
Ce groupe de sept jeunes polonais a été pour moi la révélation des rencontres 2005.
A l’origine en 1997, le Warsaw Village Band, s’appelait Kapela Ze Wsi Warszawa. Né de la rencontre à l’université de jeunes étudiants amoureux de musique et tout particulièrement de musique du sous-continent indien, comme celle de Nusrat Fateh Ali Khan, le groupe a, petit à petit, découvert d’autres horizons : musique africaine, reggae, etc. Mais ce groupe puise son inspiration dans le patrimoine musical des villages de la région de Mazovia au centre de la Pologne. Comme les corses avec le riaquistu, ces jeunes polonais sont allés à la recherche de leurs racines auprès des paysans ou dans les archives de la radio. Ainsi le groupe redonne vie aux "voix blanches" du chant traditionnel polonais.![]() |
People’s
Spring (Jaro / Mélodie) BBC Music Award 2003 Site Web : http://www.kzww.terra.pl/ |
![]() |
Uprooting
(Jaro / Abeille
Musique) Troisième album du groupe, Uprooting
reprend toujours
la musique traditionnelle des campagnes de Pologne, en particulier de
la région de
Mazovia, qui inspire le WARSAW VILLAGE BAND et c'est avec un dynamisme
et une
détermination intacts qu'il exhume des pièces d'un autre temps et en
repense l'interprétation sur une base essentiellement acoustique et
pour autant
indéniablement moderne.
D'une manière générale, l'équation voix - cordes - percussions qui caractérise le son du groupe est donc toujours dominante |
Magdalena
SOBCZAK sait
réveiller les âmes assoupies dans Woman in Hell,
tandis que la voix
de Maja KLESZCZ agit comme une caresse à la fois lancinante et ferme
dans
l'onirique Fishie, le quasi blues Grey
Horse ou l'a cappella
Lament.
Les violons de Wotjek KRZAK et de Sylwia SWIATOWSKA rivalisent de
grincements
énergiques et d'inventivité expérimentale, notamment dans I've
Slayed The Rye et dans The Owl ; le
dulcimer, le violoncelle et le xylophone
ajoutent au pittoresque rugueux ; les percussions (baraban et frame)
tonnent avec entrain
et vigueur, le triangle et les cymbales installent un registre plus
feutré et les
tonitruantes « voix blanches » des trois filles achèvent de nous
emporter dans une tourbillon sensuel façonné par une rusticité
extatique qui confond les échos des anciens temps avec les transes
d'aujourd'hui.
![]()
Et voilà le quatrième album : Infinity, enregistré en mars 2008.
JARO 2008
On y trouve pour la première fois des créations originales du groupe, plus précisément de Maja Kleszcz et de Wojtek Krzak.
Warsaw Village Band:
Maja Kleszcz – vocals, cello
Magdalena Sobczak–Kotnarowska – vocals, dulcimer
Sylwia Swiatkowska – vocals, violin, suka, fiddle from Plock
Wojtek Krzak – violin, violin 7/8, nyckelharpa, drums
Piotr Glinski – baraban drum, percussion
Maciej Szajkowsk[[[[iframe]]]] drums
INFINITY
1. Wise Kid Song 4:30
2. 1.5 h (feat. T. Kukurba - Kroke) 6:21
3. Over the Forest 4:37
4. Skip Funk (feat. DJ Feel–X) 3:09
5. Is Anybody In There? 3:35
6. Heartbeat (Maja & Natu IncarNated chant) (feat. Natalia Przybysz) 5:07
7. Polska Fran Polska 6:04
8. Lazy Johnny Dance 3:14
9. Polka Story 4:34
10. I’ve Met the Girl 3:35
11. Little Baby Blues (feat. Jan Trebunia Tutka) 6:25
12. Circle No. 1 4:43
from booklet info:
Here
is the latest, already the fourth studio album by Warsaw Village Band,
our next, long–awaited child; and it was in fact the birth of a little
human being that became the direct inspiration and cause for the
creation of this album. In such situations, certain moments come when,
lying beside the child, you observe its breathing, and you start to
think about the countless, nameless generations that preceded us. You
imagine those for whom we ourselves are going to be just an anonymous
past without a face. After all, we are all born in a particular place
and time, and shaped by culture of our ancestors. We live in big
cities, seek our place on earth, lose old gods and find new ones,
people, shelters, pictures, so that later we can hand them down to our
children, who are born in a particular place and time, seek their place
on earth, lose old gods and find new ones, people, shelters, pictures,
so that later.. You begin feeling it clearly the moment you call others
into being. No matter whether you live in Japan, the US, England,
Germany or Poland – behind you stand the same generations, which like
the rings of a tree, have accumulated their every trace in music, art,
language – in a word – CULTURE. You emerge from it, enrich it and then
pass it on. Ad infinitum. And here is how the idea of "Infinity" came
into being – the need to take a dip in tradition, derive from it and
create contemporary and modern compositions – to inspire other
generations. Once again!
Wojtek Krzak
SLAVEI signifie "rossignol"
en langue bulgare et on comprend le
choix du mot à l’écoute de ces voix superbes qui allient la
pureté à l’émotion, force de la tradition bulgare.
Le Slavey Quartet a été créé en 1991 par Nadka Karadjova,
avec Svetla Karadjova, Liliana Galevska, mezzo soprano et Stoyana
Lalova, contre-alto.
Toutes ont chanté pendant une trentaine d'années dans le Philip Koutev
Folk
Ensemble. Elles ont également participé aux Mystères des Voix
Bulgares.
En 2004, Mariyana Pavlova, basse, a remplacé Stoyana Lalova.
|
|
Le Quartet Slavei a
remporté un vif succès en France ces dernières années. Ces
quatre grandes dames aux voix magnifiques ont une technique vocale
parfaite sur un
répertoire comptant des centaines de chants profanes de différentes
régions de Bulgarie, des chants orthodoxes du XIVè au XXè
siècle jusqu’alors réservés aux hommes., ainsi que des chants
de différentes contrées : Chine, Inde, Grèce, Russie et...
Corse. La juxtaposition des deux genres sacré et profane, servie par des voix célestes, étonne, bouleverse et fascine. |
Dignes représentants de la multiplicité et de la richesse des chants géorgiens, les dix chanteurs des Voix de Géorgie portent à travers le monde leur art polyphonique issu de la plus haute antiquité, chants profanes et chants sacrés. Ce groupe de jeunes chanteurs, sous la direction du Maestro Robert Gogolashvili, perpétue cette fabuleuse tradition présentée par leurs “pères” dans le monde entier pendant tant d’années. Imaginez-les, le bras de l'un entourant la taille de l'autre, de noir vêtus, guêtre de cuir et arme blanche au fourreau. Imaginez les chants qui s'élèvent, tour à tour doux comme les berceuses ou forte comme les chants guerriers. ” La palette des polyphonies géorgiennes est extrêmement large, car, outre les apports successifs au cours des temps, elle tient compte des spécificités musicales de chaque micro-région; d’où un répertoire étonnant puisé dans une centaines d’oeuvres faites de contrepoints savants et d’harmonies dont la hardiesse peut surprendre plus d’un musicien. |
![]() |

Le chant sarde constitue l'une des expressions polyphoniques les plus
populaires de la
Méditerranée. Omniprésent, il peuple la liturgie autant qu'il rythme
les fêtes paysannes, aux confins du profane et du sacré.
Le chant s’exprime par une voix de gorge tendue qui donne un cachet vibrant aux deux parties d’harmonie : contre-chant et basse. Cette technique n’existe nulle part ailleurs dans le monde sauf... en Mongolie ! L'émotion, à l'écoute de ces polyphonies, est simple et forte comme ces hommes qui savent si bien la faire partager à leur public, touché au creux de l'âme.
Depuis 1999, leurs voix s’unissent aux mélopées du talentueux violoncelliste hollandais Ernst Reijseger et du percussioniste écossais Alan Purves autour du projet Colla Voche (Winter&Winter).
Le Cuncordu e Tenore de
Orosei se place sans contestation
à un poste de premier plan dans le monde de la polyphonie sarde, tant
par les
particularités de son répertoire que pour la possibilté de chanter
aussi bien la forme profane "a tenore" que sacrée "a cuncordu". Orosei
est
aujourd'hui la seule ville de Sardaigneoù les deux traditions n'ont
jamais
été abandonnées et où encore aujourd'hui, grâce aux
vieux chanteurs, les deux formes de chant sont reproposées dans les
formes
traditionnelles, alors que dans d'autres régions de Sardaigne, grâce
à de discutables opérations pseudo-culturelles, ont cherche à
"récupérer" ce qui est irrémédiablement perdu. Comme en
Corse, les Confréries ont joué un rôle essentiel dans la sauvegarde
de ce répertoire.
Le groupe est né
officiellement en 1978; seuls
restent Martino Corimbi et Patrizio Mura, "voche" du tenore. Les autres
chanteurs actuels
sont Piero Pala, mesuvoche du tenore et du cuncordu; Luca Frau,
"cronta" du tenore; Mario
Siotto, bassu du tenore; Massimo Roych, "voche" du cuncordu et
Salvatore Dessena, bassu
du cuncordu. Le groupe a participé à de nombreux festivals de chant
traditionnel : Festival de Musique Sacrée à Paris, Angoulême, Rennes,
Briançon, Toulouse, Marseille, Aix en Provence, Tarbes, Rouen, Tours,
Solesmes,
Nantes, Münich, Francfort, Turin, Venise, Florence, Tolède, Barcelone,
Amsterdam, Anvers et, bien sûr, Calvi.

Photo Alexsandra Vajd
En 1994 il enregistre, dans
l'église S. Pietro a Galtelli,
pour les éditions NOTA d'Udine, son premier CD contenant 11 morceaux du
répertoire sacré d'Orosei.
En 1996, toujours à S. Pietro, pour
Nuove Indie de Rome un CD
avec les plus importants morceaux de la tradition profane "a tenore"
L'année suivante le producteur
allemand Stefan Winter
insère le groupe dans sa collection Winter&Winter, pour
laquelle enregistrent
des artistes d erenommée mondiale comme Uri Caine, Ernst Reijseger, D.
Douglas,
Paul Motian Trio, Gary Thomas.
Déjà quatre enregistrements ont été
réalisés sous l'étiquette Winter&Winter, notamment un double CD
avec livret de 100 pages reprenant, en six langues, tout le répertoire
traditionnel sacré et profane.
Dernier album, "Colla
Voche", avec Ernst Reijseger
A noter aussi la participation du Cuncordu e Tenore de Orosei au CD
"Voyage en Sardaigne"
edité par "Il manifesto" avec également Il Coro di Castelsardo et i
Tenores
di Bitti.

La musique albanaise traditionnelle est restée étonnament vivante. Pour des raisons idéologiques, le régime communiste avait valorisé à l'extrême le folklore albanais. En outre, le relief montagneux des Balkans tend à isoler naturellement l'Albanie et rend difficile tout contact à l'intérieur du pays. Il conduit au maintien de traditions parfois très anciennes transmises de bouche à oreille de génération en génération, de spécificités très marquées et de répertoires très localisés, différents d'une vallée à l'autre, d'un village à l'autre.
D'origine indo-européenne, les Albanais seraient les descendants des
tribus
illyriennes arrivées du nord aux environs du deuxième millénaire
avant Jésus-Christ. Terre de rencontre entre l'Orient et l'Occident,
l'Albanie
doit à sa position géographique des influences orthodoxes et
musulmanes.
Pour les Guegues du nord, l'Islam est aujourd'hui la religion largement
dominante. La
musique est monodique et est caractérisée principalement par des "
rapsod ", chants épiques qui évoquent le cycle des
héros "
kreshnik ". Les instruments principaux sont la
vielle monocorde avec archet "
lahutë ", le luth deux cordes à long manche " çifteli
"
et le luth " sharki ". Tirana et les villes
côtières de Durrës
et Kavajë constituent la zone intermédiaire dite de l'Albanie centrale
caractérisée notamment par des influences orientales liées à
l'urbanité. Au sud, les Tosques, principalement orthodoxes, sont restés
dans la sphère de l'influence musicale byzantine. C'est la terre
d'élection
de la polyphonie vocale que l'on pratique dans tous les villages
montagnards en de
nombreuses occasions.
Les Labs, dans l'extrême sud-ouest (région de Vlorë, Tepelenë,
Gjirokastër, Sarandë) pratiquent une polyphonie complexe à quatre voix
:
trois voix soliste - le preneur " marrës ", le
coupeur " prurës
", le repreneur " hedhës " - et un bourdon " iso
".
Dans le reste du pays - le centre et l'est autour des villes de Berat,
Përmet et
Korçë - les Tchams chantent la polyphonie à trois voix (deux voix
soliste et un bourdon) qu'ils pratiquent " a capella " ou accompagnée
de nombreux
instruments, principalement la clarinette " gërrnetë
",
l'accordéon " fizarmonikë ", le tambourin " def
", le luth "
llautkë " et le violon " violine
" auxquels s'ajoutent parfois le
petit tambourin sans peau " sistër " et le luth à
long manche "
baklama ". La clarinette, le violon et l'accordéon
sont des instruments "
modernes " qui ont été incorporés dans les formations musicales dans
la seconde moitié du XIXème siècle et au début du
XXème siècle. L'introduction de l'accompagnement instrumental des
danses "
a capella " a eu notamment pour effet de rendre plus vive et plus
dynamique la danse et
d'évincer le chant qui l'accompagnait. Dans tout le pays - dans les
montagnes
notamment - subsistent encore des instruments anciens qui sont à
l'occasion
joués en solo, duo ou intégrés dans un groupe, notamment la
cornemuse " gajda ", les différentes flûtes " fyull
" ou
encore le chalumeau " pipë "..
Lo Còr
de la Plana (prononcez " Lou couar dé la plane " et traduisez " Le
coeur de la
plaine "), choeur d'hommes du quartier de la Plaine à Marseille se
consacre au
répertoire occitan de Provence. Les cinq membres du Còr ont
travaillé jusqu'ici sur le répertoire religieux populaire du Damase
Arbaud
et des Noëls de Notre-Dame des Doms, et sur de nombreux chants à danser
(rigaudons, bourrées, rondeaux), en intégrant aux compositions et
arrangements nombre d'éléments présents dans la culture marseillaise
d'aujourd'hui (raggamufin, techno-groove...). Interprétés à
l'unisson ou en polyphonie et accompagnés de bendirs ou de percussions
corporelles
(picaments de pieds et bataments de mains), hurlés, susurrés, les
chants du
Còr sont à l'image de leur quartier : violents mais sans cruauté,
doux mais sans mièvrerie, blindés mais sans sûretés
inutiles.
Il faut avoir
assisté à un concert des six compères en public. Ce chant peut apparaître âpre et rugueux à la
première écoute, puis on entre dans la danse, et on finit étourdi
devant tant d'énergie maîtrisée, de puissance, de sens du rythme et
par cette beauté aride. La dissonance trouve sa conclusion dans une
harmonie
remarquable. Leur expression est entièrement physique.
Jouant des mains et
des pieds, ponctuant le texte d'onomatopées, semblant s'arrêter et
guetter
le premier applaudissement pour mieux repartir, on sort étrillé mais
hilare
d'un concert du Còr de la Plana.
* Manu THERON: Seconde,
tierce, bendir (co-fondateur de
Gacha Empega et du Còr de la Plana)
* Manuel BARTHELEMY: Seconde, bendir, tamburello
* Sebastien SPESSA: Basse (ex Na Zdorovie)
* Denis SAMPIERI: Seconde, basse, bourdon ryrhmique, bendir
* Rodin KAUFMANN: Seconde, tierce, bourdon rythmique, pieds et mains
* Benjamin NOVARINO-GIANA: Seconde, tierce, pieds et mains (ex Nux
vomica)

«
Es lo titre »
(2003) est composé de 17 chants religieux provençaux et
méditerranéens. Ce choix est moins l’expression d’une
piété aveugle qu’un désir de renouer avec une ferveur
populaire. Le groupe dynamite la tradition en réinventant leurs
mélodies,
en les ornant d’orchestrations minimales où des rythmes orientaux se
juxtaposent à des enluminures électroniques. Bien écouter aussi les
inter-plages hilarantes.
Lo Cor
de la Plana était à Paris (eh oui, peuchère !) le 15 juillet 2007
pour un concert gratuit aux Arênes de Montmartre, par un des rares
dimanches
ensoleillés de ce triste mois de juillet. Et les six compères ont
enflammé Montmartre, réussissant à faire danser tout le public sur
La Noviota. Il faut dire qu'ils avaient commencé dès
le
troisième morceau, au début duquel l'autre Manu (Barthélemy)
était passé sélectionner des membres du public. "Parfois il
distribue des gifles", avait prévenu Manu Théron !
![]() |
![]() |
gacha empega :
(du provençal gachar : préparer le mortier, et empegar : encoller.)
1. Technique de maçonnerie consistant à envoyer le mortier sur un mur
de
façon désinvolte. «Te fais pas caguer, vas-y à la gacha empega
!»
2. Fig. Désigne celle ou celui qui travaille à la va-vite, qui semble
se
foutre complètement des règles de l'art «Celui-là, c'est un
vrai gacha empega !»
| Quand on crée un groupe de musique
occitane, il faut avoir un sens
de l'humour certain pour se baptiser Gacha Empega. C'est pourtant comme
ça, par
une salutaire auto-dérision, et aussi pour se démarquer des
appellations
pompeuses de beaucoup de groupes folkloriques, que Barbara Ugo, Samuel
Karpienia et Manu
Théron ont choisi ce nom en 1996. Deuxième paradoxe de Gacha Empega : aucun de ses membres n'est un provençal de souche : Manu est d'origine Savoyarde, Barbara est Corse, quand à Sam, lui, il est Normand ! Ils ne sont pas nés occitans, mais l'occitanisme les a pris comme une fièvre. De cette région, ils ont tout voulu connaître : l'histoire, le passé, les traditions, et surtout la langue, qui n'avait rien pour eux de maternel mais qu'ils ont adoptée «Rien de tel que la langue pour comprendre l'endroit où l'on vit. Cela explique les attitudes, les comportements. Sans la langue, on n'arrive pas à se situer» disent-ils. |
![]() |
![]() |
Le travail de Gacha Empega
n'a pas pour objet le retour
à une tradition épurée, et les Noëls, les chants à
danser, les ballades ou les hymnes carnavalesques peuvent être rythmés
par
des bendirs du Sahara ou des tamburelli d'Italie méridionale. Leur objectif est de sortir la musique polyphonique du ghetto culturel haut de gamme où elle commence à être enfermée, pour la rendre populaire. Ils ne veulent pas oublier qu'avant d'être chantées lors de récitals donnés dans des églises, les chansons a cappella sont avant tout des airs du patrimoine, chantés -et dansés- au cours des fêtes de gens simples. |
Après un premier disque "Polyphonies marseillaises", et des
tournées
dans le monde entier, Barbara Ugo est retournée en Corse et Samuel
Karpiénia est parti fonder le groupe "Dupain". Manu Théron s'est
adjoint
deux nouveaux compères, Guylaine Renaud et Nicola Marioni, et a
légèrement modifié le répertoire du groupe. Aux reprises de
chants traditionnels, provençaux et occitans, s'ajoutent de plus en
plus de
compositions originales.
![]() |
Le groupe s’est dissous une nouvelle fois pour renaître en 2007 sous la forme d'un duo formé de Manu Théron et Sam Karpienia.
|
Okna Tsahan Zam est le
maître du chant diphonique
(khoomei), technique spectaculaire très utilisée
dans le chant
mongol traditionnel qui permet de chanter deux mélodies en même temps.
Appelé aussi « chant de gorge », c'est l'émission
simultanée de deux sons gutturaux, une technique très ancienne de
respiration qui donne au chanteur la possibilité de libérer
l’énergie de l’organisme. Le khoomei (littéralement pharynx) se
caractérise donc par l'émission simultanée de deux sons, une note
grave constante et un son flûté aigu que le chanteur module à son
gré. Cette technique, souvent liée aux rites chamaniques, permet
d’entrer dans un état psychophysique particulier, et d'obtenir une
perception accrue du monde qui nous entoure.
Okna Tsahan Zam (« La
route blanche », de son
vrai nom Vladimir Kharouev ) est né en 1957 sur la longue route qui
ramenait vers
leurs terres les Kalmouks déportés en Sibérie par Staline. «La
route blanche » signifie « la route de la joie, la route qui mène vers
le bonheur ». Il abandonne sa carrière d'ingénieur pour se consacrer
à l'étude de ses ancêtres.
![]() |
« Shaman voices. A journey in the steppe » est constitué par la succession de plusieurs séquences musicales mises en scène de manière très cinématographique, rendant compte de nos visions de l'univers de la steppe. Des chansons très mélodiques où l'acoustique domine, soutenues par des apports électroniques côtoient des chansons beaucoup plus « roots » (voix et dombra). Trois titres sont entièrement consacrés au chant diphonique et donnent un aperçu de l'art de Okna Tsahan Zam en solo. Même sans utiliser le khoomei, la voix de Okna Tsahan Zam possède un grain et une profondeur exceptionnelle. Remarquable technicien c'est avant tout un grand chanteur. |
EDJIN DUUN (« La chanson de la Mère ») est un hommage à toutes
les Mères et par extension à la terre nourricière et à la
nature.
Dans AKHNER DUUNER (« Frères aînés et frères cadets
»), la technique de khoomei est incluse dans la mélodie.
VOLKI (Les loups) "La chasse pour le plaisir fait mal à la nature, il
faut chasser
pour se nourrir, tel est le message écologique de cette chanson".
SIBIRE relate la déportation en Sibérie de tous les peuples
minoritaires de
la Russie, dont le peuple Kalmouk, par Staline de 1943 à 1953 . La
population
entière fut déportée et beaucoup sont morts de froid et de
faim.
SAMARINE est l'histoire d'un berger très habile qui garde le troupeau
de chevaux
dans la steppe. Il est tellement adroit qu'il peut faire revenir les
chevaux fugueurs
juste en tirant une petite flèche qui siffle à leurs oreilles. Son
cheval
fétiche à le pouvoir de se déplacer sans que son dos provoque le
moindre mouvement. Ils parcourent ensemble la steppe infinie et
communient avec la nature
et le cosmos »
DJANGAR (Djangar le tout-puissant) est le héros mythique du récit
épique Kalmouk. Cet extrait se termine sur un passage de Khoomei.
Dans AR BUMBIN ORN, Okna Tsahan Zam ne chante pas, il parle, respire,
mais le pouvoir
chamanique de sa voix y est tout aussi fort.
KHOOMEI CHOIR (Chœur Khoomei) est un chœur constitué par la
superposition de huit des voix d'Okna Tsaham Zan. Des basses aux
aigues, il utilise
plusieurs techniques de Khoomei.
DAVUR GAZEN Pour un Kalmouk, il existe deux trésors, le cheval et la
femme. Cette
chanson décrit l'admiration que suscite le galop du cheval comparable à
l'amour d'un jeune homme pour une femme. Destinée à la danse, elle se
prêtait tout naturellement à une adaptation actuelle.
Les sons de la steppe, musique naturelle parfois accompagnée par l'écho
lointain d'un musicien parcourent l'ensemble de l'album, sollicitent
l'imaginaire et
dressent le décor. Ce disque associe instruments traditionnels et
high-tech avec
pour seul critère la volonté de communiquer l'émotion au mieux. Tous
les instruments traditionnels ont été joués par des musiciens
mongols ou kalmouks, à Paris, en Kalmoukie et en Mongolie. Les sons de
la nature
(vent, tonnerre, loups, chevaux etc…) qui lient les chansons entre
elles du
début à la fin de l'album ont été enregistrés sur
place pour créer un univers sonore authentique en harmonie avec la
dimension
cosmique de la steppe.
Christine Salem se
souvient encore aujourd’hui de
sa première rencontre avec le maloya.
« Un beau jour, j’étais très jeune, 7 ou 8 ans, je passais dans
la rue avec ma mère, mes frères et sœurs et nous sommes passés
devant le groupe Ziskakan qui jouait ». A l’époque, cette musique qui
raconte l’esclavage et les souffrances du peuple africain était
interdite
sur les ondes réunionnaises parce que trop revendicative. « Parce
qu’elle permet de dire les choses telles qu’elles sont. »
Originaire du quartier des Camélias à Saint Denis, Christine Salem fait
partie de la nouvelle génération de voix féminines chantant le
maloya. À 12 ans, elle écrit ses premières chansons.
Mélangeant, séga, maloya ou blues, elle fait ses débuts dans la rue
avec des copains et fréquente différents courants musicaux de l'Ile en
tant
que choriste. On lui propose un jour de passer sur le devant de la
scène, place
d’ordinaire réservée aux hommes. Sans se poser de question, elle
prend le kayanm (percussion rectangulaire et plate faite d’un cadre en
bois, de
tiges de canne à sucre et de graines de safran) en main.
Avec son groupe, Salem
Tradition fondé en 1997,
elle mélange subtilement la musique de l’Océan Indien avec des
instruments traditionnels africains et réunionnais (roulèr, dundum,
djembé). Les textes de ses chansons, chantés en créole, en dialectes
malgaches ou comorien et swahili, doivent faire sens déclare Christine
Salem. "Je
ne chante pas juste pour chanter. Le maloya c’est écouter ses
émotions, ce que l’on ressent".
![]() |
Le
premier album live"WALIWA" est l'aboutissement
de la résidence du groupe lors du festival "Les Escales de St
Nazaire"2001. Second album : Krie. |

Né en 1967 à Minta, au
Cameroun, il est
initié très jeune à la musique par ses parents. À
l’âge de 4 ans, il reçoit son premier instrument, un balafon, et
commence à chanter à l’église de son village. Grâce
à son talent, il est rapidement invité à se produire lors des
fêtes et cérémonies locales. En 1980, un propriétaire de club
lui propose de former son propre orchestre et de venir jouer dans son
établissement. C’est alors qu’il découvre le jazz à
travers Jaco Pastorius, dont l'écoute lui fait choisir la guitare
basse. Puis il
découvre Miles Davis, Georges Benson, …
La mort de son père vient le bousculer en 89, à cette époque il sait
déjà qu’il ne restera pas longtemps seul à Douala. À
l’âge de 22 ans, l’artiste débarque en Europe, d’abord en
Allemagne, puis en France, afin d’y entreprendre des études en musique.
Durant plusieurs années le jeune artiste écume les boîtes de jazz et
multiplie ses apparitions auprès de musiciens d’envergure tels que
Jacques
Higelin, Didier Lockwood et Manu Dibango. Interdit de séjour en France
en 1995,
Richard Bona décide ensuite de s’établir à New York où
il collabore avec les plus grands noms de la musique : Joe Zawinul,
Herbie Hancock, Bobby
Mc Ferrin, …
En 1999, Brandford Marsalis l’aide à signer chez Columbia Jazz.
“Scenes of my life”, son premier album sort dans
l’année,
dans ce disque le musicien esquisse les contours de son univers musical.
“Reverence”
suit en 2001, et «
Munia » dans lequel il dédie un titre à son héros
Miles
Davis, en 2003. Aujourd’hui sa vie n’a pas changé, elle est toujours
faite de rencontres et de voyages.
« Toto Bona Lokua » l’album qu’il a concocté avec
ses compères Lokua Kanza et Gérald Toto, illustre bien cet état
d’esprit . Dernier album, en 2005 : Tiki.
invitée en
2006
![]() |
![]() |
Faiz Ali Faiz, né à
Sharaqpur au Pakistan,
a appris la musique classique auprès de Ustad Ghulam Shabir Khan et
Ustad Jafat
Khan et est considéré comme le représentant le plus éminent
du Qawwali. Ce chant soufi très ancien (fixé au XIIIe siècle) est
une forme non orthodoxe de chant musulman, celui-ci interdisant en
principe la musique.
Ce chant dans sa forme actuelle résulte de la rencontre des cultures
musulmane et
hindoue. La voix de Faiz se caractérise par une étendue exceptionnelle
et
un timbre particulièrement riche qui évoque le célèbre
Nusrat
Fateh Ali Khan, auquel il rend hommage dans son CD "L'amour
de toi me fait
danser".
![]() |
![]() |
Chant religieux destiné à véhiculer la poésie soufie, le
qawwali se caractérise par l'usage de voix
masculines fortes, faisant
alterner solo et choeur, répétitions et improvisations par le soutien
vigoureux des tablas et de claquements de mains. Ce chant intègre des
éléments profanes étrangers à la tradition, et
n'hésite pas à adapter ses schémas mélodiques, rythmiques et
son contenu poétique à l'auditoire. Ainsi Faiz Ai Faiz s'inspire
parfois de
l'esthétique musicale du cinéma, de même que Nusrat Fateh Ali Khan
cherchait à capter à travers les programmes de télévision
l'image acoustique des pays où il donnait ses concerts.
Ce groupe basé à
Marseille, que j'ai
découvert grâce à Françoise, puis aux 18es Rencontres
Polyphoniques de Calvi, représente une réussite éclatante de
métissage des musiques. Je reprends à mon compte les termes de Carole
Guelfucci :
"Pari audacieux que de réunir plusieurs chanteurs habituellement
solistes autour
d'un projet commun. Pari réussi par Bruno Allary, guitariste et
arrangeur de la
compagnie. Chaque membre du groupe apporte avec lui son style personnel
et
représente une région de la Méditerranée : la Corse (Maxime
Merlandi), l'Algérie et l'Andalousie (Yarmen, Bruno Allary, Fouad
Didi), l'Italie
(Cesare Mattina), la Grèce et les Balkans (Georges Mas), la
Haute-Provence (Renat
Sette) et la Kabylie (Hassan Boukerrou)... Rassegna, "rassemblement" en
sarde, porte
vraiment bien son nom."
![]() |
![]() |

Paru le 29 octobre
2007 chez Buda Musique / Socadisc, "Venimos a ver"
présente un nouveau
répertoire constitué de chants découverts et travaillés ces
dernières années (chants de noces, d'amour, de prisonniers,…). Les
couleurs et influences musicales, par-delà celles habituellement
choisies par la
compagnie, se teintent cette fois de sonorités du nord de l'Espagne, de
chants de
cabaret napolitains, de romances sépharades, de chansons du sud de la
Corse et
d'airs à danser de la région de Thrace.

Ces morceaux sont arrangés, harmonisés et adaptés dans
différentes langues, avec pour objectif de toujours trouver les points
communs
sans gommer les spécificités. Dans ce nouveau disque ont pourra
découvrir, aux côtés de Bruno Allary, Yarmen, George Mas, Maxime
Merlandi, Fouad Didi, Philippe Guiraud et Cesare Mattina, les voix de
Carmin
Belgodère et, en invités, de Selim Alial et d'Annie Ebrel. A signaler
également le conseil artistique de Renaud Garcia-Fons.
Ce qui est remarquable
dans la démarche de
Rassegna, au-delà du travail de collecte, de sauvegarde et
d'orchestration, c'est
le travail d'appropriation et de re-création dans un esprit d'ouverture
à
l'ensemble de la Méditerranée. Ainsi, U Lamentu di Petrucciu
sur un
rythme de buleria met en évidence les parentés -
pas si
évidentes - entre le lamentu corse et le flamenco ; U Lio di
Roccapina fait
le pont avec l'autre rive de la Méditerranée ; La Storia di
tri
surelli est chanté en sicilien, en corse et en valencien; Lo
jor que,
qui clôt l'album, est une rumba mi-catalane, li-cubaine chantée en
provençal, en grec, en arabe, en breton et en espagnol ! Tout cela
pourrait
être fabriqué, artificiel, et c'est tout le contraire, cette démarche
d'une grande cohérence s'impose comme une évidence.

Site : rassegna.free.fr/

Eva Quartet est composé de quatre jeunes femmes : Gergana Dimitrova,
soprano;
Sofia Kovacheva, mezzo-soprano; Evelina Stoilova, alto; et Daniela
Stoichkova,
contre-alto, qui ont, en leur temps, fait partie du célèbrissime choeur
“Le Mystère des Voix Bulgares”, qui connut un succès
mondial.
Avec Eva Quartet, c’est non seulement le répertoire traditionnel et
religieux des chants bulgares qu’elles interprètent, mais également
des compositions originales, preuve de la modernité de la culture
vocale de ce
pays.
Le timbre de ces voix a capella, leur virtuosité et leur profondeur, le sentiment étrange parfois que ces quatre voix ne font qu’une, rendent chaque concert du Eva Quartet unique, une expérience musicale hors du commun.

Photo Mondomix
Nahawa Doumbia est une idole au Mali et une des références vocales
d'Afrique de l'ouest. La reine du Didadi - un
rythme sur lequel les jeunes gens se
défient lors des cérémonies et des soirées de fête aux
périodes des semailles et des récoltes - a décidé un retour
à la tradition instrumentale du wassoulou, manière
voluptueuse et
rythmée de phraser la mélodie.
Houria
Aïchi
invitée en 1998 et
2002

![]() | ![]() |
Discographie : Chants sacrés d'Algérie - Virgin Classics - EMI music
(2001)
Hawa - Tempo Naive Auvidis (1993)
Chants de l'Aurès - Work Naïve Auvidis (1990)
Cavaliers de l'Aurès avec l'Hijâz'Car (2008)

Faytinga est une Kunama (peuple du nord-est de l’Érythrée).
Entrée dans la lutte armée pour la libération nationale dès
l’adolescence, elle souhaite aujourd’hui dépasser le registre de la
guerre pour faire place à des thèmes plus personnels (amour, femmes,
divorce). Elle compose la musique sur son krar (harpe-lyre). Sa voix
très
aigüe peut rappeler celle de l’Éthiopienne Aster Aweke.
Colenso
Abafana
invités en 2002
Tour à tour festive et
intimiste, la musique
d'Erotokritos (du nom d'une oeuvre crétoise majeure,
odyssée
épique et mythique écrite par Vincenzo Kornaros pendant la période
de la Renaissance crétoise), est représentative de la diversité du
répertoire traditionnel crétois et des multiples influences de cette
île entre Orient et Occident, marquée tour à tour par les dominations
grecque, romaine, byzantine, vénitienne et ottomane.

Erotokritos se compose de:
* Harilaos PAPADAKIS : lyra (sorte de violon à 3-4 cordes) et chant.
* Nikos MASTORAKIS : Guitare, laouto (luth), boulgari (proche du saz),
baglama et
chant.
* Jean-Philippe CHASSAGNE : tuberleki (darbouka), daouli, défi (bendir)
et
percussions méditerranéennes (daouli, zillia)
* Yorgos STAVRAKAKIS : laouto (luth) et mandola
Sur
cet album ont peut entendre
également Nilos Paraoulakis (ney) et Eric Montbel à l'askomandoura
(gaïda, une sorte de cornemuse).

EGSCHIGLEN ("belle mélodie") a été fondé en 1991 par quatre
étudiants du conservatoire d'Ulaanbaatar. Dès le début, le groupe se
concentre sur la musique contemporaine Mongole, tout en explorant les
arts musicaux
populaires d'Asie centrale. Aujourd'hui les sept musiciens mongols se
remarquent par la
virtuosité de leur musique. Celle-ci prend la forme d'acrobaties
vocales : le
Khöömie, émission simultanée d'un bourdon et de sons harmoniques,
le khailakh récitatif, ou encore le mélodieux Duulakh.
Elle se caractérise également par des recherches sur le langage sonore
de
la vielle cheval Morin khuur, de la cithare trapézoïdale Yootchin et du
luth
à deux cordes Tobshuur.
En aucun cas EGSCHIGLEN n'est poussé par l'urgence de la modernité, il
évite toute hybridation mondialiste. Le groupe joue avec les
transpositions
mélodiques et développe une musique lumineuse mêlant fredons
étranges, muettes gutturales et digressions pentatoniques.
La musique et les danses d'EGSCHIGLEN sont fortement marquées par
l'univers
poétique des nomades mongoles et les traditions chamanes. Elles nous
transmettent
l'harmonie d'un peuple vivant en accord avec la nature et ses cinq
bijoux « les
chevaux, les chameaux, le bétail, les moutons et les chèvres.
»
Et si les sonorités mongoles semblent étranges et mystérieuses pour
des oreilles occidentales. En particulier les chants Khöömie... Comment
imaginer qu'une voix peut produire de telles aigues et graves en même
temps ?
EGSCHIGLEN exprime des sentiments humains de base : amour, douleur et
gratitude. Sa
musique nous est donc aussi familière. Elle nous rappelle qu'au delà de
toutes les différences culturelles, certains éléments sont communs
à l'existence humaine.
Source : Accords croisés
http://www.accords-croises.com/fr/artistes.asp?artiste=26
![]() |
![]() |
Julia Sarr a chanté pendant près de douze ans aux côtés de
Lokua Kanza et des plus grands noms des musiques françaises et du
monde. Patrice
Larose, jazzman et guitariste flamenco, a été le compagnon fidèle de
Marcio Faraco sur ses deux derniers albums. Ces deux-là commencent à
peine
à faire connaître leur nom et ce n’est qu’un début.

CD Set Luna

Quatre chanteurs solistes
issus de mondes musicaux
différents composent la Compagnie Nonna Sima : Joëlle Faye et Silvia
Malagugini travaillent les " modes " du chant traditionnel italien.
Edmond Hurtrait et
Frédéric Lair viennent quant à eux du monde classique et pratiquent
depuis longtemps le chant baroque. Les instruments de Mathias Duplessy
(tambours,
berimbao, oud, guitare) et son chant diphonique, accompagnent et
enrichissent les
polyphonies de" Mystères ".
Ces chants sont l'expression du sens religieux du peuple, à la
lisière
du sacré et du profane : ils sont ancrés dans la terre, liés aux
cycles de la vie de l'homme, et ils expriment également le besoin
d'absolu et de
protection dans un cadre rituel. " Mystères" suit un parcours
liturgique de
l'annonciation à la Passion du Christ. Ce récit est aussi bien
constitué de chants extraits du Laudario di Cortona (recueil italien de
louanges
du XIII siècle) et des airs de Monteverdi, que des Passioni italiennes,
représentées en Italie pendant la Semaine Sainte.
Silvia Malagugini
(*)
Azadé Hojat: chanteuse, tambour dâyré
Leyli Atashkar: luth setâr
Asaré Shekartchi: vièle kamântché
Nushin Pasdar: luth barbat, tambour zarb
Source : L'Ecoute des mondes,
http://www.rsr.ch/espace-2/l-ecoute-des-mondes/selectedDate/27/8/2006
La musique traditionnelle de Touva, République autonome à la frontière de la Sibérie et de la Mongolie, a la particularité de vouloir développer un caractère mystérieux et magique, celui de domestiquer les animaux sauvages, de calmer les esprits, de nous faire entendre les chants des oiseaux, le ruissellement de l’eau ou le hennissement d’un cheval.
Cette musique se rattache à la tradition chamanique très ancrée dans ces contrées. On sait que la culture chamanique est une des voies spirituelles les plus anciennes de la terre. Elle s’attache à maintenir un certain équilibre de la société et une harmonie positive des individus en les situant un pied sur terre, et l’autre dans le monde des esprits.
Le « vol chamanique » est le voyage de l’âme qui peut emmener les chamans dans d’autres réalités vers d’autres régions du monde. La musique s’inscrit dans ce voyage et conduit l’auditeur sur ces voies mystérieuses.
Huun Huur Tu
est une expression par laquelle les
Tuvan désignenet leur terre, en référence aux rayons du soleil
frappant la prairie au crépuscule et à l'aube. Les membres de
l'ensemble
ont choisi ce nom pour souligner l'attachement aux traditions
pastorales propres aux
plaines du Sud de la Sibérie dont ils sont originaires.
La musique par laquelle la République de Tuva est la plus connue est le chant diphonique ou kloonei (mot mongol pour gorge). Par des mouvements précis des lèvres, de la langue de la mâchoire, les chanteurs intensifient certaines harmoniques naturelles de la voix.
Ce chant diphonique se caractérise par l’émission conjointe de deux sons à partir des voyelles réputées riches en harmoniques.
L’un de ces sons est dit « son fondamental » ou « bourdon ». C’est un son continu, alimenté par le souffle du chanteur.
L’autre dit « son harmonique » varie, dans les hauteurs, au gré du chanteur. La position de la langue joue un rôle prépondérant pour l’émission du son : si elle est au repos, le chanteur, au dessus du bourdon, ne peut exécuter que deux ou trois harmoniques. En revanche, s’il change la position de sa langue en divisant sa bouche en deux cavités, les sons harmoniques deviennent plus aigus, intenses et nombreux.
Les
harmoniques se succèdent
alors jusqu'à former des mélodies pentatoniques tissées entre les
textes chantés.
Chez les Touvins, étonnamment, on rencontre quatre techniques principales de chant diphonique avec un bourdon à hauteur variable :
1 Le style kargyraa : le son le plus grave a un timbre très spécial évoquant le cor de chasse.( Le battement des cordes vocales est très lent puisqu’il oscille entre 55 et 65 Herz.)
2 Le style borbannadyr : le timbre du bourdon est plus doux que celui du style Kargyraa. La particularité ici est que le chanteur peut alterner ces deux styles dans une même pièce musicale. (bourdon à 110 Herz)
3 Le style sygyt : il possède un bourdon ou son fondamental plus aigu, entre 166Herz et 220Hz (« la »grave). Le chanteur peut ainsi superposer sur le bourdon, une mélodie d’harmoniques extrêmement aigus.
4 Le style ezengileer : variante du chant précédent, ce style est caractérisé par un rythme saccadé que l’on retrouve dans le choc des étriers du cheval au galop. Il est donc surprenant de penser que la bouche joue un rôle aussi fondamental. A cet égard, certains chanteurs de Touva arrivent à rajouter une troisième voix !
Il faut savoir que chaque son musical fondamental possède au minimum une série de 16 sons harmoniques dont l’ordre est inchangeable. Si, par exemple, vous écoutez attentivement le son d’un gong ou d’une cloche, vous pourrez en entendre quelques uns.
Les instruments de musique présentés au concert de Huun-Huur-Tu sont représentatifs du patrimoine musical de Touva. Cependant, on peut chercher des points de comparaison avec nos instruments de musique occidentaux.
On distingue d’une part les instruments à cordes frottées ; ainsi l’igil se rapprocherait d’un violon mais posé sur la jambe, alors que la byzancy rappellerait aussi un violon dont l’archet serait intégré à l’instrument même.
L’igil : ( prononcer « iguil ») ; C’est une vièle à 2 cordes dont la caisse de résonance et le manche sont taillés dans un seul morceau de bois (du mélèze en général).Quant au chevalet et aux deux chevilles, ils sont fabriqués en bouleau.
Cette vièle peut avoir une forme trapézoïdale ou allongée. Le manche se termine par une belle tête de cheval sculptée. L’igil produit toujours une mélodie à deux sons, la corde grave servant de bourdon. La position du musicien n’est pas toujours la même ; s’il s’agit d’une fête, l’instrumentiste est assis sur un tapis. S’il s’agit au contraire d’un concert, ce dernier est assis sur une chaise, sa jambe gauche posée sur sa jambe droite, l’instrument calé sur le haut de la botte de l’interprète !
La byzancy : C’est une vièle à quatre cordes dont la caisse de résonance est en bois. L’archet dont le crin est composé d’une touffe de cheveux ne peut se détacher des cordes. De plus, un anneau métallique permet de raccourcir la longueur des cordes et donc de modifier la hauteur des sons. Plus la corde est courte, plus le son est aigu.
Le doshpulur : C’est un luth à deux cordes dont la caisse de résonance peut être ovale, arrondie, piriforme, c’est-à-dire en forme de poire, ou encore trapézoïdale. On en joue en pinçant les cordes de sorte que les sons puissent être entendus de manière alternée ou simultanée.
La guimbarde : C’est un des instruments les plus répandus à Touva. Fabriqué en fer, elle comprend un cadre de forme de trapèze qui maintient et enserre une languette. Cet instrument se joue en mettant en vibration la languette du majeur ou du pouce de la main droite, tandis que le pouce et l’index de la main gauche maintiennent l’instrument. La cavité buccale sert de résonateur et de fait amplifie le son.
Les instruments à percussion : le tambour chamanique - tambour de terre - sabots de cheval – sorte de maracas en peau.
Les Touvins ne vivent pas de la même façon, selon le lieu géographique où ils se trouvent.
A l’ouest, ce sont des nomades qui élèvent chevaux, chameaux, yacks, moutons, vaches, chèvres et même parfois rennes… Ils mènent une vie de nomades, obligés d’effectuer des transhumances plusieurs fois par an : l’élevage, l’activité agricole et la chasse sont leurs principales occupations. A l’ouest, les membres de la famille forment un clan, transhument ensemble et s’hébergent dans des campements formés de plusieurs « yourtes ». (tente en feutre)
A l’est, le peuple est sédentaire et vit aussi de la chasse. A l’est, ils vivent dans un habitat conique. Leurs maisons sont recouvertes d’écorce de bouleau l’été, de peau d’élan l’hiver !
Tout diffère encore de l’ouest à l’est quand il est question de modes vestimentaires (costumes et motifs décoratifs très différents).
La musique et le chant sont intimement liés à la vie quotidienne de Touva.
On peut évoquer des berceuses, des chants d’apprivoisement quand les bêtes, agneaux ou chameaux, sont gardés par grands froids sous la yourte.
Il y a aussi les chants de travail, les récitations chamaniques, les chants pour les courses de chevaux.
Enfin les chants liés à une action physique ont leur place dans un pays assez rude : chants lorsque l’on trait une vache ou une chèvre ou lorsqu’il s’agit de motiver son cheval avant la course
Giovanna
Marini
invitée en 1996, 2001 et 2007
Née
le 19 janvier 1937
à Rome dans une famille de musiciens, Giovanna Marini est une
musicienne,
chanteuse, chercheuse en ethnomusicologie. Son activité protéiforme en
a
fait l'une des figures les plus importantes dans les domaines de la
recherche et de
l'exécution de la tradition musicale populaire italienne, mais elle
compose
également.
En
1959, elle obtient son
diplôme en guitare classique au Conservatoire Sainte-Cécile de Rome
puis
perfectionne son apprentissage et sa pratique avec le plus grand
guitariste classique
alors vivant, Andrès Segovia. Dans le même temps elle se consacre à
l'étude et à la pratique d'instruments à cordes antique comme le
luth dont elle joue au sein du Concentus Antiqui du maestro Quaranta.
Sa
rencontre avec Pasolini marque
une étape fondamentale dans sa vie. Cette rencontre sera d'ailleurs
racontée par Giovanna Marini dans un inoubliable et émouvant
enregistrement
qui demeure une des meilleures descriptions du caractère et de la façon
d'être de Pasolini. Elle rencontre aussi Italo Calvino, auteur à son
tour de
textes de chansons pour Cantacronache. C'est la
découverte du chant social,
ou de ce que, selon une définition de probablement Giovanna elle-même,
l'on
commence à définir comme l'histoire orale chantée, dans le sens
d'enregistrement populaire des événements historiques, au moyen de
l'instrument privilégié de la chanson de composition anonyme et de
transmission orale (encore active dans l'Italie des années 60 et dans
une
société qui, de typiquement rurale, se transformait radicalement en
société industrialo-urbaine).
Tout
en participant à des
spectacles, elle parcourt l'Italie et recueille une masse infinie de
chants populaires en
langue italienne et dans les différents dialectes et langues
régionales. Ce
sera le matériau fondateur du Nuovo Canzoniere Italiano,
avec lequel
Giovanna Marini se produit à côté des groupes formés par les
plus grands interprètes italiens de la nouvelle chanson politique,
comme Giovanna
Daffini, une "chanteuse paysanne" dont Marini apprend l'émission vocale
particulière et le répertoire. Elle collabore également avec le
célèbre poète en langue sarde Peppino Marotto, duquel elle apprend
l'art de la narration populaire improvisée.
Giovanna
Marini devient un pilier de
l'Institut Ernesto De Martino, où elle va cataloguer l'énorme
quantité de chants populaires découverts et pour lesquels elle parvient
même à créer un système particulier de notation musicale.
C'est une véritable œuvre de transcription de la mémoire, permettant
ainsi sa transposition pour la scène. Elle va enfin trouver au sein de
l'École populaire de musique du Testaccio des musiciens avec lesquels
jouer et
pour lesquels elle écrit "La grande madre impazzita"
(1979). Elle affronte
ensuite l'écriture pour instruments et voix avec "Il regalo
dell'imperatore" (1983) et "Requiem"
(1985). Pour le bicentenaire de la
Révolution française en 1989, elle met en musique la Déclaration
universelle des droits de l'homme.
En
1974, l'École populaire de
musique du Testaccio à Rome lui confie la chaire d'ethnomusicologie
appliquée, soulignant ainsi l'extrême importance de Giovanna Marini en
tant
que chercheuse dans ce domaine. De 1991 à 2000, elle sera également
titulaire de cette même chaire au sein de l'Université Paris VIII –
Saint Denis. Avec ses élèves romains et parisiens, elle va accomplir
des
voyages d'étude pour écouter et transcrire les chants de tradition
orale
encore présents en Italie lors des fêtes religieuses et
profanes.
En
1964, elle participe, à
Spoleto, au spectacle "Bella ciao" qui reste gravé
dans les mémoires
pour avoir provoqué scandales et réactions indignées du public.
L'activité de Giovanna Marini se poursuit avec des spectacles et
initiatives qui
illustrent l'histoire du recueil des traditions populaires italiennes,
comme "Ci
ragiono e canto" (1965), dirigé par Dario Fo. Elle commence
également
à composer de longues ballades (plus exactement des cantates) dans
lesquelles elle
raconte son expérience et qu'elle interprète seule en scène,
s'accompagnant exclusivement à la guitare. Naissent ainsi "Vi
parlo
dell'America" (1965) et autres compositions pour arriver
jusqu'à
l'"Eroe" (1974). En 2002, elle grave, avec Francesco
De Gregori, l'album "Il
fischio del vapore" qui obtient un succès de vente sans
précédent et fait enfin connaître son nom au grand public. En 2004,
elle met en musique la "Ballata del carcere di Reading"
et le "De
profundis" d'Oscar Wilde. En 2005, pour le Festival Angelica
de musique
contemporaine, elle compose la musique sur le texte de Pasolini "Le
ceneri di
Gramsci" qui sera exécuté par le cœur Arcanto de Bologne et
qui
sera édité au disque en 2006 sous le titre "Le ceneri di
Gramsci –
Oratorio à plusieurs voix – du chant de tradition orale au madrigal
d'auteur".
![]() |
![]() |
En 1976, elle fonde son quatuor Vocal, pour lequel elle écrit des
cantates, de
"Correvano coi carri" (1977), pour arriver à "Sibemolle"
et à
la "Cantata del secolo breve" (inspirée de l'œuvre
historique d'Eric
Hobsbawm) présentée au théâtre de Vidy à Lausanne en
2001.
Après
avoir travaillé
sur les différents placements de voix : voix baroque, voix lyrique,
voix
contemporaine, voix traditionnelle, les chanteuses qui composent le
quatuor appliquent
les règles et les styles du chant traditionnel italien.

La Torre di Babele s’inspire d’une légende, celle
d’un
héros que son peuple idolâtre mais qui a de la peine à se
reconnaître dans les récits faits à son sujet. Il s’agit donc
d’un récit chanté écrit pour les voix de Patricia Bovi,
Francesca Breschi, Patricia Nasini et Giovanna Marini.
Un livre CD
passionnant qui reconstitue le parcours créatif de cette très grande
artiste :
Giovanna Marini, Il Canto
necessario
Ignazio Machiarella et Giovanna Marini
Editions Actes Sud


Site :
www.giovannamarini.it/
Daniele
di
Bonaventura
invité
en 2007 et 2008
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
Après plusieurs décennies de relative obscurité, le bandonéon a réussi à retrouver une place importante. Jadis connu en Europe centrale en tant qu'instrument "folk" et en Argentine et en Uruguay comme partie essenteille d'un orquesta típica ou d'un ensemble de tango, sa voix n'a été entendue que rarement en dehors de ces contrées. Cependant, un cercle d eplus en plus grand de musiciens semblent attirés par ce concertina d'origine allemande. Sans aucun doute, cette résurrection a commencé avec la musique du compositeur et bandonéiste argentin Astor Piazzolla, mais le potentiel expressif de l'instrument l'a déjà propulsé dans le jazz et la musique expérimentale.
Après avoir écouté ce disuqe, il est évident que Daniele di
Bonaventura est l'un des nouveaux musiciens pour lesquels
le bandoneon est plus qu'une fantaisie. Originaire de Fermo,
Italie, il a commencé ses études musicales à l'âge de huit ans,
apprenant d'abord le piano et la composition et plus tard
choisissant le bandonéon. Entreprendre cette difficile transition
valait la peine tant le bandonéon semble parfaitement adapté à
son
expression personnelle.
Sur cet album, Solo Bandoneon, Di Bonaventura a fait des choix simples mais pertinents en explorant le riche mais original répertoire de Piazzolla. Il nous offre cinq courtes pièces introspectives qui expriment les multiples aspects du tango, de la musique claissque et du jazz. ces "tangos" un peu "rhapsodiques" rappellent les preludes sans mesure du répertoire français pour clavier de la fin du 17e siècle. Leurs mélodies se déroulent librement, seulement soutenues par un accompagenement d'accords. Cela donne au musicien de considérables opportunités d'embellissement, d'accentuation et de modelage de la ligne mélodique. Di Bonaventura fait cela avec sûreté, alternant tension et détente tout en permettant à l'architecture harmonique de chaque morceau de dicter sa forme. Son parlando et son style de jeu impressionniste est très personnel, et il se marie bien avec la musique de Piazzolla. Le jeu est d'une grande force émotionnelle, et son aptitude à communiquer surpasse celle d'autres musiciens même techniquement supérieurs.
De même qu'un chanteur doit prendre sa respiration entre les phrases, le bandoneon doit aussi inspirer et expirer regulièrement. Le phrasé de l'artiste, comme mis entre parenthèses entre ces respirations, donne à son jeu une qualité proche de la voix et un sens de mouvement linéaire.
Au mileiu du disques on trouve trois compositions de Bonaventura ; c'est peut-être le passage le plus poétique et attrayant de ce court enregistrement. "Ballata Triste", le premier de ces trois morceaux, évoque des ciels gris et tristes dans un style introspectif de ballade jazz. Nous n'avons cependant pas à rester longtemps dans le froid et l'humidité, car une douce lueur d'affection réchauffe les échos nostalgiques de "Remniscenze (Inno)." "La Caccia" est une sorte de jeu de cache-cache, parfois coquet et ludique, parfois mystérieux et séduisant, la pulsation de la passion jamais loin sous la surface. Délibérément simples, ces morceaux ne sont pas du tango nuevo, mais des compositions originales dans un style jazzy. En plus d'être de la bonne musique, ils sont très adaptés au bandonéon et représentent une nouvelle direction pour sa voix!
La qualité sonore de ce compact est très bonne, un des meilleurs disques de bandonéon solo que j'aie entendus. Il y a un parfait équilibre entre présence et espace. Des micros très sensibles ont capté chaque couleur, chaque nuance, y compris la résonance chaude du cadre en bois d el'instrument, le son des valves et des soufflets, le cliquetis des clés et le souffle de l'air. Certains appelleront cela du bruit, mais je suis reconnaissant aux ingénieurs du son d'avoir conservé ces sons "parasites", partie intégrante de l'instrument. On entend aussi les gémissements quasiment extatiques involontaires du musicien, témoignages d'une interprétation profondément ressentie et passionnée.
Je
n'ai que deux regrets mineurs à exprimer sur ce CD: sa briéveté tout
d'abord, ainsi que l'absence de détails biographiques sur la pochette.
Etant donné la qualité du disque, il se termine bieen trop
tôt !
J'aurais personnellement apprécié d'entendre quelques autres
compositions de Di Bonaventura. Mais c'était peut être le but de
laisser l'auditeur sur sa faim pour assurer son retour. Si c'est cela,
c'est réussi. Mon appétit s'est aiguisé à l'écoute de ce disque !
En 2003, Daniele Di Bonaventura a enregistré pour il Manifesto CD
son CD “Suite
per Bandoneon e Orchestra",
composé pour
l’Orchestra
Filarmonica
Marchigiana.
![]() |
![]() |

C'est en 1979 que sort son premier album, Ammentos, une sélection de chants traditionnels où elle est accompagnée par son frère Marcello Ledda à la guitare et Mauro Palmas aux launeddas. La même année elle entre dans le groupe Suonofficina, formé par Palmas, avec lequel elle entreprend une longue activité de concerts dans les plus importants festivals italiens, suisses et allemands.
Le nouveau disque, Is Arrossas,
paru en 1984, se vend à 15 000
exemplaires rien qu'en Sardaigne. La même année elle participe au
disque de
l'étoile naissante de la musique new age, Andreas Vollenweider, dont
elle avait
fait la connaissance en Suisse trois ans auparavant. Elle enregistre
également
avec Suonofficina Landimironnai,
qui obtiendra trois ans plus tard le prix
de la critique en Allemagne. Le groupe présente au Festival de Zurich
le projet
Ai confini tra Sardegna et jazz, avec, parmi
d’autres musiciens sardes,
Paolo Fresu et Antonello Salis. Un mois seulement après, Elena Ledda et
Mauro
Palmas participent au prestigieux Italian Project
d’Enrico Rava,
présenté à la Filarmonica de Berlin.
Sonos, en 1987, représente
l'évolution naturelle de
Suonofficina, inaugurant le projet d'un groupe ouvert où joueront des
grands noms
tels que Riccardo Tesi, Riccardo Lay, Sandro Satta. Coautrice avec
Palmas et Alberto
Balia du spectacle Far away wave en Australie,
Elena Ledda collaborera avec Lester
Bowie, puis avec Don Cherry pendant la tournée suivante.
Après une série de tournées
de concerts
entre 1988 et 1992, elle signe avec Silex pour la publication de Incanti,
un album qui témoigne l’aboutissement de son itinéraire artistique,
avec une formation élargie à Riccardo Tesi à
l’accordéon diatonique et Giorgio Baggiani à la
trompette.
En 1995 elle participe au projet Canti randagi et en 1996 à « Sonos ‘e memoria » (film de Gianfranco Cabiddu). En 2000 elle publie Maremannu, "Choc" du Monde de la Musique et "Bravo" de Trad Mag . Son dernier disque, Amargura, sorti en 2005, bénéficie des arrangements de Lino Cannavacciuolo.
Elle est également sur la musique enregistrée par Paolo Fresu pour le film de Gianfranco Cabiddu, Sonos 'E Memoria.
Au printemps 2007 elle
participe au spectacle théatral
Médée mis en scène par Orlando Forioso avec A
Filetta et Lia
Careddu qui sera présenté en Sardaigne, à Livourne et à
Calvi.
Discographie
1979 Ammentos (Durium)
1984 Is Arrosas (Key Records)
1988 Sonos (Play Game Music)
1993 Incanti (Silex)
1999 Sonos Langanos (Condaghes) con M. Palmas
2001 Maremannu (Biber)
2005 Amargura (Aquadia)
Paolo Fresu est né le 10 février 1961 à Berchidda, en Sardaigne. S'il a appris très tôt la trompette (dès l'âge de onze ans), Paolo Fresu a décidé de devenir musicien à la suite de la découverte d'un disque de Miles Davis et John Coltrane. Il abandonne alors son métier d'électronicien, rencontre Enrico Rava et commence à se produire en club. Il enregistre en 1985 un premier album sous son nom, Ostinato. Une sonorité très cool, toute en sourdine et en contrastes ; des ballades jouant sur l’équilibre entre l’ombre et la lumière. Paolo se produit par ailleurs régulièrement avec son quintet qui rassemble Tino Tracanna (sax), Roberto Cipelli (p), Attilo Zanchi (b) et Ettore Fioravanti (dms). Il s'installe à Paris en 1986. Là, il rencontre Aldo Romano, Stefano Di Battista et Michel Benita. Il enchaîne alors les concerts et les disques, sans ne rien perdre de sa personnalité. Inner Voices , enregistré à cette époque aux côtés de Dave Liebman, en est la preuve. Avec lui, Paolo connaît la consécration internationale. Ses partenaires s’appellent désormais Dave Holland, Kenny Wheeler, Gerry Mulligan, John Zorn, Michel Portal, Daniel Humair, Joachin Kühn ; ses groupes réunissent des musiciens de toutes nationalités... Ainsi du quartet Palatino créé en 1995 qui rassemble Aldo Romano, italien, Glenn Ferris, américain et Michel Benita, français.
Fidèle à ses origines, le Sarde ne continue pas moins de jouer régulièrement avec son quintet italien à géométrie variable (très bel album Night on the City enregistré en 1994) Le jeu du trompettiste s’y révèle d’une simplicité déconcertante tout en recelant de trésors harmoniques. Ce CD reçoit d’ailleurs le Django d’Or et le prix de l’Académie du jazz. Avec le même groupe il enregistre Wanderlust en 1996, Melos en 2000 et récemment P.A.R.T.E.)
S'il délaisse un peu le classicisme, comme sur les albums avec Nguyen Lê (Angel et Metamorfosi) où le guitariste n’hésite pas à jouer saturé, il rend hommage à ses illustres inspirateurs Chet Baker (Shades of Chet, avec Enrico Rava) et Miles Davis (Kind of Porgy and Bess).
En redécouvrant de façon neuve une sonorité familière, il retrouve une fraîcheur et une profondeur jamais égalées. Paolo Fresu est un homme de rencontres. Dernière en date, sa rencontre avec l'oudiste Dhafer Youssef. Lorsque Paolo Fresu et Dhafer Youssef jouent ensemble, leur duo dégage un charme particulier rendu par la combinaison de deux instruments d’apparence si éloignée, l’oud et la trompette. La musique arabe et les improvisations jazz se rencontrent sans conflits.
Dans son abondante discographie, retenons les cinq disques de la série "5ET." Blue Note Italie a offert au groupe la possibilité d'enregistrer une série de disques, chacun dédié aux compositions de l'un des membres du quintet. Les disques, tous enregistrés dans le studio de La Buissonne à Pernes-les-Fontaines, ont été publiés à une cadence régulière : les compositions du pianiste Roberto Cipelli ("Kosmopolites”) d'abord, puis celles du bassiste Attilio Zanchi ("P.a.r.t.e.”), celles du saxophoniste Tino Tracanna (“Incantamento”) et celles du batteur Ettore Fioravanti (“Thinking”), pour finir avec celles de Paolo, ("Rosso, verde, giallo e blu"). Citons également "Things", le disque en duo avec Uri Cane...
En octobre 2006, il rencontre André Jaume et A Filetta pour Mistico mediterraneo à l'Aghja pour quelques soirées. Espérons que cette collaboration débouche sur un disque... En tout cas, Mistico mediterraneo a remporté un grand succès le 14 septembre 2007 dans le cadre des Rencontres polyphoniques de Calvi.
Carla Bley's Lost Chords finds Paolo Fresu
Paolo Fresu a intégré en 2007 la formation de Carla Bley, "The Lost Chords", pour une série de concerts à Châlon-en-Champagne le 10/05, au Mans le 11/05, à Monte Carlo le 15/05 et à Coutances le 17/05, puis d'autres en automne, et un CD est paru chez ECM mi-octobre 2007.
Mare Nostrum
Réunion des trois fortes personnalités que sont Paolo Fresu, Richard Galliano et Jan Lundgren, Mare Nostrum réserve de beaux moments avec un Galliano expansif face au jeu plus réservé du pianiste et à la sonorité toujours solaire de Paolo Fresu, qui est à son meilleur dans Sonia's Nightmare.On doit à Paolo (qui intervient sur la moitié des morceaux du disque) et à Gianmaria Testa les moments les plus intéressants d'un disque un peu trop sage.
F. à Léo
présente Paolo Fresu en compagnie de Gianmaria Testa, Philippe Garcia at Attilio Zanchi sur un projet du pianiste Roberto Cipelli d'hommage à Léo Ferré.
Stanley Music !
Je n'ai pas encore pu écouter le dernier disque de Paolo publié sous son nom en quartet, Stanley Music !, mais, à en juger d'après ce qu'en dit J. Duclos-Arkilovitch dans Jazzman, c'est un disque d'enfer !
Il existe un livre (en italien) consacré à Paolo.
Gravante, Enzo
Paolo Fresu: la Sardegna, il Jazz
Dim. 20x20 cm
Pagg. 216
Anno di edizione: 2004
ISBN 88-7356-059-8
Collana: Carta & Musica
Prezzo: 25,00 Euro
C'est ici.
Site : www.paolofresu.it
Surtout connu comme saxophoniste ténor, le multi-instrumentiste André Jaume excelle aussi à l'alto, à la flûte, à la clarinette basse et à la clarinette, son premier instrument. Sa sonorité chaude et généreuse est sa marque de fabrique et sa carrière reflète sa curiosité et son ouverture.
Né à Marseille le 7/10/1940, il étudie la clarinette au conservatoire puis le saxophone, découvre le jazz avec Sidney Bechet. Son intérêt se déplace rapidement du Dixieland à des musiciens plus modernes comme Charlie Parker, Duke Ellington et John Coltrane. Il suit les cours de Guy Longnon de 1966 à 1969. Au début des années 70 il joue avec Barre Philips puis, alors qu'il joue en duo avec le percussionniste Gérard Siracusa, li rencontre Raymond Boni ; ainsi naît le trio "Nommo". Vient ensuite la participation au quartette et au big band de Jef Gilson. Il rencontre Joe Mc Phee au Festival de Nancy. C'est le début d'une longue collaboration amicale, avec les albums Old Eyes & Mysteries et Oleo & a Future Retrospective.
Au début des années 80 il fonde un octet pour satisfaire son souhait de composer pour des instruments à cordes. Il collabore avec Jimmy Giuffre, qui l'encourage à reprendre la clarinette. Il joue avec Charlie Mariano, John Medeski, Charlie Haden, Barry Altschul, aussi bien qu'avec des musiciens d'Indonesie ou de Guinée.Il forme aussi un trio avec le guitariste Rémi Charmasson et Randy Kaye, le batteur de Jimmy Giuffre.
Discographie sélective :
Clarinet sessions
Borobodur suite
Piazza di Luna, avec Tavagna
Musique pour 8 : L'oc
Alliance
Danyèl Waro
invité en 2003 et 2008
Chanteur, poète et musicien réunionnais, Danyèl Waro réinvente sans cesse sa musique. Pour lui, le Maloya est une façon d’exprimer une revendication identitaire et de mettre en lumière les subtilités de la langue réunionnaise.Né le 10 mai 1955 au Tampon, un village des Hauts de La Réunion, dans une famille d’agriculteurs, le jeune Danyel passe des années difficiles à travailler la terre et à couper les cannes à sucre. Enfant, ses journées longues et pénibles lui rapportent le fruit de ses repas quotidiens : du maïs et des patates. Ce souvenir de la nature marque son imaginaire jusque dans sa création d’aujourd’hui : sa terre natale, ses fruits et ses racines sont la sève de ses chansons.
Pour la famille Waro, le temps de l’enfance n’est pas celui de la fantaisie. Le père du chanteur, partisan communiste, n’a pas pour principe de se laisser aller aux plaisirs artistiques, surtout à celui de la musique. Il faudra que Danyel atteigne ses 18 ans pour entendre Firmin Viry faire vibrer les rythmes du maloya lors d’une fête communiste. Ce jour-là, la musique du « cafre », de l’esclave, « le maloya la case, maloya la cour » (maloya qu’on chante à la maison) marque profondément sa sensibilité.
Le choix du maloya
Danyel hérite de son père la volonté de travailler, d’enrichir et de faire perdurer son patrimoine culturel. Il hérite aussi d’une conscience historique. Cette tradition qu’il vénère, c’est son passé qui tombe dans l’oubli, la mémoire de ses ancêtres souffrant en esclavage. C’est aussi la langue créole désormais si diffuse dans le français. Danyel Waro, le créole blanc, le rouquin aux cheveux crépus, va donc se battre pour les peuples de La Réunion et pour leur mémoire. Et pour se battre, il va chanter.Toutes ses revendications sociales et politiques, ses convictions, ses traditions, il les fait vibrer au son des graines de son kayamn. Le choix du maloya, n’est pas un pur hasard. A l’origine, ce chant de souffrance et de rage que les esclaves entonnent à la sortie des champs soulage la misère quotidienne. Danses et chants frénétiques de libération viennent amoindrir tant bien que mal les douleurs des hommes enchaînés, qui recomposent une communauté autour de ces moments furtifs d’humanité. Mais, tant que dure le colonialisme, le maloya est étouffé car la révolte bouillonne dans cet art interdit.
Conscience identitaireCe n’est que bien plus tard, lors des années 70, que le maloya refait surface avec une violence dérangeante : une conscience identitaire très forte surgit du peuple. Ziskakan, Baster, Alain Peters et Danyel Waro, soutenus par le Parti communiste réunionnais (PCR), gênent les départementalistes qui n’ont alors qu’une idée en tête, au nom de l’unité : faire tomber dans l’oubli l’histoire et la culture de l’île.
Fidèle à sa vision du monde, pacifiste et anticolonialiste, Danyel Waro va jusqu’au bout de ses convictions en refusant d’intégrer le service militaire français en 1976. C’est menottes aux poignets qu’il est conduit vers la lugubre prison de Rennes, où 18 mois durant, il fera le point sur la situation de son île et commencera à écrire. « Romans ékri dans le zol en Frans », publié en 1978, témoigne de sa révolte contre la politique du député Michel Debré, qui fait exiler en métropole les fonctionnaires de l’Outre-mer « troublant l’ordre public ».
Multipliant les rassemblements musicaux clandestins, favorisés par l’appui du parti communistes, les artistes, condamnés par les interventions des gendarmes, ne s’arrêtent jamais de chanter ; même si leur parole reste difficile d’accès pour une population qui n’est pas ou plus initiée au maloya.
Hommage aux ancêtres
De retour à La Réunion, Danyel Waro participe sans relâche aux kabars, ces regroupements d’artistes en lutte qui délivrent le maloya du silence et de la honte. D’origine malgache, le service kabaré ou service malgache est une véritable cérémonie rendue aux ancêtres. Sons de cloches, fumées et senteurs envoûtantes colorent l’esprit des kabars où Danyel Waro, presqu’en transe, sous l’œil d’un public médusé, offre son maloya. Pour l’artiste, la musique se joue ainsi, en tee-shirt et en savates, libérée et décomplexée, même si le parcours spirituel et religieux demeure intact. Le musicien vit cette fête comme une survivance ultime de la langue de la mère et du père, la langue créole qui a soudé les ancêtres issus d’un brassage des cultures.« Pour moi Maloya, tu es la fleur qui m’a manquée quand j’étais petit », confie le chanteur en extase dans l’un de ses textes. Les récits d’amour, de peines et de joies de son peuple irriguent ses chansons. Danyel donne une âme à la langue créole dont il s’empare : elle devient poétique, magnétique, et réveille les consciences de tous en rendant hommage aux ancêtres et à leurs descendants. « Dans le maloya, on entend un peu de tout : de l’indien, de l’africain, du malgache, du breton... ». Toujours en train de créer et de s’ouvrir aux peuples divers de La Réunion, Danyel compose pour la « réunionité » et la « batarsité ». Qu’elles soient noires, blanches, tamoules ou chinoises, les communautés et leurs diversités déploient l’énergie du métissage et d’une « Terre promise ».Ascension artistique
Artisan habile, Danyel Waro revendique les bienfaits de ses créations et de la précision du son des percussions qu’il confectionne de ses mains calleuses. Il crée ses propres moyens d’expression quand l’envie lui prend, en sculptant ses instruments dans l’atelier de sa case, en écrivant ses poèmes et en faisant résonner sa voix sur son maloya.La Réunion, terre d’exil, d’accueil et de passage stratégique de l’océan Indien, conserve de part son histoire de nombreux instruments traditionnels que Danyel recrée. Le chanteur s’enthousiasme à confectionner le bobre malgache, les tambours indiens, le roulèr et le kayamn réunionnais en manipulant tout en finesse, les graines de safran, les tiges de fleurs de canne, les peaux de bœufs qui résonnent en rythmes saccadés sur les pulsations du chant et de la danse. Ces instruments sont le produit d’une terre, son expression : ils en ont le grain, l’épaisseur et la matérialité. À la fois tissage et métissage, le maloya unit la nature et les cultures.
Malgré des débuts difficiles, Danyel Waro poursuit son ascension artistique jusque sur les scènes internationales. La Réunion, comme point d’ancrage, a contribué à faire découvrir l’artiste par des festivals localisés d’abord dans la zone de l’océan Indien. Danyel disait au départ s’exprimer pour le peuple réunionnais. Mais hors de son île, un autre public lui a fait prendre conscience de son « rôle artistique ». Son idéal d’ouverture, un maloya qu’il recrée sans cesse, l’impose sur les scènes internationales, de Sakifo - festival international de musique se déroulant à la Réunion - à Africolor - festival dédié à l’Afrique et à l’océan Indien dans l’Hexagone.
Respect des traditions
Dans le maloya qu’il réinvente, Danyel Waro ne se lasse pas d’entremêler différents styles musicaux. D’Alain Peters, il a retenu le talent de l’écriture et la retranscription intime de la douleur. De Georges Brassens, le Réunionnais aime l’esprit rebelle et le rapport charnel aux mots. En septembre 2002, il triomphe sur son île à Piton Saint-Leu, lors d’un concert aux côtés du jazzman Olivier Ker Ourio : le maloya et le jazz fusionnent enfin. En mai 2003, le malgache Rajery enrichit de son valiha - citare traditionnelle en bambou - le maloya de Danyel Waro. En 2004, le pianiste Meddy Gerville l’invite à partager la scène du festival de jazz en plein air. C’est une affiche inédite pour les fans du chanteur.Danyel Waro partage son art dans tous les coins du monde : Afrique, Europe, Chine, Québec... Il ne manque pas non plus, lors de ses retours chez lui, de continuer à militer pour le respect des traditions. En 2003, lors d’une tournée du nom de « Bitasyon fonkker », Danyel et ses amis alternent festivités et réflexions sur le développement des Hauts de l’île.
Artiste accompli - musicien, chanteur et poète - Danyel Waro est un homme entier, qui mêle sa vision du monde à celle de sa musique.
Source : RFO http://musiques.rfo.fr/article74.html
Le maloya est un rythme binaire et ternaire sur lequel les travailleurs des plantations chantaient leurs joies et leurs peines, des complaintes qui prennent leurs sèves au carrefour des cultures et des influences africaines, malgaches et indiennes. Le terme « Maloya » vient du malgache "Malahelo" qui renvoie à la mélancolie et à la tristesse mais qui signifie aussi "parler, exprimer".
Discographie
Foutan founkèr
Grand Prix de l’Académie Charles Cros
Danyèl Waro vit sur l’île de la Réunion, dans les hauts de Saint-Paul. Dans son atelier, il fabrique les instruments traditionnels du maloya. Le maloya est le rythme traditionnel de l’île, le blues de la Réunion... Danyèl Waro est resté fidèle à la tradition acoustique de ce maloya et il en est le “héros” reconnu dans toute l’île. Musicien, mais aussi poète, il sait faire chanter le créole avec une émotion sans pareil.C’est à la case, au bord de la petite route qui monte vers le Maïdo d’où l’on découvre un point de vue époustouflant sur le cirque de Mafate, qu’a été réalisé cet album. Un hymne à l’amour de la mère (Aneil), de l’enfant (Bino), de la femme (Sanm Ou). Le chant des peines et des joies de la Réunion. Le maloya de la révolte et de la fierté d’une batardise affirmée.
Bwarouz
fff Télérama, Choc du Monde de la Musique, Recommandé Répertoire
Grin n Syèl
![]()
Enregistré au Tampon, à deux pas de Trois Mares "Trwamar" où Danyèl Waro a passé son enfance, "Grin n Syèl" est le disque de la maturité sereine et joyeuse. Devinette: quel est le "grin" le plus long ? C'est le grain de pluie, parce qu' il tombe du ciel ! Et ce grin n syèl, c'est aussi une tache de rousseur, comme celles de Danyel sur la photo de la pochette.
"Sur un feu roulant de percussions, Danyel Waro fait crépiter la libre et voluptueuse parole du maloya réunionnais. Sorti de la clandestinité il a une vingtaine d'années, le maloya aurait pu se muer en folklore officiel, jouer jusqu'à la caricature son rôle de porte-drapeau des opprimés et conforter tous les déclassés de l'île dans un statut d'éternelles victimes. Mais grâce à de fortes têtes comme Danyel Waro, l'ancienne musique des esclaves est restée fidèle à elle-même: une force d'insoumission poétique, appelant à l'autonomisation des consciences par la pratique voluptueuse du chant et de la mise en partage d'une parole créole non diluée."
Les Inrockuptibles, Richard Robert
"Danyel Waro et ses musiciens produisent sur scène quelque chose d'unique: une musique absolument acoustique, faite d'instruments rudimentaires, mais qui sonne avec l'énergie d'un groupe rock survolté, dans tous les sens du terme."
Libération, Bouziane Daoudi
"D'une belle présence, écorché ou caressant, envoûtant ou d'une vivacité farouche, le chant créole de Waro emporte, comme un vent vagabond."
Le Monde, Patrick Labesse
"King Créole :
Il reste le roi du maloya réunionnais, un blues gai aux rythmes ternaires éthérées (...) L'intense ferveur de Danyel Waro est incomparable, qu'il chante à voix nue son spleen d'écorché ou qu'il joue vigoureusement des onomatopées et des percussions. Le tout habité par la poésie imagée du créole."Télérama, Eliane Azoulay
"Dans le chant puissant de cet homme vibre l'âme du petit peuple créole de la Réunion (...) La passion de Danyel Waro, ce chamane de l'Océan Indien, emporte tout."
Le Nouvel Observateur, Bernard Loupias
"Une des personnalités musicales les plus marquantes de l'océan indien... Un artiste rare, à tous les sens du terme."
Le Figaro, Bertrand Dicale
http://www.dailymotion.com/video/x1nx1w_danyel-waro-au-new-morning_eventsOuvert à toutes les formes d’art, Doulce Mémoire a rencontré les musiciens danseurs de la troupe, internationalement reconnue, Han Tang Yuefu de Taïwan, les danseurs italiens de la compagnie Il Ballarino, les chanteurs anglais du Cardinall’s Musick et des danseurs espagnols dans un spectacle détonnant mêlant musique renaissance et flamenco.
Doulce Mémoire, c’est d’abord l’énergie, l’esprit de troupe, le plaisir du partage et de la rencontre avec un objectif commun : revisiter le répertoire profane et sacré de la Renaissance. Constitué d’une équipe soudée d’instrumentistes et de chanteurs fidèles à l’ensemble, Doulce Mémoire est amené à jouer aussi bien dans les festivals internationaux d’Innsbruck, Saintes, Bath, Ambronay ou Boston, que sur le parvis du cinéma UGC en plein Paris, dans un restaurant au Portugal, à 4000 mètres d’altitude dans la ville de Quito en Equateur ou en équilibre instable sur une barge posée sur le lagon de Tahiti.
Ennemi déclaré de l’ennui, Doulce Mémoire crée sans cesse de nouvelles formes originales de concert mis en espace et répond présent à tous les défis : d’un spectacle sur une roulotte, tourné en 2000, au concert partagé avec la grande chanteuse ouzbek, Munnadjat Yulchieva, en passant par la formation de chœurs amateurs ou de jeunes indiens boliviens.Passant du cabaret renaissance (La Dive Bouteille) aux musiques les plus mystiques de la Semaine Sainte, du Requiem des Rois de France à la commedia dell’arte avec son nouveau spectacle Viva Venezia !, Doulce Mémoire entend fuir la routine et la monotonie.
Yann-Fañch Kemener
Doulce Mémoire enregistre pour Naïve, K 617 et Zig Zag Territoires. Sa discographie a reçu de très nombreuses récompenses : Diapason d’Or de l’année, Choc du Monde de la Musique, ffff de Télérama.
invité en 2008
Yann-Fañch Kemener est né le 7 avril 1957 à Sainte-Tréphine (Côtes-d'Armor).Acteur du renouveau du Kan ha diskan (chant et contre-chant) dans les années 1970 et 1980, notamment avec son comparse (et compère) Erik Marchand, il a contribué à la pérénisation de la transmission de chants traditionnels par son activité de chanteur traditionnel mais aussi dans ses activités de collectage de la tradition orale locale et de transmission de la langue bretonne.
Ses collaborations diverses (au sein du groupe Barzaz mais aussi avec Dan Ar Braz, Didier Squiban, Alain Genty, Aldo Ripoche, Anne Auffret ...) et son timbre de voix singulier ont fait de lui une figure emblématique du chant breton.
Il a réalisé de nombreux disques et a chanté dans de nombreux festoù-noz.
Sa voix chaude et puissante, sa grande expérience de la scène et son important travail dans la transmission orale font de Renat (René) Sette l’une des figures les plus remarquées et attachantes de la chanson populaire provençale et de la tradition occitane en général. Maçon spécialisé dans les techniques du bâti traditionnel, c’est dans le même esprit de pratique et d’actualisation des savoirs populaires qu’il développera son talent spontané de chanteur.
Signalons que Renat Sette, avant de rencontrer Yann-Fañch Kemener, a participé à l'aventure de Rassegna.
“Cette voix au grain méditerranéen… devenue une des meilleures propagandistes d’un chant provençal en quête d’universalité.”
Frank Tenaille , Le Monde de la Musique, juin 97.Son site : http://rene.sette.free.fr/
Photo B. Minimum Un peu forte, du poil sous les aisselles, attendant sur le pas de sa porte, gitane maïs à la bouche... "La mal couffade", La mal coiffée, vient de l'Aude et elle chante les chansons de son pays que sa mère ou sa grand-mère lui ont appris. C'est ce personnage qu'ont choisi six amies de Peyriac, Minervois, comme symbole de leur occitane réunion chantante.
Depuis bientôt six ans, ce groupe partage énergie et enthousiasme pour chanter et travailler les musiques de la tradition populaire de cette région.
Avec la complicité et le talent de Laurent Cavallié qui leur a soufflé quelques arrangements et dans la veine des grands groupes actuels (Lo Cor de la Plana, Familha Artùs, ...), elles revisitent les chants occitans et leur redonnent un souffle nouveau sans pour autant oublier l'âme et l'histoire de la musique du Languedoc. Ces jeunes femmes incarnent avec passion les chants populaires hérités de leurs parents et grands parents.
La Mal Coiffée propose un répertoire varié qui aborde tour à tour des thèmes comme le mariage, la maternité, l'histoire de la vigne, la vie des bistrots...
L'harmonie entre les voix et les percussions (tambours, shakers...) transmet une énergie à faire danser jusqu'à l'aube et une bonne humeur puisée au contact du public rencontré dans la rue, les bistrots et les concerts. Explosifs et remplis d'émotion, les concerts de la Mal coiffée sont toujours des évènements à ne pas manquer.
Gabriel Yacoub
invité en 2008
Gabriel Yacoub est né à Paris, d'un père libanais et d'une mère française originaire du Loiret. Très tôt intéressé par la musique, il commence à y travailler en accompagnant Alan Stivell à la guitare,au dulcimer et au chant.C'est au début des années 70 que Gabriel, encore adolescent, fait ses premières armes en tant que guitariste et choriste d'Alan Stivell qui stimulera le réveil des musiques traditionnelles en Europe. Après un album expérimental, Pierre de Grenoble, enregistré en 1973 avec Marie Yacoub, il fonde le groupe Malicorne, qui reprend d'une manière originale, personnelle et actuelle des airs et chansons traditionnels. Malicorne recrée la magie des musiques d'antan, en combinant technologie moderne et instruments rares ou traditionnels du monde entier, tels que cromornes, cornemuses, vielles à roue, harmoniums et mandoloncelles, sans oublier la percutante originalité des textes signés Yacoub et le talent de ses coéquipiers, notamment de Marie Yacoub
Le résultat : un mélange insolite et harmonieux de styles et sonorités universels, de voix aux accents étranges et de ces fabuleuses ballades a cappella qui resteront l'estampille du groupe.Après la dissolution de Malicorne en 1988, il entame une carrière solo.
Son répertoire évolue du répertoire traditionnel à la composition personnelle, musicalement inspirée par le folk américain et irlandais et la pop anglaise, privilégiant les instruments acoustiques anciens et modernes. Ses textes d'une poésie sensible et raffinée évoquent le temps qui passe, l'amour et la nostalgie, la difficile communication entre les êtres, dans une constante quête de sens et de spiritualité.
C'est en 2004 que sa démarche prend une tournure nouvelle, avec la fondation d'un label indépendant, Le Roseau, axé sur la production de jeunes artistes et la réédition des anciens albums de Malicorne.
A noter la rencontre avec A Filetta, sur l'album Yacoub ("Si c'était") et récemment en mai 2008 sur la scène de L'Européen à Paris.
Nørn
invité en 2008
Ce trio vocal féminin helvète a constitué la révélation des XXes Rencontres de Calvi.
Depuis plusieurs années, le chant sous toutes ses formes fascine Anne-Sylvie Casagrande, Edmée Fleury et Gisèle Rime. Les trois jeunes femmes travaillent ensemble depuis quelques années déjà sur différents projets toujours centrés sur la voix, comprise comme une matière organique, sensible et fluctuante.
Nørn explore les frontières cachées qui séparent les musiques médiévale, traditionnelle et contemporaine et transgresse les frontières entre passé et avenir, imaginaire et réalité, oeil et oreille… .
Avec audace, fraîcheur et émotion, le trio emmène le public dans l’exploration de contrées vocales inattendues.
Autant par sa présence scénique que par le jeu des voix, Nørn se conjugue entre force et fragilité, sauvagerie et légèreté, ne cessant de dérouter et d’envoûter.
Caverneuses, rauques et profondes ou bien claires, pures et lumineuses, sans appartenance stylistique qui les enfermerait, les trois voix se mélangent et se repoussent...
Le nom du trio est né lors de leur premier projet, Fridj, qui emporte l’auditeur dans un nord imaginaire. Dans la mythologie scandinave, les Nornes sont trois femmes sans âge qui siègent au pied de l’Arbre de vie et tissent le destin des hommes, depuis le moment de leur naissance jusqu’au moment de leur mort.
Il y a la Norne du passé, mélancolique et sensuelle, la Norne du présent, espiègle et vive, et la Norne de l’avenir, guerrière et visionnaire.
Avec malice, les trois chanteuses aux personnalités marquées incarnent sur scène les trois sorcières du Nord.
Et Nørn est tout naturellement devenu le nom de leur trio !
Après Fridj, le trio s'est investi dans un nouveau projet, Iod.
« Un jour, je suis tombée sur une carte des fonds marins. Ma fascination fut totale, sauvage, magnétique. Comme s’il m’était brusquement donné de voir ce qu’on ne voit jamais : les chaînes de montagnes de mes origines, les serpents de basalte de mon plus vieil ADN, les grands volcans de ma naissance. Mille fois engloutie, c’était là toute notre histoire d’homme-poisson ! »
Anne-Sylvie Casagrande
Au Temple de Cossonay - Photos Thorsten Kurz
Ecouter et voir Nørn est une expérience, une plongée dans un monde plein d'impressions et de rêves. Elles chantent dans une langue inventée, le nørnik, curieux alliage de mots qui n’existent pas, mais qui semblent cependant familiers, dansent comme des sorcières ou comme une créature à trois têtes.
Par ses contrastes et sa sauvagerie, Nørn ébranle l’auditeur et l’emmène dans un univers nouveau où règne l’émotion.
Deux CD reprennent les spectacles de Nørn : Fridj (2004) et Iod (2007).
![]() |
![]() |
« Trois femmes. Fascinantes comme un trio de
planètes étincelant
au firmament de nos imaginaires… Aussi différentes qu’unies dans leur
recherche d’un son venu du fond des âges, venu du fond d’elles-mêmes… A
la fois étrange et familier, l’univers de Nørn attire comme un lieu
artistique aux multiples possibles. »
C. Jaquiéry
Mathias Duplessy
invité
en 2005 (avec Silva
Malagugini et la Compagnie Nonna Sima)

Un trio envoûtant bien difficile à décrire. Réminiscences mongoles, flamenco, Amérique Latine, Moyen-Orient, jazz, sont évoqués sans que jamais on n'ait l'impression d'un collage.
On pense par moments à Anouar Brahem, à Nana Vasconcelos et Egberto Gismonti, mais c'est une musique bien personnelle que propose ce trio.
Les Rencontres Polyphoniques de Calvi :
Les
autres pages "Musique" :
Corse jazz musiques du monde Bruno Coulais opéra autres