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U Svegliu Calvese et les Rencontres Polyphoniques de Calvi

Année 2015

Dernière mise à jour du site : 20/04/2016

Vous êtes ici : Musique/Chant corse/Rencontres polyphoniques/2015

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U SVEGLIU CALVESE
La Poudrière / Citadelle
20260 CALVI

Tél : 04 95 65 23 57
Fax : 04 95 65 41 54
Mail : svegliu@gmail.com

Les 27èmes Rencontres de Chants Polyphoniques de Calvi :
du 15 au 19 septembre 2015

Chers amis,
Amichi cari,

Depuis maintenant deux ans, le monde culturel est dans la tourmente : plus de cent manifestations et festivals ont été annulés ou carrément supprimés en france, certains pour des raisons budgétaires, d'autres à cause de choix politiques, voire idéologiques.
C'est terrible et inquiétant : lorsque le pouvoir d'attaque à la culture, le risque est énorme, et nous nous devons de réagir.

Dans notre région, le monde associatif en se regroupant a su faire front, mais la bataille n'est pas gagnée! Nous devons mobiliser plus largement : au-delà de nos propres structures, il nous faut sensibiliser la population afin que la prise de conscience soit la plus importante possible, et que nos élus et nos représentants dans les diverses institutions comprennent l'importance du problème.

« La  culture ne s'hérite pas, elle se conquiert », disait André Malraux ; c'est de cette conquête dont nous nous réclamons : nous devons continuer à nous battre pour exiger le droit à la culture.

U Svegliu Calvese est notre seule arme ; utilisons-la en soutenant son action de toutes nos forces, pour que vive ce que, depuis plus de 30 ans, nous défendons.

« La culture c'est ce qui rend la vie vivable et la mort affrontable »... C'était aussi un leitmotiv pour un certain Aimé Césaire.

Un grand merci à vous tous
A ringraziavi

Pour U Svegliu Calvese, le Président : François CANAVA

J’adhère à U Svegliu Calvese !

Je ne vis pas à Calvi, ne suis pas Calvais ni même Balanin (ma famille est originaire du Pumonte) ; né à Toulon, j’ai toujours vécu en région parisienne. Et pourtant… désormais, j’adhère !

J’aurais pu me contenter de prendre comme chaque année mon abonnement aux Rencontres polyphoniques. Mais j’ai décidé d’aller au delà du simple geste (f)estivalier. Je ne veux plus être un banal consommateur culturel circonstanciel. Mon adhésion est un engagement. C’est même un acte politique. A une époque où la Culture est souvent considérée comme un luxe, en tout cas regardée sous le seul angle de ce qu’elle coûte, il faut inverser la proposition et réfléchir à ce que serait une société sans Culture.

Dans ce combat culturel quotidien, et avec une énergie farouche, U Svegliu Calvese mène depuis plus de trente ans une action tenace et exemplaire. Ses initiatives artistiques sont nombreuses et variées, des Via Crucis aux ateliers de traduction, en passant par les représentations théâtrales, sans oublier bien sûr les exceptionnelles Rencontres Polyphoniques. U Svegliu œuvre depuis 1981 pour faire reprendre conscience aux habitants de Calvi de la richesse de leur patrimoine. Comme l’indique le nom qu’il s’est choisi, il a réveillé la ville qui n’est désormais plus seulement une escale touristique et une ville de garnison mais ce lieu magique où, pour reprendre les paroles de Primo Levi, une corde est tendue. C’est toujours le désir de partage, la recherche d’une vérité, la foi en l’homme qui nous anime au sein de la Citadelle.

Alors oui, pour manifester mon soutien indéfectible, j’adhère et j’engage chacun à en faire autant.  Plus nous serons nombreux, plus grand sera le poids du Svegliu vis-à-vis des instances administratives et politiques qui, le constat s’impose malheureusement, ne semblent porter qu’un intérêt négligeable à ce magnifique édifice culturel et humain.

Jean-Claude Casanova

Ces 27èmes Rencontres de Chants Polyphoniques de Calvi, A' l'iniziu c'era a voce sont attendues comme chaque année par un véritable public de connaisseurs.
Organisatrice de cette manifestation avec la collaboration précieuse du Groupe A Filetta, l'association U Svégliu Calvese a l'énorme mérite d'avoir réussi à tenir le cap alors que cà et là de nombreuses manifestations disparaissent en raison des baisses importantes des subventions.
A l'énergie mais aussi en retroussant les manches et en faisant preuve d'imagination, François Canava et son équipe ont réussi à maintenir le cap, pour nous offrir cette 27ème édition qui s'annonce d'une grande richesse.

voix
affiche

Le Programme des XXVIIèmes Rencontres de Chants Polyphoniques de Calvi
15 - 16 - 17 - 18 - 19 septembre 2015 - Citadelle de Calvi

Le programme peut être téléchargé en suivant ce lien.

Lundi 14 21h30 Chez Tao
Alejandra Ribera La Boca
La voix comme un tapis volant à travers des contrées impressionnistes
(Espagne)
Mardi 15 18h Place du Tribunal
Lo Barrut
(Nouvelles polyphonies occitanes)
(France)
  21h30 Cathédrale
Jordi Savall, Ferran Savall et David Mayoral Le temps retrouvé
Dialogues musicaux entre l’Orient et l’Occident, et entre l'Ancien et le Nouveau Monde
(Espagne)

Mercredi 16 18h Cathédrale
A Ricuccata
Dante in paghjella
(Corse)

21h30 Cathédrale

Ensemble Tronos, Chœur de la cathédrale patriarcale de Bucarest - Direction Mihail Bucă (Chant byzantin)
(Roumanie)

Jeudi 17 18 h Cathédrale
CiGùRi
« Dark pop »
La recherche d’un point d’équilibre entre composition et chant traditionnel corse

21h30 Cathédrale
Patrizia Bovi
et l’Ensemble Medusa Lucrezia la figlia del Papa Borgia, 1480-1519 (Italie)

Vendredi 18 18 h Place du Tribunal Radio Babel Marseille
(Marseille)
21h30 Place d'Armes A Filetta Castelli
(Corse)
Samedi 19 15h30-18h Citadelle Cantu à l’asgiu:
Visite du patrimoine profane et sacré ponctuée par les chants de Nova Zora (Chants roms et bulgares), Les Turbulents (Parade turbulente : cortège musical et poétique), avec la participation des stagiaires de l’atelier de danses populaires italiennes dirigé par Donatella Centi et Eduarda Iscaro (accordéon)
18 h Place du Tribunal
Las Hermanas Caronni

(Argentine)
21h30 Place d’Armes
Calusgiule à l’ultimu

Clôture avec les participants aux Rencontres et Kalakan (Pays basque)

Chaque soir les chants d’A FILETTA accueilleront les groupes invités

• Les concerts se dérouleront à Calvi, dans la citadelle (Cathédrale Saint Jean-Baptiste, Place du Tribunal, Place d’Armes et divers lieux de la citadelle).

• Les Rencontres de 18h00 instaurent un climat propice aux échanges vrais entre les artistes et un public toujours curieux et désireux d’en savoir plus. Elles sont animées par Philippe-Jean Catinchi, journaliste au Monde.

• Lundi 14, Chez Tao à 21h30 soirée découverte d’une voix puissante fébrile et capiteuse, celle d’Alejandra Ribera qui présente son album La Boca : "des refrains habités et des arrangements raffinés au fil d’une pop de chambre inédite qui a traversé les continents musicaux".

• Stage de danses traditionnelles italiennes dirigé par la chorégraphe Donatella Centi avec Eduarda Iscaro (accordéon) sur le thème de la tarantella montemaranese les vendredi 18 (10h-12h) et samedi 19 (10h–12h) dans la citadelle. Tarif : 20 € (Inscription à La Poudrière – 04 95 65 23 57)

• Exposition de peintures : "C’era una volta in Corsica" : Philippe Antonetti, un des dessinateurs de presse habitués des Rencontres, explore l’Histoire de Corse, à la manière d’un Sergio Leone, à travers illustrations originales, tirages limités et posters. Si le cinéma s’emparait de l’Histoire de Corse, Philippe Antonetti en serait l’affichiste puissant.

• Exposition quotidienne des photographies réalisées au cours des concerts de la veille (Jean-Marie Colonna, Silvio Siciliano et Natacha Manarin) et des impressions visuelles des dessinateurs de presse (Philippe Antonetti, Bauer, Raskal et Battì Manfruelli)

Prix des places :

Lundi : 21h30, tarif unique : 15 €
Du mardi au samedi, concerts de 21h30 : 23 € - Etudiant : 15 €
Et concerts de 18h : 15 € / L’achat d’un billet pour le concert du soir, permet de bénéficier d’un tarif préférentiel d’un montant de 7€, dans la limite des places disponibles
Abonnement (concerts de 18h00 et de 21h30) : 115 €

Attention : après le début du spectacle, l’accès à la salle ne pourra s’effectuer qu’à un moment propice choisi par le personnel d’accueil en accord avec les organisateurs
Toute réservation non retirée au plus tard à 16h00, le jour du concert est automatiquement annulée

Modalités de réservations :

- Vous pouvez réserver vos places par mail ou par téléphone. Les réservations sont valables jusqu’au jour du concert 16h00. Dans ce cas vous devez venir les régler et les retirer à la Poudrière (siège de l’association).

- Vous pouvez aussi adresser au Svegliu Calvese un règlement par virement ou par chèque. Dans ce cas, soit vous venez retirer vos billets à la Poudrière, soit l’association les tient à votre disposition à la caisse du concert (à préciser).

Pour la réservation veuillez communiquer au Svegliu un numéro de téléphone.

U Svegliu Calvese

La Poudrière BP 37
20260 Calvi

Tél : 04 95 65 23 57
Fax : 04 95 65 41 54
Mail : svegliu@gmail.com

 

r2015

Et si le cinéma s'était emparé de l'Histoire de Corse ? De la véritable histoire, de la petite, de la grande, de la légendaire, de la fantasmée...
Voici la réponse que fournit Philippe Michel Ange Antonetti, dans une série de tableaux, posters et cartes postales, que vous pourrez voir pendant les Rencontres de Chants Polyphoniques du 12 au 19 septembre 2015.

cinema

Exposition : "C’era una volta in Corsica " de Philippe Antonetti : illustrations originales, tirages limités et posters
Salle du porche d’entrée de la citadelle
Du mardi 9 au samedi 13
10h00 – 12h30 / 15h30 – 20h00

Quand il n’élève pas des chevaux, Philippe Antonetti peint, dessine…
Et quand il peint, il le fait comme il parle : en quelques mots…entre ses dents. Tout est dit dans ce qu’il nous donne à voir !
Philippe Antonetti aime aussi le cinéma, celui de Sergio Leone entre autres, auquel il a emprunté le titre de cette dernière exposition : "C’era una volta in Corsica", "Il était une fois en Corse". Il nous propose une série de pseudo-images de films historiques, peplums, cape et épée, westerns qui auraient été tournés dans différents lieux connus de Corse, et qui représentent, pour la plupart, des évènements historiques connus. De l’histoire avec une esthétique cinéma…
Il arrive qu’il s’éloigne de l’Histoire, comme par exemple, pour cette illustration du dernier roman de Marc Biancarelli : "Orphelins de Dieu", ou pour un épisode de l’Odyssée d’Homère…
Bref, Philippe Antonetti est peu causant, mais on peut déjà comprendre, en visitant l’exposition, que cinéma, histoire et littérature font bon ménage dans son univers.
Il manque pourtant la musique… car Philippe Antonetti aime beaucoup la musique…C’est peut-être pour cela, qu’il vient aux Rencontres de Chants Polyphoniques ? Allez savoir…

A découvrir ici : http://blog.unikness.fr/philippe-antonetti-illustrateur/

jcam
Photo Silvio Siciliano

Lundi 14 septembre – 21h30 – Chez Tao
Alejandra Ribera La Boca
Alejandra Ribera, voix, guitare
Oliver Smith, contrebasse
Sébastien Hoog, guitare

alejandra

Née au Canada anglophone, d’un père argentin et d’une mère écossaise, Alejandra Ribera était prédisposée pour les voyages. La chanteuse arrive en France avec La Boca, un album beau comme un nuage d’altitude qui a bravé les orages, traversé les continents musicaux et trouvé la lumière dans la pop et les musiques latines. Une voix de rêveuse suprême, lovée dans des chansons vaporeuses et délicatement arrangées, faites pour voler.
Alejandra Ribera a été confrontée à la musique et au chant dès l’enfance : petite, elle a chanté avec sa mère dans la chorale de l’église anglicane, elle a été "biberonnée » au jazz et à la musique classique, puis elle a appris le violon et la guitare pop, et elle compose des chansons depuis l’adolescence.
En 2009, elle enregistre un premier album impromptu avec des étudiants en jazz, qui trouve une reconnaissance inattendue au Canada. Mais Alejandra Ribera, interprète singulière doublée d’une auteure et compositrice unique considère que La Boca est son véritable premier album. Elle a composé les chansons en voyage (Espagne, Ecosse, Slovaquie, puis la France où elle s’est posée), et en traversant les épreuves de la vie. Et elle a eu l’intuition de confier les arrangements de son disque à Jean Massicotte, magicien-producteur de Lhasa et de Patrick Watson. Le résultat prouve combien elle a eu raison : La Boca est un tapis volant, tissé dans un intrumentarium raffiné (piano, cordes pincées, cuivres, percussions effleurées, pedal-steel), qui emmène la voix puissante, fébrile et capiteuse d’Alejandra Ribera, dans des contrées impressionnistes.
Sur scène, elle exprime le bonheur de chanter, d’une voix qui navigue entre jazz, folk et pop. Jamais avare d’une bonne histoire entre deux chansons, elle sait émouvoir avec le sourire. On songe à tous ces artistes qui ont chanté le blues et ses multiples déclinaisons, tels que Rufus Wainwright, Melingo, Tom Waits, Chavela Vargas, sans oublier bien sûr Arthur H qui est en duo avec elle sur le seul titre en français de La Boca – Un cygne la nuit, rempli d’une profonde dramaturgie.
La Boca est un trip, le récit d’une histoire et le début d’une aventure.

Le mardi 15 septembre, nous avons confié l'ouverture des Rencontres à Jordi et Ferran Savall, accompagnés de David Mayoral, pour un concert intitulé: "Le temps retrouvé - Dialogues musicaux entre l'Orient et l'Occident, entre l'Ancien et le Nouveau monde".
Jordi Savall (lira de gambe, viole de gambe basse)
Ferran Savall (voix, guitare, théorbe)
David Mayoral (percussions)

david jordi farran

Le journal des Rencontres

lundi

Lundi 14 septembre

Soirée d'ouverture chez Tao, et découverte d’une voix (de voix, devrait-on dire) : Alejandra Ribera passe d'une voix puissante et rocailleuse à la Tom Waits à une voix pure comme celle de Joan Baez ; accompagnée d'une contrebasse et d'une guitare, elle propose une musique tantôt folk tantôt jazzy. La très forte présence scénique d'Alejandra a captivé le public qui se pressait nombreux chez Tao.

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Photo © Sergio Siciliano
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Photo © Jean-Marie Colonna
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Photos © Jean-Claude Casanova

Mardi 15 septembre

Deux accessoires rigoureusement indispensables pour tout abonné des Rencontres : le précieux bracelet matérialisant l'abonnement, et les Hopjes, délicieux bonbons distribué à tous par nos amis néerlandais Suzan et Laurent.

access

mardi

C'est le jeune groupe occitan Lo Barrut qui ouvre ces XXVIIes Rencontres avec un programme intitulé "Nouvelles polyphonies occitanes". Se présentant ce mardi à 7 (4 femmes et 3 hommes), Lo Barrut est normalement composé de 9 membres. Sa musique se nourrit de poésie occitane du XXe siècle, notamment des œuvres de Léon Cordes, mais le groupe écrit également des textes. Le chant devient la continuité des poèmes. Pendant l'échange avec Philippe-Jean Catinchi, chaque membre du groupe a expliqué sa démarche: à l'origine le plaisir de se retrouver et de chanter autour d'un verre. C'est tout naturellement et presque par hasard que l'envie de fonder un groupe est venue. Et surtout, la volonté de faire vivre la langue occitane.

barrut

LOBARRUT
Lo Barrut - © Jean-Claude Casanova

mardi

Nous n'avions jamais vu cela : les marches devant la Cathédrale noires de monde dès 20 h ! Il faut dire que l'évènement était exceptionnel : Jordi et Ferran Savall !

Le concert de ce soir était dédié à Cathy Antonini, disparue il y a tout juste un an, et à Monserrat Figueras qui avait eu l'intention peu avant sa maladie foudroyante de participer aux Rencontres. Il revenait à son mari et à son fils de réaliser son projet.

Comme c'est la coutume depuis le début des Rencontres, A Filetta accueillait les participants par quelques chants : ce soir, c'est le Pater noster qui marque le début de ces XXVIIes Rencontres. Jean-Claude Acquaviva, disant un beau texte d'Aragon, évoquait "l'Europe qui vacille sur ses propres fondements".

J'entends j'entends le monde est là
Il passe des gens sur la route
Plus que mon cœur je les écoute
Le monde est mal fait mon cœur las

Tous ces visages ces visages
J'en ai tant vu des malheureux
Et qu'est ce que j'ai fait pour eux
Sinon gaspiller mon courage

J'en ai tant vu qui s'en allèrent
Ils ne demandaient que du feu
Ils se contentaient de si peu
Ils avaient si peu de colère

J'entends leurs pas j'entends leurs voix
Qui disent des choses banales
Comme on en lit sur le journal
Comme on en dit le soir chez soi

Ce qu'on fait de vous hommes femmes
Ô pierre tendre tôt usée
Et vos apparences brisées
Vous regarder m'arrache l'âme

Les choses vont comme elles vont
De temps en temps la terre tremble
Le malheur au malheur ressemble
Il est profond profond profond

Vous voudriez au ciel bleu croire
Je le connais ce sentiment
J'y crois aussi moi par moments
Comme l'alouette au miroir

J'y crois parfois je vous l'avoue
A n'en pas croire mes oreilles
Ah je suis bien votre pareil
Ah je suis bien pareil à vous

A vous comme les grains de sable
Comme le sang toujours versé
Comme les doigts toujours blessés
Ah je suis bien votre semblable

J'aurais tant voulu vous aider
Vous qui semblez autres moi-même
Mais les mots qu'au vent noir je sème
Qui sait si vous les entendez

Tout se perd et rien ne vous touche
Ni mes paroles ni mes mains
Et vous passez votre chemin
Sans savoir ce que dit ma bouche

Votre enfer est pourtant le mien
Nous vivons sous le même règne
Et lorsque vous saignez je saigne
Et je meurs dans vos mêmes liens

Quelle heure est-il quel temps fait-il
J'aurais tant aimé cependant
Gagner pour vous pour moi perdant
Avoir été peut-être utile...


Le groupe enchaîne ensuite avec Figliolu d'ella et un Miserere d'une intensité extraordinaire.

Accompagnés de l'excellent David Mayoral aux percussions, les deux immenses musiciens que sont Ferran et Jordi Savall ont présenté Le temps retrouvé - Dialogues musicaux entre l’Orient et l’Occident, et entre l'Ancien et le Nouveau Monde. La présentation de Jordi Savall précisait : "Ce programme est un choix très personnel de musiques qui nous touchent par leur tendresse et leur beauté, et aussi par leur capacité de dialogue et d'harmonie tout en nous faisant parcourir l'espace et le temps". Et c'est bien ce que nous avons vécu, entre passamezzi et romanesca, berceuse sépharade et chants catalans, jusqu'à une admirable juxtaposition d'un air grec, d'une berceuse sépharade, d'un air à danser marocain et d'un üsküdar de Turquie, tous construits sur la même quinte ! Oui, la Méditerranée unit plus qu'elle ne sépare, il ne faut jamais l'oublier...

jordi   farran
A g : Jordi Savall - à dr. : Ferran Savall - Photos JC Casanova

Admirable, la  virtuosité de Jordi à la lira de gambe et à la viole de gambe basse ; admirable aussi, le chant de Ferran et sa façon de jouer du théorbe, qui se mue au fil des morceaux en guitare jazz et même en kora ! Sans oublier les ponctuations toutes en finesse de David Mayoral. Public debout, bien sûr, même si quelques moroses ont dit s'être ennuyés. L'effet de la chaleur, certainement...

Mercredi 16 septembre

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Journée "Cathédrale" aujourd'hui, avec pour commencer Dante in paghjella proposé par A Ricuccata. On le sait, la poésie de Dante a toujours été présente en Corse depuis sept siècles. Le travail d'A Ricuccata est à la fois une redécouverte de bribes de ce patrimoine ancestral et une recréation à partir de versi de différentes micro-régions. Une façon de prolonger la tradition qui nous plaît beaucoup. Les cinq chanteurs (François Berlinghi, Augustin Baccarelli, Jean-Luc Ciccoli, Jacques Filippi et Nicolas Sisson) ont captivé le public venu nombreux pour ce 18h.

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A Ricuccata - © Jean-Claude Casanova
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A Ricuccata - © Jean-Marie Colonna

mercredi

A 21h30, c'est d'abord A Filetta qui interprète trois extraits de Médée : L'Invitu, U Casticu et U Furore. Quel plaisir de réentendre ces créations !

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A Filetta - Photo © Jean-Claude Casanova
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A Filetta - Photo © Natacha Manarin

Puis l'Ensemble Tronos, Chœur de la cathédrale patriarcale de Bucarest nous présente des chants de tradition orthodoxe byzantine. Comme en Corse, les Roumains ont fait un travail de réappropriation et de remise en valeur de leurs traditions musicales, et la démarche de Tronos n'est pas une simple reproduction de la tradition. Nous écoutons des Psaumes de David, des chants dans la tradition du Mont Athos ainsi qu'un Notre Père, un chant dédié à la Vierge et enfin un long chant dédié à Constantin Brancoveanu. Un concert assez austère, servi par de très belles voix et une mise en place parfaite.

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Tronos - Photo © Jean-Claude Casanova
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Tronos - Photo © Jean-Marie Colonna
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Tronos - Photo © Silvio Siciliano

Jeudi 17 septembre

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Déjà jeudi ! A 18 h la Cathédrale accueillait Alice Paradisi alias CiGùRi. Une entrée remarquée, puisque la jeune musicienne et chanteuse entre en scène revêtue d'un grand voile doré qu'elle quittera à la fin du premier morceau. Qualifiant sa musique de « Dark pop », CiGùRi affirme rechercher un point d’équilibre entre composition et chant traditionnel corse. J'avoue ne pas avoir ressenti cette recherche mais assurément on a affaire à une personnalité musicale affirmée (Philippe-Jean Catinchi évoque même Kate Bush et Arvo Pärt) et à une voi(e)x originale. Une belle découverte.

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CiGùRi - Photos © Jean-Claude Casanova

jeudi

A Filetta ouvre le concert du soir, toujours à la Cathédrale, avec La Folie du cardinal, Norbu et un merveilleux Ghmerto.
Le concert de ce jeudi est consacré à Patrizia Bovi et l’Ensemble Medusa pour Lucrezia la figlia del Papa Borgia, 1480-1519. Cette œuvre est en quelque sorte une réhabilitation de Lucrèce Borgia dont la réputation sulfureuse a occulté notamment son intérêt pour les arts et les artistes. Le concert retrace donc la vie de Lucrèce sur des huitains en style épique, chantés sur des musiques d'époque (les "frottole" de Petrucci). Patrizia Bovi, invitée des Rencontres à plusieurs reprises dans des contextes divers, est une merveilleuse chanteuse - elle joue également de la harpe -, et ses accompagnateurs de l'Ensemble Medusa (Crawford Young, luth, Leah Stuttard, harpe et Gabriele Miracle, dulcimer, percussions) des musiciens de haut vol.

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Patrizia Bovi - Photo © Jean-Claude Casanova

Espérons que le vent violent qui s'est levé vers midi ne perturbe pas la journée de vendredi...

Vendredi 18 septembre

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La place du Tribunal accueillait le groupe marseillais Radio Babel Marseille. "Radio" pour medium universel, "Babel" pour l'universalité, "Marseille" pour la poésie de Louis Brauquier et comme ville monde... Et c'est bien le kaléidoscope marseillais qui est là, avec ses langues diverses (grec, arabe, espagnol...), sa violence et sa poésie. Tout Marseille est là, les quais, les docks, les places, les cafés, l'exil, l'ailleurs... le tout rythmé par l'"human beat-box" de Mathieu Jacinto. Cinq chanteurs remarquables, une musique à la fois trépidante et poétique, et beaucoup d'humour par dessus le marché. Ovation du public. Le final sera chaud !

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Radio Babel Marseille - Photo © JC Casanova

vendredi

Mais en attendant, le vent est là. Les rafales se font de plus en plus violentes, et le concert initialement prévu sur la Place d'Armes se tiendra finalement dans la Cathédrale. Une belle pagaille devant la Cathédrale car le service de sécurité a laissé monter tout le monde, avec ou sans billets. Mais le flot humain s'écoule lentement, on tasse un maximum de personnes dans la Cathédrale bondée et surchauffée et le concert peut commencer.
Les superlatifs manquent devant une telle perfection. A chaque concert, on se dit que les chanteurs d'A Filetta sont au sommet de leur art. Mais à chaque fois ils semblent repousser leurs propres limites. Et cela dure depuis 37 ans ! Ils nous ont présenté ce soir le répertoire de "Castelli", et aussi quelques surprises : deux morceaux créés pour le Festival Berlioz, un extrait de l'Arditezza de Médée, pour finir par La Folie du cardinal et un U Sipolcru tendu à l'extrême. La Cathédrale debout leur a fait une longue ovation et aurait visiblement voulu que la soirée ne s'arrête jamais.

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Jean-Claude Acquaviva (A Filetta) - Photo © JC Casanova

Samedi 19 septembre

A 15h30, c'est à une visite de la citadelle et de son patrimoine profane et sacré que nous convient Orlando Forioso et Dominique Bianconi. Démarré à l'entrée de la citadelle avec les percussions, cuivres et danses des Turbulents et l'accordéon d'Eduarda Iscao, ce Cantu à l'asgiu se poursuit dans la Cathédrale avec les chants roms et bulgares de l'excellent groupe Nova Zora avant de se conclure sur la Place du Tribunal avec une tarentelle.

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Cantu à l'asgiu : Les Turbulents - Photos © Jean-Claude Casanova

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Cantu à l'asgiu : Nova Zora - Photos © Jean-Claude Casanova

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Puis c'est le concert de 18h (dans la Cathédrale et non sur la place du Tribunal comme prévu initialement) avec Las Hermanas Caronni. Déjà invitées en 2012, nous avons grand plaisir à retrouver les deux sœurs dans leur répertoire plein de fraîcheur, d'inventivité et de mélancolie.

Laura exploite toutes les possibilités de son violoncelle, Gianna quant à elle tire des sons incroyables de sa clarinette basse. Le concert passe très vite et on a hâte de retrouver Gianna et Laura !

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laura

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Las Hermanas Caronni - Photos © Jean-Claude Casanova

samedi

La question que se posent tous les spectateurs (et aussi les organisateurs) : le concert du soir pourra-t-il se tenir sur la Place d’Armes ? Le vent souffle encore en rafales... Finalement, il se calme miraculeusement vers 21h, tout le monde s'installe sur les marches ou sur les pavés, et les Calusgiule peuvent étinceler.

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Calusgiule à l'ultimu : CiGùRi - Photos © Jean-Claude Casanova

CiGùRi chante a cappella depuis le haut de la caserne de la Légion, Eduarda Iscao lui répond à l'accordéon, A Filetta interprète quelques chants (Ave Maris Stella, In ogni addio, Tbilisso), puis une nouvelle intervention de CiGùRi ; las Hermanas Caronni interprètent deux morceaux depuis le parvis, avant que Radio Babel Marseille ne fasse bouger les spectateurs un peu figés par le vent froid. Puis A Filetta revient avec notamment deux nouvelles créations pour Nabuliò, ainsi que Adeste Fideles, L'anniversariu di Minetta pour conclure avec Letterella. Puis c'est la procession des Turbulents avant la deuxième partie.

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Radio Babel Marseille - Photos © Jean-Claude Casanova
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A Filetta - Photos © Jean-Claude Casanova

C'est au trio basque Kalakan qu'échoit de lancer les dernières étincelles qui vont clôturer ces XXVIIes Rencontres qui se terminent, comme toute bonne édition, par des danses.

La cuvée 2015 est encore une très belle cuvée, marquée par la diversité. Passer de la musique de la Renaissance de Patrizia Bovi à la beat box de Radio Babel Marseille, des sons électroniques de CiGùRi aux voix byzantines de Tronos, où peut-on le vivre ailleurs qu'à Calvi ?

Un immense merci à tous les bénévoles du Svegliu Calvese. Ne pouvant les citer tous, une mention particulière à Orlando, Claire et Antoinette, et bien sûr à Valérie, clé de voûte du dispositif. Merci également aux techniciens qui, dans des conditions très difficiles, nous ont offert des spectacles de haute qualité.

Remarque en marge des Rencontres :
Trouver un lieu dans la Citadelle pour se restaurer et - c'est prosaïque mais indispensable ! - des toilettes propres relevait de l'exploit ces derniers temps. Nous avons trouvé ce hâvre : La Voûte, ouvert récemment par de jeunes restaurateurs, associe excellente cuisine et accueil sympathique. Et, incroyable mais vrai, la carafe d'eau est fournie gratuitement ! Ça change par rapport à d'autres lieux que je ne citerai pas !

La galerie photo des Rencontres 2015 est en ligne. Voici le lien vers la page !

Et voici le clip des Rencontres 2015 ! Merci à Laurent Billard et à son équipe !

Réalisation : Laurent Billard - Les Films du Tourbillon.

Et plusieurs extraits de concerts :

Extrait de concert du groupe Lo Barrut aux Rencontres polyphoniques de Calvi.
Avec Maud Séguier, Delphine Grellier, Audrey Hoyuelos, Emilie Dreyer-Dufer, Titouan Billon, Samuel Grolleau, Erwan Billon.

Réalisation : Laurent Billard - Les Films du Tourbillon.

Extrait de concert de CiGùRi aux Rencontres polyphoniques de Calvi.
Avec Maud Séguier, Delphine Grellier, Audrey Hoyuelos, Emilie Dreyer-Dufer, Titouan Billon, Samuel Grolleau, Erwan Billon.

Réalisation : Laurent Billard - Les Films du Tourbillon.

Extrait de concert de NOVA ZORA aux Rencontres polyphoniques de Calvi en septembre 2015
Diana Barzeva, chant; Elsa Personnaz, chant; Boule Patris, chant; Jean-Christophe Gairard, violon; Jérémie Schare, guitare; Nicolas Koedinger, contrebasse

Réalisation : Laurent Billard - Les Films du Tourbillon.

Extrait de concert aux Rencontres polyphoniques de Calvi : Patrizia Bovi et l’ensemble Medusa -
Patrizia Bovi, voix, harpe, direction ; Crawford Young, luth, viola da mano ; Leah Stuttard, harpe ; Gabriele Miracle, dulcimer, percussions.

Réalisation : Laurent Billard - Les Films du Tourbillon.

Radio Babel Marseille : Willy Le Corre, chant, percussions ; Matthieu Jacinto dit « Joos », human Beat-Box ; Fred Camprasse, chant, rythmique et harmonique ; Mehdi Laifaoui, chant, percussions ; Gil Aniorte-Paz, chant, composition, direction artistique.

Réalisation : Laurent Billard - Les Films du Tourbillon.

Jordi Savall, Ferran Savall et David Mayoral aux Rencontres polyphoniques de Calvi 2015 :
Jordi Savall, lyre de gambe (Italie environ 1500), viole de gambe basse à 7 cordes (Barak Norman, Londres 1697) ; Ferran Savall, voix, guitare et théorbe ; David Mayoral, percussions.

Réalisation : Laurent Billard - Les Films du Tourbillon.

Ensemble Tronos - Direction : Mihaïl Bucă
Mihaïl Bucă, Bogdan Gabriel Radasanu, Grigore Cristian Moraru, Cristian Alexandru, Dumitru Daniel Tămăslicaru, Georgian Bucur, Ionut Dima, Ionut Hangu, Ionut Andrei Benes, Teodor Mihaïl Gavrila

Réalisation : Laurent Billard - Les Films du Tourbillon.

Alejandra Ribera
Alejandra Ribera, voix, guitare Oliver Smith, contrebasse Sébastien Hoog, guitare



Réalisation : Laurent Billard - Les Films du Tourbillon.

Extrait du concert de LAS HERMANAS CARONNIaux Rencontres polyphoniques de Calvi
Laura Caronni, violoncelle, violon, voix ; Gianna Caronni, clarinette, clarinette basse, voix

Réalisation : Laurent Billard - Les Films du Tourbillon.

Extrait de concert d'A Filetta aux Rencontres polyphoniques de Calvi
Jean-Claude Acquaviva, François Aragni , Paul Giansily, Stéphane Serra, Jean Sicurani, Maxime Vuillamier.

Réalisation : Laurent Billard - Les Films du Tourbillon.
Extrait de concert du groupe A Ricuccata aux Rencontres polyphoniques de Calvi
Avec François Berlinghi, Augustin Baccarelli, Jean-Luc Ciccoli, Jacques Filippi, Nicolas Sisson

Réalisation : Laurent Billard - Les Films du Tourbillon.

Extrait de concert du groupe Kalakan aux Rencontres polyphoniques de Calvi
Avec Thierry Biscary, chant, percussions ; Xan Errotabehere, chant, vents ; Jamixel Bereau, chant, percussions

Réalisation : Laurent Billard - Les Films du Tourbillon.

Ambiance à la Poudrière lors des Rencontres polyphoniques de Calvi en septembre 2015



Réalisation : Laurent Billard - Les Films du Tourbillon.

Les Rencontres dans la presse

 

Coup d'envoi ce soir de la 27e édition des Rencontres de chants polyphoniques.

Pendant cinq jours, artistes et musiciens vont livrer leur sentiment, partager leur culture par la magie des notes.

Et cela débute ce soir, à 18 heures, place du tribunal sur le rythme des nouvelles polyphonies occitanes.

Sur scène, les jeunes chanteurs et chanteuses de "Lo barut" vont présenter leurs dernières créations.

Des morceaux influencés par les mélodies traditionnelles et la langue d'Oc et revisités avec originalité et fraîcheur.

Plus tard, à 21 h 30, c'est au coeur de la cathédrale Saint Jean-Baptiste que les spectateurs assisteront à la première sur l'île de Jordi Savall. L'interprète et musicien espagnol connaît un succès international depuis plus de trente ans. Plusieurs fois récompensé, il se présentera aux côtés de son fils Ferran Savall pour embarquer le public dans un voyage interculturel. Ses doigts effleurant la lyre de gambe, il partira à la recherche du temps retrouvé.

Le compositeur de la musique du film d'Alain Corneau, Tous les matins du monde construira des "ponts entre les musiques d'orient et d'occident". Un répertoire qui fera la part belle aux oeuvres populaires comme savantes, aux musiques anciennes et populaires. Un concert annoncé comme l'un des temps forts de cette 27e édition.

Demain, la polyphonie corse sera à l'honneur à 18 heures, avec le groupe "A Ricuccata" puis place aux chants byzantins avec la représentation du choeur de la cathédrale patriarcale de Bucarest.

Source : Corse Matin, 15 septembre 2015

Une ouverture grandiose pour les 27èmes Rencontres Polyphoniques de Calvi

Rédigé par Jean-Paul-Lottier le Mercredi 16 Septembre 2015

Le grand voyage dans l'espace et le temps proposé par le Svegliu Calvese avec les 27èmes Rencontres polyphoniques de Calvi a débuté mardi avec en début de soirée, place du Tribunal, l'ensemble Lo Barrut qui a fait découvrir au public des nouvelles polyphonies occitanes, avant la grande soirée en la cathédrale Saint-Jean-Baptiste proposée par Jordi et Ferran Savall ainsi que David Mayoral sur le thème "Le temps retrouvé"

L'association culturelle U Svegliu Calvese a mis sa tenue de gala pour nous offrir une édition 2015 des rencontres polyphoniques de Calvi qui s'annoncent tout simplement majestueuses. En avant-première Lundi soir, dans le lieu mythique de chez Tao, Alejandra Ribera née au Canada anglophone, d'un père Argentin et d'une mère écossaise,  a offert au public un grand moment en exprimant le bonheur de chanter d'une voix qui navigue entre jazz, folk, et pop.
Mardi à 18h, l'ouverture officielle de cette 27ème rencontre polyphonique internationale de Calvi, place du tribunal, transportait le public dans les nouvelles polyphonies occitanes avec le groupe Lo Barrut.

Les chanteurs et chanteuses du groupe s'inscrivent avec force et fraicheur dans ce mouvement des nouvelles polyphonies Languedociennes, à travers un répertoire intégralement constitué de compositions originales. Le public, sous le charme, a apprécié cet instant de magie. En soirée, en la Cathédrale Saint-Jean-Baptiste de la haute ville, beaucoup trop petite pour accueillir tout le monde, l'ensemble Jordi Savall, Ferran Savall, et David Mayoral proposaient un choix très personnel de musiques qui nous touchent par leur tendresse et leur beauté mais aussi par leur capacité de dialogue et d'harmonie tout en nous faisant parcourir l'espace et le temps. Un voyage et un dialogue interculturel qui cherchent à montrer ou à établir des ponts véritables entre les musiques d'Orient et d'Occident.
Cette soirée sur le thème du temps retrouvé était aussi l'occasion de découvrir ou redécouvrir des instruments de musique d'un temps lointain.  

Un hommage à Katy Antonini
Ce mercredi, dès 18 heures, toujours en la Cathédrale Saint-Jean-Baptiste, c'est l'ensemble " A Ricuccata " qui ouvrait les hostilités. François Berlinghi, Augustin Baccarelli, Jean-Luc Ciccoli, Jacques Fillippi, et Nicolas Sisson ont emmenés le public dans leur univers des Paghjella.
Comment en ce mercredi 16 septembre ne pas avoir une pensée pour Katy qui l'année dernière nous a quittés.
" Elle n'accueillera personne à la boutique, elle ne mangera pas avec nous, elle ne rira pas, elle ne nous engueulera pas, elle ne sera pas là ... Pas? Plus? Etrange question, étrange constat tourmenteur à propos de celle qui, pendant plus de 30 ans a partagée nos vies... A toi Katy, les chants, les émotions et les rires de ces rencontres 2015 ! " 
En soirée, à 21h30, toujours en la Cathédrale, le public est invité à découvrir l'ensemble tronos, cœur de la cathédrale patriarcale de Bucarest, sous la direction de Mihaïl Buca. Cette ensemble est composé de jeunes théologiens passionnés par la musique Psaltique.

Reportage photos : Jean-Marie Colonna

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Photos © Jean-Marie Colonna

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L'ensemble Tronos : La tradition orthodoxe bysantine aux rencontres polyphoniques de Calvi

Rédigé par Jean-Paul-Lottier le Jeudi 17 Septembre 2015

C'est le chœur de la cathédrale patriarcale de Bucarest, siège de l'Eglise orthodoxe de Roumanie, qui a résonné mercredi soir dans celle de la Haute-Ville de Calvi, à l'occasion de la 2e journée des 27èmes Rencontres polyphoniques de Calvi. Un peu plus tôt, le public avait rendez-vous avec le groupe A Ricuccata

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L'ensemble Tronos - @jean-marie colonna

Le voyage dans l'espace et le temps proposé par le Svegliu Calvese s'est poursuivi hier soir avec une étape en Roumanie.

A l'honneur l'ensemble Tronos.
L'Ensemble Tronos, groupe des chantres byzantins de la cathédrale patriarcale de Bucarest,  siège de l'Eglise orthodoxe de Roumanie,  a été créé en 1997.
Les amateurs de chants sacrés de la tradition orthodoxe bysantine ont eu l'occasion de découvrir cet ensemble lors du festival de Vilars dans les Pyrénées-Orientales il y a quatre ans.
Cet ensemble qui, dans sa composition optimale, compte plus de 30 membres, s'est déplacé  dans une formation réduite spécialement adaptée au répertoire abordé en la cathédrale Saint-Jean-Baptiste et correspondant à l'esprit de ces Rencontres Polyphoniques de Calvi.
L'ensemble Tronos  était dirigé par son créateur, l'actuel diacre protopsalte Mihail Buca, diplômé de l'Ecole de chantres religieux de Bucarest. Son amour pour la musique sacrée authentique et son talent particulier dans l'interprétation de ce genre musical se sont concrétisés à travers cette formation, interprétant  des chants sacrés de la tradition orthodoxe bysantine.
Réservée à un public d'initiés, cette soirée restera comme un moment de grande émotion.

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A Ricuccata - © Jean-Marie Colonna
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Ensemble Tronos - © Jean-Marie Colonna


Du "Dark Pop"  signé  CiGùri à la vie de Lucrèce Borgia avec Patrizia Bovi et l'ensemble Médusa
Ce jeudi, c'est un autre registre qui était proposé aux festivaliers avec dès 18 heures en la cathédrale Saint Jean-Baptiste  avec CiGùRi qui est l'incarnation d'une guerrière païenne  dont les récits sont hantés par de sombres mélodies.
Profondément hantée par ce personnage né en 2010 à Berlin, Alice Paradisi donne donne vie à cette amazone de l'au-dela  mettant en musique ses expériences passées et a venir.
Qualifiant sa musique de "Dark Pop", Alice souhaite nous emmener non pas au pays des merveilles mais dans un monde de sincérité, dont elle seule détient les clefs.
A 21 h 30, toujours en la cathédrale Saint-Jean-Baptiste, c'est une immersion dans la vie de Lucrèce Borgia que Patrizia Bovi et l'ensemble Médusa proposait d'emmener les spectateurs.

Source : http://www.corsenetinfos.fr/

Rencontres polyphoniques de Calvi : A Filetta à l'affiche


Rédigé par Jean-Paul-Lottier le Vendredi 18 Septembre 2015

Après un surprenant concert de " Dark Pop " de CiGùRi alias Alice Paradisi et une soirée consacrée à la vie de Lucrèce Borgia par Patrizia Bovi et l'ensemble Medusa, en ce vendredi 18 septembre, en espérant que les conditions météo le permette, c'est à une soirée en plein air que les organisateurs du Svegliu Calvese convient les festivaliers. Au programme, Radio Babel Marseille et le groupe incontournable de ses polyphonies et le groupe A Filetta.

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Patrizia Bovi et ensemble Medusa @jmcolonna

Ces 27èmes rencontres polyphoniques internationales de Calvi ont pris leur rythme de croisière. Outre les concerts proposés chaque soir, ces rencontres sont également animées par des dessinateurs : Antonetti, Bauer et Raskal qui croquent au fil des jours et des bières, les concerts, les coulisses, les chanteurs, les musiciens, les techniciens, les organisateurs, enfin tout ceux qui passent à proximité de leurs crayons bien affûtés. C'est également des boutiques avec des CD et autres des artistes, des expositions, des ateliers. Place d'Armes, chaque jour les photographes du festival Jean-Marie Colonna, Natacha Manarin et Silvio Siliciano exposent leurs clichés de la veille.
Revenons à cette soirée du 18 septembre, qui verra dès 18 heures place Marchal, le groupe Radio Babel Marseille. Cinq voix puissantes et complémentaires. Cinq voix qui s'expriment à Capella dans plusieurs langues comme le Grecque, l'Arabe, le Swahili ou l'Espagnol.

A 21h30, on retrouvera le groupe incontournable de ces polyphonies A Filetta. Au cours de ce concert exceptionnel, les chanteurs du groupe Jean Claude Acquaviva, François Aragni, Paul Giansily, Stephane Serra, Jean Sicurani, Maxime Vuillamier ont choisi ce public des rencontres de chants polyphoniques de Calvi, pour en faire leur première présentation officielle de leur dernière album " Castelli ".

Le programme du Samedi 19 septembre
Pour cette dernière journée, les organisateurs proposent une nouvelle journée et nouvelle soirée exceptionnelles :
15h30 - 18h : Cantu à l’asgiu : visite du patrimoine profane et sacré ponctuée par les chants de Nova Zora (Chants Rroms et bulgares), Les Turbulents (Parade turbulente : cortège musical et poétique), avec la participation des stagiaires de l’atelier de
danses populaires italiennes dirigé par Donatella Centi et Eduarda Iscaro (accordéon)
18h : Place du Tribunal Las Hermanas Caronni (Argentine)
21h30 : Place d’Armes Calusgiule à l’ultimu : clôture avec les participants aux Rencontres et Kalakan (Pays basque)

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Alice Paradisi @jmcolonna

Source : http://www.corsenetinfos.fr/

Radio Babel et "A Filetta" avant la clôture de ce samedi aux Rencontres Polyphoniques de Calvi

Rédigé par Jean-Paul-Lottier le Samedi 19 Septembre 2015

C'était vendredi soir au cœur de la citadelle, en plein air, malgré le vent, le Groupe "Radio Babel" de Marseille donnait le ton de cette avant-dernière journée des 27èmes Rencontre Internationale de Polyphonie à Calvi. Le Groupe "A Filetta" préférait sagement se replier en la cathédrale, à cause d'un vent qui n'était pas propice

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A Filetta Photos @Jean-Marie Colonna

Les 27èmes Rencontres Internationales de Polyphonies de Calvi, organisées par le Svegliu Calvese ont pris fin ce samedi en apothéose. Nous aurons l'occasion de reparler de ce final, mais auparavant, revenons sur la soirée de vendredi, une fois de plus contrariée par le vent.
Si le Groupe "Radio Babel" de Marseille a pu se produire sur la scène installée Place du Tribunal, en revanche, il n'en fut pas de même pour le Groupe polyphonique A Filetta qui trouvait refuge dans la cathédrale.
"Radio Babel  Marseille" a réussi en quelques notes seulement à faire vibrer le public et partager avec lui  sa passion pour l'emmener dans un univers du voyage, de la mer et de l'exil, sans oublier cette poésie si chantante de Marseille.

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Radio Babel @jm colonna

Le Groupe "A Filetta", bien évidemment on ne présente plus, d'autant que chacun connaît la place qu'il occupe dans ces Rencontres de Calvi.
Pour cette soirée, le groupe balanin présentait sa toute dernière création Castelli.
Le public se laissait bercer dans un univers  des édifices du passé, de lieux de mémoire dominant l'histoire...

Un final en apothéose pour les 27èmes Rencontres Polyphoniques de Calvi


Rédigé par Jean-Paul-Lottier le Dimanche 20 Septembre 2015

Les remparts de la citadelle ont vibré samedi soir aux sons et aux chants des artistes qui ont participé du 15 au 19 septembre aux 27èmes Rencontres Polyphoniques de Calvi organisées par l'association culturelle U Svegliu Calvese avec la collaboration précieuse du Groupe A Filetta. Un final en apothéose avec un subtil mélange des genres qui a fait l'unanimité chez les festivaliers.

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Les Turbulents ont embrasé la citadelle - Photo Jean-Marie Colonna

En ces temps difficiles pour les associations confrontées à des difficultés budgétaires pour les raisons que l'on sait, nombreuses sont les associations à avoir jeté l'éponge.
Regroupée, soudée derrière son président François Canava, toute l'équipe de l'association U Svegliu Calvese a, elle, décidé de se retrousser les manches et de faire en sorte que la culture vive tout simplement, en nous offrant notamment ces Rencontres de Chants Polyphoniques qui depuis 27 ans déjà font la fierté de tous;
Ces rencontres d'une grande richesse sont l'occasion d'échanger sur les pratiques culturelles des uns et des autres, de voyager et d'echanger leur univers musical.

Samedi soir, c'est le cœur serré mais rempli de nouvelles richesses que les festivaliers ont participé à un final de toute beauté qui restera à jamais gravé.
On l'a dit tout au long de la semaine, ces Rencontres  ont été une invitation dans l'espace et le temps, à l'image de ce final qui ne pouvait mieux débuter  au coeur de la citadelle que par une visite  du patrimoine profane et sacré ponctué de chants roms et bulgares de "Nova Zora". Pour le plus grand bonheur de tous, le groupe  a proposé dans l'esprit de ces Rencontres un voyage musical et culturel riche de poésie et de rythmes enivrants.

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Turbulents ©Jean-Marie Colonna-3488

Que dire aussi de cette  parade  déambulatoire proposée par la troupe des  "Turbulents" à laquelle se sont associés les stagiaires de l'atelier de danses populaires italiennes de Donatella Centi ?

Un moment de poésie, de danse, d'émotion.. filmé par Laurent Billard. Bravo aux turbulents et à Lo Barrut.



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Nova Zora ©Jean-Marie Colonna-3543

L'invitation au  voyage se poursuivait en la cathédrale  avec un concert du groupe argentin Las hermanas Caronni, deux sœurs jumelles qui, dans une parfaite harmonie, à travers leurs chansons ont mis en lumière l'influence des musiques de leur pays , ajoutée une pointe de nostalgie, sublimée par le violoncelle et la clarinette.

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Las Hermanas Caronni ©Jean-Marie Colonna-3672

Comme tout bon événement, il fallait un feu d'artifice. Et il y a eu lieu avec l'ensemble des participants qui se sont retrouvés place d'armes pour un "bœuf" géant, après que le groupe de musique basque  Kalakan, connu pour avoir été notamment choisi en 2012 par Madonna pour faire le stade de France, ait comme l'on dit familièrement "mis le feu".


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Kalakan ©Jean-Marie Colonna-4003

Difficile après pareille fête de se quitter, non sans avoir remercié le Svegliu Calvese pour ce grand moment de bonheur et pour cette leçon de savoir-faire et d'ingénuosité.

Source : http://www.corsenetinfos.fr

Explosion musicale pour la der des ders

Source : Corse Matin du 21 septembre 2015

Le rideau est tombé sur la 27e édition des Rencontres de chants polyphoniques de Calvi. Tout au long de la semaine, des artistes de tous horizons ont partagé leur culture, échangé leur tradition musicale. Et le succès semble avoir été au rendez-vous.
Samedi soir, ils étaient plus de quatre cent specateurs à assister à la der des ders. Malgré les rafales de vent qui ont balayé la cathédrale, ils ont rejoint la place d'armes pour découvrir un spectacle qui s'est articulé en deux temps.
En première partie, l'artiste CiGùRi s'est installée à la fenêtre de la caserne pour délivrer des notes teintées de sensibilité.
Encore plus haut, ce sont les accords de l'accordéoniste Eduarda Iscaro qui ont surpris le public. Perchée sur les toits de la caserne, elle a offert de belles propositions. En même temps, sur le parvis de l'église, les Argentines de Las Hermanas Caronni avaient pris place. Dernier tableaupour venir compléter cette mise en scène soignée, le groupe A Filetta et les chanteurs de Radio Babel Marseille ont avancé sur la scène centrale.
Explosion musicale garantie. Avant de donner le la de la deuxième partie, ce sont les artistes des Turbulents qui ont conduit une déambulation rythmée au milieu des spectateurs histoire de ne pas faire retomber l'ambiance de ce samedi soir, place d'Armes.
L'intermède fini, les percussions se sont fait entendre. Les musiciens basques de Kalakan ont fait leur entrée. Comme annoncé, la communion entre le public et les musiciens a alors eu lieu.
Les spectateurs n'ont d'ailleurs pas hésité à les rejoindre pour ue dernière danse.
Les belles énergies étaient réunies pour faire de cette 27e édition un évènement musical de qualité.
Julie Quilici-Orlandi

A lire dans le Corse Matin du 22 septembre, un bel article sur Les Turbulents.

Les Rencontres dans l'objectif de Silvio Siciliano

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Photos © Silvio Siciliano

Calendrier perpétuel des Rencontres

(merci à Max pour ses explications)

U Svegliu, c’est toute l’année ! 

A Calvi, la saison s'achève et la vie continue...

JAZZ N'BALAGNE, le centre musical U TIMPANU et U SVEGLIU CALVESE vous proposent un week-end jazz, les vendredi 6 et samedi 7 novembre à Calvi sur le thème: Rythm n’ Jazz

1ère HYPOTHÈSE : vous êtes musicien, et vous voudriez approfondir votre connaissance du rythme, composante essentielle du jazz. PAS DE PROBLÈME ! Les trois partenaires ont réuni la fine fleur du rythme, de la percussion et de la batterie, Umberto Pagnini, et Nelson Gotteland, qui animeront un stage à la Poudrière, le samedi 7 novembre de 10h à 13h et de 15h à 18h.
Programme :
- matin de 10h à 13h : les fondamentaux,
- après-midi de 15h à 18h : travail de mise en pratique
Participation : 20€

2ème HYPOTHÈSE : vous êtes amateur de jazz et vous voudriez juste comprendre de l’intérieur, pourquoi et comment le rythme est constitutif de l’essence du jazz. PAS DE PROBLÈME ! Vous passez à la Poudrière, aux heures indiquées ci- dessus, écouter " professeurs " et stagiaires qui vont construire le plaisir du "jouer ensemble".
Participation : 10€

3ème HYPOTHÈSE : Vous êtes musicien et/ou amateur de jazz, ou juste curieux, et vous voudriez bien savoir ce qui se trame à la Poudrière, autour du jazz... PAS DE PROBLÈME ! Vous y venez à partir de 19h, et là, un verre à la main, vous pourrez découvrir une autre approche du rôle du rythme dans le jazz, à travers l’interprétation de quelques musiciens ou chanteurs mémorables, parmi lesquels Art Blakey.

4ème HYPOTHÈSE : Vous êtes musicien et/ ou amateur de jazz, ou juste curieux, ou même désireux de partager un moment de (bonne) musique et de gourmandise. PAS DE PROBLÈME ! Vous venez à la Poudrière à partir de 19h et vous n’en bougez plus…Vous y mangerez sur place, et vous aurez droit ensuite à un grand moment de musique live sous la conduite d’Umberto Pagnini, avec Pierre Reboulleau (piano), Sylvain Gontard
( trompette), Jean Agostini (contrebasse) et Nelson Gotteland.
Pour ces deux dernières propositions, l’entrée est de 10€ (1 boisson comprise)
Renseignements/ réservations : 0620558001 (Viviane) ou antoinette.svegliu@gmail.com

Et le 6 novembre, nous direz-vous ? Que se passe-t-il le 6 novembre ?
Eh bien ! Jazz n’Balagne, U Timpanu et U Svegliu Calvese ont posé une dernière hypothèse : "Si tu ne vas pas au jazz, le jazz ira à toi ! " Et c’est ainsi que Jean Ciavatti, Patricia Nagera, Antoinette D’Angeli et Franck Agostini iront faire "swinguer" l’Ecole, et plus particulièrement l’école Loviconi le matin et le collège Jean-Félix Orabona, l’après-midi !

U Timpanu

timpanutimpanu

timpanu

Mi n'arricordu...

Un très beau texte de notre ancien président: Jean-Témir Kerefoff, un Jean-Témir fidèle à ce slogan de mai 68: "Soyons réalistes, demandons l'impossible!"... parce que nous avons raison !

Je me souviens des statues d’Ousmane Sow, et du concert d’Amalia Rodrigues. Je me souviens des répétitions pour la Passion à Calenzana. Je me souviens des costumes créés par les bénévoles qui plus tard joueraient les gens du peuple suivant le Christ. Je me souviens d’Elvis Costello dans la nuit de Patrimoniu et de Fabio Biondi dans la chapelle de Sta Ristituda. Je me souviens de Temo le musicien kurde de Syrie chassé de son pays. Je me souviens de la première édition du film rural à Lama, et de l’ambassadeur d’Albanie en France, jeune écrivain polyglotte parce que la littérature étrangère n’était pas traduite à Tirana.

Je me souviens de ce professeur du Collège de France qui s’étonnait de notre familiarité avec la langue latine. Je me souviens de Marcel Pérès improvisant sur l’orgue de l’église de Muro, devant Alain Courneau venu exprès de Bunifaziu.

Je me souviens que la vaisselle se lavait dans des cuvettes, faute d’eau courante, et que le jour de Citadella in festa, pour ne pas payer l’entrée, nombreux étaient ceux qui retrouvaient leur foi catholique et ne voulaient qu’assister à la messe.

Quarante ans de rencontres, de nuits blanches, de miracles faits de bouts de ficelles avec trois francs six sous.

Et à un moment donné, sans que l’on s’en rende compte, le chemin est devenu impraticable. Où nous sommes-nous trompés ? et quand ?

Quand les amateurs, rêveurs, poètes, à l’impossible tenus, ont été remplacés par des gestionnaires soucieux d’économies ?

Parce que nous avons oublié de préparer la relève ? Ou parce que nous n’avons pas préparé l’avenir, tout occupés à enchanter le présent ?

Quels sont nos péchés ? De quoi sommes-nous coupables ? D’avoir pensé qu’après avoir vaincu tant d’obstacles, nous pouvions nous reposer et envisager sereinement la suite ? Ou de croire que nous étions devenus indispensables étant donné le succès de nos manifestations ? Et que les politiques, les « décideurs », les « bailleurs de fonds » nous suivraient forcément ?

Sommes-nous coupables d’avoir cessé de créer l’impossible avant d’en avoir les moyens et de petit à petit, sans en être bien conscients, nous être mis à chercher les moyens pour créer le possible ?

La Culture, dernière roue de la charrette, dont le chiffre d’affaires national est supérieur à celui du secteur automobile !

La Culture que l’on sacrifie parce qu’elle n’est pas obligatoire, alors qu’absolument nécessaire.

Pourtant quand une manifestation culturelle disparaît, - et cette année, des centaines de festivals sont annulés en France -, ce sont des emplois, des nuitées d’hôtel, des repas dans les restaurants, des titres de transports, des visiteurs dans la ville qui disparaissent avec elle. Ce sont des liens sociaux qui se délitent. Cela contribue au repli sur soi, au communautarisme, à la haine de l’autre que l’on refuse de connaître ou de reconnaître.

Aujourd’hui, la « crise » est là. Mais, honnêtement, nous avons toujours travaillé en état de crise : nous n’avions pas de moyens financiers, nous les avons trouvés, nous n’étions pas des professionnels, nous avons su surmonter tous les obstacles, on nous disait qu’il serait vain de solliciter tel artiste, et nous l’avons invité et il est venu. Alors en quoi, aujourd’hui la « crise » nous empêche-t-elle de continuer ?

N’est-il pas temps de réfléchir à une nouvelle appréhension de la culture ? La décentralisation désengage l’Etat et oblige les régions, les communes à assumer de plus en plus de charges. Et il est compréhensible qu’un maire – dans sa logique - préfère construire une crèche plutôt que subventionner un festival.

Mais ne serait-ce pas à nous que revient le rôle d’expliquer que subventionner une association culturelle, c’est favoriser l’économie locale et donc améliorer les ressources de la commune pour permettre la construction de la crèche, la réfection d’une route ou l’achat d’un scanner pour l’hôpital local ?

N’est-il pas temps de cesser de nous lamenter ? Et de nous présenter comme les victimes expiatoires de tous les péchés d’Israël ? Oui, les associations culturelles ont - et auront -, moins d’aides des collectivités qu’elles soient locales ou territoriales. Oui, il y a - et il y aura -, des disparitions de festivals, des expositions décommandées, des spectacles annulés.

Il nous appartient de recommencer à inventer, de faire marcher « nos petites cellules grises », de découvrir des alternatives. Il nous appartient de retrouver notre rôle d’aiguillon. Il nous appartient de ne pas avoir peur. Il nous appartient de refuser les logiques comptables. Il nous appartient de nous réveiller et de réenchanter le monde.

Et de le faire parce que nous savons que c’est impossible.

Jean-Témir Kéréfoff

Jazz en Balagne, U Timpanu et U Svegliu Calvese
présentent :
Le jazz taille “Standards“
week-end jazzy à la Poudrière
les 17 et 18 avril

On ne présente plus U SVEGLIU CALVESE et son action dans le domaine de la culture (et de la culture corse en particulier), engagée depuis bientôt 35 ans pour promouvoir notamment le théâtre et la musique.
Le centre musical U TIMPANU vient de fêter 20 années d'existence consacrées à la formation de jeunes musiciens (et aussi de quelques moins jeunes – l'enthousiasme n'a pas d'âge) et à de nombreuses actions dans le domaine de la musique.
Face à ces deux ainées, Jazz en Balagne, créée il y a un peu plus d'un an, est encore, elle, en "culottes courtes" et s'est donné comme ambition première de faire vivre le jazz en hiver, autant à Calvi que dans la micro-région de Balagne.

C’est la Citadelle qui d'une certaine façon fait le lien, entre JAZZ en BALAGNE, U TIMPANU et U SVEGLIU CALVESE : la Citadelle, parce que le jazz y avait élu domicile dès la naissance du FESTIVAL DE JAZZ DE CALVI, la Citadelle parce que U TIMPANU et U SVEGLIU CALVESE y sont implantés depuis de nombreuses années …
La Citadelle, mais aussi une conception commune de la culture, une culture ouverte et généreuse, créant du sens et du lien social : il n’en fallait pas plus, pour que ces trois associations là, unissent leur énergie et leurs compétences pour proposer au public, une manifestation de deux jours qu'elles ont baptisée :

Le Jazz, taille "Standards"

Reprenant l'idée, déjà testée à quelques reprises au cours des derniers mois et qui consiste à suivre un "fil rouge" pour faire vivre le jazz dans la cité pendant une partie du week-end, ces trois associations ont conçu en partenariat plusieurs actions illustrant ce que sont les "standards" dans l'univers du Jazz.
En quelques mots, des musiques aussi différentes que des chansons populaires ("Les feuilles mortes" de PREVERT et KOSMA), des musiques de film ("Un jour mon prince viendra" dans le dessin animé BLANCHE NEIGE de Walt DISNEY) ou d'opéra ("Summertime" dans PORGY & BESS de Georges et Ira GERSHWIN) ont été reprises avec le succès que l'on sait par des musiciens de jazz qui les ont transcendées et parfois rendues emblématiques de par l'interprétation qu'ils en ont faite.

C'est sur ce thème que seront organisées les vendredi 17 et samedi 18 avril prochains : le vendredi, des animations à destination du milieu scolaire tout d'abord, avec :
- vendredi matin deux interventions de trois quart d'heure à l'école communale LOVICONI, poursuivant la démarche pédagogique engagée l'année précédente par Antoinette d'ANGELI et Pierre BERTONI ;
- vendredi après-midi une intervention d'une heure au Collège ORABONA, présentant notamment quelques interprétations majeures de standards connus.

le samedi dans la journée, à La Poudrière : deux ateliers de jazz (matin : 10h00 à 13h00 et après-midi : 15h00 à 18h00) consacrés à un travail de compréhension et d'improvisation autour du thème SUMMERTIME et animés par deux musiciens talentueux : le pianiste Zool FLEISHER et le saxophoniste Alexis AVAKIAN, tous deux habitués du CALVI JAZZ FESTIVAL (participation aux frais : 20 €uros).
A noter, et c'est important pour les organisateurs, que ces ateliers sont également ouverts aux amateurs de jazz non-instrumentistes qui souhaiteraient mieux connaître cette musique "de l'intérieur" (participation aux frais réduite : 10 €uros).

le samedi soir, à La Poudrière toujours et à partir de 19h00 : une soirée où se mêleront qualité d'accueil, convivialité et passion partagée pour le jazz avec :
- en première partie, de 19h00 à 20h00, une approche de quelques grands standards du jazz au travers de propos illustrés par différents enregistrements, présentant leur "histoire", depuis les musiques originelles jusqu'aux interprétations et improvisations qui les ont transcendées ;
- de 20h00 à 21h00 une pause dînatoire : " La musique ne nourrit pas son homme ! " dit-on… Pour notre part, nous essaierons de faire mentir l’adage, en proposant une "pause-dégustation" de soupes, furmaglii nustrali, et dessert, arrosée de vins des vignerons de Balagne – Participation aux frais : 10 €uros.
- En seconde partie, à partir de 21h00 : musique live avec un quartet réunissant des musiciens corses (Jean AGOSTINI – contrebasse - et Nelson Gotteland – batterie) et les deux animateurs des ateliers, Zool FLEISCHER et Alexis AVAKIAN. Formation à laquelle se joindront ensuite différents invités, jusqu'au bœuf en fin de soirée.

L'entrée est gratuite mais les places sont limitées. Il est prudent de réserver, que ce soit par téléphone (au 06 20 55 80 01) ou par courriel ( svegliu@gmail.com ).

Charlie

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