Concerti :
Compte-rendus et photos de concerts

Dernière mise à jour : 20/07/2022

Musique/Concerts

Cette page est dédiée aux compte-rendus de concerts, d'artistes corses ou pas, au gré des opportunités et de nos goûts. Pour faciliter la consultation et la navigation dans le site, les concerts sont désormais sur plusieurs pages séparées. Les concerts des groupes A Filetta et l'Alba, ceux des Rencontres polyphoniques de Calvi et enfin les concerts de jazz sont sur des pages dédiées. Et les années précédentes sont également sur des pages différentes.


12 août 2022

Le Chœur de Sartène aux Sables d'Olonne

Installés en Vendée cette année, ce n'est plus le 15 août à Paris mais bien en plein centre des Sables d'Olonne, en l'église Notre-Dame de Bon Port, que nous retrouvons Jean-Paul Poletti et le Chœur de Sartène.

Le premier chant, Stantarati, évoque les alignements de Cauria. Il est suivi de la Nanna di u bambinu , un texte du XIXe siècle sur l'air de O Ciucciarella. Une composition de Jean-Pauk Poletti, T'amu o terra, et enfin pour clôre la première partie Giramondu de Patrizia Poli.

La deuxième partie du concert est consacrée aux chants du Catenacciu de Sartène. Pange lingua, Lode di u Sepolcro, Via Cruci, Simonu, Inciampu, In Gethsemani et In cruci. C'est magnifique. On apprécie la terza très haute de Stéphane Paganelli, la tessiture et la puissance de Jean-Louis Blaineau, le timbre de Ceccè Lanfranchi et les basses profondes des frères Tramoni, sans oublier Jean-Paul Poletti.
Le climat change complètement avec Induve si ne và maghju suivi de Cambià via. Un moment comique - et un exercice de diction - avec A caccia.Après quelques extraits de polyphonies, peut-être le point culminant du concert, un extrait de Terra mea, et c'est déjà la fin. Comme chaque soir le public est invité à chanter et la soirée s'achève avec le Dio vi salvi Regina avec le début de la partition originelle retrouvée récemment en Italie et la fin dans le versu traditionnel.

Un magnifique concert qui a enthousiasmé le public de Vendéens et d'estivants.

20/07/2022

Pietra-di-Verde : un public séduit par les Violoncelles de Moita !

le Dimanche 17 Juillet 2022

Vendredi 15 juillet, Pietra-di-Verde accueillait la deuxième soirée des Violoncelles de Moita, dans une église archi-comble : les organisateurs avaient dû ajouter des chaises entre les bancs de l’édifice pour que chacun puisse trouver une place assise.
Des spectateurs nombreux pour un spectacle qui, une fois de plus, a ravi tous ceux qui avaient fait le déplacement, avec une musique remarquablement servie par « la sonorité exceptionnelle de cette église à taille humaine » ainsi que l’a souligné, en préalable, Paul-Antoine de Rocca Serra, professeur au Conservatoire de Bastia et directeur artistique de l’association.

moita

« Vous connaissez l’omelette-frigo ? s’amusait encore Paul-Antoine de Rocca Serra, en présentant la soirée. Vous prenez tout ce qui s’y trouve et vous obtenez quelque chose de délicieux ! Eh bien c’est exactement ce que nous allons faire ce soir ! » La recette a tenu ses promesses : humour, harmonie, talent et poésie ont transporté les spectateurs, du XVIIIe siècle à nos jours.

Une dizaine de violoncellistes – et même une hautboïste le temps d’une interprétation d’une composition de Piazzola – ont joué plusieurs œuvres comme une promenade dans l’histoire, nous conduisant de Luigi Boccherini à Dimitri Chostakovitch, en passant par une récitation de poème sur fond de violoncelles. 

« Avec ce qui se passe en Ukraine, on aurait pu ne pas jouer Chostakovitch, a expliqué l’un des interprètes, Frédéric Audibert. Pourtant, quand on sait ce qu’a vécu cet homme, adulé comme un génie, mais contraint par le régime… Il a élaboré des compositions à double niveau de lecture. C’est lyrique, profond, dynamique… ». Le groupe de violoncellistes a présenté une version originale, tourmentée et géniale du 1ermouvement du 1er concerto de ce compositeur difficile, qui a conquis l’auditoire. Comme à d’autres nombreux moments au cours de la soirée, il a été ovationné pour son interprétation. 

Un compositeur injustement tombé dans l’oubli

Le programme faisait aussi une place à des compositeurs moins connus : ainsi, les deux frères Audibert, en un duo remarquable, ont-ils fait découvrir aux spectateurs Jean-Baptiste Barrière, violoncelliste contemporain de Jean-Sébastien Bach, qui, en 1736, séjourna en Italie pour étudier auprès de son confrère italien, Francesco Alborea – un célèbre virtuose de cet instrument. Ce compositeur qui a contribué à l’introduction du violoncelle en France, est connu pour la sensibilité mais aussi la difficulté technique de ses compositions dont rendait bien compte la pièce interprétée vendredi soir. 

Carnet de bal…

Enfin, la Corse elle-même n’était pas oubliée dans ce programme. Outre la langue qui était à l’honneur sur les affiches et dans l’introduction de la présidente de l’association, Marie-Paule Chipponi, prononcée intégralement in lingua nustrale, le groupe a offert au public l’interprétation d’airs venus tout droit de notre fonds culturel. 

Car si Filippu Francescu Filippi, médecin originaire de Moitaet passionné de musique, avait laissé en legs son violoncelle, dont la découverte est à l’origine des Rencontres de Moita, il avait également laissé un petit bout de papier sur lequel étaient écrites deux lignes de musique – l’air de la Mauresque – et une sorte de carnet de bal dans lequel figuraient des thèmes de danse : scottishs, quadrilles, et autres mazurkas : deux ou trois airs connus et également six ou sept que les plus fins connaisseurs de notre musique traditionnelle n’avaient jamais entendus. C’est dans ce fonds Filippi que les musiciens des Rencontres ont sélectionné deux airs festifs, témoignant qu’en ce milieu du XIXe siècle, les Corses savaient également s’amuser… 

Surprise, surprise !

Cette capacité d’offrir aux spectateurs des programmes toujours renouvelés, piochant dans tous les styles et toutes les époques, avec des musiciens inattendus de dernière minute, c’est aussi ce qui fait le charme des Rencontres de Moita. De la fantaisie, de la fraîcheur, du plaisir à être ensemble et à partager la musique ! 

De génération en génération…

Les deux dernières Rencontres – de samedi 16 à Moita et de dimanche 17 à Campi – devraient également fournir leur lot de – bonnes – surprises ! Puis il faudra patienter jusqu’à l’année prochaine… Car, par chance, ces Rencontres ne sont pas près de prendre fin : dans le noyau dur de musiciens qui reviennent tous les ans, la consigne se passe de génération en génération – de père en fils… ou en fille. « Il y a même un bébé de cinq mois qui participe aux répétitions, s’amuse la présidente. C’est la troisième génération dans le groupe ! ». La relève est prête !

14/07/2022

Diana Saliceti avec le Chœur de Sartène

« Giramondu, ce titre composé par Patrizia Poli avec Patrizia Gattaceca a permis au monde entier de découvrir la polyphonie corse à l’occasion de l’ouverture des Jeux Olympiques d'hiver d'Albertville devant 35 000 personnes et des millions de téléspectateurs en 1992.
Pour moi, il est ce chant somptueux qui a ponctué ma vie d’enfant et qui m’a permis de découvrir que les femmes aussi pouvaient chanter en corse, et avec les hommes de surcroît !
Hier soir, ce fut un immense honneur de l’interpréter avec Le Chœur de Sartene. Jean-Paul Poletti était également à Albertville au sein de l’ensemble appelé » Les nouvelles polyphonies Corses ».
Chanter aux côtés de cette figure du chant corse et de cet ensemble relève pour moi du rêve devenu réalité.
Merci d’être si grands et si humbles à la fois. Di core vi ringraziu assai.
À prestu prestu ! & bon’giru per isse Francie. »

11/05/2022

Premier concert de Fiuminale

Première pour Fiuminale le 29 avril à Salernes dans le Var. Merci à vous tous pour cet accueil enthousiaste. O chì piacè eri sera pè stu primu cuncertu.

fiu mi nale

06/03/2022

E Supplicante

Via Stella retransmettait hier soir "E Supplicante" d'après Eschyle, adaptation Serge Lipszyc et Jérôme Casalonga. Retour sur ce magnifique spectacle.

supplicante

"L'humanité s'est construite dans la migration, le déplacement.
Le voyage et l'acceptation de l'autre sont le fil, la matrice qui a marqué l'histoire des hommes. Aujourd'hui comme hier le monde tremble et vacille et peut trouver s'il le désire le moyen de construire un avenir meilleur. Tout est choix et Eschyle, l'un des plus grands auteurs grecs ne nous apprend pas autre chose. Les textes antiques sont les plus forts de nos textes contemporains.

Eccu è mo pienti
Eccu è mo mughji
Oghje cantu à mè stessu
Un voceru funestu

Ce texte vient de la nuit des temps. Cinq voix de femmes pour dire l'horreur du monde.

Intemporelle, cette tragédie d'Eschyle se prête magnifiquement à une transposition musicale traduite et chantée en Corse par un chœur de femmes.

Eschyle, notre contemporain!
Comme aurait pu le dire Ian Kott.
L'histoire est un éternel recommencement.

Nous sommes partis dans l'idée d une forme mi opératique mi théâtrale avec comme point d'appui l'idée d'une polyphonie contemporaine qui parle d'une seule et même voix. La musique qui est en cours de composition, les choix scénographiques et les costumes renforceront le maillage entre temps anciens et contemporains.

Ce spectacle est bâti avec la volonté de rechercher un sens originel au chœur grec. Cinq femmes pour dire cinquante suppliantes, c'est cinq timbres vocaux pour dire avec des sensibilités différentes mais aussi avec force et conviction la question de la violence faite aux femmes. Cinq femmes qui interrogent l'exil, la fuite, l'hospitalité.

Face à elles, les hommes. Le père qui guide et conseille, le prince qui écoute, interroge, qui conduit la cité et convoque la démocratie et enfin l'adversaire, le guerrier, le frère qui violente et tue. Ces trois archétypes masculins seront interprétés par des comédiens qui ne chanteront pas et s'exprimeront en français. Un voyage de circonstance donc à la recherche d'un sens originel du chœur grec".

Serge Lipszyc

Formé à l'Ecole Charles Dullin, Serge LIPSZYC est metteur en scène, comédien, formateur, fondateur et directeur de la Compagnie du Matamore depuis 1986 (compagnie conventionnée par la DRAC d'île-de- France et soutenue par le Département des Yvelines) qui fête cette saison 2100 représentations et 50 créations. Cette saison Serge Lipszyc met en scène Maman, moi et les hommes d'Arne Lygre à la Comédie de l'Est, Centre Dramatique National. Également metteur en scène d'opéra, il a collaboré à de nombreux projets avec Jean-Marie Curti (Les Noces de Figaro, Don Giovanni, L'Enlèvement au sérail, Le Barbier de Séville, Maître Zacharius ) et avec la Compagnie Lyrique de Corse (Don Pasquale). Il a participé à la fondation en 1998 avec Robin Renucci des Rencontres internationales de Théâtre de Haute-Corse (L A.R.I.A) dont il a assuré la direction de 2011 à 2014 et la direction pédagogique de 2003 à 2015. Très attaché à la transmission, il organise régulièrement des stages à destination de tous les publics.

"Imaginez cinquante femmes sur la berge d'une mer turquoise, chantant l'espoir dans l'abîme, la crainte et l'angoisse dans la beauté. Sur les côtes de ces mers tragédiennes elles supplient, elles subliment.

Ces cinquante amazones, d'une chevauchée de la vie, nous emportent avec harmonie dans une polyphonie légendaire. Il n'y a pas de plus beau sujet que de composer sur cette tragédie d'eschyle, chant épique des temps modernes, poésie interrogeant la raison de vie, le droit du sol, l'essence même de l'existence ainsi que l'appartenance à la terre.

Une réflexion sur la différence entre "partir et fuir", "sédentarisation et aliénation", "migration et exil". Imaginez le son de ces cinquante nymphes naviguant sur les flots, rebondissant sur la roche salée. Ce son a déjà un parfum qui sent le romarin, l'asphodèle, le thym et l'immortelle. J'en extrais l'essence, je la divise, je la décompose, je découvre ces molécules, ces particules les plus fines, pour pouvoir enfin me mettre au travail. Alors je commence à composer, non plus pour cinquante femmes, mais pour cinq chanteuses comédiennes. Chacune, métaphore d'une voix maîtrisant son sujet, nous restitue cette légende intemporelle et nous amène vers un dialogue symphonique entre musique et parole, entre elles, "Les Suppliantes" et Danaos et entre le Prince et l'Egyptien.

Parmi les sources d'inspirations multiples, j'utilise pour cette composition les principes du chant polyphonique méditerranéen remontant jusqu'aux premières sources du chant byzantin. La langue de cette œuvre est le Corse.

Musicale, vivante, aguerrie à la pratique polyphonique, elle fut façonnée depuis des millénaires par les peuples qui l'ont constitué.

La Corse, cette île devient alors Argos dans le Péloponnèse ou Chypre face à la Syrie pour que l'auditeur s'incruste dans ce voyage et qu'il fasse corps avec le son. Le spectateur s'emporte dans ces chants mélismatiques, eux-mêmes dialoguant avec les différents personnages de la tragédie, mais cette fois en français.

Dans cette conversation entre la musique chantée et le texte joué, le rythme et la cadence sont prépondérants. Ce sont eux qui nous éclairent pour la compréhension du propos. La symbiose de toutes ces formes d'expressions devient un opéra limpide aux formes poétiques et synthétiques.

Le discours devient la parole, la légende, la vérité, la monodie, la polyphonie, la question, la réponse... Comme si la durée n'avait plus de temps, si le lieu n'avait plus d'espace, et l'endroit plus d'importance". Jérôme Casalonga

Né à Ajaccio, Jérôme CASALONGA est chanteur, instrumentiste et compositeur. Il a suivi une formation de musique traditionnelle et musiques anciennes participant aux travaux de recherche et de création au sein du groupe A Cumpagnia et de l'ensemble Organum.

Il est responsable de la Casa Musicale depuis 1985 à Pigna, lieu phare du renouveau culturel en Corse, et Directeur artistique du Centre National de Création Musicale Voce.

Fondateur de Zamballarana, groupe emblématique de la nouvelle musique Corse, du groupe instrumental Baïna Project, du duo Nobilonga et du duo Cumparte, il se produit avec ces différentes formations dans de nombreux lieux et festivals dans le monde et collabore avec de nombreux musiciens et ensembles parmi lesquels Jacques Nobili, Francis Lassus, Carlo Rizzo, Jacky Micaelli, Jérémy Lohier, Antonello Salis, Taraf de Haïdouks, Barga Jazz Ensemble, Ensemble Tavagna, Amina Alaoui, Le Mystère des Voix Bulgares, Malcolm Bothwell…

Jérôme Casalonga a écrit et composé pour ses groupes et ensembles plus de 150 chansons et une série d'œuvres vocales et instrumentales et enregistré plus d une trentaine de disques. Il compose également des musiques pour le théâtre, la publicité, et des commandes publiques.

« L'action des Suppliantes se situe devant un lieu sacré, mais à la frontière de la cité » indique Pierre Vidal- Naquet. Et dans le cours du texte, Danaos dit : «Mieux vaut, mes filles, vous assoir sur ce tertre consacré aux dieux d une cité, mieux qu un rempart cet autel est un infrangible bouclier».

"C'est sur ce double concept de rempart/frontière d'une part, et lieu sacré/temple, d'autre part que le dispositif scénique a été conçu. Il est constitué de 7 panneaux mobiles autoporteurs qui peuvent se combiner par éléments séparés (4 et 3, ou 2, 3 et 2) pour composer des figures qui déterminent des espaces de natures diverses : ouverts, fermés, concaves, convexes, linéaires, brisés, etc.

Chacun de ces panneaux porte en partie des surfaces de plexiglass qui ont la particularité de réagir de manières différentes selon la lumière en vertu du principe des «couches minces». Eclairées de face ou de profil, elles renvoient de chatoyantes couleurs irisées et changeantes.

Un objet ou un personnage placé derrière si il est éclairé les rend absolument transparentes. Placées devant un fond noir ou peu éclairé, elles deviennent opaques et se transforment en miroirs. L'effet miroir, conjugué avec la position semi-circulaire en forme d'abside de temple, a pour conséquence de multiplier les cinq femmes du chœur pour qu'elles deviennent les cinquante filles de Danaos.

Mais ces panneaux peuvent aussi rappeler par leur forme les barrages qui sont dressés aux frontières pour interdire le passage des migrants, et derrière le miroir laisser alors voir par transparence ou par retournement des barbelés. Un élément en volume complète le dispositif, simple parallélépipède rectangle blanc ou noir sur lequel le chœur peut s'asseoir ou un personnage se tenir debout".
Toni Casalonga

Né à Ajaccio, Toni CASALONGA vit et travaille en Corse, à Pigna. Après des études effectuées à l Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris et à l Accademia di Belle Arti de Rome, il se consacre à la sculpture, la peinture et la gravure que lui a enseigné S. W. Hayter à l atelier 17. A ce titre, il expose dans de nombreuses villes d Europe ainsi qu au Canada. Ses œuvres figurent au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale de Paris, au Musée d art et d histoire de Neuchâtel (Suisse), au Fonds régional d Art Contemporain de Corse (FRAC) et au Musée de la Corse.

Il travaille en outre sur les scénographies et la réalisation de nombreux spectacles musicaux de création comme Troilu e Cressida, adapté par G. Thiers de W. Shakespeare, pour le Teatrinu et le Teatro di Sardegna, l opéra Robin et Marion de Bruno Coulais et Orlando Forioso, Gaua de Kristof Hiriart coproduit et présenté au Théâtre du Merlan (Scène nationale, Marseille), Le banquet du vœu pour l Ensemble Gilles Binchois à la Cité de la Musique à Paris en 2004, l Orfeo de Claudio Monterverdi dirigé par Sergio Vartolo au Palais des Congrès d Ajaccio en 2005, les Cantigas di Santa Maria pour l Ensemble Micrologus à la Cité de la musique en 2003, au Festival d Anvers et au Concergebow de Bruges en Il est le scénographe de quatre créations de Pierre Sauvageot pour le Centre National de Création des Arts de la Rue Lieux publics: Babelplatz (2005), La symphonie des Mille (2006), L Odyssée (2006/2008), Champ harmonique (2010/2013). En 2006, il réalise pour l Ensemble Musicatreize le spectacle vidéomusical Les sorcières.

En 2008, il est le directeur artistique de Davia, Sultana Corsa (2008), spectacle de marionnettes à fil animées par les artistes du Théâtre National des Marionnettes de Prague, un spectacle musical trilingue (corse, arabe et français) composé par Henri Agnel et Jérôme Casalonga. La même année, il crée pour l Ensemble Daedalus The Silver Swan et en 2009, pour l Ensemble Lucidarium, Con l arte e con l inganno. En 2015, il conçoit la scénographie d Ulysse(s) d après James Joyce, mise en scène par Isabelle Luccioni au Théâtre Garonne à Toulouse. En 2016 celle de Horae cedunt pour le Festival d Aix-en-Provence, et en 2018 celle de Chanter l icône pour le Musée du Petit Palais à Paris, deux créations de Michel Petrossian, pour l Ensemble Musicatreize dirigé par Roland Hayrabedian.

Consultant du Centre National des Arts de la Rue Lieux Publics (Marseille), il a enseigné en outre la scénographie à l Università di Corsica comme professeur associé de 1998 à

EXTRAIT DE L ADAPTATION

LE PRINCE
Que voulez-vous avec ces rameaux verts ornés de rubans?

SUPPLICANTE
Fughje a schiavitù di l'Egizziani.

LE PRINCE
Que hais-tu? Tes frères ou l'inceste?

SUPPLICANTE
S'è ne era innamurata, averebbenu a mio dota

LE PRINCE
Comment puis-je vous aider?

SUPPLICANTE
S'elli ghjughjianu l Egizziani, ti pregu ùn ci dai.

LE PRINCE
Tes mots sont terribles. C'est la guerre que tu convoques.

SUPPLICANTE
A ghjustizia hè cun tè.

LE PRINCE
Oui, mais est-elle avec vous?

SUPPLICANTE
U nostru sperà hè in la to manu.
O : A nostra speranza…

LE PRINCE
L'ombre de ces rameaux me glace.

SUPPLICANTE
Ci vole a teme! A furia di Zeus!
Principe maestru di i Pelasgi
Figliu discendente di Palaictonu
Avvia pietà di mè, ti pregu apri lu to core
Salvaghjine hè persa in bocca di u lupu
Eccumi fughjidiccia è supplicante

Corcia à la muntagna, abbandunata
Mughjendu i mio pienti lacrimosi
Chjamu un pastore à voce rivolta

LE PRINCE
Elle peut irriter les dieux, cette ombre.
Que l'arrivée de ces étrangers ne nous apporte pas le trouble.
La cité n'en a nul besoin.

LES INTERPRETES

Marie-Ange GERONIMI
Fanny CHATELAIN
Lea ANTONA
Federica BOCCHINI
Patrizia BOVI

Christian RUSPINI
Jérôme CASALONGA
Serge LIPSZYC

21/02/2022

Les musiques d'Invernale réchauffent le cœur de l'hiver

Par: Flora Agostini
Publié le: 21 février 2022
Dans: Corse Matin / Société / Culture - Loisirs

Les chanteuses de Suarina surprennent par leur voix, leur jeunesse et leur grâce.
Les chanteuses de Suarina surprennent par leur voix, leur jeunesse et leur grâce.
OLIVIER SANCHEZ/CRYSTAL PICTURES

17 °C au pied des monts enneigées. Paré de mimosas et d'amandiers en fleurs, Calenzana offrait un visage souriant au doux soleil de l'hiver, pour l'ouverture d'Invernale. Rencontres scolaires, conférence, masterclass, concerts : jusqu'à demain encore, place aux musiques vivantes

Invernale, le pendant hivernal des Rencontres de Calenzana, a commencé ce jeudi par une intervention à l'école primaire du village, avant des ateliers similaires à Belgodère et à Calvi. Lors d'une séance très interactive, de jeunes enfants ont appréhendé la diversité des musiques d'ici et d'ailleurs ; leur adhésion à la démarche fait regretter sa rareté.

" Ils n'ont pas vu passer le temps ! ", commente Lilla Peretti, leur enseignante. Dans sa classe bilingue CP-CE1, les élèves ont chanté les chansons qu'ils connaissaient, sur les guitares du groupe Suarina. Enfants et artistes ont chanté ensemble, avant que Suarina explique les polyphonies corses, et leur transmette la technique de la main à l'oreille. Puis découverte de la musique de Rasa, venue d'Inde du nord. Assis sur un tapis, proches de leur public fort intrigué, les deux musiciens ont expliqué la fabrication d'un sitar. Nihar Metha a joué sur ses tablas des rythmes au comptage très mathématique, que les élèves ont reproduits en frappant dans leurs mains. Pendant cet échange ludique, ils ont appris le nom des rythmes de base dans la langue natale du percussionniste. Lors de silences contemplatifs, le jeune public s'est laissé emporter par la musique.

Plus tard, pour le public adulte, Rasa a levé le voile sur cette musique d'Inde du nord. Maison Saint-Michel, un éclairage bleu donnait à la conférence son ambiance feutrée et irréelle, comme pour un concert. Et c'est effectivement en musique que Nicolas Delaigue et son comparse ont introduit les spectateurs à un art plusieurs fois millénaire, sophistiqué, et très exotique pour des oreilles occidentales. Liée au culte religieux védique, cette musique autrefois hermétique est aujourd'hui popularisée ; elle existe maintenant par elle-même. Et la magie opère ! Aucun instrument n'étant soumis à l'autre, la beauté se révèle dans l'improvisation d'égal à égal entre les deux instruments solistes ; ils se cherchent en parallèle puis se trouvent, atteignant un niveau de dialogue qui confine à l'extase.

Sainte Restitude accueille des concerts jusqu'à mardi.  -
Sainte Restitude accueille des concerts jusqu'à mardi. 

Suarina et Meridianu

Sainte Restitude a accueilli en soirée le groupe féminin Suarina et le groupe masculin Meridianu, composés chacun de quatre chanteurs dont deux guitaristes. Les chanteuses de Suarina surprennent par leur voix, leur jeunesse et leur grâce. Quel plaisir de voir ces fées clochettes réenchanter l'espace vocal nustrale par leur son nouveau, plein de fraîcheur et de sincérité ! Une formation débutante sujette à ajustement, puisqu'Anna Arrighi étrennait le live à Calenzana. Mais Angélique Degiovanni, Elisa Tramoni et Sylvia Gensollen ont jeté les bases d'un projet artistique très prometteur, mélangeant avec bonheur influences pop, folk, latines traditionnelles... Une petite majorité de reprises pour le moment, mais la fibre compositrice se renforce sur des textes d'Alain di Meglio, Patrizia Gattaceca, Ceccè Lanfranchi...

Meridianu fait son miel de toutes les rencontres et ouvertures sur d'autres traditions vocales. -
Meridianu fait son miel de toutes les rencontres et ouvertures sur d'autres traditions vocales.

Groupe plus mûr, Meridianu attaque très fort avec Mediterraniu, suivi d'un Ciuciarella très personnel et finement interprété. Sous leurs allures de géants, ces artistes cachent des trésors de délicatesse et de sensibilité. Leur chant s'appuie sur de magnifiques voix corses, puissantes, authentiques et affirmées. Dans leurs interprétations maîtrisées transparaît l'influence de A Filetta, dont ils furent les élèves. Meridianu fait son miel de toutes les rencontres et ouvertures sur d'autres traditions vocales. Partant du style polyphonique corse traditionnel, le groupe sait conjuguer ses nombreuses influences pour un effet très naturel. Cette seconde édition des rencontres Invernale se poursuit jusqu'à mardi.

 

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