Europe :
invités en 1997, 1998, 2004, 2008

Lo Còr de la
Plana
invités en 2001, 2005, 2007

Lo
Còr de la Plana (prononcez " Lou couar dé la plane " et traduisez " Le
coeur de la plaine "), choeur d'hommes du quartier de la Plaine à
Marseille se consacre au répertoire occitan de Provence. Les cinq
membres du Còr ont travaillé jusqu'ici sur le répertoire religieux
populaire du Damase Arbaud et des Noëls de Notre-Dame des Doms, et sur
de nombreux chants à danser (rigaudons, bourrées, rondeaux), en
intégrant aux compositions et arrangements nombre d'éléments présents
dans la culture marseillaise d'aujourd'hui (raggamufin,
techno-groove...). Interprétés à l'unisson ou en polyphonie et
accompagnés de bendirs ou de percussions corporelles (picaments de
pieds et bataments de mains), hurlés, susurrés, les chants du Còr sont
à l'image de leur quartier : violents mais sans cruauté, doux mais sans
mièvrerie, blindés mais sans sûretés inutiles.
Il faut avoir
assisté à un concert des six compères en public. Ce chant peut
apparaître âpre et rugueux à la première écoute, puis on entre dans la
danse, et on finit étourdi devant tant d'énergie maîtrisée, de
puissance, de sens du rythme et par cette beauté aride. La dissonance
trouve sa conclusion dans une harmonie remarquable. Leur expression est
entièrement physique. Jouant des mains et des pieds, ponctuant le texte
d'onomatopées, semblant s'arrêter et guetter le premier applaudissement
pour mieux repartir, on sort étrillé mais hilare d'un concert du Còr de
la Plana.
* Manu THERON: Seconde,
tierce, bendir (co-fondateur de Gacha Empega et du Còr de la Plana)
* Manuel BARTHELEMY: Seconde,
bendir, tamburello
* Sebastien SPESSA: Basse (ex
Na Zdorovie)
* Denis SAMPIERI: Seconde,
basse, bourdon ryrhmique, bendir
* Rodin KAUFMANN: Seconde,
tierce, bourdon rythmique, pieds et mains
* Benjamin NOVARINO-GIANA:
Seconde, tierce, pieds et mains (ex Nux vomica)

Deux CD : "Es lo titre" (Nord
Sud NSCD1121) et le récent "Tant deman" (Buda musique 3017530).
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«
Es lo titre » (2003) est composé de 17 chants religieux provençaux et
méditerranéens. Ce choix est moins l’expression d’une piété aveugle
qu’un désir de renouer avec une ferveur populaire. Le groupe dynamite
la tradition en réinventant leurs mélodies, en les ornant
d’orchestrations minimales où des rythmes orientaux se juxtaposent à
des enluminures électroniques. Bien écouter aussi les inter-plages
hilarantes.
“Tant deman” (2007) est plus
dansant, plus rythmé,
avec davantage de percussions. A part trois chants (“La Vielha”,
“Fanfarneta” et “Feniant et gromand”), nous n'avons plus affaire à des
chants traditionnels mais à des créations du groupe, qui ne s'inscrit
pas dans une identité stricte, basée sur les codes habituels de la
musique dite “occitane”, mais regarde vers tout le bassin méditerranéen.
Avec
“Tant Deman” (en français : “Peut-être Demain”), Lo Còr de la Plana
s’aventure sur des territoires musicaux très contrastés évoquant toutes
les formes de danses de transe qui les font vibrer et témoignant de la
mutation de ce groupe de polyphonistes occitans en interprètes déjantés
du Marseille d’aujourd’hui, hyper-urbain, bigarré, polymorphe et sans
complexe. Les références à des atmosphères apparemment disparates (le
hip-hop West Coast et les chants de noces du Haut-Languedoc),
l’attachement à des moyens musicaux rudimentaires (voix, tambours sur
cadre et percus corporelles), et un travail d’écriture original,
orienté vers la fête et la légèreté, voilà quelques-unes des facettes
les plus caractéristiques de ce nouvel opus.
Voix traitées de
façon très rythmique, peu de mélodies racoleuses, pas de concession non
plus aux formes et aux rythmes convenus des musiques de consommation de
masse : Lo Còr de la Plana revendique cet aspect artisanal en
s’inspirant des chants à danser du vieux fonds occitan, qui procèdent
de répétitions, d’accumulation ou de décompte, et où la fantaisie de
l’interprète est irréductible à une forme musicale.
Ce côté
aléatoire est l’une des données qui ont été intégrées aux compositions
de “Tant Deman” et qui leur donne leur côté humain et chaleureux. Les
arrangements vocaux passent insensiblement de l’ostinato entêtant des
farandoles à des jeux de décalages textuels ou mélodiques ; ils
émaillent les chansons d’interjections, de cris et d’onomatopées qui
deviennent pour le groupe une marque de fabrique. La présence des
percussions sur dix des douze titres de l’album confirme le virage
opéré par Lo Còr de la Plana et imprime au disque l’allure vive et
hypnotique qui saisit lors de leurs concerts.
Les bendirs graves
et profonds enrobent les voix, en exhalent les timbres par des jeux de
contraste, les tamburelli ponctuent les chants de leur pulsation
métallique effrénée, qui fait autant référence à la pizzica d’Italie
méridionale qu’au dub ou à la musique répétitive. Le chœur de la Saoura
et Luigi Rignanese, invités sur plusieurs titres, accentuent les
références aux musiques du Maghreb et de Méditerranée. Les pieds et les
mains, eux, sont là pour rappeler l’urgence et l’aspect dérisoire des
moyens mis en œuvre ; ils scandent, ils soutiennent, ils ancrent le
chant dans leur simplicité. Cette économie de moyens crée une cohérence
dans le son et permet d’incorporer sans les dissoudre toutes les
influences que les chanteurs invoquent. Elle donne ainsi à l’album une
tonalité tranquillement joyeuse, présente aussi dans les textes.
Ceux-ci rejoignent dans l’esprit ce que sont les textes de chant à
danser du monde entier : des prétextes à la moquerie, des prises à
partie ironiques, des jeux de langues et de regards destinés à faire
tournoyer, se rencontrer ou s’affronter les participants. Pas
moralistes pour un sou, même quand ils s’emploient à conseiller ou à
avertir, ils s’adressent explicitement à tous, et leur humour décalé
permet de ne sombrer ni dans l’épicurisme des désespérés, ni dans le
cynisme méprisant, ni dans un nombrilisme souffreteux.
Réalisé
par Manu Théron et Denis Sampieri, “Tant Deman” a été enregistré par
Clovis Dehennin, Lucien Massucco, Gérald Kuentz et Pascal Jullien. Le
livret et le graphisme sont l’œuvre de Thierry Lagalla et Rodin
Kaufmann. Il est coproduit par la compagnie du Lamparo et Buda Musique.
(texte reproduit du site de
Buda Musique)
Lo
Cor de la Plana était à Paris (eh oui, peuchère !) le 15 juillet 2007
pour un concert gratuit aux Arênes de Montmartre, par un des rares
dimanches ensoleillés de ce triste mois de juillet. Et les six compères
ont enflammé Montmartre, réussissant à faire danser tout le public sur
La Noviota. Il faut dire qu'ils avaient commencé dès le troisième
morceau, au début duquel l'autre Manu (Barthélemy) était passé
sélectionner des membres du public. "Parfois il distribue des gifles",
avait prévenu Manu Théron !
Lire ici les compte-rendus de deux concerts donnés à Paris en 2008.
Gacha
Empega
invités en 2007
gacha empega :
(du provençal gachar :
préparer le mortier, et empegar : encoller.)
1.
Technique de maçonnerie consistant à envoyer le mortier sur un mur de
façon désinvolte. «Te fais pas caguer, vas-y à la gacha empega !»
2.
Fig. Désigne celle ou celui qui travaille à la va-vite, qui semble se
foutre complètement des règles de l'art «Celui-là, c'est un vrai gacha
empega !»
![]() | Quand on crée un groupe de
musique occitane, il faut
avoir un sens de l'humour certain pour se baptiser Gacha Empega. C'est
pourtant comme ça, par une salutaire auto-dérision, et aussi pour se
démarquer des appellations pompeuses de beaucoup de groupes
folkloriques, que Barbara Ugo, Samuel Karpienia et Manu Théron ont
choisi ce nom en 1996. Deuxième paradoxe de Gacha Empega : aucun de ses membres n'est un provençal de souche : Manu est d'origine Savoyarde, Barbara est Corse, quand à Sam, lui, il est Normand ! Ils ne sont pas nés occitans, mais l'occitanisme les a pris comme une fièvre. De cette région, ils ont tout voulu connaître : l'histoire, le passé, les traditions, et surtout la langue, qui n'avait rien pour eux de maternel mais qu'ils ont adoptée «Rien de tel que la langue pour comprendre l'endroit où l'on vit. Cela explique les attitudes, les comportements. Sans la langue, on n'arrive pas à se situer» disent-ils. |
|
Le travail de Gacha Empega n'a pas pour objet le
retour à une tradition épurée, et les Noëls, les chants à danser, les
ballades ou les hymnes carnavalesques peuvent être rythmés par des
bendirs du Sahara ou des tamburelli d'Italie méridionale. Leur objectif est de sortir la musique polyphonique du ghetto culturel haut de gamme où elle commence à être enfermée, pour la rendre populaire. Ils ne veulent pas oublier qu'avant d'être chantées lors de récitals donnés dans des églises, les chansons a cappella sont avant tout des airs du patrimoine, chantés -et dansés- au cours des fêtes de gens simples. Après un premier disque "Polyphonies marseillaises", et des tournées dans le monde entier, Barbara Ugo est retournée en Corse et Samuel Karpiénia est parti fonder le groupe "Dupain". |
![]() |
![]() | Manu Théron s'est adjoint deux nouveaux compères, Guylaine
Renaud et Nicola Marioni, et a légèrement modifié le répertoire du
groupe. Aux reprises de chants traditionnels, provençaux et occitans,
s'ajoutent de plus en plus de compositions originales. Le groupe s’est dissous une nouvelle fois pour renaître en 2007 sous la forme d'un duo formé de Manu Théron et Sam Karpienia. |
invité en 2008
![]() Photo B. Minimum |
Un peu forte, du poil sous les aisselles, attendant sur le pas de sa
porte, gitane maïs à la bouche... "La mal couffade", La mal coiffée,
vient de l'Aude et elle chante les chansons de son pays que sa mère ou
sa grand-mère lui ont appris. C'est ce personnage qu'ont choisi six
amies de Peyriac, Minervois, comme symbole de leur occitane réunion
chantante. Depuis bientôt six ans, ce groupe partage énergie et enthousiasme pour chanter et travailler les musiques de la tradition populaire de cette région. Avec la complicité et le talent de Laurent Cavallié qui leur a soufflé quelques arrangements et dans la veine des grands groupes actuels (Lo Cor de la Plana, Familha Artùs, ...), elles revisitent les chants occitans et leur redonnent un souffle nouveau sans pour autant oublier l'âme et l'histoire de la musique du Languedoc. Ces jeunes femmes incarnent avec passion les chants populaires hérités de leurs parents et grands parents.. |
![]() | La Mal Coiffée
propose un répertoire varié qui aborde tour à tour des thèmes comme le
mariage, la maternité, l'histoire de la vigne, la vie des bistrots... L'harmonie entre les voix et les percussions (tambours, shakers...) transmet une énergie à faire danser jusqu'à l'aube et une bonne humeur puisée au contact du public rencontré dans la rue, les bistrots et les concerts. Explosifs et remplis d'émotion, les concerts de la Mal coiffée sont toujours des évènements à ne pas manquer. |
Corou de Berra
invités en 2004
Depuis
des siècles, les échanges permanents entre Provence, Piémont, Ligurie
et Pays Niçois ont créé dans les Alpes du Sud une identité remarquable,
riche de nombreuses spécificités. L'une d'elles concerne le chant
choral, car dans cette région s'est développée une polyphonie vocale
traditionnelle originale.
Avec ses six voix mixtes et
harmonieusement complémentaires, l'ensemble polyphonique Corou de Berra
s'attache depuis une quinzaine d'années à enrichir les chants
traditionnels des Alpes Méridionales, prolongeant également par la
composition, la vie d'un répertoire en perpétuelle évolution, à fort
enracinement local mais dont la beauté lumineuse flirte en permanence
avec un sentiment d'universalité.

Michel
Bianco assure la direction artistique du Corou de Berra depuis sa
création. Par leur présence effective sur le terrain, les recherches
sur le patrimoine, les enregistrements, les créations et de très
nombreux concerts, les six chanteurs du COROU DE BERRA assurent à cette
expression régionale spécifique un présent vivant et dynamique.
Rassegna
invités en 2006
Ce
groupe basé à Marseille, que j'ai découvert grâce à Françoise, puis aux
18es Rencontres Polyphoniques de Calvi, représente une réussite
éclatante de métissage des musiques. Je reprends à mon compte les
termes de Carole Guelfucci :
"Pari audacieux que de réunir
plusieurs chanteurs habituellement solistes autour d'un projet commun.
Pari réussi par Bruno Allary, guitariste et arrangeur de la compagnie.
Chaque membre du groupe apporte avec lui son style personnel et
représente une région de la Méditerranée : la Corse (Maxime Merlandi),
l'Algérie et l'Andalousie (Yarmen, Bruno Allary, Fouad Didi), l'Italie
(Cesare Mattina), la Grèce et les Balkans (Georges Mas), la
Haute-Provence (Renat Sette) et la Kabylie (Hassan Boukerrou)...
Rassegna, "rassemblement" en sarde, porte vraiment bien son nom."
![]() |
![]() |

Paru
le 29 octobre 2007 chez Buda Musique / Socadisc, "Venimos a ver"
présente un nouveau répertoire constitué de chants découverts et
travaillés ces dernières années (chants de noces, d'amour, de
prisonniers,…). Les couleurs et influences musicales, par-delà celles
habituellement choisies par la compagnie, se teintent cette fois de
sonorités du nord de l'Espagne, de chants de cabaret napolitains, de
romances sépharades, de chansons du sud de la Corse et d'airs à danser
de la région de Thrace.

Ces morceaux sont
arrangés, harmonisés et adaptés dans différentes langues, avec pour
objectif de toujours trouver les points communs sans gommer les
spécificités. Dans ce nouveau disque ont pourra découvrir, aux côtés de
Bruno Allary, Yarmen, George Mas, Maxime Merlandi, Fouad Didi, Philippe
Guiraud et Cesare Mattina, les voix de Carmin Belgodère et, en invités,
de Selim Alial et d'Annie Ebrel. A signaler également le conseil
artistique de Renaud Garcia-Fons.

Ce qui est remarquable
dans la démarche de Rassegna, au-delà du travail de collecte, de
sauvegarde et d'orchestration, c'est le travail d'appropriation et de
re-création dans un esprit d'ouverture à l'ensemble de la Méditerranée.
Ainsi, U Lamentu di Petrucciu sur un rythme de buleria met en évidence
les parentés - pas si évidentes - entre le lamentu corse et le flamenco
; U Lio di Roccapina fait le pont avec l'autre rive de la Méditerranée
; La Storia di tri surelli est chanté en sicilien, en corse et en
valencien; Lo jor que, qui clôt l'album, est une rumba mi-catalane,
li-cubaine chantée en provençal, en grec, en arabe, en breton et en
espagnol ! Tout cela pourrait être fabriqué, artificiel, et c'est tout
le contraire, cette démarche d'une grande cohérence s'impose comme une
évidence.
Site : rassegna.free.fr/
| Doulce Mémoire, c’est d’abord l’énergie, l’esprit de troupe, le plaisir
du partage et de la rencontre avec un objectif commun : revisiter le
répertoire profane et sacré de la Renaissance. Constitué d’une équipe soudée d’instrumentistes et de chanteurs fidèles à l’ensemble, Doulce Mémoire est amené à jouer aussi bien dans les festivals internationaux d’Innsbruck, Saintes, Bath, Ambronay ou Boston, que sur le parvis du cinéma UGC en plein Paris, dans un restaurant au Portugal, à 4000 mètres d’altitude dans la ville de Quito en Equateur ou en équilibre instable sur une barge posée sur le lagon de Tahiti. Ennemi déclaré de l’ennui, Doulce Mémoire crée sans cesse de nouvelles formes originales de concert mis en espace et répond présent à tous les défis : d’un spectacle sur une roulotte, tourné en 2000, au concert partagé avec la grande chanteuse ouzbek, Munnadjat Yulchieva, en passant par la formation de chœurs amateurs ou de jeunes indiens boliviens. | ![]() |
Ouvert à toutes les formes
d’art, Doulce Mémoire a rencontré les musiciens danseurs de la troupe,
internationalement reconnue, Han Tang Yuefu de Taïwan, les danseurs
italiens de la compagnie Il Ballarino, les chanteurs anglais du
Cardinall’s Musick et des danseurs espagnols dans un spectacle
détonnant mêlant musique renaissance et flamenco.
Passant du cabaret renaissance (La Dive Bouteille) aux musiques les
plus mystiques de la Semaine Sainte, du Requiem des Rois de France à la
commedia dell’arte avec son nouveau spectacle Viva Venezia !, Doulce
Mémoire entend fuir la routine et la monotonie.
Doulce Mémoire
enregistre pour Naïve, K 617 et Zig Zag Territoires. Sa discographie a
reçu de très nombreuses récompenses : Diapason d’Or de l’année, Choc du
Monde de la Musique, ffff de Télérama.
Yann-Fañch
Kemener
invité en 2008
Yann-Fañch Kemener est né le 7 avril
1957 à Sainte-Tréphine (Côtes-d'Armor).
Acteur du renouveau du Kan ha diskan (chant et contre-chant) dans les
années 1970 et 1980, notamment avec son comparse (et compère) Erik
Marchand, il a contribué à la pérénisation de la transmission de chants
traditionnels par son activité de chanteur traditionnel mais aussi dans
ses activités de collectage de la tradition orale locale et de
transmission de la langue bretonne.
Ses collaborations
diverses (au sein du groupe Barzaz mais aussi avec Dan Ar Braz, Didier
Squiban, Alain Genty, Aldo Ripoche, Anne Auffret ...) et son timbre de
voix singulier ont fait de lui une figure emblématique du chant breton.
Il a réalisé de nombreux disques et a
chanté dans de nombreux festoù-noz.
Renat
Sette
invité en 2008
Sa voix chaude et puissante, sa grande expérience de la scène et son
important travail dans la transmission orale font de Renat (René) Sette
l’une des figures les plus remarquées et attachantes de la chanson
populaire provençale et de la tradition occitane en général. Maçon
spécialisé dans les techniques du bâti traditionnel, c’est dans le même
esprit de pratique et d’actualisation des savoirs populaires qu’il
développera son talent spontané de chanteur.
Signalons que Renat Sette, avant de
rencontrer Yann-Fañch Kemener, a participé à l'aventure de Rassegna.
"Cette voix au grain méditerranéen…
devenue une des meilleures propagandistes d’un chant provençal en quête
d’universalité.”
Frank Tenaille , Le Monde de la Musique,
juin 97.
Son site : http://rene.sette.free.fr/
Gabriel
Yacoub
invité en 2008
Gabriel Yacoub est né à Paris, d'un père libanais et d'une mère
française originaire du Loiret. Très tôt intéressé par la musique, il
commence à y travailler en accompagnant Alan Stivell à la guitare,au
dulcimer et au chant.
C'est au début des années 70 que
Gabriel, encore adolescent, fait ses premières armes en tant que
guitariste et choriste d'Alan Stivell qui stimulera le réveil des
musiques traditionnelles en Europe. Après un album expérimental, Pierre
de Grenoble, enregistré en 1973 avec Marie Yacoub, il fonde le groupe
Malicorne, qui reprend d'une manière originale, personnelle et actuelle
des airs et chansons traditionnels. Malicorne recrée la magie des
musiques d'antan, en combinant technologie moderne et instruments rares
ou traditionnels du monde entier, tels que cromornes, cornemuses,
vielles à roue, harmoniums et mandoloncelles, sans oublier la
percutante originalité des textes signés Yacoub et le talent de ses
coéquipiers, notamment de Marie Yacoub
Le résultat : un
mélange insolite et harmonieux de styles et sonorités universels, de
voix aux accents étranges et de ces fabuleuses ballades a cappella qui
resteront l'estampille du groupe.
Après la dissolution de Malicorne en
1988, il entame une carrière solo.
Son répertoire évolue du répertoire traditionnel à la composition
personnelle, musicalement inspirée par le folk américain et irlandais
et la pop anglaise, privilégiant les instruments acoustiques anciens et
modernes. Ses textes d'une poésie sensible et raffinée évoquent le
temps qui passe, l'amour et la nostalgie, la difficile communication
entre les êtres, dans une constante quête de sens et de spiritualité.
C'est en 2004 que sa démarche prend une tournure nouvelle, avec la
fondation d'un label indépendant, Le Roseau, axé sur la production de
jeunes artistes et la réédition des anciens albums de Malicorne.

A noter la rencontre avec A Filetta, sur l'album Yacoub ("Si c'était")
et récemment en mai 2008 sur la scène de L'Européen à Paris.
Giovanna Marinii
invitée en 1996, 2001 et 2007
Née
le 19 janvier 1937 à Rome dans une famille de musiciens, Giovanna
Marini est une musicienne, chanteuse, chercheuse en ethnomusicologie.
Son activité protéiforme en a fait l'une des figures les plus
importantes dans les domaines de la recherche et de l'exécution de la
tradition musicale populaire italienne, mais elle compose également.
En
1959, elle obtient son diplôme en guitare classique au Conservatoire
Sainte-Cécile de Rome puis perfectionne son apprentissage et sa
pratique avec le plus grand guitariste classique alors vivant, Andrès
Segovia. Dans le même temps elle se consacre à l'étude et à la pratique
d'instruments à cordes antique comme le luth dont elle joue au sein du
Concentus Antiqui du maestro Quaranta.
Sa rencontre avec
Pasolini marque une étape fondamentale dans sa vie. Cette rencontre
sera d'ailleurs racontée par Giovanna Marini dans un inoubliable et
émouvant enregistrement qui demeure une des meilleures descriptions du
caractère et de la façon d'être de Pasolini. Elle rencontre aussi Italo
Calvino, auteur à son tour de textes de chansons pour Cantacronache.
C'est la découverte du chant social, ou de ce que, selon une définition
de probablement Giovanna elle-même, l'on commence à définir comme
l'histoire orale chantée, dans le sens d'enregistrement populaire des
événements historiques, au moyen de l'instrument privilégié de la
chanson de composition anonyme et de transmission orale (encore active
dans l'Italie des années 60 et dans une société qui, de typiquement
rurale, se transformait radicalement en société industrialo-urbaine).
Tout
en participant à des spectacles, elle parcourt l'Italie et recueille
une masse infinie de chants populaires en langue italienne et dans les
différents dialectes et langues régionales. Ce sera le matériau
fondateur du Nuovo Canzoniere Italiano, avec lequel Giovanna Marini se
produit à côté des groupes formés par les plus grands interprètes
italiens de la nouvelle chanson politique, comme Giovanna Daffini, une
"chanteuse paysanne" dont Marini apprend l'émission vocale particulière
et le répertoire. Elle collabore également avec le célèbre poète en
langue sarde Peppino Marotto, duquel elle apprend l'art de la narration
populaire improvisée.
Giovanna Marini devient un pilier de
l'Institut Ernesto De Martino, où elle va cataloguer l'énorme quantité
de chants populaires découverts et pour lesquels elle parvient même à
créer un système particulier de notation musicale. C'est une véritable
œuvre de transcription de la mémoire, permettant ainsi sa transposition
pour la scène. Elle va enfin trouver au sein de l'École populaire de
musique du Testaccio des musiciens avec lesquels jouer et pour lesquels
elle écrit "La grande madre impazzita" (1979). Elle affronte ensuite
l'écriture pour instruments et voix avec "Il regalo dell'imperatore"
(1983) et "Requiem" (1985). Pour le bicentenaire de la Révolution
française en 1989, elle met en musique la Déclaration universelle des
droits de l'homme.
En 1974, l'École populaire de musique du
Testaccio à Rome lui confie la chaire d'ethnomusicologie appliquée,
soulignant ainsi l'extrême importance de Giovanna Marini en tant que
chercheuse dans ce domaine. De 1991 à 2000, elle sera également
titulaire de cette même chaire au sein de l'Université Paris VIII –
Saint Denis. Avec ses élèves romains et parisiens, elle va accomplir
des voyages d'étude pour écouter et transcrire les chants de tradition
orale encore présents en Italie lors des fêtes religieuses et profanes.
En
1964, elle participe, à Spoleto, au spectacle "Bella ciao" qui reste
gravé dans les mémoires pour avoir provoqué scandales et réactions
indignées du public. L'activité de Giovanna Marini se poursuit avec des
spectacles et initiatives qui illustrent l'histoire du recueil des
traditions populaires italiennes, comme "Ci ragiono e canto" (1965),
dirigé par Dario Fo. Elle commence également à composer de longues
ballades (plus exactement des cantates) dans lesquelles elle raconte
son expérience et qu'elle interprète seule en scène, s'accompagnant
exclusivement à la guitare. Naissent ainsi "Vi parlo dell'America"
(1965) et autres compositions pour arriver jusqu'à l'"Eroe" (1974). En
2002, elle grave, avec Francesco De Gregori, l'album "Il fischio del
vapore" qui obtient un succès de vente sans précédent et fait enfin
connaître son nom au grand public. En 2004, elle met en musique la
"Ballata del carcere di Reading" et le "De profundis" d'Oscar Wilde. En
2005, pour le Festival Angelica de musique contemporaine, elle compose
la musique sur le texte de Pasolini "Le ceneri di Gramsci" qui sera
exécuté par le cœur Arcanto de Bologne et qui sera édité au disque en
2006 sous le titre "Le ceneri di Gramsci – Oratorio à plusieurs voix –
du chant de tradition orale au madrigal d'auteur".
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En
1976, elle fonde son quatuor Vocal, pour lequel elle écrit des
cantates, de "Correvano coi carri" (1977), pour arriver à "Sibemolle"
et à la "Cantata del secolo breve" (inspirée de l'œuvre historique
d'Eric Hobsbawm) présentée au théâtre de Vidy à Lausanne en 2001.
Après
avoir travaillé sur les différents placements de voix : voix baroque,
voix lyrique, voix contemporaine, voix traditionnelle, les chanteuses
qui composent le quatuor appliquent les règles et les styles du chant
traditionnel italien.

La Torre di Babele s’inspire
d’une légende, celle d’un héros que son peuple idolâtre mais qui a de
la peine à se reconnaître dans les récits faits à son sujet. Il s’agit
donc d’un récit chanté écrit pour les voix de Patricia Bovi, Francesca
Breschi, Patricia Nasini et Giovanna Marini.
Un livre CD passionnant qui reconstitue le parcours créatif de cette
très grande artiste :


Giovanna Marini, Il Canto necessario
Ignazio Machiarella et Giovanna Marini
Editions Actes Sud
Site : www.giovannamarini.it/
Assurd
invité en 2009
Le
groupe ASSURD s’est formé en 1993 rassemblant trois napolitaines qui
désiraient faire vivre les chants et les musiques de la tradition
populaire de l’Italie du sud. Enza Pagliata, chanteuse du Salente
rejoint le groupe, six ans plus tard. Ces quatre femmes ont une très
forte personnalité artistique. Elles chantent et dansent les
frénétiques tarentelles, et jouent des percussions traditionnelles :
les castagnettes italiennes, le tambourin et la tammora, grand tambour
sur cadre, similaire à un bendir, typique de la région de Naples. Elles
s’accompagnent aussi à l’accordéon diatonique, magistralement joué par
Cristina Vetrone.
Leur répertoire retrace les origines de la
tradition musicale de l’Italie du sud et particulièrement le répertoire
féminin avec des danses comme la tammuriata, tarentelle, pizzica, les
ninna nanna (les berceuses), les chants des ouvrières et des
travailleuses agricoles avec une interprétation simple et essentielle
qui permet de ressentir la nature profonde de ces chants et de ces
danses. Il ne faut pas oublier aussi les compositions de Cristina
Vetrone qui par sa grande sensibilité met en valeur la particularité de
chacune des voix des chanteuses et exprime parfaitement l’esprit de
ASsUrD : la créativité, l’énergie, la fête, l’exaltation de la beauté
de l’univers féminin.

Site : www.assurd.com/
Teatr
Pieśń Kozła
invité en 2009
invité en 2007, 2008 et 2009
Né
en Italie, à Fermo dans les Marches, Daniele di Bonaventura,
compositeur et arrangeur, pianiste et bandonéiste, a cultivé dès le
début de son activité musicale un fort intérêt pour la musique
improvisée tout en ayant reçu une formation musicale classique (diplôme
en composition) commencée dès l'âge de 8 ans avec l'étude du piano, du
violoncelle, de la composition et de la direction d’orchestre.
Ses
collaborations s'étendent de la musique classique à la musique
contemporaine, du jazz au tango, de la musique ethnique à la world
music, avec des incursions dans le monde du théâtre, du cinéma et de la
dance.
Il a joué dans les principaux festivals italiens et internationaux
parmi lesquels :
Rumori
Mediterranei à Roccella Jonica en 1987 et 88; Jazz & Image de
Villa
Celimontana à Rome, Ravenna Jazz 2000 , Clusone Jazz 2001, Biennale
Arte Venezia 2001; Sant'Anna Arresi Jazz 2004; Festival della
Letteratura Mantoue 2004; Cormòns 2005, Accademia Nazionale di Santa
Cecilia saison musique de chambre 2005-06;
Angleterre : Music Hall Festival et Royal Festival Hall à Londres;
Pays-Bas : Music Hall à Leeuwarden;
Allemagne : 30° Deutsches Jazz Festival à Francfort; Berlin Jazz
Festival;
Espagne : Festa de la Mercè à Barcelone;
Egypte : Opera du Caire;
Norvège : Olavsfestdagen à Trondheim;
France, Suisse, Portugal, Brésil, Argentine, Slovénie, Croatie...
Il a joué, enregistré et collaboré avec :
Enrico
Rava; Paolo Fresu; Oliver Lake; David Murray; Miroslav Vitous; Rita
Marcotulli; David Liebman; Toots Tielemans; Omar Sosa; Flavio Boltro;
Joanne Brackeen; Greg Osby; Ira Coleman; Dino Saluzzi; Guinga; Javier
Girotto; Cèsar Stroscio; Tenores di Bitti; Enzo Favata; Aires Tango;
Peppe Servillo; David Riondino; Francesco Guccini; Sergio Cammariere;
Lella Costa; Eugenio Allegri; Giuseppe Piccioni; Mimmo Cuticchio;
Custòdio Castelo; Andrè Jaume; Tiziana Ghiglioni; Furio Di Castri; U.T.
Gandi; Luis Agudo; etc..
Il a publié plus de 30 disques sous
diverses étiquettes discographiques: Via Veneto Jazz; Philology;
Manifesto; Felmay; Amiata Records; Splasc(H); World Music; CCn’C
Records; Dodicilune.








Ci dessous la traduction de l'anglais du texte de Gregory A. Vozar sur
le premier disque de Daniele, Solo Bandoneon :
Après
plusieurs décennies de relative obscurité, le bandonéon a réussi à
retrouver une place importante. Jadis connu en Europe centrale en tant
qu'instrument "folk" et en Argentine et en Uruguay comme partie
essenteille d'un orquesta típica ou d'un ensemble de tango, sa voix n'a
été entendue que rarement en dehors de ces contrées. Cependant, un
cercle d eplus en plus grand de musiciens semblent attirés par ce
concertina d'origine allemande. Sans aucun doute, cette résurrection a
commencé avec la musique du compositeur et bandonéiste argentin Astor
Piazzolla, mais le potentiel expressif de l'instrument l'a déjà
propulsé dans le jazz et la musique expérimentale.
Après
avoir écouté ce disque, il est évident que Daniele di Bonaventura est
l'un des nouveaux musiciens pour lesquels le bandoneon est plus qu'une
fantaisie. Originaire de Fermo, Italie, il a commencé ses études
musicales à l'âge de huit ans, apprenant d'abord le piano et la
composition et plus tard choisissant le bandonéon. Entreprendre cette
difficile transition valait la peine tant le bandonéon semble
parfaitement adapté à son expression personnelle.
Sur cet
album, Solo Bandoneon, Di Bonaventura a fait des choix simples mais
pertinents en explorant le riche mais original répertoire de Piazzolla.
Il nous offre cinq courtes pièces introspectives qui expriment les
multiples aspects du tango, de la musique claissque et du jazz. ces
"tangos" un peu "rhapsodiques" rappellent les preludes sans mesure du
répertoire français pour clavier de la fin du 17e siècle. Leurs
mélodies se déroulent librement, seulement soutenues par un
accompagenement d'accords. Cela donne au musicien de considérables
opportunités d'embellissement, d'accentuation et de modelage de la
ligne mélodique. Di Bonaventura fait cela avec sûreté, alternant
tension et détente tout en permettant à l'architecture harmonique de
chaque morceau de dicter sa forme. Son parlando et son style de jeu
impressionniste est très personnel, et il se marie bien avec la musique
de Piazzolla. Le jeu est d'une grande force émotionnelle, et son
aptitude à communiquer surpasse celle d'autres musiciens même
techniquement supérieurs.
De même qu'un chanteur doit
prendre sa respiration entre les phrases, le bandoneon doit aussi
inspirer et expirer regulièrement. Le phrasé de l'artiste, comme mis
entre parenthèses entre ces respirations, donne à son jeu une qualité
proche de la voix et un sens de mouvement linéaire.
Au
mileiu du disques on trouve trois compositions de Bonaventura ; c'est
peut-être le passage le plus poétique et attrayant de ce court
enregistrement. "Ballata Triste", le premier de ces trois morceaux,
évoque des ciels gris et tristes dans un style introspectif de ballade
jazz. Nous n'avons cependant pas à rester longtemps dans le froid et
l'humidité, car une douce lueur d'affection réchauffe les échos
nostalgiques de "Remniscenze (Inno)." "La Caccia" est une sorte de jeu
de cache-cache, parfois coquet et ludique, parfois mystérieux et
séduisant, la pulsation de la passion jamais loin sous la surface.
Délibérément simples, ces morceaux ne sont pas du tango nuevo, mais des
compositions originales dans un style jazzy. En plus d'être de la bonne
musique, ils sont très adaptés au bandonéon et représentent une
nouvelle direction pour sa voix!
La qualité sonore de ce
compact est très bonne, un des meilleurs disques de bandonéon solo que
j'aie entendus. Il y a un parfait équilibre entre présence et espace.
Des micros très sensibles ont capté chaque couleur, chaque nuance, y
compris la résonance chaude du cadre en bois d el'instrument, le son
des valves et des soufflets, le cliquetis des clés et le souffle de
l'air. Certains appelleront cela du bruit, mais je suis reconnaissant
aux ingénieurs du son d'avoir conservé ces sons "parasites", partie
intégrante de l'instrument. On entend aussi les gémissements quasiment
extatiques involontaires du musicien, témoignages d'une interprétation
profondément ressentie et passionnée.
Je n'ai que deux
regrets mineurs à exprimer sur ce CD: sa briéveté tout d'abord, ainsi
que l'absence de détails biographiques sur la pochette. Etant donné la
qualité du disque, il se termine bieen trop tôt ! J'aurais
personnellement apprécié d'entendre quelques autres compositions de Di
Bonaventura. Mais c'était peut être le but de laisser l'auditeur sur sa
faim pour assurer son retour. Si c'est cela, c'est réussi. Mon appétit
s'est aiguisé à l'écoute de ce disque !
En 2003, Daniele Di
Bonaventura a enregistré pour il Manifesto CD son CD “Suite per
Bandoneon e Orchestra", composé pour l’Orchestra Filarmonica
Marchigiana.
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Ses dernières
collaborations sont celles avec Miroslav Vitous, pour son CD Universal
Syncopation II publié chez ECM; et avec Ornella Vanoni pour le morceau
Nuova Vita qui sera publié sur son nouvel album dont la sortie est
prévue pour septembre 2007.
Et en décembre 2007, il
enregistre un CD solo, Ritus (probablement auto-produit; j'ai pu en
faire l'acquisition lors des Rencontres 2008 à Calvi).
On peut retrouver Daniele sur son site ainsi que sur myspace.
Elena
Ledda
invitée en 2007

Elena
Ledda (Selargius, Cagliari 1959) est une des voix les plus importantes
de la scène de musique traditionnelle italienne. Enfant prodige, elle
commence à chanter très jeune avec un groupe de Quartucciu avec lequel
elle restera jusqu'à l'âge de 16 ans. Elle commence des études
classiques de chant au Conservatoire de Cagliari où elle fréquantait
déjà le cours de hautbois. De 1977 à 1979 elle collabore avec la
Cooperative Teatro di Sardegna qui présente une série de spectacles
basées sur les oeuvres de Brecht et Wedekind. L’expérience la pousse à
former en 1978 le quartette Quelli dell’Orco Nuovo, qui cesse son
activité en 1983, avant de se reconstituer en 1994 sous le nom de
Scaramella.
C'est en 1979 que sort son premier album,
Ammentos, une sélection de chants traditionnels où elle est accompagnée
par son frère Marcello Ledda à la guitare et Mauro Palmas aux
launeddas. La même année elle entre dans le groupe Suonofficina, formé
par Palmas, avec lequel elle entreprend une longue activité de concerts
dans les plus importants festivals italiens, suisses et allemands.
Le
nouveau disque, Is Arrossas, paru en 1984, se vend à 15 000 exemplaires
rien qu'en Sardaigne. La même année elle participe au disque de
l'étoile naissante de la musique new age, Andreas Vollenweider, dont
elle avait fait la connaissance en Suisse trois ans auparavant. Elle
enregistre également avec Suonofficina Landimironnai, qui obtiendra
trois ans plus tard le prix de la critique en Allemagne. Le groupe
présente au Festival de Zurich le projet Ai confini tra Sardegna et
jazz, avec, parmi d’autres musiciens sardes, Paolo Fresu et Antonello
Salis. Un mois seulement après, Elena Ledda et Mauro Palmas participent
au prestigieux Italian Project d’Enrico Rava, présenté à la Filarmonica
de Berlin.
Sonos, en 1987, représente l'évolution
naturelle de Suonofficina, inaugurant le projet d'un groupe ouvert où
joueront des grands noms tels que Riccardo Tesi, Riccardo Lay, Sandro
Satta. Coautrice avec Palmas et Alberto Balia du spectacle Far away
wave en Australie, Elena Ledda collaborera avec Lester Bowie, puis avec
Don Cherry pendant la tournée suivante.
Après une série de
tournées de concerts entre 1988 et 1992, elle signe avec Silex pour la
publication de Incanti, un album qui témoigne l’aboutissement de son
itinéraire artistique, avec une formation élargie à Riccardo Tesi à
l’accordéon diatonique et Giorgio Baggiani à la trompette.
En
1995 elle participe au projet Canti randagi et en 1996 à « Sonos ‘e
memoria » (film de Gianfranco Cabiddu). En 2000 elle publie Maremannu,
"Choc" du Monde de la Musique et "Bravo" de Trad Mag . Son dernier
disque, Amargura, sorti en 2005, bénéficie des arrangements de Lino
Cannavacciuolo.
Elle est également sur la musique enregistrée par Paolo Fresu pour le
film de Gianfranco Cabiddu, Sonos 'E Memoria.
Au
printemps 2007 elle participe au spectacle théatral Médée mis en scène
par Orlando Forioso avec A Filetta et Lia Careddu qui sera présenté en
Sardaigne, à Livourne et à Calvi.
Discographie
1979 Ammentos (Durium)
1984 Is Arrosas (Key Records)
1988 Sonos (Play Game Music)
1993 Incanti (Silex)
1999 Sonos Langanos (Condaghes) con M. Palmas
2001 Maremannu (Biber)
2005 Amargura (Aquadia)
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Paolo
Fresu
invité en 2007 et 2009

Paolo Fresu est né le 10 février 1961 à Berchidda, en Sardaigne. S'il a
appris très tôt la trompette (dès l'âge de onze ans), Paolo Fresu a
décidé de devenir musicien à la suite de la découverte d'un disque de
Miles Davis et John Coltrane. Il abandonne alors son métier
d'électronicien, rencontre Enrico Rava et commence à se produire en
club. Il enregistre en 1985 un premier album sous son nom, Ostinato.
Une sonorité très cool, toute en sourdine et en contrastes ; des
ballades jouant sur l’équilibre entre l’ombre et la lumière. Paolo se
produit par ailleurs régulièrement avec son quintet qui rassemble Tino
Tracanna (sax), Roberto Cipelli (p), Attilo Zanchi (b) et Ettore
Fioravanti (dms). Il s'installe à Paris en 1986. Là, il rencontre Aldo
Romano, Stefano Di Battista et Michel Benita. Il enchaîne alors les
concerts et les disques, sans ne rien perdre de sa personnalité. Inner
Voices , enregistré à cette époque aux côtés de Dave Liebman, en est la
preuve. Avec lui, Paolo connaît la consécration internationale. Ses
partenaires s’appellent désormais Dave Holland, Kenny Wheeler, Gerry
Mulligan, John Zorn, Michel Portal, Daniel Humair, Joachin Kühn ; ses
groupes réunissent des musiciens de toutes nationalités... Ainsi du
quartet Palatino créé en 1995 qui rassemble Aldo Romano, italien, Glenn
Ferris, américain et Michel Benita, français.
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Fidèle à ses origines, le Sarde ne continue pas moins de jouer
régulièrement avec son quintet italien à géométrie variable (très bel
album Night on the City enregistré en 1994) Le jeu du trompettiste s’y
révèle d’une simplicité déconcertante tout en recelant de trésors
harmoniques. Ce CD reçoit d’ailleurs le Django d’Or et le prix de
l’Académie du jazz. Avec le même groupe il enregistre Wanderlust en
1996, Melos en 2000 et récemment P.A.R.T.E.)
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S'il délaisse un peu le classicisme, comme sur les albums avec Nguyen
Lê (Angel et Metamorfosi) où le guitariste n’hésite pas à jouer saturé,
il rend hommage à ses illustres inspirateurs Chet Baker (Shades of
Chet, avec Enrico Rava) et Miles Davis (Kind of Porgy and Bess).
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En redécouvrant de façon neuve une sonorité familière, il retrouve une
fraîcheur et une profondeur jamais égalées. Paolo Fresu est un homme de
rencontres. Dernière en date, sa rencontre avec l'oudiste Dhafer
Youssef. Lorsque Paolo Fresu et Dhafer Youssef jouent ensemble, leur
duo dégage un charme particulier rendu par la combinaison de deux
instruments d’apparence si éloignée, l’oud et la trompette. La musique
arabe et les improvisations jazz se rencontrent sans conflits.
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Dans son abondante discographie, retenons les cinq disques de la série
"5ET." Blue Note Italie a offert au groupe la possibilité d'enregistrer
une série de disques, chacun dédié aux compositions de l'un des membres
du quintet. Les disques, tous enregistrés dans le studio de La
Buissonne à Pernes-les-Fontaines, ont été publiés à une cadence
régulière : les compositions du pianiste Roberto Cipelli
("Kosmopolites”) d'abord, puis celles du bassiste Attilio Zanchi
("P.a.r.t.e.”), celles du saxophoniste Tino Tracanna (“Incantamento”)
et celles du batteur Ettore Fioravanti (“Thinking”), pour finir avec
celles de Paolo, ("Rosso, verde, giallo e blu"). Citons également
"Things", le disque en duo avec Uri Cane...
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En octobre 2006, il rencontre André Jaume et A Filetta pour Mistico
mediterraneo à l'Aghja pour quelques soirées. Espérons que cette
collaboration débouche sur un disque... En tout cas, Mistico
mediterraneo a remporté un grand succès le 14 septembre 2007 dans le
cadre des Rencontres polyphoniques de Calvi.
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Carla Bley's Lost Chords finds Paolo
Fresu
Paolo Fresu a intégré en 2007 la formation de Carla Bley, "The Lost
Chords", pour une série de concerts à Châlon-en-Champagne le 10/05, au
Mans le 11/05, à Monte Carlo le 15/05 et à Coutances le 17/05, puis
d'autres en automne, et un CD est paru chez ECM mi-octobre 2007.

Réunion des trois fortes personnalités que sont Paolo Fresu, Richard
Galliano et Jan Lundgren, Mare Nostrum réserve de beaux moments avec un
Galliano expansif face au jeu plus réservé du pianiste et à
la
sonorité toujours solaire de Paolo Fresu, qui est à son meilleur dans
Sonia's Nightmare.
F. à Léo présente
Paolo Fresu en compagnie de Gianmaria Testa, Philippe Garcia at Attilio
Zanchi sur un projet du pianiste Roberto Cipelli d'hommage à Léo Ferré.
On doit à Paolo (qui intervient sur la moitié des morceaux du disque)
et à Gianmaria Testa les moments les plus intéressants d'un disque un
peu trop sage.

Je n'ai pas encore pu écouter le dernier disque de Paolo publié sous
son nom en quartet, Stanley Music !, mais, à en juger d'après ce qu'en
dit J. Duclos-Arkilovitch dans Jazzman, c'est un disque d'enfer !
Il existe un livre (en italien) consacré
à Paolo.
![]() | Gravante, Enzo Paolo Fresu: la Sardegna, il Jazz Dim. 20x20 cm Pagg. 216 Anno di edizione: 2004 ISBN 88-7356-059-8 Collana: Carta & Musica Prezzo: 25,00 Euro C'est ici. |
Site : www.paolofresu.it
André
Jaume
invité en 2007
Surtout connu comme saxophoniste ténor, le multi-instrumentiste André
Jaume excelle aussi à l'alto, à la flûte, à la clarinette basse et à la
clarinette, son premier instrument. Sa sonorité chaude et généreuse est
sa marque de fabrique et sa carrière reflète sa curiosité et son
ouverture.
Né à Marseille le 7/10/1940, il étudie
la
clarinette au conservatoire puis le saxophone, découvre le jazz avec
Sidney Bechet. Son intérêt se déplace rapidement du Dixieland à des
musiciens plus modernes comme Charlie Parker, Duke Ellington et John
Coltrane. Il suit les cours de Guy Longnon de 1966 à 1969. Au début des
années 70 il joue avec Barre Philips puis, alors qu'il joue en duo avec
le percussionniste Gérard Siracusa, li rencontre Raymond Boni ; ainsi
naît le trio "Nommo". Vient ensuite la participation au quartette et au
big band de Jef Gilson. Il rencontre Joe Mc Phee au Festival de Nancy.
C'est le début d'une longue collaboration amicale, avec les albums Old
Eyes & Mysteries et Oleo & a Future Retrospective.

Au début des années 80 il fonde un octet pour satisfaire son souhait de
composer pour des instruments à cordes. Il collabore avec Jimmy
Giuffre, qui l'encourage à reprendre la clarinette. Il joue avec
Charlie Mariano, John Medeski, Charlie Haden, Barry Altschul, aussi
bien qu'avec des musiciens d'Indonesie ou de Guinée.
Il forme aussi un trio avec le
guitariste Rémi Charmasson et Randy Kaye, le batteur de Jimmy Giuffre.
Discographie sélective :
Clarinet sessions
Borobodur suite
Piazza di Luna, avec Tavagna
Musique pour 8 : L'oc
Alliance

Cuncordu
e Tenore de Orosei
invités en 1997, 2000, 2002, 2005, 2007, 2009

Le
chant sarde constitue l'une des expressions polyphoniques les plus
populaires de la Méditerranée. Omniprésent, il peuple la liturgie
autant qu'il rythme les fêtes paysannes, aux confins du profane et du
sacré.
Le chant s’exprime par une voix de gorge tendue qui
donne un cachet vibrant aux deux parties d’harmonie : contre-chant et
basse. Cette technique n’existe nulle part ailleurs dans le monde
sauf... en Mongolie ! L'émotion, à l'écoute de ces polyphonies, est
simple et forte comme ces hommes qui savent si bien la faire partager à
leur public, touché au creux de l'âme.
Depuis 1999, leurs
voix s’unissent aux mélopées du talentueux violoncelliste hollandais
Ernst Reijseger et du percussioniste écossais Alan Purves autour du
projet Colla Voche (Winter&Winter).
Le Cuncordu e Tenore
de Orosei se place sans contestation à un poste de premier plan dans le
monde de la polyphonie sarde, tant par les particularités de son
répertoire que pour la possibilté de chanter aussi bien la forme
profane "a tenore" que sacrée "a cuncordu". Orosei est aujourd'hui la
seule ville de Sardaigneoù les deux traditions n'ont jamais été
abandonnées et où encore aujourd'hui, grâce aux vieux chanteurs, les
deux formes de chant sont reproposées dans les formes traditionnelles,
alors que dans d'autres régions de Sardaigne, grâce à de discutables
opérations pseudo-culturelles, ont cherche à "récupérer" ce qui est
irrémédiablement perdu. Comme en Corse, les Confréries ont joué un rôle
essentiel dans la sauvegarde de ce répertoire.
Le groupe est
né officiellement en 1978; seuls restent Martino Corimbi et Patrizio
Mura, "voche" du tenore. Les autres chanteurs actuels sont Piero Pala,
mesuvoche du tenore et du cuncordu; Luca Frau, "cronta" du tenore;
Mario Siotto, bassu du tenore; Massimo Roych, "voche" du cuncordu et
Salvatore Dessena, bassu du cuncordu. Le groupe a participé à de
nombreux festivals de chant traditionnel : Festival de Musique Sacrée à
Paris, Angoulême, Rennes, Briançon, Toulouse, Marseille, Aix en
Provence, Tarbes, Rouen, Tours, Solesmes, Nantes, Münich, Francfort,
Turin, Venise, Florence, Tolède, Barcelone, Amsterdam, Anvers et, bien
sûr, Calvi.

Photo Alexsandra Vajd
En 1994
il enregistre, dans l'église S. Pietro a Galtelli, pour les éditions
NOTA d'Udine, son premier CD contenant 11 morceaux du répertoire sacré
d'Orosei.
En 1996, toujours à S. Pietro, pour Nuove Indie de Rome
un CD avec les plus importants morceaux de la tradition profane "a
tenore"
L'année suivante le producteur allemand Stefan Winter
insère le groupe dans sa collection Winter&Winter, pour
laquelle
enregistrent des artistes d erenommée mondiale comme Uri Caine, Ernst
Reijseger, D. Douglas, Paul Motian Trio, Gary Thomas.
Déjà quatre
enregistrements ont été réalisés sous l'étiquette
Winter&Winter,
notamment un double CD avec livret de 100 pages reprenant, en six
langues, tout le répertoire traditionnel sacré et profane.

Dernier album, "Colla
Voche", avec Ernst Reijseger
Le groupe se compose de :
Patrizio Mura, Voche
del tenore e del cuncordu
Piero Pala, Mesuvoche
del tenore e del cuncordu
Massimo Roych, Voche del
Cuncordu
Mario Siotto, Bassu del tenore e
del cuncordu
Gianluca Frau, Contra del tenore
e del cuncordu
Un extrait filmé, Celeste Tzesoro :
A
noter aussi la participation du Cuncordu e Tenore de Orosei au CD
"Voyage en Sardaigne" edité par "Il manifesto" avec également Il Coro
di Castelsardo et i Tenores di Bitti.
Silvia
Malagugini - Compagnie Nonna Sima
invités en 2005
Quatre
chanteurs solistes issus de mondes musicaux différents composent la
Compagnie Nonna Sima : Joëlle Faye et Silvia Malagugini travaillent les
" modes " du chant traditionnel italien. Edmond Hurtrait et Frédéric
Lair viennent quant à eux du monde classique et pratiquent depuis
longtemps le chant baroque. Les instruments de Mathias Duplessy
(tambours, berimbao, oud, guitare) et son chant diphonique,
accompagnent et enrichissent les polyphonies de" Mystères ".

Ces
chants sont l'expression du sens religieux du peuple, à la lisière du
sacré et du profane : ils sont ancrés dans la terre, liés aux cycles de
la vie de l'homme, et ils expriment également le besoin d'absolu et de
protection dans un cadre rituel. " Mystères" suit un parcours
liturgique de l'annonciation à la Passion du Christ. Ce récit est aussi
bien constitué de chants extraits du Laudario di Cortona (recueil
italien de louanges du XIII siècle) et des airs de Monteverdi, que des
Passioni italiennes, représentées en Italie pendant la Semaine Sainte.
"Dans
l'imaginaire populaire italien, Marie tient un rôle très important.
Elle est à la fois femme aimante, femme miséricordieuse, symbole du
mystère de la conception et surtout "la grande mamma", notre mère à
nous tous, personnage incontournable dans la culture matriarcale
italienne.
Pour chanter l'histoire de cette mère, de l'annonce de
l'ange Gabriel à la naissance et à la Passion de son fils Jésus, nous
nous sommes inspirés principalement d'un recueil populaire de laudes du
XIII siècle, le Laudario di Cortona.
Ces louanges dites et
chantées pour la première fois en italien, la langue du peuple, et non
en latin, la langue officielle de l'église, sont souvent très
poétiques. Elles expriment les différentes facettes d'une madone à la
fois terrienne et sensuelle, généreuse et protectrice, paysanne et
archaïque, la même que l'on découvre dans les peintures des églises
romanes et byzantines, ou dans les miniatures des parchemins.
Nous
avons traité notre matière musicale, non comme des musicologues, mais
plutôt comme des chanteurs traditionnels, créant des polyphonies à
partir des monodies des Laudi. A cette relecture très libre (nous avons
modifié certaines mélodies pour nos besoins) s'ajoutent de nouvelles
compositions et quelques airs inspirés de Monteverdi. Par ailleurs nous
avons mélangé au répertoire du Laudario d'autres chants populaires,
dont certains issus des Passioni encore chantés dans le sud de
l'Italie. Une Italie qui garde dans son patrimoine traditionnel des
influences espagnoles et arabes, une Italie méditerranéenne, pont entre
Orient et Occident. Il était donc logique de choisir des instruments de
ces différentes traditions pour accompagner nos chants. "
Silvia Malagugini
Pino
de Vittorio
invité en 2002
Giuseppe
"Pino" de Vittorio, considéré comme un des plus grands chanteurs
d'Italie, est originaire de la région des Pouilles, prés de Gargano (au
nord des Pouilles, dans la Province de Foggia). Il a baptisé son
spectacle "Le Tarentelle de! Gargano". Cette tarentelle est la danse
traditionnelle de cette région, en référence à la piqûre de la
tarentule. Pino de Vittorio au chant, tambourin, castagnettes, entraîne
sa troupe et le public dans une transe qui remonte à la nuit des temps.
Ces
chants, tour à tour poignants et entraînants, restituent ces
envoûtements de l'origine où percent "les convulsions tragiques des
femmes malheureuses piquées par la tarentule". En fait la tarentule est
l'allégorie d'une société oppressive à l'égard des femmes qui devaient
baigner dans le remords et les convulsions, seul le Diable pouvant oser
exprimer la vie dans ces corps bafoués. On soignait ce mal par des
chants religieux destinés à chasser le mauvais sort. Puis la tarentelle
devint une danse, qui devait être très vive pour donner le vertige aux
démons et faire tomber la fièvre. Cette danse devint très populaire à
Naples au début du XVIIIe siècle. Ville occupée longtemps par les
espagnols, Naples intègra rapidement à la tarentelle des influences du
fandango espagnol, tout en conservant le rythme de base.
invités en 2005
Ce groupe de sept jeunes polonais a été pour moi la révélation des
rencontres 2005.
A l’origine en 1997, le Warsaw Village Band, s’appelait Kapela Ze Wsi
Warszawa. Né de la rencontre à l’université de jeunes étudiants
amoureux de musique et tout particulièrement de musique du
sous-continent indien, comme celle de Nusrat Fateh Ali Khan, le groupe
a, petit à petit, découvert d’autres horizons : musique africaine,
reggae, etc. Mais ce groupe puise son inspiration dans le patrimoine
musical des villages de la région de Mazovia au centre de la Pologne.
Comme les corses avec le riaquistu, ces jeunes polonais sont allés à la
recherche de leurs racines auprès des paysans ou dans les archives de
la radio. Ainsi le groupe redonne vie aux "voix blanches" du chant
traditionnel polonais.
Le Warsaw Village Band nomme « hardcore folk » ou « bio techno » sa
musique qui opère la synthèse de la musique traditionnelle polonaise et
de la transe. Elle est soutenue par le jeu de deux types de tambours
traditionnels, le baraban et le frame, associés à une basse. Sur cette
rythmique se croisent violon, suka (violon traditionnel joué avec les
ongles), dulcimer, trompette et « voix blanches »
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People’s Spring
(Jaro / Mélodie)
BBC Music Award 2003
Uprooting
(Jaro / Abeille Musique)
Troisième album du groupe, Uprooting reprend toujours la musique
traditionnelle des campagnes de Pologne, en particulier de la région de
Mazovia, qui inspire le WARSAW VILLAGE BAND et c'est avec un dynamisme
et une détermination intacts qu'il exhume des pièces d'un autre temps
et en repense l'interprétation sur une base essentiellement acoustique
et pour autant indéniablement moderne.
D'une manière générale, l'équation voix - cordes - percussions qui
caractérise le son du groupe est donc toujours dominante
Magdalena SOBCZAK sait réveiller les âmes assoupies dans Woman in Hell,
tandis que la voix de Maja KLESZCZ agit comme une caresse à la fois
lancinante et ferme dans l'onirique Fishie, le quasi blues Grey Horse
ou l'a cappella Lament.
Les violons de Wotjek KRZAK et de Sylwia SWIATOWSKA rivalisent de
grincements énergiques et d'inventivité expérimentale, notamment dans
I've Slayed The Rye et dans The Owl ; le dulcimer, le violoncelle et le
xylophone ajoutent au pittoresque rugueux ; les percussions (baraban et
frame) tonnent avec entrain et vigueur, le triangle et les cymbales
installent un registre plus feutré et les tonitruantes « voix blanches
» des trois filles achèvent de nous emporter dans une tourbillon
sensuel façonné par une rusticité extatique qui confond les échos des
anciens temps avec les transes d'aujourd'hui.
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Et voilà le quatrième album
:
Infinity,
enregistré en mars 2008.
JARO 2008
On y trouve pour la première fois des créations originales du groupe,
plus précisément de Maja Kleszcz et de Wojtek Krzak.
Warsaw Village Band:
Maja Kleszcz – vocals, cello
Magdalena Sobczak–Kotnarowska – vocals, dulcimer
Sylwia Swiatkowska – vocals, violin, suka, fiddle from Plock
Wojtek Krzak – violin, violin 7/8, nyckelharpa, drums
Piotr Glinski – baraban drum, percussion
Maciej Szajkowsk[[[[iframe]]]] drums
1. Wise Kid Song 4:30
2. 1.5 h (feat. T. Kukurba - Kroke) 6:21
3. Over the Forest 4:37
4. Skip Funk (feat. DJ Feel–X) 3:09
5. Is Anybody In There? 3:35
6. Heartbeat (Maja & Natu IncarNated chant) (feat. Natalia
Przybysz) 5:07
7. Polska Fran Polska 6:04
8. Lazy Johnny Dance 3:14
9. Polka Story 4:34
10. I’ve Met the Girl 3:35
11. Little Baby Blues (feat. Jan Trebunia Tutka) 6:25
12. Circle No. 1 4:43
from booklet info:
Here is the latest, already the fourth studio album by Warsaw Village
Band, our next, long–awaited child; and it was in fact the birth of a
little human being that became the direct inspiration and cause for the
creation of this album. In such situations, certain moments come when,
lying beside the child, you observe its breathing, and you start to
think about the countless, nameless generations that preceded us. You
imagine those for whom we ourselves are going to be just an anonymous
past without a face. After all, we are all born in a particular place
and time, and shaped by culture of our ancestors. We live in big
cities, seek our place on earth, lose old gods and find new ones,
people, shelters, pictures, so that later we can hand them down to our
children, who are born in a particular place and time, seek their place
on earth, lose old gods and find new ones, people, shelters, pictures,
so that later.. You begin feeling it clearly the moment you call others
into being. No matter whether you live in Japan, the US, England,
Germany or Poland – behind you stand the same generations, which like
the rings of a tree, have accumulated their every trace in music, art,
language – in a word – CULTURE. You emerge from it, enrich it and then
pass it on. Ad infinitum. And here is how the idea of "Infinity" came
into being – the need to take a dip in tradition, derive from it and
create contemporary and modern compositions – to inspire other
generations. Once again!
Wojtek Krzak
Site Web : http://www.kzww.terra.pl/
Slaveï
Quartet
invités en 2005
SLAVEI signifie "rossignol" en langue bulgare et on comprend le choix
du mot à l’écoute de ces voix superbes qui allient la pureté à
l’émotion, force de la tradition bulgare.
Le Slavey Quartet a été créé en 1991 par Nadka Karadjova, avec Svetla
Karadjova, Liliana Galevska, mezzo soprano et Stoyana Lalova,
contre-alto. Toutes ont chanté pendant une trentaine d'années dans le
Philip Koutev Folk Ensemble. Elles ont également participé aux Mystères
des Voix Bulgares.
En 2004, Mariyana Pavlova, basse, a remplacé Stoyana Lalova.

Le Quartet Slavei a remporté un vif succès en France ces dernières
années. Ces quatre grandes dames aux voix magnifiques ont une technique
vocale parfaite sur un répertoire comptant des centaines de chants
profanes de différentes régions de Bulgarie, des chants orthodoxes du
XIVè au XXè siècle jusqu’alors réservés aux hommes., ainsi que des
chants de différentes contrées : Chine, Inde, Grèce, Russie et... Corse.
La juxtaposition des deux genres sacré et profane, servie par des voix
célestes, étonne, bouleverse et fascine.
Eva
Quartet
invité en 2002

Eva
Quartet est composé de quatre jeunes femmes : Gergana Dimitrova,
soprano; Sofia Kovacheva, mezzo-soprano; Evelina Stoilova, alto; et
Daniela Stoichkova, contre-alto, qui ont, en leur temps, fait partie du
célèbrissime choeur “Le Mystère des Voix Bulgares”, qui connut un
succès mondial.
Avec Eva Quartet, c’est non seulement le
répertoire traditionnel et religieux des chants bulgares qu’elles
interprètent, mais également des compositions originales, preuve de la
modernité de la culture vocale de ce pays.
Le timbre de
ces voix a capella, leur virtuosité et leur profondeur, le sentiment
étrange parfois que ces quatre voix ne font qu’une, rendent chaque
concert du Eva Quartet unique, une expérience musicale hors du commun.
Bulgarka
Quartet
invité en 2009
Le
Bulgarka Junior Quartet est né en 1989 à Plovdiv, avec l'aide de
Rumiana Tsintsarska (productrice avec Marcel Sellier du chœur
légendaire "Le Mystère des Voix Bulgares"). Les quatre
chanteuses
viennant du célèbre ensemble "Trakia".
La musique du quartet
maintient l'équilibre entre l'Orient et l'Occident, la tradition et
l'avant-garde. Les quatre chanteuses sont originaires de
régions
différentes de Bulgarie (Strandja, Rhodopes, Strandja-Sakar et Thrace)
et cette particularité se traduit dans leur répertoire. Et l'absence de
leader oblige chacune à donner une nouvelle dimension aux
chants
collectés dans leurs régions respectives
Hristina Anastasova - soprano, originaire de Strandja
Fanka Koynarova - mezzo-soprano,fille des montagnes d'Orphée : les
Rhodopes.
Elena Bedeleva - alto, originaire de la région de Strandja-Sakar
Tonka Koleva - alto, originaire de Thrace
Erotokritos
invités en 2002
Tour
à tour festive et intimiste, la musique d'Erotokritos (du nom d'une
oeuvre crétoise majeure, odyssée épique et mythique écrite par Vincenzo
Kornaros pendant la période de la Renaissance crétoise), est
représentative de la diversité du répertoire traditionnel crétois et
des multiples influences de cette île entre Orient et Occident, marquée
tour à tour par les dominations grecque, romaine, byzantine, vénitienne
et ottomane.

* Harilaos PAPADAKIS : lyra (sorte de violon à 3-4 cordes) et chant.
* Nikos MASTORAKIS : Guitare, laouto (luth), boulgari (proche du saz),
baglama et chant.
* Jean-Philippe CHASSAGNE : tuberleki (darbouka), daouli, défi (bendir)
et percussions méditerranéennes (daouli, zillia)
* Yorgos STAVRAKAKIS : laouto (luth) et mandola
Sur
cet album ont peut entendre également Nilos Paraoulakis (ney) et Eric
Montbel à l'askomandoura (gaïda, une sorte de cornemuse).
Tirana
invités en 2004 et 2009
La musique albanaise traditionnelle est restée étonnament vivante. Pour
des raisons idéologiques, le régime communiste avait valorisé à
l'extrême le folklore albanais. En outre, le relief montagneux des
Balkans tend à isoler naturellement l'Albanie et rend difficile tout
contact à l'intérieur du pays. Il conduit au maintien de traditions
parfois très anciennes transmises de bouche à oreille de génération en
génération, de spécificités très marquées et de répertoires très
localisés, différents d'une vallée à l'autre, d'un village à l'autre.
D'origine indo-européenne, les Albanais seraient les descendants des
tribus illyriennes arrivées du nord aux environs du deuxième millénaire
avant Jésus-Christ. Terre de rencontre entre l'Orient et l'Occident,
l'Albanie doit à sa position géographique des influences orthodoxes et
musulmanes. Pour les Guegues du nord, l'Islam est aujourd'hui la
religion largement dominante. La musique est monodique et est
caractérisée principalement par des " rapsod ", chants épiques qui
évoquent le cycle des héros " kreshnik ". Les instruments principaux
sont la vielle monocorde avec archet " lahutë ", le luth deux cordes à
long manche " çifteli " et le luth " sharki ". Tirana et les villes
côtières de Durrës et Kavajë constituent la zone intermédiaire dite de
l'Albanie centrale caractérisée notamment par des influences orientales
liées à l'urbanité. Au sud, les Tosques, principalement orthodoxes,
sont restés dans la sphère de l'influence musicale byzantine. C'est la
terre d'élection de la polyphonie vocale que l'on pratique dans tous
les villages montagnards en de nombreuses occasions.
Les Labs, dans l'extrême sud-ouest (région de Vlorë, Tepelenë,
Gjirokastër, Sarandë) pratiquent une polyphonie complexe à quatre voix
: trois voix soliste - le preneur " marrës ", le coupeur " prurës ", le
repreneur " hedhës " - et un bourdon " iso ".
Dans le reste du pays - le centre et l'est autour des villes de Berat,
Përmet et Korçë - les Tchams chantent la polyphonie à trois voix (deux
voix soliste et un bourdon) qu'ils pratiquent " a capella " ou
accompagnée de nombreux instruments, principalement la clarinette "
gërrnetë ", l'accordéon " fizarmonikë ", le tambourin " def ", le luth
" llautkë " et le violon " violine " auxquels s'ajoutent parfois le
petit tambourin sans peau " sistër " et le luth à long manche " baklama
". La clarinette, le violon et l'accordéon sont des instruments "
modernes " qui ont été incorporés dans les formations musicales dans la
seconde moitié du XIXème siècle et au début du XXème siècle.
L'introduction de l'accompagnement instrumental des danses " a capella
" a eu notamment pour effet de rendre plus vive et plus dynamique la
danse et d'évincer le chant qui l'accompagnait. Dans tout le pays -
dans les montagnes notamment - subsistent encore des instruments
anciens qui sont à l'occasion joués en solo, duo ou intégrés dans un
groupe, notamment la cornemuse " gajda ", les différentes flûtes "
fyull " ou encore le chalumeau " pipë "..

Nørn
invité en 2008
Ce trio vocal féminin helvète a
constitué la révélation des XXes Rencontres de Calvi.
Depuis plusieurs années, le chant sous toutes ses formes fascine
Anne-Sylvie Casagrande, Edmée Fleury et Gisèle Rime. Les trois jeunes
femmes travaillent ensemble depuis quelques années déjà sur différents
projets toujours centrés sur la voix, comprise comme une matière
organique, sensible et fluctuante.
Nørn explore
les frontières cachées qui séparent les musiques médiévale,
traditionnelle et contemporaine et transgresse les frontières entre
passé et avenir, imaginaire et réalité, oeil et oreille….
Avec audace, fraîcheur et émotion, le
trio emmène le public dans l’exploration de contrées vocales
inattendues.
Autant par sa présence scénique que par le jeu des voix, Nørn se
conjugue entre force et fragilité, sauvagerie et légèreté, ne cessant
de dérouter et d’envoûter.

Caverneuses, rauques et profondes ou bien claires, pures et lumineuses,
sans appartenance stylistique qui les enfermerait, les trois voix se
mélangent et se repoussent...
Le nom du trio est né lors
de leur premier projet, Fridj, qui emporte l’auditeur dans un nord
imaginaire. Dans la mythologie scandinave, les Nornes sont trois femmes
sans âge qui siègent au pied de l’Arbre de vie et tissent le destin des
hommes, depuis le moment de leur naissance jusqu’au moment de leur mort.
Il y a la Norne du passé, mélancolique et sensuelle, la Norne du
présent, espiègle et vive, et la Norne de l’avenir, guerrière et
visionnaire.
Avec malice, les trois chanteuses aux
personnalités marquées incarnent sur scène les trois sorcières du Nord.
Et Nørn est tout naturellement devenu le
nom de leur trio !
Après Fridj, le trio s'est investi dans
un nouveau projet, Iod.
« Un jour, je suis tombée sur une carte des fonds marins. Ma
fascination fut totale, sauvage, magnétique. Comme s’il m’était
brusquement donné de voir ce qu’on ne voit jamais : les chaînes de
montagnes de mes origines, les serpents de basalte de mon plus vieil
ADN, les grands volcans de ma naissance. Mille fois engloutie, c’était
là toute notre histoire d’homme-poisson ! »
Anne-Sylvie Casagrande
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Ecouter et voir Nørn est une expérience, une plongée dans un monde
plein d'impressions et de rêves. Elles chantent dans une langue
inventée, le nørnik, curieux alliage de mots qui n’existent pas, mais
qui semblent cependant familiers, dansent comme des sorcières ou comme
une créature à trois têtes.
Par ses contrastes et sa sauvagerie,
Nørn ébranle l’auditeur et l’emmène dans un univers nouveau où règne
l’émotion.
Deux CD reprennent les spectacles de
Nørn : Fridj (2004) et Iod (2007).

«
Trois femmes. Fascinantes comme un trio de planètes étincelant au
firmament de nos imaginaires… Aussi différentes qu’unies dans leur
recherche d’un son venu du fond des âges, venu du fond d’elles-mêmes… A
la fois étrange et familier, l’univers de Nørn attire comme un lieu
artistique aux multiples possibles. »
C. Jaquiéry
Mathias
Duplessy
invité en 2005 (avec Silva Malagugini et la Compagnie Nonna Sima)
Nous
avions découvert Mathias Duplessy au sein de la Compagnie Nonna Sima en
2005. Guitariste, chanteur, multi-instrumentiste, il a travaillé avec
Bevinda, Mônica Passos, Sophia Charaï et d'autres. Le revoilà dans un
tout autre contexte, celui du trio. Mathias Duplessy invite ici
Jean-François Ott (1er prix de violoncelle au Conservatoire de
Versailles) et le percussionniste Nicolas Gorge.

Mathias Duplessy: guitare, chant, oud, berimbao, viola, flûte
Jean-François Ott : violoncelle
Nicolas Gorge : percussions
Un
trio envoûtant bien difficile à décrire. Réminiscences mongoles,
flamenco, Amérique Latine, Moyen-Orient, jazz, sont évoqués sans que
jamais on n'ait l'impression d'un collage.
On pense par moments à
Anouar Brahem, à Nana Vasconcelos et Egberto Gismonti, mais c'est une
musique bien personnelle que propose ce trio.
Les chamanes
arrivent après une longue initiation à pratiquer le Voyage astral:
pouvoir voyager avec son esprit dans l'espace et le temps, se rendre
aux quatre coins du monde, dans le passé ou le futur juste en fermant
les yeux. La musique est toujours apparue comme telle à Mathias
Duplessy : une explosion totale du temps et de l'espace. C'est donc une
sorte de Voyage astral qu'il propose ici.
Band
of Gnawa
invité en 2009
Initié
par Loy Ehrlich (Hadouk Trio) avec Louis Bertignac (ex-Téléphone),
Cyril Atef (M, Bumcello), Akram Sedkaoui (M’Source) et Saïd Boulhimas,
un jeune maâlem gnaoui d’Essaouira accompagé de 4 gnaoua, le projet
BAND OF GNAWA revisite quelques grands standards de Rock’n’roll des
70’s (dont "Come Together" des Beatles, "Who Knows" d’Hendrix,
"Sympathy for the Devil" des Stones ou "Four Sticks" de Led Zeppelin)
avec la volonté d’un véritable métissage avec les musiques gnaoua dont
ces groupes se sont souvent inspirés.
Ce projet évoque
le fameux groupe "Band of Gypsys" crée par Jimi Hendrix en 1969. De
nombreux artistes et groupes rock des années 70, tels que Hendrix, Led
Zeppelin et d’autres ont été directement influencés par les musiques
d’Afrique, du Maghreb et particulièrement par celles des Gnawa.
Les musiciens de Band of Gnawa :
Loy EHRLICH claviers, basse et direction artistique
Louis BERTIGNAC guitare
Cyril ATEF batterie et percussions
Akram SEDKAOUI chant lead rock
Maâlem Saïd BOULHIMAS chant lead gnawa et gumbri
Abdellatif RAMNI crotales, choeurs, danse
Amine EL ALLOUKI crotales, choeurs, danse
Hicham AIT SALAH crotales, choeurs, danse
Simo BOUMAZZOUGH crotales, choeurs, danse
Un extrait video :
Asie :
Faiz Ali Faiz
invité
en 2006
Faiz
Ali Faiz, né à Sharaqpur au Pakistan, a appris la musique classique
auprès de Ustad Ghulam Shabir Khan et Ustad Jafat Khan et est considéré
comme le représentant le plus éminent du Qawwali. Ce chant soufi très
ancien (fixé au XIIIe siècle) est une forme non orthodoxe de chant
musulman, celui-ci interdisant en principe la musique. Ce chant dans sa
forme actuelle résulte de la rencontre des cultures musulmane et
hindoue. La voix de Faiz se caractérise par une étendue exceptionnelle
et un timbre particulièrement riche qui évoque le célèbre Nusrat Fateh
Ali Khan, auquel il rend hommage dans son CD "L'amour de toi me fait
danser".
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Chant religieux destiné à
véhiculer la poésie soufie, le qawwali se caractérise par l'usage de
voix masculines fortes, faisant alterner solo et choeur, répétitions et
improvisations par le soutien vigoureux des tablas et de claquements de
mains. Ce chant intègre des éléments profanes étrangers à la tradition,
et n'hésite pas à adapter ses schémas mélodiques, rythmiques et son
contenu poétique à l'auditoire. Ainsi Faiz Ai Faiz s'inspire parfois de
l'esthétique musicale du cinéma, de même que Nusrat Fateh Ali Khan
cherchait à capter à travers les programmes de télévision l'image
acoustique des pays où il donnait ses concerts.
En 2009 c'est la rencontre avec Titi Robin. Jaadu (Magic) est issu de cette rencontre entre le pakistanais et le français.
Quand la fantaisie d'un musicien comme Titi Robin rencontre le chant
d'un maître qawwali tel que Faiz Ali Faiz, le feu prend très vite et la
musique s'embrase, virtuose et puissante, débordante d'énergie, de
lyrisme et d'émotion.
Guitariste, joueur de oud et de bouzouq, depuis
son premier disque 'Gitans', Titi Robin vagabonde entre les contrées
musicales d'Andalousie et d'Orient. Il en a tissé un lien de connivence
unique, une mosaïque tzigane nourrie de ses voyages et imprégnée de ses
rencontres. 
Dès le premier morceau, « More Ângna », la profondeur de « Jaadu » est annoncée avec succès.
Musique
inspirée de la poésie soufie, le répertoire varié tout en restant
cohérent propose sept titres puisés dans la tradition du
qawwali. Les prouesses vocales de Faiz Ali Faiz accentuent le
lyrisme et l’émotion inhérente à chaque poème et la connivence avec
Titi Robin ne fait qu’embraser ce voyage magique, transe enivrante et
spirituelle.
Onze musiciens au toucher et au phrasé remarquable
accompagnent l'aventure;
voix, bouzouq, rubab, guitare, harmonium, accordéon, gumbass, clarinette, cor
anglais, tablā.
Ici, le dialogue se distingue par un parti pris et un jeu d’affinités,
excédant le champ instrumental et les filiations stylistiques, grâce à
quoi il s’impose, à force de conviction, d’émotion singulière, comme
une sorte d’hymne.
« Jaadu », la
« magie », est un album puissant où le rythme est un tapis de plaisir
tout en finesse, en élégance, en sophistication vocale et
instrumentale. Une rencontre aboutie et mature, qui est le fruit d’une
transmission réussie et mouvementée qui, littéralement, coule de
source. « Magie » d'un
voyage inédit au coeur d'une nouvelle contrée, entre rêve et réalité, à
mi-chemin d'influences populaires, d'accents de fête et d'arabesques
orientales, de ferveur mystique et de virtuosité instrumentale.
Ensemble Leylii
invité en 2006
Les
miniatures et les peintures anciennes attestent la vitalité des
pratiques musicales féminines, à la Cour comme dans la sphère publique,
et cela jusqu’au renouveau de la musique savante des années 1850.
Plutôt
que de s'efforcer d'imiter le chant et le style instrumental où les
hommes excellent, certaines artistes, comme celles réunies dans
l'Ensemble Leyli (*), ont choisi de renouer avec un style et un
répertoire proprement féminins.
Leur musique se caractérise par la
grâce et la légèreté, la fidélité aux canons, la finesse et la pureté
de l'interprétation, autant de qualités devenues rares dans les
ensembles actuels. Les instruments sont ceux que l'on voit dans les
mains des musiciennes sur les représentations anciennes: la vièle
kamânché, les luths setâr et 'ud ou barbat, et le tambour sur cadre,
dont s'accompagne nécessairement toute chanteuse digne de ce nom.
Les
pièces instrumentales et vocales sont agencées en cycles courts, qui
laissent occasionnellement la voix prendre son essor dans d'émouvantes
séquences de chant libre, et qui se concluent souvent sur des airs
conçus pour la danse.
(*)
Azadé Hojat: chanteuse, tambour dâyré
Leyli Atashkar: luth setâr
Asaré Shekartchi: vièle kamântché
Nushin Pasdar: luth barbat, tambour zarb
Source : L'Ecoute des mondes,
http://www.rsr.ch/espace-2/l-ecoute-des-mondes/selectedDate/27/8/2006
Mahwash & Ensemble Kaboul
invités en 2005
Fondé
dans les années 40, Radio Kaboul permit de révéler de nombreux
artistes, héritiers d'une tradition complexe aux confins de l'Iran, de
l'Inde et de l'Asie centrale. Réduite à un rôle de propagande par
l'invasion soviétique, interdite comme toutes les formes musicales par
les Talibans, cette musique revit aujourd'hui.
La chanteuse Mahwash et l'Ensemble Kaboul, formé de musiciens afghans en exil, rendent hommage aux compositeurs afghans, tous morts à l'exception de Hossein Arman. Radio Kaboul
entend tirer de l'oubli ces acteurs de la musique afghane moderne,
grands compositeurs ou musiciens populaires accompagnant les moments
importants de la vie.

invité en 2004
Okna Tsahan Zam est le maître du chant diphonique (khoomei), technique
spectaculaire très utilisée dans le chant mongol traditionnel qui
permet de chanter deux mélodies en même temps. Appelé aussi « chant de
gorge », c'est l'émission simultanée de deux sons gutturaux, une
technique très ancienne de respiration qui donne au chanteur la
possibilité de libérer l’énergie de l’organisme. Le khoomei
(littéralement pharynx) se caractérise donc par l'émission simultanée
de deux sons, une note grave constante et un son flûté aigu que le
chanteur module à son gré. Cette technique, souvent liée aux rites
chamaniques, permet d’entrer dans un état psychophysique particulier,
et d'obtenir une perception accrue du monde qui nous entoure.
Okna Tsahan Zam (« La route blanche », de son vrai nom Vladimir
Kharouev ) est né en 1957 sur la longue route qui ramenait vers leurs
terres les Kalmouks déportés en Sibérie par Staline. «La route blanche
» signifie « la route de la joie, la route qui mène vers le bonheur ».
Il abandonne sa carrière d'ingénieur pour se consacrer à l'étude de ses
ancêtres.
« Shaman voices. A journey in the steppe » est constitué par la
succession de plusieurs séquences musicales mises en scène de manière
très cinématographique, rendant compte de nos visions de l'univers de
la steppe. Des chansons très mélodiques où l'acoustique domine,
soutenues par des apports électroniques côtoient des chansons beaucoup
plus « roots » (voix et dombra). Trois titres sont entièrement
consacrés au chant diphonique et donnent un aperçu de l'art de Okna
Tsahan Zam en solo. Même sans utiliser le khoomei, la voix de Okna Tsahan Zam possède un grain et une profondeur exceptionnelle. Remarquable technicien c'est avant tout un grand chanteur. | ![]() |
EDJIN DUUN (« La chanson de la Mère ») est un hommage à toutes les
Mères et par extension à la terre nourricière et à la nature.
Dans AKHNER DUUNER (« Frères aînés et frères cadets »), la technique de
khoomei est incluse dans la mélodie.
VOLKI (Les loups) "La chasse pour le plaisir fait mal à la nature, il
faut chasser pour se nourrir, tel est le message écologique de cette
chanson".
SIBIRE relate la déportation en Sibérie de tous les peuples
minoritaires de la Russie, dont le peuple Kalmouk, par Staline de 1943
à 1953 . La population entière fut déportée et beaucoup sont morts de
froid et de faim.
SAMARINE est l'histoire d'un berger très habile qui garde le troupeau
de chevaux dans la steppe. Il est tellement adroit qu'il peut faire
revenir les chevaux fugueurs juste en tirant une petite flèche qui
siffle à leurs oreilles. Son cheval fétiche à le pouvoir de se déplacer
sans que son dos provoque le moindre mouvement. Ils parcourent ensemble
la steppe infinie et communient avec la nature et le cosmos »
DJANGAR (Djangar le tout-puissant) est le héros mythique du récit
épique Kalmouk. Cet extrait se termine sur un passage de Khoomei.
Dans AR BUMBIN ORN, Okna Tsahan Zam ne chante pas, il parle, respire,
mais le pouvoir chamanique de sa voix y est tout aussi fort.
KHOOMEI CHOIR (Chœur Khoomei) est un chœur constitué par la
superposition de huit des voix d'Okna Tsaham Zan. Des basses aux
aigues, il utilise plusieurs techniques de Khoomei.
DAVUR GAZEN Pour un Kalmouk, il existe deux trésors, le cheval et la
femme. Cette chanson décrit l'admiration que suscite le galop du cheval
comparable à l'amour d'un jeune homme pour une femme. Destinée à la
danse, elle se prêtait tout naturellement à une adaptation actuelle.
Les sons de la steppe, musique naturelle parfois accompagnée par l'écho
lointain d'un musicien parcourent l'ensemble de l'album, sollicitent
l'imaginaire et dressent le décor. Ce disque associe instruments
traditionnels et high-tech avec pour seul critère la volonté de
communiquer l'émotion au mieux. Tous les instruments traditionnels ont
été joués par des musiciens mongols ou kalmouks, à Paris, en Kalmoukie
et en Mongolie. Les sons de la nature (vent, tonnerre, loups, chevaux
etc…) qui lient les chansons entre elles du début à la fin de l'album
ont été enregistrés sur place pour créer un univers sonore authentique
en harmonie avec la dimension cosmique de la steppe.

EGSCHIGLEN
("belle mélodie") a été fondé en 1991 par quatre étudiants du
conservatoire d'Ulaanbaatar. Dès le début, le groupe se concentre sur
la musique contemporaine Mongole, tout en explorant les arts musicaux
populaires d'Asie centrale. Aujourd'hui les sept musiciens mongols se
remarquent par la virtuosité de leur musique. Celle-ci prend la forme
d'acrobaties vocales : le Khöömie, émission simultanée d'un bourdon et
de sons harmoniques, le khailakh récitatif, ou encore le mélodieux
Duulakh.
Elle se caractérise également par des
recherches sur le langage sonore de la vielle cheval Morin khuur, de la
cithare trapézoïdale Yootchin et du luth à deux cordes Tobshuur.
En
aucun cas EGSCHIGLEN n'est poussé par l'urgence de la modernité, il
évite toute hybridation mondialiste. Le groupe joue avec les
transpositions mélodiques et développe une musique lumineuse mêlant
fredons étranges, muettes gutturales et digressions pentatoniques.
La
musique et les danses d'EGSCHIGLEN sont fortement marquées par
l'univers poétique des nomades mongoles et les traditions chamanes.
Elles nous transmettent l'harmonie d'un peuple vivant en accord avec la
nature et ses cinq bijoux « les chevaux, les chameaux, le bétail, les
moutons et les chèvres. »
Et si les sonorités mongoles
semblent étranges et mystérieuses pour des oreilles occidentales. En
particulier les chants Khöömie... Comment imaginer qu'une voix peut
produire de telles aigues et graves en même temps ?
EGSCHIGLEN
exprime des sentiments humains de base : amour, douleur et gratitude.
Sa musique nous est donc aussi familière. Elle nous rappelle qu'au delà
de toutes les différences culturelles, certains éléments sont communs à
l'existence humaine.
Source : Accords croisés
http://www.accords-croises.com/fr/artistes.asp?artiste=26
Huun-Huur-Tu
invités en 1996 et 2007
La
musique traditionnelle de Touva, République autonome à la frontière de
la Sibérie et de la Mongolie, a la particularité de vouloir développer
un caractère mystérieux et magique, celui de domestiquer les animaux
sauvages, de calmer les esprits, de nous faire entendre les chants des
oiseaux, le ruissellement de l’eau ou le hennissement d’un cheval.
Cette
musique se rattache à la tradition chamanique très ancrée dans ces
contrées. On sait que la culture chamanique est une des voies
spirituelles les plus anciennes de la terre. Elle s’attache à maintenir
un certain équilibre de la société et une harmonie positive des
individus en les situant un pied sur terre, et l’autre dans le monde
des esprits.
Le « vol chamanique » est le voyage de l’âme
qui peut emmener les chamans dans d’autres réalités vers d’autres
régions du monde. La musique s’inscrit dans ce voyage et conduit
l’auditeur sur ces voies mystérieuses.
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Huun
Huur Tu est une expression par laquelle les Tuvan désignenet leur
terre, en référence aux rayons du soleil frappant la prairie au
crépuscule et à l'aube. Les membres de l'ensemble ont choisi ce nom
pour souligner l'attachement aux traditions pastorales propres aux
plaines du Sud de la Sibérie dont ils sont originaires.
La
musique par laquelle la République de Tuva est la plus connue est le
chant diphonique ou kloonei (mot mongol pour gorge). Par des mouvements
précis des lèvres, de la langue de la mâchoire, les chanteurs
intensifient certaines harmoniques naturelles de la voix.
Ce chant diphonique se caractérise par l’émission conjointe de deux
sons à partir des voyelles réputées riches en harmoniques.
L’un de ces sons est dit « son fondamental » ou « bourdon ». C’est un
son continu, alimenté par le souffle du chanteur.
L’autre
dit « son harmonique » varie, dans les hauteurs, au gré du chanteur. La
position de la langue joue un rôle prépondérant pour l’émission du son
: si elle est au repos, le chanteur, au dessus du bourdon, ne peut
exécuter que deux ou trois harmoniques. En revanche, s’il change la
position de sa langue en divisant sa bouche en deux cavités, les sons
harmoniques deviennent plus aigus, intenses et nombreux.
Les harmoniques se succèdent alors jusqu'à former des mélodies
pentatoniques tissées entre les textes chantés.
Chez
les Touvins, étonnamment, on rencontre quatre techniques principales de
chant diphonique avec un bourdon à hauteur variable :
1 Le
style kargyraa : le son le plus grave a un timbre très spécial évoquant
le cor de chasse.( Le battement des cordes vocales est très lent
puisqu’il oscille entre 55 et 65 Herz.)
2 Le style
borbannadyr : le timbre du bourdon est plus doux que celui du style
Kargyraa. La particularité ici est que le chanteur peut alterner ces
deux styles dans une même pièce musicale. (bourdon à 110 Herz)
3
Le style sygyt : il possède un bourdon ou son fondamental plus aigu,
entre 166Herz et 220Hz (« la »grave). Le chanteur peut ainsi superposer
sur le bourdon, une mélodie d’harmoniques extrêmement aigus.
4
Le style ezengileer : variante du chant précédent, ce style est
caractérisé par un rythme saccadé que l’on retrouve dans le choc des
étriers du cheval au galop. Il est donc surprenant de penser que la
bouche joue un rôle aussi fondamental. A cet égard, certains chanteurs
de Touva arrivent à rajouter une troisième voix !
Il faut
savoir que chaque son musical fondamental possède au minimum une série
de 16 sons harmoniques dont l’ordre est inchangeable. Si, par exemple,
vous écoutez attentivement le son d’un gong ou d’une cloche, vous
pourrez en entendre quelques uns.
Les instruments de musique
présentés au concert de Huun-Huur-Tu sont représentatifs du patrimoine
musical de Touva. Cependant, on peut chercher des points de comparaison
avec nos instruments de musique occidentaux.
On distingue
d’une part les instruments à cordes frottées ; ainsi l’igil se
rapprocherait d’un violon mais posé sur la jambe, alors que la byzancy
rappellerait aussi un violon dont l’archet serait intégré à
l’instrument même.
L’igil : ( prononcer « iguil ») ; C’est
une vièle à 2 cordes dont la caisse de résonance et le manche sont
taillés dans un seul morceau de bois (du mélèze en général).Quant au
chevalet et aux deux chevilles, ils sont fabriqués en bouleau.
Cette
vièle peut avoir une forme trapézoïdale ou allongée. Le manche se
termine par une belle tête de cheval sculptée. L’igil produit toujours
une mélodie à deux sons, la corde grave servant de bourdon. La position
du musicien n’est pas toujours la même ; s’il s’agit d’une fête,
l’instrumentiste est assis sur un tapis. S’il s’agit au contraire d’un
concert, ce dernier est assis sur une chaise, sa jambe gauche posée sur
sa jambe droite, l’instrument calé sur le haut de la botte de
l’interprète !
La byzancy : C’est une vièle à quatre cordes
dont la caisse de résonance est en bois. L’archet dont le crin est
composé d’une touffe de cheveux ne peut se détacher des cordes. De
plus, un anneau métallique permet de raccourcir la longueur des cordes
et donc de modifier la hauteur des sons. Plus la corde est courte, plus
le son est aigu.
Le doshpulur : C’est un luth à deux cordes
dont la caisse de résonance peut être ovale, arrondie, piriforme,
c’est-à-dire en forme de poire, ou encore trapézoïdale. On en joue en
pinçant les cordes de sorte que les sons puissent être entendus de
manière alternée ou simultanée.
La guimbarde : C’est un des
instruments les plus répandus à Touva. Fabriqué en fer, elle comprend
un cadre de forme de trapèze qui maintient et enserre une languette.
Cet instrument se joue en mettant en vibration la languette du majeur
ou du pouce de la main droite, tandis que le pouce et l’index de la
main gauche maintiennent l’instrument. La cavité buccale sert de
résonateur et de fait amplifie le son.
Les instruments à percussion : le tambour chamanique - tambour de terre
- sabots de cheval – sorte de maracas en peau.
Les Touvins ne vivent pas de la même façon, selon le lieu géographique
où ils se trouvent.
A
l’ouest, ce sont des nomades qui élèvent chevaux, chameaux, yacks,
moutons, vaches, chèvres et même parfois rennes… Ils mènent une vie de
nomades, obligés d’effectuer des transhumances plusieurs fois par an :
l’élevage, l’activité agricole et la chasse sont leurs principales
occupations. A l’ouest, les membres de la famille forment un clan,
transhument ensemble et s’hébergent dans des campements formés de
plusieurs « yourtes ». (tente en feutre)
A l’est, le peuple
est sédentaire et vit aussi de la chasse. A l’est, ils vivent dans un
habitat conique. Leurs maisons sont recouvertes d’écorce de bouleau
l’été, de peau d’élan l’hiver !
Tout diffère encore de
l’ouest à l’est quand il est question de modes vestimentaires (costumes
et motifs décoratifs très différents).
La musique et le chant sont intimement liés à la vie quotidienne de
Touva.
On
peut évoquer des berceuses, des chants d’apprivoisement quand les
bêtes, agneaux ou chameaux, sont gardés par grands froids sous la
yourte.
Il y a aussi les chants de travail, les récitations chamaniques, les
chants pour les courses de chevaux.
Enfin
les chants liés à une action physique ont leur place dans un pays assez
rude : chants lorsque l’on trait une vache ou une chèvre ou lorsqu’il
s’agit de motiver son cheval avant la course
Huong Thanh
invitée en 2009
Huong
Thanh incarne les particularités du chant traditionnel vietnamen, riche
en subtils ornements et précises inflexions, en finesse et diversité
d’expressions et de timbres.
Depuis son installation à Paris
depuis 1988 elle participe à de nombreux spectacles de Cai Luong en
compagnie de brillants artistes, organisés par la communauté
vietnamienne dans tout l’Europe. Entre 1996 et 2001 elle sort deux
albums « Moon & Wind » et « Dragonfly » tous deux salués par la
critique internationale. En 2004, son troisième CD « Mangustao »,
sélectionné comme les autres par FIP, a de nouveau obtenu le prix Choc
du Monde de la Musique et a été classé 2ème dans le classement de Word
Music Charts Europe.

Connue par les
chants traditionnels du Vietnam arrangés de manière jazzistique par le
guitariste Nguyên Lê qui a produit ses 3 premiers albums, Huong Thanh
revient en 2005 avec un trio à ses sources pour une interprétation de
cette musique traditionnelle si riche et si variée des trois régions de
ce pays, allant du Nord, voluptueuse et céleste, au Sud, nostalgique et
touchante, en passant par le Centre, majestueuse et impériale. Ses
chants sont accompagnés par des instruments aussi variés que le pipa
(luth) vietnamien au son majestueux et grave, le t’rung des peuples de
montagne aux notes oscillantes ou la mélancolie du monocorde, la gaité
du cythare, …

Un nouvel album « Fragile
Beauty » produit par Nguyên Lê a été réalisé et distribué en automne
2007. Dans la même année, elle reçoit le Prix des Musiques du Monde de
France Musique avec lequel elle est rentrée au pays pour réaliser un CD
sur la musique du théâtre Cai Luong. En même temps, elle forme un duo
de charme avec Mieko Miyazaki aux sons impériaux du koto. Le groupe
commence à cueillir beaucoup de succès en Europe. En 2008, elle forme
un trio aux magnifiques couleurs de l'Asie, Vietnam, Japon, Chine, avec
Guo Gan et son erhu. Les charmes et les mystères de l'Asie dans toute
leur splendeur.


Site : www.myspace.com/huongthanh
Mieko
Miyazaki
invitée en 2009
MIEKO
MIYAZAKI découvre le Koto à l'age de neuf ans. Diplômée en 1992 par
"The Tokyo National University of Fines Arts and Music ", elle est
invitée à se produire dans le cadre du Palais Impérial en présence de
l'Empereur et de l'Impératrice. Révélée par la NHK lors d'un concert de
musique japonaise diffusé sur NHK-FM, elle s'impose comme une
concertiste de premier plan et étend son répertoire à une grande
variété de style musicaux différents. Elle se produit des lors en
soliste en Asie, Chine, Singapour et Taiwan, ansi que dans de nombreux
festivals européens, Italie, Belgique, France, Norvège, Islande. Par
ailleurs, elle participe à divers événements culturels organisés par
l'ambassade du Japon. Parallèlement à sa carrière de concertiste, elle
fait ses débuts en tant que parolière et compositrice de chansons pour
enfants. Ces chansons, télédiffusées par les companies NHK-TV et
FUJI-TV lors de leur émissions pour enfants, sont devenues des "
Standards " du genre.
En 1999, lors du grand concert à la
mémoire des victimes du tremblement de terre de Hanshin, elle donne un
fascinant récital où l'interpr&eacte;tation de ses oeuvres
originales rencontre un accueil enthousiaste tout en révélant la fusion
de ses talents d'interprète et de compositeur. En 2001, elle est
invitée à se produire en duo, Koto et percussions japonaises, lors du
somment culturel " The Asia Pacific Cup English Presentation " tenu à
Singapour. Ce concert sera par la suite retransmis dans tous l'Asie.
Depuis
lors elle a fondé ses propres ensembles et poursuit une brillante
carrière. En 2004 l'un de ses groupes " East Current " (duo Koto et
flûte shakuhachi) réalise une tournée aux Etats-Unis, qui reçoit un
accueil exubérant de la part du public. Mieko Miyazaki a réalisé neuf
CD depuis 1995. Ses trois CD réalisé depuis 2000, " Koto J.S. Bach ", "
Koto Ambient Chopin ", " Koto Ambient Gymnopédie ", continuent leur
carrière dans les bacs japonais, et nombre de ses rélisation sont en
vente aux Etats-Unis.
Elle habite en France.
Son
album "East Current " contient notamment le titre " The Current "
classé au Japon dans le Top 30 de la musiquepour koto en 2005.
De
la rencontre avec le guitariste franco vietnamien Nguyen-Lé et la
chanteuse vietnamienne Huong Thanh naissent aussi les projets « Fragile
Beauty » (Jazz fusion) (Album CD, Label ACT), « Asian Colors » avec le
virtuose de l’Erhu , Guo Gan (musiques d’asie), « Saiyuki » avec le
percussioniste indien Prabhu Edouard (Jazz fusion).

![]() | Musicienne
infatigable elle rejoint l’ensemble vocal corse Voce Ventu pour un
projet mêlant avec bonheur musiques corses et mélodies
japonaises…(concerts à Ajaccio, Porto Vecchio, Tokyo, Fukuoka…) Son univers se tourne aussi vers le Jazz avec la création de l’ensemble « Koto 2 Evans » en compagnie de Heri Paredes (piano), Claude Mouton (Basse), Hidehiko Kan(batterie). Suscitant l’intérêt de nombreux compositeurs contemporains, elle crée coup sur coup la « Suite Miyazaki » (avec le trio Miyazaki) d’Isabelle Von Brabant , « Azuma » de Jean Yves Bosseur, et cinq pièces composés autour du Koto par de Jeunes compositeurs pour le festival Trans’form du CNR de Bordeaux. |
Elle
poursuit son expérience dans l’esthétique contemporaine par
l’improvisation, en duo avec le compositeur et pianiste François Rossé,
et avec Sylvain Roux ( fifre, flûte, voix). Elle rejoint la compagnie «
Eclats » pour le spectacle « Songs » mêlant chorégraphie contemporaine,
improvisation et chant , autour de musiques de John Cage .
A
L’origine de nombreuses émissions de radio et de reportages TV sur
France Musiques, France Inter, FR3, Arte, ses récentes activités
l’amènent à parcourir le globe de l’Asie à L’Europe, de l’Afrique du
nord à l’Amérique du sud, des Etats Unis à la Chine.
Site : http://www.miekomiyazaki.com/
Afrique
:
Salem Tradition
invités
en 2004
Christine Salem se souvient encore aujourd’hui de sa première rencontre
avec le maloya.
« Un beau jour, j’étais très jeune, 7 ou 8 ans, je passais dans la rue
avec ma mère, mes frères et sœurs et nous sommes passés devant le
groupe Ziskakan qui jouait ». A l’époque, cette musique qui raconte
l’esclavage et les souffrances du peuple africain était interdite sur
les ondes réunionnaises parce que trop revendicative. « Parce qu’elle
permet de dire les choses telles qu’elles sont. »
Originaire du quartier des Camélias à Saint Denis, Christine Salem fait
partie de la nouvelle génération de voix féminines chantant le maloya.
À 12 ans, elle écrit ses premières chansons. Mélangeant, séga, maloya
ou blues, elle fait ses débuts dans la rue avec des copains et
fréquente différents courants musicaux de l'Ile en tant que choriste.
On lui propose un jour de passer sur le devant de la scène, place
d’ordinaire réservée aux hommes. Sans se poser de question, elle prend
le kayanm (percussion rectangulaire et plate faite d’un cadre en bois,
de tiges de canne à sucre et de graines de safran) en main.
Avec son groupe, Salem Tradition fondé en 1997, elle mélange
subtilement la musique de l’Océan Indien avec des instruments
traditionnels africains et réunionnais (roulèr, dundum, djembé). Les
textes de ses chansons, chantés en créole, en dialectes malgaches ou
comorien et swahili, doivent faire sens déclare Christine Salem. "Je ne
chante pas juste pour chanter. Le maloya c’est écouter ses émotions, ce
que l’on ressent".
| Le premier album live"WALIWA" est
l'aboutissement de la résidence du groupe lors du festival "Les Escales
de St Nazaire"2001. Second album : Krie. | ![]() |
Richard
Bona
invité en 2004
Né en 1967 à Minta, au Cameroun, il est initié très jeune à la musique
par ses parents. À l’âge de 4 ans, il reçoit son premier instrument, un
balafon, et commence à chanter à l’église de son village. Grâce à son
talent, il est rapidement invité à se produire lors des fêtes et
cérémonies locales. En 1980, un propriétaire de club lui propose de
former son propre orchestre et de venir jouer dans son établissement.
C’est alors qu’il découvre le jazz à travers Jaco Pastorius, dont
l'écoute lui fait choisir la guitare basse. Puis il découvre Miles
Davis, Georges Benson, …
La mort de son père vient le bousculer en 89, à cette époque il sait
déjà qu’il ne restera pas longtemps seul à Douala. À l’âge de 22 ans,
l’artiste débarque en Europe, d’abord en Allemagne, puis en France,
afin d’y entreprendre des études en musique. Durant plusieurs années le
jeune artiste écume les boîtes de jazz et multiplie ses apparitions
auprès de musiciens d’envergure tels que Jacques Higelin, Didier
Lockwood et Manu Dibango. Interdit de séjour en France en 1995, Richard
Bona décide ensuite de s’établir à New York où il collabore avec les
plus grands noms de la musique : Joe Zawinul, Herbie Hancock, Bobby Mc
Ferrin, …
En 1999, Brandford Marsalis l’aide à signer chez Columbia Jazz. “Scenes
of my life”, son premier album sort dans l’année, dans ce disque le
musicien esquisse les contours de son univers musical.
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“Reverence” suit en 2001, et « Munia » dans lequel il dédie un titre à
son héros Miles Davis, en 2003. Aujourd’hui sa vie n’a pas changé, elle
est toujours faite de rencontres et de voyages.
« Toto Bona Lokua » l’album qu’il a concocté avec ses compères Lokua
Kanza et Gérald Toto, illustre bien cet état d’esprit . Dernier album,
en 2005 : Tiki.
Aïcha
Redouane
invitée en 2006
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Nahawa Doumbia
invitée en 2002

Photo Mondomix
Nahawa Doumbia est une idole au Mali et une des références vocales
d'Afrique de l'ouest. La reine du Didadi - un rythme sur lequel les
jeunes gens se défient lors des cérémonies et des soirées de fête aux
périodes des semailles et des récoltes - a décidé un retour à la
tradition instrumentale du wassoulou, manière voluptueuse et rythmée de
phraser la mélodie.
Houria
Aïchii
invitée en 1998, 2002 et 2009
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Chanteuse chaouie, née en plein cœur des Aurès (région montagneuse de
l'Algérie), Houria Aïchi travaille depuis des années sur le patrimoine
musicale algérien. Patiemment, elle en collecte les derniers vestiges
dans les villages oubliés et les interprète en tentant de rester aussi
fidèle que possible à la tradition.
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Discographie : Chants sacrés d'Algérie - Virgin Classics - EMI music
(2001)
Hawa - Tempo Naive Auvidis (1993)
Chants de l'Aurès - Work Naïve Auvidis (1990)
Cavaliers de l'Aurès avec l'Hijâz'Car (2008)
Faytinga
invitée en 2002

Faytinga est une Kunama (peuple du nord-est de l’Érythrée). Entrée dans
la lutte armée pour la libération nationale dès l’adolescence, elle
souhaite aujourd’hui dépasser le registre de la guerre pour faire place
à des thèmes plus personnels (amour, femmes, divorce). Elle compose la
musique sur son krar (harpe-lyre). Sa voix très aigüe peut rappeler
celle de l’Éthiopienne Aster Aweke.
Colenso
Abafana
invités en 2002
Cette formation de neuf chanteurs et danseurs interprètre des
polyphonies et danses zouloues d’Afrique du Sud. En 1995, la fin de
l’apartheid leur a permis d’effectuer leurs premières tournées
internationales et de venir pour la première fois en France où la
formation a rencontré un accueil enthousiaste dans les principaux
festivals.
Vêtus de costumes traditionnels propres au monde rural, les
danseurs-chanteurs célèbrent par leurs chants la paix, la
réconciliation, le respect pour les formes invisibles et le
rapprochement des peuples. Leurs polyphonies sont envoûtantes, d’une
perfection rythmique et harmonique absolue. Les voix sont rauques et
puissantes; chantant a capella, elles s’apparentent à un gospel
fiévreux et sans âge.
Les Colenso Abafana dégagent sur scène une grande générosité, empreinte
de joie de danser et de bonne humeur communicative.
invitée en 2006
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Photos Mondomix
Julia Sarr a chanté pendant près de douze ans aux côtés de Lokua Kanza
et des plus grands noms des musiques françaises et du monde. Patrice
Larose, jazzman et guitariste flamenco, a été le compagnon fidèle de
Marcio Faraco sur ses deux derniers albums. Ces deux-là commencent à
peine à faire connaître leur nom et ce n’est qu’un début.

CD Set Luna
Danyèl
Waro
invité en 2003 et 2008

Chanteur, poète et musicien réunionnais,
Danyèl Waro réinvente sans cesse sa musique. Pour lui, le Maloya est
une façon d’exprimer une revendication identitaire et de mettre en
lumière les subtilités de la langue réunionnaise.
Né le 10 mai 1955 au Tampon, un village
des Hauts de La Réunion, dans une famille d’agriculteurs, le jeune
Danyel passe des années difficiles à travailler la terre et à couper
les cannes à sucre. Enfant, ses journées longues et pénibles lui
rapportent le fruit de ses repas quotidiens : du maïs et des patates.
Ce souvenir de la nature marque son imaginaire jusque dans sa création
d’aujourd’hui : sa terre natale, ses fruits et ses racines sont la sève
de ses chansons.
Pour la famille Waro, le temps de
l’enfance n’est pas celui de la fantaisie. Le père du chanteur,
partisan communiste, n’a pas pour principe de se laisser aller aux
plaisirs artistiques, surtout à celui de la musique. Il faudra que
Danyel atteigne ses 18 ans pour entendre Firmin Viry faire vibrer les
rythmes du maloya lors d’une fête communiste. Ce jour-là, la musique du
« cafre », de l’esclave, « le maloya la case, maloya la cour » (maloya
qu’on chante à la maison) marque profondément sa sensibilité.
Le choix du maloya
Danyel hérite de son père la volonté de
travailler, d’enrichir et de faire perdurer son patrimoine culturel. Il
hérite aussi d’une conscience historique. Cette tradition qu’il vénère,
c’est son passé qui tombe dans l’oubli, la mémoire de ses ancêtres
souffrant en esclavage. C’est aussi la langue créole désormais si
diffuse dans le français. Danyel Waro, le créole blanc, le rouquin aux
cheveux crépus, va donc se battre pour les peuples de La Réunion et
pour leur mémoire. Et pour se battre, il va chanter.
Toutes ses revendications sociales et
politiques, ses convictions, ses traditions, il les fait vibrer au son
des graines de son kayamn. Le choix du maloya, n’est pas un pur hasard.
A l’origine, ce chant de souffrance et de rage que les esclaves
entonnent à la sortie des champs soulage la misère quotidienne. Danses
et chants frénétiques de libération viennent amoindrir tant bien que
mal les douleurs des hommes enchaînés, qui recomposent une communauté
autour de ces moments furtifs d’humanité. Mais, tant que dure le
colonialisme, le maloya est étouffé car la révolte bouillonne dans cet
art interdit.
Conscience identitaire
Ce n’est que bien plus tard, lors des
années 70, que le maloya refait surface avec une violence dérangeante :
une conscience identitaire très forte surgit du peuple. Ziskakan,
Baster, Alain Peters et Danyel Waro, soutenus par le Parti communiste
réunionnais (PCR), gênent les départementalistes qui n’ont alors qu’une
idée en tête, au nom de l’unité : faire tomber dans l’oubli l’histoire
et la culture de l’île.
Multipliant les rassemblements musicaux
clandestins, favorisés par l’appui du parti communistes, les artistes,
condamnés par les interventions des gendarmes, ne s’arrêtent jamais de
chanter ; même si leur parole reste difficile d’accès pour une
population qui n’est pas ou plus initiée au maloya.
Fidèle à sa vision du monde, pacifiste
et anticolonialiste, Danyel Waro va jusqu’au bout de ses convictions en
refusant d’intégrer le service militaire français en 1976. C’est
menottes aux poignets qu’il est conduit vers la lugubre prison de
Rennes, où 18 mois durant, il fera le point sur la situation de son île
et commencera à écrire. « Romans ékri dans le zol en Frans », publié en
1978, témoigne de sa révolte contre la politique du député Michel
Debré, qui fait exiler en métropole les fonctionnaires de l’Outre-mer «
troublant l’ordre public ».
Hommage aux ancêtres
De retour à La Réunion, Danyel Waro
participe sans relâche aux kabars, ces regroupements d’artistes en
lutte qui délivrent le maloya du silence et de la honte. D’origine
malgache, le service kabaré ou service malgache est une véritable
cérémonie rendue aux ancêtres. Sons de cloches, fumées et senteurs
envoûtantes colorent l’esprit des kabars où Danyel Waro, presqu’en
transe, sous l’œil d’un public médusé, offre son maloya. Pour
l’artiste, la musique se joue ainsi, en tee-shirt et en savates,
libérée et décomplexée, même si le parcours spirituel et religieux
demeure intact. Le musicien vit cette fête comme une survivance ultime
de la langue de la mère et du père, la langue créole qui a soudé les
ancêtres issus d’un brassage des cultures.« Pour moi Maloya, tu es la
fleur qui m’a manquée quand j’étais petit », confie le chanteur en
extase dans l’un de ses textes. Les récits d’amour, de peines et de
joies de son peuple irriguent ses chansons. Danyel donne une âme à la
langue créole dont il s’empare : elle devient poétique, magnétique, et
réveille les consciences de tous en rendant hommage aux ancêtres et à
leurs descendants. « Dans le maloya, on entend un peu de tout : de
l’indien, de l’africain, du malgache, du breton... ». Toujours en train
de créer et de s’ouvrir aux peuples divers de La Réunion, Danyel
compose pour la « réunionité » et la « batarsité ». Qu’elles soient
noires, blanches, tamoules ou chinoises, les communautés et leurs
diversités déploient l’énergie du métissage et d’une « Terre promise ».
Ascension artistique
Artisan habile, Danyel Waro revendique
les bienfaits de ses créations et de la précision du son des
percussions qu’il confectionne de ses mains calleuses. Il crée ses
propres moyens d’expression quand l’envie lui prend, en sculptant ses
instruments dans l’atelier de sa case, en écrivant ses poèmes et en
faisant résonner sa voix sur son maloya.La Réunion, terre d’exil,
d’accueil et de passage stratégique de l’océan Indien, conserve de part
son histoire de nombreux instruments traditionnels que Danyel recrée.
Le chanteur s’enthousiasme à confectionner le bobre malgache, les
tambours indiens, le roulèr et le kayamn réunionnais en manipulant tout
en finesse, les graines de safran, les tiges de fleurs de canne, les
peaux de bœufs qui résonnent en rythmes saccadés sur les pulsations du
chant et de la danse. Ces instruments sont le produit d’une terre, son
expression : ils en ont le grain, l’épaisseur et la matérialité. À la
fois tissage et métissage, le maloya unit la nature et les cultures.
Malgré des débuts difficiles, Danyel
Waro poursuit son ascension artistique jusque sur les scènes
internationales. La Réunion, comme point d’ancrage, a contribué à faire
découvrir l’artiste par des festivals localisés d’abord dans la zone de
l’océan Indien. Danyel disait au départ s’exprimer pour le peuple
réunionnais. Mais hors de son île, un autre public lui a fait prendre
conscience de son « rôle artistique ». Son idéal d’ouverture, un maloya
qu’il recrée sans cesse, l’impose sur les scènes internationales, de
Sakifo - festival international de musique se déroulant à la Réunion -
à Africolor - festival dédié à l’Afrique et à l’océan Indien dans
l’Hexagone.
Respect des traditions
Dans le maloya qu’il réinvente, Danyel
Waro ne se lasse pas d’entremêler différents styles musicaux. D’Alain
Peters, il a retenu le talent de l’écriture et la retranscription
intime de la douleur. De Georges Brassens, le Réunionnais aime l’esprit
rebelle et le rapport charnel aux mots. En septembre 2002, il triomphe
sur son île à Piton Saint-Leu, lors d’un concert aux côtés du jazzman
Olivier Ker Ourio : le maloya et le jazz fusionnent enfin. En mai 2003,
le malgache Rajery enrichit de son valiha - citare traditionnelle en
bambou - le maloya de Danyel Waro. En 2004, le pianiste Meddy Gerville
l’invite à partager la scène du festival de jazz en plein air. C’est
une affiche inédite pour les fans du chanteur.
Danyel Waro partage son art dans tous
les coins du monde : Afrique, Europe, Chine, Québec... Il ne manque pas
non plus, lors de ses retours chez lui, de continuer à militer pour le
respect des traditions. En 2003, lors d’une tournée du nom de «
Bitasyon fonkker », Danyel et ses amis alternent festivités et
réflexions sur le développement des Hauts de l’île.
Artiste accompli - musicien, chanteur et
poète - Danyel Waro est un homme entier, qui mêle sa vision du monde à
celle de sa musique.
Source : RFO
http://musiques.rfo.fr/article74.html
Le maloya est un rythme binaire et
ternaire sur lequel les travailleurs des plantations chantaient leurs
joies et leurs peines, des complaintes qui prennent leurs sèves au
carrefour des cultures et des influences africaines, malgaches et
indiennes. Le terme « Maloya » vient du malgache "Malahelo" qui renvoie
à la mélancolie et à la tristesse mais qui signifie aussi "parler,
exprimer".
Discographie
* Batarsité, 1994
* Sega la pente, 1996
* Foutan founkèr,
1999
* Bwarouz, 2002
* Sominnker, 2003
* Grin n syèl, 2006

Foutan founkèr
Grand Prix de l’Académie Charles Cros
Danyèl Waro vit sur l’île de la Réunion,
dans les hauts de Saint-Paul. Dans son atelier, il fabrique les
instruments traditionnels du maloya. Le maloya est le rythme
traditionnel de l’île, le blues de la Réunion... Danyèl Waro est resté
fidèle à la tradition acoustique de ce maloya et il en est le “héros”
reconnu dans toute l’île. Musicien, mais aussi poète, il sait faire
chanter le créole avec une émotion sans pareil.
Bwarouz
fff Télérama, Choc du Monde de la
Musique, Recommandé Répertoire
C’est à la case, au bord de la petite
route qui monte vers le Maïdo d’où l’on découvre un point de vue
époustouflant sur le cirque de Mafate, qu’a été réalisé cet album. Un
hymne à l’amour de la mère (Aneil), de l’enfant (Bino), de la femme
(Sanm Ou). Le chant des peines et des joies de la Réunion. Le maloya de
la révolte et de la fierté d’une batardise affirmée.

Grin n Syèl

Enregistré au Tampon, à deux pas de
Trois Mares "Trwamar" où Danyèl Waro a passé son enfance, "Grin n Syèl"
est le disque de la maturité sereine et joyeuse. Devinette: quel est le
"grin" le plus long ? C'est le grain de pluie, parce qu' il tombe du
ciel ! Et ce grin n syèl, c'est aussi une tache de rousseur, comme
celles de Danyel sur la photo de la pochette.
"Sur un feu roulant de percussions,
Danyel Waro fait crépiter la libre et voluptueuse parole du maloya
réunionnais. Sorti de la clandestinité il a une vingtaine d'années, le
maloya aurait pu se muer en folklore officiel, jouer jusqu'à la
caricature son rôle de porte-drapeau des opprimés et conforter tous les
déclassés de l'île dans un statut d'éternelles victimes. Mais grâce à
de fortes têtes comme Danyel Waro, l'ancienne musique des esclaves est
restée fidèle à elle-même: une force d'insoumission poétique, appelant
à l'autonomisation des consciences par la pratique voluptueuse du chant
et de la mise en partage d'une parole créole non diluée."
Les Inrockuptibles, Richard Robert
"Danyel Waro et ses musiciens produisent
sur scène quelque chose d'unique: une musique absolument acoustique,
faite d'instruments rudimentaires, mais qui sonne avec l'énergie d'un
groupe rock survolté, dans tous les sens du terme."
Libération, Bouziane Daoudi
"D'une belle présence, écorché ou
caressant, envoûtant ou d'une vivacité farouche, le chant créole de
Waro emporte, comme un vent vagabond."
Le Monde, Patrick Labesse
"King Créole :
Il reste le roi du maloya réunionnais,
un blues gai aux rythmes ternaires éthérées (...) L'intense ferveur de
Danyel Waro est incomparable, qu'il chante à voix nue son spleen
d'écorché ou qu'il joue vigoureusement des onomatopées et des
percussions. Le tout habité par la poésie imagée du créole."
Télérama, Eliane Azoulay
"Dans le chant puissant de cet homme
vibre l'âme du petit peuple créole de la Réunion (...) La passion de
Danyel Waro, ce chamane de l'Océan Indien, emporte tout."
Le Nouvel Observateur, Bernard Loupias
"Une des personnalités musicales les
plus marquantes de l'océan indien... Un artiste rare, à tous les sens
du terme."
Le Figaro, Bertrand Dicale
http://www.dailymotion.com/video/x1nx1w_danyel-waro-au-new-morning_events
Ablaye
Cissoko
invité en 2009
Kimitang Mohamadou Cissoko dit
Ablaye Cissoko est né à Kolda en 1970, est le descendant d’une famille
de Griot.
Il commence à jouer de la Kora à l’âge de 8 ans et mène son premier
concert à 12 ans. Il s’inscrit au conservatoire de Musique de Dakar et
monte un groupe de 10 choristes avec ses frères et soeurs.
En 1986 il fait sa première représentation internationale en Norvège à
Oslo. Puis il se rend à Saint Louis du Sénégal et tombe amoureux de
cette ville. Il y forme le groupe Ninki-Nanka qui se produit
régulièrement dans tout le pays.
En 1996 Cissoko rencontre pour un concert Jacques Higelin. Il participe
ensuite au Printemps des cordes au CCF de Dakar et au festival de Kora
à Sédiou en Casamance. En 2000 le Jazz rentre
dans la vie de Cissoko, il joue avec le groupe « African Project»
accompagné de Phillipe Sélam saxophone / Linley Marthe basse / Gille
Renne guitare / Azize Diop batterie / Ali Keita Balafon etc…pour le
festival « Saint Louis Jazz ».
En 2001 et 2002 il se produit de nouveau au festival « Saint Louis Jazz
» sous la direction de François Jeanneau avec le groupe « Saint Louis
Jazz Orchestra » (orchestre Eurafricain de Jazz) accompagné de Kiki
Bocandé basse (sénégal) / Andréa Esperti trombone (Italie) / Volker
Goetze trompette (Allemagne) / Stéphane Kerecki contrebasse (France)
etc…
Saint Louis Jazz Orchestra est invité par le ministre de la culture, M
Jack Lang, pour la fête de la musique en juin 2001.
La même année il enregistre un CD avec la Bande Marco Jazz et part en
tournée au Kazakhstang et Kirghizistan.
En automne 2003, après une tournée estivale de 3 mois en France :
festival Ile de France, Convivencia, Festival de Marie Galante,
Ilotopie, Le Bijou, Moissac…. Il sort enfin son 1er album « DIAM » chez
Ma Case-Records.
Depuis Ablaye Cissoko est passé sur de nombreux festivals et salles de
spectacle : Chainon Manquant (Figeac), Sfinks festival (Belgique),
Forum Lisboa (Lisbonne), Centre culturel De Adelberg (Belgique), Coup
de Coeur Francophone (Montréal), Rhino Jazz festival (Rive de Giers),
Forde Folk Music Festival (Norvege), Festival Rio Loco (Toulouse, 31),
Festival de la Voix (Moissac), Auditorio Pedro Ruivo (Lisbonne,
Portugal), Festival Convivencia (31), Festival St Louis Jazz (Sénégal),
Le Bijou (Toulouse), New Opéra, Drammen et Bergen (Norvège), Quebec,
Coimbra et Porto (Portugal), Festival de Jazz de Cannes...

Il a joué et collaboré avec (he has played and/or collaborated with) :
François Jeanneau, Omar Pene, Randy Weston, Jacques Higelin, Mike del
Ferro...
site : www.ablayecissoko.com/
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