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Sinemà / Cinéma

Dernière mise à jour : 27/10/2014

Cette rubrique ne vise pas à concurrencer les encyclopédies de cinéma. L'objectif est de parler des rares films ayant un rapport avec la Corse.
Il est aussi de présenter quelques oeuvres peu connues voire méconnues, du cinéma italien, et plus généralement des films que j'apprécie particulièrement.

La Corse et le cinéma

Autant le dire d'emblée, la Corse a surtout servi de décor dans le cinéma. On citera ainsi Cela s'appelle l'aurore de Bunuel (1956 ), Alerte en Extrême-Orient de Ronald Neame (1958), La Loi de Jules Dassin (1959), Le Jour le plus long de Ken Annakin (1963), tourné sur les plages du désert des Agriates

Dans un style très personnel, Liza de Marco Ferreri a été tourné sur l'île de Cavallo (avant sa privatisation par la jet-set).

Il faut citer également Les randonneurs de Philippe Harel, avec Benoît Poolvorde et Karin Viard.

Certains films ont la Corse comme sujet principal. Parmi les raretés, le Colomba d'Ange Casta (1967) tourné en noir et blanc avec dialogues en corse sous-titrés en français (c'était une première à l'époque).

En 1983, Pierre Cangioni réalise Santu Nicoli avec Robin Renucci et Pierre Massimi. Le thème : une vendetta entre Lama et Pietralba.

La Corse est également présente dans le film de Granier-Deferre (scénario d'Henri Graziani) : Un Fils (1972) avec Yves Montand et dans Nous Deux réalisé en 1991 dans le Cap Corse (Sisco et Pietracobara) par le même Henri Graziani. Les acteurs principaux sont Philippe Noiret et son épouse Monique Chaumette, mais on trouve aussi au générique quelques acteurs corses, dont Pierre Massimi. Le thème du film est le retour au pays d'un Corse du continent qui n'a jamais vécu en Corse.

Les films de Pierre Salvadori font souvent référence à la Corse (Cible émouvante et Les Apprentis). Comme elle respire (1997) est même tourné pour une bonne moitié en Corse.

On citera également le téléfilm de Carole Giacobbi, Anna en Corse, avec Romane Bohringer et Line Renaud, Le Silence d'Orso Miret, et Trois petites filles de Jean-Louis Hubert.

Et enfin, un très beau film, Le Cadeau d'Elena, de Frédéric Graziani (2004), avec Vahina Giocante, Marie-José Nat et Michel Duchaussoy. La Corse et sa culture y sont présentées avec une extrême pudeur et beaucoup de sentiment. Après un début un peu faible, on se laisse prendre par l'histoire et les acteurs. Socrate retourne en Corse après 40 ans d’absence. Il est venu régler ses dernières histoires et faire ses adieux.

De l'Enquête corse à Liberata

Et vint  L'Enquête corse d'Alain Berberian.
Pourquoi ne pas l'avouer, quand j'ai su que Christian Clavier allait jouer le rôle principal, j'ai craint le pire. J'avais tort, le film est très drôle et montre les Corses avec finesse.

Enfin, France 3 a réalisé une nouvelle adaptation de Colomba en 2004 ainsi que Liberata de Philippe Carrese, tourné en Balagne entre Cassano et Montemaggiore. Ce film, d'abord diffusé sur France 3 Corse en octobre 2005, sort sur les écrans du continent. Chronique de la vie d'un village sous l'occupation italienne, ce film mêle les langues corse, italienne et française. Avec François Orsoni, Pierre-Laurent Santelli, Shani Sabaty et... un excellent Orlando Forioso dans le rôle d'un officier fasciste.

liberata

 

Ange Leccia


Citons aussi Di Corsica Riposu d'Ange Leccia. Dans ce film, sorti en 2004, Ange Leccia s'inspire de la création commandée à l'ensemble A Filetta par le festival de Saint-Denis. Avec ce film, Ange Leccia visite à la fois l'univers d'A Filetta et celui du culte des morts en Corse. Je n'avais pas encore vu ce film, qui est projeté à Pigna en ce mois d'avril 2006, quand j'ai rédigé cet article. Depuis il a été diffusé par Via Stella.
Le cinéma d'Ange Leccia est vraiment très particulier, et on peut être agacé ou séduit par ses parti-pris esthétiques (flou, grain).

Annoncé pour le 13 avril 2011, Nuit Bleue. Dans cet extrait on peut voir A Filetta chanter Sumiglia le long d'une route :

Vahina Giocante

Vahina Giocante, l’âme d’une guerrière

vahina
« Tu es Corse ? Moi je suis de Vero et toi ? » Cette question posée par Vahina Giocante lors d’une première rencontre il y a 7 ans sur le plateau du Bluberry de Jan Kounen la révélait d’emblée. Sur le set d’une superproduction internationale, la jeune actrice posait la question classique de tous les Corses lorsqu’ils se rencontrent hors de l’Ile : « De quel village es-tu ? ». Portrait.
Lorsqu’on rencontre Vahina Giocante, le décor autour d’elle s’estompe tant sa beauté et sa présence irradient. Elle était là, sur l’immense plateau de tournage comme une fleur sauvage ayant poussé sur les rives de la Gravona où elle jouait enfant. Cette jeune femme originaire de Vero est devenue en quelques années, et après trente films, une des plus belles et des plus talentueuses actrices françaises. Son visage en effet capte et renvoie la lumière des sunlights d’une indicible manière.
Le regard quant à lui est souvent mystérieux et troublant. Sans doute y a-t-il en Vahina une part de lumière, une distinction et une grâce qui la rendent unique comme une icône rare. Ses traits ont la pureté des vierges de Léonard de Vinci. Le corps, en mouvement sur l’écran, exprime une sensualité féline et le maintien des danseuses classiques : 24 images par seconde d’un bonheur visuel absolu, telle est « La Giocante ».
Il n’est guère étonnant qu’une directrice de casting l’ait remarquée dès l’âge de 14 ans sur une plage du midi alors qu’elle était petit rat à l’Opéra de Marseille. Marie, Baie des Anges de Manuel Pradal fut son premier film. Beaucoup d’autres suivirent, parfois dans des rôles sulfureux tant le personnage est chargé d’un érotisme magnétique. Mais on ne doit en aucun cas confondre l’actrice et ses rôles. Vahina est à l’opposé des personnages qu’elle a jusqu’ici incarnés à l’écran. Une personnalité volontaire, un caractère trempé, un déjà long parcours à l’écran dans un milieu sans pitié pour les femmes, une maternité précoce (elle est mère d’un garçon de 10 ans) ont forgé en elle l’âme d’une guerrière. Il y a indubitablement de la noblesse chez cette jeune femme, un appétit de vivre pleinement et d’explorer le monde dans toute sa diversité ethnique et géographique. C’est ainsi qu’on a pu la voir toute seule en Afrique dans une tribu Massaï, en Inde l’an passé, ou bien encore dans la tribu des indiens Conibo-Shipibos sur l’Amazonie.
La lumière des plateaux de cinéma, la notoriété et l’aventure, ne lui ont toutefois pas fait oublier ses racines insulaires. Il n’est pas une interview de Vahina dans laquelle elle ne revendique sa corsitude. « La Giocante » se montre en effet intarissable au sujet de l’Île. « Les odeurs du maquis, la force des éléments sont dans mon cœur et mon esprit où que je sois. » Elle parle. On l’écoute. « Mon rapport à cette île est une relation d’amour inconditionnel et de grand respect pour cette terre et ceux qui on su la préserver quasi intacte, çà devient rare sur cette planète ; mais je pense qu’il est important, voire nécessaire aux habitants de l’île de voyager pour revenir nourris de la différence, pour éviter le repli et le manque d’ouverture sur le monde que je constate parfois chez certains de mes compatriotes : le voyage, le mouvement, la curiosité, ne font que nourrir et renforcer les racines et ne constituent pas un danger en soi. » Vahina Giocante évoque aussi la Corse des anciens « avec un souci constant de la transmission à une époque où l’on ne transmet plus rien, nous avons sans doute su garder l’essentiel, passer des relais ». L’actrice pense avoir reçu l’héritage des femmes de Méditerranée à forte personnalité.

Sa carrière l’a d’ailleurs conduite à tourner avec deux réalisateurs insulaires : Frédéric Graziani dans Le cadeau d’Elena réalisé à Bastia aux côtés de Marie-José Nat et Stéphane Rideau puis avec Jan Kounen, dans Blueberry, aux côtés de Vincent Cassel et dans 99 francs aux côtés de Jean Dujardin. De son rapport avec Jan Kounen elle dit : « Jan est pour moi une sorte d’ange protecteur, il est fascinant de constater que certaines personnes sont là dans les moments clefs de l’existence, Jan fait partie de ceux-là, il y a entre nous une émulation créative, nous nous ressemblons par certains traits. Il est pour moi au-delà du réalisateur figurant sur ma filmographie et je le considère comme un frère en effet il y a un peu de çà puisque nous avons en commun nos origines corses. »

Nous verrons la comédienne cette année dans 30 beats d’Alex Lloyd un film indépendant New-Yorkais : « C’est ma première expérience dans une langue étrangère. J’ai appris un peu plus mon métier en perdant certains repères. Je trouve important d’explorer des « nouveaux mondes » ; les mondes imaginaires de réalisateurs qui n’ont pas forcément la même culture, la même approche de la vie, les mêmes inspirations, toutes ces créativités me nourrissent énormément. »
Vahina Giocante vient par ailleurs d’achever le tournage d’un film israélien : « Dans ce film je suis allé assez loin dans l’oubli de ma personnalité, ce fut comme une plongée dans les abysses d’un rôle, on s’y perd où l’on en revient grandi. J’ai mis beaucoup de temps à me remettre du tournage, mais grâce à mes proches j’ai retrouvé de la force et de l’énergie. ». L’actrice avoue en effet que le tournage fut un des plus éprouvants qu’elle ait connu à ce jour.

Il pleuvait sur la place Saint-Michel lorsque nous nous sommes quittés au bout de cet entretien, la pluie parisienne et le ciel gris magnifiaient l’éclat de son regard. Elle s’engouffra dans un taxi, sourit d’un air mélancolique et lança en baissant la vitre « Embrasse la terre de nos ancêtres et de nos enfants pour moi ». Déjà un autre film attend Vahina. Elle partira après-demain tourner à Madagascar puis au Sri-Lanka. La grande aventure continue, nous attendrons impatiemment son retour pour nous la faire partager.

Filmographie sélective

30 beats d’Alex Lloyd (2010)
Mon père, Francis le Belge de Frédéric Balekidijan.
La blonde aux seins nus (2010) de Manuel Pradal avec Nicolas Duvauchelle
Bellamy (2009) le dernier film de Claude Chabrol avec Gérard Depardieu
Le premier cercle (2009) de Laurent Tuel avec Jean Reno.
Secret défense (2008) de Philippe Haïm avec Gérard Lanvin
99 francs (2007) de Jan Kounen avec Jean Dujardin.
Un lever de rideau (2006) de François Ozon.
Riviera (2005) de Anne Villacèque avec Miou-Miou.
Nuit noire, 17 octobre 1961 (2005) d’Alain Tasma.
Marie Antoinette (2005) d’Alain Brunard.
Lila dit ça (2004) de Zia Doueiri.
Le cadeau d’Elena (2004) de Frédéric Graziani.
Blueberry: L’expérience secrète (2004) de Jan Kounen avec Vincent Cassel.
Le intermittenze del cuore (2003) de Fabio Carpi.
Vivante (2002) de Sandrine Ray.
L’Algérie des chimères de François Luciani
Bella ciao (2001) de Stéphane Giusti.
Le libertin (2000) de Gabriel Aghjion.
Pas de scandale (1999) de Benoit Jacquot avec Isabelle Huppert.
Voleur de vie (1998) d’Yves Angelo avec Emmanuelle Béart.
Marie Baie des Anges (1997) de Manuel Pradal.

Jean-Sébastien Soldaïni


Copyright Corsica

Sempre vivu


sempre

Projeté également sur le continent, le film de Robin Renucci est une comédie satirique. Faute d'avoir vérifié que son patriarche était bien mort, un village corse est pris dans un tourbillon de mensonges et de quiproquos.
En Corse, on ne plaisante pas avec la mort ? Mais si !

Réalisateur, acteur, scénariste, metteur en scène de théâtre, Robin Renucci passe une enfance paisible entre la Bourgogne et la Corse. Très tôt passionné par le monde du théâtre, il crée des spectacles de rue, étudie pendant deux ans au cours Dullin et intègre le Conservatoire d’Art Dramatique de Paris, avec pour professeurs Antoine Vitez, Jean-Paul Roussillon et Marcel Bluwal. Il fait sa première apparition à l’écran en 1981 dans les Eaux profondes de Michel Deville, un cinéaste qu’il retrouvera deux ans plus tard pour La Petite Bande. Interprétant souvent des séducteurs tourmentés, Robin Renucci devient vite un des jeunes comédiens les plus en vue de la nouvelle génération. S’il prend part à des succès tels que Coup de foudre et Vive la sociale, et à la fresque de Corneau Fort Saganne, il connaît la consécration grâce à Escalier C de Tacchella : sa prestation de critique d’art misanthrope lui vaut une nomination au César du Meilleur acteur en 1986.

Il enchaîne avec un autre rôle marquant, celui d’un jeune journaliste dans le corrosif Masques de Claude Chabrol, réalisateur qui le mariera 20 ans plus tard à la juge Isabelle Huppert dans L’Ivresse du pouvoir (2006). A partir des années 90, Robin Renucci multiplie les apparitions sur le petit écran, mais se fait moins présent au cinéma. Goûtant peu le star system, il se consacre alors au théâtre, à la fois comme acteur et comme initiateur d’ateliers de création et de formation en Corse. On retrouve néanmoins le comédien dans les oeuvres délicates de René Féret ou Bertrand van Effenterre, ainsi que dans de nombreux films d’époque, de La putain du roi à Arsène Lupin (2004) en passant par Les Enfants du siècle. Déjà auteur d’un téléfilm diffusé en 1998, il signe en 2006 son premier long métrage pour le cinéma.

Sempre Vivu  (Qui a dit que nous étions morts ? )

Faute d'avoir vérifié que son patriarche était bien mort, un village corse est pris dans un tourbillon de mensonges et de quiproquos. En Corse, on ne plaisante pas avec la mort ? Mais si !
Comédie satirique en langues Corse et Française
Réalisé par Robin Renucci

" Il fallait une farce pour raconter sans pleurer les ravages que font le mensonge, la corruption, l'autisme des administrations, l'égoïsme des gens de pouvoir. Inspiré de la Commedia dell'Arte italienne, des divertissements iconoclastes de Goldoni, des comédies grinçantes de De Filippo, Sempre Vivu ! est fondé sur de vrais mensonges, de fausses vérités, des malentendus qui n'en sont pas, des non-dits assourdissants. De tout temps, ces comédies ont fait rire aux larmes les peuples bafoués de la Méditerranée. Ce n'est pas un hasard si le maire s'appelle Pantaléon, si le gendarme mange son képi, si les hommes y sont bêtes et les bêtes plus sages que les hommes." Robin Renucci
Eloigné du star system et des paillettes, Robin Renucci se fait assez rare au cinéma. A partir des années 90, il préfère surtout se consacrer au théâtre et à sa diffusion. En parallèle, le comédien s'essaie à la réalisation en 1998 avec un téléfilm et un spot publicitaire. Ce n'est qu'en 2007 que l'acteur saute le pas et livre son premier film, Sempre vivu !, qu'il décide de situer dans un endroit qu'il affectionne : la Corse. Amoureux des formes théatrales, Robin Renucci est le fondateur de l'ARIA (Association des Rencontres Internationales Artistiques) et organise depuis 1998 les Rencontres Internationales de Théâtre en Corse. Cette initiative culturelle avait alors pour but de développer la création dans un village corse isolé et peu à peu menacé par la désertification.

Bonus DVD : " L'artisan poète ", un documentaire sur l'expérience théâtrale de Robin Renucci (50 min)

A Ghjanara


Troisième court-métrage de Jean-Luc Delmon-Casanova, A Ghjanara transporte le spectateur au cœur du Moyen-Âge.
(Article de Terra Corsa en téléchargement)

* * *

Après ce rapide tour d'horizon, on ne peut que souhaiter que des metteurs en scène s'intéressent enfin à la Corse sans aligner les sempiternels clichés sur l'ïle et ses habitants...

Le cinéma, c'est aussi les salles de cinéma. Et à cet égard il convient de saluer la belle initiative de Ceccè Acquaviva :

fogata

Découvrez Le Fogata et ses programmes ; Cinéma Le Fogata - Col de Fogata - 20220 Ile Rousse
Tél / Fax : 04 95 39 18 97 - Email : cinemalefogata@yahoo.fr
Site http://www.cinema-fogata.com/presentation-cinema-ile-rousse.php


fogata

Stefania Sandrelli, marraine du 22e Festival du film italien

  sandrelli affiche
Photo : Gérard Baldocchi

Le dimanche 7 février, la célèbre comédienne Stefania Sandelli présentera son premier film en tant que réalisatrice, Christine, Cristina. Elle a également accepté d'être la marraine de ce 22e festival Italien. Après Ornella Muti, Gina Lolobrigida et Claudia Cardinale, le Festival du cinéma italien accueille cette année encore une star en la personne de Stefania Sandrelli. tv Cette actrice de réputation internationale qui fut l'héroïne des plus illustres cinéastes tels Ettore Scola, Bernardo Bertolucci et Mario Monicelli, sera l'invitée d'honneur de cette 22e édition qui se déroulera du 6 au 13 février.
Elle viendra à Bastia à double titre. Si elle a en effet accepté d'être la marraine de ce nouveau festival, elle aura également l'occasion de présenter son premier film en tant que... réalisatrice.

« J'avais très envie de passer derrière la caméra »

Cette talentueuse comédienne qui, tout au long de sa carrière, a su voguer entre le rire et les larmes, a en effet décidé de passer derrière la caméra. Elle présentera donc Christine, Cristina dont le rôle principal est tenu par sa propre fille, Amanda Sandrelli.

«Cette oeuvre historique m'a permis de traduire à travers des images, la vie peu connue de la poétesse Christine de Pizan, explique Stefania Sandrelli. Arrivée en France dans son enfance, son père ayant été nommé astronome à la cour de Charles V, Christine de Pizan devint, à la fin du XIVe siècle, l'une des seules voix féminines de la poésie mais, surtout, l'une des premières mères de famille à vivre de son métier. Et ce, à une époque dite obscure, à l'aube des premières conceptions humanistes ».

Il sera intéressant de découvrir ce film qui, outre Amanda Sandrelli, est interprété par Alessio Boni qui, rappelons-le, a obtenu le Prix d'interprétation masculine lors du Festival italien 2007 pour sa prestation dans Arrivederci amore ciao de Michele Soavi.
Un autre grand moment marquera le séjour bastiais de Stefania Sandrelli. Il s'agit de la projection d'un film-culte réalisé par son beau-père qui n'était autre que le grand metteur en scène italien Mario Soldati (1906-1999).
Prêtée par la cinémathèque de Rome, cette comédie primée à Cannes en 1959 sera présentée dans sa version originale au théâtre de Bastia le dimanche 7 février par le mari de Stefania, Giovanni Soldati.
Il faut noter enfin que le premier long-métrage tourné par Stefania Sandrelli en tant qu'actrice sera projeté dans le cadre de ce festival 2010. Il s'agit de Divorce à l'Italienne, une farce de Pietro Germi réalisée en 1961.
« Ce film est pour moi un merveilleux souvenir, souligne Stefania. Mon partenaire était l'idole de l'époque, à savoir Marcello Mastroianni. Ce fut également un tournant dans la carrière du metteur en scène Pietro Germi qui, avec ce film, décida de se convertir corps et âme à la comédie ».

Une expo, des conférences et de la musique

En marge du cinéma, une exposition aura lieu dans le péristyle du théâtre pendant toute la durée du festival. C'est l'artiste-peintre Anne-Marie Rocca-Serra qui présentera ses oeuvres à cette occasion. Le vernissage de son expo aura lieu le samedi 6 février à 18 heures.

D'autre part, l'association Dante Alighieri organisera deux conférences. Le samedi 6 février, à 16 heures, dans la salle des congrès du théâtre, Attilio Maggiulli posera un regard sur la commedia dell'arte. Le samedi 13 février, même lieu même heure, c'est l'universitaire Marika Galli qui dévoilera les secrets de la cuisine italienne.

La soirée d'ouverture sera animée quant à elle par la soprano Maryline Leonetti, le ténor Thomas Bronzini, le baryton Jean-Mathieu Alberghi et les choeurs de l'Ecole Kalliste Musique. Tous et toutes (ils seront une vingtaine sur scène) interpréteront de grands airs d'opéras italiens.
Enfin, pour la cérémonie de clôture, le public bastiais aura le plaisir d'écouter les plus célèbres mélodies italiennes grâce aux chanteurs-musiciens du groupe Intimità, en l'occurrence Thomas Bronzini, Eric Salvarelli et Jean-Pierre Motroni.

Jean-Baptiste Croce

Source : Corse Matin du vendredi 29 janvier 2010

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Le cinéma italien

J'ai toujours eu une passion pour le cinéma italien, depuis le néoréalisme jusqu'à aujourd'hui. Peut-être parce que les réalisateurs n'ont jamais hésité à utiliser les dialectes régionaux pour rendre compte des différences culturelles et sociales, également parce que ce cinéma osait porter un regard critique sur la société, et enfin parce qu'il a bénéficié d'acteurs exceptionnels.

La Meglio Gioventù


meglio

J'ai bien cru ce cinéma disparu à jamais avec les années Berlusconi, et j'ai reçu un choc avec La Meglio Gioventù (Nos meilleures années) de Marco Tullio Giordana, qui est un des plus beaux films qui m'aient été donnés de voir.

Nos meilleures années raconte l’histoire d’une famille italienne de la fin des années soixante à aujourd’hui. Le récit tourne autour de deux frères : Nicola et Matteo. Au début, ils partagent les mêmes rêves, les mêmes espoirs, les mêmes lectures et les mêmes amitiés, jusqu’au jour où la rencontre avec une jeune fille souffrant de troubles psychiques (Giorgia) détermine le destin de chacun : Nicola décide de devenir psychiatre, Matteo abandonne ses études et entre dans la police.

Tous les personnages sont extrêmement attachants et nous deviennent familiers, depuis le père Angelo, Adriana (la mère), admirable, Giovanna, la fille aînée, Francesca, la cadette, qui épousera Carlo, le meilleur ami de Nicola, qui deviendra pour cela une cible possible du terrorisme durant les années de plomb. Il y a également Giulia, la grande histoire d’amour de Nicola, qui donnera naissance à Sara, et puis Mirella, qui croisera, à des époques différentes, le chemin de Matteo et de Nicola.

La figure de Matteo hantera longtemps les mémoires. Ces personnages nous font vivre les évènements et les lieux qui ont joué un rôle crucial dans l’histoire italienne : l’inondation de Florence, la lutte contre la mafia, les mouvements étudiants, le terrorisme...Ce film est la fresque d’une génération qui – avec ses contradictions, sa fougue tantôt ingénue, tantôt violente, avec sa rage parfois déplacée – a essayé de ne pas se résigner au monde tel qu’il est, mais de le rendre un peu meilleur.
Les six heures de projection passent trop vite !

La meglio gioventù est un film admirable d'intelligence et de sensibilité. A travers les destins contrastés de Nicola, qui agit lucidement pour rendre le monde un peu meilleur et de Matteo, qui refuse, jusqu'à en mourir, de supporter la réalité, ce film est tout simplement un hommage à la vie, avec les joies, les peines, les moments comiques, les drames. Ce qui en ressort, au-delà des moments d'intense émotion, c'est une irrépressible joie de vivre. S'il porte un message, c'est que la vie vaut vraiment la peine de la vivre à fond, avec les autres.

Avec (il faut citer tous les comédiens):
Luigi Lo Cascio (Nicola Carati), Alessio Boni (Matteo), Jasmine Trinca (Giorgia), Maya Sansa (Mirella), Lidia Vitale (Giovanna), Adriana Asti (Adriana), Andrea Tidona (Angelo Carati), Sonia Bergamasco (Giulia) et Fabrizio Gifuni (Carlo Tommasi)

C'eravamo tanto amati (Nous nous sommes tant aimés)

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C'eravamo tanto amati
est un de mes films préférés.

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Ettore Scola met en scène dans ce film tourné en 1974, à travers la vie de trois amis et d'une jeune femme qui passera de l'un à l'autre, trente ans d'histoire de l'Italie contemporaine (1945-1975). Cette comédie est également un hommage mélancolique à Vittorio de Sica.

Gianni Borego (Vittorio Gassman), Antonio (Nino Manfredi) et Nicola Palombo (Stefano Satta Flores) se sont connus dans le maquis, se sont retrouvés à la Libération, ont formé les mêmes espoirs dans une société plus juste, et ont vécu les premières déceptions de l'après-guerre.

La première scène est en fait la scène finale (Nicola, Antonio et Luciana, croyant Gianni pauvre, découvrent sa superbe villa et préfèrent rebrousser chemin). Puis l'image passe au noir et blanc pour évoquer la Résistance.

Au lendemain de la guerre, Gianni, jeune avocaillon, refuse d'assurer la défense d'un promoteur sans scrupules, avant de devenir son collaborateur. Il épousera sa fille Elide (Giovanna Ralli) par intérêt et dépassera en cynisme son patron et beau-père (Aldo Fabrizi); Antonio travaille comme infirmier dans un hôpital. Nicola est enseignant, passionné de cinéma. Renvoyé de son poste après une altercation avec les notables locaux, il abandonnera sa famille pour devenir critique de cinéma à Rome. Antonio fait la connaissance de Luciana (Stefania Sandrelli) dont il tombe amoureux. mais celle-ci succombe bientôt au charme de Gianni. Scène savoureuse quand Gianni vient s'excuser auprès d'Antonio. Après une tentative de suicide, c’est chez Nicola que Luciana ira vivre.

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Au fil du temps, les amis se perdront de vue puis se retrouveront. Les retrouvailles finales seront l'occasion d'un examen de conscience lucide et amer.

Superbe fresque désenchantée, ce film est servi tout d'abord par un scénario très riche d’Age et Scarpelli, traversant le cinéma italien (De Sica, Fellini, Mastroianni) et la vie politique, passant de moments hilarants (Manfredi ramené par l'ambulance après son altercation Place de Trevi) à des passages mélancoliques (la scène du photomaton précédée de la reconstitution de la scène du landau dans le Cuirassé Potemkine).

Magnifique séquence quand Manfredi, qui n’a pas vu Gassman depuis plus de vingt ans, le prend pour un gardien de parking (alors qu’il est richissime), discourt sur son idéalisme si mal récompensé par cette société pourrie, et lui donne un pourboire que Gassman n’ose pas refuser, ne voulant pas le détromper.

C’eravamo tanto amati bénéficie également d'un quatuor d'acteurs en état de grâce. Manfredi dans son rôle d'homme du peuple sincère et réaliste, Gassman en riche homme d'affaires ayant raté sa vie, Satta Flores en jusqu'au-boutiste malheureux, sans oublier une magnifique et sensible Stefania Sandrelli.

Ce film sur les idéaux trahis (« nous voulions changer le monde, mais c’est lui qui nous a changés ») est finalement plus émouvant qu‘amer, car le regard acéré porté sur les personnages est malgré tout indulgent, même s’il est souvent négatif.

Merveilleux passage du noir et blanc à la couleur, belle musique d’Armando Trovajoli : un chef d'œuvre, vous dis-je !

Une vie difficile

de Dino Risi

Edition en DVD d'un des chefs d'oeuvre de Dino Risi et du cinéma italien : Une vita difficile (1961). Malheureusement, comme Les Nouveaux Monstres, cette édition se limite à la version doublée en français, ce qui est proprement scandaleux.

Alors, parlons seulement du film :

C'est l'histoire d'un idéaliste (Alberto Sordi, grandiose) qui va tout perdre par fidélité à ses idéaux. Abandonné par sa femme (Lea Massari), petite-bourgeoise fascinée par la réussite économique, fauché, emprisonné, seul, il finit par se résoudre à "être réaliste". Jusqu'au sursaut final...

Cette évocation grinçante qui pourrait être sinistre est rythmée de scènes irrésistibles. On retiendra notamment l'entretien d'embauche et surtout le dîner chez les aristocrates le soir du référendum de 1946, où Sordi et Léa Massari boivent du champagne seuls après la proclamation de la fin de la royauté.

I Complessi

Un film à sketches comme l'Italie en produisait dans les années soixante. Trois épisodes sur le thème des complexes : Una giornata decisiva de Dino Risi, Il complesso della schiava nubiana de Franco Rossi et Guglielmo il dentone de Luigi Filippo d'Amico.

complessi
Alberto Sordi avec les soeurs Kessler
"Una giornata decisiva" de Dino Risi (34') est une perle de finesse, Nino Manfredi y déploie tout son talent dans ce rôle de composition où il incarne un modeste employé, timide, amoureux d'une jolie femme et tellement gaffeur et timoré qu'il se retrouvera finalement, par maladresse et timidité, avec un laideron entreprenant.
Dans "Il complesso della schiava nubiana" (28'), un mari (trop) moraliste cherche à détruire les preuves du passé d'actrice de sa femme. Il le paiera cher... Ugo Tognazzi s'en donne à coeur joie.
"Guglielmo il Dentone" (38') est le sketch le plus réussi : , en dépit des manoeuvres du jury qui cherche à lui barrer la route, Guglielmo, journaliste aux dents longues dans tous les sens du terme, réussit à se faire embaucher à la RAI. Alberto Sordi est époustouflant dans ce rôle invraisemblable de candidat-journaliste doté d'une diction parfaite, d'un sens de l'à propos prodigieux, d'une confiance en lui illimitée, d'une mémoire ahurissante, et qui, malgré sa dentition chevaline, arrivera à ses fins.

Vedo nudo (Une poule, un train et quelques monstres, 1969)

de Dino Risi

nino

e film est une illustration en sept épisodes de déviances érotiques diverses. Certains épisodes sont très drôles, d'autres émouvants, tous sont servis par un très grand Nino Manfredi. Avec aussi Sylva Koscina dans son propre rôle,  Véronique Vendell,  Umberto D'Orsi et Daniela Giordano...

1/ La Diva. - L'actrice Sylva Koscina recueille un blessé grave qu'elle porte à l'hôpital le plus proche. Là, les médecins et les infirmiers lui portent une telle attention qu'ils en oublient le blessé et le laissent mourir.

2/ A uscio chiuso. - Un paysan demeuré passe en jugement pour avoir violé une poule..."Elle m'a cherché. On n'est pas de bois", dit-il pour sa défense.

3/ Ornella. - Ercole est un jeune employé de poste timide et homosexuel refoulé qui entretient une correspondance, sous le pseudonyme d'Ornella, avec Carlo Rinaldo. Quand celui-ci, en visite à Rome, décide de venir faire la connaissance d'Ornella, Ercole se fait alors passer pour le frère d'Ornella. Mais Carlo découvre peu à peu la vérité, et l'accepte.

4/ Il guardone. - Un culturiste myope croyant observer une jeune fille se déshabillant devant une fenêtre qui fait face à la sienne s'excite en fait à la vue de son propre corps se reflètant dans un jeu de miroirs.

5/ L'ultima vergine. - Une petite oie blanche provinciale prend un réparateur de téléphone pour le maniaque sexuel dont on parle à la radio et se donne à lui pour avoir la vie sauve.

6/ Motrice mia. - Nino, traumatisé par les bombardements durant la guerre, abandonne chaque soir sa très belle femme pour aller se coucher entre les rails et jouir quand passe au-dessus de lui, à pleine vitesse, le Paris-Rome. "Anche quella del Brennero ?", lui demande son épouse résignée.

7/ Vedo nudo. - Le directeur d'une agence publicitaire est atteint d'une maladie singulière : il voit nues toutes les femmes qu'il rencontre. Après avoir suivi un traitement dans une clinique psychiatrique suisse, il reprend ses fonctions, apparemment guéri...

I nuovi mostri

Bon, allez, j'en parle quand même, je me suis procuré le DVD italien. Incomplet et avec des sketches tronqués, comme toutes les éditions ! Incroyable !!

I nuovi mostri est un film collectif de 1977, de Dino Risi, Mario Monicelli et Ettore Scola, les scénaristes étant  Age, Scarpelli, Ruggero Maccari et Bernardino Zapponi.
Une douzaine de tableaux grinçants, sombres et amers, qui mettent en scène l’évolution de la société dans des situations encore plus immorales que dans Les Monstres de 1963. Dans ce film plein des désillusions qui commençaient à poindre à l'époque, la brutalité et la crudité atteignent de nouveaux sommets , montrant une société inhumaine au bord du chaos. Un film très prémonitoire !

Interprètes :

    * Vittorio Gassman
    * Ugo Tognazzi
    * Alberto Sordi
    * Ornella Muti
    * Yorgo Voyagis
    * Eros Pagni
    * Gianfranco Barra
    * Orietta Berti
    * Vittorio Zarfati
    * Luciano Bonanni
    * Nerina Montagnani
    * Simona Patitucci

Dans la version intégrale, le film comporte 14 épisodes, pour une durée totale de 106 minutes (pas si long que ça donc). Cependant, la plupart des éditions n'ont gardé que 9 épisodes, tronqués qui plus est. Il s'agit en général de la version TV réalisée par la RAI pendant les années 80. La version française (doublée, hélas !!) en comporte 12 (il manque Con i saluti degli amici et Il sospetto).

Voici d'abord les épisodes figurant sur le double DVD italien :

   * Tantum Ergo:
A l'occasion d'une panne de voiture, un cardinal (Vittorio Gassman) se retrouve dans la paroisse contestataire d'un prêtre ouvrier. Par un discours vibrant, il a tôt fait de "retourner" les paroissiens...
Un petit chef d'oeuvre.

    * Autostop (Monicelli) :
Un voyageur de commerce (Eros Pagni), prend une jeune fille (Ornella Muti) en auto-stop ; pour échapper à ses avances, elle feint d'être une dangereuse évadée de prison. L'homme s'arrête au bord de la route et l'abat d'une balle de revolver...

    * Con i saluti degli amici (Risi) :
Un mafieux est victime d'une fusillade ; il est encore vivant quand on vient lui prêter secours, mais il nie catégoriquement l'attentat.
Cet épisode a été censuré par la RAI...    

   * Hostaria! (Scola) :
Deux serveurs d'un restaurant (Gassman et Tognazzi) se disputent dans la cuisine en se jetant divers produits destinés aux plats des clients...

   * First Aid - Pronto soccorso (Monicelli) :
Un aristocrate décadent, Giovan Maria Catalan Belmonte (Alberto Sordi), roule au volant de sa Rolls blanche et trouve un blessé au bord de la route. Il tente de trouver un hôpital...

Alberto Sordi, les cheveux teints en blond, reprend ici le personnage snob à la diction nasale de son fameux "Mamma mia che impressione!"

  * L'uccellino della Val Padana (Scola) :

Impresario sans scrupules de sa propre épouse, Adriano (Ugo Tognazzi) la contraint à chanter malgré ses cordes vocales défaillantes. 
 
   * Come una regina (Scola) :
Franchino (Sordi) est contraint par sa femme à placer sa mère dans une maison de retraite...

    * Il sospetto (Scola) :
Un brigadier reçoit du commissaire de police (Gassman) l'ordre de s'infiltrer dans un groupe de jeunes gens... (épisode censuré)

   * Senza parole (Risi) :

Le temps d'une escale, une hôtesse de l'air , (Ornella Muti) est séduite par un beau et mystérieux jeune homme (Voyagis) qui ne parle aucune langue connue. Quand elle repart il lui offre un mange-disque avec le disque qui a bercé leur rencontre (All by Myself d'Eric Carmen ...)
Peu après l'avion explose. Le transistor était piégé.

    * L'elogio funebre (Scola) :
Un acteur comique à la retraite (Sordi), rend hommage à sa façon à son partenaire défunt, transformant l'enterrmeent en spectacle de music-hall

Les plus du DVD :

   * Mammina e mammone:

Deux clochards, une mère agée (Nerina Montagnani) et son fils Giovannino (Tognazzi), parcourent Rome à la recherche de trésors (papiers de couleurs, capsules, crottin de cheval pour le géranium) ,fréquentent les spectacles de marionnettes et font d'interminables promenades dans les jardins de la ville. Les voisins  les font embarquer pour l'asile.
(La fin est honteusement tronquée).

    * Cittadino esemplare (Scola) :
Rentrant chez lui, un employé (Gassman) assiste à un meurtre à coups de couteau; au lieu de secourir lea victime, il se barricade chez lui et mange des spaghetti en regardant la TV...

    * Pornodiva (Risi):
Un producteur discute des modalités d'un contrat pour un film pornographique (une scène de zoophilie) avec un homme et son épouse. Ceux-ci émettent des réserves, mais finissent par accepter. Il ne s'agit que d'un petit singe. "Se la scimmia è piccola...", opine le mari !
Encore un épisode tronqué. Dans la version originale, la femme va chercher leur petite fille pour lui présenter " le monsieur qui va lui faire faire du cinéma."

Episode non présent sur le DVD italien :

    * Sequestro di persona cara (Scola):
Un pauvre homme (Gassman) fait un appel à la télévision aux ravisseurs de sa femme pour qu'ils l'appellent pour demander une rançon. L'équipe de télévision partie, les sanglots de l'homme se transforment en rire et il montre les fils coupés du téléphone...
 

Hommage à Luigi Comencini

Le grand cinéaste Luigi Comencini s'est éteint à Rome le 6 avril 2007.

La notoriété de Comencini commence par un gigantesque malentendu : ses Pane amore e fantasia (Pain, amour et fantaisie) et Pane amore e gelosia (Pain, amour et jalousie) furent qualifiés de comédies à l'eau de rose, signant la fin du néo-réalisme, alors que son engagement social fut évident dès notamment Tutti a casa (La Grande pagaille, 1960) et A cavallo della tigre (A cheval sur le tigre, 1961). Lo scopone scientifico (L'Argent de la vieille, 1972) est une fable grinçante sur la fatalité de la misère, tandis que Delitto d'amore (Un vrai crime d'amour, 1973), évoque le travail en usine.

Mais Comencini est surtout connu à juste titre pour sa peinture de l'enfance : si Incompreso (L'incompris) fut hué à Cannes, ce film est reconnu depuis comme un grand chef d'oeuvre. Comencini réalisera également Infanzia e prime esperienze di Giacomo Casanova, veneziano (Casanova, un adolescent à Venise, 1969) qui retrace la jeunesse du séducteur en restant très fidèle à ses Mémoires, puis Le Aventure di Pinocchio, véritable hymne à la liberté individuelle. On retiendra également Mio Dio, come sono caduta in basso !, La donna della domenica et Il Gatto, satires de la bourgeoisie.

Filmographie :

1937 : La novelletta (court métrage)
1946 : Bambini in città (court métrage)
1948 : Proibito rubare
1949 : Il museo dei sogni (court métrage)
1949 : L'imperatore di Capri, 1949
1950 : L'ospedale del delitto (court métrage)
1951 : Persiane chiuse
1952 : La tratta delle bianche
1952 : Heidi
1953 : La valigia dei sogni
1953 : Pane amore e fantasia
1954 : Pane amore e gelosia
1955 : La bella di Roma
1956 : La finestra sul Luna Park
1957 : Mariti in città
1958 : Mogli pericolose
1959 : Und das am Montag Morgen
1959 : Le sorpese dell'amore
1960 : Tutti a casa
1961 : A cavallo della tigre
1962 : Il commissario
1963 : La ragazza di Bube
1965 : La bugiarda
1965 : Il compagno Don Camillo
1967 : Incompreso
1968 : Italian secret service
1969 : Senza sapere niente di lei
1969 : Infanzia, vocazione e prime esperienze di Giacomo Casanova veneziano
1970 : I bambini e noi
1972 : Pinocchio
1972 : Lo scopone scientifico
1974 : Un delitto d'amore
1974 : Educazione civica (court métrage)
1974 : Mio Dio, come sono caduta in basso !
1975 : La donna della domenica
1977 : Il gatto
1978 : L'amore in Italia
1979 : L'ingorgo
1980 : Voltati, Eugenio
1984 : Cuore

Plus des épisodes dans les fims à sketches collectifs :

Tre notti d'amore
La mia signore
Le bambole
Signore e signori, buonanotte
Basta che non si sappia in giro !
Quelle strane occasioni

Hommage à Mario Monicelli

monicelli

Mario Monicelli s'est suicidé le 29 novembre 2010, à l'âge de 95 ans, en se jetant par une fenêtre du service d'urologie de l'hôpital romain San Giovanni où il était soigné pour un cancer de la prostate. Son père Tomaso, écrivain et journaliste connu, s'était lui aussi donné la mort en 1946, à 63 ans. "La mort ne me fait pas peur, elle me dérange. Cela me dérange par exemple que quelqu'un puisse être là demain et que moi je n'y sois plus. Ce qui m'ennuie, c'est de ne plus être vivant, pas d'être mort", avait confié Monicelli en 2007 à Vanity Fair.

Mario Monicelli était l'un des maîtres de la comédie à l'italienne, qu'il avait rendue populaire avec ses compères réalisateurs Dino Risi et Luigi Comencini. "Mes chers amis", où l'on découvrait l'acteur français Philippe Noiret en journaliste florentin partant faire les 400 coups avec ses copains quinquagénaires, dont Ugo Tognazzi, est resté comme un sommet du genre et l'un de ses meilleurs films. L'ancien maire de Rome et ex-leader du Parti démocrate (PD) Walter Veltroni a rendu hommage à "un homme extraordinaire" : "Il était considéré par tous comme le grand ancien du cinéma italien". De son côté, l'acteur-réalisateur Michele Placido a salué un "homme d'une grande énergie : personne n'arrivait à le suivre".

Ironie

Mario Monicelli était né le 15 mai 1915 à Viareggio, en Toscane, où il a passé toute son enfance. À 19 ans, il met en scène deux courts-métrages avec son ami Alberto Mondadori : Cuore rivelatore et I ragazzi della via Paal, déjà remarqué à la toute nouvelle Mostra de Venise, créée deux ans plus tôt. Jusqu'à la fin des années quarante, il collabore à une quarantaine de films, parfois comme scénariste, d'autres fois comme assistant-réalisateur. À partir de 1953, Monicelli se lance seul dans la réalisation, mettant en scène les petits travers de la société de l'époque, en pleine évolution.

Monicelli sait manier avec un style inimitable l'ironie et l'humour qui ont fait le succès de ses films jusqu'à la fin des années 1970. Lundi soir, le cinéaste et ancien directeur de la Mostra Carlo Lizzani a d'ailleurs salué "l'universalité du sens comique" de Monicelli. "Sa durée dans l'histoire du cinéma italien donne la mesure de sa stature", a-t-il ajouté. Le conseil municipal de Rome, réuni au moment de l'annonce de son décès, a observé une minute de silence.

65 films

Monicelli a fait tourner les plus grands : en 1958, il réunit Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni et Claudia Cardinale dans Le pigeon. Avec La grande guerre (1959), toujours avec Gassman, sa réputation dépasse les frontières. Le film lui vaut un Lion d'or à Venise et une nomination aux Oscars. Monicelli, qui a aussi travaillé pour le théâtre et la télévision, a tourné en tout 65 films. "Il est mort comme il avait vécu, en homme, avec un courage exemplaire. C'était un irréductible", a réagi Riccardo Tozzi, producteur de Bienvenue dans le Sud, remake italien du film phénomène français Bienvenue chez les Ch'tis.

Mario Monicelli, proche de la gauche, était très critique de la société actuelle. Il avait collaboré à un documentaire sur le sommet du G8 à Gênes en 2001, lorsque des centaines de militants altermondialistes avaient été blessés dans des affrontements avec la police. En juin, il avait encore provoqué une polémique en appelant des étudiants à "se rebeller" contre des coupes dans le budget culture prévues par le gouvernement de Silvio Berlusconi. "Vous devez utiliser votre force pour subvertir, pour protester, faites-le vous qui êtes jeunes, moi, je n'en ai plus la force", avait lancé Monicelli, à une assemblée d'élèves de l'Institut d'État pour la cinématographie et la télévision.

"L'Italie est connue à l'étranger seulement pour sa culture, et c'est justement cela qu'on cherche aujourd'hui à combattre", avait-il estimé, dénonçant à l'inverse une "culture de l'enrichissement".

Le Point.fr - Publié le 30/11/2010

Biographie

Mario Monicelli naît le 6 mai 1915 à Viareggio. Son père Tomaso était journaliste et fut aussi critique de théâtre et dramaturge. Après des études à Rome et à Viareggio, il fait ses études universitaires à Milan. là il rencontre Riccardo Freda, Remo Cantoni, Alberto Lattuada, Mondadori e Vittorio Sereni et fonde avec eux le journal "Camminare", dans lequel Monicelli tient la critique cinématographique.

Il entre dans le cinéma très tôt (à l'âge de 19 ans) alors qu'il réalise son 1er court métrage avec son ami Alberto Mondadori en 1934 intitulé Il Cuore Rivelatore puis un moyen métrage I ragazzi della via paal tourné en 16 mm et primé à Venise, inspiré de the boys of paul street de Ferenc Molnar. En 1937 il réalise Pioggia d'estate (pluie d'été) sous le pseudonyme de Michele Badiek. Il fait ses preuves jusqu'en 1949 en tant qu'assistant-réalisateur aux côtés de Gustav Machaty, Pietro Germi, Giacomo Gentilomo, Mario Camerini, ou encore Mario Bonnard. De 1939 à 1942 il contribue à l'écriture d'une quarantaine de scénarii.

Les années 1949 à 1953 sont marquées par sa collaboration prolifique avec Stefano Vanzina, plus connu sous le nom de Steno, avec huit films à succès en 4 ans pour l'acteur Totò, parmi lesquels Totò cerca casa (Toto cherche un appartement) , (Lion d'or à Venise en 1949, et Guardie e ladri (1951).

En 1953 il commence à travailler seul. Pendant sa longue carrière il collabore avec tous les plus grands acteurs italiens : Alberto Sordi, Totò, Aldo Fabrizi, Vittorio De Sica, Sophia Loren, Amedeo Nazzari, Marcello Mastroianni, Vittorio Gassman, Ugo Tognazzi, Adolfo Celi, Walter Chiari, Elsa Martinelli, Anna Magnani, Nino Manfredi, Paolo Villaggio, Monica Vitti, Enrico Montesano, Gigi Proietti, Gastone Moschin, Giancarlo Giannini, Giuliano Gemma, Stefania Sandrelli, Ornella Muti, Ivo Garrani e Gian Maria Volonté.

I soliti ignoti en 1958 rassemble une distribution exceptionnelle : Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni, Totò et Claudia Cardinale, ainsi que Tiberio Murgia, et est considéré par la critique quasi unanime comme le premier film de ce qu'on appellera "la comédie à l'italienne". Ce film rassemble comme scénaristes Monicelli lui-même et Age, Scarpelli et Suso Cecchi D'Amico. Dans Totò e Carolina (1955) l'extraordinaire acteur napolitain joue le rôle d'un carabinier. La censure de l'epoque ne prend pas bien l'ironie sur les forces de l'ordre. L'année suivante, Monicelli tourne ce que certains considèrent comme son meilleur film : La grande guerra, Lion d'Or à la Mostra del cinema de Venise en 1959, avec les interprétations mémorables d'Alberto Sordi et Vittorio Gassman. En 1963 il tourne I compagni (Les Camarades) qui est nominé aux oscar dans la catégorie meilleur scénario et qui reçoit l'oscar du meilleur film.

Avec L'armata Brancaleone (1966) et, un ton en-dessous, avec Brancaleone alle crociate (1969), Monicelli met en scène un Moyen-Âge tragi-comique, dans une langue bizarre.

Autres films notables dans son abondante filmographie, La ragazza con la pistola, (1968), Romanzo popolare (1974), Amici miei (1975) et sa suite, Amici miei 2 (1982).

Un borghese piccolo piccolo (1977) rompt avec sa verve tragi-comique. c'est un film profondément dramatique.

En 1991 on lui décerne le lion d'or pour sa carrière ; à cette occasion il déclare : " le cinéma ne mourra jamais, maintenant il est né et ne peut pas mourir . La salle de cinéma mourra peut être, mais de cela je m'en fous ".

La force de Monicelli réside assurément dans ce mélange de générosité et d’esprit sardonique qui lui permirent de considérer ses congénères avec une rare acuité. Pas plus que ceux de Risi, ses films ne prétendent à être ceux d’un grand styliste façon Visconti ou Fellini (encore que Monicelli leur tint la dragée haute dans le super-film à sketches Boccace 70), Antonioni ou Bertolucci. Mais à leur manière faussement désinvolte, ces comédies témoignent sans doute encore mieux de leur époque: celle de la défaite salutaire, de la course effrénée au bien-être des années 1960-1970, et pour finir celle de la vulgarité télévisuelle triomphante.

En fin de carrière, Monicelli trouva parfois refuge au petit écran (Feu Mathieu Pascal, d’après Pirandello), mais à contrecœur et sans lui faire de concessions. De Mesdames et messieurs, bonsoir (1976) à Un autre monde est possible (2001), il fut de tous les combats collectifs, constatant avec terreur l’emprise croissante de la pieuvre Berlusconi sur l’Italie. Même si ses derniers films sont clairement plus faibles, il résista ainsi jusqu’à son ultime court-métrage, en 2008.

Filmographie

* 1948 : Les Misérables ou L'Évadé du bagne (I Miserabili) de Riccardo Freda (co-scénariste)
* 1948 : Le Cavalier mystérieux (Il Cavaliere misterioso) de Riccardo Freda (co-scénariste)
* 1949 : Al diavolo la celebrità (co-scénariste et co-réalisateur, avec Steno)
* 1949 : Totò cherche un appartement (Totò cerca casa)
* 1951 : Totò et le roi de Rome (Totò e i re di Roma)
* 1951 : Gendarmes et voleurs (Guardie e ladri)
* 1954 : Du sang dans le soleil (Proibito)
* 1955 : Un héros de notre temps (Un eroe dei nostri tempi)
* 1956 : Donatella
* 1957 : Pères et fils (Padri e figli)
* 1958 : Le Pigeon (I soliti ignoti)
* 1959 : La Grande Guerre (La grande guerra)
* 1960 : Larmes de joie (Risate di gioia)
* 1962 : Boccace 70 (Boccaccio '70), segment Renzo et Luciana
* 1963 : Les Camarades (I compagni)
* 1964 : Haute infidélité (Alta infedeltà), segment Gente Moderna
* 1965 : Casanova 70 (Casanova '70)
* 1966 : L'Armée Brancaleone (L'armata Brancaleone)
* 1966 : Les Ogresses (Le fate) segment Fata Armenia
* 1968 : La Fille au pistolet (La ragazza con la pistola)
* 1970 : Drôles de couples (Le coppie)
* 1970 : Brancaleone s'en va-t'aux croisades (Brancaleone alle crociate)
* 1971 : Mortadella (La mortadella)
* 1973 : Nous voulons les colonels (Vogliamo i colonnelli)
* 1974 : Romances et confidences (Romanzo popolare)
* 1975 : Mes chers amis (Amici miei)
* 1976 : Bonsoir, Mesdames et Messieurs (Signore e signori, buonanotte), co-réalisation
* 1976 : Caro Michele
* 1977 : Un bourgeois tout petit petit (Un borghese piccolo piccolo)
* 1977 : Les Nouveaux Monstres (I nuovi mostri), segments Autostop et First Aid
* 1979 : Voyage avec Anita (Viaggio con Anita)
* 1980 : Rosy la Bourrasque (Temporale Rosy)
* 1981 : Chambre d'hôtel (Camera d'albergo)
* 1981 : Le Marquis s'amuse (Il Marchese del Grillo)
* 1982 : Mes chers amis 2 (Amici miei atto II)
* 1985 : La Double Vie de Mathias Pascal (Le due vite di Mattia Pascal)
* 1986 : Pourvu que ce soit une fille (Speriamo che sia femmina)
* 1987 : I Picari (Une catin pour deux larrons)
* 1990 : Il male oscuro
* 1991 : Rossini ! Rossini !
* 1992 : Une famille formidable (Parenti serpenti)
* 1995 : Facciamo paradiso !
* 1998 : Panni sporchi
* 2006 : Le rose del deserto

Le cinéma italien

de Jean A. Gili

gili

Le cinéma italien de 1911 (Inferno) à 2011 (Habemus papam). Préface de Ettore Scola.
Editions La Martinière
Indispensable à tous les amateurs de cinéma italien.

Mes Monstres - Mémoires

de Dino Risi

mesmonstres

Dans une scène des Nouveaux Monstres, un cardinal en panne de voiture échoue dans une paroisse ouvrière. Dès son arrivée, il connaît un vif succès au détriment du prêtre progressiste qui s'efforce de rénover la liturgie. En rétablissant le culte traditionnel, il attire soudain la foule à l'église... Touché par la grâce du mauvais esprit, Dino Risi entrevoyait ainsi, dès 1977, un phénomène que la plupart des cinéastes ne pouvaient saisir, emprisonnés dans les codes du modernisme ou de l'engagement : le retour massif du religieux, voire de l'obscurantisme.

Présents à ses côtés dans ce film à sketches, les maîtres de la comédie italienne ont toujours privilégié les paradoxes, les personnages veules et une vision du monde désabusée, voire cynique, pour saisir la condition humaine dans sa drôlerie déconcertante. Pour la même raison, on les a regardés comme de vilains petits canards, quand Rossellini, Pasolini, Visconti ou Fellini portaient le septième art italien à ses sommets.

Sauf que personne comme eux, dans les années de l'après-guerre, n'a su mettre en scène des pauvres types désargentés tentant de monter des coups foireux (le Pigeon, de Monicelli), de jeunes machos ridicules jusqu'à en devenir touchants (le Fanfaron, de Risi), ou des rapports de classe totalement immoraux (l'Argent de la vieille, de Comencini) ; autant de scénarios qui réinventent la comédie populaire en jetant un regard aigu sur la modernité.

La parution des Mémoires de Dino Risi est un événement, vu la minceur de la bibliographie sur le sujet. Disparu comme son compère Monicelli à 90 ans passés, le maître de la comédie italienne ne livre pas un récit chronologique, mais une multitude de souvenirs, organisés en petits chapitres, comme autant d'anecdotes qui auraient pu nourrir ses films. Elles nous conduisent de Milan sous la botte de Mussolini à Rome au temps de la dolce vita.

Elles nous proposent des portraits de ses grands amis, tels Vittorio Gassman ou Ugo Tognazzi, qui, frappé par un léger AVC, subit - dans une scène digne des Monstres - l'étonnante diatribe du médecin lui reprochant d'avoir trop profité de la vie et lui annonçant que, maintenant, c'est fini !

Elles dressent surtout le portrait d'un homme sensible à chaque détail de la vie, plus intéressé par les femmes (comme en témoigne son beau Parfum de femme) que par la théorie cinématographique. Il parle aussi de sa relation complexe avec Paris, ville qu'il juge hautaine malgré ses liens étroits avec la France illustrés par Trintignant (dans le Fanfaron) ou même Coluche dans le Bon Roi Dagobert.

On perçoit dans ce regard tout ce qui différencie la comédie italienne de la nouvelle vague : les jeunes Français étaient critiques, étudiants, intellectuels ; ils voulaient jeter un regard cinématographique sur le monde. Les Italiens étaient plus souvent caricaturistes, comme Fellini (qui commença lui aussi par la comédie), ou arrivés par hasard au cinéma, comme Risi.

Ils voulaient saisir par l'image la drôlerie toute crue du monde. Ils y sont parvenus de façon incomparable, pendant une trentaine d'années, dans quantité de films qu'on s'indigne de ne guère trouver en réédition, moins encore en version française - ce qui témoigne d'un fâcheux rétrécissement de notre mémoire cinématographique.

Benoît Duteurtre pour Marianne


Cinéma espagnol

Los Abrazos rotos

de Pedro Almodovar

Comment décrire cette sensation unique qui saisit le spectateur dès la première image d’un film, pour ne jamais le quitter tout au long d’un spectacle qu’il voudrait voir se prolonger bien après sa fin ? Comment parler d’une de ces œuvres tellement pleines, tellement riches qu’on sait tout de suite qu’on les gardera longtemps en soi ? 

Etreintes brisées est une magnifique déclaration d'amour à une actrice, Pénélope Cruz, mais aussi au cinéma, et à l'amour même. Un metteur en scène, Mateo Blanco (Lluis Homar) tourne une comédie, Filles et valises, qui s'inspire très franchement de Femmes au bord de la crise de nerfs. La vedette en est une débutante, la femme qu'il aime et qui l'aime, Lena (Pénélope Cruz), devenue pour s'en sortir la maîtresse d'un magnat magouilleur, Ernesto Martel (José Luis Gomez), autoproclamé producteur pour ne pas perdre Lena. Martel a un fils complexé (et secrètement amoureux de Mateo) chargé de réaliser le making of de Filles et valises, afin d'espionner les deux amants...
Tout ça, on le saura plus tard, car, à présent, Mateo s'appelle Harry Caine, il a tué son nom en tuant Lena dans un accident de voiture qu'il a rendu aveugle. Il écrit des scénarios, veillé par Judit, sorte de louve aimante et jalouse (Bianca Portillo) et le fils de celle-ci, Diego. Passé et présent s'entremêlent intimement, l'intrigue se fait de plus en plus riche et intrigante, ainsi Mateo est trahi, profitant de sa cécité, on lui vole Filles et valises qui est remonté pour en faire un mélo absurde, chaque scène est si pleine de vie, de drames et de péripéties, si nourrie du plaisir de filmer, d'inventer, de raconter qu'on en demeure pantois, ravis, au tapis. Un personnage prononce cette phrase banale: «Il aime beaucoup le gaspacho.» Et l'on voit plein écran le rouge éclatant d'une tomate sur laquelle glisse une goutte d'eau. C'est sensuel et génial...
Pénélope Cruz est extraordaire. Tour à tour blonde évaporée à la Jean Harlow ou brune distinguée à la Audrey Hepburn, elle est en même temps enfantine et fatale, maladroite et géniale, belle comme une tempête et griffée de fatigue, folle de joie et sûre du malheur à venir, époustouflante.

Ultime malice d'Almodovar, Etreintes brisées, qui nous laisse brisés d'émotion, s'achève sur une dernière pirouette scénaristique, 

Cinéma allemand


Auf den Anderen Seite (De l'autre côté) de Fatih Akin  

"Ours d'or" à Berlin en 2004 pour Head On, Fatih Akin est un Allemand né de parents turcs. Cette cohabitation de ses deux cultures est au coeur de ses films

Prix du scénario au Festival de Cannes 2007, De l'autre côté est un film magnifique. En faisant se croiser ses personnages entre Turquie et Allemagne, le film de Fatih Akin orchestre une ambitieuse réflexion sur l'identité et l'altérité.

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Nurgul Yesilcay et Trycia Ziolkowska

 L'amour, la mort, le deuil, le pardon, sont les thèmes de ce film bâti autour de deux morts violentes et de trois face à face familiaux : un père et son fils qui ont du mal à se comprendre et deux mères et leurs filles. De l'autre côté évoque le dialogue, souvent difficile, entre les générations et leurs relations fortes et complexes. Le jeune professeur et son père, la prostituée et sa fille activiste, la jeune étudiante allemande et sa mère : aucun de ces personnages ne restera figé dans sa posture initiale, poursuivant dans l'éloignement un échange nourri par un amour silencieux.

baki
Baki Davrak (Nejat) et Nursel Koese (Yeter)

C'est dans la dextérité avec laquelle il entremêle les destins de ses six protagonistes que Fatih Akin étonne et émeut. Les personnages vont se croiser, se chercher, se rater, mais aussi s'apprivoiser, s'aimer, s'adopter. On suit avec passion les personnages et les événements.

Construit avec un efficace sens de l'ellipse, ce film impressionne par sa maîtrise, sa profondeur humaine, son plaidoyer pour l'échange culturel, la sérénité de l'apaisement. Scandé par l'ironique transit des cercueils, l'un renvoyé en Turquie, l'autre renvoyé en Allemagne), ce film magnifique culmine avec la visite de Susanne , la mère de Lotte, qui va "incarner" de façon bouleversante le thème principal du film : la réconciliation. Nejat, de son côté, va retrouver son père de l'autre côté du Bosphore.

hanna
Hanna Schygulla (Susanne) et Nurgul Yesilcay (Ayten)

Fatih Akin, dont on avait déjà aimé Head-on, construit son film en boucle, avec des ruptures de ton et de temps : des histoires parallèles qui se recoupent sans cesse, des personnages qui se cherchent sans se croiser et se croisent sans le savoir. Ainsi la jeune femme que l'on voit dormir à poings fermés, lors du cours que Nejat donne à l'université, est celle - mais on l'apprendra bien plus tard - qu'il va s'obstiner à chercher...

Sans lourdeurs ni caricature, le cinéaste évoque aussi la minorité turque d'Allemagne, le désir du retour au pays et les expulsions, la soif de connaissance et de partage, la tentation du racisme et du repli sur soi…

Le Synopsis officiel du film:

Malgré les réticences de son fils Nejat (Baki Davrak), Ali (Tuncel Kurtiz) , qui est veuf, décide de vivre avec Yeter (Nursel Koese), une prostituée d'origine turque comme lui. Mais Nejat, jeune prof d'allemand, ne tarde pas à se prendre d'affection pour Yeter lorsqu'il comprend qu'elle envoie presque tout son argent à sa fille en Turquie, pour lui payer des études supérieures. La mort accidentelle de Yeter éloigne durablement le père de son fils. Nejat se rend à Istanbul dans l'espoir de retrouver la trace d'Ayten (Nurgul Yesilcay), la fille de Yeter. Mais Nejat ignore qu'Ayten, activiste politique d'une vingtaine d'années, a fui en Allemagne pour échapper à la police turque. A Hambourg, Ayten sympathise avec Lotte (Trycia Ziolkowska), une étudiante allemande aussitôt séduite par le charme et l'engagement politique de la jeune Turque. Lotte propose même à Ayten de l'héberger chez elle, malgré les réticences de sa mère, Susanne (Hanna Schygulla). Arrêtée et placée en détention, Ayten est finalement reconduite à la frontière puis incarcérée en Turquie. Sur un coup de tête, Lotte décide de tout abandonner et de se rendre en Turquie, où elle se heurte à une bureaucratie pesante : tous les efforts pour faire libérer Ayten semblent vains. Elle rencontre Nejat par hasard et devient sa colocataire. Un événement tragique fait prendre à Susanne la décision de venir à Istanbul pour remplir la mission de sa fille. En se rapprochant de Susanne, Nejat ressent le besoin de renouer avec son père qui vit désormais en Turquie, au bord de la mer Noire. Il décide alors de partir à sa recherche …

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Nursel Koese        Trycia Ziolkowska         Nurgul Yesilcay            Baki Davrak             Tuncel Kurtiz
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Nurgul Yesilcay et Trycia Ziolkowska

Cinéma turc

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Winter Sleep (Kis Uykusu) de Nuri Bilge Ceylan

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Dans un bel hôtel troglodyte d’Anatolie profonde vivent Aydin, le propriétaire, ancien comédien fortuné, actuellement rédacteur de chroniques pour la feuille de chou locale, sa jeune et belle épouse Nihal et sa sœur Necla, récemment divorcée. Il y a aussi l'homme à tout faire, Hidayet et son épouse Fatma. La fortune d'Aydin, qu'il tient de son père, lui permet de posséder des biens partout dans la région. Les clients sont rares (deux touristes japonais et un motard globe-trotter), la vie semble douce. Cette tranquillité engourdie par l’arrivée de l’hiver va être perturbée par un incident : un gamin jette une pierre sur la voiture d’Aydin. Le petit garçon ne supporte pas les humiliations que subit son père endetté de la part de ce propriétaire apparemment insensible à la détresse d'une famille pauvre victime d’une saisie d’huissier pour cause de loyers impayés.

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Cet incident déstabilise Aydin, renvoyé brutalement à son statut de propriétaire exploiteur. Et petit à petit le malaise s'installe au sein du trio. Aydin, Nihal et Necla finissent par se dire leurs quatre vérités. C'est d'abord un affrontement entre Aydin et sa soeur, qui le méprise et quitte bientôt la maison. Puis c'est entre Aydin et Nihal. Nihal collecte des fonds pour améliorer le quotidien des écoles de la région. La vie qu'elle mène ne lui convient pas, avec un mari qu'elle n'aime plus mais qui est prêt à tout pour la garder.

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Quelques illuminations dans ce film "contemplatif", inspiré des trois nouvelles de Tchékov : le galop de chevaux sauvages, le cheval épuisé qui sort de l'eau, le lapin blessé, l'enfant qui s’évanouit, l'homme humilié qui jette un paquet de billets au feu…

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Ce film est très long (3h 16 !) et quasiment sans action ; pourtant, on ne s'ennuie pas une seconde. On ne ressent aucune empathie avec le personnage principal, homme riche et suffisant, persuadé d'être aimable et humaniste, finalement névrosé et imbu de lui-même, incapable de s'intéresser à autre chose qu'à lui-même. Au fur et à mesure que le film avance, ses certitudes vont se craqueler. Les acteurs impressionnent par leur souffle et leur subtilité, donnant à ces longs échanges l’intensité de scènes d’action. En particulier Haluk Bilginer (Aydin) offre une magnifique prestation.

  • Acteurs : Nejat Isler, Haluk Bilginer, Melisa Sözen, Demet Akbağ, Serhat Mustafa Kiliç
  • Date de sortie : 06 août 2014
  • Durée : 3h16mn

Actualité

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"Torneranno i Prati"

Sortie nationale en Italie du nouveau film d'Ermanno Olmi, "Torneranno i Prati", musique de Paolo Fresu et Daniele Di Bonaventura.

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1914-2014. A l’occasion du Centenaire de la Première Guerre Mondiale et des commémorations de l’Armistice du 4 novembre 1918, la présidence italienne du Conseil des ministres, en collaboration avec le Ministère italien des Affaires étrangères, organise en avant-première la projection simultanée, dans les ambassades, consulats ou Instituts culturels italiens du monde entier, du dernier film d’Ermanno Olmi, “Torneranno i prati”. Le film sort sur les écrans en Italie le 6 novembre.

Inspiré de faits réels survenus après les combats sanglants de 1917, ce film retrace le cours d’une nuit dans les tranchées des Préalpes vicentines, à travers les souvenirs et les récits de jeunes soldats, ayant chacun leur propre vision de la guerre et de la vie.

Mon père avait 19 ans lorsqu’il fut appelé sous les drapeaux. A’ cet âge-là l’exaltation de l’héroisme enflamme les esprits et les coeurs. Il choisit le corps d’élite des bersaglieri, bataillons d’assaut, et il se trouva en plein carnage sur le haut plateau du Carso et la bataille du Piave, qui a marqué sa jeunesse, ainsi que le reste de sa vie. (Ermanno Olmi)

Avant-première le 4 novembre dans les Instituts culturels italiens de France et de presque 100 autres pays

Projections de
Torneranno i prati [Italie 2014 – 80’ (VOST en français)
de Ermanno Olmi
Avec Claudio Santamaria, Alessandro Sperduti, Andrea Di Maria

Date: mardi 4 novembre 2014

Lieux: IIC Paris à 19h
IIC de Marseille à 18h30
IIC Strasbourg à 18h30
IIC de Lyon à 18h

Entrée libre dans la limite des places disponibles - Réservation obligatoire - Consultez les sites des différents Instituts culturels italiens de France

Artemare édition 2014

artemare

artemare

"Les Disparus" à Sagone

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"Les Disparus" : la Corse et des Corses acteurs

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Jean-Claude Acquaviva dans "Les Exilés" !

Leader du groupe "A Filetta" depuis plus de 30 ans, il représente avec ses partenaires la polyphonie corse dans toute sa richesse et sa splendeur. Il a signé la musique de certaines des plus grandes chansons corses. Il a collaboré à de prestigieuses bandes-originales de films tels que "Comme un aimant", "Himalaya, l'enfance d'un chef" ou "Microcosmos" avec des artistes comme Ange Leccia, Akhenaton et Bruno Coulais. Il a participé à des opéras et autres collaborations artistiques aux côtés d'Orlando Forioso, Paolo Fresu, Sidi Larbi Cherkaoui ou la chanteuse libanaise Fadia Tomb El-Hage. Il nous avait déjà prêté sa voix le temps de notre teaser. Désormais il a accepté de relever un nouveau défi. Grimé et vieilli pour l'occasion, il incarnera GHJACINTU PAOLI pour ce qui sera une de ses 1ères expériences d'acteur au cinéma. Nous souhaitons la bienvenue à JEAN-CLAUDE ACQUAVIVA dans l'équipe des "Exilés".

"Disparus" en avant-première à "U Sampiero" de Sagone

17 Août 2014


L'avant première publique de "Disparus", aura lieu le samedi 30 août au cinéma en plein air U Sampiero, à Sagone. Ce film sera diffusé sous forme de mini-série de 2 fois 90 minutes,  sur France 3 national.  Il vient d'être sélectionné en compétition officielle dans le cadre du prestigieux Festival de la Fiction TV de La Rochelle.

Vincent Perez (àdroite) sera présent à Sagone le 30 Août
Vincent Perez (àdroite) sera présent à Sagone le 30 Août

Le tournage s'est déroulé entre les mois de janvier et mars derniers dans les villages et environs de Cargèse, Piana, Vico, Sagone, Coggia ainsi qu'à Ajaccio.

"Après avoir écrit et produit la mini-série « Les héritières » qui racontait à travers un mélodrame flamboyant la fin d’une Corse ancestrale et rurale, nous avons eu le désir et l’ambition d’essayer de parler avec affection et recul d’une Corse contemporaine, loin de toute mythologie mafieuse complaisante, d’une Corse au quotidien, « hors saison », quand l’île et ses habitants se retrouvent « entre soi ». Personne n’y est anonyme et cette double disparition, qui pourrait se dérouler n’importe où, va agir comme un révélateur" expliquent en chœur Olga Vincent et Jean-Pierre Alessandri

"Créer le couple mixte, Claire, interprétée par Claire Borotra, la femme continentale opposée à son ex-mari, Pierre l’insulaire, campé par Cyril Lecomte, et à sa belle-famille dans un conflit violent autour de la garde de l’enfant, nous permettait de tenter d’évoquer l’ambiguïté, la complexité et quelques fois l’incompréhension qui nourrissent les relations de la France et de l’Ile de Beauté" poursuivent-ils.
"Durant le temps des recherches menées par Marc, Vincent Perez, gendarme au regard extérieur, sorte de Candide moderne, ces « Disparus » vont porter au paroxysme ces dissensions.

Ce scénario, co-écrit avec Véronique Lecharpy, a été nourri de rencontres, d’entretiens auprès denombreux acteurs de la vie insulaire, avocats, gendarmes, élus. Thierry Binisti avec qui nous avions eu le plaisir de faire « Assassinée » avec Patricia Kaas, grand succès de France 3, a su donner à cette histoire sa force, sa vérité et son émotion" insistent Olga Vincent et Jean-Pierre Alessandri


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DISPARUS
 
Un film réalisé par Thierry Binisti 
Produit par Olga Vincent et Jean-Pierre Alessandri
Stéphane Mattei, producteur associé
 
Avec Claire Borotra, Vincent Perez, Cyril Lecomte, Alexandre Carrière, Marina Tome, Barbara Cabrita, Marie-Pierre Nouveau, Andrée Damant, Lisandru Miniconi, Jean-Philippe Ricci,Nathanaël Maïni, Lionel Tavera, Anna Maria Filippi, Frédéric Poggi et la participation de Jean-Michel Noirey 
Scénario original : Olga Vincent et Véronique Lecharpy en collaboration avec Jean-Pierre Alessandri
Musique originale : Anghjulina et Jean-Claude Nachon
Création Vocale originale : A Filetta

La belle Claire Borotra
La belle Claire Borotra

Les exilés

Synopsis:

Les Exilés est un court-métrage de 25 minutes qui nous plonge dans la seconde moitié du XVIIIème siècle. L’histoire débute quelque part au royaume de Naples. Un jeune soldat de l’armée royale française est à la recherche d’un exilé corse, du nom de Pasquale Paoli. Il a une mystérieuse lettre pour lui. Il croise sur sa route le vieux Ghjacintu qui va alors lui proposer un étrange voyage pour l’aider à accomplir sa quête. 

Ce périple l’entrainera au cœur de la Corse et de son histoire. Où d’étonnantes révélations l’attendent…

Nous avons tourné quelques images sous la forme d'un teaser préparatoire, afin d'accompagner le scénario manuscrit dans notre recherche de partenaires. Vous pouvez le visionner en haut de cette page. Nous souhaitions avant tout montrer l'ambiance future du film en se focalisant sur son personnage principal, le jeune soldat français à la recherche de Pasquale Paoli.

Le vrai tournage proprement dit est prévu pour l'automne prochain.

Les Exilés

Durée: 25 minutes
Genre: fiction
Scénario & Réalisation : Rinatu Frassati
Production: Jean-Louis Graziani pour Versus Films
ates de tournage prévues : fin 2014
Support: 4K

Thèmes abordés:

Les Exilés évoque avant tout une page méconnue de la grande histoire de la Liberté et de la Démocratie à travers Pasquale Paoli, un de ses moins célèbres mais pourtant un de ses plus importants défenseurs. Ce court-métrage revendique le devoir de se souvenir, de comprendre d'où l'on vient pour mieux savoir où l'on va. À quoi bon sauvegarder cet héritage si l'on ne connait ni son importance ni son origine?

Mais le film possède une autre thématique, intimement liée à la première : une quête essentielle d'identité. Qu'est-ce qui fonde intrinsèquement l'identité corse ou plus largement une identité régionale? De quoi et de qui sommes-nous les héritiers?

De ce point de vue, le langage tient une place centrale dans Les Exilés. Le film est écrit en quatre langues et principalement en langue corse. En les mélangeant, l'intention est de souligner l’importance de l'ouverture d'esprit inhérente à l'histoire de la Corse et la nécessité de protéger les langues régionales dans une époque et un pays où « l’identité nationale » a du mal à se définir par rapport à toute la diversité qui la compose. Respecter et reconnaitre l’identité plurielle d’un peuple est probablement le seul chemin pour voir naître un jour une réelle cohésion nationale, européenne même, une communauté soudée, ouverte à l’autre, curieuse de l’autre. Toute langue, toute culture, si modeste soit-elle, a le droit de vivre et de résister face à l'uniformisation ambiante. A fortiori dans l’Europe de 2014. 

À tout le peuple corse, à tous les amoureux des langues régionales, mais aussi à tous nos amis d'outre-mer, d'Europe et du monde entier: aidez-nous à donner vie à ce beau projet ! 
Toutes les informations sur le projet ici ; http://fr.ulule.com/les-exiles/

Rejoignez aussi la communauté des Exilés sur notre page Facebook:
https://www.facebook.com/LesExilesLeFilm

Cinéma à Lama

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Publié sur Corse-Matin (http://www.corsematin.com)

La jeune réalisatrice corse Caroline Poggi décroche un Ours d'Or à Berlin

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Caroline Poggi et Jonathan Vinel, vendredi soir, au moment
de la remise de ce prix lors de la 64e Berlinale. ©Maxppp
Par CH. L.
Créé le 17/02/2014 07:02

Originaire de Bastelicaccia, étudiante à Corte, à 24 ans (depuis 15 jours), elle a co-réaliséun court-métrage qui a séduit le jury du prestigieux festival. L’originalité et le travail ont payé

Caroline Poggi et Jonathan Vinel (25 ans) ont remporté vendredi l'Ours d'Or du court-métrage au prestigieux Festival international du film de Berlin, 64e du nom, qui s'est déroulé du 6 au 16 février. Le jury s'est enthousiasmé pour leur film Tant qu'il nous reste des fusils à pompe, un court que les spectateurs insulaires n'ont hélas pas eu encore le plaisir de voir mais qui raconte un été de canicule dans un petit village du sud-ouest, à Bouloc. Les rues sont désertées mais Joshua erre et voit partout les souvenirs de son meilleur ami suicidé. Lui-même appartient au monde des morts et veut prendre soin de son frère...

Déjà remarquée pour son film Chiens

Un film sombre, ambitieux et qui décroche un prix prestigieux dans ce festival qui figure parmi les cinq plus côtés du 7e art. En conférence de presse, samedi, la jeune productrice Lou Chicoteau, aux côtés deux primés, expliquait : « Nous nous sommes connus dans le cadre de nos études et nous l'avons fait alors que nous sommes encore étudiants. Le Grec, un organisme spécialisé a permis de le produire. Mais nos familles ont aussi participé, on avait lancé également un crowdfunding. » Si elle co-réalise ici, Caroline Poggi, originaire de Bastelicaccia, est tout sauf une inconnue pour les amateurs de cinéma. Elle s'était en effet déjà fait remarquer l'an passé avec son court-métrage Chiens. Elle avait eu les honneurs du festival de Clermont-Ferrand puis s'était vue remettre, en juin, le prix du meilleur court-métrage international au festival de Grimstad (Norvège). Enfin, le film avait été projeté, à la fois à Corte, ainsi qu'au festival de Lama, cet été. Un film réalisé dans le cadre du diplôme Creatacc de l'université de Corse, qui avait par ailleurs participé à sa production.

Incroyablement original, dans son propos et sa forme, Chiens suivait un chasseur parti sur les traces d'un sanglier avec ses trois chiens. Un univers minimaliste, avec des dialogues au compte-gouttes, une photographie splendide... bref, un vrai beau travail d'artiste. Qui laissait déjà présupposer un bel avenir pour cette réalisatrice corse. Avec, maintenant, cette nouvelle récompense internationale, Caroline Poggi devrait pouvoir accéder à de nouveaux projets et surtout pouvoir les financer !

Après Thierry de Peretti et Les Apaches cette année, le cinéma insulaire semble être sur la meilleure des dynamiques. Prouvant aussi que l'insularité est un handicap que le talent peut balayer.

 

Source: http://www.corsematin.com

 

26e Festival du cinéma italien

final

jury

Orlando Forioso: «Une grande année pour le cinéma italien»

Corse Matin, 20 janvier 2014

orlando
Orlando Forioso sera le président du jury du
vingt-sixième Festival du film italien de Bastia.
Gérard Baldocchi

Metteur en scène, scénariste et écrivain, cet artiste napolitain aux multiples facettes présidera le jury du 26e Festival italien de Bastia qui aura lieu du 1er au 8 février

Le plus important événement cinématographique de Corse se déroulera à Bastia du 1er au 8 février. Il s'agit bien évidemment du Festival du film italien qui rassemble depuis 26 ans, plusieurs milliers de spectateurs amoureux du 7e art transalpin.

C'est au metteur en scène napolitain Orlando Forioso que les organisateurs ont décidé de confier cette année la présidence du jury. Cet artiste accompli aura donc la lourde tâche de succéder à Hélène Filières et Yves Boisset. L'enfant de Naples prend très au sérieux cette responsabilité et fera « tout pour permettre aux membres du jury de saisir toute la subtilité du cinéma italien ».

On sent que vous endossez ce rôle de président du jury avec plaisir…

Oui, vraiment. Et je tiens d'ailleurs à remercier René Viale et Jean-Baptiste Croce, les maîtres d'œuvre de ce festival, de m'avoir choisi pour assumer cette responsabilité. Je suis très honoré. Pour moi, cette manifestation a toujours représenté le lien culturel idéal entre la Corse et l'Italie. Toutes les plus grandes stars italiennes sont venues à Bastia, ne l'oublions pas.

En plus de la présidence du jury, vous allez organiser un beau spectacle…

Oui, avec le Svegliu Calvese et ma troupe du Teatr'Europa, nous avons fait appel à des chanteurs et des acteurs napolitains qui seront sur la scène du théâtre municipal de Bastia pour interpréter La Pella di Napoli. C'est l'histoire d'une famille de Corses qui se retrouvent à Naples pour des noces à la napolitaine.

Tout au long de la semaine qui précédera l'ouverture du festival, les spectateurs pourront venir assister aux répétitions. La première représentation aura lieu le vendredi 31 janvier à 20 h 30. Le lendemain, ces chanteurs napolitains seront encore sur la scène pour l'ouverture officielle du festival.

Auparavant, les passionnés pourront également découvrir un travail artistique sur Naples ?

Avec Franco Bonetti, nous avons créé une œuvre scénographique sur Naples qui sera présentée dans le péristyle du théâtre de Bastia et qui servira de décor à la 26è édition du festival.

Pourquoi avoir choisi Forioso comme nom de scène ?

Mais je ne l'ai pas choisi, c'est le patronyme de mon père. Et Orlando, c'est la sage-femme, qui a assisté ma mère lors de toutes les naissances dans ma famille, qui a insisté pour ce prénom.

Il faut dire que jusque-là, mes parents avaient toujours refusé. Mais comme je suis arrivé lorsque ma mère fermait les fenêtres de la maison et qu'elle aurait pu y passer, finalement elle a cédé à la sage-femme. Indirectement, je la remercie parce que je suis le seul Orlando Forioso au monde.

Comment l'enfant de Napoli est-il arrivé en Corse ?

C'est une longue histoire qui a commencé dans les années 1980 en Autriche. À l'époque, je me produisais dans un opéra. J'y ai rencontré Toni Casalonga et son fils qui était un peu plus jeune que moi. Nous avons sympathisé. Un Napolitain qui s'amuse avec deux Corses dans un pays aussi politiquement correct que l'Autriche, forcément ça crée des liens.

J'ai par la suite continué à venir en vacances en Corse pour avoir envie, au fil des années, de m'investir professionnellement ici. Comme j'aime le dire, je suis un Napolitain prêté à la Corse.

Quel regard portent les Italiens sur la Corse ?

Dans l'imaginaire des années quatre-vingt, la Corse c'était les Maldives. Quand j'ai dit à ma mère que j'allais en Corse elle m'a demandé où c'était. Il faut savoir que sur nos cartes de géographie, la Corse ne figure pas. Il y a la Sardaigne et au nord de cette île italienne, il y a la mer, uniquement. À chaque fois on me demandait : « Corsica ? », et moi je répondais : « Si, Corsica ». Aujourd'hui, les artistes qui me posaient ces questions veulent venir travailler ici.

Y a-t-il des similitudes entre Naples et Bastia ?

Énormément. Ce sont deux villes industrielles, laborieuses, ouvertes sur la mer. Quand j'ai adapté Pesca anguila, tous les Bastiais qui ont vu la pièce m'ont dit avoir retrouvé le Bastia de leur enfance.

Sauf que dans mon esprit, j'y ai décrit le Naples que j'ai toujours connu. Il y a énormément de points communs entre ces deux cités à la riche histoire.

Le cinéma a-t-il bercé votre enfance ?

Quand j'étais beaucoup plus jeune, j'étais projectionniste dans ma paroisse.

Je mettais les bobines des films de série B, C et D que le curé diffusait. J'ai toujours rêvé devant les longs-métrages.

Quand on sortait de là avec mes copains, nous nous refaisions les films pendant des heures.

Le cinéma, c'est le rêve. Mais quand j'ai participé à mon premier tournage, c'était une œuvre de Giuseppe Tornatore, là, j'ai compris que c'était en fait une industrie.

Quel président allez vous être ?

Je vais tenter d'apporter à tous les membres du jury l'éclairage que je peux avoir sur le cinéma italien. Leur faire comprendre, aussi, ce qu'est l'Italie d'aujourd'hui. Mais mon mot d'ordre sera : Amusez-vous et profitez de ce bon moment.

Justement, après des années fastes, le cinéma italien a marqué le coup avant de connaître un renouveau. Quelle est votre explication ?

Pendant la guerre, le fascisme a tué dans l'œuf la création en Italie. Dans les années qui ont suivi la fin de cette époque, ont émergé des réalisateurs géniaux qui faisaient des films engagés. Visconti, Fellini, Pasolini ont impulsé ce renouveau. Et puis il y a eu l'arrivée, dans les années quatre-vingt, d'un certain Berlusconi. Ce dernier a mis en coupe réglée toute l'industrie du cinéma italien.

De quelle manière a-t-il opéré ?

C'est très simple. Il maîtrisait la télévision et la distribution des films. Du coup, il a privilégié ce que l'on appelait en Italie « il cine panetonni et il cine vacanza ». Les séries B, C, D de mon enfance étaient de la sorte présentées comme des chefs-d'œuvre. Et les grands réalisateurs qui tentaient de dire des choses dans leurs films se retrouvaient sans le moyen de projeter leur œuvre.

Comment expliquer ce renouveau alors ?

Tout cela est dû en grande partie à la France. Les films de Moretti, Begnini et Scola ont connu en France de beaux succès. Ensuite, cela les a propulsés sur le plan international. Le Parti communiste a toujours soutenu ce cinéma qui voulait dire quelque chose pour s'opposer à l'industrie de Berlusconi. Malgré tout, aujourd'hui, il y a toujours cette créativité et cette vision juste de l'Italie dans des films comme Gomorra ou Diaz qui a remporté le Grand Prix du festival de Bastia l'an dernier.

Mais il y a aussi des œuvres comme La Grande Bellezza de Paolo Sorentino qui vient de rafler un Golden globe à Hollywood et que l'on verra le 5 février au théâtre de Bastia. C'est une grande année pour le cinéma italien et je suis très heureux de le défendre lors de ce formidable festival.

Marcu Maria

Début Novembre 2012, une équipe de 15 personnes se sont réunies une semaine en plein coeur du Niolu pour le tournage d'un court métrage intitulé "Marcu Maria". La réalisatrice Julie Perreard et la productrice Michèle Casalta de Mouvement Production proposent ainsi de retracer un douloureux épisode de l'histoire de Corse; celui des "pendus du Niolu".
En juin 1774, la Corse n'est française que depuis quelques années lorsqu'une révolte de patriotes insulaires est violemment réprimée. Pour certains d'entre eux se sera la déportation vers le bagne de Toulon pour 11 autres la pendaison. Le jeune Marcu Maria est la plus jeune des victimes de cette exécution. Il donne son nom à ce magnifique court métrage dont la sortie est prévue au printemps 2013.

"Marcu Maria ", eccu u nome di u ghjuvanottu amazzatu in Niolu in u 1774 da i suldati francesi, mà hè dinu u titulu d'un filmu realisatu da Julie Perreard pocu fà...
Via Stella hà passatu un ghjornu cù a squadra di issu filmu chi escerà in u 2013...

sujet France 3 corse via stella pour l'émission inseme.

équipe Via Stella : Jean Michel Bertola/ Patrick Lantermino / Julie Labrouche / Diana Saliceti.
novembre 2013

 

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L'Institut Régional du Cinéma et de l'Audiovisuel Corse (IRCA)

 

 

La vie filmée des Corses au centre culturel de Sartène


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Pour diverses raisons techniques, le festival du film corse est reporté au mois de mai. Pour que le public puisse tout de même découvrir le cinéma insulaire, le centre culturel Laurent-Casanova consacre deux soirées en hommage aux Corses, vendredi et samedi à 20 h 30, avec le film de Frédéric Farrucci La vie filmée des Corses. Une histoire des Corses au XXe siècle, à partir de films amateurs mis en dépôt à la cinémathèque ou collectés auprès de particuliers. Ce feuilleton documentaire, de six épisodes de 52 minutes, retrace, à travers l'histoire de quelques témoins emblématiques et de leur famille, six décennies de la vie de cette communauté (de 1920 à 1981) dans l'île, sur le Continent et à travers le monde. Des séquences « émotion » pour les Sartenais et les habitants de la région qui pourront se reconnaître sur l'écran ou revoir des personnes aujourd'hui disparues.

« Après avoir rencontré Frédéric Farrucci lors du festival du film corse, nous avons voulu consacrer deux soirées à La vie filmée des Corses et en faire un événement à part entière », explique Pascale Berthot, directrice artistique du centre culturel Laurent-Casanova. Les projections seront suivies de débats avec le producteur du film Jean-Pierre Alessandri.

Entrée des séances : 6 euros.

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Corsicamania, l'annuaire des sites corses

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