
Note :Les collaborations d'A Filetta
aux musiques de film de Bruno
Coulais sontici Voir
également les vidéos en bas de page.

BRACANÀ

Première écoute
: un enchantement
total
La Nana géorgienne, qui remplace désormais Makharia en ouverture des concerts, est encore un modèle de douceur avec la voix de Jean-Claude soutenue par un magnifique contrechant de Paul.
Meditate a beaucoup évolué depuis sa création en 2003. Un foisonnement d'échos de voix scandant les paroles de Primo Levi : "Meditate... Scolpitele nel vostro cuore..."
Dès les premières notes de Liberata (Alba...), on est parcouru de frissons. Le chant se fait tantôt caressant, tantôt puissant, tantôt déchirant. Ici, à l’inverse des concerts, Jean-Claude récite le texte avant de chanter. Ne cherchez pas à suivre le texte imprimé, A Filetta déstructure le texte, utilisant syllabes et sonorités pour créer une assise rythmique et mélodique, un peu comme le feraient des jazzmen avec le scat. Personnellement, j’ai une (très) légère préférence pour la version de "l’Européen", et j’ai encore en mémoire celle de Calvi, avec le sublime solo de Paolo Fresu ! Mais on se situe à un niveau très, très élevé.
Les Scherzi
veranili, sur un texte de Petru Santucci et une
musique de Jean-Michel
Gianelli, permettent notamment de mieux entendre la belle voix grave de
Ceccè.

Chœur
I :
L’invitu
Chœur II : L’arditezza
Chœur III : U casticu
Chœur IV : U furore
Durée
totale : 46 minutes 30
Enregistré début 2005 au Couvent de Marcassu, I Catari
Cette création émouvante, unique, universelle, est vraiment une œuvre novatrice, avec de lointains échos des chants du bassin méditerranéen, notamment de Géorgie, tout en prenant ses racines dans le chant corse traditionnel. C'est aussi une charnière dans le parcours d'A Filetta.
Les chants II et III retracent l'épopée et les vicissitudes des Argonautes, alors que dans les chants I et IV, le choeur exprime essentiellement la condamnation de la monstruosité de Médée, transgressant la norme humaine.
Médée et
Jason s'enfuient, emportant avec eux le jeune
frère de Médée Absytos. Médée l'assassine, le
démembre et jette un à un ses membres sur la route pour freiner la
progression de son père qui les poursuit.
De retour à Iolkos, Jason réclame son dû, mais Pélias lui
refuse le trône. Alors Médée va inventer une ruse terrible pour se
débarrasser de l'usurpateur. Elle parvient à convaincre les filles de
Pélias qu'elle est capable de rajeunir leur père. Pour ce faire, elle
se
saisit d'un bélier, le découpe en morceaux, le jette dans un chaudron
bouillant, et il en ressort un agneau vivant. Les filles de Pélias font
subir le
même sort à leur père, mais rien ne ressortira du chaudron.
Les citoyens d'Iolkos, indignés, révulsés, chassent
Médée et Jason qui se refugient à Corinthe, chez le roi
Créon. Ce dernier, craignant des représailles, exige de Jason qu'il
répudie Médée et épouse sa propre fille Créuse. C'est
là que se noue la tragédie,le matin même des noces de Jason avec
Créuse :
"Dieux du
ciel, Dieux de la mer, venez et bénissez ces noces royales. Et
vous aussi, peuples de la Terre, venez à nous selon le rite. Quant à
elle,
l'étrangère, qu'elle parte dans la nuit sans un mot, qu'elle parte à
l'aventure comme une qui s'est fait enlever par un homme de passage
(*)".
1.
L’invitu
est en quelque sorte
l'ouverture de l'œuvre. Ce chant s'ouvre sur les noces de Jason avec
Médée la magicienne, fille du roi de Colchide Aiètès. Eprise
de Jason, elle a
utilisé sa magie pour aider celui-ci à conquérir la Toison d'Or. Le
choeur invoque d'abord les dieux, évoque l'amour de Jason ("Maestri
in celu...") et invite
enfin Jason
à se
libérer de Médée ("Picca ti da roza a Caucasica") et
à
épouser une Grecque. Suit une ritournelle étonnante ("Ribombinu
puru i
scaccani") avant l'invocation du départ de Médée : "Qu'elle
s'en
aille ("Quella, a si porti a notte senza mancu una parolla"),
passage où
l'on reconnaît des échos du thème de U Furore.
"L'invitu" est prodigieux. Subtilité, invention,
émotion, harmonies
magnifiques, technique vocale sans faille, mariages des timbres,
écriture
audacieuse et riche, tout est parfait ! Une musique dense qui raconte
Medea mais bien
d'autres choses encore, et nous emporte très loin.
"Sans doute était-ce une audace démesurée que celle qui animait ces marins présomptueux. Ils ont voulu dompter les flots, l'empire maritime, à l'aide d'une barque fragile, bousculant ainsi l'ordre du monde. Désormais, l'ailleurs n'est plus ailleurs et nous voilà privés d'horizon. Ce navire était criminel, les dieux furent impitoyables, le châtiment terrible. Et pourquoi ce voyage, pourquoi ce périple ? Pour la Toison d'Or, mais aussi pour une femme plus dangereuse encore que la mer, Médée...(*)"
2.
L’arditezza,
chanté ici, comme le chœur suivant, dans sa version
intégrale, évoque l'audace des Argonautes partis défier la
mer.
"Nulle force au monde, ni incendie ni ouragan ou machine de guerre, n'a la violence d'une femme abandonnée, n'a son ardeur et sa haine. Dieux du ciel, vous qui êtes repus de vengeance, ayez pitié. Les Argonautes, ces audacieux, ont tous payé. Mais laissez vivre en paix le conquérant des mers, épargnez Jason, il ne faisait qu'obéir aux ordres. (*)"
Ce chant, sur
un texte d'une modernité
étonnante, est peut-être celui qui rompt le plus
avec le chant traditionnel, avec des phrases très longues, des passages
qui
semblent suspendus en l'air.
3.
U casticu
a pour sujet le châtiment de ces
audacieux "Rei tutti,
culpiti tutti".
"Où peut donc aller la
magicienne ensanglantée ? Sur quels chemins de malheur l'emporte sa
fureur d'un
autre temps ? Elle a les yeux hagards et la tête haute pour continuer à
défier le roi. Est-ce là l'attitude d'une femme qu'on vient de bannir
?"
"Créon avait
concédé
quelques heures à Médée pour qu'elle puisse embrasser une
dernière fois ses enfants. Elle a mis à profit ces quelques instants
pour
assouvir sa vengeance : elle offfe une parure matrimoniale maudite à
Créuse, la jeune épouse, qui s'embrase en la revêtant. La maison de
Corinthe est incendiée et le tyran Créon périt dans les
flammes.
Enfin, elle brise et annule ses noces avec Jason en égorgeant de ses
propres mains
les enfants qui les unissaient, laissant Jason vivant face à sa
douleur, à
ses doutes, à ses remords. Quant à elle, elle retrouve sa virginité
et en même temps sa légitimité de princesse colchidienne en
s'envolant sur le char du
soleil, son illustre aïeul
(*)."
U casticu donne l'impression de revenir à un chant plus proche de la tradition, mais c'est pour mieux la transcender. Dans certains développements, c'est même probablement le plus innovant des quatres chants.
4. U
furore, enfin, évoque la fureur de Médée répudiée et
bannie qui sacrifiera ses enfants à sa vengeance.Beaucoup plus moderne que le second, beaucoup
plus court que les trois
chœurs précédents, c'est aussi le seul chœur rythmique, et
c’est celui qui, paradoxalement, est le plus déstructuré, avec des
voix qui traduisent la folie de Médée. On remarquera que le thème
d'U Furore est déjà évoqué dans L'Invitu
et
dans U Casticu.
(*) Ce texte, présenté entre guillemets, est celui que dit Jean-Claude Acquaviva lors des concerts.
Le résultat - comme souvent lorsque se mêlent les traditions méditerranéennes - est une invitation au voyage. La poésie des textes de Sénèque résonne naturellement dans le lyrisme de la langue corse. La polyphonie saisit cette émotion, l'amplifie, la précise et la restitue avec une extraordinaire justesse. En outre, l'architecture harmonique du chant polyphonique parvient à merveille à rendre le volume du spectacle vivant pour lequel ces textes ont été composés.
Medea est un chef d'œuvre qui fera date. Il faut noter que cette œuvre, loin d'être figée, est en continuelle évolution. Ainsi, les spectateurs de Seclin ou de Paris en octobre 2006 ont pu noter l'introduction d'une clochette au début de U Casticu, ou d'autres subtils ajustements.
Pour aller plus loin, on se reportera aux interviews de Jean-Claude dans lesquelles il donne de multiples explications sur la genèse de l'œuvre, la façon de travailler du groupe, l'importance de Médée dans le parcours d'A Filetta, etc.


L'oeuvre n'étant pas fixée sur partition, il nous fallait donc l'apprendre entièrement de manière orale. La difficulté était d'autant plus grande que certains des choeurs représentent jusqu'à 17 minutes de polyphonie. Toutes ces années auront été nécessaires pour l'apprentissage mais surtout pour faire mûrir ces chants, qui, de par leur durée, demandent non seulement une connaissance parfaite de chacune des sept voix mais surtout une concentration intense du début à la fin de l'oeuvre, le risque étant de ne pas "tenir la distance", de perdre les tonalités et par là même, l'attention du public.

Le choix d'une
pochette est toujours un moment assez complexe dans la conception et la
réalisation d'un album. On sait généralement ce que l'on veut "faire
passer" mais la question qui se pose souvent est : comment ? De plus,
vous vous doutez
bien que les 8 personnes composant le groupe A Filetta ont forcément
des
goûts très différents.
Pour Medea, après de
multiples discussions et
l'exploration de diverses pistes, nous n'étions pas convaincus par le
visuel dont
nous disposions pour représenter cette magnifique histoire.
Dans nos bureaux au
Carubbu, nous avions un
calendrier illustré par des photos des Ballets de Monte-Carlo avec
lesquels nous
avions travaillé en 2004. Il y avait une série de photos de la danseuse
étoile Bernice Coppieters, et tout d'un coup, cela nous est apparu
comme une
évidence : cette très belle photo de Bernice (photo de Yann Coatsallou)
pouvait complètement représenter cette femme.

"Où va-t-elle la Ménade couverte de sang
Où court-elle tête baissée l'amoureuse sauvage ?
Quel crime prépare-t-elle,
Furieuse et déchaînée ?"

Chaque chant a sa difficulté. Les choeurs de Médée ne sont pas très techniques : les voix sont pratiquement toujours en parallèle. La seule difficulté c'est leur longueur : de quatre minutes pour le plus court à dix-sept minutes pour le plus long... Rester concentré tout ce temps, ce n'est pas toujours évident.

Il existe certaines similitudes entre le parcours d'A Filetta et
l'épopée
des Argonautes, ces fiers marins qui ont su dompter la mer pour vivre
d'extraordinaires
aventures.
Tout d'abord les voyages qui ont pour idéal le "retour chez soi" : au
bout de
chaque tournée, il y a ce besoin indispensable de se ressourcer, de
retrouver sa
terre et sa famille.
Ensuite, beaucoup de légendes décrivent les dangers que les Argonautes
surmontèrent grâce aux vertus particulières de chacun. Ne parlons pas
de vertus pour A Filetta mais de timbres, d'expériences, d'amitiés ou
de
vécus, tout simplement, qui nous ont permis de résoudre certaines
difficultés, mais d'ordre musical, il est vrai.
Il y a enfin la recherche de la Toison d'or, qui pourrait se trouver à
"cet
endroit qui semble si inaccessible et où les hommes ont encore quelque
chose
à se dire et à partager", cet endroit magique qui est pour moi le temps
d'un concert.

Oui, vraiment. Du fait que le format soit assez particulier, j'ai
vraiment hâte que
l'on présente ces choeurs dans leur intégralité. Personnellement, ce
sera une première. Je suis impatient et curieux aussi de voir quelles
seront les
réactions du public.
A lire dans le
n°83
de Corsica (août 2006), l'article d'Elisabeth Milleliri "MEDEA made in
Balagna".

![]()
Article tiré
du premier numéro
de Balagnews :

La chronique de "Mondomix" :
Squaaly
LIBERATA

La
musique du film coproduit et
diffusé par France 3 qui a pour thème la Résistance en Corse sur CD
2 titres
1 –
Liberata (piano : Raoul
Duflot-Verez), enregistré
à Paris
2 - Liberata a
cappella,
enregistré au Carubbu.

![]()
Ci-dessous reproduit un entretien de Jean-Claude Acquaviva avec Pierre-René Worms (RFI Musique) à l'occasion de la sortie de Si di mè
25 ans déjà qu'A Filetta communique la ferveur de ses chants polyphoniques corses à travers le monde. Avec Sì di mè, leur nouvel album produit par leur ami Bruno Coulais, avec lequel ils avaient enregistré la B.O. du film Himalaya, ils renouent avec une musique où les instruments prennent autant d'importance que les voix. Un retour aux sources.
Que signifie Sì di mè ?
JC A
: La traduction qui me paraît la
plus exacte est "Tu es
des miens, de ma famille". C'est le sens de l'hospitalité des Corses.
Nous avons
ici une façon de concevoir le rapport à l'autre comme un rapport de
proximité, de solidarité, de partage. Ce n'est pas le fait qu'on ait
des
chromosomes particuliers, mais nous sommes une petite communauté en
Corse. On se
connaît tous. C'est ce qui fait notre force et notre faiblesse. On est
tous de la
tribu de quelqu'un. C'est souvent pesant. Si di mé
s'adresse autant
à ceux qui chantent avec nous sur le disque, qu'à ceux qui écoutent
le disque, parce qu'on a sans cesse ce sentiment d'être des frères.
La pratique de la
polyphonie est-elle liée à l'établissement d'un
lien social ?
Absolument.
C'est peut-être ce qui explique sa force et le fait qu'elle
ait
trouvé une nouvelle raison d'exister. Parce qu'il faut bien réaliser
que,
jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, cette polyphonie était rurale.
Aujourd'hui, cette société n'existe plus et pourtant cette musique
trouve
une nouvelle raison d'être et a trouvé une nouvelle fonction sociale.
La
paghjella (le chant polyphonique par excellence), qui était il y a 50
ans le chant
des travailleurs de labeur, est aujourd'hui celui des lycées et des
fêtes de
famille.
Dans ce nouvel album,
vous accompagnez vos chants de musique. C'est
nouveau pour vous
?
On a toujours eu un double répertoire. Un purement polyphonique, l'autre qu'on appelle, d'une manière un peu arbitraire, les chansons. Ces dix dernières années, on a beaucoup travaillé sur le vocal et aujourd'hui, on sort un album qui fait intervenir l'instrumentation. Cela n'enlève rien à notre travail et l'on fait des polyphonies en rythme alors qu'elles sont traditionnellement très libres. Il y a un rythme interne, celui de la parole. Ici, on présente une polyphonie qui se couche sur une rythmique.
Cette rencontre avec Bruno Coulais a vraiment fait évoluer votre travail ?
Nous disons souvent, lorsque nous présentons les chansons de Bruno que nous interprétons, qu'il est devenu beaucoup plus qu'un partenaire. C'est un grand frère que l'on aime servir parce que lui, aime se servir de nous. Il a fait des musiques qui lui ressemblent. A aucun moment, il n'a voulu faire de la polyphonie corse et en même temps, il a utilisé notre personnalité vocale. Cela nous a permis d'explorer de nouvelles pistes, notamment celle qui tend à lui donner une nouvelle rythmique. On a généralement des rythmes plus orientaux que ceux de la musique "pulsée" occidentale.
Le fait d'avoir côtoyé grâce à lui Akhenaton, à l'occasion de la B.O. de Comme un aimant, a-t-il fait évoluer votre démarche ?
Nous
avons vu dès le début avec le rap, des liens de parenté
évidents. Car ce qui importe dans la tradition orale, ce n'est pas la
musique que
l'on met sur les paroles, ce sont les paroles elles-mêmes. Et le rythme
de notre
musique est celui de la parole. C'est en ce sens que le rap est proche
de nous. Dans le
rap, on s'adresse à quelqu'un. Et nous chantons de la même façon. Il
y a toujours cette espèce de son projeté où l'on prend l'autre
à témoin, on l'invite à écouter. Il y a également le
fait que le rappeur défend les mêmes valeurs que nous, des valeurs de
justice, de solidarité, d'équité, de partage. On a souvent une
même vision du monde selon laquelle tout est régit par l'efficacité
économique et financière.
Fidélité aux racines,
ouverture sur le monde, c'est A Filetta ?
Plus que fidélité aux racines, c'est avoir des racines. Dès lors que l'on en a, on n'a pas besoin de prouver qu'on y est fidèle. Cela ne nous empêche pas d'être ouvert sur le monde, de replacer notre chant dans sa matrice. Notre tradition est faite des chants du Maghreb, des chants berbères, de polyphonies que l'on retrouve en Albanie, en Sardaigne, en Géorgie. Pour nous, il est important de rester ouvert sur le monde. Parce que si, à un moment donné, on dit : "La tradition est là, elle a tel contour", elle devient objet de musée. La tradition n'a de sens que si elle continue d'être le reflet d'une communauté qui avance.
Entretien avec Pierre-René Worms RFI Musique reproduit sur5
– Trà Noi
Marcellu
Acquaviva / Jean-Claude Acquaviva
– Bruno Coulais, 2001
Un hommage rendu par Marcellu Acquaviva à Antò Francescu Filippini,
poète corse, mort en exil à Rome, dont l'engagement pour la défense
de l’italianité du corse lui valut bien des souffrances et des
déchirements lorsque éclate la guerre de 39 – 45.
Chanté
en solo par
José : une première ! Beau contrechant de
Jean-Luc.
6 - Dormi
Jean-Claude
Acquaviva / Jean-Claude
Acquaviva – Bruno Coulais, 1996
Une berceuse à peine rock avec Paul en lead vocal !
7 -
Tbilissi
Jean-Claude
Acquaviva / Jean-Claude
Acquaviva – Bruno Coulais, 1997
Cette chanson interprétée par Guram Tamazashvili est un hymne d’amour
adressé à la capitale géorgienne Tbilissi.
8 - Sì
Jean-Claude
Acquaviva / Jean-Claude
Acquaviva – Bruno Coulais, 1998
« C’est sans
doute la chanson la plus
folle de cet album aussi bien dans l’écriture des voix que dans celle
du
texte. Un chant onirique personnifiant le soleil et l’eau et évoquant
la
solitude du marin en mer depuis l’aube première.
Et si cette chanson
était tout simplement celle
d’Ulysse ? »
9 - Tempu
Ghjuvan-Ghjaseppu
Franchi / Jean-Claude
Acquaviva – Bruno Coulais, 2002
Une magnifique chanson chantée en solo par Jean Sicurani sur le temps
qui passe.
Des arrangements où la sobriété vocale tranche littéralement
avec une orchestration à la fois très dense, très riche et
très imagée.
10 – L’Attesa
Marcellu
Acquaviva / Jean-Claude Acquaviva
– Bruno Coulais, 2001 – Composée pour « Scènes de
crime »
« Toute
l’angoisse et le doute sont
là, dans ces mots.
Marcellu Acquaviva nous dit avec force que c’est aussi dans la solitude
et
l’attente que se fondent le rêve et l’espoir ou plus simplement encore
l’espoir du rêve. »
Un morceau d’une extrême complexité, débutant par une
séquence cristalline composée par Bruno Coulais, puis les voix arrivent
et
s’enchevêtrent. Du très grand Jean-Luc.
11 – A
L’Altru
Mondu
François
Vincenti / Dominique
Vincenti
Arrangeurs : Jérôme Ciosi - Bruno
Coulais
« Il fallait beaucoup
de pudeur, d’intelligence et
de sensibilité pour évoquer la mort d’un jeune garçon sans
« sombrer » dans le pathos.
C’est ce que fait ici
admirablement
François Vincenti : un chant d’amour des cieux vers la
terre ; une
poésie émouvante grâce à la simplicité et à la
justesse de chaque mot. »
Antoine Ciosi, par sa voix aux accents douloureux autant
que rassurants donne
à cette prière la force de la sincérité. Le deuxième
couplet chanté par Jean-Claude dégage une émotion sans pareille.
12 -
Memorie
Anton’
Francescu Filippini /
Jean-Claude Acquaviva – Bruno Coulais, 2001
Un poème en forme de testament laissé par le poète A. F.
Filippini :
« De tant de
vie, il ne me reste en
mémoire
Qu’une pauvre
image ; de tant
d’amours
Un nom ou
deux ; et de l’enfant
turbulent
Que je fus, le seul
souvenir d’une
blessure »
Un regard désabusé porté
sur le
temps et sa fuite ; une vision empreinte d’une grande humilité
que seul
l’âge, peut-être, sait conférer !
Une performance vocale et expressive phénoménale de Jean-Claude, une
mise
en place parfaite des voix, un texte d'une rare beauté : un des sommets
de ce
disque qui en compte beaucoup …
13 – Visioni
Care
Anton’
Francescu Filippini / Jean-Claude Acquaviva – Bruno Coulais,
2002
Durant son exil à Rome,
à travers tous
ses écrits, le poète A. F. Filippini n’a eu de cesse de se
remémorer son île, à lui arrachée. Le poids terrible de sa
propre absence a engendré ses vers les plus poignants. Ici, ils disent
tout
à la fois la passion, l’adoration, l’admiration qu’il porte
à sa terre natale et la douleur incommensurable de la savoir à jamais
inaccessible.
A mon avis le seul chant désespéré d’A Filetta. A la
conclusion (O core, inchjoda e to bulelle !), Jean-Claude a des accents
jamais entendus.
Déchirant.
14 - A Dì Ti
Di Tù
Jean-Claude
Acquaviva / Jean-Claude Acquaviva – Bruno Coulais, 1996
"Une
petite fille vient de perdre son père dans des
circonstances tragiques. Sa marraine, elle-même handicapée, lui offre
ces
mots pleins de vie et d'enthousiasme. C'est l'histoire simple de cette
chanson qu'ont
commandés l'affection et l'amour."
15
– L’Aria
Orlando
Forioso / Bruno Coulais, 2001
Marie
Kobayashi, mezzo-soprano d'origine japonaise, mêle sa voix à celles d'A
Filetta sur cet air de Bruno Coulais, extrait d'un opéra pour enfants
dont
l'auteur est Orlando Forioso. La princesse Marion supplie ici les
compagnons de Robin de
la délivrer du méchant
shérif.
16-
Chjarura
Marcellu
Acquaviva / Jean-Claude Acquaviva -
Bruno Coulais, 2002
« Cette
chanson ne
pouvait être que celle de la fin, ne serait-ce que parce qu’elle
dévoile des horizons jusqu’ici inespérés. Tout en
évoquant la vanité des choses de la vie, rappelant en cela les paroles
de
l’Ecclésiaste, elle célèbre « des héros
partis traquer le vent ». Une ode à la marche, une ode à la
vie,
dans un climat apaisé. »
Le climat change radicalement après Visioni
care, qui pour moi représente le sommet de ce disque, qui
est une merveille
de bout en bout.
Je ne saurais trop recommander à ceux qui souhaitent découvrir A
Filetta
dans un autre répertoire que la polyphonie de profiter des quelques
concerts
programmés autour de Si di
mè, à Cannes le 1er décembre 2006, à Rueil Malmaison
le 15 mai 2007 ou à Lorient le 16 mai 2007. Lire le compte-rendu du
concert
d'Evreux en page "concerts".
Intitulé « Intantu » (En attendant), le premier album d’A Filetta pour Virgin publié en mai 2002, représente ce qu’est le groupe à un moment donné de son histoire :
« Nous
avons toujours fait des
disques à thème : en 1992 un disque de chants sacrés, en 1995
un disque de chansons, en 1997 un disque consacré aux chants de la
Passion. Ce
disque correspond à ce que nous sommes : un groupe venu de la
tradition qui
s’est enrichi en fonction des rencontres qu’il a fait »
Intantu
présente donc des extraits
de Médée, créé en 1997, une paghjella, une monodie,
un
chant géorgien, des reprises et des créations. Quelques extraits des
musiques composées pour le groupe par Bruno Coulais, et pour conclure
Sumiglia, comme dans chaque concert.
Le meilleur disque pour qui voudrait avoir un aperçu des concerts du groupe. |
![]() |
1 - U
Casticu
Extrait du choeur III de “Médée” de Sénèque. Il
évoque le châtiment atroce de ces audacieux qui avaient bravé la mer
(« Et celui qui fut à l’origine de tout, qui convoitait tant
la
Toison d’or, il fut mis à bouillir dans un
chaudron… »)
2 – Paghjella
Chant traditionnel à quatre voix évoquant le poète
Pampasgiolu.
3 – L’Arditezza
Extrait du choeur II de “Médée”. Il évoque
l’audace des Argonautes, ces marins présomptueux qui pensaient pouvoir
« abolir l’ailleurs ».
4 - Makharia
Chant géorgien chanté tout en retenue
5 – Paghjella di
l’Impiccati
Composé par Ghjuvan-Teramu Rocchi et Jean-Claude Acquaviva, cette
paghjella
déjà présente sur Una Tarra Ci Hè (il est d’ailleurs
intéressant de comparer les deux versions) relate la répression qui
s’abattit sur le Niolu après la défaite de Ponte Novu : les
troupes françaises se sont livrées à un massacre, la plus jeune
victime, Marcu Maria, n’avait même pas quinze ans…
6 – A Canzone di
a Malata
Une rareté dans le répertoire d’A Filetta : une monodie recueillie
dans la vallée du Marsulinu chantée ici par Jean-Luc Geronimi
évoquant la douleur devant la souffrance d’une jeune fille malade.
7– Cose viste
Texte satirique d’Anton Francescu Filippini qui porte un regard moqueur
sur
l’évolution des moeurs (« j’ai vu mettre des manteaux aux
chiens et se déshabiller des jeunes filles »)
8 – U Sipolcru
Déjà présent dans Passione, ce chant de la Passion évoque la
mise au Sépulcre du Christ.
9 – Trà i Debbii
Maio’
Version a cappella de la composition de Marcellu Acquaviva et Bruno
Coulais pour le Don
Juan de Jacques Weber
10 – E Loche Autre extrait de Don Juan
11 – Kyrie
Création du groupe : un petit bijou de concision, une mise en
place au
millimètre.
12 –
L’Anniversariu di Minetta
Reprise magnifique du morceau de Tavagna : “Pour ta mémoire et sa
lumière chère à mon coeur, je veux vivre intensément chaque
instant concédé et le vivre pour toi”.Version chargée
d’émotion.
13 – Sub Tuum Création récente sur un texte liturgique.
14 – Caracolu di
Brame
Troisième extrait du Don Juan.
15 – Sumiglia
Morceau emblématique du groupe, qui clôt chacun de leurs concerts
depuis une
bonne quinzaine d’années, ce chant créé en 1988 est
« un hommage rendu à celui qui jusqu’à son dernier souffle
s’est identifié à cette terre qui nous a engendrés ;
c’est un hymne à l’altruisme, au don de soi. »
PASSIONE
![]() |
(Très
bien) enregistré en 1997 à la
Cathédrale Saint Jean-Baptiste de Calvi et au Couvent de Corbara, ce
disque est
entièrement consacré aux chants de la Passion. Jean-Luc Geronimi s’est récemment joint au groupe. Cette arrivée n’est sans doute pas étrangère au nouveau son du groupe. On retrouve ici tous les chanteurs de Ab Eternu plus Pierre Bertoni ainsi que les violoncellistes Paul-Antoine de Rocca-Serra et Anne-Lise Herrera ainsi que Jean-Michel Giannelli à l’orgue. |
1 – U
Sipolcru
Création de Jean-Claude souvent
reprise en concert. Sur une
basse continue se déploie le chant de Jean-Claude. Intense tension
dramatique pour
ce premier chant qui finit dans un souffle sur « è
mi
n’avvegu… »
2 – L’Orme Sanguine
Chant du Via
Crucis de
Ruglianu sur un texte du
XVIIIème siècle. On remarquera que certains passages évoquent
le Diu Vi
Salvi Regina.
3 – U Lamentu di Maria
Reprise de cette
magnifique création
déjà entendue dans Una
Tarra Ci
Hè.
4 – Dies Irae
Orgue et violoncelles
introduisent ce chant de la
messe des défunts sur une musique de JM Giannelli. Une curiosité dans
le
répertoire d’A Filetta.
5 – U Lamentu di Ghjesù
Reprise d’une grande
intensité de cette
magnifique création. On remarquera la transposition dans un registre
beaucoup plus
aigu du chant du soliste (Jean-Claude)
6 - Ghmerto
Un des morceaux
emblématiques d’A
Filetta, ce chant géorgien est souvent chanté en concert. Une
construction
en spirale, un mélange de douceur et de puissance.
7 – A Sintenza
Création de Jean-Claude, d’une grande intensité dramatique. Il faut
le voir en concert, son visage grimaçant exprimant toute la souffrance
« de celui qui souffre en silence ». Jean-Luc en
terza.
8 – U Dubbitu
Création de Marcellu
Acquaviva-Franceschini /
Jean-Claude Acquaviva. On retrouve le climat musical d’Una Tarra Ci Hè.
9 – A l’Alivetu
Création de Jean-Claude. Une longue plainte d’une intense tension
dramatique. Un des sommets de ce disque.
10 – Lamentazione di Jeremiae
Arrangements d’A
Filetta des lamentations
chantées lors de l’Office des ténèbres de la Semaine Sainte de
Calvi
11 – Tecco
Arrangements d’A
Filetta
12 – Alleluia
Jean-Claude Acquaviva /
Jean-Michel
Giannelli
A
signaler également en 1997, une curiosité : la participation d'A
Filetta au
disque consacré aux orchestrations inédites de Maurice Ravel sur des
chants
traditionnels corses, en compagnie d'Anna Rocchi, de Gigi Casabianca,
de
François-Philippe Barbalosi et de Graziella Venturi. Paul et Maxime en
solo chacun
sur deux morceaux.
Merci à Jean-Mathieu Canniccioni de m'avoir fait découvrir ce disque.
Le premier chef
d’oeuvre d’A Filetta est dans sa majeure partie un disque de chansons,
avec
instruments. Il présente également quelques polyphonies. On retrouve
ici
tous les chanteurs de Ab Eternu auxquels s’est joint Pierre Bertoni.
A mon avis leur premier disque pleinement réussi, que l’on prend
plaisir
à réécouter.

1 – E’ Puru Simu Quì
Ouverture du disque avec un quasi-hymne. Très dynamique.
2 – Una Tarra Ci Hè
Encore une composition de Jean-Claude, belles sonorités de guitare.
3 – A Paghjella di l’Impiccati
Une paghjella de création relatant un épisode de la « pacification » du Niolu par les troupes françaises après la défaite de Ponte Novu. Une grande émotion se dégage de ce chant. A comparer à 'L'Impiccati" (avec instruments) sur O Vita...
4 – Trè
Climat moyenâgeux pour cette composition de Jean-Claude : « ils étaient trois : un vieux moine, une ombre et un roi ».
5 – Malanni
Sur un texte de Ghjacumu Fusina, un lamentu moderne relatant l’existence d’un chômeur.
6 – Sò l’Omu
Texte de Marcellu Acquaviva, musique de Jean-Claude.
7 – Fiure
Texte de Marcellu Acquaviva, musique de Jean-Claude.
Une ballade d’une grande douceur chantée par Jean-Claude.
8 – A Muntagnera
Texte de Marcellu Acquaviva, musique de Jean-Claude.
La vie des bergers à travers les épisodes de la transhumance du Falasorma vers le Niolu. En passant par le col de Caprunale, bien connu des randonneurs, où, dit-on, on pouvait monter en calèche à la fin du XIXe siècle, la fontaine du Tassu, le repos à Mirindatoghja….
9 – A l’Acula di Cintu
Autre évocation du Niolu que cette création de Jean-Claude.
10 – U Lamentu di Maria
Une des plus belles créations polyphoniques de cette époque.Remarquables, les silences ...
11 – Da Grande
Très jolie chanson sur le thème de l’imaginaire enfantin.
12 – L’Ombra Murtulaghju
Marcellu Acquaviva /Jean-Claude Acquaviva
“Furieux s’est fait le vent d’hiver... Par les champs une ombre est passée »
13 – Eo Sai
Balade pleine de tendresse composée par Jean-Claude Acquaviva
La couleur
sonore de ce disque est donc très
différente de celle d’aujourd’hui, avec un net décalage vers le
grave. En outre, les voix sont plus fondues entre elles, plus
difficiles à
identifier.

1 - Miserere
Chant liturgique de Corbara, chanté très classiquement, sur un tempo lent.
2 – Tantum Ergo
Très belle création composée par Jean-Claude. Là encore un rythme lent, avec de ces passages « aériens » qui sont la grande particularité du chant d’A Filetta.
3 – Agnus Dei
Extrait de la messe d’Olmi-Cappella. Des graves très profonds.
4 – U Versu di Paulellu
Très courte création de Jean-Claude sur un texte traditionnel.
5 – Requiem
Création de Jean-Claude sur un texte traditionnel.
6 – Tecco
Un extrait de la Semaine Sainte de Calvi chanté par les confrères lors des processions du vendredi Saint, dominé par la belle voix de Jean.
7 – E Lode di u Sepolcru
Extrait de la Semaine Sainte de Tagliu Isulacciu, déjà chanté par E Voce di U Cumune ainsi que par I Muvrini et Tavagna. Parfois chanté en concert par A Filetta, notamment dans le ballet In Memoriam. A chacun de comparer les versions !
8 – Sanctus
Création de Jean-Claude sur un texte traditionnel.
9 – U Lamentu di Ghjesu
Création de GD Marcotorchino, Toni Casalonga, Nando Acquaviva et Roccu Mambrini, créé en 1982 lors de la Passion de Calenzana en 1982 et déjà enregistré dans A u Visu di tanti. Un des morceaux les plus émouvants du répertoire d’A Filetta, que l’on retrouvera encore dans Passione. La présente version est plus recueillie, moins dramatique et plus lente que celle de Passione.
10 – Te Deum
Chant liturgique de Calvi
11 – Presso il Legno
Extrait de la Semaine Sainte de Calvi.
12 – Agnus Dei di i Defunti
Création de Jean-Claude sur le texte liturgique de la messe des défunts.
13 – Libera Me
Extrait de la Messe des défunts de Balagne dominé par les voix graves.
14 – Stabat Mater
Magnifique chant liturgique chanté à Calenzana pendant la Semaine Sainte
15 – Paghjella d’Ascu
Paghjella traditionnelle selon le versu d’Asco.
16 – Sumiglia
Morceau emblématique du groupe, qui clôt chacun de leurs concerts depuis une bonne quinzaine d’années, c’est un chant composé en 1988 à la mémoire de Ghjuvan Battista Acquaviva. « Hommage rendu à celui qui jusqu’à son dernier souffle s’est identifié à cette terre qui nous a engendrés; c’est un hymne à l’altruisme, au don de soi »En conclusion, un très beau disque, peut être un peu monocorde, avec quelques pépites comme U Lamentu di Ghjesù et Sumiglia. S’expriment déjà les immenses qualités d’écriture de Jean-Claude, notamment dans l’Agnus Dei di i Defunti et le Tantum Ergo. Le meilleur reste cependant à venir…
1 – Salutaris Hostia
Traditionnel d’U Mucale, près de Calenzana.
2 – Violetta
A Filetta donne ici son interprétation de ce « classique » de la polyphonie, chanté notamment par Voce di Corsica et les Chœurs de Sartène.
3 – U Ballu di Larenzu
Création de Jean Antonelli
4 – Requiem
Traditionnel de Rusiu.
5 – Kyrie
Traditionnel d’Ascu .
6 – Anima
Création de Marcel et Jean-Claude Acquaviva .
7 – U Lamentu di Ghjesù
Création de GD Marcotorchino, Toni Casalonga, Nando Acquaviva et Roccu Mambrini, créé en 1982 lors de la Passion de Calenzana. Un des morceaux les plus émouvants du répertoire d’A Filetta, que l’on retrouvera encore dans Ab Eternu et Passione,
8 – A Muresca
Traditionnel .
9 – A’ u Vechju Pueta
Traditionnel.
10 – Paghjella
Traditionnel .
11 – Pueta
Création de Jean-Claude sur un texte de Rinatu Coti.
12 – Suda Sangue
Traditionnel de Calvi .
13 – A’ Vende Hè
Composition de Jean-Claude.
14 – Dio Vi Salvi Regina
La version d’A Filetta de l’hymne corse .
(*)
Anima
Di l'aghje
Au delà de ces aires éparpillées depuis les plaines jusqu'aux montagnes, au-delà de ces espaces où battait, jadis, le coeur d'une société rurale, il y a le symbole d'une volonté nouvelle, d'un jour nouveau où un certain sens du commun s'éveillera en nous
La violettaMa di ciò che tu voli
Aujourd'hui les moments de réflexion et de mesure sont rares ; seuls pourtant, ils permettent de percevoir le poids réel des choses simples de la vie, de rappeler l'inestimable prix des valeurs humaines de pardon et de paix... Le texte se veut alors clairière d'espoir.
Mare eternu
La mer, par l'immensité de son étendue, par le mystère de ses abîmes, a été et demeure pour l'homme une source de fascination. Ces quelques lignes lui sont dédiées, à elle et à tous ceux, marins ou autres enfants de la réalité ou de la légende, qui sous ses révoltes périrent.
Oggi
Quelques masures sculptées par le temps, quelques arbres courbés par le vent... C'est tout ce qu'il reste d'un village endormi dans les ténèbres de l'histoire. Dans ces ténèbres où pourtant le murmure d'une âme égarée vient à chaque crépuscule heurter notre présent et combattre l'oubli.
Pé 'ssu dumane
Poursuivre le rêve d'une Nation, n'est-ce pas le droit et peut-être le devoir de tout homme épris de dignité ?
Pueta
Sintenza par té
Faudra-t-il voir encore longtemps des hommes se mêler à la mort pour que l'on comprenne que leurs actes ne sont que les effets de causes profondes qui ont pour nom l'injustice ou l'incompréhension ?
U mulatteru
A canzona di a vita chi va
Cum'e tutti i zitelli
L'imbasciadori
Maestru parlami in corsu
O ghitarra meia
Passanu i mesi
Sonnii zitillini
Sta notte he natale
U ventu
Un acillucciu
Voca vuchina
Aghju coltu
Est-il vain de cueillir dans les élans de l'Histoire, les fleurs d'un avenir plein de foi et d'espoir, même si l'on demeure quelquefois incompris ?
Criaturella
Ce chant est destiné à nos enfants, qui bâtiront, si nous savons leur en communiquer le désir, un monde de dignité et d'amour sur cette terre qui est la leur.
Cumpagnu
Chant dédié à Jean Antonelli, un temps emprisonné.
"Le compagnon emprisonné témoigne de la permanence de la quête d'identité et d'espérance."
Cun tè
De grands poètes, tels Aragon, ont magnifié la femme. A notre manière plus humblement, nous voulons tenter ici de rendre hommage à toutes les femmes combattantes de la liberté et plus largement à toutes celles qui, en butte à l'oppression et à la mort, continuent à symboliser la force de la vie.
I mufrini
Voici dix ans, les enfants d'un petit village de montagne, l'Oretu di Casinca, chantaient leur foi à travers la Corse. Nous sommes de ce pays, nous voulons y grandir, y apprendre et y vivre. Leur invite élargie à tous les enfants du monde reste plus que jamais d'actualité.
I pescadori è u mare
Loin des clichés idylliques d'une Corse littorale, uniquement vouée au tout touristique et aux barcarolles sirupeuses, existe une autre Corse, plus vraie, moins paradisiaque il est vrai: c'est celle de tout un peuple, c'est celle des pêcheurs condamnés à survivre dans une société de plus en plus dépersonnalisée. Ce chant, inspiré par un texte de Pablo Neruda sur ce thème, est aussi pour nous un témoignage d'ouverture sur la Méditerranée.
U mare è u fiume
Tout comme le ruisseau de cette fable, se jetant dans la mer... notre peuple, au même titre qu'une multitude d'autres peuples, apporte depuis la nuit des temps, sa contribution originale à l'Universel.
U ventu scemu è a vechja serena
Un soir de décembre à Bastia. Il fait très froid. Le vent, notre Libecciu, aggrave la température !
Dans une rue de la vieille ville, une pauvre petite vieille femme, sortie pour effectuer quelques courses, rentre chez elle. Le vent souffle en tempête. Courbée en deux, elle avance péniblement... et le drame arrive. Elle est jetée à terre, ses provisions éparpillées, sa belle coiffure défaite. Elle est blessée à la tête. Le poète présent intervient aussitôt. Il relève la vieille femme et la conduit chez elle. Il reste avec elle longtemps ! Pendant ce même temps le vent déchaîné souffle de plus en plus fort. Il semble attendre sa proie... La vieille femme, ayant repris ses esprits, défiant son ennemi, se signe sans arrêt !!
Versu di u vignaghjolu
Vogliu
O VITA
(1982)
(*)
A megliu sta
Profiter des choses essentielles que la vie nous apporte chaque jour, et ainsi rester pleinement soi-même. tel est le thème de cette chanson, preuve supplémentaire de la nécessité pour l'individu "d'être" pour s'épanouir et vivre.
L'impiccati
Les peuples ont de la mémoire. Le peuple Corse comme les autres. En 1774, la tragédie se noue dans le Niolu. Les troupes du roi de France arrêtent et torturent des patriotes, dont un adolescent de 15 ans. Ce moment douloureux de notre histoire ne laisse ici personne indifférent bien que deux siècles se soient écoulés.
L'orida bestia
"L'orrida bestia", c'est le fascisme et son cortège de privations et de sang... le fascisme qui, malheureusement aujourd'hui comme hier, demeure, par delà océans et frontières, la honte de la conscience universelle.
Mandulina
O Dume' o Muame'
Parce que nous avons avec force la certitude de voir un jour tous les travailleurs unis dans la lutte pour la reconnaissance de leurs droits.
O terra
Cet hymne à notre terre, celle des hautes montagnes couronnées de neige, porte en lui tout l'amour d'un peuple refusant une agonie programmée, et puisant dans l'histoire la force de bâtir son avenir.
O vita, o vita
Survienne une catastrophe, une mauvaise année ou une mort naturelle, la vie reprend toujours ses droits avec force. Ce chant, expression du renouveau de la Corse et de son peuple, est un véritable hymne à la vie.
Paghjella
Cette "paghjella" qui était chantée dans les vallées de Castagniccia sous l'occupation italienne, nous indique l'état d'esprit de résistance de notre peuple, à une époque où le fascisme triomphait.
Ti chjami
C'est par la poésie que les individus, les peuples et les nations ont toujours pu, même aux plus noirs moments de leur existence, trouver des raisons d'espérer en des lendemains meilleurs.
U negru fiume
La prise de conscience n'est lumineuse que dans les livres. En réalité, elle est un cheminement difficile, hésitant. Les faits de Résistance rapportés par l'histoire ressemblent rarement à ce qu'ils furent au quotidien. Demeurant à hauteur d'homme, en sont-ils moins admirables ?
Vai puru
L'homme, en proie au doute et au découragement, oublie que la route menant à un peu plus de bonheur est, bien souvent, plus proche et plus simple qu'il n'y paraît.
(*)
A u vechju pueta
La polyphonie est le support de la tradition chantée en Corse. Celle-ci, sur un air traditionnel, est un hommage aux poètes détenteurs d'une richesse inestimable et interprètes de la Corse profonde.
A'a riscossa
La répression a conduit bon nombre de patriotes corses derrière les barreaux. Ce chant est un appel à la solidarité populaire seule garante de la victoire pour demain.
Euskadi
Ce chant est une ouverture sur le monde actuel. Ailleurs qu'en Corse, en Irlande, en Amérique du Sud... d'autres peuples sont opprimés et souffrent de perdre leur identité et leur liberté: celui-ci est dédié au peuple basque.
Farandula
Ce chant traditionnel nous invite à danser au son des violons et autres guitares et banjo. Il est l'expression même de la fête populaire que l'on rencontrait en Corse au gré des foires, des fêtes de village. C'est également pour nous un cri de joie et d'espérance pour que la Corse de demain retrouve le "sens de la fête" qu'elle est malheureusement sur le point de perdre.
Induvinella
Cette chanson nous fait vivre l'aventure d'un petit enfant corse qui, de retour dans son village, découvre jour après jour un trésor qui lui avait été caché : la langue corse.
L'acillucciu
L'enfant, souvent plus sensible aux choses de la nature, se laisse bercer par le chant d'un oiseau. Et ce chant le transporte dans un autre monde où la méchanceté et le profit sont absents.
Machje
Ce poème est tout un symbole. En effet, alors que notre maquis brûle chaque année un peu plus,, nous en possédons malgré tout un autre qu'il sera beaucoup plus difficile de brûler : c'est notre culture, notre désir d'être corse qui nous permettra un jour de retrouver notre dignité.
Ste mane qui
Partout dans le monde, des millions d'hommes et de femmes sont exploités. C'est pour tous les travailleurs, avec l'espoir qu'un jour ils retrouveront leur liberté et leur dignité, que nous avons fait cette chanson.
Terra brusgiata
Chaque été, ce sont des milliers d'hectares qui en Corse sont la proie des flammes. Ce chant est le cri de cette Terre Corse qui après avoir tant donné, refuse de se laisser mourir.
U pagliaghju d'Ostriconi
Aujourd'hui comme hier, le chant s'empare de l'évènement. Près de la plage d'Ostriconi, merveilleux site en bordure de mer, la finance internationale, par l'expropriation des terres en vue de la construction d'un complexe touristique, enlève à un berger corse la possibilité de gagner sa vie : on le chasse, sa cabane est détruite... Mais des jeunes amis du berger reviennent sur les lieux et reconstruisent la cabane du berger.
Vogliu esse
Ce chant est à la fois cri d'espoir et affirmation de tout un peuple, qui, refusant l'aliénation dans laquelle il se trouve, désire retrouver la liberté si chère à ses ancêtres.
(*) Un grand merci à Gerda-Marie Kühn pour ces pochettes et pour les textes!
Trois vidéos sur A Filetta
:
- A
Filetta en concert à Ottawa
en 1995 (VHS Olivi)
Excellent document filmé d'un concert enregistré pendant les tournées "Una tarra ci hè" de 1995, malheureusement plus disponible.
A
Filetta voix corses
Documentaire de Don Kent, avec un entretien avec Franck Tenaille.
Tout simplement
indispensable.
Un petit extrait :

La page officielle d'A
Filetta
:
http://www.myspace.com/afiletta
A
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