti l'aletti sò scritti è dunqua à caccià à u scrittu ! Cusì, sbagli di prununcia ùn ci ni sarà più.
Dop'à a traduzzioni di a parodda, l'asempii sò dati in parlati sfarenti.

Source : Ghjuvan Micheli dans U foru corsu.

Antoine-Louis Culioli, Gabriel-Xavier Culioli,
Ghjuvan-Battistu Paoli et Ghjuvan Micheli Weber :
U Minò

umino

Le dictionnaire de Joseph Sicurani

Né à Valle d'Orezza (Corse), berceau de sa famille, Joseph Sicurani est peintre et professeur agrégé d'arts plastiques. Après des études artistiques et littéraires, il est nommé professeur d'arts plastiques au lycée de Corte où il est à l'origine de la création du département d'arts plastiques. Corsophone dès son plus jeune âge, à partir de 1948 il se passionne pour l'étude approfondie de sa langue maternelle et entreprend de fructueuses recherches linguistiques sur le terrain, auprès des différentes couches de la population.
Ses études de lettres classiques lui font découvrir la richesse de l'héritage gréco-latin dans les dialectes insulaires. En 1960, sous le titre "l'Art galtique", il publie une brochure destinée à relancer l'artisanat rural en Corse. En 1972, il rédige "Corte et ses environs" pour le compte du syndicat d'initiative. En 1992 le CRDP d'Ajaccio édite "Cunterji di documenti iconugrafichi", commentaires de documents iconographiques, ouvrage pédagogique bilingue destiné à la préparation de l'épreuve du bac.
Poursuivant ses investigations à une époque où le corse avait conservé toute son authenticité, il a pu brosser un large panorama, couvrant plus d'un demi siècle, d'un idiome qui ne devait pas tarder à s'étioler, miné par les emprunts inconsidérés aux grandes langues véhiculaires. Contre vents et marées, l'auteur a su maintenir l'orthographe traditionnelle, persuadé que la tradition est seule à pouvoir garantir à l'idiome le suivi et la pérennité.
Pour lui, le déclin de la langue prélude à l'aliénation de l'identité. Afin d'enrayer ce signe avant-coureur il pense que la langue maternelle ne peut obtenir ses lettres de noblesse qu'en passant par l'enseignement. Aussi est-il le premier avec six autres collègues, à ouvrir gratuitement des cours de corse au lycée de Corte, le 12 mars 1970. En 1989 il est nommé président du jury littéraire du " Prix de Corse ".Pendant vingt ans, il tient deux chroniques en langue vernaculaire dans le quotidien Corse-Matin et l'hedomadaire La Corse votre hebdo dont trois tomes ont déjà été édités. En 1996 il obtient le " Prix du livre corse ", ce qui a fait dire au journaliste-écrivain C Giudici : "Le Dettu di l'etima c'est le pari réussi et unique d'un vrai travail de journaliste en langue corse à travers la rédaction, chaque semaine, d'une chronique dans un grand quotidien régional" (Corse Matin, 12 août 1996).

sicurani

Paru le  : 24 mars 2012 aux Editions Le Bord de l'eau - 1200 pages

Ce dictionnaire bilingue de la langue corse a nécessité cinquante années de recherches méthodiques au plus profond de la mémoire collective.
Plusieurs centaines de collaborateurs originaires de toutes les micro-régions de l'île ont contribué à son élaboration. Ce qui a permis à l'auteur de dresser l'état de la langue lors du passage au troisième millénaire. Pour ne pas dérouter le débutant, les entrées sont classées par ordre alphabétique. La micro-structure de l'article comporte les caractéristiques grammaticales, les variantes orthographiques, l'étymon grec ou latin si nécessaire, la filiation, le nom de la micro-région d'origine, l'appartenance au vocabulaire de telle branche artisanale, scientifique ou technique.
Dans un but didactique, les explications, tout comme les exemples sont portés en corse et en français. Afin de délimiter l'aire romane à laquelle ils appartiennent, plusieurs mots sont assortis de leur traduction en cinq grandes langues véhiculaires. Le fait d'avoir échelonné ses recherches dans le temps a permis à l'auteur de suivre l'évolution du sens de nombreux vocables. Bien que n'appartenant pas exclusivement au fonds lexical corse, des termes scientifiques ou techniques, adoptés à l'échelle internationale, figurent dans cette nomenclature et permettent de traiter des sujets d'actualité.
Afin de faciliter la lecture au néophyte, sur chaque mot corse un signe graphique indique la syllabe tonique. Dans sa présentation compacte, ce dictionnaire se présente comme un outil performant, aussi bien pour le lycéen et l'étudiant que pour le chercheur. Toute une civilisation, toute la vie d'un peuple se trouvent résumées dans ces pages.

19/03/2012

sicurani

Février 2013

28/01/2013

basta

Du nouveau pour les nuls !

La Corse pour les Nuls

Thierry Ottaviani - Editions First

Parution: 20 mai 2010.

Prix: 22,90 euros.
516 pages.

• Toute l'Histoire de la Corse des origines à nos jours
• Du Cap corse à la pointe: balade insulaire du Nord au Sud, d'Est en Ouest !
• Mythes et réalités contemporaines, la langue, les traditions, les spécialités culinaires…
• La Corse (enfin) à la portée de tous !

Jean-François Bernardini :
"DICOCORSE"


… le nouvel ouvrage de Jean-François BERNARDINI sera disponible chez tous les libraires de Corse, à partir du 10 juillet prochain.
- Sous la forme d'un  "petit précis pyromantique", l'auteur y égrène ses "corsopholies tendres ou féroces"... dans l'espoir de souffler sur la tristesse pour qu'elle s'envole… et d’inspirer peut-être quelques sourires.
Aux éditions AGFB  - DICOCORSE  - 228 pages -18 € à partir du 10 juillet et bientôt sur :  www.dicocorse.fr     
 
N. B. :
Non encore distribué sur le continent : disponible en Corse uniquement, et sur la boutique muvrini.com
AGFB éditions
Les Terrasses de Funtanone
Bât B
20200 Ville di Petrabugnu
France
+33 (0) 4 95 32 17 17 (tel)
+33 (0) 4 95 31 63 03 (fax)
http://www.muvrini.com/

dico

Bande dessinée

La Corse préhistorique

micheli

Juin 2014

Aiò zitelli ! - Récits de guerre 14-18
Bertocchini – Holgado – Marko – Sayago

Albiana éditions

Huit récits retraçant le quotidien des poilus corses.

aio

Histoire locale

Balagne rurale : économie et société de l'époque moderne à la fin du XIXe siècle

Laetitia Castellani

castellani

Boni Baracucca :
Piana, notre « grand et petit village »


piana
Resumé

« Ce livre raconte un cheminement. D’abord ma rencontre avec Piana : un éblouissement qui m’a donné à moi, femme immigrée, le désir immédiat d’y faire pousser une racine. « Racine, au sens où l’écrit Khalil Gibran, cette fleur tournée vers la terre et qui néglige la gloire ».
Cela s’est poursuivi, avec les habitants de Piana et surtout les anciens, par un apprivoisement réciproque. J’ai commencé à écouter leurs vécus respectifs et eux même ne demandaient qu’à raconter. Je me suis mise à enregistrer leurs récits. C’est ainsi que le livre des anciens a pris naissance dans ma tête.
Puis arriva cette histoire de pierre sarrasine apprise de la bouche d’un ancien: elle fut trouvée dans sa boutique, au cœur du village, puis hélas perdue sans doute intégrée à la construction d’un muret. Cela m’a donné le goût d’aller chercher dans les livres et les Archives tout ce qui pouvait concerner Piana. Ce ne fut pas tâche facile eu égard à la petite taille du village, surtout que je ne suis pas historienne. Je restais entre histoire et mémoire : il me fut difficile de distinguer l’histoire locale de l’histoire générale de l’île, d’où le survol inévitable mais bref des différentes occupations, à l’affût du moindre détail sur Piana.
Enfin mon chemin s’est poursuivi par une question lancinante que je me suis toujours posée depuis que je vis dans l’île, question à laquelle les anciens ont bien voulu répondre : « qu’est ce que l’être corse ? » L’intérêt est dans la question, somme toute universelle, celle de l’identité que tout être ou tout peuple se posent à des moments critiques de leurs histoires. Question à laquelle je ne prétends pas avoir donné de réponse, mais simplement livré mon ressenti : celui de quelqu’un qui vient de « l’autre côté ». Mais après tant d’années vécues et partagées avec les gens de l’île, suis je restée vraiment de l’autre côté ? A quel moment on cesse de l’être pour aborder la même rive ensemble ? »


Commentaire

Dans le présent ouvrage, l'auteure, originaire d'Algérie installée en Corse depuis une cinquantaine d'années, a voulu au départ simplement témoigner de son attachement à la Corse et au village de Piana. Petit à petit, son histoire personnelle et l'histoire de la Corse se sont mêlées, et elle a découvert « les arborescences de la mémoire » C’est en écrivant sur Piana et son histoire et sur ses habitants qu’elle s’est rendu compte qu’elle écrivait aussi sur elle-même. « Nous ne connaitrons des autres que ce qui grâce à eux, devient ou redevient vivant en nous. Nous sommes poreux, perméables et donc attentifs aux rumeurs du monde qui vont réveiller de vieilles rumeurs en nous. »
Et de nouveau se sont imposées à elle les interrogations sur l’identité et l’appartenance. Elle ose le questionnement : que signifie cet « être corse » si souvent invoqué ?

Un livre passionnant que l'on lit d'une traite.

Auteur : Boni Baracucca
ISBN : 978-2-312-01073-1
Format : 150x230 mm
Nombre de pages : 336
Série / Collection : Les Editions du Net

« Alata, des origines aux années 1900 »

C’est un ouvrage collectif, coordonné par Hélène Paolini-Saez - Directrice du Laboratoire régional d’archéologie - commandé par la Municipalité d’Alata, édité par «  Colonna édition » qui sera présenté jeudi prochain 1er août à 11h. sur le parvis de l’église de la commune de ce charmant village aux portes d’Ajaccio. L’ensemble des co auteurs sera présent pour signer cet ouvrage.

Ouvrage collectif - plus de quinze collaborateurs parmi lesquels on citera entre autres,  des historiens comme Jean-André Cancellieri, Philippe Colombani, John Mac Erlean, ou Francis Pomponi, «  Alata, des origines aux années 1900 » met en valeur les découvertes archéologiques  et historiques récentes certes, mais aussi dresse un inventaire exhaustif du patrimoine de la micro région, rappelle avec précisions les traditions et  la vie des hommes jusqu’à une époque – le vingtième siècle – qui a vu des bouleversements irréversibles.

Jean Alesandri, Nadia Federzoni, Laurent Casanova, Pierre Comiti, Zelia Darnault-Orsoni, Jean Delmotte, Etienne Ferrandi le maire d’Alata, Astrid Huser, Kevin Pêche-Quilichini, Véronique Pietri, Noël Pinzuti, Emilie Tomas et Jean-Michel Weber ont également collaboré à cet ouvrage.   

Cet ouvrage sera présenté à Alata jeudi 1er août à 11 h puis sera  signé à Ajaccio par ses co auteurs, samedi prochain 3 août, de 10 à 12h30 dans la « Librairie des palmiers », place Foch.               

"Colonna édition"

Jean-Jacques Colonna d'Istria
la maison bleue            
San Benedetto 20167 Alata

fax : 04 95 25 30 67     tél : 06 75 33 50 49

Ne manquez pas d'aller sur le Site : www. éditeur-corse.com

Juillet 2013

UN SEL D’ARGENT / Mimoria Arghjintina

de Norbert Paganelli

sur des photos de Joseph Nicolaï
avec une préface de Marie-Jean Vinciguerra

mimoria


Lire la suite sur la page consacrée à Norbert Paganelli →

Marie-José Loverini et Jean-Félix Galletti :
Calvi

Edisud

calvi


Ce bel ouvrage invite le lecteur à un parcours dans l'histoire de Calvi, à la découverte de l'ensemble du patrimoine calvais au travers des monuments, oeuvres d'art, personnages illustres et traditions de la ville.

Memoria di u seculu :

Corbara



corbara

In Lumiu tandu


lumiu

lumiu

Histoire, récits

30 janvier 2012

« Donna hè donna »

ugolini

Michèle Acquaviva-Pache
Source : Journal de la Corse

26/02/2011

biblio

Michel Vergé-Franceschi

Samedi prochain, 15 Août, de 10h00 à 12h30, dans la « librairie des palmiers », place Foch, à Ajaccio :

L’Historien Michel Vergé-Franceschi signera son tout-dernier livre : “ Pascal Paoli et les femmes” ( « Colonna édition ») et l’ensemble de ses œuvres.

paoli

Pascal Paoli (1725-1807).

L’homme politique est  bien connu, mais l’homme privé beaucoup moins.
Dans cet ouvrage  « Pascal Paoli et les femmes », pour lequel Michel Vergé-Franceschi s’est associé avec le Professeur Anna Moretti qui travaille sur l’histoire des Femmes et la littérature, ce double regard masculin/féminin permet de mieux cerner le Héros corse à travers trois réseaux : les femmes politiques, les femmes de son entourage, les femmes de sa famille…

Voilà un ouvrage qui répond enfin à bien des interrogations….
310 pages.

 

colonna

Le Cardinal Fesch par René Santoni

fesch

Source : "La Corse votre hebdo" du 15 août.

Le nouvel ouvrage de René Santoni, sorti le 24 juillet dernier, traite d'une face méconnue du cardinal Fesch : son œuvre pour l'éducation de la jeunesse corse.

René Santoni
L'œuvre posthume de Pascal Paoli

René Santoni éditions, 128 pages, 15 euros.
Grâce à Pascal Paoli, des milliers de jeunes Corses ont accédé à l'école
santoni
René Santoni a mené l'enquête sur la destination des legs consentis par Pascal Paoli
pour l'instruction de la jeunesse corse. Avec de belles surprises à la clé.

C'est ce qui ressort de l'enquête menée par René Santoni. Ce dernier publie un ouvrage étonnant où l'on découvre que cent ans après la mort du Général, des enfants profitaient toujours de ses legs

René Santoni n'a pas la notoriété de l'historien auquel les maisons d'édition tendent les bras ? Qu'à cela ne tienne. Il a créé une structure dédiée à la publication de ses propres livres. Son travail n'est pas particulièrement connu du grand public ? Peu importe. Il poursuit sur sa lancée solitaire, préférant le tête à tête avec les documents d'archives à l'effervescence des séances de dédicaces. Enquêteur méthodique, il se plaît à explorer des sujets qui renvoient à un passé aux accents locaux, généralement méconnu. Du bagne pour enfant de Saint-Antoine au domaine des Milleli, en passant par la figure de Jacques-Pierre-Charles Abbatucci, il a ébauché une fresque version XVIIIe-XIXe qui n'a pas laissé insensible les amateurs.

Sa dernière production, L'oeuvre posthume de Pascal Paoli, a toutes les chances de susciter un intérêt encore plus important. Son thème : comment l'argent légué par le grand homme a permis la création et le financement d'écoles publiques à Morosaglia et Corte, qui ont contribué à former plusieurs milliers de jeunes Corses sur une période de plus de 70 ans.

Une facette de l'oeuvre de Pascal Paoli laissée en friche par les historiens. Vous avez dû exulter en mettant le doigt dessus.

Parfois, un détail vous met sur la piste. Lorsque je travaillais sur mon précédent livre consacré au domaine des Milelli, j'avais été intrigué par un article du Journal de la Corse du 12 décembre 1838. On y faisait mention de la lettre adressée par le cardinal Fesch, depuis Rome, au maire d'Ajaccio. Il demandait que son palais, initialement réservé aux arts, accueille également un établissement d'études supérieures, dans l'esprit de ce qui avait été réalisé à Corte grâce à Paoli. J'ai gardé cette information en tête. Et j'y suis revenu un peu plus tard. Mes recherches ont véritablement débuté lorsque je suis tombé sur l'ordonnance royale signée par Louis-Philippe, en date du 31 mars 1836, donnant l'autorisation d'ouvrir l'école Paoli à Corte. Un document où il est notamment fait mention du legs fait à la commune par le général Paoli.

En quoi consistait exactement ce legs ?

Après son départ de Corse, en 1795, Paoli a vécu à Londres avec des revenus confortables attribués par le roi Georges III, soit 2 000 livres sterling par an. En décembre 1804, alors qu'il avait rédigé son testament quelques mois plus tôt, il ajoute un codicille. Où il est question de prélever sur son héritage la somme nécessaire pour produire une rente annuelle de 250 livres sterling destinée à l'instruction des jeunes Corses. Le testament et son codicille sont parfaitement connus. Mais, tout le monde est resté sur l'aspect symbolique de cette décision. Or, il est question d'une somme conséquente. Pour générer ces 250 livres sterling, il fallut placer une somme totale de 8 300 livres, soit l'équivalent de 200 000 francs de l'époque. Et ce sont ainsi quelque 6 250 francs qui ont pris la direction de la Corse chaque année. Quand on sait que la loi Guizot de 1833, qui organisait l'instruction publique en France, a établi qu'un instituteur ne pouvait pas être payé moins de 200 francs par an, on se rend mieux compte de l'ampleur des moyens mobilisés. En outre, tout au long du XIXe siècle, il n'y a pas eu d'inflation ni d'érosion monétaire. Le legs de Pascal Paoli a ainsi produit des revenus constants pour les écoles de Corte et de Morosaglia.

Comment a été exactement réparti cet argent ?

200 livres à la commune de Corte pour le financement de quatre chaires d'enseignement et 50 livres pour l'entretien d'une école dans son village de Morosaglia. Cette dernière fut inaugurée le 12 mars 1833.

Un établissement conséquent ?

Et comment ! Vu l'importance du legs de Paoli, ce ne fut pas une, mais deux écoles, en fait, qui furent créées dans les bâtiments du couvent Saint-François. Une école primaire élémentaire comptant 167 enfants du village et des communes avoisinantes, ainsi qu'une école primaire supérieure qui accueillait vingt élèves, âgés de 16 à 18 ans. Ce dernier type d'établissement était alors très rare en France. En Corse, il s'agissait du troisième seulement. Il a formé des instituteurs, des cadres administratifs et militaires jusqu'après la Première guerre mondiale.

Et à Corte ?

L'inauguration a eu lieu le 12 décembre 1837, trente ans après la mort du Général. Ici, l'ambition était importante. Les enseignants y étaient tous licenciés. Jusqu'à 200 jeunes était accueilli chaque année dans les locaux du Palazzu naziunale. Mais, il se posa rapidement un souci. à savoir le faible niveau de nombreux élèves que l'on confiait à des professeurs de grande qualité. On envisagea alors une réorganisation, qui fut le premier de divers épisodes qui aboutirent à la transformation de l'école Paoli en collège communal.

Durant toutes ces années, le legs Paoli a continué à alimenter les caisses de ces écoles ?

À la veille de 1914, c'était toujours le cas. Plus de cent ans après sa mort, des enfants de Corse s'instruisaient toujours grâce à ses legs. On peut estimer que le nombre de jeunes qui ont pu profiter des libéralités de Paoli dépasse le nombre de 10 000, soit 150 par an en moyenne pendant une période de plus de 70 ans. Et encore, sans compter l'école primaire de Morosaglia.

Que sont devenus ses legs après 1914 ?

Je n'en ai plus trouvé trace dans les archives par la suite. Nous ne savons donc pas quand ces rentes prirent exactement fin, ni même si elles existent encore. Mais, il faut savoir qu'à partir de 1918 la valeur du franc se déprécia fortement et les rentes de l'état perdirent rapidement toute leur valeur.

Ce qui vous a le plus enthousiasmé dans cette étude ?

De constater combien ce chef de guerre, ce législateur et homme des Lumières plaçait les principes d'éducation du peuple comme éléments fondateurs d'une Nation. Et la façon dont il a illustré ce principe au-delà de sa mort. à ce titre, concernant la petite polémique autour du choix de la citation apposée sur le buste de Paoli inauguré récemment à Ajaccio, peut-être aurait-il été intéressant de choisir une phrase faisant référence à son amour pour l'éducation.

L'oeuvre posthume de Pascal Paoli, de René Santoni, chez René Santoni éditions, 128 pages, 15 euros.

Christophe Saliceti par François Paoli

saliceti

Jean-François Santucci et Ghjaseppina Giannesini
Dolmens de Corse, entre astronomie et croyance

Ed Dumane, 20 euros, 249 pages.
Les dolmens de Corse en disent long
Par Véronique Emmanuelli
02/02/2013

L'héritage de pierre des premiers Corses renvoie à des considérations aussi variées que surprenantes et universelles. C'est ce que démontrent Jean-François Santucci, professeur des universités, et Ghjasippina Giannesini, docteur en anthropologie dans un ouvrage novateur

dolmen
Le dolmen de l'Orcu - Photo Turchina

Jean-François Santucci et Ghjaseppina Giannesini se sont emparés des dolmens de Corse. Et dans leur manière d'agir, leur formation ainsi que leur champ d'expériences quotidiennes ont joué un rôle majeur.

Le premier a étudié les pierres surgies de la nuit des temps avec les clés du professeur des universités, spécialisé en informatique. Au passage, l'archéoastronomie sert de base solide à la compréhension du sujet. Le raisonnement de la seconde découle de son doctorat en anthropologie. La toponymie et les croyances entrent aussi en ligne de compte.

La grande aventure des premiers Corses incarnée dans le granite, avec en toile de fond un ballet sidéral, soulève alors bien des interrogations inédites. La pensée trouve sa cohérence dans les pages de leur ouvrage "Dolmens de Corse entre astronomie et croyances".

Elle se décline selon trois volets . "La première partie est consacrée à la présentation des dolmens corses. La seconde renvoie aux notions essentielles en astronomie. Dans un troisième temps, l'accent est mis sur l'étude des orientations astronomiques des dolmens corses. Afin d'analyser le lien entre les dolmens corses et d'éventuels événements célestes, nous privilégions une approche scientifique", résument les auteurs.

Mythes et rites

Ils ont aussi choisi de se lancer dans un inventaire méticuleux . Le classement est régi à travers cinq microrégions insulaires: Le Nebbiu, Sagone, le Taravu, le Sartenais, Purti-Vechju.

Chaque dolmen possède sa fiche d'identité. Le document fait mention de "son état de conservation, de ses coordonnées, de son orientation, de sa localisation, de la description de sa structure et des éléments proches. L'historique des fouilles, les signes distinctifs, les mythes et les légendes qui s'y rattachent sont inscrits", expliquent Jean-François Santucci et Ghjaseppina Giannesini.

Le style est celui de la rigueur. Rien n'échappe aux chercheurs. Ils ordonnent le désordonné.

Les dolmens, pris jadis dans la frénésie des origines de l'univers, puis soumis au flux continu du temps, reviennent en permanence au chaos. Leur tendance a complexifier et à opacifier le sens est féconde.

D'autant plus que "de ces monuments, dans le meilleur des cas, ne nous est parvenu que la pierre. Tout ce qui était en bois a disparu. Le paysage qui a pu servir de décor aux mythes s'est transformé (...) Ensuite, encore plus impalpable, la mythologie, les rites, les chants et les danses qui les accompagnaient et les motivaient ont sombré dans l'oubli. Quelques bribes ont toutefois perduré dans les récits de l'île et dans certains rituels de la société traditionnelle."

Dans l'île, l'édifice trouve sa place à partir de 4200 avant Jesus Christ, tandis que sous sa dalle de pierre le défunt devient universel dans un calme d'éternité.

L'évolution est orchestrée sur le mode individuel ou bien collectif. Difficile de dire. "L'absence d'ossements, les remaniements divers, le délabrement de la majorité de ces structures empêchent toute certitude" à cet égard.

Le dolmen survit à l'âge de Bronze, traverse l'âge de Fer . Il tient face à l'Antiquité et "même de façon rituelle pour certains jusqu'au XIXe".

Son identité lexicale oscille dans le temps. Le dolmen devient tour à tour coffre, mégalithe ou complexe mégalithique au gré des hypothèses, des microrégions insulaires et des compétences des bâtisseurs primitifs.

Le regard des hommes change au passage. Les descendants des Corses d'autrefois ont l'approche moins mortifère. Les blocs de granite ainsi assemblés sont susceptibles d'abriter aussi les vivants, dans des circonstances bien précises. Ils fonctionnent alors comme un refuge éphémère pour les bergers jusqu'au XIXe siècle. Ils seront encore l'objet de bien des convoitises. Il y a un butin à prélever.

Les archéologues et par conséquent les musées insulaires ont eu leur part sous la forme de silex, d'obsidienne de quelques pendeloques ou bien de "rares perles de schistes et de serpentines".

nature
Parfois la nature imite les productions des premiers Corses - Photo Turchina

L'Orcu de l'Agriate

Pour que le dernier voyage soit moins pénible, on se pare de bijoux, on reçoit des offrandes. La coquetterie jusque dans la tombe. Ce n'est qu'un épisode de plus de la saga. Car les monuments composent en effet un beau récit, parsemé de doutes et d'hésitations, riche en rebondissements.

Tout au long de l'intrigue, ils entretiendront un lien étroit avec des cercles, avec des alignements comme à "Ciuttulaghja, Sittiva et Muchjastru où ils sont bien conservés. Dans l'Agriate, le dolmen de l'Orcu présente cette même disposition : la file part du coffre et va jusqu'à l'arrière du dolmen", observent les deux chercheurs.

De petites pierres plantées, des menhirs se sont imposés dans la scène. "Cauria en présente un bel exemple. L'alignement de stantari, daté de 1200 avant JC est en relation avec le dolmen de Funtanaccia, bien plus ancien."

Dans cet espace, il faut aussi laisser le soleil agir. "Un axe est visible en allant du dolmen vers i stantari. L'omu di Cagna est aligné, à la perfection, avec ces deux sites. Cette ligne parfaite correspond aux levers de soleil début mai", note-t-on.

D'autres fois, la jonction s'opère avec "de gros blocs à la fonction énigmatique". La nature fournit le décor et l'équipement. À Casa di l'Orcu, à Musuleddu, à Ciuttulaghja, toutes ses possibilités sont exploitées, à l'image des "rochers troués laissant passer la lumière à certaines époques de l'année". Ils ont d'autres arguments que la luminosité. Car ils se vivent à l'échelle "de la communication entre les mondes".

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Le dolmen de l'Orca.Photo Turchina

De l'eau et des maux

Alors, leur raison d'être est de guérir des maladies, de contrer le mauvais œil ou encore de se rapprocher des défunts. Une pierre jetée dans le trou sert à enclencher le dialogue d'outre-tombe.

Au dolmen s'intègrent des rochers creusés de bassins pour recueillir l'eau de pluie. Cette prise en compte constitue une rupture de plus par rapport à l'ordinaire des jours. Les premiers Corses prennent en compte les confins du réel, nourrissent l'idée d'une conscience suprême. Ils deviennent plus inventifs, plus interrogatifs et se placent du côté des rituels.

Ainsi, "l'eau des pierres sacrées était, dans les sociétés traditionnelles, parée de nombreuses vertus et passait pour guérir de nombreux maux. Elle était recueillie selon un calendrier précis". Dans l'ordre des jours, la lune figure un repère fort.

En même temps, le choix des matériaux n'est jamais gratuit. Chaque élément de l'ensemble à un sens. Les constructeurs ont un pied dans l'imaginaire. Cette dimension est manifeste auprès du dolmen du Taravo qui "possédait une dalle d'entrée avec une ouverture à l'angle Nord-Est. À Fica a la Sarra, cette dalle trouée était en remploi dans le dolmen. Ce genre d'ouverture est le plus souvent nommée 'trou des âmes. On lui attribue une fonction plus symbolique qu'utilitaire; il permettrait aux âmes d'entrer et de sortir de la tombe." Les dalles en forme d'écusson donnent à leur tour à réfléchir à un au-delà du réel, y compris depuis la Bretagne.

Toutefois, les bâtisseurs locaux ne font pas dans le signe. Encore moins dans le dessin. Ainsi, "les gravures sont d'une rareté extrême dans les dolmens corses", admet-on. Ils préfèrent les cupules, comme à Cundutu, Paomia, Piana ou Tremica. Ils ont encore tendance à raisonner en panoramique et au plus près des cieux. Vue dégagée et altitude. Les éminences, puis les cols sont, par excellence, le lieu d'implantation des dolmens. "Ainsi plusieurs d'entre eux sont sur des lieux-dits Bocca di à Stazzona", remarquent les auteurs de l'ouvrage.

Le démon à un moment ou à un autre s'y invitera. Il piétinera le site à son tour. Le lexique est là pour rappeler les feux de l'enfer. "Le terme stazzona, forge, est une des désignations des dolmens compris comme étant les forges du diable, a stazzona di u Diavulu".

Les bâtisseurs pensent des frontières. La pratique est notable dans tout le sud. "Placer le tombeau de l'ancêtre fondateur à la limite du territoire, sur un sommet est une pratique attestée en Méditerranée". Ils jouent volontiers la carte de la proximité avec les cours d'eau. Sans doute ceux que les trépassés auront à franchir.

L'emplacement, mais aussi l'orientation compte pour beaucoup. Elle se révèle être d'une régularité exemplaire d'après les mesures effectuées. Les chercheurs sont catégoriques: "nous pouvons dire que les orientations des tombes néolithiques corses peuvent être classées dans la catégorie SR et SC -sun rise et sun climbing- soleil levant et soleil ascendant."

 Les bâtisseurs à travers le bassin méditerranéens convoquent les mêmes points cardinaux. Le parti-pris matérialise un rêve de symbiose avec le soleil, la lune, et le ciel en général. On veut vivre et mourir à la lumière, à l'infini. C'est un fait, "le soleil et son cycle matérialisent la destinée humaine, symbolisent le temps et les lois universelles où tout ce qui naît croit, vit et meurt."

Le solstice d'hiver est moment plus précieux que les autres. "La volonté est cette fois de marquer ce moment clé de la course solaire, "cette porte de l'année" où il va stationner, lors des nuits les plus longues, avant de repartir". Les Grecs, les Égyptiens, les peuples d'Amérique Latine ne se lasseront pas non plus de regarder le soleil. En quête d'énergie cosmique.

Dolmens de Corse, entre astronomie et croyance, Jean-François Santucci et Ghjaseppina

Giannesini, ed Dumane, 20 euros, 249 pages.


À chaque dolmen sa fiche. L'exemple de Sittiva

Sittiva

État de conservation : bon

Coordonnées 41° 55' 35,0 /08° 54'07,2'' 150 m

Orientation

Azimut 98° altitude 10° déclinaison 0°

Localisation : Le dolmen se situe sur la commune d'Eccica-Suarella. Il est dans un lieu encaissé tout au fond d'un talweg aux pentes très abruptes. Il est à quelques mètres d'un petit ruisseau. Le lieu est humide et peu ensoleillé. À quelques dizaines de mètres au-dessus, un beau replat à la vue dégagée aurait représenté un choix plus habituel et plus rationnel pour implanter un monument. Sa situation si près du ruisseau est révélatrice d'un lien entre cette structure et l'eau.

Description de la structure

Il s'agit d'un dolmen assez brut. La chambre est petite, la largeur à l'entrée est de 70 cm et la hauteur de 84 cm. Le substrat rocheux y affleure en grande partie, accentuant l'exiguïté de la chambre. La table est remarquable et très particulière. Elle possède 7 côtés qui lui donnent un aspect biseauté et évoquent une feuille incurvée. Elle mesure 2,25 m dans sa plus grande longueur. Partant des supports du dolmen, deux files de gros blocs se dirigent dans la direction des deux axes solsticiaux : la première à 57°, la seconde à 123 °. Ces deux lignes solsticiales , l'entrée tournée vers le lever apparent aux équinoxes, le rocher qui empiètent sur la chambre et la localisation inhabituelle plaident en faveur d'un dolmen sanctuaire. Il évoque davantage un autel qu'un lieu de sépulture.

Historique, fouilles, découvertes fortuites

Il est signalé pour la première fois en 1952 par M Poggi, le propriétaire des lieux, à un journaliste de Nice-Matin-Corse.


Sorcières et chasseur de trésor

Quelques sorcières, ainsi que des dames blanches, et autres pythies nustrale auraient pris leurs marques auprès des dolmens grandioses et rustiques. Les bougresses apprécient l'atmosphère quasi surnaturelle qui règne dans ces parages, lorsque la raison cède la place au mystère. Elles puisent là l'inspiration indispensable à de maléfiques complots, à des sortilèges ou bien à des prophéties sibyllines. Elles ne seront pas les seules à se complaire autour des blocs de granite. Le dolmen appartient à la communauté rurale, en particulier dans la région de Sartène. Les bergers de A Sarra di Ghjunchetu allaient y allumer des bougies. Parmi les effets escomptés de la démarche, la fertilité et la guérison de maladies graves. À Grossa au milieu du XIXe siècle, les villageois poussaient plus loin. Ils faisaient face au dolmen de A Pazzanilatous ensemble à l'occasion de processions au flambeau. La guerre de 14 et une Europe désenchantée mettront un terme à ces comportements et à ces croyances. Les tranchées, les obus et les morts aux combats effacent les autres récits.

Seuls les chercheurs de trésor pensent que le monde et les dolmens peuvent encore fabriquer du merveilleux.Ils continuent à chercher le Veau d'or. Ils ne sont pas au bout de leurs peines.

"En Corse, on ne compte plus les lieux où on le dit enfoui". Mais l'abondance de biens se confond avec un destin funeste selon la légende. Car "certains dit-on l'ont trouvé et sont devenus fabuleusement riches, avant d'être maudits à jamais sur plusieurs générations". En général, la déchéance qui suit la fortune est violente et irrémédiable. "Certains sont devenus fous, d'autres sont morts ou d'autres ont été foudroyés. D'autres sont demeurés prisonniers de la pierre, la caverne s'étant refermée sur eux à jamais". À moins qu'ils n'aient un jour croisé la route de l'Orcu des Agriate, un alchimiste à la Corse capable de changer le petit-lait en cire. Une telle rencontre tragique aurait bien pu se produire avant l'intervention de bergers sans peur.

Dictionnaire historique de la Corse



9000 ans d'histoire à travers les grands moments de la société insulaire et les grandes figures

Des hommes politiques, des généraux, des peintres, des enseignants, des saintes, des mercenaires, des présidents, des bandits, des écrivains, des papes, des préfets, des chanteurs, une sultane, des aventuriers, des diplomates, des sculpteurs, des ministres, des inventeurs, des professeurs, des rois, des aviateurs, des photographes, des condottieri, des journalistes, des cardinaux, des industriels, des historiens, des musiciens, des militaires, des sportifs, des hommes de loi, des corsaires, des princesses, des résistants, des acteurs, des prêtres, des médecins, des  académiciens, des géographes, des philosophes,....

Quatre ans de travaux
Cent trente-neuf auteurs
Deux mille quatre cent portraits
Cent cinquante articles analytiques
1032 pages.

dicohist


Pierre-Dominique Sammarcelli :
La Corsiade - Edition trilingue

Collection E trè favelle - Prix du livre corse 2001

corsiade

Antoine-Marie GRAZIANI :
Pascal Paoli père de la patrie corse

Tallandier, 2004

Une biographie passionnante du "Babbu". Qu'on le considère comme un législateur démocrate ou un despote éclairé, Paoli reste une figure majeure de l'histoire universelle de la Liberté.

paoli

Pasquale de Paoli - La Corse dans l'Europe des Lumières

Editions Albiana

corse paoli

Le catalogue de l'exposition présentée au Musée de Corte en 2007.

Antoine-Toussaint ANTONA :
Ceux du 173e - Les Corses au combat, 1914-1918

Colonna Edition

173e


Antoine-Toussaint Antona rend un bel hommage aux combattants corses de 1914-18, à travers ceux issus de Frassetu, et dresse le bilan pour la Corse de cette épouvantable hécatombe.

Lisandru MARCELLESI :
i Disgraziati


Le récit poignant (écrit dans la variante "sudiste" de la langue corse) de la vie des bagnards de Cayenne.


disgraziati


Jean-Marie ARRIGHI - Olivier JEHASSE :
Histoire de la Corse et des Corses

Perrin / Colonna Edition

arrighi

Denis Luciani
L'origine de la tête de maure


mora

Politique

La question corse abordée sous l’angle philosophique

par Antoine Astima, 17 Décembre 2016

Ecrivain, philosophe et professeur d’histoire-géographie, Daniel Arnaud, a signé, ce samedi à la librairie des Palmiers à Ajaccio, son dernier livre « La Corse et l’idée républicaine ». Une nouvelle édition augmentée par rapport à la première parue en 2006, motivée par les nouvelles données politiques, notamment, l’arrivée au pouvoir, en décembre 2015, de la mouvance nationaliste. A travers une réflexion sur la question corse, l’auteur poursuit trois objectifs : montrer que la France n’a pas le monopole de la République, revenir sur l’expérience paolienne de XVIIIe siècle et l’ambiguïté de la dérive identitaire de ces dernières années.

Daniel Arnaud est installé en Corse depuis dix ans. Un retour aux « sources » ou plutôt à ses origines pour cet enseignant en Histoire et Géographie de souche ajaccienne (famille San Rocchi dont les ancêtres avaient quitté l’île en même temps que Paoli lors de l’exil).
Après un bac littéraire, Daniel Arnaud poursuit des études de philosophies à Besançon. Il y obtient un doctorat et soutient une thèse en 2010. Entre-temps, il a fait le choix de revenir sur la terre de ses ancêtres et, grâce au jeu des mutations et à la faveur d’un concours de Professeur de Lycée Professionnel (Lettres et Histoire), obtient un poste au LP Finosello.
Il Rédige un premier essai « La Corse et l’idée républicaine ». Depuis, on lui doit bien d’autres ouvrages. Coïncidence, hasard ou volonté délibérée, l’auteur signe, ce samedi, à la librairie des Palmiers une nouvelle édition, quasiment le jour anniversaire de l’arrivée des nationalistes au pouvoir (13 décembre 2015). Un ouvrage qu’il commente pour Corse Net Infos...

- Comment est née l’envie d’écrire ?
- C’est quelque chose de naturel et une vocation. J’ai, il est vrai, de par ma profession, un tempérament de chercheur universitaire. Je me suis aventuré dans le domaine de l’écrivain, un autre exercice. C’est, pour moi, un moyen de réfléchir, par le biais de la fiction, sur la société.

- Qu’est ce qui a motivé votre premier essai en 2006 ?
- J’avais, sans connaître beaucoup de choses sur la Corse et jamais n’y être venu, le sentiment de revenir chez moi. Un attachement se transmet. Ensuite, je dois avouer que Paoli m’a attiré. L’idée d’écrire a été motivée par la manière dont les médias traitent la Corse. L’île est mal comprise. Je me suis intéressé aux revendications : les boues rouges, Aléria et tout ce qui a suivi. Pourquoi ce sentiment d’injustice ? Je pense qu’un fossé s’est créé avec le modèle jacobin. Et comme la philosophie va à l’encontre des préjugés et des idées reçues, j’ai voulu essayer de comprendre cette spécificité corse et ses racines.

- Pourquoi une nouvelle édition dix ans plus tard ?
- J’étais parti sur d’autres sujets, de nouveaux débats. Mais il y a eu matière à nourrir le premier essai avec l’arrivée des nationalistes au pouvoir en décembre 2015. C’est, aujourd’hui, l’occasion d faire un nouveau point sur la situation du nationalisme corse. L’ancienne édition a donc été revue et enrichie de ces nouvelles données. Toujours sous un angle philosophique.

- Comme l’ouvrage se décline-t-il ?
- Il se scinde en trois parties distinctes.
La première « République et Nation » évoque la vision française et jacobine de la république. Je me suis attaché à expliquer pourquoi ce modèle républicain prône une vision centralisée du pays. C’est un autoritarisme républicain. La France n’a pas le monopole de la République. Puis,je présente la Corse du XVIIIe siècle, à travers l’expérience républicaine de Paoli. C’est un homme des Lumières. Aujourd’hui, un débat est ouvert. Etait-il un vrai démocrate ou un despote éclairé ? Les avis divergent. Ceci étant, la Corse a sa propre expérience républicaine et c’est là les raisons du fossé avec Paris. Le citoyen français ignore que la Corse a été une République indépendante. Or, c’est en comprenant le passé que l’on comprend le présent. Il y a deux définitions de la Nation et du Peuple. L’une à partir de l’identité, la culture et l’histoire. A ce titre, le Peuple corse et la Nation corse existent. L’autre définition est politique : l’ensemble des citoyens qui ont les mêmes droits et les mêmes devoirs sur un territoire. Paris s’appuie sur cette définition et réfute l’autre. Dans un camp ou dans l’autre, on ne parle pas de la même Nation.
La deuxième partie est la résurgence du nationalisme corse depuis les années soixante-dix. Des boues rouges, jusqu’à l’affaire Erignac. L’idée a été de montrer que la révolte corse a plus consisté dans l’exigence de l’Etat de Droit que dans son refus. L’Etat de Droit passe par l’égalité sur tout le territoire et la France a mené en Corse des politiques contraires à ses principes. Un traitement inégalitaire, une économie étouffée par le système des lois douanières et, dans l’île, des pratiques clanistes et clientélistes couvertes par l’Etat, bien souvent avec des irrégularités.
Enfin, dans un troisième temps, j’évoque les perspectives. C’est une réflexion à partir de la venue au pouvoir des nationalistes. On distingue, toutefois, une ambiguïté du nationalisme corse et des thématiques identitaires. La notion de Nation, peuple, identité, culture peut déboucher, si elle est mal appliquée, sur le rejet de l’autre. Et une partie du nationalisme corse a conforté, aujourd’hui, une idéologie de rejet de l’autre. Pour étayer cela, je m’appuie sur les élections. On s’aperçoit que le FN réalise des scores très faibles au niveau régional mais à l’échelle nationale, il a le taux le plus haut de France. Un sondage IPSOS met en exergue que deux électeurs nationalistes sur trois votent FN aux élections nationales.

- En conclusion ?
- Quelle sera la ligne idéologique du nationalisme corse dans les années à venir ? Le discours équilibré des présidents Talamoni et Simeoni semble dirigé l’île vers une ligne intéressante loin des dérives d’extrême droite. C’est un discours fondateur, de surcroît avec les montées extrémistes que l’on voit germer un peu partout dans le monde.

Source : www.corsenetinfos.corsica

 

La Corse en mutation

esperance

« Dialogue(s) sur la République, le néolibéralisme, la parole politique »

Daniel ARNAUD, écrivain, philosophe
Gustave MASSIAH, économiste, altermondialiste
Angèle KREMER-MARIETTI, philosophe
Entretiens menés par Philippe MARTINETTI

« C'est pour prendre le temps de la réflexion et de l'analyse, que j'ai proposé ces échanges croisés entre intellectuels engagés dans la Cité. Des penseurs qui ont en commun une certaine éthique de la responsabilité. En revenant sur les concepts de « république et de démocratie » (Daniel Arnaud), en essayant de comprendre la « financiarisation de notre économie » (Gustave Massiah), et en décryptant « la nouvelle parole politique » (Angèle Kremer-Marietti), ces entretiens ont pour objectifs de replacer modestement les idées au coeur de la politique ».
Philippe Martinetti

martinetti

Philippe Martinetti a publié un recueil de chroniques, intitulé « J'aime autant vous dire » aux éditions Colonna. Il présente une émission culturelle sur France 3 ViaStella, « 6 ½ », émission diffusée à 18h30 presque chaque soir et dans laquelle il invite une personnalité culturelle, locale ou internationale, à commenter son œuvre et l’actualité.

Mai 2013


Christian Mondoloni
Corse - Renaissance d'une nation - Préface d'Edmond Simeoni

Parmi les sources de l'histoire politique corse se trouvent un certain nombre de textes qui ont marqué et orienté le cours des événements… Depuis le traité de Versailles aux textes fondateurs de l'autonomisme et de l'indépendantisme.

Christian Mondoloni :
« Le schisme n’a jamais été aussi grand entre l’Etat et la Corse »

Militant nationaliste de la 1ère heure, engagé depuis plus de 40 ans dans tous les combats politiques pour la reconnaissance des droits du peuple corse, Christian Mondoloni vient de publier « Corse, Renaissance d’une nation » avec une préface signée par Edmond Simeoni (cf interview dans nos prochaines éditions). Ce spécialiste politique dresse le bilan de 250 ans de présence française dans l’île pour mieux cerner, à travers l’évolution de la vision de l’Etat et les luttes d’influence, ce qui est devenu « le problème corse ». Analysant les enjeux de la construction du mouvement national, avançant des thèses personnelles et novatrices, il explique, à Corse Net Infos, que la recomposition du modèle sociétal européen et français est une chance pour la Corse d’obtenir la reconnaissance complète de sa spécificité.

Christian Mondoloni, auteur de l'ouvrage « Corse, Renaissance d’une nation »
Christian Mondoloni, auteur de l'ouvrage « Corse, Renaissance d’une nation »

- Pourquoi avez-vous décidé d’écrire un livre sur la présence française dans l’île ?
- Je me suis aperçu que les nouvelles générations sont dans une ignorance à peu près complète de la période 1960-1990. Comme réduire l’histoire à cette période ne permet pas d’apporter une explication globalisante, j’ai, donc, élargi mon sujet à l’intégralité de la période française que je fais commencer en 1768 (quand la Corse devient française, ndlr). Je montre la continuité de la vision de la France vis-à-vis de la Corse, ce qui permet d’aborder la politique de colonisation active, commencée en 1957, dans une logique qui s’étale sur environ 250 ans.
 
- A partir de 1957, comment les relations entre la Corse et l’Etat basculent-elles ?
- Après la guerre de 1939-45, la France entre dans une période de décolonisation qui provoque le départ de toutes les structures coloniales agraires installées en Afrique du Nord, structures qu’il faut, en partie, reclasser sur le territoire français. L’Etat cherche à le faire en Corse, à partir de 1957, par le biais d’une politique de colonisation active, en mettant au point le plan d’action régional et en créant la SOMIVAC (Société d'aménagement pour la mise en valeur de la Corse). Jusqu’en 1957, la France utilise la Corse, soit comme base stratégique contre l’Italie, soit pour protéger le port de commerce de Marseille ou le port militaire de Toulon, soit comme réserve de soldats. Ce qui fait que la société insulaire ne prend pas vraiment conscience de ce renversement total de la politique de l’Etat vis-à-vis de la Corse.
 
- Qu’appelez-vous une politique de colonisation active ?
- En 1957, la France crée deux sociétés d’économie mixte, l’une pour le secteur agraire, l’autre pour le secteur touristique. La première, dont le but principal est de recycler les structures coloniales agraires d’Afrique du Nord, colonise 30 000 hectares en Plaine orientale par le biais de la monoculture de la vigne. Ce vignoble, qui vit sur une chaptalisation plus ou moins frauduleuse, s’effondre avant 1975 et conduit au choc d’Aleria. La seconde opération concerne la colonisation touristique par le biais des grandes banques, des sociétés d’assurance et des trusts intervenant dans le tourisme de masse, non seulement en France, mais aussi partout en Europe : une banque anglaise, une société d’assurance belge…
 
- A vous lire, on a l’impression d’une sorte de hold-up sur le littoral…
- Tout à fait. La Caisse des dépôts et consignations, qui est le bras armé de l’Etat dans les opérations de développement économique, démarche directement les grands groupes pour les inciter à acheter des milliers d’hectares communaux en leur faisant miroiter la possibilité d’opérations touristiques. Les grands groupes investissent, donc, massivement, souvent en achetant des terres qui ont été spoliées aux communautés corses au début du 19ème siècle, voire au moment de la Conquête et dont les grandes familles insulaires se sont emparées. L’opération de la Testa Ventilegna est, à cet égard, emblématique. Sur ce site, un groupe d’escrocs, plus ou moins dirigé par la société d’assurances La Paternelle, projetait une opération de 100 000 lits. Pour permettre la création de cet immense complexe touristique, l’aéroport de Figari est concédé au député Jean-Paul De Rocca Serra.
 
- Comment ce hold-up tourne-t-il court ?
- Dans un premier temps, les infrastructures coloniales de tourisme accaparent environ 20 000 hectares sur le littoral de l’île, soit grosso modo 140 kilomètres de bord de mer. Ce qui représente 13 à 15% du littoral de la Corse. La banque Rothschild, par exemple, achète, ainsi, la moitié des Agriates. Tout ce système s’effondre dans le choc d’Aleria. Le Conservatoire du littoral est, alors, chargé par l’Etat, de racheter massivement les terres qui ne servent plus à rien puisque les évènements politiques bloquent leur rentabilisation. Elles n’ont, donc, plus aucune raison d’être dans le patrimoine des grands groupes. Ce rachat est un processus d’indemnisation des mauvaises opérations faites par ces trusts sous la garantie de l’Etat.
 
- Vous montrez que les lois douanières sont symptomatiques de la manière dont l’Etat traite la Corse. Que sont ces lois et quelle est leur importance ?
- Les lois douanières sont très importantes. A partir de 1768, la France cherche la rentabilisation économique de la Corse et impose des lois douanières qui permettent aux produits français d’inonder le marché insulaire, mais taxent, comme des produits étrangers d’importation, les produits corses exportés vers les marchés français. Les premières lois datent de 1768, avant même la signature du Traité de Versailles qui annexe la Corse. Elles sont directement reprises après l’effondrement de la construction napoléonienne en 1816-1818. Elles bloquent toute l’évolution économique de la Corse qui s’effondre, économiquement, à partir du Second Empire, entrainant une immigration massive.
 
- En quoi ces lois sont-elles responsables de la situation actuelle de l’île ?
- Les lois douanières ne sont abrogées qu’en 1908, une fois que le mal et la ruine se sont installés dans l’île. Entre 1870 et 1960, 200 000 à 230 000 Corses sont forcés d’émigrer. C’est dans ces lois, que se trouve la racine du mal qui a empêché le développement normal de l’île et le terreau qui a nourri la dégénérescence. Elles expliquent jusqu’à la crise actuelle que traverse la Corse due à son manque de développement. Un exemple simple : la forme de l’économie conditionne, bien entendu, la forme de la société. L’économie s’effondrant, la société s’est totalement fossilisée et sa représentation politique est devenue, elle aussi, fossile.
 
- C’est-à-dire ?
- Pendant plus d’un siècle, la vie politique corse a reconduit, génération après génération, le même système claniste basé sur des grandes familles. Au Sud, la famille De Rocca Serra, toujours au pouvoir aujourd’hui. Au Nord, Paul Giacobbi est le représentant d’un système et le descendant d’une famille qui, fait unique en France, détient un siège au Parlement depuis 4 générations. C’est la preuve d’une société immobile et fossile. L’explication profonde de cet immobilisme s’explique dans la ruine économique qui part du Second Empire et s’étend jusqu’aux événements d’Aleria. La Corse émerge à peine de cette ruine, les choses commencent un peu à bouger depuis 20 ou 30 ans, mais la société et l’économie continuent d’en subir les conséquences négatives.
 
- Que représente Aleria dans cette histoire qui s’étale sur 250 ans ?
- Aleria est le choc de deux volontés : d’un côté, celle du peuple corse à vouloir être maître de ses destinées économiques, sociales et culturelles et, de l’autre côté, celle de l’Etat d’imposer une colonisation touristique et agraire. C’est le peuple contre le pouvoir. C’est quatre pétoires de chasse contre des automitrailleuses blindées ! C’est la disproportion de la réaction de la France à l’occupation du domaine viticole d’un colon qui a été condamné, par la suite, pour fraude bancaire et autres opérations frauduleuses avec six comparses. Sur l’opération d’Aleria, Edmond Simeoni avait juridiquement et intégralement raison. La réaction de l’Etat a été tellement disproportionnée qu’elle a accéléré la prise de conscience du peuple corse qui se serait produite quand même, mais beaucoup plus lentement.
 
- Votre ouvrage met en lumière des dates phares. Depuis Aleria, quelle est, selon vous, la date la plus significative de l’histoire contemporaine insulaire ?
- Il y a plusieurs dates. A partir de 1982, la Corse est entrée dans un processus d’affirmation et de reconnaissance de sa spécificité avec trois statuts particuliers : le statut Deferre en 1982, le statut Joxe en 1991 et le dernier statut en 2002. La date, qui, malgré tout, me semble la plus importante, est : 1988 quand l’Assemblée de Corse reconnait l’existence d’un peuple corse sur cette terre. A partir de là, le comportement schizophrénique insulaire prend fin puisque les Corses se reconnaissent, eux-mêmes, comme étant un peuple. 1988 marque le basculement d’une société.
 
- Cette prise de conscience n’existait-elle pas avant ?
- Oui. Elle existait profondément, mais la société corse a mis du temps à l’accepter, à divorcer psychologiquement du modèle proposé par la France. A partir de 1975, la volonté de la société corse d’être elle-même monte en puissance. Il y a des signes marqueurs, notamment la prise de conscience culturelle et linguistique avec le groupe de Scola Corsa, l’enseignement de la langue, le Riacquistu et surtout la formation de Canta u populu corsu. Dans mon livre, je mets en perspective ce développement lent qui va s’accélérer. A l’heure actuelle, la gauche au pouvoir en Corse court derrière la société corse.
 
- Qu’entendez-vous par là ?
- Elle essaye d’appliquer le programme nationaliste sans les Nationalistes : coofficialité de la langue, statut de résident qui est une sorte de mini-supplétif honteux à la notion de peuple corse, réforme constitutionnelle… Tout cela peut-il aller bien loin ? Pour appliquer la politique menée par le président Giacobbi qui est, parmi la majorité de gauche, le plus conscient de la nécessité d’avancer sur cette voie, il faut qu’en face, l’Etat soit, lui aussi, conscient du fort désir d’évolution de la société corse.
 
- Vous dites qu’en 1975, l’Etat n’a rien compris. Mais 38 ans après, que pensez-vous qu’il comprend ?
- L’Etat, à l’heure actuelle, a très bien compris la poussée identitaire qui s’exprime, démocratiquement, soit par l’intermédiaire de la majorité de gauche, soit par une partie de la droite qui a pris conscience qu’il fallait bouger, soit par l’énorme poussée nationaliste qui représente plus d’un 1/3 d’un peuple. Mais, il est totalement bloqué sur des conservatismes jacobins. Si Paris reste dans l’autisme et dit : « Il n’y a rien à voir, circulez ! », il est évident que nous n’allons pas en rester là. Nous allons vers un affrontement déplorable. Depuis Aleria, le schisme n’a jamais été aussi grand qu’aujourd’hui entre Paris et la Corse. 
 
- Pourquoi ?
- A l’heure actuelle, les deux sociétés, corse et française, divergent, lentement, de plus en plus. Je termine, d’ailleurs, mon ouvrage en posant ce problème. En 250 ans, la Corse a été, grosso modo, confrontée à 3 France. La première, la France monarchique qui court jusque en 1789, a poursuivi, roué, pendu, fusillé, conquis, écrasé... La deuxième France, laïque et républicaine, issue de la Révolution, a entretenu des relations très tendues qui ont conduit l’île à la ruine, à l’emprisonnement massif des Corses… et se sont terminées à Aleria dans un affrontement très violent. La France continue d’emprisonner et de juger beaucoup de patriotes. Aujourd’hui, la Corse est confrontée à une troisième France en train de naître, en devenir, hésitante, que les sociologues appellent : la France de la diversité.
 
- Quels seront les rapports de la Corse avec cette troisième France ?
- C’est un point d’interrogation. Nous sommes face à un Etat en train de se crisper sur la défense de sa souveraineté, de son passé et qui refuse toute évolution. Il comprend, de façon très douloureuse, qu’il n’est plus l’Etat d’autrefois. Il le comprend en niant la spécificité de sa périphérie, c’est-à-dire non seulement la Corse, mais les restes de son ancien domaine colonial. En Guadeloupe, en Martinique, voire en Polynésie française, on ne peut pas dire que ce gouvernement de gauche soit particulièrement progressiste et évolutionniste.
 
- Cette France de la diversité n’est-elle pas une chance pour la Corse ?
- Oui. La société française va, tôt ou tard, connaître un bouleversement dans lequel le mouvement revendicatif corse pourra s’infiltrer et obtenir ce qu’il cherche depuis une cinquantaine d’années et même depuis au moins deux siècles : une reconnaissance complète de sa spécificité. Ce qui ne veut pas dire que cette spécificité ira jusqu’à une forme d’indépendance parce que l’indépendance, telle qu’elle a été vécue autrefois, est en train de disparaître. On assiste, en Europe, à la fin des souverainetés des vieilles nations. On ne voit pas pourquoi la Corse deviendrait une nation totalement souveraine alors que la France, l’Allemagne ou l’Italie sont en train de perdre leur souveraineté économique, sociale, voire leur souveraineté politique.
 
- L’Europe signe-t-elle la mort des Etats-nations ?
- Les Etats-nations, tels qu’ils ont émergé en Europe au 19ème siècle, sont devenus obsolètes. Nous marchons vers une sorte de fédéralisme européen où la Corse a toute sa place, comme d’autres pays qui ont des problèmes similaires. La Catalogne marche vers un scrutin d’auto-détermination qui pose le problème de l’unité de l’Espagne. L’Ecosse aura un scrutin d’auto-détermination dans les prochains mois. La Belgique est presqu’une fiction juridique tellement les pouvoirs des deux régions, qui la composent, sont devenus exorbitants, l’Etat central n’est plus là que pour la forme. Tout le modèle sociétal de l’Europe se recompose. La France vit sur une sorte de négation des réalités qu’elle ne pourra pas éternellement prolonger.
Propos recueillis par Nicole MARI - Corse Net Infos
 
« Corse, Renaissance d’une nation », par Christian Mondoloni, avec une préface d’Edmond Simeoni - Editions Albiana – Cet ouvrage est accompagné d’un CD audio contenant le discours d’Edmond Simeoni, le 17 août 1975, lors du 8ème congrès de l’ARC (Action régionaliste corse).
 

Avril 2013

Sampiero Sanguinetti
La violence en Corse - XIXe et XXe siècles

violence

Jean-Pierre POLI :
Autonomistes corses et irrédentisme fasciste

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irred

Jean-Pierre Poli revient dans cet ouvrage publié en 2009 sur un sujet resté longtemps tabou : la confusion entretenue entre la doctrine irrédentiste mussolinienne et le « corsisme »

Jean-Pierre Poli montre les amalgames assimilant encore parfois aujourd'hui autonomisme et fascisme italien, tout en relevant les erreurs fatales commises par Petru Rocca et les muvristes. Pourquoi se sont-ils obstinés, au nom de la sauvegarde de la langue et de la Nation corses, à ne pas dissiper l’équivoque savamment entretenu tant par les nationalistes mussoliniens que par les républicains français de gauche comme de droite ? Comment ont-ils pu minimiser la profonde opposition des Corses aux revendications annexionnistes du fascisme italien ?

Le chapitre consacré à l’irrédentisme recense l’important travail historique des intellectuels italiens qui n’étaient pas tous des irrédentistes.

L'ouvrage réhabilte partiellement, sans en cacher les erreurs, le corsisme de A Muvra. L’auteur relève qu’à l’origine ce journal défendait une autonomie institutionnelle de l’île en la présentant comme la solution permettant de préserver la spécificité de la Nation corse sans rompre les liens créés dans les siècles précédents avec la France. A partir de 1938, les muvristes sombrent dans une dérive dénonçant le seul nationalisme français, en refusant de dénoncer les dangers du nationalisme italien. Cependant, tout opposait les muvristes du fascisme : le nivellement des cultures locales, la glorification de l’Etat, l’absence de démocratie, l’embrigadement militaire, l’expansion coloniale, le culte de la technique, le futurisme, la volonté de créer un homme nouveau, la glorification de la puissance de l’élan vital et le triomphe du corps et de l’énergie prônés par Mussolini ne pouvaient recueillir les faveurs des muvristes attachés à la nation corse...

La conclusion de l’ouvrage est sans surprise : « vu rétrospectivement, le combat des corsistes pour la défense de la Nation corse autonome aurait dû logiquement conduire Petru Rocca et ses amis à considérer aussi illégitimes les positions des nationalistes italiens que celles des français, dans la mesure où elles induisent l’une et l’autre la négation de l’existence même d’une nation corse ».

Gérard AMATÉ :
L'Affaire Colonna - Une bataille de presse



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L’Affaire Colonna par Gérard Amaté : une lecture indispensable !

Le sujet du livre est la justice antiterroriste, et surtout la façon dont la presse a rapporté les procès d’Yvan Colonna.

Le livre raconte le procès en appel à l’issue duquel Yvan Colonna fut condamné à perpétuité avec 22 ans de sûreté, sans preuve, sans aveux, contre l’avis des expertises légales qui l’innocentaient, et contre les dépositions des témoins directs du crime, jurant qu’il n’était pas l’assassin. A travers les compte-rendus publiés par le Figaro, France-Soir, Libération, le Nouvel Observateur, le Monde et le Parisien, une vérité troublante apparait : le parti politique le plus acharné à perdre Colonna ne fut pas l’UMP mais le PS. Et les plus ardents défenseurs de la raison d’Etat contre les immortels principes de 1789 furent Libération et le Nouvel Observateur.

Quatrième de couverture :


Le 27 mars 2009, Yvan Colonna fut, pour la seconde fois, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre du préfet Érignac, à l’issue d’un procès joué d’avance, par une cour d’assises spéciale héritière de la très décriée Cour de Sûreté de l’état.

Cette condamnation, prononcée sans preuve et sans aveux après des débats qui n’avaient pu démontrer la culpabilité de l’accusé, suscita l’indignation. On parla d’une nouvelle Affaire Dreyfus.

Mais, contrairement à ce qui s’était passé durant l’Affaire, ce n’est pas la gauche qui se mobilisa au profit de Colonna.

Bien évidemment, les journaux rendirent compte des procès mais les rôles traditionnellement dévolus à la ‘presse de gauche’ et à la ‘presse de droite’ ont été dans cette triste mascarade totalement chamboulés.

Certains journaux s’indignèrent de cette justice d’exception.
La plupart se turent.
D’autres aidèrent au crime.
On assista alors à un spectacle étrange. Une presse, prétendument soucieuse des droits de l’homme et des libertés fondamentales, préféra à ces principes affichés ceux de la raison d’état, alors que des quotidiens réputés plus conservateurs s’indignaient du comportement des juges et d’une condamnation prévisible, décidée à l’avance et ailleurs que devant une cour de justice.

Gérard Amaté n’aime pas l’État. Il est libraire à Lyon.

Roland Laurette :
Le Roman de Ghjuvanni Stephagese  - Clés pour l'affaire Colonna

L'Harmattan


laurette

Le titre indique que l'on est en présence d'un roman. Le sous-titre, en revanche, souligne clairement que ce roman est un prétexte pour donner une interprétation de l'affaire Colonna. On pourra ergoter, critiquer cette démarche mêlant raison et émotion dans un "roman non fictionnel". Pour ma part, ce roman m'a passionné, ému et, ce qui est peut-être l'essentiel, a renforcé ma conviction.

Son auteur, Roland Laurette, que j'ai rencontré lors d'une séance de dédicaces, affirme n'avoir plus que des certitudes sur l'innocence d'Yvan Colonna, et le livre, qui repose sur les témoignages des proches d'Yvan Colonna, éclaire ces certitudes.

Le procès Colonna, Tignous-Paganelli.

Editions 12bis. 120 pages.

tignous

Pendant un mois, du 12 novembre au 13 décembre 2007, installés dans le prétoire, dessinateur Tignous (Charlie-Hebdo, Marianne, Télérama) et le rédacteur Dominique Paganelli ont suivi le procès d'Yvan Colonna. Le récit qu’ils en livrent, en images et en textes, est un hommage à la grande tradition de la chronique judiciaire.

A la rigueur de leurs compte-rendus, ils ajoutent la malice de leur double regard qui, au fil de ces centaines d’heures d’audience, a su capter le détail d’une attitude, la drôlerie d’un commentaire saisi dans les couloirs du palais, et tous ces petits riens qui sont aussi la vie de l’audience. Un micro qui siffle, un verre ou un mouchoir qui se tend, un fou rire qui emporte...

Sampiero Sanguinetti :
Corse, le syndrome de Penelope

Editions ALBIANA

Sampiero Sanguinetti commence sa carrière en 1973 à Marseille et à la radio en Corse. Au début des années quatre-vingt, il participe à la création du JT Corse. "Trop sulfureux", il est écarté de l'antenne au bout de trois ans et rentre à France 3 Marseille.
Le syndicat de la chaîne le sollicite pour enquêter sur les salaires de ses journalistes. Il découvre que "les femmes, les JRI et les journalistes régionaux sont sous payés" par rapport aux journalistes - rédacteurs installés dans la capitale. Une polémique qui le conduit à quitter France 3, trois ans plus tard pour aller sur la Rai. A Palerme (Sicile), il monte un magazine hebdomadaire pour la chaîne italienne.


syndrome
   

En 2001, la Direction générale de France 3 lui demande de revenir en Corse pour réaliser son projet, Via Stella : une télévision corse par satellite. L'homme est un habitué des arrestations : il est inculpé trente-sept fois au cours de sa carrière et expulsé "deux fois de Corse dans des conditions rocambolesques" entre les mains des autorités judiciaires.

Quand il travaille pour le journal télévisé Corse, il exerce son métier difficilement. Son esprit critique dérange. Il dénonce en 1986, la fraude électorale d'Emile Zuccarelli, le député de la ville de Bastia qui a fait disparaître une soixantaine de fausses procurations. Lorsque le journaliste parle des attentats du FLNC, l'audiovisuel devient la cible des hommes politiques et de quelques indépendantistes.

ll réalise et diffuse un documentaire de cinquante-deux minutes qui révèle les conséquences de Tchernobyl sur l'Ile de Beauté. L'homme est accusé d'affoler la population : "J'ai subi des pressions très violentes de la part du Préfet. La presse m'a traité de charognard. Le travail est difficile en Corse car il y a cette proximité entre les familles et les rumeurs sont courantes dans les villages. Le travail du journaliste est de démonter ces rumeurs".

Ces mésaventures ne l'empêchent pas de poursuivre la création d'une télévision satellite sur l'île qui touchera "les 250 000 habitants, les Corses sur le continent (à Marseille, Nice et Paris) et les deux millions de vacanciers annuels".

Il fut aussi le rédacteur en chef pour la France de l'émission Mediterraneo, une coproduction méditerranéenne unique en son genre.

Il est l'auteur de deux essais sur l'exercice du métier de journaliste à partir de ses propres expériences professionnelles, dont "Les jours d'un témoin" (Albiana, 2002)

"Corse, le syndrome de Pénélope" est un essai d'interprétation des effets des différentes mesures et lois qu'à "infligé" le pouvoir central français à la Corse depuis le début du 19ème siècle.

Pourquoi sous-développement, démographie atone, apathie économique et révolte sociale sont-ils devenus l'apanage de la Corse d'aujourd'hui ? Que s'est-il passé aux XIXè et XXè siècles dans les rapports entre le pouvoir central et la Corse, fraîchement "intégrée", pour que cette dernière apparaisse désormais aux yeux de beaucoup comme la région emblématique de l'assistanat, du gaspilage et de l'archaïsme ?

L'auteur propose de revenir sur ce que furent les lois douanières au XIXè siècle et fait l'analyse des raisons pour lesquelles elles furent imposées à la Corse pendant quatre-vingt-quatorze ans. Ces lois montrent que la France à considéré la Corse, dans ses relations avec la métropole, comme un pays étranger jusqu'en 1912. Elles se sont soldées par l'affaiblissement des savoir-faire traditionnels, l'exode de la population et une crise économique majeure.


Au XXè siècle, le constat est celui du maintien d'un système qui a constamment favorisé la consommation au détriment de la production et donc du développement économique.

La Corse qui était, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, dans une situation de faiblesse alarmante, s'est brutalement trouvée confrontée à deux grands défis : celui des atteintes à l'environnement et celui du tourisme de masse. Elle n'était pas armée pour répondre à ces questions et, paradoxalement, loin de l'aider à les affronter, l'administration française a multiplié les erreurs et les maladresses à son encontre.

C'est sur ce terrain d'un bilan problématique, vécu sur l'île comme une injustice, que s'est développée une forme spécifique de violence. Une violence que l'auteur compare, pour un temps, à celle de Pénélope détruisant la nuit ce qu'elle produit le jour... en attendant le retour d'un mythique Ulysse. Le tableau est inquiétant mais il n'est pas désespéré. Le sursaut de la fin du XXè siècle n'a pas permis d'éviter tous les pièges, mais il a conduit a des avancées. Et il se pourrait même qu' "Ulysse existe".

Jean-Paul PELLEGRINETTI & Ange ROVERE :
La Corse et la République

La vie politique de la fin du second Empire au début du XXIe siècle - Seuil

rovere


Ce gros ouvrage prolonge la période étudiée pour la thèse de doctorat soutenue en 2000 par J-P. Pellegrinetti jusqu'aux débuts du XXIe siècle.

Les années allant de la chute du régime impérial à la Première Guerre mondiale occupent une place prépondérante dans l'histoire de la Corse dans la mesure où elles constituent une époque charnière correspondant à l'ancrage de l'île dans la République.


L'ouvrage rappelle l'empreinte du bonapartisme, le phénomène clanique et clientéliste et l'importance de la politique, véritable passion pour les insulaires car synonyme de puissance, de pouvoir et d'honneur. On pourra juger que ce livre est trop favorable à la vision dite "républicaine", mais il est passionnant de bout en bout et très bien documenté par deux historiens de talent.

Daniel ARNAUD : La Corse et l'idée républicaine

L'Harmattan

idee

Wanda DRESSLER : La Corse en question(s)



questions


Wanda DRESSLER :

Corse, destin d'une île

Les trente dernières années sont, pour la société corse, celle d’un bouleversement économique, social, politique et institutionnel, sans précédent pour elle-même et sans équivalent au niveau national.

Paradoxalement, assez éloignée de nombre de régions françaises – périphérique, montagneuse et insulaire, démographiquement insignifiante, porteuse d’une communauté et d’une culture plus proche de l’Italie qu’aucune autre, économiquement sous perfusion depuis de longues décennies et politiquement peu encline au changement -, la Corse a eu à relever un certain nombre de défis qui ont profondément changé la courbe de sa destinée et qui lui ont souvent valu d’être qualifiée de » laboratoire «.


 destin

Or ces trente dernières années sont aussi pour Wanda Dressler celles d’un long travail de recherche et d’études sociopolitiques sur l’île, entamé dès 1977 par la soutenance d’une thèse (Développement économique et mouvement autonomiste). En réunissant les articles fondamentaux qui jalonnent pas à pas son parcours, en réactualisant certains d’entre eux puis en les organisant autour de thématiques majeures, c’est un large panorama inédit de cette évolution qui est offert ici au lecteur.
Les questions des structures sociales, des dynamiques à l’œuvre au sein de la société corse, des identités sont abordées avec le regard de l’analyste, mais elles laissent aussi en conclusion la place à des réflexions prospectives relatives à la place nouvelle de l’île au sein de l’Europe.

Sampiero Sanguinetti :
Le désordre des identités



desordre

Dans ce premier roman, Sampiero Sanguinetti (voir plus haut sa biographie) se penche sur la fatalité de voyage et d'exil qui frappe les Corses depuis toujours, obligés à des déplacements continentaux pour vivre et travailler, l'île étant trop petite pour les accueillir et les nourrir tous. Son héros va et vient sans cesse, rencontrant des archétypes de continentaux et îliens qui provoquent le rire, la tristesse et quelquefois l'indignation.

Une écriture remarquable, souple et coulée, intelligente et nourrie de facéties souvent nostalgiques. Un premier roman par une personnalité corse qui pose avec acuité la polémique majeure de l'île, hors des fantasmes et des dérives: peut-on être soi hors de chez soi, et qui est-on lorsque l'on est de retour?

Christophe Canioni :
Dictionnaire de la politique corse contemporaine



canioni

Hélène Constanty
Razzia sur la Corse

Fayard

razzia


Combien de temps le littoral corse résistera-t-il à la pression immobilière ? L’île de Beauté est encore remarquablement sauvage et préservée, comparée à la Côte d’Azur ou aux Baléares.
Elle était pourtant promise au même type de tourisme intensif. Dans les années 1960, des projets fous ont été stoppés net par la violence nationaliste. Les plasticages et le racket, rebaptisé impôt révolutionnaire, ont durablement découragé les investisseurs. Le conservatoire du littoral en a profité pour acheter et sanctuariser des sites d’une beauté exceptionnelle.
Mais, depuis dix ans, la spéculation s’est intensifiée. Les golfes et les criques sont de plus en plus bétonnés par des promoteurs sans scrupules et des célébrités au bras long qui rêvent de piscines avec vue sur le large. Ces opérations se font souvent en violation de la loi littoral de 1986, qui organise dans toute la France la protection des bords de mer. Face à ces menaces, une nouvelle forme de résistance s’organise. Cependant, les associations écologistes se sentent bien seules à mener le combat, tant les pouvoirs publics, à qui l’on conseille en haut lieu de lascia corre (laisser courir), paraissent souvent défaillants.
Car les menaces sont à la hauteur des enjeux financiers : le grand banditisme corse, qui a longtemps fait ses affaires hors de l’île, blanchit désormais des fonds d’origine douteuse dans de gros projets de construction, parfois en rivalité avec des nationalistes reconvertis, eux aussi, dans les affaires.

Société, ethnologie

Juillet 2012

Lisa d'Orazio : CORSE & TÉLÉVISION

tv

Dans son ouvrage " Corse et Télévision ", paru aux éditions Alain Piazzola il y a quelques jours, Lisa D’Orazio nous propose un décryptage de l’image de la Corse à la télévision, au travers d’analyses d’émissions. Une image noire et négative sur l’île qui s’est construite au fil du temps avec ce média, que le docteur en Histoire tente de comprendre. Une étude qui porte sur plus de 50 ans de " petit écran " au niveau régional et national, fruit de la thèse de l’auteur.

Lisa D’Orazio dédicacera son livre le jeudi 2 août à partir de 17h30 à la librairie Piazzola, 1 rue Sainte Lucie, à Ajaccio.

A découvrir sur Alta frequenza.

13/04/2012

encorse

Gérard Lenclud
En Corse - Une société en mosaïque

Maison des Sciences de l'Homme

En Corse dans les années 1970, une société villageoise s'accroche à la montagne. Elle y maintient, avec le concours de la diaspora, un modèle d'existence en commun largement hérité de son passé proche mais dont les évolutions en cours sur le littoral semblent préparer à terme la disparition. Ce serait alors la fin d'une longue histoire sur laquelle cette société avait gravé sa signature, à défaut d'y exercer sa mainmise.
La Corse est, en effet, l'abri d'une civilisation dont le creuset est villageois. Les textes rassemblés dans ce volume dressent le portrait de certaines des institutions portant la marque de cette civilisation et en reconstituent les valeurs. Un idéal en organise le jeu ; il est cultivé dans chaque vallée, dans chaque communauté de village, dans chaque maisonnée : l'idéal de souveraineté. La Corse d'hier était un archipel dont chaque île, façonnée à l'identique sur le principe du quant-à-soi, proclamait avec force le refus de la vassalité.
L'idée d'État était donc étrangère à cette société en mosaïque, mais tout autant celle d'une cause commune, quand bien même s'agissait-il de s'opposer aux institutions de l'État.

Jeunesse

Un album jeunesse bilingue

Parution d’un album jeunesse bilingue, Corse/ français, dans toutes les librairies insulaires.

suppa

Illustration : Armelle Guissani, Poésie en français : Dominique Baur, Poésie en corse : Jean Philippe Guissani

suppa  suppa

Les deux textes peuvent être lus séparément, l’un n’étant pas la traduction littérale de l’autre.

Pierre Bertoni et Orlando Forioso présentent "A Barcella Incantata"

barcella

barcella

Cari amichi,

Sabbatu u 7 di Dicembre, da 10 à 12 ore, v’invitemu in Calvi, à a libreria Le Hall de la Presse, à a prisintazione è à a signatura di u libru A Barcella Incantata, fola scritta da Petru Bertoni è Orlando Forioso, cù e fiure d’Eva Montanari, un’antra taliana, edizione U Svegliu Calvese.

Issu libru hè natu da l’incontru d’una fola tradiziunale calvese è di u parcorsu culturale è linguisticu mossu da anni da u Svegliu Calvese.

Petru è Orlando contanu i fatti è e maraviglie di u piscadore Antone dettu a Muccica in un chjam’è rispondi trà prosa è puesia, accumpagnati da e fiure d’un Calvi suniatu da Eva.

Cù issu picculu racontu, da leghje in famiglia o à a scola, l’autori vi portanu à visità e loche calvese, à scopre i so nomi, a so magia è un suppulellu di storia in una lingua sciolta è libara, u corsu d’oghje.

Un bellu rigalu di Natale!

Chers amis,

Ce samedi 7 décembre, U Svegliu Calvese vous invite à partir de 10h, librairie le Hall de la presse (Bd Wilson) à la présentation et la signature du livre A Barcella Incantata, conte écrit par Pierre Bertoni et Orlando Forioso, avec les illustrations de l’italienne Eva Montanari, éditions du Svegliu Calvese.

Ce livre est issu de la rencontre d’un conte traditionnel calvais et du parcours culturel engagé depuis plus de 30 ans par U Svegliu Calvese.

Pierre et Orlando nous racontent les exploits du pêcheur Antone, surnommé "a Muccica", dans un échange entre prose et poésie, remarquablement souligné par l’imagination d’Eva Montanari.

Avec ce petit récit, à lire en famille ou à l’école, les auteurs vous mènent sur les chemins de Calvi pour redécouvrir les lieux oubliés, leurs noms et leur magie, avec un soupçon d’histoire, dans une langue d’aujourd’hui.

barcella


Un livre à mettre au pied du sapin !
20/05/2011
Sortie du livre-objet d'Armelle Guissani : malgré tout‏

armelle

Orlando Forioso : Chi si sbaglia, inventa !

Stamperia Sammarcelli

orlando

Cet ouvrage est né du travail réalisé par Orlando Forioso sur La Grammaire de l'imagination de Gianni Rodari : des centaines d'élèves ont participé au spectacle tiré du livre de Rodari, et le livre d'Orlando raconte l'aventure de ce spectacle.

Pour ceux qui ont vu Fantastica, la grammaire de l'imagination aux Rencontres de Calvi, l'ouvrage de Gianni Rodari :

rodari

Policiers

Deux romans du journaliste Jean-Louis Andreani mettant en scène la pulpeuse pinzuta Delphine. Une vision pleine d'amour et d'humour de la Corse.

salamandre
sole

Et voici le troisième volume :

Plongeon à Bonifacio.


plongeon


Généalogie


noms


Cuisine

cuisine

Beaux livres

loic

Etienne Orsini
Ombres et lumières en Custera

Publié sous forme numérique, il y a tout juste un an...

..."Un Paysage à l'arbre près, ombres et lumières en Custera/Haute-Corse" entame sa vie de livre papier.
Avec un tirage soigné et limité (100 exemplaires) réalisé par un éditeur helvète épris des montagnes corses !

Toutes les infos sur ce recueil mêlant poésie et photographie :

http://www.esprit-de-la-lettre.com/imaginaires/

Etienne Orsini publie "Un Paysage, à l'arbre près - Ombres et lumières en Custera".
Ce recueil de poèmes et photographies évoque une Corse de l'intérieur, voire de l'intime.

L'ouvrage se présente sous la forme numérique, mais l'esprit de la lettre est bien là ! C'est précisément le nom de son éditeur suisse.

Vous trouverez tous les renseignements utiles en cliquant ci-dessous :

http://www.esprit-de-la-lettre.com/imaginaires/

etienne

Corsica Luminosa de Jérôme Jouve

jouve

odyssee

Loïc Colonna : Trà mare è monti

tra_mare

Corsographie de Caroline Dattner Blankstein (septembre 2013)

Pas un "livre" mais le catalogue de la belle expo de Caroline Dattner Blankstein, visible encore quelques jours à la Galerie Batignolle's ART - 35 rue la Condamine - Paris 75017 (Métro La Fourche ou Place de Clichy). Ce projet se concentre sur la partie est de l'extrême-sud, entre Porto-Vecchio, Ospedale, Bavella, Coscionu et Bonifacio. Caroline prépare déjà un autre projet autour des textures (bois, pierre...)

corsographie

Pascal Luciani :

Le Fleuve

UN PLONGEON PHOTOGRAPHIQUE ET INITIATIQUE AU COEUR DE LA CORSE

fleuve

Le Fleuve¨, un livre magique, une immersion graphique dans la rivière du temps, depuis le village d’Albertacce. Une invitation à parcourir la Corse au fil de l’eau et de ses rochers. Un ouvrage signé Pascal Luciani.

Prix : 28€
En vente en librairie et sur le site de l’auteur : www.pascalluciani.com

Extraits :

Depuis le village jusqu’à l’eau : Petra Pinzuta, Pont’Altu, Ponte Muriccioli… lieux magiques de l’enfance, légèreté et insouciance. Sentiers et chemins ancestraux bordés de rochers sculptés par les éléments, je les ai parcourus depuis tout petit, avec mes parents, puis comme un grand, avec mes enfants.
Devenu photographe, j’ai recommencé à jouer avec ces formes liquides et minérales, empreintes de souvenirs, là où l’eau relie et mixe de multiples roches de granit aux formes fantasmagoriques. Certaines incarnent des sites de vie, d’autres des lieux de repos éternel, gardant une part de leur mystère, communion avec l’imaginaire onirique de l’enfance, passerelle entre l’univers de l’instinct et le monde du rêve.

A propos de L’auteur :

¨Le Fleuve¨ est le premier livre de Pascal Luciani. Il s’agit d’une aventure personnelle, menée en parallèle de sa vie professionnelle de photographe publicitaire en studio à Lyon. Son objectif consiste à faire partager une vision onirique, étrange et poétique, d’un monde qui nous relie tous.

Pascal Luciani sera l'invité de Sera Inseme le mercredi 26 Juin à 18h30,

L'émission sera rediffusée sur Via Stella et visible sur le site internet de la chaîne :
http://corse.france3.fr/emissions/sera-inseme.

Antoine Perigot : Opera Umana

Après la réalisation des ouvrages Corsica Muntagna*, consacré à l’univers de la montagne corse, et Un voyage Intérieur au Burkina Faso*, premier beau livre dédié à ce pays d’Afrique, le photographe éditeur Antoine Perigot vient de boucler un nouveau projet d’envergure : l’édition de Opera Umana (l’œuvre humaine), le grand livre d’art consacré au patrimoine bâti en Corse.

En un voyage imaginaire de 216 photos couleur réunies sur 144 pages, l’auteur emmène le lecteur, ou plutôt le spectateur, à la découverte des multiples architectures de la Corse, qu’elles soient modestes ou ostentatoires.

Du simple mur de pierre recouvert de mousse à la maison de maître ornée de fresques romantiques, il émane de ces édifice un sentiment de respect dû aux témoins de l’Aventure humaine depuis l’aube des temps.

Avec Opera Umana nous plongeons dans le maquis pour pénétrer un vaste musée à ciel ouvert, dont les chefs d’œuvres attendent patiemment le visiteur pour lui conter des légendes confondant les faits historiques et les mythologies du bassin méditerranéen.

L’ouvrage Opera Umana consiste en un ensemble de familles d’images maquettées sur un fond de couleur terre, et réunies par les thèmes où les ambiances qu’elles évoquent : Art roman, ponts, tours génoises, terres à blé, intérieurs paysans en bois sombre, gros plans sur les différentes constructions en pierre de toute l’île…

opera  opera

©Antoine Périgot

*Corsica Muntagna : un des ouvrages de référence sur la montagne, qui figure dans les meilleures ventes de beaux-livres sur la Corse.

*Un voyage Intérieur au Burkina Faso : classé par le magazine Géo parmi les 20 plus beaux livres de l’année 2005

Un très beau livre, que l'on peut découvrir sur le site (très bien fait) de l'auteur/éditeur.


20/05/2012

possibilite

Sites remarquables vus du ciel

Gilletta-Corse matin

De très belles photos de Michel Luccioni et des textes d'Alain Gauthier : un livre qui donne envie d'être un oiseau !

sites

Stéphane Guiraud :
Corse - La Balagne

Academia verlag

balagne

Aucun éditeur corse n'ayant accepté d'éditer son magnifique ouvrage sur la Balagne, Stéphane Guiraud est allé se faire éditer en Allemagne. Et c'est heureux car c'est vraiment un livre remarquable, hymne à la Balagne en 165 photos.

Gabriel-Xavier CULIOLI et Jean-Christophe ATTARD :
CORSE - Le chant des saisons

Editions DCL

chant saisons

Les quatre saisons corses déclinées par Gabriel-Xavier Culioli et le photographe Jean-Christophe Attard.

Gabriel-Xavier CULIOLI et Emmanuel SAILLER :
Terres de CORSE

Editions La Marge, 1988

terres

Une invitation à découvrir la Corse avec un texte dense et plein d'humour (je pense notamment à la scène dans la boucherie de Porti Vecchju) de Gabriel-Xavier Culioli et de magnifiques photos d'Emmanuel Saïller.

Jean-René Laplayne - Jacques Rocca Serra - Photos de Christian Crès et Fernando Ferreira

Trésor du Sud - CORSE
Editions Crès - Coffret d'images

cres

Les livres de la collection "Coffret d'images" de l'éditeur marseillais Crès se présentent sous la forme de portfolios de cent pages au format 40x30 cm. Ils contiennent cent photographies en couleur accompagnées de légendes et de textes poétiques et descriptifs. Leur réalisation permet d'apprécier les magnifiques images dans un format large en évitant le trait de la reliure, et permet même d'utiliser une image en encadrement http://www.editions-cres.com/

Tomas Heuer :
Racines célestes / Radiche Suprane

Editions Alain Piazzola

radiche

Tomas Heuer a sous-titré son ouvrage : "tribulations noctambules sur l’île des arbres de beauté".
Sa passion des arbres et du ciel l’a conduit, au-delà de la Corse, en l’Aubrac et dans le Vercors.

La plupart de ces photos sont prises en pose longue, et même très longue. Il  lui est même arrivé de poser une vingtaine d’heures en reprenant la pose durant plusieurs nuits.
Lors de ces poses, il laisse la clarté lunaire teinter le paysage, et parfois souligne d’un fin pinceau lumineux les lignes de forces de l’arbre qu'il photographie.

radiche


Accompagnées de textes de l’auteur, de poèmes et d’écrits en Corse de Santu Massiani et Dumè Colonna, Racines célestes est préfacé par Jacques Brosse, l’un des meilleurs spécialistes français des arbres et de leurs mythologies.

Un très beau livre, à partir duquel le groupe L'Alba a construit un disque éponyme.

Paroles & Couleurs (Nicolas Cotton-peintures /Norbert Paganelli-textes)

Préface de Michel Duterme
Chateauroux, éditions La Bouinotte, 2012.

cotton

Lire la suite sur la page consacrée à Norbert Paganelli →

Art

José Lorenzi - Insulaire par Jean-Pierre Girolami

Editions Critères

 lorenzi

Une belle monographie consacrée au peintre bastiais José Lorenzi.

Jean-Pierre ATTARD : Exception(s) corses
DCL Editions

exceptions

Le printemps venu, on ne compte plus les magazines «Spécial Corse» qui fleurissent dans les kiosques et librairies avec plus ou moins de bonheur, d’intérêt ou de justesse. Pourquoi, dès lors, faire le choix d’une nouvelle parution sur la Corse ? Au risque de paraître présomptueux, nous voulons emprunter une autre voie que celle de la carte postale flatteuse d’une île, fût-elle paradisiaque ! Nous souhaitons également sortir des sentiers battus et étriqués de la presse de territoire et son cortège de clichés éculés. À l’instar de titres existants à l’échelon national, nous innovons sur la forme en proposant le premier magazine-livre sur la Corse. avec un tel titre, nous prenons le pari de l’extraordinaire, de l’original et de l’exceptionnel tout en veillant à ne jamais sacrifier notre identité ou notre authenticité. Certes, vous trouverez dans nos colonnes de belles photos de Corse, certes, vous aurez toujours de quoi vous nourrir physiquement ou spirituellement mais pour nous, l’essentiel est ailleurs. Un ailleurs presque indicible, une dimension plus impalpable qui parcourt nos pages et laisse transparaître une île sans fard parce que naturellement belle, une île complexe aussi, parce que souvent paradoxale, mais une Corse toujours passionnante et singulière ! (Exceptions Corses) décide de regarder la Corse en face, en laissant le charme agir mais en préservant cette lucidité et cette franchise qui font la force et la beauté des relations durables.

Salons, expositions, éditeurs, prix littéraires

Présentations, signatures

 

« PORTRAITS DE CORSES » : présentation et signature à « la marge », jeudi ( 18), de 17 à 19h30, avec Jean-Pierre Castellani, Christine Bottero et Edmond Siméoni...

Un livre très attendu, rédigé par Jean-Pierre Castellani, l’ « éditeur », le Directeur de la Collection, et Christine Bottero, mais aussi avec la participation de Marie-Amandine Sain et de Laura Biancamaria, pour deux textes. 22 portraits de « personnalités corses qui ont marqué et marquent encore leur secteur d’activités ». C’est ce recueil de portraits que les deux auteurs vont présenter et signer :

Jean-Claude Acquaviva, L’aventure collective de A Filetta
Jean-François Bernardini, Des polyphonies villageoises à la non-violence universelle
Marc Biancarelli, L’insoumis, la révolte d’un mutin ou d’un écrivain voyou
Jean-Claude Casanova, Un homme de convictions
Laetitia Casta, Le destin d’une diva corse
Isabelle Ciaravola, étoile parmi les étoiles
Dominique Colonna, Le gardien de... la Restonica
Jérôme Ferrari, Le philosophe romancier
Patrice Franceschi, L’engagement d’un écrivain aventurier
Antoine Giacomoni, Miroir de vie, miroirs des princes
Pierre Graziani, La tête dans les nuages...
Nicolas Grimaldi, Le veilleur du sémaphore
Laurent Lantieri, Le rêve d’une vie
Ange Leccia, Le voyage de la pensée visuelle, entre Nonza et Tokyo
Marie-Josée Nat, Un destin tressé à l’aube de la liberté
Jean-Noêl Pancrazi, Un écrivain du soleil
Marie-Claude Pietragalla, La volonté d’un cygne du destin.
Jean-Paul Poletti, La quête de l’impossible rêve
Philippe Pozzo di Borgo, L’intouchable
Robin Renucci, La philosophie de la forge
Edmond Simeoni, Le militant
Jean-Christophe Spinosi, La passion de la musique

La première de ces séances de signature est prévue à Ajaccio jeudi prochain 18 août, de 17 à 19h30 dans la librairie « La marge »; Une deuxième, à Bastia, dans la librairie « des deux mondes » le jeudi suivant, soit le 25 août, de 17 à 19h, et une troisième, de nouveau à Ajaccio, le jeudi 8 septembre dans la « librairie des palmiers ».

Nous avons demandé aux « portraiturés » de venir se joindre aux auteurs lors des signatures. Quelques uns viendront à chacune des signatures.

Ainsi, jeudi prochain, à Ajaccio Edmond Siméoni signera « son portrait » aux côtés des deux auteurs, Christine Bottero et Jean-Pierre Castellani.

Jean-Jacques Colonna d'Istria

portraits
salon
Les dédicaces :

Prix littéraires

Simon Giuseppi

giuseppi

livre2015

Juin 2015

Prix du livre corse : une belle cuvée 2015

lecteurs

Editeurs

Colonna Edition

Editeur Corse

Jean-Jacques Colonna d'Istria

Jean-Jacques Colonna, passionné par la culture en général et la littérature en particulier, attaché à ses racines corses, s'est toujours investi dans le domaine du livre corse.

Nommé secrétaire général de la Maison de la Culture Corse en 1969, à l'âge de 23 ans, il quitte ses fonctions en 1977 pour créer à Ajaccio la librairie La Marge. Pendant plus de vingt ans, La Marge est un haut lieu de la vie culturelle et artistique corse, avec plus de 800 expositions et 100 rencontres organisées. En parallèle, Jean-Jacques Colonna d'Istria reprend l'organisation des Journées du Livre Corse et édite plus de 200 ouvrages.

Après avoir cédé La Marge en 1999, Jean-Jacques Colonna d'Istria s'intéresse fortement à la création et l'organisation de manifestations culturelles : le Salon du Livre Napoléonien, l'Université Populaire d'Eté ou encore les Journées du Corail sont quelques exemples de manifestations organisées entre 2000 et 2004. Il continue en parallèle son travail d'éditeur.

Depuis 2004, Jean-Jacques Colonna d'Istria partage son temps entre trois activités : il assure la direction et l'administration du Lazaret Ollandini/Musée Marc Petit à Ajaccio, représente les associations populaires au Conseil Economique, Social et Culturel de la Corse, et s'occupe de sa maison d'édition, Colonna Edition.

Jean-Jacques Colonna d'Istria a reçu des mains de Jack Lang l'insigne de Chevalier des Arts et des Lettres.

Colonna Edition : Lire la suite →

Albiana


La rentrée littéraire d'Albiana

alb


albiana

Guy Firroloni

albiana

Manifestations, colloques, rencontres

prix

Voir la page "Archive" pour les années antérieures.

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