Témoignages
La première fois que j'ai entendu A Filetta,
c'était il y a quinze ans environ, sur la bande son d'un documentaire
télévisé sur la Corse. Ce groupe avait un son à part, son
chant dégageait une émotion particulière.
A l'occasion d'un de leurs trop rares passages à Paris, je suis allé
assister à mon premier concert. C'était, je crois, en l'église
Saint-Médard, le 19 octobre 1995. Depuis ce concert, et le
suivant à
la Conciergerie, je suis sous le charme. Et toute ma famille aussi.
Anne Marie, Claire,
Pierre, Pascale, nous avons tous été pris à la gorge par ce chant.
Nous avons assisté à de nombreux
concerts
depuis cette année
1995, en région parisienne (à St Louis-en-l'Ile, au Théâtre de
la Ville, etc.) , en Corse bien sûr, jusqu'en Bretagne, à Lille ou en
Belgique, et non seulement l'émotion est toujours au rendez-vous, mais
elle est de
plus en plus présente.
Ces chants
profonds peuvent être âpres
ou doux, violents ou tendres, criés ou murmurés. Ils sont souvent
mélancoliques, mais pas tristes ; graves et fatalistes, mais jamais
désespérés. Dans tous les cas, ils ne peuvent manquer de soulever
l’émotion de celui qui les écoute. Ce chant vous traverse
puissamment.
Au sortir d'un concert d'A Filetta, on se sent transfiguré, ému et
heureux
à la fois. Depuis sa création en 1978, A Filetta a sans cesse
progressé en prônant l’ouverture tout en conservant la
spécificité du langage vocal insulaire. Chants sacrés et profanes
hérités de la tradition se mêlent à des créations,
témoins d’une culture en mouvement et non pas figée dans le
passé. Ce qui guide ce groupe, c'est la fidélité à l'esprit
de la tradition sans que jamais celle-ci ne bride l'inspiration.
Et puis, la voix
étonnante de Jean-Claude, tour à tour caressante et âpre, son visage
déformé par la passion, sont fascinants. Ce qui fait aussi la magie d'A
Filetta, c'est la communion spirituelle, émotionnelle et physique qui
lie les
chanteurs et qui émane d'eux.
De surcroît, ces artistes à l'immense talent sont des
êtres
confondants de modestie, de générosité et
d'humanité.
Ce site est
une modeste
tentative de les remercier pour ces moments magiques et de rendre
l'hommage qui lui est
dû à ce groupe majeur qui, comme l'écrivait Gabriel-Xavier Culioli en
1998, "aura marqué cette fin de siècle et de millénaire par la
pureté de son art".
Témoignages d'amateurs
"J'avais repéré sur un tract que A Filetta passait à l'église
des Billettes à Paris.
A 17 heures, je fais la queue pour pénétrer dans l'église. La
majorité des personnes qui attendent ne sont pas corses. Cela s'entend
et se voit.
Après quelques dizaines de minutes, toutes les places sont remplies.
Les
lumières s'éteignent.
Commence alors "LA MAGIE A FILETTA..."
Je n'ai rien retenu des intitulés des chants. Je ne sais rien d'autre
que la
présence de cette émotion qui pendant une heure et demie m'a
étreint. Que l'on ne s'y trompe pas : la Corse n'y était que pour
partie.
Ce qui a envahi ce lieu sacré, c'est bien une beauté douce, parfois
mélancolique mais toujours espérante. Les quelques paroles destinées
à présenter les chants n'avaient pas ce côté surajouté
et artificiel qu'elles auraient pu avoir. Le leader du groupe
s'adressait à nous
comme à des frères, comme à des soeurs, exprimant ce qu'il y a de
grand dans l'âme insulaire. Pas de violence, pas de folklore, mais la
certitude
d'un destin parfois douloureux mais plein de promesses.
Jamais je n'avais entendu pareilles harmoniques ; jamais je n'avais
compris à quel
point le dépouillement peut être porteur du divin. Le groupe a dû
revenir deux fois tant fut grand et spontané l'enthousiasme des
auditeurs. Je n'ai
pas osé féliciter ou plutôt remercier les chanteurs après le
spectacle. Plus encore que la joie, ils m'avaient conforté dans l'idée
que,
même quand tout semble difficile, il y a matière à espérer.
Pour tout cela, pour tous ceux et celles qui applaudissaient, les
larmes aux yeux, pour
cette culture sans frontière, sans haine et pétrie de
fraternité...
MERCI
A Filetta..."
C.S.
Culioli
En
vacances à Calvi, nous avons eu envie
de découvrir le "Folklore Corse" et sur recommandation, sommes allés
à un concert d "'A Filetta" à la Basilique Saint Jean-Baptiste. Ce fut
une
révélation ! Là, nous avons trouvé bien autre chose que ce
fameux folklore... Nous avons vu et entendu un groupe qui nous a
éblouis et
envoutés!
Nous ne sommes
pas
"musicologues", mais tous deux avons été enthousiasmés et
complètement sous le charme. Nous vivons avec eux une véritable
communion.
Quelques temps plus tard, nous avons eu la chance de revoir "A Filetta"
dans notre
région, nous y avons emmené notre fille alors âgée de 13 ans.
A la fin du concert,elle était aussi fan que nous ! Depuis,comme nous,
elle
assiste à un maximum de ces fabuleuses soirées que nous offrent nos
amis.
Nous sommes devenus au fil du temps des inconditionnels de plus en plus
fans et nous
parcourons la France en suivant leurs déplacements. L'émotion est à
chaque fois plus grande et nous attendons avec impatience leur prochain
spectacle car les
voir et les écouter est à chaque fois un plaisir sans cesse
renouvelé. Merci à tous, Jean-Claude, Paul, Jean, Maxime, José,
Jean-Luc. Merci pour ce que vous nous apportez par vos chants, votre
talent, votre
gentillesse et votre humanité. Appelons ça... le Bonheur !!!!...
Joëlle & Jean-Paul Pillot
Ils arrivent en file indienne, vêtus de couleurs sombres, Jean,
Jean-Claude et
Jean-Luc en chemise, Paul, José et Max en pull. Ils s'installent en
demi-cercle
face au public, de gauche à droite Max, José, Jean, Jean-Claude,
Jean-Luc
et Paul. Jean-Claude donne la note, et le premier chant (le plus
souvent Makharia)
s'élève. Et l'on est tout de suite fasciné par la ferveur des
chanteurs et par la beauté de leurs voix: voix à la fois douce, nasale
et
rauque de Jean-Claude, voix grave et agile de Max, voix douce et virile
de José,
voix dense et pleine de Jean, voix pastorale de Jean-Luc, voix de miel,
chaude et
enveloppante, de Paul. Sur les chants plus dramatiques, le visage de
Jean-Claude est
habité par la passion. On retient son souffle tellement on est
concentré
sur l'écoute. C'est bien davantage que du son que l'on ressent, c'est
l'humanité, la leur et la nôtre, la joie d'appartenir à la même
communauté : "si di mè", tu es des miens. Quand le chant s'arrête,
c'est à la fois une libération du souffle retenu et une frustration que
le
chant soit fini. Il n'y a pas de mots pour exprimer ce que l'on
ressent, il faut le vivre
pour le comprendre.
Anne Marie Casanova
Mon débarquement en Corse date de 1983 et, à cette époque, il est
certain que je ne m’y suis pas rendu par attirance pour la musique
locale, mais
parce que l’île cumulait mer et montagne à deux pas l’une de
l’autre. Enthousiasmé par les merveilles naturelles prodiguées par la
montagne insulaire, j’y suis retourné chaque année depuis, mais, au
début, sans imaginer un instant qu’elle puisse abriter un art musical
particulier. Ce n’est donc qu’en 1988, que cette révélation eut
lieu par le biais d’une initiation à la paghjella en pleine montagne
corse
par un groupe de chanteurs ajacciens (Cf. description de cette
initiation sur mon site
internet
ici ), qui m’indiqua alors A Filetta comme un des groupes
phares de la
région.
A dater de ce jour, je n’eus de cesse de retrouver ces chants
extraordinaires
d’âpreté et de rauques discordances maîtrisées, pour moi
indissolublement liés à la montagne corse, et nous
commençâmes, ma femme et moi, à acheter massivement cassettes puis
CDs des chanteurs locaux : I Muvrini en tête au démarrage, assez vite
abandonné pour A Filetta que nous trouvions un groupe plus original et
plus
fidèle à ses traditions.
Ce fut le temps de " Machja n’Avemu Un’Antra " et
de A’u Visu
di Tanti " qui rythmaient nos vacances en Corse avec leurs
airs traditionnels de
paghjelle et lamenti (Lamentu di Ghjesu) et leurs
morceaux de style troubadour
(Terra Brusgiata). Ensuite vint le moment de la
découverte visuelle de
leurs spectacles (voir Jean-Claude en concert est toujours un grand
moment) : le premier
à l’Haÿ-les-Roses, en Région parisienne lieu de notre domicile
d’alors, en 1992 à la sortie d’Ab Eternu où je
découvris ce sublime morceau que constitue "Sumiglia",
puis d’autres,
plus tard, lorsque nous étions avertis (rarement, tant ce groupe est
peu
médiatisé !) de leur passage en Ile-de-France (Palais Royal,
Saint-Denis,
…).
Après cette date, chacun de leur nouveaux disques fut une réussite,
avec
une mention spéciale pour leur rencontre avec Bruno Coulais qui fut
pour moi une
bénédiction : les polyphonies particulières, aussi bien
pratiquées a capella qu’accompagnées instrumentalement, issues de
cette rencontre ont fait de ce groupe le plus créatif, le plus original
et le plus
émouvant de tous les groupes et chanteurs/chanteuses corses, avec une
capacité inégalable pour produire des créations admirables
d’innovation et d’ouverture tout en conservant un lien très fort avec
les racines ancestrales de la polyphonie insulaire.
Et voilà comment un pinzutu, ignorant et non mélomane au départ, est
devenu en quelques années un admirateur inconditionnel de la polyphonie
corse,
interprétée, enrichie et sublimée par A Filetta !
Philippe Evrard
Ma
première rencontre avec A Filetta
Je ne m'étais
jamais intéressée à la musique. Des
livres, des films et des voyages en Corse me suffisaient pour être
heureuse. Et
puis j'ai vu en Allemagne sur Arte le film "A Filetta - Voix
de Corse" et j'ai
été enthousiasmée. Dans cette musique j'ai retrouvé
exactement mes sentiments pour l'île de Corse. J'ai recu quelques CDs
pour cadeaux
de ma famille et j'ai commencé à les écouter chaque jour. J'aime les
voix du groupe ainsi que la multiplicité de leurs chants.
Écouter la musique d'A Filetta attentivement suscite des sentiments
très
forts; elle ouvre le coeur. Mais expliquer l'effet serait comme réduire
un lever
du soleil magnifique à ses qualités physiques.
J'ai essayé de traduire les paroles et j'ai cherché des informations
sur le
groupe, et je suis très heureuse d'avoir trouvé "l'Invitu" et
Jean-Claude.
La première rencontre personnelle en concert a eu lieu enfin pendant
les 18es
Rencontres de Chants Polyphoniques à Calvi. Malheureusement, il y avait
trop peu A
Filetta pour moi (arrivée seulement le jeudi, j'ai raté "Medea" !),
mais
c'était un événement inoubliable. J'espère revoir le groupe
en 2007 en Allemagne, et cela me réjouirait beaucoup.
Ursula Glöckner
Par quel
mystère des personnes d'origines, de culture ou d'horizons
différents sont-elles toutes si profondément émues par le chant d'A
Filetta ?
Il y a, bien sûr, la beauté des voix. Mais d'autres très belles voix
peuvent laisser de marbre les auditeurs que nous sommes. Il y a la
façon de
chanter ; le premier qualificatif qui vient à l'esprit, c'est la
douceur, le
recueillement, le sens des nuances. Même dans les passages forte,
les
chanteurs ne donnent jamais l'impression de forcer leur voix ou de
rechercher la
performance. "Dire tendrement des choses puissantes et puissamment des
choses tendres",
c'est la leçon retenue des voix géorgiennes.
Et c'est vrai que tous les autres groupes corses, même ceux de Balagne
qui leur
sont proches, ne laissent pas cette impression. Il y a la personnalité
et la force
de l'interprétation exceptionnelles de Jean-Claude Acquaviva, qui vit
intensément tout ce qu'il chante. Il y a encore la façon dont les voix
se
partagent l'espace, se mêlent ou se singularisent. Il y a la force des
mélodies et des harmonies des chants de création, mais même quand ils
chantent des chants traditionnels, on ressent une différence.
Le secret d'A Filetta, c'est peut-être son côté fusionnel, c'est le
fait que ce groupe constitue un corps dans lequel chacun est acteur de
son propre
rôle mais aussi d'une partie du rôle des autres, où chacun s'abandonne
au collectif tout en gardant sa personnalité. Ce qui caractérise le
plus A
Filetta, c'est probablement sa capacité à transmettre quelque chose de
fort. On ne ressort pas indemne d'un concert d'A Filetta, on est dopé
par
l'empathie que ce groupe sait créer avec le public, le sens de la
communion, de la
générosité, du partage qu'il transmet. Oui, ce chant ouvre le
cœur.
Jean-Claude Casanova

Retour à Calvi de l'oriflamme
"A Filetta Montrouge"
(Festival Chorus 2005)
Le témoignage de Bruno Coulais
"Les membres d'A Filetta sont très différents mais on ne
décèle chez aucun d'eux la plus petite once de médiocrité. Si
la tradition corse est omniprésente, ce sont des chanteurs intemporels.
Leur
musique traverse le temps, les amarres terrestres n'existent plus. Leur
répertoire
est un réceptacle constamment ouvert sur le monde, ne se confinant
jamais au champ
clos d'une culture recroquevillée sur elle-même"
(propos recueillis par Jean-Marc Raffaelli pour Corse-Matin- édition du
11 mai
2003).
Un
« filu » di a
filetta…
A Filetta
ti aspetta
goccia à goccia
di a so terra
ràdica
cù a so forza
di u prufondu
à la filigrana
ti aspetta
a filetta
È ti canta
A Filetta
voce alzate di a terra (corsa)
di u prufondu
à l’alt’armunia
cù a ricchezza
di purezza
chì ti parla à l’arechja, à a pelle
chì ti tocc’à u fondu di u to core
è ti aspetta…
A
Filetta
chì ti aspetta
corpu interu
in pulifunia
chjama è carezza
rispondenu à u mondu
sin’à l’orizonti
in meludia
chì ti guidà
à a filetta (corsa)
È ùn ti scurdà
di a filetta
chì spunta
di a petra è di l’acqua
cù a speranza
di a memoria
cum’e rifugiu
pè oghje è dumane
è pè
mai ùn ti
scurdà
di a filetta…
Gerda-Marie
Kühn
A FILETTA
ou
Rêve-partie dans les étoiles
Me voilà, les amis : je m’étais
jurée de vous offrir un compte-rendu de concert pas ordinaire pour la
nouvelle année terrienne, pari tenu !
Je serai franche, j’ai hésité un moment en
pensant que vous ne me croiriez pas, tellement c’est incroyable, mais
cet instant de doute n’a pas fait long feu devant le fait totalement
avéré que rien n’est impossible, rien n’est inconcevable aux adorateurs
de la sublime Fougère : tout peut être follement improbable et
granitiquement réel !!!!
Petit retour en arrière en 2006 !
La rumeur enfle depuis quelque temps, comme
celle qui courut un jour sur un peut-être possible éventuel concert d’A
FILETTA sur Orion, astérisque prémonitoire accrochée au programme (les
initiés comprendront) et s’éteignit brutalement, presque anonymement.
Pourtant, ce nouveau murmure annonçant le concert sur Andromède, je le
tourne et le retourne dans ma tête, je sens que je ne dois pas le
prendre à la légère.
La durée du voyage commande une prise de
risque totale : bien que située dans notre Groupe Local, il y
a entre Andromède et la Voie Lactée où niche notre Terre, et dixit le
télescope Hubble, près de 2,9 millions d’années-lumière (890 000
parsecs), soit environ 27 milliards de milliards de km. C’est
vertigineux !
Vu que mon char se déplace à 500 000 km/h,
c’est au bas mot de 12 milliards d’années de ma vie, aller et retour,
dont il s’agit, rien à voir avec les sauts de puce
habituels d’un fan un peu déjanté (suivez mon regard) ! Mais
quand on aime, on ne compte pas !!!
Et puis, en souvenir de l’homme de ma vie
d’avant, fan de SF, fou du livre « La Nébuleuse
d’Andromède », il faut que je fasse le chemin vers cette
galaxie de la paix et de la tolérance pour les voir et les entendre
chanter dans ce lieu de l’avenir radieux décrit par Ivan
EFREMOV. Est-ce un signe : cette année, sur la
planète Terre, Noël et l’Aïd se frôlent pour la première fois depuis
très longtemps, on ne peut donc rêver mieux qu’Andromède pour un
rassemblement de partage et d’espoir .
Je sens, je
sais, qu’il y a une impérieuse nécessité à faire le voyage, le si long
voyage vers le bonheur. C’est décidé, je pars ! Je
ne peux pas, je ne dois pas, sous de futiles prétextes, renoncer à ce
rendez-vous pourtant encore hypothétique sur Andromède ! C’est
comme une mission ! D’abord, quelques photos, pour preuves de
mon périple intergalactique :La première, c’est l’affiche, vue
à la sauvette en quittant la Voie Lactée, accrochée à un objet céleste
en gravitation erratique : mais quelle mouche a donc piqué
l’organisateur du concert pour oublier d’en coller chez nous ?
Cà s’appelle un test d’amour : je te dis rien, et si tu
m’aimes tu vas finir par trouver ! Et vous savez tous que ça
marche !
A gauche, la Nébuleuse
est encore à 580 parsecs de mon astronef poussif mais néanmoins
valeureux. Je sais maintenant ce que signifie avoir la tête dans les
étoiles !
A
droite, il n’y a plus que 3 parsecs à franchir pour accéder à l’espace
de concert qui a lieu précisément là (suivre la flèche !). Je
pénètre dans le cœur du beau, c’est indescriptible, avec, comme à
chaque fois que je vais les voir, cette émotion inexplicable qui
déconnecte de tout et transporte dans un autre monde : là, en
vrai, je suis dans cet ailleurs où le temps n’a pas de sens !
Voilà, je suis au bout de la route, sur la
Nébuleuse d’Andromède. La galaxie de l’espérance !!!
Valérie est
là, naturellement là, retrouvailles, bisous, chaleur, joie, comme
partout, comme toujours ! Je sens une présence immense,
impossible à voir, à quantifier et il n’y a ni bousculade, ni cris mais
une sorte d’attente fraternelle, planante. Quelqu’un me tape sur
l’épaule, je me retourne : c’est pas un terrien, c’est sûr,
mais qu’est-ce qu’il est beau !!! On s’est vu à Calvi l’année
dernière, me dit-il (et si c’était "elle" ?), vous vous
souvenez, Faiz Ali Faiz, Rassegna, Voce Ventu, Julia Sarr, …, c’était
génial, non ? Cool Françoise, tout est normal, tout va
bien ! Bon, tu l’as pas reconnu, c’est pas facile, mais il y
était, c’est sûr, vu qu’il te montre des photos des Rencontres et que
tu as à peu près les mêmes à la maison ! Ici, pas de lumières
qui s’éteignent pour annoncer leur arrivée, alors ils arrivent je ne
sais pas comment, parce qu’il n’y a pas non plus de rideau à
franchir ! Ils sont là et c’est la seule chose qui
compte !
Pause contemplative
indispensable !

En les voyant enfin, après un si long voyage,
pas une seconde leur présence ne me semble incongrue tant ils sont chez
eux partout ! Ils sont posés sur une barque en bois qui flotte
dans le vide, l’arc magique rituel qu’ils forment immuablement est en
place (Maxime, José, Ceccé, Jean, Jean-Claude, Jean-Luc et Paul), des
milliards d’étoiles les entourent comme un écrin en poussière de
diamants !
Déjà, je n’ai pas
envie de rentrer !
Chose étrange (je suis novice en concert
sidéral !), chacun des spectateurs est face à eux, à 5 m
environ. Je dis bien chacun, c’est à dire que, quelle que soit la place
que l’on occupe dans l’espace, devant, derrière, dessus, dessous, ils
sont inexplicablement en face, et dans le même sens que chacun de
nous ! Par ailleurs, ils ont des micros parce que le concert
est retransmis en direct vers d’autres galaxies du Groupe Local mais
aucune trace d’un quelconque dispositif de sonorisation ! Un
hologramme géant circule dans toutes les directions pour nous livrer le
programme et il me semble tout à coup être au cœur de la
Citadelle à Calvi, ou ailleurs, avec eux, avec vous ! Il
faudrait peu de chose pour sentir l’odeur du maquis !
Programme (un
joyau !)

Alors, dans un silence
de bout du monde,
Ils incendient l’Univers
Plus que les mots de Jean-Claude, plus que
l’harmonie envoûtante de leurs voix et la beauté de leurs chants, plus
que leurs corps qui se frôlent, plus que la complicité tendre et
joyeuse qui les relie, dans cette nuit perpétuelle ce qui me bouleverse
comme jamais, c’est le frisson qui parcourt notre multitude
cosmos-polite, le frisson intense et incontrôlable qui traverse chacun
de nous, suspendu à leur écoute : à cet instant, ils sont le
langage universel qui dit l’amour, le partage, la douleur, la colère,
la joie, la mémoire, la mort, la vie, l’espoir, la terre, …, partout, à
tous, sans médiateur. Sentir, ressentir, c’est traduire. A Filetta ou
l’esperanto incarné !
Et puis, pour l’avoir si souvent dit, j’en ai
désormais la certitude au cœur des étoiles : s’ils chantent,
les anges ont la voix de Paul ! Sublime !
Ici, les larmes que l’émotion enfante ne
coulent pas sur les joues, elles s’envolent dans l’espace en ruisseaux
innombrables, filaments de bonheurs liquides, d’émotions salées qui
cheminent entre les objets célestes. Et si les traces guettées par les
astronomes sur les planètes lointaines étaient en réalité les
empreintes indestructibles de nos joies polyphoniques à l’écoute d’A
Filetta ? Peut-être qu’un jour quelqu’un ramènera mes larmes
sur la Terre !
Je ne sais plus combien de temps nous sommes
restés ainsi arrimés à eux, mais quand le concert s’est définitivement
arrêté, nous n’arrivions pas à jeter les amarres. C’est partout et
toujours pareil !
Je suis allée les embrasser, c’est mon rituel
à moi, et nous étions heureux d’être ensemble ici ! A les voir
si rayonnants malgré la fatigue, j’ai compris que nous avions été à la
hauteur de leurs offrandes tant ils sentaient à chaque instant notre
communion avec eux ! Moment magique !
Les quitter sera toujours une déchirure, un
chagrin d’enfant, tempéré par la douceur des joies vécues, plein de la
promesse de celles à venir !
J’ai dit au revoir à la cohorte galactique
des nouveaux amoureux inconditionnels de la Fougère : chacun
de nous sait bien que c’est un phénomène contre lequel on ne peut pas
lutter ! A bientôt, sur ma Terre !
Je pars, la route est longue, mais, magie d’A
Filetta, je suis ivre du bonheur qu’ils m’ont offert, que nous avons
partagé, ivre et merveilleusement paisible.
Je pense à ces vers
d’Antonio Machado :
« J’ai rêvé
cette nuit
Ô erreur merveilleuse
Que des abeilles dans mon cœur
Transformaient mes échecs en miel. »
Maxime, José, Ceccé,
Jean, Jean-Claude, Jean-Luc, Paul, vous êtes mes abeilles !
Pace è salute à
tutti !!!
Françoise
Coulomb, Marseille le 21-01-2007
Je le déclare
: sans
être Corse, sans comprendre la langue, la chair de poule m'envahit à
l'écoute de leurs chants...
Surtout pendant les 4:10 de "A Paghjella di l'impicatti", sans oublier
le dramatique et
sublime "Medea"...
Je crois que tout a commencé avec "Le Peuple migrateur".
Dieu merci, A Filetta évite le piège de la variété
commerciale. Leurs chants sacrés sont un bijou tragique de pureté.
A l'écoute, les poils se hérissent, ça décoiffe et c'est bien
ainsi !
C'est grâce à la télé que j'ai découvert A Filetta. Ils
n'ont jamais donné de concert dans ma région, mais tous leurs CD sont
sur
mon Mac.
Danièle Leroy
C’était,
je crois, en
1993.
Au hasard d’un
abonnement au
centre culturel du Perreux (comme quoi les abonnements cela a du bon
j’assistais
à mon premier concert d’A Filetta. A l’époque, si mes origines
corses me rendaient un peu enclin à écouter Antoine Ciosi, Petru
Guelfucci
ou les Nouvelles polyphonies corses, j’avoue que je n’étais pas plus
accro que cela. J’aimais ces voix amples et mélodieuses, cette
rugosité du chant, cette identité affirmée, mais quelque chose
d’indéfinissable m’empêchait d’adhérer pleinement
à cette musique. Je n’attendais donc rien particulier de ce concert
d’a filetta à part le plaisir d’y être et celui d’entendre
ces chants résonne dans une église.
Et ce
fut le choc !
Dès
les premiers chants, pourtant
très austères (c’était l’époque d’Ab
eternu), quelque chose se passait.
Les voix
étaient bien là, parfaitement placées et à
l’unisson, mais une émotion me nouait petit à petit le ventre.
Une espèce de ferveur, de communion formidable gagnait peu à peu
l’ensemble de l’assistance. Au « Ghmerto »,
un
cran de plus était franchi. Ce chant montant crescendo permettait aux
chanteurs de
donner la pleine mesure de leur talent et de distiller une émotion
extraordinaire.
Puis
le Lamentu di Ghjesù, avec une
intensité dramatique, une beauté et une sincérité
bouleversantes. Malgré moi, des larmes coulaient sur mes joues. De
vraies larmes
d’émotion pure. Des larmes de bonheur. Un frisson me parcourait tout le
corps, le souffle coupé, en apnée involontaire à
l’écoute de ce joyau.
Et déjà, pour finir, Sumiglia. Cette perle, ce chef
d’œuvre, qu’A Filetta continue à chaque concert de parfaire,
avec une sincérité toujours renouvelée.
Depuis, j’essaie de ne manquer aucun concert passant à proximité,
voire de voyager pour aller retrouver cette émotion unique.
Le hasard faisant parfois bien les choses, il me permit de voir et
d’entendre
Medea mis en scène par Jean-Yves Lazennec au
"Printemps des
comédiens" de Montpellier, en 1997. L’occasion d’apprécier
comment A Filetta sait prendre des risques, relever des défis et
surtout les
gagner.
Puis d’autres concerts, de nouvelles créations, plus belles les unes
que les
autres. Le Requiem, les collaborations avec Bruno
Coulais, avec Sidi Larbi
Cherkaoui, avec Orlando Forioso, Si
di
mè, Medea
de
nouveau….
Rencontrer chaque membre du groupe fut pour moi également essentiel.
Cela aurait
pu être une sorte de déception face à des gens enfermés dans
leur art. Bien au contraire, j’ai découvert des gens particulièrement
humbles, sensibles et passionnés, profondément humains.
Et c’est cette cohérence formidable entre ce qu’ils sont et ce
qu’ils font, entre ce qu’ils créent et ce qu’ils renvoient,
entre la maîtrise de leurs voix et la beauté de leurs chants, entre
l’unité de leur groupe et leur faculté à partager ce
qu’ils vivent, c’est toute cette cohérence qui rend totalement
magiques et uniques leurs concerts.
Pierre Casanova
Je
m'appelle Julien Gay, j'ai vécu en en Corse à L'Isula Rossa de l'âge
de 5 ans jusqu'à 16 ans. J'ai eu la chance vers l'âge de 13 ans de
rencontrer le groupe A Filetta par l'intermédiaire des frères de St
Jean du
couvent de Corbara et particulièrement avec le frère Drago et
Jean-Baptiste. Les frêres m'ont proposé de venir avec eux au Carubbu
à Lumio. En effet le groupe leur avait proposé d'apprendre à chanter
en polyphonie et j'étais de la partie ! Que de beaux moments où j'ai
beaucoup appris avec Jean-Claude, Jean, Pierre, Paul... J'ai ensuite
suivi les cours
qu'ils donnaient le dimanche. Dans la cour de mon collège, nous avons
commencé à chanter en petits groupes avec des copains. Nous avons
participé au concours "Valle Voce", j'ai eu la chance de participer à
la
première partie du groupe à l'Isula Rossa.
Même si je ne suis pas corse, je crois que cela sera toujours mon pays.
Il est
ancré en moi. Le groupe m'a énormément appris dans ma
carrière musicale, leurs conseils me suivent toujours. Je continue
d'ailleurs
à chanter des chansons corses, françaises, italiennes en amateur.
J'habite
Saint-Brieuc depuis plus d'un an et je suis sur la préparation d'un CD
de chansons
françaises avec un auteur-compositeur du coin.
Je suis donc allé à Lorient les voir chanter. J'ai été comme
à chaque fois scotché à mon siège quand le groupe a
commencé à chanter, cela m'a pris aux tripes ! J'avais envie de
pleurer,
car cela faisait plus de 10 ans que je ne les avais pas entendus. Ma
femme qui ne
connaissait qu'au travers de mes CD a beaucoup apprécié. Même si je
pense que pour ces chants il faut une acoustique naturelle et non des
micros !!
J'ai été surpris par les applaudissements mitigés du public avec
deux rappels polis. Les personnes à côté de moi d'ailleurs en avaient
marre: à la fin ils ont dit "ils ne vont pas les rappeler toute la
nuit" ! ! Cela
m'a choqué, mais bon, il faut de tout pour faire un monde !
Je suis ensuite allé voir Valérie et les membres du groupe. J'avais
l'impression de les avoir quittés la veille tellement leur accueil a
été chaleureux !! Je me suis permis de leur demander de chanter une
paghjella avec eux, ce qu'ils ont accepté. Céccè et Jean-Luc ont
chanté avec moi qui ai fait la siconda, sous les yeux bienveillants de
Jean et de
Paul. Ils m'ont fait un super plaisir !!
Julien Gay
Die
korsische Musik durch Zufall
entdecken.
In diese faszinierende, ungewöhnliche, archaisch anmutende Klangwelt,
ohne jegliche
Vorwarnung hinein zu stolpern, ist wohl die schönste Art diese Musik
kennen zu
lernen. Völlig unvorbereitet und ahnungslos bin ich in den Wirbel der
korsischen
Gesänge geraten und wurde von einer emotionsgeladenen Klangwelle
überrollt. Und
das noch dazu, von "A Filetta". Die Gruppe, mit einem der
charismatischsten Musiker den
ich je erlebt habe.
Jean-Claude
Acquaviva hat eine Bühnenpräsenz die Seinesgleichen sucht. Völlig in
sich
gekehrt, in seine Musik, abgegrenzt in seiner Welt des Klanges - und
doch mitten im
Publikum. Man spürt Ihn förmlich bis in den letzten Winkel; er ist bei
jedem
einzelnen seiner Zuhörer und bleibt trotzdem unberührbar in seinem
intimen
Halbkreis der Sänger.
Fasziniert und
bewegt werde ich diese erste Begegnung mit den "Polyphonies Corses" in
ewiger Erinnerung
behalten.
Découvrir
la musique corse par
hasard.
C’est sans doute la plus belle façon d’apprendre à
connaître cette musique que d’être précipité sans aucun
avertissement préalable dans ce monde sonore au charme archaïque,
fascinant
et inouï.
Sans aucune préparation et de façon inconsciente, j’ai
été prise dans le tourbillon des chants corses et portée par une
vague sonore chargée d’émotion.
Et en plus, par « A Filetta ». LE groupe, avec un des musiciens les
plus
charismatiques que j’aie jamais vu : Jean-Claude Acquaviva a une
présence
scénique sans pareille. Totalement possédé, absorbé par sa
musique, dans son monde sonore - et en même temps au beau milieu du
public. On est
touché par sa présence jusqu’au plus profond de soi ; il a un contact
émotionnel et musical direct avec chacun de ses auditeurs tout en
restant au
milieu du demi-cercle intime des chanteurs.
Fascinée et émue, je n’oublierai jamais cette première
rencontre avec les « Polyphonies Corses ».
Margarethe Hlawa
Traduction
française par Gerda-Marie
Kühn et Jean-Claude Casanova
Margarethe
est une jeune musicienne autrichienne
qui étudie le chant corse.
U
cuncertu di sabbatu scorsu (u 17mu
di nuvembre pè u 2007)
accantu à Bordeu (Bordeaux) era un incantu, incù 'ssi belli ritimi
lenti
chi' danu u tempu di rifiatà; e so radiche so' fonde e i so' soni
dolci, lindi e
à le volte strane aprenu i purtelli di i nostri cori sopra u
Mediterranniu !
Ghjuvan Petru Battestini

Pour la tournée néerlandaise d'A Filetta en décembre 2007,
Jean-Claude me demanda si je voulais bien traduire et lire sur scène
les
introductions entre chaque "bloc" de chants. Ce fut pour moi un grand
honneur et aussi
une grande joie de pouvoir enfin faire quelque chose pour eux...
Une semaine s'est écoulée depuis les concerts, et ces gens très
attachants nous manquent. Nous avons beaucoup été touchés par leur
gentillesse et leur simplicité. Le fait d'avoir partagé leur
intimité pendant trois jours nous a comblés. Ils nous ont accueillis et
ouvert leurs cœurs. Nous les considérons véritablement comme des
amis...
Laurent Lohez (Tra Noi)
Extraits
presse
"Envoûtants comme la nuit, profonds comme l'espoir". L’Express
"Ce qui se fait de mieux en
polyphonie". Le
Monde de la
musique
"Le groupe nous
mène quelque part entre le recueillement des chants d'église et la
sensualité des madrigaux "médiévaux". Télérama
“Né il
y a 25 ans en Balagne, A FILETTA est devenu l’un des premiers groupes
patrimoniaux
de la tradition corse grâce à sa ténacité, son savoir de la
polyphonie corse et surtout son renouvellement, son ouverture du
répertoire
insulaire aux vents du large..." Libération
"A Filetta : Pure Merveille".
Pariscope
"Jamais les chants polyphoniques n
'ont remporté autant de succès". Le
Figaro
"Toutes les
traditions d'une Méditerranée ouverte à de multiples
influences".
Musique Hebdo
"Voix d'avant le verbe, de quoi
finir à genoux en regardant les cieux". Aden
"Le plus prestigieux ensemble
polyphonique corse qui atteint encore au sublime". L'Hebdo
"C’est un des
plus somptueux groupes de polyphonies corses qui se puissent entendre...
A FILETTA a su, sans jamais se renier, ouvrir cet art immémorial sur
d’autres formes d’expression, notamment en travaillant sur des musiques
de
film avec le compositeur Bruno Coulais qui a également co-réalisé
leur remarquable album “Si di mè” (Virgin)".
LE NOUVEL OBSERVATEUR
"Les mots font
défaut pour décrire
l’émotion ressentie. Six ou sept voix, comme un bloc de son compact,
entier,
solide et pourtant souple comme une pâte malléable. Un son qui se
déforme et se recompose au fil des harmonies qui le pétrissent de
l’intérieur. Mais ce qui frappe le plus, c’est que la formation de
Jean-Claude Acquaviva chante toujours tout en nuances, se démarquant
ainsi de tous
ces groupes qui ont si souvent tendance à vouloir tout faire passer en
force. Le
résultat, éblouissant de beauté, vous laisse sans souffle, la gorge
nouée… Personne, à ma connaissance, ne chante comme ça
aujourd’hui ; et pour une pareille émotion, il faut dire merci…
"
Marc Robine /
Chorus –
Les Cahiers de la Chanson
Les
concerts
Chaque année,
40 000 à 45 000
personnes viennent écouter A Filetta en concert. Ces concerts sont
annoncées en page "agenda".
Vous pouvez également
consulter le site officiel myspace du groupe.
Retrouvez la mémoire de quelques uns de ces moments privilégiés en
consultant les pages "concerts" :
Galerie
photo
Enfin en ligne, les photos prises au fil des concerts d'A Filetta
auxquels il m'a été donné d'assister.
Ca commence ici.
Rappel :
Pour vous déplacer dans la
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