
Citons aussi Di
Corsica Riposu d'Ange Leccia. Dans ce film, sorti en 2004,
Ange Leccia s'inspire de la création commandée à l'ensemble A Filetta
par le festival de Saint-Denis. Avec ce film, Ange Leccia visite à la
fois l'univers d'A Filetta et celui du culte des morts en Corse. Je
n'avais pas encore vu ce film, qui est projeté à Pigna en ce mois
d'avril 2006, quand j'ai rédigé cet article. Depuis il a été diffusé par Via Stella.
Le cinéma d'Ange Leccia est vraiment très particulier, et on peut être agacé ou séduit par ses parti-pris esthétiques (flou, grain).
Annoncé pour le 13 avril 2011, Nuit Bleue. Dans cet extrait on peut voir A Filetta chanter Sumiglia le long d'une route :
Vahina Giocante, l’âme d’une guerrière « Tu es Corse ? Moi je suis de Vero et toi ? » Cette question posée par Vahina Giocante lors d’une première rencontre il y a 7 ans sur le plateau du Bluberry de Jan Kounen la révélait d’emblée. Sur le set d’une superproduction internationale, la jeune actrice posait la question classique de tous les Corses lorsqu’ils se rencontrent hors de l’Ile : « De quel village es-tu ? ». Portrait.
Jean-Sébastien Soldaïni |
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Copyright Corsica |



« J'avais très envie de passer derrière la caméra »
Cette talentueuse comédienne qui, tout au long de sa carrière, a su voguer entre le rire et les larmes, a en effet décidé de passer derrière la caméra. Elle présentera donc Christine, Cristina dont le rôle principal est tenu par sa propre fille, Amanda Sandrelli.
«Cette oeuvre historique m'a permis de traduire à travers des images, la vie peu connue de la poétesse Christine de Pizan, explique Stefania Sandrelli. Arrivée en France dans son enfance, son père ayant été nommé astronome à la cour de Charles V, Christine de Pizan devint, à la fin du XIVe siècle, l'une des seules voix féminines de la poésie mais, surtout, l'une des premières mères de famille à vivre de son métier. Et ce, à une époque dite obscure, à l'aube des premières conceptions humanistes ».
Il sera intéressant de découvrir ce film qui, outre Amanda Sandrelli, est interprété par Alessio Boni qui, rappelons-le, a obtenu le Prix d'interprétation masculine lors du Festival italien 2007 pour sa prestation dans Arrivederci amore ciao de Michele Soavi.En marge du cinéma, une exposition aura lieu dans le péristyle du théâtre pendant toute la durée du festival. C'est l'artiste-peintre Anne-Marie Rocca-Serra qui présentera ses oeuvres à cette occasion. Le vernissage de son expo aura lieu le samedi 6 février à 18 heures.
D'autre part, l'association Dante Alighieri organisera deux conférences. Le samedi 6 février, à 16 heures, dans la salle des congrès du théâtre, Attilio Maggiulli posera un regard sur la commedia dell'arte. Le samedi 13 février, même lieu même heure, c'est l'universitaire Marika Galli qui dévoilera les secrets de la cuisine italienne.
La soirée
d'ouverture sera
animée quant à elle par la soprano Maryline Leonetti, le ténor Thomas
Bronzini, le baryton Jean-Mathieu Alberghi et les choeurs de l'Ecole
Kalliste Musique. Tous et toutes (ils seront une vingtaine
sur scène) interpréteront de grands airs d'opéras italiens.
Enfin, pour la
cérémonie de
clôture, le public bastiais aura le plaisir d'écouter les plus célèbres
mélodies italiennes grâce aux chanteurs-musiciens du groupe Intimità,
en l'occurrence Thomas Bronzini, Eric Salvarelli et Jean-Pierre Motroni.
Source : Corse Matin
du vendredi 29 janvier 2010
J'ai
bien cru ce cinéma disparu à jamais avec les années Berlusconi, et j'ai reçu
un choc avec La Meglio Gioventù (Nos meilleures
années) de Marco Tullio Giordana, qui est un des plus beaux films qui
m'aient été donnés de voir.
Nos
meilleures années
raconte l’histoire d’une famille italienne de la fin des années
soixante à aujourd’hui. Le récit tourne autour de deux frères : Nicola
et Matteo. Au début, ils partagent les mêmes rêves, les mêmes espoirs,
les mêmes lectures et les mêmes amitiés, jusqu’au jour où la rencontre
avec une jeune fille souffrant de troubles psychiques (Giorgia)
détermine le destin de chacun : Nicola décide de devenir psychiatre,
Matteo abandonne ses études et entre dans la police.
Tous les personnages sont extrêmement attachants et nous deviennent
familiers, depuis le père Angelo, Adriana (la mère), admirable,
Giovanna, la fille aînée, Francesca, la cadette, qui épousera Carlo, le
meilleur ami de Nicola, qui deviendra pour cela une cible possible du
terrorisme durant les années de plomb. Il y a également Giulia, la
grande histoire d’amour de Nicola, qui donnera naissance à Sara, et
puis Mirella, qui croisera, à des époques différentes, le chemin de
Matteo et de Nicola.
La figure de Matteo hantera longtemps les mémoires. Ces personnages
nous font vivre les évènements et les lieux qui ont joué un rôle
crucial dans l’histoire italienne : l’inondation de Florence, la lutte
contre la mafia, les mouvements étudiants, le terrorisme...Ce film est
la fresque d’une génération qui – avec ses contradictions, sa fougue
tantôt ingénue, tantôt violente, avec sa rage parfois déplacée – a
essayé de ne pas se résigner au monde tel qu’il est, mais de le rendre
un peu meilleur.
Les six heures de projection passent trop vite !
La meglio
gioventù est un film
admirable
d'intelligence et de sensibilité. A travers les destins contrastés de
Nicola, qui agit lucidement pour rendre le monde un peu meilleur et de
Matteo, qui refuse, jusqu'à en mourir, de supporter la réalité, ce film
est tout simplement un hommage à la vie, avec les joies, les peines,
les moments comiques, les drames. Ce qui en ressort, au-delà des
moments d'intense émotion, c'est une irrépressible joie de vivre. S'il
porte un message, c'est que la vie vaut vraiment la peine de la vivre à
fond, avec les autres.
Avec (il faut citer tous les comédiens):
Luigi Lo Cascio (Nicola Carati), Alessio Boni (Matteo), Jasmine Trinca
(Giorgia), Maya Sansa (Mirella), Lidia Vitale (Giovanna), Adriana Asti
(Adriana), Andrea Tidona (Angelo Carati), Sonia Bergamasco (Giulia) et
Fabrizio Gifuni (Carlo Tommasi)


C'eravamo tanto amati est
un de mes films préférés.

Ettore Scola met en scène dans ce film tourné en 1974, à travers la vie
de trois amis et d'une jeune femme qui passera de l'un à l'autre,
trente ans d'histoire de l'Italie contemporaine (1945-1975). Cette
comédie est également un hommage mélancolique à Vittorio de Sica.
Gianni Borego
(Vittorio
Gassman), Antonio (Nino Manfredi) et Nicola Palombo (Stefano Satta
Flores) se sont connus dans le maquis, se sont retrouvés à la
Libération, ont formé les mêmes espoirs dans une société plus juste, et
ont vécu les premières déceptions de l'après-guerre.
La première scène est en fait la scène finale (Nicola, Antonio et Luciana, croyant Gianni pauvre, découvrent sa superbe villa et préfèrent rebrousser chemin). Puis l'image passe au noir et blanc pour évoquer la Résistance.
Au lendemain de la
guerre,
Gianni, jeune avocaillon, refuse d'assurer la défense d'un promoteur
sans scrupules, avant de devenir son collaborateur. Il épousera sa
fille Elide (Giovanna Ralli) par intérêt et dépassera en cynisme son
patron et beau-père (Aldo Fabrizi); Antonio travaille comme infirmier
dans un hôpital. Nicola est enseignant, passionné de cinéma. Renvoyé de
son poste après une altercation avec les notables locaux, il
abandonnera sa famille pour devenir critique de cinéma à Rome. Antonio
fait la connaissance de Luciana (Stefania Sandrelli) dont il tombe
amoureux. mais celle-ci succombe bientôt au charme de Gianni. Scène
savoureuse quand Gianni vient s'excuser auprès d'Antonio. Après une
tentative de suicide, c’est chez Nicola que Luciana ira vivre.

Superbe fresque
désenchantée,
ce film est servi tout d'abord par un scénario très riche d’Age et
Scarpelli, traversant le cinéma italien (De Sica, Fellini, Mastroianni)
et la vie politique, passant de moments hilarants (Manfredi ramené par
l'ambulance après son altercation Place de Trevi) à des passages
mélancoliques (la scène du photomaton précédée de la reconstitution de
la scène du landau dans le Cuirassé Potemkine).
Magnifique séquence
quand
Manfredi, qui n’a pas vu Gassman depuis plus de vingt ans, le prend
pour un gardien de parking (alors qu’il est richissime), discourt sur
son idéalisme si mal récompensé par cette société pourrie, et lui donne
un pourboire que Gassman n’ose pas refuser, ne voulant pas le détromper.
C’eravamo tanto
amati
bénéficie également d'un quatuor d'acteurs en état de grâce.
Manfredi dans son rôle d'homme du peuple sincère et réaliste, Gassman
en riche homme d'affaires ayant raté sa vie, Satta Flores en
jusqu'au-boutiste malheureux, sans oublier une magnifique et sensible
Stefania Sandrelli.
Ce film sur les
idéaux trahis
(« nous voulions changer le monde, mais c’est lui qui nous a
changés ») est finalement plus émouvant qu‘amer, car le regard
acéré porté sur les personnages est malgré tout indulgent, même s’il
est souvent négatif.
Merveilleux passage du noir et blanc à la couleur, belle musique d’Armando Trovajoli : un chef d'œuvre, vous dis-je !
Edition en DVD d'un des chefs d'oeuvre de Dino Risi et du cinéma italien : Une vita difficile (1961). Malheureusement, comme Les Nouveaux Monstres, cette édition se limite à la version doublée en français, ce qui est proprement scandaleux.
Alors, parlons seulement du
film :
C'est l'histoire d'un idéaliste (Alberto Sordi, grandiose) qui va tout perdre par fidélité à ses idéaux. Abandonné par sa femme (Lea Massari), petite-bourgeoise fascinée par la réussite économique, fauché, emprisonné, seul, il finit par se résoudre à "être réaliste". Jusqu'au sursaut final...
Cette évocation grinçante qui pourrait être sinistre est rythmée de scènes irrésistibles. On retiendra notamment l'entretien d'embauche et surtout le dîner chez les aristocrates le soir du référendum de 1946, où Sordi et Léa Massari boivent du champagne seuls après la proclamation de la fin de la royauté.
Un film à sketches comme l'Italie en
produisait dans les années soixante. Trois épisodes sur le thème des
complexes : Una giornata decisiva de Dino
Risi, Il complesso della schiava nubiana de
Franco Rossi et Guglielmo il dentone de Luigi
Filippo d'Amico.
2/ A uscio chiuso. - Un paysan demeuré passe en jugement pour avoir violé une poule..."Elle m'a cherché. On n'est pas de bois", dit-il pour sa défense.
3/ Ornella. - Ercole est un jeune employé de poste timide et homosexuel
refoulé qui entretient une correspondance, sous le pseudonyme
d'Ornella, avec Carlo Rinaldo. Quand celui-ci, en visite à Rome, décide
de venir faire la connaissance d'Ornella, Ercole se fait alors passer
pour le frère d'Ornella. Mais Carlo découvre peu à peu la vérité, et
l'accepte.
4/ Il guardone. - Un culturiste myope croyant observer une jeune fille se déshabillant devant une fenêtre qui fait face à la sienne s'excite en fait à la vue de son propre corps se reflètant dans un jeu de miroirs.
5/ L'ultima vergine. - Une petite oie blanche provinciale prend un
réparateur de téléphone pour le maniaque sexuel dont on parle à la
radio et se donne à lui pour avoir la vie sauve.
6/ Motrice mia. - Nino, traumatisé par les bombardements durant la guerre, abandonne chaque soir sa très belle femme pour aller se coucher entre les rails et jouir quand passe au-dessus de lui, à pleine vitesse, le Paris-Rome. "Anche quella del Brennero ?", lui demande son épouse résignée.
7/ Vedo nudo. - Le directeur d'une agence publicitaire est atteint d'une maladie singulière : il voit nues toutes les femmes qu'il rencontre. Après avoir suivi un traitement dans une clinique psychiatrique suisse, il reprend ses fonctions, apparemment guéri...
La notoriété de Comencini commence par un gigantesque malentendu : ses Pane amore e fantasia (Pain, amour et fantaisie) et Pane amore e gelosia (Pain, amour et jalousie) furent qualifiés de comédies à l'eau de rose, signant la fin du néo-réalisme, alors que son engagement social fut évident dès notamment Tutti a casa (La Grande pagaille, 1960) et A cavallo della tigre (A cheval sur le tigre, 1961). Lo scopone scientifico (L'Argent de la vieille, 1972) est une fable grinçante sur la fatalité de la misère, tandis que Delitto d'amore (Un vrai crime d'amour, 1973), évoque le travail en usine.
Mais Comencini est surtout connu à juste titre pour sa peinture de l'enfance
: si Incompreso (L'incompris) fut hué à Cannes, ce
film est reconnu depuis comme un grand chef d'oeuvre. Comencini
réalisera également Infanzia e prime esperienze di Giacomo
Casanova, veneziano (Casanova, un
adolescent à Venise, 1969) qui retrace la jeunesse du séducteur en
restant très fidèle à ses Mémoires, puis Le Aventure di
Pinocchio, véritable hymne à la liberté individuelle. On
retiendra également Mio Dio, come sono caduta in basso !, La
donna della domenica et Il Gatto, satires
de la bourgeoisie.
Filmographie
:
1937 :
La novelletta (court métrage)
1946 : Bambini in città (court métrage)
1948 : Proibito rubare
1949 : Il museo dei sogni (court métrage)
1949 : L'imperatore di Capri, 1949
1950 : L'ospedale del delitto (court métrage)
1951 : Persiane chiuse
1952 : La tratta delle bianche
1952 : Heidi
1953 : La
valigia dei sogni
1953 : Pane amore e fantasia
1954 : Pane amore e gelosia
1955 : La bella di Roma
1956 : La finestra sul Luna Park
1957 : Mariti in città
1958 : Mogli pericolose
1959 : Und das am Montag Morgen
1959 : Le sorpese dell'amore
1960 : Tutti a casa
1961 : A cavallo della tigre
1962 : Il commissario
1963 : La ragazza di Bube
1965 : La bugiarda
1965 : Il compagno Don Camillo
1967 : Incompreso
1968 : Italian secret service
1969 : Senza sapere niente di lei
1969 : Infanzia, vocazione e prime esperienze di Giacomo Casanova
veneziano
1970 : I bambini e noi
1972 : Pinocchio
1972 : Lo scopone scientifico
1974 : Un delitto d'amore
1974 : Educazione civica (court métrage)
1974 : Mio Dio, come sono caduta in basso !
1975 : La donna della domenica
1977 : Il gatto
1978 : L'amore in Italia
1979 : L'ingorgo
1980 : Voltati, Eugenio
1984 : Cuore
Plus des épisodes dans les fims à sketches collectifs :
Tre notti
d'amore
La mia signore
Le
bambole
Signore e signori, buonanotte
Basta che non si sappia in giro !
Quelle strane occasioni

Mario Monicelli s'est suicidé le 29 novembre 2010, à l'âge de 95 ans, en se jetant par une fenêtre du service d'urologie de l'hôpital romain San Giovanni où il était soigné pour un cancer de la prostate. Son père Tomaso, écrivain et journaliste connu, s'était lui aussi donné la mort en 1946, à 63 ans. "La mort ne me fait pas peur, elle me dérange. Cela me dérange par exemple que quelqu'un puisse être là demain et que moi je n'y sois plus. Ce qui m'ennuie, c'est de ne plus être vivant, pas d'être mort", avait confié Monicelli en 2007 à Vanity Fair.
Mario Monicelli était l'un des maîtres de la comédie à l'italienne, qu'il avait rendue populaire avec ses compères réalisateurs Dino Risi et Luigi Comencini. "Mes chers amis", où l'on découvrait l'acteur français Philippe Noiret en journaliste florentin partant faire les 400 coups avec ses copains quinquagénaires, dont Ugo Tognazzi, est resté comme un sommet du genre et l'un de ses meilleurs films. L'ancien maire de Rome et ex-leader du Parti démocrate (PD) Walter Veltroni a rendu hommage à "un homme extraordinaire" : "Il était considéré par tous comme le grand ancien du cinéma italien". De son côté, l'acteur-réalisateur Michele Placido a salué un "homme d'une grande énergie : personne n'arrivait à le suivre".
Ironie
Mario Monicelli était né le 15 mai 1915 à Viareggio, en Toscane, où il a passé toute son enfance. À 19 ans, il met en scène deux courts-métrages avec son ami Alberto Mondadori : Cuore rivelatore et I ragazzi della via Paal, déjà remarqué à la toute nouvelle Mostra de Venise, créée deux ans plus tôt. Jusqu'à la fin des années quarante, il collabore à une quarantaine de films, parfois comme scénariste, d'autres fois comme assistant-réalisateur. À partir de 1953, Monicelli se lance seul dans la réalisation, mettant en scène les petits travers de la société de l'époque, en pleine évolution.
Monicelli sait manier avec un style inimitable l'ironie et l'humour qui ont fait le succès de ses films jusqu'à la fin des années 1970. Lundi soir, le cinéaste et ancien directeur de la Mostra Carlo Lizzani a d'ailleurs salué "l'universalité du sens comique" de Monicelli. "Sa durée dans l'histoire du cinéma italien donne la mesure de sa stature", a-t-il ajouté. Le conseil municipal de Rome, réuni au moment de l'annonce de son décès, a observé une minute de silence.
65 films
Monicelli a fait tourner les plus grands : en 1958, il réunit Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni et Claudia Cardinale dans Le pigeon. Avec La grande guerre (1959), toujours avec Gassman, sa réputation dépasse les frontières. Le film lui vaut un Lion d'or à Venise et une nomination aux Oscars. Monicelli, qui a aussi travaillé pour le théâtre et la télévision, a tourné en tout 65 films. "Il est mort comme il avait vécu, en homme, avec un courage exemplaire. C'était un irréductible", a réagi Riccardo Tozzi, producteur de Bienvenue dans le Sud, remake italien du film phénomène français Bienvenue chez les Ch'tis.
Mario Monicelli, proche de la gauche, était très critique de la société actuelle. Il avait collaboré à un documentaire sur le sommet du G8 à Gênes en 2001, lorsque des centaines de militants altermondialistes avaient été blessés dans des affrontements avec la police. En juin, il avait encore provoqué une polémique en appelant des étudiants à "se rebeller" contre des coupes dans le budget culture prévues par le gouvernement de Silvio Berlusconi. "Vous devez utiliser votre force pour subvertir, pour protester, faites-le vous qui êtes jeunes, moi, je n'en ai plus la force", avait lancé Monicelli, à une assemblée d'élèves de l'Institut d'État pour la cinématographie et la télévision.
"L'Italie est connue à l'étranger seulement pour sa culture, et c'est justement cela qu'on cherche aujourd'hui à combattre", avait-il estimé, dénonçant à l'inverse une "culture de l'enrichissement".
Le Point.fr - Publié le 30/11/2010
Biographie
Mario Monicelli naît le 6 mai 1915 à Viareggio. Son père Tomaso était journaliste et fut aussi critique de théâtre et dramaturge. Après des études à Rome et à Viareggio, il fait ses études universitaires à Milan. là il rencontre Riccardo Freda, Remo Cantoni, Alberto Lattuada, Mondadori e Vittorio Sereni et fonde avec eux le journal "Camminare", dans lequel Monicelli tient la critique cinématographique.
Il entre dans le cinéma très tôt (à l'âge de 19 ans) alors qu'il réalise son 1er court métrage avec son ami Alberto Mondadori en 1934 intitulé Il Cuore Rivelatore puis un moyen métrage I ragazzi della via paal tourné en 16 mm et primé à Venise, inspiré de the boys of paul street de Ferenc Molnar. En 1937 il réalise Pioggia d'estate (pluie d'été) sous le pseudonyme de Michele Badiek. Il fait ses preuves jusqu'en 1949 en tant qu'assistant-réalisateur aux côtés de Gustav Machaty, Pietro Germi, Giacomo Gentilomo, Mario Camerini, ou encore Mario Bonnard. De 1939 à 1942 il contribue à l'écriture d'une quarantaine de scénarii.
Les années 1949 à 1953 sont marquées par sa collaboration prolifique avec Stefano Vanzina, plus connu sous le nom de Steno, avec huit films à succès en 4 ans pour l'acteur Totò, parmi lesquels Totò cerca casa (Toto cherche un appartement) , (Lion d'or à Venise en 1949, et Guardie e ladri (1951).
En 1953 il commence à travailler seul. Pendant sa longue carrière il collabore avec tous les plus grands acteurs italiens : Alberto Sordi, Totò, Aldo Fabrizi, Vittorio De Sica, Sophia Loren, Amedeo Nazzari, Marcello Mastroianni, Vittorio Gassman, Ugo Tognazzi, Adolfo Celi, Walter Chiari, Elsa Martinelli, Anna Magnani, Nino Manfredi, Paolo Villaggio, Monica Vitti, Enrico Montesano, Gigi Proietti, Gastone Moschin, Giancarlo Giannini, Giuliano Gemma, Stefania Sandrelli, Ornella Muti, Ivo Garrani e Gian Maria Volonté.
I soliti ignoti en 1958 rassemble une distribution exceptionnelle : Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni, Totò et Claudia Cardinale, ainsi que Tiberio Murgia, et est considéré par la critique quasi unanime comme le premier film de ce qu'on appellera "la comédie à l'italienne". Ce film rassemble comme scénaristes Monicelli lui-même et Age, Scarpelli et Suso Cecchi D'Amico. Dans Totò e Carolina (1955) l'extraordinaire acteur napolitain joue le rôle d'un carabinier. La censure de l'epoque ne prend pas bien l'ironie sur les forces de l'ordre. L'année suivante, Monicelli tourne ce que certains considèrent comme son meilleur film : La grande guerra, Lion d'Or à la Mostra del cinema de Venise en 1959, avec les interprétations mémorables d'Alberto Sordi et Vittorio Gassman. En 1963 il tourne I compagni (Les Camarades) qui est nominé aux oscar dans la catégorie meilleur scénario et qui reçoit l'oscar du meilleur film.
Avec L'armata Brancaleone (1966) et, un ton en-dessous, avec Brancaleone alle crociate (1969), Monicelli met en scène un Moyen-Âge tragi-comique, dans une langue bizarre.
Autres films notables dans son abondante filmographie, La ragazza con la pistola, (1968), Romanzo popolare (1974), Amici miei (1975) et sa suite, Amici miei 2 (1982).
Un borghese piccolo piccolo (1977) rompt avec sa verve tragi-comique. c'est un film profondément dramatique.
En 1991 on lui décerne le lion d'or pour sa carrière ; à cette occasion il déclare : " le cinéma ne mourra jamais, maintenant il est né et ne peut pas mourir . La salle de cinéma mourra peut être, mais de cela je m'en fous ".
La force de Monicelli réside assurément dans ce mélange de générosité et d’esprit sardonique qui lui permirent de considérer ses congénères avec une rare acuité. Pas plus que ceux de Risi, ses films ne prétendent à être ceux d’un grand styliste façon Visconti ou Fellini (encore que Monicelli leur tint la dragée haute dans le super-film à sketches Boccace 70), Antonioni ou Bertolucci. Mais à leur manière faussement désinvolte, ces comédies témoignent sans doute encore mieux de leur époque: celle de la défaite salutaire, de la course effrénée au bien-être des années 1960-1970, et pour finir celle de la vulgarité télévisuelle triomphante.
En fin de carrière, Monicelli trouva parfois refuge au petit écran (Feu Mathieu Pascal, d’après Pirandello), mais à contrecœur et sans lui faire de concessions. De Mesdames et messieurs, bonsoir (1976) à Un autre monde est possible (2001), il fut de tous les combats collectifs, constatant avec terreur l’emprise croissante de la pieuvre Berlusconi sur l’Italie. Même si ses derniers films sont clairement plus faibles, il résista ainsi jusqu’à son ultime court-métrage, en 2008.
Filmographie
* 1948 : Les Misérables ou L'Évadé du bagne (I Miserabili) de Riccardo Freda (co-scénariste)
* 1948 : Le Cavalier mystérieux (Il Cavaliere misterioso) de Riccardo Freda (co-scénariste)
* 1949 : Al diavolo la celebrità (co-scénariste et co-réalisateur, avec Steno)
* 1949 : Totò cherche un appartement (Totò cerca casa)
* 1951 : Totò et le roi de Rome (Totò e i re di Roma)
* 1951 : Gendarmes et voleurs (Guardie e ladri)
* 1954 : Du sang dans le soleil (Proibito)
* 1955 : Un héros de notre temps (Un eroe dei nostri tempi)
* 1956 : Donatella
* 1957 : Pères et fils (Padri e figli)
* 1958 : Le Pigeon (I soliti ignoti)
* 1959 : La Grande Guerre (La grande guerra)
* 1960 : Larmes de joie (Risate di gioia)
* 1962 : Boccace 70 (Boccaccio '70), segment Renzo et Luciana
* 1963 : Les Camarades (I compagni)
* 1964 : Haute infidélité (Alta infedeltà), segment Gente Moderna
* 1965 : Casanova 70 (Casanova '70)
* 1966 : L'Armée Brancaleone (L'armata Brancaleone)
* 1966 : Les Ogresses (Le fate) segment Fata Armenia
* 1968 : La Fille au pistolet (La ragazza con la pistola)
* 1970 : Drôles de couples (Le coppie)
* 1970 : Brancaleone s'en va-t'aux croisades (Brancaleone alle crociate)
* 1971 : Mortadella (La mortadella)
* 1973 : Nous voulons les colonels (Vogliamo i colonnelli)
* 1974 : Romances et confidences (Romanzo popolare)
* 1975 : Mes chers amis (Amici miei)
* 1976 : Bonsoir, Mesdames et Messieurs (Signore e signori, buonanotte), co-réalisation
* 1976 : Caro Michele
* 1977 : Un bourgeois tout petit petit (Un borghese piccolo piccolo)
* 1977 : Les Nouveaux Monstres (I nuovi mostri), segments Autostop et First Aid
* 1979 : Voyage avec Anita (Viaggio con Anita)
* 1980 : Rosy la Bourrasque (Temporale Rosy)
* 1981 : Chambre d'hôtel (Camera d'albergo)
* 1981 : Le Marquis s'amuse (Il Marchese del Grillo)
* 1982 : Mes chers amis 2 (Amici miei atto II)
* 1985 : La Double Vie de Mathias Pascal (Le due vite di Mattia Pascal)
* 1986 : Pourvu que ce soit une fille (Speriamo che sia femmina)
* 1987 : I Picari (Une catin pour deux larrons)
* 1990 : Il male oscuro
* 1991 : Rossini ! Rossini !
* 1992 : Une famille formidable (Parenti serpenti)
* 1995 : Facciamo paradiso !
* 1998 : Panni sporchi
* 2006 : Le rose del deserto
Comment décrire cette sensation unique
qui saisit le spectateur dès la première image d’un film, pour ne
jamais le quitter tout au long d’un spectacle qu’il voudrait voir se
prolonger bien après sa fin ? Comment parler d’une de ces œuvres
tellement pleines, tellement riches qu’on sait tout de
suite qu’on les gardera longtemps en soi ?
Etreintes
brisées est une magnifique
déclaration d'amour à une actrice, Pénélope Cruz, mais aussi au cinéma,
et à l'amour même. Un metteur en scène, Mateo Blanco (Lluis Homar)
tourne une comédie, Filles et valises, qui
s'inspire très
franchement de Femmes au bord de la crise de nerfs.
La vedette en est une
débutante, la femme qu'il aime et qui l'aime, Lena (Pénélope Cruz),
devenue pour s'en sortir la maîtresse d'un magnat magouilleur, Ernesto
Martel (José Luis Gomez), autoproclamé producteur pour ne pas perdre
Lena. Martel a un fils complexé (et secrètement amoureux de Mateo)
chargé de réaliser le making of de Filles et valises,
afin
d'espionner les deux amants...
Tout ça, on le saura plus tard, car, à
présent, Mateo s'appelle Harry Caine, il a tué son nom en tuant Lena
dans un accident de voiture qu'il a rendu aveugle. Il écrit des
scénarios, veillé par Judit, sorte de louve aimante et jalouse (Bianca
Portillo) et le fils de celle-ci, Diego. Passé et présent s'entremêlent
intimement, l'intrigue se fait de plus en plus riche et intrigante,
ainsi Mateo est trahi, profitant de sa cécité, on lui vole Filles et
valises qui est remonté pour en faire un mélo absurde, chaque
scène
est si pleine de vie, de drames et de péripéties, si nourrie du plaisir
de filmer, d'inventer, de raconter qu'on en demeure pantois, ravis, au
tapis. Un personnage prononce cette phrase banale: «Il aime
beaucoup le gaspacho.» Et l'on voit plein écran le rouge
éclatant
d'une tomate sur laquelle glisse une goutte d'eau. C'est sensuel et
génial...
Pénélope
Cruz est extraordaire. Tour à tour
blonde évaporée à la Jean Harlow ou brune distinguée à la Audrey
Hepburn, elle est en même temps enfantine et fatale, maladroite et
géniale, belle comme une tempête et griffée de fatigue, folle de joie
et sûre du malheur à venir, époustouflante.
Ultime malice d'Almodovar, Etreintes brisées, qui nous laisse
brisés d'émotion, s'achève sur une dernière pirouette
scénaristique,
"Ours d'or" à Berlin en 2004 pour Head On, Fatih Akin est un Allemand né de parents turcs. Cette cohabitation de ses deux cultures est au coeur de ses films
Prix du
scénario au Festival de Cannes 2007, De l'autre côté
est un film magnifique.
En faisant se
croiser ses personnages entre Turquie et Allemagne, le film de Fatih
Akin orchestre une ambitieuse réflexion sur l'identité et l'altérité.

L'amour, la
mort, le deuil, le pardon, sont les thèmes de ce film bâti autour de
deux morts violentes et de trois face à face familiaux : un père et son
fils qui ont du mal à se comprendre et deux mères et leurs filles. De
l'autre côté évoque le dialogue, souvent difficile, entre les
générations et leurs relations fortes et complexes. Le jeune professeur
et son père, la prostituée et sa fille activiste, la jeune étudiante
allemande et sa mère : aucun de ces personnages ne restera figé dans sa
posture initiale, poursuivant dans l'éloignement un échange nourri par
un amour silencieux.

C'est dans la
dextérité avec laquelle il entremêle les destins de ses six
protagonistes que Fatih Akin étonne et émeut. Les personnages
vont se croiser, se chercher, se rater, mais aussi s'apprivoiser,
s'aimer, s'adopter.
On suit avec
passion les personnages et les événements.
Construit avec
un efficace sens de l'ellipse, ce film impressionne par sa maîtrise, sa
profondeur humaine, son plaidoyer pour l'échange culturel, la sérénité
de l'apaisement. Scandé par l'ironique transit des cercueils, l'un
renvoyé en Turquie, l'autre renvoyé en Allemagne), ce film magnifique
culmine avec la visite de Susanne , la mère de Lotte, qui va "incarner"
de façon bouleversante le thème principal du film : la réconciliation.
Nejat, de son côté, va retrouver son père de l'autre côté du Bosphore.

Fatih Akin,
dont on avait déjà aimé Head-on, construit son film
en boucle, avec des ruptures de ton et de temps : des histoires
parallèles qui se recoupent sans cesse, des personnages qui se
cherchent sans se croiser et se croisent sans le savoir. Ainsi la jeune
femme que l'on voit dormir à poings fermés, lors du cours que Nejat
donne à l'université, est celle - mais on l'apprendra bien plus tard -
qu'il va s'obstiner à chercher...
Sans lourdeurs
ni caricature, le cinéaste évoque aussi la minorité turque d'Allemagne,
le désir du retour au pays et les expulsions, la soif de connaissance
et de partage, la tentation du racisme et du repli sur soi…
Le
Synopsis officiel du film:




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Tuncel
Kurtiz
|
Nurgul
Yesilcay et Trycia Ziolkowska
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L'Institut Régional du Cinéma et de l'Audiovisuel Corse (IRCA)
Animé par Sylvain Ettori, l'IRCA se veut le partenaire privilégié des projets de cinéma et d'audiovisuel développés en Corse. Passerelle fraternelle, avec les autres régions du monde, l'IRCA participe au dialogue interculturel au cœur de la Méditerranée. L'IRCA intervient principalement sur la création, la production, la diffusion, la formation, l'éducation et la sensibilisation à l'image, mais également sur la mémoire et l'histoire de la Corse.
Le Comité de Parrainage de L'IRCA est composé de personnalités de sensibilités et d’horizons divers :
Jean-Michel Arnold (Président du CICT, Secrétaire Générale de la Cinémathèque de France)
Evelyne Adam (productrice et une animatrice de radio)
Alice Bosquillon de Jenlis (UNESCO)
Jean-Claude Casanova (Académicien, président de la Fondation Nationale des sciences politiques, Directeur de la revue Commentaires)
Michel Crémades (comédien)
Yves Duteil (auteur - compositeur - interprète)
Fabien Flori (Attaché pour la Coopération Universitaire et Scientifique - Service de Coopération et d'Action Culturelle - Ambassade de France en Roumanie)
Marc Fumaroli (Académicien, professeur au Collège de France, président de la Société des Amis du Louvre)
Laurent Heynemann (Président de la SACD, réalisateur, scénariste)
Marie-José Nat (actrice)
Robert Kechichian (réalisateur, comédien)
Marc Kravetz (Grand reporter, France Culture)
Mouloud Mimoun (Maghreb des films, critique)
Gérard Mordillat (cinéaste, écrivain)
Jacques Pantaloni (Recteur, Président de l'Ari)
Nicolas Philibert (Réalisateur)
Edouard Pellet (Délégué Intégration et Diversité - France Télévisions)
Alain Pozarnik (auteur, cinéaste)
Jean-Marie Roth (théoricien et formateur en dramaturgie)
Serge Rezvani (auteur, compositeur, peintre, écrivain)
Jean-Christophe Spinosi (chef d'orchestre, musicien)
Serge Tomasini (producteur, Media Broadcast Technologies)
Jean Tulard (académicien, historien)
Michel Vergé-Franceschi (président de la Société française d'histoire maritime, historien)
Les parrains soutiennent le projet et la démarche de l’association. Ils concourent à titre individuel à la vie de l’association, interviennent dans les formations, apportent leur expertise, participent aux initiatives publiques, animent les conférences et les débats organisés sur des sujets d’actualité ou liés aux travaux de l'IRCA.
Pour plus d'informations sur l'IRCA :
www.corsicacinema.com
Pour diverses raisons techniques, le festival du film corse est reporté au mois de mai. Pour que le public puisse tout de même découvrir le cinéma insulaire, le centre culturel Laurent-Casanova consacre deux soirées en hommage aux Corses, vendredi et samedi à 20 h 30, avec le film de Frédéric Farrucci La vie filmée des Corses. Une histoire des Corses au XXe siècle, à partir de films amateurs mis en dépôt à la cinémathèque ou collectés auprès de particuliers. Ce feuilleton documentaire, de six épisodes de 52 minutes, retrace, à travers l'histoire de quelques témoins emblématiques et de leur famille, six décennies de la vie de cette communauté (de 1920 à 1981) dans l'île, sur le Continent et à travers le monde. Des séquences « émotion » pour les Sartenais et les habitants de la région qui pourront se reconnaître sur l'écran ou revoir des personnes aujourd'hui disparues.
« Après avoir rencontré Frédéric Farrucci lors du festival du film corse, nous avons voulu consacrer deux soirées à La vie filmée des Corses et en faire un événement à part entière », explique Pascale Berthot, directrice artistique du centre culturel Laurent-Casanova. Les projections seront suivies de débats avec le producteur du film Jean-Pierre Alessandri.
Entrée des séances : 6 euros.