Da
u 12 à u 16 di sittembre di u 2006, l'associu U
Svegliu Calvese è A Filetta urganizeghjanu i diciottesimi scontri di
canti pulifonichi in Calvi.
U scopu hè di mantene a lascita di sti canti è
d'aprela à l'altre culture pulifoniche. Ghjè un appuntamentu musicale
di prima trinca cù e voce di Faiz Ali Faiz (Pakistan), l'inseme
Stepanida Borisova (Iakoutie), Aïcha Redouane (Maroccu), Julia Sarr è
Patrice Larose, Mahotella Queens (Africa Suttana), l'inseme Leyli
(cantu persanu), A Filetta, Cant'in Celli, Rassegna, Cantu à l'asgiu è
Voce Ventu.
Aldilà di a so dimensione internaziunale, st'evenimentu mette in
risaltu u spaziu è l'architettura di l'alta cità di Calvi chì u core
batte à u ritimu di i cuncerti, attelli è scontri cunsacrati à l'arte
di u cantu cù un grande C.
(texte en
langue corse emprunté au site de l'ADECEC (voir page "liens")
Affiche
conçue et réalisée par Area Communication

Compte-rendu des XVIIIes rencontres polyphoniques
du 12 au 16 septembre 2006
Mardi
12 septembre, Bastia
Un (trop) court concert d'
A
Filetta, très inspiré :
Le Lac,
Rex,
Kyrie,
U Sipolcru,
E
Baioncule,
La folie du cardinal (Exorciso Te),
Pater Noster et
Sumiglia, avant
de laisser la place aux Pakistanais de
Faiz Ali Faiz : le
chanteur accompagné de Karamat Ali Asad et Mahmoud Ali, voix et
harmonium, de Kashif Ali, voix, de l'excellent Rizwan Ali au tabla et
de quatre choristes : Kaleem Akhtar, Fayaz Hussain, Iqbal Raunq et
Rehmat Ali.
Une musique de la transe, très prenante. Quatre longs
morceaux et un rappel. La voix de Faiz a une étendue exceptionnelle et
rappelle celle de Nusrat Fateh Ali Khan auquel il rend d’ailleurs
hommage dans son dernier CD. Concert très apprécié même si le lieu,
moins intime que la Cathédrale de Calvi, crée une distance avec les
artistes.
Mercredi
13 septembre, Calvi
Les prévisions météo pour la
fin de semaine sont assez pessimistes et tout le monde craint que,
comme l'an passé, le temps ne gâche le final.
Le premier concert de 18
h est ouvert par les iakoutes du trio Stepanida Borisova.
La République de Sakha (Iakoutie jusqu'en 1990) est située au Nord-Est
de la Sibérie orientale. Le peuple sakha est de langue turco-mongole et
sa culture ancestrale se nourrit du chamanisme. Stepanida Borisova,
entourée de Klavdia Khatylaeva et de German Khatylaev, présente une
musique étrange, évoquant les steppes sibériennes, les chevaux, les
oiseaux. Dans la culture sakha, la musique est définie comme un chaos
permettant, par ses sonorités et mouvements, que s'épanouisse l'âme
humaine...

A 21h30, la grande chanteuse
marocaine
Aïcha
Redouane avec son
ensemble
Al-Adwar, composé de musiciens (luth, qânûn, percussions)
d’origines diverses : égyptiens, palestiniens, tunisiens,
libanais… présentait le maqâm, chant de tradition de la Nahda du
Proche-Orient. Un chant d’amour délicat sous le regard adorateur des
musiciens du groupe. On regrette que le concert ne dure qu'un peu plus
d'une heure...
Puis le moment tant attendu :
Medea. Que dire de
cette création incroyable ? Il faut se laisser emporter par le
souffle d’
A Filetta. Par rapport au disque tout
récent, on note quelques changements, et c’est encore plus
beau ! Un grand moment de plaisir musical, de partage et de
communion !
Beati en rappel. Une soirée
d'exception.
Jeudi
14 septembre, Calvi
Au
concert de 18 h, un intervenant de très grande qualité en la personne
de
Vincent Zanetti, grand percussionniste, musicologue et directeur du
festival « Les notes d’équinoxe de Delémont »,
introduisait Faiz Ali Faiz. Est-ce son intervention
lumineuse et passionnée, est-ce la magie du lieu, toutes les personnes
autour de moi ont davantage apprécié ce concert que celui de Bastia. On
était littéralement porté par le chant de Faiz, accompagné à la
perfection par l'harmonium et les tablas au long de ces trois longues
suites et du rappel.
A Filetta ouvre
le concert de 21h30 avec le Dies Irae, Figliolu
d'ella et Ghmerto.
Julia
Sarr et
Patrice Larose proposaient une rencontre entre le chant de
tradition sénégalaise et le flamenco. Si l'on était séduit par la grâce
et le chant de Julia Sarr, je dois avouer que je n'ai pas été
entièrement convaincu par la synthèse des styles. Pour moi, l'excellent
guitariste qu’est Patrice Larose m'a semblé jouer davantage à côté
qu'avec Julia Sarr.
Pour clore la soirée venaient
les Mahotella Queens, trio féminin d’Afrique du
Sud, desservies par une sono épouvantable et un piano désaccordé. Ce
concert fut pour moi la seule déception de ces Rencontres.
Vendredi 15 septembre, Calvi
La Radio Suisse Romande avait
commandé une création à l’ensemble de chant persan
Leyli,
composé de cinq jeunes femmes, trois iraniennes et deux ousbèkes.
Présenté par Vincent Zanetti, ce concert donnait un aperçu du chant des
femmes du harem dans le mode
Mâhur
au cours d'une longue suite de trois
quarts d'heure. Après une présentation animée par Vincent Zanetti avec
le professeur Jean During, musicien et directeur de recherches au CNRS,
l'Ensemble offrait un dernier morceau.

Le soir, après le traditionnel accueil par A Filetta,
qui nous offre Rex, Pater Noster
et un Lamentu di Ghjesù admirable d'émotion, Cant'in
celli faisait revivre la création donnée aux Rencontres de
violoncelles de Moïta : quatre chanteurs se sont succédés,
Jean-Luc Geronimi d'A Filetta, Michel Paoli de Tavagna,
Anthony Geronimi, que l’on allait revoir avec Voce Ventu,
et Petru-Santu Guelfucci de Voce di Corsica,
accompagnés par les sept violoncellistes (Florent et Frédéric Audibert,
Anne-Lise Herrera, Frédéric Lagarde, Guillermo Lefever, Paul-Antoine de
Rocca-Serra et Ambre Tamagna), menés par Jean-Michel Giannelli.
Enfin le groupe marseillais
Rassegna
présente une
tentative réussie de synthèse des musiques et des chants méditerranéens
: Italie du Sud, Corse, Andalousie, Maghreb, Balkans. Magnifique. De la
dizaine de chants, on retiendra notamment un superbe
Ave
Maris stella et un dynamique
El Vito.
Samedi 16 septembre, Calvi

On espère encore jusqu'à 17 h un miracle de la météo. En attendant,
Jean-Luc et Marie Kobayashi répètent sur l'estrade installée sur la
Place d'Armes, et l'Oratoire résonne des notes des violoncelles de
Cant'in
celli (sans les chanteurs, ils interprètent entre autres
Ghmerto,
une
Moresca,
L'Anniversariu di Minetta,
un
Tango, un morceau de Casals...), qui laissent la
place aux iraniennes et ouzbekes de l'
ensemble Leyli
dans un programme plus varié que la veille : musique de cour,
chants rythmés, chansons de réjouissance pour finir par la danse. Avant
le concert de
Voce Ventu, la mauvaise nouvelle
tombe : les concerts auront lieu à la Cathédrale et à l'Oratoire, les
groupes se succédant dans les deux lieux. Très beau concert de
Voce
Ventu, inspiré notamment par le groupe chilien
Quilapayun
dont ils interprètent
Mi Patria.
L'Ale di
l'accunsentu,
A Serva,
Sittanta,
la
Prigaria à u Populu Corsu, un émouvant
La
Hija de Juan Simon, sur un poème traditionnel chilien, et une
version étonnante de
Ciuciarella se succèdent, pour
finir avec
Rughju di Vita dédié au commandant
Massoud.
Pour le final, A Filetta présente quatre chants, Alillo,
deux extraits de Marco Polo et Le Lac,
puis les violoncelles de Cant'in Celli jouent Ghmerto.
L'Ensemble Leyli leur succède pour trois morceaux,
puis Jean-Luc Geronimi pour une monodie. Rassegna
présente quatre morceaux, suivi par Stepanida Borisova
rejointe par Marie Kobayashi pour un étonnant
chant de sorcière. Marie chante encore deux chants japonais et un
extrait de Marco Polo, puis Anthony
Geronimi chante à son tour une monodie. Enfin Voce
Ventu est de retour pour A Carta Nera, Juan
Simon, un instrumental et A Serva, les
violoncelles pour L'Anniversariu di Minetta. Il
revenait aux Mahotella Queens de conclure la
soirée, avant quelques mots d'Orlando Forioso et un vibrant Beati
d'A Filetta. Un très beau final, laissant néanmoins
un regret de ne pas avoir vu celui qui était prévu « Le
devisement du monde : et la division devient partage »
avec les larges extraits de Marco Polo et tous les groupes rassemblés.
Une belle programmation très
cohérente. Un grand merci à tous les bénévoles du Svegliu Calvese !
Corse-Matin
du 15 septembre 2006
Calendrier
perpétuel des Rencontres
(merci à Max pour ses explications)