Paesi / Villages

Dernière mise à jour de la page : 12/05/2007

 
 

La branche maternelle de notre famille étant originaire de Sartène, je me devais de commencer cette rubrique par "la plus corse des villes corses", selon Mérimée.

Sartène (Sartè)

La commune de Sartène (Sartè) est une des plus vastes de France, puisqu'elle s'étend sur 20 000 hectares, entre Rizzanese et Ortolo.

Sartène, d'abord pieve pisane, fut fondée par les Génois en 1507, après l'élimination de Rinuccio della Rocca. Son nom proviendrait d'un lieu-dit local et aurait la même origine lointaine (peut-être étrusque) que "Sardaigne". Le premier noyau de peuplement fut le quartier d'u Pitraghju.



En 1520, Gênes fit construire des remparts. A cette époque, l'entrée de la ville se faisait sous la loggia, ce qui a donné son nom à la place Porta. En 1583, presque toute la population fut emmenée en esclavage par les Barbaresques d'Hassan Veneziano. La ville fut repeuplée par les paysans des villages environnants. Au temps de Sampieru, Sartène, dirigée par les "sgii", resta fidèle à Gênes. Les sampieristes s'en emparèrent en 1565. Redevenue génoise, elle résista aux rebelles des révolutions du XVIIIe siècle.
A partir de 1630, un nouveau bourg ("u Borgu") fut construit hors des murailles pour loger les journaliers qui travaillaient dans les grandes propriétés foncières. Giafferi conquit la ville en 1732 après avoir battu le corps expéditionnaire autrichien.
A l'époque de Pascal Paoli, les notables interdirent la région au généralissime (Consulte d'Istria - 1758), avant d'accepter finalement son autorité en 1763.
L'histoire de Sartène fut toujours agitée : luttes des paysans de la montagne contre les gros propriétaires terriens, luttes au XIXe siècle entre les habitants des quartiers du Borgu (taravais d'origine) et ceux de Sant'Anna (Sartenais de souche), vendetta entre les Roccasera et les familles Ortoli et Pietri...

 


Sartè depuis St Damien

Sartène, au coeur de la terre des Seigneurs, fut le berceau de Pierre-Marie et Joseph Pietri, tous deux préfets de police sous le Second Empire, de Nicolas Pietri et de François Pietri, ministre de la Marine dans l'entre-deux guerres.
La vie politique y fut toujours très active avec la lutte des ouvriers agricoles contre les sgiò.


Elections municipales à Sartène

C'est ainsi qu'à la Libération, c'est un socialiste, mon grand oncle Jacques Bianchini, qui en fut le député, et que la mairie fut jusqu'à ces dernières années, qui virent M. Gori battre Dominique Bucchini, un fief de la gauche, socialiste puis communiste.

Sartène domine la vallée du Rizzanese de ses hautes maisons de granit gris. A partir du vieux quartier de Manighedda, la ville s'est agrandie vers Sant'Anna, le Borgu et Pacialedda.

On entre à Sartène par le pont de la Scalella, au pied de la vieille ville, construite sur d'énormes blocs rocheux. Le centre de la ville est la Place de la Libération (plus couramment désignée par son ancien nom de Place Porta). Ombragée de palmiers et d'ormes, c'est le lieu de rencontre des Sartenais. La place est dominée par l'hôtel de ville, ancien palais des gouverneurs génois, et par l'église Ste-Marie où sont exposées la croix et la chaîne portées par le pénitent du Catenacciu. En passant sous la voûte de l'hôtel de ville, on pénètre dans le quartier de Santa Anna, par la place du Maggiu, avec en face la rue des Frères Bartoli, et à gauche la rue Caramama. En descendant, on accède à l'échauguette du XIIe siècle, vestige des murailles qui enserraient la ville.


Piazza Porta

Face à la place Porta, le cours Bonaparte traverse le quartier de Pacialedda avant d'arriver à l'énorme rocher dit "U Cantone di Francia", d'où partent la route de Granace (à droite) et celle de Tallano et Aullène, qui rejoint le Rizzanese après le hameau de a Castagna.


A Manighedda

La rue principale - Sant'Anna avant la Place Porta, Cours Soeur Amélie au-delà - aboutit à un rond-point où s'embranchent, à gauche la route de Foce, à droite, le cours St Damien, belle promenade ombragée ménageant une belle vue sur Sartène avant d'atteindre le couvent St Côme et Damien qui surplombe la vallée. Au-delà, peu avant Bocca Albitrina, le cimetière s'étage à flanc de colline. C'est pour moi un lieu émouvant, car mon grand oncle Jacques Antoine Bianchini (1901-1988), son épouse et sa fille, y reposent, ainsi que mes arrière grand-parents Jean Bianchini "detto Biondo" (1877-1929) et Marie-Louise Tafanelli (1874-1930) .
La petite route de Mola offre également de belles vues sur la ville et le golfe de Valinco.

Sollacaro (Suddacarò)

Au pied du col de Celaccia, Sollacaro est le berceau de notre famille paternelle. Ce village, qui a sur son territoire deux sites préhistoriques de premier plan, Filitosa et Calanchi-Sapara Alta, se compose de plusieus quartiers : Panconu, Livisanu, i Torri, Casanova, A Teppa, Amedina, Lomellino, Poggionovo et Mezzu in Sù.

Sollacaro fut l'ancienne résidence des seigneurs d'Istria. Boswell rencontra Pascal Paoli à Sollacaro en novembre 1765. C'est là aussi qu'Alexandre Dumas a situé l'action des Frères corses.

Ste Lucie de Tallano (Santa Lucia di Taddà)

Situé à 460 mètres d'altitude, au milieu d'oliveraies, le village de Santa Lucia di Tallà fut la capitale féodale de la Rocca et de la pieve de Tallano (ou Attallà). Elle fut mise à sac par les Barbaresques en 1583.


Regroupant les villages de Poghju et de Sant'Andria, Sta Lucia est un très beau village ouvert sr la vallée du Rizzanesi, avec ses quartiers Cuddetta, a Ricciaghja et a Bastiglia.

A Ste Lucie on peut voir le couvent Saint-François du XVe siècle, l'église paroissiale du XVIIe siècle à nef unique, la maison fortifiée (a Casa turra) du XVIe siècle, dotée de mâchicoulis et de meurtrières, et l'église romane de Saint-Jean Baptiste au hameau de Poggio di Tallano.

 


A Casa turra


S. Ghjuvanni Battista


U Fragnonu

Enfin, ne pas manquer la diorite orbiculaire (a petra occhjata) ornant le socle du monument aux morts au centre du village sur la Piazza di l'Ulmu, et une visite au très intéressant musée de l'huile d'olive dans l'ancien fragnonu. Une Festa di l'Oliu Novu se tient tous les ans début mars à Ste Lucie. Le Vendredi Saint se déroule, comme à Sartène voisine, un Catinacciu.

Non loin de Sta Lucia, les Bains de Caldani soignent les maladies de peau et les rhumatismes, ou tout simplement permettent un moment de détente.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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