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Les invités

Les artistes invités aux Rencontres polyphoniques de Calvi


Dernière mise à jour de la page : 12/12/2009


Houria Aïchi
Assurd
Band of Gnawa
Richard Bona
Daniele di Bonaventura
Bulgarka Quartet
Ablaye Cissoko
Colenso Abafana
Concordu e Tenore de Orosei
Lo Cor de la Plana
Corou de Berra
Doulce mémoire
Nahawa Doumbia
Mathias Duplessy
Egschiglen
Erotokritos
Eva Quartet
Faïz Ali Faïz
Faytinga
Paolo Fresu
Gacha Empega
Huong Thanh
Huun Huur Tu
André Jaume
Yann Fañch Kemener
Elena Ledda
Ensemble Leyli
Mahotella Queens
Mahwash & Ensemble Kaboul
Silvia Malagugini & Nonna Sima
La Mal Coiffée
Giovanna Marini
Mieko Miyazaki
Nørn
Rassegna
Aïcha Redouane
Salem Tradition
Julia Sarr
Renat Sette
Slaveï Quartet
Teatr Pieśń Kozła
Tirana
Pino de Vittorio
Les Voix de Géorgie
Warsaw Village Band
Danyèl Waro
Gabriel Yacoub
Okna Tsahan Zam


Europe :


Les Voix de Géorgie


invités en 1997, 1998, 2004, 2008


La polyphonie géorgienne : article en page "musiques du Monde"

voix

Dignes représentants de la multiplicité et de la richesse des chants géorgiens, les dix chanteurs des Voix de Géorgie portent à travers le monde leur art polyphonique issu de la plus haute antiquité, chants profanes et chants sacrés.

Ce groupe de jeunes chanteurs, sous la direction du Maestro Robert Gogolashvili, perpétue cette fabuleuse tradition présentée par leurs “pères” dans le monde entier pendant tant d’années.

Imaginez-les, le bras de l'un entourant la taille de l'autre, de noir vêtus, guêtre de cuir et arme blanche au fourreau. Imaginez les chants qui s'élèvent, tour à tour doux comme les berceuses ou forte comme les chants guerriers. ”

La palette des polyphonies géorgiennes est extrêmement large, car, outre les apports successifs au cours des temps, elle tient compte des spécificités musicales de chaque micro-région; d’où un répertoire étonnant puisé dans une centaines d’oeuvres faites de contrepoints savants et d’harmonies dont la hardiesse peut surprendre plus d’un musicien.


Lo Còr de la Plana

invités en 2001, 2005, 2007

cor




Lo Còr de la Plana (prononcez " Lou couar dé la plane " et traduisez " Le coeur de la plaine "), choeur d'hommes du quartier de la Plaine à Marseille se consacre au répertoire occitan de Provence. Les cinq membres du Còr ont travaillé jusqu'ici sur le répertoire religieux populaire du Damase Arbaud et des Noëls de Notre-Dame des Doms, et sur de nombreux chants à danser (rigaudons, bourrées, rondeaux), en intégrant aux compositions et arrangements nombre d'éléments présents dans la culture marseillaise d'aujourd'hui (raggamufin, techno-groove...). Interprétés à l'unisson ou en polyphonie et accompagnés de bendirs ou de percussions corporelles (picaments de pieds et bataments de mains), hurlés, susurrés, les chants du Còr sont à l'image de leur quartier : violents mais sans cruauté, doux mais sans mièvrerie, blindés mais sans sûretés inutiles.

Il faut avoir assisté à un concert des six compères en public. Ce chant peut apparaître âpre et rugueux à la première écoute, puis on entre dans la danse, et on finit étourdi devant tant d'énergie maîtrisée, de puissance, de sens du rythme et par cette beauté aride. La dissonance trouve sa conclusion dans une harmonie remarquable. Leur expression est entièrement physique. Jouant des mains et des pieds, ponctuant le texte d'onomatopées, semblant s'arrêter et guetter le premier applaudissement pour mieux repartir, on sort étrillé mais hilare d'un concert du Còr de la Plana.

* Manu THERON: Seconde, tierce, bendir (co-fondateur de Gacha Empega et du Còr de la Plana)
* Manuel BARTHELEMY: Seconde, bendir, tamburello
* Sebastien SPESSA: Basse (ex Na Zdorovie)
* Denis SAMPIERI: Seconde, basse, bourdon ryrhmique, bendir
* Rodin KAUFMANN: Seconde, tierce, bourdon rythmique, pieds et mains
* Benjamin NOVARINO-GIANA: Seconde, tierce, pieds et mains (ex Nux vomica)

cor
photo©Salah Benacer


Deux CD : "Es lo titre" (Nord Sud NSCD1121) et le récent "Tant deman" (Buda musique 3017530).



« Es lo titre » (2003) est composé de 17 chants religieux provençaux et médite
rranéens. Ce choix est moins l’expression d’une piété aveugle qu’un désir de renouer avec une ferveur populaire. Le groupe dynamite la tradition en réinventant leurs mélodies, en les ornant d’orchestrations minimales où des rythmes orientaux se juxtaposent à des enluminures électroniques. Bien écouter aussi les inter-plages hilarantes.

Tant deman” (2007) est plus dansant, plus rythmé, avec davantage de percussions. A part trois chants (“La Vielha”, “Fanfarneta” et “Feniant et gromand”), nous n'avons plus affaire à des chants traditionnels mais à des créations du groupe, qui ne s'inscrit pas dans une identité stricte, basée sur les codes habituels de la musique dite “occitane”, mais regarde vers tout le bassin méditerranéen.


Avec “Tant Deman” (en français : “Peut-être Demain”), Lo Còr de la Plana s’aventure sur des territoires musicaux très contrastés évoquant toutes les formes de danses de transe qui les font vibrer et témoignant de la mutation de ce groupe de polyphonistes occitans en interprètes déjantés du Marseille d’aujourd’hui, hyper-urbain, bigarré, polymorphe et sans complexe. Les références à des atmosphères apparemment disparates (le hip-hop West Coast et les chants de noces du Haut-Languedoc), l’attachement à des moyens musicaux rudimentaires (voix, tambours sur cadre et percus corporelles), et un travail d’écriture original, orienté vers la fête et la légèreté, voilà quelques-unes des facettes les plus caractéristiques de ce nouvel opus.
Voix traitées de façon très rythmique, peu de mélodies racoleuses, pas de concession non plus aux formes et aux rythmes convenus des musiques de consommation de masse : Lo Còr de la Plana revendique cet aspect artisanal en s’inspirant des chants à danser du vieux fonds occitan, qui procèdent de répétitions, d’accumulation ou de décompte, et où la fantaisie de l’interprète est irréductible à une forme musicale.

Ce côté aléatoire est l’une des données qui ont été intégrées aux compositions de “Tant Deman” et qui leur donne leur côté humain et chaleureux. Les arrangements vocaux passent insensiblement de l’ostinato entêtant des farandoles à des jeux de décalages textuels ou mélodiques ; ils émaillent les chansons d’interjections, de cris et d’onomatopées qui deviennent pour le groupe une marque de fabrique. La présence des percussions sur dix des douze titres de l’album confirme le virage opéré par Lo Còr de la Plana et imprime au disque l’allure vive et hypnotique qui saisit lors de leurs concerts.

Les bendirs graves et profonds enrobent les voix, en exhalent les timbres par des jeux de contraste, les tamburelli ponctuent les chants de leur pulsation métallique effrénée, qui fait autant référence à la pizzica d’Italie méridionale qu’au dub ou à la musique répétitive. Le chœur de la Saoura et Luigi Rignanese, invités sur plusieurs titres, accentuent les références aux musiques du Maghreb et de Méditerranée. Les pieds et les mains, eux, sont là pour rappeler l’urgence et l’aspect dérisoire des moyens mis en œuvre ; ils scandent, ils soutiennent, ils ancrent le chant dans leur simplicité. Cette économie de moyens crée une cohérence dans le son et permet d’incorporer sans les dissoudre toutes les influences que les chanteurs invoquent. Elle donne ainsi à l’album une tonalité tranquillement joyeuse, présente aussi dans les textes. Ceux-ci rejoignent dans l’esprit ce que sont les textes de chant à danser du monde entier : des prétextes à la moquerie, des prises à partie ironiques, des jeux de langues et de regards destinés à faire tournoyer, se rencontrer ou s’affronter les participants. Pas moralistes pour un sou, même quand ils s’emploient à conseiller ou à avertir, ils s’adressent explicitement à tous, et leur humour décalé permet de ne sombrer ni dans l’épicurisme des désespérés, ni dans le cynisme méprisant, ni dans un nombrilisme souffreteux.

Réalisé par Manu Théron et Denis Sampieri, “Tant Deman” a été enregistré par Clovis Dehennin, Lucien Massucco, Gérald Kuentz et Pascal Jullien. Le livret et le graphisme sont l’œuvre de Thierry Lagalla et Rodin Kaufmann. Il est coproduit par la compagnie du Lamparo et Buda Musique.

(texte reproduit du site de Buda Musique)

Lo Cor de la Plana était à Paris (eh oui, peuchère !) le 15 juillet 2007 pour un concert gratuit aux Arênes de Montmartre, par un des rares dimanches ensoleillés de ce triste mois de juillet. Et les six compères ont enflammé Montmartre, réussissant à faire danser tout le public sur La Noviota. Il faut dire qu'ils avaient commencé dès le troisième morceau, au début duquel l'autre Manu (Barthélemy) était passé sélectionner des membres du public. "Parfois il distribue des gifles", avait prévenu Manu Théron !


Lire ici les compte-rendus de deux concerts donnés à Paris en 2008.

Gacha Empega
invités en 2007

gacha empega :
(du provençal gachar : préparer le mortier, et empegar : encoller.)
1. Technique de maçonnerie consistant à envoyer le mortier sur un mur de façon désinvolte. «Te fais pas caguer, vas-y à la gacha empega !»
2. Fig. Désigne celle ou celui qui travaille à la va-vite, qui semble se foutre complètement des règles de l'art «Celui-là, c'est un vrai gacha empega !»

         
   

Quand on crée un groupe de musique occitane, il faut avoir un sens de l'humour certain pour se baptiser Gacha Empega. C'est pourtant comme ça, par une salutaire auto-dérision, et aussi pour se démarquer des appellations pompeuses de beaucoup de groupes folkloriques, que Barbara Ugo, Samuel Karpienia et Manu Théron ont choisi ce nom en 1996.
Deuxième paradoxe de Gacha Empega : aucun de ses membres n'est un provençal de souche : Manu est d'origine Savoyarde, Barbara est Corse, quand à Sam, lui, il est Normand ! Ils ne sont pas nés occitans, mais l'occitanisme les a pris comme une fièvre. De cette région, ils ont tout voulu connaître : l'histoire, le passé, les traditions, et surtout la langue, qui n'avait rien pour eux de maternel mais qu'ils ont adoptée «Rien de tel que la langue pour comprendre l'endroit où l'on vit. Cela explique les attitudes, les comportements. Sans la langue, on n'arrive pas à se situer» disent-ils.

   

Le travail de Gacha Empega n'a pas pour objet le retour à une tradition épurée, et les Noëls, les chants à danser, les ballades ou les hymnes carnavalesques peuvent être rythmés par des bendirs du Sahara ou des tamburelli d'Italie méridionale.

Leur objectif est de sortir la musique polyphonique du ghetto culturel haut de gamme où elle commence à être enfermée, pour la rendre populaire. Ils ne veulent pas oublier qu'avant d'être chantées lors de récitals donnés dans des églises, les chansons a cappella sont avant tout des airs du patrimoine, chantés -et dansés- au cours des fêtes de gens simples.
Après un premier disque "Polyphonies marseillaises", et des tournées dans le monde entier, Barbara Ugo est retournée en Corse et Samuel Karpiénia est parti fonder le groupe "Dupain". 

  

Manu Théron s'est adjoint deux nouveaux compères, Guylaine Renaud et Nicola Marioni, et a légèrement modifié le répertoire du groupe. Aux reprises de chants traditionnels, provençaux et occitans, s'ajoutent de plus en plus de compositions originales.

Le groupe s’est dissous une nouvelle fois pour renaître en 2007 sous la forme d'un duo formé de Manu Théron et Sam Karpienia.

   

La Mal Coiffée


invité en 2008

malcoiffee
Photo B. Minimum
Un peu forte, du poil sous les aisselles, attendant sur le pas de sa porte, gitane maïs à la bouche... "La mal couffade", La mal coiffée, vient de l'Aude et elle chante les chansons de son pays que sa mère ou sa grand-mère lui ont appris. C'est ce personnage qu'ont choisi six amies de Peyriac, Minervois, comme symbole de leur occitane réunion chantante.

Depuis bientôt six ans, ce groupe partage énergie et enthousiasme pour chanter et travailler les musiques de la tradition populaire de cette région
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Avec la complicité et le talent de Laurent Cavallié qui leur a soufflé quelques arrangements et dans la veine des grands groupes actuels (Lo Cor de la Plana, Familha Artùs, ...), elles revisitent les chants occitans et leur redonnent un souffle nouveau sans pour autant oublier l'âme et l'histoire de la musique du Languedoc. Ces jeunes femmes incarnent avec passion les chants populaires hérités de leurs parents et grands parents.
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malcoiff  La Mal Coiffée propose un répertoire varié qui aborde tour à tour des thèmes comme le mariage, la maternité, l'histoire de la vigne, la vie des bistrots...

    L'harmonie entre les voix et les percussions (tambours, shakers...) transmet une énergie à faire danser jusqu'à l'aube et une bonne humeur puisée au contact du public rencontré dans la rue, les bistrots et les concerts. Explosifs et remplis d'émotion, les concerts de la Mal coiffée sont toujours des évènements à ne pas manquer.


  

Corou de Berra
invités en 2004

Depuis des siècles, les échanges permanents entre Provence, Piémont, Ligurie et Pays Niçois ont créé dans les Alpes du Sud une identité remarquable, riche de nombreuses spécificités. L'une d'elles concerne le chant choral, car dans cette région s'est développée une polyphonie vocale traditionnelle originale.

Avec ses six voix mixtes et harmonieusement complémentaires, l'ensemble polyphonique Corou de Berra s'attache depuis une quinzaine d'années à enrichir les chants traditionnels des Alpes Méridionales, prolongeant également par la composition, la vie d'un répertoire en perpétuelle évolution, à fort enracinement local mais dont la beauté lumineuse flirte en permanence avec un sentiment d'universalité.



Michel Bianco assure la direction artistique du Corou de Berra depuis sa création. Par leur présence effective sur le terrain, les recherches sur le patrimoine, les enregistrements, les créations et de très nombreux concerts, les six chanteurs du COROU DE BERRA assurent à cette expression régionale spécifique un présent vivant et dynamique.

Rassegna
invités en 2006

Ce groupe basé à Marseille, que j'ai découvert grâce à Françoise, puis aux 18es Rencontres Polyphoniques de Calvi, représente une réussite éclatante de métissage des musiques. Je reprends à mon compte les termes de Carole Guelfucci :
"Pari audacieux que de réunir plusieurs chanteurs habituellement solistes autour d'un projet commun. Pari réussi par Bruno Allary, guitariste et arrangeur de la compagnie. Chaque membre du groupe apporte avec lui son style personnel et représente une région de la Méditerranée : la Corse (Maxime Merlandi), l'Algérie et l'Andalousie (Yarmen, Bruno Allary, Fouad Didi), l'Italie (Cesare Mattina), la Grèce et les Balkans (Georges Mas), la Haute-Provence (Renat Sette) et la Kabylie (Hassan Boukerrou)... Rassegna, "rassemblement" en sarde, porte vraiment bien son nom."
 



  
Paru le 29 octobre 2007 chez Buda Musique / Socadisc, "Venimos a ver" présente un nouveau répertoire constitué de chants découverts et travaillés ces dernières années (chants de noces, d'amour, de prisonniers,…). Les couleurs et influences musicales, par-delà celles habituellement choisies par la compagnie, se teintent cette fois de sonorités du nord de l'Espagne, de chants de cabaret napolitains, de romances sépharades, de chansons du sud de la Corse et d'airs à danser de la région de Thrace.



Ces morceaux sont arrangés, harmonisés et adaptés dans différentes langues, avec pour objectif de toujours trouver les points communs sans gommer les spécificités. Dans ce nouveau disque ont pourra découvrir, aux côtés de Bruno Allary, Yarmen, George Mas, Maxime Merlandi, Fouad Didi, Philippe Guiraud et Cesare Mattina, les voix de Carmin Belgodère et, en invités, de Selim Alial et d'Annie Ebrel. A signaler également le conseil artistique de Renaud Garcia-Fons.


Ce qui est remarquable dans la démarche de Rassegna, au-delà du travail de collecte, de sauvegarde et d'orchestration, c'est le travail d'appropriation et de re-création dans un esprit d'ouverture à l'ensemble de la Méditerranée. Ainsi, U Lamentu di Petrucciu sur un rythme de buleria met en évidence les parentés - pas si évidentes - entre le lamentu corse et le flamenco ; U Lio di Roccapina fait le pont avec l'autre rive de la Méditerranée ; La Storia di tri surelli est chanté en sicilien, en corse et en valencien; Lo jor que, qui clôt l'album, est une rumba mi-catalane, li-cubaine chantée en provençal, en grec, en arabe, en breton et en espagnol ! Tout cela pourrait être fabriqué, artificiel, et c'est tout le contraire, cette démarche d'une grande cohérence s'impose comme une évidence.

Site : rassegna.free.fr/


 
Doulce Mémoire
    invité en 2008
   

  

Doulce Mémoire, c’est d’abord l’énergie, l’esprit de troupe, le plaisir du partage et de la rencontre avec un objectif commun : revisiter le répertoire profane et sacré de la Renaissance.
Constitué d’une équipe soudée d’instrumentistes et de chanteurs fidèles à l’ensemble, Doulce Mémoire est amené à jouer aussi bien dans les festivals internationaux d’Innsbruck, Saintes, Bath, Ambronay ou Boston, que sur le parvis du cinéma UGC en plein Paris, dans un restaurant au Portugal, à 4000 mètres d’altitude dans la ville de Quito en Equateur ou en équilibre instable sur une barge posée sur le lagon de Tahiti.

Ennemi déclaré de l’ennui, Doulce Mémoire crée sans cesse de nouvelles formes originales de concert mis en espace et répond présent à tous les défis : d’un spectacle sur une roulotte, tourné en 2000, au concert partagé avec la grande chanteuse ouzbek, Munnadjat Yulchieva, en passant par la formation de chœurs amateurs ou de jeunes indiens boliviens.
doulce


Ouvert à toutes les formes d’art, Doulce Mémoire a rencontré les musiciens danseurs de la troupe, internationalement reconnue, Han Tang Yuefu de Taïwan, les danseurs italiens de la compagnie Il Ballarino, les chanteurs anglais du Cardinall’s Musick et des danseurs espagnols dans un spectacle détonnant mêlant musique renaissance et flamenco.

Passant du cabaret renaissance (La Dive Bouteille) aux musiques les plus mystiques de la Semaine Sainte, du Requiem des Rois de France à la commedia dell’arte avec son nouveau spectacle Viva Venezia !, Doulce Mémoire entend fuir la routine et la monotonie.


Doulce Mémoire enregistre pour Naïve, K 617 et Zig Zag Territoires. Sa discographie a reçu de très nombreuses récompenses : Diapason d’Or de l’année, Choc du Monde de la Musique, ffff de Télérama.

Yann-Fañch Kemener
 invité en 2008

Yann-Fañch Kemener est né le 7 avril 1957 à Sainte-Tréphine (Côtes-d'Armor).

Acteur du renouveau du Kan ha diskan (chant et contre-chant) dans les années 1970 et 1980, notamment avec son comparse (et compère) Erik Marchand, il a contribué à la pérénisation de la transmission de chants traditionnels par son activité de chanteur traditionnel mais aussi dans ses activités de collectage de la tradition orale locale et de transmission de la langue bretonne.

Ses collaborations diverses (au sein du groupe Barzaz mais aussi avec Dan Ar Braz, Didier Squiban, Alain Genty, Aldo Ripoche, Anne Auffret ...) et son timbre de voix singulier ont fait de lui une figure emblématique du chant breton.

Il a réalisé de nombreux disques et a chanté dans de nombreux festoù-noz.


Renat Sette
 invité en 2008

Sa voix chaude et puissante, sa grande expérience de la scène et son important travail dans la transmission orale font de Renat (René) Sette l’une des figures les plus remarquées et attachantes de la chanson populaire provençale et de la tradition occitane en général. Maçon spécialisé dans les techniques du bâti traditionnel, c’est dans le même esprit de pratique et d’actualisation des savoirs populaires qu’il développera son talent spontané de chanteur.
Signalons que Renat Sette, avant de rencontrer Yann-Fañch Kemener, a participé à l'aventure de Rassegna.

"Cette voix au grain méditerranéen… devenue une des meilleures propagandistes d’un chant provençal en quête d’universalité.”
Frank Tenaille , Le Monde de la Musique, juin 97.

Son site : http://rene.sette.free.fr/

Gabriel Yacoub
invité en 2008

Gabriel Yacoub est né à Paris, d'un père libanais et d'une mère française originaire du Loiret. Très tôt intéressé par la musique, il commence à y travailler en accompagnant Alan Stivell à la guitare,au dulcimer et au chant.

C'est au début des années 70 que Gabriel, encore adolescent, fait ses premières armes en tant que guitariste et choriste d'Alan Stivell qui stimulera le réveil des musiques traditionnelles en Europe. Après un album expérimental, Pierre de Grenoble, enregistré en 1973 avec Marie Yacoub, il fonde le groupe Malicorne, qui reprend d'une manière originale, personnelle et actuelle des airs et chansons traditionnels. Malicorne recrée la magie des musiques d'antan, en combinant technologie moderne et instruments rares ou traditionnels du monde entier, tels que cromornes, cornemuses, vielles à roue, harmoniums et mandoloncelles, sans oublier la percutante originalité des textes signés Yacoub et le talent de ses coéquipiers, notamment de Marie Yacoub

Le résultat : un mélange insolite et harmonieux de styles et sonorités universels, de voix aux accents étranges et de ces fabuleuses ballades a cappella qui resteront l'estampille du groupe.

Après la dissolution de Malicorne en 1988, il entame une carrière solo.

Son répertoire évolue du répertoire traditionnel à la composition personnelle, musicalement inspirée par le folk américain et irlandais et la pop anglaise, privilégiant les instruments acoustiques anciens et modernes. Ses textes d'une poésie sensible et raffinée évoquent le temps qui passe, l'amour et la nostalgie, la difficile communication entre les êtres, dans une constante quête de sens et de spiritualité.

C'est en 2004 que sa démarche prend une tournure nouvelle, avec la fondation d'un label indépendant, Le Roseau, axé sur la production de jeunes artistes et la réédition des anciens albums de Malicorne.


   yacoub dela nature


A noter la rencontre avec A Filetta, sur l'album Yacoub ("Si c'était") et récemment en mai 2008 sur la scène de L'Européen à Paris.


Giovanna Marini
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invitée en 1996, 2001 et 2007


Née le 19 janvier 1937 à Rome dans une famille de musiciens, Giovanna Marini est une musicienne, chanteuse, chercheuse en ethnomusicologie. Son activité protéiforme en a fait l'une des figures les plus importantes dans les domaines de la recherche et de l'exécution de la tradition musicale populaire italienne, mais elle compose également.

En 1959, elle obtient son diplôme en guitare classique au Conservatoire Sainte-Cécile de Rome puis perfectionne son apprentissage et sa pratique avec le plus grand guitariste classique alors vivant, Andrès Segovia. Dans le même temps elle se consacre à l'étude et à la pratique d'instruments à cordes antique comme le luth dont elle joue au sein du Concentus Antiqui du maestro Quaranta.

Sa rencontre avec Pasolini marque une étape fondamentale dans sa vie. Cette rencontre sera d'ailleurs racontée par Giovanna Marini dans un inoubliable et émouvant enregistrement qui demeure une des meilleures descriptions du caractère et de la façon d'être de Pasolini. Elle rencontre aussi Italo Calvino, auteur à son tour de textes de chansons pour Cantacronache. C'est la découverte du chant social, ou de ce que, selon une définition de probablement Giovanna elle-même, l'on commence à définir comme l'histoire orale chantée, dans le sens d'enregistrement populaire des événements historiques, au moyen de l'instrument privilégié de la chanson de composition anonyme et de transmission orale (encore active dans l'Italie des années 60 et dans une société qui, de typiquement rurale, se transformait radicalement en société industrialo-urbaine).

Tout en participant à des spectacles, elle parcourt l'Italie et recueille une masse infinie de chants populaires en langue italienne et dans les différents dialectes et langues régionales. Ce sera le matériau fondateur du Nuovo Canzoniere Italiano, avec lequel Giovanna Marini se produit à côté des groupes formés par les plus grands interprètes italiens de la nouvelle chanson politique, comme Giovanna Daffini, une "chanteuse paysanne" dont Marini apprend l'émission vocale particulière et le répertoire. Elle collabore également avec le célèbre poète en langue sarde Peppino Marotto, duquel elle apprend l'art de la narration populaire improvisée.

Giovanna Marini devient un pilier de l'Institut Ernesto De Martino, où elle va cataloguer l'énorme quantité de chants populaires découverts et pour lesquels elle parvient même à créer un système particulier de notation musicale. C'est une véritable œuvre de transcription de la mémoire, permettant ainsi sa transposition pour la scène. Elle va enfin trouver au sein de l'École populaire de musique du Testaccio des musiciens avec lesquels jouer et pour lesquels elle écrit "La grande madre impazzita" (1979). Elle affronte ensuite l'écriture pour instruments et voix avec "Il regalo dell'imperatore" (1983) et "Requiem" (1985). Pour le bicentenaire de la Révolution française en 1989, elle met en musique la Déclaration universelle des droits de l'homme.

En 1974, l'École populaire de musique du Testaccio à Rome lui confie la chaire d'ethnomusicologie appliquée, soulignant ainsi l'extrême importance de Giovanna Marini en tant que chercheuse dans ce domaine. De 1991 à 2000, elle sera également titulaire de cette même chaire au sein de l'Université Paris VIII – Saint Denis. Avec ses élèves romains et parisiens, elle va accomplir des voyages d'étude pour écouter et transcrire les chants de tradition orale encore présents en Italie lors des fêtes religieuses et profanes.

En 1964, elle participe, à Spoleto, au spectacle "Bella ciao" qui reste gravé dans les mémoires pour avoir provoqué scandales et réactions indignées du public. L'activité de Giovanna Marini se poursuit avec des spectacles et initiatives qui illustrent l'histoire du recueil des traditions populaires italiennes, comme "Ci ragiono e canto" (1965), dirigé par Dario Fo. Elle commence également à composer de longues ballades (plus exactement des cantates) dans lesquelles elle raconte son expérience et qu'elle interprète seule en scène, s'accompagnant exclusivement à la guitare. Naissent ainsi "Vi parlo dell'America" (1965) et autres compositions pour arriver jusqu'à l'"Eroe" (1974). En 2002, elle grave, avec Francesco De Gregori, l'album "Il fischio del vapore" qui obtient un succès de vente sans précédent et fait enfin connaître son nom au grand public. En 2004, elle met en musique la "Ballata del carcere di Reading" et le "De profundis" d'Oscar Wilde. En 2005, pour le Festival Angelica de musique contemporaine, elle compose la musique sur le texte de Pasolini "Le ceneri di Gramsci" qui sera exécuté par le cœur Arcanto de Bologne et qui sera édité au disque en 2006 sous le titre "Le ceneri di Gramsci – Oratorio à plusieurs voix – du chant de tradition orale au madrigal d'auteur".

 


En 1976, elle fonde son quatuor Vocal, pour lequel elle écrit des cantates, de "Correvano coi carri" (1977), pour arriver à "Sibemolle" et à la "Cantata del secolo breve" (inspirée de l'œuvre historique d'Eric Hobsbawm) présentée au théâtre de Vidy à Lausanne en 2001.

Après avoir travaillé sur les différents placements de voix : voix baroque, voix lyrique, voix contemporaine, voix traditionnelle, les chanteuses qui composent le quatuor appliquent les règles et les styles du chant traditionnel italien.


La Torre di Babele s’inspire d’une légende, celle d’un héros que son peuple idolâtre mais qui a de la peine à se reconnaître dans les récits faits à son sujet. Il s’agit donc d’un récit chanté écrit pour les voix de Patricia Bovi, Francesca Breschi, Patricia Nasini et Giovanna Marini.

Un livre CD passionnant qui reconstitue le parcours créatif de cette très grande artiste :

canto

 

Giovanna Marini, Il Canto necessario

Ignazio Machiarella et Giovanna Marini
Editions Actes Sud

Site : www.giovannamarini.it/

Assurd
invité en 2009

Le groupe ASSURD s’est formé en 1993 rassemblant trois napolitaines qui désiraient faire vivre les chants et les musiques de la tradition populaire de l’Italie du sud. Enza Pagliata, chanteuse du Salente rejoint le groupe, six ans plus tard. Ces quatre femmes ont une très forte personnalité artistique. Elles chantent et dansent les frénétiques tarentelles, et jouent des percussions traditionnelles : les castagnettes italiennes, le tambourin et la tammora, grand tambour sur cadre, similaire à un bendir, typique de la région de Naples. Elles s’accompagnent aussi à l’accordéon diatonique, magistralement joué par Cristina Vetrone.

Leur répertoire retrace les origines de la tradition musicale de l’Italie du sud et particulièrement le répertoire féminin avec des danses comme la tammuriata, tarentelle, pizzica, les ninna nanna (les berceuses), les chants des ouvrières et des travailleuses agricoles avec une interprétation simple et essentielle qui permet de ressentir la nature profonde de ces chants et de ces danses. Il ne faut pas oublier aussi les compositions de Cristina Vetrone qui par sa grande sensibilité met en valeur la particularité de chacune des voix des chanteuses et exprime parfaitement l’esprit de ASsUrD : la créativité, l’énergie, la fête, l’exaltation de la beauté de l’univers féminin.

Frunte

Site : www.assurd.com/

Teatr Pieśń Kozła
invité en 2009


http://www.piesnkozla.pl/


Daniele di Bonaventura


invité en 2007, 2008 et 2009

Né en Italie, à Fermo dans les Marches, Daniele di Bonaventura, compositeur et arrangeur, pianiste et bandonéiste, a cultivé dès le début de son activité musicale un fort intérêt pour la musique improvisée tout en ayant reçu une formation musicale classique (diplôme en composition) commencée dès l'âge de 8 ans avec l'étude du piano, du violoncelle, de la composition et de la direction d’orchestre.
Ses collaborations s'étendent de la musique classique à la musique contemporaine, du jazz au tango, de la musique ethnique à la world music, avec des incursions dans le monde du théâtre, du cinéma et de la dance.


Il a joué dans les principaux festivals italiens et internationaux parmi lesquels :
Rumori Mediterranei à Roccella Jonica en 1987 et 88; Jazz & Image de Villa Celimontana à Rome, Ravenna Jazz 2000 , Clusone Jazz 2001, Biennale Arte Venezia 2001; Sant'Anna Arresi Jazz 2004; Festival della Letteratura Mantoue 2004; Cormòns 2005, Accademia Nazionale di Santa Cecilia saison musique de chambre 2005-06;
Angleterre : Music Hall Festival et Royal Festival Hall à Londres;
Pays-Bas : Music Hall à Leeuwarden;
Allemagne : 30° Deutsches Jazz Festival à Francfort; Berlin Jazz Festival;
Espagne : Festa de la Mercè à Barcelone;
Egypte : Opera du Caire;
Norvège : Olavsfestdagen à Trondheim;
France, Suisse, Portugal, Brésil, Argentine, Slovénie, Croatie...


Il a joué, enregistré et collaboré avec :
Enrico Rava; Paolo Fresu; Oliver Lake; David Murray; Miroslav Vitous; Rita Marcotulli; David Liebman; Toots Tielemans; Omar Sosa; Flavio Boltro; Joanne Brackeen; Greg Osby; Ira Coleman; Dino Saluzzi; Guinga; Javier Girotto; Cèsar Stroscio; Tenores di Bitti; Enzo Favata; Aires Tango; Peppe Servillo; David Riondino; Francesco Guccini; Sergio Cammariere; Lella Costa; Eugenio Allegri; Giuseppe Piccioni; Mimmo Cuticchio; Custòdio Castelo; Andrè Jaume; Tiziana Ghiglioni; Furio Di Castri; U.T. Gandi; Luis Agudo; etc.. 


Il a publié plus de 30 disques sous diverses étiquettes discographiques: Via Veneto Jazz; Philology; Manifesto; Felmay; Amiata Records; Splasc(H); World Music; CCn’C Records; Dodicilune.

solo impro
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Ci dessous la traduction de l'anglais du texte de Gregory A. Vozar sur le premier disque de Daniele, Solo Bandoneon :

Après plusieurs décennies de relative obscurité, le bandonéon a réussi à retrouver une place importante. Jadis connu en Europe centrale en tant qu'instrument "folk" et en Argentine et en Uruguay comme partie essenteille d'un orquesta típica ou d'un ensemble de tango, sa voix n'a été entendue que rarement en dehors de ces contrées. Cependant, un cercle d eplus en plus grand de musiciens semblent attirés par ce concertina d'origine allemande. Sans aucun doute, cette résurrection a commencé avec la musique du compositeur et bandonéiste argentin Astor Piazzolla, mais le potentiel expressif de l'instrument l'a déjà propulsé dans le jazz et la musique expérimentale.

Après avoir écouté ce disque, il est évident que Daniele di Bonaventura est l'un des nouveaux musiciens pour lesquels le bandoneon est plus qu'une fantaisie. Originaire de Fermo, Italie, il a commencé ses études musicales à l'âge de huit ans, apprenant d'abord le piano et la composition et plus tard choisissant le bandonéon. Entreprendre cette difficile transition valait la peine tant le bandonéon semble parfaitement adapté à son expression personnelle.

Sur cet album, Solo Bandoneon, Di Bonaventura a fait des choix simples mais pertinents en explorant le riche mais original répertoire de Piazzolla. Il nous offre cinq courtes pièces introspectives qui expriment les multiples aspects du tango, de la musique claissque et du jazz. ces "tangos" un peu "rhapsodiques" rappellent les preludes sans mesure du répertoire français pour clavier de la fin du 17e siècle. Leurs mélodies se déroulent librement, seulement soutenues par un accompagenement d'accords. Cela donne au musicien de considérables opportunités d'embellissement, d'accentuation et de modelage de la ligne mélodique. Di Bonaventura fait cela avec sûreté, alternant tension et détente tout en permettant à l'architecture harmonique de chaque morceau de dicter sa forme. Son parlando et son style de jeu impressionniste est très personnel, et il se marie bien avec la musique de Piazzolla. Le jeu est d'une grande force émotionnelle, et son aptitude à communiquer surpasse celle d'autres musiciens même techniquement supérieurs.

De même qu'un chanteur doit prendre sa respiration entre les phrases, le bandoneon doit aussi inspirer et expirer regulièrement. Le phrasé de l'artiste, comme mis entre parenthèses entre ces respirations, donne à son jeu une qualité proche de la voix et un sens de mouvement linéaire.

Au mileiu du disques on trouve trois compositions de Bonaventura ; c'est peut-être le passage le plus poétique et attrayant de ce court enregistrement. "Ballata Triste", le premier de ces trois morceaux, évoque des ciels gris et tristes dans un style introspectif de ballade jazz. Nous n'avons cependant pas à rester longtemps dans le froid et l'humidité, car une douce lueur d'affection réchauffe les échos nostalgiques de "Remniscenze (Inno)." "La Caccia" est une sorte de jeu de cache-cache, parfois coquet et ludique, parfois mystérieux et séduisant, la pulsation de la passion jamais loin sous la surface. Délibérément simples, ces morceaux ne sont pas du tango nuevo, mais des compositions originales dans un style jazzy. En plus d'être de la bonne musique, ils sont très adaptés au bandonéon et représentent une nouvelle direction pour sa voix!

La qualité sonore de ce compact est très bonne, un des meilleurs disques de bandonéon solo que j'aie entendus. Il y a un parfait équilibre entre présence et espace. Des micros très sensibles ont capté chaque couleur, chaque nuance, y compris la résonance chaude du cadre en bois d el'instrument, le son des valves et des soufflets, le cliquetis des clés et le souffle de l'air. Certains appelleront cela du bruit, mais je suis reconnaissant aux ingénieurs du son d'avoir conservé ces sons "parasites", partie intégrante de l'instrument. On entend aussi les gémissements quasiment extatiques involontaires du musicien, témoignages d'une interprétation profondément ressentie et passionnée.

Je n'ai que deux regrets mineurs à exprimer sur ce CD: sa briéveté tout d'abord, ainsi que l'absence de détails biographiques sur la pochette. Etant donné la qualité du disque, il se termine bieen trop tôt ! J'aurais personnellement apprécié d'entendre quelques autres compositions de Di Bonaventura. Mais c'était peut être le but de laisser l'auditeur sur sa faim pour assurer son retour. Si c'est cela, c'est réussi. Mon appétit s'est aiguisé à l'écoute de ce disque !

En 2003, Daniele Di Bonaventura a enregistré pour il Manifesto CD son CD “Suite per Bandoneon e Orchestra", composé pour l’Orchestra Filarmonica Marchigiana.

suite ritus

Ses dernières collaborations sont celles avec Miroslav Vitous, pour son CD Universal Syncopation II publié chez ECM; et avec Ornella Vanoni pour le morceau Nuova Vita qui sera publié sur son nouvel album dont la sortie est prévue pour septembre 2007.

Et en décembre 2007, il enregistre un CD solo, Ritus (probablement auto-produit; j'ai pu en faire l'acquisition lors des Rencontres 2008 à Calvi).

On peut retrouver Daniele sur son site ainsi que sur myspace.

Elena Ledda
invitée en 2007


Elena Ledda (Selargius, Cagliari 1959) est une des voix les plus importantes de la scène de musique traditionnelle italienne. Enfant prodige, elle commence à chanter très jeune avec un groupe de Quartucciu avec lequel elle restera jusqu'à l'âge de 16 ans. Elle commence des études classiques de chant au Conservatoire de Cagliari où elle fréquantait déjà le cours de hautbois. De 1977 à 1979 elle collabore avec la Cooperative Teatro di Sardegna qui présente une série de spectacles basées sur les oeuvres de Brecht et Wedekind. L’expérience la pousse à former en 1978 le quartette Quelli dell’Orco Nuovo, qui cesse son activité en 1983, avant de se reconstituer en 1994 sous le nom de Scaramella.

C'est en 1979 que sort son premier album, Ammentos, une sélection de chants traditionnels où elle est accompagnée par son frère Marcello Ledda à la guitare et Mauro Palmas aux launeddas. La même année elle entre dans le groupe Suonofficina, formé par Palmas, avec lequel elle entreprend une longue activité de concerts dans les plus importants festivals italiens, suisses et allemands.

Le nouveau disque, Is Arrossas, paru en 1984, se vend à 15 000 exemplaires rien qu'en Sardaigne. La même année elle participe au disque de l'étoile naissante de la musique new age, Andreas Vollenweider, dont elle avait fait la connaissance en Suisse trois ans auparavant. Elle enregistre également avec Suonofficina Landimironnai, qui obtiendra trois ans plus tard le prix de la critique en Allemagne. Le groupe présente au Festival de Zurich le projet Ai confini tra Sardegna et jazz, avec, parmi d’autres musiciens sardes, Paolo Fresu et Antonello Salis. Un mois seulement après, Elena Ledda et Mauro Palmas participent au prestigieux Italian Project d’Enrico Rava, présenté à la Filarmonica de Berlin.

Sonos, en 1987, représente l'évolution naturelle de Suonofficina, inaugurant le projet d'un groupe ouvert où joueront des grands noms tels que Riccardo Tesi, Riccardo Lay, Sandro Satta. Coautrice avec Palmas et Alberto Balia du spectacle Far away wave en Australie, Elena Ledda collaborera avec Lester Bowie, puis avec Don Cherry pendant la tournée suivante.

Après une série de tournées de concerts entre 1988 et 1992, elle signe avec Silex pour la publication de Incanti, un album qui témoigne l’aboutissement de son itinéraire artistique, avec une formation élargie à Riccardo Tesi à l’accordéon diatonique et Giorgio Baggiani à la trompette.

En 1995 elle participe au projet Canti randagi et en 1996 à « Sonos ‘e memoria » (film de Gianfranco Cabiddu). En 2000 elle publie Maremannu, "Choc" du Monde de la Musique et "Bravo" de Trad Mag . Son dernier disque, Amargura, sorti en 2005, bénéficie des arrangements de Lino Cannavacciuolo.

Elle est également sur la musique enregistrée par Paolo Fresu pour le film de Gianfranco Cabiddu, Sonos 'E Memoria.

Au printemps 2007 elle participe au spectacle théatral Médée mis en scène par Orlando Forioso avec A Filetta et Lia Careddu qui sera présenté en Sardaigne, à Livourne et à Calvi.

Discographie

1979 Ammentos (Durium)
1984 Is Arrosas (Key Records)
1988 Sonos (Play Game Music)
1993 Incanti (Silex)
1999 Sonos Langanos (Condaghes) con M. Palmas
2001 Maremannu (Biber)
2005 Amargura (Aquadia)


Paolo Fresu
 invité en 2007 et 2009
  

 

Paolo Fresu est né le 10 février 1961 à Berchidda, en Sardaigne. S'il a appris très tôt la trompette (dès l'âge de onze ans), Paolo Fresu a décidé de devenir musicien à la suite de la découverte d'un disque de Miles Davis et John Coltrane. Il abandonne alors son métier d'électronicien, rencontre Enrico Rava et commence à se produire en club. Il enregistre en 1985 un premier album sous son nom, Ostinato. Une sonorité très cool, toute en sourdine et en contrastes ; des ballades jouant sur l’équilibre entre l’ombre et la lumière. Paolo se produit par ailleurs régulièrement avec son quintet qui rassemble Tino Tracanna (sax), Roberto Cipelli (p), Attilo Zanchi (b) et Ettore Fioravanti (dms). Il s'installe à Paris en 1986. Là, il rencontre Aldo Romano, Stefano Di Battista et Michel Benita. Il enchaîne alors les concerts et les disques, sans ne rien perdre de sa personnalité. Inner Voices , enregistré à cette époque aux côtés de Dave Liebman, en est la preuve. Avec lui, Paolo connaît la consécration internationale. Ses partenaires s’appellent désormais Dave Holland, Kenny Wheeler, Gerry Mulligan, John Zorn, Michel Portal, Daniel Humair, Joachin Kühn ; ses groupes réunissent des musiciens de toutes nationalités... Ainsi du quartet Palatino créé en 1995 qui rassemble Aldo Romano, italien, Glenn Ferris, américain et Michel Benita, français.

   

Fidèle à ses origines, le Sarde ne continue pas moins de jouer régulièrement avec son quintet italien à géométrie variable (très bel album Night on the City enregistré en 1994) Le jeu du trompettiste s’y révèle d’une simplicité déconcertante tout en recelant de trésors harmoniques. Ce CD reçoit d’ailleurs le Django d’Or et le prix de l’Académie du jazz. Avec le même groupe il enregistre Wanderlust en 1996, Melos en 2000 et récemment P.A.R.T.E.)

 


     
S'il délaisse un peu le classicisme, comme sur les albums avec Nguyen Lê (Angel et Metamorfosi) où le guitariste n’hésite pas à jouer saturé, il rend hommage à ses illustres inspirateurs Chet Baker (Shades of Chet, avec Enrico Rava) et Miles Davis (Kind of Porgy and Bess).

       


En redécouvrant de façon neuve une sonorité familière, il retrouve une fraîcheur et une profondeur jamais égalées. Paolo Fresu est un homme de rencontres. Dernière en date, sa rencontre avec l'oudiste Dhafer Youssef. Lorsque Paolo Fresu et Dhafer Youssef jouent ensemble, leur duo dégage un charme particulier rendu par la combinaison de deux instruments d’apparence si éloignée, l’oud et la trompette. La musique arabe et les improvisations jazz se rencontrent sans conflits.

    


Dans son abondante discographie, retenons les cinq disques de la série "5ET." Blue Note Italie a offert au groupe la possibilité d'enregistrer une série de disques, chacun dédié aux compositions de l'un des membres du quintet. Les disques, tous enregistrés dans le studio de La Buissonne à Pernes-les-Fontaines, ont été publiés à une cadence régulière : les compositions du pianiste Roberto Cipelli ("Kosmopolites”) d'abord, puis celles du bassiste Attilio Zanchi ("P.a.r.t.e.”), celles du saxophoniste Tino Tracanna (“Incantamento”) et celles du batteur Ettore Fioravanti (“Thinking”), pour finir avec celles de Paolo, ("Rosso, verde, giallo e blu"). Citons également "Things", le disque en duo avec Uri Cane...

   

fioravanti
zanchi

En octobre 2006, il rencontre André Jaume et A Filetta pour Mistico mediterraneo à l'Aghja pour quelques soirées. Espérons que cette collaboration débouche sur un disque... En tout cas, Mistico mediterraneo a remporté un grand succès le 14 septembre 2007 dans le cadre des Rencontres polyphoniques de Calvi.

   

paf
caine


 Carla Bley's Lost Chords finds Paolo Fresu
 
Paolo Fresu a intégré en 2007 la formation de Carla Bley, "The Lost Chords", pour une série de concerts à Châlon-en-Champagne le 10/05, au Mans le 11/05, à Monte Carlo le 15/05 et à Coutances le 17/05, puis d'autres en automne, et un CD est paru chez ECM mi-octobre 2007.

  galliano


Réunion des trois fortes personnalités que sont Paolo Fresu, Richard Galliano et Jan Lundgren, Mare Nostrum réserve de beaux moments avec un Galliano expansif  face au jeu plus réservé du pianiste et à la sonorité toujours solaire de Paolo Fresu, qui est à son meilleur dans Sonia's Nightmare.

F. à Léo présente Paolo Fresu en compagnie de Gianmaria Testa, Philippe Garcia at Attilio Zanchi sur un projet du pianiste Roberto Cipelli d'hommage à Léo Ferré.
On doit à Paolo (qui intervient sur la moitié des morceaux du disque) et à Gianmaria Testa les moments les plus intéressants d'un disque un peu trop sage.






Je n'ai pas encore pu écouter le dernier disque de Paolo publié sous son nom en quartet, Stanley Music !, mais, à en juger d'après ce qu'en dit J. Duclos-Arkilovitch dans Jazzman, c'est un disque d'enfer !

Il existe un livre (en italien) consacré à Paolo.
   

Paolo Fresu: la Sardegna, il Jazz    Gravante, Enzo
    Paolo Fresu: la Sardegna, il Jazz

    Dim. 20x20 cm
    Pagg. 216
    Anno di edizione: 2004
    ISBN 88-7356-059-8
    Collana: Carta & Musica
    Prezzo: 25,00 Euro

    C'est ici.


    Site : www.paolofresu.it

André Jaume
invité en 2007


Surtout connu comme saxophoniste ténor, le multi-instrumentiste André Jaume excelle aussi à l'alto, à la flûte, à la clarinette basse et à la clarinette, son premier instrument. Sa sonorité chaude et généreuse est sa marque de fabrique et sa carrière reflète sa curiosité et son ouverture.

Né à Marseille le 7/10/1940, il étudie la clarinette au conservatoire puis le saxophone, découvre le jazz avec Sidney Bechet. Son intérêt se déplace rapidement du Dixieland à des musiciens plus modernes comme Charlie Parker, Duke Ellington et John Coltrane. Il suit les cours de Guy Longnon de 1966 à 1969. Au début des années 70 il joue avec Barre Philips puis, alors qu'il joue en duo avec le percussionniste Gérard Siracusa, li rencontre Raymond Boni ; ainsi naît le trio "Nommo". Vient ensuite la participation au quartette et au big band de Jef Gilson. Il rencontre Joe Mc Phee au Festival de Nancy. C'est le début d'une longue collaboration amicale, avec les albums Old Eyes & Mysteries et Oleo & a Future Retrospective.


Au début des années 80 il fonde un octet pour satisfaire son souhait de composer pour des instruments à cordes. Il collabore avec Jimmy Giuffre, qui l'encourage à reprendre la clarinette. Il joue avec Charlie Mariano, John Medeski, Charlie Haden, Barry Altschul, aussi bien qu'avec des musiciens d'Indonesie ou de Guinée.

Il forme aussi un trio avec le guitariste Rémi Charmasson et Randy Kaye, le batteur de Jimmy Giuffre.

Discographie sélective :

Clarinet sessions
Borobodur suite
Piazza di Luna, avec Tavagna
Musique pour 8 : L'oc
Alliance


Cuncordu e Tenore de Orosei
invités en 1997, 2000, 2002, 2005, 2007, 2009

cuncordu


Le chant sarde constitue l'une des expressions polyphoniques les plus populaires de la Méditerranée. Omniprésent, il peuple la liturgie autant qu'il rythme les fêtes paysannes, aux confins du profane et du sacré.

Le chant s’exprime par une voix de gorge tendue qui donne un cachet vibrant aux deux parties d’harmonie : contre-chant et basse. Cette technique n’existe nulle part ailleurs dans le monde sauf... en Mongolie ! L'émotion, à l'écoute de ces polyphonies, est simple et forte comme ces hommes qui savent si bien la faire partager à leur public, touché au creux de l'âme.

Depuis 1999, leurs voix s’unissent aux mélopées du talentueux violoncelliste hollandais Ernst Reijseger et du percussioniste écossais Alan Purves autour du projet Colla Voche (Winter&Winter).

Le Cuncordu e Tenore de Orosei se place sans contestation à un poste de premier plan dans le monde de la polyphonie sarde, tant par les particularités de son répertoire que pour la possibilté de chanter aussi bien la forme profane "a tenore" que sacrée "a cuncordu". Orosei est aujourd'hui la seule ville de Sardaigneoù les deux traditions n'ont jamais été abandonnées et où encore aujourd'hui, grâce aux vieux chanteurs, les deux formes de chant sont reproposées dans les formes traditionnelles, alors que dans d'autres régions de Sardaigne, grâce à de discutables opérations pseudo-culturelles, ont cherche à "récupérer" ce qui est irrémédiablement perdu. Comme en Corse, les Confréries ont joué un rôle essentiel dans la sauvegarde de ce répertoire.

Le groupe est né officiellement en 1978; seuls restent Martino Corimbi et Patrizio Mura, "voche" du tenore. Les autres chanteurs actuels sont Piero Pala, mesuvoche du tenore et du cuncordu; Luca Frau, "cronta" du tenore; Mario Siotto, bassu du tenore; Massimo Roych, "voche" du cuncordu et Salvatore Dessena, bassu du cuncordu. Le groupe a participé à de nombreux festivals de chant traditionnel : Festival de Musique Sacrée à Paris, Angoulême, Rennes, Briançon, Toulouse, Marseille, Aix en Provence, Tarbes, Rouen, Tours, Solesmes, Nantes, Münich, Francfort, Turin, Venise, Florence, Tolède, Barcelone, Amsterdam, Anvers et, bien sûr, Calvi.

cuncordu

Photo Alexsandra Vajd


En 1994 il enregistre, dans l'église S. Pietro a Galtelli, pour les éditions NOTA d'Udine, son premier CD contenant 11 morceaux du répertoire sacré d'Orosei.
En 1996, toujours à S. Pietro, pour Nuove Indie de Rome un CD avec les plus importants morceaux de la tradition profane "a tenore"
L'année suivante le producteur allemand Stefan Winter insère le groupe dans sa collection Winter&Winter, pour laquelle enregistrent des artistes d erenommée mondiale comme Uri Caine, Ernst Reijseger, D. Douglas, Paul Motian Trio, Gary Thomas.
Déjà quatre enregistrements ont été réalisés sous l'étiquette Winter&Winter, notamment un double CD avec livret de 100 pages reprenant, en six langues, tout le répertoire traditionnel sacré et profane.

canticos


Dernier album, "Colla Voche", avec Ernst Reijseger

Le groupe se compose de :


Patrizio Mura,  Voche del tenore e del cuncordu
Piero Pala, Mesuvoche del tenore e del cuncordu
Massimo Roych, Voche del Cuncordu 
Mario Siotto, Bassu del tenore e del cuncordu
Gianluca Frau, Contra del tenore e del cuncordu


Un extrait filmé, Celeste Tzesoro :



A noter aussi la participation du Cuncordu e Tenore de Orosei au CD "Voyage en Sardaigne" edité par "Il manifesto" avec également Il Coro di Castelsardo et i Tenores di Bitti.


Silvia Malagugini - Compagnie Nonna Sima
invités en 2005

Quatre chanteurs solistes issus de mondes musicaux différents composent la Compagnie Nonna Sima : Joëlle Faye et Silvia Malagugini travaillent les " modes " du chant traditionnel italien. Edmond Hurtrait et Frédéric Lair viennent quant à eux du monde classique et pratiquent depuis longtemps le chant baroque. Les instruments de Mathias Duplessy (tambours, berimbao, oud, guitare) et son chant diphonique, accompagnent et enrichissent les polyphonies de" Mystères ".

Ces chants sont l'expression du sens religieux du peuple, à la lisière du sacré et du profane : ils sont ancrés dans la terre, liés aux cycles de la vie de l'homme, et ils expriment également le besoin d'absolu et de protection dans un cadre rituel. " Mystères" suit un parcours liturgique de l'annonciation à la Passion du Christ. Ce récit est aussi bien constitué de chants extraits du Laudario di Cortona (recueil italien de louanges du XIII siècle) et des airs de Monteverdi, que des Passioni italiennes, représentées en Italie pendant la Semaine Sainte.
"Dans l'imaginaire populaire italien, Marie tient un rôle très important. Elle est à la fois femme aimante, femme miséricordieuse, symbole du mystère de la conception et surtout "la grande mamma", notre mère à nous tous, personnage incontournable dans la culture matriarcale italienne.
Pour chanter l'histoire de cette mère, de l'annonce de l'ange Gabriel à la naissance et à la Passion de son fils Jésus, nous nous sommes inspirés principalement d'un recueil populaire de laudes du XIII siècle, le Laudario di Cortona.

Ces louanges dites et chantées pour la première fois en italien, la langue du peuple, et non en latin, la langue officielle de l'église, sont souvent très poétiques. Elles expriment les différentes facettes d'une madone à la fois terrienne et sensuelle, généreuse et protectrice, paysanne et archaïque, la même que l'on découvre dans les peintures des églises romanes et byzantines, ou dans les miniatures des parchemins.

Nous avons traité notre matière musicale, non comme des musicologues, mais plutôt comme des chanteurs traditionnels, créant des polyphonies à partir des monodies des Laudi. A cette relecture très libre (nous avons modifié certaines mélodies pour nos besoins) s'ajoutent de nouvelles compositions et quelques airs inspirés de Monteverdi. Par ailleurs nous avons mélangé au répertoire du Laudario d'autres chants populaires, dont certains issus des Passioni encore chantés dans le sud de l'Italie. Une Italie qui garde dans son patrimoine traditionnel des influences espagnoles et arabes, une Italie méditerranéenne, pont entre Orient et Occident. Il était donc logique de choisir des instruments de ces différentes traditions pour accompagner nos chants. "

Silvia Malagugini


Pino de Vittorio
invité en 2002


Giuseppe "Pino" de Vittorio, considéré comme un des plus grands chanteurs d'Italie, est originaire de la région des Pouilles, prés de Gargano (au nord des Pouilles, dans la Province de Foggia). Il a baptisé son spectacle "Le Tarentelle de! Gargano". Cette tarentelle est la danse traditionnelle de cette région, en référence à la piqûre de la tarentule. Pino de Vittorio au chant, tambourin, castagnettes, entraîne sa troupe et le public dans une transe qui remonte à la nuit des temps.

Ces chants, tour à tour poignants et entraînants, restituent ces envoûtements de l'origine où percent "les convulsions tragiques des femmes malheureuses piquées par la tarentule". En fait la tarentule est l'allégorie d'une société oppressive à l'égard des femmes qui devaient baigner dans le remords et les convulsions, seul le Diable pouvant oser exprimer la vie dans ces corps bafoués. On soignait ce mal par des chants religieux destinés à chasser le mauvais sort. Puis la tarentelle devint une danse, qui devait être très vive pour donner le vertige aux démons et faire tomber la fièvre. Cette danse devint très populaire à Naples au début du XVIIIe siècle. Ville occupée longtemps par les espagnols, Naples intègra rapidement à la tarentelle des influences du fandango espagnol, tout en conservant le rythme de base.

Warsaw Village Band


invités en 2005

Ce groupe de sept jeunes polonais a été pour moi la révélation des rencontres 2005.
A l’origine en 1997, le Warsaw Village Band, s’appelait Kapela Ze Wsi Warszawa. Né de la rencontre à l’université de jeunes étudiants amoureux de musique et tout particulièrement de musique du sous-continent indien, comme celle de Nusrat Fateh Ali Khan, le groupe a, petit à petit, découvert d’autres horizons : musique africaine, reggae, etc. Mais ce groupe puise son inspiration dans le patrimoine musical des villages de la région de Mazovia au centre de la Pologne. Comme les corses avec le riaquistu, ces jeunes polonais sont allés à la recherche de leurs racines auprès des paysans ou dans les archives de la radio. Ainsi le groupe redonne vie aux "voix blanches" du chant traditionnel polonais.

Le Warsaw Village Band nomme « hardcore folk » ou « bio techno » sa musique qui opère la synthèse de la musique traditionnelle polonaise et de la transe. Elle est soutenue par le jeu de deux types de tambours traditionnels, le baraban et le frame, associés à une basse. Sur cette rythmique se croisent violon, suka (violon traditionnel joué avec les ongles), dulcimer, trompette et « voix blanches »

 

peoples uprooting


People’s Spring
(Jaro / Mélodie)
BBC Music Award 2003

Uprooting (Jaro / Abeille Musique)

Troisième album du groupe, Uprooting reprend toujours la musique traditionnelle des campagnes de Pologne, en particulier de la région de Mazovia, qui inspire le WARSAW VILLAGE BAND et c'est avec un dynamisme et une détermination intacts qu'il exhume des pièces d'un autre temps et en repense l'interprétation sur une base essentiellement acoustique et pour autant indéniablement moderne.

D'une manière générale, l'équation voix - cordes - percussions qui caractérise le son du groupe est donc toujours dominante

Magdalena SOBCZAK sait réveiller les âmes assoupies dans Woman in Hell, tandis que la voix de Maja KLESZCZ agit comme une caresse à la fois lancinante et ferme dans l'onirique Fishie, le quasi blues Grey Horse ou l'a cappella Lament.
Les violons de Wotjek KRZAK et de Sylwia SWIATOWSKA rivalisent de grincements énergiques et d'inventivité expérimentale, notamment dans I've Slayed The Rye et dans The Owl ; le dulcimer, le violoncelle et le xylophone ajoutent au pittoresque rugueux ; les percussions (baraban et frame) tonnent avec entrain et vigueur, le triangle et les cymbales installent un registre plus feutré et les tonitruantes « voix blanches » des trois filles achèvent de nous emporter dans une tourbillon sensuel façonné par une rusticité extatique qui confond les échos des anciens temps avec les transes d'aujourd'hui.

infinity upmixing
  

Et voilà le quatrième album :
Infinity, enregistré en mars 2008.
JARO 2008
On y trouve pour la première fois des créations originales du groupe, plus précisément de Maja Kleszcz et de Wojtek Krzak.

Warsaw Village Band:
Maja Kleszcz – vocals, cello
Magdalena Sobczak–Kotnarowska – vocals, dulcimer
Sylwia Swiatkowska – vocals, violin, suka, fiddle from Plock
Wojtek Krzak – violin, violin 7/8, nyckelharpa, drums
Piotr Glinski – baraban drum, percussion
Maciej Szajkowsk[[[[iframe]]]] drums

1. Wise Kid Song 4:30
2. 1.5 h (feat. T. Kukurba - Kroke) 6:21
3. Over the Forest 4:37
4. Skip Funk (feat. DJ Feel–X) 3:09
5. Is Anybody In There? 3:35
6. Heartbeat (Maja & Natu IncarNated chant) (feat. Natalia Przybysz) 5:07
7. Polska Fran Polska 6:04
8. Lazy Johnny Dance 3:14
9. Polka Story 4:34
10. I’ve Met the Girl 3:35
11. Little Baby Blues (feat. Jan Trebunia Tutka) 6:25
12. Circle No. 1 4:43

from booklet info:
Here is the latest, already the fourth studio album by Warsaw Village Band, our next, long–awaited child; and it was in fact the birth of a little human being that became the direct inspiration and cause for the creation of this album. In such situations, certain moments come when, lying beside the child, you observe its breathing, and you start to think about the countless, nameless generations that preceded us. You imagine those for whom we ourselves are going to be just an anonymous past without a face. After all, we are all born in a particular place and time, and shaped by culture of our ancestors. We live in big cities, seek our place on earth, lose old gods and find new ones, people, shelters, pictures, so that later we can hand them down to our children, who are born in a particular place and time, seek their place on earth, lose old gods and find new ones, people, shelters, pictures, so that later.. You begin feeling it clearly the moment you call others into being. No matter whether you live in Japan, the US, England, Germany or Poland – behind you stand the same generations, which like the rings of a tree, have accumulated their every trace in music, art, language – in a word – CULTURE. You emerge from it, enrich it and then pass it on. Ad infinitum. And here is how the idea of "Infinity" came into being – the need to take a dip in tradition, derive from it and create contemporary and modern compositions – to inspire other generations. Once again!
Wojtek Krzak

Site Web : http://www.kzww.terra.pl/

Slaveï Quartet

invités en 2005

SLAVEI signifie "rossignol" en langue bulgare et on comprend le choix du mot à l’écoute de ces voix superbes qui allient la pureté à l’émotion, force de la tradition bulgare.
Le Slavey Quartet a été créé en 1991 par Nadka Karadjova, avec Svetla Karadjova, Liliana Galevska, mezzo soprano et Stoyana Lalova, contre-alto. Toutes ont chanté pendant une trentaine d'années dans le Philip Koutev Folk Ensemble. Elles ont également participé aux Mystères des Voix Bulgares.
En 2004, Mariyana Pavlova, basse, a remplacé Stoyana Lalova.

slavei


Le Quartet Slavei a remporté un vif succès en France ces dernières années. Ces quatre grandes dames aux voix magnifiques ont une technique vocale parfaite sur un répertoire comptant des centaines de chants profanes de différentes régions de Bulgarie, des chants orthodoxes du XIVè au XXè siècle jusqu’alors réservés aux hommes., ainsi que des chants de différentes contrées : Chine, Inde, Grèce, Russie et... Corse.
La juxtaposition des deux genres sacré et profane, servie par des voix célestes, étonne, bouleverse et fascine.

Eva Quartet
invité en 2002

eva

Source : Forde FestivalEN


Eva Quartet est composé de quatre jeunes femmes : Gergana Dimitrova, soprano; Sofia Kovacheva, mezzo-soprano; Evelina Stoilova, alto; et Daniela Stoichkova, contre-alto, qui ont, en leur temps, fait partie du célèbrissime choeur “Le Mystère des Voix Bulgares”, qui connut un succès mondial.
Avec Eva Quartet, c’est non seulement le répertoire traditionnel et religieux des chants bulgares qu’elles interprètent, mais également des compositions originales, preuve de la modernité de la culture vocale de ce pays.

Le timbre de ces voix a capella, leur virtuosité et leur profondeur, le sentiment étrange parfois que ces quatre voix ne font qu’une, rendent chaque concert du Eva Quartet unique, une expérience musicale hors du commun.

Bulgarka Quartet
invité en 2009

Le Bulgarka Junior Quartet est né en 1989 à Plovdiv, avec l'aide de Rumiana Tsintsarska (productrice avec Marcel Sellier du chœur légendaire  "Le Mystère des Voix Bulgares"). Les quatre chanteuses viennant du célèbre ensemble "Trakia".

La musique du quartet maintient l'équilibre entre l'Orient et l'Occident, la tradition et l'avant-garde.  Les quatre chanteuses sont originaires de régions différentes de Bulgarie (Strandja, Rhodopes, Strandja-Sakar et Thrace) et cette particularité se traduit dans leur répertoire. Et l'absence de leader  oblige chacune à donner une nouvelle dimension aux chants collectés dans leurs régions respectives

Hristina Anastasova - soprano, originaire de Strandja
Fanka Koynarova - mezzo-soprano,fille des montagnes d'Orphée : les Rhodopes.
Elena Bedeleva - alto, originaire de la région de Strandja-Sakar
Tonka Koleva - alto, originaire de Thrace

Erotokritos
invités en 2002

Tour à tour festive et intimiste, la musique d'Erotokritos (du nom d'une oeuvre crétoise majeure, odyssée épique et mythique écrite par Vincenzo Kornaros pendant la période de la Renaissance crétoise), est représentative de la diversité du répertoire traditionnel crétois et des multiples influences de cette île entre Orient et Occident, marquée tour à tour par les dominations grecque, romaine, byzantine, vénitienne et ottomane.



Erotokritos se compose de:

* Harilaos PAPADAKIS : lyra (sorte de violon à 3-4 cordes) et chant.
* Nikos MASTORAKIS : Guitare, laouto (luth), boulgari (proche du saz), baglama et chant.
* Jean-Philippe CHASSAGNE : tuberleki (darbouka), daouli, défi (bendir) et percussions méditerranéennes (daouli, zillia)
* Yorgos STAVRAKAKIS : laouto (luth) et mandola

Sur cet album ont peut entendre également Nilos Paraoulakis (ney) et Eric Montbel à l'askomandoura (gaïda, une sorte de cornemuse).

Tirana


invités en 2004 et 2009

tirana


La musique albanaise traditionnelle est restée étonnament vivante. Pour des raisons idéologiques, le régime communiste avait valorisé à l'extrême le folklore albanais. En outre, le relief montagneux des Balkans tend à isoler naturellement l'Albanie et rend difficile tout contact à l'intérieur du pays. Il conduit au maintien de traditions parfois très anciennes transmises de bouche à oreille de génération en génération, de spécificités très marquées et de répertoires très localisés, différents d'une vallée à l'autre, d'un village à l'autre.

D'origine indo-européenne, les Albanais seraient les descendants des tribus illyriennes arrivées du nord aux environs du deuxième millénaire avant Jésus-Christ. Terre de rencontre entre l'Orient et l'Occident, l'Albanie doit à sa position géographique des influences orthodoxes et musulmanes. Pour les Guegues du nord, l'Islam est aujourd'hui la religion largement dominante. La musique est monodique et est caractérisée principalement par des " rapsod ", chants épiques qui évoquent le cycle des héros " kreshnik ". Les instruments principaux sont la vielle monocorde avec archet " lahutë ", le luth deux cordes à long manche " çifteli " et le luth " sharki ". Tirana et les villes côtières de Durrës et Kavajë constituent la zone intermédiaire dite de l'Albanie centrale caractérisée notamment par des influences orientales liées à l'urbanité. Au sud, les Tosques, principalement orthodoxes, sont restés dans la sphère de l'influence musicale byzantine. C'est la terre d'élection de la polyphonie vocale que l'on pratique dans tous les villages montagnards en de nombreuses occasions.

Les Labs, dans l'extrême sud-ouest (région de Vlorë, Tepelenë, Gjirokastër, Sarandë) pratiquent une polyphonie complexe à quatre voix : trois voix soliste - le preneur " marrës ", le coupeur " prurës ", le repreneur " hedhës " - et un bourdon " iso ".

Dans le reste du pays - le centre et l'est autour des villes de Berat, Përmet et Korçë - les Tchams chantent la polyphonie à trois voix (deux voix soliste et un bourdon) qu'ils pratiquent " a capella " ou accompagnée de nombreux instruments, principalement la clarinette " gërrnetë ", l'accordéon " fizarmonikë ", le tambourin " def ", le luth " llautkë " et le violon " violine " auxquels s'ajoutent parfois le petit tambourin sans peau " sistër " et le luth à long manche " baklama ". La clarinette, le violon et l'accordéon sont des instruments " modernes " qui ont été incorporés dans les formations musicales dans la seconde moitié du XIXème siècle et au début du XXème siècle. L'introduction de l'accompagnement instrumental des danses " a capella " a eu notamment pour effet de rendre plus vive et plus dynamique la danse et d'évincer le chant qui l'accompagnait. Dans tout le pays - dans les montagnes notamment - subsistent encore des instruments anciens qui sont à l'occasion joués en solo, duo ou intégrés dans un groupe, notamment la cornemuse " gajda ", les différentes flûtes " fyull " ou encore le chalumeau " pipë "..


tirana

Nørn

invité en 2008

Ce trio vocal féminin helvète a constitué la révélation des XXes Rencontres de Calvi.

Depuis plusieurs années, le chant sous toutes ses formes fascine Anne-Sylvie Casagrande, Edmée Fleury et Gisèle Rime. Les trois jeunes femmes travaillent ensemble depuis quelques années déjà sur différents projets toujours centrés sur la voix, comprise comme une matière organique, sensible et fluctuante.

Nørn explore les frontières cachées qui séparent les musiques médiévale, traditionnelle et contemporaine et transgresse les frontières entre passé et avenir, imaginaire et réalité, oeil et oreille….


Avec audace, fraîcheur et émotion, le trio emmène le public dans l’exploration de contrées vocales inattendues.

Autant par sa présence scénique que par le jeu des voix, Nørn se conjugue entre force et fragilité, sauvagerie et légèreté, ne cessant de dérouter et d’envoûter.


   
norn


    Caverneuses, rauques et profondes ou bien claires, pures et lumineuses, sans appartenance stylistique qui les enfermerait, les trois voix se mélangent et se repoussent...

    Le nom du trio est né lors de leur premier projet, Fridj, qui emporte l’auditeur dans un nord imaginaire. Dans la mythologie scandinave, les Nornes sont trois femmes sans âge qui siègent au pied de l’Arbre de vie et tissent le destin des hommes, depuis le moment de leur naissance jusqu’au moment de leur mort.

    Il y a la Norne du passé, mélancolique et sensuelle, la Norne du présent, espiègle et vive, et la Norne de l’avenir, guerrière et visionnaire.

    Avec malice, les trois chanteuses aux personnalités marquées incarnent sur scène les trois sorcières du Nord.

    Et Nørn est tout naturellement devenu le nom de leur trio !

    Après Fridj, le trio s'est investi dans un nouveau projet, Iod.
    « Un jour, je suis tombée sur une carte des fonds marins. Ma fascination fut totale, sauvage, magnétique. Comme s’il m’était brusquement donné de voir ce qu’on ne voit jamais : les chaînes de montagnes de mes origines, les serpents de basalte de mon plus vieil ADN, les grands volcans de ma naissance. Mille fois engloutie, c’était là toute notre histoire d’homme-poisson ! »
    Anne-Sylvie Casagrande

cossonay cossonay
    Au Temple de Cossonay - Photos Thorsten Kurz


    Ecouter et voir Nørn est une expérience, une plongée dans un monde plein d'impressions et de rêves. Elles chantent dans une langue inventée, le nørnik, curieux alliage de mots qui n’existent pas, mais qui semblent cependant familiers, dansent comme des sorcières ou comme une créature à trois têtes.
    Par ses contrastes et sa sauvagerie, Nørn ébranle l’auditeur et l’emmène dans un univers nouveau où règne l’émotion.
    
    Deux CD reprennent les spectacles de Nørn : Fridj (2004) et Iod  (2007).

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« Trois femmes. Fascinantes comme un trio de planètes étincelant au firmament de nos imaginaires… Aussi différentes qu’unies dans leur recherche d’un son venu du fond des âges, venu du fond d’elles-mêmes… A la fois étrange et familier, l’univers de Nørn attire comme un lieu artistique aux multiples possibles. »
C. Jaquiéry


Mathias Duplessy
invité en 2005 (avec Silva Malagugini et la Compagnie Nonna Sima)

Nous avions découvert Mathias Duplessy au sein de la Compagnie Nonna Sima en 2005. Guitariste, chanteur, multi-instrumentiste, il a travaillé avec Bevinda, Mônica Passos, Sophia Charaï et d'autres. Le revoilà dans un tout autre contexte, celui du trio. Mathias Duplessy invite ici Jean-François Ott (1er prix de violoncelle au Conservatoire de Versailles) et le percussionniste Nicolas Gorge.


duplessy


Mathias Duplessy: guitare, chant, oud, berimbao, viola, flûte
Jean-François Ott : violoncelle
Nicolas Gorge : percussions

Un trio envoûtant bien difficile à décrire. Réminiscences mongoles, flamenco, Amérique Latine, Moyen-Orient, jazz, sont évoqués sans que jamais on n'ait l'impression d'un collage.
On pense par moments à Anouar Brahem, à Nana Vasconcelos et Egberto Gismonti, mais c'est une musique bien personnelle que propose ce trio.

Les chamanes arrivent après une longue initiation à pratiquer le Voyage astral: pouvoir voyager avec son esprit dans l'espace et le temps, se rendre aux quatre coins du monde, dans le passé ou le futur juste en fermant les yeux. La musique est toujours apparue comme telle à Mathias Duplessy : une explosion totale du temps et de l'espace. C'est donc une sorte de Voyage astral qu'il propose ici.


Band of Gnawa
invité en 2009

Initié par Loy Ehrlich (Hadouk Trio) avec Louis Bertignac (ex-Téléphone), Cyril Atef (M, Bumcello), Akram Sedkaoui (M’Source) et Saïd Boulhimas, un jeune maâlem gnaoui d’Essaouira accompagé de 4 gnaoua, le projet BAND OF GNAWA revisite quelques grands standards de Rock’n’roll des 70’s (dont "Come Together" des Beatles, "Who Knows" d’Hendrix, "Sympathy for the Devil" des Stones ou "Four Sticks" de Led Zeppelin) avec la volonté d’un véritable métissage avec les musiques gnaoua dont ces groupes se sont souvent inspirés.


Ce projet évoque le fameux groupe "Band of Gypsys" crée par Jimi Hendrix en 1969. De nombreux artistes et groupes rock des années 70, tels que Hendrix, Led Zeppelin et d’autres ont été directement influencés par les musiques d’Afrique, du Maghreb et particulièrement par celles des Gnawa.

Les musiciens de Band of Gnawa :

Loy EHRLICH claviers, basse et direction artistique
Louis BERTIGNAC guitare
Cyril ATEF batterie et percussions
Akram SEDKAOUI chant lead rock
Maâlem Saïd BOULHIMAS chant lead gnawa et gumbri
Abdellatif RAMNI crotales, choeurs, danse
Amine EL ALLOUKI crotales, choeurs, danse
Hicham AIT SALAH crotales, choeurs, danse
Simo BOUMAZZOUGH crotales, choeurs, danse


Un extrait video :







Asie :


Faiz Ali Faiz
invité en 2006

Faiz Ali Faiz, né à Sharaqpur au Pakistan, a appris la musique classique auprès de Ustad Ghulam Shabir Khan et Ustad Jafat Khan et est considéré comme le représentant le plus éminent du Qawwali. Ce chant soufi très ancien (fixé au XIIIe siècle) est une forme non orthodoxe de chant musulman, celui-ci interdisant en principe la musique. Ce chant dans sa forme actuelle résulte de la rencontre des cultures musulmane et hindoue. La voix de Faiz se caractérise par une étendue exceptionnelle et un timbre particulièrement riche qui évoque le célèbre Nusrat Fateh Ali Khan, auquel il rend hommage dans son CD "L'amour de toi me fait danser".
   




Chant religieux destiné à véhiculer la poésie soufie, le qawwali se caractérise par l'usage de voix masculines fortes, faisant alterner solo et choeur, répétitions et improvisations par le soutien vigoureux des tablas et de claquements de mains. Ce chant intègre des éléments profanes étrangers à la tradition, et n'hésite pas à adapter ses schémas mélodiques, rythmiques et son contenu poétique à l'auditoire. Ainsi Faiz Ai Faiz s'inspire parfois de l'esthétique musicale du cinéma, de même que Nusrat Fateh Ali Khan cherchait à capter à travers les programmes de télévision l'image acoustique des pays où il donnait ses concerts.


En 2009 c'est la rencontre avec Titi Robin. Jaadu (Magic) est issu de cette rencontre entre le pakistanais et le français.

Quand la fantaisie d'un musicien comme Titi Robin rencontre le chant d'un maître qawwali tel que Faiz Ali Faiz, le feu prend très vite et la musique s'embrase, virtuose et puissante, débordante d'énergie, de lyrisme et d'émotion.
Guitariste, joueur de oud et de bouzouq, depuis son premier disque 'Gitans', Titi Robin vagabonde entre les contrées musicales d'Andalousie et d'Orient. Il en a tissé un lien de connivence unique, une mosaïque tzigane nourrie de ses voyages et imprégnée de ses rencontres.

jaadu


Dès le premier morceau, « More Ângna », la profondeur de « Jaadu » est annoncée avec succès.  

Musique inspirée de la poésie soufie, le répertoire varié tout en restant cohérent propose sept titres puisés dans la tradition du qawwali. Les prouesses vocales de Faiz Ali Faiz accentuent le lyrisme et l’émotion inhérente à chaque poème et la connivence avec Titi Robin ne fait qu’embraser ce voyage magique, transe enivrante et spirituelle.

Onze musiciens au toucher et au phrasé remarquable accompagnent l'aventure; voix, bouzouq, rubab, guitare, harmonium, accordéon, gumbass, clarinette, cor anglais, tablā. Ici, le dialogue se distingue par un parti pris et un jeu d’affinités, excédant le champ instrumental et les filiations stylistiques, grâce à quoi il s’impose, à force de conviction, d’émotion singulière, comme une sorte d’hymne.

« Jaadu », la « magie », est un album puissant où le rythme est un tapis de plaisir tout en finesse, en élégance, en sophistication vocale et instrumentale. Une rencontre aboutie et mature, qui est le fruit d’une transmission réussie et mouvementée qui, littéralement, coule de source. « Magie » d'un voyage inédit au coeur d'une nouvelle contrée, entre rêve et réalité, à mi-chemin d'influences populaires, d'accents de fête et d'arabesques orientales, de ferveur mystique et de virtuosité instrumentale.


Ensemble Leyli
i
invité en 2006
Les miniatures et les peintures anciennes attestent la vitalité des pratiques musicales féminines, à la Cour comme dans la sphère publique, et cela jusqu’au renouveau de la musique savante des années 1850.
Plutôt que de s'efforcer d'imiter le chant et le style instrumental où les hommes excellent, certaines artistes, comme celles réunies dans l'Ensemble Leyli (*), ont choisi de renouer avec un style et un répertoire proprement féminins.
Leur musique se caractérise par la grâce et la légèreté, la fidélité aux canons, la finesse et la pureté de l'interprétation, autant de qualités devenues rares dans les ensembles actuels. Les instruments sont ceux que l'on voit dans les mains des musiciennes sur les représentations anciennes: la vièle kamânché, les luths setâr et 'ud ou barbat, et le tambour sur cadre, dont s'accompagne nécessairement toute chanteuse digne de ce nom.
Les pièces instrumentales et vocales sont agencées en cycles courts, qui laissent occasionnellement la voix prendre son essor dans d'émouvantes séquences de chant libre, et qui se concluent souvent sur des airs conçus pour la danse.

(*)
Azadé Hojat: chanteuse, tambour dâyré
Leyli Atashkar: luth setâr
Asaré Shekartchi: vièle kamântché
Nushin Pasdar: luth barbat, tambour zarb

Source : L'Ecoute des mondes,
http://www.rsr.ch/espace-2/l-ecoute-des-mondes/selectedDate/27/8/2006

Mahwash & Ensemble Kaboul
invités en 2005


Fondé dans les années 40, Radio Kaboul permit de révéler de nombreux artistes, héritiers d'une tradition complexe aux confins de l'Iran, de l'Inde et de l'Asie centrale. Réduite à un rôle de propagande par l'invasion soviétique, interdite comme toutes les formes musicales par les Talibans, cette musique revit aujourd'hui.


La chanteuse Mahwash et l'Ensemble Kaboul, formé de musiciens afghans en exil, rendent hommage aux compositeurs afghans, tous morts à l'exception de Hossein Arman. Radio Kaboul entend tirer de l'oubli ces acteurs de la musique afghane moderne, grands compositeurs ou musiciens populaires accompagnant les moments importants de la vie.


mahwash


Okna Tsahn Zam

invité en 2004


Okna Tsahan Zam est le maître du chant diphonique (khoomei), technique spectaculaire très utilisée dans le chant mongol traditionnel qui permet de chanter deux mélodies en même temps. Appelé aussi « chant de gorge », c'est l'émission simultanée de deux sons gutturaux, une technique très ancienne de respiration qui donne au chanteur la possibilité de libérer l’énergie de l’organisme. Le khoomei (littéralement pharynx) se caractérise donc par l'émission simultanée de deux sons, une note grave constante et un son flûté aigu que le chanteur module à son gré. Cette technique, souvent liée aux rites chamaniques, permet d’entrer dans un état psychophysique particulier, et d'obtenir une perception accrue du monde qui nous entoure.

Okna Tsahan Zam (« La route blanche », de son vrai nom Vladimir Kharouev ) est né en 1957 sur la longue route qui ramenait vers leurs terres les Kalmouks déportés en Sibérie par Staline. «La route blanche » signifie « la route de la joie, la route qui mène vers le bonheur ». Il abandonne sa carrière d'ingénieur pour se consacrer à l'étude de ses ancêtres.
    

« Shaman voices. A journey in the steppe » est constitué par la succession de plusieurs séquences musicales mises en scène de manière très cinématographique, rendant compte de nos visions de l'univers de la steppe. Des chansons très mélodiques où l'acoustique domine, soutenues par des apports électroniques côtoient des chansons beaucoup plus « roots » (voix et dombra). Trois titres sont entièrement consacrés au chant diphonique et donnent un aperçu de l'art de Okna Tsahan Zam en solo.

Même sans utiliser le khoomei, la voix de Okna Tsahan Zam possède un grain et une profondeur exceptionnelle. Remarquable technicien c'est avant tout un grand chanteur.


EDJIN DUUN (« La chanson de la Mère ») est un hommage à toutes les Mères et par extension à la terre nourricière et à la nature.
Dans AKHNER DUUNER (« Frères aînés et frères cadets »), la technique de khoomei est incluse dans la mélodie.
VOLKI (Les loups) "La chasse pour le plaisir fait mal à la nature, il faut chasser pour se nourrir, tel est le message écologique de cette chanson".
SIBIRE relate la déportation en Sibérie de tous les peuples minoritaires de la Russie, dont le peuple Kalmouk, par Staline de 1943 à 1953 . La population entière fut déportée et beaucoup sont morts de froid et de faim.
SAMARINE est l'histoire d'un berger très habile qui garde le troupeau de chevaux dans la steppe. Il est tellement adroit qu'il peut faire revenir les chevaux fugueurs juste en tirant une petite flèche qui siffle à leurs oreilles. Son cheval fétiche à le pouvoir de se déplacer sans que son dos provoque le moindre mouvement. Ils parcourent ensemble la steppe infinie et communient avec la nature et le cosmos »
DJANGAR (Djangar le tout-puissant) est le héros mythique du récit épique Kalmouk. Cet extrait se termine sur un passage de Khoomei.
Dans AR BUMBIN ORN, Okna Tsahan Zam ne chante pas, il parle, respire, mais le pouvoir chamanique de sa voix y est tout aussi fort.
KHOOMEI CHOIR (Chœur Khoomei) est un chœur constitué par la superposition de huit des voix d'Okna Tsaham Zan. Des basses aux aigues, il utilise plusieurs techniques de Khoomei.
DAVUR GAZEN Pour un Kalmouk, il existe deux trésors, le cheval et la femme. Cette chanson décrit l'admiration que suscite le galop du cheval comparable à l'amour d'un jeune homme pour une femme. Destinée à la danse, elle se prêtait tout naturellement à une adaptation actuelle.

Les sons de la steppe, musique naturelle parfois accompagnée par l'écho lointain d'un musicien parcourent l'ensemble de l'album, sollicitent l'imaginaire et dressent le décor. Ce disque associe instruments traditionnels et high-tech avec pour seul critère la volonté de communiquer l'émotion au mieux. Tous les instruments traditionnels ont été joués par des musiciens mongols ou kalmouks, à Paris, en Kalmoukie et en Mongolie. Les sons de la nature (vent, tonnerre, loups, chevaux etc…) qui lient les chansons entre elles du début à la fin de l'album ont été enregistrés sur place pour créer un univers sonore authentique en harmonie avec la dimension cosmique de la steppe.


Egschiglen
invités en 2005



EGSCHIGLEN ("belle mélodie") a été fondé en 1991 par quatre étudiants du conservatoire d'Ulaanbaatar. Dès le début, le groupe se concentre sur la musique contemporaine Mongole, tout en explorant les arts musicaux populaires d'Asie centrale. Aujourd'hui les sept musiciens mongols se remarquent par la virtuosité de leur musique. Celle-ci prend la forme d'acrobaties vocales : le Khöömie, émission simultanée d'un bourdon et de sons harmoniques, le khailakh récitatif, ou encore le mélodieux Duulakh.

Elle se caractérise également par des recherches sur le langage sonore de la vielle cheval Morin khuur, de la cithare trapézoïdale Yootchin et du luth à deux cordes Tobshuur.
En aucun cas EGSCHIGLEN n'est poussé par l'urgence de la modernité, il évite toute hybridation mondialiste. Le groupe joue avec les transpositions mélodiques et développe une musique lumineuse mêlant fredons étranges, muettes gutturales et digressions pentatoniques.
La musique et les danses d'EGSCHIGLEN sont fortement marquées par l'univers poétique des nomades mongoles et les traditions chamanes. Elles nous transmettent l'harmonie d'un peuple vivant en accord avec la nature et ses cinq bijoux « les chevaux, les chameaux, le bétail, les moutons et les chèvres. »

Et si les sonorités mongoles semblent étranges et mystérieuses pour des oreilles occidentales. En particulier les chants Khöömie... Comment imaginer qu'une voix peut produire de telles aigues et graves en même temps ?
EGSCHIGLEN exprime des sentiments humains de base : amour, douleur et gratitude. Sa musique nous est donc aussi familière. Elle nous rappelle qu'au delà de toutes les différences culturelles, certains éléments sont communs à l'existence humaine.

Source : Accords croisés
http://www.accords-croises.com/fr/artistes.asp?artiste=26


Huun-Huur-Tu
invités en 1996 et 2007

La musique traditionnelle de Touva, République autonome à la frontière de la Sibérie et de la Mongolie, a la particularité de vouloir développer un caractère mystérieux et magique, celui de domestiquer les animaux sauvages, de calmer les esprits, de nous faire entendre les chants des oiseaux, le ruissellement de l’eau ou le hennissement d’un cheval.

Cette musique se rattache à la tradition chamanique très ancrée dans ces contrées. On sait que la culture chamanique est une des voies spirituelles les plus anciennes de la terre. Elle s’attache à maintenir un certain équilibre de la société et une harmonie positive des individus en les situant un pied sur terre, et l’autre dans le monde des esprits.

Le « vol chamanique » est le voyage de l’âme qui peut emmener les chamans dans d’autres réalités vers d’autres régions du monde. La musique s’inscrit dans ce voyage et conduit l’auditeur sur ces voies mystérieuses.

 

           
           
Huun Huur Tu est une expression par laquelle les Tuvan désignenet leur terre, en référence aux rayons du soleil frappant la prairie au crépuscule et à l'aube. Les membres de l'ensemble ont choisi ce nom pour souligner l'attachement aux traditions pastorales propres aux plaines du Sud de la Sibérie dont ils sont originaires.

La musique par laquelle la République de Tuva est la plus connue est le chant diphonique ou kloonei (mot mongol pour gorge). Par des mouvements précis des lèvres, de la langue de la mâchoire, les chanteurs intensifient certaines harmoniques naturelles de la voix.

Ce chant diphonique se caractérise par l’émission conjointe de deux sons à partir des voyelles réputées riches en harmoniques.

L’un de ces sons est dit « son fondamental » ou « bourdon ». C’est un son continu, alimenté par le souffle du chanteur.

L’autre dit « son harmonique » varie, dans les hauteurs, au gré du chanteur. La position de la langue joue un rôle prépondérant pour l’émission du son : si elle est au repos, le chanteur, au dessus du bourdon, ne peut exécuter que deux ou trois harmoniques. En revanche, s’il change la position de sa langue en divisant sa bouche en deux cavités, les sons harmoniques deviennent plus aigus, intenses et nombreux.

Les harmoniques se succèdent alors jusqu'à former des mélodies pentatoniques tissées entre les textes chantés.

Chez les Touvins, étonnamment, on rencontre quatre techniques principales de chant diphonique avec un bourdon à hauteur variable :

1 Le style kargyraa : le son le plus grave a un timbre très spécial évoquant le cor de chasse.( Le battement des cordes vocales est très lent puisqu’il oscille entre 55 et 65 Herz.)

2 Le style borbannadyr : le timbre du bourdon est plus doux que celui du style Kargyraa. La particularité ici est que le chanteur peut alterner ces deux styles dans une même pièce musicale. (bourdon à 110 Herz)

3 Le style sygyt : il possède un bourdon ou son fondamental plus aigu, entre 166Herz et 220Hz (« la »grave). Le chanteur peut ainsi superposer sur le bourdon, une mélodie d’harmoniques extrêmement aigus.

4 Le style ezengileer : variante du chant précédent, ce style est caractérisé par un rythme saccadé que l’on retrouve dans le choc des étriers du cheval au galop. Il est donc surprenant de penser que la bouche joue un rôle aussi fondamental. A cet égard, certains chanteurs de Touva arrivent à rajouter une troisième voix !

Il faut savoir que chaque son musical fondamental possède au minimum une série de 16 sons harmoniques dont l’ordre est inchangeable. Si, par exemple, vous écoutez attentivement le son d’un gong ou d’une cloche, vous pourrez en entendre quelques uns.

Les instruments de musique présentés au concert de Huun-Huur-Tu sont représentatifs du patrimoine musical de Touva. Cependant, on peut chercher des points de comparaison avec nos instruments de musique occidentaux.

On distingue d’une part les instruments à cordes frottées ; ainsi l’igil se rapprocherait d’un violon mais posé sur la jambe, alors que la byzancy rappellerait aussi un violon dont l’archet serait intégré à l’instrument même.

L’igil : ( prononcer « iguil ») ; C’est une vièle à 2 cordes dont la caisse de résonance et le manche sont taillés dans un seul morceau de bois (du mélèze en général).Quant au chevalet et aux deux chevilles, ils sont fabriqués en bouleau.

Cette vièle peut avoir une forme trapézoïdale ou allongée. Le manche se termine par une belle tête de cheval sculptée. L’igil produit toujours une mélodie à deux sons, la corde grave servant de bourdon. La position du musicien n’est pas toujours la même ; s’il s’agit d’une fête, l’instrumentiste est assis sur un tapis. S’il s’agit au contraire d’un concert, ce dernier est assis sur une chaise, sa jambe gauche posée sur sa jambe droite, l’instrument calé sur le haut de la botte de l’interprète !

La byzancy : C’est une vièle à quatre cordes dont la caisse de résonance est en bois. L’archet dont le crin est composé d’une touffe de cheveux ne peut se détacher des cordes. De plus, un anneau métallique permet de raccourcir la longueur des cordes et donc de modifier la hauteur des sons. Plus la corde est courte, plus le son est aigu.

Le doshpulur : C’est un luth à deux cordes dont la caisse de résonance peut être ovale, arrondie, piriforme, c’est-à-dire en forme de poire, ou encore trapézoïdale. On en joue en pinçant les cordes de sorte que les sons puissent être entendus de manière alternée ou simultanée.

La guimbarde : C’est un des instruments les plus répandus à Touva. Fabriqué en fer, elle comprend un cadre de forme de trapèze qui maintient et enserre une languette. Cet instrument se joue en mettant en vibration la languette du majeur ou du pouce de la main droite, tandis que le pouce et l’index de la main gauche maintiennent l’instrument. La cavité buccale sert de résonateur et de fait amplifie le son.

Les instruments à percussion : le tambour chamanique - tambour de terre - sabots de cheval – sorte de maracas en peau.

Les Touvins ne vivent pas de la même façon, selon le lieu géographique où ils se trouvent.

A l’ouest, ce sont des nomades qui élèvent chevaux, chameaux, yacks, moutons, vaches, chèvres et même parfois rennes… Ils mènent une vie de nomades, obligés d’effectuer des transhumances plusieurs fois par an : l’élevage, l’activité agricole et la chasse sont leurs principales occupations. A l’ouest, les membres de la famille forment un clan, transhument ensemble et s’hébergent dans des campements formés de plusieurs « yourtes ». (tente en feutre)

A l’est, le peuple est sédentaire et vit aussi de la chasse. A l’est, ils vivent dans un habitat conique. Leurs maisons sont recouvertes d’écorce de bouleau l’été, de peau d’élan l’hiver !

Tout diffère encore de l’ouest à l’est quand il est question de modes vestimentaires (costumes et motifs décoratifs très différents).

La musique et le chant sont intimement liés à la vie quotidienne de Touva.

On peut évoquer des berceuses, des chants d’apprivoisement quand les bêtes, agneaux ou chameaux, sont gardés par grands froids sous la yourte.

Il y a aussi les chants de travail, les récitations chamaniques, les chants pour les courses de chevaux.

Enfin les chants liés à une action physique ont leur place dans un pays assez rude : chants lorsque l’on trait une vache ou une chèvre ou lorsqu’il s’agit de motiver son cheval avant la course


Huong Thanh
invitée en 2009

Huong Thanh incarne les particularités du chant traditionnel vietnamen, riche en subtils ornements et précises inflexions, en finesse et diversité d’expressions et de timbres.

Depuis son installation à Paris depuis 1988 elle participe à de nombreux spectacles de Cai Luong en compagnie de brillants artistes, organisés par la communauté vietnamienne dans tout l’Europe. Entre 1996 et 2001 elle sort deux albums « Moon & Wind » et « Dragonfly » tous deux salués par la critique internationale. En 2004, son troisième CD « Mangustao », sélectionné comme les autres par FIP, a de nouveau obtenu le prix Choc du Monde de la Musique et a été classé 2ème dans le classement de Word Music Charts Europe.
dragonfly

Connue par les chants traditionnels du Vietnam arrangés de manière jazzistique par le guitariste Nguyên Lê qui a produit ses 3 premiers albums, Huong Thanh revient en 2005 avec un trio à ses sources pour une interprétation de cette musique traditionnelle si riche et si variée des trois régions de ce pays, allant du Nord, voluptueuse et céleste, au Sud, nostalgique et touchante, en passant par le Centre, majestueuse et impériale. Ses chants sont accompagnés par des instruments aussi variés que le pipa (luth) vietnamien au son majestueux et grave, le t’rung des peuples de montagne aux notes oscillantes ou la mélancolie du monocorde, la gaité du cythare, …

fragile

Un nouvel album « Fragile Beauty » produit par Nguyên Lê a été réalisé et distribué en automne 2007. Dans la même année, elle reçoit le Prix des Musiques du Monde de France Musique avec lequel elle est rentrée au pays pour réaliser un CD sur la musique du théâtre Cai Luong. En même temps, elle forme un duo de charme avec Mieko Miyazaki aux sons impériaux du koto. Le groupe commence à cueillir beaucoup de succès en Europe. En 2008, elle forme un trio aux magnifiques couleurs de l'Asie, Vietnam, Japon, Chine, avec Guo Gan et son erhu. Les charmes et les mystères de l'Asie dans toute leur splendeur.


mangustao

thanh

Site : www.myspace.com/huongthanh


Mieko Miyazaki

invitée en 2009

MIEKO MIYAZAKI découvre le Koto à l'age de neuf ans. Diplômée en 1992 par "The Tokyo National University of Fines Arts and Music ", elle est invitée à se produire dans le cadre du Palais Impérial en présence de l'Empereur et de l'Impératrice. Révélée par la NHK lors d'un concert de musique japonaise diffusé sur NHK-FM, elle s'impose comme une concertiste de premier plan et étend son répertoire à une grande variété de style musicaux différents. Elle se produit des lors en soliste en Asie, Chine, Singapour et Taiwan, ansi que dans de nombreux festivals européens, Italie, Belgique, France, Norvège, Islande. Par ailleurs, elle participe à divers événements culturels organisés par l'ambassade du Japon. Parallèlement à sa carrière de concertiste, elle fait ses débuts en tant que parolière et compositrice de chansons pour enfants. Ces chansons, télédiffusées par les companies NHK-TV et FUJI-TV lors de leur émissions pour enfants, sont devenues des " Standards " du genre.

En 1999, lors du grand concert à la mémoire des victimes du tremblement de terre de Hanshin, elle donne un fascinant récital où l'interpr&eacte;tation de ses oeuvres originales rencontre un accueil enthousiaste tout en révélant la fusion de ses talents d'interprète et de compositeur. En 2001, elle est invitée à se produire en duo, Koto et percussions japonaises, lors du somment culturel " The Asia Pacific Cup English Presentation " tenu à Singapour. Ce concert sera par la suite retransmis dans tous l'Asie.

Depuis lors elle a fondé ses propres ensembles et poursuit une brillante carrière. En 2004 l'un de ses groupes " East Current " (duo Koto et flûte shakuhachi) réalise une tournée aux Etats-Unis, qui reçoit un accueil exubérant de la part du public. Mieko Miyazaki a réalisé neuf CD depuis 1995. Ses trois CD réalisé depuis 2000, " Koto J.S. Bach ", " Koto Ambient Chopin ", " Koto Ambient Gymnopédie ", continuent leur carrière dans les bacs japonais, et nombre de ses rélisation sont en vente aux Etats-Unis.

Elle habite en France.

Son album "East Current " contient notamment le titre " The Current " classé au Japon dans le Top 30 de la musiquepour koto en 2005.

De la rencontre avec le guitariste franco vietnamien Nguyen-Lé et la chanteuse vietnamienne Huong Thanh naissent aussi les projets « Fragile Beauty » (Jazz fusion) (Album CD, Label ACT), « Asian Colors » avec le virtuose de l’Erhu , Guo Gan (musiques d’asie), « Saiyuki » avec le percussioniste indien Prabhu Edouard (Jazz fusion).


mieko
Source : http://flickr.com/photos/dalbera/2389361734/

miekoMusicienne infatigable elle rejoint l’ensemble vocal corse Voce Ventu pour un projet mêlant avec bonheur musiques corses et mélodies japonaises…(concerts à Ajaccio, Porto Vecchio, Tokyo, Fukuoka…)

Son univers se tourne aussi vers le Jazz avec la création de l’ensemble « Koto 2 Evans » en compagnie de Heri Paredes (piano), Claude Mouton (Basse), Hidehiko Kan(batterie). Suscitant l’intérêt de nombreux compositeurs contemporains, elle crée coup sur coup la « Suite Miyazaki » (avec le trio Miyazaki) d’Isabelle Von Brabant , « Azuma » de Jean Yves Bosseur, et cinq pièces composés autour du Koto par de Jeunes compositeurs pour le festival Trans’form du CNR de Bordeaux.


Elle poursuit son expérience dans l’esthétique contemporaine par l’improvisation, en duo avec le compositeur et pianiste François Rossé, et avec Sylvain Roux ( fifre, flûte, voix). Elle rejoint la compagnie « Eclats » pour le spectacle « Songs » mêlant chorégraphie contemporaine, improvisation et chant , autour de musiques de John Cage .
A L’origine de nombreuses émissions de radio et de reportages TV sur France Musiques, France Inter, FR3, Arte, ses récentes activités l’amènent à parcourir le globe de l’Asie à L’Europe, de l’Afrique du nord à l’Amérique du sud, des Etats Unis à la Chine.

Site : http://www.miekomiyazaki.com/




Afrique :


Salem Tradition
invités en 2004

Christine Salem se souvient encore aujourd’hui de sa première rencontre avec le maloya.
« Un beau jour, j’étais très jeune, 7 ou 8 ans, je passais dans la rue avec ma mère, mes frères et sœurs et nous sommes passés devant le groupe Ziskakan qui jouait ». A l’époque, cette musique qui raconte l’esclavage et les souffrances du peuple africain était interdite sur les ondes réunionnaises parce que trop revendicative. « Parce qu’elle permet de dire les choses telles qu’elles sont. »
Originaire du quartier des Camélias à Saint Denis, Christine Salem fait partie de la nouvelle génération de voix féminines chantant le maloya. À 12 ans, elle écrit ses premières chansons. Mélangeant, séga, maloya ou blues, elle fait ses débuts dans la rue avec des copains et fréquente différents courants musicaux de l'Ile en tant que choriste. On lui propose un jour de passer sur le devant de la scène, place d’ordinaire réservée aux hommes. Sans se poser de question, elle prend le kayanm (percussion rectangulaire et plate faite d’un cadre en bois, de tiges de canne à sucre et de graines de safran) en main.

Avec son groupe, Salem Tradition fondé en 1997, elle mélange subtilement la musique de l’Océan Indien avec des instruments traditionnels africains et réunionnais (roulèr, dundum, djembé). Les textes de ses chansons, chantés en créole, en dialectes malgaches ou comorien et swahili, doivent faire sens déclare Christine Salem. "Je ne chante pas juste pour chanter. Le maloya c’est écouter ses émotions, ce que l’on ressent".
 

Le premier album live"WALIWA" est l'aboutissement de la résidence du groupe lors du festival "Les Escales de St Nazaire"2001.
Second album : Krie.

      

Richard Bona
invité en 2004

Né en 1967 à Minta, au Cameroun, il est initié très jeune à la musique par ses parents. À l’âge de 4 ans, il reçoit son premier instrument, un balafon, et commence à chanter à l’église de son village. Grâce à son talent, il est rapidement invité à se produire lors des fêtes et cérémonies locales. En 1980, un propriétaire de club lui propose de former son propre orchestre et de venir jouer dans son établissement. C’est alors qu’il découvre le jazz à travers Jaco Pastorius, dont l'écoute lui fait choisir la guitare basse. Puis il découvre Miles Davis, Georges Benson, …


La mort de son père vient le bousculer en 89, à cette époque il sait déjà qu’il ne restera pas longtemps seul à Douala. À l’âge de 22 ans, l’artiste débarque en Europe, d’abord en Allemagne, puis en France, afin d’y entreprendre des études en musique. Durant plusieurs années le jeune artiste écume les boîtes de jazz et multiplie ses apparitions auprès de musiciens d’envergure tels que Jacques Higelin, Didier Lockwood et Manu Dibango. Interdit de séjour en France en 1995, Richard Bona décide ensuite de s’établir à New York où il collabore avec les plus grands noms de la musique : Joe Zawinul, Herbie Hancock, Bobby Mc Ferrin, …

En 1999, Brandford Marsalis l’aide à signer chez Columbia Jazz. “Scenes of my life”, son premier album sort dans l’année, dans ce disque le musicien esquisse les contours de son univers musical.



   

“Reverence” suit en 2001, et « Munia » dans lequel il dédie un titre à son héros Miles Davis, en 2003. Aujourd’hui sa vie n’a pas changé, elle est toujours faite de rencontres et de voyages.
« Toto Bona Lokua » l’album qu’il a concocté avec ses compères Lokua Kanza et Gérald Toto, illustre bien cet état d’esprit . Dernier album, en 2005 : Tiki.

Aïcha Redouane

invitée en 2006




  Ceux qui ont eu la chance d'assister à la création du Stabat Mater de Bruno Coulais ont été frappés par la voix étonnante d'Aïcha Redouane. On peut retrouver cette grande artiste, dont le répertoire s'étend de la tradition berbère du Moyen-Atlas à l'art du maqâm du Proche-Orient en passant par le jazz-blues, accompagnée de l'ensemble al-Adwâr, dans ces deux CD consacrés aux chants de la Renaissance arabe des XIXe et XXe siècles (la Nahda).


Nahawa Doumbia
invitée en 2002



Photo Mondomix


Nahawa Doumbia est une idole au Mali et une des références vocales d'Afrique de l'ouest. La reine du Didadi - un rythme sur lequel les jeunes gens se défient lors des cérémonies et des soirées de fête aux périodes des semailles et des récoltes - a décidé un retour à la tradition instrumentale du wassoulou, manière voluptueuse et rythmée de phraser la mélodie.


Houria Aïchii
invitée en 1998, 2002 et 2009

houriahouria


Chanteuse chaouie, née en plein cœur des Aurès (région montagneuse de l'Algérie), Houria Aïchi travaille depuis des années sur le patrimoine musicale algérien. Patiemment, elle en collecte les derniers vestiges dans les villages oubliés et les interprète en tentant de rester aussi fidèle que possible à la tradition.

sacres aures

Discographie : Chants sacrés d'Algérie - Virgin Classics - EMI music (2001)
Hawa - Tempo Naive Auvidis (1993)
Chants de l'Aurès - Work Naïve Auvidis (1990)
Cavaliers de l'Aurès avec l'Hijâz'Car (2008)

Faytinga

invitée en 2002



Faytinga est une Kunama (peuple du nord-est de l’Érythrée). Entrée dans la lutte armée pour la libération nationale dès l’adolescence, elle souhaite aujourd’hui dépasser le registre de la guerre pour faire place à des thèmes plus personnels (amour, femmes, divorce). Elle compose la musique sur son krar (harpe-lyre). Sa voix très aigüe peut rappeler celle de l’Éthiopienne Aster Aweke.

Colenso Abafana


invités en 2002
Cette formation de neuf chanteurs et danseurs interprètre des polyphonies et danses zouloues d’Afrique du Sud. En 1995, la fin de l’apartheid leur a permis d’effectuer leurs premières tournées internationales et de venir pour la première fois en France où la formation a rencontré un accueil enthousiaste dans les principaux festivals.

Vêtus de costumes traditionnels propres au monde rural, les danseurs-chanteurs célèbrent par leurs chants la paix, la réconciliation, le respect pour les formes invisibles et le rapprochement des peuples. Leurs polyphonies sont envoûtantes, d’une perfection rythmique et harmonique absolue. Les voix sont rauques et puissantes; chantant a capella, elles s’apparentent à un gospel fiévreux et sans âge.
Les Colenso Abafana dégagent sur scène une grande générosité, empreinte de joie de danser et de bonne humeur communicative.


Julia Sarr

invitée en 2006

   



Photos Mondomix


Julia Sarr a chanté pendant près de douze ans aux côtés de Lokua Kanza et des plus grands noms des musiques françaises et du monde. Patrice Larose, jazzman et guitariste flamenco, a été le compagnon fidèle de Marcio Faraco sur ses deux derniers albums. Ces deux-là commencent à peine à faire connaître leur nom et ce n’est qu’un début.
        

CD Set Luna


Danyèl Waro
invité en 2003 et 2008


    
waro


    Chanteur, poète et musicien réunionnais, Danyèl Waro réinvente sans cesse sa musique. Pour lui, le Maloya est une façon d’exprimer une revendication identitaire et de mettre en lumière les subtilités de la langue réunionnaise.

    Né le 10 mai 1955 au Tampon, un village des Hauts de La Réunion, dans une famille d’agriculteurs, le jeune Danyel passe des années difficiles à travailler la terre et à couper les cannes à sucre. Enfant, ses journées longues et pénibles lui rapportent le fruit de ses repas quotidiens : du maïs et des patates. Ce souvenir de la nature marque son imaginaire jusque dans sa création d’aujourd’hui : sa terre natale, ses fruits et ses racines sont la sève de ses chansons.

    Pour la famille Waro, le temps de l’enfance n’est pas celui de la fantaisie. Le père du chanteur, partisan communiste, n’a pas pour principe de se laisser aller aux plaisirs artistiques, surtout à celui de la musique. Il faudra que Danyel atteigne ses 18 ans pour entendre Firmin Viry faire vibrer les rythmes du maloya lors d’une fête communiste. Ce jour-là, la musique du « cafre », de l’esclave, « le maloya la case, maloya la cour » (maloya qu’on chante à la maison) marque profondément sa sensibilité.


Le choix du maloya

Danyel hérite de son père la volonté de travailler, d’enrichir et de faire perdurer son patrimoine culturel. Il hérite aussi d’une conscience historique. Cette tradition qu’il vénère, c’est son passé qui tombe dans l’oubli, la mémoire de ses ancêtres souffrant en esclavage. C’est aussi la langue créole désormais si diffuse dans le français. Danyel Waro, le créole blanc, le rouquin aux cheveux crépus, va donc se battre pour les peuples de La Réunion et pour leur mémoire. Et pour se battre, il va chanter.

Toutes ses revendications sociales et politiques, ses convictions, ses traditions, il les fait vibrer au son des graines de son kayamn. Le choix du maloya, n’est pas un pur hasard. A l’origine, ce chant de souffrance et de rage que les esclaves entonnent à la sortie des champs soulage la misère quotidienne. Danses et chants frénétiques de libération viennent amoindrir tant bien que mal les douleurs des hommes enchaînés, qui recomposent une communauté autour de ces moments furtifs d’humanité. Mais, tant que dure le colonialisme, le maloya est étouffé car la révolte bouillonne dans cet art interdit.


Conscience identitaire

Ce n’est que bien plus tard, lors des années 70, que le maloya refait surface avec une violence dérangeante : une conscience identitaire très forte surgit du peuple. Ziskakan, Baster, Alain Peters et Danyel Waro, soutenus par le Parti communiste réunionnais (PCR), gênent les départementalistes qui n’ont alors qu’une idée en tête, au nom de l’unité : faire tomber dans l’oubli l’histoire et la culture de l’île.
Multipliant les rassemblements musicaux clandestins, favorisés par l’appui du parti communistes, les artistes, condamnés par les interventions des gendarmes, ne s’arrêtent jamais de chanter ; même si leur parole reste difficile d’accès pour une population qui n’est pas ou plus initiée au maloya.
Fidèle à sa vision du monde, pacifiste et anticolonialiste, Danyel Waro va jusqu’au bout de ses convictions en refusant d’intégrer le service militaire français en 1976. C’est menottes aux poignets qu’il est conduit vers la lugubre prison de Rennes, où 18 mois durant, il fera le point sur la situation de son île et commencera à écrire. « Romans ékri dans le zol en Frans », publié en 1978, témoigne de sa révolte contre la politique du député Michel Debré, qui fait exiler en métropole les fonctionnaires de l’Outre-mer « troublant l’ordre public ».

Hommage aux ancêtres

De retour à La Réunion, Danyel Waro participe sans relâche aux kabars, ces regroupements d’artistes en lutte qui délivrent le maloya du silence et de la honte. D’origine malgache, le service kabaré ou service malgache est une véritable cérémonie rendue aux ancêtres. Sons de cloches, fumées et senteurs envoûtantes colorent l’esprit des kabars où Danyel Waro, presqu’en transe, sous l’œil d’un public médusé, offre son maloya. Pour l’artiste, la musique se joue ainsi, en tee-shirt et en savates, libérée et décomplexée, même si le parcours spirituel et religieux demeure intact. Le musicien vit cette fête comme une survivance ultime de la langue de la mère et du père, la langue créole qui a soudé les ancêtres issus d’un brassage des cultures.« Pour moi Maloya, tu es la fleur qui m’a manquée quand j’étais petit », confie le chanteur en extase dans l’un de ses textes. Les récits d’amour, de peines et de joies de son peuple irriguent ses chansons. Danyel donne une âme à la langue créole dont il s’empare : elle devient poétique, magnétique, et réveille les consciences de tous en rendant hommage aux ancêtres et à leurs descendants. « Dans le maloya, on entend un peu de tout : de l’indien, de l’africain, du malgache, du breton... ». Toujours en train de créer et de s’ouvrir aux peuples divers de La Réunion, Danyel compose pour la « réunionité » et la « batarsité ». Qu’elles soient noires, blanches, tamoules ou chinoises, les communautés et leurs diversités déploient l’énergie du métissage et d’une « Terre promise ».

Ascension artistique

Artisan habile, Danyel Waro revendique les bienfaits de ses créations et de la précision du son des percussions qu’il confectionne de ses mains calleuses. Il crée ses propres moyens d’expression quand l’envie lui prend, en sculptant ses instruments dans l’atelier de sa case, en écrivant ses poèmes et en faisant résonner sa voix sur son maloya.La Réunion, terre d’exil, d’accueil et de passage stratégique de l’océan Indien, conserve de part son histoire de nombreux instruments traditionnels que Danyel recrée. Le chanteur s’enthousiasme à confectionner le bobre malgache, les tambours indiens, le roulèr et le kayamn réunionnais en manipulant tout en finesse, les graines de safran, les tiges de fleurs de canne, les peaux de bœufs qui résonnent en rythmes saccadés sur les pulsations du chant et de la danse. Ces instruments sont le produit d’une terre, son expression : ils en ont le grain, l’épaisseur et la matérialité. À la fois tissage et métissage, le maloya unit la nature et les cultures.

Malgré des débuts difficiles, Danyel Waro poursuit son ascension artistique jusque sur les scènes internationales. La Réunion, comme point d’ancrage, a contribué à faire découvrir l’artiste par des festivals localisés d’abord dans la zone de l’océan Indien. Danyel disait au départ s’exprimer pour le peuple réunionnais. Mais hors de son île, un autre public lui a fait prendre conscience de son « rôle artistique ». Son idéal d’ouverture, un maloya qu’il recrée sans cesse, l’impose sur les scènes internationales, de Sakifo - festival international de musique se déroulant à la Réunion - à Africolor - festival dédié à l’Afrique et à l’océan Indien dans l’Hexagone.

Respect des traditions


Dans le maloya qu’il réinvente, Danyel Waro ne se lasse pas d’entremêler différents styles musicaux. D’Alain Peters, il a retenu le talent de l’écriture et la retranscription intime de la douleur. De Georges Brassens, le Réunionnais aime l’esprit rebelle et le rapport charnel aux mots. En septembre 2002, il triomphe sur son île à Piton Saint-Leu, lors d’un concert aux côtés du jazzman Olivier Ker Ourio : le maloya et le jazz fusionnent enfin. En mai 2003, le malgache Rajery enrichit de son valiha - citare traditionnelle en bambou - le maloya de Danyel Waro. En 2004, le pianiste Meddy Gerville l’invite à partager la scène du festival de jazz en plein air. C’est une affiche inédite pour les fans du chanteur.

Danyel Waro partage son art dans tous les coins du monde : Afrique, Europe, Chine, Québec... Il ne manque pas non plus, lors de ses retours chez lui, de continuer à militer pour le respect des traditions. En 2003, lors d’une tournée du nom de « Bitasyon fonkker », Danyel et ses amis alternent festivités et réflexions sur le développement des Hauts de l’île.


Artiste accompli - musicien, chanteur et poète - Danyel Waro est un homme entier, qui mêle sa vision du monde à celle de sa musique.


Source : RFO http://musiques.rfo.fr/article74.html

Le maloya est un rythme binaire et ternaire sur lequel les travailleurs des plantations chantaient leurs joies et leurs peines, des complaintes qui prennent leurs sèves au carrefour des cultures et des influences africaines, malgaches et indiennes. Le terme « Maloya » vient du malgache "Malahelo" qui renvoie à la mélancolie et à la tristesse mais qui signifie aussi "parler, exprimer".


     Discographie

    *   Batarsité, 1994
    *   Sega la pente, 1996
    *   Foutan founkèr, 1999
    *   Bwarouz, 2002
    *   Sominnker, 2003
    *   Grin n syèl, 2006

waro foutan bwarouz



Foutan founkèr

Grand Prix de l’Académie Charles Cros

Danyèl Waro vit sur l’île de la Réunion, dans les hauts de Saint-Paul. Dans son atelier, il fabrique les instruments traditionnels du maloya. Le maloya est le rythme traditionnel de l’île, le blues de la Réunion... Danyèl Waro est resté fidèle à la tradition acoustique de ce maloya et il en est le “héros” reconnu dans toute l’île. Musicien, mais aussi poète, il sait faire chanter le créole avec une émotion sans pareil.


Bwarouz

fff Télérama, Choc du Monde de la Musique, Recommandé Répertoire

C’est à la case, au bord de la petite route qui monte vers le Maïdo d’où l’on découvre un point de vue époustouflant sur le cirque de Mafate, qu’a été réalisé cet album. Un hymne à l’amour de la mère (Aneil), de l’enfant (Bino), de la femme (Sanm Ou). Le chant des peines et des joies de la Réunion. Le maloya de la révolte et de la fierté d’une batardise affirmée.


grin


Grin n Syèl

ffff


    Enregistré au Tampon, à deux pas de Trois Mares "Trwamar" où Danyèl Waro a passé son enfance, "Grin n Syèl" est le disque de la maturité sereine et joyeuse. Devinette: quel est le "grin" le plus long ? C'est le grain de pluie, parce qu' il tombe du ciel ! Et ce grin n syèl, c'est aussi une tache de rousseur, comme celles de Danyel sur la photo de la pochette.

    "Sur un feu roulant de percussions, Danyel Waro fait crépiter la libre et voluptueuse parole du maloya réunionnais. Sorti de la clandestinité il a une vingtaine d'années, le maloya aurait pu se muer en folklore officiel, jouer jusqu'à la caricature son rôle de porte-drapeau des opprimés et conforter tous les déclassés de l'île dans un statut d'éternelles victimes. Mais grâce à de fortes têtes comme Danyel Waro, l'ancienne musique des esclaves est restée fidèle à elle-même: une force d'insoumission poétique, appelant à l'autonomisation des consciences par la pratique voluptueuse du chant et de la mise en partage d'une parole créole non diluée."
    Les Inrockuptibles, Richard Robert

    "Danyel Waro et ses musiciens produisent sur scène quelque chose d'unique: une musique absolument acoustique, faite d'instruments rudimentaires, mais qui sonne avec l'énergie d'un groupe rock survolté, dans tous les sens du terme."
    Libération, Bouziane Daoudi

    "D'une belle présence, écorché ou caressant, envoûtant ou d'une vivacité farouche, le chant créole de Waro emporte, comme un vent vagabond."
    Le Monde, Patrick Labesse

    "King Créole :
    Il reste le roi du maloya réunionnais, un blues gai aux rythmes ternaires éthérées (...) L'intense ferveur de Danyel Waro est incomparable, qu'il chante à voix nue son spleen d'écorché ou qu'il joue vigoureusement des onomatopées et des percussions. Le tout habité par la poésie imagée du créole."

    Télérama, Eliane Azoulay

    "Dans le chant puissant de cet homme vibre l'âme du petit peuple créole de la Réunion (...) La passion de Danyel Waro, ce chamane de l'Océan Indien, emporte tout."
    Le Nouvel Observateur, Bernard Loupias

    "Une des personnalités musicales les plus marquantes de l'océan indien... Un artiste rare, à tous les sens du terme."
    Le Figaro, Bertrand Dicale

    http://www.dailymotion.com/video/x1nx1w_danyel-waro-au-new-morning_events


Ablaye Cissoko
invité en 2009


ablaye


Kimitang Mohamadou Cissoko dit Ablaye Cissoko est né à Kolda en 1970, est le descendant d’une famille de Griot.
Il commence à jouer de la Kora à l’âge de 8 ans et mène son premier concert à 12 ans. Il s’inscrit au conservatoire de Musique de Dakar et monte un groupe de 10 choristes avec ses frères et soeurs.
En 1986 il fait sa première représentation internationale en Norvège à Oslo. Puis il se rend à Saint Louis du Sénégal et tombe amoureux de cette ville. Il y forme le groupe Ninki-Nanka qui se produit régulièrement dans tout le pays.
En 1996 Cissoko rencontre pour un concert Jacques Higelin. Il participe ensuite au Printemps des cordes au CCF de Dakar et au festival de Kora à Sédiou en Casamance. En 2000 le Jazz rentre
dans la vie de Cissoko, il joue avec le groupe « African Project» accompagné de Phillipe Sélam saxophone / Linley Marthe basse / Gille Renne guitare / Azize Diop batterie / Ali Keita Balafon etc…pour le festival « Saint Louis Jazz ».
En 2001 et 2002 il se produit de nouveau au festival « Saint Louis Jazz » sous la direction de François Jeanneau avec le groupe « Saint Louis Jazz Orchestra » (orchestre Eurafricain de Jazz) accompagné de Kiki Bocandé basse (sénégal) / Andréa Esperti trombone (Italie) / Volker Goetze trompette (Allemagne) / Stéphane Kerecki contrebasse (France) etc…
Saint Louis Jazz Orchestra est invité par le ministre de la culture, M Jack Lang, pour la fête de la musique en juin 2001.
La même année il enregistre un CD avec la Bande Marco Jazz et part en tournée au Kazakhstang et Kirghizistan.

En automne 2003, après une tournée estivale de 3 mois en France : festival Ile de France, Convivencia, Festival de Marie Galante, Ilotopie, Le Bijou, Moissac…. Il sort enfin son 1er album « DIAM » chez Ma Case-Records.
Depuis Ablaye Cissoko est passé sur de nombreux festivals et salles de spectacle : Chainon Manquant (Figeac), Sfinks festival (Belgique), Forum Lisboa (Lisbonne), Centre culturel De Adelberg (Belgique), Coup de Coeur Francophone (Montréal), Rhino Jazz festival (Rive de Giers), Forde Folk Music Festival (Norvege), Festival Rio Loco (Toulouse, 31), Festival de la Voix (Moissac), Auditorio Pedro Ruivo (Lisbonne, Portugal), Festival Convivencia (31), Festival St Louis Jazz (Sénégal), Le Bijou (Toulouse), New Opéra, Drammen et Bergen (Norvège), Quebec, Coimbra et Porto (Portugal), Festival de Jazz de Cannes...

diam

Il a joué et collaboré avec (he has played and/or collaborated with) :
François Jeanneau, Omar Pene, Randy Weston, Jacques Higelin, Mike del Ferro...

site : www.ablayecissoko.com/





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