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Keith Jarrett

Dernière mise à jour : 30/01/2016

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Qui contesterait que Keith Jarrett soit l'un des plus grands pianistes de l'histoire du jazz ? Sa maîtrise de l'instrument sort de la logique.
"Il possède la faculté de jouer à genoux, rien qu'en faisant confiance aux muscles de ses doigts. Il a des mains de crabe! C'est un extra-terrestre!" dit de lui Giovanni Mirabassi, qui est lui-même loin d'être manchot !

La sortie en DVD de la passionnante "Leçon de jazz" d'Antoine Hervé sur Keith Jarrett m'a donné envie de consacrer quelques lignes à ce grand musicien et improvisateur qui se situe au carrefour des musiques du 20e siécle.

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Pianiste à la technique exceptionnelle, improvisateur hors normes, il synthétise divers courants tels que le classique (avec une emphase sur la musique de JS.Bach), le jazz, la musique country, le rock, le free jazz et bien d’autres encore.
Une de ses particularités consiste en l’utilisation du contrepoint traditionnel, de l’art de la fugue improvisée directement au clavier (école française) dans un contexte harmonique du début du XXème siècle (Ravel-Debussy), avec un groove jazz original et irrésistible.

Un musicien moderne qui se place au carrefour de ce que la musique occidentale a de mieux à nous offrir.

Eléments biographiques

Keith Jarrett prend ses premières leçons de piano à ... trois ans, donne son premier concert à sept ans et un récital de ses propres compositions à dix-sept !

Après des collaborations avec Don Jacoby, Roland Kirk, Tony Scott, etc.), il fait brièvement partie des Jazz Messengers d’Art Blakey (seule trace disographique, l’album Buttercorn Lady enregistré en 1966) puis la même année il intègre le groupe du saxophoniste Charles Lloyd (avec Jack DeJohnette, Cecil McBee ou Ron McClure) et devient alors la nouvelle révélation du piano, volant la vedette au leader du groupe. Le groupe se sépare en 1968 et Keith Jarrett forme alors un trio en compagnie de Charlie Haden à la basse et Paul Motian à la batterie, et commence à enregistrer sous son propre nom.

À cette même époque, produit par Atlantic, le pianiste se fait chanteur de pop-folk en assurant lui-même l'accompagnement musical par le système de re-recording sur l'album Restoration Ruin.

En 1970, il est embauché par Miles Davis et contraint de jouer des claviers électriques (ce qu'il déteste, assure t-il). Son trio devient quartette en intégrant le saxophoniste Dewey Redman, issu du groupe d'Ornette Coleman. À l’occasion de concerts ou d’enregistrements, cette formation est parfois augmentée d’un ou de deux percussionnistes : Guilherme Franco et/ou Danny Johnson.

Entre deux concerts avec Miles Davis, Jarrett enregistre en 1972 son premier opus au piano solo sur ECM, Facing you, prélude à une très longue association avec Manfred Eicher, producteur de la célèbre compagnie phonographique allemande. Trois ans plus tard, le même producteur enregistrera Jarrett seul avec son piano lors d'un concert à Cologne (The Köln Concert, 1975), l'album est un succès qui ne se démentira pas avec le temps. Plus tard, en 1993, Nanni Moretti utilisera la mélodie de la première partie de ce concert dans son film Journal intime.

Après une brève collaboration avec Gus Nemeth (basse), Jean-François Jenny-Clark (basse) et Aldo Romano (batterie), Keith Jarrett forme son second quartette, dit "quartette européen" ou parfois "Belonging Band", avec Jan Garbarek aux saxophones, le bassiste Palle Danielsson et le batteur Jon Christensen sans délaisser pour autant sa formation américaine. Ces deux formations seront dissoutes en 1976 pour le quartette américain et en 1979 pour le quartette européen.

Inauguration en 1977 d'un nouveau trio avec l'album Tales of Another, sous le nom du contrebassiste Gary Peacock, en compagnie de Jack DeJohnette. Standards et compositions originales, la formation traverse les décennies pour atteindre le succès qu'on lui connaît encore aujourd'hui.

Dans les années 1970 et jusqu'aux années 1990, Keith Jarrett se consacre parallèlement à la scène classique. Outre ses expériences d’improvisation à l’orgue baroque et au clavecin, il interprète Bach, Haendel, Mozart mais aussi Chostakovitch, ainsi que des compositeurs contemporains comme Alan Hovhaness, Lou Harrison, Peggy Glanville-Hicks et compose lui-même pour ce répertoire des pièces pour orchestre (In the Light, 1973 ; The Celestial Hawk, 1980) et de la musique de chambre (Bridge of Light, 1993). Il enregistre deux albums de compositions originales pour orchestre à cordes et Jan Garbarek en soliste : Luminessence en 1974 et Arbour Zena en 1975.

À la fin des années 1990, atteint du syndrome de fatigue chronique, le pianiste est contraint de réduire momentanément son activité. En 1998, sa mobilité étant réduite par la maladie, Jarrett enregistre à son domicile The Melody At Night, With You, recueil de standards interprété seul au piano et qu'il dédiera à son épouse de l'époque.

Depuis 2000, à l'exception de Jasmine enregistré en duo avec Charlie Haden, Jarrett oscille entre sa formation en trio et le piano solo.

En 2004, Keith Jarrett reçoit le Léonie Sonning Music Award. Cette distinction prestigieuse est habituellement décernée à des compositeurs et interprètes de musique classique. Miles Davis était le seul musicien de jazz à l'avoir reçue.

Le musicien

Pianiste au toucher délicat avec un style fortement inspiré par la guitare folk, Keith Jarrett a su, par ses nombreuses influences pianistiques (de Bill Evans à Paul Bley en passant par Cecil Taylor) et l’inspiration de différents styles, ouvrir le piano jazz à de nouveaux horizons au cours des années soixante-dix. Ses premiers enregistrements aux côtés de Charles Lloyd témoignent déjà de ses influences empruntées à la musique folk et au free jazz. Ses improvisations et ses compositions en seront fortement marquées tout au long de sa carrière musicale1.

Jarrett appartient également au monde du classique en tant que compositeur et surtout interprète. Sa musique en est imprégnée : influences de Claude Debussy (principalement dans ses prestations en solo) et de la musique baroque (notamment la composition Oasis sur "Personal Mountains", ou encore la première partie du "Paris concert").

Héritage de son intérêt (commun avec Debussy) pour le gamelan, l’ostinato est une caractéristique remarquable sur nombre de ses enregistrements. L’album "Changeless" en est l’exemple parfait : construction de compositions et improvisations sur un climat créé par un ostinato.

La transe est, selon ses propos, un état d’esprit, un comportement essentiel pour l’exécution de son art. Son instabilité corporelle sur scène face à son clavier et ses fredonnements et cris audibles en concert et sur ses enregistrements témoignent d’une relation fusionnelle avec la réalisation de sa création.

Quelque chose d'unique réunit tous les publics de Keith Jarrett à travers le monde : la ferveur inquiète. On sait que l'on va entendre le plus grand pianiste de jazz du monde et que, si tout va bien, on va traverser avec lui des instants d'intense émotion. Mais on sait aussi que le moindre grain de sable peut tout détraquer. Que quelqu'un tousse un peu bruyamment, il s'arrête. Et s'il voit quelqu'un prendre une photo, il se lève et le concert est terminé. Cela arrive régulièrement...

Exemples : Juillet 2007, Pérouse. Quelques photos déclenchent la colère du pianiste, qui injurie le public. Montréal : Alors qu'ils saluaient avant le rappel, quelqu'un prit une photo. Avec flash ! Keith alla se planter devant le photographe et le désigna du doigt sans dire un mot. Un silence lourd s'abattit sur la salle. Le pianiste sortit sans un regard pour ne plus revenir. Les lumières se rallumèrent et quelques huées s'élevèrent.
Juan les Pins : il part après vingt minutes de concert. On dit qu'il s'agissait d'un critique jazz d'un hebdo français qui ne l'aimait pas et qui l'avait fait exprès pour le mettre en colère.
Juillet 2010, Lyon. Le trio arrive avec quarante-cinq minutes de retard sans un mot d'excuse, puis exige que deux calorifères soient installés à proximité des musiciens pour les protéger de la fraîcheur nocturne. A la fin du premier morceau, le batteur demande le remplacement du premier calorifère par un autre moins puissant. Après une demi-heure de musique, De Johnette arrète de jouer et fait signe à un spectateur qui vient de prendre une photo qu'il veut l'égorger. Arrivés aux trois-quarts du concert, les musiciens s'interrompent, De Johnette désignant un autre spectateur. Jarrett intervient au micro pour dire qu'ils ne reprendront pas le jeu tant que l'enregistreur de la personne au premier rang ne sera pas en leur possession. En fait, la personne en question est tétraplégique et De Johnette a pris la commande électronique de son fauteuil roulant pour celle d'un magnétophone...
A la fin du concert, les artistes font dire au public qu'ils reviendraient jouer un dernier morceau à la condition expresse qu’ils ne soient pas photographiés pendant le salut...

J'ai vécu plusieurs fois de tels incidents et j'avais même décidé un temps de ne plus me déplacer... Mais cela n'enlève rien au talent de ces musiciens.

Discographie

Comme sideman :

Don Jacoby - Swinging Big Sound (Decca DL 4241, 1962)
Art Blakey - Buttercorn Lady (Limelight LM 82034, 1966)
Charles Lloyd - Dream Weaver (Atlantic SD 1459, 1966)
Charles Lloyd Quartet Recorded in Concert - Flowering of the Original (Atlantic SD 1586, 1966)
Charles Lloyd - Forest Flower,1966)
Charles Lloyd - Journey Within (Atlantic SD 1493, 1967)
Charles Lloyd - Love-in (Atlantic SD 1481, 1967)
Charles Lloyd in the Soviet Union (Atlantic SD 1571, 1967)
Various Artists - 1967 4th International Jazz Festival (Supraphon SUA 15987, 1967)
Charles Lloyd - Soundtrack (Atlantic SD 1519, 1968)
Miles Davis - Get Up with It (Columbia KG 33236, 1970)
Miles Davis - Directions (Columbia KC2 36472, 1970)
Miles Davis - Live/Evil (Columbia G 30954, 1970)
Miles Davis - The Cellar Door Sessions 1970 (Sony/BMG 1C6K93614, 1970)
Miles Davis at Fillmore (Columbia G 30038, 1970)
Gary Burton and Keith Jarrett (Atlantic SD 1577, 1970)
Barbara Massey, Ernie Calabria - Prelude To... (Cotillion SD 9044, 1970)
Miles Davis - Spanish Key (Lunch for Your Ears (E) LFYE 001, 1970)
Miles Davis - "Isle of Wight" (Columbia (F) 450472 1, 1970)
Miles Davis - Fillmore West, 10/17/'70 (Jazz Masters (G) JM 007, 1970)
Marion Williams - Standing Here Wondering Which Way to Go (Atlantic SD 8289, 1971)
Miles Davis - Lennies on the Turnpike '71 (Jazz Masters (G) JM 001/02, 1971)
Donal Leace - Words c/w (Atlantic 2944, 1971)
Donal Leace (Atlantic SD 7221, 1971)
Airto Moreira - Free (CTI 6020, 8000; CTI/Associated ZK 40927)
Airto - Return to Forever (CTI 8000 1972)
Freddie Hubbard - Sky Dive (CTI 6018, 1972)
Paul Motian - Conception Vessel (ECM (G) 1028, 1972)
Kenny Wheeler - Gnu High (ECM (G) 1069, 1975)
Charlie Haden - Closeness (Horizon 11; A&M/Horizon SP 710, 1975)
Gary Peacock - Tales of Another (ECM (G) 1101, 1977)

Sous son nom :

Life Between the Exit Signs (Vortex 2006, 1967)
Restoration Ruin (Vortex 2008, 1968)
Somewhere Before (Vortex 2012, 1968)
Keith Jarrett, Jack DeJohnette - Ruta and Daitya (ECM (G) 1021, 1971)
El Juicio (The Judgement) (Atlantic SD 1673, 1971)
The Mourning of a Star (Atlantic SD 1596, 1971)
Birth (Atlantic SD 1612, 1971)
Expectations (Columbia KG 31580, 1971)
Various Artists - NDR Jazz Workshop '72 (Norddeutscher Rundfunk)
Fort Yawuh (Impulse AS 9240, 314 547 966-2, 1973)
In the Light (ECM (G) 1033/34, 1973)
Solo Concerts Bremen/Lausanne (ECM (G) 1035/37, 1973)
Treasure Island (Impulse AS 9274, 1974)
Belonging (ECM (G) 1050, 1974)
Luminessence (ECM (G) 1049, 1974)
Death and the Flower (Impulse, 1974)
Backhand (Impulse AS 9305, 1974)
The Köln Concert (ECM (G) 1064/65, 1975)
Mysteries (Impulse AS 9315, 1975)
Arbour Zena (ECM (G) 1070, 1975)
Shades (Impulse ASD 9322, 1976)
The Survivors' Suite (ECM (G) 1085, 1976)
Staircase (ECM (G) 1090/91, 1976)
Eyes of the Heart (ECM (G) 1150, 1976)
Hymns/Spheres (ECM (G) 1086/87)
Spheres (ECM (G) 1302) 1976)
Byablue (Impulse AS 9331)
Silence (Impulse GRD 117, 1977)
Sun Bear Concerts (ECM (G) 1100, 1976)
Bop-Be (Impulse IA 9334)
Keith Jarrett, Dennis Russell Davies - Ritual (ECM (G) 1112, 1977)
My Song (ECM (G) 1115, 1977)
Personal Mountains (ECM (G) 1382, 1979)
Nude Ants (ECM (G) 1171/72, 1979)
Sleeper (ECM (G) 2290/91, 1979)
Invocations/The Moth and the Flame (ECM (G) 1201/02, 1979-1980)
The Celestial Hawk (ECM (G) 1175, 1980)
G.I. Gurdjieff: Sacred Hymns (ECM (G) 1174, 1980)
Concerts (Bregenz) (ECM (G) 1227, 1981)
Standards, Vol. 1 (ECM (G) 1255)
Standards, Vol. 2 (ECM (G) 1289)
Changes (ECM (G) 1276, 1983)
Arvo Pärt: Tabula Rasa (ECM (G) 1275)
Spirits (ECM (G) 1333/34, 1985)
Standards Live (ECM (G) 1317, 1985)
Still Live (ECM (G) 1360/61, 1986)
Book of Ways (ECM (G) 1344/45, 1986)
J.S. Bach: Das Wohltemperierte Klavier, Buch I (ECM (G) 1362/63, 1987)
Dark Intervals (ECM (G) 1379, 1987)
Changeless (ECM (G) 1392, 1987)
Paris Concert (ECM (G) 1401, 1988)
J.S. Bach: Goldberg Variations (ECM (G) 1395, 1989)
Standards in Norway (ECM (G) 1542, 1989)
Tribute (ECM (G) 1420/21, 1989)
The Cure (ECM (G) 1440, 1990)
J.S. Bach: Das Wohltemperierte Klavier, Buch II (ECM (G) 1433/34, 1990)
Vienna Concert (ECM (G) 1481, 1991)
Dmitri Shostakovich: 24 Preludes and Fugues op. 87 (ECM (G) 1469/70, 1981)
J.S. Bach: The French Suites (ECM (G) 1513/14, 1991)
J.S. Bach: 3 Sonaten fur Viola da Gamba und Cembalo (ECM (G) 1501, 1991)
Bye Bye Blackbird (ECM (G) 1467, 1991)
At the Deer Head Inn (ECM (G) 1531, 1992)
Bridge of Light (ECM (G) 1450, 1993)
G.F. Handel: Suites for Keyboard (ECM (G) 1530, 1993)
Keith Jarrett at the Blue Note: The Complete Recordings (ECM (G) 1575/80, 1994)
W.A. Mozart: Piano Concertos, Masonic Funeral Music, Symphony in G Minor (ECM (G) 1565/66, 1994)
La Scala (ECM (G) 1640, 1995)
Tokyo '96 (ECM (G) 1666, 1996)
W.A. Mozart: Piano Concertos, Adagio and Fugue (ECM (G) 1624/25, 1996)
The Melody at Night, With You (ECM (G) 1675, 1998)
Whisper Not (ECM (G) 1724/25, 1999)
Inside Out (ECM (G) 1780, 2000)
Always Let Me Go (ECM (G) 1800/01, 2001)
Yesterdays (ECM (G) 2060, 2001)
My foolish heart - Live at Montreux (ECM (G) 173 7326, 2001)
The Out-of-Towners (ECM (G) 1900, 2001)
Up for It (ECM (G) 1860, 2002)
Radiance (ECM (G) 1960/61, 2002)
The Carnegie Hall Concert (ECM (G) 1989/90, 2005)
Jasmine (ECM (G) 2165, 2007)
Paris/London - Testament (ECM (G) 2130, 2008)
Rio (ECM (G) 2198-99, 2011)

Dans l’imposante discographie de Keith Jarrett, que retenir en priorité ? Quelques pistes : :

Ma sélection

Que choisir dans cette abondante discographie ? Quelques repères, très personnels comme il se doit...

On pourra distinguer les débuts en trio, le quartette américain, le quartette européen, les disques solo avant de conclure avec le trio "Standards". Tour d’horizon de 45 ans de création…

Les débuts : Somewhere Before

Enregistré en août 1968 au Shelly Manne's Hole de Hollywood, avec son trio de l'époque : Charlie Haden, contrebasse, Paul Motian, batterie.
Un disque de jeunesse, frais et mélodieux.

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Le "quartet américain" :
EL JUICIO

Un disque contrasté, avec un excellent 'Pardon My Rags" où Jarrett mélange toutes ses influences, Scott Joplin, Paul Bley, Bob Dylan. A côté de cela on apprécie moins ses incursions au soprano ou à la flûte.

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EXPECTATIONS

Un disque déroutant. En 1972, son quartette américain n'est pas encore arrivé à maturité. "Expectations” nous le fait découvrir aux côtés de Dewey Redman, de l'autre colemanien Charlie Haden à la contrebasse  et du batteur Paul Motian, Soit le quartet américain. Mais à ce quartet de base se joignent le guitariste Sam Brown, le percussionniste Airto Moreira. Keith Jarrett fait aussi appel dans certains morceaux à des violons et à une section de cuivres, lui joue du piano acoustique et du saxophone soprano. "Expectations" expose toutes les aspirations jarrettiennes : goût du chant, de la musique dansante (afro-cubaine), de l'approfondissement  harmonique, des violences colemaniennes, et toujours présent dans son jeu pianistique, le rythme, un swing particulier, unique, une façon de faire vibrer les notes difficile a décrire,
Revenant vingt-sept ans plus tard sur les motivations de cet enregistrernent, Keith Jarrett écrit : J’avais rassemblé (depuis un certain temps déjà) des morceaux pour ce que je considérais comme mon «grand » projet :intégrer la plupart de mes centres d'intérêt à une oeuvre».

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DEATH AND THE FLOWER

Cet enregistrement du quartette américain de Keith Jarrett (augmenté du percussionniste Guilherme Franco) est ià mon avis son meilleur.
Au programme 3 morceaux: "Death and The Flower" alternant long développement sensuel et ascension vertigineuse et puissante vers un nirvana certain, “ Prayer ” où Jarrett dans toute la splendeur d'un recueillement total immobilise le temps pour mieux l'étirer et nous plonger dans un abime bucolique; “ Great Bird ” plus franchement déstructuré, mariant les croisements rythmiques et timbriques vers un jazz plus libéré au thème obsessionnel, clôt un album en tout point remarquable. Dewey Redman (ts, perc), Charlie Haden (b) et Paul Motian (dms, perc) servent merveilleusement (est-ce une surprise?) les compositions du pianiste et réaffirment, si besoin était, l'importance du Quartet Américain.

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SHADES

Ce n'est pas un album génial mais c'est à coup sûr du très bon Jarrett dans le contexte « quartet américain », avec le ténor de Dewey Redman lyrique ("Shades Of Jazz"), la basse de Charlie Haden plus chantante que jamais ("Rose Petals"). Paul Motian toujours aussi inventif, privilégiant la discontinuité et l'asymétrie, entraînant dans ces décalages l'imagination de l'improvisateur. La qualité de sa frappe est pour beaucoup dans, ce son d'ensemble unique dont est doté le quartet.
Jarrett est ici irréprochable, inspiré.

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MYSTERIES

Toujours accompagné par l'équipe habituelle Jarrett délivre un excellent disque. Les thèmes,  "Rotation", "Everything  That  Lives Laments" et "Mysteries" comme très souvent chez Jarrett, ont à la fois un petit côté "facile" et des cellules déconcertantes - harmoniquement ou mélodiquement.
Rotation” contient un solo de piano qui est une illustration parfaite de la fusion que réalise Jarrett entre jazz et classique : son débit, son phrasé, sa progression harmonique le rattachent à Bud Powell et à McCoy Tyner, mais il est impossible de ne pas penser au "Clavecin Bien Tempéré" et aux "Suites Anglaises". Les solos de saxophone, eux, conduisent aux frontières du free-jazz. Et puis, il y a "Flame", où Jarrett joue d'une flûte pakistanaise et Redman d'une sorte de clarinette chinoise, pour un double thème modal, avec ces notes qui “ frottent" magnifiquement, avec la rencontre d'un son doux et rond et d'un autre plus acide, brillant.

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THE SURVIVORS' SUITE

Le disque parfait !  Rien à rajouter, rien à retrancher non plus.
Jusqu'ici, les disques du quartet souffraient trop souvent d'un défaut d'architecture : on y trouvait un ou deux morceaux superbes, mais aussi de trop longues errances du leader au pipeau ou au soprano, Ici, tout est extrêmement varié et plaisant, de la sonorité pulpeuse de Redman, aux ronflements sensuels de la section rythmique. On sent que cette suite a été bien mûrie, Les mélodies extrêmement chantantes que Keith sait faire surgir de son imagination avec tant de facilité prennent une dimension plus imposante que par le passé, parce qu'elles nous sont proposées ici en situation.

Tout d'abord, une introduction hors tempo, très lente, jouée par Jarrett à la flûte, puis vient un thème d'une très grande noblesse exposé par Dewey Redman sur accompagnements aux mailloches de Paul Motian. Le tout débouche sur un thème au rythme très particulier, sorte de flux et de reflux marin, doucement amené par le piano sur fond de célesta et de contrebasse. Redman vient alors se joindre au trio pour exposer, avec fougue et lyrisme à la fois, un second thème qui sert de tremplin à l'une des improvisations les plus inspirées et les plus lucides que nous lui devions, finissant dans une sorte d'apothéose où se distinguent particulièrement les accords percussifs du piano. Vient enfin clore cette première partie le sommet de cet album, un thème d'une pureté miraculeuse exposé de façon particulièrement dépouillée par Charlie Haden. Après la reprise du thème par Redman, vient le moment de la félicité absolue, avec le piano qui clôt la première partie.
La deuxième partie commence très violemment et débouche sur un seul thème (aux harmonies délicieuses), et d'extraordinaires solos de Dewey Redman et de Paul Motian. Tout au long du disque un subtil dosage de l'énergie entre passages violents et effusions lyriques, tout du long, ce climat chantant, inspiré, habité, un bonheur de jouer total.

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Le piano solo
FACING YOU

DIAPASON D’OR
1972 : Le premier disque de Keith Jarrett pour ECM. La découverte d’un immense talent, le début d’une carrière et les prémisses d’une complicité avec un label et son fondateur trois ans avant le Concert de Cologne.

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THE KÖLN CONCERT

Il arrive parfois que l’œuvre d’un artiste éclipse totalement le reste de sa production. Ainsi depuis plus de trente ans, le nom de Keith Jarrett reste associé à celui du Köln Concert.
Ce qui distingue ce concert des autres, c’est peut-être qu’il semble à la fois le plus spontané, le plus fulgurant en terme d’inspiration et également le plus intense en termes d’émotion, ce qui, du coup, en fait l’un des plus abordables de la longue discographie du pianiste.
Ce qui est extraordinaire, c'est que ce concert tient en partie de l’accident : Jarrett n'avait pas dormi depuis plusieurs jours et le piano dont il avait hérité était de mauvaise qualité, les octaves extrêmes rendant mal. Le concert faillit être annulé. La réverbération qu’on entend sur disque, effet d’atmosphère planant, et qui deviendra caractéristique du « son ECM » sert ici à masquer les imperfections. On aurait pu s’attendre à une catastrophe. Et pourtant. Et peut-être à cause de cela, Jarrett donne tout ce qu’il peut, compte tenu de la situation : sans idées préconçues, sur la corde raide, c’est le déploiement mélodique et le lyrisme décomplexé qui porte l’œuvre.

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Les phrasés de la main droite ne cessent de dessiner une ligne sinueuse, oscillant sans cesse entre phases d’accélérations et de décélérations. On retrouve des accords typiquement jazz, des ornementations classiques évoquant par endroits Debussy ou Rachmaninov, mais c’est le gospel qui domine et contribue à donner au concert de Cologne son fragment essentiel d’humanité ; avec le son live, les soupirs du pianiste, le souffle de la foule et le feu de l’improvisation en elle-même, bien sûr.
A cet égard, la première partie est un modèle du genre. Dans tout cela, ce qui est peut-être le plus remarquable, c’est l’impression laissée que, bien qu’improvisée, il n’y aurait rien à ajouter ni à retrancher du résultat : les notes placées au bon moment, les effets déclenchés à l’instant parfait, les idées s'enchaînant avec un naturel incroyable, tout coïncide et fonctionne à merveille : comme une évidence. La seconde partie, plus longue, est moins prodigue en effets et joue davantage sur la création de climats, on y retrouve des émanations bluesy, avant un ample mouvement introspectif, qui peut évoquer la musique répétitive de Terry Riley ou Philip Glass. Pour finir, le rappel reprend un ton mélodique et sentimental appuyé : il est surtout notable pour son oscillation entre joie et tristesse et son mouvement de crescendo ; Jarrett le baptisera plus tard du nom de « Memories of Tomorrow ».

Le Köln Concert est un succès commercial important dans le monde du jazz (plus de trois millions d’exemplaires vendus à l’heure actuelle), ce qui va notamment assurer la pérennité du label ECM. Il est de bon ton de le dénigrer, justement à cause de ce succès. Mais il reste pour moi un chef d'oeuvre absolu.


SOLO CONCERTS - BREMEN/LAUSANNE

Ces concerts solo de Jarrett n'ont jamais atteint le succès de son célèbre “ Köln Concert ” qui leur est postérieur. Les concerts de Brême et Lausanne sont peut être moins « faciles », mais quelle splendeur ! C'est un musicien lyrique et passionné qui s'exprime ici. Jamais à court d'idées, il fascine et séduit avec autorité et élégance.
Les trois thèmes se ressemblent légèrement, mais ce qu'ils deviennent au fil des faces écarte toute impression de monotonie.

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STAIRCASE

Paris, mai 1976. Peut-être le moins complaisant des enregistrements du pianiste en solo, depuis “ Facing You ”. Quatre morceaux  (Staircase, Hourglass, Sundial,  Sand) chacun articulé en trois parties sauf le second en deux parties. Pas grand-chose à voir avec le jazz, des échos de Chopin ou Schumann, mais c’est un très beau disque. La ligne de force, c’est le plaisir.

staircase

SUN BEAR CONCERTS

5 concerts, 6 heures et demie de musique... un événement rare dans l’histoire phonographique mondiale Ce qui frappe d’abord, en regard de Brême, de Lausanne et autre Köln, c'est la présence dans le cheminement musical d’instants répétitifs transitionnels pendant lesquels le chant en devenir se cherche avec obstination et d’où émerge la limpidité d'une nouvelle phase, d'une autre direction ; moments de transition, dont on ne sait si ce sont des hésitations astucieusement exploitées ou le fruit d'une implacable logique intérieure. Une musique évoquant par moments Schumann, Fauré, Rachmaninov,  Satie mais dotée d'une énorme intensité émotionnelle.
Kyoto : rêverie et sérénité, un court motif répétitif, circulaire, des rythmes suggérés, puis éclatement, fin tourbillonnante. En deuxième partie, Jarrett est impétueux, puis proche de Facing You; la tension retombe… Probablement le plus beau concert de la série.
Osaka : début méditatif ; les phrases deviennent plus longues, très crispées ; vélocité; répétition: progression, intensité; rupture; fin rhapsodiante ; puis cela redémarre très tort; paroxysme, clusters, le corps exulte et explore tout le clavier. Comme épuisé Jarrett flotte, semble surgir d'un songe et son chant de nouveau s élève, plein, généreux..
Nagoya : contrastes, fureur, rafales. éclats, fulgurances.
Tokyo : du jazzy au romantisme. Juste avant le rappel, délicat et sensuel, K.J. semble moins inspiré et tourne un peu en rond avant de se reprendre en un final que ne désavouerait pas Cecil Taylor lui-même !
Après cette fureur, un rappel miraculeux.
Sapporo: Une ouverture très mélodique puis Keith Jarrett tombe dans la monotonie et l'ennui par une incantation un peu systématique; après un passage très swinguant prétexte à quelques cassures, envolée lyrique que vient gâcher un rappel exagérément lancinant, d’une insistance un peu lourde.

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Le quartet européen :
KEITH JARRETT/JAN GARBAREK : BELONGING

Cette premère rencontre entre Keith Jarrett et Jan Garbarek est miraculeuse. Des compositions de Jarrett toutes très chantantes, aux rythmes variés et complexes, opposés à la simplicité de la mélodie. Une musique libre sans cri, sans véhémence.. La sonorité de Garbarek au ténor, à mi-chemin entre Rollins et Barbieri, est liée à un chant plein et  généreux aux longues phrases flexibles, comme une longue plainte vibrante et bouleversante.. Remarquable accompagnement du tandem scandinave.

Le disque n'a pas vieilli sans doute grâce à l'intelligence, la beauté du matériel thématique, exclusivement des compositions de Jarrett, souvent modales, et au jeu lumineux de ce dernier.

belonging

KEITH JARRETT : SLEEPER

Un étonnant double-album témoignage du "quartet européen" de Keith Jarrett (souvent appelé "Belonging") au sommet de son art. Un concert inédit dans son intégralité au Nakano Sun Plaza de Tokyo en avril.
Personal Mountains”, “Innocence”, “So Tender”, “Oasis”, “Chant of the Soil”, “Prism”, “New Dance”.

Dire que ces bandes inédites dormaient depuis plus de 30 ans dans les armoires chez ECM avant d'être enfin exhumées aujourd'hui ! Partagé entre ses multiples collaborations et son quartet américain, Keith Jarrett avait peu l'occasion de tourner avec cette formation d'Europe. Chacune de ses apparitions était donc relativement rare pour en faire ,en soi un événement et donc bien plus qu'un témoignage.

A l’écoute de ce concert capté à Tokyo en 1979, il se dégage en effet une énergie rare. Une formidable complémentarité entre Jarrett et Garbarek. Le son de Garbarek y est exceptionnel avec cette raucité-acidité qui marque une époque, celle de la toute fin des années 70. Quelques merveilles d'écriture comme ce Prism où le flot de l'improvisation se ralentit pour laisser place à une expression poétique différente. Car au-delà de l'improvisateur génial, Jarrett s’impose comme un très grand mélodiste. L'introduction de So tender est un véritable modèle du genre. La coda splendide où tout à coup tout s'apaise et où le temps prend le dessus sur le tempo ne l'est pas moins. Et un magnifique Garbarek entre les deux, soutenu par une rythmique exceptionnelle d'intensité, qui donne à cette formation une puissance capable de projeter la force et l’énergie du son de Garbarek.

sleeper

KEITH JARRETT : LUMINESSENCE

Jarrett se met ici au service du saxophoniste réservant dans sa musique des espaces étudiés avec précision où Garbarek se déchire, crie, pleure et rugit avec une sûreté, un sentiment de puissance et une parfaite maîtrise de ses moyens.

ARBOUR ZENA

Un disque qui avait été descendu par la critique de jazz. « Ennui indescriptible », écrivait Musica Jazz. « Musique hybride », écrivait André Francis. Pourtant, ce disque ne manque pas de charme, et Charlie Haden est impérial. A vous de juger !

Standards : Le (les) trio (s)

STANDARDS LIVE

De tous les albums de standards enregistrés par Keith Jarrett, c'est peut-être le plus beau. L'introduction de “ Stella by Starlight ” pour ne parler que d'elle, fait date, réconciliant pourfendeurs et inconditionnels du fameux “ Köln concert ”. Ce qui captive ici c'est cette façon de faire venir le plaisir, un art prodigieux de la retenue, une manière de se tenir en arrière d'un tempo qui ne demande qu'à partir. Et contrairement aux concerts solo, la rythmique est là pour ramener Keith Jarrett à l'essentiel.

standards

AT THE DEER HEAD INN

Est-ce la présence de Paul Motian qui remplace ici DeJohnette ? Ce disque est l'un des plus inventifs de Keith Jarrett en trio.

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AT THE BLUE NOTE

Certes, c'est un coffret, mais ces trois soirées au Blue Note sont extraordinaires. Des standards ( In Your Own Sweet Way, Now's the Time, Oleo, Days of Wine and Roses, My Romance, mais pas uniquement : une improvisation de plus de 28 minutes, Desert Sun, qui évoque les concerts solo des années 70. Une extraordinaire version de plus de 26 minutes de Autumn Leaves, où, après une longue improvisation, le pianiste retrouve miraculeusement la mélodie. Tout au long des trois nuits, l'intéraction entre les trois musiciens est remarquable.

bluenote

ET MAINTENANT ?

Le dernier disque de la sélection date de 1994. "Rien depuis ?", allez-vous me dire, à juste titre. Keith Jarrett et son trio ont continué de donner des concerts et d'enregistrer des disques, dont aucun n'est mauvais, mais que j'avoue écouter rarement. La machine (excellente au demeurant) tourne parfois un peu à vide, et même si un 'Standards Trio' qui ronronne vaut toujours plus que beaucoup d’autres trios, un fossé s’est créé entre la vitalité parfois un peu folle de 1983 et la mécanique trop bien huilée de 2012.

Jarrett/Peacock/DeJohnette : Somewhere (ECM 2200)

somewhere

Ce “Somewhere”, c'est en fait Lucerne, où a été enregistré ce nouveau CD du trio 'Standards’. Un concert à la fois audacieux et dans la tradition. La Neue Zürcher Zeitung parlait de “kontrollierte Ekstase” – extase contrôlée. Le set commence avec une improvisation “Deep Space” qui débouche sur le “Solar” de Miles Davis; puis ce sont les standards “Stars Fell On Alabama” et “Between The Devil And The Deep Blue Sea”. Le sommet du concert, c'est la fusion entre deux morceaux de West Side Story, “Somewhere” et “Tonight”, et l'improvisation de Jarrett : “Everywhere”.

Décembre 2013 : Deux rééditions de Keith Jarrett : « No End », enregistré en 1986 dans le studio que Keith Jarrett a aménagé dans la grange attenant à sa maison. Keith a procédé comme il le fit pour "Spirits", le double album enregistré en 1985 et qui est son disque préféré : il y joue de toutes sortes d'instruments et quasiment pas de piano. Pour retrouver l'état où la musique ne passe pas par le savoir ou la virtuosité, mais où le musicien est un simple conducteur, au sens physique du terme, de la musique qui le traverse : une attitude, presque une éthique, sur laquelle Jarrett a plusieurs fois insité au cours d'entretiens.
Il n’y a jamais eu, à ma connaissance, de préméditation ou d’ambition “compositionnelle“ (au sens classique du terme) dans ce projet. Je me suis laissé aller à mes humeurs à partir d’idées de rythme, d’une ligne de basse, ou d’une simple mélodie. Mais rien n’était écrit. Les amorces de morceaux et leurs conclusions ont parfois été la source de beaucoup de tâtonnement, et d’autres fois sont venues de façon incroyablement intuitive". [Keith Jarrett.]

Si le concert de Bregenz avait déjà fait l’objet d’une réédition en CD par le passé, Concerts propose pour la première fois de retrouver sur CD l’intégralité du concert de Münich.
Après avoir fait paraître successivement quelques disques majeurs rendant compte sur le vif de l’évolution de son travail en solo (“Bremen/Lausanne” en 1973, “The Köln Concert” en 1975 et les épiques “Sun Bear Concerts” de la tournée japonaise de 1976), Jarrett portait ici à un point culminant son esthétique si particulière, en une musique extraordinaire de complexité et d’ouverture. Comme pour tous les concerts solo de Keith Jarrett, les phases de recherche alternent avec celles de créativité, très dominantes ici. Réunissant deux concerts improvisés, le premier enregistré en Autriche au Festspielhaus Bregenz (le 28 mai 1981), le second en Allemagne à la Herkulessaal der Residenz de Munich (le 2 juin 1981) — ce coffret de trois disques peut être considéré comme le sommet de la première période de musique solo de Jarrett.

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