La branche maternelle de notre famille étant originaire de Sartène, je me devais de commencer cette rubrique par "la plus corse des villes corses", selon Mérimée.
La commune de Sartène est une des plus vastes de France, puisqu'elle s'étend sur 20 000 hectares, entre Rizzanese et Ortolo.
De très nombreux vestiges attestent de l'occupation humaine préhistorique du Sartenais.
En plusieurs endroits du territoire de la commune, on a découvert des menhirs et dolmens :
au nord de la ville, les deux menhirs U Frate e a Sora proche du Rizzanese et du pont génois Spin'a cavallu ;
au sud-est en direction de Tizzano, de nombreux menhirs dont l'alignement de Pagliaju ;
au sud, le dolmen de Fontanaccia, l'alignement de Stantari et celui du Renaju.
Sartène,
d'abord pieve pisane, fut fondée par les Génois
en 1507, après l'élimination de Rinuccio della
Rocca. Son nom proviendrait d'un lieu-dit local et aurait la
même origine lointaine (peut-être
étrusque) que "Sardaigne". Le premier noyau de peuplement
fut le quartier d'u Pitraghju.

Au
temps de Sampieru, Sartène, dirigée par les "sgii",
resta fidèle à Gênes. Les sampieristes
s'en emparèrent en 1565. Redevenue génoise, elle
résista aux rebelles des révolutions du XVIIIe
siècle.
Dans les années 1550-1552, Gênes fit construire des remparts. A cette époque, l'entrée de la ville se faisait sous la loggia, ce qui a donné son nom à la place Porta. Ce sont les expéditions du Turc Dragut qui poussèrent les Génois à construire une cité fortifiée où pourraient se réunir tous les habitants des hameaux environnants. Malgré la victoire de Lépante (1571), les raids barbaresques connaissent une recrudescence. Le réseau des tours littorales chargées d'alerter les populations d el'intérieur est loin d'être achevé. Les fortifications de Sartène n'arrêtent pas les Barbaresques d'Hassan Veneziano qui en mai 1583, emmenèrent les deux tiers de la population (soit environ 400 personnes) en esclavage. La ville fut repeuplée par les paysans des villages environnants.
A partir de 1630, un nouveau bourg ("u Borgu") fut
construit hors des murailles pour loger les journaliers qui
travaillaient dans les grandes propriétés
foncières. Giafferi conquit la ville en 1732
après avoir battu le corps expéditionnaire
autrichien.
A l'époque de Pascal Paoli, les notables interdirent la région au généralissime (Consulte d'Istria - 1758), avant d'accepter finalement son autorité en 1763.
L'histoire de Sartène fut toujours agitée : luttes des paysans de la montagne contre les gros propriétaires terriens, luttes au XIXe siècle entre les habitants des quartiers du Borgu (taravais d'origine) et ceux de Sant'Anna (Sartenais de souche), vendetta entre les Roccasera et les familles Ortoli et Pietri...

Après la période sanglante et troublée du premier tiers du XIXe siècle, Sartène et sa région connnaîssent une série de transformations décisives : désenclavement routier et maritime, forte croissance agricole. Dans l'entre-deux-guerres, la population urbaine connaît un rapide renouvellment. Alors que l'exode rural prend d e l'importance, de nombreuses familles paysannes s'établissent en ville, et une classe moyenne de petits commerçants, d'employés et d'enseignants se développe.
Les relations sociales dans l'île n'ont jamais présenté les inégalités constatées en Sicile ou même en Sardaigne, la nature montagneuse ne permettant
guère les propriétés latifundiaires et les grandes fortunes agricoles.
Pourtant, à Sartène, les rapports sociaux gardèrent longtemps un aspect très inégalitaire.
On s'adressait aux « sgiò » la casquette à la main et le regard baissé.
Ce qui explique sans doute la vigueur des affrontements politiques, avec la lutte
des ouvriers agricoles contre les sgiò, et un fort ancrage à gauche de la ville.
Sartène,
au coeur de la terre des Seigneurs, fut le berceau de Pierre-Marie et
Joseph Pietri, tous deux préfets de police sous le Second
Empire, de Nicolas Pietri et de François Pietri, ministre de
la Marine dans l'entre-deux guerres.

AUx vieilles allégeances claniques se superposent dans les années 20 des engagements idéologiques nettement affirmés. Une première section de la SFIO est créée en 1926. Le Parti communiste se renforce dans les années trente. Le débat politique est très rude pendant le Front Populaire, avec des grèves d'ouvriers agricoles dans l'Ortolo.
C'est ainsi que Sartène, vieux bastion de traditions nobiliaires, deviendra une "ville rouge" dans un arrondissement rural marqué à droite, et qu'à la Libération, c'est un socialiste,
mon grand oncle Jacques Bianchini, qui en fut le
député. La mairie fut jusqu'à
ces dernières années, qui virent M. Gori battre
Dominique Bucchini, un fief de la gauche, socialiste puis communiste.
Sartène domine la vallée du Rizzanese de ses hautes maisons de granit gris. A partir du vieux quartier de Manighedda, la ville s'est agrandie vers Sant'Anna, le Borgu et Pacialedda.
On entre à Sartène par le pont de la Scalella, au pied de la vieille ville, construite sur d'énormes blocs rocheux. Le centre de la ville est la Place de la Libération (plus couramment désignée par son ancien nom de Place Porta). Ombragée de palmiers et d'ormes, c'est le lieu de rencontre des Sartenais. La place est dominée par l'hôtel de ville, ancien palais des gouverneurs génois, et par l'église Ste-Marie où sont exposées la croix et la chaîne portées par le pénitent du Catenacciu. En passant sous la voûte de l'hôtel de ville, on pénètre dans le quartier de Santa Anna, par la place du Maggiu, avec en face la rue des Frères Bartoli, et à gauche la rue Caramama. En descendant, on accède à l'échauguette du XIIe siècle, vestige des murailles qui enserraient la ville.
Face
à la place Porta, le cours Bonaparte traverse le quartier de
Pacialedda avant d'arriver à l'énorme rocher dit "U
Cantone di Francia", d'où partent la route de
Granace (à droite) et celle de Tallano et
Aullène, qui rejoint le Rizzanese après le hameau
de a Castagna.
La rue
principale - Sant'Anna avant la Place Porta, Cours Soeur
Amélie au-delà - aboutit à un
rond-point où s'embranchent, à gauche la route de
Foce, à droite, le cours St Damien, belle promenade
ombragée ménageant une belle vue sur
Sartène avant d'atteindre le couvent St Côme et
Damien qui surplombe la vallée. Au-delà, peu
avant Bocca Albitrina, le cimetière s'étage
à flanc de colline. C'est pour moi un lieu
émouvant, car mon grand oncle Jacques Antoine Bianchini
(1901-1988), son épouse et sa fille, y reposent, ainsi que
mes arrière grand-parents Jean Bianchini "detto Biondo"
(1877-1929) et Marie-Louise Tafanelli (1874-1930) .
La petite route de Mola offre également de belles vues sur
la ville et le golfe de Valinco.
"Cità altera, cità maiò, arritta è fiera, cità di isgiò
Fatta par sparta, fatta par dà, campà sempri in cumunità
A li to peda, lu Rizzanesi, fiumu sacrata di i Sartinesi,
Si scola lindu in la piana, da u Tallanesu sin'à Prupià
Stendi u so sguardu, sin'à a muntagna, quassù li forchi, duva và l'altagna
Zonza, Bavedda è Surbuddà sò li paesi ch'edda vedi in dà."
"SARTÈ", Antonu Marielli
Au pied du col de Celaccia, Sollacaro est le berceau de notre famille paternelle. Ce village, qui a sur son territoire deux sites préhistoriques de premier plan, Filitosa et Calanchi-Sapara Alta, se compose de plusieus quartiers : Panconu, Livisanu, i Torri, Casanova, A Teppa, Amedina, Lomellino, Poggionovo et Mezzu in Sù.
Sollacaro fut l'ancienne résidence des seigneurs d'Istria. Boswell rencontra Pascal Paoli à Sollacaro en novembre 1765. C'est là aussi qu'Alexandre Dumas a situé l'action des Frères corses.
Situé à 460 mètres d'altitude, au milieu d'oliveraies, le village de Santa Lucia di Tallà fut la capitale féodale de la Rocca et de la pieve de Tallano (ou Attallà). Elle fut mise à sac par les Barbaresques en 1583.

Regroupant les villages de Poghju et de Sant'Andria, Sta Lucia est un très beau village ouvert sr la vallée du Rizzanesi, avec ses quartiers Cuddetta, a Ricciaghja et a Bastiglia.

A Ste Lucie on peut voir le couvent Saint-François du XVe siècle, l'église paroissiale du XVIIe siècle à nef unique, la maison fortifiée (a Casa turra) du XVIe siècle, dotée de mâchicoulis et de meurtrières, et l'église romane de Saint-Jean Baptiste au hameau de Poggio di Tallano.

Enfin, ne pas manquer la diorite orbiculaire (a petra occhjata) ornant le socle du monument aux morts au centre du village sur la Piazza di l'Ulmu, et une visite au très intéressant musée de l'huile d'olive dans l'ancien fragnonu. Une Festa di l'Oliu Novu se tient tous les ans début mars à Ste Lucie. Le Vendredi Saint se déroule, comme à Sartène voisine, un Catinacciu.
Non loin de Sta Lucia, les Bains de Caldani (Caldane) soignent les maladies de peau et les rhumatismes, ou tout simplement permettent un moment de détente.

Histoire :
Sur l'actuel territoire de la commune, des communautés grecques, romaines, pisanes et turques se sont installés.
Peuplée d’environ 3 200 habitants, cette commune dépasse les 20 000 âmes en été.
Protégé des vents dominants d’ouest, son plan d’eau semble avoir été fréquenté dès l’époque romaine. De nombreuses monnaies, vestiges d’habitations ou sépultures mises au jour, laissent à penser que cette bourgade antique pourrait être Pauca, positionnée sur la carte de Ptolémée au IIème siècle de notre ère.
Au début du XVIème siècle, cette modeste escale (dépendante de la Piève de Fozzano), vide d’habitations et d’habitants pour cause d’insécurité barbaresque accueillait les navires bonifaciens ou ajacciens venus charger le blé, l’orge et l’huile de la plaine di A Varia (aujourd’hui nommé Tavaria).
Le 12 juin 1564, deux navires venant de Provence débarquent ici, avec à leurs bords Sampiero Corso et 70 de ses compagnons, désireux d’enlever la Corse aux Génois.
Vers 1767, à la demande de Pasquale Paoli, on élève une importante tour, Torra Nova, utile à la défense de cette portion du littoral.
Puis, Propriano va accélérer son développement, entre 1838 et 1845, avec la construction d’une première jetée de 150 m sur les rochers de Scogliu Longu.
Le développement de l’axe routier d’Ajaccio vers tout le sud de l’île permettra au port de Propriano de supplanter peu à peu celui de Tizzano.
Désenclavée, la cité obtient le 28 juin 1860, par la grâce de Napoléon III, sa séparation d’avec Fozzano et son autonomie communale.
Avec son port de commerce comprenant deux jetées et un quai accostable, elle devient à la fin du XIXème siècle un point de liaison pour les bateaux à vapeur. Avec le développement touristique de la fin des années 50, la cité du Valinco avec ses plages, ses criques, ses loisirs, devient une station balnéaire de renom.
Le blason de la ville : « Au premier d'argent à la tour soudée d'or, au second d'azur au poisson d'argent renversé en pal ; à la vergette de gueules brochant sur la partition. »
Ce beau
village, situé à mi-chemin entre L 'ile Rousse et Calvi,
surplombe la baie de Calvi.
Il s'étale en belvédère face
au golfe de Calvi, avec ses maisons à arcades et ses ruelles abruptes et voûtées.
Au centre du village,à l'extrémité‚ d'une place surplombant la route
nationale, s'élève l'Eglise St Antoine construite en 1590. Devenue trop petite pour
abriter la paroisse, elle fut transformée en
confrérie.
Une nouvelle église fut construite par les villageois eux-mêmes: l'Eglise paroissiale Ste Marie.
D'un baroque dépouillé, elle date de 1800. L'actuel clocher en pierres de taille, haut de 36m, date de 1880.
A
1 km en contrebas du village, s'élève une superbe construction datant
du Xie siècle: la Chapelle romane Saints Pierre et Paul. En granit
rose, elle est classée monument historique. Sa facade est
ornée de deux têtes de lion qui encadrent le linteau monolithique de la
porte.
Dans le haut de village, on ne manquera pas de remarquer deux constructions remarquables :
- U Carubbu, massive construction de pierres couronnée d'arcades, édifiée
au XVIIIe siècle par l'abbé Ignace Colonna de Leca pour abriter les
indigents et servir d'école aux enfants.
- Au pied du monte Bracaju s'élève la majestueuse Tour Lomellini.
En pierre de taille, entièrement restaurée par son locataire, elle date
de 1575 et a été édifiée pour des raisons stratégiques, tout comme
celles de Spanu et de Caldanu en bord de mer.
Le village d'Occi
Calé sur une éminence rocheuse, à 377m de hauteur, le petit village ruiné
d'Occi (Oggi en langue corse) est un lieu de promenade très intéressant.
L'histoire de ce village remonte au XVe siècle, à une époque où les
côtes n'étaient pas sûres. Ce sont les habitants d'un village situé
sur le littoral au lieu dit Spanu, fuyant les Sarrasins, qui
déserteront le
site pour s'installer sur le promontoire d'Occi. Mais le village
commença à décliner au XVIIe siècle, de telle sorte que le 29 Avril
1852, la commune d'Occi, ne comptant plus que 62 habitants, sera
rattachée à celle de Lumio. Le dernier habitant, Félix Giudicelli y est
mort en 1927.
Le site est très émouvant, avec ses maisons en ruine
et ses deux aires de battage, et offre de plus une saisissante vue
panoramique sur la baie de Calvi
A lire absolument :
In Lumiu tandu, Albiana, cercle d'Etudes et de Recherches historiques de Lumiu.
Curbara est l'une des cinq communes du canton de L'Île-Rousse ou bassin de vie de L'Île-Rousse qui comprend les autres communes de L'Île-Rousse, Corbara, Monticello, Pigna, et Santa-Reparata-di-Balagna.
Curbara faisait partie de la piève d'Aregnu devenue pieve de Sant'Angelo jusqu'à la Révolution puis fut le chef-lieu du canton d'Ile-Rousse de 1789 à 1828..
Avec ses deux proches hameaux, U Borgu à l'ouest et Pietralta au nord, Corbara forme un bourg construit à une altitude moyenne de 273 mètres. Le village est bâti autour de l'église-collégiale A Nunziata. Il est pittoresque par ses places, ses fontaines, ses passages voûtés, ses lavoirs et ses nombreux édifices religieux : une collégiale, un oratoire et quatre chapelles dans le village même.
La Marine de Davia, à la fois station balnéaire et espace résidentiel privé est située sur le territoire de la commune.
La population occupe aussi d'autres hameaux sur la commune :
Carbunaghja et Curzo au NO et, en contrebas du village, Fogata à l'entrée de L'Île-Rousse.
570 hab., 930 ha, commune de Haute-Corse en Balagne, dans le canton de Belgodère 12 km au SO de L'Île-Rousse. Le village est réputé pour son église classée de la Trinité, polychrome et ornée de fresques et de sculptures, à toit de lauzes (teghje), ainsi que pour ses vergers d'orangers et de citronniers, et pour ses amandiers (foire annuelle). Le finage atteint la mer dans la baie d'Algajola, à l'est de celle-ci. Il a existé une piève d'Aregno avant le 18e s., qui faisait partie des Cinque Pieve.
Sant' Antonino est situé au coeur de la Balagne, planté à 500 m d'altitude, sur un piton granitique à proximité de L'Île-Rousse et de Calvi entre mer et montagne. Le village domine la plaine d'Aregno d'un côté, une partie de celle du Reginu de l'autre. Véritable nid d'aigle, il est composé de 75 demeures environ, soudées les unes aux autres, et qui s'enroulent autour d'un piton granitique formant un embryon de labyrinthe pour mieux résister à l'éventuel envahisseur.
De par sa position, on dit qu'il est visible de toute part en Balagne.
Histoire
Village du IXe siècle, fondé par Ugo Colonna. Son établissement au sommet de la colline permettait de s'y réfugier et de s'y défendre au moment des invasions Mauresques. Si certains comparent son architecture à un nid d'aigle, c'est en fait plutôt un escargot car les maisons se sont construites en vagues descendantes.
Son église fut elle construite au XIe siècle. Auparavant, les habitants descendaient à la chapelle de Cateri pour y célébrer les offices. Longtemps cette chapelle a été un point de discorde entre ces deux villages.
A l'entrée et au bas du village, on lit sur un panneau "Sant Antonino l'un des plus beaux villages de France". Son architecture pittoresque est unique en Balagne. On y circule par d'étroites ruelles empierrées et un réseau de galeries voûtées, le tout formant une spirale descendante. Sur le parcours permettant d'accéder au sommet du piton rocheux sur lequel il a été bâti, une placette portant la plaque Piazza di u Duttore Paul Savelli Spinosi. On y découvre une vieille petite chapelle. Juste au dessus, un ancien four à pain sur le passage voûté menant au restaurant I Scalini, l'un des quelques établissements permettent à la saison de se restaurer et de se rafraîchir.
Edifices religieux
Église de l'Annonciation, du XIe siècle, sur la grande place, au pied et hors du village. Entre, un parking payant a été aménagé pour le stationnement des véhicules automobiles et autocars très nombreux en période estivale. A savoir que toute circulation est interdite puisque impossible dans le village.
Dans cette église paroissiale, quatre tableaux, tous propriétés de la commune, classés MH en 1998 :
« La Déposition de croix avec quatre donateurs » du 17e, classé MH en 1992[1],
« La Fuite en Egypte » du 18e[2],
« Les Ames du purgatoire » non daté[3],
« La Vierge au rosaire avec saint Dominique et sainte Catherine de Sienne » de la fin 18e[4].
Chapelle de Confrérie, voisine de l'église de l'Annonciation
Chapelle Sainte-Anne et des Bergers, en bas du village
Chapelle Lavasina sur la place du même nom (ou Piazza di u Duttore Paul Savelli Spinosi), située versant ouest du piton (côté Aregno), sur la venelle menant au sommet du village.
Speloncato est une commune de Balagne, l'une des dix-neuf communes du Canton de Belgodère, adhérente à la Communauté de communes di E Cinque Pieve di Balagna, en limite du Parc naturel régional de Corse.
La commune s'étage sur près de 1 300 m de dénivelée, depuis la plaine du Reginu au nord, jusqu'au Monte Tolu au sud, lui conférant une orientation générale nord.
La chaine du Monte Tolu marque la limite du Parc naturel régional de Corse à l'intérieur duquel se trouve la vallée voisine du Giunssani. En amont du hameau de Reginu, le fleuve Reginu est barré par la retenue d'eau de Codole, une réserve d'eau de plus de 6 millions de m³ destinés à l'irrigation agricole et à l'approvisionnement domestique en saison estivale. Seule la partie orientale du barrage appartient à la commune, la partie Sud appartenant à Feliceto et le reste à Santa-Reparata-di-Balagna.
Article détaillé : Lac de Codole.
Le climat est fonction de l'altitude et de l'exposition : climat mésoméditerranéen à oliviers au nord, en fond de vallée, et climat montagnard à végétation arbustive au sud, aux environs du Monte Tolu. Du village au col de Battaglia (1099 m - Pioggiola), les flancs de la montagne pauvre et aride, offrent des paysages désolés de cistes ras et de calicotomes épineux, au milieu desquels poussent quelques hellébores.
Au cours du XXe siècle, de nombreux incendies ont mis à mal la végétation arborescente jusqu'alors dominante sur la commune, notamment l'ancien système agroforestier à base de châtaigniers, amandiers et arbres fruitiers.
Le village de Speloncato est bâti sur un piton rocheux culminant à 553 m d'altitude, dominant la vallée du Reginu. Il tire son nom du fait qu'il est bâti sur des grottes (spelonche) creusées dans le sous-sol.
La commune comprend deux hameaux : Dom'altu, à flanc de coteau, et Regino (Reginu), situé au bord du fleuve Reginu.
Speloncato a été occupé dès l'époque néolithique comme l'atteste de nombreux vestiges sur plusieurs sites du territoire communal.
A cette époque, la fertile plaine qui s'étend au Nord du village était déjà en partie cultivée.
C'est prés de celle- ci que s'est développé l'habitat en période de paix, notamment au lieu-dit Guistiniani.
A cet endroit un village se développe à partir de l'âge du bronze et à l'époque romaine il est doté de thermes au lieu dit "I Bagni" (les bains).
La fin de l'époque romaine voit une longue période d'insécurité en Corse et le village perché de Speloncato se développe à partir de cette époque.
"I Bagni", les restes du "caldarium"
Cette dualité (village perché de défense, village de plaine plus facile économiquement) va durer jusqu'au XVI° siècle.
Le XVI° siècle fut particulièrement tragique pour la Corse (peste, guerres, ...) et les habitants de Giustiniani se réfugièrent petit à petit à Speloncato, abandonnant leur village de plaine. Ils gardèrent toutefois leur paroisse, c'est ainsi qu'aujourd'hui encore, Speloncato est doté de deux églises.
Du XVII° au XIX° siècle, Speloncato continu de se développer, son économie, principalement basée sur les cultures du blé et de l'olivier, lui permet de prospérer et au début du siècle le village compte plus d'un millier d'habitants.
La première guerre mondiale, puis les impératifs de l'économie moderne ont dépeuplé le village ensuite, il n'y avait plus qu'une centaine d'habitants dans les années soixante.
Aujourd'hui Speloncato, grâce au tourisme et à la renaissance de l'agriculture identitaire, connait un regain d'activités et sa population est aujourd'hui stabilisée autour de deux cents habitants.
La visite de Speloncato commence par le village lui même, c'est un lieu de refuge depuis des millénaires (on y a retrouvé du mobilier d'époque néolithique). On y remarquera un souci défensif caractéristique; passages voûtés, dédale de ruelles étroites aux maisons hautes qui, il y peu de temps encore, ne comportait pas de fenêtres au rez-de-chaussée.
Au sommet du village, dominé par le quartier de la Cima, on admirera la vue s'étendant par delà la plaine du Regino jusqu'à la mer. A cet endroit s'élevait jadis un château féodal, construit au X° siècle.
On remarquera au loin vers l'Ouest, la "Petra Tafunata", le rocher percé, à travers lequel le soleil apparaît au coucher, peu après l'équinoxe de printemps et peu avant celui d'automne.
Enfin on s'attardera particulièrement sur l'église San Michele, édifice baroque du XVII° siècle. Eglise de la piévanie de Tuani au XVII°, elle est promue collégiale au XVIII°. On y verra les tabernacles en bois sculpté du XVII° et surtout les orgues, récemment restaurés, et leur tribune, oeuvre d'un Speloncatais au début du XIX°. Dans la crypte en sous-sol on pourra découvrir le tympan monolithique de granite, sculpté en bas-relief. Datant du X° siècle, il provient de l'ancienne église de San Stefanu de Giustiniani qui a aujourd'hui totalement disparue.
Quand à l'église se trouvant sur la place du village, Santa Catalina du XVII° siècle également, elle fut jadis l'église des habitants de Giustiniani, qui conservèrent toutefois leur église paroissiale dans l'ancien village de Giustiniani et ce jusqu'au milieu du XVIII° siècle. Elle fut ensuite le siège de la confrèrerie et elle abrite aujourd'hui l 'école, la mairie et la poste et sera bientôt dotée d'une salle polyvalente.
Le tympan de San Stefanu
On pourra découvrir "I Bagni", les thermes romains du Regino, et le site de l'ancien village de Giustiniani en parcourant un sentier de promenade (2 heures30 de marche) partant de Speloncato. Il descend vers la plaine en empruntant le chemin traditionnel qui reliait le village aux zones cultivés. Par endroit empierré et même dallé ce sentier fut emprunté quotidiennement pendant des siècles par les villageois allant travailler la terre. Deux chapelles se dressent sur son parcours; "San Roccu", probablement du XVI° siècle, devait protégé le village de Speloncato des épidemies de peste. Plus bas, "San Filippu" du XVIII° siècle reste bien conservée.
Belgodère (Belgud en Corse) est un petit village français, situé dans le département de la Haute-Corse et la région de Corse. le village de Belgodère est le chef-lieu du canton. Ses habitants sont appelés les Belgodercecci.
La commune s'étend sur 13 km² et compte 487 habitants depuis le dernier recensement de la population. La densité de population est de 37,4 habitants par km² sur la commune.
Entouré par les communes de Occhiatana, Palasca et Olmi-Cappella, Belgodère est situé à 38 km au Sud-Ouest de Bastia la plus grande ville à proximité.
Situé à 326 mètres d'altitude, le village de Belgodère a pour coordonnées géographiques Latitude: 42° 35' 8'' Nord
Son territoire est une langue de terre partant d'une haute ligne de crête, celle délimitant le Parc naturel régional de Corse au sud, fuyant vers la mer au nord. Il est compris entre celui de Occhiatana de l'ouest jusqu'au sud, et ceux des grandes communes de Palasca à l'est et d'Olmi-Cappella au sud-est. Avec cette dernière ses limites sont très courtes, marquées par le ruisseau de Cava juste au sud des ruines de la chapelle San Antonio à 803 m d'altitude.
Au nord, comme ses deux voisines Occhiatana et Palasca, la commune possède une façade maritime. Belgodère partage la grande plage de sable de Lozari (la deuxième en dimensions après celle de Calvi) avec Palasca, leurs limites divisant territorialement le V.V.F. de Lozari.
Si la partie orientale de la plage est fréquentée par les résidents du V.V.F., la partie occidentale est accessible à tous. Elle est dominée par une tour génoise ruinée.
Le village de Belgodère est un balcon sur la vallée du Regino, du nom du petit fleuve côtier fiume di Regino qui l'arrose et qui a son embouchure au pied de la tour de Lozari. Sur son cours un barrage de retenue d'eau, le lac de Codole que se partagent les communes de Feliceto, Santa-Reparata-di-Balagna et Speloncato, a été dressé pour satisfaire en eau les besoins des agglomérations en période estivale.
Lozari est le hameau le plus important de Belgodère. Situé en arrière d'une remarquable plage de sable, la plage de Lozari, il est en train de se développer rapidement, tout comme la partie orientale de la plage qui appartient à Palasca. De nombreux constructions, destinées essentiellement à la location saisonnière y ont vu le jour, venant s'ajouter au V.V.F. existant depuis plusieurs décennies.