E nove (archives 2008)

Dernière mise à jour : 19/01/2013

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GUERRE DES POLICES EN CORSE

LE MONDE | 10.11.08 | BASTIA (Corse) CORRESPONDANT

On assiste depuis des mois à une guerre des polices. (...) Je suis la victime d’un conflit qui me dépasse totalement." L’homme qui tient ces propos n’est ni un haut fonctionnaire tombé en disgrâce ni un policier anonyme et blasé. Il s’appelle Antoine Nivaggioni. En fuite depuis novembre 2007, il est mis en cause dans le cadre d’une enquête de grande ampleur conduite par la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille.

Dans un entretien au mensuel Corsica de novembre, cet ancien nationaliste, soupçonné d’avoir détourné des fonds de la Société méditerranéenne de sécurité (SMS) et participé à des marchés publics truqués, a donné corps au conflit qui mine les services de police dans l’île, à coups de tracts anonymes et d’accusations réciproques de "chantiers" - des manipulations, en langage policier.

D’un côté, la police judiciaire (PJ) et le groupe d’intervention régionale (GIR) d’Ajaccio, maîtres d’oeuvre des investigations visant la SMS. De l’autre, Bernard Squarcini, l’emblématique patron de la nouvelle Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et l’un des meilleurs connaisseurs des affaires corses. Les premiers accusent plusieurs collaborateurs de M. Squarcini d’avoir "couvert" - et sur ses instructions - les agissements de Nivaggioni. Le second s’en défend et soupçonne ses détracteurs de la PJ d’être à l’origine d’un tract anonyme largement diffusé à Ajaccio il y a un mois, le citant comme le "protecteur" de l’ancien nationaliste en fuite.

Depuis la fin de la guerre fratricide entre nationalistes, en 1996, traitement judiciaire du terrorisme et logique du renseignement n’ont cessé de s’opposer. "On nous demande d’apporter des solutions judiciaires à l’affairisme, on nous met la pression pour résoudre le problème de la criminalité en col blanc, mais on se rend compte que les nécessités du renseignement et les tractations en coulisse n’ont jamais cessé avec certains", assure, sous couvert d’anonymat, un fonctionnaire de la PJ.

Dans ce conflit entre services, le premier round semble avoir tourné à l’avantage de M. Squarcini avec la mutation du commissaire principal Robert Saby : directeur adjoint de la PJ ajaccienne, il était la cheville ouvrière de l’enquête sur la SMS. Selon nos informations, la décision de sa mise à l’écart, qui devrait être effective le 1er décembre, a suivi une entrevue orageuse entre l’intéressé et M. Squarcini, il y a trois semaines.

APPELS TÉLÉPHONIQUES "INTRUSIFS"

S’il quitte la Corse, le commissaire Saby n’en a pas moins oublié d’assurer ses arrières. Nichés dans les quelque 40 000 pages du dossier judiciaire, des procès-verbaux dont Le Monde a pu prendre connaissance suscitent des interrogations sur les tentatives d’ingérence répétées en pleine enquête judiciaire de la part de certains policiers des ex-Renseignements généraux (RG).

Fait rarissime, les fonctionnaires de la PJ ont consigné noir sur blanc les dates, heures et motifs de ces appels téléphoniques jugés "intrusifs" de leurs collègues des RG.
Le 16 mars 2007, à l’heure du déjeuner, le commissaire Saby se met devant son ordinateur : cinq minutes plus tôt, l’un de ses subordonnés l’a avisé qu’il venait de recevoir deux appels d’un responsable local des RG lui demandant si l’un des protagonistes de l’affaire de la SMS avait bien été placé sous surveillance téléphonique par la PJ. "Soumis à son devoir de réserve, le fonctionnaire de la PJ a été dans l’obligation de nier l’existence de cette surveillance", conclut le directeur adjoint de la police judiciaire corse dans son PV. L’écoute existe pourtant bel et bien.

Trois jours plus tard, c’est un fonctionnaire de la Direction centrale des renseignements généraux qui, depuis Paris, appelle le poste professionnel d’un brigadier-chef du GIR en poste à Ajaccio. Le RG se montre pressant. Il veut, lui aussi, en savoir plus sur les écoutes en cours dans l’affaire de la SMS. Le même rappellera le lendemain, à cinq reprises. Peu convaincu par les explications de son interlocuteur, son ton se fait plus offensif que la veille : "On a su que ce numéro était branché par toi", fait-il savoir, à toutes fins utiles, à son collègue.

Le 21 mars, nouvelle salve d’appels. Cette fois, l’enquêteur du GIR esquive, sans oublier d’en faire mention dans son procès-verbal : "Pour éviter de converser avec lui, écrit-il, l’un de nos collègues lui a indiqué que nous nous trouvions au siège de la DRPJ." Pas découragé pour autant, le policier des RG compose, dès le lendemain, le numéro du chef du GIR, en charge des investigations sur la SMS. Sans plus de succès. Interrogé sur les raisons d’une telle insistance, le fonctionnaire curieux "restait évasif (...) et ne fournissait aucune explication cohérente", indique le procès-verbal. Tous les appels émanent de fonctionnaires corses, considérés comme des proches de M. Squarcini. L’"explication cohérente" pourrait trouver son origine dans la date des appels téléphoniques : tous ont eu lieu quelques jours avant une première vague de perquisitions et d’interpellations visant Antoine Nivaggioni, ses proches et les locaux de la SMS.

Antoine Albertini Article paru dans l’édition du 11.11.08

GEORGIE : Vladimir Poutine voulait-il éliminer Mikheïl Saakachvili en août 2008 ?

DÉCLARATIONS D’ANDRÉÏ ILLARIONOV
mardi 28 octobre 2008, par Mirian Méloua

Selon Andréï Illarionov (1), l’ancien sherpa de Vladimir Poutine (2), le Premier ministre russe aurait conçu le plan d’éliminer le président géorgien Mikheïl Saakachvili (3) en août 2008 et de le remplacer par un ancien responsable de la Sécurité géorgienne, Igor Guiorgadzé (4) aujourd’hui exilé à Moscou.

Le plan initial russe

Il aurait consisté

1) à masser des forces militaires au Nord Caucase, à proximité de la frontière géorgienne, sous couvert de manoeuvres,

2) à faire pénétrer chars et troupes russes en Ossétie du Sud,

3) à faire évacuer le population civile de Tskhinvali en prévision des combats,

4) à envoyer ensuite les blindés russes à Tbilissi,

5) à renverser Mikheïl Saakachvili et son gouvernement,

6) à mettre en place une autorité pro-russe dirigée par Igor Guiorgadzé.

Les trois premières étapes du plan auraient été réalisées (présence en Ossétie du Sud de 200 chars russes et de 20 000 hommes / évacuation par les autorités ossètes de la population de Tskhinvali dès le 3 août), la réaction géorgienne aurait empêché le déroulement des étapes suivantes.

La réaction géorgienne

L’armée géorgienne ne pouvait aligner que 42 chars et 4000 hommes face à une offensive venant d’Ossétie du Sud, les autres forces se positionnant face à l’Abkhazie et 2000 soldats géorgiens se trouvant en Irak.

Le 7 août 2008, informé des renforts militaires russes présents en Ossétie du Sud et du danger immédiat qu’ils représentaient pour Tbilissi, Mikheïl Saakachvili aurait lancé l’attaque sur Tskhinvali afin de retarder l’avancée russe et de laisser le temps à la communauté internationale de sauver la capitale géorgienne (et se sauver lui-même).

La stratégie de substitution

L’échec de la stratégie initiale de Vladimir Poutine l’aurait conduit

a) à faire détruire un maximum d’équipements militaires géorgiens (Poti, Sénaki, Haut Kodori, Gori, Marnéouli ..),

b) à reconnaître les indépendances de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie (reconnaissance non prévue à l’origine),

c) à entâcher la réputation internationale de Mikheïl Saakachvili par une guerre médiatique l’accusant de la destruction de Tskhinvali et du génocide des Sud Ossètes (5).

Les affirmations d’Andréï Illarionov sont en évidente contradiction avec la thèse officielle de Moscou.

Notes :

(1) Andreï Illarionov fut conseiller économique des gouvernements russes dans les années 1990 et de Vladimir Poutine de 2000 à 2005 ; à ce titre, il est son sherpa pour les sommets du G8. Il démisionne pour absence de libéralisme dans la politique économique retenue en Russie. Il est aujourd’hui consultant pour une structure de réflexion, think thank, à Washington, le CATO Institute.

(2) Russie : biographie de Vladimir Poutine, homme d’Etat

(3) Géorgie : biographie de Mikheïl Saakachvili, président de la République

(4) Igor Guiorgadzé, ancien responsable de la Sécurité géorgienne, est soupçonné d’avoir organisé dans les années 1990 un attentat contre Edouard Chévardnadzé. Recherché par la justice géorgienne, il s’est réfugié à Moscou. Il anime à distance un parti politique, le Parti de la Justice, interdit sous l’ère Saakachvili : un certain nombre de ses cadres ont rejoint le Parti de l’Espoir, qui présentait un candidat aux élections présidentielles géorgiennes de janvier 2008 (moins de 1% des suffrages exprimés) et qui s’opposait à la demande d’adhésion à l’OTAN (validée par 72,9% des suffrages exprimés). Voir aussi Géorgie : les partis politiques après 1991

(5) L’un des arguments d’Andréï Illarionov est la surestimation du nombre de victimes ossètes lors du bombardement de Tskhinvali par les forces géorgiennes : de 2000 victimes dans les premières heures, il serait en définitive de 134, à 80% constitué de militaires. Ce serait la preuve d’après l’économiste russe, d’une part que Tskhinvali aurait été évacué de sa population civile à la demande des autorités antérieurement à l’attaque géorgienne, d’autre part que la propagande aurait été orchestrée à l’avance afin d’accréditer un génocide ossète loin de la réalité des faits.

Voir aussi:
www.lemonde.fr/archives/article/2008...> class="principal">
par Natalie Nougayrède.

 

GEORGIE : Le témoignage de Jonathan Littell

L’auteur des "Bienveillantes" s’est rendu en Géorgie peu après le cessez-le-feu avec la Russie. Il a parcouru la région, rencontré hommes politiques, généraux russes, habitants et soldats, tenté de comprendre les différents points de vue. Voici son reportage publié dans Le Monde2 (en pdf à télécharger ici).

JACQUES CULIOLI RECOMPENSE A L’EUROVISION

Articles de Corse Matin à télécharger : n°1 et n°2 .

JACQUES CULIOLI A L’EUROVISION

Article de Corse Matin du 3 octobre 2008 à télécharger .

JEAN-PAUL POLETTI HONORE

Article de Corse Matin du 8 octobre 2008 à télécharger .

RETOUR SUR LA GEORGIE

Notre solidarité pleine et entière avec les civils géorgiens victimes de la guerre ne saurait nous dispenser de la nécessaire réflexion sur les causes multiples de ce conflit.

Petit rappel de l’histoire récente :

Le territoire de la Géorgie s’étend au sud de la Caspienne, aux frontières de la Turquie, de la Russie, de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan. Cette position centrale lui vaut de se trouver au cœur d’une zone de fortes turbulences depuis l’éclatement de l’URSS en 1991. Au cœur surtout de la formidable guerre des oléoducs que se livrent les États-Unis et la Fédération de Russie dans cette région. La Géorgie est ainsi devenue un champ clos d’affrontements des grandes puissances et un enjeu stratégique et pétrolier.

Au moment de l’indépendance, la guerre d’Abkhazie (province du nord-ouest où la minorité abkhaze a expulsé la majorité géorgienne de la population) a été menée grâce à l’appui des avions et des canons russes. Bilan : 400 000 réfugiés. L’Ossétie du Sud (province du nord du pays) a fait sécession avec le soutien russe.

Dans ce contexte, cette Géorgie affaiblie, humiliée mais attachée à son indépendance, a accueilli plutôt facilement un protecteur américain jugé moins menaçant que le voisin russe.

Le régime d’Edouard Chevardnadze surnommé "le renard blanc", chef de la Géorgie soviétique puis de la Géorgie indépendante, a donc fait allégeance aux Etats-Unis et a été en retour largement choyé par Washington, qui en a fait le principal bénéficiaire dans la région de son aide économique. En échange, la Géorgie s’est alignée sans mot dire sur la politique étrangère de la Maison-Blanche.

Lorsqu’en 1999 Boris Eltsine lui demande d’utiliser le territoire géorgien pour lancer une invasion de la Tchétchénie, le chef de l’État rejette la demande russe, alors qu’un mois après le 11 septembre 2001, Chevardnadze propose d’accueillir les troupes américaines en échange d’une aide financière de Washington. La Géorgie a ensuite servi de relais pour les vols de l’US Air Force lors de la guerre d’Afghanistan, et a autorisé quelques centaines de militaires américains à encadrer des commandos géorgiens censés pourchasser d’hypothétiques membres d’Al Qaïda du côté de la Tchétchénie voisine.
Pourtant, progressivement, Chevarnadze déçoit ses alliés américains. Son régime corrompu est au bout du rouleau, et surtout il améliore ses relations avec Moscou et s’éloigne des Etats-Unis. Alors les Etats-Unis le lâchent et préparent le jeune Mikhail Saakashvili à prendre la succession. Les services américains organisent en sous-main ce qu’on appellera la "révolution des roses". Présenté comme un mouvement spontané et non violent, le soulèvement qui a forcé Edouard Chevardnadze à renoncer à la présidence de la Géorgie est en réalité le fruit d’une patiente manipulation américaine.

Avec la destitution du président Chevardnadze, c’est donc une opposition très pro-américaine de "néo-cons" qui arrive au pouvoir à Tbilissi, avec pour objectif d’intégrer le plus rapidement possible l’OTAN.
La Russie ne peut admettre de voir un pays clé de leur frontière sud passer directement dans le camp américain. En ouvrant l’OTAN aux débris de l’Union Soviétique et de la Yougoslavie, en favorisant les tendances russophobes des gouvernements polonais et tchèques pour qu’ils hébergent des missiles pouvant être facilement dirigés vers la Russie, les Etats-Unis soufflent sur les braises, au mépris des peuples...

Ces derniers mois, les séparatistes d’Ossétie du Sud et leurs alliés russes ont considérablement fait monter la tension dans la région. En avril, l’Otan a promis à la Géorgie – sans donner toutefois d’échéance – qu’elle serait un jour intégrée dans l’Alliance, le leitmotiv de la diplomatie de Mikhaïl Saakachvili depuis son arrivée au pouvoir en 2004.

Moscou a répliqué en appelant à établir des liens officiels avec les républiques séparatistes de Géorgie, que la Russie soutient depuis des années, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud.
Depuis, aiguillonnés par le «précédent du Kosovo», devenu indépendant en février dernier, les séparatistes ont multiplié escarmouches et incidents.

Mais c’est finalement Tbilissi qui a perdu patience et a attaqué en premier. Le président Saakachvili avait fait de la réintégration des territoires «perdus» une priorité, et les combats avaient déjà brièvement repris en 2004. Il avait pourtant, quelques heures plus tôt, décrété un cessez-le-feu unilatéral. Ce qu’il cherche, c’est à internationaliser le conflit pour modifier les règles qui président au processus de paix. Jusqu’à maintenant, le processus de paix en Ossétie du Sud est, depuis les accords de Dagomys signés en 1992, sous la responsabilité de la Commission mixte composée de la Russie, de la Géorgie, de l’Ossétie du Nord et de l’Ossétie du Sud, soit un rapport de force largement favorable à la ligne russe. Tbilissi cherche à faire intervenir les Occidentaux dans la crise pour sortir de cette Commission ou l’élargir et faire prendre en charge la résolution du conflit ossète sinon par la communauté internationale du moins par le Conseil de sécurité de l’ONU.

Pour le Kremlin, c’était le moment rêvé pour «punir» cet ancien allié, qui avait eu l’audace de le «trahir» en lui préférant les Etats-Unis.

Mais comment croire que Saakashvili ait décidé de bombarder l’Ossétie du Sud sans l’aval de son protecteur américain, qui était très vraisemblablement au courant (voire à l’origine) des préparatifs militaires côté géorgien. Mais les Etats-Unis n’iront pas jusqu’à rompre leurs relations avec la Russie. La Géorgie ne vaut pas une guerre...

SOS GEORGIA

Dimanche 17 août – 12h00

- Après la messe dominicale (11h00), une messe funèbre, à la mémoire des géorgiens tués par les forces militaires russes, sera célébrée à l’’Eglise géorgienne Ste Nino, à 12h00 (6-8 rue de la Rosière, Paris 15e).
- A 12h30 à l’’Eglise géorgienne Ste Nino : collecte de fonds destinée aux réfugiés (60 000 personnes sont actuellement réfugiées à Tbilissi venant de Samachablo et de Gori) et notamment aux personnes les plus fragilisées.

Mercredi 20 août – 19h00
«Chanter pour la Géorgie » sur le Parvis de Beaubourg (Paris 1er, Métro Rambuteau). Autour des groupes de chants et des chanteurs, sera organisée une large manifestation. Cette initiative sera relayée au même moment dans tous les autres pays par les différentes communautés géorgiennes.

Informations pratiques pour les dons

Par chèque :

libellé du chèque : Association Géorgienne en France, en précisant la destination : Fonds d’’aide aux réfugiés,
à l’’adresse suivante :
Othar Zourabichvili – Président de l’’AGF
3 rue de l’’Asile – F 78400 CHATOU

Par virement :

Association Géorgienne en France
Caisse d’’Epargne Ile de France Ouest,
8 bis rue de Maurepas –
92500 RUEIL-MALMAISON
compte référence : IBAN FR76 1786 5006 0008 2759 3107 445.
Spécifier la destination des sommes virées : Fonds d’aide aux réfugiés.

Les fonds recueillis seront directement transférés à l’’organisation : ACTS GEORGIA (A Call To Serve) (celle-ci constituée de médecins géorgiens oeœuvre depuis plus de 10 ans pour l’’aide humanitaire en Géorgie). Ces fonds seront spécifiquement destinés aux achats de première nécessité pour les réfugiés.

29/7/2008
Rizzanese : un fleuve en danger

Magnifique rivière sauvage du Sud de la Corse, le Rizzanese vit ses derniers instants de liberté quasi intacte. Le chantier d’un barrage hydroélectrique de 40 mètres de haut, vient de commencer. Le WWF et bon nombre d’associations dénoncent cette réalisation d’un autre temps qui selon eux, ne constitue en aucun cas une réponse durable au problème énergétique de la Corse.

Avec un coût estimé à 150 millions d’euros, cet ouvrage d’une capacité de 1,3 millions de m3, prévu pour produire 80 GWh d’électricité par an, ne couvrira que 4% des besoins en électricité de l’île, pour un coût écologique démesuré.
Or, le barrage est une menace directe sur les populations de poissons locales et migratrice, dont la truite macrostigma, une espèce endémique de Corse et l’anguille, déjà fortement menacée : le Rizzanese, dont une partie de l’eau a déjà été détournée pour alimenter le barrage de l’Ospedale, va être mis sous canalisation sur 12 kilomètres, empêchant l’anguille de remonter sur les affluents de la rivière. Ce réservoir d’eau servirait aussi aux besoins agricoles (fourrage et élevage extensif des vaches) et à l’irrigation, à l’heure où les politiques agricoles et énergétiques sont en pleine évolution.

Un grand barrage de trop, au moment du Grenelle de l’environnement

L’ADRE, l’Association de Défense du Rizzanese et de son Environnement et les nombreuses
associations locales - dont la Fédération de Pêche de Corse - et la commune de Zonza, qui se battent depuis plus de 20 ans, n’ont pu empêcher le coup d’envoi juridique de ce projet, critiqué par de nombreuses institutions. Même EDF reconnaît, d’après l’ensemble des études d’impacts réalisées à ce jour en Corse, la richesse inégalée de la faune et de la flore du Rizzanese.

Comme pour les 45 000 grands barrages construits dans le monde, celui sur le Rizzanese va profondément et de façon irréversible modifier le cours d’eau, ses paysages de gorges et l’économie touristique, principalement développée autour de la pêche récréative et des sports d’eau vive. Les guides de pêche et des sportifs de renommée internationale considèrent le Rizzanese comme la plus belle rivière de Corse. Mais les plages locales, en particulier celles au sud de Propriano, inventoriées au titre de Natura 2000, vont aussi être endommagées suite blocage des sédiments par le barrage.

Pour un parc éolien

Tous ces dégâts pourraient être évités d’une part en développant une agriculture de qualité et
d’autre part en misant sur les autres énergies renouvelables (solaire, bois, énergie, éolien) pour produire une réelle électricité renouvelable. Ainsi, la création d’un parc éolien d’une vingtaine de machines de 1,5 MW chacune peut produire autant de courant électrique que le barrage, avec une empreinte écologique bien moindre sur les milieux naturels et la création de nombreux emplois. Provisoirement, un raccordement peut-être effectué sur le câble d’alimentation Italie-Sardaigne. « Alors, ne renouvelons pas les erreurs du passé et tirons les leçons du retour d’expérience
dramatique du barrage de Puylaurent en Lozère, qui a détruit la dernière grande rivière à truite de la Lozère et a accéléré l’exode rural » déclare Daniel Richard, Président du WWF.

L’exemple de la Loire a démontré la pertinence de l’approche de « gestion durable des fleuves ». La Corse peut déjà compter sur un parc hydroélectrique important qui fournit 30 % de la demande annuelle en électricité et la place à la pointe en termes d’énergie renouvelable hydroélectrique, bien au-dessus de la moyenne nationale, de 13 % environ.
C’est pourquoi, le WWF et ses partenaires demandent à EDF et aux élus corses d’arrêter le chantier et de lancer au plus vite l’étude pour les alternatives économiques, environnementales et sociales à cet énième barrage.

REPORTAGE

Corse, les derniers jours du fleuve

LE MONDE 2 | 25.07.08 | 14h34

C’est le printemps ; un printemps venteux, glacial, tempétueux, cinglé de pluie, et c’est très bien ainsi : nous sommes en accord avec le paysage. L’eau qui tombe du ciel gonfle le torrent qui bouillonne à nos pieds, le vent qui nous fouette le visage tord le fil des cascades, le fleuve gronde et nous éclabousse. Nous sommes en Corse-du-Sud, dans l’Alta Rocca, au bord du Rizzanese, le fougueux, un des derniers fleuves sauvages d’Europe, qui, d’ici quatre ans, sera castré par un barrage. Ce que nous voyons aujourd’hui, cette splendeur qui nous submerge, nous happe l’âme, bientôt nous ne le verrons plus… Ainsi va la vie, il faut bien fournir de l’électricité aux îliens, qui en manquent : les coupures, les baisses de tension, sont ici quasi quotidiennes. - J’ai besoin de courant pour faire tourner ma machine à laver ! je ne veux pas retourner au lavoir !, s’exclame la responsable d’une association corse de sauvegarde de la nature, favorable au projet du barrage, pas trop à l’aise pourtant : elle a refusé de nous recevoir pour en parler. Le sujet est épineux, il divise, oppose, violemment parfois, crée un malaise palpable.
La plupart des Corses sont pour, chacun y voit ses avantages : des emplois, de l’argent, le fantasme de l’indépendance énergétique, mais sans grand enthousiasme, comme si personne n’y croyait réellement. Comment oser s’opposer au progrès ? Dans un pays sans industrie, riche de ses paysages, qui serait assez fou pour dire tout haut que le roi est nu, et que le projet du barrage est un leurre ? Pierre, riverain du Rizzanese, ne se fait guère d’illusions.

En attendant, leur prochaine disparition rend ces paysages tourmentés, ces gorges, ces chaos de rocs suspendus, ces gouffres d’eau, ces falaises, ces torrents, ces cascades, ces méandres, ces vagues de pierre, créatures de granit éthérées, sculptées par des millénaires d’eau folle, d’autant plus émouvants. On regarde le fleuve, et on a la gorge serrée.

Le Rizzanese, on l’appelle fleuve, parce qu’il se jette dans la mer ; vu sa taille modeste, ailleurs, on l’appellerait rivière ; mais ici tout est différent. Le Rizzanese nous dérange. Son lit, sa vallée, ses villages, ceux qui vivent à ses côtés, depuis la nuit des temps, les traces sombres des sangliers, qui éventrent la terre… Ici, on est troublé, un peu à côté de soi-même. Est-ce l’effet de l’alcool de myrte, qui, d’après un jeune chimiste spécialiste des plantes locales, contient un alcaloïde puissant, raison de son succès par ici ? Pourquoi pas. Mais même sans la myrte, on se sent différent. A peine entré dans la vallée, on se sent à la fois libre, dégagé de ces petits riens dérisoires qui font nos vies parisiennes, et en même temps curieusement enfermé, captif de l’invisible, la pierre, le ciel, l’eau… Tous trois en mouvement, perpétuellement agités, un concentré d’énergie pure. Pas étonnant qu’on veuille s’en emparer pour faire de l’électricité.

En Corse, les rivières sont mâles : on dit U Rizzanese, le Rizzanese. Chaque rivière est accouplée à une fée, volontiers maléfique, pour peu qu’on la dérange ; en Corse l’eau est associée au mal, chaque rivière est un Styx, une frontière entre la vie et la mort, hantée par les âmes des défunts, amer peuple de l’onde, qui vient tourmenter les vivants… On ne le franchit pas impunément.
Nous avons vécu huit jours et huit nuits en sa compagnie, le long des méandres qui vont être effacés par le barrage : la plus belle part du fleuve, la plus frappante. La regarder trop longtemps vous transforme en gorgone ; à trop rester ici, on mue, on se pétrifie. Je suis restée des heures durant, perchée sur un rocher, à contempler l’eau, sans sentir le temps passer…

L’HISTOIRE D’UNE BANDE DE COPAINS

Pour un peu, penché au bord du gouffre, on se sentirait basculer, happé par le vide, les gros rochers ronds, accueillants, le torrent qui gronde en bas, et murmure votre nom… Serait-ce la fée du Rizzanese, cousine de Mélusine, la belle à la queue de serpent, capturée par un pêcheur, qui appelle ses enfants ? Ou alors le Winnetou, profil d’Indien géant sculpté dans la falaise par les doigts du hasard et du chaos rocheux, qui prévient les kayakistes du danger ? Juste en dessous, un miraculé du fleuve a gravé dans la pierre ces quelques mots : merci de m’avoir sauvé de la noyade ; est-ce le même qui a déposé dans le creux d’un roc une statue de la Vierge ? Bientôt, l’Indien, la Vierge, l’ex-voto, tout sera submergé.
Pour nous, il s’agit de voir une dernière fois ce qui va disparaître, en rendre compte, le photographier ; le Rizzanese est une œuvre d’art qu’on a envie de confier à Christo pour qu’il l’emballe et l’emporte. A défaut, ouvrons grand nos yeux et nos oreilles, tendons nos mains, buvons l’eau fraîche dans le creux de nos paumes, afin de faire entrer le Rizzanese en nous, à petites gorgées.

Et ça marche ! Le fleuve entre en moi par la bouche.

Indulgent, Pierre rit de mon exaltation de Parisienne un peu folle ; il en a vu d’autres.

Accroupi sur un grand rocher blanc penché vers l’eau bouillonnante, il hoche la tête, secoue pensivement sa chevelure de Triton, ses longues mèches rousses blanchies de gouttelettes ; pour se faire entendre, au milieu du tumulte des eaux, il élève la voix, qu’il a belle et profonde. – Au début, un barrage, je n’étais pas contre, je me suis dit : un barrage pourquoi pas ! Pourtant je l’adore, cette rivière, elle fait partie de moi, depuis toujours… mais enfin, la vie n’est pas figée ! Tu vois, j’étais plein de bonne volonté. Et puis, quand j’ai commencé à m’y intéresser de plus près, là j’ai commencé à déchanter. Sérieusement. Il tourne son visage vers moi, ses grands yeux gris-bleu.

- Tu as lu Un bon jour pour mourir, de Jim Harrison ? L’histoire d’une bande de copains qui veulent faire sauter un barrage… tu devrais, c’est un bon bouquin, assez drôle. Bien sûr, il n’est pas question de le faire sauter, ce barrage… (il soupire). Mais tout de même, quel gâchis… Il désigne un creux dans le torrent. – Tu sais, un jour, mon grand-père a attrapé une truite à la main, dans ce trou d’eau, là… C’est simple, quand on sait faire : il faut glisser la main sous le ventre, elles ne sentent pas, c’est moins innervé, le ventre des truites ; à peine attrapée, la truite s’est mise à parler, d’une jolie voix de femme : Je suis ta tante, laisse-moi partir, bientôt je serai malade, et puis je guérirai… Bien sûr, il l’a lâchée, tu penses ! Peu après, sa tante est tombée malade, et puis elle a guéri. (Il éclate de rire.) Bon, c’est ce qu’il m’a raconté, et moi je l’ai cru ! Il m’emmenait souvent pêcher par ici, c’est lui qui m’a appris… Ce qu’il a pu m’en raconter, comme histoires, sur la rivière… ici, tous les trous d’eau ont un nom, celui-là (il pointe son doigt) c’est i spusati, les mariés : il y a longtemps, dans les années 1930, un jeune couple s’est noyé en passant en calèche… Celui-là, u lagu di porci, le lac aux cochons, l’autre, là-bas, u lagu di mulinu, le lac du moulin… Bientôt, tout aura disparu. Il se lève et s’en va, me laissant seule sur mon rocher, avec le torrent qui gronde en bas.

DEUX MAINS BLANCHES SUR UN PONT

- L’hiver dernier, je rentrai du travail assez tard, un soir, et soudain, en passant sur le pont, j’ai eu une vision que je n’oublierai jamais : deux mains blanches accrochées à la rambarde. J’ai cru que je rêvais, mais non ! Je me suis arrêtée : il y avait un corps en dessous, cramponné sur l’eau. Il faisait un froid ! Je ne sais pas comment il a fait pour tenir.

C’est Patrizia, la belle Sarde, fine comme une lame, arrivée en Corse à 6 mois - quand on parle d’elle, on dit : elle est là depuis longtemps – qui nous raconte cette histoire.
- Je le connaissais, le désespéré. C’est un vieil homme qui vit au village, il est très diminué, il ne peut plus aller au bois, à la chasse ou aux champignons, il avait décidé d’en finir ce soir-là. Ce qui m’a étonnée, c’est qu’il avait posé ses chaussures sur la rambarde à côté de lui, bien rangées, il était nu-pieds, il s’apprêtait à sauter, il ne tenait plus qu’à la force des bras. Arrête ! je lui ai dit, ne fais pas ça ! – Va-t-en ! fous-moi la paix ! , il m’a répondu. J’ai dû parlementer un long moment pour qu’il remonte et remette ses souliers. Le Rizzanese a aussi ses fantômes : deux moniteurs de kayak qui se sont noyés, il y a quelques années, après avoir sauvé deux jeunes en péril, pris dans un tourbillon. – La seule façon d’en réchapper, c’est de se laisser couler tout au fond et de remonter, mais ce n’est pas du tout ce qu’on a envie de faire, une fois qu’on est pris…, nous dit Paulo, instituteur et grand pêcheur devant l’éternel, "docteur en Rizzanese" ; on y songera si cela nous arrive. En baissant la voix, il évoque la triste histoire d’une mère, désespérée après la mort de son fils, qui s’est jetée dans un lac, au lagu da riccia, depuis une falaise. Penchée sur l’eau sombre, je frémis rien que d’y penser. A la nuit tombée, les spectres hantent les berges des rivières, pour tourmenter les vivants ; en passant sur le pont le soir, on aura soin de jeter une pierre dans l’eau noire, afin qu’ils se tiennent à l’écart.
Chaque année, à la Toussaint, on dépose un bol d’eau sur le rebord de la fenêtre, destiné aux défunts.

Pierrot, vieux lutin barbu débordant de vie, entouré d’une foule d’animaux, écoute France-Culture au milieu de nulle part, et prend soin d’accrocher à une branche du lard destiné aux oiseaux.

- La rivière a des secrets, écoute la rivière..., me glisse-t-il.
Et il file nourrir ses cochons noirs.

QUAND LA RIVIÈRE A CHANGÉ DE VISAGE

Paulo nous montre ce qui reste du Spin’a cavallu, le dos de cheval, l’antique pont génois.- Regarde-moi ce parapet : c’est affreux comme ils l’ont refait, avec des pierres toutes neuves ! c’est la crue qui l’a emporté. Un pont du xiie siècle, qui avait résisté à huit siècles d’intempéries… Le 31 octobre 1993, le ciel est soudain devenu noir, mais noir ! en plein jour ; on n’avait jamais vu ça. Et puis il s’est mis à pleuvoir, un déluge. En quelques heures, le Rizzanese a débordé, il est devenu fou, il a tout emporté sur son passage. Les ponts, les arbres, des rochers gigantesques, des maisons… une femme a été entraînée, dans son restaurant, les Caldanes, aux sources chaudes.

Aux Caldanes, Antoine, impassible, quasi minéral, au coin du feu. Depuis que Rosa est partie, emportée par le Rizzanese en furie, il tient le restaurant tout seul. Il nous montre sa photo sur le mur : une belle femme brune, rieuse, bien en chair. – L’eau s’est engouffrée d’un coup, ici même, une force terrible, Rosa a été entraînée. J’ai essayé de la retenir, l’eau était plus forte que tout… J’ai réussi à m’accrocher à un pilier, Rosa est partie avec l’eau.

Devant le pont, un poème en corse rappelle le souvenir de Rosa, dont on n’a jamais retrouvé le corps.

- Elle est sans doute sous un banc de sable, murmure Paulo. Depuis la crue, la rivière a changé de visage, des blocs énormes ont été déplacés. Gigantesques ! Tu ne peux pas t’imaginer.

Plus tard, Paulo, à la sortie de Zoza.

- Lorsque j’étais enfant, il n’y avait pas de salle de bains chez nous ; aux beaux jours, ma mère me lavait à la rivière. Elle me posait sur une grande pierre plate, au bord de l’eau, un peu penchée, et moi je glissais, je glissais, j’avais peur ! Bien plus tard, je suis revenu voir la pierre, elle m’a semblé si petite ! Il rit, puis me montre une marmite de géant, a conca : – Tu vois la pierre ronde, dans ce grand creux, lisse et profond ? C’est elle qui l’a creusé, depuis des milliers d’années, elle est là, elle tourne et elle creuse. Il désigne un chaos de rocs.

- Tiens, c’est ici que je me suis cassé l’épaule, un jour, en pêchant. S’il y avait eu de l’eau comme aujourd’hui, j’y serais resté. J’ai glissé sur un rocher, une force de vie m’a arraché à la rivière, et m’a fait détaler.

- La Corse, nous confie un chasseur, devant une bière à la châtaigne, au Bar des Sports de Quenza (cuisine exquise), c’est le seul pays où on trouve des vaches sauvages et des préfets sauvages.

DEUX ARCHÉOLOGUES HILARES

Pas seulement : au bord du Rizzanese, les archéologues aussi sont déchaînés. La faute aux buissons de myrte qui poussent à fleur de rocher ? Aux asphodèles et aux hellébores, plantes assez sorcières, qui couvrent le maquis ces temps-ci ? Nous trouvons ces deux jeunes gens, sérieux la plupart du temps, rattachés au CNRS, fleuron du bataillon de l’archéologie préventive de Corse, l’un préhistorien et l’autre médiéviste, hilares et désopilants. Chaque jour ils risquent leur vie, le corps planté dans une salopette et des bottes de pêcheur, guère pratiques sur les rochers glissants, noyés sous les eaux du torrent ; Paulo, inquiet, murmure en les regardant : " Oh mais ils jouent leur peau, les petits gars, là… " Chaque jour donc ils traversent le torrent pour rejoindre leur site de fouille, afin de vérifier qu’aucun vestige précieux ne risque d’être englouti. Ils ont bien trouvé quelque trace de sépulture paléolithique, mais aucune cité des morts stupéfiante, dont la découverte suspendrait l’érection du barrage… – Ici, je suis en conflit avec moi-même, nous confie Pascal Tramoni, sérieux, pour une fois. Ce que je souhaite, c’est qu’on finisse les fouilles, et que les travaux soient arrêtés. C’est tellement beau, ces gorges… Hier je suis tombé, à cause de cette beauté. Je marchais dans l’eau, avec mes hautes bottes, et puis, je ne sais pas ce qui s’est passé, j’ai été happé (il fait un grand geste du bras). Je ne savais plus où j’étais, j’étais fasciné, je marchais au beau milieu du fleuve, j’ai glissé, et je suis tombé. J’ai eu de la chance de m’en sortir…, murmure-t-il, rêveur.

Au beau milieu de l’eau, il s’exclame : – Cet ouvrage, ça sera le plus petit barrage du monde pour un maximum de dégâts. Paulo, qui connaît bien le dossier, opine et précise : – Un million de mètres cubes, à quoi ça rime ? A quoi bon sacrifier tout ça ? EDF sera déficitaire ! le courant reviendra très cher… C’est un projet politique, bien plus qu’énergétique… Le maire de Sainte-Lucie-de-Tallano, Antoine Greani, que nous rencontrons chez Anna, au bar du village, autour d’un chocolat revigorant, pourtant partisan du barrage, ne nous dit pas autre chose : EDF n’était pas pour, c’est la CGT qui a fait pression, pour les emplois… – A nous, les communes, ça nous rapportera la taxe professionnelle : 500 000 euros, alors bien sûr je suis pour ! on a besoin d’argent… C’est pas avec les kayakistes qui ne dépensent rien ici, pas un sou, qu’on va faire vivre la commune ! Quand on lui rapporte les propos du maire, Paulo s’énerve : – Des emplois ? quels emplois ? la plupart des ouvriers du chantier viennent du continent… Quand tout sera fini, le barrage sera automatisé, commandé depuis Marseille, ou Aix… Ils sont dans l’erreur ! Tous ! On défigure le Rizzanese pour rien ! Tout ce qu’on a en Corse, c’est la beauté des sites, rien d’autre… Il n’y a que cela qui peut créer des emplois ici.

Chez Anna, le maire lève les yeux au ciel.

- On va encore me sortir une nouvelle espèce de tortue ! Il fait allusion à la cistude, une tortue rare, qui vit à l’embouchure du Rizzanese, site protégé du côté de Propriano. Le WWF, qui s’est ému de la construction du barrage, a tenté de l’ériger en bouclier, et aussi la macrostigma, variété de truite à grosses taches rouges, protégée elle aussi… Le maire, se levant pour prendre congé : – Cette rivière doit être gérée ! Un jour pour les kayakistes, un jour pour les pêcheurs. Et surtout, elle doit rapporter de l’argent... Il se lève et s’en va. Avec Paulo, nous sommes allées à l’embouchure, voir l’endroit où les eaux se mêlent, douces et saumâtres, gris perle et bleu vert ; ici vit une fleur protégée elle aussi, l’Anchusa crispa… Au milieu de milliers d’iris jaunes, toutes sortes d’oiseaux de mer et des marais, hérons cendrés, canards sauvages et cormorans, filent entre le ciel et l’eau, tandis que des guerriers de pierre, massifs et ronds, montent la garde sur la grève.

Depuis sa source, sur le flanc pierreux de l’Incudine, jusqu’à son embouchure, ample et paisible, en passant par tous les tourments du torrent, le Rizzanese est un envoûtement. Allez vite l’admirer dans sa splendeur intacte, avant que les travaux du barrage l’aient entièrement bouleversé.

- Il n’y aura plus d’eau, soupire Paulo, surtout en été… Déjà qu’on en détourne une belle part en amont, au niveau de l’Asinao, pour nourrir le barrage de l’Ospedale… il ne restera plus rien, qu’un filet ! Fini la pêche et les baignades, fini le Rizzanese… On a beau nous faire des promesses à tour de bras, je sais ce qui l’attend… Et, un doigt sur la bouche, il nous montre une rainette dorée, grande comme l’ongle du pouce, qui dort sur l’herbe mouillée.

Le projet d’un barrage sur le Rizzanese remonte aux années 1930. Après des décennies de volte-face et d’hésitation, les travaux devraient aboutir en 2012. L’Association de défense du Rizzanese, l’ADRE, créée par Georges Mattei, qui habite Zoza, un des villages riverains, a réussi à bloquer le projet presque dix ans, au grand dam des maires des autres communes, favorables au projet. L’ADRE, ainsi qu’une douzaine d’autres associations, ayant été déboutée par le Conseil d’Etat en novembre 2006, rien n’empêche plus les travaux du barrage de suivre leur cours. Un vaste pan de forêt primitive, aux arbres pluricentenaires, protégés jusqu’ici, a ainsi été déclassé pour faciliter le chantier; il sera rasé pour créer une zone de dépôt. Près de 200 millions d’euros vont être dépensés pour construire l’ouvrage en béton de 40 mètres de hauteur, un barrage poids (c’est-à-dire dont la propre masse suffit à résister à la pression exercée par l’eau), d’une capacité de 1,3 million de mètres cubes, destiné à produire 80 GWh d’électricité par an, soit environ 4 % de l’électricité de l’île.

La saga du barrage Le Rizzanese, dont une partie a déjà été détournée en altitude pour alimenter le barrage de l’Ospedale, va être court-circuité sur 12 km, et passera par un tunnel creusé à travers la montagne, abouché à une conduite forcée, à Sainte-Lucie-de-Tallano. Il aboutira en bas à la centrale hydraulique et au bassin de démodulation, près de la chapelle romane Saint-Jean-Baptiste, classée monument historique. En dehors des dégâts causés au site, au fleuve et à sa faune protégée – truite macrostigma et tortue cistude – l’ADRE et le WWF dénoncent une autre conséquence : le barrage, en retenant environ 13 000 t de pierraille par an, menacera à moyen terme la plage sud de Propriano, alimentée en sédiments par le fleuve. Le barrage du Rizzanese est aussi destiné à stocker de l’eau pour l’agriculture : 1,6 million de mètres cubes d’eau sont prévus entre mai et octobre, afin de "garantir une disponibilité en eau agricole" pour le fourrage et l’élevage des vaches de la vallée de Sainte-Lucie-de-Tallano. Pour les opposants au projet, l’idée d’une autonomie en électricité de la Corse est un leurre. Ils insistent sur la nécessité d’un câblage de l’île avec le continent et la Sardaigne ; l’interconnexion, souhaitée par l’Europe, permettrait de densifier le réseau et d’éviter les fluctuations de tension, en répondant à l’augmentation croissante des besoins électriques de l’île, soit 5 % par an. Un câble à courant continu Italie-Sardaigne passe déjà par la Corse, EDF dispose d’un droit de prélèvement équivalent à 10 % de la consommation corse. La Corse est dotée de deux réseaux électriques internationaux : Sacoi, en courant continu, qui relie la Sardaigne et la Toscane à la Corse ; Sarco, qui apporte du courant alternatif en provenance de la Sardaigne.

Elise Fontenaille

A consulter, le site de l’association de défense du Rizzanese :
http://www.rizzanese.fr/

Pétition en ligne ici :
www.rizzanese.fr/phpPETITION/phpPETITION/index.php
28/7/2008
Littoral :
Le Conseil d’Etat tranche en faveur des associations

Le Conseil d’État a suspendu vendredi le permis accordé au publicitaire Jacques Séguéla pour faire construire une villa près de Bonifacio en Corse-du-Sud, donnant ainsi raison à des défenseurs de l’environnement qui mettaient en cause la légalité du Plan local d’urbanisme. La plus haute instance administrative a ainsi décidé d’annuler l’ordonnance qu’avait prise le 17 avril 2008 le juge des référés du tribunal administratif de Bastia, autorisant la reprise des travaux.

Cette décision est un soulagement pour l’Association bonifacienne comprendre et défendre l’environnement (ABCDE) qui réclamait la suspension du chantier de la villa située sur un terrain quasi vierge à Cala Longa. L’avocat de l’association Me Benoist Busson a fait valoir que le permis de construire était illégal au regard de la loi "littoral" de 1986 et de l’article 146-4-1 du Code d’urbanisme stipulant que "l’extension de l’urbanisation doit se réaliser soit en continuité avec les agglomérations et villages existants, soit en hameaux nouveaux intégrés à l’environnement".

26/5/2008
Reconnaissance des langues régionales :
articles transférés en page "lingua3"

Par le biais d’un amendement au projet de loi sur la réforme des institutions, l’Assemblée Nationale a voté à une très large majorité len faveur de la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution. Quelle que soit l’issue du débat en cours sur la réforme de la Constitution, plus ne sera jamais comme avant

Les opposants à une telle reconnaissance y ont toujours vu un risque pour l’unité du pays, se réclamant - quelque peu abusivement - de l’’héritage de 1789, alors que cette vision date surtout de la IIIe République.

Ci-après le communiqué de Sylvain Ettori, Président de la Maison de la Corse
Renseignements : contact@maisondelacorse.org - www.maisondelacorse.org

La Maison de la Corse se réjouit du vote à l’Assemblée Nationale aujourd’hui 22 mai, d’’un amendement au projet de loi sur la réforme des institutions visant à inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution. Il s’agit là d’une revendication déjà ancienne, portée par la Maison de la Corse, comme par d’autres associations militantes pour la langue corse. Le vote d’aujourd’hui manifeste que ces voix diverses mais concordantes ont été enfin entendues.

Une initiative validée à la quasi-unanimité par les parlementaires, qui annonce peut-être des évolutions législatives futures et surtout la ratification de la Charte Européenne des Langues Régionales. Nous n’avons pas à préjuger du résultat final du débat général sur l’ensemble de la réforme proposée, mais le vote massif d’aujourd’hui est le signe qu’en tout état de cause, la question des langues régionales a été prise en compte. La Maison de la Corse apprécie cette rupture des parlementaires avec l’’interprétation rigide et intransigeante des textes qui a prévalu jusqu’alors en la matière.

L’’Histoire et la place des langues régionales font partie des questions dont l’évocation dans le débat hexagonal suscite des réactions souvent épidermiques. Les détracteurs d’’une reconnaissance des langues régionales voient dans les revendications linguistiques un risque d’’affaiblissement de l’unité nationale. Les partisans de cette vision qui lie intimement, et de façon fort discutable, unité politique et homogénéité culturelle, se réclament souvent de l’’héritage Républicain de 1789. L’’analyse historique confirme que la légitimation par l’’héritage des Lumières d’une politique linguistique particulièrement rigide est spécieuse. La politique linguistique conduite dans les années qui ont suivi la Révolution n’’était pas seulement accommodante, elle tendait même à favoriser l’’expression de la diversité linguistique locale. Comment pouvait-il en être autrement ? Quand on sait que Pasquale Paoli fut élu à Orezza le 9 septembre 1790 Président du Directoire Départemental et Général de la Garde Nationale. On voit mal le père de la Constitution Corse brimer sa langue maternelle.
Sous la Troisième République, ont été conduites des politiques particulièrement sévères et injustifiées à l’’encontre des langues régionales, qui trouvent leur épilogue ce jour. On sait aujourd’hui que les identités sont superposables, et ce sans exclusive. Une motion a d’’ailleurs été proposée à l’’Assemblée de Corse, pour enseigner dès le primaire la langue corse, le français et l’’anglais. Dans un contexte de mondialisation, la capacité des individus à pouvoir aisément et rapidement raisonner à des échelles différentes et à les mobiliser simultanément est un atout précieux. C’’est un facteur de stabilité et la garantie de repères dans un contexte de mutation accélérée des territoires. A ce titre, la revendication d’’une reconnaissance des langues régionales n’’est pas un combat d’’arrière-garde ou le fruit d’’une volonté passéiste mais s’’inscrit bien dans la modernité.

Les langues, fussent-elles régionales, participent à l’’identité et à la culture d’une région. Ce postulat constitue un motif déjà suffisant de sa protection et de sa reconnaissance. La révision constitutionnelle introduite en 1992 est venue implicitement consacrer cette conception pour le moins monolithique conduisant à refuser de reconnaître de façon satisfaisante la place des langues régionales. C’’est ainsi que depuis cette date, l’’article 2 de la Constitution précise que ‘’la langue de la République est le français’’. Cette modification dirigée contre l’’usage de l’’anglais dans le contexte de l’’époque n’’en est pas moins un verrou constitutionnel quant à une reconnaissance des langues régionales. Cette disposition pouvait sembler anodine jusqu’à ce que le Conseil Constitutionnel en fasse une lecture particulièrement rigide dans une décision de 1999 au sujet de la compatibilité de la Charte européenne des langues régionales signée par la France à Bucarest cette année-là avec la Constitution.

Une révision constitutionnelle était donc nécessaire préalablement à la ratification de la Charte. Depuis, le dossier des langues régionales est resté gelé jusqu’à ce que le gouvernement accepte la tenue d’un débat sans vote le 7 mai dernier à l’’Assemblée Nationale. Cette inflexion sensible intervient dans un contexte marqué par la publication le 3 mars 2008 d’’un rapport de l’’ONU à l’’issue de la mission en France d’’une experte indépendante, en septembre 2007. Ce rapport relate largement les critiques évoquées plus haut quant à la politique linguistique de la France. Il insiste sur le déclin des langues régionales, faute de statut officiel, et déplore l’’absence de politique cohérente en ce sens ainsi que l’’insuffisance des efforts engagés en renvoyant à la Déclaration sur les droits des minorités de 1992. L’’experte recommande à la France de prendre ses dispositions en vue de ratifier la Charte Européenne. Elle appelle par ailleurs l’’Etat à ‘’favoriser l’’enseignement en langue régionale ou minoritaire, dans les premières années du primaire, pour les élèves qui le souhaitent.’’ Le contexte de l’’inflexion de la position gouvernementale constitue une opportunité de mettre fin à une exception française qui n’’est plus acceptable. La Maison de la Corse toujours plus présente au sein du " ‘’réseau corse’’ (www.maisondelacorse.org), félicite tous ceux qui se sont engagés dans cette entreprise, tout en rappelant que quel que soit l’intérêt des proclamations de principe, il reste à trouver des applications concrètes. Nous savons qu’un texte de loi doit être élaboré en prolongement du débat du 7 mai à l’Assemblée et du 13 au Sénat. Le vote d’aujourd’hui vaut bénédiction constitutionnelle pour un tel texte. Il reste à le mettre en forme, par un travail sérieux de réflexion et de consultation des associations représentatives de la langue corse comme des autres langues concernées.

Sylvain Ettori

Communiqué U LEVANTE

Les tee-shirts à l’effigie du Collectif pour la loi littoral (pour aider U Levante à financer ses actions) sont désormais en vente sur le site : http://levante.fr/

A lire sur le site d’Amnistia.net... "Le préfet de Corse, Monsieur Christian Leyrit, organise une réunion avec les représentants des associations du Collectif pour la loi littoral. Le représentant de l’Etat sur l’île tient des propos étranges. Il demande aux responsables du collectif de chercher des solutions pour trouver des compromis... avec la loi! Normalement, un procédé pareil pourrait s’apparenter à une offre de collusion...

Nous avons demandé à un ancien préfet de Corse son sentiment. “
"Je suis un peu surpris. En quelques phrases, voilà ce que je pense: ‘La loi, quand elle est votée, doit être appliquée. Ce n’est pas une base de discussion ouverte à tous les arrangements. Négocier l’application de la loi en faisant comme si le législateur n’avait pas déjà arbitré les contradictions entre intérêt général et intérêt privé, c’est moins rechercher le compromis que prendre le risque de s’égarer dans la compromission’.”"
http://www.amnistia.net/news/articles/corsdos/arrangement/arrangement_201.ht


Association U Levante
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Tracé du sentier littoral à Pianottuli-Caldareddu

Conférence de presse de l’association U Levante du 24 mai 2008

Le texte intégral ici : http://levante.fr/loi_littoral/loi-0805-conf.phpl

U Levante communique :

APPEL pour le respect du patrimoine littoral de la Corse
Affirmer notre volonté de faire respecter la loi Littoral afin que les rivages de la Corse ne deviennent pas un mur de béton quel que soit le niveau de fortune ou les relations de ceux qui désirent construire.
http://levante.fr/loi_littoral/loi-0805-conf.phplLa situation de la Corse s’est aggravée le 17 avril 2008. Que s’est-il passé ce jour-là ? La présidente du Tribunal Administratif de Bastia, nommée en Corse en octobre 2006, a rejeté les requêtes de l’association agréée de protection de l’environnement ABCDE. Cette dernière demandait qu’il soit mis fin aux débuts des travaux des villas de Messieurs Séguéla, Sulitzer et Delsol, sur la côte orientale de Bunifaziu, en application de la loi Littoral et de jugements déjà rendus au cours de ces dernières années.
Pour plus de détails : http://cll-corse.org/

Les directions clandestines du FLNC dépassées par l’émergence de jeunes radicaux

Vingt-six attentats revendiqués et des menaces contre les "colons" : depuis le 5 mai, date anniversaire de la création du Front national de libération de la Corse (FLNC) en 1976, la Corse compte un nouveau groupe clandestin, logiquement baptisé FLNC 1976.

Une organisation de plus dans une île où, en l’espace de trente ans, près de 200 groupuscules aux noms souvent fantaisistes et aux motivations parfois floues ont rythmé l’actualité à coups de bombes. Ces "faux nez" des divers FLNC, tantôt issus de scissions, tantôt nés de querelles personnelles entre responsables locaux, étaient autrefois priés d’abandonner la cagoule ou s’intégraient aux structures existantes. Depuis cinq ans, l’errance du camp indépendantiste a privé de gouvernail les directions clandestines des deux FLNC, dépassées par de jeunes éléments radicaux.
La facilité de se procurer armes et explosifs et le "bouillon de culture" mêlant chansons militantes, fascination médiatique et imagerie révolutionnaire, continuent d’exercer un attrait certain sur une frange de la jeunesse corse confrontée aux difficultés sociales.

Alors que le FLNC uni "tenait la rue", la clandestinité corse échappe aujourd’hui à ses chefs. Conséquence : la multiplication des attentats "franchisés", commis par de petites équipes isolées, parfois sans réelle formation "militaire" ou politique, et ensuite labélisés dans des communiqués d’organisations existantes, augmente les risques de tuer ou de blesser. "Monter au charbon seul ou à deux, c’est là que le danger commence : pas d’équipe de repli, pas de groupe pour se préoccuper de la sécurité", commente maître Eric Barbolosi, avocat de quatre des jeunes gens interpellés le 21 avril. Les premières victimes de ce délitement des organisations clandestines se retrouvent dans leurs propres rangs. Depuis mars 2006, quatre "ribelli" ont trouvé la mort dans l’explosion de leur bombe.
Antoine Albertini
Article paru dans l’édition du Monde du 13.05.08

Une nouvelle mode : le bivouac sur les plages corses !

Une mode très prisée par les organisateurs de séjours en Corse : le bivouac sur les plages !! Très pratique, très économique mais formellement interdit !
De plus en plus d’organismes proposent des séjours en Corse avec dépaysement garanti : se promener en 4X4, en quad, en jet ski ou en kayak pour aller faire du camping sauvage, pardon, ils appellent cela un « bivouac » à la belle étoile bien souvent sur nos plus belles plages. De préférence celles qui sont protégées Natura 2000, Patrimoine Mondial de l’Unesco, Propriété du Conservatoire du Littoral. Cerise sur le gâteau, le dîner peut se faire autour d’un beau feu de camp : au diable là aussi l’interdiction préfectorale du fait des risques d’incendie ! Après tout, ce sont les vacances. Et ce sont les affaires !

L’association U Levante vient d’adresser une lettre sur ce sujet à la Préfecture de région, à la DIREN, à la DDE ainsi qu’au Conservatoire du Littoral.

Patrizia Gattaceca, la fierté corse

LE MONDE du 25.02.08

Assignée à résidence. L’ordre judiciaire ne souffre pas d’exception. Patrizia Gattaceca, 50 ans, chanteuse depuis le début des années 1970, professeure certifiée de corse depuis 1991, année de la création du diplôme, poète et écrivaine de langue corse, n’a jamais quitté son île tout en multipliant les escapades : Mexique, Géorgie, Italie, Espagne, Pays basque, Belgique... Aujourd’hui, pour la première fois de son existence, cette femme qui a passé sa vie à exporter la langue et la culture de ses ancêtres est contrainte à l’immobilité.

La Corse comme prison, quel paradoxe. Patrizia Gattaceca, mise en examen le 10 novembre 2007 par le juge antiterroriste Gilbert Thiel pour "recel de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", a perdu sa liberté pour protéger celle d’un célèbre compatriote en fuite. Pendant l’été 2002 et une partie de l’hiver qui a suivi, elle a caché dans sa maison - "là-haut, au village" - Yvan Colonna, recherché par toutes les polices de France dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du préfet Claude Erignac.

Lorsque les policiers ont interpellé Patrizia, le 6 novembre 2007, et qu’ils l’ont transférée à Paris, au siège de la police antiterroriste - "sans jamais me menotter", apprécie-t-elle -, ils ont trois jours et trois nuits durant tenté d’en savoir plus. Sans barguigner, elle a reconnu les faits : "Oui, j’ai hébergé cet homme. Culturellement, il m’aurait été impossible d’agir autrement. C’est la loi de l’hospitalité", leur a-t-elle déclaré. Mais, au grand dam des enquêteurs, elle en est restée là.
Comment cet homme traqué, soupçonné d’assassinat - elle demeure convaincue de son innocence - est-il arrivé chez elle ? Qui l’a emmené ? Elle n’a rien dit et ne dira rien. Convoquée ce mardi 26 février à Paris chez le juge, elle va une nouvelle fois devoir expliquer les raisons de son silence. Le dialogue risque de tourner court...

En revanche, elle veut bien évoquer l’homme, Yvan Colonna, qu’elle est "heureuse d’avoir eu en sa compagnie". Durant son séjour, "même s’il était le plus souvent seul", ils ont parlé de tout. Mais jamais, assure-t-elle, de l’affaire Erignac. Elle n’a confié à personne ce qu’elle faisait. Pas même à son fils, âgé de 10 ans à l’époque, à qui elle avait indiqué qu’il s’agissait d’un homme qui avait "besoin d’aide".

Avant d’être berger à Cargèse, en Corse-du-Sud, Yvan Colonna avait été étudiant à Nice à la fin des années 1970, en même temps qu’elle. "A cette époque, on ne faisait que se croiser à la fac, avec les autres étudiants corses", se souvient-elle. Une fois rentrés en Corse, elle dans le Nord et lui dans le Sud, ils ne se sont guère rencontrés, sinon à l’occasion de quelques manifestations. Il a fallu les événements que l’on sait pour qu’ils fassent vraiment connaissent. Si c’était à refaire, elle le referait. "La solidarité et l’entraide sont aussi des devoirs chrétiens", se défend-elle.

Patrizia Gattaceca n’avait pas besoin de cette péripétie pour atteindre la célébrité ni pour susciter le mouvement de sympathie qui s’est déclenché en Corse au soir de son interpellation. "Sa garde à vue et ses démêlés avec la justice ont terriblement choqué l’opinion corse", relève Jean-Marc Raffaelli, journaliste à Corse-Matin. On avait touché à une idole. "J’ai reçu des messages de soutien du Canada, d’Israël et d’Allemagne", s’émerveille-t-elle. Au final, ses ennuis judiciaires ont "fait beaucoup plus pour l’image de Colonna que toutes les conférences de presse et les initiatives réunies de son comité de soutien", constate Jean-Marc Raffaelli.

Avant cette mésaventure qui en a fait une héroïne sur l’île, Patrizia Gattaceca était déjà une sorte d’icône. Voilà plus de quinze ans que les Corses sont fiers d’elle et du trio des Nouvelles Polyphonies formé avec Lydia et Patrizia Poli, au début des années 1990.

Nombreux sont ceux qui se souviennent du prix décroché par les trois filles, en 1992, aux Victoires de la musique. Tous les Corses ont gardé en mémoire la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’Albertville, la même année. L’âme corse chantée en direct devant des centaines de millions de téléspectateurs, c’était du jamais-vu. "C’est Philippe Decouflé qui avait eu l’idée. Il avait flashé sur notre album", se rappelle-t-elle.

Bien avant cette consécration, Patrizia Gattaceca était connue sur l’île comme une chanteuse engagée au service de la langue. "J’aime la Corse. C’est naturel. C’est elle qui nourrit mon art. C’est ma façon de participer à la lutte politique pour les droits de mon peuple", dit-elle. Fille d’Antoine, un conducteur de travaux natif de Penta-Acquatella en Castagniccia (Haute-Corse) et de Laurentine, une secrétaire de direction originaire de Bastia, Patrizia a grandi entre quatre frères aînés et un cinquième plus jeune, naviguant du village paternel au quartier de la Citadelle, à Bastia. "J’ai toujours baigné dans la culture corse. Mon père chantait souvent, et toujours en corse", raconte-t-elle.

Indépendantiste ? Autonomiste ? Elle qui n’a jamais eu à apprendre le corse -"C’était la langue qu’on parlait chez moi ; c’est aussi celle que je parle avec ma fille et mon fils" - se bat aux côtés des nationalistes. Mais elle déplore la violence : "Les attentats, ça ne sert à rien." Un statut d’autonomie lui conviendrait très bien. "Je ne comprends pas qu’on ne l’ait pas encore obtenu", dit-elle. L’indépendance ne lui fait pas peur, "mais on n’est pas prêts".

Aux élections municipales, elle figure pour la première fois sur une liste nationaliste, conduite à Bastia par Gilles Simeoni, l’un des avocats d’Yvan Colonna. Au-delà du calcul politique et des voix qu’il espère attirer, Gilles Simeoni l’a choisie parce qu’"elle incarne un nationalisme ouvert aux autres".

Sa prise de conscience en faveur de la défense de la langue et de la culture corses date de l’été 1975. Elle n’avait pas 18 ans, lorsque, du 21 au 22 août de cette année-là, des militants régionalistes membres de l’ARC (Action régionaliste corse), les pères du nationalisme corse, avaient occupé la cave viticole d’Aleria. Plus de mille gendarmes et CRS avaient été dépêchés du continent pour donner l’assaut contre le commando. Une fusillade avait éclaté, provoquant la mort de deux agents des forces de l’ordre. Les responsables du mouvement, dont l’emblématique Edmond Simeoni - père de Gilles -, avaient fini devant la cour de sûreté de l’Etat, équivalent de la cour d’assises spécialement composée pour les procès terroristes d’aujourd’hui. Celle-là même qui, dans un peu plus d’un an, décidera définitivement de la culpabilité ou de l’innocence d’Yvan Colonna. Patrizia Gattaceca connaît les risques qu’elle a pris.


Yves Bordenave

PARCOURS

1957
Naissance à Penta-Acquatella, en Haute-Corse.
1975
Occupation de la cave viticole d’Aleria.
1992
Victoires de la musique et cérémonie d’ouverture des JO d’Albertville.
2002
Cache Yvan Colonna dans sa maison.
2007
Mise en examen.
2008
Audition par le juge Thiel.

GUERRE DES POLICES EN CORSE les procès-verbaux de la discorde

revol

revolution


Info ADECEC :


SARTÈ, CITÀ D’ARTE È DI STORIA

U 10 di ghjennaghju di u 2007, una delegazione sartinese era ghjunta à u ministeru di a Cultura in Parigi, è a ministra Christine Albanel hà datu u labellu di Cità d’arte è di storia à Sartè è à 7 nove cità. Ghjè a seconda cità di Corsica dopu à Bastia chì l’hà ottenutu cù, in tuttu, 124 altre cità è regione.
Oramai, Sartè face parte di e cità è regioni chì trasmettenu a cunniscenza è u sapè fà. Hè a seconda cumuna di Francia a più stesa è si tene un patrimoniu archeologicu, custruitu è immateriale uriginale. A vuluntà pulitica hè di fà un sviluppu turisticu di u so territoriu à parte da un prugettu culturale di qualità.

U sustegnu di a Cullettività Territuriale di Corsica serà primurosu per a messa in opera di a cunvenzione cù u Statu. E « Villes et Pays d’art et d’histoire », impieganu un persunale capace, urganizeghjanu azzioni di sensibilizazione è creanu attelli pedagogichi.
In Sartè, un centru d’interpretazione di l’architettura è di u patrimoniu hè messu in piazza. Presenta l’evuluzione di a cità è accoglie dibattiti è cunferenze nant’à l’attualità di l’architettura, di l’urbanismu, di u patrimoniu è di u paisaghju.  

La Corse vers le monde dans FORA !

fora

casadilume

Hommage à Pascal Paoli à Londres

nazione

In Londra, nantu à i passi di Paoli
Eramu cinquanta cinque Corsi in Londra, à rifà i passi di u generale Pasquale Paoli, per a cummemurazione di a so morte. Issu pelegrinagiu era urganizatu da Stella Castela, Silvia Casalta, Ghjuvan Petru Defendini, Pasquale Valentini.

Duie cent’ anni dopu à a sparizione di u Babbu di a Patria, più di cent’ anni dopu à u so ritornu in Corsica, u nostru populu ùn s’hè micca scurdatu di quellu chì fù u so Capu di Statu è u primu ind’u mondu à mette in ballu una Republica muderna, incù una custituzione è a spiccanza di i puderi.

Sè a Francia ùn ricunnosce l’impurtanza di a so opera (si ramenta omu chì u cunsigliu municipale di Parigi ùn hà vulsutu, qualchì mese fà, dà u so nome à una piazzetta), l’Inguiltera, ella, hà stallatu in lu so panteone, in l’abbazia di Westminster, u bustu di u nostru generale.

Ùn fù una cosa simplice, di fà sente in issu locu u nostru innu naziunale « Diu vi salvi Regina ». Ci hè vulsutu à neguzià incù l’autorità religiose inglese. Ma quesse, cuscente di a forza simbolica di issu viaghju, anu datu u so accunsentu.

Cusì, adduniti intornu à u bustu è à a lastra posta in memoria di Pasquale Paoli, l’avemu resu un umagiu cummuvente. Mentre chì dui zitellucci tenianu a bandera corsa, i cantadori di « Barbara Furtuna », Ceccè Buteau è Ghjuvan Antone Orticoni, fecenu risunà quelle armunie care in issi lochi tracarchi di storia… Tutti quelli chì anu participatu à issa ceremonia a teneranu in mente per u sempre.

Ghjuvan Guidu Talamoni

diu

... et à Paris




revolution


Nous ne fêtons ni les Rameaux, ni Pâques, ni la Fête du Travail, ni la Victoire de 1945, ni l’Ascension, ni Pentecôte, ni...

Alors que fêtons nous?

La Saint Glinglin! Voilà , nous fêtons la Saint Glinglin!

La fête des rendez vous manqués, des promesses non tenues, des cadeaux empoisonnés, des désillusions, des espoirs déçus.

Alors inscrivez ce rendez vous sur votre agenda tout neuf:

La Poudrière, 10 janvier 2007, 14 heures.

Rendez vous respecté, promesse tenue, illusions et espoirs réalisés; et les cadeaux...Ah! Les cadeaux: vous ne serez pas déçus! Parole de Svegliu Calvese!

Le 10 janvier 2007, U Svegliu Calvese organisait une manifestation pacifique pour dénoncer le manque de locaux dédiés à la culture à Calvi. Les manifestants ont occupé symboliquement les locaux de l’ancien hôpital militaire, dont une partie doit être achetée par la Collectivité Territoriale.

Je reproduis ici un texte publié en septembre dernier sur le blog de La Horde Sauvage qui reflète bien la situation :

"L’autre soir, aux rencontres polyphoniques, Jean-Claude Acquaviva faisait un discours dans lequel il disait à quel point nous sommes à Calvi culturellement sinistrés. Il n’y a pas de cinéma, pas de salle de théâtre, pas de salle de concert, il n’y a rien et pourtant, sous perfusion de bénévolat, d’associations culturelles et d’initiatives privées, la culture parvient à survivre à Calvi. Puis sont venus tous ces artistes aux noms exotiques, des Pakistanais, des Iakoutes, des Marseillais, des Africains, ils ont chanté des chants témoins de leur culture et de leur histoire. (...)

Quand je vois comment, au travers des bénévoles et des associations, la culture arrive à trouver son chemin malgré l’absence complète de moyens et d’infrastructures, j’ai la preuve qu’il me faut pour retrouver foi en les miens. Du besoin naît le manque, de l’adversité naît la solidarité, y aurait-il autant d’amour et de solidarité s’il n’y avait pas autant de manque ?
Les décideurs politiques en cause de ces manques nous réunissent dans l’adversité et nous rendent riches de cette solidarité. Peut-être faudrait-il les remercier d’être sans le vouloir, un moteur culturel pour cette ville ?
Un jour, je discutais avec quelqu’un qui s’étonnait de voir autant de bénévoles et autant d’investissement personnel de leur part. Les associations culturelles aident Calvi, alors les Calvais qui aiment vraiment leur ville aident les associations. C’est simplissime en fin de compte. C’est un acte de foi, presque politique, mais surtout un acte d’amour. Alors bien sûr, individuellement chaque acteur n’est qu’une goutte d’eau dans la mer, mais le plus grand des océans n’est que la somme des gouttes qui le composent. De cette émulation naissent de belles choses. Des choses bien plus enrichissantes qu’un port de plaisance prestigieux ou qu’une plage à la mode, plus enrichissantes que les strass et les paillettes que l’on nous jette aux yeux pour nous cacher l’essentiel : notre définition.
Amis Calvais, votre ville n’est pas pauvre, elle est riche de vous.

 

IN MEMORIAM

Maï Angelini Sicurani est partie le 8 janvier 2006 sans nous laisser le loisir d’inscrire le mot fin sur la longue conversation entamée avec elle.
Elle était comme ça, Maï, légère, fantasque, généreuse et présente, si présente...
Ayez une pensée douce et fugace comme une plume qui viendrait caresser un ciel, dans les plis duquel elle se dissimule.
La mort n’est pas la mort.
Seul, l’oubli est la mort.


L’héritage de Pasquale Paoli
DEBAT PUBLIC

Organisé par la Maison de la Corse et animé par René Siacci.
LUNDI 5 FEVRIER 2007 : JOURNEE DU SOUVENIR sous le haut patronage du Ministère de la Culture et de la communication

Ouvert à l’ensemble de la population, le débat public, est un moment privilégié permettant à tous de s’informer et de s’exprimer sur un thème fort : l’héritage de Pasquale Paoli, et comment cet héritage s’inscrit dans la société contemporaine. Ce débat préfigure les rencontres organisées au Sénat les 29 et 30 septembre 2007, par la Maison de la Corse intitulées : ‘’Et maintenant monsieur Paoli ? Projets et avenir de la Corse’’.

Participeront au débat :

Jacques Olivier Boudon (historien, écrivain et professeur à l’Université Paris IV Sorbonne. Thèmes de recherche : histoire de la Révolution française et du Premier Empire ainsi que l’histoire religieuse contemporaine. Président de l’assemblée des directeurs de Centres d’Initiation à l’Enseignement Supérieur. Président de l’Institut Napoléon).

Jean-Claude Casanova (académicien, co-fondateur et directeur de la revue ‘’Commentaire’’, directeur-adjoint de la collection ‘’Thémis Economie’’ aux Presses Universitaires de France. Il a en outre exercé des fonctions au sein de plusieurs cabinets ministériels).

Jean Defranceschi (directeur de recherche au CNRS, historien, écrivain, deux thèses consacrées à Pasquale Paoli, ‘’La Jeunesse de Napoléon’’, ‘’les dessous de l’histoire’’,…).

Simone Guerrini (conseiller exécutif de la Collectivité Territoriale de Corse déléguée à la culture, au patrimoine et à l’audiovisuel)

Charles Napoléon (parcours dans l’entreprise et la fonction publique, président de la Fédération Européenne des Cités d’Histoire Napoléonienne. Il est l’auteur de divers ouvrages historiques ou politiques dont ‘’Paoli et Bonaparte à l’origine de la question corse’’).

Paul François Paoli (journaliste, chroniqueur au Figaro littéraire, auteur de ‘’Comment peut-on être de droite’’, Albin Michel ; des ‘’Impostures de l’égalité’’,

Max Milo et ‘’Je suis corse et je n’en suis plus fier’’ Max Milo).

Ange Santini (président du Conseil Exécutif de la Collectivité Territoriale de Corse).

Edmond Siméoni (médecin, Président de Corsica Diaspora et amis de la Corse).

Camille de Rocca Serra (président de l’Assemblée de Corse, Député de Corse du Sud).

Michel Vergé-Franceschi (historien, spécialiste d’histoire maritime, il a dirigé le laboratoire d’histoire maritime du CRRS - Paris IV – Sorbonne - Musée de la marine, professeur à l’université de Savoie et président de la Société française d’histoire maritime. De nombreux livres dont ‘’l’Histoire de la Corse’’ et ‘’Paoli un corse des lumières’’).

Programme du 5 février 2007
20h00 - lecture de la pièce ‘’la Révolution Corse’’.
21h00 - débat public.
22h30 - concert Voce Isulane.
ORGANISATION : DELEGATION REGIONALE DE LA Maison de la Corse
117 bld Bineau - 92200 Neuilly sur Seine - 01 47 57 24 84 - contact@maisondelacorse.org - www.maisondelacorse.org

 

paoli

La culture corse à Paris en décembre


Salon du Patrimoine culturel au Carrousel du Louvre du 9 au 12/11/2006
La Collectivité Territoriale de Corse invite à découvrir son patrimoine culturel, salle Delorme, allée A, n°106, stand de la CTC .


Littoral : Les défenseurs de l’environnement visés par un attentat

Communiqué du bureau de U Levante :

Le lundi 23 octobre 2006 à 6h30, à Calvi, le véhicule de deux membres du bureau de l’association de protection U Levante a été détruit par une charge explosive. Qui veut-on atteindre? Sûrement le Collectif pour la loi Littoral et l’association U Levante, à travers deux de ses militants actifs. Les dossiers brûlants sur lesquels travaillent actuellement et au grand jour le Collectif et U Levante sont liés à la préservation du littoral. Y a-t-il un lien de cause à effet entre nos prises de position et cet acte ignoble ? Nous pensons que oui! Les membres du bureau et tous les adhérents de U Levante, qui ont toujours travaillé en toute transparence, ne peuvent que: - condamner très fermement cet attentat
- apporter leur total soutien à leurs deux militants
- réaffirmer leur détermination, qui ne faiblira ni devant la lâcheté ni devant les manquements aux règles élémentaires de la démocratie.
SIMU FORTI PERCHÈ UNITI SIMU!"


Patrimoine culturel immatériel et transmission : la polyphonie corse traditionnelle peut-elle disparaître ?
Rencontres des 22 et 23 juin 2006 à l’Hôtel Eden Roc (Ajaccio).
Intervenants :
Françoise Albertini, Jean-Loup Amselle, Sarah Andrieu, Nando Acquaviva, Corinne Bartolini, Emilie Bitauld, Bouziane Daoudi, Jean-François Dutertre, Sylvie Grent, Françoise Gründ, Michèle Guelfucci, Petru Guelfucci, Mariannick Jadé, Cherif Khaznadar, Bernard Pazzoni, Christian Poché, Paul Rasse, Dominique Salini, Mila Santova, Ouidad Tebaa
Au programme :
Présentation de la Convention pour la sauvegarde du patrimone immatéreil de l’UNESCO, présentation des formes polyphoniques corses et six tables-rondes.
Contact: Centre de Musiques Traditionnelles de Corse 04 95 46 05 05 - sermanu28@hotmail.com


Un moment de bonheur

tour
"Jeune Africaine"
Ouvrage collectif réalisé par les enfants de la Tour Solaire
année 2005/2006
Les artistes ont entre 8 et 11 ans.

A l’invitation d’Antoinette d’Angeli et de l’association La Tour Solaire, nous avons assisté le 3 juin à la fête de fin d’année de l’association. Grâce à la générosité de Jean Témir, la fête se déroulait dans cet endroit magique qu’est Chez Tao. Dans une ambiance chaleureuse, les enfants, visiblement heureux et fiers (et leurs parents aussi !), ont présenté leur spectacle de chant et de danse.
Il convient de féliciter tous les bénévoles des associations calvaises
U Svegliu et La Tour Solaire, notamment Antoinette, pour le travail quotidien accompli auprès des enfants.
Signalons aussi (mais nous n’y étions pas….) la prestation des chorales de l’école Loviconi et du collège Orabona, toujours sous la houlette d’Antoinette d’Angeli et de Franck Agostini, au Calvi Jazz Festival.


La Corse au Japon

Journées Corses au Japon (Kukuoka et Tokyo) du 17 au 22 octobre 2006, avec le groupe Voce Ventu, une exposition photo et des repas corses !

 




 






GUERRE DES POLICES EN CORSE

LE MONDE | 10.11.08 |  BASTIA (Corse) CORRESPONDANT

On assiste depuis des mois à une guerre des polices. (...) Je suis la victime d’un conflit qui me dépasse totalement." L’homme qui tient ces propos n’est ni un haut fonctionnaire tombé en disgrâce ni un policier anonyme et blasé. Il s’appelle Antoine Nivaggioni. En fuite depuis novembre 2007, il est mis en cause dans le cadre d’une enquête de grande ampleur conduite par la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille.

Dans un entretien au mensuel Corsica de novembre, cet ancien nationaliste, soupçonné d’avoir détourné des fonds de la Société méditerranéenne de sécurité (SMS) et participé à des marchés publics truqués, a donné corps au conflit qui mine les services de police dans l’île, à coups de tracts anonymes et d’accusations réciproques de "chantiers" - des manipulations, en langage policier.

D’un côté, la police judiciaire (PJ) et le groupe d’intervention régionale (GIR) d’Ajaccio, maîtres d’oeuvre des investigations visant la SMS. De l’autre, Bernard Squarcini, l’emblématique patron de la nouvelle Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et l’un des meilleurs connaisseurs des affaires corses. Les premiers accusent plusieurs collaborateurs de M. Squarcini d’avoir "couvert" - et sur ses instructions - les agissements de Nivaggioni. Le second s’en défend et soupçonne ses détracteurs de la PJ d’être à l’origine d’un tract anonyme largement diffusé à Ajaccio il y a un mois, le citant comme le "protecteur" de l’ancien nationaliste en fuite.


Depuis la fin de la guerre fratricide entre nationalistes, en 1996, traitement judiciaire du terrorisme et logique du renseignement n’ont cessé de s’opposer. "On nous demande d’apporter des solutions judiciaires à l’affairisme, on nous met la pression pour résoudre le problème de la criminalité en col blanc, mais on se rend compte que les nécessités du renseignement et les tractations en coulisse n’ont jamais cessé avec certains", assure, sous couvert d’anonymat, un fonctionnaire de la PJ.

Dans ce conflit entre services, le premier round semble avoir tourné à l’avantage de M. Squarcini avec la mutation du commissaire principal Robert Saby : directeur adjoint de la PJ ajaccienne, il était la cheville ouvrière de l’enquête sur la SMS. Selon nos informations, la décision de sa mise à l’écart, qui devrait être effective le 1er décembre, a suivi une entrevue orageuse entre l’intéressé et M. Squarcini, il y a trois semaines.


APPELS TÉLÉPHONIQUES "INTRUSIFS"

S’il quitte la Corse, le commissaire Saby n’en a pas moins oublié d’assurer ses arrières. Nichés dans les quelque 40 000 pages du dossier judiciaire, des procès-verbaux dont Le Monde a pu prendre connaissance suscitent des interrogations sur les tentatives d’ingérence répétées en pleine enquête judiciaire de la part de certains policiers des ex-Renseignements généraux (RG).

Fait rarissime, les fonctionnaires de la PJ ont consigné noir sur blanc les dates, heures et motifs de ces appels téléphoniques jugés "intrusifs" de leurs collègues des RG.
Le 16 mars 2007, à l’heure du déjeuner, le commissaire Saby se met devant son ordinateur : cinq minutes plus tôt, l’un de ses subordonnés l’a avisé qu’il venait de recevoir deux appels d’un responsable local des RG lui demandant si l’un des protagonistes de l’affaire de la SMS avait bien été placé sous surveillance téléphonique par la PJ. "Soumis à son devoir de réserve, le fonctionnaire de la PJ a été dans l’obligation de nier l’existence de cette surveillance", conclut le directeur adjoint de la police judiciaire corse dans son PV. L’écoute existe pourtant bel et bien.

Trois jours plus tard, c’est un fonctionnaire de la Direction centrale des renseignements généraux qui, depuis Paris, appelle le poste professionnel d’un brigadier-chef du GIR en poste à Ajaccio. Le RG se montre pressant. Il veut, lui aussi, en savoir plus sur les écoutes en cours dans l’affaire de la SMS. Le même rappellera le lendemain, à cinq reprises. Peu convaincu par les explications de son interlocuteur, son ton se fait plus offensif que la veille : "On a su que ce numéro était branché par toi", fait-il savoir, à toutes fins utiles, à son collègue.

Le 21 mars, nouvelle salve d’appels. Cette fois, l’enquêteur du GIR esquive, sans oublier d’en faire mention dans son procès-verbal : "Pour éviter de converser avec lui, écrit-il, l’un de nos collègues lui a indiqué que nous nous trouvions au siège de la DRPJ." Pas découragé pour autant, le policier des RG compose, dès le lendemain, le numéro du chef du GIR, en charge des investigations sur la SMS. Sans plus de succès. Interrogé sur les raisons d’une telle insistance, le fonctionnaire curieux "restait évasif (...) et ne fournissait aucune explication cohérente", indique le procès-verbal. Tous les appels émanent de fonctionnaires corses, considérés comme des proches de M. Squarcini. L’"explication cohérente" pourrait trouver son origine dans la date des appels téléphoniques : tous ont eu lieu quelques jours avant une première vague de perquisitions et d’interpellations visant Antoine Nivaggioni, ses proches et les locaux de la SMS.


Antoine Albertini Article paru dans l’édition du 11.11.08


GEORGIE  : Vladimir Poutine voulait-il éliminer Mikheïl Saakachvili en août 2008 ?

DÉCLARATIONS D’ANDRÉÏ ILLARIONOV
mardi 28 octobre 2008, par
Mirian Méloua

Selon Andréï Illarionov (1), l’ancien sherpa de Vladimir Poutine (2), le Premier ministre russe aurait conçu le plan d’éliminer le président géorgien Mikheïl Saakachvili (3) en août 2008 et de le remplacer par un ancien responsable de la Sécurité géorgienne, Igor Guiorgadzé (4) aujourd’hui exilé à Moscou.


Le plan initial russe

Il aurait consisté

1) à masser des forces militaires au Nord Caucase, à proximité de la frontière géorgienne, sous couvert de manoeuvres,

2) à faire pénétrer chars et troupes russes en Ossétie du Sud,

3) à faire évacuer le population civile de Tskhinvali en prévision des combats,

4) à envoyer ensuite les blindés russes à Tbilissi,

5) à renverser Mikheïl Saakachvili et son gouvernement,

6) à mettre en place une autorité pro-russe dirigée par Igor Guiorgadzé.


Les trois premières étapes du plan auraient été réalisées (présence en Ossétie du Sud de 200 chars russes et de 20 000 hommes / évacuation par les autorités ossètes de la population de Tskhinvali dès le 3 août), la réaction géorgienne aurait empêché le déroulement des étapes suivantes.

La réaction géorgienne

L’armée géorgienne ne pouvait aligner que 42 chars et 4000 hommes face à une offensive venant d’Ossétie du Sud, les autres forces se positionnant face à l’Abkhazie et 2000 soldats géorgiens se trouvant en Irak.

Le 7 août 2008, informé des renforts militaires russes présents en Ossétie du Sud et du danger immédiat qu’ils représentaient pour Tbilissi, Mikheïl Saakachvili aurait lancé l’attaque sur Tskhinvali afin de retarder l’avancée russe et de laisser le temps à la communauté internationale de sauver la capitale géorgienne (et se sauver lui-même).


La stratégie de substitution

L’échec de la stratégie initiale de Vladimir Poutine l’aurait conduit

a) à faire détruire un maximum d’équipements militaires géorgiens (Poti, Sénaki, Haut Kodori, Gori, Marnéouli ..),

b) à reconnaître les indépendances de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie (reconnaissance non prévue à l’origine),

c) à entâcher la réputation internationale de Mikheïl Saakachvili par une guerre médiatique l’accusant de la destruction de Tskhinvali et du génocide des Sud Ossètes (5).

Les affirmations d’Andréï Illarionov sont en évidente contradiction avec la thèse officielle de Moscou.


Notes
 :

(1) Andreï Illarionov fut conseiller économique des gouvernements russes dans les années 1990 et de Vladimir Poutine de 2000 à 2005 ; à ce titre, il est son sherpa pour les sommets du G8. Il démisionne pour absence de libéralisme dans la politique économique retenue en Russie. Il est aujourd’hui consultant pour une structure de réflexion, think thank, à Washington, le CATO Institute.


(2) Russie : biographie de Vladimir Poutine, homme d’Etat

(3) Géorgie : biographie de Mikheïl Saakachvili, président de la République

(4) Igor Guiorgadzé, ancien responsable de la Sécurité géorgienne, est soupçonné d’avoir organisé dans les années 1990 un attentat contre Edouard Chévardnadzé. Recherché par la justice géorgienne, il s’est réfugié à Moscou. Il anime à distance un parti politique, le Parti de la Justice, interdit sous l’ère Saakachvili : un certain nombre de ses cadres ont rejoint le Parti de l’Espoir, qui présentait un candidat aux élections présidentielles géorgiennes de janvier 2008 (moins de 1% des suffrages exprimés) et qui s’opposait à la demande d’adhésion à l’OTAN (validée par 72,9% des suffrages exprimés). Voir aussi Géorgie : les partis politiques après 1991

(5) L’un des arguments d’Andréï Illarionov est la surestimation du nombre de victimes ossètes lors du bombardement de Tskhinvali par les forces géorgiennes : de 2000 victimes dans les premières heures, il serait en définitive de 134, à 80% constitué de militaires. Ce serait la preuve d’après l’économiste russe, d’une part que Tskhinvali aurait été évacué de sa population civile à la demande des autorités antérieurement à l’attaque géorgienne, d’autre part que la propagande aurait été orchestrée à l’avance afin d’accréditer un génocide ossète loin de la réalité des faits.

Voir aussi:
 www.lemonde.fr/archives/article/2008...> class="principal">
par Natalie Nougayrède.


georg

GEORGIE  : Le témoignage de Jonathan Littell

L’auteur des "Bienveillantes" s’est rendu en Géorgie peu après le cessez-le-feu avec la Russie. Il a parcouru la région, rencontré hommes politiques, généraux russes, habitants et soldats, tenté de comprendre les différents points de vue. Voici son reportage publié dans Le Monde2 (en pdf à télécharger ici).

JACQUES CULIOLI RECOMPENSE A L’EUROVISION

Articles de Corse Matin à télécharger :
n°1 et n°2 .

JACQUES CULIOLI A L’EUROVISION

Article de Corse Matin du 3 octobre 2008 à télécharger .

JEAN-PAUL POLETTI HONORE

Article de Corse Matin du 8 octobre 2008 à télécharger .

RETOUR SUR LA GEORGIE

Notre solidarité pleine et entière avec les civils géorgiens victimes de la guerre ne saurait nous dispenser de la nécessaire réflexion sur les causes multiples de ce conflit.

Petit rappel de l’histoire récente :

Le territoire de la Géorgie s’étend au sud de la Caspienne, aux frontières de la Turquie, de la Russie, de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan. Cette position centrale lui vaut de se trouver au cœur d’une zone de fortes turbulences depuis l’éclatement de l’URSS en 1991. Au cœur surtout de la formidable guerre des oléoducs que se livrent les États-Unis et la Fédération de Russie dans cette région. La Géorgie est ainsi devenue un champ clos d’affrontements des grandes puissances et un enjeu stratégique et pétrolier.

Au moment de l’indépendance, la guerre d’Abkhazie (province du nord-ouest où la minorité abkhaze a expulsé la majorité géorgienne de la population) a été menée grâce à l’appui des avions et des canons russes. Bilan : 400 000 réfugiés. L’Ossétie du Sud (province du nord du pays) a fait sécession avec le soutien russe.

Dans ce contexte, cette Géorgie affaiblie, humiliée mais attachée à son indépendance, a accueilli plutôt facilement un protecteur américain jugé moins menaçant que le voisin russe.

Le régime d’Edouard Chevardnadze surnommé "le renard blanc", chef de la Géorgie soviétique puis de la Géorgie indépendante, a donc fait allégeance aux Etats-Unis et a été en retour largement choyé par Washington, qui en a fait le principal bénéficiaire dans la région de son aide économique. En échange, la Géorgie s’est alignée sans mot dire sur la politique étrangère de la Maison-Blanche.

Lorsqu’en 1999 Boris Eltsine lui demande d’utiliser le territoire géorgien pour lancer une invasion de la Tchétchénie, le chef de l’État rejette la demande russe, alors qu’un mois après le 11 septembre 2001, Chevardnadze propose d’accueillir les troupes américaines en échange d’une aide financière de Washington. La Géorgie a ensuite servi de relais pour les vols de l’US Air Force lors de la guerre d’Afghanistan, et a autorisé quelques centaines de militaires américains à encadrer des commandos géorgiens censés pourchasser d’hypothétiques membres d’Al Qaïda du côté de la Tchétchénie voisine.
Pourtant, progressivement, Chevarnadze déçoit ses alliés américains. Son régime corrompu est au bout du rouleau, et surtout il améliore ses relations avec Moscou et s’éloigne des Etats-Unis.  Alors les Etats-Unis le lâchent et préparent le jeune Mikhail Saakashvili à prendre la succession. Les services américains organisent en sous-main ce qu’on appellera la "révolution des roses". Présenté comme un mouvement spontané et non violent, le soulèvement qui a forcé Edouard Chevardnadze à renoncer à la présidence de la Géorgie est en réalité le fruit d’une patiente manipulation américaine.

Avec la destitution du président Chevardnadze, c’est donc une opposition très pro-américaine de "néo-cons" qui arrive au pouvoir à Tbilissi, avec pour objectif d’intégrer le plus rapidement possible l’OTAN.
La Russie ne peut admettre de voir un pays clé de leur frontière sud passer directement dans le camp américain. En ouvrant l’OTAN aux débris de l’Union Soviétique et de la Yougoslavie, en favorisant les tendances russophobes des gouvernements polonais et tchèques pour qu’ils hébergent des missiles pouvant être facilement dirigés vers la Russie, les Etats-Unis soufflent sur les braises, au mépris des peuples...

Ces derniers mois, les séparatistes d’Ossétie du Sud et leurs alliés russes ont considérablement fait monter la tension dans la région. En avril, l’Otan a promis à la Géorgie – sans donner toutefois d’échéance – qu’elle serait un jour intégrée dans l’Alliance, le leitmotiv de la diplomatie de Mikhaïl Saakachvili depuis son arrivée au pouvoir en 2004.

Moscou a répliqué en appelant à établir des liens officiels avec les républiques séparatistes de Géorgie, que la Russie soutient depuis des années, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud.
Depuis, aiguillonnés par le «précédent du Kosovo», devenu indépendant en février dernier, les séparatistes ont multiplié escarmouches et incidents.

Mais c’est finalement Tbilissi qui a perdu patience et a attaqué en premier. Le président Saakachvili avait fait de la réintégration des territoires «perdus» une priorité, et les combats avaient déjà brièvement repris en 2004. Il avait pourtant, quelques heures plus tôt, décrété un cessez-le-feu unilatéral. Ce qu’il cherche, c’est à internationaliser le conflit pour modifier les règles qui président au processus de paix. Jusqu’à maintenant, le processus de paix en Ossétie du Sud est, depuis les accords de Dagomys signés en 1992, sous la responsabilité de la Commission mixte composée de la Russie, de la Géorgie, de l’Ossétie du Nord et de l’Ossétie du Sud, soit un rapport de force largement favorable à la ligne russe. Tbilissi cherche à faire intervenir les Occidentaux dans la crise pour sortir de cette Commission ou l’élargir et faire prendre en charge la résolution du conflit ossète sinon par la communauté internationale du moins par le Conseil de sécurité de l’ONU.

Pour le Kremlin, c’était le moment rêvé pour «punir» cet ancien allié, qui avait eu l’audace de le  «trahir» en lui préférant les Etats-Unis.

Mais comment croire que Saakashvili ait décidé de bombarder l’Ossétie du Sud sans l’aval de son protecteur américain, qui était très vraisemblablement au courant (voire à l’origine) des préparatifs militaires côté géorgien. Mais les Etats-Unis n’iront pas jusqu’à rompre leurs relations avec la Russie. La Géorgie ne vaut pas une guerre...

SOS GEORGIA

Dimanche 17 août – 12h00

- Après la messe dominicale (11h00), une messe funèbre, à la mémoire des géorgiens tués par les forces militaires russes, sera célébrée à l’’Eglise géorgienne Ste Nino, à 12h00 (6-8 rue de la Rosière, Paris 15e).
- A 12h30 à l’’Eglise géorgienne Ste Nino : collecte de fonds destinée aux réfugiés (60 000 personnes sont actuellement réfugiées à Tbilissi venant de Samachablo et de Gori) et notamment aux personnes les plus fragilisées.

Mercredi 20 août – 19h00
«Chanter pour la Géorgie » sur le Parvis de Beaubourg (Paris 1er, Métro Rambuteau). Autour des groupes de chants et des chanteurs, sera organisée une large manifestation. Cette initiative sera relayée au même moment dans tous les autres pays par les différentes communautés géorgiennes.

Informations pratiques pour les dons

Par chèque :

libellé du chèque : Association Géorgienne en France, en précisant la destination : Fonds d’’aide aux réfugiés,
à l’’adresse suivante :
Othar Zourabichvili – Président de l’’AGF 
3 rue de l’’Asile – F 78400 CHATOU

Par virement :

Association Géorgienne en France
Caisse d’’Epargne Ile de France Ouest,
8 bis rue de Maurepas –
92500 RUEIL-MALMAISON
compte référence : IBAN FR76 1786 5006 0008 2759 3107 445.
Spécifier la destination des sommes virées : Fonds d’aide aux réfugiés.

Les fonds recueillis seront directement transférés à l’’organisation : ACTS GEORGIA (A Call To Serve)  (celle-ci constituée de médecins géorgiens oeœuvre depuis plus de 10 ans pour l’’aide humanitaire en Géorgie). Ces fonds seront spécifiquement destinés aux achats de première nécessité pour les réfugiés.

29/7/2008
Rizzanese : un fleuve en danger

Magnifique rivière sauvage du Sud de la Corse, le Rizzanese vit ses derniers instants de liberté quasi intacte. Le chantier d’un barrage hydroélectrique de 40 mètres de haut, vient de commencer. Le WWF et bon nombre d’associations dénoncent cette réalisation d’un autre temps qui selon eux, ne constitue en aucun cas une réponse durable au problème énergétique de la Corse.


Avec un coût estimé à 150 millions d’euros, cet ouvrage d’une capacité de 1,3 millions de m3, prévu pour produire 80 GWh d’électricité par an, ne couvrira que 4% des besoins en électricité de l’île, pour un coût écologique démesuré.
Or, le barrage est une menace directe sur les populations de poissons locales et migratrice, dont la truite macrostigma, une espèce endémique de Corse et l’anguille, déjà fortement menacée : le Rizzanese, dont une partie de l’eau a déjà été détournée pour alimenter le barrage de l’Ospedale, va être mis sous canalisation sur 12 kilomètres, empêchant l’anguille de remonter sur les affluents de la rivière. Ce réservoir d’eau servirait aussi aux besoins agricoles (fourrage et élevage extensif des vaches) et à l’irrigation, à l’heure où les politiques agricoles et énergétiques sont en pleine évolution.

Un grand barrage de trop, au moment du Grenelle de l’environnement

L’ADRE, l’Association de Défense du Rizzanese et de son Environnement et les nombreuses
associations locales - dont la Fédération de Pêche de Corse - et la commune de Zonza, qui se battent depuis plus de 20 ans, n’ont pu empêcher le coup d’envoi juridique de ce projet, critiqué par de nombreuses institutions. Même EDF reconnaît, d’après l’ensemble des études d’impacts réalisées à ce jour en Corse, la richesse inégalée de la faune et de la flore du Rizzanese.

Comme pour les 45 000 grands barrages construits dans le monde, celui sur le Rizzanese va profondément et de façon irréversible modifier le cours d’eau, ses paysages de gorges et l’économie touristique, principalement développée autour de la pêche récréative et des sports d’eau vive. Les guides de pêche et des sportifs de renommée internationale considèrent le Rizzanese comme la plus belle rivière de Corse. Mais les plages locales, en particulier celles au sud de Propriano, inventoriées au titre de Natura 2000, vont aussi être endommagées suite blocage des sédiments par le barrage.

Pour un parc éolien


Tous ces dégâts pourraient être évités d’une part en développant une agriculture de qualité et
d’autre part en misant sur les autres énergies renouvelables (solaire, bois, énergie, éolien) pour produire une réelle électricité renouvelable. Ainsi, la création d’un parc éolien d’une vingtaine de machines de 1,5 MW chacune peut produire autant de courant électrique que le barrage, avec une empreinte écologique bien moindre sur les milieux naturels et la création de nombreux emplois. Provisoirement, un raccordement peut-être effectué sur le câble d’alimentation Italie-Sardaigne. « Alors, ne renouvelons pas les erreurs du passé et tirons les leçons du retour d’expérience
dramatique du barrage de Puylaurent en Lozère, qui a détruit la dernière grande rivière à truite de la Lozère et a accéléré l’exode rural
» déclare Daniel Richard, Président du WWF.

L’exemple de la Loire a démontré la pertinence de l’approche de « gestion durable des fleuves ». La Corse peut déjà compter sur un parc hydroélectrique important qui fournit 30 % de la demande annuelle en électricité et la place à la pointe en termes d’énergie renouvelable hydroélectrique, bien au-dessus de la moyenne nationale, de 13 % environ.

C’est pourquoi, le WWF et ses partenaires demandent à EDF et aux élus corses d’arrêter le chantier et de lancer au plus vite l’étude pour les alternatives économiques, environnementales et sociales à cet énième barrage.


REPORTAGE


Corse, les derniers jours du fleuve

LE MONDE 2 | 25.07.08 | 14h34


C’est le printemps ; un printemps venteux, glacial, tempétueux, cinglé de pluie, et c’est très bien ainsi : nous sommes en accord avec le paysage. L’eau qui tombe du ciel gonfle le torrent qui bouillonne à nos pieds, le vent qui nous fouette le visage tord le fil des cascades, le fleuve gronde et nous éclabousse. Nous sommes en Corse-du-Sud, dans l’Alta Rocca, au bord du Rizzanese, le fougueux, un des derniers fleuves sauvages d’Europe, qui, d’ici quatre ans, sera castré par un barrage. Ce que nous voyons aujourd’hui, cette splendeur qui nous submerge, nous happe l’âme, bientôt nous ne le verrons plus… Ainsi va la vie, il faut bien fournir de l’électricité aux îliens, qui en manquent : les coupures, les baisses de tension, sont ici quasi quotidiennes. - J’ai besoin de courant pour faire tourner ma machine à laver ! je ne veux pas retourner au lavoir !, s’exclame la responsable d’une association corse de sauvegarde de la nature, favorable au projet du barrage, pas trop à l’aise pourtant : elle a refusé de nous recevoir pour en parler. Le sujet est épineux, il divise, oppose, violemment parfois, crée un malaise palpable.

La plupart des Corses sont pour, chacun y voit ses avantages : des emplois, de l’argent, le fantasme de l’indépendance énergétique, mais sans grand enthousiasme, comme si personne n’y croyait réellement. Comment oser s’opposer au progrès ? Dans un pays sans industrie, riche de ses paysages, qui serait assez fou pour dire tout haut que le roi est nu, et que le projet du barrage est un leurre ? Pierre, riverain du Rizzanese, ne se fait guère d’illusions.

En attendant, leur prochaine disparition rend ces paysages tourmentés, ces gorges, ces chaos de rocs suspendus, ces gouffres d’eau, ces falaises, ces torrents, ces cascades, ces méandres, ces vagues de pierre, créatures de granit éthérées, sculptées par des millénaires d’eau folle, d’autant plus émouvants. On regarde le fleuve, et on a la gorge serrée.

Le Rizzanese, on l’appelle fleuve, parce qu’il se jette dans la mer ; vu sa taille modeste, ailleurs, on l’appellerait rivière ; mais ici tout est différent. Le Rizzanese nous dérange. Son lit, sa vallée, ses villages, ceux qui vivent à ses côtés, depuis la nuit des temps, les traces sombres des sangliers, qui éventrent la terre… Ici, on est troublé, un peu à côté de soi-même. Est-ce l’effet de l’alcool de myrte, qui, d’après un jeune chimiste spécialiste des plantes locales, contient un alcaloïde puissant, raison de son succès par ici ? Pourquoi pas. Mais même sans la myrte, on se sent différent. A peine entré dans la vallée, on se sent à la fois libre, dégagé de ces petits riens dérisoires qui font nos vies parisiennes, et en même temps curieusement enfermé, captif de l’invisible, la pierre, le ciel, l’eau… Tous trois en mouvement, perpétuellement agités, un concentré d’énergie pure. Pas étonnant qu’on veuille s’en emparer pour faire de l’électricité.

En Corse, les rivières sont mâles : on dit U Rizzanese, le Rizzanese. Chaque rivière est accouplée à une fée, volontiers maléfique, pour peu qu’on la dérange ; en Corse l’eau est associée au mal, chaque rivière est un Styx, une frontière entre la vie et la mort, hantée par les âmes des défunts, amer peuple de l’onde, qui vient tourmenter les vivants… On ne le franchit pas impunément.

Nous avons vécu huit jours et huit nuits en sa compagnie, le long des méandres qui vont être effacés par le barrage : la plus belle part du fleuve, la plus frappante. La regarder trop longtemps vous transforme en gorgone ; à trop rester ici, on mue, on se pétrifie. Je suis restée des heures durant, perchée sur un rocher, à contempler l’eau, sans sentir le temps passer…


L’HISTOIRE D’UNE BANDE DE COPAINS


Pour un peu, penché au bord du gouffre, on se sentirait basculer, happé par le vide, les gros rochers ronds, accueillants, le torrent qui gronde en bas, et murmure votre nom… Serait-ce la fée du Rizzanese, cousine de Mélusine, la belle à la queue de serpent, capturée par un pêcheur, qui appelle ses enfants ? Ou alors le Winnetou, profil d’Indien géant sculpté dans la falaise par les doigts du hasard et du chaos rocheux, qui prévient les kayakistes du danger ? Juste en dessous, un miraculé du fleuve a gravé dans la pierre ces quelques mots : merci de m’avoir sauvé de la noyade ; est-ce le même qui a déposé dans le creux d’un roc une statue de la Vierge ? Bientôt, l’Indien, la Vierge, l’ex-voto, tout sera submergé.

Pour nous, il s’agit de voir une dernière fois ce qui va disparaître, en rendre compte, le photographier ; le Rizzanese est une œuvre d’art qu’on a envie de confier à Christo pour qu’il l’emballe et l’emporte. A défaut, ouvrons grand nos yeux et nos oreilles, tendons nos mains, buvons l’eau fraîche dans le creux de nos paumes, afin de faire entrer le Rizzanese en nous, à petites gorgées.

Et ça marche ! Le fleuve entre en moi par la bouche.

Indulgent, Pierre rit de mon exaltation de Parisienne un peu folle ; il en a vu d’autres.

Accroupi sur un grand rocher blanc penché vers l’eau bouillonnante, il hoche la tête, secoue pensivement sa chevelure de Triton, ses longues mèches rousses blanchies de gouttelettes ; pour se faire entendre, au milieu du tumulte des eaux, il élève la voix, qu’il a belle et profonde. – Au début, un barrage, je n’étais pas contre, je me suis dit : un barrage pourquoi pas ! Pourtant je l’adore, cette rivière, elle fait partie de moi, depuis toujours… mais enfin, la vie n’est pas figée ! Tu vois, j’étais plein de bonne volonté. Et puis, quand j’ai commencé à m’y intéresser de plus près, là j’ai commencé à déchanter. Sérieusement. Il tourne son visage vers moi, ses grands yeux gris-bleu.

- Tu as lu Un bon jour pour mourir, de Jim Harrison ? L’histoire d’une bande de copains qui veulent faire sauter un barrage… tu devrais, c’est un bon bouquin, assez drôle. Bien sûr, il n’est pas question de le faire sauter, ce barrage… (il soupire). Mais tout de même, quel gâchis… Il désigne un creux dans le torrent. – Tu sais, un jour, mon grand-père a attrapé une truite à la main, dans ce trou d’eau, là… C’est simple, quand on sait faire : il faut glisser la main sous le ventre, elles ne sentent pas, c’est moins innervé, le ventre des truites ; à peine attrapée, la truite s’est mise à parler, d’une jolie voix de femme : Je suis ta tante, laisse-moi partir, bientôt je serai malade, et puis je guérirai… Bien sûr, il l’a lâchée, tu penses ! Peu après, sa tante est tombée malade, et puis elle a guéri. (Il éclate de rire.) Bon, c’est ce qu’il m’a raconté, et moi je l’ai cru ! Il m’emmenait souvent pêcher par ici, c’est lui qui m’a appris… Ce qu’il a pu m’en raconter, comme histoires, sur la rivière… ici, tous les trous d’eau ont un nom, celui-là (il pointe son doigt) c’est i spusati, les mariés : il y a longtemps, dans les années 1930, un jeune couple s’est noyé en passant en calèche… Celui-là, u lagu di porci, le lac aux cochons, l’autre, là-bas, u lagu di mulinu, le lac du moulin… Bientôt, tout aura disparu. Il se lève et s’en va, me laissant seule sur mon rocher, avec le torrent qui gronde en bas.


DEUX MAINS BLANCHES SUR UN PONT


- L’hiver dernier, je rentrai du travail assez tard, un soir, et soudain, en passant sur le pont, j’ai eu une vision que je n’oublierai jamais : deux mains blanches accrochées à la rambarde. J’ai cru que je rêvais, mais non ! Je me suis arrêtée : il y avait un corps en dessous, cramponné sur l’eau. Il faisait un froid ! Je ne sais pas comment il a fait pour tenir.

C’est Patrizia, la belle Sarde, fine comme une lame, arrivée en Corse à 6 mois - quand on parle d’elle, on dit : elle est là depuis longtemps – qui nous raconte cette histoire.
- Je le connaissais, le désespéré. C’est un vieil homme qui vit au village, il est très diminué, il ne peut plus aller au bois, à la chasse ou aux champignons, il avait décidé d’en finir ce soir-là. Ce qui m’a étonnée, c’est qu’il avait posé ses chaussures sur la rambarde à côté de lui, bien rangées, il était nu-pieds, il s’apprêtait à sauter, il ne tenait plus qu’à la force des bras. Arrête ! je lui ai dit, ne fais pas ça ! – Va-t-en ! fous-moi la paix ! , il m’a répondu. J’ai dû parlementer un long moment pour qu’il remonte et remette ses souliers. Le Rizzanese a aussi ses fantômes : deux moniteurs de kayak qui se sont noyés, il y a quelques années, après avoir sauvé deux jeunes en péril, pris dans un tourbillon. – La seule façon d’en réchapper, c’est de se laisser couler tout au fond et de remonter, mais ce n’est pas du tout ce qu’on a envie de faire, une fois qu’on est pris…, nous dit Paulo, instituteur et grand pêcheur devant l’éternel, "docteur en Rizzanese" ; on y songera si cela nous arrive. En baissant la voix, il évoque la triste histoire d’une mère, désespérée après la mort de son fils, qui s’est jetée dans un lac, au lagu da riccia, depuis une falaise. Penchée sur l’eau sombre, je frémis rien que d’y penser. A la nuit tombée, les spectres hantent les berges des rivières, pour tourmenter les vivants ; en passant sur le pont le soir, on aura soin de jeter une pierre dans l’eau noire, afin qu’ils se tiennent à l’écart.

Chaque année, à la Toussaint, on dépose un bol d’eau sur le rebord de la fenêtre, destiné aux défunts.

Pierrot, vieux lutin barbu débordant de vie, entouré d’une foule d’animaux, écoute France-Culture au milieu de nulle part, et prend soin d’accrocher à une branche du lard destiné aux oiseaux.

- La rivière a des secrets, écoute la rivière..., me glisse-t-il.
Et il file nourrir ses cochons noirs.


QUAND LA RIVIÈRE A CHANGÉ DE VISAGE


Paulo nous montre ce qui reste du Spin’a cavallu, le dos de cheval, l’antique pont génois.- Regarde-moi ce parapet : c’est affreux comme ils l’ont refait, avec des pierres toutes neuves ! c’est la crue qui l’a emporté. Un pont du xiie siècle, qui avait résisté à huit siècles d’intempéries… Le 31 octobre 1993, le ciel est soudain devenu noir, mais noir ! en plein jour ; on n’avait jamais vu ça. Et puis il s’est mis à pleuvoir, un déluge. En quelques heures, le Rizzanese a débordé, il est devenu fou, il a tout emporté sur son passage. Les ponts, les arbres, des rochers gigantesques, des maisons… une femme a été entraînée, dans son restaurant, les Caldanes, aux sources chaudes.

Aux Caldanes, Antoine, impassible, quasi minéral, au coin du feu. Depuis que Rosa est partie, emportée par le Rizzanese en furie, il tient le restaurant tout seul. Il nous montre sa photo sur le mur : une belle femme brune, rieuse, bien en chair. – L’eau s’est engouffrée d’un coup, ici même, une force terrible, Rosa a été entraînée. J’ai essayé de la retenir, l’eau était plus forte que tout… J’ai réussi à m’accrocher à un pilier, Rosa est partie avec l’eau.

Devant le pont, un poème en corse rappelle le souvenir de Rosa, dont on n’a jamais retrouvé le corps.

- Elle est sans doute sous un banc de sable, murmure Paulo. Depuis la crue, la rivière a changé de visage, des blocs énormes ont été déplacés. Gigantesques ! Tu ne peux pas t’imaginer.

Plus tard, Paulo, à la sortie de Zoza.

- Lorsque j’étais enfant, il n’y avait pas de salle de bains chez nous ; aux beaux jours, ma mère me lavait à la rivière. Elle me posait sur une grande pierre plate, au bord de l’eau, un peu penchée, et moi je glissais, je glissais, j’avais peur ! Bien plus tard, je suis revenu voir la pierre, elle m’a semblé si petite ! Il rit, puis me montre une marmite de géant, a conca : – Tu vois la pierre ronde, dans ce grand creux, lisse et profond ? C’est elle qui l’a creusé, depuis des milliers d’années, elle est là, elle tourne et elle creuse. Il désigne un chaos de rocs.

- Tiens, c’est ici que je me suis cassé l’épaule, un jour, en pêchant. S’il y avait eu de l’eau comme aujourd’hui, j’y serais resté. J’ai glissé sur un rocher, une force de vie m’a arraché à la rivière, et m’a fait détaler.

- La Corse, nous confie un chasseur, devant une bière à la châtaigne, au Bar des Sports de Quenza (cuisine exquise), c’est le seul pays où on trouve des vaches sauvages et des préfets sauvages.


DEUX ARCHÉOLOGUES HILARES


Pas seulement : au bord du Rizzanese, les archéologues aussi sont déchaînés. La faute aux buissons de myrte qui poussent à fleur de rocher ? Aux asphodèles et aux hellébores, plantes assez sorcières, qui couvrent le maquis ces temps-ci ? Nous trouvons ces deux jeunes gens, sérieux la plupart du temps, rattachés au CNRS, fleuron du bataillon de l’archéologie préventive de Corse, l’un préhistorien et l’autre médiéviste, hilares et désopilants. Chaque jour ils risquent leur vie, le corps planté dans une salopette et des bottes de pêcheur, guère pratiques sur les rochers glissants, noyés sous les eaux du torrent ; Paulo, inquiet, murmure en les regardant : " Oh mais ils jouent leur peau, les petits gars, là… " Chaque jour donc ils traversent le torrent pour rejoindre leur site de fouille, afin de vérifier qu’aucun vestige précieux ne risque d’être englouti. Ils ont bien trouvé quelque trace de sépulture paléolithique, mais aucune cité des morts stupéfiante, dont la découverte suspendrait l’érection du barrage… – Ici, je suis en conflit avec moi-même, nous confie Pascal Tramoni, sérieux, pour une fois. Ce que je souhaite, c’est qu’on finisse les fouilles, et que les travaux soient arrêtés. C’est tellement beau, ces gorges… Hier je suis tombé, à cause de cette beauté. Je marchais dans l’eau, avec mes hautes bottes, et puis, je ne sais pas ce qui s’est passé, j’ai été happé (il fait un grand geste du bras). Je ne savais plus où j’étais, j’étais fasciné, je marchais au beau milieu du fleuve, j’ai glissé, et je suis tombé. J’ai eu de la chance de m’en sortir…, murmure-t-il, rêveur.

Au beau milieu de l’eau, il s’exclame : – Cet ouvrage, ça sera le plus petit barrage du monde pour un maximum de dégâts. Paulo, qui connaît bien le dossier, opine et précise : – Un million de mètres cubes, à quoi ça rime ? A quoi bon sacrifier tout ça ? EDF sera déficitaire ! le courant reviendra très cher… C’est un projet politique, bien plus qu’énergétique… Le maire de Sainte-Lucie-de-Tallano, Antoine Greani, que nous rencontrons chez Anna, au bar du village, autour d’un chocolat revigorant, pourtant partisan du barrage, ne nous dit pas autre chose : EDF n’était pas pour, c’est la CGT qui a fait pression, pour les emplois… – A nous, les communes, ça nous rapportera la taxe professionnelle : 500 000 euros, alors bien sûr je suis pour ! on a besoin d’argent… C’est pas avec les kayakistes qui ne dépensent rien ici, pas un sou, qu’on va faire vivre la commune ! Quand on lui rapporte les propos du maire, Paulo s’énerve : – Des emplois ? quels emplois ? la plupart des ouvriers du chantier viennent du continent… Quand tout sera fini, le barrage sera automatisé, commandé depuis Marseille, ou Aix… Ils sont dans l’erreur ! Tous ! On défigure le Rizzanese pour rien ! Tout ce qu’on a en Corse, c’est la beauté des sites, rien d’autre… Il n’y a que cela qui peut créer des emplois ici.

Chez Anna, le maire lève les yeux au ciel.

- On va encore me sortir une nouvelle espèce de tortue ! Il fait allusion à la cistude, une tortue rare, qui vit à l’embouchure du Rizzanese, site protégé du côté de Propriano. Le WWF, qui s’est ému de la construction du barrage, a tenté de l’ériger en bouclier, et aussi la macrostigma, variété de truite à grosses taches rouges, protégée elle aussi… Le maire, se levant pour prendre congé : – Cette rivière doit être gérée ! Un jour pour les kayakistes, un jour pour les pêcheurs. Et surtout, elle doit rapporter de l’argent... Il se lève et s’en va. Avec Paulo, nous sommes allées à l’embouchure, voir l’endroit où les eaux se mêlent, douces et saumâtres, gris perle et bleu vert ; ici vit une fleur protégée elle aussi, l’Anchusa crispa… Au milieu de milliers d’iris jaunes, toutes sortes d’oiseaux de mer et des marais, hérons cendrés, canards sauvages et cormorans, filent entre le ciel et l’eau, tandis que des guerriers de pierre, massifs et ronds, montent la garde sur la grève.

Depuis sa source, sur le flanc pierreux de l’Incudine, jusqu’à son embouchure, ample et paisible, en passant par tous les tourments du torrent, le Rizzanese est un envoûtement. Allez vite l’admirer dans sa splendeur intacte, avant que les travaux du barrage l’aient entièrement bouleversé.

- Il n’y aura plus d’eau, soupire Paulo, surtout en été… Déjà qu’on en détourne une belle part en amont, au niveau de l’Asinao, pour nourrir le barrage de l’Ospedale… il ne restera plus rien, qu’un filet ! Fini la pêche et les baignades, fini le Rizzanese… On a beau nous faire des promesses à tour de bras, je sais ce qui l’attend… Et, un doigt sur la bouche, il nous montre une rainette dorée, grande comme l’ongle du pouce, qui dort sur l’herbe mouillée.

Le projet d’un barrage sur le Rizzanese remonte aux années 1930. Après des décennies de volte-face et d’hésitation, les travaux devraient aboutir en 2012. L’Association de défense du Rizzanese, l’ADRE, créée par Georges Mattei, qui habite Zoza, un des villages riverains, a réussi à bloquer le projet presque dix ans, au grand dam des maires des autres communes, favorables au projet. L’ADRE, ainsi qu’une douzaine d’autres associations, ayant été déboutée par le Conseil d’Etat en novembre 2006, rien n’empêche plus les travaux du barrage de suivre leur cours. Un vaste pan de forêt primitive, aux arbres pluricentenaires, protégés jusqu’ici, a ainsi été déclassé pour faciliter le chantier; il sera rasé pour créer une zone de dépôt. Près de 200 millions d’euros vont être dépensés pour construire l’ouvrage en béton de 40 mètres de hauteur, un barrage poids (c’est-à-dire dont la propre masse suffit à résister à la pression exercée par l’eau), d’une capacité de 1,3 million de mètres cubes, destiné à produire 80 GWh d’électricité par an, soit environ 4 % de l’électricité de l’île.

La saga du barrage Le Rizzanese, dont une partie a déjà été détournée en altitude pour alimenter le barrage de l’Ospedale, va être court-circuité sur 12 km, et passera par un tunnel creusé à travers la montagne, abouché à une conduite forcée, à Sainte-Lucie-de-Tallano. Il aboutira en bas à la centrale hydraulique et au bassin de démodulation, près de la chapelle romane Saint-Jean-Baptiste, classée monument historique. En dehors des dégâts causés au site, au fleuve et à sa faune protégée – truite macrostigma et tortue cistude – l’ADRE et le WWF dénoncent une autre conséquence : le barrage, en retenant environ 13 000 t de pierraille par an, menacera à moyen terme la plage sud de Propriano, alimentée en sédiments par le fleuve. Le barrage du Rizzanese est aussi destiné à stocker de l’eau pour l’agriculture : 1,6 million de mètres cubes d’eau sont prévus entre mai et octobre, afin de "garantir une disponibilité en eau agricole" pour le fourrage et l’élevage des vaches de la vallée de Sainte-Lucie-de-Tallano. Pour les opposants au projet, l’idée d’une autonomie en électricité de la Corse est un leurre. Ils insistent sur la nécessité d’un câblage de l’île avec le continent et la Sardaigne ; l’interconnexion, souhaitée par l’Europe, permettrait de densifier le réseau et d’éviter les fluctuations de tension, en répondant à l’augmentation croissante des besoins électriques de l’île, soit 5 % par an. Un câble à courant continu Italie-Sardaigne passe déjà par la Corse, EDF dispose d’un droit de prélèvement équivalent à 10 % de la consommation corse. La Corse est dotée de deux réseaux électriques internationaux : Sacoi, en courant continu, qui relie la Sardaigne et la Toscane à la Corse ; Sarco, qui apporte du courant alternatif en provenance de la Sardaigne.


Elise Fontenaille

A consulter, le site de l’association de défense du Rizzanese :
http://www.rizzanese.fr/

Pétition en ligne ici :
www.rizzanese.fr/phpPETITION/phpPETITION/index.php

28/7/2008
Littoral :
Le Conseil d’Etat tranche en faveur des associations

Le Conseil d’État a suspendu vendredi le permis accordé au publicitaire Jacques Séguéla pour faire construire une villa près de Bonifacio en Corse-du-Sud, donnant ainsi raison à des défenseurs de l’environnement qui mettaient en cause la légalité du Plan local d’urbanisme. La plus haute instance administrative a ainsi décidé d’annuler l’ordonnance qu’avait prise le 17 avril 2008 le juge des référés du tribunal administratif de Bastia, autorisant la reprise des travaux.

Cette décision est un soulagement pour l’Association bonifacienne comprendre et défendre l’environnement (ABCDE) qui réclamait la suspension du chantier de la villa située sur un terrain quasi vierge à Cala Longa. L’avocat de l’association Me Benoist Busson a fait valoir que le permis de construire était illégal au regard de la loi "littoral" de 1986 et de l’article 146-4-1 du Code d’urbanisme stipulant que "l’extension de l’urbanisation doit se réaliser soit en continuité avec les agglomérations et villages existants, soit en hameaux nouveaux intégrés à l’environnement".

26/5/2008
Reconnaissance des langues régionales :
articles transférés en page "lingua3"

Par le biais d’un amendement au projet de loi sur la réforme des institutions, l’Assemblée Nationale a voté à une très large majorité len faveur de la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution. Quelle que soit l’issue du débat en cours sur la réforme de la Constitution, plus ne sera jamais comme avant

Les opposants à une telle reconnaissance y ont toujours vu un risque pour l’unité du pays, se réclamant - quelque peu abusivement - de l’’héritage de 1789, alors que cette vision date surtout de la IIIe République. 

Ci-après le communiqué de Sylvain Ettori,  Président de la Maison de la Corse

Renseignements : contact@maisondelacorse.org - www.maisondelacorse.org

La Maison de la Corse se réjouit du vote à l’Assemblée Nationale aujourd’hui 22 mai, d’’un amendement au projet de loi sur la réforme des institutions visant à inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution. Il s’agit là d’une revendication déjà ancienne, portée par la Maison de la Corse, comme par d’autres associations militantes pour la langue corse. Le vote d’aujourd’hui manifeste que ces voix diverses mais concordantes ont été enfin entendues.

Une initiative validée à la quasi-unanimité par les parlementaires, qui annonce peut-être des évolutions législatives futures et surtout la ratification de la Charte Européenne des Langues Régionales. Nous n’avons pas à préjuger du résultat final du débat général sur l’ensemble de la réforme proposée, mais le vote massif d’aujourd’hui est le signe qu’en tout état de cause, la question des langues régionales a été prise en compte. La Maison de la Corse apprécie cette rupture des parlementaires avec l’’interprétation rigide et intransigeante des textes qui a prévalu jusqu’alors en la matière.

L’’Histoire et la place des langues régionales font partie des questions dont l’évocation dans le débat hexagonal suscite des réactions souvent épidermiques. Les détracteurs d’’une reconnaissance des langues régionales voient dans les revendications linguistiques un risque d’’affaiblissement de l’unité nationale. Les partisans de cette vision qui lie intimement, et de façon fort discutable, unité politique et homogénéité culturelle, se réclament souvent de l’’héritage Républicain de 1789. L’’analyse historique confirme que la légitimation par l’’héritage des Lumières d’une politique linguistique particulièrement rigide est spécieuse. La politique linguistique conduite dans les années qui ont suivi la Révolution n’’était pas seulement accommodante, elle tendait même à favoriser l’’expression de la diversité linguistique locale. Comment pouvait-il en être autrement ? Quand on sait que Pasquale Paoli fut élu à Orezza le 9 septembre 1790 Président du Directoire Départemental et Général de la Garde Nationale. On voit mal le père de la Constitution Corse brimer sa langue maternelle.

Sous la Troisième République, ont été conduites des politiques particulièrement sévères et injustifiées à l’’encontre des langues régionales, qui trouvent leur épilogue ce jour. On sait aujourd’hui que les identités sont superposables, et ce sans exclusive. Une motion a d’’ailleurs été proposée à l’’Assemblée de Corse, pour enseigner dès le primaire la langue corse, le français et l’’anglais. Dans un contexte de mondialisation, la capacité des individus à pouvoir aisément et rapidement raisonner à des échelles différentes et à les mobiliser simultanément est un atout précieux. C’’est un facteur de stabilité et la garantie de repères dans un contexte de mutation accélérée des territoires. A ce titre, la revendication d’’une reconnaissance des langues régionales n’’est pas un combat d’’arrière-garde ou le fruit d’’une volonté passéiste mais s’’inscrit bien dans la modernité.

Les langues, fussent-elles régionales, participent à l’’identité et à la culture d’une région. Ce postulat constitue un motif déjà suffisant de sa protection et de sa reconnaissance. La révision constitutionnelle introduite en 1992 est venue implicitement consacrer cette conception pour le moins monolithique conduisant à refuser de reconnaître de façon satisfaisante la place des langues régionales. C’’est ainsi que depuis cette date, l’’article 2 de la Constitution précise que ‘’la langue de la République est le français’’. Cette modification dirigée contre l’’usage de l’’anglais dans le contexte de l’’époque n’’en est pas moins un verrou constitutionnel quant à une reconnaissance des langues régionales. Cette disposition pouvait sembler anodine jusqu’à ce que le Conseil Constitutionnel en fasse une lecture particulièrement rigide dans une décision de 1999 au sujet de la compatibilité de la Charte européenne des langues régionales signée par la France à Bucarest cette année-là avec la Constitution.

Une révision constitutionnelle était donc nécessaire préalablement à la ratification de la Charte. Depuis, le dossier des langues régionales est resté gelé jusqu’à ce que le gouvernement accepte la tenue d’un débat sans vote le 7 mai dernier à l’’Assemblée Nationale. Cette inflexion sensible intervient dans un contexte marqué par la publication le 3 mars 2008 d’’un rapport de l’’ONU à l’’issue de la mission en France d’’une experte indépendante, en septembre 2007. Ce rapport relate largement les critiques évoquées plus haut quant à la politique linguistique de la France. Il insiste sur le déclin des langues régionales, faute de statut officiel, et déplore l’’absence de politique cohérente en ce sens ainsi que l’’insuffisance des efforts engagés en renvoyant à la Déclaration sur les droits des minorités de 1992. L’’experte recommande à la France de prendre ses dispositions en vue de ratifier la Charte Européenne. Elle appelle par ailleurs l’’Etat à ‘’favoriser l’’enseignement en langue régionale ou minoritaire, dans les premières années du primaire, pour les élèves qui le souhaitent.’’ Le contexte de l’’inflexion de la position gouvernementale constitue une opportunité de mettre fin à une exception française qui n’’est plus acceptable. La Maison de la Corse toujours plus présente au sein du " ‘’réseau corse’’ (www.maisondelacorse.org), félicite tous ceux qui se sont engagés dans cette entreprise, tout en rappelant que quel que soit l’intérêt des proclamations de principe, il reste à trouver des applications concrètes. Nous savons qu’un texte de loi doit être élaboré en prolongement du débat du 7 mai à l’Assemblée et du 13 au Sénat. Le vote d’aujourd’hui vaut bénédiction constitutionnelle pour un tel texte. Il reste à le mettre en forme, par un travail sérieux de réflexion et de consultation des associations représentatives de la langue corse comme des autres langues concernées.

Sylvain Ettori

Communiqué U LEVANTE 

Les tee-shirts à l’effigie du Collectif pour la loi littoral (pour aider U Levante à financer ses actions) sont désormais en vente sur le site : http://levante.fr/

A lire sur le site d’Amnistia.net...  "Le préfet de Corse, Monsieur Christian Leyrit, organise une réunion avec les représentants des associations du Collectif pour la loi littoral. Le représentant de l’Etat sur l’île tient des propos étranges. Il demande aux responsables du collectif de chercher des solutions pour trouver des compromis... avec la loi!  Normalement, un procédé pareil pourrait s’apparenter à une offre de collusion...

Nous avons demandé à un ancien préfet de Corse son sentiment. “
"Je suis un peu surpris. En quelques phrases, voilà ce que je pense: ‘La loi, quand elle est votée, doit être appliquée. Ce n’est pas une base de discussion ouverte à tous les arrangements. Négocier l’application de la loi en faisant comme si le législateur n’avait pas déjà arbitré les contradictions entre intérêt général et intérêt privé, c’est moins rechercher le compromis que prendre le risque de s’égarer dans la compromission’.”"
http://www.amnistia.net/news/articles/corsdos/arrangement/arrangement_201.ht

   
Association U Levante
balistra balistra 


Tracé du sentier littoral à Pianottuli-Caldareddu

Conférence de presse de l’association U Levante du 24 mai 2008

Le texte intégral ici : http://levante.fr/loi_littoral/loi-0805-conf.phpl

U Levante communique : 

APPEL pour le respect du patrimoine littoral de la Corse

Affirmer notre volonté de faire respecter la loi Littoral afin que les rivages de la Corse ne deviennent pas un mur de béton quel que soit le niveau de fortune ou les relations de ceux qui désirent construire.

http://levante.fr/loi_littoral/loi-0805-conf.phplLa situation de la Corse s’est aggravée le 17 avril 2008. Que s’est-il passé ce jour-là ? La présidente du Tribunal Administratif de Bastia, nommée en Corse en octobre 2006, a rejeté les requêtes de l’association agréée de protection de l’environnement ABCDE. Cette dernière demandait qu’il soit mis fin aux débuts des travaux des villas de Messieurs Séguéla, Sulitzer et Delsol, sur la côte orientale de Bunifaziu, en application de la loi Littoral et de jugements déjà rendus au cours de ces dernières années.
Pour plus de détails  : http://cll-corse.org/


Les directions clandestines du FLNC dépassées par l’émergence de jeunes radicaux

Vingt-six attentats revendiqués et des menaces contre les "colons" : depuis le 5 mai, date anniversaire de la création du Front national de libération de la Corse (FLNC) en 1976, la Corse compte un nouveau groupe clandestin, logiquement baptisé FLNC 1976.

Une organisation de plus dans une île où, en l’espace de trente ans, près de 200 groupuscules aux noms souvent fantaisistes et aux motivations parfois floues ont rythmé l’actualité à coups de bombes. Ces "faux nez" des divers FLNC, tantôt issus de scissions, tantôt nés de querelles personnelles entre responsables locaux, étaient autrefois priés d’abandonner la cagoule ou s’intégraient aux structures existantes. Depuis cinq ans, l’errance du camp indépendantiste a privé de gouvernail les directions clandestines des deux FLNC, dépassées par de jeunes éléments radicaux.

La facilité de se procurer armes et explosifs et le "bouillon de culture" mêlant chansons militantes, fascination médiatique et imagerie révolutionnaire, continuent d’exercer un attrait certain sur une frange de la jeunesse corse confrontée aux difficultés sociales.

Alors que le FLNC uni "tenait la rue", la clandestinité corse échappe aujourd’hui à ses chefs. Conséquence : la multiplication des attentats "franchisés", commis par de petites équipes isolées, parfois sans réelle formation "militaire" ou politique, et ensuite labélisés dans des communiqués d’organisations existantes, augmente les risques de tuer ou de blesser. "Monter au charbon seul ou à deux, c’est là que le danger commence : pas d’équipe de repli, pas de groupe pour se préoccuper de la sécurité", commente maître Eric Barbolosi, avocat de quatre des jeunes gens interpellés le 21 avril. Les premières victimes de ce délitement des organisations clandestines se retrouvent dans leurs propres rangs. Depuis mars 2006, quatre "ribelli" ont trouvé la mort dans l’explosion de leur bombe.

Antoine Albertini
Article paru dans l’édition du Monde du 13.05.08

Une nouvelle mode : le bivouac sur les plages corses !

Une mode très prisée par les organisateurs de séjours en Corse : le bivouac sur les plages !! Très pratique, très économique mais formellement interdit !

De plus en plus d’organismes proposent des séjours en Corse avec dépaysement garanti : se promener en 4X4, en quad, en jet ski ou en kayak pour aller faire du camping sauvage, pardon, ils appellent cela un « bivouac » à la belle étoile bien souvent sur nos plus belles plages. De préférence celles qui sont protégées Natura 2000, Patrimoine Mondial de l’Unesco, Propriété du Conservatoire du Littoral. Cerise sur le gâteau, le dîner peut se faire autour d’un beau feu de camp : au diable là aussi l’interdiction préfectorale du fait des risques d’incendie ! Après tout, ce sont les vacances. Et ce sont les affaires !

L’association U Levante vient d’adresser une lettre sur ce sujet à la Préfecture de région, à la DIREN, à la DDE ainsi qu’au Conservatoire du Littoral.


  Patrizia Gattaceca, la fierté corse

LE MONDE du 25.02.08

patrizia

A
ssignée à résidence. L’ordre judiciaire ne souffre pas d’exception. Patrizia Gattaceca, 50 ans, chanteuse depuis le début des années 1970, professeure certifiée de corse depuis 1991, année de la création du diplôme, poète et écrivaine de langue corse, n’a jamais quitté son île tout en multipliant les escapades : Mexique, Géorgie, Italie, Espagne, Pays basque, Belgique... Aujourd’hui, pour la première fois de son existence, cette femme qui a passé sa vie à exporter la langue et la culture de ses ancêtres est contrainte à l’immobilité.


La Corse comme prison, quel paradoxe. Patrizia Gattaceca, mise en examen le 10 novembre 2007 par le juge antiterroriste Gilbert Thiel pour "recel de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", a perdu sa liberté pour protéger celle d’un célèbre compatriote en fuite. Pendant l’été 2002 et une partie de l’hiver qui a suivi, elle a caché dans sa maison - "là-haut, au village" - Yvan Colonna, recherché par toutes les polices de France dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du préfet Claude Erignac.


Lorsque les policiers ont interpellé Patrizia, le 6 novembre 2007, et qu’ils l’ont transférée à Paris, au siège de la police antiterroriste - "sans jamais me menotter", apprécie-t-elle -, ils ont trois jours et trois nuits durant tenté d’en savoir plus. Sans barguigner, elle a reconnu les faits : "Oui, j’ai hébergé cet homme. Culturellement, il m’aurait été impossible d’agir autrement. C’est la loi de l’hospitalité", leur a-t-elle déclaré. Mais, au grand dam des enquêteurs, elle en est restée là.

Comment cet homme traqué, soupçonné d’assassinat - elle demeure convaincue de son innocence - est-il arrivé chez elle ? Qui l’a emmené ? Elle n’a rien dit et ne dira rien. Convoquée ce mardi 26 février à Paris chez le juge, elle va une nouvelle fois devoir expliquer les raisons de son silence. Le dialogue risque de tourner court...

En revanche, elle veut bien évoquer l’homme, Yvan Colonna, qu’elle est "heureuse d’avoir eu en sa compagnie". Durant son séjour, "même s’il était le plus souvent seul", ils ont parlé de tout. Mais jamais, assure-t-elle, de l’affaire Erignac. Elle n’a confié à personne ce qu’elle faisait. Pas même à son fils, âgé de 10 ans à l’époque, à qui elle avait indiqué qu’il s’agissait d’un homme qui avait "besoin d’aide".


Avant d’être berger à Cargèse, en Corse-du-Sud, Yvan Colonna avait été étudiant à Nice à la fin des années 1970, en même temps qu’elle. "A cette époque, on ne faisait que se croiser à la fac, avec les autres étudiants corses", se souvient-elle. Une fois rentrés en Corse, elle dans le Nord et lui dans le Sud, ils ne se sont guère rencontrés, sinon à l’occasion de quelques manifestations. Il a fallu les événements que l’on sait pour qu’ils fassent vraiment connaissent. Si c’était à refaire, elle le referait. "La solidarité et l’entraide sont aussi des devoirs chrétiens", se défend-elle.


Patrizia Gattaceca n’avait pas besoin de cette péripétie pour atteindre la célébrité ni pour susciter le mouvement de sympathie qui s’est déclenché en Corse au soir de son interpellation. "Sa garde à vue et ses démêlés avec la justice ont terriblement choqué l’opinion corse", relève Jean-Marc Raffaelli, journaliste à Corse-Matin. On avait touché à une idole. "J’ai reçu des messages de soutien du Canada, d’Israël et d’Allemagne", s’émerveille-t-elle. Au final, ses ennuis judiciaires ont "fait beaucoup plus pour l’image de Colonna que toutes les conférences de presse et les initiatives réunies de son comité de soutien", constate Jean-Marc Raffaelli.


Avant cette mésaventure qui en a fait une héroïne sur l’île, Patrizia Gattaceca était déjà une sorte d’icône. Voilà plus de quinze ans que les Corses sont fiers d’elle et du trio des Nouvelles Polyphonies formé avec Lydia et Patrizia Poli, au début des années 1990.

Nombreux sont ceux qui se souviennent du prix décroché par les trois filles, en 1992, aux Victoires de la musique. Tous les Corses ont gardé en mémoire la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’Albertville, la même année. L’âme corse chantée en direct devant des centaines de millions de téléspectateurs, c’était du jamais-vu. "C’est Philippe Decouflé qui avait eu l’idée. Il avait flashé sur notre album", se rappelle-t-elle.

Bien avant cette consécration, Patrizia Gattaceca était connue sur l’île comme une chanteuse engagée au service de la langue. "J’aime la Corse. C’est naturel. C’est elle qui nourrit mon art. C’est ma façon de participer à la lutte politique pour les droits de mon peuple", dit-elle. Fille d’Antoine, un conducteur de travaux natif de Penta-Acquatella en Castagniccia (Haute-Corse) et de Laurentine, une secrétaire de direction originaire de Bastia, Patrizia a grandi entre quatre frères aînés et un cinquième plus jeune, naviguant du village paternel au quartier de la Citadelle, à Bastia. "J’ai toujours baigné dans la culture corse. Mon père chantait souvent, et toujours en corse", raconte-t-elle.

Indépendantiste ? Autonomiste ? Elle qui n’a jamais eu à apprendre le corse -"C’était la langue qu’on parlait chez moi ; c’est aussi celle que je parle avec ma fille et mon fils" - se bat aux côtés des nationalistes. Mais elle déplore la violence : "Les attentats, ça ne sert à rien." Un statut d’autonomie lui conviendrait très bien. "Je ne comprends pas qu’on ne l’ait pas encore obtenu", dit-elle. L’indépendance ne lui fait pas peur, "mais on n’est pas prêts".


Aux élections municipales, elle figure pour la première fois sur une liste nationaliste, conduite à Bastia par Gilles Simeoni, l’un des avocats d’Yvan Colonna. Au-delà du calcul politique et des voix qu’il espère attirer, Gilles Simeoni l’a choisie parce qu’"elle incarne un nationalisme ouvert aux autres".

Sa prise de conscience en faveur de la défense de la langue et de la culture corses date de l’été 1975. Elle n’avait pas 18 ans, lorsque, du 21 au 22 août de cette année-là, des militants régionalistes membres de l’ARC (Action régionaliste corse), les pères du nationalisme corse, avaient occupé la cave viticole d’Aleria. Plus de mille gendarmes et CRS avaient été dépêchés du continent pour donner l’assaut contre le commando. Une fusillade avait éclaté, provoquant la mort de deux agents des forces de l’ordre. Les responsables du mouvement, dont l’emblématique Edmond Simeoni - père de Gilles -, avaient fini devant la cour de sûreté de l’Etat, équivalent de la cour d’assises spécialement composée pour les procès terroristes d’aujourd’hui. Celle-là même qui, dans un peu plus d’un an, décidera définitivement de la culpabilité ou de l’innocence d’Yvan Colonna. Patrizia Gattaceca connaît les risques qu’elle a pris.

Yves Bordenave

PARCOURS

1957
Naissance à Penta-Acquatella, en Haute-Corse.
1975
Occupation de la cave viticole d’Aleria.
1992
Victoires de la musique et cérémonie d’ouverture des JO d’Albertville.
2002
Cache Yvan Colonna dans sa maison.
2007
Mise en examen.
2008
Audition par le juge Thiel.

La Révolution corse :
le CD est en vente, le film est pour la fin 2008

revolutionrevolution

rev


Cliquez sur l’image.
L’adresse est la suivante :
http://revolutioncorse.free.fr/

revol

revolution


Info ADECEC :


SARTÈ, CITÀ D’ARTE È DI STORIA

U 10 di ghjennaghju di u 2007, una delegazione sartinese era ghjunta à u ministeru di a Cultura in Parigi, è a ministra Christine Albanel hà datu u labellu di Cità d’arte è di storia à Sartè è à 7 nove cità. Ghjè a seconda cità di Corsica dopu à Bastia chì l’hà ottenutu cù, in tuttu, 124 altre cità è regione.
Oramai, Sartè face parte di e cità è regioni chì trasmettenu a cunniscenza è u sapè fà. Hè a seconda cumuna di Francia a più stesa è si tene un patrimoniu archeologicu, custruitu è immateriale uriginale. A vuluntà pulitica hè di fà un sviluppu turisticu di u so territoriu à parte da un prugettu culturale di qualità.

U sustegnu di a Cullettività Territuriale di Corsica serà primurosu per a messa in opera di a cunvenzione cù u Statu. E « Villes et Pays d’art et d’histoire », impieganu un persunale capace, urganizeghjanu azzioni di sensibilizazione è creanu attelli pedagogichi.
In Sartè, un centru d’interpretazione di l’architettura è di u patrimoniu hè messu in piazza. Presenta l’evuluzione di a cità è accoglie dibattiti è cunferenze nant’à l’attualità di l’architettura, di l’urbanismu, di u patrimoniu è di u paisaghju.  

La Corse vers le monde dans FORA !

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Hommage à Pascal Paoli à Londres

nazione

In Londra, nantu à i passi di Paoli
Eramu cinquanta cinque Corsi in Londra, à rifà i passi di u generale Pasquale Paoli, per a cummemurazione di a so morte. Issu pelegrinagiu era urganizatu da Stella Castela, Silvia Casalta, Ghjuvan Petru Defendini, Pasquale Valentini.

Duie cent’ anni dopu à a sparizione di u Babbu di a Patria, più di cent’ anni dopu à u so ritornu in Corsica, u nostru populu ùn s’hè micca scurdatu di quellu chì fù u so Capu di Statu è u primu ind’u mondu à mette in ballu una Republica muderna, incù una custituzione è a spiccanza di i puderi.

Sè a Francia ùn ricunnosce l’impurtanza di a so opera (si ramenta omu chì u cunsigliu municipale di Parigi ùn hà vulsutu, qualchì mese fà, dà u so nome à una piazzetta), l’Inguiltera, ella, hà stallatu in lu so panteone, in l’abbazia di Westminster, u bustu di u nostru generale.

Ùn fù una cosa simplice, di fà sente in issu locu u nostru innu naziunale « Diu vi salvi Regina ». Ci hè vulsutu à neguzià incù l’autorità religiose inglese. Ma quesse, cuscente di a forza simbolica di issu viaghju, anu datu u so accunsentu.

Cusì, adduniti intornu à u bustu è à a lastra posta in memoria di Pasquale Paoli, l’avemu resu un umagiu cummuvente. Mentre chì dui zitellucci tenianu a bandera corsa, i cantadori di « Barbara Furtuna », Ceccè Buteau è Ghjuvan Antone Orticoni, fecenu risunà quelle armunie care in issi lochi tracarchi di storia… Tutti quelli chì anu participatu à issa ceremonia a teneranu in mente per u sempre.

Ghjuvan Guidu Talamoni

diu

... et à Paris




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Spectacle - La Corse à Paris

Un spectacle musical qui met l’île de Beauté à l’honneur

Emilie-Anne Jodier, le jeudi 13 décembre 2007

Dans cette ambiance de fête où les comédies musicales fleurissent comme le muguet au printemps, un spectacle corse apporte un peu d’exotisme. Mêlant théâtre, musique, chant mais aussi combats, La Révolution corse de Maga Ettori ne peut pas être cataloguée. Ni comédie musicale ni simple pièce de théâtre, ce spectacle qui se joue en arène, les comédiens entourés des spectateurs, revient sur 200 ans d’indépendance farouche. Mais pas seulement. Car la Corse, c’est une île, mais c’est aussi toute une culture, une histoire et tout un peuple qui attend de partager ses traditions et ses passions avec les continentaux.

C’est pour cette raison que la Maison de la Corse, à Paris, a tout mis en œuvre pour que ce spectacle voie le jour. Pendant trois soirées, les artistes vont faire résonner le Palais des Sports de Levallois de leurs chants et de leurs rires, puisque si la musique est partie prenante de l’aventure, il n’y a pas de raison que l’humour en soit absent. Les Parisiens auront donc le privilège d’être invités à partager ce moment qui ne met de côté ni la comédie ni les effets spéciaux car, après tout, il en faut pour tous les goûts.

Décalé

Il y a 200 ans de cela disparaissait Pascal Paoli, celui qui dota la Corse d’une Constitution en 1755 et qui accorda le droit de vote à tous les citoyens : hommes, femmes, juifs et musulmans. Une provocation pour l’époque ! Pour lui rendre hommage, le spectacle de Maga Ettori n’hésite pas à faire appel au décalage mais aussi aux grandes scènes travaillées, voire chorégraphiées, notamment lorsqu’il s’agit de faire revivre les combats en costumes d’époque. Le tout pour affirmer le droit à la différence.

Et que serait la Corse sans la musique ? Composés par Patrice Bernardini, les chants et chansons de La Révolution corse transporteront le public dans différents genres, de la célèbre polyphonie à la berceuse en passant par le chant de guerre et la musique sacrée. Un spectacle complet, pour toute la famille, qui se donne pour objectif de nous faire tomber amoureux de l’île de Beauté en deux heures.

La Révolution corse, d’après l’œuvre de Maga Barbarossa, mise en scène de Maga Ettori, musique de Patrice Bernardini, les 13, 14 et 15 décembre au Palais des Sports (Marcel-Cerdan), 141, rue Danton, 92300 Levallois.
Tarifs : de 25 à 45 euros.
Renseignements sur le site www.revolutioncorse.com

Edition France Soir du jeudi 13 décembre 2007 n°19669 page 20


Arrestation de Patrizia Gattaceca


Patrizia Gattaceca a été arrêtée jeudi matin 8 novembre à son domicile dans les environs de Bastia. Elle a été transférée à Paris vendredi soir pour y être entendue par la justice sur ses liens avec Yvan Colonna. Elle devrait être présentée dans la journée de samedi au juge d’instruction Gilbert Thiel et pourrait être mise en examen pour "recel de malfaiteurs". Elle aurait reconnu en garde à vue avoir hébergé Yvan Colonna à deux reprises... Un comité de soutien est en cours de constitution. A suivre.

DERNIERE MINUTE (samedi 10 novembre - 19h20)


PATRIZIA LIBEREE
La chanteuse corse a été remise en liberté sous contrôle judiciaire.


16 novembre 2007. Communiqué de Patrizia Gattaceca :

Interpellée mercredi 7 novembre, mise en garde à vue pendant soixante douze heures et transférée à Paris, vu les conditions de l’enquête à mon sujet, j’avais toutes les raisons de craindre une détention prolongée.


Je me trouve donc aujourd’hui sous le coup d’une mise en examen sous contrôle judiciaire, assignée à résidence en Corse. Je suis convaincue que je ne dois la décision de ma misé en liberté qu’à l’extraordinaire ampleur et à la promptitude de la solidarité que vous m’avez accordée sans réserve, vous tous de Corsé et d’ailleurs, parents, familiers, culturels, responsables politiques, personnalités, associations, syndicats ou simples particuliers.


Le retour dans ma famille, parmi les miens, au milieu de la communauté qui m’apporte un appui si profond me sera d’un grand secours, car j’ai besoin de force aujourd’hui, dans les démarches engagées pour la libération de mon fils. Je mesure aussi combien cette solidarité active démontre la permanence et la solidité de la relation aux autres que conserve, dans notre culture, l’identité individuelle au quotidien et dans les circonstances exceptionnelles telles que celles-ci.


Du fond du coeur et de notre culture, un merci que je vous adresse, sur un brin de Filetta.

Patrizia


Le procès d’Yvan Colonna

Communiqué du Comité Régional de la Ligue des Droits de l’Homme :

« Répondant à une sollicitation de la ligue des droits de l’homme et de sa délégation de Corse, la Fidh (Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme) a décidé d’organiser une mission d’observation pendant le procès d´Yvan Colonna qui se tiendra à Paris, à partir du 12 novembre devant la Cour spéciale d’Assises.

Cette mission n’a pas vocation à se prononcer sur la culpabilité ou la non culpabilité d’Yvan Colonna, accusé de l’assassinat du préfet Erignac. Elle a pour objectif d’observer le déroulement de ce procès au regard des principes fondamentaux de la présomption d´innocence et du procès équitable notamment des droits de la défense.

Elle sera composée de Maître Doris Leuenberger, avocate au barreau de Genève, présidente de la ligue suisse des droits de l´homme qui a effectué d’autres missions pour la FIDH en Tunisie et au Sahara occidental, et qui sera assistée d’autres avocats et juristes membres de cette ligue, ainsi que de Maître Michaël Berg, avocat allemand, délégué auprès de la FIDH par la ligue allemande des droits de l’Homme.

Le comité de Corse de la LDH rappelle que la FIDH avait mandaté une mission identique lors du procès en appel de Jean Castela et Vincent Andriuzzi, tous deux poursuivis et acquittés dans cette affaire alors qu´ils en étaient présentés comme les instigateurs.

Pour LDH Corse, ces missions d’observation s’inspirent du rapport de la FIDH « France/justice antiterroriste ; la porte ouverte à l’arbitraire » de janvier 1999.

Ajaccio, le 28 octobre 2007

Pour un procès équitable

La Ligue des droits de l’Homme et sa délégation régionale de Corse « déplorent l’amalgame entre l’exigence d’un procès équitable pour Yvan Colonna et une quelconque appréciation sur les responsabilités éventuelles de ce dernier dans les faits qui lui sont reprochés.


Pas plus que dans de nombreuses affaires judiciaires dans lesquelles elle est intervenue, la LDH n’entend porter, à ce stade, un jugement sur la culpabilité ou la non culpabilité d’Yvan Colonna.


En revanche, la LDH s’est inquiétée, à plusieurs reprises, des conditions dans lesquelles l’instruction de ce procès a eu lieu et des déclarations d’hommes politiques considérant Yvan Colonna comme coupable. Ses inquiétudes ont été renforcées par la décision des juges qui ont acquitté deux des personnes poursuivies dans cette affaire alors qu’elles en étaient présentées comme les instigateurs.


La LDH reste attachée à ce que tout accusé bénéficie de la présomption d’innocence et d’un procès qui soit pleinement équitable. »



La France, pays des Droits de l’Homme ?


On peut sérieusement en douter au vu de deux affaires récentes :

Les conditions de détention révoltantes de Dominique Pasqualaggi, tout d’abord :

Deux rapports médicaux critiquent le maintien en prison du nationaliste corse qui s’était défenestré.
Malgré deux rapports médicaux accablants, un détenu nationaliste corse gravement handicapé est maintenu en détention à l’hôpital pénitentiaire de Fresnes (Val-de-Marne). Dominique Pasqualaggi, 34 ans, s’était défenestré, le 14 juin, alors qu’il était en garde à vue à la sous-direction de l’antiterrorisme, à Paris.


"La détention n’est possible actuellement qu’en milieu hospitalier spécialisé en rééducation, a estimé, le 26 juillet, l’expertise médicale dont Le Monde a eu connaissance. Cette prise en charge n’est pas réalisée à l’hôpital de Fresnes." Souffrant de multiples fractures, plongé dans le coma, M. Pasqualaggi avait été admis au service des urgences de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière avant d’y subir plusieurs interventions chirurgicales lourdes.


Un premier rapport médical avait conclu le 5 juillet à son nécessaire "maintien en service de réanimation", évoquant un "pronostic vital encore engagé". Quinze jours plus tard, le blessé était pourtant transféré à l’hôpital pénitentiaire de Fresnes (Le Monde du 26 juillet). Le 19 juillet, il recevait une nouvelle visite médicale dont les conclusions, sans appel, étaient transmises au juge d’instruction Gilbert Thiel.


Contactée par Le Monde, l’administration pénitentiaire a expliqué "ne pouvoir s’exprimer sur l’état de santé des prévenus". Selon son conseil, Me Pascal Garbarini, l’état de santé de M. Pasqualaggi a connu, depuis son transfert à Fresnes, une "nette dégradation" marquée par l’apparition d’oedèmes et d’escarres, d’une tendinite au genou gauche et d’un pied bot dû à une malposition. "Il est incontinent et doit attendre plusieurs heures dans ses propres excréments avant qu’on ne le change", ajoute l’avocat. Selon un proche, le détenu s’est plaint d’être "lavé au jet d’eau, dans une salle spéciale".
(
LE MONDE du 19.09.07)



Finalement, la Cour d’appel de Paris, contre l’avis du parquet, a décidé le 25 septembre la remise en liberté pour raisons médicales de Dominique Pasqualaggi.



La décision de reconduite à la frontière d’Hicham Aallou
ensuite :


Né au Maroc en 1983, Hicham Aallou a rejoint en 1997 à Calenzana son père Mohamed, ancien combattant de l’armée française. Scolarisé au collège de Calvi en 1998/1999, Hicham a suivi une formation professionnelle et travaille comme ouvrier boulanger. En 2005, il épouse Najima, résidente à Calvi dont le père a la nationalité française et entreprend toutes les démarches pour régulariser sa situation. Il a été interpellé à la sortie de son travail et a fait l’objet le 11 septembre d’une reconduite à la frontière, malgré les requêtes introduites par de nombreuses association dont Ava Basta et la LDH et bien qu’il vive en Corse depuis 10 ans...



Lu dans Le Monde du 01/09/2007 :


Le kaddish perdu des juifs de Corse


Dans la petite salle de la synagogue, derrière les façades de la rue du Castagno qui dévale vers le vieux port de Bastia, des mains ridées étreignent les franges du tallith, le châle traditionnel de prière juif.
Ce samedi d’août, trois vieux messieurs psalmodient dans un hébreu un peu hésitant la prière du shabbat, les yeux clos, le regard tourné vers un passé où les rires des enfants de réfugiés juifs d’Alep ou de Tibériade encombraient les ruelles du vieux quartier génois de la ville.

Un passé où la minuscule synagogue Beith Mer, installée en 1934 dans un ancien appartement, ne pouvait pas accueillir toutes les familles venues prier pour Yom Kippour ou Rosh Ha-Shanah. Un passé où le vieux Nahmani avait convié le petit peuple bastiais, bonnetiers juifs et tenanciers de cantines, pisciaghje ("poissonnières") et pêcheurs, prêtres de l’église Saint-Jean toute proche, catholiques et juifs mêlés, à célébrer sur la place du Marché la naissance de son onzième enfant. Un fils, enfin, après dix filles !


C’était dans l’autre siècle... Celui qui avait vu 744 hommes, femmes et enfants débarquer dans le port d’Ajaccio un matin de décembre 1915, expulsés d’une Palestine encore sous le joug ottoman et que se disputaient Britanniques et Français d’un côté, Turcs et Allemands de l’autre. Muletiers, cordonniers, agriculteurs, ils avaient dû tout quitter pour une patrie incertaine autant qu’inconnue, emportant avec eux la somme de 3 livres turques par famille et quelques objets rituels.

Souvenirs de ces temps enfuis, les noms s’effacent peu à peu des devantures des commerces de la rue Napoléon, dans le centre ancien de Bastia, où une grande partie de la communauté a essaimé peu après son arrivée à Ajaccio. Des dizaines d’échoppes autrefois tenues par les Ebrei – les "Hébreux", en Corse –, il n’en reste que trois pour perpétuer la présence de la communauté. Côté impair, les deux chausseurs Cohen. En face, Chez Aben Frères, articles et vêtements de travail.

Partis, les familles Yebgui, les Chetrit et les Eknine. Montés en Israël, les filles Eskenazy, les sœurs Abbo et les Toledano, dont l’un des patriarches deviendra ministre du culte du premier gouvernement de David Ben Gourion. Entre Ajaccio, Saint-Florent, L’Ile-Rousse ou Bastia, il ne reste plus qu’une vingtaine de familles. Depuis la mort du rabbin Mayer Toledano en 1970, bien peu de fidèles à la prière du shabbat.


Quand un deuil frappe une famille, il est difficile de réunir les dix hommes dont la présence est indispensable pour dire le kaddish, la prière des morts. Le plus souvent, un rabbin est dépêché du continent. Il n’oublie jamais d’apporter des produits casher : le dernier rayon de la dernière épicerie à proposer de la nourriture autorisée a fermé, il y a quinze ans, faute de clients. "C’est pourquoi le consistoire nous autorise à dire le kiddouche, la bénédiction du vin, avec de la bière. Nous ne trouvons plus de vin casher", s’excuse Claude Benassouli. Arrivé en Corse en 1991, cet ancien conservateur des hypothèques anime une fois par semaine une classe d’hébreu, langue qu’il a apprise, à 28 ans, à Paris, quand il était un jeune rapatrié d’Algérie. Ses élèves ? Neuf dames patronnesses des bonnes œuvres du couvent Saint-Antoine et un moine franciscain...

Un ancien de la communauté soupire : "Pour voir les juifs de Corse, il suffit de monter au carré israélite du cimetière."


Berri "Shalom" Spitezki et Salomon Weiss, eux, ont préféré rencontrer les vivants. Au mois de juillet, ces deux jeunes loubavitchs new-yorkais, d’origine belge, sont venus. Depuis quarante ans, chaque été, les jeunes hommes non mariés de ce mouvement ultra-orthodoxe accomplissent des visites aux foyers juifs en déshérence. Leurs pas les portent d’Ukraine en Afrique du Sud, en Roumanie... Cette année, Salomon a décidé de suivre son ami Shalom sur les traces de sa propre famille. "C’est ici que ma grand-mère a trouvé refuge pendant la seconde guerre mondiale, sur les conseils d’amis du continent. Elle a pu échapper aux rafles", explique-t-il à la terrasse d’un café, place Saint-Nicolas, à Bastia.


A l’heure de l’apéritif, entre deux tables où des Bastiaises rivalisent d’élégance et des vacanciers en short décortiquent les guides de tourisme, Shalom et Salomon, kippa sur la tête et barbe fournie malgré leurs 21 ans, s’étonnent encore de l’accueil qu’ils ont reçu au long de leur périple. "Ailleurs en Europe, on ne vient pas vers nous, on nous regarde plutôt curieusement. Ici, en deux jours, nous avons été accueillis dans tous les cafés. Les gens nous abordent spontanément, viennent nous parler... C’est très étonnant."

L’idée qu’ils se font des juifs de Corse ? "Une communauté qui vieillit mais qui reste très attachante.


Bien sûr, ils ne sont que quatre ou cinq à la synagogue. Mais tous les samedis, elle est ouverte dès 8 heures du matin. C’est ça qui est important pour nous", explique Salomon. Leurs pérégrinations insulaires ont mené les deux compères de Saint-Florent à Ajaccio, en quête des enfants perdus d’Israël, ces jeunes Corses d’origine juive qui ont reçu, pour tout héritage, un nom ou un prénom porté par leurs ancêtres venus d’Haïfa ou d’Alep.

C’est la fierté et le tourment des juifs de Corse : avoir su s’intégrer à cette île que l’on dit rétive à l’étranger. Une île profondément catholique, aussi. Avoir su s’intégrer jusqu’à s’y être perdus, happés par la puissante attraction d’une culture méditerranéenne et cosmopolite, à mille lieues des clichés rebattus, une culture dont les racines se sont sans cesse recomposées au gré des apports extérieurs. Juifs. Corses. Français. Tout cela à la fois. "Mon identité ? Elle ne se partage pas", tranche Jacques Ninio, 82 ans.


Dans le petit appartement qu’il occupe avec son épouse, la fille du rabbin Toledano, le doyen de la communauté incarne ce paradoxe. Il reste l’un des piliers de l’office du shabbat, s’efforce de manger casher, organise les festivités de Kippour. Mais, sitôt la conversation engagée, voici sa propre histoire qui resurgit, celle du fils de réfugiés devenu traculinu – colporteur – dans les villages de l’île, enfant d’un pays où les anciens pensent en corse avant de parler français.

En 2001, Jacques Ninio a écrit au préfet, inquiet. "Les anciens de la communauté sont assez pessimistes quant à la continuité d’une présence juive en Corse." Et, pourtant, impossible de boucler les valises, de partir rejoindre la famille sur le continent ou en Israël. "On est restés après la retraite, seuls. On aurait pu partir. Mais non, ça n’aurait pas marché", soupire Rachel, sa femme. "Et puis, partir pour où ? demande un alerte quinqua de la communauté. Quel est l’endroit au monde où des juifs ont été mieux accueillis qu’ici ? Même au XVIIIe siècle, quand la moitié de l’Europe n’avait toujours pas accordé le moindre statut aux juifs, et que l’autre les pourchassait, la Corse était une terre d’accueil pour nous."


Dans l’île, tout le monde connaît l’histoire des "juifs de Paoli". En 1764, alors que Pasquale Paoli, héros de l’indépendance, préside aux destinées de l’éphémère république corse, des israélites italiens sont incités à s’établir dans l’île. Trois ans plus tard, à ses partisans qui l’interrogent sur le statut à accorder à ces nouveaux venus, Pasquale Paoli répond sans hésitation : "Chaque homme établi sur la terre franche de notre patrie a le droit de choisir ses magistrats et ses représentants." "La liberté, ajoute-t-il, n’a ni confesseur ni inquisiteur."

"L’attitude de Paoli répond autant à sa pensée profondément égalitaire qu’à son utilitarisme, explique le professeur Antoine-Marie Graziani, biographe de Pasquale Paoli et membre de l’Institut universitaire de France. Il a vu les juifs faire prospérer Livourne et Naples, il sait qu’ils peuvent apporter à la Corse ce que les insulaires ne savent pas faire : du commerce. Les protéger est pour lui une évidence, autant philosophique que politique." Quand éclate la seconde guerre mondiale, 80 000 soldats italiens et 15 000 Allemands débarquent sur les côtes corses en 1942. Comme ailleurs, des lettres dénoncent. Mais en Corse, en dépit de l’internement de 80 juifs à Asco, un village situé au pied du Monte Cinto, aucun ne partira vers les camps de la mort.


L’île sera même aux avant-postes de la création de l’Etat d’Israël. En 1948, un haut fonctionnaire de la police et trois truands s’invitent dans le bureau du préfet de Corse. Ils sont chargés par Jules Moch, ministre de l’intérieur, d’organiser clandestinement le premier acheminement d’armes par voie aérienne à destination de l’Etat hébreu. Au préfet, qui voit l’initiative d’un mauvais œil, l’étrange quatuor présente un dossier. Le haut fonctionnaire blêmit. La promesse de quitter l’île dans une caisse en bois achève de le convaincre. Son nom ? Maurice Papon. Transportées par des marins corses depuis Marseille, les armes seront finalement chargées dans des avions envoyés vers le tout nouvel Etat d’Israël.

Les yeux dans le vague, Rachel Ninio sourit. "Oui, c’est une belle histoire. Mais nous, ce que nous attendons aujourd’hui, c’est un miracle."

Antoine Albertini

Littoral Corse : danger !

18/10/2007 : Le diaporama de la conférence de presse est ENFIN disponible en ligne et … lisible !!! le reste du site ne l’est pas (autre que via Internet Explorer) mais l’affichage du diaporama vous donne un aperçu de la qualité du nouveau site que l’équipe d’U Levante est en train de concocter :

Le texte complet (diapositives et commentaires) de la conférence de presse que le collectif pour l’application de la loi littoral a donné à Ajaccio le 1er septembre dernier.

http://perso.orange.fr/levante/loi_littoral/loi_confPresse010709_accueil.php 


Bonne et édifiante lecture !...

Samedi 1er septembre 2007, le collectif pour l’application de la loi littoral en Corse a tenu conférence de presse. Vous en trouverez ci-dessous le communiqué.

Celui-ci figure bien sûr sur le site internet d’U Levante : http://perso.orange.fr/levante


PADDUC : Espaces remarquables déclassés = constructibilité en vue de gros projets immobiliers ?

L’étude de cartes des espaces remarquables et des délimitations des espaces proches du rivage, cartes inédites au 1/50 000, éditées dès décembre 2005 dans le cadre de l’élaboration du PADDUC, réalisées par le cabinet Tetra, et leur comparaison avec les documents d’urbanisme communaux en cours d’élaboration, démontre que :

- la limite des Espaces Proches du Rivage (ou EPR) est modifiée et qu’elle se trouve maintenant très rapprochée du rivage
- de nombreux Espaces Remarquables (ou ER) des atlas littoraux disparaissent : le PADDUC viserait-il à « désanctuariser » la Corse ?
- les espaces remarquables "déclassés" des atlas sont constructibles dans les plans d’urbanisme communaux (ou PLU) ... pour de gros projets immobiliers. Il y a concordance entre les ER du PADDUC et ceux des PLU des communes ER déclassés = constructibilité en vue de gros projets immobiliers ?

1 - Limite des EPR modifiée et très rapprochée du rivage Parallèlement à modification du tracé, l’exécutif propose une modification législative qui consisterait à écarter l’application de la loi Littoral au-delà des EPR, au profit de la loi Montagne, dont les dispositions sont moins contraignantes. Cette proposition ne change pas le droit existant (il faudrait une loi pour cela), mais elle est significative de la volonté de nos dirigeants de marginaliser la loi Littoral.

2 - Très nombreux déclassements d’E.R. des atlas Si la CTC a finalement obtenu le pouvoir de recenser les espaces répondant à la définition de la loi (L.146-6 et R.146-1), elle n’a absolument aucun pouvoir d’appréciation, et doit fonder ses décisions sur des éléments scientifiques (comme l’a fait l’Etat avec l’Atlas du Littoral).
La CTC ne s’est pas contentée d’identifier les espaces naturels qui répondent aux critères légaux. Elle dit avoir "arbitré" les "points de vue des communes relatifs à l’identification des ER " (p. 132).
En d’autres termes, les doléances des maires (et donc de celles des plus puissants de leurs administrés) ont été préférées à un sérieux travail scientifique de recensement.

Ceux qui voteront le PADDUC se prononceront donc :
pour la constructibilité des terres agricoles littorales,
pour une perte de protection de paysages,
pour une perte de nature et de sa biodiversité,
pour des intérêts particuliers, « héritant des » plus beaux sites, et non pour l’intérêt général
pour une marginalisation de la loi Littoral et pour son application uniquement dans une bande littorale très étroite.

La position du Collectif

Nous ne voulons pas de cette forme de PARTICULARISME visant à tempérer les lois et les règlements existants, surtout en matière d’espaces fonciers. Nous demandons :
- le maintien des terres agricoles,
- le maintien de la cartographie des E.R.,
- le maintien de la limite des E.P.R. définis dans les atlas,

- leur application dans les P. L. U. en projet et dans le PADDUC.

Le Collectif appelle à un « sursaut civique » …

Associations présentes aujourd’hui, 01 09 2007 :

ABCDE, ADEZ, Figari Piaghj’è Monti, GARDE, L’Erbaghu, U Levante, SurfRiderCorsica, U Polpu, U Pinzalone, San Benedetto vallée verte, Femu Qui, IDEES et Via Campagnola



La compil AFC dans les bacs le 1er août

afc


Une Fondation de Corse, pour quoi faire ?

“Umani – Fondation de Corse» a pour ambition d’être un outil au service du progrès de l’Homme, de sa citoyenneté, de sa responsabilité.

Elle a vocation à agir dans la pérennité au sein de la société.
Son champ d’action se veut le plus large possible.

Elle s’appliquera ainsi à susciter, initier ou accompagner des initiatives touchant aux domaines fondamentaux tels que l’Education, la Culture, la Santé, l’Environnement, la Jeunesse, le Patrimoine, les Arts, les Solidarités …

Elle pourra de même, lorsque cela semble de nature à servir sa mission, affecter les biens iimmobiliers qu’elle recueille par donation ou legs à un usage particulier en relation avec un projet d’intérêt général.

Pour cela, La Fondation procèdera notamment par programmes d’action ou par dotations diverses, mécanismes conformes à l’esprit d’indépendance et d’équité qui l’anime.

En toutes circonstances, ses actions seront conduites dans le respect le plus strict des principes d’éthique et de citoyenneté sans faire commerce ou profit de quelque nature.

afc


Pour plus de renseignements : http://www.afc-umani.fr/

Le feuilleton de l’Antenne médicale de Calvi ou
"Le chantier de la honte"


J’ai retrouvé un article de... 2000 sur l’antenne médicale de Calvi. Sept ans après, on n’a pas beaucoup avancé...


En attendant la présentation - toujours prochaine mais sans cesse différée - du projet d’implantation de la future unité médicale de 45 lits en Balagne, l’antenne de Calvi - dispensaire de campagne serait une définition plus appropriée - vient de se faire épingler dans le numéro Spécial Corse du magazine Sciences et Avenir qui, au palmarès des urgences, la qualifie de structure « du tiers-monde ». Alors qu’une population de 18 491 habitants, multipliée par dix pendant la haute saison en dépend, on en est encore à rechercher une solution au problème des bilans sanguins. Ainsi, le laboratoire Valtat - en raison d’un arriéré de 11 mois - ayant cessé de collaborer avec l’AMU en 1998; depuis les prélèvements sanguins sont acheminés sur l’hôpital de Bastia par la micheline, avec des délais parfois lourds de conséquence... Inimaginable ! à la veille du nouveau millénaire. Pourtant, il convient de considérer comme « un progrès », le tout récent accord conclu entre l’hôpital de Balagne et le laboratoire privé Valtat qui, désormais, prend en charge la réalisation des examens biologiques de l’AMU nécessaires dans la journée.

Corse Matin du vendredi 10 Novembre 2000

Interrompu à l’été 2005 pour malfaçons et défaillance de l’entreprise après 80 % du gros œuvre, le chantier de l’Antenne médicale d’urgence de Calvi (4,5 millions ; hôpital de Bastia, maître d’ouvrage) reprendra en janvier selon le ministre de la Santé. Dans un courrier à Ange Santini, président de l’Exécutif de la collectivité territoriale de Corse, Xavier Bertrand assure que la structure sera livrée comme prévu avant fin 2007. Et sans démolition, d’après l’agence régionale d’hospitalisation.

Le Moniteur du 10/11/2006

Lire aussi sur ce sujet le blog de "La Horde sauvage"

amu

 
Manifestations culturelles 2007

La littérature corse des origines à nos jours

fesch


Notre trajet entre Calvi et Sartène nous a permis d’assister à la première des conférences du cycle sur la littérature corse organisées par la Ville d’Ajaccio et de rencontrer Jacques Fusina. Nous y reviendrons dans les pages "littérature"


"La Corse" vue par José Lorenzi - Exposition à La Galerie
27 cours Napoléon à Ajaccio
du 2 au 30 juin 2007

lorenzi

U Svegliu Calvese présente :

Littérature et spaghetti
voir ici

U Svegliu Calvese et Musicanto présentent :

BLANC et NOIR
Nous y avons pensé

Voyage à travers Musique et Images avec :
Carlo BOSCO, piano
Stefano BRONDI, voix
Raffaele COMMONE, images
Samedi 12 mai 2007 à 21h30
Chez TAO Citadelle de CALVI

Rencontre entre deux musiciens et un peintre.
Rencontre entre un pianiste et un chanteur.
Echange entre les images et la musique,
La musique qui décrit et la peinture qui parle ;
Un voyage à travers les œuvres qui, dans tous les genres, ont su décrire et visualiser un paysage, un sentiment, un état d’âme.
De Mozart à Dream Theater, de Zero à Frank Sinatra, de Al Jarreau à « Jekyll & Hyde », chacune de ces musiques a su dépeindre quelque chose avec ses propres sons.
Sur scène, un peintre réalisera des portraits en noir et blanc, qu’il intègrera dans un monde fait de couleurs fortes et résolues.
Sa présence poussera les musiciens à créer une version unique des textes interprétés. 90 minutes de musique évocatrice, savamment mêlée et enrichie de solutions artistiques inédites, pour un voyage sonore qui balaie 220 ans et 10 styles musicaux divers, permettront de comprendre l’unicité communicative de cet art, dans toutes ses expressions plus ou moins connues.
Entrée gratuite.


cap

pigna


Soirée Balagnews

Avis aux Calvais (et aux autres) :
soirée Balagnews le vendredi 13 avril au club 24 sur le port !

Communiqué .. Communiqué .. Communiqué …

"C’est un peu fort de café, disait un forain originaire de Fort de France, à un fort des halles, plutôt fort en gueule, qui s’étonnait de la transformation de l’espace marchand Baltard en un espace culturel !"

Cette phrase est un procédé mnémotechnique, pour retenir le mot "fort", "Fort Charlet ou Maillebois" s’entend !

Car de ces châteaux-forts, construits pour protéger CALVI, du temps où Calvi se réduisait à la Citadelle, nous voulons faire des forts de la pensée, d’une pensée vivante qui protège Calvi de sa léthargie.

C’est pourquoi, à l’occasion de la prochaine Saint Glinglin,

le 10 mars 2007

U Svegliu Calvese vous attend à partir de midi, pour une "merendella" festive, conviviale amicale et culturelle, devant le Fort Charlet.

Déjà, en 1999, Don Ghjuvanni menait ses troupes à la victoire, en envahissant les douves. Victoire éphémère, puisque l’occupation se réduisit au temps des répétitions et de la création. Alors, reprenons la charge : Nous ne crierons pas toujours dans le désert !

A vos paniers, vos couteaux, vos fourchettes et vos gobelets : qui a dit que la culture devait être austère ?


FERMETURE DE "LA TOUR SOLAIRE"

Communiqué :

"Notre association dirige une structure d’accueil socio-éducatif destinée aux enfants et adolescents, depuis plus de 11 ans maintenant, au sein du quartier Champeau...

Aujourd’hui, on nous demande une mise en conformité des locaux afin de pouvoir y accueillir plus de 20 enfants: construction d’un escalier de secours et de toilettes supplémentaires. Nous avons sollicité le propriétaire, l’Office des H.L.M. de Haute Corse, qui nous a indiqué qu’ il n’était pas en mesure de contribuer au financement.

Cette initiative, nous l’avons prise après mûre réflexion, à la suite d’un état des lieux dressé par Marie- Jo Massoni, elle même assistante sociale de la DDISS. Nous avons installé notre activité dans des locaux mis gracieusement à notre disposition par l’Office Départemental de HLM , et nous pouvons dire que grâce à notre action et à l’active participation des enfants, cet espace baptisé " La Tour Solaire", a connu une certaine notoriété !


En effet, notre démarche a largement porté ses fruits :différents ateliers y ont fonctionné de façon intense et les diverses productions- film, disque, exposition, spectacles- présentées depuis l’ouverture sont une jolie preuve de l’activité déployée et du bien fondé du projet.


Après avoir longuement réfléchi, et bien à contre cœur, nous avons décidé de mettre un terme aux ateliers destinés aux enfants et aux jeunes, tels que nous les pratiquons à l’heure actuelle. Il ne serait pas raisonnable pour une structure associative, dont la pérennité est toujours aléatoire, d’engager des travaux de gros œuvre, sur un bâtiment qui ne lui appartient pas. Notre association, qui a su consentir un véritable effort financier pour maintenir cette activité, ne saurait la poursuivre pour un effectif inférieur à 20 enfants. De plus, nous craignons que le budget de notre association ne supporte pas le financement de tels travaux.


C’est pourquoi, à compter du 18 février 2007, et à notre grand regret, nous cesserons d’accueillir les enfants dans les locaux de la Tour Solaire, comme nous le faisions depuis plus de 11 ans.
Par contre, nous resterons présents dans les locaux : en effet, nous y installerons notre activité de réalisation et entretien de costumes et accessoires de théâtre; ce qui permettra de continuer à animer le quartier avec une activité culturelle.


Nous restons persuadés avoir apporté le plaisir des découvertes, des partages et de beaux souvenirs aux enfants de Balagne durant ces onze années d’activités..

Croyez bien que de notre côté, nous avons engrangé les souvenirs de riches rencontres avec des enfants qui nous ont apporté bien plus qu’eux-mêmes ou leurs parents ne sauraient l’imaginer."

 

U SVEGLIU CALVESE FETE DE NOUVEAU LA SAINT GLINGLIN

La Saint Glinglin

10 février 2007

Rendez-vous à partir de 14h
au TEATRU
Avenue de la République
20 260 CALVI

La Saint Glinglin n’est pas une fête ordinaire : alors que les autres fêtes reviennent une fois l’an, celle-ci revient une fois par mois ! Pourquoi ce surprenant phénomène ?
Eh bien ! Lorsque l’on fête la Saint Fulbert, ou la Saint Ulrich, ou même la Saint Vivien, on signifie à Fulbert, Ulrich ou Vivien, qu’il(s) occupe(nt) une place privilégiée dans nos amitiés, nos amours ou nos affections. De même, quand, le 14 juillet, certains célèbrent la "Fête Nat.", tandis que d’autres vont s’incliner devant la Vierge Marie (qui ploie parfois sous les hommages) le 8 décembre, c’est pour mettre en valeur l’événement qui doit s’inscrire dans nos mémoires.
Pour la Saint Glinglin, il en va tout autrement : on célèbre ce qui n’est pas arrivé, "ce qui serait arrivé si..", "ce qui n’a pas pu arriver parce que..", en d’autres termes, on fête les projets qui ne deviendront jamais évènements. Au rythme où les rêves s’envolent, où les promesses se débinent, où les illusions se carapatent, on aurait tôt fait de les oublier, sans la Saint Glinglin. La Saint Glinglin, c’est la fête de la vigilance, la fête de ceux qui prennent le temps, parce qu’ils vivent ici, enracinés dans la réalité, de capturer des paroles, qui aussitôt posées au creux de l’oreille, pourraient être chassées par d’autres paroles.
C’est pourquoi, le 10 février 2007, U Svegliu Calvese vous attend à partir de 14 heures, au Teatru, - pour parler, partager, rêver d’un espace culturel, avec des photographes, des musiciens et des chanteurs qui sauraient l’habiter, - et pour parler, rêver d’un espace naturel, en l’occurrence la Revellata, espace sur lequel, après les emballements que nous avons connus en décembre, un voile d’indifférence vient de tomber.

 

A PASSIONE DE RETOUR A CALVI !!!

Après 7 ans d’interruption, U Svegliu Calvese et A Filetta reprennent avec Orlando Forioso la Passion dans la citadelle. Ce sera les vendredi 30 mars, samedi 31 mars et samedi 1er avril.

POUR UN LIEU DE CULTURE A CALVI

Voici un communiqué de l’association U Svegliu Calvese...

Tenez vous prêts:

Le 10 Janvier 2007, U Svegliu Calvese fête...

Quoi donc, au fait?

  • Pas la Saint Guillaume (qu’il nous pardonne!)
  • Pas l’Epiphanie (c’est déjà  passé.)
  • Pas le Nouvel An russe (Non! Définitivement non! Notre Président n’est pas russe, il est géorgien!)
  • Pas le Nouvel An Chinois (Và  bè! Qui in Calvi ci sò di tutte e mamme, ma quantunque!)


Nous ne fêtons ni les Rameaux, ni Pâques, ni la Fête du Travail, ni la Victoire de 1945, ni l’Ascension, ni Pentecôte, ni...

Alors que fêtons nous?

La Saint Glinglin! Voilà , nous fêtons la Saint Glinglin!

La fête des rendez vous manqués, des promesses non tenues, des cadeaux empoisonnés, des désillusions, des espoirs déçus.

Alors inscrivez ce rendez vous sur votre agenda tout neuf:

La Poudrière, 10 janvier 2007, 14 heures.

Rendez vous respecté, promesse tenue, illusions et espoirs réalisés; et les cadeaux...Ah! Les cadeaux: vous ne serez pas déçus! Parole de Svegliu Calvese!

Le 10 janvier 2007, U Svegliu Calvese organisait une manifestation pacifique pour dénoncer le manque de locaux dédiés à la culture à Calvi. Les manifestants ont occupé symboliquement les locaux de l’ancien hôpital militaire, dont une partie doit être achetée par la Collectivité Territoriale.

Je reproduis ici un texte publié en septembre dernier sur le blog de La Horde Sauvage qui reflète bien la situation :

"L’autre soir, aux rencontres polyphoniques, Jean-Claude Acquaviva faisait un discours dans lequel il disait à quel point nous sommes à Calvi culturellement sinistrés. Il n’y a pas de cinéma, pas de salle de théâtre, pas de salle de concert, il n’y a rien et pourtant, sous perfusion de bénévolat, d’associations culturelles et d’initiatives privées, la culture parvient à survivre à Calvi. Puis sont venus tous ces artistes aux noms exotiques, des Pakistanais, des Iakoutes, des Marseillais, des Africains, ils ont chanté des chants témoins de leur culture et de leur histoire. (...)

Quand je vois comment, au travers des bénévoles et des associations, la culture arrive à trouver son chemin malgré l’absence complète de moyens et d’infrastructures, j’ai la preuve qu’il me faut pour retrouver foi en les miens. Du besoin naît le manque, de l’adversité naît la solidarité, y aurait-il autant d’amour et de solidarité s’il n’y avait pas autant de manque ?
Les décideurs politiques en cause de ces manques nous réunissent dans l’adversité et nous rendent riches de cette solidarité. Peut-être faudrait-il les remercier d’être sans le vouloir, un moteur culturel pour cette ville ?
Un jour, je discutais avec quelqu’un qui s’étonnait de voir autant de bénévoles et autant d’investissement personnel de leur part. Les associations culturelles aident Calvi, alors les Calvais qui aiment vraiment leur ville aident les associations. C’est simplissime en fin de compte. C’est un acte de foi, presque politique, mais surtout un acte d’amour. Alors bien sûr, individuellement chaque acteur n’est qu’une goutte d’eau dans la mer, mais le plus grand des océans n’est que la somme des gouttes qui le composent. De cette émulation naissent de belles choses. Des choses bien plus enrichissantes qu’un port de plaisance prestigieux ou qu’une plage à la mode, plus enrichissantes que les strass et les paillettes que l’on nous jette aux yeux pour nous cacher l’essentiel : notre définition.
Amis Calvais, votre ville n’est pas pauvre, elle est riche de vous.

 

IN MEMORIAM

Maï Angelini Sicurani est partie le 8 janvier 2006 sans nous laisser le loisir d’inscrire le mot fin sur la longue conversation entamée avec elle.
Elle était comme ça, Maï, légère, fantasque, généreuse et présente, si présente...
Ayez une pensée douce et fugace comme une plume qui viendrait caresser un ciel, dans les plis duquel elle se dissimule.
La mort n’est pas la mort.
Seul, l’oubli est la mort.


L’héritage de Pasquale Paoli
DEBAT PUBLIC

Organisé par la Maison de la Corse et animé par René Siacci.
LUNDI 5 FEVRIER 2007 : JOURNEE DU SOUVENIR sous le haut patronage du Ministère de la Culture et de la communication

Ouvert à l’ensemble de la population, le débat public, est un moment privilégié permettant à tous de s’informer et de s’exprimer sur un thème fort : l’héritage de Pasquale Paoli, et comment cet héritage s’inscrit dans la société contemporaine. Ce débat préfigure les rencontres organisées au Sénat les 29 et 30 septembre 2007, par la Maison de la Corse intitulées : ‘’Et maintenant monsieur Paoli ? Projets et avenir de la Corse’’.

Participeront au débat :

Jacques Olivier Boudon (historien, écrivain et professeur à l’Université Paris IV Sorbonne. Thèmes de recherche : histoire de la Révolution française et du Premier Empire ainsi que l’histoire religieuse contemporaine. Président de l’assemblée des directeurs de Centres d’Initiation à l’Enseignement Supérieur. Président de l’Institut Napoléon).

Jean-Claude Casanova (académicien, co-fondateur et directeur de la revue ‘’Commentaire’’, directeur-adjoint de la collection ‘’Thémis Economie’’ aux Presses Universitaires de France. Il a en outre exercé des fonctions au sein de plusieurs cabinets ministériels).

Jean Defranceschi (directeur de recherche au CNRS, historien, écrivain, deux thèses consacrées à Pasquale Paoli, ‘’La Jeunesse de Napoléon’’, ‘’les dessous de l’histoire’’,…).

Simone Guerrini (conseiller exécutif de la Collectivité Territoriale de Corse déléguée à la culture, au patrimoine et à l’audiovisuel)

Charles Napoléon (parcours dans l’entreprise et la fonction publique, président de la Fédération Européenne des Cités d’Histoire Napoléonienne. Il est l’auteur de divers ouvrages historiques ou politiques dont ‘’Paoli et Bonaparte à l’origine de la question corse’’).

Paul François Paoli (journaliste, chroniqueur au Figaro littéraire, auteur de ‘’Comment peut-on être de droite’’, Albin Michel ; des ‘’Impostures de l’égalité’’,

Max Milo et ‘’Je suis corse et je n’en suis plus fier’’ Max Milo).

Ange Santini (président du Conseil Exécutif de la Collectivité Territoriale de Corse).

Edmond Siméoni (médecin, Président de Corsica Diaspora et amis de la Corse).

Camille de Rocca Serra (président de l’Assemblée de Corse, Député de Corse du Sud).

Michel Vergé-Franceschi (historien, spécialiste d’histoire maritime, il a dirigé le laboratoire d’histoire maritime du CRRS - Paris IV – Sorbonne - Musée de la marine, professeur à l’université de Savoie et président de la Société française d’histoire maritime. De nombreux livres dont ‘’l’Histoire de la Corse’’ et ‘’Paoli un corse des lumières’’).

Programme du 5 février 2007
20h00 - lecture de la pièce ‘’la Révolution Corse’’.
21h00 - débat public.
22h30 - concert Voce Isulane.
ORGANISATION : DELEGATION REGIONALE DE LA Maison de la Corse
117 bld Bineau - 92200 Neuilly sur Seine - 01 47 57 24 84 - contact@maisondelacorse.org - www.maisondelacorse.org

 

paoli

La culture corse à Paris en décembre

Salon du Patrimoine culturel au Carrousel du Louvre du 9 au 12/11/2006
La Collectivité Territoriale de Corse invite à découvrir son patrimoine culturel, salle Delorme, allée A, n°106, stand de la CTC .


Littoral : Les défenseurs de l’environnement visés par un attentat

Communiqué du bureau de U Levante :

Le lundi 23 octobre 2006 à 6h30, à Calvi, le véhicule de deux membres du bureau de l’association de protection U Levante a été détruit par une charge explosive. Qui veut-on atteindre? Sûrement le Collectif pour la loi Littoral et l’association U Levante, à travers deux de ses militants actifs. Les dossiers brûlants sur lesquels travaillent actuellement et au grand jour le Collectif et U Levante sont liés à la préservation du littoral. Y a-t-il un lien de cause à effet entre nos prises de position et cet acte ignoble ? Nous pensons que oui! Les membres du bureau et tous les adhérents de U Levante, qui ont toujours travaillé en toute transparence, ne peuvent que: - condamner très fermement cet attentat
- apporter leur total soutien à leurs deux militants
- réaffirmer leur détermination, qui ne faiblira ni devant la lâcheté ni devant les manquements aux règles élémentaires de la démocratie.
SIMU FORTI PERCHÈ UNITI SIMU!"


Patrimoine culturel immatériel et transmission : la polyphonie corse traditionnelle peut-elle disparaître ?
Rencontres des 22 et 23 juin 2006 à l’Hôtel Eden Roc (Ajaccio).
Intervenants :
Françoise Albertini, Jean-Loup Amselle, Sarah Andrieu, Nando Acquaviva, Corinne Bartolini, Emilie Bitauld, Bouziane Daoudi, Jean-François Dutertre, Sylvie Grent, Françoise Gründ, Michèle Guelfucci, Petru Guelfucci, Mariannick Jadé, Cherif Khaznadar, Bernard Pazzoni, Christian Poché, Paul Rasse, Dominique Salini, Mila Santova, Ouidad Tebaa
Au programme :
Présentation de la Convention pour la sauvegarde du patrimone immatéreil de l’UNESCO, présentation des formes polyphoniques corses et six tables-rondes.
Contact: Centre de Musiques Traditionnelles de Corse 04 95 46 05 05 - sermanu28@hotmail.com


Un moment de bonheur

tour
"Jeune Africaine"
Ouvrage collectif réalisé par les enfants de la Tour Solaire
année 2005/2006
Les artistes ont entre 8 et 11 ans.

A l’invitation d’Antoinette d’Angeli et de l’association La Tour Solaire, nous avons assisté le 3 juin à la fête de fin d’année de l’association. Grâce à la générosité de Jean Témir, la fête se déroulait dans cet endroit magique qu’est Chez Tao. Dans une ambiance chaleureuse, les enfants, visiblement heureux et fiers (et leurs parents aussi !), ont présenté leur spectacle de chant et de danse.
Il convient de féliciter tous les bénévoles des associations calvaises
U Svegliu et La Tour Solaire, notamment Antoinette, pour le travail quotidien accompli auprès des enfants.
Signalons aussi (mais nous n’y étions pas….) la prestation des chorales de l’école Loviconi et du collège Orabona, toujours sous la houlette d’Antoinette d’Angeli et de Franck Agostini, au Calvi Jazz Festival.


La Corse au Japon

Journées Corses au Japon (Kukuoka et Tokyo) du 17 au 22 octobre 2006, avec le groupe Voce Ventu, une exposition photo et des repas corses !

japon


Vergogna à tè chi brusgi a terra

La Poste s’est engagée en 2005 dans la prévention des incendies. Les facteurs de Corse seront en 2006 encore plus nombreux à se joindre à cette action sur la base du volontariat. en association avec les pompiers et l’office de l’environnement de la Corse.
Rappelons que les facteurs relient 6 jours sur 7 les 365 communes de l’île en parcourant quotidiennement 15 000 km.


Corse, le mensonge radioactif
privé de télévision

La télévision entretient décidément des rapports difficiles avec la Corse. On se souvient de l’émission "Complément d’enquête" de Benoît Duquesne diffusée en octobre 2003 qui avait soulevé une vague de protestations. Cette fois, c’est un documentaire de France 3 dont la diffusion est bloquée. Cette enquête de Jean-Charles Chatard et Eliane Parigi aurait parfaitement pu s’insérer dans la programmation que les grandes chaînes ont consacrée au drame de Tchernobyl. Pour la première fois, un documentaire solide et argumenté décortique la gestion française de la crise en mai 1986. Preuces inédites à l’appui, les journalistes démontent les rouages d’un mensonge orchestré par les plus hautes sphères de l’Etat : Sur la sellette, notamment Michèle Barzach, Alain Carignon, François Guillaume et Alain Madelin. A France Télévisions, "on n’a pas peur de diffuser ce film", mais on a préféré "faire le choix éditorial" d’une programmation axée sur l’international, ou on a reçu la cassette trop tard...

A défaut de passer à la télévision, le documentaire pourra être vu au cinéma.

Source : Article de Florence Broizat dans le Télérama n° 2939

   


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