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Colonna édition

Dernière mise à jour : 07/01/2016

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Editeur Corse

Jean-Jacques Colonna d'Istria

Jean-Jacques Colonna, passionné par la culture en général et la littérature en particulier, attaché à ses racines corses, s'est toujours investi dans le domaine du livre corse.

Nommé secrétaire général de la Maison de la Culture Corse en 1969, à l'âge de 23 ans, il quitte ses fonctions en 1977 pour créer à Ajaccio la librairie La Marge. Pendant plus de vingt ans, La Marge est un haut lieu de la vie culturelle et artistique corse, avec plus de 800 expositions et 100 rencontres organisées. En parallèle, Jean-Jacques Colonna d'Istria reprend l'organisation des Journées du Livre Corse et édite plus de 200 ouvrages.

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Après avoir cédé La Marge en 1999, Jean-Jacques Colonna d'Istria s'intéresse fortement à la création et l'organisation de manifestations culturelles : le Salon du Livre Napoléonien, l'Université Populaire d'Eté ou encore les Journées du Corail sont quelques exemples de manifestations organisées entre 2000 et 2004. Il continue en parallèle son travail d'éditeur.

Depuis 2004, Jean-Jacques Colonna d'Istria partage son temps entre trois activités : il assure la direction et l'administration du Lazaret Ollandini/Musée Marc Petit à Ajaccio, représente les associations populaires au Conseil Economique, Social et Culturel de la Corse, et s'occupe de sa maison d'édition, Colonna Edition.

Jean-Jacques Colonna d'Istria a reçu des mains de Jack Lang l'insigne de Chevalier des Arts et des Lettres.

A lire, l'entretien de Jean-Jacques avec Norbert Paganelli publié sur Invistita.

Colonna Edition sélectionne avec attention les ouvrages présents dans son catalogue, dans un souci constant de qualité : livres corses, romans, arts, poésie corse, essais, etc... Colonna Edition bénéficie de toute l'expertise et du réseau relationnel de son fondateur Jean-Jacques Colonna d'Istria.

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Décembre 2013

La culture corse par Colonna édition

 

Les difficultés de Colonna édition

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Entretien avec un éditeur passionné : Jean-Jacques Colonna d'Istria

Source : Musanostra

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Les lecteurs découvrent en librairie une bien jolie collection au titre étrange , vernacula, au format différent ; vous pouvez expliquer l'idée, le rapport éventuel avec le vernaculaire :

 Le titre de la collection ? Il faut simplement se rappeler l’origine du mot «  vernaculaire », c'est à dire « qui vient du pays, indigène, langue familière, parlée spontanément ( en l’occurrence, écrite spontanément)...propre à un pays ». Voilà, c’est pour le mot. Pour respecter notre objectif, il fallait l’écrire in lingua nostra comme tout le reste. Quant à l’idée, c’était de rendre « repérable », d’identifier immédiatement l’esprit d’une collection qui se voulait l’expression de la langue corse écrite d’aujourd’hui, celle du XXIème siècle, une écriture  qui se démarque, me semble-t-il, de la littérature antérieure, dite du « Riacquistu » ( je n’aime pas le mot), par un style et des thèmes résolument contemporains et surtout pour illustrer l’idée d’une expression plus « littéraire », plus universelle, moins « provinciale » sans vexer personne, moins «  repliée sur elle-même ».
D’où un format original, élégant, des couvertures identiques … avec un centre d’intérêt mis en valeur : une photo suggérée du théâtre de Bastia, pour « Cosi ci sarà.. », une autre photo, plus « artistique » pour « cent’anni »….
L’ensemble « objet livre »  étant attrayant et repérable tout-à la fois. Y sommes-nous arrivés ? La création ( format, aspect général, détails et idée de couverture ) sont de notre maquettiste Jean-Paul Filippini ; la mise au point en langue corse est de Michel Solinas.

Combien de titres à l'heure actuelle ?

Deux  au 1er février 2014  et prévus dans cette collection à l’heure d’aujourd’hui :
-  « Tarrori è fantasia » recueil de nouvelles fantastiques et de sf, en français et en langue corse sous la direction de Marco Biancarelli
-  « In Puesia…de H.P. Lovecraft ».  Paul Miniconi, M. Graziani; F.Antonpietri :  tri lingue : corse/français/anglais.
-  « Risa è pianti »  « Fiore è spine »  « Nozze è dole » etc... Paoli di Tagliu : réédition de l’œuvre poétique complète 
 
C'est une collection à avoir, à faire... sera t- elle réservée à la langue corse ?  

Oui, absolument.
 
A combien estimez vous le nombre de lecteurs de corse ?


Aujourd’hui, il sont très peu nombreux. Ce n’est pas le plus important. Pour moi, le problème n’est pas aujourd’hui. Beaucoup d’acteurs de la langue, des institutions aussi,  s’efforcent de faire grandir leur nombre, et je leur fais confiance. Le livre (sur papier ou virtuel, ce n’est pas le problème) restera le meilleur véhicule pour transmettre, défendre et illustrer une langue. Encore faut-il que le livre transmette les «  bonnes idées », c'est-à-dire ce qui se fait de mieux dans le domaine de la pensée pour décrire et expliquer la vie dans une époque donnée. Lire Balzac aujourd’hui nous apprend plus sur « l’Homme » qu’un mauvais roman publié en 2014, parce qu’il touche tous les hommes de tous les temps et de tous les pays. C’est cette littérature-là qu’il faut transmettre et qui fera que les lecteurs de demain liront le corse. Avec des auteurs comme ceux que nous éditions - ils ne sont pas les seuls, certes ! Nous n’avons pas cette prétention !  - mais reprenez la liste du collectif « Tarrori è fantasia » et vous élargirez déjà la liste… qu’il faut rattacher bien sûr aux Jacques Fusina, Marie-Jean Vinciguerra et autres Stefanu Cesari, par exemple. S’il y a littérature digne de ce nom, il y aura lecteurs.
 
C'est donc toujours une prise de risque, publier ce type de roman ?
 
Bien sûr, c’est une prise de risque, mais c’est surtout un pari sur l’avenir, et ça, c’est quand même bien plus important. C’est une prise de risque parce que les tirages sont faibles et que la vente de deux ou trois cent exemplaires d’un roman en langue corse ne rembourse pas l’investissement en pièces et en billets, mais en revanche, le fait qu’il soit en vente est positif. Un jour, on rééditera cette œuvre-là !  

Aurez-vous d'autres collections à nous présenter ?  

Il y a toujours cette collection de recueils de poèmes à laquelle je tiens beaucoup. Une trentaine déjà édités… des projets pour 2014, mais là encore, il faut aller piano piano… Pas mieux lotie que la langue corse, la poésie n’est pas rentable au sens pécuniaire du mot. Il faut équilibrer, attendre que la trésorerie permette de réinvestir…

Pour 2013, quel est le livre que vous avez publié et dont vous pensez qu'il a encore un bel avenir devant lui ? Qu'il faut le pousser

J’aime tous mes enfants de la même façon, et j’aimerais bien qu’ils s’épanouissent rapidement et dans de bonnes conditions. Sans vouloir privilégier l’un ou l’autre, il y en a quelques uns, sans doute et heureusement, qui auront une vie «  après la vie »….( La présence en librairie d’un livre étant de deux à trois mois = sa durée de vie !  !). Je pense à ce roman de fiction politique de François Dibot «  demain les vieux » ( Mauvais titre (mauvais prénom pour un enfant) …les gens croient que c’est une étude sur la vieillesse !). Alors qu’il s’agit d’ une anticipation romanesque décapante et inquiétante sur l’avenir de la Corse !...Je pense à « La passante des cimes », de Francesca Weber Zucconi qui nous entraine, avec son talent de grande écrivaine, dans les méandres d’une Corse profonde, mystérieuse mais o combien présente encore aujourd’hui…la Corse de toujours qu’elle sauve ainsi de l’oubli ou de la déformation…Je pense enfin à ce récit époustouflant de Michel Vergé Franceschi sur les conséquences de la guerre de 14, en Corse, en racontant la saga de Jean Baldacci, son parent… Magistral document dont on parlera tout au long de cette année, en Corse mais également sur « le Continent », voire sur … les continents… j’y crois !

En 2014, quels seront les points forts ? vous recevez de beaux manuscrits  ?

Les points forts ? Il est trop tôt pour les envisager…Un livre ne peut pas avoir un avenir assuré. Certains, auxquels on croit…ratent leur vie…d’autres surprennent par un engouement inespéré et imprévu des lecteurs…Nous recevons quasiment un manuscrit par jour. Notre programme 2014 est cependant quasiment arrêté… à quelques titres encore imprévus près. J’ai parlé des livres en langue corse, à venir ; j’’ai parlé de la poésie…il y aura d’autres livres, d’Histoire ( sur Napoléon, sur le général Sébastiani » ), des monographies comme celle sur «  Muna »; Un recueil de dessins humoristiques - de presse » ; des textes sur Paul Valéry, sur Romain Gary… des ouvrages collectifs faisant suite à « Une enfance Corse » et à «  Mémoire(s) de Corse… sur «  la corse comme une utopie » ….Ce qui veut dire que la plupart des manuscrits que nous recevons depuis quelques mois seront lus dans le courant de l’année 2014, pour une éventuelle édition ( je dis bien éventuelle ) en 2015. Sauf ouvrage à éditer sur le champ…ça peut arriver aussi…ce seront les «  surprises » de l’année…

Vous avez publié de grands ouvrages, qui resteront...je pense à Cesari/Badia,et  à d'autres

Merci de citer cet ouvrage auquel je tiens particulièrement et vers lequel des institutions ou les lecteurs ont réuni leurs votes pour lui attribuer le « Prix du livre Corse » d’abord,  (Créé il y aura trente ans cette année 2014, par le libraire Jean-Patrice Marzocchi, quelques amis professeurs, journalistes et grands lecteurs, et moi-même … et j’en suis fier !), puis le Prix Littéraire du Département de la Haute Corse, le Prix José Morellini (lequel fut également mon ami). Je l’ai écrit plus haut, pour moi, Stefanu est l’un des écrivains de langue corse parmi les plus prometteurs( Ce qu’il a déjà publié le «  classe » déjà dans la catégorie des meilleurs, mais y ira beaucoup plus loin et fera rayonner notre langue.). Je pense aussi à « l’Histoire de la peinture en Corse » suivi d’un «Dictionnaire des peintres » de l’ami Pierre-Claude Giansily, lequel nous prépare une « Histoire de la sculpture en Corse », suivi d’un « Dictionnaire des sculpteurs »…. Pour la fin du printemps…
 
Musanostra vous semble t-elle suffisamment solidaire du travail d'écriture et d'édition fait en Corse ?
Notre association aide t-elle la littérature ?


C’est indubitable. Deux remarques cependant…. Il faudrait créer la même « structure » à Ajaccio, dans le sartenais, en Balagne…enfin dans toutes les régions de Corse ( ça ce n’est pas votre vocation, sans doute ?) ; la seconde remarque est peut-être plus liée à votre activité… la communication pourrait être élargie en effet à la presse écrite parlée et télévisée ( pour les gens comme  moi qui ne consultent  pas les réseaux sociaux ), à directement à plus de particuliers aussi…  

Nous sommes assez souvent prescripteurs de livres publiés en Corse puisqu'ils sont présentés parmi d'autres du monde entier, il suffit de lire les messages reçus, postés de près ou de loin pour s'en convaincre ; cette formule vous semble t-elle pertinente ? Sinon, que faudrait il y changer ?

Rien !

Enfin, êtes vous confiant quant à l'avenir de la littérature corse ? les effets de  l'ascension de Jérôme Ferrari sont ils sensibles, bénéfiques ou moins pour auteurs et éditeurs ?

Je suis à la fois confiant et inquiet. Confiant, parce que si je ne l’étais pas, je passerais une retraite bien méritée comme on dit. Je suis confiant parce que les publications en Corse reflètent la montée permanente en qualité de ceux qui remplissent ces livres : ceux qui pensent, ceux qui écrivent, rédigent, illustrent peignent, dessinent, « maquettent » etc…
Le « phénomène »  Jérôme Ferrari est réconfortant aussi : tout est devenu possible ! (Nous avons aussi deux membres de l’Académie française, un troisième à sa porte ( Jean-Noël Pancrazi)). Ce « Prix Goncourt » le montre et tous en tirent un bénéfice : la littérature «corse » n’est plus une littérature de province et ce qui est plus important c’est que cette bonne nouvelle n’est pas l’arbre qui cacherait la forêt…
Nous avons d’autres écrivains de la qualité de Jérôme. Un jour c’est un éditeur de Corse qui sera peut-être « reconnu », comme demain un autre écrivain d’ici le sera peut-être à nouveau… C’est plus que les éditeurs, les auteurs et les lecteurs qui « en profitent » et en profiteraient, mais bien la Corse en tant que terre d’êtres humains qui font honneur à l’être humain.  

Jean-Jacques Colonna d'Istria et la poésie

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