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Pour ceux et celles qui n’aiment pas (encore) le jazz...
(ou qui croient ne pas aimer le jazz)

Dernière mise à jour : 30/01/2016

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Certains de mes amis (certaines, surtout : ce sont semble-t-il en majorité les femmes qui n’aiment pas le jazz) déclarent ne pas apprécier le jazz. Pourtant, ils reconnaissent souvent aimer tel ou tel musicien, tel ou tel disque de jazz. Ce qu’on appelle communément « jazz » est tellement divers que chacun peut y trouver un style qui lui plaira. C’est ce que je vais essayer de démontrer ci-dessous, en espérant donner envie aux « non-amateurs » de découvrir certains aspects de cette musique qui leur auraient peut être échappé.

Qu’est-ce que le jazz, d’abord ? On le définit généralement comme « un genre de musique né aux États-Unis au début du XXe siècle, issu du croisement du blues, du ragtime et de la musique européenne ». Cette définition, bien qu’exacte, ne rend pas du tout compte de ce qu’est le jazz aujourd’hui. On pourrait le définir en creux par ce qu’il n’est pas : ce n'est pas du classique, ce n'est pas du rock, ce n'est pas de la world music, etc… Ainsi, à la différence de la musique classique, les temps faibles sont accentués, les musiciens ne cherchent pas à avoir une sonorité « standard » mais au contraire cultivent une expression personnelle. A la différence du rock, la rythmique du jazz est très rarement binaire, le plus souvent ternaire, etc. 

Cependant, les frontières des genres sont de moins en moins étanches, et c’est très bien ainsi.

Je tenterais pour ma part de définir le jazz comme « une musique dans laquelle la pulsation rythmique et l’improvisation collective ont une grande importance. »

Je suis conscient des limites de cette proposition. On me rétorquera que le rythme est parfois très évanescent, que bien d’autres musiques du monde donnent de l’importance au rythme et à l’improvisation, que d’ailleurs tout n’est pas improvisé, etc. J’admets ces objections, mais je n’ai rien de plus satisfaisant à proposer !

Le jazz a connu une multiplicité de styles et a su intégrer au cours de son histoire de nombreuses influences (blues, rock, musique latine).

Petite histoire du jazz

Le jazz est né aux États-Unis au début du XXe siècle, d'un mélange de musiques élaborées par les Noirs américains. Ses ancêtres sont les work songs, chants de travail des esclaves africains et les chants religieux, negro spirituals et gospel, chantés dans les églises lors des cérémonies religieuses. Au début du XXe siècle, le blues se développe dans le Delta du Mississippi et est largement diffusé à partir de 1920 et le premier enregistrement de Bessie Smith.

Parallèlement, le ragtime apparaît, style de piano incarné par Scott Joplin, musique syncopée influencée par la musique classique occidentale. Dans les années 1920, le stride se développe à Harlem. Héritier du ragtime, il introduit l'utilisation d'une pulsation ternaire, et la virtuosité des musiciens augmente, comme par exemple chez James P. Johnson. Le boogie-woogie se développe à la même époque à Chicago.

C'est à la Nouvelle-Orléans que l'on fait en général naître le jazz, avec les formations orchestrales des « brass bands », mélange de marches militaires revisitées par les noirs américains et les créoles, qui privilégie l'expression collective. Le premier enregistrement de jazz voit le jour en mars 1917 par l'Original Dixieland Jass Band. Autoproclamé inventeur du jazz, Jelly Roll Morton est en effet un passeur entre ragtime et jazz, mais ce sont Kid Ory, Sydney Bechet et surtout Louis Armstrong qui s'imposent comme les grands solistes des formations Nouvelle-Orléans, ce dernier ouvrant avec ses solos la porte à l'ère du Swing.

Considéré comme l'âge d'or du jazz, apparu vers les années 1930, le swing (ou middle jazz) se démarque du jazz Nouvelle-Orléans par un orchestre de plus grande taille, et privilégie les solistes au détriment de l'expression collective. C'est l'ère des big bands de Duke Ellington, Count Basie, Glenn Miller, avec un répertoire marqué par les compositions de Cole Porter, Richard Rodgers et même de Gerschwin et les chansons de variété de Tin Pan Alley, qui forment l'ossature de ce qu’on appelle les « standards ». Les grands solistes de cette époque sont Coleman Hawkins et Lester Young.

Au début des années 40 naît le be-bop, en forte rupture par rapport au style précédent. Caractérisé par des tempos très rapides, une virtuosité époustouflante, des innovations harmoniques et rythmiques, le be-bop, essentiellement joué en petites formations, provoquera, comme tout nouveau style émergent, de vives polémiques. Ses principaux représentants seront Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Thelonious Monk.

Vers les années 50 apparaissent des évolutions du bebop, comme le cool et le hard bop. Le cool et le jazz West Coast regroupent des évolutions du bop moins marquées par le rythme, et généralement faites par des blancs. Les Four Brothers de Jimmy Giuffre, les innovations de Lennie Tristano et la collaboration entre Miles Davis et Gil Evans sont généralement regroupées sous cette bannière. Au contraire, le hard bop est plutôt un mouvement noir, visant à ré-introduire plus de soul et de blues dans le bop, et pour qui l'aspect rythmique est prédominant. Art Blakey, Horace Silver ou Sonny Rollins y participent. D'autres personnalités inclassables émergent: Bill Evans, Charles Mingus, Oscar Peterson...

A la fin des années 50, les structures harmoniques et l'improvisation sont portées à leurs limites par John Coltrane. Emmenés par Coltrane et Ornette Coleman, les musiciens bouleversent la structure musicale et les techniques instrumentales. La grille harmonique, le rythme régulier, et même le thème sont supprimés, au profit d'improvisations collectives, de la prédominance de l'énergie, et de l'utilisation de techniques non conventionnelles. C'est la naissance du free jazz. Les réactions des critiques à cette nouvelle forme de jazz sont féroces, et le public beaucoup moins nombreux à suivre cette musique nouvelle.

Dès les années 60, et surtout les années 70, s'amorcent des mouvements de fusion entre le jazz et d'autres courants musicaux : jazz et musique latine (latin jazz), mais c'est surtout la fusion entre le jazz et le rock, le jazz-rock, qui remporte l'adhésion du public. Les grandes figures en sont Miles Davis et le groupe Weather Report. Un courant important voit le jour en Europe, sous l’égide de la maison de disques ECM à Münich : un jazz plus « européen », aux sonorités plus feutrées et subtiles, inspiré par la musique classique, la musique contemporaine et les musiques du monde. Jan Garbarek, John Surman, Louis Sclavis, Kenny Wheeler en sont quelques représentants.


Ceux qui aiment …
- la musique classique devraient apprécier Bill Evans
- la chanson peuvent écouter Stacey Kent ou Lisa Ekdahl
- les voix doivent écouter Ella Fitzgerald ou Diana Krall
- les musiques latines ont l’embarras du choix avec Dizzy Gillespie, Stan Getz, Gato Barbieri
- le rock apprécieront certainement Weather Report, Mahavishnu Orchestra, John Abercrombie, Terje Rypdal...

Les instrumentistes les plus importants (liste TRES limitative) :
- Trompette : Louis Armstrong, Miles Davis, Dizzy Gillespie, Chet Baker, Paolo Fresu...
- Trombone : J.J. Johnson...
- Saxo ténor : Lester Young, Coleman Hawkins, Sonny Rollins, Stan Getz, John Coltrane, Wayne Shorter, Michael Brecker...
- Saxo alto : Johnny Hodges, Charlie Parker, Paul Desmond...
- Saxo soprano : Sidney Bechet, John Coltrane...
- Piano : Thelonious Monk, Bud Powell, Oscar Peterson, Bill Evans, Paul Bley, Keith Jarrett, Herbie Hancock...
- Guitare : Wes Montgomery, Charlie Christian, Pat Metheny...
- Vibraphone : Lionel Hampton, Gary Burton...
- Contrebasse : Paul Chambers, Charles Mingus, Scott LaFaro, Charlie Haden, Gary Peacock...
- Batterie : Max Roach, Art Blakey, Elvin Jones, Paul Motian, Jack DeJohnette... 

Pour conclure, quelques incontournables à toute culture jazz :

Sidney Bechet ("Jazz Classics")
Louis Armstrong ("Louis and the Good Book")
Duke Ellington ("The Quintessence")
Count Basie ("Atomic Basie")
Ella Fizgerald ("Live in Berlin")
Charlie Parker ("Bird, the Original recordings")
Dizzy Gillespie ("For Musicians Only")
Thelonious Monk ("With John Coltrane", "Monk Alone")
Chet Baker ("Chet")
Charles Mingus ("Pithecanthropus Erectus")
Sonny Rollins ("Saxophone Colossus", "What's New")
Art Blakey ("Moanin'")
John Coltrane ("A Love Supreme", "Ballads")
Bill Evans ("Sunday at the Village Vanguard")
Miles Davis ("Kind of Blue", "Bitches Brew")
Keith Jarrett ("The Köln Concert", "Survivors Suite")
Diana Krall ("All for You", "When I Look in Your Eyes")

separateur

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