
À l'iniziu c'era a voce
Da furtezza ceca
A' batticcia bruna
Da marosulu persu
A' ridente sciuma
Ci fù un seculu attundulitu
E' centu rigiri di lunaD'aveugle citadelle
Jusqu'à grève brune
Et de lame perdue
A souriante écume,
Il y eut un siècle,
Qu'arrondit le retour de cent lunes
Deux
anecdotes rapportées l'une par Jean-Claude Acquaviva,
l'autre par Dominique Bianconi :
Une
année, un des chanteurs Géorgiens avait
très mal à l'oreille. Nous faisons venir un
médecin à la Poudrière, mais aucun ne
parlait français. Le Géorgien qui avait mal
expliquait ce qu'il ressentait à un autre
Géorgien qui traduisait en anglais à une amie qui
elle-même traduisait au médecin... Et on frappe
à la porte. c'était les chanteurs Sardes du
Tenore de Bitti qui demandaient s'ils pouvaient
répéter. Et ils se mettent à chanter.
A un moment, le médecin s'est interrompu dans sa
consultation et a dit : "Je croyais connaître Calvi. Mais
où suis-je ?!"
Période
: 5
jours à la mi septembre (voir calendrier
perpétuel)
Renseignements :
Association U Svegliu Calvese
Tél : 04.95.65.23. 57, e-mail : svegliu@aol.com .
Un grand merci à Gerda-Marie d'avoir bien voulu me
prêter ses archives d'une grande richesse, ce qui m'a permis
de compléter les années "sans".

1995 : VIIes Rencontres
Via
Stella a récemment diffusé un film de Frédéric Deret sur les VIIes
Rencontres Polyphoniques, qui accueillaient, entre autres, Les Voix de
Géorgie, Su Cuncordu de Orosei, un groupe bulgare et un groupe
sud-africain.
1996 :
VIIIes Rencontres
Mardi 10 septembre 1996, Eglise Saint Jean,
Bastia
A
Filetta (Corse)
Giovanna Marini (Italie)
Mercredi
11 septembre 1996,
Calvi
Yann-Fanch
Kemener
(Bretagne)
Roulez Fillettes (France)
Huun-Huur-Tu
(République Tuva)
Jeudi
12 septembre 1996,
Calvi
Ozan
Firat (Anatolie)
Henry's Eight (Grande-Bretagne)
A
Filetta (Corse) : Chants de la Passion
Vendredi
13 septembre 1996,
Calvi
Yann-Fanch
Kemener
(Bretagne) et Didier Squiban
Salasa
(Madagascar)
El Cabrero - Paco del Gastor (Espagne)
Samedi
14 septembre 1998,
Calvi
Concerts
dans la citadelle avec la participation des confréries de
Balagne, du choeur polyphonique de Calvi, d'U Concordu de Orosei
(Sardaigne), d'Anghjula Dea, A Ribuccata, etc.
Final
avec tous les
participants.
Le Voci Atroci (Italie)
1997 : IXes Rencontres
Photo Studio Luis pour Corse Matin
Samedi
20 septembre 1997,
Calvi
Photo Studio Luis pour Corse Matin
Lundi 14 septembre 1998, Jardins de la
Poudrière, Calvi
Courts
métrages de Mikhail
Kobakhidzé.
Mardi 15 septembre 1998, Eglise Saint Jean,
Bastia
A Filetta (Corse)
Crédit photo : Jean-Marie Colonna
Vocal
Sampling (Cuba)
Le succès et la popularité de ce groupe cubain
n'ont cessé de croître en Europe depuis 1992,
entre jazz et salsa, entre rumba et mérengué.
Vocal Sampling - crédit photo Jean-Marie Colonna
Mercredi 16 septembre
1998, Calvi - Soirée en hommage
à Ghjuliu Bernardini
Anghjula
Dea (Corse)
Cinq jeunes femmes issues de l'école de chant d'A Filetta.
Ensemble Organum (France)
I Muvrini
Jeudi 17 septembre 1998, Calvi
U
Fiatu Muntese (Corse)
Yann-Fanch Kemener
(Bretagne)
Houria Aichi (chants
berbères)
Houria Aichi revivifie la tradition de la poésie populaire
chantée des Chaouis d'Algérie, paysans
berbères de l'Aurès.
Voix
de Géorgie (Géorgie)
Les chants géorgiens passent parmi les plus beaux du monde.
Tous les chants interprétés par les Voix de
Géorgie, groupe créé en 1986, le sont
dans la version originale tels qu'ils leur ont
été transmis par leurs ancêtres.
Les Voix de Géorgie et A Filetta - crédit photo : Jean-Marie Colonna
Vendredi 18 septembre
1998, Calvi
Aghja Rossa (Corse)
Ces
jeunes chanteurs balanins issus des ateliers de l'association
"Ghjuventù in mossa" appartiennent également aux
confréries calvaises.
Voix de Géorgie (Géorgie)
crédit photo : Jean-Marie Colonna
Yann-Fanch
Kemener (Bretagne)
Le "pays" et ses légendes, les celtes et leurs
rêves, c'est son coeur, son âme, et chacune des
inflexions d ela voix singulère de Yann-Fanch Kemener nous
en fait don.
Huun-Huur-Tu
(République Tuva)
La République Tuva, au sud de la Sibérie, est une
région montagneuse de steppes et de taïga. Cette
terre a inspiré cette musique mystérieuse et
méditative.
Samedi 19 septembre
1998, Calvi
Concerts
dans la citadelle avec la
participation d'U Concordu de Orosei (Sardaigne), clôture
avec tous les participants.
Vocal Sampling (Cuba)
La réduire aux apparats de son décor, c'est l'amputer de son entière substance, lui refuser sa pleine existence."
Jean-François Bernardini
1999
: XIes Rencontres
![]()
Création MédiaTerra


Répétition à Calvi, septembre 1999
Mardi
14 septembre 1999, Théatre municipal de Bastia
Jean-Pierre Lanfranchi : Sogni à l'arrizà
Le Voci Atroci
Marcello Colasurdo e La Paranza Vocale : Il Cortile che canta
Du mercredi au vendredi : concerts de 18 h:
L'Alba, L'Aghja Rossa, Anghjula Dea, U Fiatu Muntese

Flying
Pickets
Tenores Antonia Mesina d'Orgosolo
The Helping Hand Gospel Singers

L'Alba - crédit photo : Jean-Marie Colonna
Chanteurs
de Tipa
(Tibet)
Dialogos (Croatie, Italie)
Soledonna et A
Filetta (Corse) : Canti, incanti e creazione
(Création Bruno Coulais)
Soledonna - Photo Studio Luisi
Vendredi 15 septembre 2000, Calvi
Ariodela (Italie)
Ariodela - Photo Studio Luisi
Tiharea
(Madagascar)
Bulgarka Junior (Bulgarie)
Samedi
16 septembre 2000, Calvi
Su
Concordu de Orosei, Ariodela,
confréries de Calvi
Patrizia Bovi, Gigi Casabianca et Francesca Breschi : Ogn'om
m'intenda
La géographie de l'imaginaire
A noter la formule concert-rencontre qui a pris une place majeure cette
année avec une affluence record et des spectateurs
enthousiastes, débordants de curiosité, de
désir de partage et de découverte : les
interventions de l'animateur Philippe-Jean Catinchi
ajoutèrent à cette édition en
permettant une meilleure compréhension des techniques
vocales et des traditions d'où qu'elles puisent leurs
sources.
Mais la polyphonie
ce n'est pas que la tradition : d'ailleurs
l'occasion fut donnée d'assister à des
créations : Himalaya ou l'enfance d'un chef,
bande originale d'un film signée Bruno Coulais,
donné en ouverture au théâtre de Bastia
et interprétée par A Filetta et
les Tibétains Tsering Lodoe et Gurgan
Kyap, le concert dans la cathédrale St Jean
Baptiste incontri et creazione, un duo
réussi entre A Filetta et le groupe de polyphonies
féminines Soledonna sur une musique de Bruno Coulais, et
enfin le concert-lecture autour de la tradition mariale
pièce intitulée Salve Regina,
création du Svegliu Calvese Le final aussi, s'inscrit dans
cette démarche avec le thème " La
géographie de l'imaginaire ", il surprit le public qui
était resté sur des répertoire festifs
avec Colarsurdo, Flying Pickets, Vocal Sampling, Voce Atroci. La mise
en scène et les lumières proposées
démontrèrent que le chant et lumières
peut pleinement imprégner un patrimoine et
s'imprégner de lui.
JF.
ROUCHON
(Source : http://membres.lycos.fr/jpas - Copyright All right reserved
CITADELLA MEDIA (tm))
2001 : XIIIes Rencontres
Mardi 11 septembre 2001, Bastia
A
Filetta (Corse)
Moines de Gyütö (Tibet)
Mercredi 12 septembre 2001, Calvi
Yann-Fanch Kemener et Aldo Ripoche (Bretagne)
Quatuor
Giovanna Marini (Italie)
Lo Cor
de la Plana (chant occitan)
Jeudi
13 septembre 2001, Calvi
Quatuor
Giovanna Marini (Italie)
La
Risonanza
A Filetta (Corse - Choeurs de Medea : création)
Vendredi
14 septembre 2001, Calvi
Lo
Cor de la Plana (chant occitan)
U
Fiatu Muntese (Corse)
Ensemble Baba Mirzayev (Azerbaïdjan)
L'Alba (Corse)
Moines de Gyütö (Tibet)

Photo Gérard Baldocchi pour Corse Matin
Jean-Paul
Poletti et le
Choeur d'hommes de Sartène
Samedi 15 septembre 2001, Calvi
Concert
promenade
Salve Regina
Final
Bnet Marrakech (Maroc)
![]() |
Nous
n'avions pas pris
l'abonnement complet cette année-là (quelle drôle d'idée !)
Nous avons ainsi
manqué, notamment, les excellents concerts d'Eva Quartet et
de la chanteuse algérienne Houria Aïchi...
Nous
avons
assisté aux concerts de Pino de Vittorio, A Filetta le jeudi
et Erotokritos le vendredi. Le samedi, avant le final nous avons
découvert Tempus Fugit.
Le final très africain regroupait les chanteurs et danseurs sud-africains de Colenso Abafana, la Malienne Nahawa Doumbia, l'Erythréenne Fatyinga et encore d'autres.


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|
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Mardi 16 septembre 2003,
Cathédrale Ste Marie à Bastia :
A Filetta
"Intantu"
Alim Qasimov (Azerbaïdjan)
Considéré comme un
phénomène vocal, Alim Qasimov chante le "Mugham",
forme musicale du IXe siècle comportant des morceaux
poétiques et des ballades sur l'amour, la guerre, la vie.
Assurd (Naples)
Ce groupe puise son inspiration dens la tradition de Campanie, des
Pouilles, de Calabre et du Lazio. "Tammurriate" ou chants a capella et
créations. Ces danses et chants sont de
véritables hymnes à la vie.
Mercredi 17 septembre
2003, Calvi
L'Alba
Sélectionnés au Printemps de Bourges 2001 dans la
catégorie "espoirs", les chanteurs de l'Alba allient les
chants profanes et sacrés issus de la tradition orale corse,
en sachant créer l'osmose entre polyphonie, rythme et
musique instrumentale.
Il en manque un pour faire un sextuor
Une des surprises des Rencontres que ce groupe de musique
vocale a cappella. Chants italiens de la Renaissance,
prières polonaises, standards de Cole Porter : un
répertoire très éclectique.
Antonella Morea et le groupe Media Aetas
Cette chanteuse napolitaine, qui a travaillé sous la
direction de Roberto de Simone, s'appuie sur la tradition de sa
région mais également sur ses
expériences jazzistiques, de même que le groupe
Media Aetas.
Assurd
Jeudi 18 septembre 2003
Jean-Claude Acquaviva et Danyel
Waro
Rencontre alléchante que celle du
réunionnais Danyel Waro et de Jean-Claude Acquaviva. Le
maloya, ancienne musique d'esclaves, combine des influences africaines,
malgaches et indiennes en un chant de révolte.
Alim Qasimov
Tavagna
"Canta Malcolm Bothwell"
Le musicologue et musicien anglais Malcolm Bothwell a
collaboré avec le groupe Tavagna sur trois pièces
musicales corses (a pesta, a Moresca, A l'Antigona).
Ma'allem Abdelatif el Makhsoumi (Maroc)
Un des derniers géants de l'envoûtante culture
Gnaoui marocaine. Les "Gnaouas" prêtent leur savoir ancestral
à un rite de possession nommé "lila"
(veillée).
Confrérie di a Pieve di a Serra
On ne dira jamais assez l'importance capitale des confréries
en Corse. Ces structures confraternelles constituent depuis toujours
des espace de tolérance et d'entraide. Elles sont aussi les
dépositaires d'un patrimoine exceptionnel de chants
sacrés.
Vendredi 19 septembre
Confréries Saint Antoine
Abbé et Saint Erasme
crédit photo : Jean-Marie Colonna
Ma'allem
Abdelatif el Makhsoumi
(Maroc)
A Filetta "Si di
mè"

Photo Denis Derond
Affiche conçue et réalisée par Area Communication (ZA Corbara 0495315405)
Compte-rendu
des 17es rencontres polyphoniques
du 13 au 17 septembre 2005
Ces
Rencontres ont vu le jour dans un contexte très difficile.
Le financement et la programmation ont été
bouclés in extremis, à telle enseigne que le
programme n’était disponible que 10 jours avant
l’ouverture. Alors que le Svegliu Calvese, dont on ne saluera
jamais assez le travail admirable accompli par ses
bénévoles, se débattait dans les
problèmes de financement, deux élus de la
Collectivité Territoriale dévoilaient le montant
de la subvention accordée sans aucun débat
à Michel Drucker pour son "Vivement dimanche" insipide
à Calvi : plus de 100.000 euros. Sans
commentaire…
Mardi 13 septembre
2005, Bastia
(Trop)
court concert
d’accueil d’A Filetta, qui
chante Beati, Kyrie, U Lamentu di Maria, L’Arditezza, deux
chants d’Himalaya, un extrait du Libertin, Rex, Pater Noster
et pour finir un Lamentu di Ghjesu bouleversant, avant
d’accueillir le 1er invité de ces 17es rencontres
: le groupe mongol Egschiglen.
Après de
nombreuses péripéties (perte et casse
d’instruments pendant le voyage), ce groupe
composé de 6 musiciens et une danseuse nous fait
découvrir sa musique très virtuose, par les
acrobaties vocales du khöömie (chant diphonique) mais
aussi sur le plan instrumental sur cithare, basse et luth à
deux cordes. Quelques aperçus de danse mongole où
l’on sent une certaine parenté avec Bali par
l’importance de la gestuelle des mains et des bras. Rythmes
chaloupés des caravanes, cavalcades des chevaux, traditions
chamanes sont également évoqués par
cette belle musique loin du folklore.

Mercredi 14 septembre 2005, Calvi Les
Rencontres de 18h s’ouvrent avec Madrigalesca.
Ce groupe à géométrie variable
composé ce jour de Gigi Casabianca (chant), Nicole Casalonga
(clavecin et chant), Anne Pellegrini (flûtes, dont la pivana)
et Joëlle Tomasini (chant) présente un lien
équilibré entre musique savante et musique
populaire. Très belles voix, notamment de Gigi et
Joëlle. Comme chaque année, les concerts de 18
heures donnent lieu à de passionnants échanges
entre les groupes et Philippe-Jean Catinchi. Le public peut
également poser des questions.
A
21h30, les chants d’A Filetta (U
Casticu, Figliolu d’Ella et A
Paghjella di l’Impiccati : la perfection)
accueillent Silvia
Malagugini et son groupe, la
Compagnie Nonna Sima.
La
démarche du groupe s‘apparente à
celle de Madrigalesca : mélange de « populaire
» et de « classique », de culture savante
et de tradition orale. Ces Mystères sont une rencontre entre
« Il Laudario di Cortona », recueil de laudes du
XIIIe siècle, Monteverdi, Stradella et les chants
traditionnels d’Italie du Sud, où des influences
multiples, notamment arabes, se font sentir.
Ca
débute au berimbau, on croirait entendre Nana
Vasconcelos, puis les deux hommes (Edmond Hurtrait et Fréderic
Lair) paraissent avec des bougies allumées qu’ils
disposent sur la balustrade. Le chant des deux femmes (Silvia et
Joëlle Faye) arrive du fond du chœur. Et nous
voilà embarqués dans l’histoire de
Marie, chant tour à tour baroque, arabisant, italien
populaire. Etonnant chant diphonique de Mathias Duplessy qui
joue
également de l’oud, de la guitare et des
percussions. Ovation méritée de l'auditoire.
Pour
conclure la
soirée, A
Cumpagnia,
composé de Nando Acquaviva, François-Philippe
Barbalosi, Laurent Barbalosi, Claude Bellagamba,
Jérôme Casalonga et Ceccè Guironnet, a
peut-être pâti de l’heure tardive et de
la programmation très riche de cette journée.
Le
chant puissant du
groupe de Pigna, enraciné dans la
tradition tout en recherchant des formes innovantes, a
séduit le public.
Jeudi 15 septembre 2005, Calvi Aux Rencontres de 18h était programmé le Warsaw Village Band pour un premier concert en formation restreinte : les trois femmes (Maya Mayall Klezcz, violoncelle et chant, Magdalena Sabczak, cymbalum, chant, et Sylwia Mazura Swiatkowska, violon, suka et chant) ont présenté leurs « voix blanches » mêlées aux instruments traditionnels, notamment le suka, violon se jouant avec les ongles. |
![]() Madrigalesca
![]() Warsaw Village Band |
Slaveï Quartet
Vendredi 16 septembre 2005, Calvi
A 18h le groupe marseillais Lo Cor de la Plana mené par Manu Théron a présenté son répertoire de chants sacrés de Provence ou plutôt ses « polyphonies trépidantes ».
Très surprenant chant scandé, trépidant effectivement, circulaire, parfois proche du rap, sur des textes évoquant notamment la vie d’Alexis, saint déchu, ou empruntant aux Noëls de Notre-Dame des Doms. Décapant ! Enfin, le Quartet Bulgaria Slaveï a recueilli les ovations du public enthousiaste. Ces quatre chanteuses (deux sopranos, une mezzo et… une basse) au physique imposant ont non seulement des voix admirables mais aussi un humour certain. Parées de leurs costumes traditionnels aux couleurs éclatantes, elles ont emballé le public. Leur répertoire puise dans les chants religieux aussi bien que dans les chants traditionnels profanes. Technique vocale parfaite.
Et pour finir, elles ont annoncé « une surprise pour nos amis d’A Filetta ». Et ont entonné « A Violetta » dans un corse parfait. La Cathédrale debout les a acclamées !
Lo Cor de la Plana
Le soir, le temps étant menaçant, le spectacle initialement prévu sur la Place d’armes se déroulait dans la Cathédrale.
Le
Cuncordu de
Orosei (Patrizio Mura, Piero Pala, Massimo Roych,
Mario
Siotto et Gianluca Frau) présentait "Cola Voche" avec un
violoncelliste hollandais, Ernst Reijseger et un percussionniste
écossais, Alan Purves. Très étonnant
quant on connaît l’attachement des sardes au chant
traditionnel, ici subverti par le jeu complètement
dément du violoncelliste, qui utilise son instrument de
toutes les manières possibles (en accords comme une guitare,
en grattant les cordes avec une clef, en l’utilisant comme
une percussion…)
Pour finir, le Warsaw Village Band au complet a
enflammé la Cathédrale. Concert très
différent de celui de la veille, très
rythmé, avec des influences multiples. Le " bio techno"
polonais, sorte de transe cadencée par les percussions, les
violons nerveux et les voix fortes des chanteuses. Une fois de plus, le
public était debout.
Françoise COULOMB : Lever de soleil sur la citadelle
U Fiatu Muntese
(photo Pierre Casanova)A 18h leur succédait U Fiatu Muntese (dont l’un des chanteurs est d’ailleurs membre d’une Confrérie).
Depuis ses débuts en 1994, ce groupe devient meilleur chaque année.
Le concert de 17 septembre était magnifique, mêlant chants a cappella et compositions avec instruments : O Salutaris Hostia, Nannina géorgienne, Perdono mio Dio, une Paghjella, L'Ecclesiaste de J.C. Acquaviva, O Mà, Corciu Paese, un tango..
Le final s’annonçait étonnant : 42 enfants de Calvi devaient jouer sur la Place d’Armes
« Fantastica, la Grammaire de l’imagination », mise en scène par Orlando Forioso sur la base de textes de Gianni Rodari. Et Paul Giansily nous avait promis une surprise…
La pluie battante a malheureusement contraint les organisateurs à modifier le programme en dernière minute : à la Cathédrale, Lo Cor de la Plana et le Cuncordu de Orosei précédaient A Filetta, pendant ce temps les autres groupes chantaient à l’Oratoire.
Après d’excellentes prestations des groupes marseillais (encore plus délirant mais tout aussi talentueux que la veille) et sarde, A Filetta nous a offert sa surprise : quelques extraits de Si di Mè, avant de présenter les chants du spectacle théâtral.
Photo Corse matin
Nous étions prévenus, mais la surprise fut grande de découvrir A Filetta dans un registre tout à fait nouveau : le comique. Fous rires du public en voyant Paul déchaîné prendre la voix et les mimiques d’une sorcière, du petit chaperon rouge, d’un garçonnet… Tout le groupe s’amusait visiblement en chantant l’histoire de Pasqualinu-qui-perd-tout, évoquant tour à tour Tarzan, le Père Noël et pour finir « le plus fou des corses », Napoléon.
Après cette soirée animée, le déluge qui s’est abattu sur Calvi, transformant les rues de la citadelle en torrents, n’a même pas réussi à doucher l’enthousiasme des spectateurs.Pour conclure, malgré les problèmes cités plus haut, en dépit des intempéries, une réussite éclatante, une programmation pertinente et audacieuse, avec en fil conducteur : une création prolongeant et renouvelant la tradition. Pour reprendre les termes de Jean-Claude Acquaviva : « La tradition n’a de sens que si elle continue d’être le reflet d’une communauté qui avance». Il appartient maintenant au public d’aider à pérenniser ces Rencontres « en faisant progresser l’idée qu’un vrai partage ne peut trouver d’écho favorable dans ce qui pourrait s’apparenter à une logique d’animation ».
Affiche conçue et réalisée par Area Communication
Pour limiter le temps de chargement, les années suivantes sont chacune sur une page séparée.

(merci à Max pour ses explications)
Les
Rencontres Polyphoniques de Calvi :