Les
membres des différentes associations culturelles de Calvi
demandent depuis des années la création d'un lieu de
spectacles : pour des raisons pratiques, économiques, et parce
qu'elles pensent que c'est la seule façon d'implanter une action
à long terme.
Cette position est, sans nul doute, partagée par une grande partie de
la population permanente.
Et sans doute, les élus y sont-ils sensibles puisque la
communauté de communes de Calvi a lancé une étude
pour laquelle elle a missionné un cabinet d'études
spécialisé, qui nous a consultés.
Pour autant, le jour où la communauté de communes de
Calvi sera dotée d'une salle de spectacles, les problèmes
du Svegliu Calvese seront-ils résolus ?
Assurément, non. Bien sûr, nous pourrons demander à
louer la salle, selon le réglement qui sera établi,
chaque fois que nous en aurons besoin.
Mais qu'en sera-t-il des ateliers, des répétitions, de la
création et de la professionnalosation des jeunes artistes ?
Nous avons pu vérifier, à l'usage, les bienfaits d'une
salle et les progrès qu'elle pouvait amener aussi bien dans la
réflexion et la défintion des objectifs que dans l'action
elle-même. Nous avons pu aussi constater les limites, les
contraintes et les coûts qu'entraîne l'utilisation
temporaire de ce lieu.
Dans tous les cas, après maints débats, maintes
tergiversations, nous avons décidé de nous porter
acquéreurs de ce lieu que nous avons baptisé "U Teatru",
mais que les Calvais appellent plus communément "Weldom",
puisque c'était effectivement un magasin de bricolage à
cette enseigne.
Les propriétaires qui, jusqu'à ce jour continuent
à nous le prêter, nous encouragent dans notre entreprise.
Nous savons que nous aurons à faire face à un
investissement important, d'autant que nous n'avons ni la vocation, ni
les compétences d'un agent immobilier.
C'est un local qui présente de multiples avantages :
- il est situé à peu près à égale
distance de Champeau et de la Gendarmerie qui peuvent être
considérés comme les extrémités du Calvi
urbanisé;
- il bénéficie du parking de la gare;
- il dispose d'une belle superficie;
- il peut être utiisé dans un premier temps sans avoir à faire de gros
investissements;
- il est proche des écoles et du collège;
- il peut ramener la vie dans une ville qui meurt 6 mois de l'année.
Si l'inquiétude face à ce défi existe, elle est
contrebalancée par les perspectives qu'offrirait l'acquisition
de ce lieu : les retombées s'en feraient sentir au sein de
l'association bien sûr, mais aussi, sans nul doute, sur Calvi
tout entier.
Pour que Calvi, et les Calvais, bénéficient d'un espace culturel auquel
ils ont droit, venez nous rejoindre !
Dégustation
de Chants Corses à la sauce
Notte Blue…
Vous
prenez des ingrédients bien de chez nous:
Quelques
chants en langue corse issus de la tradition ou pêchés dans d'autres
mers. Vous les servez sur une voix trempée dans du jazz. Ajoutez une
basse et une guitare bien fermes et vous assaisonnez le tout de
percussions délicates.
Tout
cela est mélangé tranquillement, sans se presser pour obtenir une
ambiance épicée et sereine évoquant les chaudes soirées d'été.
Réservations:
U
SVEGLIU CALVESE La Poudrière, Citadelle B.P. 37 20260 CALVI
Tél
: 04 95 65 23 57 Fax : 04 95 65 41 54
Mail
: svegliu@wanadoo.fr
Antoinette,
Jean-Noël et Thomas vous invitent à goûter avec eux cette recette où se
mêlent les saveurs de notre île à celles de la Bossa Nova, de la chanson Argentine et du Jazz.
Antoinette
d'Angeli: Voix
Jean Noël
Guglielmacci: Guitare et Basse
Thomas
Moscardini: Percussions
Prix d'entrée :
12 € (tarif réduit: 7 €)
Photos et
affiche : Jean Marie Colonna
Photos
: Paul Parenti
Rencontres
de Chants Polyphoniques de Calvi 2008
Du 9 au 13
septembre 2008
XXèmes Rencontres de Chants Polyphoniques de Calvi
A’ l’iniziu c’era a voce
20ème
édition
et 19 ans…19 ans déjà ! 19 ans et des centaines d’anecdotes, de
rencontres, de voix qui s’entrechoquent, s’emmêlent, s’enlacent… Et des
pays, des espaces, des mers, des reliefs, des horizons, que ces voix
ont portés jusqu’à nous ... Et des langues, et des musiques véhiculées
par ces langues ... Et des gens, des personnes, des individus, des
êtres humains vus, entendus, écoutés pendant ces quatre jours si
denses, qu’ils semblent contenir toute une vie et son humanité.
19 ans de rendez-vous avec le public, fixés par U Svegliu
Calvese et A
Filetta, dans la citadelle de Calvi, en septembre, ce mois à la
fois
nostalgique et apaisant. 20ème édition et 19 ans ...Une
occasion de
faire la fête, un prélude au 20ème anniversaire !
Et nous voilà battant le rappel de tous ceux qui ont
marqué les
éditions précédentes, et nous voilà le
cœur déchiré d’être obligés de
choisir, car les rencontres furent, à chaque fois, uniques,
belles,
essentielles...
Nous nous sommes donc donnés deux ans pour fêter cet anniversaire, pour
nous remémorer les éditions passées et célébrer, nous l’espérons, les
vingt ans à venir...
Et nous commencerons par inventer une rencontre dans les Rencontres,
entre Danyel Waro et A Filetta, rencontre qui débutera en amont de la
manifestation pour aboutir à une création, offerte au public le
vendredi 12 septembre.
Nous retrouverons les Voix de Géorgie, ce mur
compact de voix tendres et profondes qui ont fait vibrer plus d’une
fois le public de la cathédrale. Et nous renouerons avec les
polyphonies savantes, que nous avions un peu délaissées, avec Doulce
Mémoire, qui arrive enfin, après plusieurs rendez-vous manqués !
De
Bretagne, nous reviendra aussi Yann Faňch Kemener, qui, pour
l’occasion, sera accompagné par le chanteur provençal, René Sette.
Voilà les premiers cadeaux que nous avons préparés pour que la fête
soit belle. D’autres encore viendront s’amonceler sur notre scène/table
de banquet : venus d’Italie sans doute, peut-être de Mongolie, et bien
évidemment, de Corse.
De la cathédrale Saint Jean-Baptiste à l’oratoire Saint Antoine, en
passant par la Place d’Armes, une fois encore les voix s’envoleront
jusqu’aux remparts de la citadelle : ils en conservent l’empreinte pour
qui sait les entendre...
À l'iniziu c'era a voce
XXèmes
Rencontres de Chants Polyphoniques
9
- 10 - 11
- 12 - 13 septembre 2008
Citadelle de Calvi
BASTIA
Mardi 9
21 h
Eglise Saint-Charles
A Filetta
(Corse) et Daniele di
Bonaventura (bandonéon)
CALVI
Mercredi 10
18h
Oratoire
Chants de
Bretagne et d'Occitanie Yann Fañch Kemener
(voix), Renat Sette
(voix), François Fava (saxophones),
Laurent Audemard
(hautbois languedocien, clarinettes et composition)
Production : Le chantier à Correns- Co-production
UPCP Métive)
21h30
Cathédrale
Les Voix
de Géorgie
Jeudi 11
18 h
Cathédrale
Tavagna
(Corse)
21h30
Cathédrale
Confrérie
Sant Antone abbate (Calvi-Corse) Doulce Mémoire
(direction artistique : Denis Raisin Dadre)
Leçons de Ténèbres (Cristobal morales)
Doulce Mémoire est porté par la
Région centre, le Ministère de la Culture et de la
Communication, la DRAC du Centre, soutenu par le Conseil
Général d'Indre-et-Loire, le Ministère des
Affaires étrangères, Cultures France et la Ville de Tours
Vendredi 12
18 h
Oratoire
La Mal
Coiffée (chant occitan)
21h30
Place d'Armes
Rencontre
entre A Filetta et Danyel Waro (Ile de la Réunion) en
collaboration avec le festival AFRICOLORS
Samedi 13
15h-18h
Cantu à
l'asgiu: Polyphonies
corses et sacrées, David
Berkeley (Brooklyn, New-York)...
18 h
Oratoire
Nørn
Iod : quand trois sorcières du Nord inventent une langue
21h30
Place d'Armes
Gabriel
Yacoub De la nature des choses Calusgiule à
l'ultimu : clôture avec les participants aux Rencontres
Renseignements pratiques :
► Le concert d’ouverture, le mardi 9 septembre, se
déroulera à Bastia (Eglise Saint Charles) en
collaboration avec le Centre Culturel Una Volta.
► Les concerts à Calvi ont lieu à la cathédrale Saint Jean Baptiste ou
à l’oratoire Saint Antoine, et sur la Place d’Armes, en plein air, pour
les concerts du vendredi 12 et du samedi 13 septembre. Tous les
concerts du soir ont lieu à 21h30.
► Tous les jours, à 18h (sauf à Bastia), ont lieu les Rencontres avec
le public, animées par Philippe Jean Catinchi, journaliste au Monde.
► Le samedi 13 dans l'après-midi, dans la citadelle, Franck
Tenaille animera un salon de musique autour de son dernier livre
"Musiques et chants en Occitanie / Création et tradition en Pays
d'Oc" (Editions Le Chantier/Edition du Layeur).
Tarifs :
► Bastia 21h et Calvi 21h 30 : 23 € - Etudiant : 15€
► Calvi 18h : 13 €. L’achat d’un billet pour le concert du soir permet
de bénéficier d’un tarif préférentiel d’un montant de 6 € dans la
limite des places disponibles.
► Abonnement (concerts de 18h et du soir) : Calvi : 85 € - Bastia et
Calvi : 97 €
► Le samedi, les concerts de 16h à 18h sont gratuits.
Renseignements et réservations :
U Svegliu Calvese - La Poudrière - B.P. 37- 20 260 Calvi
Tél. : 04 95 65 23 57 Fax : 04 95 65 41 54
mail : rencontrespolyphoniquescalvi@orange.fr
Compte-rendu
des XXes Rencontres polyphoniques
du 9 au 13 septembre 2008
Mardi 9 septembre, Bastia
C'est drôle à dire, mais ce mardi après-midi d'avant Rencontres, j'ai
le trac !
Cette
année, c'est l'église Saint-Charles Borromée qui accueille la soirée
bastiaise d'ouverture de ces XXes Rencontres. Au coeur du vieux Bastia,
Saint-Charles n'est pas évidente à trouver. Des marches, une église :
est-ce la bonne ? Nous sommes vite rassurés, Maxime nous accueille du
haut des marches, et nous retrouvons José, Jean-Luc et
Paul, qui
affirme avoir mal à la gorge. La suite nous montrera que sa voix est
intacte !
Au programme la rencontre entre A Filetta
et Daniele
di Bonaventura. Retrouvailles plus que rencontre
puisque la première
rencontre remonte à octobre 2006, précisément au concert des 20 ans de
l'Aghja à Ajaccio, Daniele mêlant les accents de son bandonéon à ceux
de la trompette de Paolo Fresu, du sax d'André Jaume et des percussions
de Philippe Biondi. Depuis ce jour, Daniele est devenu un compagnon de
route presque habituel d'A Filetta, qu'il a retrouvé pour Culomba, puis
l'an dernier à Calvi et en juin dernier dans le cadre du festival de
jazz.
Ce soir encore, l'osmose est parfaite entre Daniele et les chanteurs
d'A Filetta qui, encore une fois, se sont surpassés.
Après une improvisation de plus de vingt-cinq minutes de Daniele au
cours de laquelle on reconnaît le thème du Dies Irae de Passione et des
extraits de son dernier CD
Ritus (Litania), A Filetta rejoint le bandonéiste pour un Rex superlatif.
Daniele
Di Bonaventura
Jean-Claude
dit quelques mots pour introduire ces XXes Rencontres et appelle de ses
voeux une véritable politique culturelle pour la Corse.
Un concert d'une énorme
intensité, avec successivement Paghjella,
1901, U Cantu di l'acqua,
U Lamentu di u banditu,
Dies Irae, Beati, L'invitu, Liberata, Benedictus, Figliolu d'ella, Scherzi veranili, U Sipolcru et enfin
deux rappels : La Folie
du cardinal et Scherzi
veranili. Les points culminants de ce fabuleux concert
furent à mon sens 1901,
de plus en plus parfait au fil des écoutes, le poignant Lamentu di u Banditu chanté
par Jean-Luc accompagné par Daniele, un Benedictus
somptueux, Liberata
et pour finir U Sipolcru.
Ajoutons
que l'acoustique de l'église est bien meilleure que celle de Ste Marie.
Le public est parfait lui aussi, attentif et enthousiaste, réservant
une longue ovation debout aux chanteurs et à Daniele. Deux rappels : La Folie du cardinal
et Scherzi veranili.
Sur
le parvis, beaucoup de figures connues : les chanteurs de Tavagna,
Patrizia Gattaceca et Patrizia Poli, et les chanteurs des Voix de
Géorgie.
Il est 23 h, l'heure de reprendre la route de Calvi...
Mercredi
10 septembre, Calvi
Ouverture
calvaise à l'Oratoire avec le groupe constitué autour des chanteurs
Yann-Fañch
Kemener et Renat Sette
et des musiciens Laurent
Audemard
(clarinette basse, clarinette, hautbois languedocien) et François Fava
aux saxophones (parfois deux simultanément) sopranino, soprano, alto et
baryton.
Renat
Sette
Rencontre étonnante de trois univers, le chant breton, le
chant occitan et les anches servies par deux musiciens exceptionnels.
Laurent
Audemard et Yann-Fañch Kemener
Une
durée exceptionnellement longue pour un "18 h", mais nul ne s'en
plaint, c'était nécessaire pour apprécier pleinement cette création,
quasi inédite.
Renat
Sette et Yann-Fañch Kemener
Philippe-Jean Catinchi abrègera un peu les échanges pour permettre au
public d'aller se restaurer avant le concert de la soirée.
Renat Sette,
François
Fava, Laurent Audemard
et Yann-Fañch
Kemener
Un
court repas à L'Altu et nous faisons de nouveau la queue devant la
Cathédrale. La foule se presse dès avant 20 h pour assister à ce qui
s'annonce comme l'un des évènements de cette édition : la venue des
Voix de
Géorgie
dans la formation quasiment initiale. Ils étaient venus pour la
dernière fois en 1998. Depuis, deux d'entre eux ont disparu. Des
retrouvailles forcément très émouvantes quand on connaît les liens
profonds tissés depuis des années avec les Géorgiens.
En attendant le concert, on retrouve avec plaisir les visages familiers
de l'équipe
du Svegliu avec Claire, Jean-Marie, etc, on s'installe, excités,
impatients.
Photo Denis Derond pour Corse
Matin
C'est évidemment A Filetta
qui accueille ses vieux amis. Un accueil époustouflant avec une
nouvelle fois un 1901
sublime. Le Pater Noster
qui suit est également magnifique, plus lent semble-t-il qu'auparavant.
Un très beau Meditate
avant un Sumiglia
grandiose. Digne entrée en matière pour accueiilir les amis de Géorgie !
Photo Denis Derond pour Corse
Matin
Malgré
les cheveux blancs, les neuf chanteurs ont encore une fois enthousiasmé
l'assistance par leur puissance vocale alternant avec des moments d'une
extrême retenue.
A la fin du concert, le public
debout ovationne longuement les Géorgiens, qui chantent en rappel ... L'Anniversariu di Minetta.
L'ovation est encore plus forte, et quand A Filetta revient sur scéne,
c'est quasiment le délire. On sent que le moment va être historique.
Les 16 chanteurs se regroupent, corses et géorgiens mélangés, et
Jean-Claude entonne Alillo.
Les voix se mélangent,
puis la voix merveilleuse de Paul s'élève alors, monte, monte dans
l'aigu... Un moment d'intense émotion, plusieurs Géorgiens sont en
larmes, nous aussi.
On quitte la Cathédrale
à regret, groggy, bouleversé par ces moments d'émotion. Les accents de
ce Alillo
resteront longtemps, c'est certain, dans les mémoires de tous les
spectateurs...
Jeudi 11 septembre, Calvi
Une longue journée...
Le
midi, les amis (nous sommes maintenant 14) se sont retrouvés autour
d'une bonne table, celle de Léon (Doumé, plutôt) à Cateri. Un moment de
convivialité et d'amitié partagé autour de plats délicieux, que rêver
de mieux ?
A 17 h, le groupe est présent devant la Cathédrale
pour le concert de 18 h du groupe Tavagna.
Probablement le vétéran des
groupes insulaires puisque fondé en 1965, Tavagna a d'autres activités
que le chant et a contribué à la renaissance de cette micro-région
située, rappelons-le, à l'est de la Castagniccia, entre Folelli et
Moriani.
Tavagna
Ce soir, après quelques paghjelle, le groupe présente sa Messa corsa per i tempi novi,
avant de conclure par L'Anniversariu
di Minetta suivi d'un chant bien enlevé.
A
21h30, Pierre Bertoni et la Confrérie
Sant'Antone Abbate présentent un
extrait de l'Office des Ténèbres chanté à Calvi le Mercredi Saint.
Antiennes, psaumes et laudes se succèdent avant le Benedictus et le Fracassu final.
(Photo
empruntée au site myspace d'A Filetta)
A Filetta chante deux chants (seulement) : Rex et Benedictus.
La perfection. Un Benedictus
dont on découvre encore d'autres facettes, ici Max, ici José, ici
Jean... Au fil des écoutes, on perçoit davantage de cohésion
tout
en percevant chaque voix individuellement. Chaque chanteur est
désormais également pleinement acteur. Un grand moment de beauté et
d'émotion. D'ailleurs, après chacun des morceaux le public se retient
avant d'applaudir, comme pour garder encore un instant une parcelle du
chant qu'il vient d'écouter.
Et vient le concert principal de la soirée : Leçons de Ténèbres,
l'office du Samedi Saint de Cristobal de Morales par l'Ensemble Doulce
Mémoire.
Une mise en scène de
la liturgie de Pâques. Au fur et à mesure de l'avancement dans cette
liturgie longue et éprouvante, les cierges sont
progressivement
éteints, l'office se terminant dans l'obscurité complète
après le Miserere.
Une très
belle musique (avec flûtes et doulçaines), de très belles voix.
Doulce
Mémoire
Pourtant, était-ce la chaleur étouffante de la Cathédrale (le
thermomètre dépassant les 30° depuis la veille), ou bien la succession
de chants religieux ? A la sortie, le public était assez peu
enthousiaste, de nombreux spectateurs se disant même soulagés que cet
office se termine enfin. Il est vrai que la musique et le chant étaient
magnifiques mais que la succession de psaumes, après ceux des
Confrères,
a pu rebuter certains, de même que le cérémonial. Il faut dire
aussi qu'à l'origine il
n'était pas prévu que Tavagna chante sa messe.
Beaucoup de raisons concordantes pour un accueil un peu
mitigé.
Vendredi 12 septembre, Calvi
Une
météo toujours menaçante : temps orageux et instable, ciel voilé, et
surtout, des rafales de vents violentes prévues pour cette première
soirée en plein air sur la Place d'Armes.
Les techniciens
s'affairent, Rémi est pessimiste. On évoque un repli sur deux lieux de
concerts, A
Filetta et Danyel Waro
chantant deux fois dans l'Oratoire
pour les deux moitiés du public...
En attendant, on espère une
accalmie en entrant à l'Oratoire pour le concert de La Mal Coiffée.
Six
filles déjantées qui se sont emparées des mélodies populaires de l'Aude
pour en faire des polyphonies malicieuses et rythmées.
Après
ce
moment de bonne humeur, la pluie douche nos espérances.
L'hypothèse des concerts à l'intérieur semble se confirmer. En
attendant, nous
courons à L'Altu pour un rapide dîner.
Vers 20 h, les responsables du
Svegliu demandent au public de se répartir entre l'Oratoire et la
Cathédrale. A 21 h nous entrons à l'Oratoire, où les
techniciens
mettent la dernière main à la sonorisation. Le temps passe, quand
soudain on démonte les micros et Rémi nous dit "ce sera dehors". On se
demande si l'on a bien compris, mais effectivement, tout le monde
évacue l'Oratoire et la Cathédrale pour se retrouver sur la Place
d'Armes. Chacun
s'installe, on déploie des tapis, on sort les coussins, on se couvre
car le vent est froid, et enfin le concert commence.
Au
bout d'un
moment on ne fait plus attention au vent dans les micros, on se
concentre sur la silhouette de Danyel Waro. Encore une rencontre
réussie entre A Filetta et le maloya. Danyel Waro et A Filetta avaient
eu leurs premiers échanges en 2003 lors des XVes Rencontres. Après ce
premier contact artistique et humain, Danyel et Jean-Claude avaient
gardé le contact et l'idée de "réaliser un jour quelque chose
ensemble". Après avoir travaillé à distance pendant de longs mois, A
Filetta et l'ensemble réunionnais ont répété ensemble toute la semaine
dernière. Et visiblement, nos amis prennent
beaucoup de plaisir à ce chant plus scandé qu'à l'ordinaire. On se
surprend à écouter L'Invitu
comme on ne l'avait jamais entendu ("Ribombinu puru i scaccani",
ça swingue et on ne s'en était jamais aperçu !)
Dès
ce matin, il n'y a malheureusement plus aucun doute : le final ne se
déroulera pas sur la Place d'Armes. Le vent est violent et Météo France
annonce pluie et rafales de force 8. Nous en avons confirmation en
arrivant sur la Place d'Armes, dont le matériel de sonorisation a été
démonté par les techniciens, qui se sont vraiment démenés tout au long
de ces Rencontres pour nous offrir une prestation de haute
qualité.
Nous nous dirigeons d'abord vers chez Tao, où un concert impromptu d'Isulatine
a été annoncé. Quelques trop courts extraits du dernier CD du quatuor, Sumena amore, et
nos amies laissent la place à Frank Tenaille qui vient
présenter et dédicacer son dernier ouvrage(*).
En
attendant nous gagnons l'Oratoire, où trois Confrères (parmi lesquels
Pierre Bertoni et Stéphane Serra) présentent leurs chants, avant un
gospel chanté par Marion avant l'entrée du très attendu David Berkeley.
Belle voix, beau physique (curieusement le premier rang est aujourd'hui
occupé par de très jeunes filles...)
Un bon moment, même si le style
musical de l'Américain de Tralonca détonne un peu dans ces Rencontres.
A 18 h c'est le trio Nørn
qui fait son entrée pour Iod.
Trois Suissesses qui ont inventé un langage, le nørnik. Elles captivent
d'entrée l'assistance par leur jeu de scène, leurs regards et la grande
qualité des compositions et de l'interprétation vocale.
Pour le
final, le public est invité à choisir entre la Cathédrale et
l'Oratoire, les artistes se déplaçant pour offrir une prestation
sensiblement identique dans chacun des lieux. Nous optons pour la
Cathédrale, nos amis de Tra Noi restant à l'Oratoire.
A la Cathédrale se succèdent donc : A Filetta
qui chante Nana,
Kyrie, Violetta
et Sumiglia,
avant une interruption provoquée par le malaise - heureusement sans
gravité - d'une spectatrice. Daniele di Bonaventura fait son entrée
pour U Cantu di l'Acqua
avec A Filetta puis interprète quelques compositions personnelles. Puis
les Voix
de Géorgie entrent en scène pour quatre chants, suivis de Nørn.
Puis Gabriel Yacoub
pour une prestation beaucoup trop courte avant de laisser la place à Danyel Waro
et A
Filetta.
Un concert encore meilleur que celui de la veille (le vent en moins et
la proximité en plus), on sent l'admiration réciproque entre Corses et
Réunionnais et le grand plaisir qu'ils prennent à chanter ensemble. Un
très long, très prenant morceau sur le maloya, un Invitu revisité, A Merula
chanté par Danyel et ses musiciens, les pas de danse de chacun des
membres d'A Filetta resteront dans les souvenirs de cette belle soirée.
"(Les XXes Rencontres) devaient s'achever samedi soir par un
final regroupant tous les participants. Finalement, "Les Voix de
Géorgie" jouant les prolongations en donnant un concert le dimanche à
l'Oratoire, c'est finalement le 14 septembre que les Rencontres de
chants polyphoniques 2008 se sont closes. Et le moins que l'on puisse
dire, c'est qu'elles auront été riches et belles. Fructueuses aussi.
(...)"
Pour lire l'intégralité de l'article d'Isabelle Volpajola publié dans
le Corse matin
du 14 septembre, cliquez sur ce lien.
(*) Musiques et chants en Occitanie - création et tradition en Pays
d'oc, Le chantier/Editions du Layeur
Le
concert des Voix de Géorgie, parlons-en. Un oratoire comble pour ces
"prolongations" des Rencontres (on en redemande pour chaque édition !).
Un concert encore plus beau que le mercredi, la proximité en plus.
NOTE
IMPORTANTE sur les photos de concert :
Les
photographies de concerts, c'est très bien, chacun aime bien ramener un
souvenir de ces beaux moments. Mais les photographes - amateurs ou
professionnels - peuvent vite devenir une plaie pour les artistes et
les spectateurs. Bips, bruits de déclenchement, flashes, etc., tout
cela peut véritablement gâcher un concert, sans parler des sonneries de
téléphones.
Les organisateurs avaient donc pris la précaution de signaler avant
chaque concert que les téléphones portables devaient être éteints et
que les photos, même sans flash, étaient interdites. Un peu
déçu
mais comprenant fort bien les motivations de cette
interdiction, j'ai
respecté la consigne, bien que mon matériel soit entièrement
silencieux, afin d'éviter tout effet d'entraînement. J'ai néanmoins
pris quelques photos, mais uniquement au moment des
applaudissements et saluts au public, et également pendant le concert
en plein air ainsi que pour le concert très "visuel" de Nørn à
l'Oratoire. Ce sont
ces photos que vous pouvez voir sur cette page.
La prochaine
édition des Rencontres de Chants Polyphoniques
aura lieu du 15 au 19 septembre 2009