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Melody Gardot

Dernière mise à jour : 30/01/2016

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Melody Gardot est née le 2 février 1985 dans l’état du New Jersey, aux États-Unis. Elle grandit à Philadelphie, sur la côte nord-est. C'est là qu'elle est victime en 2003 d’un grave accident de vélo. Après avoir passé une année entière à l’hôpital, elle se remet petit à petit grâce à la musicothérapie. Elle apprend alors à jouer de la guitare et commence à composer des chansons.

Elle commercialise son premier maxi en 2005, intitulé Some Lessons - The Bedroom Sessions, qui comprend la plupart des morceaux qu’elle a écrits lors de sa convalescence. La radio locale WXPN l'encourage à façonner une maquette, rapidement reprise par le label Universal Records.
Son premier album, Worrisome Heart, sort en 2006. Son deuxième album studio, My One and Only Thrill (2009), est produit par Larry Klein.

Musicalement, son style mélange les influences du jazz vocal, du folk, du fado et de la bossa nova. Elle dit être influencée aussi bien par des artistes de blues ou de jazz que par des artistes de folk, de pop, de rock ou issus du répertoire de la musique classique, citant notamment les noms de Billie Holiday, Bessie Smith, Judy Garland, Janis Joplin, Helen Merrill, Miles Davis, Duke Ellington ou Georges Gershwin.

On la compare déjà à Norah Jones ou Diana Krall, ses performances pourraient également évoquer Peggy Lee, voire Tom Waits... Cette jeune chanteuse au vibrato reconnaaissable a un style très personnel, entre jazz et blues.

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Melody Gardot, chanteuse sensible en lunettes noires

LE MONDE | 11.05.09 | 

A l'âge de 19 ans, Melody Gardot, jolie fille mince comme il y en a tant, tombe victime d'un terrible d'accident. Vélo contre 4 × 4 dans les rues de Philadelphie, Melody Gardot, née en 1985, ne fait pas le poids. Coma profond, polytraumatismes avec lésions cérébrales aggravées, dix-huit mois de lit à télécommande, elle expérimente le grand âge et la mort. Pour revenir à la vie, un médecin suggère la musicothérapie. Bloquée sur le dos, Melody Gardot ne peut gratouiller que sa guitare. Elle était pianiste de bar : "Petite, je chantais, mais personne ne voulait m'écouter ! Je passe une audition pour entrer dans une chorale, on me refuse. A croire que ma voix était horrible...", explique-t-elle, quelques jours avant son concert parisien à l'Alhambra, le 13 mai.
Sa voix parlée est douce, femme, enfant, aussi vive qu'une sauterelle, timbrée jusqu'au baryton. L'allure générale, d'une star, brushing trois fois par jour dans un style hésitant entre Catherine Deneuve et les personnages de la série télévisée "Dallas", couleur digne de Van Gogh, minceur préraphaélite, verres fumés, plus une nouvelle canne nacrée dont elle est, à juste titre, très fière.

La canne tient l'équilibre. Depuis l'accident, les verres la protègent d'une hypersensibilité au soleil qu'elle aime si violemment. Sur son lit de douleur, elle enregistrait de petites chansons. Un copain en balance une sur Internet, succès mondial. Melody Gardot s'en irrite, mais en profite pour s'entourer. Vince Mendoza, grand arrangeur de Los Angeles, orchestre son nouvel album, paru fin avril, My One and Only Thrill (Verve/Universal Music) : "Je voulais quelqu'un de la stature de Gil Evans. Il a disparu, malheureusement. Vince Mendoza est très éclectique, très sensible, il laisse venir la musique." Et ces onomatopées qu'on assimile au scat ? "Non, je me sers de la langue des bébés, la langue d'avant le langage."

"J'AI BESOIN DE ME TESTER"

En scène, fascinante de précision et de look (lunettes noires, crinière, canne, talons aiguilles, rouge baiser), elle commence par une chanson a cappella : "Je n'en fais pas une règle, mais souvent, j'ai besoin de me lancer ainsi : c'est pour me tester, tester le public et le lieu. J'attaque avec un spiritual, No More My Lord, qu'Alan Lomax, l'ethnomusicologue, avait fait enregistrer par une femme en prison. Je me retrouve seule, nue, et je vois loin, comme un marin met au point sa longue-vue." Geste à l'appui.

Ce n'est pas du jazz, mais si le jazz d'aujourd'hui atteignait ce feeling tous les soirs, on n'en serait pas là. Depuis Berlin en mai 2008, où nous l'avions vue, pas mal de détails ont changé : "Je n'ai plus besoin de me battre avec mon corps. Ma voix ne me fait plus souffrir, et mes oreilles entendent davantage : plus de cordes, plus de tubas, plus de trombone."

En dehors du jazz, de Radiohead, et de la musique brésilienne, qu'aime-t-elle ? "Le tango. C'est une merveille. Je souffre de vertige cinétique. Voilà pourquoi, en scène, je m'agrippe au micro. Plus la canne. Mais dans le tango, vous voyez, quand vous vous tenez comme ça, allez, vous poussez votre partenaire, de sorte que, même si je sens le vertige arriver, sa main ferme dans mon dos fait que je ne tombe pas. Alors, je peux danser..." Expérience faite. Sur l'album, on l'entend rire. Dans la vie, aussi.


Francis Marmande

Source : Le Monde - Article paru dans l'édition du 12.05.09

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Currency of man

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  La vie et l'amour en rhythm'n blues. Avec pugnacité mais sans illusions. Melody Gardot s'affermit et s'affirme en véritable crooneuse.

En trois albums, chacun plus réussi que le précédent, Melody Gardot s'est affirmée en chanteuse de la trempe des plus grandes parce qu'elle n'y mettait pas seulement une séduction irrésistible mais qu'elle développait une totale exigence artistique. Melody est de l'espèce des crooners, comme Ella Fitzgerald ou Marilyn Monroe. Dans My one and only thrill, elle enveloppait sa sensualité de satins pop-jazz ; dans The Absence, elle se drapait avec volupté et exubérance dans les couleurs latines. La voici à présent éprise d'un rhythm'n'blues moderne, toute féminité épanouie, voix ayant gagné en muscle autant qu'en chair, sensibilité affermie de soul sister, femme d'abord, avec grandeur et pugnacité. Non pas contre les hommes, ni même « tout contre » (Sacha Guitry), mais avec eux comme avec elles. Currency of man, traduisons : la monnaie de l'homme. Les nouvelles chansons de Gardot traitent de la vie et de l'amour, sans illusions, sans rejet non plus, avec une intelligence plongée roidement dans le réel. Car elle est douée côté paroles, notre star. On écoute Preacherman, sur le racisme de toujours, comme jadis Strange Fruit par Billie Holiday. Côté musique, elle recourt ici encore à Larry Klein, producteur notamment de Joni Mitchell, Tracy Chapman, Madeleine Peyroux, pour concrétiser ce grand projet : donner en chansons, avec des sons d'aujourd'hui dans des décors d'hier, la BO d'un film qui pourrait s'appeler « Est-ce ainsi que les hommes vivent ? » (Aragon, chanté par Léo Ferré). La version courte comprend dix titres, la longue, « The Artist's Cut », quinze. Et l'on hésiterait à parler de chef-d'oeuvre ? — Michel Contat

1 CD Decca/Universal.

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