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Ultimo aggiornamento della pagina : 17/07/2019

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Andrea Camilleri

Andrea Camilleri, noto soprattutto per i suoi thriller di successo, è morto mercoledì 17 luglio all'età di 93 anni. Era ricoverato in ospedale da giugno a seguito di un arresto cardiaco. Nella terra di Dante e Pirandello, il regista teatrale e scrittore siciliano era una delle celebrità più apprezzate in Italia. Non solo per il celebre commissario Montalbano e le trasposizioni televisive dei suoi thriller - 20 anni di serie e record di ascolti - ma anche per la visione intransigente che aveva del suo Paese.

Dalla nostra corrispondente da Roma, Anne Le Nir

Andrea Camilleri aveva già 68 anni quando venne scoperto dagli italiani, grazie alla pubblicazione de La forma dell'acqua, nel 1994, il primo dei suoi thriller con protagonista il celebre commissario Montalbano. Fino alla fine dei suoi giorni si distinse per la straordinaria vivacità, lo spiccato senso dell'ironia e l'impegno politico. Il 1994 è stato anche l’anno in cui Silvio Berlusconi salì al potere. Andrea Camilleri non ha esitato a criticare “l'imbecillità del berlusconismo”. Spinto dal suo talento di narratore, incarnava sia la ribellione che la saggezza. Tutto ciò che riguardava la cultura e l'educazione, come vettori di libertà, lo affascinava. Oltre alla scrittura, amava far vibrare teatri, studi radiofonici, televisori e piazze con la sua voce rauca e calda. Ultimamente ha attaccato, in particolare il nuovo capitano della Nazionale. Camilleri ha confidato che sentire Matteo Salvini invocare la Vergine per scopi politici gli ha fatto “nauseare”. La paura più grande del maestro siciliano, nato sotto il fascismo, non era la morte ma “la regressione dell’Italia”.

Source : RFI

Dernier livre publié de son vivant : "Il cuoco dell'Alcyon"

cuoco

04/03/2017

Et encore un Camilleri ! "La rete di protezione" sort en Italie le 25 mai.

rete

26/04/2016

Né à Porto Empedocle (Agrigento) le 6 septembre 1925, Andrea Camilleri vit depuis des années à Rome. Metteur en scène, auteur pour le théâtre et la télévision, il a écrit des essais sur le spectacle. Depuis 1949, Camilleri travaille comme metteur en scène et scénariste; il a ainsi lié son nom à certaines productions policières parmi les plus célèbres de la TV italienne, comme les téléfilms du Lieutenant Sheridan et du Commissaire Maigret, et à plusieurs mises en scène de pièces de théâtre, avec une préférence pour Pirandello (à qui il consacrear une biographie).

Au fil des ans, il a ajouté à ces activités celle d'écrivain; en effet, il est l'auteur d'importants essais "romancés" nés de ses études personnelles sur l'histoire de la Sicile. L'écriture prend finalement le dessus à partir du moment où il abandonne son travail de metteur en scène/scénariste pour raison de limite d'âge (encore un effet positif de la retraite !)

C'est en 1978 que se situent ses débuts dans la fiction avec "Il corso delle cose" (Lalli, non traduit), publié gratuitement auprès d'un éditeur à compte d'auteur contre l'engagement de citer l'éditeur dans les titres du téléfilm tiré du livre, "La mano sugli occhi", qui cependant passera pratiquement inaperçu.

En 1980 sort chez Garzanti "Un filo di fumo" (réédité ensuite, comme le premier, chez Sellerio), premier d'une série de romans qui ont lieu dans l'imaginaire village sicilien de Vigàta, entre la fin du 19ème et le début du 20ème siècle.

Mais c'est en 1992, avec la parution (toujours chez Sellerio, qui publie la plus grande partie des ses ouvrages) de "La stagione della caccia" (La Saison de la Chasse), que Camilleri devient un auteur à grand succès: ses livres, maintes fois réédités, se vendent aujourd'hui en moyenne à 60.000 exemplaires.

Outre les œuvres "historiques" situées dans la Vigàta d'autrefois, du Birraio di Preston (1995 - L'Opéra de Vigata), qui sera le livre le plus vendu avec presque 70.000 exemplaires, à La concessione del telefono (1999 - La Concession du téléphone), il y a les polars ayant pour scène la Vigàta moderne du Commissaire Montalbano, avec qui arrive le grand succès. 

Montalbano est le protagoniste de romans (le premier est "La forma dell'acqua" (1994 - La forme de l'eau) et récits qui n'abandonnent jamais les situations et les atmosphères siciliennes et qui ne font aucune concession aux motivations commerciales ou à un style d'écriture plus facile à lire.
Depuis maintenant des années, les enquêtes du sarcastique commissaire, ainsi que les atmosphères et le langage italo-sicilien savoureux des romans et des personnages de Camilleri, fascinent des milliers de lecteurs

Dans ces romans, l'intrigue policière est importante, mais est, tout compte fait, un prétexte. L'aspect et le caractère des personnages est la partie du travail de création que Camilleri préfère. Les protagonistes de ses histoires sont effectivement souvent très amusants et ironiques, mais aussi très mélancoliques, et ceci vaut dans une plus grande mesure pour le Commissaire Montalbano.

Je ne saurais trop conseiller aux corsophones et italophones de lire ces ouvrages en version originale, afin de goûter tout le sel de la langue de Camilleri.

17/10/2016

Et encore un Camilleri (bis) !

"La cappella di famiglia e altre storie di Vigàta"
cappella

26/04/2016

19/01/2016

Sortie en Italie du nouveau Camilleri :

"Noli me tangere"
noli

"Laura est une historienne de l'art passionnée de théâtre, son mari est écrivain. Il l'adore. Elle est capable de “s'offrir des émotions intenses avec d'autres hommes” sans être dévorée par le sens de la faute.

Subitement Laura disparaît, et le commissaire Maurizi va enquêter sur sa disparition. Bien vite le subtil commissaire se rendra compte combien la perception de Laura est différente selon les personnes qui l'ont connue, et devra réfléchir sur les tensions cachées dans chacun de ses gestes, qui rappellent celles des corps de la fresque de Fra Beato Angelico que Laura avait interprétée au travers des mots que prononça Jesus à Marie-Madeleine: noli me tangere."

A peine ai-je eu le temps de me procurer les deux derniers Camilleri, on en annonce un autre !

Nouveauté :

Andrea Camilleri - La creatura del desiderio
creatura

En 1912, un an après la mort de Mahler, sa jeune veuve, qui a à peine trente ans et est considérée comme la plus belle femme de Vienne, rencontre le peintre Oskar Kokoschka. Une histoire d'amour passionnée et tumultueuse commence.

Voyages, fuites, lettres, jalousie et possessivité scandent les deux années que dure cette relation, période pendant laquelle l'artiste créera certaines de ses oeuvres les plus importantes, en particulier " La fiancée du vent".
Mais la jeune femme interrompt brutalement la relation. Kokoschka part à la guerre, la mort dans le coeur. A son retour, traumatisé par le conflit et encore obsessionné par Alma, il décide de se faire confectionner... une poupée grandeur nature copie conforme de son ancienne maîtresse...

Nouveauté :

Andrea Camilleri - La giostra degli scambi
giostra

«In fondo il romanzo poliziesco è un altro modo di fare storia: attraverso quella cronaca fittizia che il commissario Montalbano scopre sempre più vera della realtà» (Salvatore Silvano Nigro).

La giornata comincia storta per Montalbano: intervenuto per sedare una rissa sulla spiaggia di Marinella ha colpito l’uomo sbagliato e poi, scambiato per uno degli aggressori, viene fermato dai carabinieri. Infine scopre che Adelina ha scambiato un galantuomo per ladro e gli ha sbattuto in testa una padella…
Approdato finalmente in ufficio il commissario viene informato di un anomalo sequestro: una ragazza è stata aggredita in una strada solitaria, narcotizzata e rilasciata dopo qualche ora illesa. La cosa si ripete dopo qualche giorno; questa volta la vittima del sequestro lampo è la nipote di Enzo, il proprietario della trattoria rifugio di Montalbano. L’unico filo che lega i due sequestri è l’età delle due donne, 30 anni, e il lavoro in banca. A questa indagine si affianca quella per l’incendio doloso di un negozio di elettrodomestici il cui proprietario, Marcello Di Carlo, pare essersi volatilizzato: fuga d’amore dopo un soggiorno alle Canarie, sparizione studiata per sottrarsi ai debitori o vendetta della mafia per pizzo non pagato? La vicenda all’inizio sembra banale, ma un terzo sequestro lampo - ancora una volta una ragazza che lavora in un istituto di credito - e il ritrovamento di un cadavere apre nuovi scenari. Di chi è il corpo? e dove è finita la fidanzata segreta di Di Carlo?
Sebbene il commissario si senta invecchiare, forte delle sue intuizioni e del suo agire fuori dagli schemi vede giusto e superando la soluzione a portata di mano - mai fidarsi delle apparenze - giunge alla verità. Grazie alla sua logica stringente, ma soprattutto alla sua capacità, quella sì che si avvale del peso degli anni, di comprendere moventi e sentimenti.

Nouveauté :

Andrea Camilleri - Il quadro delle meraviglie
quadro

Camilleri e il teatro, un rapporto vitale, imprescindibile, inseparabile dalla sua attività di romanziere. Seguire la vicenda teatrale dello scrittore di Porto Empedocle vuol dire ripercorrere la sua vita nel corso della quale si sono susseguiti regie, progetti, adattamenti, soggetti per il teatro, la radio, la televisione, il cinema, finanche libretti per musica in una sorta di ininterrotto palcoscenico. 


Nouveauté
:

Andrea Camilleri - Morte in mare aperto e altre indagini del giovane Montalbano
morte

Andrea Camilleri
Morte in mare aperto e altre indagini del giovane Montalbano
Sellerio Editore Palermo (La memoria)
314 p.
Prezzo: 14,00€

In vendita dal 23 ottobre

Huit enquêtes d'un Montalbano intrépide. Un jeune homme aux prises avec des enquêtes de tous genres, dans les années 80.

Irruente, audace, pistola in mano, carica, e carico di risorse investigative, con largo uso di «sfunnapedi» e «trainelli». Il suo amore con Livia vive la stagione più bella, quella della passione e dell’urgenza di stare sempre insieme; il commissariato di Vigàta è abitato dai personaggi che i lettori di Camilleri conoscono bene, sono i rapporti di Montalbano con i sottoposti che sono diversi: con Fazio il legame è ancora gerarchico, Augello è l’impenitente dongiovanni della prima ora, la sua insopprimibile brama di conquiste mette addirittura in pericolo, nel corso di una indagine, la vita di Montalbano; lucido, veloce è però il migliore compagno di strada del commissario; uno sbatacchiare di porte infine, segna l’entrata sulla scena di Catarella.

Un’Italia in cui si muovono fatti e personaggi di quella stagione, dall’affare Sindona all’attentato a Giovanni Paolo II.

"Sono otto le 'mosse' narrative che Camilleri si concede lungo le otto colonne e le otto traverse della sua geometrica scacchiera del racconto: tra i quattro lati del libro, e nell'ordine chiuso di un romanzo-matrioska che dentro di sé inclina, procedendo di racconto in racconto, di tensione in tensione, sull'asse unico dell'attività investigativa del commissariato di Vigàta.
Più che racconti lunghi sono romanzi ristretti quelli che qui si spintonano a vicenda e concorrono al disegno unitario: uno compie un giro, l'altro ricomincia. L'andatura piacevolmente svagata e a punte d'arguzia è un effetto stilistico della restrizione e degli scorci. Fra gli aliti grassi del mare e il fresco odore salino, a Vigàta si conduce la solita vita fragorosa di ripicche e di rimbecchi; di passioni irritabili, di insofferenze e di strampalerie.
La cameriera Adelina e Livia, la fidanzata 'straniera' di Montalbano, si annusano sempre da lontano. Catarella, devoto alle cerimonie più smaccate, indossa imperterrito il proprio corpo come una maschera cui aderiscono gesti e mimiche di dialettalità selvaticamente impetuosa e arruffata. Perdurano le moschetterie giornalistiche delle due contrapposte televisioni locali, abilmente strumentalizzate da Montalbano. Il medico legale, Pasquano, solo davanti a una guantiera di cannoli di ricotta è disposto a deporre acrimonie, ringhi, e "cabasisi". (Salvatore Silvano Nigro)

Dans l'ordre de parution :

La targa
targa

Vigata, 1940. Le soir du 11 juin, le lendemain de l'entrée en guerre de l'Italie, saluée par tout le pays, au cercle Fascio & Famiglia réapparaît à l'improviste, après cinq ans d'internement pour «diffamaion systématique du glorieux régime fasciste», Michele Ragusano.
Evidemment, personne ne le salue et bientôt les insultes volent, jusqu'à ce que le vieux don Emanuele Persico prenne un coup...

  
Le vichinghe volanti e altre storie d'amore a Vigàta
storie

Le storie raccolte in questo volume sono:
Il terremoto del ’38
Le somiglianze
L’asta
Le vichinghe volanti
I cacciatori
I fantasmi
In odore di santità
Il boccone del povero

Le thème dominant dans ce recueil, c'est l'amour, décliné dans toutes ses variantes. Dans ces histoires situées entre le début du XXe siècle et la fin de la seconde guerre mondiale, on rit et on pleure.
Dans Le vichinghe volanti, quatre acrobates suédoises arrivent à Vigàta et tous les hommes veulent les conquérir.
Que veut la belle Matirda héroïne de In odore di santità?
Un cas de conscience pour le père Lino.
Il terremoto del ’38
fait trembler Vigàta, mais dans le Palazzo Falconis, resté intact, le décompte des habitantes n'est pas juste. Et d'abord, était-ce un vrai séisme ?

 

Et voici le dernier paru,

"Certi momenti".
certi

Le dernier livre de Camilleri n'est ni une enquête du commissaire Montalbano ni un recueil "normal" de nouvelles comme "Le vichinghe volanti e altre storie d’amore a Vigàta".

Dans "Certi momenti" l'écrivain raconte les rencontres faites au cours de sa vie et évoque les personnages importants qui ont marqué sa jeunesse : Primo Levi, Carlo Emilio Gadda, D’Arrigo, Pier Paolo Pasolini...

Et encore un Camilleri ! Disponible en Italie dès le 26 mai, c'est le 100e roman du maître de Vigàta. Un roman baignant dans l'actualité puisque les personnages habituels se retrouvent au milieu du drame des migrants.

L'altro capo del filo
altro

«A un certo punto del gomitolo ristò sulo l’autro capo. Allura Montalbano si susì e accomenzò a secutare il filo. Il filo acchianava supra agli scalini e lui se li fici a uno a uno. Ora era arrivato nell’appartamento. Il filo proseguiva lungo tutto il corridoio e po’ girava scomparenno dintra alla porta della càmmara di letto di Elena. Ci trasì. Il filo finiva propio al centro del pavimento, pariva un signali tracciato con il gesso blu. Rinaldo era scomparuto».

A Vigàta les arrivées de migrants se succèdent et tout le village apporte son aide; en particulier la capitainerie et la police, mais aussi tous les volontaires. Dans cette ambiance Livia arrache une double promesse à Salvo : de participer à la fête pour les 25 ans de mariage d'un couple ami et de se faire confectionner pour l'occasion un nouveau costume. Et c'est ainsi que chez le tailleur le plus renommé de Vigàta le commissaire fait la connaissance d'Elena, couturière récemment arrivée et qui lui est immédiatement très sympathique. Mais pas le temps de faire plus ample connaissance. Chaque nuit il y a un débarquement, la police est débordée. Une nuit pendant que Montalban oest au port, Elena est retrouvée assassinée à coups de ciseaux. L’enquête ne satisfait pas Montalbano, qui cherche un indice ; à travers les tissus il cherche à dénouer les fils de la vie d'Elena pour arriver à la vérité. Et les trames des étoffes en cachent d'autres qui semblent venir du passé d'Elena et de lieux lointains. Autour du drame des migrants que raconte Camilleri en secouant nos consciences, quelques personnages extraordinaires : le médecin Osman et la sérieuse Meriam, venus aussi des côtes africaines , le vieux tailleur Nicola, le petit Lillo, tout un monde que Camilleri dessine avec cette charge d'humanité que l'on apprécie tant dans ses histoires.

 

Bibliographie

1978: Il corso delle cose, Lalli
1980: Un filo di fumo, Garzanti
1984: La strage dimenticata, Sellerio "Quaderni della Biblioteca siciliana di storia e letteratura"
1992: La stagione della caccia, Sellerio "Quaderni della Biblioteca siciliana di storia e letteratura"
1993: La bolla di componenda, Sellerio "Quaderni della Biblioteca siciliana di storia e letteratura"
1994: La forma dell'acqua, Sellerio "La Memoria"
1995: Il gioco della mosca, Sellerio "Il divano"
1995: Il birraio di Preston, Sellerio "La Memoria"
1996: Il cane di terracotta, Sellerio "La Memoria"
1996: Il ladro di merendine, Sellerio "La Memoria"
1997: La voce del violino, Sellerio "La Memoria"
1998: La concessione El telefono, Sellerio "La Memoria"
1998: Un mese con Montalbano, Mondadori "Omnibus"
1999: La mossa del cavallo, Rizzoli "La Scala"
1999: Gli arancini di Montalbano, Mondadori "Scrittori italiani e stranieri"
2000: La gita a Tindari, Sellerio "La Memoria"
2000: La scomparsa di Patò, Mondadori "Scrittori italiani e stranieri"
2000: Biografia del figlio cambiato, Rizzoli "La Scala"
2000: Favole del tramonto, Edizioni dell'Altana "I quaderni"
2001: Racconti quotidiani, Libreria dell'Orso "Storia e letteratura"
2001: Gocce di Sicilia, Edizioni dell'Altana
2001: L'odore della notte, Sellerio "La Memoria"
2001: Il re di Girgenti, Sellerio "La Memoria"
2001: Le parole raccontate. Piccolo dizionario dei termini teatrali, Rizzoli "Piccola Biblioteca La Scala"
2002: La paura di Montalbano, Mondadori "Scrittori italiani e stranieri"
2002: Storie di Montalbano, Mondadori "I Meridiani"
2002: L'ombrello di Noe. Memorie e conversazioni sul teatro', Rizzoli "Piccola Biblioteca La Scala"
2002: La linea della palma. Saverio Lodato fa raccontare Andrea Camilleri, Rizzoli "BUR"
2002: Le inchieste del Commissario Collura, Libreria dell'Orso "Storia e letteratura"
2003: Il giro di boa, Sellerio "La Memoria"
2003: La presa di Macallè, Sellerio "La Memoria"
2003: Teatro, Arnaldo Lombardi "Gioielli discreti"
2004: Romanzi storici e civili, Mondadori "I Meridiani"
2004: La prima indagine di Montalbano, Mondadori "Scrittori italiani e stranieri"
2004: La pazienza del ragno, Sellerio "La Memoria"
2005: Privo di titolo, Sellerio "La Memoria"
2005: La luna di carta, Sellerio "La Memoria"
2005: Il medaglione, Mondadori "Piccola Biblioteca Oscar"
2006: La pensione Eva, Mondadori "Scrittori italiani e stranieri"
2006: La vampa d'agosto, Sellerio "La Memoria"
2006: Le ali della sfinge, Sellerio "La Memoria"
2007: Le pecore e il pastore, Sellerio "La Memoria"
2007: Il colore del sole, Mondadori "Scrittori italiani e stranieri"
2007: Maruzza Musumeci, Sellerio "La Memoria"
2008: Il tailleur grigio, Mondadori "Scrittori italiani e stranieri"
2008: L'età del dubbio, Sellerio "La Memoria"
2008: Il campo del vasaio, Sellerio "La Memoria"
2009: Il sonaglio, Sellerio "La Memoria"
2009: La danza del gabbiano, Sellerio "La Memoria"
2009: Un sabato, con gli amici, Mondadori "Scrittori italiani e stranieri"
2009: La rizzagliata, Sellerio "La Memoria"
2010: La caccia al tesoro, Sellerio "La Memoria"
2010: Il sorriso di Angelica, Sellerio "La Memoria"
2010: Il nipote del Negus, Sellerio "La Memoria"
2011: Il gioccho degli specchi, Sellerio "La Memoria"
2011: Gran Circo Taddei e altre storie di Vigàta, Sellerio "La Memoria"
2011: La setta degli angeli, Sellerio "La Memoria"
2012: Dentro il labirinto, Skira
2012: La Regina di Pomerania e altre storie di Vigàta, Sellerio "La Memoria"
2012: Una lama di luce, Sellerio "La Memoria"
2012: Una voce di notte, Sellerio "La Memoria"
2013: Il tuttomio, Mondadori, "Scrittori italiani e stranieri"
2013: La rivoluzione della luna, Sellerio "La Memoria"
2013: Un covo di vipere, Sellerio "La Memoria"
2013: La banda Sacco, Sellerio "La Memoria"
2013: I racconti di Nené
2014: Inseguendo un' ombra, Sellerio "La Memoria"
2014: La piramide di fango
2014: La creatura del desiderio
2014: Donne
2014: La relazione
2015: Il quadro delle meraviglie. Scritti per teatro, radio, musica, cinema, Sellerio
2015: Le vichinghe volanti e altre storie d'amore a Vigàta, Sellerio
2015: La targa, Rizzoli
2015: Certi momenti, Chiarelettere
2016: Noli me tangere, Mondadori
2016: Quanto vale un uomo, Skira "StorieSkira"
2016: L'altro capo del filo, Sellerio "La Memoria"
2016: La cappella di famiglia e altre storie di Vigàta, Sellerio "La Memoria"

forma  stagione  birraio

cane  ladro  filo 

gioco  voce  concessione 

corso  gita  odore 

re  giro  macale 

pazienza  ladro  luna 

vampa  ali  pecore 

pista  maruzza  vasaio 

vampa  letà  sonaglio 

danza  rizzagliata  nipote 

angelica  pista  gioco 

setta  regina  lama 

voce  voce  covo 

banda  ombra  fango
colore  tailleur  sabato  eva
medaglione  collura  figlio 

labirinto  donne  relazione 
petis 


Des chroniques, billets d'humeur écrits au fil de la plume pour Il Messaggero, La Stampa ou la Repubblica, traduits par Dominque Vittoz.

Dans la collection I Meridiani (Arnaldo Mondadori Editore) sont parus deux volumes :

romanzi

Romanzi storici e civili

Un filo di fumo,
La strage dimenticata
,
La stagione della caccia
,
La bolla di componenda
,
Il birraio di Preston
,
La concessione del telefono
,
La mossa del cavallo
,
Il re di Girgenti
,
La presa di Macallè.







storie

Storie di Montalbano

La forma dell'acqua,
Il cane di terracotta,
Il ladro di merendine,
La voce del violino,
La gita a Tindari,
L'odore della notte,
Racconti.











En français :


La forme de l'eau, Chien de faïence, Le voleur de goûter, La voix du violon, Un mois avec Montalbano, L'excursion à Tindari et La Démission de Montalbano ont été publiés chez Pocket/Fleuve Noir. 

La Concession du téléphone, La Saison de la chasse et Un filet de fumée dans Le Livre de Poche ;
L'Opéra de Vigata, Le Coup du cavalier, La Disparition de Judas
chez Métailié,
Le Jeu de la mouche 
chez Mille et une nuits,
Indulgences à la carte
et Un massacre oublié chez Le Promeneur

Romanzi "storici"

Un filo di fumo

La lettura d'un romanzo può essere ancora un divertimento, una festa? Camilleri lo crede, se traspone in balletto scatenato, in farsa grottesca il suo mondo siciliano, di cui nel primo libro Il corso delle cose aveva mostrato gli aspetti misteriosi e crudeli.

Siamo a Vigàta, paese marino e mercantile, dove un vasaio si è innalzato nella scala sociale seguendo come un'anguilla le correnti mobilissime del tren­tenni o venuto dopo l'unità. Un'aria di operetta, di belle-époque, circonda uomini e fatti; la nave russa che deve arrivare a caricare lo zolfo, un prete che ama la poesia pornografica, la disinibita straniera e il suo mistico marito isolano sempre in preghiera; tutto un “coro” è in attesa del filo di fumo che annuncerà la nave punitrice dell'intollerabile potere della nuova razza padrona.
Ma i miracoli esistono, e premiano chi vogliono. Un miracolo appunto è al culmine di questa costruzione-regia che Camilleri, uomo di spettacolo, conduce con calcolata sapienza, e che si colorisce di un impasto linguistico insolito, siculo certamente, ma dove ogni vocabolo è un'invenzione.

Notes de lecture de "Privo di titolo":

Ce sont ses propres souvenirs qui donnent à l'auteur le prétexte de ce livre. En 1941, il participe avec son père à la commémoration de " l'unique martyr fasciste de Sicile ". Ce qui frappe le jeune Camilleri, ce n'est pas la manifestation elle-même, mais l'image d'un homme, un peu à l'écart, qui pleure " secoué par des vagues de pleurs violents et désespérés ", qui restera figée dans sa mémoire. L'image de " l'assassin ".

Ce que nous conte Camilleri, c'est en fait l'histoire d'une mystification, qui a fait d'un jeune exalté fasciste, tué par ses propres camarades, un "martyr de la barbarie communiste ". En 1921, pendant la montée du fascisme, à Caltanisetta, trois jeunes fascistes tendent un piège à un jeune maçon socialiste. Blessé, celui-ci réussit à tirer deux fois en l'air. L'un des trois jeunes reste à terre blessé et mourra quelques jours plus tard.

A partir de ce moment se manifestent d'un côté la volonté de trouver un coupable idéal, de l'autre celle de faire toute la lumière sur l'événement. Le livre montre la transformation du mouvement fasciste en parti politique, la " marche sur Rome ", la nomination de Mussolini comme Premier ministre.

A travers des anecdotes pleines d'humour, comme celle relative à la ville fantôme de Mussolinia, ou bien à la visite de Mussolini en Sicile ou encore aux obséques du faux martyr, et des descriptions savoureuses de notables, de policiers et de gens du peuple, Camilleri réussit à nous donner un échantillon de l'atmosphère que l'on respirait à l'époque sur l'île.

Notes de l'éditeur français :

La Sicile à l'aube du fascisme. La nuit du 21 avril 1921, lors d'une échauffourée dans les ruelles de Caltanissetta, le jeune Lillino Grattuso, sympathisant fasciste, est tué d'une balle de revolver. Bientôt, les témoignages et les rapports «officiels» accusent Michele Lopardo, sympathisant communiste, de l'avoir assassiné. À mesure que s'étend la politique de l'huile de ricin, la victime devient peu à peu, à grand renfort de rhétorique et de propagande, le «seul et unique martyr fasciste de toute la Sicile». On assiste alors à l'édification d'une réalité virtuelle voulue par le régime et relayée à tous les niveaux de la société.

Toujours drôle et incisif, Andréa Camilleri démonte, derrière cette pantalonnade terriblement efficace, la mécanique de la mise en scène de la vérité : si un innocent est injustement poursuivi en justice, la victime, elle, sera spoliée de sa dignité de «simple mort privé de titre».

"Il colore del sole"

Ad Andrea Camilleri, recatosi da Roma a Siracusa per assistere alla rappresentazione di una tragedia classica, capitano alcuni avvenimenti strani. Qualcuno gli infila in tasca un biglietto con un numero a cui telefonare, ma da una cabina pubblica. E non è possibile ricostruire chi sia l'utente a cui quel numero corrisponde. L'Andrea Camilleri scrittore di romanzi gialli non può sottrarsi a una serie di misteri via via più fitti e inquietanti. Misteri che lo conducono a un casale sperso nella più remota campagna, dove gli verranno mostrati alcuni curiosi oggetti e un diario incredibile, scritto di suo pugno da un artista di quattro secoli prima. Un artista grandissimo e maledetto: Michelangelo Merisi, il Caravaggio. Le note brevi, secche, disarticolate e visionarie di questo diario - alla cui stesura Camilleri dedica un virtuosismo mimetico capace di restituire tutte le torsioni, le incrinature, i bagliori del più corrusco italiano seicentesco - costituiscono una sorta di anomalo romanzo "nero", fitto di ombre e di allucinazione, sul periodo trascorso da Caravaggio a Malta e in Sicilia nell'estate del 1607. Questa volta la scrittura di Camilleri si distacca dal saporoso impasto che lo ha reso celebre e si tuffa nel passato per sintonizzarsi, attraverso le aspre e dissonanti note barocche, sulla psicologia torturata dell'artista e indagare le ragioni profonde della sua pittura. Il risultato è un testo che ci restituisce con enorme intensità la voce di un pittore grandissimo e misterioso. L'immedesimazione narrativa di Camilleri riesce così nel miracolo di offrirci uno sguardo nuovo su quell'arte inimitabile delle luci e delle ombre che da secoli ci affascina con la sua potente, straniata suggestione.

"La visione inversa de lo sole è morte"
Ho comenzato a lavorare a la Decollazione del Battista e la luce nera de lo sole nero non abbandonami più. Per me non havvi differenzia alcuna tra la notte e lo jorno...
... Fra’ Raffaele, dopo avermi veduto in atto di dipignere lo muro del carzaro di fronte allo quale avviene la decollazione, chiesemi di parlarmi in cella. E quivi, sanza che io gli avessi ditto dello stato in cui trovavami, domandommi in primis se la decollazione che stavo dipignendo avveniva di jorno o di notte. Io assai restai colpito da le parole sue. Lo frate avea adunque ben indovinato lo stato mio.
... Elli gravemente dissemi che avea capito che la luce della decollazione era la luce del sole nero. Io prontamente negai. Ma elli ripetemmi che trattavasi di maleficio sopremamente diabolico. Dissemi anco che lo Creatore avea creato e governato tutta la materia per li suoi fini e li suoi propositi e che quindi la visione inversa de lo sole e de la luce sua significava obbedienza a la legge inversa, contraria a la divina, significava abbracciare per vero l’opposto suo, lo contrario de’ propositi del Creatore Supremo. Se lo sole è vita, lo sole nero è morte, ancor disse. Consigliommi digiuno e preghiera. Ma io hora cognosco che tutta l’esistenzia mia, ancor prima assai che Celestina mi desse quel liquido, era comenzata e continuata sempre sotto lo segno de lo sole nero...
... Nel jorno de lo Signore 14 luglio de lo 1608, venuto lo Gran Maestro a veder lo stato della dipintura della Decollazione, mentre che io a lui devotamente m’inchinava, posemi una mano sopra la spalla e dissemi a mo’ di saluto: «Cavaliere...». Mentre io quasi isveniva per lo stupore e la felicità elli rivelommi che già da qualche mese Paolo V Papa avea dato l’assenso a l’abito e a la croce in deroga a la regola che non può esser nomato cavaliero chi d’omicidio erasi macchiato…
.... E questo significava che appena avevo finito di dipignere la Decollazione potevo tornarmene a Roma libero e sanza tema d’arresto essendo così decaduta la condanna a morte...
... Hodie, a veder la scopritura della Decollazione con lo Gran Maestro sono convenuti li otto Cavalieri Capitolari, lo Collegial Maggiore, l’Inquisitore e fra’ Raffaele. Nel silenzio che subito fecesi alla caduta del panno, l’Inquisitore, lo solo che ne avea facoltà, parlò per lo primo. Elli disse che lo Battista morto pareagli più vivo de li vivi. A queste sue parole fra’ Raffaele, di repente impallidito, guardommi con alquanta preoccupazione. Ma l’Inquisitore altro non aggiunse e uscissene. Lo Gran Maestro invece chinossi ver me e sussurrommi che mai avea veduto in una pittura una morte tanto veritiera. Allora io resposi che forse solo chi ha dato la morte sa dipigner la verità della morte. In quel mentre fra’ Raffaele che di molto erasi fermato a guardar da presso la Decollazione fece uno balzo indietro et assai pallido in volto domandommi se era pur vero quello che gli era parso di vedere e cioè che io aveva messo la firma mia a la pittura acciò adoperando lo sangue fuoriescito da lo Battista. Elli è stato l’unico a notar ciò. Dissegli aver veduto giusto. Elli allora disse che l’aver tanto osato era somma blasfemia e che gran male ne averia avuto...

(Anticipazione pubblicata su La Stampa, 2.2.2007)

 

"La concessione del telefono"

Nell'estate del 1995 trovai, tra vecchie carte di casa, un decreto ministeriale (che riproduco nel romanzo) per la concessione di una linea telefonica privata. Il documento presupponeva una così fitta rete di più o meno deliranti adempimenti burocratico-amministrativi da farmi venire subito voglia di scriverci sopra una storia di fantasia (l'ho terminata nel marzo del 1997).
La concessione risale al 1892, cioè a una quindicina d'anni dopo i fatti che ho contato nel Birraio di Preston e perciò qualcuno potrebbe domandarmi perché mi ostino a pistiare e a ripistiare sempre nello stesso mortaio, tirando in ballo, quasi in fotocopia, i soliti prefetti, i soliti questori, ecc. Prevedendo l'osservazione, ho messo le mani avanti. La citazione ad apertura di libro è tratta da I vecchi e giovani di Pirandello e mi pare dica tutto.
Nei limiti del possibile, essendo questa storia esattamente datata, ho fedelmente citato ministri, alti funzionai dello stato e rivoluzionari col loro vero nome (e anche gli avvenimenti di cui furono protagonisti sono autentici).
Tutti gli altri nomi e gli altri fatti sono invece inventati di sana pianta.
A.C.

Filippo Genuardi, cittadino di Vigàta, invia al Prefetto Vittorio Marascianno la richiesta per la concessione di una linea telefonica ad uso privato. Sposato con la figlia di un ricco possidente, vive di espedienti e di continue richieste al suocero, coniugato in seconde nozze con una bella ragazza troppo giovane per lui. Filippo si è invaghito, ricambiato, della moglie del suocero e il telefono, che collegherebbe le due case, dovrebbe appunto servire a rendere più frequenti gli appuntamenti clandestini. Però la richiesta non doveva essere inviata al Prefetto, ma alle Poste e Telegrafi. Per ottenere una risposta chiara sulla faccenda, il Genuardi si rivolge ad un mafioso locale, il quale lo prega a sua volta di un favore. Intanto il Prefetto, inquietato, inizia ad indagare sul Genuardi: i carabinieri lo aiutano, sospettando Filippo di attività sediziosa. A sua volta, il capomafia crede di essere stato dal Genuardi tradito e... tutto si complica.

Il Re di Girgenti

Nel giugno del 1994 nella libreria romana quotidianamente frequentata mi capitò di sfogliare un libretto intitolato Agrigento. E subito lessi queste parole che riporto e che si riferivano a un episodio del 1718 accaduto in quella città, quando si chiamava ancora Girgenti: Il popolo riuscì allora a sopraffare la guarnigione sabauda, strumento di un sovrano scomunicato dal pontefice, assunse il controllo di Girgenti e puntò a riorganizzare il potere politico disarmando i nobili, facendo giustizia sommaria di diversi amministratori, funzionari e guardie locali, e addirittura proclamando re il proprio capo, un contadino di nome Zosimo. Ma la mancanza di un realistico programma politico privò di sbocchi positivi quella protesta distruttiva, e poco dopo fu facile per il Capitano Pietro Montaperto avere ragione degli insorti e riprendere il controllo della città.
Restai strammato. Ma come, Agrigento, dove ho studiato fino al liceo, era stata, sia pure per poco, un regno con a capo un contadino e nessuno ne sapeva praticamente niente? Comprai il libretto edito da «Fenice 2000» (autori ne erano Antonino Marrone e Daniela Maria Ragusa), lo lessi trovandolo estremamente interessante.
Due mesi dopo andai in vacanza al mio paese che dista qualche chilometro da Agrigento e riuscii a mettermi in contatto con Antonino Marrone. Fu gentilissimo, mi spiegò che quella vicenda l'aveva letta nelle Memorie storiche agrigentine di Giuseppe Picone, edite nel 1866. Un amico me ne regalò una copia anastatica. Picone dedica all'episodio due frettolose mezze paginette, definendo «belva inferocita» lo Zosimo e mantenendosi sempre sulle generali, tanto che non si capisce se il re sia stato giustiziato o se sia morto d'influenza.
Di Zosimo si parla macari nel primo dei tre volumi di Luigi Riccobene, Sicilia ed Europa (Sellerio 1996): una decina di righe in tutto, dalle quali si apprende che Zosimo beveva vino miscelato con polvere da sparo. Tutte queste omissioni, distrazioni, tergiversazioni non fecero che confermarmi nel proposito di scrivere una biografia di Zosimo senza fare altre ricerche, tutta inventata. Le poche pagine che non sono di fantasia il lettore le riconoscerà agevolmente. Come agevolmente potrà riconoscere le citazioni (ad esempio, le «leggi» di Zosimo, scritte su un albero scortecciato, sono prese in prestito dall'abate Meli). Ancora: molte parole, verbi, avverbi sono talvolta scritti in modo ineguale; ma non si tratta né di errori né di refusi. Un grazie di cuore ad Angelo Morino, gentilmente intervenuto a correggere i miei azzardi «spagnoli».

Andrea Camilleri

 

"La stagione della caccia" (La saison de la chasse)

In un libretto su una strage di stato a ridosso della rivoluzione siciliana del 1848, pubblicato qualche anno fa (monografia storica, ma scritta con la grazia e l'umorismo del narratore), Camilleri ripeteva un'idea a lui evidentemente molto cara. Che i sicilani sono "tragediatori", sono paghi cioe' soltanto quando possono finalmente fondere insieme la vita e la scena, recitare, appunto sulla scena della vita, cio' che succede loro veramente tornando in illusione a comandare sulla sorte e mutandola in sogno. Di questo teatro della vita Camilleri mostra di amare soprattutto il lato commedia; e commedia - racconto della commedia che un paese siciliano di fine ottocento inscena vivendo una catena di morti e un amore cocciuto - e' La stagione della caccia.
Ma non commedia dell'arte, farsa di macchiette; al contrario, genere alto, in cui ciascuna delle parti in gioco e' un personaggio scolpito - con un brio che da' tenace divertimento - nell'atto in cui svolge il suo gioco dell parti. Camilleri spiega di aver tratto l'idea del romanzo (che avrebbe potuto essere piegato linearmente a intrigo giallo, e lo e' invece a sorpresa, tortuosamente) da una battuta registrata nella famosa Inchiesta sulle condizioni della Sicilia del 1876. All'interrogante, che chiedeva se si fossero verificati fatti di sangue in un paesino, veniva risposto: "No. Fatta eccezione del farmacista che per amore ha ammazzato sette persone". Come a dire: non e' successo nient'altro che un sogno. Il sogno che questo libro viene a raccontare.

Nota

C'è una famosa pellicola inglese dove si conta che un tale, il quale apparteneva al lato cadetto di una nobile famiglia, amminchia per fatti suoi che deve diventare il titolare assoluto dello stemma. E così, tanticchia aiutato dalla fortuna, tanticchia aiutandosi lui stesso con molto ingegno e ricca varietà di armi, mette in atto l'elimina­zione di tutti gli aventi diritto che gli stavano avanti.
Tenendo sempre sottomano l'albero genealogico, a conforto per il già fatto e a sfida per il da fare, egli riesce, con la stessa testardaggine che è caratteristica dei santi e degli scienziati, ad arrampicarsi ramo dietro ramo come una scimmia, fino ad assittarsi trionfante proprio sulla cima. Ma un errore di distrazione alla fine lo consumerà.
Se qualcuno pensa che il mio romanzo piglia radice dalla pellicola, si sbaglia.
L'idea mi è venuta ventidue anni fa, leggendo i due volumi dell'Inchiesta sulle condizioni sociali ed economiche della Sicilia (1875-1876), stampati da Cappelli nel 1968. Nascoste fra le millequattrocento­undici pagine (dico nascoste perché ora non ho più gana di andare a ritrovare il punto preciso) ci sono due battute fra uno dei membri della commissione e un responsabile dell'ordine pubblico di un paesino:
«Recentemente ci sono stati fatti di sangue al suo paese?».
«No. Fatta eccezione di un farmacista che per amore ha ammazzato sette persone».
Tutto qua. È da allora che ho principiato a ragionarci sopra, su questa storia. E quando poi ho sceneggiato (con gli amici Suriano e Passalacqua) un brevissimo racconto di Sciascia per la televisione, intitolato Western di cose nostre, al protagonista, che era un farmacista, ho prestato, a malincuore, diversi tratti del « mio» farmacista.
Mi pare vera perdita di fiato dover dichiarare che nomi e situazioni (a parte la storia che è alla base del racconto) non hanno rapporto con persone realmente esistenti o con fatti realmente accaduti. Hanno invece rapporto fra me e la memoria della mia terra.

Il romanzo è dedicato a Rosetta, mia moglie. Penso che non le piaccia tanto, non per come è scritto ma per quello che vorrebbe significare. Se è cosi, accetti la dedica come nuova prova per la sua più che trentennale pazienza nei miei riguardi.

"Il birraio di Preston" (L'opéra de Vigata)

Si capisce, leggendo Camilleri, che il suo piacere letterario maggiore, raccontando vicende della provincia siciliana (fatti veri su cui trama e ordisce la finzione, e quindi in sé semplici se non fossero intricate dall'essere appunto siciliane), è quello di riportare il dialogo vivo. È un piacere che si comunica immediatamente al lettore, per la particolare forza comica dell'arte di Camilleri; ma assieme al piacere, poiché il linguaggio è la casa dell'essere, e con la stessa forza e immediatezza si comunica una specie di nucleo di verità dell'essere siciliano. L'iperbole e il paradosso della battuta, cui corrispondono l'amara coscienza dell'assurdo in cui siamo e il dolore sordo dell'immutabilità di questa condizione. Camilleri inventa poco delle vicende che trasforma sulla pagina in vorticosi caroselli di persone e fatti - qui il fatto vero, conosciuto dalla celebre Inchiesta sulla condizioni della Sicilia del 1875-76, è il susseguirsi di intrighi, delitti e tumulti seguiti alla incomprensibile determinazione del prefetto di Caltanissetta, il toscano Bortuzzi, di inaugurare il teatro di Caltanissetta con una sconosciuta opera lirica, Il birraio di Preston. E anche in questo attenersi al fondo di verità storica c'è probabilmente un senso preciso: in Sicilia non serve attendere che la storia si ripeta per avere la farsa. La storia, per i siciliani, si presenta subito, al suo primo apparire, con la smorfia violenta e assurda della farsa.

Nota

L'Inchiesta sulle condizioni sociali ed economiche della Si­cilia (1875-1876), che non è quella di Franchetti e Sonnino, ma quella parlamentare, venne pubblicata dall'editore Cappelli di Bologna nel 1969 e subito si rivelò per me una vera miniera. Da domande, risposte, osservazioni, battute contenute tra le centinaia e centinaia di pagine sono nati il romanzo La stagione della caccia e il saggio La bolla di componenda.
Questo nuovo romanzo allunga il debito. Nell'udienza del 24 dicembre 1875 viene ascoltato il giornalista Giovanni Mulè Bertolo per sapere qual è l'atteggiamento della popolazione di Caltanissetta e provincia nei riguardi della politica governativa. Il giornalista dice, a un certo momento, che le cose sono mutate in meglio dal giorno dell'allontanamento del prefetto, il fiorentino Fortuzzi, che si era reso particolarmente inviso alla popolazione («Fortuzzi voleva studiare la Sicilia attraverso le figurine incise nei libri. Se un libro non aveva figure, non aveva importanza... Stava sempre chiuso fra quattro mura, avvicinato soltanto da tre o quattro individui a cui s'ispirava»).
Il carico da undici Fortuzzi ce lo mise il giorno in cui, do­vendo si inaugurare il nuovo teatro di Caltanissetta, impose che l'opera da rappresentare fosse Il birraio di Preston («Voleva imporre anche la musica a noi barbari di questa città! E con il nostro denaro» esclama sdegnato Giovanni Mulè Bertolo). Ci riuscì, malgrado l'opposizione delle autorità locali e il bello è che non si è mai saputo il perché di questo suo intestardirsi sul Birraio. Naturalmente durante la rappresentazione accaddero numerosi incidenti, un impiegato postale che disapprovava vistosamente venne il giorno appresso trasferito («dovette abbandonare il posto perché non aveva che 700 lire all'anno di stipendio e non poteva allontanarsi da Caltanissetta»), i cantanti furono subissati da fischi.
A un certo momento dovette accadere qualcosa di più se­rio, perché, dice sempre il giornalista, «entrarono in teatro militi a cavallo, truppa con le armi». Ma a questo punto i membri della commissione preferiscono glissare e passano ad altro argomento.
La storia, sia pure cosi scarnamente accennata nella deposizione, mi pigliò e cominciai a travagliarci sopra. Ne è venuto fuori questo romanzo, che è tutto inventato, a parte, naturalmente, lo spunto iniziale.
Debbo ringraziare Dirk Karsten van den Berg per essere riuscito a procurarmi libretto e partitura del Birraio.
Dedico ad Alessandra, ad Arianna e a Francesco questa storia che leggeranno quando saranno grandi risentendo, lo spero, la voce del loro nonno.
A. C.

"La mossa del cavallo"

L’histoire prend sa source dans les notes de Leopoldo Franchetti pour son enquête sur les conditions socio-économiques de la Sicile au XIXe siècle.

Giovanni Bovara, inspecteur-chef aux Moulins de Montelusa, "un sicilien qui parle génois", est témoin de l’assassinat d’un prêtre. Peu après avoir fait sa déposition, il est arrêté et accusé du meurtre. Ce renversement imprévu le contraint à un mouvement imprévu qui déplace l’adversaire et lui sauve la vie. Giovanni Bovara, d’origine sicilienne, a grandi à Gênes où il a appris l’italien et le dialecte gênois, sa langue maternelle qui lui revient dans les moments d’intense émotion. Accusé d’un crime qu’il n’a pas commis, il devra prouver son innocence et n’y parviendra qu’en récupérant son dialecte, le sicilien, et avec lui le mode de pensée de ses ancêtres.

La rivoluzione della luna

La rivoluzione della luna publié en 2013, s'appuie sur un épisode historique réel : pendant vingt-sept jours, en 1677, la Sicile fut gouvernée par une femme, Eleonara di Mora. A partir de quelques lignes d'un dictionnaire historique, Camilleri a inventé une histoire fondée sur sa conviction que les femmes sont capables d'exercer une action politique courageuse et populaire mais qu'elles en sont empêchées par la misogynie et les classes réactionnaires.

Trame

Le 16 avril 1677 le vice-roi de Sicile, Anielo de Guzmán y Carafa, marquis de Castel Roderigo, sur le point de mourir, nomme comme successeur son épouse Eleonora de Moura, femme intelligente et dotée de compétences politiques qu'elle utilisera pour améliorer le sort de Palerme, où la corruption et la misère provoquent de perpétuelles révoltes contre le gouvernement espagnol.

La marquise prendra des mesures telles que la diminution du prix du pain, la réduction des impôts pour les familles nombreuses, la nomination d'un magistrat chargé de contrôler le commerce, et plus particulièrement améliorera la condition des femmes en restaurant le conservatoire des "vierges en péril" et celui des prostituées "repenties", et en faisant doter par l'Etat les jeunes filles pauvres désireuses de se marier. Mesures considérées commes subversives par les milieux conservateuirs et l'Eglise qui réussirent, par des arguties juridiques, à faire rappeler en Espagne donna Eleonora dont le règne n'aura duré que 27 jours, comme la révolution de la lune...

La Banda Sacco

“La Banda Sacco” raconte l'histoire d'une injustice ordinaire dans le village de Raffadali au détriment d'une honnête famille de paysans à une époque où le système mafieux s'imposait comme unique vrai pouvoir.
Les frères Sacco voient les vexations infligées à leur père, faisant confiance ingénuement à la protection de la loi et éduqués dans la croyance en la valeur du travail, se voient contraints d'entrer dans la clandestinité pour ne pas se soumettre à la prévarication. Contre eux se rassemble une coalition de mafieux, de dirigeants locaux et de juges qui conduit à la défaite des faibles...

Inseguendo un' ombra

Un roman "historique", l'histoire (très inventée) de Samuel Ben Nissim Abul Farag, de Guglielmo Raimondo Moncada et de Flavio Mitridate. Il ne s'agit pas de trois personnes mais d'une seule !!
Caltabellotta, province d'Agrigente, 1465. Samuel Ben Nissim appartient à la communauté juive ; il a quinze ans et est cultivé. Son père Rabbi Nissim nourrit de grandes ambitions pour son fils. Mais le destin en décide autrement....

La scomparsa di Patò

Un evento mirabile e misterioso s'è verificato in Vigàta il 21 marzo 1890, Venerdì Santo, durante la sacra rappresentazione della Passione di Cristo secondo il cavalier D'Orioles, popolarmente detta il "Mortorio": il ragioniere Antonio Patò, direttore della locale sede della "Banca di Trinacria", funzionario irreprensibile, marito integerrimo e padre amoroso di due vivacissimi bambini, oltre che apprezzato Giuda nella predetta rappresentazione, come da copione è precipitato, al termine di questa, nella botola approntata per aprirsi, con meravigliosa verosimiglianza, sotto i piedi del traditore di Cristo, ma non è più riemerso per ricevere l'applauso del pubblico e poi rientrare nei consueti suoi panni di cittadino modello. Scomparso nel nulla, volatilizzato. Ma unni sinni ì Patò? Ma dove se ne è andato Patò? "Murì Patò o s'ammucciò?" si interroga una scritta comparsa su un muro di Vigàta la mattina del 23 marzo, Domenica di Pasqua: "Patò è morto o si è nascosto?" È, quello che vogliono sapere la cittadinanza tutta, la derelitta, sconvolta moglie signora Mangiafico Elisabetta in Patò, il cognato Capitano del Regio Esercito Arnoldo Mangiafico, di stanza a Caltanissetta, e soprattutto S.E. il Senatore Pecoraro Grande Ufficiale Artidoro, Sottosegretario di Stato al Ministero dell'Interno, nonché altolocato parente dell'involato ragioniere.

La presa di Macalè

Una priapata storica è, questo romanzo di Camilleri. Dal "furore" alla "cenere" .
A Vigàta. Nell'anno di grazia 1935 della guerra in Abissinia, che la letteratura conosce come "baggiana criminalata"; e i calendarietti profumati dei barbieri fecero sognare come scorciatoia per il possesso, a pugno stretto, del profondo nero di Tettonia e Colonia bella. La voce del Duce vi occupa lo spazio pornografico che intercorre tra una porta che si chiude e una mutanda che si abbassa; tra una bottoniera che salta e una elargizione genitale.
Mentre si consuma lo scandalo delle "cose vastase", che corrompono l'innocenza di un bambino prodigiosamente pubere. Michilino è figlio del camerata Giugiù. E' un "picciliddro". Indossa la divisa di Figlio della Lupa. Libro e moschetto lo fanno fascista perfetto. Prima comunione e cresima lo arruolano nella milizia di Cristo. Il bambino si cerca a tentoni, tra un padre che si ringalluzza con la creata di casa e una madre che si dà alla "penetrante conversazione" con un prete. Il sofistico professore Gorgerino, pedofilo e capo dell'opera nazionale balilla, lo denuda, e brutalizza il suo "loco spartano" per festeggiare di volta in volta la presa di Macallè, di Tacazzè, Adigrat, Amba Alagi, Amba Aradam, Axum.
La vedova Sucato lo turba con le sue corporali astuzie. E la solidarietà sordida della cugina Marietta, una fidanzata di guerra, lo porta al delirio ferino dei sensi e alla consumazione del gaudio misterioso del sesso. Vari teatri in un sol teatro spiega la mascherata pubblica organizzata con i balilla e le piccole italiane, per festeggiare la presa di Macallè; e onorare i caduti in guerra. Una rumorata eroica. Ovvero "una minchiata solenne", nelle parole di Cucurullo che nella battaglia aveva perso il figlio Balduzzo (segretamente fidanzatosi con Marietta).
Una monumentale cialtroneria, "una vigliaccata", nel commento del sarto comunista Maraventano subito arrestato. Fu quella stessa sera della rappresentazione che Michilino, risentitosi, maturò l'idea di vendicare la sua fede in Cristo e in Mussolini, e di giustiziare il coetaneo figlio del sarto: "Un comunista non è un omo, ma un armalo e perciò se s'ammazza non si fa piccato". Quella di Michilino è un'infanzia sabotata. La sua innocenza è stata adescata, profanata, manomessa e seviziata. Corrotta e depravata. Fino al fanatismo, che confonde cielo e terra, fede politica e fede religiosa, e arma la mano. Michilino è arrivato al punto di non ritorno di un terrorista. Soldato irregolare di una fantomatica milizia, del Duce e di Cristo, si trasforma in pluriomicida. In castigatore, e vendicatore-suicida. "La presa di Macallè" è un romanzo paradossale che intenzionalmente trasmoda nel troppo, ed eccede ogni misura, a partire della promozione a protagonista di un "angilu minchiutu" di sei anni. Una parabola grottesca, che va fabulando la tragicità e la normalità abnorme della violenza. Una "istoria" infine, di dolente tenerezza per una infanzia tradita.

Salvatore Silvano Nigro

La pensione Eva

"Nenè sì taliò torno torno e, visto che sulla strata non passava nisciuno, fece un passo verso il portone e si calò col busto adascio adascio in avanti quel tanto bastevole che poteva con la testa agevolmente taliare dintra. Ma in principio non vide nenti di nenti. Sentì invece dù fìmmine che ridevano e parlavano a voce alta in una càmmara lontana, ma non capì quello che dicevano. Fece un altro mezzo passo, trasì dì più la testa e lo pigliò nelle nasche un sciàuro dì pulito, di sapone, di profumo..."

Per le stanze della Pensione Eva, il casino di Vigàta appena rinnovato e promosso dalla terza alla seconda categoria, transitano figure e personaggi di quei provinciali, sonnolenti, tipici anni Trenta che potremmo benissimo aver incontrato in altri indimenticabili romanzi di Camilleri. Dall'anziano cavalier Calcedonio Lardera, cui il fragore dei bombardamenti restituisce per un attimo l'impeto dell'antica virilità, a Biagiotti Teresa, in arte Tatiana, puttana comunista capace di occultare il ghigno baffuto di Stalin in luoghi insospettabili.
Ma le case chiuse non furono solo lo spazio proibito e in fondo domestico delle prodezze e delle fantasie erotiche di un'Italia addormentata dai languori della carne e dai miasmi del fascismo. Camilleri ne fa lo sfondo - o il primo piano? - di un vero e proprio romanzo di formazione prima dolce e poi crudele.
Ogni quindici giorni le sei "picciotte" della Pensione Eva partono, e ne arrivano delle nuove; è in mezzo a queste presenze carnali che trascorre la giovinezza di Nenè, Ciccio e Jacolino. Ma, a dispetto di quello che si potrebbe pensare, frequentando la Pensione i ragazzi si imbattono in apparizioni spirituali, fantasmi letterari, vicende al confine fra la poesia e la realtà, perché "le storie che quelle picciotte potevano contare gli avrebbero permesso di capire. Capire qualichi cosa di lu munnu, di la vita".
Tutto comincia come un mistero in cui giocare: il sesso, la vita, la stessa guerra. Tutto finisce in una realtà in cui non si gioca più, sotto le bombe che schiantano le case, i corpi, la dignità. E una storia che era iniziata all'insegna della curiosità sul sesso si chiude sulla deflagrazione dell'amore, quello più forte della morte, quello destinato a lasciare per sempre nell'aria la scia del suo profumo.

Nota


Questo scritto intende essere semplicemente una vacanza narrativa che mi sono voluto pigliare nell'imminenza degli ottant'anni.
Non è né un racconto storico né un racconto poliziesco, è un racconto fortunatamente inqualificabile. Oltretutto, alla lettura credo che presenti difficoltà minori di altri miei romanzi. E persino il titolo è diverso dai miei soliti.
Desidero avvertire che il racconto non è autobiografico, anche se ho prestato al mio protagonista il diminutivo col quale mi chiamavano i miei famigliari e i miei amici. È autentico il contesto. E la Pensione Eva è veramente esistita, mentre sono del tutto inventati i nomi dei frequentatori e i fatti che vi sarebbero accaduti.

Le pecore e il pastore

La storia raccontata in questo libro si svolge tra due conventi, distanti appena un centinaio di chilometri, nel cuore della Sicilia. Uno è l’eremo a Santo Stefano di Quisquina, luogo dell’attentato nel 1945 contro Monsignor Peruzzo vescovo di Agrigento : due colpi di fucile sparati per uccidere. L’altro è il Monastero di Palma di Montechiaro, un luogo letterario noto a tutti i lettori del Gattopardo, di nobile tradizione - venne fondato dalla famiglia Tomasi, così come la città di Palma - abitato da suore Benedettine che vi vivono in strettissima clausura.
Monsignor Giovan Battista Peruzzo era un prelato molto amato. Piemontese, aveva capito la Sicilia meglio di tanti siciliani. Nel dopoguerra aveva appoggiato le rivendicazioni dei contadini schierandosi al loro fianco nell’occupazione delle terre e ordinato ai parroci di difendere i diritti dei poveri e dei lavoratori. Per lui il latifondo è “una struttura di peccato”; per questo non può piacere all’aristocrazia terriera e per questo va eliminato. Dunque sparano a Monsignor Peruzzo, una sera d’estate. L’arcivescovo si trova per un periodo di riposo all’eremo di Santo Stefano, nello splendido bosco, e sta facendo una passeggiata nell’ora più fresca. I colpi partono proprio dal convento, lo colpiscono al petto, è grave, sta per morire.
La notizia si diffonde per tutta la regione e la gente si mette a pregare. E chi più delle monache del Monastero di Palma? Loro il vescovo lo amano e vogliono che Dio lo conservi. Per questo dieci di loro, le più giovani, offrono la loro vita al Signore in cambio di quella del loro pastore. Si lasciano morire di fame e di sete, si vanno spegnendo una dopo l’altra.
«Nessuna delle suore ebbe un ripensamento? Nessuna suora implorò, in extremis, di essere salvata? E in questo caso, come si comportarono le consorelle? Si tapparono le orecchie per non sentire quel flebile implorare? Uscirono dalle celle chiudendosi la porta alle spalle o tentarono un salvataggio oramai impossibile? Non lo sapremo mai».
Non è difficile capire perché Andrea Camilleri sia rimasto catturato da questa vicenda. Si è imbattuto nella notizia, ha fatto ricerche, ha ricostruito lo scenario. Una storia che sembra provenire dal Medioevo ma che è successa veramente e soltanto cinquant’anni fa, a pochi passi da casa nostra.

Risvolto di copertina
di Salvatore Silvano Nigro

Un atto di lettura è all'origine di questo giallo storico. La svagata curiosità dello scrittore viene attratta e irretita da un libro, dimesso e periferico in apparenza, e ritroso anche. Il libro vuole essere desiderato e corteggiato. È vessatorio. Lo scrittore si lascia sedurre. Agguanta il libro infine. E precipita nella lettura. Ma incespica. Inciampa in una nota a piè di pagina. In una di quelle notizie frettolose, quasi incidentali, che di solito vengono saltate senza rimorso. Il passo vulnerabile del lettore si arresta. La brevità della nota stenta a contenere l'immanità del fatto. Immobile come una scheggia insidiosa, la nota ferisce e dà i brividi. Disloca, fuor dello spazio continuo del libro, nel recondito e nell'asetticità erudita di un margine, l'irta e inconfessata convivenza della civiltà con il rito intensamente arcaico del sacrificio umano: con l'immolazione, con il suicidio per arsura di fede, con l'orrore. Recita la nota: «Nella lettera del 16 agosto 1956 l'Abadessa sr. Enrichetta Fanara del monastero benedettino di Palma Montechiaro così scriveva a Peruzzo: "Non sarebbe il caso di dirglielo, ma glielo diciamo per fargli ubbidienza [...] Quando V. E. ricevette quella fucilata e stava in fin di vita, questa comunità offrì la vita di dieci monache per salvare la vita del pastore. Il Signore accettò l'offerta e il cambio: dieci monache, le più giovani, lasciarono la vita per prolungare quella del loro beneamato pastore"».
Il «pastore» delle giovani «pecore», che si lasciarono morire di fame e sete in una lunga e assistita agonia dentro le celle claustrali di un convento di antica e macerata santità (contro la quale a nulla valsero le «farfantarie» di un satanasso lapidatore ed epistolografo in diavolese, convocato dai rapimenti mistici), era il vescovo di Agrigento Giovanni Battista Peruzzo: il «vescovo dei contadini» che, in nome della giustizia sociale, e a dispetto del professato anticomunismo, aveva messo il suo carisma e la sua possente eloquenza al servizio dei deboli e degli abbandonati: contro gli agrari; e contro quella «struttura di peccato», che era il latifondo incolto. Immancabilmente due proiettili ferirono a morte il vescovo. Era una sera d'estate del 1945. Dieci monache offrirono le loro vite a Dio. Il vescovo sopravvisse al baratto. Mentre dieci cadaveri si dissolvevano nel silenzio di una strage dimenticata. Solo a distanza di undici anni, Peruzzo venne messo a parte del segreto.
Dalla nota a piè di pagina, Camilleri risale la storia. Insegue piste labili o cancellate. Conduce un'indagine sofferta e tormentosa. Interroga fonti storiche e documenti letterari. Entra nei turbamenti di Giuseppe Tomasi di Lampedusa, che dai fondatori del monastero di Palma di Montechiaro discendeva. Mette in campo se stesso, con i suoi ricordi giovanili. Interroga e si interroga, sgomento, sul passato e sul presente. Intreccia cielo e terra. Il saggio narrativo include tempi lontani. E topografie. Montagne sassose, romitori, luoghi ostili e impervi. Gli spazi fisici si trasformano in archetipi geometrici. Dalla selva oscura, aspra e solitaria, al convento: dagli aliti di sepolcro degli essiccatoi per mummie, ai tanfi cerosi; dalla vischiosità della natura, a quella della storia: tra banditismo, separatismo, e connivenze malavitose. La temperatura della scrittura cambia gradazione. Si accende nel seppiato delle rievocazioni. Si stempera nel bianco e nero dell'inchiesta.

Maruzza Musumeci

«Mi sono voluto riraccontare una favola. Perché in parte la storia del viddrano che si maritò con una sirena me l’aveva già narrata, quand’ero bambino, Minicu, il più fantasioso dei contadini che travagliarono nella terra di mio nonno».

La storia comincia a Vigàta nel gennaio del 1890. Gnazio ritorna dall’America dopo 25 anni di assenza. Ci era andato a lavorare giovane perché in paese era rimasto solo. Sapeva solo arrimunnari gli alberi, ma alla perfezione tanto da essere assunto a New York come giardiniere. Poi, una brutta caduta da un pino, i soldi dell’assicurazione e il ritorno a Vigàta con un piccolo gruzzolo, sufficiente a comprare un pezzo di terra. Se ne era innamorato subito Gnazio, perché al centro di quella terra, stretta tra cielo e mare, troneggiava un ulivo secolare, la gente diceva che aveva più di mille anni. La terra era rinata con le sue amorevoli cure, rivoltata e bagnata, popolata di animali, abbellita da una costruzione tirata su pietra su pietra e ora a 45 anni Gnazio era desideroso di farsi una famiglia.
E’ l’esperta di erbe e guarigioni, la vecchia Pina, a trovargli una moglie - Maruzza Musumeci bella come il sole. Chi sa perché quella ragazza non aveva mai trovato marito. Forse per certe sue stramberie? Per quella voglia irrefrenabile di acqua di mare, per quella lingua straniera che le fioriva in bocca? E poi la voce di Maruzza, una voce che era una melodia. Le nozze, poi i figli. La famiglia di Gnazio e Maruzza cresce, prima nasce Cola, poi Resina, anche lei dalla voce ammaliante, poi Calorio e Ciccina, e cresce anche la casa… Non vogliamo anticipare altro di questa favola che attraversa un secolo e che si conclude nel 1943 alla morte di Gnazio.
Vi si intrecciano mito e storia, ma anche arte, architettura, astrologia. Una fantasia sconfinata imbrigliata nel racconto di una vita vissuta intensamente. Il più poetico romanzo di Camilleri.

Bisogna «chiudere gli occhi “pi vidiri le cose fatate”, quelle che normalmente, con gli occhi aperti, non è possibile vedere ».


Questo «cunto» è una maneggevole sto­ria naturale delle Sirene. E anche una «storia morale». La vicenda si svolge a Vilgàta, tra Ottocento e Novecento. In contrada Ninfa, che è una lingua di ter­ra sul mare: un'isola immaginaria, odis­siaca, che figura ancora sulle rotte dei mi­tici navigatori; ed è visitata dai sogni in­compiuti e dalle metamorfosi di pesca­tori, naiadi, e creature marine. Le Sire­ne non sono pesci con il rossetto. Sono donne feconde, terribilmente seducenti. Vivono tra gli uomini. Abitano gli stessi luoghi, ma non vivono nello stesso tem­po. Vengono da una profondità di mil­lenni: sono troppo vecchie o troppo gio­vani, al di sopra della vita e della morte. Hanno uno sguardo lungo sul passato. E un'immota fissità di ricordi. Non hanno dimenticato 1'offesa di Ulisse. Sono le ve­stali e le vittime del loro segreto. Il ran­core e il desiderio di vendetta risveglia­no in esse l'animalità selvaggia. Cercano però un'uscita dalla ferinità, per entrare nel tempo degli uomini. Il «cunto» di Ca­milleri è una poetica favola vichiana. Maruzza e !a sua bisnonna parlano in gre­co tra di loro. Ed è sui versi dell'Odissea che le due Sirene verificano eventi ed emozioni. Il loro canto è sensuoso. Ma sa essere pure un complotto d'acque, un irresistibile richiamo di onde e scogli. Maruzza e la bisnonna si disfanno dei fantasmi finalmente sconfitti di Ulisse e della sua genìa. E individuano nel brac­ciante e muratore Gnazio Manisco, che dall'America è tornato nella sua Itaca vi­gatese, odiando il mare e viaggiando sempre sotto coperta, un anti-Ulisse. Maruzza si sposa con Gnazio. Felice­mente. Comincia la vita nuova di una Sirena con marito e figli. La famiglia del­la Sirena convoglia cielo e mare. Il primogenito Cola diventa astronomo. Sco­pre una stella. La chiama Resina, con il nome di sua sorella, la Sirenetta. Nel 1940, Cola rientra dall'America nell'I­talia in guerra. La sua nave viene affon­data. La Sirenetta corre dal fratello. Con lui si inabissa per sempre, là dove si apre una grotta dentro una campana d'aria. In quella grotta la letteratura aveva già portato l'avvocato Motta di un romanzo di Soldati. In quella «dimora» aveva realizzato il suo «sogno di sonno» l'ellenista Rosario La Ciura del raccon­to La sirena di Lampedusa. La guerra ha i suoi naufraghi. Un giovane soldato americano finisce sull'isola immagina­ria di Vigàta. E steso sotto un ulivo sa­raceno. Prima di morire accosta all'o­recchio la grande conchiglia indiana del­le Sirene. Muore consolato dal canto della bisnonna e della Sirenetta. Le Si­rene non uccidono più. Amano e soc­corrono. Come nel racconto di Lampe­dusa. E come nella Sirenetta di Andersen. Il «cunto» di Camilleri è, infine, e sorprendentemente, un «cunto de li cunti».
Salvatore Silvano Nigro


Il tailleur grigio


Quando Adele uscì, restò immobile, le narici allargate al massimo, a cogliere il lieve sciauro della sua pelle che ancora si sentiva nello studio

Nel corso della sua lunga, irreprensibile carriera, un alto funzionario di banca ha ricevuto tre lettere anonime.
Adesso, nel primo giorno della sua nuova vita da pensionato, le ha allineate davanti a sé. Le prime due sono vecchie di decenni, l'ultima è recente e insinua dubbi sulla fedeltà della sua giovane e bellissima seconda moglie, Adele.
È lei, Adele, la protagonista di questo romanzo: una splendida femme fatale che ama indossare, in alcune particolari circostanze, un castigato tailleur grigio. Un vestito che assume un profondo significato simbolico. Un significato che forse sarebbe molto meglio non conoscere mai...
La letteratura di Camilleri è ricchissima di figure femminili, sempre seguite con una partecipazione amorevole, una sorta d'indulgente, quasi sorniona, profonda adesione alle loro carnali debolezze, una incuriosita attenzione all'attimo del cedimento, quando i freni inibitori si allentano per passione, per vendetta, per un semplice capriccio; per un attimo o per sempre; per malizia, per calcolo o per esplosione dei sensi.
Pochi scrittori come Camilleri hanno saputo seguire il ritmo del corpo e il battito dell'anima femminile. In queste pagine del più "francese" dei suoi romanzi, in questa affascinante, temibile Adele accarezzata dalla scrittura come da mani appassionate e al tempo stesso intimorite, si sentono echi di Maupassant, del Pierre Louÿs di La donna e il burattino e di tutti i classici della letteratura e del noir che ci hanno fatto sognare su certe dark ladies tanto incantevoli da amare nella finzione quanto pericolose da incontrare nella realtà.

 

Montalbano

Le Commissaire Salvo Montalbano,de la Police d'Etat, est le héros d'une série de romans et de récits publiés par Andrea Camilleri qui se caractérisent par l'utilisation d'une langue italienne fortement contaminée par des éléments de dialecte sicilien et par le soin particulier apporté à la peinture de la société sicilienne.

L'action se déroule à Vigata, dans la province de Montelusa (deux noms de fantaisie qui correspondent en réalité respectivement à Porto Empedocle et Agrigente). Ses proches collaborateurs sont son adjoint Domenico Augello, ami qu'il nomme affectueusement du diminutif de Mimì, l'inspecteur Fazio, très efficace, l'agent Catarella, le standardiste simplet et sympathique.
Montalbano a une fiancée, Livia, qui vit à Boccadasse, quartier de Gênes.

Montalbano est un commissaire sui generis, d'une grande intelligence, qui déploie une réelle habileté pour dénouer les intrigues les plus compliquées et difficiles. Il sait se dépêtrer de la machine bureaucratique de l'appareil d'Etat, qu'il sert avec une grande loyauté. Il a quelques faiblesses, telles que son goût pour la bonne cuisine, son attachement quasi charnel à sa terre et sa conception très personnelle du respect de la loi.

Les recueils de nouvelles

Selon l'auteur, après La vampa d'agosto seront publiés deux autres aventures du commissaire, Il campo del vasaio et enfin Riccardino.

Les trames

Il ladro di merendine

Il ladro di merendine

Le commissaire Montalbano enquête sur la mort du comptable La Pecora, à laquelle il réusiit à relier la dispaarition d'une femme marocaine et de son fils, François, que le commissaire hébergera chez lui après la mort de sa mère.


Dopo la forma dell'acqua e il Cane di terracotta questo e' il terzo "giallo" di Andrea Camilleri ad avere come protagonista Salvo Montalbano, il comissario di stanza a Vigata, "il centro piu' inventato della Sicilia piu' tipica". Questa volta montalbano - si preoccupa peraltro di evitare la promozione a vicequestore, che significherebbe compromissione burocratica e rinuncia ai propri capricci investigativi - sospetta l'esistenza di un collegamento tra due morti violente: quella di un tunisino imbarcato su di un motopeschereccio di Mazzara del Vallo e quella di un commerciante di Vigata accoltellato dentro un ascensore. Per Cmailleri la Sicilia di oggi e' fonte continua di ispirazione e di scoperta, di intrecci di romanzo poliziesco e di osservazioni su di un costume magari inquietante ma certamente non statico; soprattutto gli suggerisce un linguaggio, una parlata mai banale ne' risaputa. Tutto il contrario delle metafore viete e irritanti adoperate degli uomini dei servizi segreti con i quali Montalbano si trova a scontrarsi duramente: figure retoriche sempre piu' incapaci di reggere il discorso della "ragion di stato" quando ormai, come osserva il nostro commissario, "praticamente serviamo due stati diversi".

 

La voce del violino

Michela Licalzi est trouvée nue et assassinée par étouffement. Principal suspect, un jeune homme qui éprouvait une passion morbide pour la jeune femme. Au centre de l'intrigue, un violon de collection.

La forma dell'acqua

La forma dell' acqua

Il primo omicidio letterario in traa di mafia della seconda repubblica - un omicidio eccellente seguito da un altro, secondo il decorso cui hanno abituato le cronache della criminalita' organizzata - ha la forma del'acqua ("Che fai?" gli domandai. E lui, a sua volta, mi fece una domanda. Qual'e' la forma dell'acqua?". "Ma l'acqua non ha forma!" dissi ridendo: "Piglia la forma che le viene data"). prende la forma del recipiente che lo contiene. E la morte dell'ingegnere Luparello si spande tra gli alambicchi ritorti e i vasi inopinatamente comunicanti del comitato affaristico politico- mafioso che domina la cittadina di Vigata, anche dopo il crollo apparente del vecchio ceto dirigente. Questa e' la sua forma. Ma la sua sostanza (il colpevole, il movente, le circostanze dell'assassinio) e' piu antica, piu' resistente, forse di maggior pessimismo: piu' appassionante per un perfetto racconto poliziesco. L'autore del quale, Andrea Camilleri, e' uno scrittore e uno sceneggiatore che pratica il giallo e l'intreccio con una facilita' e una felicita' d'inventiva, un' ironia e un'inteligenza di scrittura che - oltre il divertimento severo del genere giallo - appartengono all'arte del raccontare. cioe' all'ingegno paradossale di far vedere all'occhio del lettore cio' che si racconta, e di contemporaneamente stringere con la sua mente la rete delle sottili intese.

Il cane di terracotta

l solito delitto di mafia, misterioso e intricato, a Vigata, cittadina fantastica e metaforica in terra di Sicilia, dove Camilleri ambienta il suo secondo romanzo giallo, con protagonista il commissario Montalbano. Occhio e intelletto di giustizia, Montalbano risolve le sue inchieste, si direbbe, per affinita' ambientale: e' cosi' perfettamente siciliano che ogni indizio per lui si trasforma in univoco messaggio di un codice conosciuto, da decrittare simbolo per simbolo, come una lingua arcaica che continua a parlare in forme nuove. Ma stavolta, in coda al delitto di mafia, se ne trova un altro, piu' conturbante e rituale: due cadaveri di giovani amanti abbracciati, nel doppio fondo di una grotta, sorvegliati da un enorme cane di terracotta. Un omicidio di cinquant'anni prima. E montalbano indaga, con l'aiuto di una compagnia volenterosa di vecchietti: "un'indagine in pantofole, in case d'altri tempi, davanti a una tazza di caffe'". La Sicilia e' terra che da sempre si presta al genere giallo e poliziesco, cui fornisce il suo teatro di contrasti e di arcaismi. Camilleri, pero', del giallo siciliano e' in senso proprio, un innovatore. Ujna grazia particolare di raccontare, una lingua che si modula senza sforzo e fastidi sul dialetto, una potenza di comicita', ma soprattutto vi aggiunge l'intuizione completa dei nuovi scenari, quel miscuglio di culture millenarie con cio' che i sociologi denominano "modernizzazione senza sviluppo".

La gita a Tindari

"Autocontrollo? Mancanza di sensibilità. No, certamente la ragione era più semplice: la differenza d'età. Lui era un cinquantino e Mimì un trentino. Augello era già pronto per il 2000 mentre lui non lo sarebbe mai stato. Tutto qua. Augello sapeva che stava naturalmente trasendo in un'epoca di delitti spietati, fatti da anonimi, che avevano un sito, un indirizzo su Internet o quello che sarebbe stato, e mai una faccia, un paro d'occhi, un'espressione. No, troppo vecchio oramà". Sta invecchiando il commissario Montalbano? No, non e' questo. E' l'amarezza per un caso dai retroscena sconcertanti e orrendi. E' il saluto del nuovo secolo a questo Maigret siculo, più colto, più teso e irregolare (più "nirbùso e squieto" direbbe Camilleri, nella sua lingua giocosamente protesa alla ricerca della musica più antica dell'italiano). Egli indaga tra l'immaginaria Vigàta e Tindari, il promontorio a picco sul mare "col piccolo, misterioso teatro greco e la spiaggia a forma di una mano con le dita rosa". Un triplice omicidio è avvenuto - un giovane dongiovanni che viveva al di sopra dei suoi mezzi apparenti, due anziani pensionati seppelliti in casa che improvvisamente decidono una gita a Tindari. Li collega, sembra, solo un condominio. Ma Montalbano ha una maledizione, sa leggere i segni che provengono dall'antichissimo che vive nel modernissimo continente Sicilia: lo aiutano un vecchio ulivo contorto, la sua squadra, la svedese Ingrid, un libro di Conrad, e un Innominato senza pentimento. La gita a Tindari, assai più di un semplice giallo (come sempre con Camilleri), ha la felicità e la facilità della commedia. Come se il processo ideativo e fantastico iniziasse - così credeva Aristotele - dall'occhio, dalla vista. Si apre una quinta e spunta un personaggio con una scansione perfetta dei tempi, e ciascuno ha un carattere che lo fa uscire, vivido e completo, dal fondale: e non solo i personaggi principali, ma anche la vicina che compare una volta sola, i vecchietti della gita, i picciotti di guardia al boss, gli avventori del ristorante. E al di là del fascino della lingua, della consonanza con l'universo metaforico siciliano, della suggestione dell'intreccio, ogni pagina offre un momento di divertimento letterario.

Gli arancini di Montalbano

Montalbano n'a pas très envie d'aller passer le réveillon à Paris avec sa fiancée Livia. Il fête finalement la fin d'année avec sa bonne Adelina et les deux fils de celle-ci évadés de prison...

Il senso del tatto

Montalbano enquête sur la mort de Enea Piccolomini, un aveugle à qui on a administré une dose mortelle de médicaments. Des vacances sur l'île de Levanza lui offriront l'opportunité d'approfondir ses recherches.

L'odore della notte

Le banquier Gargano a disparu et avec lui l'argent que de nombreux habitants de Vigàta lui avaient confié...

Il gatto e il cardellino

Trois vieilles dames sont agressées par un voleur à moto. Montalbano découvrira qu'il tire volontairement à côté pour tuer vraiment une femme riche...

Il giro di boa

Le commissaire est perturbé par les nouvelles provenant de Gênes ; il pense même à démissionner. Il assiste à l'arrivée d'une barque de clandestins parmi lesquels un enfant lui rappelle François. Quelques jours plus tard il découvre que cet enfant a été tué, et qu'il aurait pu lui éviter cette mort. Enfin il cherche l'identité d'un cadavre retrouvé par lui dans la mer devant sa maison...

La pazienza del ragno

Sur une route, on retrouve le scooter abandonné d'une jeune fille. Montalbano est aidé par le fiancé pour retrouver la jeune fille.

Le ali della sfinge

Non è un buon momento per il commissario Montalbano: con Livia continui litigi, incomprensioni ingigantite dalla distanza, nervosismo. Passato e futuro si ammantano nei suoi pensieri di una vaga nostalgia. E in una di queste serate di malinconia viene chiamato d’urgenza. In una vecchia discarica è stato trovato il cadavere di una ragazza. Nuda, il volto devastato da un proiettile, niente borse o indumenti in giro. Solo un piccolo tatuaggio sulla spalla sinistra - una farfalla - potrebbe favorire l’identificazione della donna. Parte l’indagine con un Montalbano svogliato, stanco di ammazzatine. Ma il caso lo trascina: ci sono altre ragazze con una farfalla tatuata sulla scapola, sono tutte dell’Europa dell’est, hanno trovato lavoro grazie all’associazione cattolica “La buona volontà” che le ha salvate da un destino di prostituzione. Montalbano non si fa persuaso. C’è qualcosa di poco chiaro all’interno di quell’organizzazione benefica? E mentre l’inchiesta va avanti il commissario è incalzato da ogni parte: dal vescovo, che non ammette ombre su “La buona volontà”, dal questore, che non vuole dispiacere al vescovo, da Livia, che vuole partire con lui per ritrovarsi. Tutto si muove sempre più velocemente, alla ricerca della soluzione e il commissario ha fretta, di concludere, di andarsene.
La consueta felicità e facilità di scrittura si combina nelle “Ali della sfinge” con uno splendido poliziesco: audace, ben congegnato, con quei rimandi all’oggi che ne fanno un giallo struggente e pieno di umanità.

Ci sono i consueti ingredienti delle inchieste del commissario Montalbano, in questo nuovo romanzo di Camilleri: i chiardiluna legislativi, i lorsignori della politica, i lasciti di un governo gaglioffo, la prolissa incompetenza dei superiori, le calandrinate verbali di Catarella; gli stranguglioni, le làstime, i teatrini, le esche bugiarde, e la sensualità golosa del commissario. Ma in una diversa ricomposizione, ora: attraversati come sono da un'insidia segreta, che viene dal retrosguardo abissale di un Montalbano che avanza nella gravedine degli anni ed è giunto alle «sabbie mobili» del suo celibato adultero con Livia; ed è incistata nell'infarto subìto dal senso della realtà, allorché i «mostri» sembrano mulini a vento, la «provvidenza» è un prestanome criminale, i campi d'accoglienza per gli immigrati sono dei lager, i sequestri di persona possono essere anche messinscene da operetta, e la «Buona volontà» costituita da anime cosiddette pietose è un associazione a delinquere specializzata nella tratta e nello sfruttamento delle nuove schiave. In una discarica è stato trovato il cadavere di una giovane russa, marchiato da un tatuaggio. La farfalla, tatuata sulla scapola della vittima, è una «sfinge»: una farfalla migratoria e notturna, come le nuove schiave. Montalbano, per risolvere il caso, dovrà «cataminarsi tra monsignori e anime devote», in questo romanzo improntato dalla matematica del doppio. Dalla sfuggente doppiezza della realtà, alla duplicazione dei casi, al bivio delle scelte, alla scissione della personalità, alle due ali apparenti della «sfinge» che di fatto sono quattro: come quattro sono le schiave-farfalle. La labilità irrequieta di Montalbano si esibisce in pantomime solitarie; nella dissociazione tra un io che tende a cedere agli alibi della vecchiaia, un secondo io che si oppone, resiste, e irride; tra la sensibilità ipotetica di un fauno e quella di un casto Giuseppe. Quando il commissario crede di essersi ricomposto nell'unità di una decisione, e si precipita all'incontro con la sua metà, la trama gli riserva una sgambata. E si divarica tra la corsa di Montalbano che va in una direzione, e la corsa di Livia che va nella direzione opposta. Come accadeva nei poemi cavellereschi di una volta; e nei romanzi ottocenteschi decisi dalla eterogenesi dei fini. L'architettura romanzesca ironizza su se stessa. Si diverte. E diverte. Malgrado tutto.

Un covo di vipere

Publié fin 2013, ce nouveau Montalbano ne déroge pas aux précédents : une histoire un peu improbable, prétexte à des passages savoureux (avec le pm Tommaseo, le “signori e guistori” Bonetti-Alderighi, le légiste Pasquano dont le rêve serait de faire l'autopsie de Montalbano, les disputes avec Livia, l'aversion réciproque de celle-ci et d'Adelina...)

La vampa d'agosto

Caldo torrido, calore estenuante, sole implacabile: è questa la vampa del mese più infuocato della torrida estate siciliana, ma è anche l’ardore e la passione che infiammano Montalbano.
Siamo in agosto, Mimì Augello ha dovuto anticipare le ferie e Montalbano è costretto a rimanere a Vigàta. Livia vorrebbe raggiungerlo, ma per non restare sola, con Montalbano sempre al lavoro, pensa di portare con sé un’amica (con marito e bambino) e chiede a Salvo di affittare una casa sul mare per loro. La vacanza scorre nella bella villetta sul mare, silenziosa, verde. Ma un giorno il bambino sparisce e proprio non si trova. Montalbano accorre e scopre in giardino un cunicolo che rivelerà clamorose sorprese tra cui un baule con il cadavere di una ragazza scomparsa sei anni prima.
Finita la brutta avventura con il ritrovamento del bambino, Livia e gli amici ripartono, tutti troppo impressionati per restare a Vigàta. E il commissario inizia l’indagine. Difficile perché il caldo non lascia requie, bollente come la passione amorosa di cui rimane in balia.
Un giallo perfetto un Montalbano istintivo, ma alla fine anche malinconico, a interrogarsi su di sé e sul suo futuro. Tutt’intorno Vigàta d’agosto stretta tra pietre infuocate e mare.  

«Natava e chiangiva. Per la raggia, per l’umiliazione, per la vrigogna, per la sdillusione, per l’orgoglio ferito […]
Tutto un tiatro, tutta una finzione.
E lui, vecchio, alluciato dalla billizza e perso darrè a quella giovintù che l’imbriacava, c’era caduto, a cinquantacinco anni sonati, come un picciliddro.
Natava e chiangiva».

Mentre vampeggia l'estate, e l'intormentimento canicolare ottenebra e infiacchisce, un'esalazione sepolcrale genera creature maligne. Un villino spiritato e ominoso rovescia il suo inferno segreto; e dalle camere interrate, dalla sua metà sepolta, dal tenebrore, libera un marasma schifoso di blatte (landolfiane), di topi, e di ragni. È il lato oscuro che irrompe nell'incandescenza. Così come nella "civiltà" si ridesta la barbarie, con i suoi corollari di violenze e inquinamenti, di raggiri e viziosità. Il villino è una menzogna architettonica prodotta dall'abusivismo edilizio. E, nelle more del condono, occulta il pianoterra: che è stato teatro di una sevizia crudele, consumata sul corpo innocente di una minorenne. Le stanze buie nascondono a loro volta, dentro un baule, il cadavere della vittima. Sono un ipogeo. Un'appiccicosa ragnatela di connessioni criminali invischia il villino: "parentele perigliose, collusioni tra mafia e politica, tra mafia e imprenditoria, tra politica e banche, tra banche riciclaggio e usura". Il commissario Montalbano vuole venire a capo di tutto, in questo romanzo a palinsesti sconcertato da cose e persone cha hanno un doppio gemellare: un rovescio, che viene dal profondo, enigmatico e insidioso. Persino "la vampa d'agosto" si rivela un "foco diavolisco", un sortilegio che abbaglia e allucina: raddoppia la rabbia del commissario, lo fa essere diverso da sé, gemello a se stesso, e gli accende un'emotività amorosa parallela a quella a lui consueta, e diversa. Montalbano ha cinquantacinque anni. L'incipiente vecchiaia gli ditta dentro, malinconica. Con un po' di sordità e di tardanza. E con una nostalgia della giovinezza, che lo espone ai colpi di sole. Se il romanzo giallo è solo un "passatempo enigmistico", un genere giocattoloso che induce il lettore a salire sulla "macchina", a indovinare gli ingranaggi, e a correre alla soluzione per appagarsi, La vampa d'agosto non è un romanzo giallo. O lo è in modo anomalo. Dentro la sua trama, il lettore frena la corsa. Si attarda e si turba. Si lascia distrarre da una segnaletica truccata. Va fuori strada. Non vuole arrivare alla fine. Tenta di allontanarla. Ha paura di sapere come va a finire. Forse il commissario Montalbano... Sì, può piacere non saperlo.
Salvatore Silvano Nigro

L'età del dubbio

«Ho consegnato a Sellerio 5 mesi fa un nuovo romanzo di Montalbano, "L'età del dubbio", dove il commissario consiglia a una ragazza di leggere "La solitudine dei numeri primi" di Paolo Giordano».
(Andrea Camilleri, da un'intervista a Sky TG24, luglio 2008)

Nel corso di questo nuovo caso - la più marina delle indagini di Montalbano l'ha definita Camilleri - che si svolge tutto nel porto di Vigàta, tra yacht e cruiser, il lettore resterà colpito dal cambiamento che si è verificato nel commissario, come se Camilleri avesse voluto scavare più intensamente dentro i sentimenti del suo beniamino.
Una mattina viene trovato nel porto di Vigàta un canotto, all'interno il cadavere sfigurato di un uomo. L'ha riportato a riva un'imbarcazione di lusso, 26 metri, abitata da una disinvolta cinquantenne e da un equipaggio con qualche ombra. Proprietaria e marinai devono trattenersi a Vigàta fino alla fine dell'inchiesta sul morto (ammazzato col veleno stabilisce l'autopsia), ma intanto è proprio su di loro che Montalbano vuole indagare. Le carte di bordo parlano di continui spostamenti da un porto all'altro di mezzo mondo, e il potente motoscafo ormeggiato al suo fianco, "L'asso di cuori", non si è mosso di meno.
A leggere carte nautiche e libretti di bordo collabora il tenente della capitaneria Laura Belladonna. Qualcosa di più del suo cognome, non bella, ma bellissima, di gran simpatia, allegra, la risata come una cascata di perle. Montalbano si accorge allora che questa persona potrebbe cambiare tutta la sua vita, ma per fare questo bisognerebbe mandare "via la coscienza, via ogni dubbio, via la ragione".
Questa volta il commissario - e come lui il tenente Belladonna - ha la sensazione di essere a una svolta della propria esistenza e questa consapevolezza lo spinge a leggere dentro di sé come non ha mai fatto, con onestà e una sorta di spietatezza.


Montalbano è un notturnista. Scava il buio della notte. Vi apre un labirinto di specchi. E si sperde nei meandri, mentre insegue il proprio riflesso: le premonizioni e gli ammonimenti della sua buona e della sua cattiva coscienza. Il contatto cieco con gli incubi costringe Montalbano a stare in allarme, e a tenersi costantemente d’occhio: ora attore, ora spettatore della propria vita; sgomento sempre, per quell’alitargli addosso della notte; per quell’emanazione di morte, che sulla trama della vita incide come astuzia atrocemente giocosa che rovescia le false evidenze della realtà e riporta a dritto ciò che i sogni hanno acceso a rovescio. C’è un di più, in questo romanzo, rispetto agli altri di Montalbano. L’untuosità fanatica del dottor Lattes si fa più assillante; assesta colpi di bontà, che imprevedibilmente esplodono come mine. I fragorosi passi d’entrata e le chicchiriate di Catarella, del trafelato fante degli sfondoni e dei capitomboli linguistici, risuonano ora con più allucinata selvatichezza. Livia è sempre più lontana e irritabile. E con lei, al telefono, Montalbano è costretto a masticare un segreto che gli brucia le labbra. Si è incrinato l’autocontrollo del commissario. Montalbano vive il «dolce error» che fu di Petrarca. Una nuova Laura, «bella donna» anch’essa, come quella del poeta, ma in divisa di ufficiale di marina, lo fa petrarcheggiare: a ricalco, persino nell’«invidia». Se quello di Petrarca fu «giovenile errore», quello di Montalbano è quasi, però, di terza età. Il commissario e il tenente Laura collaborano alla stessa inchiesta che, in un intrigo internazionale, e con concorso di agenti segreti che al Kimberley Process fanno riferimento per il controllo del traffico di diamanti, convoglia, attorno a un cadavere sfigurato e a un passaporto falso, gli equipaggi di uno yacht e di un motoscafo. L’amore è un fantasma. Ma quel fantasma è la verità che manda a fuoco il commissario. E gli suggerisce un azzardo d’azione, alla James Bond. Il commissario trionfa, con la sua azione. Ma l’uomo Montalbano è sempre più solo. Prostrato, si piega su se stesso: sulle proprie ferite.
Salvatore Silvano Nigro

 

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Umberto Eco

J’intègre enfin Umberto Eco à cette rubrique sur la littérature italienne. C’est pourtant depuis longtemps l’un de mes auteurs favoris, mais c’est un tel monument de la culture mondiale que c’est difficile de l’aborder en un court article.

Les romans

Le Nom de la rose

Sur les conseils d'un ami, je me suis lancé - d'abord, je l'avoue, avec quelque difficulté - dans Le Nom de La Rose, qui, passé les 100 premières pages, m'a passionné. Quelque temps plus tard, je me suis procuré la version originale en italien.

Le Nom de la rose est une histoire en sept chapitres, chiffre symbolique qui représente le nombre de jours et d'étapes de l'enquête ainsi que le nombre (approximatif !) de morts. Ce "polar médiéval" se situe en 1327, alors que la chrétienté est divisée entre l'autorité du pape Jean XXII et celle de l'Empereur Louis IV du Saint-Empire. L'ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville se rend dans une abbaye bénédictine, située entre la Provence et la Ligurie, accompagné par son novice Adso qui est le narrateur. Dans un climat de conflit théologique entre les franciscains et l'autorité pontificale au sujet de la pauvreté du Christ – servant avant tout de façade au conflit politique entre le pape et l'empereur – l'ancien inquisiteur doit reprendre sa charge à la demande de l'abbé, à la suite de la mort suspecte d'un des moines. Rapidement, l'apparent suicide prend des allures de plus en plus inquiétantes. Lorsque l'inquisiteur dominicain Bernardo Gui se rend à l'abbaye à la demande du pape, et commence à se mêler à l'enquête, cela est loin d'arranger les choses.

Le Nom de la rose se présente à la fois comme mystère médiéval, pastiche du genre policier, exposé de la philosophie médiévale et de la réflexion morale. Au-delà de cette enquête, on peut retenir de ce roman le combat d'un homme contre l'obscurantisme, un plaidoyer pour la liberté et le savoir. En parallèle, l'auteur donne libre cours à de nombreuses réflexions sur cette époque, le rôle de l'église et des confréries, la peinture et l'art en général, l'objectivité scientifique contre la subjectivité de la foi religieuse.

Le Nom de la rose fait aussi quelques allusions à la sémiotique qui s'interroge sur le dégagement progressif de symboles à partir de signes, symboles qui à leur tour sont interprétés par la société et la structurent. Le roman révèle des pistes à décoder pour le lecteur mais, au fur et à mesure que le lecteur s'enfonce dans les significations plus profondes, la part de mystère devient secondaire.

Par ailleurs, Eco multiplie les références cachées à la littérature occidentale passée et actuelle. Par exemple, l'arrivée de son héros et ses fines déductions, dignes de Sherlock Holmes.

J'ai dévoré ensuite - en italien cette fois - Il Pendolo di Foucault.

Le Pendule de Foucault

Dans le Pendule, Umberto Eco entraîne son lecteur dans une folle aventure au cœur de l’histoire, à la recherche du légendaire secret des Templiers. Le livre débute par les déambulations du narrateur, Casaubon, par les salles du Conservatoire des Arts et Métiers, à Paris. Le but recherché : se laisser enfermer là pour y passer la nuit de la St-Jean et voir si, réellement le "Plan" existe. Ce "Plan", Casaubon en a entendu parler quelques années auparavant, du temps où il écrivait une thèse sur les Templiers et que sa connaissance du sujet avait retenu l’attention de deux habitués du bar qu’il fréquentait alors, dans l’Italie de 1968. Le commandant Ardenti qui lui avait dévoilé le Plan, ainsi qu'à ses amis Jacopo Belbo et Diotavelli, avait un jour mystérieusement disparu - avec le manuscrit qui évoquait le "Plan". Assassiné, probablement. Mais par qui ? ... Les trois amis tenteront de déchiffrer un étrange message qui pourrait indiquer l’endroit où se trouve le dernier refuge des chevaliers du Temple. Leurs tribulations remueront d’une façon inquiétante le passé ce qui leur occasionnera beaucoup de désagréments pour employer un euphémisme !

Un ouvrage bien différent du célébrissime "Nom de la Rose" et cependant tout aussi attachant pour peu que l’on accepte l’éternel jeu de cache-cache dans lequel nous entraîne Eco. Les apparentes digressions du début du livre n'apparaîtront plus comme telles à la fin.

"Le Pendule de Foucault" est un extraordinaire mélange de genres : intrigue mystérieuse, survol érudit des grands courants religieux et philosophiques, quête d’un impossible Graal qu’on ne peut, en fait, découvrir qu’en soi-même et au prix de bien des dépouillements. Le tout parcouru par la continuelle ironie d'Umberto Eco.

Comme le précédent, ce roman est riche en érudition et en références historiques. On peut s’y perdre mais on s'y retrouve toujours.

A côté des passages "culturels", le talent de conteur d'Eco donne sa pleine mesure quand par exemple il évoque l’enfance villageoise de Belbo. Les cent dernières pages sont palpitantes.

Après Le Pendule, j'ai lu chaque roman du maître, de préférence en italien.

L'île du jour d'avant

L’histoire d’un noble au XVIIe siècle naufragé sur la ligne de changement de date.

Baudolino

L’histoire d’un jeune paysan piémontais adopté par l’empereur Frédéric Ier Barberousse et ses aventures incroyables.

La Mystérieuse Flamme de la reine Loana

Ce roman, malgré ses illustrations en couleurs, est dominé par le brouilard. Yambo se réveille dans le brouillard, après un accident qui lui a fait perdre la mémoire. L’accompagnant dans la lente récupération de ses sens, sa femme le convainc de retourner dans sa maison de campagne où il a conservé les livres qu’il lisait quand il était enfant, ses cahiers d’écolier, ses disques....

Le Cimetière de Prague

L’histoire d’un voyageur affabulateur qui a contribué à la création des Protocoles des Sages de Sion.
Le récit se fonde en partie sur le journal tenu en 1897-98 par le « capitaine » Simonini, un faussaire italien réfugié à Paris. Troublé par d'étonnants trous de mémoire et, surtout, par l'intrusion, dans son appartement et dans son propre journal, d'un mystérieux alter-ego, l'abbé Dalla Piccola, Simonini mène une introspection afin de dissiper sa confusion. Il est ainsi amené à rédiger ses souvenirs, entrecoupés par les interventions de l'abbé et les tentatives de synthèse du narrateur.

Numero zero

En 1992, à Milan, un groupe de journalistes, cinq hommes et une jeune femme, sont embauchés pour créer un nouveau quotidien qu’on leur promet dédié à la recherche de la vérité, mais qui se révèle un pur instrument de calomnie et de chantage.
« L’ombre de Mussolini, donné pour mort, domine tous les événements italiens depuis 1945 » : est-ce là le délire d’un journaliste d’investigation paranoïaque ? Mais alors, pourquoi le retrouve-t-on assassiné un beau matin ?
Attentats, tentatives de coups d’Etat, empoisonnements, complots, stratégie de la manipulation, de la désinformation et de la tension : quand tout est vrai, où est le faux ?
Umberto Eco nous livre une critique ironique et plutôt désabusée de la presse, à travers une poignée de journalistes tocards qui ne fabriquent pas vraiment un journal mais un "numéro zero".
Eco entremêle des faits réels avec son intrigue pour construire un ensemble parfaitement cohérent.

Biographie

Né le 5 janvier 1932 à Alexandrie dans le Piémont (Italie), Umberto Eco est avant tout un grand érudit et homme de culture. Universitaire (titulaire de la chaire de sémiotique et directeur de l’École supérieure des sciences humaines à l’université de Bologne dont il est professeur émérite depuis 2008) reconnu pour ses nombreux essais universitaires sur la sémiotique, l’esthétique médiévale, la communication de masse, la linguistique et la philosophie, il est surtout connu du grand public pour ses œuvres romanesques.

Diplômé en philosophie en 1954 à l'université de Turin (avec une thèse sur Thomas d'Aquin), il s'intéresse dans un premier temps à la scolastique médiévale (Sviluppo dell'estetica medievale, 1959), puis à l'art d'avant-garde (L'Œuvre ouverte, 1962) et à la culture populaire contemporaine (Apocalittici e integrati,1964). Il rencontre un succès immédiat en Italie.
Devenu ensuite un pionnier des recherches en sémiotique (La Structure absente, 1968, Trattato di semiotica generale, 1975), il développe une théorie de la réception (Lector in fabula, The Limits of Interpretation, The role of the Reader) qui le place parmi les penseurs européens les plus importants de la fin du XXe siècle.
Son premier roman, Le Nom de la rose (1980) connaît un succès mondial avec 17 millions d'exemplaires vendus à ce jour et des traductions en vingt-six langues, malgré un contenu dense et ardu. Umberto Eco met en application dans ce « policier médiéval » ses concepts sémiologiques et ses théories du langage.
Son deuxième roman, Le Pendule de Foucault (1988) connaît également un énorme succès, quoique pour des raisons inverses : le public, guidé par Eco, part à la découverte de symboles énigmatiques ou prophétiques, à rebours de la dénonciation de l'ésotérisme qui est pourtant le propos de l'auteur, mais celui-ci démontre par la même occasion que le lecteur est libre de ses interprétations (théorie qu'Eco continue de développer dans ses œuvres théoriques sur la réception, Les Limites de l'interprétation en 1990). Le livre tourne d'ailleurs en ridicule l'interprétation à outrance des faits avérés ou légendaires de l'histoire, en tirant avec un égal succès des dimensions d'un simple kiosque à journaux le même genre d'informations de portée cosmique que certains se croient fondés à lire dans celles de la pyramide de Khéops.
Umberto Eco donne également des conférences sur ses théories de la narration en littérature, Six promenades dans les bois du roman et d'ailleurs (1996), sur la traduction, Experiences in translation (2000), et sur la littérature, De la littérature (2003).
Tout au long de sa carrière, il écrit régulièrement dans des quotidiens et des hebdomadaires des chroniques sur des sujets de l'heure, avec un souci de « débusquer du sens là où on serait porté à ne voir que des faits ».

Bibliographie

Romans

Tous les romans sont traduits par Jean-Noël Schifano.
Il nome della rosa (1980) – Traduction française Le Nom de la rose - Grasset, 1982 - (prix Strega, Prix Médicis étranger). Un roman policier médiéval dont a été tiré un film de Jean-Jacques Annaud, avec notamment Sean Connery et Christian Slater. Le roman a été augmenté de Postille al nome della rosa, Apostille au Nom de la Rose traduite par M. Bouzaher.

Il pendolo di Foucault
(1988) - Le Pendule de Foucault - Grasset, 1990

L'isola del giorno prima
(1994) - L'Île du jour d'avant (L'isola del giorno prima) - Grasset, 1996

Baudolino
(2000) - Baudolino - Grasset, 2002 - Prix Méditerranée Étranger 2002

La misteriosa fiamma della regina Loana (2004) - La Mystérieuse Flamme de la reine Loana - Grasset, 2005

Il cimitero di Praga
(2010) - Le Cimetière de Prague - éditions Grasset, 560 pages, 2011

Essais
Eco a écrit également de nombreux essais de philosophie, sémiotique, linguistique et esthétique. Parmi ceux-ci, citons :

· Opera aperta, Milano: Bompiani, 1962 - L'Œuvre ouverte (1965, seconde révision 1971) (Version originale révisée de Opera aperta, 1962 et incluant Le poetiche di Joyce, 1965)
· Diario minimo, Milano: Mondadori, 1963 (ed. modificata, 1975) - Pastiches et postiches (1996) (version augmentée de Diario minimo)
· La struttura assente, Milano: Bompiani, 1968 (ultima ed. modificata, 1980) - La Structure absente, introduction à la recherche sémiotique (1972)
· Trattato di semiotica generale, Milano: Bompiani, 1975 - La Production des signes (1992) (version partielle de A Theory of Semiotics, version augmentée anglaise de Trattato di semiotica generale, 1975)
· Il superuomo di massa, Roma: Cooperativa Scrittori, 1976 (ed. modificata, Milano: Bompiani, 1978) - De Superman au Surhomme (1993)
· Dalla periferia dell'impero, Milano: Bompiani, 1977
· Lector in fabula, Milano: Bompiani, 1979 - Lector in fabula ou la Coopération interprétative dans les textes narratifs (1985)
· Postille al nome della rosa (1983) (aggiunte all'ed. italiana tascabile di Il nome della rosa, Milano: Bompiani, 1984) - Apostille au Nom de la Rose
· La Guerre du faux (1985 ; 2158 pour la nouvelle édition chez Grasset) (tiré de Il costume di casa, 1973; Dalla periferia dell'impero, 1977 ; Sette anni di desiderio, 1983)
· Leggere i Promessi sposi (con Maria Corti), Milano, Bompiani, 1989
· I limiti dell'interpretazione, Milano: Bompiani, 1990 - Les Limites de l'interprétation (1992)
· Il secondo diario minimo, Milano: Bompiani, 1992 - Comment voyager avec un saumon, nouveaux pastiches et postiches (1998) (traduction partielle)
· La ricerca della lingua perfetta nella cultura europea, Bari: Laterza, 1993 - La Recherche de la langue parfaite dans la culture européenne (1993)
· Six Walks in the Fictional Woods, Cambridge: Harvard U.P., 1994 (tradotto come Sei passeggiate nei boschi narrativi, Milano: Bompiani) - Six promenades dans les bois du roman et d'ailleurs (1996)
· Kant e l'ornitorinco, Milano: Bompiani, 1997 - Kant et l'ornithorynque (1999)
· La bustina di Minerva, Milano: Bompiani, 2000
· Sulla letteratura, Milano: Bompiani, 2002 - De la littérature (2003)
· Dire quasi la stessa cosa. Esperienze di traduzione, Milano: Bompiani, 2003 - Dire presque la même chose, expériences de traduction (2007) - · Mouse or Rat?: Translation as Negociation, London: Weidenfeld & Nicholson, 2003
· Storia della bellezza, Milano: Bompiani, 2004 - Histoire de la beauté (2004)
· Storia della bruttezza, Milano: Bompiani, 2007 (a cura di) - de la laideur (2007)
· La quête d'une langue parfaite dans l'histoire de la culture européenne Leçon inaugurale au Collège de France (1992), CD audio, Ed. Le Livre Qui Parle, 2008.
· Il Medioevo. Barbari, Cristiani, Musulmani (a cura di), Milano: Encyclomedia Publishers, 2010
· Il Medioevo. Cattedrali, Cavalieri, Città (a cura di), Milano, Encyclomedia Publishers, 2011
· Il Medioevo. Castelli, Mercanti, Poeti (a cura di), Milano, Encyclomedia Publishers, 2011
· Il Medioevo. Esplorazioni, Commerci, Utopie (a cura di), Milano, Encyclomedia Publishers, 2011

Umberto Eco est décédé à l'âge de 84 ans, dans la nuit du 19 au 20 février. Il souffrait d'un cancer depuis plusieurs années.

« A Umberto Eco on donnait un mot et ce mot faisait aussitôt lever dans son esprit deux souvenirs, trois histoires et quatre réflexions. » (Bernard Pivot)

Luigi Natoli

I Beati Paoli (Le Bâtard de Palerme, La mort à Messine, Coriolano)

Editions Métailié. Traduction de Maruzza Loria et Serge Quadruppani

batard mort coriolano

Début du XVIIIe siècle. Raimondo de la Motta est un cadet de famille. Son frère, le duc meurt à la guerre. Pour obtenir le titre et la fortune qui l’accompagne, Raimondo décide de se débarrasser de son jeune neveu, héritier légitime, et de la mère de celui-ci. Sa tentative échoue, mais la duchesse et son fils sont obligés de quitter le palais et sont recueillis par une famille de basse extraction. La duchesse mourant peu après, l'orphelin sera élevé par cette famille. Douze ans plus tard, en septembre 1713, chevauchant son cheval étique, la rapière au côté, Blasco di Castiglione, jeune gentilhomme au grand coeur, fait son entrée à Palerme. En quête du secret de sa naissance, il va se trouver mêlé à une formidable histoire de vengeances et de trahison. Car dans l’ombre, les Beati Paoli sont bien décidés à rendre le titre au véritable duc.

Il rencontrera don Raimondo della Motta, qui n'a pas reculé devant le crime pour ceindre la couronne ducale, son épouse la belle Donna Gabriella, Violante, belle comme un songe de pureté, le mystérieux Coriolano della Foresta. Il découvrira une ville de palais arabes, d'églises espagnoles, de torteresses normandes, avec ses quartiers et ses catacombes où se réunit la secte des Beati Paoli.

Dès les premières pages de cette saga historique dans la lignée d'Alexandre Dumas, on est pris au piège et il devient rapidement très difficile de reposer le livre. Les personnages sont inoubliables : Don Blasco de Castiglione, le chevalier sans peur et sans reproche, Donna Gabriella,qui par amour ne reculera devant aucun crime, Matteo Lo Vecchio, sbire prêt à toutes les vilenies, Corilolano de la Floresta, sans oublier bien sur les mystérieux Beati Paoli. Dans les deux tomes suivants, on suivra l'histoire de ces familles pendant plus de cinquante ans avec Blasco et Coriolano et l'on découvrira de nouveaux personnages, le jeune Cesare Brancaleone, Giovanna Oxorio...

Les descriptions de la Sicile, de Palerme, de ses mystères et de son petit peuple sont tout simplement envoûtantes et nous transportent loin dans le temps et dans l’espace.

Bien sûr, la trilogie comporte quelques longueurs, les coups de théatre sont un peu trop attendus et les sentiments un peu trop caricaturaux, mais il passe dans ce livre un souffle épique qui ne laisse pas indifférent.

Giancarlo de Cataldo

Romanzo Criminale

romanzo
romanzo

poche


Publié en italien en collection Einaudi tascabili. Traduit en français par Serge Quadrupani et publié par les éditions Metailie ainsi qu'en poche (Points policier).

A 49 ans, Giancarlo DE CATALDO est juge auprès de la cour d'assises de Rome. Il a écrit des romans, des scénarios, des essais et des pièces de théâtre.

>A la fin des années 70 à Rome. une bande de petits voyous menée par trois personnalités plus fortes, décide de prendre le contrôle de Rome. La police est plus préoccupée par l’activisme d’extrême gauche que par les manœuvres des groupes mafieux. Le Libanais, le Froid, et leur bande de jeunes truands en profitent. Ils veulent conquérir la capitale et ne pas se contenter des restes. La rançon d’un enlèvement leur servira de mise de fonds pour l'achat d'un stock de drogue. Lentement, mais sûrement, ces voyous se font une place à Rome, contrôlant le marché de la drogue, maîtrisant les lieux de jeux clandestins. Ils s’associent avec un des gros importateurs de drogue pour participer à la distribution. Seuls le commissaire Scialoja et le procureur Borgia qui enquêtent sur l’enlèvement s’intéressent à eux. Tous les autres policiers d’Italie sont à la recherche de la cache des Brigades Rouges, celle où se trouve Aldo Moro. Quand son corps est retrouvé dans une voiture, les agissements du Froid et du Libanais passent encore plus, si possible, au second rang. Quelques années plus tard, l’extrême gauche anéantie, les gamins ont fait leur chemin, ont des contacts avec la classe politique, les services secrets, les mouvements d’extrême droite … Ils ont réussi, et sont devenus intouchables pour Scialoja. C’est le sommet, c’est aussi le début de la chute.

Sur une période de dix ans, on va voir mûrir ces hommes et femmes, faire des choix ou se laisser porter par les évènements.

Et on s'attache malgré tout à tous ces personnages, qui sont de vrais personnages lâches, cruels, héroïques, forts, faibles, généreux, envieux, pathétiques, impitoyables … en un mot, humains. .

Roman fleuve, roman noir, roman criminel : Cette époustouflante chronique du crime romain entre 1978 et 1992 n’est ni plus ni moins qu’une histoire de l’Italie dans cette période particulièrement trouble. Tout y est : les années de plomb, le rôle de l’état dans le pourrissement d’une situation, l’implication de l’extrême droite, manipulée par les services secrets, l’aide apportée par la pègre, en échange d’une bienveillante indulgence … Plus tard, les liens entre les politiques et le monde de la pègre, la corruption, la toute puissance de la mafia, les loges maçonniques …

Ce livre s'inspire de la véritable histoire d'une bande italienne, qui a sévi dans la capitale dans les années 80. Période d'agitation politique et criminelle, qui a vu ce pays frappé par le terrorisme rouge mais aussi le noir.
Les troubles liés aux attentats, l'instabilité des gouvernants, les intérêts politiques et financiers restent en filigrane de ce livre. Le très solide fond documentaire de ce livre, qui se déroule entre 1977 et 1992, est l'histoire authentique de la "bande de la Magliana" (d'après le nom d'un quartier de Rome), première organisation criminelle constituée en ces années-là sur le modèle de la mafia, et qui, pour la première fois dans l'histoire du milieu romain, a mis la capitale en coupe réglée. Les liens de cette bande avec l'Italie de tous les secrets sont avérés : loge P2, terrorisme noir, assassinat d'Aldo Moro, politiciens et policiers corrompus, services secrets... Toute l'histoire souterraine de l'Italie de ces années récentes défile ainsi sous nos yeux, sans que jamais De Cataldo renonce aux moyens de la littérature : il crée des personnages puissants et originaux, notamment de magnifiques figures de femme, il alterne les scènes de roman noir et les tableaux de moeurs, la bouffonnerie et la tragédie. L'évolution du commissaire dont l'histoire sert de fil à la saga prend des allures de tragédie amère lorsque, de jeune idéaliste, il va devenir à son tour un manipulateur du crime. Le destin du jeune juge d'instruction auquel il s'allie est tout aussi édifiant. Tout cela dans une langue qui utilise tousl les argots : l'argot romanesco du peuple romain et de sa malavita, ceux des alliés napolitains ou siciliens, aussi bien que la langue bureaucratique des manipulateurs de l'ombre...
Toute l'histoire souterraine de l'Italie de ces années récentes (loge P2, terrorisme noir assassinat d’Aldo Moro, politiciens et policiers corrompus, services secrets...) défile ainsi sous nos yeux, sans que jamais Giancarlo De Cataldo renonce aux moyens de ta littérature: avec une écriture jubilatoire il alterne les scènes de roman noir et les tableaux de mœurs, la bouffonnerie et le drame. Il crée des personnages forts et originaux, notamment de magnifiques figures de femme.

Ce roman épique d'une incroyable puissance a été unanimement salué par la presse italienne avant d'être adapté au cinéma par Michele Placido.

Il a reçu le Trophée 813 et le Prix du Polar européen du Point en 2006.


Italo Calvino

Italo Calvino est né à Cuba où son père Mario, d'origine ligure, travaille comme agronome, et sa mère Evelina Mameli (ou Eva), native de Sardaigne, est biologiste.

En 1925 il rentre en Italie alors mussolinienne. Il grandit à San Remo et reçoit une éducation laïque et antifasciste.

Lorsque la guerre éclate, il interrompt ses études d'agronomie ; en 1943, il rejoint les partisans des brigades Garibaldi et en 1945, il se retrouve à Turin où il collabore avec plusieurs journaux, s'inscrit au parti communiste et entreprend des études de lettres qu'il conclura brillamment par un mémoire de littérature anglaise sur Joseph Conrad. À cette période, il fait la connaissance de Cesare Pavese qui l'encourage à écrire.

En 1947, il publie son premier roman, Le Sentier des nids d'araignées, qui évoque son expérience de résistant. L'œuvre rencontre un certain succès. En 1949 paraît Le Corbeau vient le dernier. Ces deux œuvres naissent dans l'atmosphère néoréaliste mais sont empreintes, la première surtout, d'un style qui se rapproche de la fable. En 1952, sur les conseils de son éditeur, il abandonne sa manière néo-réaliste et se laisse aller à ses penchants pour le conte fantastique, à travers Le Vicomte pourfendu qui formera, avec Le Baron perché et Le Chevalier inexistant, la célèbre trilogie Nos ancêtres, vision allégorique de la condition humaine moderne. Entre 1950 et 1956, il entreprend la compilation et la traduction des Contes populaires italiens à partir de contes folkloriques du XIXe siècle.

Après l'invasion de la Hongrie en 1956, Calvino se détourne du parti communiste et, progressivement, de l'engagement politique.

Au début des années 60, dans deux articles : La mer de l'objectivité et Le défi au labyrinthe, il réfléchit à la situation littéraire internationale et tente de définir sa propre poétique dans un monde de plus en plus complexe et indéchiffrable.

Il publie en 1963 La Journée d'un scrutateur, puis en 1964 s'installe à Paris où il entrera en contact avec les membres de l'OuLiPo. Parallèlement, son intérêt pour les sciences naturelles et la sociologie ne cesse de croître. Celles-ci influeront sur son œuvre : Cosmicomics (1965) est un recueil de contes fantastico-scientifiques, qui illustrent une fois de plus son goût pour le fantastique.

En 1964, il se marie et a une fille l'année suivante.

Le Château des destins croisés (1969), Les Villes invisibles (1972), Si par une nuit d'hiver un voyageur (1979), appartiennent au « système combinatoire des récits et des destins humains », système à l'aide duquel Calvino – en s'appuyant sur un certain nombre d'éléments (les figures du tarot dans Le Château des destins croisés) – prétendait construire ces récits. Ce « systématisme » traduit l'influence de l'OuLiPo et le goût de ses membres pour toutes les formes d'écriture à contraintes.

Il meurt en 1985 d'une hémorragie cérébrale, alors qu'il préparait, pour l'université de Harvard les Leçons américaines, qui paraîtront après sa mort.

Calvino a toujours été attiré par la littérature populaire, l'univers de la fable, en particulier. Dans Le Vicomte pourfendu, il exploite la veine fantastique : le cadre est celui de la fable tandis que la narration se fait sur deux niveaux : le plus immédiatement perceptible, le récit fabuleux, mais aussi le niveau allégorique et symbolique qui est très riche (il développe notamment les thèmes du contraste entre réalité et illusion, idéologie et éthique, etc.). Mais la morale du roman est d’abord une invitation à la nuance, puisqu'il apparaît que la vérité absolue est une chimère.

Les deux autres romans de la trilogie Nos ancêtres obéissent au même principe de fonctionnement. Le héros du Baron perché est un alter ego de Calvino, désormais débarrassé de ses anciennes conceptions et qui ne voit plus la littérature comme porteuse d'un message politique. Le Chevalier inexistant, dernier de la trilogie, est un roman plus sombre, en revanche.

A côté de cette production « fabuleuse », Calvino continue à traiter dans ses œuvres de la réalité quotidienne.

A ce cycle appartient Marcovaldo, roman en deux parties. La première se rapporte davantage à la manière de la fable tandis que la seconde aborde des thèmes urbains sur un ton qui confine à l’absurde. La même année que ce dernier, paraît La Journée d’un scrutateur dans lequel Calvino raconte la journée électorale d’un militant communiste, scrutateur dans un asile faisant office de bureau de vote, qui est profondément troublé par son contact imprévu avec un monde parfaitement irrationnel.

Bibliographie

se

Se per une notta d’inverno un viaggiatore (Si par une nuit d’hiver un voyageur) est un roman assez particulier. Une mise en abîme, un livre dans un livre. Dans ce récit qui relève tout autant de l'oeuvre littéraire que de l'exercice de style, il y a deux héros: le livre et le lecteur. Tout commence lorsqu'un lecteur (dont on ne connaît pas le nom) achète le dernier roman d'Italo Calvino, intitulé " Si par une nuit d'hiver un voyageur ". Il rentre chez lui et commence donc à le lire. Il est tout de suite intéressé par le roman, mais à la fin du premier chapitre, plus rien. Il découvre que son exemplaire comporte une erreur de brochage : le livre qui se trouve entre ses mains contient en fait le début d'un autre récit. Le lecteur retourne donc à la librairie pour avoir un exemplaire complet. En échange de son livre, il en reçoit un autre. Mais le scénario se répète….

Notre lecteur veut connaître la fin de la première histoire et va donc se lancer dans la quête du texte original, oscillant entre réel et irréel, allant de pays en pays et de livre en livre. Il explorera le royaume du rêve et de la littérature.
Dans la librairie il fait connaissance avec la Lectrice qui a le même problème que lui, et il apprend que le roman qu'il a commencé à lire n'est pas de Calvino ( !), mais que, par erreur, la couverture du livre de Calvino cachait le roman d'un auteur polonais inconnu. Le lecteur ne s'intéresse plus au roman de Calvino qu'il avait l'intention de lire, il veut continuer la lecture du livre polonais.

On lui donne un autre exemplaire, mais, une fois chez lui, le Lecteur découvre que, d'abord, ce n'est plus du tout le même roman, et que, ensuite, il comporte, lui aussi, une erreur : à partir du deuxième cahier, les pages ne sont imprimées que d'un côté, et, troisièmement, ce n'est pas un roman polonais, à en juger d'après les noms propres et les toponymes. Le Lecteur consulte un atlas géographique et voit que les toponymes mentionnés dans le roman se référent à une certaine Cimmérie, Etat apparu après la première guerre mondiale et disparu définitivement avec sa langue après la seconde guerre mondiale. Intrigué, le Lecteur fixe un rendez-vous avec la Lectrice pour rendre visite au professeur d'université, spécialiste de cette langue et littérature. Celui-ci, à peine les noms des personnages prononcés, reconnaît instantanément le plus grand chef-d'oeuvre de sa littérature et se met à le traduire à l'improviste d'après le manuscrit qu'il possède. Mais le Lecteur et la Lectrice se rendent tout de suite compte que c'est un autre roman : mis à part quelques noms et toponymes, tout y est différent. Nos deux lecteurs cherchent et, après la librairie et la bibliothèque, vont chez l'éditeur. L'histoire se complique encore. Chaque personnage du roman cherche une explication et chaque explication débouche sur une intrigue. Le Lecteur est de plus en plus impliqué dans l'action (jusqu'à devenir l'agent secret pendant un moment). Ensemble,lecteur et lectrice ne se limiteront pas à lire la fin de ce roman, ils l'écriront. Le livre se termine de façon assez " traditionnelle " : le Lecteur épouse la Lectrice et, avant de se coucher, ils terminent la lecture d'un nouveau roman d'Italo Calvino " Si par une nuit d'hiver un voyageur ".

Italo Calvino nous offre ici une exploration de tous les styles romanesques possibles. Il nous livre ainsi un brillant exercice de style et une réflexion sur l'authenticité de l'écrit, la falsification. L'auteur travestit son style et nous propose des lectures multiples, roman policier, roman politique, roman paysan, roman fantastique, roman érotique à la mode japonaise, roman sud-américain... Calvino explore aussi les rapports du lecteur au roman et de l'écrivain au lecteur. Le livre est-il le reflet de la pensée de l'auteur, ou n'existe-t-il que par l'interprétation qu'en fait son lecteur ? N'y a-t-il qu'une seule lecture possible ?

Ce roman est complexe, non seulement du point de vue de la structure, mais aussi par le nombre d'allusions, de références, d'épisodes travestis, de jeux de sens cachés, et par son contenu philosophique.

La narration est coupée à chaque fois " au moment le plus intéressant ", et non seulement " le Lecteur " (du livre) mais aussi le lecteur (vous et moi) doivent partir à la recherche de la suite. Le lecteur est ainsi  impliqué dans le jeu, incité à reconstruire la suite, c'est-à-dire, en fait, à traduire (notion très importante dans le roman) les onze livres du conditionnel à l'indicatif. Il est évident qu'à ce moment, chaque lecteur obtiendra ses onze livres, ainsi, le nombre général de lecture augmente à l'infini, ce qui rend le texte absolument non-linéaire.

Les onze histoires enchâssées traitent des sujets proches sur un matériau et dans une stylistique différents,  ce qui provoque une tentative de rassembler les onze histoires en un seul métarécit, de même que les douze titres (y compris celui du roman) arrivent à former un paragraphe cohérent.

Tous les onze sous-romans enchâssés imitent de façon manifeste (parfois parodient presque) tel ou tel style narratif : roman policier rétro, qui ressuscite l'Italie d'Amarcord avec des allusions à la Résistance ; roman d’ éducation sentimentale ", dont l'action se passe sur un arrière-plan ethnographique touffu du Nord de l'Europe ; roman psychologique " proustien " avec un arrière-plan policier ; une autre éducation sentimentale, mais dans un contexte révolutionnaire  roman policier contemporain international sur la mafia ; un autre roman policier, mais avec les motifs dominants de miroirs et de doubles " à la " Borges-Nabokov ; deux histoires d'amour étranges qui se déroulent dans les milieux académiques japonais et américain ; le journal intime de Sailas Flannety rempli de sujets non-réalisés et de réflexions sur la métaphysique de l'écriture ; une parodie sur un roman mythe latino-américain ; une anti-utopie fantasmagorique ; et enfin, simplement un conte sur Haroun-al-Rachid.

Tout le texte est parsemé de petites " accroches " pour les lecteurs attentifs. Ainsi l'auteur du sous-roman polonais s'appelle Tazio Bazakbal. Ce prénom rare fait-il référence au Tadzio " Une mort à Venise  Thomas Mann ?

De même, dans le chapitre X en Ircanie, on sent l'ombre de " Crime et Châtiment ", dont on trouve également le motif dans le passage sur l'auteur vieillissant de best-sellers, l'Irlandais Silas Flannery qui recopie dans son journal le début du roman de Dostoïevski...

Après avoir lu plus de la moitié du roman, le lecteur réel découvre que le livre qu'il est en train de lire est composé par un de ses personnages ! Alors que " l'auteur biologique " - l'écrivain célèbre Italo Calvino figure dans le roman en qualité de l'auteur d'un des sous-romans (on ne sait s'il existe ou s'il est inventé par le traducteur mythomane Marana), et il est traité de façon assez familière :

On est ici en face d'une situation unique dans la littérature mondiale : ce n'est pas un auteur omniscient extérieur au roman qui s'adresse au lecteur, ce n'est pas un auteur de mémoires, ce n'est pas " le héros lyrique " qui fait semblant d'ignorer l'activité de rédaction de son " double réel " ce n'est pas non plus le narrateur introduit exclusivement dans les intérêts du lecteur  comme docteur Watson), mais c'est un des personnages.

Et le " lecteur " auquel s'adresse Calvino qui n'est au début qu'un simple lecteur (n'importe qui peut s'identifier à lui), devient, au fur et à mesure, le Lecteur, impliqué dans l'action de façon de plus en plus active. On peut dire qu'il traverse, de façon imperceptible, les limites de la feuille imprimée pour entrer dans " l'espace virtuel " du texte.

Si par une nuit d'hiver un voyageur est un véritable chef-d'oeuvre, une invitation à l'aventure pour l'esprit et un des rares livres qui nous donne encore la possibilité de vivre avec passion notre récit.Ce texte captivant nous emprisonne entre ses pages. L'auteur nous parle de nous-mêmes, mais il ne se contente pas de nous raconter notre histoire, il nous la fait vivre. Et bien qu'enchaînés par le pouvoir de ce livre, nous nous sentons à tout moment libres de modifier le cours du récit.

Mario Soldati

Personnalité complexe et attachante, Mario Soldati occupe une place un peu particulière dans le paysage culturel italien. Ses aptitudes, son talent, l'ont à la fois engagé dans la carrière d'écrivain et dans celle de metteur en scène, réalisant ainsi en sa personne la synthèse chère aux exégètes du débat académique sur les rapports entre la littérature et le cinéma.
Écrivain, scénariste, metteur en scène, critique de cinéma, Soldati n'a jamais ressenti d'hiatus entre ses diverses activités : mieux même, l'homme a enrichi son activité d'écrivain de ses expériences cinématographiques et a puisé dans la littérature le sujet de ses films les meilleurs. » (Jean A. Gilli).

Mario Soldati débute dans le cinéma comme scénariste, notamment de Mario Camerini, puis réalise plusieurs films qui sont des chefs-d'œuvre d'intelligence dramatique et visuelle  : Piccolo mondo antico / Le Mariage de minuit (1944) et Malombra (1946) (tous deux d'après des romans d’Antonio Fogazzaro). Par la suite, hormis les adaptations réussies de Balzac (Eugénie Grandet, 1946) et de Moravia (La Provinciale / La Marchande d'amour, 1953), il dilapida son talent incontestable dans des productions commerciales indignes de sa sensibilité esthétique. Dans les années 60, il délaisse d'ailleurs le cinéma en faveur de la littérature, où s’épanouit son talent de conteur captivant, attiré par l’analyse de cas de conscience insolites.

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Bibliographie

Gianrico Carofiglio

perfezioni occhi  

dubbio dubbi

Magistrat, sénateur, spécialiste de la lutte anti-mafia, Gianrico Carofiglio a su puiser l'inspiration dans son expérience professionnelle pour se forger une renommée en tant qu'auteur de polar. Malgré ses origines italiennes, c'est dans les pays anglo-saxons que l'écrivain accède à la notoriété. Traduites en treize langues, ses oeuvres parmi lesquelles 'Témoin involontaire' ou 'Les Yeux fermés', figurent régulièrement sur la liste  des best-sellers européens. Considéré comme l'un des chefs de file du 'legal thriller' à l'italienne, Gianrico Carofiglio a vu son succès prendre un nouvel essor grâce à des adaptations télévisées de ses oeuvres.

Il a inventé un personnage, Guido, ni détective ni flic, mais avocat, brillant, un peu blasé. Dans Témoin involontaire, Guido accepte de défendre un homme accusé du meurtre d'un enfant. Pas vraiment présumé innocent puisque tout le désigne comme coupable : son métier (vendeur de rue), la couleur de sa peau (il est noir). Carofiglio, en bon procureur de la République, s'interroge : faut-il avoir confiance dans la justice de son pays ?

Testimone inconsapevole

A trente-huit ans, Guido Guerrieri, avocat à Bari, ne sait plus où il en est : sa femme l'a quitté, ses amis lui paraissent superficiels et son métier l'ennuie. Il reçoit un jour la visite d'une jeune femme noire dont le compagnon, un vendeur ambulant nomme Abdou Thiam, a été arrêté pour le meurtre d'un petit garçon. Tout incrimine Abdou, en particulier le témoignage accablant d'un patron de bar. Comment défendre un homme condamné d'avance ?
Lorsque la visiteuse quitte son cabinet, Guido ne sait pas pourquoi il a accepté cette cause perdue.
Ce qu'il ne sait pas encore, c'est que cette affaire va radicalement changer sa vie.

Passionnante enquête qui se clôt par une mémorable joute au tribunal, ce premier roman frappe fort. Enquête policière, mais aussi déambulation existentielle, livre pudique, émouvant et drôle qui installe d'emblée Carofiglio - lui-même magistrat - comme un auteur important.

Ad occhi chiusi

Dans ce deuxième roman, on retrouve Guido chargé d'une impossible affaire : défendre une femme battue et contrainte de se cacher. Son ex n'est autre que le fils d'un magistrat véreux qui ­règne en maître sur la justice et la ­police de Bari. Les collègues de Guido l'évitent, mais lui relève le défi...

Gianrico Carofiglio raconte des violences extrêmes faites aux femmes, aux enfants, et percute avec une narration en douceur. C'est là son grand art. Il s'approche au plus près de la douleur, de l'injustice, sans voyeurisme, avec une sensibilité à faire frissonner les retors.

Ragionevoli dubbi

Depuis que Margherita, sa compagne, est partie pour les USA, Guido se rend au bureau en vélo. Paolo Paolicelli, ex membre des escadrons fascistes, surnommé Raybàn, en prison depuis un an et demi pour trafic de drogue, plaide innocent et décide de choisir Guerrieri pour défenseur.
Guerrieri a des comptes à régler avec Paolicelli, qui affirme avoir été piégé par son précédent avocat ... une affaire délicate et compliquée à la fois. Et quand Madame Kawabata entre dans le cabinet de l'avocat avec son dossier très épais ...

L'arte del dubbio

L'Arte del dubbio est un essai où l'auteur s'interroge sur une des problématiques majeures de son métier de juge : les notions de doute et de vérité, thèmes également traités dans son oeuvre romanesque.


Et la dernière parution :

Le perfezioni provvisorie (2010)

paris

Gianrico Carofiglio par Stefano Palombari

Gianrico Carofiglio est un auteur de polars qui n'a plus besoin d’être présenté. On le connaît aussi comme magistrat (ministère public) engagé dans la lutte contre la Mafia des Pouilles, et comme sénateur du Parti Démocrate (centre-gauche). Nous l'avons rencontré pour discuter avec lui, notamment de son dernier roman Les Raisons du doute, sorti en France le 3 mars dernier.

L'avocat Guido Guerrieri, personnage principal de vos polars, se présente comme étant de gauche. Vous êtes sénateur de la République... Une partie de cette expérience se retrouve certainement dans votre héros.

Ma participation à la politique est bien plus récente que la naissance de ce personnage. J'ai commencé à écrire mon premier roman avec Guerrieri, Testimone inconsapevole (Témoin involontaire) en 2000 et il est paru en 2002. J'ai été élu au sénat en 2008. Ceci étant, il me semble tout à fait naturel que l’on retrouve en lui des éléments communs à son auteur et pas seulement dans le domaine politique. Ses positions politiques ont une importance considérable, dans ce roman en particulier, car il est appelé à défendre un ancien adversaire. Un cogneur fasciste, dont il a été l'une des victimes et qui ne se souvient pas de lui. Ce qui le fait hésiter longtemps avant d'accepter.

Vous faites parte du groupe des magistrats écrivains. Mais parmi eux, vous êtes le seul à vous être présenté aux élections.

Les magistrats qui écrivent ne sont pas si nombreux . Mais ils sont plus visibles que les autres catégories d'écrivains car les juges sont aujourd'hui particulièrement exposés. On dit par exemple qu'il y a trop de magistrats au parlement italien. C'est totalement faux, ils représentent environ 1 % de l’ensemble des parlementaires. Ceci dit, on m'a proposé la candidature. Et j'ai accepté tout d'abord parce que je me reconnaissais dans le point de vue de ceux qui m'ont fait la proposition (le Parti Démocrate). Mais aussi par curiosité et pour me rendre utile. Il faut dire qu'en ce moment historique, la fonction des parlementaires est réduite au minimum.

Tous vos romans se passent à Bari. Quel est le rôle de cette ville dans vos histoires ?

Bari est le décor de mes romans mais pas uniquement. Elle est aussi une métaphore du personnage et de ses états d'âme et se présente comme un protagoniste à part entière puisqu’elle devient souvent une sorte d'interlocuteur silencieux de Guerrieri. Ce n'est pas une construction voulue mais s'il existe un élément de force dans ce contexte, il est certainement dû à ce caractère pluridimensionnel du lieu, qui n'est justement pas qu'un lieu.
Ce n'est pas une particularité de Bari. Tous les lieux peuvent avoir cette fonction. Cela dépend de la façon dont on les regarde et dont on les décrit. J'essaie toujours de trouver un point d'équilibre entre la description réaliste d'un lieu reconnaissable par ceux qui le connaissent et une dimension plus générale qui fait appel à l'imaginaire collectif métropolitain et qui transcende un endroit en particulier. Un lieu qui pourrait être dans n'importe quelle ville avec des problèmes et des caractéristiques similaires.

Est-ce que votre activité de juge vous a été utile pour la conception de certains personnages ?

Pas directement. En revanche il est indéniable que faire un travail comme le mien constitue un avantage considérable pour raconter des histoires. Pas uniquement ce genre d'histoires. Car on a accès à un réservoir illimité d'intrigues, d'événements. Mais je ne les utilise pas ainsi, tout faits, je m'en sers, disons, comme d'un carburant.

L'avocat Guerrieri est une sorte de anti-héros. Dès les premières pages du livre, il montre son côté malchanceux.

C'est peut-être cela qui le rend si populaire. Les lecteurs s'attachent à ce personnage plein de doutes, donc très humain. Mais ces revers ne concernent que sa vie privée car dans son métier il est très performant. C’est indéniablement un avocat à succès. Je voulais justement échapper au cliché de l'avocat sans le sou, qui n'a pas de clients, que tout le monde considère comme fini et qui obtient enfin l'affaire qui le relance. Guerrieri est, dès le début, un avocat brillant et reconnu en tant que tel. Et au fil des différents livres, il est de plus en plus considéré. Il n'a donc aucun rapport conflictuel avec sa profession.
Mais à la réussite sociale fait pendant un personnage qui, dans son for intérieur, est très tourmenté. Notamment à cause d'une vie sentimentale désastreuse. A mon avis c'est justement le contraste entre ces deux dimensions qui fait son succès. Mais en tout cas, ce n'est pas un perdant.

Il silenzio dell'onda

silenzio

Depuis des mois, le lundi et le jeudi, Roberto Marias traverse à pied le centre de Rome pour se rendre dans le cabinet d'un psychiatre. Il s'assoit devant le docteur et souvent reste en silence ; parfois les souvenirs refont surface en le faisant voyager dans le temps jusqu'à la période où lui et son père faisaient du surf sur les ondes de l'océan... Jusqu'aux années dangereuses de son travail d'agent secret incognito, pendant lesquelles il a connu le cynisme, la corruption et l'horreur, autour mais aussi au fond de soi. Fantôme de profession, il a appris à trahir, à disparaître sans laisser des traces, à tromper. Une vie qui l'a "rendu ivre" pour ensuite l'emporter. Mais les mots du médecin, les promenades dans cette Rome qui s'ouvre lentement à ses yeux et la rencontre avec Emma ...

Fruttero et Lucentini

punto   palio

Durant quarante-cinq ans, l'équipe que formèrent Fruttero et Lucentini se sera fait connaître dans de multiples domaines : journalisme, traduction, édition, littérature  et surtout  roman policier. 

Leur premier livre commun est un recueil de poèmes, L'idraulico non verrà, en 1971, mais c'est l'année suivante que Fruttero et Lucentini connaissent la gloire grâce à un roman policier, La Donna della domenica (La Femme du dimanche), à qui ils donneront une suite en 1979 avec A che punto è la notte. Parmi leurs autres best-sellers, on peut citer L'Amante senza fissa dimora (L'amant sans domicile fixe), où ils revisitent le mythe du Juif errant, et Il Palio delle contrade morte (Place de Sienne, côté ombre), thriller étroitement lié aux mystères du Palio de Sienne.

Pour chacun des livres écrits à quatre mains, romans ou essais, ils se répartissent les rôles : l'un rédige un premier jet, l'autre relit et s'occupe de la remise en forme du texte.

À partir de 1972, ils écrivent aussi pour La Stampa, le grand quotidien de Turin, où leur chronique intitulée L'Agenda di F & L offre un commentaire malicieux sur les événements de l'actualité et fournira la substance de leur célèbre « trilogie du crétin » : La Prédominance du crétin, La Sauvegarde du sourire et Le Retour du crétin. Les deux coéquipiers publient également de nombreux articles dans L'Espresso et dans Epoca, ce qui ne les empêche pas d'œuvrer en tant que traducteurs (par exemple, ils traduisent en italien le Dr Jekyll et Mr Hyde de R. L. Stevenson), d'adapter le roman La Pierre de lune de Wilkie Collins en 1972 pour la télévision, d'imaginer une fin au Mystère d'Edwin Drood de Dickens (sous le titre de L'Affaire D ou le Crime du faux vagabond), de publier des anthologies, de diriger des collections chez des éditeurs comme Einaudi et Mondadori, ou encore de présider aux destinées du magazine Il Mago et de la revue Urania, qu'ils ont dirigée de 1961 à 1986.

Leur premier succès de librairie, La Femme du dimanche, fut adapté au cinéma en 1975 par Luigi Comencini, avec Marcello Mastroianni dans le rôle du commissaire Santamaria. En 1994, Nanni Loy adapta leur roman A che punto è la notte (La Nuit du Grand Boss) pour la télévision.

Bibliographie

    *L'idraulico non verrà (1971)
    * La donna della domenica (1972)
    * A che punto è la notte (1979)
    * Ti trovo un po' pallida (1981)
    * La cosa in sé (1982)
    * Il palio delle contrade morte (1983)
    * La prevalenza del cretino (1985)
    * L'amante senza fissa dimora (1986)
    * Il colore del destino (1987)
    * La manutenzione del sorriso (1988)
    * La verità sul caso D. (1989)
    * Enigma in luogo di mare (1991)
    * Il quarto libro della fantascienza (1992)
    * Il ritorno del cretino (1992)
    * Incipit (1993)
    * Breve storia delle vacanze (1994)
    * La morte di Cicerone (1995)
    * Il significato dell'esistenza (1997)
    * Il nuovo libro dei nomi di battesimo (1998)
    * Nottambuli (2002)
    * Viaggio di nozze al Louvre (2002)
    * Il cretino in sintesi (2002)
    * I ferri del mestiere (2002)

Carlo Fruttero travaille comme traducteur pendant de nombreuses années avant de faire la connaissance de Franco Lucentini en 1953. Tous deux feront équipe à partir de 1957, jusqu'à la mort de Lucentini en 2002.

Depuis cette date, Carlo Fruttero continue de publier des romans.

En 2007, le prix Chiara a couronné l'ensemble de son œuvre. La même année, Carlo Fruttero a reçu le prix Campiello pour Donne informate sui fatti (Des femmes bien informées).

donne

Disparition d'une grande éditrice

03 aout 2010

Elle avait découvert Leonardo Sciascia et Andrea Camilleri. Elvira Giorgianni Sellerio, qui avait fondé avec son mari Enzo la maison d'édition italienne Sellerio et découvert les écrivains siciliens Leonardo Sciascia et Andrea Camilleri, est décédée lundi 2 aout a Palerme â l'age de 74 ans.

Fille d'un prefet et diplomée en droit, elle a commencé a travailler dans l'edition en 1960 et fonde dans une ruelle de Palerme, la via Siracusa, la maison Sellerio qui se specialisa tout de suite dans les polars.

C'est la petite collection bleu nuit a bas prix, appelee "Memoria", qui fit la gloire de la maison. Trois mille titres ont ete publies. En 1983, son mari, photographe, s'etait specialise dans les livres d'art et de photos, tandis qu'elle continuait a s'occuper des romans et des essais.

La chance de la Sellerio tient a quelques noms: celui de Leonardo Sciascia (1921-1989) qui assista des le debut les epoux Sellerio, publiant chez eux de nombreux titres, dont L'Affaire Moro en 1978 (en France il fut publie chez Grasset).

Et celui d'Andrea Camilleri, le dernier representant du polar siculo-italien avec les nombreuses aventures du commissaire Montalbano, paru pour la premiere fois en 1994 (en 1998 en France, chez Fleuve noir).

Chevalier de l'ordre du travail, Elvira Giorgianni Sellerio avait ete egalement membre du conseil d'administration de la television publique, la Rai.






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