Libri : Livres et littérature corses

Ghjacumu Fusina

Dernière mise à jour : 05/01/2016

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J'ai fait la connaissance de Ghjacumu Fusina lors de la conférence "La littérature corse des origines à nos jours" à laquelle j'ai eu la chance d'assister et de pouvoir échanger quelques mots avec lui.

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Jacques FUSINA est né en décembre 1940 à Ortale en Haute-Corse. Après des études secondaires à Bastia puis supérieures à la Sorbonne, il a d’abord enseigné les lettres dans la région parisienne et à Paris. Revenu en Corse en 1981, il a été chargé de mission ministérielle (mise en place de l’enseignement du corse) et conseiller technique des recteurs d’académie, chargé d’inspection pédagogique régionale. Docteur ès- lettres (Montpellier) et docteur en sciences de l’éducation (Paris), il a enseigné la littérature et les sciences de l’éducation (dont il a fondé le département) et a dirigé des travaux de recherche (troisième cycle et doctorat) dans ces filières à l'université de Corse.

Militant culturel reconnu, il a été élu président du conseil de la culture, de l’éducation et du cadre de vie (conseil consultatif de l’Assemblée de Corse) de 1989 à 1991.

Ecrivain (Prix du livre corse, prix de la Région, 1987 : poèmes, nouvelles, essais , traductions) il est aussi parolier de nombre de chanteurs et de groupes corses parmi les plus connus (voir ci-dessous).

Outre une centaine d’articles scientifiques et universitaires (en actes de colloques, recueils spécialisés ou revues scientifiques), on peut signaler parmi certains de ses ouvrages :

Soleils revus poèmes
(PJ.Oswald, Honfleur,1969)
E Sette Chjappelle poèmes et proses en corse
(Albiana, Levie, 1986) Prix de la Région, Prix du livre corse
Contrapuntu ( livre d’art) poèmes et calligraphies de Peter Berger
(La Marge, Ajaccio,1989) Prose Elzevire proses journalistiques (La Marge, Ajaccio,1989)
Corse, défense d’une île (coll.) essai
(Autres Temps, Marseille,1992)
Canta u Populu Corsu (en coll. Albiana Ed.), Présentation critique du groupe,
339 pages, 1993 (Prix du Livre Corse 1993)
L’enseignement du corse (histoire, développements, perspectives)
(Ass.Sq. Finusellu et univ. de Corse, 1994)
La poesia corsa ( présentation critique en italien)
(Erbafoglio, Cagliari, Sardaigne, 1995)
Versu Cantarecciu, textes de chansons en corse
(Albiana, Ajaccio,1996)
Tous les matins de Corse (coll.) essai
(Autres temps, Marseille, 1998)
Parlons corse ( approche de la langue : histoire, grammaire, lexique)
(L’Harmattan, Paris,1999)
Une poétique de l’identitaire ? (étude critique)
(in Le Mémorial des Corses, Albiana, Ajaccio, 1999)
The Corsican language in education in France (synthèse en anglais )
(Leeuwarden, Mercator, Pays Bas, 2000)
Pinochju , traduction corse de Pinocchio de C.Collodi
(Ed. Sammarcelli, Bastia, 2001)
Une Anthologie de Rencontres (coll.) poèmes traduits du corse
(Farrago Léo Scheer, Paris, 2002)
Histoire de l’Ecole en Corse (direction de l’ouvrage)
(Albiana, Ajaccio, 2003)
Sampiero Corso (livret adapté et traduit en corse de l’œuvre d’Henri Tomasi),
Opéra créé à Marseille, livret publié chez Actes Sud (octobre 2005)
Retour sur images (recueil de poèmes en français ou traduits du corse),
Sammarcelli éditions (2005)
Corsica ... un'Isula chì canta, en collaboration avec Gerda-Marie K݈N et Harald ZEIHER
Sammarcelli éditions (2007)

Parmi les nombreuses poésies de Ghjacumu Fusina mises en musique, citons:

Amareni, Brame, Assenza, A' mare bellu, More, Rispondimi iè, Rivecu, Sole chi s'avvicina, Sognu, Sole d'aprile, A' pena cum'è tè, Chi a vita face inno, Trà more è campà ( I Muvrini)
Amicu ci si tù, A' galuppà, Barabattule, Citatella da fà, Ci hè dinù, L'odore di i nostri mesi, Preghera, Più chè u sole, Quandi a terra move, Scorsa la vita, Viaghji (Canta u Populu Corsu)
Amicizia è fratellenza, Bastia ricordi, Cantu per un'isula, Cantu natalescu, Muvra corsa L'attempati, Dumane, Giuventù, Fiuminale, Ghjiseppu è Lillia, Hè mezanotte, Notte santa, Natale d'amore, Paghjella vultaticcia, Quantu si cambiata, u to nome, Idea di u vultà, Isula, Settembre, O Donne (Antoine Ciosi)
A chjama prigiunera, l'île et l'enfant (Petru Dieghi)
A mio lingua hè, u baullu (Patricia Gattaceca)
A' tagliu di strada, Assai, Bisognu di tè, Da tè, E stonde, E' d'aspettà, Megliu cusi, Sola sola (Mathieu Battestini)
A mio furesta (Tony Toga)
A canzona di l'acqua, Isula idea, Puesia hè libertà, Paisaghji , Palatini, Zitelluccia di Rumenia (Petru Guelfucci)
Cantu natalecciu, Discetati o zitelletta, Eo ci aghju in core (Tavagna)
Disuccupatu, Ma di cio ch'è tù voli, Malanni, U negru fume (A Filetta)
Era un paisolu, Luciana, Puliticà, Una sera di Natale, Sognu identità, Vogliu cantà (I Fratelli)
Ella, hè un'isula (Eric Mattei)
Isula d'oghje (Albinu)
I paisoli, E mane in pasta (Tramuntana)
Luna luna, Una si tù (Patrizia Poli)
Luna nova (Diana di l'Alba)
Mon bon vieux stade (Pascal Olmeta)
Oghje qui, Parulle nustrale, Quantu si cambiata (Giramondu)
Sunendu di viulinu, U tintu scrittore (Poletti)
Settembre (Cuiconi)
Lamentu à Nicoli, Quellu affissu zifratu (Jacky Micaelli)
Terra umana (Patrick Fiori)
Toi l'insulaire (Sylvie Bonello)
U cantadore (Ciosi, Maryse Nicolai)
A vigia, Serinatu à tè Corsica, A quelli tempi, Notte d'aostu (Tony Sampieri)
Salute à tè, O Mamma, O tù chi fuste, O Ciuccia (Josée Filippini)

 

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Le Petit soldat

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Décembre 2015

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Jacques Fusina à "Par un dettu" pour "Le petit soldat"

Jacques Fusina à "6 et demi" pour "Le petit soldat"

Jacques Fusina était l'invité de "6 et demi" le 12 octobre 2015 :

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Ecrire en Corse,

de Jacques Fusina, aux éditions Klincksieck (septembre 2010)

L'ouvrage de Jacques Fusina présente la littérature corse des origines jusqu'à nos jours, en mettant en évidence les étapes essentielles de l'émergence et de l'affirmation de l'expression littéraire corse.

Je le recommande sans hésiter !

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A lire : l'entretien de Jacques Fusina avec Norbert Paganelli sur le site de ce dernier, Invistita.

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04/04/2012

Après l'article de Jacques Fusina sur Paroles & Couleurs, voici ce qu'écrit Norbert Paganelli sur son excellent site culturel Invistita au sujet du recueil poétique trilingue Corsica neru è biancu qui présente des poèmes de Jacques Fusina :

CORSICA neru è biancu

Harald Zeiher, Ghjacumu Fusina, Gerda-Marie Kühn
Stamperia Sammarcelli, 65 p, 2012


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Avec les linogravures d’Harald Zeiher dont le graphisme sobre accompagne si bien les  poèmes de Jacques Fusina, avec les traductions en allemand de Gerda-Marie Kühn voici un ouvrage qui marie avec une rare élégance l’icône et le texte.
Chaque page présente donc trois versions du même poème, en corse, en français et en allemand et en regard une icône en noir et blanc lui répond.
L’équilibre de l’ensemble est saisissant, le format de l’ouvrage original comme l’est cette tentative de création collective qui ouvre bien des horizons. un ouvrage à lire bien sûr mais aussi à voir plus le plus grand plaisir des yeux.

Un auteur, et ceci est encore plus vrai d’un poète, c’est en tout premier lieu une voix. Une voix, reconnaissable entre mille, qui égrène une mélodie qui nous va droit au cœur. En l’entendant, on se prend à murmurer : « c’est lui, c’est bien lui…je le reconnais bien…. ».
Parmi les voix qui nous sont chères, celle de Jacques Fusina occupe une place de choix car elle fait, depuis bien longtemps, partie des piliers qui soutiennent le fragile édifice que nous tentons de bâtir, non pour l’imiter mais pour tenter de faire germer ces graines qu’il a semées aux quatre vents.

Cette voix qui nous parle n’est pas celle du renoncement, elle est tout au contraire celle de la persévérance à poursuivre, malgré les embûches et les chausses trappes, les bassesses et l’indifférence, en ceci elle bien la voix de la vie (Et même s’il ne restait que deux haillons (…) tout cela n’aurait pas été vain.).
Certains feront remarquer que la poésie de Jacques est d’une délicatesse qui n’a plus cours aujourd’hui, aujourd’hui étant cette époque de fer dominée le noir  qui contraint le poète à être ironique ou désabusé, révolté ou cynique. Ce serait bien là la pire erreur que puisse commettre un créateur que de vouloir être autre chose que ce qu’il est en cédant aux tendances du moment !

La délicatesse dont fait montre Jacques Fusina n’a rien à voir avec l’élégance mondaine des stylistes, elle est également étrangère au maniérisme désuet tentant de faire « couleur locale », elle ne se confond nullement, non plus, avec la facilité des clichés rebattus, elle trouve vraisemblablement son origine dans un authentique et profond «  étonnement d’être ».
Etonné d’être présent au monde, étonné que le monde soit là, le poète nous livre ses émotions discrètes et nous fait découvrir ses lieux de prédilection comme s’il s’agissait d’un premier matin sur lequel un enfant, ni triste ni gai aurait ouvert les yeux (Et sur le sable à la pleine lune/prête à naviguer sur les rêves/venus du silence de la nuit/une barque inclinée attend). Le monde est là, simple, fragile et il arrive que nous ne le percevions pas dans sa singularité. La voix du poète est là pour nous rappeler cette évidence, sans nous en blâmer, avec discrétion et bonhomie, autant de mots qui nous deviennent, chaque jour, un peu plus étrangers.

En nous offrant ces textes déclinés en trois langues, l’auteur poursuit un chemin inauguré il y a de cela plusieurs années et qui est une sorte d’invitation au voyage : voyage entre les cultures, voyage entre les mots qu’il sait si bien égrener au cours de son périple mais aussi voyage entre l’écrit et l’image, un interstice qui reste largement à explorer.

Nous avons souhaité vous proposer deux séries des trois versions poétiques contenues dans l’ouvrage ainsi qu’une petite interview de l’auteur

Ma ancu

Ma ancu s’ellu ùn fermessi
chè dui stracci di locu
appesi à u celu
duie ore di vita
appese à u silenziu
duie ore di sempre
appese à u tempu
duie parulle d’amore
appese à un filu
tuttu què
ùn saria statu indernu

Et même si

Et même s’il ne restait
que deux haillons du lieu
pendus au vide
deux heures de vie
pendues au silence
deux heures de toujours
pendues au temps
deux mots d’amour
pendus à un fil
tout cela
n’aurait pas été vain

Selbst wenn

Selbst wenn nichts weiter bleibt
als zwei Fetzen Land
die in der Luft hängen
zwei Stunden Leben
die im Schweigen hängen
zwei Stunden Dauer
die im Zeitraum hângen
zwei Worte Liebe
die an einem Faden hängen
all das
ware nicht umsonst gewesen

I passi

I passi
di  zitellina
i passucci in pulvina
I passi scalzi
di sulaghju
l’hà stampati
ind’u tilaghju
a memoria ballarina
è si sὸ fermata
belli belli
imbiancati di farina
cum’è quelli
di u topu in granaghju

Les pas

Les pas
de l’enfance
les petits pas dans la poussière
les pas déchaussés
à même le plancher
ont été gravés
sur le métier à tisser
de la mémoire dansante
et se sont arrêtés
tout doucement
blanchis par la farine
comme ceux
d’une souris dans le grenier

Die Schritte

Die Schritte
der Kindheit
die kleinen Fußstapfen im Staub
die Schritte, barfuß
auf den Dielen
wurden eingraviert
im Webstuhl
der tanzenden Erinnerung
und sind stehen geblieben
ganz allmählich
weiß bestaubt von Mehl
so wie die
einer Maus auf dem Dachboden

Corsica neru è biancu
se présente comme un ouvrage véritablement polyphonique : les textes corses comportent une traduction en français, en allemand et son agrémentés d’illustrations linogravées…Est-ce une manière de chercher une autre dimension, de sortir d’un cadre devenu trop étroit ?

Un dossier paru récemment dans Le Monde (culture & idées du 3 mars) s’intitulait interrogativement « Poètes, le dernier vers ? » : le constat n’y était guère optimiste sur notre activité poétique en général (« trop petits tirages, coupée du monde, avenir semblant fragile ») quoiqu’on ait pu la trouver revigorée ici ou là par des formes renouvelées comme le slam, l’interprétation rythmée ou le chant… Pourquoi pas ?
S’il apparaît en effet que l’on range souvent aujourd’hui sous le vocable « poésie » tout un ensemble de productions qui vont des « niaiseries grandiloquentes » à l’avant-garde expérimentale ou à la dite « post-poésie », en passant par toutes les formes de lyrisme et d’expressivité, le problème principal demeure celui du contact avec un public ou un lectorat qui puissent adhérer à ce qu’ils lisent ou entendent sans en être trop déconcertés.
Dans un tel contexte, il semble que de nouvelles approches, plus attrayantes que le traditionnel recueil de poèmes, offrent d’autres atouts pour chercher, comme tu le dis, une dimension de plus et élargir ainsi un cadre devenu trop étroit.

De plus en plus de poètes associent l’image au texte, je pense à Genitori de Stefanu Cesari, à C’est ou de Jean François Agostini, j’ai moi aussi succombé à cette tentation dans Mimoria arghjintina… Comment expliques-tu cette proximité croissante de l’image et de la poésie ?

Dans le prolongement de ma première réponse, l’association de l’image au texte semble plus attractive, comme tu l’indiques à propos des exemples cités, Jean-François Agostini, Stefanu Cesari ou ton Mimoria arghjintina. Il peut y avoir d’ailleurs des motivations diverses dans ces accouplements : choix d’un déclic esthétique initial ou conception englobante de l’œuvre qui associerait le geste scriptural à un complément plastique, par exemple.
 C’est pourquoi, je prends moi-même plaisir à ce type de compositions provoquées par une émotion esthétique (peinture, musique). Déjà au moment des années « riacquistu » nous fûmes quelques-uns à tenter l’expérience du mariage risqué poésie-musique sans ignorer pourtant que la chanson est un genre qui a ses propres règles dont la poésie risquait de pâtir un peu.
Le travail d’écriture reste  pour chacun d’entre nous un objectif permanent qui suppose des tentatives osées : c’est d’ailleurs ce que tu as remarquablement obtenu avec ton dernier Paroles & Couleurs qui me semble fort bien illustrer nos communes recherches.

Gerda-Marie Kühn a assuré la traduction des textes en allemand mais de quelle version de tes poèmes est-elle partie ? Le texte originel, la traduction française ou les deux ? .

Pour ce qui me concerne dans ce Corsica neru è biancu, le point de départ vient des linogravures de Harald Zeiher, remarquables « vues » stylisées de notre île. J’ai composé de petites pièces en corse sur ces représentations que j’ai ensuite autotraduites en français, comme j’aime parfois le faire. C’est Gerda-Maria Kühn qui a versé le tout en allemand, en s’appuyant autant sur ma traduction française que sur l’original corse, qu’elle commence à bien connaître. Elle avait déjà tenté cette opération dans un précédent recueil de chansons corses illustré par des photographies en couleur du même artiste. Il convient d’ajouter pour être complet qu’en ce qui concerne un très petit nombre de poèmes, la conceptrice a choisi d’associer ici des compositions déjà publiées par ailleurs (dont des vers de deux chansons interprétées) à des gravures lorsqu’elle jugeait le rapprochement convenir particulièrement. J’ai volontiers laissé cette initiative à celle qui a porté le projet avec passion dès le début. L’édition soignée de l’imprimerie Sammarcelli a contribué à donner à l’ouvrage un aspect sympathique tant par la typographie d’ensemble que par la qualité des reproductions.

03/04/2012

La littérature corse : Interview de Ghjacumu Fusina

Jacques FUSINA : Parlons Corse

Editions l'Harmattan

Par l'universitaire, poète, écrivain et parolier, expert des questions linguistiques Jacques Fusina, un ouvrage simple, précis et complet sur la langue corse sous tous ses aspects.

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