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A FILETTA évidemment


Dernière mise à jour : 10/05/2008

Photo Pierre RENE-WORMS pour World


De par sa vision ardente et passionnée du chant sacré et profane, A Filetta est l'un des plus somptueux groupes de polyphonie.

Avec trente ans d'existence et treize albums, A Filetta est l'un des groupes phares du chant en Corse. Composé de 7 voix d'hommes, ce chœur d'une créativité inouïe perpétue la tradition orale insulaire mais est également reconnu pour son exploration d'autres domaines du chant polyphonique notamment à travers des créations d'œuvres contemporaines.

Le chemin parcouru par A Filetta en trois décennies est riche d'expériences et de rencontres, tant dans le domaine du théâtre que dans celui des musiques de film ou de créations scénques.

On pourra suivre l'itinéraire de ce groupe unique sur la page "Repères chronologiques". Mais auparavant, place aux témoignages personnels de quelques uns de ceux qui ont été conquis par ce chant.





La première fois que j'ai entendu A Filetta, c'était il y a quinze ans environ, sur la bande son d'un documentaire télévisé sur la Corse. Ce groupe avait un son à part, son chant dégageait une émotion particulière.

A l'occasion d'un de leurs trop rares passages à Paris, je suis allé assister à mon premier concert. C'était, je crois, en l'église Saint-Médard, le 19 octobre 1995.
Depuis ce concert, et le suivant à la Conciergerie, je suis sous le charme. Et toute ma famille aussi. Anne Marie, Claire, Pierre, Pascale, nous avons tous été pris à la gorge par ce chant. Nous avons assisté à de nombreux concerts depuis cette année 1995, en région parisienne (à St Louis-en-l'Ile, au Théâtre de la Ville, etc.) , en Corse bien sûr, jusqu'en Bretagne, à Lille ou en Belgique, et non seulement l'émotion est toujours au rendez-vous, mais elle est de plus en plus présente.
Ces chants profonds peuvent être âpres ou doux, violents ou tendres, criés ou murmurés. Ils sont souvent mélancoliques, mais pas tristes ; graves et fatalistes, mais jamais désespérés. Dans tous les cas, ils ne peuvent manquer de soulever l’émotion de celui qui les écoute. Ce chant vous traverse puissamment.

Au sortir d'un concert d'A Filetta, on se sent transfiguré, ému et heureux à la fois.
Depuis sa création il y 26 ans, A Filetta a sans cesse progressé en prônant l’ouverture tout en conservant la spécificité du langage vocal insulaire. Chants sacrés et profanes hérités de la tradition se mêlent à des créations, témoins d’une culture en mouvement et non pas figée dans le passé. Ce qui guide ce groupe, c'est la fidélité à l'esprit de la tradition sans que jamais celle-ci ne bride l'inspiration.

Et puis, la voix étonnante de Jean-Claude, tour à tour caressante et âpre, son visage déformé par la passion, sont fascinants. Ce qui fait aussi la magie d'A Filetta, c'est la communion spirituelle, émotionnelle et physique qui lie les chanteurs et qui émane d'eux.

De surcroît, ces artistes à l'immense talent sont des êtres confondants de modestie, de générosité et d'humanité.

Ce site est une modeste tentative de les remercier pour ces moments magiques et de rendre l'hommage qui lui est dû à ce groupe majeur qui, comme l'écrivait Gabriel-Xavier Culioli en 1998, "aura marqué cette fin de siècle et de millénaire par la pureté de son art".


Témoignages d'amateurs

"J'avais repéré sur un tract que A Filetta passait à l'église des Billettes à Paris.
A 17 heures, je fais la queue pour pénétrer dans l'église. La majorité des personnes qui attendent ne sont pas corses. Cela s'entend et se voit. Après quelques dizaines de minutes, toutes les places sont remplies. Les lumières s'éteignent.

Commence alors "LA MAGIE A FILETTA..."
Je n'ai rien retenu des intitulés des chants. Je ne sais rien d'autre que la présence de cette émotion qui pendant une heure et demie m'a étreint. Que l'on ne s'y trompe pas : la Corse n'y était que pour partie.
Ce qui a envahi ce lieu sacré, c'est bien une beauté douce, parfois mélancolique mais toujours espérante. Les quelques paroles destinées à présenter les chants n'avaient pas ce côté surajouté et artificiel qu'elles auraient pu avoir. Le leader du groupe s'adressait à nous comme à des frères, comme à des soeurs, exprimant ce qu'il y a de grand dans l'âme insulaire. Pas de violence, pas de folklore, mais la certitude d'un destin parfois douloureux mais plein de promesses.
Jamais je n'avais entendu pareilles harmoniques ; jamais je n'avais compris à quel point le dépouillement peut être porteur du divin. Le groupe a dû revenir deux fois tant fut grand et spontané l'enthousiasme des auditeurs. Je n'ai pas osé féliciter ou plutôt remercier les chanteurs après le spectacle. Plus encore que la joie, ils m'avaient conforté dans l'idée que, même quand tout semble difficile, il y a matière à espérer. Pour tout cela, pour tous ceux et celles qui applaudissaient, les larmes aux yeux, pour cette culture sans frontière, sans haine et pétrie de fraternité...

MERCI A Filetta..."

C.S. Culioli

En vacances à Calvi, nous avons eu envie de découvrir le "Folklore Corse"et sur recommandation, sommes allés à un concert d "'A Filetta" à la Basilique Saint Jean-Baptiste. Ce fut une révélation ! Là, nous avons trouvé bien autre chose que ce fameux folklore.....Nous avons vu et entendu un groupe qui nous a éblouis et envoutés!

Nous ne sommes pas "musicologues", mais tous deux avons été enthousiasmés et complètement sous le charme. Nous vivons avec eux une véritable communion.
Quelques temps plus tard, nous avons eu la chance de revoir "A Filetta" dans notre région, nous y avons emmené notre fille alors âgée de 13 ans. A la fin du concert,elle était aussi fan que nous ! Depuis,comme nous, elle assiste à un maximum de ces fabuleuses soirées que nous offrent nos amis. Nous sommes devenus au fil du temps des inconditionnels de plus en plus fans et nous parcourons la France en suivant leurs déplacements. L'émotion est à chaque fois plus grande et nous attendons avec impatience leur prochain spectacle car les voir et les écouter est à chaque fois un plaisir sans cesse renouvelé. Merci à tous, Jean-Claude, Paul, Jean, Maxime, José, Jean-Luc. Merci pour ce que vous nous apportez par vos chants, votre talent, votre gentillesse et votre humanité. Appelons ça... le Bonheur !!!!...
Joëlle & Jean-Paul Pillot

Ils arrivent en file indienne, vêtus de couleurs sombres, Jean, Jean-Claude et Jean-Luc en chemise, Paul, José et Max en pull. Ils s'installent en demi-cercle face au public, de gauche à droite Max, José, Jean, Jean-Claude, Jean-Luc et Paul. Jean-Claude donne la note, et le premier chant (le plus souvent Makharia) s'élève. Et l'on est tout de suite fasciné par la ferveur des chanteurs et par la beauté de leurs voix: voix à la fois douce, nasale et rauque de Jean-Claude, voix grave et agile de Max, voix douce et virile de José, voix dense et pleine de Jean, voix pastorale de Jean-Luc, voix de miel, chaude et enveloppante, de Paul. Sur les chants plus dramatiques, le visage de Jean-Claude est habité par la passion. On retient son souffle tellement on est concentré sur l'écoute. C'est bien davantage que du son que l'on ressent, c'est l'humanité, la leur et la nôtre, la joie d'appartenir à la même communauté : "si di mè", tu es des miens. Quand le chant s'arrête, c'est à la fois une libération du souffle retenu et une frustration que le chant soit fini. Il n'y a pas de mots pour exprimer ce que l'on ressent, il faut le vivre pour le comprendre. Anne Marie Casanova


Mon débarquement en Corse date de 1983 et, à cette époque, il est certain que je ne m’y suis pas rendu par attirance pour la musique locale, mais parce que l’île cumulait mer et montagne à deux pas l’une de l’autre. Enthousiasmé par les merveilles naturelles prodiguées par la montagne insulaire, j’y suis retourné chaque année depuis, mais, au début, sans imaginer un instant qu’elle puisse abriter un art musical particulier. Ce n’est donc qu’en 1988, que cette révélation eut lieu par le biais d’une initiation à la paghjella en pleine montagne corse par un groupe de chanteurs ajacciens (Cf. description de cette initiation sur mon site internet ici), qui m’indiqua alors A Filetta comme un des groupes phares de la région.


A dater de ce jour, je n’eus de cesse de retrouver ces chants extraordinaires d’âpreté et de rauques discordances maîtrisées, pour moi indissolublement liés à la montagne corse, et nous commençâmes, ma femme et moi, à acheter massivement cassettes puis CDs des chanteurs locaux : I Muvrini en tête au démarrage, assez vite abandonné pour A Filetta que nous trouvions un groupe plus original et plus fidèle à ses traditions.


Ce fut le temps de " Machja n’Avemu Un’Antra " et de A’u Visu di Tanti " qui rythmaient nos vacances en Corse avec leurs airs traditionnels de paghjelle et lamenti (Lamentu di Ghjesu) et leurs morceaux de style troubadour (Terra Brusgiata). Ensuite vint le moment de la découverte visuelle de leurs spectacles (voir Jean-Claude en concert est toujours un grand moment) : le premier à l’Haÿ-les-Roses, en Région parisienne lieu de notre domicile d’alors, en 1992 à la sortie d’Ab Eternu où je découvris ce sublime morceau que constitue "Sumiglia", puis d’autres, plus tard, lorsque nous étions avertis (rarement, tant ce groupe est peu médiatisé !) de leur passage en Ile-de-France (Palais Royal, Saint-Denis, …).


Après cette date, chacun de leur nouveaux disques fut une réussite, avec une mention spéciale pour leur rencontre avec Bruno Coulais qui fut pour moi une bénédiction : les polyphonies particulières, aussi bien pratiquées a capella qu’accompagnées instrumentalement, issues de cette rencontre ont fait de ce groupe le plus créatif, le plus original et le plus émouvant de tous les groupes et chanteurs/chanteuses corses, avec une capacité inégalable pour produire des créations admirables d’innovation et d’ouverture tout en conservant un lien très fort avec les racines ancestrales de la polyphonie insulaire.

Et voilà comment un pinzutu, ignorant et non mélomane au départ, est devenu en quelques années un admirateur inconditionnel de la polyphonie corse, interprétée, enrichie et sublimée par A Filetta !

Philippe Evrard


Ma première rencontre avec A Filetta

Je ne m'étais jamais intéressée à la musique. Des livres, des films et des voyages en Corse me suffisaient pour être heureuse. Et puis j'ai vu en Allemagne sur Arte le film "A Filetta - Voix de Corse" et j'ai été enthousiasmée. Dans cette musique j'ai retrouvé exactement mes sentiments pour l'île de Corse. J'ai recu quelques CDs pour cadeaux de ma famille et j'ai commencé à les écouter chaque jour. J'aime les voix du groupe ainsi que la multiplicité de leurs chants.
Écouter la musique d'A Filetta attentivement suscite des sentiments très forts; elle ouvre le coeur. Mais expliquer l'effet serait comme réduire un lever du soleil magnifique à ses qualités physiques.
J'ai essayé de traduire les paroles et j'ai cherché des informations sur le groupe, et je suis très heureuse d'avoir trouvé "l'Invitu" et Jean-Claude.
La première rencontre personnelle en concert a eu lieu enfin pendant les 18es Rencontres de Chants Polyphoniques à Calvi. Malheureusement, il y avait trop peu A Filetta pour moi (arrivée seulement le jeudi, j'ai raté "Medea" !), mais c'était un événement inoubliable. J'espère revoir le groupe en 2007 en Allemagne, et cela me réjouirait beaucoup.
Ursula Glöckner


Par quel mystère des personnes d'origines, de culture ou d'horizons différents sont-elles toutes si profondément émues par le chant d'A Filetta ?

Il y a, bien sûr, la beauté des voix. Mais d'autres très belles voix peuvent laisser de marbre les auditeurs que nous sommes. Il y a la façon de chanter ; le premier qualificatif qui vient à l'esprit, c'est la douceur, le recueillement, le sens des nuances. Même dans les passages forte, les chanteurs ne donnent jamais l'impression de forcer leur voix ou de rechercher la performance. "Dire tendrement des choses puissantes et puissamment des choses tendres", c'est la leçon retenue des voix géorgiennes.
Et c'est vrai que tous les autres groupes corses, même ceux de Balagne qui leur sont proches, ne laissent pas cette impression. Il y a la personnalité et la force de l'interprétation exceptionnelles de Jean-Claude Acquaviva, qui vit intensément tout ce qu'il chante. Il y a encore la façon dont les voix se partagent l'espace, se mêlent ou se singularisent. Il y a la force des mélodies et des harmonies des chants de création, mais même quand ils chantent des chants traditionnels, on ressent une différence.

Le secret d'A Filetta, c'est peut-être son côté fusionnel, c'est le fait que ce groupe constitue un corps dans lequel chacun est acteur de son propre rôle mais aussi d'une partie du rôle des autres, où chacun s'abandonne au collectif tout en gardant sa personnalité. Ce qui caractérise le plus A Filetta, c'est probablement sa capacité à transmettre quelque chose de fort. On ne ressort pas indemne d'un concert d'A Filetta, on est dopé par l'empathie que ce groupe sait créer avec le public, le sens de la communion, de la générosité, du partage qu'il transmet. Oui, ce chant ouvre le cœur.
Jean-Claude Casanova


Retour à Calvi de l'oriflamme "A Filetta Montrouge"
(Festival Chorus 2005)

Le témoignage de Bruno Coulais

"Les membres d'A Filetta sont très différents mais on ne décèle chez aucun d'eux la plus petite once de médiocrité. Si la tradition corse est omniprésente, ce sont des chanteurs intemporels. Leur musique traverse le temps, les amarres terrestres n'existent plus. Leur répertoire est un réceptacle constamment ouvert sur le monde, ne se confinant jamais au champ clos d'une culture recroquevillée sur elle-même"
(propos recueillis par Jean-Marc Raffaelli pour Corse-Matin- édition du 11 mai 2003).

Un « filu » di a filetta…

A filetta
ti aspetta 
goccia à goccia
di a so terra
ràdica
cù a so forza
di u prufondu
à la filigrana
ti aspetta
a filetta

È ti canta
A Filetta
voce alzate di a terra (corsa)
di u prufondu
à l’alt’armunia
cù a ricchezza
di purezza
chì ti parla à l’arechja, à a pelle  
chì ti tocc’à u fondu di u to core
è ti aspetta… 

A Filetta
chì ti aspetta
corpu interu
in pulifunia
chjama è carezza
rispondenu à u mondu
sin’à l’orizonti
in meludia
chì ti guidà
à a filetta (corsa)

È ùn ti scurdà
di a filetta
chì spunta
di a petra è di l’acqua
cù a speranza
di a memoria
cum’e rifugiu
pè oghje è dumane

è pè mai ùn ti scurdà
di a filetta…

Gerda-Marie Kühn

A FILETTA
ou
Rêve-partie dans les étoiles

Me voilà, les amis : je m’étais jurée de vous offrir un compte-rendu de concert pas ordinaire pour la nouvelle année terrienne, pari tenu !

Je serai franche, j’ai hésité un moment en pensant que vous ne me croiriez pas, tellement c’est incroyable, mais cet instant de doute n’a pas fait long feu devant le fait totalement avéré que rien n’est impossible, rien n’est inconcevable aux adorateurs de la sublime Fougère : tout peut être follement improbable et granitiquement réel !!!!

Petit retour en arrière en 2006 !

La rumeur enfle depuis quelque temps, comme celle qui courut un jour sur un peut-être possible éventuel concert d’A FILETTA sur Orion, astérisque prémonitoire accrochée au programme (les initiés comprendront) et s’éteignit brutalement, presque anonymement. Pourtant, ce nouveau murmure annonçant le concert sur Andromède, je le tourne et le retourne dans ma tête, je sens que je ne dois pas le prendre à la légère.

La durée du voyage commande une prise de risque totale : bien que située dans notre Groupe Local, il y a entre Andromède et la Voie Lactée où niche notre Terre, et dixit le télescope Hubble, près de 2,9 millions d’années-lumière (890 000 parsecs), soit  environ 27 milliards de milliards de km. C’est vertigineux !

Vu que mon char se déplace à 500 000 km/h, c’est au bas mot de 12 milliards d’années de ma vie, aller et retour, dont il s’agit, rien à voir avec les sauts de puce habituels d’un fan un peu déjanté (suivez mon regard) ! Mais quand on aime, on ne compte pas !!!

Et puis, en souvenir de l’homme de ma vie d’avant, fan de SF, fou du livre « La Nébuleuse d’Andromède », il faut que je fasse le chemin vers cette galaxie de la paix et de la tolérance pour les voir et les entendre chanter dans ce lieu de l’avenir radieux décrit par Ivan EFREMOV. Est-ce un signe : cette année, sur la planète Terre, Noël et l’Aïd se frôlent pour la première fois depuis très longtemps, on ne peut donc rêver mieux qu’Andromède pour un rassemblement de partage et d’espoir .

Je sens, je sais, qu’il y a une impérieuse nécessité à faire le voyage, le si long voyage vers le bonheur. 

C’est décidé, je pars ! Je ne peux pas, je ne dois pas, sous de futiles prétextes, renoncer à ce rendez-vous pourtant encore hypothétique sur Andromède ! C’est comme une mission !

D’abord, quelques photos, pour preuves de mon périple intergalactique :

La première, c’est l’affiche, vue à la sauvette en quittant la Voie Lactée, accrochée à un objet céleste en gravitation erratique : mais quelle mouche a donc piqué l’organisateur du concert pour oublier d’en coller chez nous ? Cà s’appelle un test d’amour : je te dis rien, et si tu m’aimes tu vas finir par trouver ! Et vous savez tous que ça marche !

A gauche, la Nébuleuse est encore à 580 parsecs de mon astronef poussif mais néanmoins valeureux. Je sais maintenant ce que signifie avoir la tête dans les étoiles !

A droite, il n’y a plus que 3 parsecs à franchir pour accéder à l’espace de concert qui a lieu précisément là (suivre la flèche !). Je pénètre dans le cœur du beau, c’est indescriptible, avec, comme à chaque fois que je vais les voir, cette émotion inexplicable qui déconnecte de tout et transporte dans un autre monde : là, en vrai, je suis dans cet ailleurs où le temps n’a pas de sens !

Voilà, je suis au bout de la route, sur la Nébuleuse d’Andromède. La galaxie de l’espérance !!!

Valérie est là, naturellement là, retrouvailles, bisous, chaleur, joie, comme partout, comme toujours !

Je sens une présence immense, impossible à voir, à quantifier et il n’y a ni bousculade, ni cris mais une sorte d’attente fraternelle, planante.

Quelqu’un me tape sur l’épaule, je me retourne : c’est pas un terrien, c’est sûr, mais qu’est-ce qu’il est beau !!! On s’est vu à Calvi l’année dernière, me dit-il (et si c’était "elle" ?), vous vous souvenez, Faiz Ali Faiz, Rassegna, Voce Ventu, Julia Sarr, …, c’était génial, non ? Cool Françoise, tout est normal, tout va bien ! Bon, tu l’as pas reconnu, c’est pas facile, mais il y était, c’est sûr, vu qu’il te montre des photos des Rencontres et que tu as à peu près les mêmes à la maison !

Ici, pas de lumières qui s’éteignent pour annoncer leur arrivée, alors ils arrivent je ne sais pas comment, parce qu’il n’y a pas non plus de rideau à franchir ! Ils sont là et c’est la seule chose qui compte !

Pause contemplative indispensable !

En les voyant enfin, après un si long voyage, pas une seconde leur présence ne me semble incongrue tant ils sont chez eux partout ! Ils sont posés sur une barque en bois qui flotte dans le vide, l’arc magique rituel qu’ils forment immuablement est en place (Maxime, José, Ceccé, Jean, Jean-Claude, Jean-Luc et Paul), des milliards d’étoiles les entourent comme un écrin en poussière de diamants !

Déjà, je n’ai pas envie de rentrer !

Chose étrange (je suis novice en concert sidéral !), chacun des spectateurs est face à eux, à 5 m environ. Je dis bien chacun, c’est à dire que, quelle que soit la place que l’on occupe dans l’espace, devant, derrière, dessus, dessous, ils sont inexplicablement en face, et dans le même sens que chacun de nous ! Par ailleurs, ils ont des micros parce que le concert est retransmis en direct vers d’autres galaxies du Groupe Local mais aucune trace d’un quelconque dispositif de sonorisation ! Un hologramme géant circule dans toutes les directions pour nous livrer le programme et il me semble tout à coup être au cœur de la Citadelle à Calvi, ou ailleurs, avec eux, avec vous ! Il faudrait peu de chose pour sentir l’odeur du maquis !

Programme (un joyau !)

Alors, dans un silence de bout du monde,
Ils incendient l’Univers

Plus que les mots de Jean-Claude, plus que l’harmonie envoûtante de leurs voix et la beauté de leurs chants, plus que leurs corps qui se frôlent, plus que la complicité tendre et joyeuse qui les relie, dans cette nuit perpétuelle ce qui me bouleverse comme jamais, c’est le frisson qui parcourt notre multitude cosmos-polite, le frisson intense et incontrôlable qui traverse chacun de nous, suspendu à leur écoute : à cet instant, ils sont le langage universel qui dit l’amour, le partage, la douleur, la colère, la joie, la mémoire, la mort, la vie, l’espoir, la terre, …, partout, à tous, sans médiateur. Sentir, ressentir, c’est traduire. A Filetta ou l’esperanto incarné !

Et puis, pour l’avoir si souvent dit, j’en ai désormais la certitude au cœur des étoiles : s’ils chantent, les anges ont la voix de Paul ! Sublime !

Ici, les larmes que l’émotion enfante ne coulent pas sur les joues, elles s’envolent dans l’espace en ruisseaux innombrables, filaments de bonheurs liquides, d’émotions salées qui cheminent entre les objets célestes. Et si les traces guettées par les astronomes sur les planètes lointaines étaient en réalité les empreintes indestructibles de nos joies polyphoniques à l’écoute d’A Filetta ? Peut-être qu’un jour quelqu’un ramènera mes larmes sur la Terre !

Je ne sais plus combien de temps nous sommes restés ainsi arrimés à eux, mais quand le concert s’est définitivement arrêté, nous n’arrivions pas à jeter les amarres. C’est partout et toujours pareil !

Je suis allée les embrasser, c’est mon rituel à moi, et nous étions heureux d’être ensemble ici ! A les voir si rayonnants malgré la fatigue, j’ai compris que nous avions été à la hauteur de leurs offrandes tant ils sentaient à chaque instant notre communion avec eux ! Moment magique !

Les quitter sera toujours une déchirure, un chagrin d’enfant, tempéré par la douceur des joies vécues, plein de la promesse de celles à venir !

J’ai dit au revoir à la cohorte galactique des nouveaux amoureux inconditionnels de la Fougère : chacun de nous sait bien que c’est un phénomène contre lequel on ne peut pas lutter ! A bientôt, sur ma Terre !

Je pars, la route est longue, mais, magie d’A Filetta, je suis ivre du bonheur qu’ils m’ont offert, que nous avons partagé, ivre et merveilleusement paisible.

Je pense à ces vers d’Antonio Machado :

« J’ai rêvé cette nuit
Ô erreur merveilleuse
Que des abeilles dans mon cœur
Transformaient mes échecs en miel. »

Maxime, José, Ceccé, Jean, Jean-Claude, Jean-Luc, Paul, vous êtes mes abeilles !

Pace è salute à tutti !!!

Françoise Coulomb, Marseille le 21-01-2007

Je le déclare : sans être Corse, sans comprendre la langue, la chair de poule m'envahit à l'écoute de leurs chants...
Surtout pendant les 4:10 de "A Paghjella di l'impicatti", sans oublier le dramatique et sublime "Medea"...
Je crois que tout a commencé avec "Le Peuple migrateur".
Dieu merci, A Filetta évite le piège de la variété commerciale. Leurs chants sacrés sont un bijou tragique de pureté.
A l'écoute, les poils se hérissent, ça décoiffe et c'est bien ainsi !
C'est grâce à la télé que j'ai découvert A Filetta. Ils n'ont jamais donné de concert dans ma région, mais tous leurs CD sont sur mon Mac.
Danièle Leroy

C’était, je crois, en 1993.

Au hasard d’un abonnement au centre culturel du Perreux (comme quoi les abonnements cela a du bon j’assistais à mon premier concert d’A Filetta. A l’époque, si mes origines corses me rendaient un peu enclin à écouter Antoine Ciosi, Petru Guelfucci ou les Nouvelles polyphonies corses, j’avoue que je n’étais pas plus accro que cela. J’aimais ces voix amples et mélodieuses, cette rugosité du chant, cette identité affirmée, mais quelque chose d’indéfinissable m’empêchait d’adhérer pleinement à cette musique. Je n’attendais donc rien particulier de ce concert d’a filetta à part le plaisir d’y être et celui d’entendre ces chants résonne dans une église>

Et ce fut le choc !

Dès les premiers chants, pourtant très austères (c’était l’époque d’Ab eternu), quelque chose se passait.

Les voix étaient bien là, parfaitement placées et à l’unisson, mais une émotion me nouait petit à petit le ventre.
Une espèce de ferveur, de communion formidable gagnait peu à peu l’ensemble de l’assistance. Au « Ghmerto », un cran de plus était franchi. Ce chant montant crescendo permettait aux chanteurs de donner la pleine mesure de leur talent et de distiller une émotion extraordinaire.

Puis le Lamentu di Ghjesù, avec une intensité dramatique, une beauté et une sincérité bouleversantes. Malgré moi, des larmes coulaient sur mes joues. De vraies larmes d’émotion pure. Des larmes de bonheur. Un frisson me parcourait tout le corps, le souffle coupé, en apnée involontaire à l’écoute de ce joyau.

Et déjà, pour finir, Sumiglia. Cette perle, ce chef d’œuvre, qu’A Filetta continue à chaque concert de parfaire, avec une sincérité toujours renouvelée.

Depuis, j’essaie de ne manquer aucun concert passant à proximité, voire de voyager pour aller retrouver cette émotion unique.

Le hasard faisant parfois bien les choses, il me permit de voir et d’entendre Medea mis en scène par Jean-Yves Lazennec au "Printemps des comédiens" de Montpellier, en 1997. L’occasion d’apprécier comment A Filetta sait prendre des risques, relever des défis et surtout les gagner.

Puis d’autres concerts, de nouvelles créations, plus belles les unes que les autres. Le Requiem, les collaborations avec Bruno Coulais, avec Sidi Larbi Cherkaoui, avec Orlando Forioso, Si di mè, Medea de nouveau….

Rencontrer chaque membre du groupe fut pour moi également essentiel. Cela aurait pu être une sorte de déception face à des gens enfermés dans leur art. Bien au contraire, j’ai découvert des gens particulièrement humbles, sensibles et passionnés, profondément humains.

Et c’est cette cohérence formidable entre ce qu’ils sont et ce qu’ils font, entre ce qu’ils créent et ce qu’ils renvoient, entre la maîtrise de leurs voix et la beauté de leurs chants, entre l’unité de leur groupe et leur faculté à partager ce qu’ils vivent, c’est toute cette cohérence qui rend totalement magiques et uniques leurs concerts.
Pierre Casanova


Je m'appelle Julien Gay, j'ai vécu en en Corse à L'Isula Rossa de l'âge de 5 ans jusqu'à 16 ans. J'ai eu la chance vers l'âge de 13 ans de rencontrer le groupe A Filetta par l'intermédiaire des frères de St Jean du couvent de Corbara et particulièrement avec le frère Drago et Jean-Baptiste. Les frêres m'ont proposé de venir avec eux au Carubbu à Lumio. En effet le groupe leur avait proposé d'apprendre à chanter en polyphonie et j'étais de la partie ! Que de beaux moments où j'ai beaucoup appris avec Jean-Claude, Jean, Pierre, Paul... J'ai ensuite suivi les cours qu'ils donnaient le dimanche. Dans la cour de mon collège, nous avons commencé à chanter en petits groupes avec des copains. Nous avons participé au concours "Valle Voce", j'ai eu la chance de participer à la première partie du groupe à l'Isula Rossa.

Même si je ne suis pas corse, je crois que cela sera toujours mon pays. Il est ancré en moi. Le groupe m'a énormément appris dans ma carrière musicale, leurs conseils me suivent toujours. Je continue d'ailleurs à chanter des chansons corses, françaises, italiennes en amateur. J'habite Saint-Brieuc depuis plus d'un an et je suis sur la préparation d'un CD de chansons françaises avec un auteur-compositeur du coin.

Je suis donc allé à Lorient les voir chanter. J'ai été comme à chaque fois scotché à mon siège quand le groupe a commencé à chanter, cela m'a pris aux tripes ! J'avais envie de pleurer, car cela faisait plus de 10 ans que je ne les avais pas entendus. Ma femme qui ne connaissait qu'au travers de mes CD a beaucoup apprécié. Même si je pense que pour ces chants il faut une acoustique naturelle et non des micros !!
J'ai été surpris par les applaudissements mitigés du public avec deux rappels polis. Les personnes à côté de moi d'ailleurs en avaient marre: à la fin ils ont dit "ils ne vont pas les rappeler toute la nuit" ! ! Cela m'a choqué, mais bon, il faut de tout pour faire un monde !

Je suis ensuite allé voir Valérie et les membres du groupe. J'avais l'impression de les avoir quittés la veille tellement leur accueil a été chaleureux !! Je me suis permis de leur demander de chanter une paghjella avec eux, ce qu'ils ont accepté. Céccè et Jean-Luc ont chanté avec moi qui ai fait la siconda, sous les yeux bienveillants de Jean et de Paul. Ils m'ont fait un super plaisir !!
Julien Gay


Die korsische Musik durch Zufall entdecken.

In diese faszinierende, ungewöhnliche, archaisch anmutende Klangwelt, ohne jegliche Vorwarnung hinein zu stolpern, ist wohl die schönste Art diese Musik kennen zu lernen. Völlig unvorbereitet und ahnungslos bin ich in den Wirbel der korsischen Gesänge geraten und wurde von einer emotionsgeladenen Klangwelle überrollt. Und das noch dazu, von "A Filetta". Die Gruppe, mit einem der charismatischsten Musiker den ich je erlebt habe.

Jean-Claude Acquaviva hat eine Bühnenpräsenz die Seinesgleichen sucht. Völlig in sich gekehrt, in seine Musik, abgegrenzt in seiner Welt des Klanges - und doch mitten im Publikum. Man spürt Ihn förmlich bis in den letzten Winkel; er ist bei jedem einzelnen seiner Zuhörer und bleibt trotzdem unberührbar in seinem intimen Halbkreis der Sänger.

Fasziniert und bewegt werde ich diese erste Begegnung mit den "Polyphonies Corses" in ewiger Erinnerung behalten.

Découvrir la musique corse par hasard. C’est sans doute la plus belle façon d’apprendre à connaître cette musique que d’être précipité sans aucun avertissement préalable dans ce monde sonore au charme archaïque, fascinant et inouï.
Sans aucune préparation et de façon inconsciente, j’ai été prise dans le tourbillon des chants corses et portée par une vague sonore chargée d’émotion.
Et en plus, par « A Filetta ». LE groupe, avec un des musiciens les plus charismatiques que j’aie jamais vu :

Jean-Claude Acquaviva a une présence scénique sans pareille. Totalement possédé, absorbé par sa musique, dans son monde sonore - et en même temps au beau milieu du public. On est touché par sa présence jusqu’au plus profond de soi ; il a un contact émotionnel et musical direct avec chacun de ses auditeurs tout en restant au milieu du demi-cercle intime des chanteurs.
Fascinée et émue, je n’oublierai jamais cette première rencontre avec les « Polyphonies Corses ».
Margarethe Hlawa

Traduction française par Gerda-Marie Kühn et Jean-Claude Casanova

Margarethe est une jeune musicienne autrichienne qui étudie le chant corse.

U cuncertu di sabbatu scorsu (u 17mu di nuvembre pè u 2007) accantu à Bordeu (Bordeaux) era un incantu, incù 'ssi belli ritimi lenti chi' danu u tempu di rifiatà; e so radiche so' fonde e i so' soni dolci, lindi e à le volte strane aprenu i purtelli di i nostri cori sopra u Mediterranniu !
Ghjuvan Petru Battestini

Pour la tournée néerlandaise d'A Filetta en décembre 2007, Jean-Claude me demanda si je voulais bien traduire et lire sur scène les introductions entre chaque "bloc" de chants. Ce fut pour moi un grand honneur et aussi une grande joie de pouvoir enfin faire quelque chose pour eux...

Une semaine s'est écoulée depuis les concerts, et ces gens très attachants nous manquent. Nous avons beaucoup été touchés par leur gentillesse et leur simplicité. Le fait d'avoir partagé leur intimité pendant trois jours nous a comblés. Ils nous ont accueillis et ouvert leurs coeurs. Nous les considérons véritablement comme des amis...
Laurent Lohez (Tra Noi)

Extraits presse


"Envoûtants comme la nuit, profonds comme l'espoir". L’Express

"Ce qui se fait de mieux en polyphonie". Le Monde de la musique

"Le groupe nous mène quelque part entre le recueillement des chants d'église et la sensualité des madrigaux "médiévaux". Télérama

“Né il y a 25 ans en Balagne, A FILETTA est devenu l’un des premiers groupes patrimoniaux de la tradition corse grâce à sa ténacité, son savoir de la polyphonie corse et surtout son renouvellement, son ouverture du répertoire insulaire aux vents du large..." Libération

"A Filetta : Pure Merveille". Pariscope

"Jamais les chants polyphoniques n 'ont remporté autant de succès". Le Figaro

"Toutes les traditions d 'une Méditerranée ouverte à de multiples influences".
Musique Hebdo

"Voix d'avant le verbe, de quoi finir à genoux en regardant les cieux". Aden

"Le plus prestigieux ensemble polyphonique corse qui atteint encore au sublime". L'Hebdo

"C’est un des plus somptueux groupes de polyphonies corses qui se puissent entendre...
A FILETTA a su, sans jamais se renier, ouvrir cet art immémorial sur d’autres formes d’expression, notamment en travaillant sur des musiques de film avec le compositeur Bruno Coulais qui a également co-réalisé leur remarquable album “Si di mè” (Virgin)".
LE NOUVEL OBSERVATEUR

"Les mots font défaut pour décrire l’émotion ressentie. Six ou sept voix, comme un bloc de son compact, entier, solide et pourtant souple comme une pâte malléable. Un son qui se déforme et se recompose au fil des harmonies qui le pétrissent de l’intérieur. Mais ce qui frappe le plus, c’est que la formation de Jean-Claude Acquaviva chante toujours tout en nuances, se démarquant ainsi de tous ces groupes qui ont si souvent tendance à vouloir tout faire passer en force. Le résultat, éblouissant de beauté, vous laisse sans souffle, la gorge nouée… Personne, à ma connaissance, ne chante comme ça aujourd’hui ; et pour une pareille émotion, il faut dire merci… "

Marc Robine / Chorus – Les Cahiers de la Chanson


Les concerts

Chaque année, 40 000 à 45 000 personnes viennent écouter A Filetta en concert. Ces concerts sont annoncées en page "agenda". Vous pouvez également consulter le site officiel myspace du groupe.

Retrouvez la mémoire de quelques uns de ces moments privilégiés en consultant les pages "concerts" :

concerts 1995-2005 concerts 2006 concerts 2007 concerts 2008



Galerie photo

Enfin en ligne, les photos prises au fil des concerts d'A Filetta auxquels il m'a été donné d'assister.
Ca commence ici.

Rappel :

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La page officielle d'A Filetta :
http://www.myspace.com/afiletta


Le site officiel d'A Filetta :

www.afiletta.com
(en ligne mai 2008)





A Filetta


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