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Itinéraires de randonnées en Corse

Récits : les randos commentées

Dernière mise à jour : 01/11/2017

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Sur cette page, plus question d'itinéraire détaillé, de repères, de balisage, mais des récits de randonnées, avec des impressions, des souvenirs, des anecdotes amusantes...

Sommaire

- A la découverte de la haute montagne corse
- La Corse en vélo et à pied
- Aux sommets de la Paglia Orba et du monte Rotondo
- Circuit au coeur de la Corse
- Sur les pentes du Capu Tafunatu et de la Paglia Orba
- Ballades dans le Haut-Asco : A Muvrella et le cirque de Trimbulaccia
- De Montestremu à Puscaghja par le col de Caprunale
- "Mission Tafonu" : l'ascension du Tafunatu
- Le lac de Ninu
- Découvrir la Corse en vélo

A la découverte de la haute montagne corse

L‘étape à travers le « Cirque de la Solitude » m‘attirait depuis plusieurs années, parce qu‘elle est considérée comme la plus difficile du GR 20, le sentier de randonnée alpin par lequel on peut traverser l‘île par sa longueur. Nous en réalisons chaque année une ou quelques étapes, du fait de mon manque de condition physique pour accomplir tout le trajet.

Tout a commencé le 18 septembre avec le vol de Francfort à Calvi. Sitôt débarqués, nous sommes allés chercher la voiture de location.
Après le trajet vers l‘intérieur de l‘île, nous avons fait une petite randonnée pour nous acclimater : la très jolie vallée de Tassineta, entre Asco et Haut-Asco, jusqu‘à la Cascade de l‘Ondella. Nous avons trouvé la marque de ce sentier sans problèmes - après avoir renoncé à la chercher dans une autre vallée...

Le soir, nous nous sommes installés dans le gîte de l‘hôtel à Haut-Asco (1 400m), au milieu des montagnes les plus hautes de l‘île. Il était possible de réserver le logement avec demi-pension (petit déjeuner et dîner, dont nous avons profité deux fois).

Le lendemain matin, nous nous sommes mis en route pour notre objectif, un cirque qu‘on devait traverser en étant assuré par des chaînes et des cables (nous nous étions déjà entraînés l‘été sur la « Via ferrata » à Hirschbach en Allemagne).

Nous avons réussi le passage à travers le "Cirque de la Solitude" sans problèmes ; le sol était sec et il a fait soleil toute la semaine. La descente au Refuge de Tighiettu (notre logement) a été désagréable parce qu`il y avait beaucoup d‘éboulis et de rochers. Le refuge est bien tenu et j‘ai passé une des nuits les plus paisibles et les plus romantiques de ma vie : je regardais de ma couche un ciel étoilé, et bien qu‘il y ait seulement le croissant de la lune, le ciel n‘était pas complètement obscur.

Le matin, nous sommes partis pour la plus longue marche de cette étape : l‘ascension de la plus haute montagne de la Corse, le Monte Cinto (2 700 m).

On nous avait dit que la montée durait 4 heures et la descente 5 heures - mais nous avons mis chaque fois une heure de plus. Il y avait beaucoup de pierrailles, ce qui compliquait l‘ascension. Nous étions observés par quelques mouflons méfiants.

Et quand nous avons cru avoir atteint notre but, nous avons dû descendre encore une fois pour, un peu plus tard, grimper sur des rochers pour atteindre enfin le sommet. Là, il y avait de l'orage et nous sommes descendus peu après, sur un champ de pierrailles et en traversant une vallée idyllique avec une cascade.

Le lendemain, nous sommes retournés à la vallée pour nous reposer...

Le lundi, nous sommes montés à "A Muvrella" (2 148 m) et nous avons eu une vue fantastique sur le sommet et la baie de Calvi.

Mais les détails ont aussi leur charme : il y avait des pierres de toutes les couleurs, quelques-unes couvertes de lichens verts.
On trouve souvent dans les petites fentes des "edelweiss corses", une plante avec des fleurs blanches.(*)
En plus, il y avait comme plantes des genévriers et des berbéris.
(*) il s‘agit probablement de ceraistes de Soleirol (Ceraistum soleirolii)

Après la dernière nuit dans le gîte de l`hôtel de ski, nous avons quitté Haut Asco et nous sommes allés dans la vallée de Pinara. près du village de l‘Asco. Là, nous avons rencontré un groupe de cinéastes qui tournait un film (**). Un sanglier leur avait été amené par hélicoptère.

(**) Il s'agit probablement de "Liberata".

Nous avons passé la nuit près de la côte balanine dans le gîte "luxueux" de Calenzana (chambre double avec salle de bains privée).

Le mercredi, nous avons traversé le "Cirque de Bonifatu", une région avec beaucoup d`arbres. Etant partis de la Maison forestière de Bonifatu, nous avons passé deux passerelles suspendues, jusqu‘à un site où nous avons vu a Muvrella, mais d`un autre point de vue, du côté du nord, et nous avons bu du thé avant le Refuge de Carrozzu (qui est aussi un hébergement pour le GR 20).

Au retour, nous avons rencontré quelques moines (équipés de chapelet, portable et casquette).

Nous avons passé la nuit dans la Maison forestière de Bonifatu (à 20 minutes de l‘aéroport de Calvi) où nous avons mangé un très bon menu corse et avons eu la possibilité de faire le bilan de nos expériences des derniers jours.

Malgré les paysages fantastiques que nous avons rencontrés, ce sont les randonneurs qui m‘ont impressionnée la plupart d‘entre eux étaient aussi randonneurs ce sont des gens complètement différents qui font des efforts pour réussir le GR, se lèvent vers 6 heures et ils marchent en portant un sac à dos de 20 kg!

Nous avons rencontré non seulement des étudiants, mais aussi des gens de soixante ans (on nous a même cité un homme qui avait 84 ans).

Et aussi que, simplement en commençant d‘attaquer le sentier, on ressent une vraie jouissance à vivre le moment présent. Le chemin est ainsi fait qu`on doit être concentré chaque seconde pour ne pas risquer une chute. Pendant plusieurs heures, l‘attention totale est de rigueur, seulement rompue par des temps de repos et par la vue du paysage grandiose. Le calme règne dans la tête et les problèmes du monde semblent très loin.

Dans le guide de A. Rother sur les randonnées en Corse, il est dit que "dans la solitude de ces lieux, où il n‘y a pas d‘autre échange qu‘avec les éléments (nuages, brouillard, pluie, grêle, neige, froid, vent, chaleur du soleil), on sent qu‘on est au lieu rêvé pour considérer - au plus profond de son âme - d‘une autre façon les évènements de la vie"

Texte écrit par Ursula Glöckner, traduit de l‘allemand par Dorothee Krause.
Je les remercie toutes deux très chaleureusement pour cette contribution.

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Entre Haut Asco et le Col Perdu
(Punta Culaghia ?)

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Le Cirque de la Solitude
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Les ceraistes de Soleirol
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Vue du Cinto
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Près du refuge de Carrozzu
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Entre Carrozzu et A Muvrella
Pour marcher sur les traces d‘Ursula et Bruno :
Le col de l‘Ondella

Départ du lieu-dit Giunte, entre Asco et la station d‘Asco, repérable par la présence de deux ponts sur le ruisseau de Stranciacone. Le sentier démarre entre le pont et la "maison du mouflon". Le sentier suit la rive droite du torrent, et atteint en 1 heure environ la bergerie ruinée de Tassineta. Le sentier remonte alors la rive droite du ruisseau d‘Ondella et passe au pied de la cascade. En contournant le ressaut rocheux de la cascade, on atteint le refuge de l‘ONC. Le chemin, peu marqué, monte au col d‘Ondella (1 932 m). Compter environ 6 h de randonnée, avec un dénivelé de 900 m.

Le Cirque de la Solitude

Depuis le stade de neige de Haut-Asco (1 4230 m), suivre le sentier balisé rouge et blanc (direction sud-ouest). Le GR 20 atteint deux petits lacs, avant d‘atteindre la bocca Tumaginesca (dite aussi col Perdu). De là, on descend dans le Cirque de la Solitude, avant d‘atteindre le refuge de Tighiettu
(1 680 m).

Monte Cinto

Du refuge de Tighiettu, redescendre un peu vers l‘est pour rejoindre les abords du ruisseau de valle di Stagni. Vers 1 850 m, passer rive gauche pour gravir la longue pente d‘éboulis. Descendre ensuite en versant est la pente très raide menant au lac du Cintu (2 289 m) où l‘on retrouve l‘itinéraire venant du refuge de l‘Ercu. Du lac, monter en direction nord-est puis nord pour atteindre la longue crête séparant le Niolu du versant d‘Ascu. Gravir d‘abord le versant sud puis redescendre un peu au sud-est en contournant une antécime. On atteint le sommet en environ 5 heures. Compter au moins autant pour la descente.

La Corse en vélo et à pied, quelle aventure !

Les sentiers de randonnée en Corse sont merveilleusement beaux, uniques, une expérience - mais ils ne conviennent pas comme piste cyclable. Je l'avais supposé déjà avant, mais maintenant, après quelques essais sans succès (et des égratignures en plus), nous en avons la certitude.

Mais il y a les petites routes secondaires (qui sont asphaltées), qui unissent les petits villages de l'arrière-pays. Là, il est agréable de faire du vélo-avec la possibilité d'un regard sur la mer et les montagnes, mais qui ne doit durer qu‘une seconde à cause des abîmes, des trous et des animaux sur la route (qui nous regardaient sans comprendre).

Un moment fort à vélo fut pour moi un trajet, avec beaucoup de virages, sur la route qui va de A Bocca di a Battaglia (1 100 m) au village de Speloncato, avec 500 m de dénivelé.

Un autre trajet plus fatigant, mais moins excitant fut celui à travers le "Désert des Agriates" (désert de pierres). Je n‘avais jamais vu avant un désert si humide et vert. Les deux jours avant, il avait plu tout le temps et les grands trous étaient rempli de l`eau. Le sentier ressemblait à un lit de rivière avec beaucoup de pierres.

Partis de a Bocca di Vezzu, nous sommes descendus pendant 12 km sur un mauvais sentier ressemblant au lit d'un fleuve sans eau à la plage magnifique de Malfalcu que nous dûmes seulement partager avec quelques guêpes.

Nous avons eu une rencontre intéressante avec deux français âgés qui étaient en chemin pour une semaine avec un âne de location qui portait les bagages. C'est la manière la plus lente, mais peut-être la plus intense de faire l‘expérience de la nature corse.

Notre rayon d‘action était bien plus grand avec le vélo. Nous avions une petite location à Ile Rousse sur la côte nord. Le logement était situé au-dessus de la ville et nous avions une vue fantastique sur l'île et sur le village de Monticello qui est situé sur les montagnes.

Il était nécessaire de monter à Monticello (200 m) pour commencer les excursions en vélo vers les autres villages dans les montagnes. L'étape la plus longue (46 km et 960 m de dénivelée) fut un trajet à Montemaggiore dans l'arrière-pays de Calvi. Malheureusement, il y avait eu les années précédentes un incendie qui avait détruit presque toute la forêt. Le chemin parcourait donc un paysage très poussiéreux et pauvre, qui ressemblait à un désert, davantage que le désert couvert de maquis où nous étions passés avant.

Pour reprendre des forces, mais ce fut en fait plus fatigant que les tours en vélo... nous avions prévu deux randonnées. Comme notre location devenait moins agréable à cause des travaux d'aménagement (dans un nouveau quartier), nous avons quitté le logement pour une randonnée de deux jours, de la Maison forestière de Bonifatu au Refuge d‘Ortu di u Piobbu.

Pendant que nous nous approchions du refuge, nous étions accompagnés par un helicoptère. A ma remarque: "Ils livrent du vin et des spaghetti pour le dîner", Bruno répliqua qu'il était évident qu'ils étaient en train de construire quelque chose. Quand nous avons atteint le refuge quelque temps plus tard, nous avons trouvé une masse de matériaux pour bâtir, la nouvelle construction des établissements sanitaires devait commencer le lendemain. Mais nous avons eu un autre problème: la livraison n‘était pas encore terminée et l'hélicoptère venait plusieurs fois et faisait tourbillonner la poussière, le linge et tout ce qui n'était pas fixé.

Après avoir vu un coucher de soleil magnifique et après une nuit paisible, nous avons quitté le lendemain matin le refuge pour marcher sur le GR 20, un sentier de randonnée corse que nous connaissions déjà. L'étape durait 6 heures et nous sommes tout le temps montés et descendus sur des rochers et des roches. Mais nous avons eu une vue fantastique sur les montagnes. La destination de cette étape était le Refuge de Carrozzu, mais pour nous, ce n'était pas la fin de la marche. Nous devions descendre (2 heures) à la vallée pour retourner à la Maison forestière de Bonifatu. Le soir, nous étions très fatigués.

La deuxième marche n'était pas difficile sous l‘aspect physique, mais psychologique. Nous sommes allés à Speloncato pour faire l'ascension du Monte Tolu (1 330 m) pendant qu‘il faisait soleil. Quelques années avant, nous avions déjà essayé de monter, mais nous n‘avions pas trouvé le chemin.

Cette fois, nous avons encore perdu la marque du chemin et après avoir franchi a Bocca di a Battaglia, nous avons atteint le sommet. Mais nous n`avons pas eu de chance: il y avait beaucoup de nuages et de brouillard. Ainsi, nous avons seulement eu une courte vue sur des rochers et un village. C'était curieux d'être là-haut, comme si on était seul au monde. Quand nous sommes retournés au bord de mer, il faisait soleil…

Nous allons essayer de monter au Monte Tolu une troisième fois, et si nous avons de la chance, nous ferons l'expérience de la vue magnifique sur la Balagne.

Ursula Glöckner, traduction de Dorothee Krause

3
Entre Lavataggio et Lumio

2
Dans le désert des Agriates

1
Vieux moulin à L‘Ile Rousse

4
Montemaggiore

ortu
Ortu di u Piobbu

5
Dans la descente du Col d‘Avartoli par le Réfuge de Carrozzu (GR 20)

6
Avant A Bocca di a Battaglia
(sur le chemin du Monte Tolu)

Aux sommets de la Paglia Orba et du Monte Rotondo

La Paglia Orba (2 555m), la montagne la plus belle de la Corse, était une des nos destinations cette année. Le village de Calasima était le point de départ de nos randonnées à trois jours.

Nous avons quitté Calasima et nous avons passé la Bergerie de Prugnoli pour atteindre le refuge Ciottuli di i Mori. Le lendemain matin, nous avons fait l'ascension de la Paglia Orba. Là, nous avons eu une vue fantastique sur les montagnes de la Corse du Nord et sur la mer. Nous avons eu de la chance avec le temps, comme les deux jours avant : six jours de soleil pour les randonnées. Après la descente du sommet, nous avons suivi le GR 20 jusqu‘au refuge de Tighiettu où nous avons passé une nuit paisible.

Le lendemain matin, nous sommes retournés à Calasima. Le même jour, nous sommes allés au centre de l'île à Corte, la vieille ville universitaire. Le "Gîte d'étape" était comme les refuges, il était affiché complet. Dans les refuges, on rencontre un mélange de toutes les nationalités: des Français, des Allemands, des Anglais, des Italiens, des Hollandais, même des Australiens et des Canadiens. Pour communiquer, je commençais quelquefois une phrase en français et je la finissais en anglais !

La différence des gîtes par rapport aux refuges dans les montagnes était qu'il y avait de la lumière et de l'eau chaude en quantité suffisante. Dans les refuges, il y avait seulement de l'eau chaude pour les plus rapides et de la lumière seulement le soir pour faire la cuisine (grâce à une pile solaire). L'eau est, au moins en septembre, toujours disponible parce que les logements sont situés près d‘un ruisseau ou d‘une fontaine. Le refuge de Petra Piana, où nous avons passé la nuit suivante, était une exception: il était exploité par une femme et il y avait de l‘eau chaude jusqu‘au soir, mais il n'y avait pas de lumière!

De Corte, nous sommes allés aux bergeries de Grotelle en passant par la vallée de la Restonica. Là, nous avons commencé la montée du lac de Melo et la Bocca a Siglia (2 050m) où nous avons atteint le GR 20 après 700 mètres de dénivelée. Le chemin traversait un décor de montagne fantastique. Au refuge de Petra Piana, nous avons fait l‘expérience d`une brutale chute de température: il y avait beaucoup de nuages et un vent glacial.

Mais l'autre jour, il faisait soleil. Nous sommes montés au Monte Rotondo, une des montagnes les plus hautes de Corse

(2 600 m). Ferdinand Gregorovius écrit dans ses notes en 1852: «L'horizon qu‘on embrasse du regard du Rotondo est plus beau que celui du Mont Blanc». Nous avons été aussi impressionnés par la vue, mais nous n'avons pas pu rester longtemps à cause de la descente à la vallée de la Restonica. Nous avons atteint le lac di l'Oriente en passant des restes du neige. Nous avons tenté (sans succès) de trouver un raccourci pour rejoindre la vallée, mais nous avons laissé tomber après quelques essais infructueux. Après au total 12 heures de marche, nous avons atteint le soir la bergerie de Grotelle et nous étions contents de passer une nuit paisible et reposante à Corte.

Mais ces efforts ont connu leur récompense, et ce congé consacré aux randonnées dans les montagnes corses a laissé derrière lui une empreinte durable.

«Le destin m'a jeté dans un pays où une cabane est le lieu de résidence le plus spacieux. Cette tente renferme des vertus. Si la justice, l‘abstinence, l‘intelligence et la connaissance de choses divines et humaines y vivent, c'est plus beau que tous les temples.»

Sénèque (qui fut banni en Corse par Rome)

Ursula Glöckner, traduction de Dorothee Krause.

paglia
Sur le chemin de la Paglia Orba

ciottulu
Près du refuge de Ciottulu di i Mori



petra
Nuages à Petra Piana



lavu
Lavu di Bellebonne

Circuit au cœur de la Corse

Après avoir découvert le centre de l‘île par des randonnées d‘un jour lors de nombreux séjours précédents, nous nous sommes finalement risqués en septembre 2002 à un circuit d‘une semaine sac au dos. Nous avions obtenu les informations nécessaires sur l‘équipement et la nourriture par internet et par des guides de randonnée, et nous sommes arrivés bien préparés (après le vol Francfort - Calvi et le voyage en chemin de fer) à Corte.

Nous avons passé la nuit dans le Gîte d‘étape, et le matin un taxi nous fit faire les 16 km pour nous déposer aux Bergeries de Grottelle, au bout de la vallée de la Restonica.
Après la montée et le petit déjeuner au lac de Melo, que nous connaissions déjà d‘un précédent séjour - toutefois cette fois là il était couvert de glace - nous sommes montés au lac de Capitello qui se trouve à 1 930m d‘altitude dans un cirque rocheux grandiose. Plus tard, avec un soleil étincelant et un ciel d‘un bleu profond, la vue vers le bas avec les deux lacs et la montagne environnante était encore plus impressionnante. Nous avons suivi le marquage du GR 20, passant maintenant (après une montée totale de presque 1 000 mètres) le point le plus élevé de notre randonnée, la Brèche de Capitello (2 25m).

Après une descente laborieuse par un pierrier, l'après-midi nous avons enfin heureusement atteint, fatigués, le Refuge de Manganu. Malgré la présence d‘une trentaine de personnes dans le dortoir, la nuit fut très calme.

Le lendemain matin il se produisit un incident : en emballant ses affaires, un randonneur est tombé du 2e étage du refuge et s'est cassé l‘épaule (ce qui était un moindre mal). Ce qui nous a impressionnés, c‘est qu‘en 20 minutes l'hélicoptère de la Protection civile était déjà là pour l'amener à l‘hôpital.
Pour nous, la journée fut plus réjouissante : nous avions un trajet un peu moins difficile que la veille, mais long, devant nous. Il traversait des prairies plates, avec de nombreuses vaches, pour arriver au lac de Nino et de là, sur un beau sentier ancien, de la Bocca à Reta au Col de St. Pierre avec ses arbres bizarres, avant que nous n‘atteignions notre destination, le Castel de Verghio après environ 8 heures de marche.
Là, en plus du bon repas et des douches chaudes, la rencontre avec deux porcs gras (un noir, et un rose), et avec un renard peut-être domestique nous a réjouis.

Pour notre troisième jour nous avons suivi le marquage du sentier de randonnée « Mare à Mare ». Il a plu légèrement, mais nous devons peut-être à cette pluie la rencontre de deux salamandres de Corse.

Les nuages d'orage qui nous ont suivi ce jour-là, ne nous ont pas atteints. Après la forêt, le chemin traversait une vieille plantation de châtaigniers, d‘impressionnants blocs rocheux, passait sur un vieux pont gênois et finalement le long du lac de barrage à Calacuccia. Là nous avons pris nos quartiers dans un hôtel et, comme nous n‘avions probablement pas encore assez fait d'exercice, nous avons couru encore une fois le soir, jusqu'à un restaurant de poisson à Sidossi, 2 km plus loin. Mais le chemin en valait la peine !

Après une nuit reposante, nous avons eu une vue magnifique sur la montagne enneigée, par chance compte tenu des conditions météo nous avons quitté les montagnes à temps ! Le soleil a finalement brillé, de sorte que nous avons utilisé le jour de repos que nous avions prévu pour aller sur l‘antique sentier qui traverse les gorges de la Scala di Santa Regina — ce fut un circuit de six heures par le jour le plus chaud de notre semaine.

Notre cinquième jour devait nous conduire sur le sentier « Mare à Mare » - avec une belle vue rétrospective de Calacuccia et du lac de barrage - vers le haut sur la Bocca à l'Arinella sous l'orage en direction du Refuge de Sega. Mais par la faute d‘un balisage trompeur, au lieu de ça nous sommes arrivés à la Bergerie de Menta, avons dû rebrousser chemin et avons enfin atteint le nouveau refuge de Sega. Il est situé dans un très beau site, au bord du Tavignano, surplombé par des pins immenses dans une vallée humide. Le logement est conçu largement, mais à peine 2 ans après l’ouverture sont apparus de sérieux désordres de construction : comme dans les douches, de même que dans les dortoirs, on ne pouvait pas ouvrir les fenêtres, des marques de moisissure s‘étaient déjà formées.

Nous avons vécu la nuit la plus froide de la semaine et étions heureux, le matin, de continuer la randonnée. Nous connaissions déjà le chemin d‘un ancien séjour ; il longe le plus souvent en descente le Tavignano en descente, passe une passerelle suspendue et se poursuit par un chemin muletier presque pavé jusqu‘à Corte. Nous avons eu encore le temps pour un tour de la ville, avant de reprendre l‘après-midi le train de retour pour Calvi. Nous avons passé la nuit (à Calvi) dans un hôtel et avons pris le lendemain matin le vol du retour. Ce fut notre première, mais assurément pas la dernière randonnée de plusieurs jours dans ce paysage merveilleux, qui crée véritablement une dépendance !

"Toutefois si quelqu‘un me demande pourquoi je gîte dans ces montagne bleues, alors je souris gaiement, mais je ne réponds pas...
L‘eau descend dans les lointains naissants
Le monde ici est autre
Ce n‘est pas l‘espace des hommes "
(Li-Tai-Pe)

Texte rédigé par Ursula Glöckner, traduction par Jean-Claude Casanova

capitello
Vers le lac de Capitello

capitello
La brèche de Capitello

stpierre
Le col de St Pierre

salamandre Salamandre

stp
Le col de St Pierre

renard
Renard



albertacce
Vers Albertacce

calacuccia
Le lac de Calacuccia

Sur les pentes du Capu Tafunatu et de la Paglia Orba

Parmi les sommets de la Corse, la Paglia Orba et le Capu Tafunatu m’ont toujours fasciné.
Avec ses 2 525 mètres d’altitude, la Paglia Orba est le sommet le plus remarquable de Corse : il est en effet relativement isolé, et domine la côte ouest de l'île ; avec sa silhouette caractéristique (en étrave de bateau ou en "baretta misgia" selon la perspective), on lui attribue parfois le qualificatif de «Cervin corse» (de Matterhorn corse, me souffle Ursula) ou de « Reine des montagnes corses ». Ajoutons que l’on trouve à son pied la source du Golo.
Quant au Capu Tafunatu, l’immense arche naturelle qui lui vaut son nom est fascinante. Elle semble d’ailleurs à l’origine du nom de la Paglia Orba : « orbu », qui signifie « aveugle » s’opposant au Tafunatu, qui, possédant un « œil », le fameux trou, n’est pas aveugle.

Je rêvais donc depuis des années de monter au Capu Tafunatu, tout en sachant que ce serait difficile pour moi, vu ma condition physique et ma surcharge pondérale. Mon amie Ursula, qui connaissait déjà la randonnée (et connaît mes capacités), m’assura que je pourrais, sans nécessairement monter jusqu’à cette immense curiosité naturelle, m’en approcher suffisamment. Nous décidâmes donc de tenter la randonnée en septembre 2010. Nous ne disposions que d’un créneau très limité compte tenu de nos dates de vacances respectives et de la proximité des Rencontres polyphoniques de Calvi. La chance nous sourit, car notre choix des 12 et 13 septembre nous permit de bénéficier de conditions météorologiques optimales.

Et à l’aube de ce dimanche 12 septembre, nous quittons la douceur calvaise pour affronter la haute montagne du Niolo. Nous traversons sans encombre la Scala di Santa Regina, déserte à cette heure matinale. Un arrêt pour prendre un café à Albertacce, un autre arrêt pour admirer le pont génois en contrebas de la route et la Paglia Orba, et nous garons la voiture dans le virage dit « du Fer à Cheval ».

A peine descendus de voiture, nous sommes assaillis par un troupeau de chèvres attirées par notre baguette de pain, allant jusqu’à monter sur la voiture ! Après cet intermède comique, les choses sérieuses commencent. Sac au dos, nous nous engageons sur le sentier qui s’élève vers le nord-ouest dans une forêt de bouleaux. Bientôt, nous rejoignons le GR 20 venant du col de Vergio (cette variante est légèrement plus longue que celle que nous avons choisie). Nous continuons vers le nord sur le GR20 et son balisage rouge et blanc. On sort bientôt de la forêt pour atteindre la bergerie de Radule (1370 m). Le chemin contourne la bergerie et s'élève vers le nord-ouest dans un petit vallon où coule le Golo, bordé de pins laricio centenaires. Nous sommes désormais dans une forêt plus clairsemée, dominée par des pics rocheux (Capu a a Merula) et de grands arbres isolés. Une passerelle franchit le Golo, permettant de passer en rive gauche près de la cascade de Radule. Nous continuons de monter sur le vieux sentier de transhumance Niolu - Falasorma dans un défilé pierreux jusqu'au débouché du vallon de Tula à la sortie de la forêt pour parvenir à un magnifique endroit avec de grandes dalles rocheuses creusées de vasques. Un peu plus loin, une véritable piscine naturelle. Des jeunes gens plongent dans l’eau froide du Golu. Je me promets d’en faire autant, mais au retour. Je crains l’effet de l’eau glacée sur mes muscles échauffés. Le chemin est encore long pour rejoindre le refuge, que nous apercevons au loin, dominé par les masses imposantes du Tafunatu et de la Paglia Orba.

Nous nous arrêtons néanmoins pour prendre un peu de repos et nous restaurer. Le soleil commence à chauffer agréablement. Nous reprenons le chemin, qui longe le Golu en rive droite. Peu après nous rencontrons une grande croix plantée sur un monticule de pierres, en hommage à un berger mort en ce lieu. (1544 m). Un peu plus loin, l'ancien chemin de transhumance bifurque vers la gauche pour rejoindre la Bocca Guagnerola. Le GR20 continue tout droit jusqu'aux bergeries ruinées de Tula, puis bifurque à 90° vers la gauche (nous sommes ici à 1700 m d’altitude) pour éviter les alpages du haut vallon de Tula. Nous optons pour le chemin direct, qui s’élève tout droit pour gravir les 300 m de dénivelé restants.
La montée est raide, le sac est lourd, et j’ai besoin de m’arrêter souvent pour reprendre mon souffle. Mais nous nous rapprochons petit à petit et arrivons finalement au refuge de Ciottulu di i Mori (1 991 m).

Nous avions réservé préalablement, et le rude gardien nous assigne nos places, non sans nous avoir ordonné d’ôter nos chaussures de marche avant de pénétrer dans le dortoir. Nous prenons un café réconfortant sur la terrasse du refuge, avec d’autres randonneurs de toutes nationalités. Nous allégeons les sacs et nous préparons à monter au col des Maures. Le chemin semble facile après la rude montée au refuge. Nous admirons les roches couvertes de lichens verts et rouges.
Juste sous le col, nous décidons de nous séparer : Ursula veut s’approcher du Tafunatu : la montée au trou du Tafunatu est relativement facile (une vire et quelques passages de II) et ne prend qu’une vingtaine de minutes. La vue sur le golfe de Porto est magnifique. La vire continue ensuite et est assez aérienne. Pour ma part, je suis allé gravir les pentes de la Paglia Orba pour tenter d'être en face du trou. Les voies ne sont pas évidentes à trouver, le terrain, un pierrier constitué de pierres de toutes dimensions ne demandant qu’à rouler sous nos pieds, est difficile… et le brouillard arrive. Nous décidons de ne pas nous engager trop avant, et commençons à redescendre. Mais le ciel se dégage et nous montons jusqu’au col des Maures (2 155 m). Magnifique vision de l’autre côté, où subsistent quelques plaques de neige.

Nous redescendons lentement vers le refuge. La vue est magnifique, les nuages ornent les sommets, ménageant des éclairages somptueux, d’autant que le soleil commence à décliner.

Nous rejoignons la majorité des randonneurs, qui font la queue devant l’unique douche située dans un petit bâtiment en contrebas du refuge. C’est un moment très amusant : chaque personne entrant dans la douche pousse des cris, car l’eau vient directement de la source du Golu : c’est glacé ! L’avantage, c’est que personne ne reste longtemps sous la douche… J’observe que les hommes crient très fort, alors que les femmes, censées être plus frileuses, restent sinon stoïques du moins très discrètes…

C’est l’occasion aussi de discuter avec les randonneurs. Un groupe de trois corses explique qu’il fait le GR20 en doublant systématiquement les étapes : arrivant vers midi aux refuges, ils préfèrent reprendre le chemin plutôt que passer l’après-midi à s’ennuyer. Quelle santé !

Le soir tombe et les couleurs changent. La Paglia Orba devient ocre, le spectacle est magnifique, et la température chute rapidement. Nous passons dans la cuisine du refuge. La vaisselle est rare, et les uns doivent attendre que les autres aient terminé pour récupérer verres et assiettes. Le refuge sert des menus mais nous avons prévu le nécessaire. juste agrémenté d’un Patrimonio rouge. Il est 20 h, il fait nuit noire et tout le monde va se coucher dans le dortoir commun. Auparavant, nous admirons la voûte étoilée (l’affrescu stillatu, comme le chante Paul dans Médée). Le ciel est dégagé et le spectacle est somptueux, magique. Des milliers d’étoiles scintillent dans le ciel.

Le sommeil est difficile à trouver après les épreuves et l’excitation de la journée. Et le réveil est matinal, car la plupart des randonneurs poursuivent le GR20, certains vers le nord, certains vers le sud. Nous sommes moins pressés et prenons notre temps pour nous préparer, profitant de la lumière matinale pour photographier les montagnes et les oiseaux. Un chocard pas farouche du tout joue les stars, un petit oiseau également. Nous nous engageons enfin sur le GR20 pour la descente. Il longe d'abord le massif du Tafunatu, décrit une boucle en restant en crête, ce qui ménage une belle vue sur le golfe de Porto. Au loin, on aperçoit dans la brume le Capu Rossu. Puis on oblique vers la gauche dans un pierrier pour descendre 200 m et rejoindre le Golu.

Un arrêt à la « piscine », et je me jette à l’eau. J’étais préparé au choc mais l’eau est encore plus glaciale que prévu. Je fais trois brasses et me hisse hors de l’eau, la peau bleuie par le froid. Heureusement, le soleil me réchauffe rapidement et nous reprenons notre longue descente (« comment ai-je fait pour monter tout ça ? », me dis-je tout en marchant). Nous arrivons enfin à la passerelle puis aux bergeries, retrouvons la forêt de bouleaux. L’arrivée est proche et la fatigue se fait sentir. Un bon repas à Albertacce nous remet d’aplomb et nous retrouvons bientôt la Balagne et Calvi.
Une randonnée inoubliable.

Voir la galerie photo de la randonnée (nouvelle version).

Muvrella et cirque de Trimbulacciu


Après une journée de pluie diluvienne, le beau temps est revenu progressivement le lundi et la météo de ce mardi s’annonce optimale. Nous faisons la route de Calvi à Asco en prenant notre temps, avec quelques arrêts pour admirer les montagnes, puis un arrêt petit-déjeuner au Haut-Asco.
Départ vers 8h45 du parking de Haut Asco, à plus de 1 400 mètres d'altitude. Le départ du sentier est situé juste derrière le refuge. Dès le début, la montée est raide. D’abord en sous-bois, le GR20 s’élève ensuite dans une sorte de couloir rocheux en direction de a Bocca di Stagnu. S’il ne présente aucune difficulté technique, ce sentier est éprouvant pour le souffle. Nous nous arrêtons fréquemment pour admirer le paysage et constater que le parking, en contrebas, ne semble pas beaucoup s’éloigner ! Après près de 3 heures de montée, nous parvenons enfin au col, à l’altitude de 1 985 mètres. Nous sommes ici à la séparation entre la vallée de l'Asco et le secteur de Bonifatu.

Après une longue pause consacrée au déjeuner et aux photos, nous cherchons à apercevoir le lac de la Muvrella. Peine perdue. Nous quittons le GR20 pour emprunter grosso-modo la ligne de crête qui s'élance vers le Nord. A quelques dizaines de mètres du sommet, le sentier semble se partager en deux. Le côté droit (sud) nous semble plus praticable. Grave erreur ! Après cinq minutes de montée, nous nous trouvons quasiment coincés par la muraille rocheuse. Fatigué, je ne souhaite pas aller plus loin. Ursula parvient à se hisser et à franchir la barre rocheuse. Après de longues minutes d’attente, je l’entends m’appeler. La vue est stupéfiante, je dois absolument monter jusqu'au sommet ! Escaladant tant bien que mal les rochers, je parviens à trouver un passage. Effectivement, cela aurait été dommage de ne pas monter jusqu'au sommet ! La visibilité est excellente, permettant de profiter pleinement du panorama exceptionnel depuis ce sommet : beau panorama sur toute la partie nord-ouest de la Corse. Au premier plan, la barrière impressionnante de la Pisciaghia, plus haute paroi de Bonifatu, et derrière, la pointe de la Revellata, Calvi et sa citadelle… Sur la gauche, la vallée sauvage de Spasimata. Vers le Sud, tout le massif du Cinto, du Verdatu au Tafunatu. Mais le lac d'A Muvrella reste invisible, probablement presque à sec et caché par la végétation...

Une pause bien méritée, et nous redescendons vers a Bocca di Stagnu, croisant un randonneur allemand cherchant son sac, et abordons la longue descente. La désescalade est encore plus éprouvante que la montée, certains passages sont glissants, nous sommes fatigués, et nous parvenons enfin au Haut-Asco à 18h30.

Le lendemain, les courbatures sont là mais nous avons prévu une randonnée relativement courte : le cirque de Trimbulacciu. Le sentier emprunte le chemin d’accès au Cintu, cheminant d’abord en sous-bois. La lumière du petit matin est magnifique, mais troublante pour la balance des blancs automatique des appareils photos ! D’où l’intérêt d’enregistrer en raw plutôt qu'en jpeg. Nous franchissons un torrent de manière un peu acrobatique puis quittons la forêt. Nous parvenons bientôt à de gros cairns marquant une stèle commémorative érigée à la mémoire de deux alpinistes. Peu avant la passerelle qui franchit le torrent de Tighetu, nous laissons à gauche le chemin du Cintu pour rester en rive gauche du torrent. La vue sur le cirque est superbe et nous décidons de nous arrêter là. La randonnée de la veille a laissé des traces. Mais je reviendrai certainement une autre fois pour faire jusqu'au bout cette belle randonnée assez facile.

Les photos de ces deux randonnées sont visibles en suivant les liens ci-dessous.

Muvrella

Trimbulacciu

De Montestremo au refuge de Puscaghja

Ursula et moi étions arrivés tôt à Montestremu, mais, trompés par le panneau du parc et la pancarte "Caprunale", nous nous sommes arrêtés au pont. En fait, le vrai sentier commence plus haut, à l'extrémité du village, juste au-dessus du gîte d'étape "A Funtana".
Après les dernières maisons, le sentier commence en descente, puis remonte. Bientôt apparaît le Capu Tafunatu. La lumière passant à travers le trou nous laisse espérer de magnifiques photos ! Nous marchons dans la forêt de chênes verts et au bout d'une petite heure nous arrivons à proximité des ruines (pas évidentes) du couvent Santa Maria Stella, et traversons la rivière sur de grosses pierres. Après une série de lacets, on finit par rejoindre la piste partant du pont di E Rocce.
On arrive à une première fontaine, toujours sous le couvert des grands chênes verts de la forêt d‘Omita. Le paysage devient plus minéral. Le sentier monte régulièrement. On atteint enfin la deuxième fontaine, squattée par un troupeau de vaches qui font leur transhumance seules. On admire au passage le bel ouvrage routier datant de Napoléon III, les restes de murs de soutènement, et l'on regrette sa dégradation.
Nous aimerions trouver l'endroit idéal pour un arrêt déjeuner. Mais la faim et la fatigue sont trop fortes, nous décidons de faire halte dans un large lacet. Mauvaise idée car, après avoir transpiré dans la montée, nous sommes dans un courant d'air pas très chaud... Il nous reste environ trois quarts d'heure de montée, avec des vues superbes sur la massif du Tafunatu (dont le trou n'est plus visible depuis longtemps). Nous atteignons enfin le col de Caprunale (1 329 m) près de 5 h après notre départ, après être venus à bout des 19 lacets. Au col, le paysage change complètement. Le sentier descend au vallon de l‘Onca (ou de la Lonca, c'est selon). Il est bordé de pins laricio tourmentés, forme habituelle quand ils poussent isolés, fichés dans les fissures des rochers. Certains sont brûlés, foudroyés par les orages, l'un d'eux gît à terre après s'être consumé de l'intérieur. Après de nombreux arrêts photo, nous arrivons enfin au refuge de Puscaghja où nous sommes accueillis par Dumè, le sympathique gardien des lieux. Il nous parle de sa montagne et de son projet d'obtenir le classement du sentier, seul moyen selon lui pour qu'il soit enfin remis en état et entretenu après des années d'abandon.
Après une nuit paisible au refuge et un copieux petit déjeuner, nous quittons notre hôte avec regret pour affronter la montée au col par sa face sud. La lumière est magnifique, l'air est doux. Puis c'est la longue, très longue descente vers Mont'estremu où nous retrouvons avec plaisir notre véhicule. Une magnifique randonnée, qui donne envie d'aller plus loin. Peut-être rejoindre le col de Verghju par Guagnerola, ou Evisa par Cuccavera ? Ce sera pour une prochaine fois !

Malheureusement, nous ne reverrons plus Dumè : il s'est éteint le 16 décembre 2013, terrassé par une crise cardiaque...

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C'est Pierre Maestracci qui a repris le flambeau.

La galerie photo de notre rando est visible en cliquant sur ce lien.

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Mission "Tafonu"
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Le projet d’aller jusqu’au Trou du Capu Tafunatu m'occupe déjà depuis quelques années. La première fois que je me suis approchée de l'impressionnant Capu Tafunatu, situé au centre de la Corse, j'avais des difficultés à trouver la montée vers la Paglia Orba, la montagne d'à côté, et, après avoir enfin atteint le sommet, je n'avais plus assez de temps pour explorer cet étonnant trou dans le Capu Tafunatu, que l'on voit même depuis le Capu di a Veta au-dessus de Calvi.

Au deuxième essai, des nuages passant dans le trou et gênant complètement la vue m'avaient obligée à rebrousser chemin.

Mais, comme on dit, jamais deux sans trois ! Cette année, j'ai loué une voiture dès mon arrivée à Calvi pour arriver aussi vite que possible au col de Vergio et j'ai passé une belle soirée (et une bonne nuit !) dans le gîte, en compagnie de trois gentils israéliens, que j'ai retrouvés pour ma randonnée du lendemain.
Je suis montée par le GR20 jusqu'à la bifurcation vers le refuge de Puscaghja, et j'ai suivi le sentier jusqu'au col de Guagnerola pour regarder la suite du sentier de l’autre côté en vue d’un prochain circuit.
Puis sous un vent terrible, je suis allée sur la crête vers le refuge de Ciottulu di i Mori. Là, un de nos amis israéliens m'a attendue, et en chemin vers le col des Maures nous avons retrouvé les deux autres. Tous les quatre, nous nous sommes lancéés dans l’ascension vers le trou dans la montagne.
Le gardien du refuge nous avait alertés sur le vent très fort qui s'engouffre dans le trou. Pendant la montée, on est protégé par la roche, mais au niveau du trou, le vent était tellement fort que je n'ai pas osé rester debout sous le grand arc de pierre : je suis restée accroupie. J'avais du mal à prendre des photos tellement le vent me faisait bouger les bras. C'est un endroit magique : on est sous des rochers, avec une vue magnifique sur les montagnes jusqu'à la mer où le vent soulevait des vagues blanches. Prudemment, nous sommes retournés par le chemin étroit. Nous nous sommes quittés près du refuge, les trois hommes retournant au col de Vergio.

J'ai passé la nuit - une nuit froide - dans le refuge. Au dîner, j'ai fait la connaissance de deux randonneurs qui ont décidé d'arrêter là leur tour.
Leur voiture étant garée à Corte, le mieux pour eux était de retourner au col de Vergio pour, de là, rejoindre Francardo pour y prendre le train. Ils m'ont demandé si je pourrais les emmener le lendemain matin, et évidemment j'ai accepté. Nous sommes descendus ensemble au col et nous sommes mis en route. Malheureusement, nous avons trouvé un bouchon dans la Scala di Santa Regina ; des cars ne parvenaient pas à se croiser et bloquaient la route. Nous avons perdu beaucoup de temps et sommes arrivés très en retard à la gare de Francardo, mais ... en même temps que le train qui lui aussi était en retard ! Un au revoir rapide et mes deux amis ont disparu dans le train.
J'ai continué vers Calvi pour me rendre aux Rencontres de chants polyphoniques où m'attendaient les "amis de la fougère". Je suis arrivée complètement épuisée, mais contente et heureuse d'avoir fait ces expériences de nature et d'amitié.

Ursula Glöckner (texte rédigé en français)


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Le lac de Nino
Photos Jean-Claude Casanova (sauf indication contraire) ninu
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Photo : Ursula Glöckner

Toute la semaine, la météo avait annoncé le maintien du beau temps jusqu'au mercredi ; aussi, le lundi soir, sommes-nous partis, Ursula et moi, très confiants. Mais le lendemain matin, une mauvaise surprise nous attendait : avec l'aube la pluie est arrivée, nous offrant un bel arc-en-ciel. Information prise au Castel de Vergio, cela ne devrait pas durer. Mais cela nous rappelle qu'avant toute course en montagne, il est indispensable de consulter la météo.

Un peu avant 8 heures nous voilà donc partis pour la Fontaine Caroline (dite aussi "de Chiaraggio"), située quelques kilomètres en contrebas du Col de Vergio. J'avais préféré cet itinéraire à celui plus court mais a priori plus difficile partant de la Maison forestière de Poppaghja, nous réservant la possibilité de revenir par ce chemin au retour.

Nous prenons le chemin sous les arbres, le long du ruisseau, accompagnés par une petite pluie fine. Nous traversons après 20 minutes de montée une piste carrossable et retrouvons un sentier qui va nous mener au col de St Pierre. Rapidement, nous avons trop chaud : on s'échauffe vite en montant, même si la pente n'est pas bien raide, et le vêtement de pluie fait transpirer. Nous nous arrêtons pour enlever une couche de vêtements, ça va mieux...

La montée se poursuit au milieu des hêtres. On croise le chemin de ronde de Valdo Niello et le GR20 venant du col de Verghio. Derrière nous se profilent dans les nuages les sommets du Tafunatu et de la Paglia Orba. Cette fois, nous sommes sur le GR20, et bientôt nous apercevons le col San Petru et parvenons au petit oratoire. Nous sommes partis depuis 2 h (oui, nous n'allons pas très vite !). Du col, la vue sur le Capo Tafonato et sur la pyramide de la Paglia Orba est très belle. Un peu plus loin, quelques hêtres aux formes tourmentées par le vent, et plus bas la forêt de Valdu Niellu et le Niolu.

Après le col, le sentier oblique vers la gauche, toujours en montée, à flanc du Tritore (1 790 m). On rencontre quelques chevaux sauvages, et aussi pas mal de randonneurs. On n'ose imaginer ce sentier en plein mois d'août !

C'est le moment de faire un petit arrêt casse-croûte, d'autant que la pluie s'est arrêtée. Nous reprenons la montée pour arriver à un petit col qui nous fait passer sur l'autre versant, dans la Serra di San Tumasghju. Plus loin sur la gauche, le monte Tozzu. Au loin, vers le sud-ouest, on aperçoit le golfe de Sagone sous un ciel assez dégagé.

Mais ici la pluie reprend de plus belle, plus forte que précédemment ; nous devons ranger le matériel photo et mettre en place la protection des sacs à dos...

Il est 12h30 quand nous atteignons enfin a Bocca à a Reta, à 1 883 m d'altitude, marquée par une croix et un énorme tas de pierres.

On surplombe bientôt notre objectif : le lac de Nino et ses pozzines. Une descente en lacets à travers des aulnes mène au lac. La pluie se calme enfin et nous en profitons pour nous restaurer.

Il tombe encore quelques gouttes quand nous foulons les pozzines pour arriver au lac, accueillis par des vaches en liberté et, plus loin, par des chevaux. Nous entamons lentement et avec précaution le tour du lac, le deuxième de Corse en superficie (6 ha). C'est un formidable exemple de lac glaciaire situé sur un large plateau parsemé de pozzines.

Le Tavignanu naît ici, nous le traversons pour regagner l'autre rive. La lumière très particulière de cette journée sans soleil ajoute encore au côté si particulier de ce lieu. Nous passons près des chevaux pour monter à la fontaine.

Il est plus de 14 h, nous renonçons à l'idée de revenir par a bocca â Stazzona, et entamons la remontée vers bocca à a Reta, sous un ciel plus dégagé qu'à l'aller. Puis c'est le sentier caillouteux de la Serra di San Tumasgiu, avec le golfe de Sagone dans le lointain.

On passe en versant nord, en surplomb de la forêt de Valdu Niellu. Petit à petit le sentier se rapproche de la crête, puis commence à descendre jusqu'à a bocca San Petru. Les pieds se font douloureux.

Le sentier quitte ce col pelé en plongeant brutalement vers l'est, en lacets assez larges. On retrouve bientôt l'embranchement avec le chemin de ronde du Valdo Niello et notre sentier qui nous ramène enfin à la fontaine.

Il est 18 h, c'est avec un grand plaisir que nous retrouvons la voiture !

Découvrez le "récit photographique" de cette randonnée dans la galerie photo.



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La Corse de l’est au nord

11 septembre

Après un bon vol et quelques problèmes pour recevoir la voiture louée à l’aéroport de Bastia (la file d’attente était infinie),  quelques difficultés pour trouver un supermarché encore ouvert le samedi soir et pour trouver l’hôtel dans l’obscurité à Moriani Plage (tout s’est bien passé), j’ai commencé l’aventure des randonnées en Corse  après un petit conflit de priorité avec une vache équipée d‘impressionnantes cornes qui s’était placée au milieu d’une petit pont et m’a interdit le passage, au Pont de l‘Enfer (bon début !) pas loin de Poggio-Mezzana pour aller au village abandonné de Fiuminale.

Quoique j’étais souvent en Corse, je n’avais jamais entendu parler de cet endroit avant que mon fils me donne un petit livre, écrit par un jeune homme (copain d’études) impressionné après être passé là pendant une randonnée. Animée par ce livre je suis montée par le très joli sentier qui  longe le ruisseau au-dessous des magnifiques chataîgniers qui ont donné le nom à cette région.

J’étais seule ce matin dans la vallée ; c’est seulement quand j’ai atteint les  premiers maisons après une heure de marche que j’ai rencontré quelques personnes qui ont passé la nuit là. Quelques maisons sont en stade de rénovation et surtout la petite église est en bon état, restaurée "en douceur"  sans détruire l’atmosphère de ce lieu.
Je me suis assise sur un banc et je me suis imaginée comment les habitants ont vécu ici, ont travaillé, ont sûrement passé des hivers très durs…. mais ont sûrement passé aussi de très beaux moments comme moi ce jour là.

Pour zoomer/dézoomer, cliquer sur la photo
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Je suis montée encore plus haut jusqu‘à  la fontaine de San Fabiano où plus tôt peut-être des bergers se sont reposés. Sur le chemin du retour j’ai pris beaucoup plaisir de la belle lumière, des rochers, des reflets dans l’eau, de toute la nature de cet endroit.

On entend l’eau, on entend les oiseaux,   
et derrière chaque rocher on s‘attend à voir une nymphe se baigner….  

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12 septembre

J’ai passé une nuit calme à Piedicroce dans l’hôtel "Le Refuge d’Orezza" (à conseiller) et le matin je suis partie vers le Col de Prato pour monter au Monte San Petrone. En chemin j’ai regardé les ruines du Couvent d’Orezza. Dommage qu’on ne fasse rien pour le sauvegarder et ne pas laisser les murs s’écrouler complètement... Et j’ai rencontré la soeur de la vache d‘hier  !
Du col, j’ai pris le sentier agréable vers le San Petrone et le midi , après 3h de montée, j’ai atteint les deux croix du sommet. Malheureusement, on n’avait pas une bonne vue (trop brumeux), mais le beau temps avait attiré quelques gens dans les montagnes.
Sur le chemin du retour, suivant les conseils de Paul, j’ai cherché la ruine de la chapelle San Petruculu d’Accia que j’ai vraiment trouvée, quoique le sentier n’était pas balisé ; elle était dans un meilleur état qu‘attendu. Un très joli endroit tranquille que j’ai beaucoup aimé.

Après le retour au col j’ai pris la route en direction de Morosaglia qui était pleine de virages comme tous les chemins de Castagniccia. Des virages, rien que des virages, et après chaque virage une belle vue des montagnes et des  petits villages collés sur les pentes.

Tard l’après-midi je suis arrivée à Corte, prête pour la prochaine aventure.

 
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Couvent d'Orezza - La vache ! - San Petrone
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San Petruculu d'Accia - La citadelle de Corte

13 septembre

Et ce fut une aventure. A 8h30 j'ai garé la voiture dans la vallée de Restonica a un emplacement (heureusement libre) près du pont de Timozzo pour monter au lac de l'Oriente où j'étais déjà passée il y a longtemps en revenant du Monte Rotondo. Pour ces 1000 m de dénivelé il était annoncé une montée de 3 heures qui a duré et duré ! Un sentier pas difficile mais fatiguant qui a commencé dans une forêt et plus tard a libéré une belle vue sur les montagnes.

J'ai rencontré un long serpent qui était effrayé comme moi et quelques vaches. La bergerie de Timozzo, je l'ai vue de loin pendant la montée en plaçant un pas après l'autre. Derrière chaque terrasse des rochers de granit j'ai espéré voir enfin le lac, mais rien. Je commençais à avoir des doutes : y avait-il vraiment un lac (parfois ils ne sont pas là où on les attend). Le temps est devenu de plus en plus nuageux, le sommet du Ritondu ( le nom corse du Rotondo) était dans les nuages quand j'ai enfin atteint le lac. Excepté un couple qui est arrivé un peu plus tard, je n'avais vu personne ce matin. Et soudain le soleil s'est montré ! Le lac a changé sa couleur de gris en bleu, c'était magnifique !

J'ai fait un pique-nique sur un grand rocher en haut du lac et j'ai pris beaucoup de photos. Après un petit repos j'ai fait une promenade autour du lac et j'ai regardé les pozzines. Un peu plus tard le soleil s'est couvert de nouveau, les nuages sont arrivés et il a fait assez froid (frais ? ;-). Pendant la descente j'ai entendu de temps en temps le tonnerre derrière moi mais le temps est resté sec. Je suis allée prudemment pour ne pas tomber et quand j'avais fait environ la moitié de la descente, j'ai rencontré un homme qui montait, sans sac à dos, sans même une bouteille d'eau. Un bonjour rapide et il avait disparu. J'ai continué mon chemin et j'ai atteint la voiture à 16h30. Pendant que je me reposais un peu avant de reprendre la route, l'homme qui montait en courant est passé. Je lui ai dit : "Déjà de retour ?" et il a répondu "Je suis seulement allé jusqu'au lac". Seulement! Cela sonnait comme une excuse. Peut-être que normalement il monte au Monte Ritondu l'après-midi. Pour moi c'était assez. Une randonnée de 8 heures, avec une heure d'arrêt au lac, cela suffit !

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14 septembre

J’ai quitté Corte le matin vers le nord. A 9h j’ai commencé une randonnée à Pedanu près de Pietralba pour chercher un sentier à la croix du Cima de Pinzali que je n’avais pas trouvée l’année passée. Cette fois j’ai eu du succès et j’ai atteint la croix avec son poème "A croce di Cirnu" au-dessous. Du sommet on a une très belle vue mais il a fait très chaud, aucune ombre, et le midi heureusement j’étais retournée de retour au village.

Mon objectif suivant était la maison forestière de Tartagine pour y passer la nuit. J’y étais passée en vélo il y a quelques années quand on a installé un gîte d’etape dans la vieille maison. Une occasion de passer une nuit dans un endroit extraordinaire. J’ai pris la route par Belgodere, Speloncato et Bocca di a Battaglia. La route qui va dans la vallée de Tartagine est dans un très mauvais état mais des travaux de restauration ont commencé. L’année prochaine, dit le très gentil jeune gardien, elle sera mieux.
Avant le dîner (qui sera très bon) j’ai encore fait une promenade sur un joli sentier vers Olmi Cappella et je suis retournée à temps avant la pluie. On verra pour le Monte Tolu demain.    

 
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15 septembre

Le matin le soleil était revenu, alors on avait des bonnes conditions pour la montée au Monte Tolu et une belle vue après la pluie comme cadeau additionnel. J’ai passé une nuit tranquille dans ce nouveau gîte d’étape bien à conseiller. Après le retour à la Bocca di a Battaglia c’était un grand plaisir de marcher vers le sommet, à voir à gauche les nuages se lever des montagnes et à droite la côte ensoleillée. Tout le panorama ! Après deux heures de marche  j’ai atteint le sommet et étais un peu choquée à la vue de la croix de cette jolie montagne :  deux petites branches fixées avec du Tesa-film. Elle aurait mérité une plus jolie croix, peut-être celle qu’on a installé à Bocca di Croce d’Ora qu’on ne voit presque pas à cet endroit. J’ai rencontré au sommet un jeune couple d‘autrichiens qui font leur premier voyage en Corse et ont encore tellement des belles choses à découvrir. Ils m’ont demandé quels endroits j’aime le mieux en Corse après avoir fait tant de visites. Quelle question !

Après avoir retrouvé la voiture et une petite visite à Speloncato, je suis allée à Calvi pour rencontrer des amis et assister aux Rencontres de chants polyphoniques. Une autre aventure m’attend, cette fois musicale.   

Ursula Glöckner
  

 
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Découvrir la Corse en vélo

La Corse - un rêve pour faire des randonnées. Mais en vélo ? Même pour les mountain-bikers bien entraînés, les sentiers dans les montagnes sont presque impraticables sauf à devoir porter le vélo sur les épaules. Et, sur le littoral, il faut partager la route avec des colonnes de véhicules.
Mais il existe une autre possibilité: choisir des régions de l’île pas trop fréquentées, aller sur les petits routes entre les villages de montagnes où l‘on fera de magnifiques découvertes.  

Une semaine en Castagniccia

Une région idéale pour faire des randonnées en vélo si l’on aime les routes sans trafic et les sentiers tranquilles. Une région presque déserte où l‘on a même du mal à acheter du pain sans devoir utiliser la voiture, une région sans supermarchés mais pleine de petits trésors. On n‘y trouve pas de hautes montagnes ni de grandes aventures, mais des découvertes inattendues, des habitants très gentils et toujours prêts à proposer leur aide, de magnifiques forêts de châtaigniers qui donnent de l’ombre, des fontaines pour se rafraîchir et prendre de l’eau. 
Notre point de départ était Stazzona, où nous avions loué un appartement, et nous avons fait des tours vers les villages à proximité: Piedicroce, Carcheto, Campodonico, Morosaglia, La Porta, Verdèse…   

Les tours en vélo:
1. Stazzona, Piedicroce, Pie d’Orezza, Carcheto-Brustico, Carpineto, Source Minerales d’Orezza, Stazzona, 24 km, dénivelé (positif) : 455m
2. Stazzona à La Porta, 36 km, dénivelé 690 m
3. Stazzona à Campodonico, puis randonnée au Bocca à Prato, dénivelé (in summa)   900 m
4. Stazzona, Verdese, Nocario, Campana, Piedicroce, Stazzona, 34 km, dénivelé 700 m
5. Stazzona à Morosaglia, 34 km, dénivelé 750 m

Les plus beaux moments:
Trouver la cascade de Carcheto et les autres endroits qu’on peut voir dans la vidéo du chant « Corsica » de Patrick Fiori et Patrick Bruel. Et le très bon dîner au restaurant « Armand » à Carcheto-Brustico avec la belle vue sur la vallée d’Orezza.
La randonnée à la Bocca a Prato (1 296m), avec la vue sur les montagnes du centre de l’île (avec la Paglia Orba bien reconnaissable) et la belle vue du Monte San Petrone (où je suis montée l’année passée).
Et la randonnée de la Parata à la chapelle San Bartolomeo/Bertoli, où on trouve une bergerie et où l’on a une belle vue  jusqu’à la mer et sur quelques maisons du hameau de Fiuminale. 
Les petits villages et leurs églises (comme celle de La Porta) et chapelles (malheureusement souvent en mauvais état), les vieilles maisons qui ont vu tant de destins de leurs habitants, des pierres qui parlent d’un passé parfois mieux mais dur, assemblées pour former murs et toits et qui un jour retombent dans leur état initial.

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Cascade de Carcheto 
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Fontaine de Stazzona - Route de Castagniccia
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Eglise de Parata 
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La Porta - Belle vue 

Une semaine dans le Sartenais

La belle ville de Sartène donne par ses maisons très hautes et ses rues étroites une impression rébarbative et un peu austère. Pour les tours aux alentours, il faut être prêt à passer de nombreux cols et apprendre que tous les villages appelés „Foce“ (qu’on trouve souvent en Corse) se trouvent toujours en haut. C‘est très beau de faire un tour de Sartène à Campomoro en passant par les villages de Bilia et Grossa mais il faut monter 1000 m de dénivelé. Mais pour le retour on peut choisir l‘itinéraire direct par la D21 et profiter de la longue descente.
Egalement à conseiller, un tour au très beau site du village de Ste Lucie de Tallano et au joli hameau de Mola, où restent très peu d’habitants.
Et évidemment, on a la possibilité de faire de belles randonnées: le sentier littoral de Tizzano au phare de Senetosa ou visiter les sites préhistoriques : les alignements de menhirs à Cauria et Pagliaju. Et on peut faire des balades sur les sentiers entre  les villages ou aux collines (très beau: le sentier de Giuncheto) qui donnent une belle vue sur la mer ou/et sur les montagnes. Souvent les dents de Bavella saluent de loin.  

Les tours en vélo:
1. Sartène, Bilia, Foce di Bilia, Grossa, Belvédere, Campomoro, Grossa, Sartène, 62 km, dénivelé 1050 m
2. Sartène, Granace, Olmiccia, Ste-Lucie-de-Tallano, Macchia, Spin’a Cavallu (pont génois), A Castagna, Sartène, 41 km, dénivelé 805 m
3. Sartène à Mola, 26 km, dénivelé 620 m
4. Sartène, Foce, Bilzese, 28 km, dénivelé 660 m

 
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Sartène - Ste Lucie de Tallano
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Spin’a Cavallu - Tour de Campomoro
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Alignement de Palaghju - Mola 

Une semaine dans la région de Vico (Deux Sevi)

Ceux qui ont toujours rêvé d’aller un jour sur le D1 ont ici la possibilité de le faire. Vico est un point de départ idéal pour faire des tours en vélo. On découvre de jolis villages comme Letia, Arbori ou Balogna (avec des peintures artistiques bombées sur quelques murs) où l’on ne serait jamais passé parce-que c’est la fin de la route.  

Les tours en vélo:

1. Vico, Murzo, Muna, 27 km, dénivelé 630 m
2. Vico à Arbori, Parapoghiu, 21 km, dénivelé 290 m
3. Vico à Balogna, 12 km, dénivelé 120 m
4. Vico à Letia, 25 km, dénivelé 500 m

De Vico il faut évidemment aller à Soccia et faire la randonnée au lac de Creno, un des „quatre grands“ de la Corse (avec Melo, Capitello et Nino) qui malheureusement se présente cette année avec peu d’eau. Les pozzines sont à sec et il faut espérer que l’hiver les remplira...

Mais l’évènement le plus fort c’était d’aller en vélo au village (presque) abandonné de Muna, une route étroite qui traverse des forêts, puis longe des rochers, passe plus tard par les gorges du Liamone à la Bocca a Verghju, tout en offrant une belle vue dans la vallée et aux montagnes, et atteint enfin le hameau de Muna. Il faut faire bien attention à ne pas rater l’entrée par l’escalier qui monte en haut  du village et serpente entre les maisons ;  quelques-unes sont tombées en ruine mais la plupart, comme l’église, se trouvent dans un meilleur état qu’attendu. La vie est revenue dans les maisons, utilisées comme hébergements de vacances. 

Une autre possibilité pour visiter ce bel endroit est d’aller à pied depuis le pont de Belfiori (entre Vico et Murzo) en longeant le Liamone, utilisant l’ancien sentier, la vieille route de Muna et monter à la Bocca a Verghju où l’on rejoint la route. Quel bel endroit, quelle belle vue ! D’un côté, on voit Vico, de l’autre côté quelques maisons de Muna (où l’on peut aller en continuant le sentier) et en bas le Liamone. Le rêve !

Et pour finir un mot sur Vico, un village vivant qui présente tout ce dont on a besoin : petits magasins, restaurant, fontaine, endroits pour se rencontrer et un trafic chaotique mais tout se passe sans conflit. Les rues des petits villages sont trop étroites pour les voitures, surtout les camions et autobus, et il faut communiquer, attendre que l’autre passe. Quelle différence avec la circulation en Allemagne, où chacun veut passer en premier…

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Vico - Arbori
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Route de Muna - Eglise de Muna 
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Lac de Crena - Balogna 

Nous avons exploré trois très belles régions de la Corse qui vont bien pour les cyclistes pas si entrainés.    
Que raterait-on si on ne les visitait pas ? De très belles vues, une paysage incroyablement beau, des rencontres avec des habitants, avec d’autres randonneurs et cyclistes... et des Belges qui crient « bravo ! » depuis leur voiture en dépassant un cycliste montant vers le col…

Et pour le final des vacances, les Rencontres de Calvi qui se déroulent chaque année en septembre. Mais c'est une autre histoire, à lire sur L’Invitu.

Ursula Glöckner (octobre 2017)

D'autres récits

Le récit de Philippe Bourgine de "son" GR20
http://www.philippe-bourgine.com/gr20.php

Une traversée sud-nord : http://www.trek.gr20.free.fr/index.php

Deux aventuriers sur le GR20 : http://gr20.corse.free.fr/

En voyage, un blog avec de nombreux récits, donc le GR20 :
http://www.en-voyage.info/recit/8-GR20-en-Corse

Le GR20 en 7 jours (site randonner-malin.com)

Le GR20 en 3 jours

separateur

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