Puesia / Poésie

Mise à jour le 12 août 2007

Poésie et chant sont intimement liés en Corse, terre de tradition orale. Depuis les années du riacquistu, les échanges ont été incessants. Ecrire pour le chant est également pour les poètes contemporains un moyen privilégié d’être entendu. Des auteurs comme Ghjacumu Fusina, Thiers, Rocchi, et bien d'autres, ont écrit pour des groupes ou des chanteurs. Sans parler de ceux qui, comme Patrizia Gattaceca ou Jean-Claude Acquaviva sont à la fois d'authentiques poètes et des chanteurs de renom international.  
Auparavant, des poètes s’étaient quelque peu affranchis du chant, et certains ont publié une œuvre littéraire très aboutie. Clin d’œil de l’histoire, ces textes ont été retrouvés et chantés par de nombreux groupes ou chanteurs, comme Antoine Ciosi ou A Filetta, qui rend hommage à Anton Francescu Filippini en reprenant Cose Viste, Memorie ou Visioni care.

La production poétique d'aujourd'hui manifeste souvent chez des poètes connus comme paroliers, le souci de s'affranchir quelque peu de cette longue complicité avec le chant.

Anton Francescu Filippini

Petite sélection de poètes corses contemporains :


La dédicace de l'auteur

Qui connaît et lit cette littérature corse qui depuis plus d'une centaine d'années tente de faire entendre sa voix au milieu d'un océan de publications françaises ? Les dernières années disent avec force son essor. Grâce à nos polyphonies, chacun connaît la richesse de notre tradition orale à côté de créations contemporaines qui chantent notre île et nos valeurs. Nous avons aussi quelques poètes remarquables dont la voix méritait d'être traduite et entendue au-delà de nos frontières. Il se trouve que, dans un espace restreint, le Corse est simultanément agrippé par deux infinis : l'espace, à travers la mer qui tourne ses regards vers l'horizon ou la montagne dont les cimes se détachent dans un ciel pur, et le temps qui rattache l'individu à une histoire d'où le mythe n'a pas encore été tout à fait chassé. Conjonction somme toute bien Méditerranéenne, dont chacun des onze auteurs fait entendre une modalité, grâce à PHI (Luxembourg) : Ghjacumu Biancarelli, Marcu Biancarelli, Rinatu Coti, Ghjacumu Fusina, Patrizia Gattaceca Dumenicantone Geronimi, Alanu di Meglio, Pasquale Ottavi, Lucia Santucci, Ghjacumu Thiers.

Francescu-Micheli Durazzo

La présentation de l'éditeur

«Pourquoi écrire de la poésie en corse et pas en français ? Peut-être s'agit-il d'une sorte de besoin charnel, le besoin de respirer le parfum de la pierre chaude, celui de la délicieuse pâte qui envoie ses bouffées odorantes, besoin aussi de se souvenir de l'affection des mères et des grands-mères. Poiesis : faire, et faire en corse, ne serait-ce pas finalement faire en être humain ; faire en homme ?»

Pasquale Ottavi

Petru LECA : Instants tannés - Illustrations CHISA
Stamperia Sammarcelli

Marcellu V. ACQUAVIVA (1923-2002) : Lune
Stamperia Sammarcelli



Norbert PAGANELLI (1954)

Originaire de Sartène, Norbert Paganelli a publié son premeir recueil "Soleil entropique" en 1973, puis édite en 1977 une première plaquette en langue corse : "A strada, a Vulpi è u Banditu" (dont le poème éponyme a été repris par le groupe Canta u Populu Corsu dans son disque Festa Zitellina), puis "Sept chants pour l'amnistie" en 1979 et "A Petra Ferta" en 1981 et enfin "A Fiara".


Il vient de publier Invistita (Errance) Poèmes en langue corse, regroupant ses textes publiés dans différents ouvrages se trouvent ici.

Invistita est un recueil en 4 parties qui se présente tout à la fois comme une somme et le signe avant coureur d’un nouveau départ. Dans cette langue rude et belle de l’Alta Rocca, un poète du temps présent nous fait partager une perception du monde. L'esthétique n’y est pas absente, l’intransigeance non plus.

Norbert vient de créer son site, c'est ici : http://invistita.fr/