Giovanni Mirabassi

Dernière mise à jour : 08/09/2021

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mirabassi

Giovanni Mirabassi possède l'art de faire chanter une mélodie avec un grand lyrisme tout en ayant un sens rythmique très développé. Nous allons souvent l'écouter quand il passe au Sunside avec son trio composé de Gianluca Renzi, contrebasse et de Lukmil Perez, batterie. Pour lire quelques compte-rendus, suivre ce lien.

Giovanni Mirabassi est né en 1970 à Pérouse (Italie). Autodidacte, ce n'est qu'à seize ans que Giovanni prend ses premiers cours de piano, auprès d'un professeur qui lui fait découvrir le jazz. En Italie, il joue avec des musiciens tels que Chet Baker en 1987 ou Steve Grossman en 1988, puis décide en 1992 de s'établir à Paris. En 1996, il remporte le prix du meilleur soliste au Tremplin Jazz d'Avignon. La même année, avec le contrebassiste Pierre-Stéphane Michel il forme le duo Dyade et enregistre son premier disque: En bonne et due forme. Depuis, il mène une carrière de leader en salles et en studio, et collabore avec de nombreux musiciens de la scène parisienne et internationale, comme Stefano Di Battista, Flavio Boltro, Louis Moutin, Glenn Ferris, Andrzej Jagodzinski, Michel Portal. Il joue dans des nombreuses salles et festivals internationaux tels que le Paris Jazz Festival, Era Jazzu de Varsovie, le JVC Jazz festival de Paris, le Northsea Jazz Festival de Rotterdam. Les Victoires du Jazz lui ont été décernées en 2002. Giovanni Mirabassi compose de nombreuses mélodies, non seulement pour lui-même mais aussi pour des chanteurs français comme Agnès Bihl ou Claire Taïb.

Après Architectures enregistré en trio en 1998, l'excellent Avanti! consacré aux chants révolutionnaires, Air avec Flavio Boltro et Glenn Ferris (2003), vient de publier Cantopiano, consacré cette fois au patrimoine de la chanson française. Il reprend ici des chansons de Dalida, Nougaro et Brassens et aussi des chansons de chanteurs de sa génération comme Agnès Bilh ou Jeanne Cherhal.

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Avanti !

Enregistré en 2000 sur le label Sketch Records, Avanti! est constitué de 15 morceaux reprenant des chants révolutionnaires ou de résistance. Pour ce disque, Mirabassi obtient en 2002 un Django d'or dans la catégorie nouveau talent et est récompensé aux Victoires du jazz.

"Fasciné par l"imaginaire collectif et la capacité de certaines mélodies à s'inscrire dans la mémoire de chacun, j'ai trouvé dans les chants de révoltes une écriture musicale qui puise sa vérité, sa puissance même dans un état d'urgence où chaque note est nécessaire."
GIOVANNI MIRABASSI

Cantopiano

L'Italie compte décidément nombre de musiciens de jazz de premier plan. On peut notamment citer les trompettistes Enrico Rava, Flavio Boltro et Paolo Fresu, et les pianistes Enrico Pieranunzi et Giovanni Mirabassi.

Le style élégant et lyrique de Mirabassi est reconnaissable entre mille, un jeu délié, une main droite extrêmement fluide, un swing subtil évoquant parfois Bill Evans. Un très beau disque.

« Après les chants révolutionnaires d'’Avanti !, le piano solo de Cantopiano emprunte cette fois à la chanson française. Une improvisation subtile révèle, une à une, chaque chanson : grave et romantique pour les déclarations torturées de Gainsbourg à Manon ; ludique et enlevée pour J’ai pas le temps d’avoir trente ans, d’Agnès Bihl ; envolée espiègle de C’que t’es belle, l’appel à conviction d’Alexis HK ; triste et amère pour la petite fille du Sans titre de Jeanne Cherhal …. Et last but not least, le beau phrasé lyrique, dont Giovanni Mirabassi a le secret, accompagne la touchante ballade de La Fleur du large (Bihl/Mirabassi), le regret de J’aimerais tant savoir comment tu te réveilles (Jehan/Dimey) et la blessure d’amour dans Une île de Lama. De quoi être ravis.... Et, de façon inédite, Giovanni Mirabassi est ici l’interprète de ses propres compositions pour les deux chansons d’Agnès Bihl ».  
 Annie Staricky

Terra furiosa

"...Dans cet album, tout sonne juste et équilibré, le lyrisme des chants révolutionnaires que le pianiste avait naguère exposé dans Avanti ! cède sa place à une poésie plus discrète où plane l’ombre de Bill Evans. La flamme de la révolte est-elle vraiment éteinte ? Réponse dans le titre final : We have the blues, Mr President. Un album libre et personnel. "
CHRISTOPHE HUBER - JAZZ MAGAZINE

Out of track

« Parcours sans faute : à chaque nouvel album, le maître du jazz à l’italienne enchante. Ici en trio, avec Leon Parker et Gianluca Renzi à la contrebasse, Mirabassi revisite des thèmes chers à Miles Davis (Dear Old Stockholm) ou John Coltrane (Impressions), et offre une lecture ravissante de Just One of Those Things de Cole Porter. Sans oublier ses propres compositions, dont une, magistrale, dédiée à son rival Enrico Pieranunzi. Lumineux, d’une finesse absolue, le piano de Giovanni Mirabassi est un des plus fascinants qui soit. »
LE FIGARO MAGAZINE – Nicolas Ungemuth

« Revoici Giovanni Mirabassi en trio. Le programme en est délicatement agencé, partagé entre traditionnels (Dear old Stockholm), standards (Alone Together, Impressions, Just one of those Things), reprise de chansons engagées (Here’s to you, Le chant des partisans) dans la lignée d’Avanti!, relectures de Piazzola (Vuelvo al Sur) ou de musique de film (Convite para la Vida) et quelques compositions personnelles ou dédicaces (Pieranunzi)... Alternance soigneuse entre les allures et les climats, entre profusion et retenue, entre activation de la nostalgie et effet de surprise (le traitement latin d’Impressions). On retrouve sous l’avalanche de références les principales sources d’inspiration du pianiste... Elégance du phrasé, maîtrise et générosité ... la ryhtmique est de grande classe et le son superbe. »
JAZZ MAGAZINE Avril 2009 - Vincent Cotro

Live at the Blue Note Tokyo


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« Prise de son exceptionnelle de précision et de dynamique. Faisant suite à Terra Furiosa paru en 2008, et Out of Track sorti l’année dernière, disques où excellait le même trio, ce nouvel album enregistré du 21 au 23 avril 2010 au Blue Note de Tokyo constitue une totale réussite. Par la richesse mélodique et rythmique, tout d’abord, des neuf compositions formant le répertoire de ce disque présentant tour à tour le visage élégiaque et chantant du jeu du pianiste Giovanni Mirabassi (My broken heart, World changes) mais aussi par l’énergie et le swing qui l’habitent (NY #1, It’s us). Ensuite parce que l’inventivité de ses improvisations n’est jamais prise en défaut, leur superbe logique interne constamment maîtrisée, n’oubliant pourtant jamais de s’épanouir en ondulantes efflorescences poétiques devenues la marque de son style.
   Enfin parce que le trio lui-même, où Leon Parker brille de tous les feux d’un jeu crépitant, d’une précision presque surhumaine, où Gianluca Renzi crée à chaque instant des lignes de basse, qui non seulement assurent les fondations du phrasé mélodique et rythmique de ses partenaires, mais évoque en solo tout ce que la contrebasse peut approcher de la voix humaine, est en parfaite osmose. Doté d’une remarquable prise de son, qui n’est pas sans évoquer la splendeur devenue légendaire des disques publiés sous le label japonais Vénus, ce nouvel album, premier témoignage de la générosité musicale de Giovanni Mirabassi en concert, relève à l’évidence de l’étoffe soignée dont sont faits les classiques. »
Choc Classica - Jean-Pierre Jackson, décembre 2010.

Tribute to Bill

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Edition limitée en vynil de cet opus en hommage à Bill Evans.

Sur la page "video", une petite merveille : «How my Heart Sings» capté au Duc des Lombards le 24 septembre 2010 dans le cadre du 30th Bill Evans Anniversary.
Giovanni Mirabassi (piano), Gianluca Renzi (contrebasse), Eliot Zigmund (batterie)

Adelante !

Sortie le 24 octobre 2011 du nouvel album, Adelante !

Engagé ! A tous les niveaux ! Dans la mélodie, l’improvisation, les sens et les idées ! Giovanni Mirabassi offre un piano intègre (jamais intégriste) et d’un raffinement ultime. Et lorsqu’il revisite, comme ici, des chansons et des mélodies révolutionnaires et/ou révoltées, il touche au sublime. De L’Internationale à Léo Ferré, en passant par Violeta Parra et Piazzolla, le pianiste transalpin installé à Paris depuis près de vingt ans rappelle que la musique n’est pas qu’un engagement esthétique…

Giovanni Mirabassi, pianiste engagé par Mediapart

Giovanni Mirabassi, une rencontre-podcast sur www.qobuz.com

Viva V.E.R.D.I.

Sortie de "Viva V.E.R.D.I." de Giovanni Mirabassi le 12 mars 2013 chez Cam Jazz

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Après "Adelante!" enregistré à La Havane en 2011, le pianiste italien Giovanni Mirabassi est parti en Corée du Sud (au Goyang Aram Concert Hall à Goyang) pour graver son nouveau projet "Viva V.E.R.D.I.". Un disque enregistré live avec les fidèles Gianluca Renzi à la contrebasse, et l'excellent batteur cubain Lukmil Perez Herrera. Le trio est ici accompagné par les 31 membres du Bee String Orchestra dirigé par Lorenzo Pagliei.

Pas de méprise ici, ce "Viva V.E.R.D.I." n'est pas un album de reprises célébrant les 200 ans de la naissance de Giuseppe Verdi. Non, Giovanni Mirabassi lance ici un cri d'amour et de révolte à cette Italie "qui souffre tant aujourd'hui". "Viva V.E.R.D.I." est, pour le pianiste exilé en France, l'équivalent de notre "Temps des cerises". C'est d'ailleurs sur le prestigieux label romain CAM Jazz que l'artiste nous propose ces nouvelles compositions ainsi qu'une reprise de "Bebè" d’Hermeto Pascoal et d'"Arirang", sorte d’hymne national non officiel coréen.

Une révolte que le pianiste traite avec un romantisme exacerbé ; des thèmes d'une beauté intense où là rythmique délicate ou explosive du trio jazz épouse passionnément les envolées lyriques de l'orchestre à cordes. Une grande musique où plane le fantôme de Bill Evans à qui Giovanni Mirabassi rendait hommage il y a peu sur la scène parisienne.
(Source : FIP)

Mon avis :

On le sait, Giovanni Mirabassi est mon pianiste préféré. Je sors enthousiasmé de chacun de ses concerts. C'est dire si j'attends chacun de ses disques avec une grande impatience. Pourtant, ce Viva V.E.R.D.I. me laisse sur une impression mitigée. Certes, on retrouve le jeu limpide, le toucher de Giovanni, la pâte de Gianluca Renzi qui se fait aussi arrangeur sur ce disque (A Song for Sabrina), la solidité de Lukmil Perez. Mais... il y a un mais. Tout comme Conductus avec A Filetta, les cordes me posent problème. Non que le Bee String Orchestra joue mal, loin de là. Mais, pour moi, il n'apporte rien, et même brouille le discours, apportant de la redondance là où règne la subtilité. Dès lors, les meilleurs moments sont à mon avis ceux où l'on retrouve le trio.


"The Ancient Oak" :

Animessi

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Giovanni Mirabassi rend ici hommage à l'univers poétique de Hayao Miyazaki à sa manière si unique.


No way out

Premières chroniques de l'album "No way out" de Giovanni Mirabassi, sorti fin février.

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On aime passionnément

On craindrait de proustifier en qualifiant de « délicieuse » une exécution de jazz, si jaillissante, coruscante et gracieusement ébouriffée qu'elle soit, à l'image du jet d'eau d'Hubert Robert décrit avec un luxe inouï lors de la soirée chez la princesse de Guermantes. Pourtant, c'est le mot qui vient à l'esprit en écoutant Palm'air, cinquième morceau, euphorisant comme un grand cru, de ce No way out, qui signe l'entrée de Giovanni Mirabassi dans le gotha du jazz. On connaissait le pianiste en solo, en trio, toujours élégant et romantique, italianissime. Le voici en quartet avec un superbe vibraphoniste afro-américain, Stefon Harris, qui s'est fait connaître chez Christian Scott. Qu'on ne pense pas trop vite au classique Modern Jazz Quartet. Si modèle il y a, c'est au quartet de Bobby Hutcherson avec Herbie Hancock, Bob Cranshaw, Joe Chambers (Happenings, 1967), qu'il faut se référer. La prise de son magnifique de No way out nous place devant le vibraphone comme si nous en jouions nous-même, le registre grave à gauche, l'aigu à droite, avec le piano en face de nous, aigu à gauche, grave à droite. Le contrebassiste habituel de Mirabassi, Gianluca Renzi, révèle ici toute la beauté de sa sonorité et de ses lignes. Quant au batteur cubain Lukmil Perez Herrera, il confirme sa place éminente dans le jazz européen. Une magie d'entente réciproque, de plaisir et d'imagination persiste tout au long des huit compositions originales du pianiste, pour culminer dans Il Bandolero stanco (le bandit fatigué), ballade affectueuse comme une danse en fin de soirée qu'on aimerait faire durer une nuit entière. — 21/02/2015 - Michel Contat - Telerama n° 3397

« Ce qui frappe à l’écoute de ce nouvel album de Giovanni Mirabassi – le second chez Cam Jazz – c’est l’entente télépathique entre le pianiste de Perugia et le vibraphoniste américain Stefon Harris, l‘un des plus doués de sa génération. Mais la subtilité et raffinement de la section rythmique sautent également aux oreilles. Quel quartet ! Mirabassi semble en état de grâce, capable de composer des titres inspirés et puissante qui rappellent par moment les grands standards Blue Note des années 60. Il est devenu au fil des années un musicien très complet, à la carrière déjà très riche : rappelons-nous qu’il jouait avec Chet Baker ou Steve Grossman à peine âgé de 17 ans !
Accessible, émouvant, lyrique, enlevé, tendre, passionné, élégant, cet album place Giovanni dans la lignée des très grands. Quand Giovanni Mirabassi improvise, son jeu a l'éclat et la fluidité du chant ; un souffle de liberté et de créativité sans entrave, un romantisme sans esbroufe traversent l’album. Il faut écouter et réécouter le jeu de ces musiciens en pleine osmose, tranquillement, attentivement, pour en déceler tous les minutieux détails et en apprécier le jaillissement d’idées musicales toujours neuves, justes et subtiles.
A noter la prise de son remarquable et le travail de l’ingénieur du son Max Ross aux studios Systems Two de New York.» (CAM Jazz)

« On connaissait Giovanni Mirabassi soliste, on l’aimait en trio, on le découvre aujourd’hui en quartet. Avec No way out, son nouvel album, le plus parisien des pianistes italiens, se lance dans une aventure inédite. Il retrouve la section rythmique de son trio : son compatriote Gianluca Renzi à la contrebasse et le batteur et percussionniste cubain Cubain Lukmil Perez Herrera. La complicité de ces trois-là structure cet album subtil mais c’est de la réponse du piano au vibraphone de son nouvel acolyte, Stefon Harris, que nait la magie de No Way Out.
Les deux claviers tissent des liens musicaux si serrés, qu’en effet dès le premier morceau qui donne son titre à l’album, l’auditeur est piégé. On n’en sort plus parce qu’on ne veut plus en sortir et on se régale du dialogue complice entre le piano et le vibraphone. »
(FIP Radio).

« A stunning empathy between piano and vibraphone. Refined, balanced double bass and drums. An extremely sophisticated quartet, striking a perfect balance between the enlightened creativity of the 60’s and today’s modern sound. Pianist Giovanni Mirabassi, who is part of this tight quartet together with Stefon Harris on vibraphone, Gianluca Renzi on double bass and Lukmil Perez Herrera on drums, composed “No Way Out” as his second recording for CAM JAZZ. This album opens with the title track, a statement of intent as to the entire recording. The synergism between Mirabassi and Harris leads to steadily evolving musical ideas that unfold out of the pianist’s themes. All eight tunes in “No Way Out” are by the band leader: from “The Snow White Syndrome” and “What Was Dream About” to “L’Audace”, “Canzone” and “Il Bandolero Stanco” (perhaps a tribute to an unappreciated movie featuring the Italian actor Renato Rascel?), listeners are returned to a Mirabassi in a state of grace, capable of composing in a fresh, highly inspired way, heeding the moods and refinement of the great Blue Note standards from the 60’s. He is a full-fledged musician who knows how to express himself, for having accrued valuable artistic experience over his long-standing career: his playing with Chet Baker and Steve Grossman, when he was just seventeen; his moving to and growing up in Paris, when he was just over 20; and, not to forget, being awarded the “Django d’Or” and “Victoires du Jazz” prizes in 2002. All this flowed into “No Way Out”, a recording to be listened to and enjoyed inquisitively, carefully and committedly, in order to discover how many ideas pop out of the hat of this talented, distinguished pianist from Perugia. »

« A l’évidence, l’album le plus achevé, à ce jour, du pianiste italien. La formule du quartette avec vibraphone n’est certes pas nouvelle. Mais plus que le MJQ, c’est le quartette de Bobby Hutcherson avec Herbie Hancock (“Happenings”, 1966) qu’évoquent Giovanni Mirabassi et Stefon Harris. A savoir que dans cet enregistrement de 2013, les codes du bop ne sont jamais subvertis, mais à l’inverse enrichis par toute l’évolution ultérieure du jazz. Sans compter l’apport personnel de musiciens dont l’entente mutuelle est favorisée par une paire rythmique stimulante. Emule de son compatriote Enrico Pieranunzi, dont il a retenu la finesse mélodique, le lyrisme (Il Bandolero Stanco) et la richesse harmonique, Mirabassi met ici ces qualités au service de ses propres compositions. Ainsi prennent tout leur relief des pièces telles que celle qui donne son titre à l’album, ou encore la ballade The Snow White Syndrome, avec son climat ouaté qui inspire un solo bien construit à Gianluca Renzi, et Canzone où il fournit à Stefon Harris un contrepoint des mieux venus. Quant au vibraphoniste, dont tous les chases avec le pianiste réservent leur lot de trouvailles et valent d’être suivis avec attention, il déploie la même inventivité, contribuant dans une large mesure à la réussite d’un disque qui fera, à coup sûr, référence. »
27/3/2015 - Jacques Aboucaya - Jazz Magazine

Giovanni Mirabassi, version MJQ

« No Way Out, second album du pianiste Giovanni Mirabassi pour CAM Jazz, est l’enregistrement d’un quartette sophistiqué, voguant entre la créativité lumineuse des années 60 et un son délicatement moderne, porté par Stefon Harris au vibraphone, Gianluca Rienzi à la contrebasse et Lukmil Perez à la batterie.

L’album s’ouvre sur le titre éponyme, véritable déclaration d’intention au regard de l’album complet. La synergie entre Mirabassi et Harris provoque une série d’éclairs musicaux évoluant à partir des thèmes du pianiste.
Les huit morceaux du disque sont signés Mirabassi : de The Snow White Syndrome et What Was Dream About jusqu’à L’Audace, Canzone et Il Bandolero Stanco (un hommage au film méconnu dans lequel figure l’acteur italien Renato Rascel ?), on retrouve un Giovanni Mirabassi en état de grâce, d’une fraîcheur bouleversante, évoquant les grandes heures et les ambiances du Blue Note des années 60. »
Alex Dutilh - France Musique

Mais où est la sortie ?

« Dans les débuts des années 1950 naissait un curieux mélange appelé MJQ, pour Modern Jazz Quartet, sous la direction du pianiste et compositeur John Lewis. Milton Jackson – « Bag’s pour les intimes à cause de ses poches (valises) sous ses yeux -, inventeur du vibraphone bebop, en était l’âme « soul » tandis que Percy Heath, contrebassiste et Kenny Clarke bientôt remplacé par Connie Kay, batteurs, venaient apporter leur mémoire à l’ensemble. Une rencontre de villes aussi. New York pour le pianiste, Detroit pour le vibraphoniste, Pittsburgh pour le batteur Kenny Clarke et Philadelphie pour le bassiste.

Ce type de quartet au fil du temps a trouvé d’autres protagonistes. Le dernier en date réunit Giovanni Mirabassi, pianiste et compositeur, Stefon Harris, vibraphoniste, Gianluca Renzi et Lukmil Perez Herrera à la batterie pour cet album Cam Jazz « No Way Out », pas de voie de sortie. Une alliance étonnante entre piano et batterie qui fait penser à celle unissant John Lewis et Milt Jackson. Comme dans l’original, ce MJQ nouveau laisse beaucoup de place au vibraphone qui ne rechigne pas à la prendre et peu à la batterie.
Le tout fonctionne. Sans doute parce que tous les musiciens réunis ici sont de la même génération et ont connu les mêmes choses, qu’ils ont une mémoire commune et une connaissance commune de l’histoire du jazz, malgré leur éloignement géographique. Il faut s’étonner de cette fusion qui ne se refuse rien ni Milt Jackson ni Bobby Hutcherson.
Des compositions intelligentes de Mirabassi qui permettent au vibraphone de prendre son envol et de démontrer qu’il peut créer une atmosphère propice à un voyage immobile. Il faut écouter ce thème, « Palm’air », sorte de duo piano/vibraphone – avec le soutien discret de la basse – pour se rendre compte de la manière dont Stefon Harris habite les compositions de Mirabassi.
Un de ces albums qui, sans révolutionner notre manière d’entendre, sait se rendre indispensable. »
Nicolas Béniès - Le Souffle Bleu

« Considéré comme l’un des plus jeunes musiciens de la génération des « italiens de Paris », le pianiste et compositeur autodidacte Giovanni Mirabassi publie son nouveau projet personnel intitulé No Way Out. Souvent remarqué en tant qu’accompagnateur dans le milieu de la chanson, il s’illustre aussi dans différentes formations jazz aux côtés de Louis Moutin, Flavio Boltro ou encore Leon Parker. Ici le quadragénaire, accompagné du batteur cubain Lukmil Perez Herrera et du contre-bassiste Gianluca Renzi, invite l’excellent vibraphoniste de Los Angeles Stefon Harris. Le quartet nous propose 8 compositions pleines de fraîcheur et d’élégance, aux mélodies exquises et ensorceleuses. Le disque sonne très jazz américain moderne et évoque immanquablement l’âge d’or de Blue Note des années 60. »
les chroniques de hiko

Aldo Ciccolini - Giovanni Mirabassi : La leçon de piano

Propos recueillis par Paola Genone - 18/12/2006

L'un fut le maître, l'autre son élève. Après plusieurs années de séparation, L'Express les a réunis. Quand un jeune jazzman prodige retrouve l'un des grands solistes classiques.

Aldo Ciccolini, 81 ans

Prélude 

"La première fois que j'ai entendu Giovanni jouer, il était serveur dans un restaurant. C'était en 1992. Entre deux services, il se mettait au piano et interprétait des chansons de jazz sur lesquelles il improvisait avec une imagination débordante. J'étais alors un soliste classique reconnu, mais voir la détermination de ce jeune artiste me rappelait ma jeunesse, moi qui, pendant la guerre, avais joué, à Naples, dans des pianos-bars. Je suis allé le complimenter. Il me confia son désir de progresser. Je n'avais jamais eu d'élèves jazzmen, mais je lui ai proposé de devenir son professeur." 

Contrepoint 

"Giovanni avait un potentiel dont il n'avait pas conscience. Ce fut à moi de le lui révéler. Je lui ai transmis une leçon de mon maître, Alfred Cortot, qui disait qu'avant d'être musicien il fallait régler ses problèmes d'ego. Un jour, il m'avait lancé: "Mon enfant, ne prenez pas la musique pour une poubelle dans laquelle on jette ses échecs personnels." 

Unisson 

"Giovanni a compris très vite qu'après une phase de fort mimétisme il devait s'éloigner de moi pour déployer ses ailes. Pendant toutes ces années, j'ai été heureux de voir son nom à côté du mien sur les affiches de festivals classiques. Je le regarde jouer aujourd'hui avec émotion: il a mûri d'une façon exceptionnelle. Finalement, en écoutant ses disques, et en particulier Cantopiano, où il reprend les chansons de Gainsbourg, de Barbara ou de Serge Lama, je m'aperçois qu'il y a beaucoup de références à la musique classique dans son jeu, et que jamais elles ne sont incongrues." 

Les 32 Sonates pour piano de Beethoven, par Aldo Ciccolini (Cascavelle). 

Giovanni Mirabassi, 36 ans

Prélude 

"Aldo Ciccolini était mon idole. Il avait été l'élève d'Alfred Cortot, avait côtoyé Francis Poulenc et Rachmaninov, enseigné au Conservatoire de Paris avec Olivier Messiaen, enregistré plus de cent disques. Surtout, il avait révélé au monde la musique de compositeurs français alors inconnus, comme Erik Satie, dont il est le plus grand interprète. Moi, je n'étais qu'un musicien autodidacte. A 7 ans, j'avais appris des préludes de Bach en imitant ce que j'entendais sur les disques. Puis, foudroyé par John Coltrane, j'ai décidé, à 10 ans, de devenir jazzman." 

Contrepoint 

"La première fois que je suis allé chez Aldo Ciccolini, mes mains tremblaient. J'ai attaqué un morceau de Brahms. Du fond de la pièce, il a lancé: "Si tu jouais un peu de jazz?" J'ai improvisé pendant vingt minutes. Une de ses grandes leçons: lire le journal en improvisant sur un tempo très rapide. "C'est la seule façon de faire le vide d'où surgira ta musique, disait-il." 

Unisson 

"Plus on avançait et plus je saisissais la grandeur de ce qu'il voulait m'enseigner. Mais je ne me suis pas senti au niveau et je suis parti. En 1998, j'ai enregistré Architectures, le premier disque qui me paraissait à la hauteur de l'oreille d'Aldo Ciccolini - il lui est dédié. Le hasard a voulu qu'il ne lui soit jamais parvenu. Pendant ces années, je n'ai pas raté un seul de ses concerts. Je suis un "ciccolinien", car c'est de lui que j'ai appris le contrôle du son, des attaques, du choix des notes, et la façon de penser la musique."  

Cantopiano (Harmonia Mundi).  

17 février 2017

Un nouveau CD de Giovanni Mirabassi !

germany

Le disque "Live on Germany" sort aujourd'hui, un hommage aux trois chanteuses préférées de Giovanni Mirabassi : Ella Fitzgerald, Edith Piaf et Mercedes Sosa.

Une première critique du CD :

Giovanni Mirabassi, Live in Germany (Camjazz)

Erroll Garner nous faisait déjà le coup du jeu du chat et de la souris lorsqu’il tournait autour des mélodies lors de ses longues introductions : main droite, main gauche, décalages, accentuations, décélérations. Les oreilles dressées comme celles d’un chat face à sa proie toujours insaisissable, l’auditeur ne manquait pas de se demander : « Il va où ? C’est quoi le thème ?, ah oui, ça y est, j’ai enfin capté lestrois notes qui esquissent la mélodie ! ».

Moins ludique et théâtral que le génial pianiste américain et plus porté vers l’émotion lyrique et la mélodie romantique, Giovanni Mirabassi, autant présent sur les scènes françaises (il s’est vu décerner un Django d’Or, entre autres, il y a quelques années) que celles de son Italie natale, ne sombre nullement, lors de cette prestation en piano solo, dans une musique aseptisée de piano –bar. D’autant que dans cet enregistrement réalisé en Allemagne, il bénéficie d’un Steinway Grand Concert de 1923 (comme toujours dans les réalisations du label Cam-Jazz, le son est magnifiquement capturé).

Si le thème « I’ve Grown Accustomed To Her Face » clôt le disque, c’est que l’album a été conçu autour d’un répertoire défendu par trois grandes chanteuses de l’histoire : Edith Piaf, Mercedes Sosa et Ella Fitzgerald. Giovanni Mirabassi a choisi de revisiter les chansons qu’il aimait le plus en livrant sa propre vérité. Il ose même se lancer dans des improvisations sous forme de portrait musical de chacune d’elle (rien d’étonnant à ce que « Edith » soit la plus tourmentée bien que l’on sache que la vie des deux autre grandes interprètes ne fut pas non plus un long fleuve tranquille).

Quel enseignement tirer de cet enregistrement? La satisfaction de voir que le répertoire de la chanson française signé par Michel Emer (« J’M’en fous Pas Mal »), Jean Dréjac/Hubert Giraud (« Sous le Ciel De Paris ») et Edith Piaf/ Marguerite Monnot (« L’Hymne A l’Amour ») n’a rien à envier au « Great American Songbook » défendu par les frères Gershwin ( « The Man I Love »), Al Johnson (« My Old Flame »), Alan-Jay Lerner/F Loewe (« I’ve Grown Accustomed To Her Face »), ou Laurenz Hart/Richard Rodgers (« Bewitched »). Les musiques d’Amérique Latine (« Cancion Con Todos », « Duerme Mi Tripon », « Solo Le Pido A Dios ») sont bien belles également. Mais j’en conviens : sans doute faut- il être d’une certaine génération pour siffloter sur ces mélodies impérissables d’un autre temps.

Source : http://www.djamlarevue.com

... Et celle de Citizen Jazz :

En 2006, Giovanni Mirabassi avait publié Cantopiano, un album solo dont le répertoire était constitué de chansons. On pouvait regretter que les morceaux soient trop courts, ne laissant pas à l’auditeur le loisir de savourer les chorus si mélodiques qui sont une des caractéristiques de son jeu. En effet, pourquoi donc s’arrêter quand la musique est si belle ? Sa reprise de « Cécile » de Nougaro toute en dentelle – mais on aurait pu prendre d’autres exemples – s’arrêtait au bout de 2’38. Une véritable torture.

Si ce Live in Germany est du même acabit – un album solo consacré à des chansons, toutes issues des répertoires de trois très grandes chanteuses : Ella Fitzgerald, Mercedes Sosa et Edith Piaf – le disque est heureusement long. Il dépasse en effet les soixante minutes et, avec plus de la moitié des morceaux dépassant les cinq minutes, on a tout le loisir d’éprouver la couleur romantique que Giovanni Mirabassi donne à son jeu. Même « L’hymne à l’amour » et ses « petites » 3’44 donnent l’impression de s’étirer suffisamment longtemps pour que nous en profitions.

Outre les reprises, on trouve trois compositions du pianiste, respectivement intitulées « Mercedes », « Ella » et « Edith ». Tout le monde comprendra qu’il s’agit d’hommages – « sonic portraits in three improvised tributes to these ladies », peut-on lire sur la jaquette. Ils contribuent à la charge émotionnelle qui permet à l’album d’éviter l’écueil d’une esthétique piano-bar et en fait, au contraire, un disque de l’intime.

par Gilles Gaujarengues // Publié le 26 février 2017

pianosolo

Una canzone non è mai solo una canzone, non appartiene a nessuno o forse è di tutti, come una proprietà collettiva inalienabile.

Una canzone non è mai un sistema chiuso e immutabile. Tra la fitta maglia delle note e delle parole scritte, tra l’intenzione di chi la scrive e l’esperienza di chi la ascolta si inserisce prepotentemente e inevitabilmente, l’interprete, che la fa sua e ce la restituisce mutata, in un processo di trasformazione continua che non si arresta se non nell’istante in cui quella canzone non viene più eseguita.

E così ci sono canzoni memorabili dei cui autori spesso a stento ricordiamo nomi e delle quali ignote ci sono le circostanze di scrittura, ma che si fissano nella nostra memoria attraverso la personalità di grandi interpreti e che facciamo nostre in quella precisa e inconfondibile veste.

Giovanni Mirabassi in questo “Live in Germany” pubblicato da Cam Jazz esprime un tributo sincero all’arte di tre grandi interpreti: Ella Fitzgerald, Mercedes Sosa ed Edith Piaf, di cui in un certo senso ripercorre le storie attraverso alcuni dei brani che queste artiste hanno interpretato preservando tutto il fascino e la grazia artistica che li contraddistingue.

Tredici tracce per un percorso narrativo nel quale si intersecano vecchie song a cui siamo affezionati e tre pezzi intitolati alle tre cantanti (“Mercedes”, “Ella” ed “Edith”), queste ultime totalmente improvvisate e particolarmente efficaci nel descrivere quell’affinità elettiva tra un artista e la sua fonte di ispirazione tanto più quando riescono nella sintesi dei tratti caratterizzanti la personalità delle stesse attraverso quel volo libero e senza rete che è l’improvvisazione.

Tutto il lavoro, registrato nel 2014 presso i Bauer Studios di Ludwigsburg, è un trionfo della melodia, non solo per la materia prima da cui scaturiscono le creazioni musicali di Giovanni Mirabassi, ma anche e soprattutto per quell’arricchimento armonico e ritmico al quale l’artista la sottopone, fedele a quello stile lirico-narrativo che negli anni ha saputo connotarlo come cantore di un’interiorità pudica ma generosa nella sua ricchezza sentimentale. Una rilettura personale e matura la cui bellezza, lungi da analisi tecniche, è palpabile concretamente nel piacere che restituisce all’ascolto.

Ed ecco allora che queste canzoni acquistano nuova vita in virtù dell’invenzione personalissima e sempre estremamente elegante che Mirabassi mette in campo come valore aggiunto con questo piano solo, linfa vitale, testimonianza di un artista che ha fatto del pianoforte veicolo privilegiato dell’espressione autentica di sé.

Ed ecco che la canzone acquista nuova vita, nuovamente si trasforma filtrata dal carattere del pianista e dalla sua sensibilità individuale. Giovanni Mirabassi ce la consegna. Sta a noi adesso il passaggio finale, la nuova creazione.

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D'entrée, j'ai préféré ce disque de Giovanni Mirabassi à ses précédents solos («Avanti !», 2000, «Cantopiano», 2006 & «¡Adelante !», 2011). Le lyrisme est le même, le choix de partir de chansons est identique : est-ce la maturité qui fait la différence ? Je ne sais.

Le premier et le troisième reprenaient des chansons de luttes. Le deuxième des chansons françaises : là ne résidait pas la différence. Dans ce nouveau solo, ce sont des chansons popularisées par trois icônes de l'interprétation : Piaf (Édith), Ella (Fitzgerald) et Mercedes Sosa, chanteuse d'Argentine, très aimée dans toute l'Amérique Latine, et bien au-delà. Et il semblerait que le lyrisme du pianiste se nourrisse cette fois de la très singulière expressivité de chacune de ces chanteuses.

On commence avec Sous Le Ciel De Paris : le pianiste italien s'est-il souvenu qu'en 1963 Martial Solal avait joué cette valse.... à 4 temps («Concert à Gaveau»)? En tout cas, après une intro-mystère, il en traite le rythme et le phrasé à sa fantaisie, et c'est un régal. Il est sûr que pour nous autres jazzophiles français, Édith et Ella sont des références plus que familières. Mais l'on comprend très vite que le pianiste va nous rendre plus que proche Mercedes Sosa, par le même processus de métamorphose lyrique. Et pour intensifier l'hommage, Giovanni Mirabassi a composé trois plages, intitulées Mercedes, Ella et Édith : pour la première, ce sera en forme de contrepoint ; pour la deuxième, en langueurs harmoniques de ballade ; et pour la troisième, après une introduction en forme de jeux d'eau virtuose, en chant d'amour mélancolique sur un rythme de valse.

Le public présent dans la salle de concert du studio Bauer ne s'y est pas trompé : l'écoute est palpable, et l'accueil d'une chaleur intense.

Xavier Prévost

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3 questions à… Giovanni Mirabassi

« 3 questions à… » est une rubrique qui permet à nos lecteurs de découvrir un artiste à travers de brèves confessions sur son rapport au voyage et à la musique.

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Giovanni Mirabassi est sans doute l’un des jazzmen italiens les plus parisiens que l’on puisse voir sur scène. Installé depuis 1992 dans la capitale, il a connu son premier grand succès en 2001 avec Avanti !, un album de reprises de chants révolutionnaires internationaux, seul au clavier. Depuis, les disques et les collaborations se sont enchainés, et il fêtait cet automne ses 20 ans de carrière au Pan Piper : trois jours de concerts emblématiques et de featurings triés sur le volet, avec des pointures comme Sylvain Luc ou Sarah Lancman. À l’occasion de l’une de ces soirées, assis au bar encore à demi-fermé, nous avons évoqué ses premiers émois musicaux et ses coups de cœur nippons. 

« J’écoute tous les jours l’album You must believe in spring de Bill Evans, depuis 37 ans. »

Qui t’a le plus influencé musicalement durant ton parcours? 

Comme de nombreux italiens, mon père était à la fois mélomane et musicien amateur, et je suis né à Pérouse, une ville qui accueille l’un des plus grands festivals de jazz du monde, l’Umbria jazz. J’ai donc très vite été confronté à cette musique, non seulement au sein de la discothèque de mes parents, mais aussi en live : j’ai pu assister aux concerts de jazzmen mythiques depuis l’enfance, de Miles Davis à Charlie Mingus en passant par Bill Evans ! Alors évidemment, mon imaginaire sonore a eu de quoi se nourrir. Vers 10 ans, au détour de l’écoute d’un disque de John Coltrane, est née en moi l’idée de vouloir faire partie de ce milieu. Ce que j’entendais était tellement puissant et émouvant que je me suis dit : « quand je serai grand, moi aussi je serai musicien ! ». Et j’ai eu la chance d’y arriver. Chez moi, on avait un piano dans le salon, je suis allé très naturellement vers cet instrument quand j’ai commencé à marcher, et depuis je n’ai jamais arrêté. Concernant les musiciens qui m’ont influencé, je dirais spontanément Bill Evans. J’écoute tous les jours son album You must believe in spring depuis 37 ans, c’est dire. J’adore aussi le tango argentin, la chanson italienne ou encore Elton John qui est l’un des premiers que j’ai repris. Mais ce qui me fascine chez Bill Evans c’est qu’il n’a eu de cesse de jouer mieux que la veille. Il est de ces musiciens,  comme Bach ou Brahms, très exigeants, qui vont à l’essentiel, qui ont cet espèce d’amour intarissable de la musique, et je me sens de plus en plus proche de ces gens-là. J’essaie de faire de mon mieux, un peu à l’image de ce que Giacometti a dit un jour lors d’une interview. Le journaliste lui a demandé : « Maître, pourquoi ne faîtes-vous que des têtes ? », et il a répondu : « parce que je n’y arrive pas. ». Je trouve ça assez extraordinaire car ça en dit long sur le fait que la noblesse de nos oeuvres est dans l’effort que nous faisons pour être à la hauteur de nos attentes. Personnellement, j’essaie d’offrir au public la musique que j’aimerais qu’on me donne, du moins je tente. Dans ce domaine, on tend vers dieu, mais nous restons de pauvre humains.

Si tu pouvais jouer avec n’importe qui n’importe où, avec qui et où est-ce que ce serait ?

Je crois que j’ai réalisé tous mes rêves. Malgré tout, si c’était possible, organiser une petite soirée avec Charlie Parker au Cotton Club ou au Blue Note New York, ça me plairait bien. Pourquoi pas avec un petit boeuf ensuite chez la baronne  Panonnica… Mais j’ai joué avec le trio de Bill Evans (sans lui), avec Chet Baker, j’ai travaillé avec Hayao Miyazaki… j’ai eu déjà beaucoup de chance. Je me dis à mon âge que dans la vie il n’y a pas vraiment de hasard, et qu’entre nous on se reconnait comme des frères.

As-tu un lieu musical coup de cœur à faire découvrir à nos lecteurs? 

Dernièrement, je suis allé dans une petite salle toute rouge qui s’appelle Akaiheya, à Tokyo. Cette ville est marquée par une véritable histoire d’amour avec le jazz. Elle a mal commencé, puisque les américains sont arrivés au Japon avec leurs bombes et leurs avions, mais ils ont aussi emmené avec eux cette musique, et la rencontre a été très forte. Après la seconde guerre mondiale, de nombreux lieux sont nés. Les patrons de bars, voire les clients, avaient le droit de passer ces disques importés des Etats-Unis. Or, dans cet esprit, à 300m de ce club mythique, des anciens du Blue note Tokyo ont ouvert un petit bar-restaurant dans une cave qui doit faire 20m2. Tu rentres, le mur est couvert de vinyles, et tu écoutes des playlist fantastiques. C’est un endroit extraordinaire. Et il y a de fortes chances d’y croiser les musiciens qui viennent de jouer au Blue Note pour un dernier verre. Ce dernier reste sans doute le club que je préfère au monde. Avec mon ancien trio, j’ai fait trois disques coup sur coup. Pour le dernier album, on voulait que ce soit un live. On rentrait du Liban je crois, et dans l’avion j’ai proposé à mes musiciens que l’on écrive chacun sur un bout de papier le nom du club où l’on rêverait d’enregistrer. Et on a tous les trois écrit le Blue Note Tokyo. D’où l’enregistrement de ce disque, qui fut d’ailleurs un succès.

13 novembre 2018

Je reproduis ici l'article de Couleurs Jazz consacré aux concerts du Pan Piper. Magnifiques photos de Patrick Martineau

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Les 20 ans de carrière de Giovanni Mirabassi
au Pan Piper Paris les 26 et 27 octobre 2018

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Première soirée pour les 20 ans de carrière de Giovanni Mirabassi, avec des invités exceptionnels.

Après une introduction au Piano solo « Place de la mairie » extrait de l’album « Viva v.e.r.d.i » et l’introduction de ses fidèles amis musiciens depuis plus de 10 ans : Gianluca Renzi et Lukmil Perez, Giovanni invite les Frères Moutin à le rejoindre sur scène pour un « Song for Sabrina » remarquable.

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S’en suivra une remarquable « battle » improvisée entre François Moutin et Gianluca Renzi avant d’entendre l’Ensemble Archipel, quatuor à Cordes dirigé par Pierre-François Dufour.

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Tamayo Ikeda entame seule au piano le Prélude de Chopin en mi mineur, vite rejointe par Giovanni pour un quatre mains…

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C’est Marc Berthoumieux qui vient maintenant interpréter « Ostinato » puis Sarah Lancman rejoint l’ensemble des musiciens sur scène pour une reprise bouleversante de « Parce Que » de Charles Aznavour.

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Final, « Somewhere in Seoul » et « Bebé »

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Deuxième soirée…

avec une nouvelle fois réunis sur scène aux côtés de Giovanni Mirabassi, un plateau formidable d’amis du pianiste.

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Ouverture en 4tet, avec les fidèles Gianluca Renzi, Lukmil Perez et Christos Rafalides venu se joindre à eux, puis c’est au tour de Glenn Ferris pour « Mata Hari » bientôt rejoint à son tour par Tim Whitehead pour « Joy Spring ».

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Après la reprise en duo de «La Javanaise » par Sylvain Luc et Giovanni, Hélèna Noguerra chantera la « Samba em Preludio »

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Sarah Lancman, bien sûr à nouveau présente à cette deuxième soirée, chante un « Estate » version spéciale, avec Sylvain Luc, Giovanni Mirabassi, Christos Rafalides et Gianluca Renzi.

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Christos Rafalides « La Mélodie du Désastre » et « No Way Out »

Pour clore cette seconde soirée, Richard Lord viendra chanter en duo avec Giovanni « Here’s That Rainy Day »

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salut

C’est donc la fin du concert, mais surprise ! Gérard Davoust, des éditions Raoul Breton, vient remettre un trophée à Giovanni ; trophée réalisé par un jeune sculpteur, Nicolas Brosseau, design Valentin Baumont, qui intègre dans de la résine, des objets souvenirs qui retracent ses 20 ans de carrière.

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Une dernière surprise pour finir en beauté ces deux soirées d’anthologie organisées par JazzEleven : un gâteau ! …Soufflé devant toute la famille réunie.

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Janvier 2019

Summer's Gone

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Ce disque était mon disque du mois de Novembre 2018.
Voici la critique de Jazzmag parue dans le N°713 :

****

En écoutant le disque, on pense à un vers d'Eluard :« J'ai la beauté facile, et c'est heureux. » Car ici la beauté et le lyrisme semblent couler de source. C'est d'un romantisme échevelé, le plus souvent lumineux mais avec des moments de doute et de déchirement intime (dans Summer's gone par exemple) et avec une qualité chantante hors du commun, qui vient sans doute de l'italianité mais surtout de la personnalité de Giovanni Mirabassi, et de sa longue fréquentation des chanteurs et des chanteuses. De tels ingrédients, le lyrisme, le chant, le romantisme, peuvent facilement se retourner contre un musicien et se dégrader en grandiloquence ou en mièvrerie. Mais ici, ce n'est pas le cas. D'abord grâce aux ressources propres du jeu pianistique, son énergie, sa vitalité, son impétuosité qui, par moments, colorent son lyrisme d'inquiétude et même de désespoir. Et aussi parce qu'il a su s'entourer de fortes personnalités. Le bassiste Gianluca Renzi, en particulier, se pose en interlocuteur sans concession. Il apporte beaucoup, en particulier par ses longues notes qui résonnent incroyablement (par exemple dans Summer's Gone). Deux morceaux bouleversants sortent du lot : le très beau Ausencias, avec des couleurs qui évoquent Pieranunzi, et dans lequel le pianiste se met à nu, et Valentina, valse dépouillée, chantante, lumineuse.
Jean-François Mondot

Cd Jazz du jour de @Vinili&co by Musik Import
« Affiancato da Gianluca Renzi, compagno di lunga data, al contrabbasso e Lukmil Perez Herrera alla batteria e ai piatti, Mirabassi ha dato vita a un album che spazia dalla stoica malinconia del brano eponimo al puro lirismo di “Quasi Quasi” e allo swing sincopato di “La Mélodie Du Désastre”. Una buona occasione per ascoltare uno dei più interessanti musicisti europei, al meglio delle sue capacità. »

JAZZ INTERVIEW

3 février 2019

Serge Mariani rencontre cette semaine un duo piano-chant qui a fait le voyage en Italie. Leur dernier album, Intermezzo (chez Jazz Eleven), qu'ils présentent le 8 février au Pan Piper avec en invité de choix, le saxophoniste Olivier Bogé, est un hommage à la chanson italienne, magnifiquement reprise par la voix chaude et envoûtante de Sarah Lancman. Ils confient sur Art District leur parcours à deux, points et contrepoints musicaux et poétiques, guidés par les rencontres, les voyages et l'amour de la musique.

Source : http://artdistrict-radio.com

08/09/2021

La rentrée de Giovanni Mirabassi

La rentrée de Giovanni Mirabassi s'annonce chargée : un retour au piano solo, un nouvel album, un projet collectif, un spectacle en coproduction avec le Théâtre du Châtelet et le Centre Evénementiel et culturel de Courbevoie, un nouveau quartet, le Centenaire de Ravel.. !

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L’ALBUM // 
Pensieri Isolati Pensées isolées - marque le grand retour du pianiste en solo. 

Composé au printemps 2020, l’album porte bien son nom, c’est en plein confinement que Giovanni Mirabassi a trouvé dans son piano l’écho nécessaire pour faire résonner ses pensées, son isolement, ses inquiétudes, ses espoirs.
Des mélodies intimes dont l'écho résonne pourtant jusqu'à l'universalité d'une poésie aux couleurs de notre temps.

"Je me suis échappé de mon confinement, d’un air conspirateur toutes les semaines, pour enregistrer un bout de ma solitude et le mettre de côté pour demain, lorsque le brouhaha du monde aura repris le dessus."
Giovanni Mirabassi

UN PROJET COLLECTIF //
Le pianiste a profité de cette brèche dans le temps pour capter un morceau du miroir brisé de notre époque.
Une époque qui nous a conduit à nous retrancher parfois dans nos individualités, loin de la culture, parfois coupés de nos proches, parfois isolés par nos peurs. 
Alors, comment recoller les morceaux ? 

L’artiste a lancé le compte Instagram @pensieri_isolati et a invité le public à lui confier ses rêveries isolées, ses envies d’évasion afin de mêler nos pensées dans un projet collectif : créer une illustration commune, une mosaïque sur notre époque pour accompagner la musique.
La petite communauté de rêveurs n’a cessé de grandir, partageant ses pensées intimes avec le musicien. Des partages toujours traversés par une poésie lumineuse, comme la volonté d'envoyer un mot de réconfort pour d’autres. 

MANIFESTE DU PROJET

UN SPECTACLE VIDEO-MUSICAL //
PENSIERI ISOLATI, un spectacle vidéo-musical en coproduction avec le Théâtre du Châtelet et le Centre Evénementiel et culturel de la ville de Courbevoie.
De ce projet est né l’envie de créer un spectacle mêlant les imaginaires, mêlant la musique à l’image. 
La rencontre avec l’artiste performeur numérique et scénographe Malo Lacroix fut déterminante pour donner vie à l’univers des PENSIERI ISOLATI.

Toutes ces contributions nourrissent désormais l'imagination débordante de cet artiste talentueux, qui travaille avec Giovanni Mirabassi pour la création d'un spectacle vidéo-musical.

Une invitation pour un voyage musical et visuel inoubliable, mêlant la virtuosité du piano solo de Giovanni Mirabassi à la richesse onirique du travail artistique, de la scénographie et des techniques numériques de Malo Lacroix.

A découvrir à l'occasion de la création du projet le 19 octobre 2021 dans le grand foyer du Théâtre du Châtelet et le 23 octobre 2021 à l’Espace Carpeaux à Courbevoie.

BILLETTERIE - 19 OCTOBRE - GRAND FOYER (THEATRE LE CHATELET - PARIS)

BILLETTERIE - 23 OCTOBRE - ESPACE CARPEAUX (COURBEVOIE)

UN NOUVEAU QUARTET //

Après quelques concerts en avant-première en Suisse et à Paris, Giovanni Mirabassi présentera son nouveau quartet très bientôt....

- Giovanni Mirabassi (piano)
- Guillaume Perret (saxo)
- Sélène Saint-Aimé (contrebasse)
- Lukmil Perez (batterie)

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LES PROCHAINS CONCERTS //

12/09 - CONCERT DU CENTENAIRE DE RAVEL A MONTFORT-L'AMAURY // PIANO SOLO

Pour le centenaire de Ravel, la ville de Montfort-L'Amaury organise un concert exceptionnel avec :

- Orchestre de chambre de Nouvelle Aquitaine dirigé par Jean-François Heisser
- Bertrand Chamayou (piano)
- Renaud Capuçon (violon)
- Giovanni Mirabassi (piano jazz)

ravel

17/09 - ANGLET JAZZ FESTIVAL - INTERMEZZO - feat Olivier Bogé

19/10 - PENSIERI ISOLATI - GIOVANNI MIRABASSI X MALO LACROIX - THEATRE DU CHATELET

23/10 - PENSIERI ISOLATI - GIOVANNI MIRABASSI X MALO LACROIX - ESPACE CARPEAUX (COURBEVOIE)

 

Le site de Giovanni : https://www.giovannimirabassi.com/

GM

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