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A Filetta : Les concerts 2011

Dernière mise à jour : 17/12/2011


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2011 : Tous les concerts d'A Filetta


Janvier 2011

Ma 25 Neuilly (92) Théatre Le Village
Me 26 Nantes (44), Salle Paul Fort - 9 rue Basse Porte - 21 h
Je 27 Maromme (76), Espace Beaumarchais.

Février 2011

Ma 1 Porte-lès-Valence (26)
Je 10 Bernex (CH)


Mars 2011

Ve 11 Haarlem (NL)
Sa 12 Zoetermeer (NL)
Lu 21 Arnhem (NL)
Ma 22 Groningen (NL)
Me 23 Amsterdam (NL)
Je 24 Amsterdam (NL)

Avril 2011

Je 14 Bastia, la Fabrique
Sa 16 Grasse (06) Passione
Lu 25 Paris, Bouffes du Nord - REQUIEM Di Corsica Riposu

Mai 2011

Je 5 Monthey (CH)
Ve 6 Stans (CH) Musiktage "Mistico Mediterraneo"
Sa 7 La Tour de Peilz (CH)
Di 8 Lörrach (D), Burghof "Mistico Mediterraneo"
Me 11 Le Mans (72), L'Espal "Mistico Mediterraneo"
Je 12 Bordeaux (33) "Mistico Mediterraneo"
Ve 13 Quimper (29), Théâtre de Cornouaille "Mistico Mediterraneo"
Sa 14 Vicenza Teatro Olimpico "Mistico Mediterraneo"
Di 15 Russi (It., RA), Teatro Communale "Mistico Mediterraneo"
Je 19 Brighton, "Apocrifu"
Ma 31 Coutances (50) Festival Jazz sous les pommiers "Mistico Mediterraneo".

Juin 2011

Je 2 Skopje Offset Festival (Macédoine)   
Je 16 Lac du Bourget , festival Les Voix du Prieuré
Sa 18 Poznan, Ethnoport festival (Pologne) 
Me 29 Gavoi (Sardaigne)

Juillet 2011

Ve 1 Bourgueil (37)
Lu 4 Evron (53)
Sa 23 Le Havre(76)
Sa 30 Aleria (Medea)

Août 2011

Ma 2 Corbara
Je 4 Propriano (2A)
Me 10 Val Gardena (It)
Sa 22 Calenzana
Di 28 Ceton (61), Eglise St Pierre, 17h30 – Septembre musical de l'Orne - "Di Corsica Riposu"; Requiem pour deux regards 

Septembre 2011

13 au 17 Bastia/Calvi : XXIIIes Rencontres polyphoniques

Octobre 2011

Sa 1er Saint-Gilles, Réunion - Teat plein air Badamier avec Danyèl Waro
Je 13 Bastia Les Musicales de Bastia avec Danyèl Waro
Ve 14 Mauléon, Festival Eclats de Voix avec Danyèl Waro
Sa 15 Lons-le-Saunier avec Danyèl Waro
Di 16 Aubervilliers Festival Villes des Musiques Monde avec Danyèl Waro
Ma 25 Prague (Tch.) Strings of Autumn international music festival

Novembre 2011

Sa 19 Elancourt, Le Prisme Mistico Mediterraneo
Ma 22 Ajaccio Mistico Mediterraneo
Me 23 L'Île Rousse, Le Fogata Mistico Mediterraneo
Ve 25 Franconville Espace Saint-Exupéry Mistico Mediterraneo
Sa 26 Draguignan (83) Mistico Mediterraneo
Di 27 Torino (It.) Mistico Mediterraneo
Lu 28 Roma (It.) Mistico Mediterraneo
Me 30 Fermo (It.), Di Corsica Riposu

Décembre 2011

Sa 3 Marciac (32), Mistico Mediterraneo
Di 4 St Florent-le-Vieil, Abbatiale Mistico Mediterraneo
Sa 10 Sérignan (34) Bracanà
Di 11 Gauchy (02) Bracanà

Concerts 2011 : Les compte-rendus

Mardi 25 janvier : Théâtre "Le Village" à Neuilly (92)


Pour ce premier concert de l'année, A Filetta nous a gâtés avec un programme très riche. Le répertoire de base est celui de Bracanà, avec quelques morceaux en plus, tel le Ùn nu a sò de Pessoassion et quelques morceaux de Bruno Coulais.

Dès l'entrée en scène des chanteurs, une nouveauté : le dispositif à deux micros croisés auquel nous étions habitués est abandonné au profit de micros serre-tête. Cela occasionnera quelques sourires pendant la soirée car les fils sont toujours là et s'ingénient évidemment à s'emmêler !

Le concert commence avec le très beau Miserere du Requiem, puis Jean-Claude introduit la Paghjella chantée par Jean-Luc, Paul et Ceccè. Puis viennent Kyrie, 1901, Dies irae, Rex, Benedictus et Pater noster.
Une deuxième partie commence avec L'Invitu, puis le Ùn nu a sò de Pessoassion et enfin Treblinka, Meditate, et Figliolu d'ella. Jean-Luc chante un Cuntrastu, puis le groupe se reforme pour Le Lac, un magnifique Liberata et enfin La Folie du cardinal. Le public applaudit à tout rompre et nos amis reviennent pour deux rappels : Gloria et U Sipolcru.

L'année 2011 commence bien !

Samedi 12 mars : Zoetermeer

A Filetta avec le Nederlands Blazers Ensemble

nbe
Huil, klaag, bid en bemin

16-03-11
Aanstaande zondag is de Corsicaanse zanggroep A Filetta te zien in Vrije Geluiden! Kijk hier alvast naar een filmpje van de opnamedag. Maandag gaat de tournee verder in Arnhem. Daar en in Groningen maken middelbare scholieren een muziektheaterproductie: Het Half Uur, geïnspireerd op het thema Huil, klaag, bid en bemin. De tour sluit af in het Muziekgebouw aan 't IJ te Amsterdam op 23 en 24 maart, deze voorstellingen zijn al helemaal uitverkocht! In Arnhem en Groningen zijn er nog mogelijkheden

Een concert met de Corsicaanse a cappellagroep A Filetta doet denken aan een dodenwake. De traditionele Corsicaanse polyfonie, voortgekomen uit vroege liturgische muziek, omvat gewijde liederen en klaagzang. De hoofdmelodie loopt langs wild slingerende paden, soms bijgestaan door een tweede stem. De overige zangers plaatsen daar lange lijnen van wisselende akkoorden onder met een zacht en hees timbre. De blazers omgeven de zang soms als een klinkende stralenkrans, klimmen er ook in solo’s bovenuit. Van tijd tot tijd afgemeten met doffe klappen op de grote trom ontvouwt de muziek zich in een bespiegelend tempo, dat wonderwel past bij een ritueel van afscheid en rouw.

De liederen van de Corsicanen, merendeels geschreven door ensembleleider Jean-Claude Acquaviva, zijn onderling verbonden door composities van Ernst Reijseger, die behalve als improvisator naam heeft gemaakt met filmmuziek.

De spanningsboog houdt stand door Reijsegers afgewogen spel met variatie en emotie. Zelfs lange stiltes lokken geen voorbarig applaus uit.

A cappella corse comme un rituel d'adieu et de deuil

Par René van Peer
Pleure, lamente, prie et aime. Nederlands Blazers Ensemble avec A Filetta. 12/3 Stadstheater, Zoetermeer. Reprises à Arnhem, Groningue et Amsterdam. (Inl): www.nbe.nl

Un concert avec le groupe de chant a cappella A Filetta nous rappelle la veille des morts. La polyphonie corse traditionnelle, qui dérive de la musique liturgique ancienne, comprend la lamentation et le chant religieux. La mélodie principale court le long de sentiers sinueux sauvages, parfois soutenue par une deuxième voix. Les autres chanteurs embellissent l’ensemble avec de longues lignes d'une alternance d’accords variés avec un timbre doux, rauque. Les musiciens tantôt entourent le chant comme un halo sonore, tantôt flottent en solo au-dessus de lui. Mesurée de temps à autre par des coups mats sur la grosse caisse, la musique se déploie à un rythme contemplatif, ce qui convient merveilleusement à un rituel d'adieu et de deuil.

Les chants des Corses, écrits pour la plupart par le chef de l'ensemble Jean-Claude Acquaviva, s’enchaînent sur des compositions de Ernst Reijseger, renommé pour ses improvisations et sa musique de film.
L’arc de tension se maintient par le jeu équilibré de Reijseger, jeu varié et plein d’émotion. Même les longs silences n’entraînent pas d’applaudissements précoces.

Traduction : Marilena Veerheus








Pour en savoir plus sur le Nederlands Blazers Ensemble, lire ci-dessous l'interview de Bart Schneemann, directeur artistique de l'ensemble de cuivres néerlandais, réalisée en février 2011 par nos amis de Tra Noi :

En mars, A Filetta se rendra aux Pays-Bas pour une série de 6 concerts, en collaboration avec le Nederlands Blazers Ensemble (NBE).
En tant que fans d´A Filetta nous sommes bien entendu ravis qu´ils se rendent aux Pays-Bas mais en même temps nous sommes très curieux de voir comment l´énergique théâtral NBE se joindra aux Paghjelle et aux Lamenti Corses d´A Filetta.
Pour en savoir davantage sur l´origine de cette collaboration et pour avoir une idée de ce que nous verrons, Elisabeth Melchior (photographe et fan d´A Filetta depuis 1995) et moi prenons rendez-vous avec Bart Schneemann, directeur artistique du NBE, et initiateur de cette collaboration.

Finalement je peux mettre ma liste de questions de côté car à la question : « Comment as-tu connu A Filetta » Bart ne s'arrête plus.
Il les a vus pour la première fois à Utrecht, subjugué par la qualité et l'intégrité d´A Filetta, et l'idée d'une collaboration avec eux germa immédiatement dans sa tête. Bart se définit lui-même comme une pie qui, quand cela a trait à la musique, collectionne des petits bijoux, « c'est ce qu'il y a de beau au temps où nous vivons, tout est disponible, MP3, CD. Au temps de Mozart, il en était tout autrement, si tu voulais écouter de la musique il te fallait alors faire des heures en carrosse… »

La vision de Bart sur la musique est simplement rafraîchissante, « musique est musique, tu as tellement de sortes et de courants, classique-baroque, musique du monde, jazz…. Ce ne sont que des cases, j´ai horreur des cases, en musique il n´y a pas de frontières. La Musique a un but, A Filetta se laisse voir au travers de la musique, laisse voir la Corse, laisse voir la tradition ancestrale, le combat, l´île …. »
« Le thème de cet interview porte le titre « Pleure, Lamente, Prie et Aime », cela est venu machinalement, au début l´idée était de laisser A Filetta chanter des Lamenti, mais c´est surtout un processus qui se déroule dans ma tête et cela change aussi, mais c´était clairement le caractère religieux d´A Filetta qui en jouerait le rôle principal.
A Filetta est sensationnel, super bon, c´est de la haute qualité, si intègre, ils font de la si belle musique, ça je ne veux pas l´interférer. »

De nouvelles musiques seront-elles composées pour cette nouvelle collaboration, qu'allons nous voir?
« Le compositeur Ernst Reijseger est en ce qui me concerne un des meilleurs compositeurs du pays, je lui ai demandé de bricoler, il en ressort une nouvelle composition, mais la base principale en est la superbe musique Corse d´A Filetta, avec les arrangements d´Ernst Reijseger. Le concert sera un moment sacré, dans l´atmosphère d´une messe, en espérant sans applaudissements entre les chants. Cela sera un passionnant A Filetta avec l´apport d´Ernst Reijseger, plus coloré encore.
A Filetta en sera le point central. Tu verras Jean-Claude Acquaviva avec le NBE autour de lui, à un autre moment A Filetta sera avec moi (Bart est joueur de hautbois, tra noi), nous serons les décors mutuels de chacun, cela doit devenir comme ça (Bart croise ses doigts les uns dans les autres) »

Qu'attendez vous le plus de cette collaboration?
« Tout le processus, c´est très passionnant, tout est dans ma tête, cela a déjà était tout un mécanisme, et ensuite tout le monde se rejoint, les musiciens du NBE n´ont pas eu beaucoup d´informations sur ce que nous allons faire et c´est très bien comme ça, c´est comme cela que quelque chose va pouvoir se créer. Nous allons répéter et nous verrons ce qu´il se passera, ce ne sont que quelques jours où nous répéterons, et ensuite la répétition générale. Dans ma tête tout s´enchaîne… »

Et comme cela se passe avec trois amateurs enthousiastes d´A Filetta ensemble, nous parlons encore davantage de ce que la musique d´A Filetta peut faire avec nous.
Dans la mesure du possible, je me réjouis plus encore de cette nouvelle collaboration.

«Je voudrais dire à tout le monde; après le concert restez dans les environs du foyer, qui sait peut-être s´y passera-t-il encore quelque chose…»

©Suzan Lohez 2011 - Source : http://www.tra-noi.net/interview-feb2011NBEFR.phpl

nl

(Merci à Marilena Veerheus pour cet article)

Vous pouvez suivre la tournée à la TV et à la radio.

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Vous l'attendiez tous et j'ai dû user de toute ma force de persuasion pour l'obtenir; voici enfin le compte-rendu de Françoise sur la tournée néerlandaise d'A Filetta !
Qu'on ne se méprenne pas : j'écris "enfin" non pas parce que la talentueuse rédactrice aurait traîné, mais bien parce que j'étais impatient de lire sa prose !

MA TOURNEE NEERLANDAISE

J’avais moi aussi sur mon agenda une tournée néerlandaise 2011 ! Mon programme, suivre A Filetta dans son périple aux Pays-Bas avec NBE ! Et ce que j’ai vécu avant, pendant et après chaque concert de cet étonnant spectacle est pour longtemps dans ma mémoire !

J’ignorais tout, au démarrage de mon aventure, de l’ensemble instrumental NBE sous la direction artistique de Bart Schneemann, du compositeur associé Ernst Reijseger et du projet les réunissant à la Fougère magique dont je connais les audaces créatives et le goût du partage artistique !

Avant mon départ, j’aurais sans doute dû parcourir « Tra Noi », le site dédié à A Filetta de mes amis Suzan et Laurent Lohez; cela m’aurait permis de connaître la genèse et l’argument du spectacle, parce le programme distribué avant le concert était naturellement en néerlandais, me plongeant totalement dans le brouillard ! Du coup, mon imagination galopa à fond (ça a aussi son charme), la possibilité de suivre la totalité de la tournée, les échanges après les concerts avec les amis d’A Filetta et Bart Scheemann (qui parle français !) et le soutien linguistique en direct de Suzan et Laurent atténuant considérablement la barrière du langage !
Du coup, mon compte-rendu est un mélange de perceptions, sensations, émotions, ressenties sur l’ensemble des six représentations, la substantifique moelle de toutes ces heures de bonheur !  

Donc NBE ! Cet ensemble instrumental de quinze musiciens de grande qualité, où dominent les instruments à vent, possède un goût immodéré pour l’exploration musicale et le mélange des genres. Ils sont capables, sous la direction artistique de Bart Schneemann, de plonger dans tous les univers et ils plongent bien ! La rencontre avec A Filetta était donc inévitable !
L’appel à Ernst Reijseger était lui aussi écrit, puisque ce compositeur néerlandais travaille depuis quelques temps déjà avec les Sardes du Concordu de Orosei, invités historiques et amis des sublimes Rencontres Polyphoniques de Calvi dont A Filetta est le co-organisateur. Le monde est petit !

Cette ouverture, cette nécessité vitale de toujours partager, se manifeste d’abord dans l’invitation faite, pour les quatre premiers concerts, à de jeunes amateurs encore à l’école, d’ouvrir le bal en proposant leur propre travail sur l’argument du spectacle NBE/A Filetta ! Donner ainsi cette opportunité artistique à de jeunes pousses, c’est tout simplement génial, et les jeunes s’en sont emparés, dans chaque ville parcourue, avec fougue et créativité.
Pourtant cet argument n’était pas simple, exprimé par cette phrase riche de sens, « Pleure, lamente-toi, prie et aime » !
Tant à Haarlem qu’à Zoetermeer, Arnhem et Groningen, l’imagination fut au pouvoir mais ma préférence va à la dernière présentation dont le fil rouge fut la résistance aux assauts répétés de l’extrême droite néerlandaise contre la culture, par la suppression des aides financières. On connaît la chanson, elle est universelle ! Bravo les jeunes !

Revenons à l’argument. Il possède à l’évidence, une connotation religieuse qui ne surprend pas quand on connaît la bouleversante expression polyphonique d’A Filetta dans les chants sacrés, qu’ils soient issus de la tradition corse ou de leur propre composition. Pourtant, alors que rien n’a commencé, la présence insolite sur scène d’un mystérieux mannequin noir, ceint d’une auréole surprenante, intrigue ! Il fera chaque soir l’objet d’un positionnement scénique  différent pour s’adapter aux différents lieux de concert mais son rôle, sa symbolique, malgré six rencontres, restera pour moi un mystère... Dieu, saint, idole, satan, … j’ai tout essayé et les avis sont partagés. Mais le sujet est religieux, c’est évident, comme l'atteste le jeu de lumières simulant des vitraux d’église.

mannequin   vitrail

Chaque soir (sauf une fois) la salle se remplira peu à peu et le bruit de fond des bavardages d’avant spectacle sera soudain interrompu par la belle voix, limpide et puissante, de Jean-Luc qui s’avance, a capella, pour un « Cuntrastu » vibrant qui éteint peu à peu les derniers murmures des spectateurs ébahis ! C’est magnifique ! Le percussionniste rejoint son pupitre et lance un instrumental d’Ernst Reijseger,  « Heaven on Earth  I », auquel vont se joindre peu à peu les musiciens et les chanteurs en gagnant eux aussi leur place, en arcs de cercle successifs. C’est absolument planant ! Le chœur d’A Filetta fait merveille sur cette création.

Bart Schneemann, qui joue du hautbois dans l’ensemble NBE, prend alors la parole, d’une voix un peu grave, musicale et dure en même temps à mon oreille méditerranéenne : je ne comprends rien mais c’est totalement captivant !
Ce qu’il dit fait parfois murmurer et rire la salle, mais malgré toutes les suppositions faites en temps réel, lorsque Laurent me traduira plus tard ces mots, je tomberai des nues !
Il conte une histoire un peu folle que je résume ici, au filtre de mon interprétation.
Elle se passe dans une ville, plus exactement dans un bus qui vient de renverser un enfant et le blesse mortellement. Devant la soudaineté de cette disparition, un homme entrevoit alors l’imminence possible de la fin du monde et ressent le besoin puissant de faire l’amour une dernière fois. Il tente de convaincre une passagère à chapeau de l’ultime chance qu’il reste de vivre ce moment merveilleux, elle le repousse, hésite, accepte ! Les autres passagers prendront eux aussi le chemin ouvert par ces deux là, transformant le bus en un improbable nid d’amour collectif !
Il fallait oser, et là encore, je n’arrive toujours pas à faire le rapprochement avec l’argument du spectacle !
Mais ce n’est pas le plus important.
Ce Carpe Diem désespéré, cette urgence à vivre comme si l’on allait mourir demain, prirent pour moi, à partir du 12-03, une dimension bouleversante par la coïncidence monstrueuse avec la terreur naturelle et celle créée par l’homme qui venaient de s’abattre sur le Japon ! Chaque soir, quand Bart Schneemann prendra la parole, je penserai à ça et à l’incroyable vérité de son propos !

Débute alors le premier extrait de Medea, « U Casticu », que les chanteurs nous offrent, accompagnés par instant par les cuivres, parfois un peu trop fort à mon goût puisqu’ils masquent leurs voix  ! C’est dommage, car la puissance des instruments est totalement en phase avec ce chant de Medea si beau, si tragique et violent, Medea qui est pour moi une de leur plus belles créations. Pour ceux qui découvrent A Filetta, l’émotion doit être au rendez-vous ! Ce n’est pas fini !

Suit une deuxième composition de Ernst Reijseger, « Swordsmith Destiny », très surprenante. Là encore, les chanteurs se plient avec maestria aux désirs du compositeur qui conclut son morceau par un jaillissement instrumental étonnant, très contemporain. C’est incroyable d’entendre A Filetta dans ce registre si particulier mais la Fougère peut tout faire, j’en suis définitivement certaine !

Vient ensuite « Makharia », les chanteurs sont seuls, l’ensemble NBE s’est tu et on sent les musiciens pris par la beauté de ce chant traditionnel géorgien. C’est à pleurer, bouleversant de douceur et dans chacune des salles de concerts de la tournée, je sentirai l’émotion infinie donnée par la voix déchirante de Jean-Claude, le cristal de celle de Paul, le bourdon envoûtant de Maxime, Cecce, José et Jean envahir les auditeurs !

Sans transition, un deuxième extrait de Medea, « L’Arditezza », nous est offert . Ce chant me laisse toujours par terre, l’harmonie fusionnelle qu’il y a entre les chanteurs est  totalement sidérante. Et toujours la voix miraculeuse de Paul, cette voix d’ange qui transperce le cœur et la peau. Chef d’œuvre ! Et des frissons partout, comme toujours ! On a du mal à en sortir !

Et pourtant, il le faut, une autre création d’Ernst Reijseger, « The Face of God », rompt l’envoûtement de Medea. Le morceau, formidablement orchestré et chanté, ressemble à une lente procession, un peu lugubre, qui finit crescendo dans une sorte d’incantation tribale où se mêlent adoration et soumission, en tout cas je le ressens ainsi. C’est très fort et un peu angoissant : si c’est le visage de Dieu, je ne le trouve pas très accueillant !

Sans doute pour retrouver un peu de paix, NBE nous propose alors un très joli moment : les chanteurs se sont assis et les musiciens interprètent seuls la musique d’un chant que je n’avais pas entendu depuis longtemps. Il n’est plus au répertoire d’A Filetta qui n’en est pas le compositeur, le groupe Tavagna l’a créé il y a bien longtemps. Il s’agit de « L’Anniversariu de Minetta ». Cette version purement instrumentale est un vrai plaisir, une respiration amoureuse apaisante qui fait du bien au milieu d’une ambiance musicale plutôt austère et oppressante !

Bart Schneemann se lève et s’avance vers A Filetta en entamant avec son hautbois, les premières notes de « Nana », autre traditionnel géorgien. C’est d’une douceur incroyable et quand six des sept chanteurs commencent à chanter avec cet instrument aux sonorités si pures, c’est totalement sublime. Le premier soir, c’est Jean-Claude qui reste assis, laissant Paul face au hautbois mais les cinq autres soirs, Jean-Claude prend sa place au côté du musicien. Il me semble que la voix de Paul s’harmonise mieux avec l’instrument mais c’est de toute façon une petite merveille à entendre, un câlin musical bienvenu, comme le précédent !

Cette pause sucrée, j’en comprends la nécessité quand l’ensemble joue les premières notes d’un chant terrible et lourd de sens, « Treblinka ». Je me serais contentée de cette introduction mais ce chant poignant, intense et déchirant, sera accompagné de bout en bout par NBE. L’orchestration est belle mais il me semble qu’elle glisse parfois vers le trop démonstratif, c’est presque de la musique de film, dont Ernst Reijseger est aussi compositeur, et cela me gène un peu ! Aucune des six représentations ne me fera changer d’avis.

La lumière s’éteint, les chanteurs s’assoient et l’on voit alors un des bassons se faufiler entre les autres musiciens en exécutant une nouvelle composition, superbe, d’ Ernst Reijseger, « Ricercare » ! L’objet de ce mouvement, rejoindre le mannequin noir qui intrigue tout le monde depuis le début ! Démarre alors une sorte de lente danse de séduction entre l’instrument et l’homme en noir, danse qui ressemble beaucoup au dressage du serpent !!! A coup de motifs musicaux appuyés du basson, le mannequin s’illumine successivement en bleu, jaune, vert et rouge via de longs serpentins d’ampoules qui parcourent son corps de plastique de haut en bas ! Dans un final très étudié, tout s’allume en même temps et l’auréole de néon encerclant sa tête s’embrase d’un blanc éblouissant !!! Si j’ai particulièrement aimé ce solo de basson magnifiquement joué par une instrumentiste virtuose, j’ai peu goûté cette allégorie lumineuse qui m’a laissée de marbre ! J’en cherche encore le sens !

haarlem

NBE enchaîne ensuite à nouveau sur une composition d’ Ernst Reijseger intitulée « Rainy Season », à l’introduction étrange et où l’harmonie entre A Filetta et les musiciens de NBE, qui chantent également au début, fait merveille. C’est vraiment très beau même si parfois les cuivres sont assourdissants et masquent les voix. Le percussionniste manipule des objets indescriptibles qui donnent des sons non moins surprenants.

S’avance ensuite vers les chanteurs, un trombone avec les notes de « A Paghjella de L’Impiccati » au bout de l’instrument. Tous l’accompagnent alors de leurs voix, sauf Jean-Claude. C’est totalement magnifique, même si la première fois j’ai été un peu perdue de ne pas l’entendre tant son absence est impensable. Il est là, debout avec les autres mais  immobile et muet et c’est presque une souffrance de le voir silencieux !
J’ai aimé entendre, seuls, ceux qui sont, dans l’interprétation classique du chant, l’écrin dans lequel se pose la voix douloureuse de Jean-Claude : les voix mêlées de ces hommes, mises en première ligne par son effacement, sont des joyaux ! Le trombone, au son parfois guerrier qui colle si bien à l’histoire tragique de Marcu Maria, fait merveille avec eux. Belle idée !

Le sacrifice se perpétue au-delà du temps et après une introduction terrifiante et grinçante, A Filetta interprète « Sumiglia », qui est, je le pense, l’un des plus beaux chants de leur répertoire, offrande poignante à l’un des leurs, mort jeune et tragiquement pour que la Corse ne se perde pas ! Difficile de mettre des mots sur ce moment de douleur vive que le temps n’éteindra jamais. Ce chant inclassable est de presque la totalité de leurs concerts, comme une vigie !  Il fait partie d’eux. Bouleversant à jamais !

Suit une étrange introduction, un peu crispante, d’un autre chant de mémoire, « Liberata », accompagné par une orchestration aux accents parfois très contemporains. C’est très surprenant mais, alors que je n’ai pas supporté les instruments sur « Treblinka », ce que nous propose Ernst Reijseger me plaît beaucoup : j’ai aimé ce mélange fort entre les voix et cette musique peu familière à mes oreilles. Allez comprendre(*) !

Maintenant, je l’affirme, il y a définitivement un avant et un après NBE, pour la création d’A Filetta qui suit, « Sub Tuum ». Ce qu’Ernst Reijseger a fait musicalement de ce chant est totalement prodigieux ! C’est, je pèse mes mots, dantesque, géant ! Les chanteurs sont littéralement portés par la puissance musicale de NBE et l’on sent dans leur interprétation  l’énergie supplémentaire que cela leur donne ! Il y a de la fanfare dans cet emballement général, Goran Bregovic n’est pas loin, c’est vraiment ce que je ressens.  Génial !
Un bref instant, je les vois, par une belle nuit de septembre, sur la place d’Armes de la citadelle de Calvi. Cà coupe le souffle tellement c’est beau et fort !

Alors pour éteindre l’incendie, dans un silence miraculeusement retrouvé, Jean-Luc nous offre un ultime « Cuntrastu » qui nous appelle doucement mais fermement à quitter cette planète magique sur laquelle nous venons de passer un moment inoubliable !
J’ai les larmes aux yeux.
Les musiciens et les chanteurs nous accompagnent une dernière fois avec « Heaven on Earth II », avant de quitter lentement la scène, en une séparation déchirante, pendant que  la voix de Bart Schneemann vient encourager chacun de nous, là où il se trouve, quoi qu’il fasse, y compris lors d’un concert d’A Filetta, à faire ce que les inconnus du bus ont fait !

Quand la scène est vide de leur présence, des tonnerres d’applaudissements submergent la salle, longtemps, si longtemps retenus.
C’est un délire d’ovations, le public est debout et crie sa joie, les artistes sont visiblement très très heureux, comme nous ! Les bouquets volent dans la salle !
Dans toutes les villes parcourues, ce sera la même explosion de bonheur et à Amsterdam, pour le dernier concert, l’émotion sera à son comble, pour eux et pour nous !

Puis après qu’ils aient tous définitivement regagner les coulisses, Bart Schneemann revient convier tout le monde à retrouver A Filetta et NBE au foyer de la salle, autour d’un verre, pour un petit supplément de bonheur musical et des échanges et il nous encourage à acheter des CD !

Ces cerises sur le gâteau sont absolument exquises !!!! Pourquoi n’y a-t-il pas pareil dessert partout ?

haarlem
Après concert à Haarlem - Photos : Françoise Coulomb

Ma tournée néerlandaise s’est achevée dans un mélange, déchirant pour le cœur, de bonheur fou, de souvenirs ardents et de tristesse infinie à repartir ! J’ai aimé ce spectacle magnifique qui se bonifiait au fil des soirées dans l’harmonie chaque jour plus intense entre A Filetta et NBE, je n’en ai pas tout à fait compris le sens, mais ce fut un superbe cadeau, gravé à jamais dans ma mémoire ! Alors, comment quitter tout ça, comment quitter Suzan et Laurent, hôtes délicieux, guides précieux, comment quitter Marilena, dingue de Corse, dingue comme nous !
Parce que je sais que ça recommencera !!!!

Françoise Coulomb

(*) Moi qui ai suivi le concert à la radio, mon sentiment est exactement à l'inverse : j'ai apprécié "Treblinka", mais absolument pas "Liberata" !

Jean-Claude Casanova          


14 avril : Répétition à la Fabrique de Théâtre, Bastia



Lundi 25 avril : Paris, Bouffes du Nord

affiche bouffes

C'est avec une grande impatience que nous attendions ce Requiem, après plusieurs écoutes du CD récemment acheté. Nous retrouvons Valérie et Sabine, ainsi que nos amis Suzan, Laurent et leur fils Julien (le plus jeune fan d'A Filetta, proclame son t-shirt) et entrons bientôt dans la surprenante salle des Bouffes du Nord. Un décor "brut" mais très confortable.

On s'installe, on aperçoit d'autres amis, quelques têtes connues (Don Kent, Bruno Coulais...) et le concert commence. On pressent que ce sera une grande soirée. Le public est attentif, et nos amis en pleine forme. Dès le Di Corsica Riposu, on vibre avec le chant. Un morceau magnifique, chanté à la perfection par Jean-Claude accompagné d'un bourdon d'une stabilité étonnante. A la différence du disque, Daniele intervient (très discrètement) sur ce morceau, ajoutant le souffle de son bandonéon aux voix des basses. Le Miserere qui suit est tout aussi enthousiasmant. Jean-Luc démarre le chant, puis on reconnaît les voix de chaque chanteur, Paul, Maxime, Jean, José, Ceccè, Jean-Claude...

Pas d'applaudissements entre les morceaux (c'était demandé expressement avant le concert) qui s'enchaînent après quelques secondes de respiration. Quelques intermèdes dans lesquels Jean-Claude dit des textes, introduits par Daniele, ménagent des temps de respiration plus longs avant d'autres chants. Les interventions de Daniele sont parfaites, d'une pertinence absolue. Quel musicien !

Le concert avance, le public est de plus en plus captivé, chaque spectateur calquant sa respiration sur celle des chanteurs, au risque de l'asphyxie !
Le Requiem s'achève avec In Paradisum et le public peut enfin applaudir. Il ne s'en prive pas, c'est un tonnerre d'applaudissements et de "bravi" qui déferle sur les Bouffes du Nord. Jean-Claude annonce un morceau à l'opposé de l'esprit du Requiem : La folie du cardinal, satire de chant religieux. Après une nouvelle salve d'applaudissements, les chanteurs reviennent, tandis que Daniele va s'asseoir au premier rang, avec le public. Jean-Claude annonce un chant géorgien non préparé, et ce sera un magnifique Ghmerto. Le public ne voudrait pas que la soirée s'achève, et nos amis, cette fois avec Daniele, nous offrent pour finir U Sipolcru.
Une soirée grandiose !

Nos amis de Tra Noi ont capté le dernier rappel :


A Filetta Daniele di Bonaventura : "U Sipolcru"© Tra Noi

requiem
© Jean-Claude Casanova
bouffes

Vendredi 6 mai, Stans

onz
Stans  |  08. Mai 2011

Mit angehaltenem Atem und Melancholie - Subtile Mittelmeerklänge an den Stanser Musiktagen

Das Konzert mit dem Titel «Mistico Mediterraneo» führte Musik zweier Mittelmeerinseln zusammen: A Filetta gehören zu den wichtigsten Exponenten des polyfonen Gesangs aus Korsika, Italiens berühmtester Jazztrompeter Paolo Fresu bringt Klänge aus Sardinien mit – und Daniele di Bonaventura macht aus dem Bandoneon ein kleines Orchester.

Jean-Claude Acquaviva (Dritter von rechts) skandiert seine Texte beim Auftritt in Stans voller Inbrunst.
Jean-Claude Acquaviva (Dritter von rechts)
skandiert seine Texte beim Auftritt in Stans voller Inbrunst.

Fotos: Francesco Welti

Nach innen gekehrt, mit geschlossenen Augen und grosser Intensität: Wenn die sieben Männer von A Filetta singen, schaffen sie eine mystische Klangwelt, in der sie gleichsam die Seele Korsikas transportieren. Es ist wie ein Konzert mit angehaltenem Atem. Denn sie bauen Spannung auf, ohne dass sie sich entladen darf. Gleichzeitig kommt ihre Musik aus der Tiefe. Ihr Gesang ist virtuos, aber nie gekünstelt. Stark, aber nie überbordend. Er ist mehrstimmig und doch wie eine Stimme, weil sich alles zu einem Klangteppich verdichtet, in den meist Jean-Claude Acquaviva als Solist Texte voller Inbrunst und Engagement singt, ohne laut zu werden, stets bedacht, seine Mitsänger nicht zu übertönen. Er singt in seinen Texten auf korsisch von der Macchia, der Landschaft im Frühling, vom Leben und vom Tod.

Paolo Fresu, Aushängeschild des italienischen Jazz, setzte Akzente in die mystischen Klangbilder von A Filetta.
Paolo Fresu, Aushängeschild des italienischen Jazz, setzte Akzente
in die mystischen Klangbilder von A Filetta.

Instrumentale Akzente

Die Stanser Pfarrkirche bot nicht nur wegen der Akustik den richtigen Rahmen für das Konzert, denn das Programm von «Mistico Mediterraneo» enthält auch etliche liturgische Texte in Latein, die vom Ensemble mit dem für die Mittelmeerinsel typischen polyfonen Gesang vertont werden. Zu Seite der stehenden Sänger sitzen – wie diese ganz in schwarz gekleidet – Paolo Fresu und ihm gegenüber Daniele di Bonaventura am Bandoneon, der die Stücke oft rhythmisiert. Die beiden Instrumentalisten tragen den Gesang von A Filetta in perfektem Einklang weiter. In ihren instrumentalen Passagen entschwebt die Musik, nimmt das Publikum mit über das wilde und doch stille bergige Hinterland der Balagne im Norden Korsikas, aus der A Filetta stammen.

Daniele di Bonaventura entlockt dem Bandoneon unglaubliche Facetten.
Daniele di Bonaventura entlockt dem Bandoneon unglaubliche Facetten.

Teil der korsischen Identität

Die Vokalgruppe hat in der Heimat vor gut zwei Jahrzehnten das internationale Festival der polyfonen Musik in Calvi begründet. Der vielstimmige Gesang aus Korsika ist keine Mittelmeermusik, wie man sie erwarten würde, also lebhaft, überbordend, vielleicht auch lärmig. Er ist vielmehr getragen von Melancholie. Es ist, als würde der Grundton der Gesänge eine Sehnsucht nach etwas Unerreichbarem spiegeln. Man kann es archaische Folklore nennen, was aber nur zum Teil zutrifft. Denn scheint die Musik auch aus längst vergangenen Jahrhunderten zu stammen, widmen sich die Texte häufig hoch aktuellen Themen. Für die Bevölkerungsminderheit, welche die Korsen auf ihrer Insel längst geworden sind, steht der polyfone Gesang für ihre Identität, ihre Eigenständigkeit, – und die Unabhängigkeitsbewegung, die bei den Einheimischen stark verankert ist.

Welle der Popularität

Die etwa gleichzeitig mit A Filetta entstandene Gruppe I Muvrini hat die Musik aus Korsika in den letzten Jahren in Frankreich und darüber hinaus populär gemacht. I Muvrini treiben die Erneuerung voran, indem sie ihren polyfonen Gesang mit modernen Musikrichtungen mischen. Gerne spielen sie wie A Filetta mit Gästen. Das kann ein Stephan Eicher sein oder jemand wie der französische Rap-Star MC Solaar. I Muvrini sind auch in grösseren Stadien zu Hause, zu A Filetta passt die Kirche besser. Mitreissend die einen, meditativer die anderen. Melancholisch sind die Melodien jedoch bei beiden Formationen.


Exorzismus und Zugaben

Ernst sind die Gesichter von Jean-Claude und François Acquaviva, José Filippi, Jean-Luc Geronimi, Paul Giansily, Jean Sicurani und Maxime Vuillamier. Innig und sehr konzentriert singen sie. Leise Präzision charakterisiert «Mistico Mediterraneo». Kontraste bilden Stücke wie etwa «La folie du Cardinal», in dem es um Exorzismus geht: «Exorcizo te, omnis spiritus immonde, in nomine dei. Vade retro, satana.» Weiche zurück, Satan, sagt die Textzeile, doch der Gesang von A Filetta ist hier spielerisch-leichtfüssig wie selten. Mit «Gloria in excelsis Deo» reissen sie am Ende das Publikum mit, das sie vorher in eine fast meditative Ruhe geführt haben. Nun werden sie gefeiert. Zweimal holt das Publikum A Filetta und die beiden Musiker zu einer Zugabe zurück.

La traduction par Ursula et Jean-Claude :

Avec mélancolie et en retenant son souffle – sons subtils de la Méditerrannée aux Musiktage de Stans

Le concert intitulé «Mistico Mediterraneo» réunit les musiques de deux îles méditerranéennes: A Filetta est l'un des répresentants les plus importants de la polyphonie corse, et Paolo Fresu, le trompettise le plus connu d’Italie, amène les sons de sa Sardaigne – et Daniele di Bonaventura fait du bandonéon un véritable petit orchestre.

Concentrés, les yeux fermés et avec intensité: Quand les sept hommes d’A Filetta chantent, ils créent un “monde de son” mystique, dans lequel ils transportent pour ainsi dire l’âme de la Corse. C’est un peu comme un concert en retenant son souffle. Parce qu’ils créent une tension, sans que jamais elle ne se relâche. En même temps, leur musique vient des profondeurs. Leur chant fait preuve de virtuosité, sans jamais être maniéré. Fort, mais jamais envahissant. Il est polyphonique et sonne pourtant comme une seule voix, parce que tout se combine en une “tapisserie sonore”, sur laquelle le plus souvent Jean-Claude Acquaviva chante en soliste des textes plein de ferveur et d'engagement, sans se mettre en avant, toujours soucieux de ne pas dominer pas les autres chanteurs. Il chante, dans ses textes en corse, le maquis, la terre, la vie et la mort.

Accents instrumentaux

L’église de Stans offrait, et pas seulement à cause de l’acoustique, le cadre idéal pour le concert, parce que le programme de «Mistico Mediterraneo» contient quelques textes liturgiques en latin, mis en musique par l’ensemble avec le chant polyphonique typique de cette île de Méditerannée. A côté des chanteurs – et vêtus de noir comme eux - sont assis Paolo Fresu et face à lui de l'autre côté Daniele di Bonaventura avec son bandoneon, qui donne souvent du rythme aux chants. Les deux instrumentistes portent le chant d’A Filetta en parfaite harmonie. Dans les passages instrumentaux, la musique s’envole, emmenant le public par-dessus le montagneux arrière-pays sauvage et cependant tranquille de la Balagne d'où A Filetta est originaire, au nord de la Corse.

Part de l'identité corse

Le groupe vocal a créé chez lui à Calvi un festival international de musique polyphonique, il y a deux bonnes décennies. Le chant polyphonique Corse n’est pas de la musique méditerannéenne comme on l’attendrait, c'est-à-dire vivante, débordante, peut-être même bruyante. Au contraire, elle est empreinte de mélancolie. C’est comme si le son fondamental des chants réflétait un désir ardent de quelque chose hors d’atteinte. On peut la qualifier de folklore archaïque, mais ce n'est que partiellement juste. Bien que la musique semble venir de siècles lointains, les thèmes des textes sont souvent très actuels. Pour le peuple minoritaire sur son île que sont devenus les Corses depuis longtemps, le chant polyphonique représente leur identité, leur autonomie, - et le mouvement indépendantiste, qui est ancré fortement en eux.

Vague de popularité

Le groupe I Muvrini, fondé à peu près en même temps qu’A Filetta, a popularisé depuis quelque temps la musique Corse en France et au-delà. I Muvrini font avancer le renouvellement en mélangeant leur chant polyphonique avec des styles de musiques modernes. Comme A Filetta, ils aiment jouer avec des invités. Ce peut être Stephan Eicher ou bien la star du rap francais MC Solaar. I Muvrini se sentent chez eux dans les grands stades, tandis qu'A Filetta préfère les églises. Les uns sont entraînants, les autres plutôt médatatifs. Mais les melodies des deux formations sont mélancoliques.

Exorcisme et rappels

Avant tout les visages de Jean-Claude et François Acquaviva, José Filippi, Jean-Luc Geronimi, Paul Giansily, Jean Sicurani et Maxime Vuillamier sont graves. Ils chantent de façon ardente et très concentrée. «Mistico Mediterraneo» est caractérisé par une légère précision. Les contrastes sont amenés par des morceaux comme «La folie du Cardinal», qui traite d‘exorcisme: «Exorcizo te, omnis spiritus immonde, in nomine dei. Vade retro, satana.» Arrière, Satan, dit le texte, mais le chant d‘A Filetta est ici enjoué et agile comme rarement. A la fin, avec «Gloria in excelsis Deo» ils entraînent le public, qu’ils ont auparavant mené dans une tranquillité presque méditative. Maintenant on les fête. Le public fait revenir A Filetta et les deux musiciens pour deux bis.

Dimanche 8 mai, Lörrach, Burghof

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Ein feierlicher korsischer Liederreigen

"Mistico Mediterraneo" von A Filetta, Paolo Fresu und Daniele di Bonaventura: Ein grandioses Album bei ECM und ein Konzert am Sonntag im Lörracher Burghof.

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Ein Trompeter, sieben Sänger und ein Bandoneonist: Paolo Fresu, das Ensemble A Filetta und Daniele di Bonaventura zusammen auf der Bühne
Foto: Andrea Boccalini

Eine große Feierlichkeit geht von dieser Musik aus. Nicht nur, weil gleich im ersten Stück ein fürchterlicher König angerufen wird, der seine Erwählten retten wird. Die Feierlichkeit kommt auch von den Stimmen, die sich mehrstimmig umeinander winden, sich erheben über einem drohenden dunklen Klang. Ein verfremdetes Blasen irrlichtert zwischen ihnen, ehe dann die Trompete zu ihrem klaren Ton findet und ein wenig Licht verbreitet, ehe das Bandoneon sich aus dem Grundton windet und freudige Einwürfe macht. Die kraftvollen Stimmen rufen laut Jesus an.

"Rex Tremendae" ist ein Stück aus einem Requiem, das Jean-Claude Acquaviva 2004 komponiert hat. Für sein Vokalensemble A Filetta. Die sieben Korsen sind weltbekannt, weil sie die traditionellen polyphonen Gesänge ihrer Heimatinsel in eine zeitgenössische Vokalkunst und die Archaik ihrer rauen, gutturalen Männerstimmen in avancierte Kompositionen und manche überraschenden Projekte überführt haben. Vor zwei Jahren waren sie Artists in Residence beim Lörracher Stimmenfestival, wo sie mit dem Sänger Danyel Waro von der Insel La Réunion auftraten und bei einem großen musikalischen Projekt nach Texten des Portugiesen Fernando Pessoa teilnahmen. Am Sonntag nun kehren sie in den Lörracher Burghof zurück: mit dem sardischen Trompeter Paolo Fresu und dem italienischen Bandoneoisten Daniele di Bonaventura.

Zusammen haben die neun Künstler im Januar ein Album beim renommierten Münchner Label ECM veröffentlicht: "Mistico Mediterraneo". Es ist die Summe einer schon mehrjährigen Zusammenarbeit. Vor vier Jahren trafen die beiden Musiker und die sieben Sänger das erste Mal für ein Konzert zusammen, seither haben sie das gemeinsame Programm kontinuierlich verfeinert.

13 Stücke sind auf dem Album, die meisten stammen aus dem Repertoire von A Filetta. Da sind die zwei Stücke aus dem Requiem Acquavivas, da sind ein "Dies Irae" und ein "Gloria", lateinisch gesungen. Es gibt Stücke nach Texten des korsischen Dichters Petru Santucci, die die Geheimnisse des Meeres und das Erblühen des Frühlings besingen (alle Texte sind im Begleitheft der CD im Original und in einer französischen Übersetzung abgedruckt). Es gibt Stücke aus den Film-Soundtracks, die A Filetta mit dem Pariser Komponisten Bruno Coulais gemacht haben. Eines seiner Stücke, "Le Lac", ist die Vertonung eines tibetanischen Mantras.

Paolo Fresu und Daniele di Bonaventura leiten letzteres mit langen, verhallenden Tönen und einem vorüberfliegenden Tastenklappern ein. Die beiden Musiker geben den Gesängen von A Filetta einen Rahmen, sie setzen aber auch Kontrapunkte, erweitern die Kompositionen mit Improvisationen. Jazz und Tango klingen an. Nie hitzig, aber stets intensiv ist, was der Miles-Davis- und Chet-Baker-Adept Fresu und der in vielen Stilen, auch in der Klassik, erfahrene di Bonaventura spielen. Die beiden ordnen sich dem so kraftvollen korsischen Gesangsensemble nicht unter, sie fordern es heraus, umspielen es, erweitern es. Dass sich da aber verwandte Geister getroffen haben, ist in jeder Sekunde zu spüren.

Ein Liederzyklus ist auf diese Weise entstanden, in dem sich Spirituelles und Irdisches, Kontemplation und Spannung , Trauriges und Freudiges mischen, der etwas von einem Gottesdienst in einer Kathedrale hat, aber auch hohe Kunst für den Konzertsaal ist. Dass A Filetta, Paolo Fresu und Daniele di Bonaventura damit an einem Sonntagabend in den schönen Lörracher Burghof kommen, das passt bestens.
– CD: A Filetta/Paolo Fresu/Daniele di Bonaventura: Mistico Mediterraneo (ECM/Universal).

Source : Badische Zeitung, 6 mai 2011

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Sehnsuchtsklänge werden zu Tonfolgen

Das Ergebnis einer Herausforderung: A Filetta im Lörracher Burghof.

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A Filetta und Paolo Fresu am Flügelhorn Foto: David-Wenk

A Filetta betreten die Bühne im Burghof in Lörrach, sie sind nicht zum ersten Male hier und auch an diesem Abend wagen sich die sieben Sänger aus Korsika an etwas Neues. Oder besser: präsentiert die Gruppe das Ergebnis einer Herausforderung. Stetig erweitern die Sänger der korsischen Polyphonie das Spektrum ihrer musikalischen Möglichkeiten, wollen sie in der Zusammenarbeit mit anderen Musikern die Musik Korsikas auf andere Traditionen treffen lassen. Sie haben Daniele di Bonaventura am Bandoneon dabei. Traditionell ist die Art ihres harmonischen Gesangs, zeitgemäß die musikalische Sprache, die sich der Aktualität nicht verschließt, ohne sich anzubiedern.

Trompetenklänge erklingen verhalten. Paolo Fresu, der sardische Startrompeter Italiens nähert sich aus den Zuschauerrängen der Bühne. Jetzt sind sie komplett, die Ausnahmesänger mit ihrem traditionellen Hintergrund und die beiden Jazz Musiker. An beiden Rändern winden sich die beiden Instrumentalisten an der Chormusik entlang. So ist die Anordnung auf der Bühne, und so auch die Musik. Mal sind Flügelhorn und Bandoneon Zierrat einer archaischen Musik, mal treten sie in den Dialog mit der Tradition. Und heraus kommt etwas Neues. Als ob sich drei Solisten auf der Bühne begegnen. Und jeder mit ganz unterschiedlichen Eigenarten.

A Filetta, der Chor, das Projekt, ist sowohl in sakralen Klängen zu Hause, macht sich aber auch Anklänge der wiederholenden Minimal-Music oder noch gesteigert des schnellen Rap zu eigen. Daniele di Bonaventura am Bandoneon modernisiert noch mehr. Plötzlich brechen seine Töne ab, oder er benutzt sein Instrument zur verhaltenen Perkussion. Grenzen hebt er auf, sanft eher, ohne große Rebellion. Doch merklich stellt er mit seiner Musik eben Gehörtes in Frage, nicht um dieses abzuwerten, sondern er ergänzt mit den schwermütigem langen Bandoneonklängen, mit der kurzen fast nur angedeuteten Fülle das Archaische des Chores.

Sehnsuchtsklänge sind dies, die auch im Dialog mit Pasolo Fresu zu intensiven Tonfolgen werden. Gefällig wird’s, wenn Paolo Fresu auf Miles Davis’ Spuren wandeln will, wenn sein Flügelhorn den Saal füllt, und er noch Klangfülle vom Regler dazulädt, damit auch wirklich jeder Winkel erreicht wird. Bandoneon und Flügelhorn sprechen eine ähnliche musikalische Sprache, doch diejenige Bonaventuras ist fragiler. Er vertraut seinem Instrument, während Paolo Fresu auf Nummer sicher gehen will. Zwar intensiviert der Hall das Gehörte, steigert sich das Mistico Mediterraneo (so der Titel des Programms und der zugrunde liegenden CD) ins Unermessliche – zum Pathetischen ist es da nicht mehr weit.

Drei Stücke einer von Jean-Paul Aquaviva, dem Chorleiter, komponierten Messe zeigen den ganz eigenen Weg den A Filetta mit ihrer Musik geht. Diese Stücke sind zeitgemäß ohne zum Gospelgottesdienst zu mutieren. Sie sind ganz der Tradition verhaftet und doch aus der Jetztzeit. Das Gloria hat einen treibenden Groove, einen der auf Wiederholung setzt. Nein die Freude über die Herrlichkeit Gottes scheint nicht mehr präsent. Doch dann bricht diese Freude aus den Stimmen hervor und selbst Vogelgezwitscher ist noch zu hören, und so wird das Gloria zum Loblied auf die Herrlichkeit der Welt. Stehende Ovationen im gut gefüllten Burghof.

Martina David-Wenk, 10 mai 2011

Essai de traduction :

Sons nostalgiques se transformant en mélodies

Le résultat d'un défi : A Filetta au Burghof de Lörrach.

 
A Filetta pénétre sur la scène du Burghof à Lörrach; ce n'est pas la première fois qu'ils sont là, et ce soir les sept chanteurs corses s'aventurent dans quelque chose de nouveau. Ou mieux : le groupe présente le résultat d'un défi. Les chanteurs polyphoniques corses continuent d'élargir le spectre de leurs possibilités musicales par des collaborations avec d’autres musiciens, pour faire se rencontrer la musique Corse avec d’autres traditions. Ce soir, c'est Daniele di Bonaventura au bandonéon qui les accompagne. Si la nature de leur chant harmonique est traditionnelle, leur langage musical, qui ne se ferme pas à l'actualité, est contemporain sans complaisance ni démagogie.

Des sons de trompette résonnent avec retenue. Paolo Fresu, la star sarde de la trompette en Italie, surgit des rangs des spectateurs et s'approche de la scène. Maintenant ils sont au complet, les chanteurs d'exception avec leurs racines traditionnelles et les deux jazzmen. Les deux instrumentistes à vent encadrent le choeur. La disposition sur scène est comme cela, et la musique aussi. Tantôt le bugle et le bandonéon ornementent la musique archaïque; tantôt ils entrent en dialogue avec la tradition. Et de là naît quelque chose de nouveau. Comme si trois solistes se répondaient sur la scène, chacun avec ses caractéristiques propres.

A Filetta, le choeur, le projet, est à la fois chez lui dans des chants sacrés, mais adopte aussi certaines sonorités de la musique minimale répétitive ou encore plus loin, du rap.

Daniele di Bonaventura au bandoneon fait encore plus moderne. Tout à coup ses sons explosent, ou bien il utilise son instrument comme une percussion retenue. Il passe les frontières, doucement, sans grand fracas. Mais il remet en question sensiblement, avec sa musique, ce qui a déjà été entendu, non pas pour le dévaloriser, mais en complétant, par de longs sons mélancoliques sortis du bandonéon, avec une courte abondance à peine indiquée, le caractère archaïque du chœur.

La nostalgie, elle naît du dialogue avec Paolo Fresu qui donne lieu à des séquences de notes intenses.
Cela devient séduisant quand Paolo Fresu se lance sur les traces de Miles Davis, quand son bugle emplit la salle et qu'il modifie en plus sa sonorité avec l'harmonizer pour vraiment  atteindre tous les côtés.

Bandonéon et bugle parlent un langage musical similaire, pourtant celui de Bonaventura est plus fragile. Il se fie à son instrument, tandis que Paolo Fresu veut jouer en toute sécurité. Alors que l'intensification de la salle se fait entendre pour augmenter le Mediterraneo Mistico (le titre du programme et le CD sous-jacent) dans l'incommensurable – de là il n’est plus loin du pathétique.

Trois extraits d'une messe composée par Jean-Claude Acquaviva, le leader du groupe, montrent parfaitement le chemin poursuivi par A Filetta avec sa musique. Ces morceaux sont contemporains sans pour autant se transformer en gospel. Ils font entièrement référence à la tradition et pourtant dans le temps présent. Le Gloria a un groove puissant, qui joue sur la répétition. Non, la joie de la gloire de Dieu ne semble plus présente. Mais cette joie est audible dans les voix et on entend même le chant des oiseaux , et ainsi ce Gloria est une louange à la gloire du monde.
Standing ovation dans un Burghof pratiquement plein.

burghof
Le Burghof de Lörrach

Notre soirée à Lörrach

En cette soirée estivale du 8 mai, la salle du Burghof est comble quand l’obscurité se fait. Helmut Bürgel entre en scène et présente le concert de ce soir comme s’il s’adressait à un ami assis dans l’assistance. Puis les sept chanteurs d’A Filetta et Daniele di Bonaventura entrent en scène. Les chanteurs prennent place au centre de la scène tandis que Daniele s’asseoit à droite et installe sur ses genoux le tissu destiné à recevoir son bandonéon. Il commence à jouer un accord grave relayé par le bourdon des basses, et Jean-Claude entonne le thème de Rex. Bientôt, venu du fond de la salle, le son du bugle de Paolo Fresu s’élève. Contrairement à la version enregistrée, il n’utilise pas d’harmonizer ou de delay ici, et en fait, je préfère cette version acoustique.
Le bandonéon de Daniele introduit ensuite Liberata. Jean-Claude chante le thème, accompagné du seul bandonéon, avant la reprise par tout le groupe bientôt rejoint par le bugle de Paolo, qui improvise superbement, accompagné par le rythme du bandonéon. Superbe !
A Filetta enchaîne avec Da tè à mè, bientôt rejoint par Paolo et Daniele pour la petite valse caractéristique de ce morceau. Pour introduire Le Lac, Paolo utilise cette fois l’électronique, puis vient un morceau composé par Daniele, Corale en duo avec Paolo, puis c'est Dies irae. Après La Folie du cardinal a capella. Paolo joue au bugle dédoublé par l'électronique la longue introduction à Figliolu d'ella. Le morceau suivant, U Sipolcru, est également introduit par les échos du bugle. Les chanteurs enchaînent immédiatement avec Scherzi veranili, puis vient un nouveau duo bandonéon/trompette, Sanctus. Pour le Benedictus - chanté à la perfection -, les instruments sont au repos mais reviennent pour la magnifique composition de Daniele, Litania. Puis Daniele créée un rythme avec les touches du bandonéon, Paolo entre en lice pour un thème très swinguant dans lequel on reconnaît peu à peu le Gloria du Libertin. C'est déjà la fin du concert, mais nous aurons droit à deux rappels, Meditate puis de nouveau Gloria.

Une fois de plus, nous mesurons là toute la différence entre un CD et un concert. C’est peut-être moins parfait techniquement – encore que la sonorisation soit excellente – mais tellement plus fascinant, plus intense. Ces grands artistes prennent des risques, il y a parfois de petits ratés, mais la contrepartie, c’est l’absence totale de routine, l’engagement complet. La seconde version de Gloria n’était pas une redite de la première entendue 10 minutes auparavant.

Si je devais donner une préférence, celle-ci irait à Liberata, au Benedictus, à Litania et aux deux Gloria, mais j'ai envie de tout citer !

Deux mots du Burghof : une salle magnifique, des sièges larges et confortables, une acoustique excellente (il y avait peut-être une climatisation mais peu audible), un foyer spacieux, une programmation très riche. Pas mal pour une « petite » ville du sud de l’Allemagne !

lorrach
Salut sous les applaudissements

Mercredi 11 mai, Le Mans, L'Espal

lemonde

"Mistico Mediterraneo", un cadeau signé Fresu

Dans le genre inattendu, décalé, pléthorique, explosif, monstre du contre-pied, génie de l'organisation imprenable et du champ libre à l'improvisation, l'Europa Jazz Festival n'a aucun rival. Trente ans d'action. Une incapacité congénitale à emboîter le pas. A marcher au pas. Un succès public que tant d'efforts de déboussolage n'ont jamais empêché de grandir. Pour peu qu'on laisse tomber les critères d'académisme, le plus grand festival européen du genre.

Dans le style "et encore vous n'avez rien vu", la soirée "Mistico Mediterraneo" dans la salle de l'Espal bourrée comme une église sarde au XIXe siècle, bat tous les records. Paolo Fresu, trompettiste sarde, figure dans l'étroite "top list" des musiciens de "jazz" connus dans le monde entier. Et même du grand public. A Filetta est un choeur pas si polyphonique que ça d'indéniables Corses. Daniele Di Bonaventura, un maître du bandonéon que l'on pourrait reconnaître dans la nuit de la foi, rien qu'à ses basses propres à émoustiller l'âme d'un Michel Onfray.

Apothéose, quatorze rappels vibrants, trois raisons à ce triomphe d'hommes en noir. D'abord, les vertus de Paolo Fresu : sonorité taillée comme le visage de l'ange de la cathédrale de Reims, envolées semblables aux flèches de celle de Chartres, contrôle de la colonne d'air dans les postures les plus tarabiscotées, perfection. Côté cour, le diseur Bonaventura et ses basses. Au centre, les sept chantres aux voix parfaites, main en coquille Saint-Jacques sur l'oreille quand il convient.

Deuxième raison, la maîtrise du son et des effets électroniques, l'exquise délicatesse du duo bugle-bandonéon - bugle, ou trompette, dont on dit sans réfléchir "trompette bouchée". Non, si elle était bouchée, on n'entendrait rien. Alors qu'elle est simplement pourvue d'une sourdine.

Côté raisons naïves, on évoquera l'air du temps, un répertoire aisément identifiable, certaine simplicité harmonique furieusement tonale - entre Les Choristes et les Compagnons de la chanson -, l'irrésistible émotion que déclenche l'harmonium, voire le guide-chant, et tant d'émouvants récitals pour trompette et orgue en province qui auront hélas fini par vider les églises.

ECOLE ITALIENNE

Ce n'est pas un service à rendre à Paolo Fresu - il mérite mieux - que de répéter à l'envi qu'il serait à la fois Miles Davis et Chet Baker. Non, il descend plus finement de cette grande école italienne fondée par Enrico Rava qui fait, cette année 2011, l'affiche du Mans. Et peut-être aussi d'un compatriote oublié, Marcello Melis (né à Cagliari en 1939, mort à Paris en 1994), formidable musicien, tenant des mêmes expériences et du même engagement politique que Rava. En 1975, Melis avait enregistré un album plusieurs fois téméraire pour l'époque : lui, en voix principale à la contrebasse, plus une authentique polyphonie sarde du genre ensauvagé aux accents terrifiants. Les temps ont changé. C'est normal.

Europa Jazz Festival (jusqu'au 15 mai) : Akosh S., Archie Shepp, Joachim Kuhn duo (12) ; Joëlle Léandre/Barre Phillips duo, Monniot "Vivaldi Universel", Enrico Rava New Quintet (13). Europajazz.fr

Francis Marmande
Article paru dans l'édition du 13.05.11

Le commentaire de L'invitu :
Nous avons connu Francis Marmande plus inspiré, tant dans ses écrits sur le jazz que sur ceux consacrés à la tauromachie. Visiblement, la polyphonie d'A Filetta ne lui fait ni chaud ni froid. C'est son droit. Mais parler de "répertoire aisément identifiable", de musique tonale - et furieusement ! - cela traduit une méconnaissance totale de ce dont il veut parler. "Qui ne connaît rien s'abstient", dit le proverbe...
Les ravages de la monoculture, sans doute ?

Samedi 14, Vicenza, Teatro Olimpico

Il Mistico Mediterraneo di Fresu apre le porte alla Fiera dell'Est

VICENZA JAZZ/1. Chiusura del festival: la grande serata al teatro Olimpico anticipa il tema della prossima edizione

Il trombettista in versione più controllata, minimalista e quasi mistica tiene il jazz ai margini e viene comunque premiato: trionfo

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Fresu con l'ensemble A Filetta e il bandoneonista di Bonaventura


VICENZA
Vicenza Jazz chiude il programma del 2011 anticipando l'argomento che ispirerà il festival dell'anno prossimo. L'ultimo evento in cartellone ignora le atmosfere metropolitane proposte dai concerti che hanno animato la città negli ultimi dieci giorni e guarda verso il futuro, verso una 17^ edizione che si intitolerà (probabilmente) "Alla fiera dell'Est" e sarà dedicata al tema dell'incontro e della fusione del jazz con la musica etnica della vecchia Europa. Un eloquente assaggio di quale potrà essere il filo conduttore del festival che verrà è stato offerto al teatro Olimpico da Paolo Fresu con "Mistico Mediterraneo", recente progetto sviluppato dal trombettista sardo assieme a Daniele di Bonaventura (bandoneon) e all'ensemble vocale corso "A Filetta".
Le voci arcaiche dei cantori, con le loro tonalità ora uniformi, ora dissonanti, con quelle parole ora comprensibili, ora misteriose vengono attraversate, verrebbe da dire tagliate, dallo squillo della tromba di Fresu. Già l'inizio del concerto dà una rappresentazione visiva di questo articolato sodalizio. Il bandoneon di Daniele di Bonaventura stende un sontuoso tappeto di note sul quale si rincorrono le voci dei sette cantori. Fresu non si vede, finché dall'alto della gradinata non riverbera il timido incedere del suo flicorno. E' appena un accenno, quasi come per chiedere il permesso di unirsi alla compagnia. Il musicista scende i gradini acquistando vigore e convinzione a ogni passo e quando finalmente arriva sul palco ogni indugio scompare e il concerto può finalmente prendere avvio.

Il repertorio del coro "A Filetta" (in italiano si traduce felce o felceto) pesca nella tradizione insulare mediterranea con canti antichi e con brani originali che si ispirano comunque ai sapori forti della terra di Corsica. A comporli è il leader del gruppo, Jean Claude Acquaviva che con la sua eloquente mimica aggiunge pathos all'esibizione corale. Assieme a lui, cantano Paul Giansily, Jean-Luc Geronimi, José Filippi, Jean Sicurani, Maxime Vuillamier, Ceccè Acquaviva.
"Rex", "Liberata", "Dies Irae", i pezzi che aprono il concerto, sono esempi lampanti dell'ispirazione di Acquaviva. A questi si aggiungono dei brani di Bruno Coulais, autore di alcune fortunate colonne sonore per il cinema francese dal quale il coro ricava "Gloria", "La folie du cardinal" e "Exorciso tè". Sono, gli uni e gli altri, canti a metà tra sacro e profano, imbevuti di spiritualità e magia, di passione e carnalità. Si sviluppano con un incedere lento che divampa in accessi di inatteso vigore per poi chiudersi all'improvviso, sull'ultimo mormorio. Il bandoneon intreccia le sue note alle voci con perfetta simbiosi; il fiato di Fresu si insinua - dolce con il flicorno, più petulante con la tromba, addirittura dispettoso con la sordina - e impasta il tutto in un amalgama di pura bellezza. Il jazz resta ai margini, si affaccia in qualche breve digressione, nel corso della quale il trombettista mostra in filigrana quali sono le sue origini e le sue potenzialità ma alla fine ad avere la meglio è la disciplina nei confronti del progetto generale.

Forse qualcuno sarà rimasto un po' deluso per non aver visto all'opera il solito Fresu, ma, come dimostrano gli interminabili applausi del pubblico dell'Olimpico al termine del concerto, questa versione più controllata, minimalista e quasi mistica possiede un suo ineffabile fascino.

Lino Zonin, Il Giornale di Vicenza, 16/05/2011

La traduction :

Vicenza Jazz clôture le programme 2011 en anticipant le thème du festival de l'an prochain. Le dernier évènement à l'affiche ignore les atmosphères métropolitaines proposées par les concerts qui ont animé la ville dans les dix derniers jours et regarde vers le futur, vers une 17e édition qui s'intitulera (probablement) "A la foire de l'Est" et sera dédiée à la rencontre et à la fusion du jazz avec la musique traditionnelle de la vieile Europe.
Un aperçu éloquent de ce qui pourrait être le fil conducteur du festival à venir a été offert au Théatre Olympique par Paolo Fresu avec "Mistico Mediterraneo", recent projet développé par le trompettiste sarde avec Daniele di Bonaventura (bandonéon) et l'ensemble vocal corse "A Filetta".
Les voix archaïques des chanteurs, avec leurs tonalités tantôt uniformes, tantôt dissonante, avec des paroles tantôt compréhensibles, tantôt mystérieuses sont traversées, on pourrait même dire tranchées, par le son éclatant de la trompette de Fresu. Déjà, le début du concert donne une representation visible de cette association articulée. Le bandoneon di Daniele di Bonaventura tisse un somptueux tapis de notes sur lequel se succèdent les voix des sept chanteurs. On ne voit pas Fresu, jusqu'au moment où, du haut des marches, retentit le son timide de son bugle. C'est juste une allusion, comme pour demander la permission de se joindre à l'assemblée. Le musicien descend les marches en prenant de la vigueur et de la conviction à chaque pas et quand enfin il arrive sur la scène, toute réserve a disparu et le concert peut prendre son essor.
Le repertoire du groupe "A Filetta" (la Fougère) puise dans la tradition insulaire méditerranénne avec des chants anciens et des morceaux originaux qui s'inspirent également des saveurs fortes de la terre de Corse. Ils sont composés par le leader du groupe, Jean Claude Acquaviva qui avec sa gestuelle éloquente ajoute du pathos à l'exhibition chorale. Avec lui chantent Paul Giansily, Jean-Luc Geronimi, José Filippi, Jean Sicurani, Maxime Vuillamier, Ceccè Acquaviva. "Rex", "Liberata", "Dies Irae", les morceaux qui ouvrent le concert, sont des exemples clairs de l'inspiratione d'Acquaviva. S'y ajoutent des morceaux de Bruno Coulais, auteur de quelques musiques de films à succès pour le cinéma français desquels le choeur extrait "Gloria", "La folie du cardinal" e "Exorciso tè".
Les uns comme les autres sont des chants à mi chemin entre sacré et profane, gorgés de spiritualité et de magie, de passion et de sensualité. Ils de développent avec une démarche lente qui explose en des accès inattendus de vigueur pour s'arrêter à l'improviste, sur un dernier murmure. Le bandonéon mêle ses notes aux voix en une parfaite symbiose; le souffle de Fresu s'insinue - doux avec le bugle, plus éclatant avec la trompette, et même "méchant" avec la sourdine - et mélange le tout en un amalgame de pure beauté. On reste aux confins du jazz, celui-ci apparaissant dans quelques brèves digressions au cours desquelles le trompettiste montre en filigrane quelles sont ses origines et ses potentialités. Mais à la fin c'est la cohérence du projet initial qui l'emporte.
Certains auront peut être été un peu déçus de ne pas avoir vu à l'oeuvre le Fresu habituel, mais, comment l'ont montré les interminables applaudissements du public du Teatro Olimpico à la fin du concert, cette version plus controllée, minimaliste et quasi mystique possède un charme ineffable.

Fresu racconta il "Mistico Mediterraneo"

VICENZA JAZZ /2. La giornata conclusiva.
Il trombettista con un coro corso
Il sax di Pietro Tonolo ai Chiostri
14/05/2011

Zoom Foto
Paolo Fresu, uno dei maggiori virtuosi italiani di tromba FOTOSERVIZIO EXPRESS

Vicenza. L'ultima giornata di Vicenza Jazz propone ancora molti appuntamenti. Tutto esaurito questa sera all'Olimpico per il concerto del trombettista Paolo Fresu che, con Daniele Di Bonaventura al bandoneon e il loro "A Filetta", firma il progetto "Mistico Mediterraneo". Un concerto che fonde la cultura popolare e liturgica della Corsica, di cui il coro guidato da Jean-Claude Acquaviva è autorevole portavoce, con la libera l'improvvisazione di matrice jazzistica - che qui ovviamente trascende i limiti di genere per intessere un dialogo lirico e totale.

 

corriere
Il Corriere del Veneto

Fresu e Di Bonaventura
il Mediterraneo all'Olimpico

Vicenza Jazz si chiude con una serata che sa di sale, vento e canti ancestrali

VICENZA - Magie mediterranee al Teatro Olimpico. Il cartellone del festival jazz si chiude con una serata che sa di sale, di vento, di rocce, di canti ancestrali e di linguaggi contemporanei. L’edizione è stata dedicata a New York, ma davanti alle emozionanti quinte rinascimentali del teatro palladiano – bellezza che fa sempre felici i musicisti e li ispira – l’epilogo di sabato sera si gioca intorno ad atmosfere lontane migliaia di chilometri dalla Grande Mela: è, appunto, «Mistico Mediterraneo», il progetto che da qualche anno mette insieme la tromba di Paolo Fresu, il bandoneon di Daniele di Bonaventura e il coro A Filetta che viene dalla Corsica, e con il quale, anche per vicinanza geografica e culturale, «è stato amore a prima vista», come racconta lo strumentista sardo.

Il coro canta con le voci armonizzate e a cappella, rievoca melodie tradizionali e polifonia di sapore liturgico: ed è questo il tessuto su cui Fresu confeziona le proprie improvvisazioni, alternando flicorno e tromba con la sordina, mentre il bandoneon suonato con discrezione da di Bonaventura funziona come raccordo armonico. Il virtuosismo è quasi bandito, la cifra della serata è la misura degli interventi e il raccoglimento spirituale che il coro dalla Corsica suggerisce e quasi impone. Il pubblico appare rapito: finisce con due bis, uno dei quali è un canto di poche parole, quel «Meditate, che questo è stato» scritto da Primo Levi nel suo capolavoro letterario sull’Olocausto, «Se questo è un uomo». E’ un altro successo per Fresu, «un amico del festival» come lo definisce il direttore artistico Riccardo Brazzale. Per la rassegna jazz di Vicenza, che anche quest’anno ha vissuto serate di alto livello, un’appendice mercoledì 18 (James Farm, con Joshua Redman ai Chiostri di Santa Corona). E appuntamento al 2012, per la diciassettesima edizione che cambierà fronte: sarà dedicata all’Est.

Claudio Trabona
16 maggio 2011

 

Dimanche 15 mai, Russi

notizie
Russi, Mistico Mediterraneo con Paolo Fresu

venerdì 13 maggio 2011

russi

Si riconferma al teatro Comunale di Russi la partnership storica con il festival jazz Crossroads, il più importante della regione e tra i maggiori in Italia, che quest'anno porterà nella città dei Farini il trombettista Paolo Fresu e il bandoneista Daniele Di Bonaventura con il coro "A. Filetta" nello spettacolo "Mistico Mediterraneo", domenica 15 maggio al teatro Comunale. Paolo Fresu non ha certo bisogno di presentazioni, come pure la sua propensione a incrociare la propria cultura jazzistica con i suoni della tradizione mediterranea. Più volte era toccato alle musiche della terra d'origine di Fresu, la Sardegna, omaggiata nei progetti "Sonos 'e memoria" ed "Ethnografie".


Ora, con un leggero spostamento sulle acque del Mediterraneo e accompagnata dal bandoneon di Daniele di Bonaventura, la sensibilità musicale di Fresu approda in Corsica, dove incontra il coro A Filetta. Da qui nasce "Mistico Mediterraneo", che dopo sporadiche apparizioni dal vivo è finalmente giunto da poco su disco, immortalato dalla storica ECM. Per quanto geograficamente vicina alla terra di Fresu, la Corsica ha una tradizione vocale tutta sua.

La polifonia còrsa sembra come scavata dall'interno dal delicato ma incessante lavoro di una vena carsica: un'espressività assai diversa rispetto a quella dei tenores sardi, le cui linee paiono invece sbalzate a colpi di scalpello. Nelle fini screziature della vocalità còrsa, le emozioni lievitano progressivamente, in volute ipnotiche e suadenti: risulta difficile immaginare un contesto più ideale per l'inserimento del personale lirismo della tromba di Fresu.

Jeudi 19 mai, Apocrifu, Brighton Dome

guardian

Review

4 / 5

Sidi Larbi Cherkaoui's Apocrifu

Haunting sadness … Sidi Larbi Cherkaoui and Yasuyuki Shuto in Apocrifu.

Sidi Larbi Cherkaoui's 2009 work Apocrifu is all about words, and the terrible power of language to antagonise and divide. But, while there is a great sadness haunting this piece, it never lets us forget the beauty of language.

Performing on stage alongside the three dancers, sometimes even dominating the choreography, is the Corsican all-male choir A Filetta. Their piercingly beautiful music is the beating heart of the piece. Burly, stubbled, greying and bald, these seven middle-aged men are like a group of lovers, in thrall to the words and music of every song. With their eyes half-shut, their faces lifted, they harmonise so passionately it is often impossible to tell one voice from another. Sometimes the sound is so low in the chest it hums like a swarm of bees: sometimes it is thin, high and keening as a north wind; sometimes as gorgeously solemn as a cathedral mass.

The choir's Corsican repertory layers influences from north Africa, medieval Italy and middle Europe. The mix is perfect for Cherkaoui's theme: while their music celebrates the migrations of language, his choreography throws up image after image of the divisions that words create.

Every surface of the space is heaped with piles of books, books that have apparently been cherished, fought over, sanctified and condemned. Through a few simple motifs, Cherkaoui and his two dancers unleash their power. Books are laid out on the floor to create bridges, but they are more often used as weapons, hurled like stones, held up like shields against fists and swords.

Occasionally, words spill out of the dancers mouths, too, but Yasuyuki Shuto's Japanese makes no sense to English-speaking Cherkaoui. That image of alien tongues is echoed in the choreography as Shuto dances ballet, Dimitri Jourde is chained to his Kathak footwork and Cherkaoui dances a disturbingly virtuoso marionette solo where he looks like a modern Petrushka, his spirit locked inside his wooden limbs.

There are places in Apocrifu where the material is laid out very thin – one spare, lonely solo after another. Yet it still keeps you captive, such is Cherkaoui's astonishing gift for suggestion. Aided by A Filetta's music, with its centuries-spanning wealth of sound, he manages to create a world where we sense language, religion and history as live forces, speaking through the performers' voices, jostling in their bodies. For 80 or so minutes, Apocrifu draws us into a place of tragedy, struggle and yearning that feels so much larger than ourselves.

guardian.co.uk © Guardian News and Media Limited 2011

Mardi 31 mai, Coutances

La Méditerranée s'invite à Coutances

(reportage France 3 Basse-Normandie)

Une belle rencontre a eu lieu mardi soir au théâtre de Coutances entre un trompettiste Sarde et une polyphonie Corse.

coutances
Paolo Fresu et les 7 voix de A Filetta, polyphonie Corse, au théâtre de Coutances, mardi soir
France 3 Basse-Normandie

Lui, c'est Paolo Fresu, trompettiste désormais connu dans le monde entier. Eux se dénomment A Filetta, un choeur Corse composé de sept voix d'hommes, bien sûr. Et enfin, un autre larron à ne pas oublier, maître du bandonéon, Daniele Di Bonaventura.

A eux tous, ils ont commis "Mistico Mediterraneo", un album et un spectacle où les voix et les instruments s'entremêlent, s'envolent et se répondent avec une exquise délicatesse.

paolo

Les mélodies s'enchaînent, fluides, profondes et graves. Puisées pour l'essentiel dans le répertoire de chanteurs Corses qui expliquent dans le reportage ci-dessous pourquoi Paolo Fresu a dû venir sur leur terrain, lui, le maître sobre, simplissime et fin qui sait si bien accorder les sonorités de sa trompette aux voix et aux mélodies fiévreuses du choeur sans jamais les étouffer.

paolo

Et c'est toute la méditerranée qui a enchanté et illuminé Coutances mardi soir, dans ce voyage musical entre Corse et Sadaigne, dans cette rencontre entre chants séculiers et chants sacrés.


Un joli moment de grâce et d'éternité...

De larges extraits du concert :

Le lac - Corale - Dies irae :

- Figliolu d'ella - U sipolcru - Scherzi veranili (fragm.)

- Litania
- Gloria

Jeudi 2 juin, Skopje

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skopje
A Filetta и Yamandu Costa на OFF-Fest: Виртуози на гласни и гитарски жици

03 јуни 2011

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Нема да ги набројувам сите добри страни на фестивал како OFF-Fest, само ќе ја наведам таа што мене ми е најважна – рушење на очекувањата. На вчерашното отворање на новото издание, како што често се случува на оваа манифестација, имав прилика во живо првпат да ги слушнам A Filetta и Yamandu Costa. И како што сите си правиме пред да посетиме некаков културен настан, во глава си зацртав дека на првата група – целосно вокален секстет од Корзика – по неколку песни ќе ја барам вратата за да стигнам до шанкот, а по вториот солист – гитарски виртуоз од Бразил – ќе почнам да правам чести тури до тоалет по 30-ината минути што ќе го отворат концертот. Математиката на крај испадна едно пиво, испиено на паузата. Причината – тоа што го слушнав на првиот и на вториот настап.

Не дека двата концерта земјотресно ме растресоа, но ми беа далеку поинтересни отколку што стереотипно си претпоставув дека ќе се досадувам. Кај A Filetta тоа беше сличноста на нивното полифонично машко пеење со нашите традиционални бапчорки. Како мал присуствував на две свадби што, доколку постоеше можност, би требало да се зачуваат во музеј. Не толку помпезни како галичката, но со обреди што на тогаш неискусново око му беа изненадувачки занимливи. Во еден од нив беа вклучени две мои тетки и две стрини. Облечени во стари носии што долго се во фамилија, тие пееја, во исто време, различно, а сите заедно звучеа како едно. Тоа што A Filetta вчера го претстави во Салонот на Македонската опера и балет беше покомплексно, но поентата, во суштина, беше иста.

Затоа и ми беа интересни повеќе од очекуваното. Предизвикот шест вокалисти, само со својот глас, да го задржат вниманието на речиси полна сала, сигурно е и повеќе од голем, но A Filetta го носат на грб искусно, зрело, самоуверено. А има и зошто – пеат бре! Вооружени само со вокалите и по еден претпоставувам одличен микрофон, тие од себе го вадат духот на Корзика од минатото и сегашноста, а со изведбата го чуваат и за во иднината. Ритмички беа некако еднолични, но глупаво ќе беше да битбоксираат додека некој од нив емотивно солира. Хармонично беа безгрешни, ништо не стрчеше, немаше непријатни грешки, секако, колку што моево лаичко уво можеше да забележи. И покрај воглавно меланхоличниот тон на композициите (ако така можат да се наречат), A Filetta ме оставија со пријатно и со задоволно чувство.

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Откако членовите на корзиканската група демонстрираа дека може да се биде виртуоз и на гласните жици, следеше уште еден, но на поинакви – гитарски. Скопје си ги сака мајсторите на шесте жици. Без разлика дали тие свират на струја или без неа, нивните концерти на OFF-Fest и особено на Skopje Jazz Fest отсекогаш влечеле најмногу публика. Јасно беше дека и Yamandu Costa ќе има ваков прием, но со тоа што го покажа, Бразилецот веројатно си создаде уште поголем број обожаватели во земјава. Иако и A Filetta изгледаа крајно минималистички само со микрофоните на бина, тоа што беше шесторица некако го направи тој впечаток не толку оскуден (во позитивна смисла). Кога гостинот од Јужна Америка дојде на сцена, таму го дочека само едно столче, потпирач за нозете и озвучување. А со оглед на тоа што штиците во МОБ одат прилично во длабочина, изгледаше како гитаристот да е сосема сам на целиот свет.

Како свиреше, можеби и таква слика имал во умот. За друг, егоистичен мајстор на гитарата, тоа ќе го направеше концертот монотон, но со комплетната внесеност во тоа што го свири, Yamandu Costa со ноти, не со зборување, илустрира дека шесте жици на акустичниот инструмент му се доволни за да го каже тоа што има да го каже пред присутните. А богами, имаше што да каже човекот. Вештина и техника, но и емоции и забава. Вакви соло-гитарски изведби често ја губат поентата зашто музичарите не знаат кога треба да запрат со вртоглавата гимнастика на прстите. Со тоа што паузираше кога најмалку се очекува, со ударите на гитара во моменти на мртва тишина, со свиркањето како на детско игралиште додека лета низ полињата на инструментот, Costa лесно даде до знаење дека на бина не е (само) за да нè натера да подзинеме поради неговите инструментални егзибиции.

Без разлика што до крајот помалку почна да врти истиот филм, младиот виртуоз од Бразил не го заборави грувот, мелодијата и игривоста во тоа што избираше да го свири, но и во импровизациите со кои што ги надградуваше композициите. Кога на сето ова ќе се додаде и топлината на јужноамериканските краишта што зрачеше од сите нумери, од секое танцување со прстите на жиците, од секој драстичен прекин по вртелешката на која што нè извозел, се добиваат голем број задоволни лица. Секако, и барем едно што со задоволство си признава дека OFF-Fest и денес, десет години по првото издание, ја има моќта да ги поместува, изместува, подобрува и надградува, музичките очекувања. Ова беше само по првата вечер, за тоа ниво да биде уште повисоко, следуваат уште три фестивалски дена.

 

29 juin : Mistico Mediterraneo à Gavoi (Sardaigne)

Mistico Mediterraneo e Paolo Fresu inaugurano a Gavoi il festival L’Isola delle Storie.

mistico

Mercoledì 29 Giugno 2011

Prosegue senza sosta il viaggio in Sardegna ideato da Paolo Fresu per festeggiare in musica i suoi cinquant'anni (compiuti lo scorso febbraio). Stavolta “!50” (questo il titolo del tour partito due domeniche fa, e che fino al 31 luglio propone ogni sera un concerto differente in un angolo diverso dell’isola) dopo aver toccato coste, monti e campagne, arriva a Gavoi (Nu).

Qui, in quello che talvolta viene definito il “centro geometrico” della Sardegna, domani (giovedì 30) Paolo Fresu incrocia il suo itinerario con un altro importante appuntamento culturale dell’estate: l'ottava edizione del festival letterario “L’Isola delle Storie”, diretto dallo scrittore nuorese Marcello Fois. Sarà proprio il diciannovesimo concerto consecutivo del trombettista di Berchidda (organizzato con il contributo dell’associazione “Isola delle storie”) a inaugurare la kermesse letteraria in programma da venerdì 1 fino a domenica 3 luglio.

Alle 21.30, nella Chiesa di San Gavino, Paolo Fresu (tromba, flicorno, effetti) ritrova Daniele Di Bonaventura (bandoneon), già al suo fianco dodici sere fa nella tappa del tour a Belvì, e l’ensemble vocale corso “A Filetta” (Jean-Claude Acquaviva, Paul Giansily, Jean-Luc Geronimi, José Filippi, Jean Sicurani, Maxime Vuillamiere, François Acquaviva), per un concerto nel segno e sulle tracce di “Mistico Mediterraneo”, il disco uscito lo scorso gennaio per la ECM che li vede protagonisti di un affascinante incontro fra culture musicali differenti.

Ulteriore riprova dell’incessante ricerca musicale a 360 gradi portata avanti da Paolo Fresu nella sua trentennale carriera, in “Mistico Mediterraneo” il trombettista prosegue il percorso di approfondimento dei suoni della tradizione avviato sedici anni fa con “Sonos ‘e memoria”, il progetto diretto dal regista Gianfranco Cabiddu (e che il tour di “!50” proporrà il prossimo 24 luglio a Meana Sardo).

Con Daniele Di Bonaventura e il suo bandoneon (strumento tipico del tango) come compagno di viaggio, il trombettista si dedica stavolta all’isola sorella della “sua” Sardegna: la vicina Corsica e la sua antica polifonia rappresentata dalle sette voci del coro “A Filetta”, un ensemble fondato nel 1978 e molto attivo nel recupero e nella salvaguardia del patrimonio musicale corso, mescolando tradizione e rinnovamento, canti antichi cui fanno eco brani originali nati in trent’anni di attività.

Dopo Gavoi, la successiva tappa di “!50” fa incontrare Paolo Fresu con un'autentica icona della canzone italiana: la grande Ornella Vanoni, chiamata a illuminare con la sua inconfondibile voce, e con Nicola Oliva alla chitarra, l’esibizione del Devil Quartet che accanto alla tromba e al flicorno del leader schiera Bebo Ferra alle chitarre, Paolino Dalla Porta al contrabbasso e Stefano Bagnoli alla batteria. L'appuntamento è per venerdì sera (1 luglio), alle 21:30, a Cuglieri (OR), nel cortile dell’ex Seminario.

Per informazioni e aggiornamenti: Applausi, tel. 0783 31 04 90 – www.50fresu.it

Paolo Fresu, Daniele di Bonaventura e coro A Filetta “Mistico Mediterraneo” per la 19a tappa di !50

30 giugno 2011 ore 21.30 / Gavoi Chiesa di San Gavino

Il concerto inaugura l'8a edizione del Festival Letterario della Sardegna

Sprazzi di Corsica, di Mediterraneo e del resto del mondo abbondano in questa affascinante collaborazione tra due maestri italiani dell’improvvisazione lirico­‐jazzistica.
Dopo aver incrociato le musiche della sua terra in progetti come “Sonos ‘e memoria” e “Ethnografie”, il viaggio di Paolo Fresu nei suoni della tradizione approda in Corsica per un suggestivo incontro con la polifonia dell’isola “sorella”.

Lo accompagna nella traversata Daniele di Bonaventura col suo bandoneon, strumento d’aria e respiro, anello di congiunzione ideale fra la tromba del berchiddese e le sette voci del coro A Filetta. Dopo varie esibizioni dal vivo, lo scorso gennaio la ECM ha pubblicato l'album "Mistico Mediterraneo" che ben fotografa questo affascinante rendez-vous fra culture musicali differenti.

Nato nel 1978 in Balagna, la regione nella parte settentrionale della Corsica, A Filetta affonda le radici nel cuore della sua isola, proprio come la felce da cui trae il nome. Guidato da Jean-Claude Acquaviva, il gruppo canta la sua terra mescolando tradizione e rinnovamento, canti antichi cui fanno eco brani originali nati in trent’anni di attività.

Source : http://www.marenostrum.it/evento


4 août : Propriano

prupia

10 août : Val Gardena

valgardena

ARCHINCANTO - A Filetta e Conductus

10/08/2011 - S. Cristina - Archincanto - A Filetta & Conductus

Incontro tra canto arcaico e contemporaneità

Canti sacri e spirituali corsi

Mercoledì - 10/08/2011
S. Cristina 

Chiesa Parrocchiale
ore 21:00

Mujiga di populi/musica delle lingue

A FILETTA & ENSEMBLE CONDUCTUS

Ensemble Conductus
Veronika Egger, violino/Violine
Ursula Mühlberger, violino/Violine
Maria Zaharia, viola/Bratsche
Ivo Brigadoi, violoncello/Violoncello
Silvio Gabardi, contrabbasso/Kontrabass
Marcello Fera, violino e direzione/Violine und Leitung

A Filetta
Paul Giansily, seconda
Jean-Claude Acquaviva, seconda
Jean-Luc Geronimi, terza
Ceccè Acquaviva, bassu
José Filippi, bassu
Jean Sicurani, bassu
Maxime Vuillamier, bassu

Marcello Fera
Veni Sancte Spiritus

Jean-Claude Acquaviva
Miserere

Jean-Claude Acquaviva
Meditate
Arr.: M.Fera

Jean-Claude Acquaviva
U cantu di l’acqua
Arr.: M.Fera

Tradizionale Corso
Paghjella
 Arr.: M.Fera

Marcello Fera
Cardiophonia

Jean-Claude Acquaviva
Rex tremendae

Marcello Fera
Hi Jack

Jean-Claude Acquaviva
L’invitu (Medea – extrait)
 Arr.: M.Fera

Bruno Coulais
Gloria

Jean-Claude Acquaviva
Pater noster
Arr.: M.Fera

Jean-Claude Acquaviva
U furore (Medea – extrait)
 Arr.: M.Fera

Marcello Fera - edizioni Rai Trade
4 versi in purgatorio

Bruno Coulais
La folie du cardinal

Marcello Fera
Cicci Suite

Marcello Fera
Sor aqua

"La polifonia è profondamente radicata con l’isola e rispecchia una cultura, un modo di essere della società corsa."
Jean-Claude Acquaviva

A l’iniziu c’era a voce

Posti davanti alla sfida di descrivere in poche parole la musica vocale polifonica della tradizione corsa ci si trova ben presto nell’imbarazzo, e quindi si tende a ricorrere ad aggettivi associativi o comparativi. Dove mancano i termini per una descrizione precisa, possono aiutare i termini suggestivi: questa musica sarebbe "arcaica", anche "orientale" o "araba" o invece "monastica". Descrizioni di questo genere sono molto approssimative se non addirittura fuorvianti, tuttavia indicano nitidamente l’impressione che questa musica polifonica a cappella lascia sull’ascoltatore. Crea la sensazione di qualcosa di misterioso, è come una testimonianza sonora di tempi antichi, aspra e allo stesso tempo confidenziale, inaccessibile e al contempo calorosa e accattivante. Al primo ascolto questa musica ci sembra lontana - nel tempo e nella geografia - eppure così vicina e insolitamente odierna. La polifonia vocale corsa viene spesso intesa come atemporale, "mistica", in lei è assente il pulso ritmico strutturante così fondamentale nel pensiero musicale europeo (sia popolare sia colto).

L’intreccio dei canti polifonici con musica contemporanea eseguita dall’Ensemble Conductus, la contrapposizione di antico e nuovo, di tradizione popolare (riletta in chiave moderna) e creatività compositiva individuale, la contrapposizione dei suoni vocali arcaici e dei suoni moderni degli archi, tutto questo potrebbe sembrare una coincidenza degli opposti, e invece si rivela un dialogo di linguaggi diversi, ma non contrapposti.
     
© Mateo Taibon/valgardenaMusika

A Filetta & Conductus Ensemble

La collaborazione tra l’ensemble vocale corso di fama internazionale A Filetta e l’ensemble d’archi Conductus nasce nel 2009 quando Toni Casalonga, deus ex machina dell’Associazione e Festival Festivoce di Pigna, che, ascoltato il lavoro di Marcello Fera e di Conductus, ha offerto all’ensemble altoatesino una residenza a Pigna per preparare un progetto musicale con la compagine corsa.
Il compositore e direttore d’orchestra Marcello Fera, particolarmente attento all’evoluzione dei linguaggi contemporanei e al rapporto con la musica popolare, ha così avuto modo di realizzare inizialmente una cornice strumentale a brani del repertorio di A Filetta approntando un programma che è stato presentato con successo in diverse occasioni in Italia e all’estero. L’incontro tra queste due formazioni dà vita ad un’esperienza emozionante in cui l’ascoltatore è condotto attraverso una ricca varietà di paesaggi dove convivono sorpresa, memoria, estasi e passione; preghiera e danza, popolare e colto, non costituiscono qui coppie di contrari ma si rivelano invece, quali coordinate logiche e complementari dell’esistenza. Nel programma preparato per valgardenaMusika predominante è la presenza di brani spirituali che costituiscono una parte importante del repertorio di A Filetta, sia per quel che riguarda i brani sacri di tradizione popolare di cui il repertorio corso è ricchissimo sia per le numerose composizioni ispirate a testi liturgici di Jean-Claude Acquaviva (dies irae, lacrimosa, pater noster, miserere, ecc). In ultimo è da citare in questo senso anche il “Sor aqua” di Marcello Fera tratto dal Cantico delle Creature di S. Francesco e scritto appositamente per i due ensemble così come la sequenza Veni Sancte Spiritus che è stata presentata in prima esecuzione in giugno.

BIO
A Filetta & Ensemble Conductus
Un’esperienza che apre al nuovo partendo da radici lontane

A Filetta rappresenta oggi forse il punto più alto della splendida tradizione polifonica corsa e al tempo stesso il superamento di questa tradizione verso sbocchi creativi emozionanti. Universalmente riconosciuto come il coro corso più rappresentativo, A Filetta ha portato la sua arte in tutto il mondo riscuotendo ovunque consensi unanimi.
Da molti anni, sotto la guida di Jean-Claude Acquaviva che fondò il gruppo da adolescente nel 1978, A Filetta svolge un intelligente lavoro di riflessione sull’evoluzione delle proprie radici mettendo in atto collaborazioni con diversi compositori e scrivendo in proprio nuovi lavori. E così, grazie a questo atteggiamento aperto, rivolto alla sperimentazione di nuove strade, l’intonazione perfetta e l’affascinante impasto timbrico dell’ensemble diventano materia prima per interessanti lavori con coreografi come Sidi Larbi Cherkaoui, registi teatrali come Orlando Forioso o cinematografici come Jacques Perrin o Eric Valli e ancora con compositori come Bruno Coulais o jazzisti come Paolo Fresu e Daniele di Bonaventura.

Dal canto suo l’Ensemble Conductus da dieci anni a questa parte porta avanti un percorso analogo, pur da una prospettiva diametralmente opposta, quella della formazione classica, esplorando le connessioni possibili tra i linguaggi del contemporaneo e il portato di tradizioni popolari, sempre ben presenti nei programmi e nei progetti dell’ensemble oltre a costituire una caratteristica chiaramente identificabile nell’opera compositiva di Marcello Fera. A questo proposito vale la pena di ricordare la collaborazione con la vocalista jazz Maria Pia de Vito, i programmi dedicati a Mark O’Connor o ancora i lavori di elaborazione di brani tradizionali dell’Appennino o di Capo Verde e in ultimo la collaborazione con il compositore algerino Salim Dada.

La lingua corsa

Il corso (corsu) fa parte delle lingue neolatine. I dialetti del nord dell’isola sono imparentati con l’italiano toscano, quelli del sud con i dialetti sardi del nord.
La lingua della Corsica inizialmente si è sviluppata insieme a quelle della vicina Sardegna (il sardo è una lingua propria, non un dialetto italiano) per imboccare quindi un’evoluzione diversa per motivi politici: dapprima la Corsica finì sotto dominio pisano, nel 13esimo secolo poi sotto dominio genovese. Il toscano in questi secoli era la lingua ufficiale dell’isola, mentre la parlata corsa veniva usata soltanto nella comunicazione orale.
Quando nel 1768 la Corsica fu annessa alla Francia iniziò la francesizzazione dell’isola; ne conseguì l’eliminazione della lingua italiana dagli ambienti pubblici. La popolazione però non ha voluto adeguarsi alla politica francese, e a causa della mancanza dell’italiano nel corso del 19esimo secolo si identificò sempre più con il dialetto corso, dando inizio ad una cospicua attività letteraria, in modo che il corso approdò a ruolo di lingua di cultura. Nel secolo scorso ha avuto inizio uno sviluppo consapevole e programmato come lingua scritta.
Nel 1974, dopo oltre 200 anni di divieto, il corso è stato riconosciuto dalla Francia come lingua regionale, in misura limitata viene insegnata nelle scuole e usata nell’amministrazione pubblica, si è però assai lontani da un bilinguismo ufficiale.
Per i Corsi la propria lingua è un simbolo importante della propria identità. Il numero dei parlanti si aggira intorno ai 130.000.

Samedi 22 août, Calenzana

Calenzana : A Filetta, Himo et Adler parachèvent l'émotion

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Après une semaine de programmation de qualité, les Rencontres de Calenzana
se sont clôturées en beauté avec le groupe A Filetta. (Photo B. I.-L.)

La chapelle Sainte-Restitude est pleine à craquer. Au point que les portes ont été laissées ouvertes, et que des chaises ont été ajoutées à l'entrée, dehors. La chaleur est étouffante et certains utilisent un éventail ou une feuille de papier pour essayer de capturer un peu d'air. Lundi à 21 h 30, les Rencontres musicales de Calenzana se clôturaient avec deux concerts de qualité : la violoncelliste Lætitia Himo et la harpiste Elodie Adler en duo dans un premier temps, puis le groupe A Filetta dans un second. Après une présentation du maire, Pierre Guidoni, puis des enfants de l'atelier Maestri è zitelli, les artistes entrent en scène.

Double acclamation d'un public conquis

Le violoncelle de Lætitia Himo et la harpe d'Elodie Adler, alliance subtile du feu et de l'eau, se répondent et s'harmonisent entre la douceur et l'intensité lancinante. Les musiciennes jouent tantôt de cordes frappées ou pincées de la paume ou du bout des doigts ou tirées par l'archet, arrachant une émotion vibrante à leur instrument, sous les applaudissements et le rappel appuyés d'un public conquis.

Après un court entracte, c'est au tour du groupe polyphonique A Filetta de captiver l'auditoire. Le chant profond des basses semble puiser sa force dans l'énergie de la terre. A secondase pose sur elles, déchirant l'atmosphère. Et comme un souffle, les terze survolent l'ensemble, en toute légèreté. L'île elle-même semble s'exprimer à travers les échos, les harmonies flirtant avec la dissonance, glissant d'une note à l'autre, au quart de ton près. Jouant avec les silences, les superpositions de rythmes variés donnent à l'ensemble une rondeur et une puissance qui semble traverser les âges.

Après une avalanche d'applaudissements et de « Bravo ! » criés à travers l'édifice comble, le groupe est revenu pour un ultime chant, Gloria, en hommage à un ami disparu il y a peu, à Lumio. Laissant un dernier instant de lumière, en partant, dans la mémoire du public.

Corse Matin, mercredi 24 août 2011

 

 

28 août, Ceton, Septembre Musical de l'Orne

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Nous avions fait le déplacement dans le Perche, à Ceton, pour retrouver A Filetta et Daniele di Bonaventura pour Di Corsica Riposu, Requiem pour deux regards, dans le cadre du Septembre Musical de l'Orne. C'était le deuxième fois qu'A Filetta participait à ce beau festival.

Un concert de toute beauté, avec un public très réceptif qui applaudit à tout rompre après la dernière note d'In Paradisum. En rappel, 1901 à la demande d'un spectateur et U Sipolcru.


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A la sortie, nous retrouvons nos sept amis, Valérie, Daniele, visiblement satisfaits et détendus. Prochain rendez-vous à Calvi, pour les Rencontres,

Jeudi 13 octobre, Musicales de Bastia

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A Paghjella di l'impiccati, enregistré lors du concert d'A Filetta & Danyel Waro du 13 octobre 2011, lors des Musicales de Bastia.:

Meditate :

Et La Folie du Cardinal :

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Photo : © Sabine Grenard

16 octobre, Aubervilliers

En ce dimanche ensoleillé d’octobre, nous étions à Aubervilliers pour le concert donné dans le cadre du Festival "Villes des Musiques Monde" par A Filetta et Danyèl Waro, dans cette ville en pleine rénovation depuis la construction du Stade de France en 1998. L’Espace Fraternité où se déroulait le concert est situé dans le nouveau quartier Canal-Porte d’Aubervilliers qui s’étend en bordure du canal Saint-Denis. La salle, copie du mythique "Magic Mirror", est un chapiteau de bois circulaire modulable pouvant accueillir 900 personnes debout ou 450 en version concert assis, ou encore 400 pour les soirées cabaret.

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Les organisateurs avaient cru bon de laisser l’espace central libre, afin de permettre aux spectateurs de danser. Souci louable, mais c’était compter sans l’incorrection d’une partie du public qui, faisant fi des artistes et des spectateurs venus là pour écouter un concert, n’ont cessé de circuler, de parler et de téléphoner. Sans compter les enfants trouvant là un terrain de jeux inattendu… Les artistes nous ont confié avoir été très gênés par le brouhaha ambiant.

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Après ce long préambule nécessaire à la compréhension du contexte, parlons enfin du chant et de la musique :

Les tambours réunionnais introduisent Po mwin Bondyé, puis c’est A Paghjella di l'impiccati. Cette nouvelle version fait alterner le texte original de la paghjella et un texte de Danyèl Waro sur une sorte de blues, Sin Bénwa. Les chants se rencontrent, se mêlent, les émotions aussi. Une vraie réussite.

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Danyèl Waro enchaîne avec Banm Kalou Banm, puis par un autre morceau avant de quitter la scène. Le public est toujours aussi bruyant, et nos sept amis entonnent … un Agnus dei ! Sur U Sipolcru, le brouhaha s’estompe un peu.

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Danyèl et ses musiciens reviennent pour Po mwin Maloya et deux autres morceaux de Danyel. Puis c’est L'Invitu, qui commence « classiquement » puis décolle avec " Ribombinu puru i scaccani" sur un rythme de maloya. Les sept corses esquissent des pas de danse, les réunionnais enflamment la salle, un autre morceau et Danyèl reprend A Merula, un peu chambré par Ceccè, José et Jean-Luc qui ne lui passent aucune imprécision !

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Jean-Claude prend la parole et présente la dernière chanson de Danyèl qui a pour thème la Corse. Le concert prend fin avec un Meditate revu et corrigé et Adekalom enchaîné directement. Evidemment, la soirée ne saurait s'achever si tôt. En rappel, un morceau où les trois percussionnistes déploient tout leur talent, puis un chant très entraînant déjà entendu l’an dernier avec Kodo : il s’agit en fait d’une reprise du rythme de muresca que l’on entend à la fin de Trè sur Una Tarra Ci Hè, sur lequel Jean-Claude a mis des paroles. Et tout finit dans une explosion de rythmes, Danyèl présentant tour à tour musiciens et chanteurs, et l’on sent la complicité, l’amitié et le respect entre le chanteur réunionnais et les sept corses.

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© J. C. Casanova

Finalement, en dépit du contexte, c'était une belle soirée. Par rapport aux précédentes rencontres, celle-ci était plus aboutie, plus fusionnelle, à la fois sur le plan artistique et sur le plan humain. Quand Danyèl Waro et A Filetta se rencontrent, le résultat est riche en émotions et en poésie.

25 octobre, Prague

When schoolteacher Michel Frassati founded A Filetta in 1978, gathering together singers from throughout Upper Corsica, his aim was to keep alive a declining oral tradition of the island. More than thirty years later - during which time the ensemble has given countless concerts, composed and recorded music for films, and collaborated on numerous theatre and dance projects – A Filetta has come to be considered by experts as representing the very best in polyphonic singing.

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Although the polyphonic style has disappeared in the rest of Europe, it lives on in Corsica and neighbouring Sardinia. The technique can be traced back to the singing of shepherds and herdsman and has always been considered the traditional music of ordinary people – even though the lyrics are predominantly sung in Latin.

In performance, the members of A Filetta sing in the folk manner, with one hand cupped to an ear, and huddle close together, the better to respond to the subtleties of their polyphony. The ensemble’s appearance at Strings of Autumn is the latest in the festival’s unique series of concerts showcasing traditional vocal styles, which has so far featured Russian orthodox choral music, Sardinian polyphony, Alpine yodelling, and Tuvan throat-singing.

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19 novembre, Elancourt

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Cette représentation de Mistico Mediterraneo à Elancourt marquait les retrouvailles des sept chanteurs d’A Filetta avec Paolo Fresu et Daniele di Bonaventura pour une série de concerts en novembre et décembre puis au début 2012.
Les sept chanteurs prennent place au centre de la scène, Max avec la trompette de Paolo à la main, tandis que Daniele s’installe à droite. Comme dhabitude, Paolo n'est pas en scène pour le début de ce Rex. Un accord grave du bandonéon prolongé par les basses, Jean-Claude entonne le thème. Paolo Fresu, du fond de la salle, ponctue au bugle les interventions des chanteurs tout en s'avançant lentement vers la scène. C'est magique, magnifique.
Le bandonéon de Daniele introduit ensuite Liberata. Jean-Claude chante le thème, accompagné du seul bandonéon, avant la reprise par tout le groupe bientôt rejoint par le bugle de Paolo. Encore une improvisation surprenante.
Le morceau suivant est Da tè à mè, avec sa petite valse jouée cette fois de façon plus syncopée. Puis Paolo branche ses appareils électroniques pour Le Lac, et ses harmonisations évoquent par moments un orchestre. Il prend ensuite la parole pour une présentation pleine d'humour, et enchaîne en duo avec Daniele pour Corale. Les chanteurs reviennent pour le Dies irae composé par Daniele. Jean-Claude dit à son tour quelques mots (M'aviate dettu) puis vient La Folie du cardinal a capella. Paolo joue au bugle dédoublé par l'électronique une longue introduction où l'on reconnaît peu à peu les accords de Figliolu d'ella. Le morceau suivant, U Sipolcru, est également introduit par les échos du bugle. Les chanteurs enchaînent immédiatement avec Scherzi veranili, puis vient un nouveau duo bandonéon/trompette, Sanctus. Cette fois, c'est Ùn nu a sò qui nous est proposé par A Filetta, puis vient la magnifique composition de Daniele, Litania.
Paolo et Daniele utilisent leurs instruments comme des percussions, Paolo décolle, et c'est bien sûr le Gloria du Libertin. Le concert s'achève, le public applaudit à tout rompre. Un stupéfiant Meditate en premier rappel, avec une énorme complicité entre Paolo et Daniele. Après un tonnerre d'applaudissements, retour des neuf artistes. Paolo pousse sa trompette sur le sol, lance son embouchure, froisse du papier... Tout est bon pour créer du rythme et du son. Les deux musiciens italiens s'amusent, les chanteurs aussi, à la grande joie du public. C'est de nouveau Gloria mais dans une version différente de celle entendue quelques minutes plus tôt.

Une soirée fantastique. J'ose à peine imaginer ce qui nous attend Salle Pleyel en février, après une dizaine de concerts comme celui-ci, tant l'entente entre les musiciens et le groupe est parfaite !

22 novembre, Ajaccio, Espace Diamant

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23 novembre, Ile-Rousse, Le Fogata

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Rome, 28 novembre

Mediterraneo in jazz con Paolo Fresu

 

ROMA, 26 novembre 2011 - "La Corsica e la Sardegna, nonostante le diversità culturali e storiche, hanno sonorità affini. Con il coro A Filetta ho provato un rapporto diretto, emozionale, di pancia, come si usa tra isolani. Sono rimasto molto colpito dalle suggestioni della loro polifonia". Così Paolo Fresu, uno dei nostri migliori jazzisti, ha spiegato com’è nato il progetto Mistico Mediterraneo, uno dei più affascinanti e più originali della sua fortunata carriera, che presenterà lunedì 28 novembre alla Sala Petrassi dell’Auditorium Parco della Musica, per Roma Jazz Festival.

Sprazzi di Corsica, di Mediterraneo e del resto del mondo abbondano in questa affascinante collaborazione tra due maestri italiani dell’improvvisazione lirico-jazzistica come Paolo Fresu e Daniele Di Bonaventura insieme al coro polifonico A Filetta.

Fresu, dalla vicina Sardegna, isola dotata di una propria tradizione vocale, è potuto entrare subito in rapporto con la musica della Corsica, con le sue “voci raffinate e arcaiche”, il suo mix di composizioni contemporanee e la tensione verso “melodie che si perdono nella notte dei tempi”.

La collaborazione è nata nel 2006, quando Paolo Fresu fu invitato ad Ajaccio a condividere il palco con le voci raffinate e arcaiche di A Filetta, in occasione di un concerto che ne celebrava la trentennale carriera. Un’esibizione che dimostrava la volontà del coro, pur nel rispetto della tradizione, di aprirsi a collaborazioni con musicisti provenienti da generi musicali differenti.

Non meraviglia, così, che in quell’occasione sia emersa un’affinità elettiva tra il sardo Fresu e il corso A Filetta, rintracciabile nelle comuni radici mediterranee delle due culture. Di lì a poco si fece largo l’idea di fissare quell’esperienza, ricca di  in un disco. Così è nato il progetto Mistico Mediterraneo, pubblicato dalla prestigiosa etichetta tedesca ECM, la stessa di Keith Jarrett.

Appena le improvvisazioni si accostano a questa musica regionale universalmente apprezzata, la tromba romantica e meditativa di Fresu rievoca inevitabilmente accenti davisiani, mentre l’ingegnoso bandoneon di Daniele di Bonaventura suggerisce la presenza di musica da camera e di musica folk ad ogni soffio del mantice. Grazie al nuovo album di Fresu la Sardegna e la Corsica non sono mai state così vicine.

Gabriele Antonucci

 

Requiem per Due Sguardi a Fermo

primaweb nov 28, 2011 | di |

fermo

Il coro degli A Filetta e Daniele di Bonaventura si esibiranno martedì 30 novembre 2011 presso l’Auditorium San Martino di Fermo con “Requiem per due Sguardi”.

Composto da 7 voci maschili, questo coro còrso, perpetua la tradizione orale insulare ma è conosciuto anche per l’ esplorazione in altri campi del canto polifonico e particolarmente nella creazione di opere contemporanee.

La strada percorsa in tre decenni è ricca di esperienze e di incontri, tanto nel campo del teatro che in quello delle musiche da film così come nella danza e nell’opera.

Il gruppo è capitanato da Jean-Claude Acquaviva, che aveva appena 13 anni all’epoca della nascita di A filetta, nel 1978. Dopo oltre trent’anni di esistenza, A Filetta segna con questo nuovo lavoro uno dei suoi più ambiziosi ed eccitanti progetti.

Requiem per due sguardi è un opera per 7 voci e bandonéon, con testi narrati, punteggiati o cantati in molte lingue: còrso, francese, italiano e latino.

La presenza del bandoneon, strumento che nasce proprio dalla musica sacra, s’inserisce in questo percorso grazie alla sensibilità e bravura di Daniele Di Bonaventura, musicista e compositore fermano che con questo ensamble ha già molte apprezzate collaborazioni come nel progetto “Mistico Mediterraneo” di cui è parte integrante la tromba di Paolo Fresu.



REQUIEM PER DUE SGUARDI

A Filetta, canto
Daniele di Bonaventura, bandoneon
Jean-Claude Acquaviva, narratore

Samedi 3 décembre, Marciac

Dans la Grande Bleue - Le groupe de polyphonies corses A Filetta sera demain à l'Astrada, accompagné de deux musiciens de renom, Paolo Fresu et Daniele Di Bonaventura.

Par Grégoire Morizet

A Filetta, ce sont sept voix d'hommes perpétuant la tradition insulaire tout en s'ouvrant à diverses influences.  photo dr
A Filetta, ce sont sept voix d'hommes perpétuant la tradition insulaire
tout en s'ouvrant à diverses influences.
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C'est un vent méditerranéen qui soufflera demain sur l'Astrada de Marciac. Ce vent chaud venu du sud amènera avec lui une musique populaire chargée de toute la joie et la gravité de l'Île de Beauté. Cette Corse qui forme le trait d'union entre la France et l'Italie.

Le groupe de polyphonies corses A Filetta a décidé de s'ouvrir à d'autres influences et sonorités. Il a été rejoint par la trompette de Paolo Fresu, fameux musicien de jazz originaire de Sardaigne, et le subtil bandonéon de l'Italien Daniele Di Bonaventura. Dans l'album « Mistico Mediterraneo » sorti en janvier, tous les deux se mêlent aux harmonies enchanteresses des Corses. Cela fait maintenant plus de trente ans que les voix de ce collectif haut de gamme résonnent.

Leur histoire a commencé en 1978, en Balagne, en Haute-Corse. Cette année-là, le jeune instituteur Michel Frassati croisait la route d'un apiculteur, Tumasgiu Nami. Cette rencontre était le point de départ d'une association par laquelle vont transiter des dizaines de chanteurs venus de diverses régions de l'île.

L'objectif premier était la sauvegarde d'un patrimoine oral en déclin. Dès 1979, le groupe participait à des concerts, organisés notamment par A Riscossa, association venant en aide aux familles de militants nationalistes incarcérés. Trois décennies plus tard, le groupe s'est enrichi d'expériences et de rencontres, tant dans le domaine du théâtre que dans celui des musiques de film ou des créations scéniques.

Des rencontres

Aujourd'hui, A Filetta, ce sont sept voix d'hommes perpétuant la tradition orale insulaire. Mais ils ne s'interdisent pas de nombreuses incartades à travers des créations d'œuvres contemporaines. L'album « Mistico Mediterraneo » en est un exemple.

Paolo Fresu compose aussi bien pour le théâtre, le cinéma ou la danse. Il a participé à plus de 270 disques de jazz ou de musique du monde. Honoré d'un Django d'Or, il est classé par le magazine « Jazzman » parmi les dix meilleurs musiciens de ces dix dernières années. De son côté, Daniele Di Bonaventura, doté d'une solide formation classique, a accompagné de son bandonéon une multitude de formations.

Ils s'étaient rencontrés en 2006. Immédiatement, l'envie d'entamer une vraie collaboration avait émergé. Depuis, quatre années se sont écoulées. Demain, c'est une rencontre de très haut niveau entre les stars de la polyphonie, la figure de proue du jazz italien et le bandonéoniste Di Bonaventura à laquelle les spectateurs assisteront.

A Filetta, Paolo Fresu, Daniele di Bonaventura, Marciac...

par Françoise Rebinguet

J'avais déjà écrit la belle découverte qu’avait été pour nous la musique de Mistico Mediterraneo… lors de sa sortie…

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Photos : Michel

...Découvert en suivant la trompette superbe de Paolo Fresu.
L’Astrada- la destinée en occitan !!!- nous a permis de vivre cette écoute en direct…
Sept voix envoûtantes , remarquablement tissées en une polyphonie complexe , à laquelle s’enlacent la trompette de Paolo Fresu et le bandonéon de Daniele di Bonaventura

Des rencontres, des textes, une inspiration, qui prouvent que la musique traditionnelle, vivace, enracinée à sa terre comme la bruyère de mon pays, « ne vit que si elle est en mouvement … »
Une musique inclassable, ni jazz, ni classique, ni ethnique.

De la Musique, en somme… Tour à tour solennelle, enlevée, swinguée, déchirante.
...Qui se souvient des langues de la Méditerranée, le corse, l’italien, le latin.
...Et que sur ces bords, résonnèrent la lyre d’Orphée, les incantations de la « Sybille au visage latin », la déclamation de la Tragédie, la scansion de Virgile, les chœurs de l’Eglise Romaine, puis ... les polyphonies corses…

C’est une musique « à mystères », une musique mystique, que servent remarquablement la trompette de Paolo Fresu et le bandonéon de Daniele di Bonaventura
Car cette musique a rencontré aujourd’hui le jazz, avec la très belle trompette de Paolo Fresu , les traditions de la musique classique et la modernité contemporaine avec le remarquable bandonéon de Daniele di Bonaventura.

Hier soir nous avons donc eu la chance trop rare et l’extrême plaisir d’écouter à nouveau Paolo Fresu, sa trompette mélodieuse autant que virtuose, d’une déchirante douceur, une trompette que j’aime entre toutes… (celles que je connais !!!)

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Photos : Michel

Mais la découverte de la soirée fut pour nous le bandonéon de Daniele di Bonaventura. Un son remarquable, puissant et nuancé, qui sert les voix, et est servi par elles et dialogue avec la trompette de Paolo…

Un bandonéon que désormais nous rêverons et tâcherons de suivre, à chaque occasion possible sur nos chemins de musique...

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Photos : Michel

Allez-voir les photos de Michel sur son blog :
http://autrebistrotaccordion.blogspot.com/2011/12/mardi-6-decembre-daniele-di-bonaventura.phpl

et les textes de Françoise : http://francoise-rebinguet.blogspot.com

La critique d'un amateur de jazz :

Paolo Fresu et Daniele di Bonaventura


Une salle, L’Astrada, bien remplie et tout à fait adaptée sur le plan acoustique à la musique « mystique de Méditerranée » qui nous était proposée ce soir là. A Filetta est un ensemble vocal dans la tradition polyphonique corse. L’Italien Daniele di Bonaventura, au bandonéon, a nourri, seul, l’accompagnement.
Le premier titre, « Rex », sur tempo lent, a commencé par le chœur et le bandonéon. Puis depuis la salle, Paolo Fresu au bugle a lancé avec eux un effet d’appel-réponse. Les tempos ont été majoritairement lents. Un seul titre pour chœur seul (« La Foire du Cardinal »). Deux duos trompette ou bugle et bandonéon. Le reste associait chœur d’hommes, bugle (le plus souvent) et bandonéon dans une grande variété « stratégique ». Ainsi dès le second titre : bandonéon, puis s’y associe une voix, puis le chœur, puis un solo de bugle et enfin, crescendo, tout le monde pour le final. Dès le quatrième titre, Paolo Fresu a joué sur le traitement de son (électronique). Le début était intriguant : que des notes tenues (avec respiration circulaire), le bandonéon sonnant un peu comme un orgue. La trompette sans sourdine dans le sixième morceau devait beaucoup à Miles Davis. Effets d’écho pour le bugle dans les huitième et neuvième morceaux.

Une musique inclassable avec ses moments de tension et rythmiques qui ont entraîné l’adhésion. C’était l’avant dernier concert d’une tournée débutée le 19 octobre. Le projet en lui-même a été monté il y a 6 ans et a donné un disque.
Michel Laplace

Source : Jazz Hot

Dimanche 11 décembre, Gauchy

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La Maison de la Culture et des Loisirs de Gauchy

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Pour ce dernier concert de l’année à Gauchy, près de Saint Quentin, il manquait José, touché par le décès d’un de ses proches. Nous n’eûmes donc pas le répertoire intégral de Bracanà prévu à l'origine mais un programme adapté en conséquence.

Après la  Nana chantée sans Jean-Claude et la Paghjella entonnée par Jean-Luc, Paul et Ceccè, des compositions relativement anciennes : Kyrie, Agnus Dei, Ghmerto, A Paghjella di l’impiccati, La Violetta, et des plus récentes comme le Dies Irae et le Rex du Requiem ainsi que Treblinka, L'Invitu, Figliolu d’ella suivi du Cuntrastu chanté en solo par Jean-Luc, U Sipolcru, Pater Noster, Le Lac, La folie du cardinal et enfin Gloria en rappel.
Et pour le second rappel, un Sumigila bouleversant.

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Nous retrouvons nos amis pour une petite séance de dédicaces. Le public très chaleureux a beaucoup apprécié le concert et de nombreux spectateurs se pressent pour acheter des CD et poser des questions aux chanteurs, que l'on sent contents de retrouver la Corse le lendemain et de prendre quelques vacances bien méritées après une année  très dense.

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Merci pour tous ces beaux moments vécus en 2011, et rendez-vous en 2012 !

L'agenda, c'est ici et la page des concerts, c'est .

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A Filetta


La page officielle d'A Filetta :

http://www.afiletta.com

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