Paolo Fresu est né le 10 février 1961 à Berchidda, en Sardaigne. S'il a appris très tôt la trompette (dès l'âge de onze ans), Paolo Fresu a décidé de devenir musicien à la suite de la découverte d'un disque de Miles Davis et John Coltrane. Il abandonne alors son métier d'électronicien, rencontre Enrico Rava et commence à se produire en club.
Il enregistre en 1985 un premier album sous son nom, Ostinato. Une sonorité très cool, toute en sourdine et en contrastes ; des ballades jouant sur l'équilibre entre l'ombre et la lumière.
Paolo se produit par ailleurs régulièrement avec son quintet qui rassemble Tino Tracanna (sax), Roberto Cipelli (p), Attilo Zanchi (b) et Ettore Fioravanti (dms).
Il s'installe à Paris en 1986. Là, il rencontre Aldo Romano, Stefano Di Battista et Michel Benita. Il enchaîne alors les concerts et les disques, sans ne rien perdre de sa personnalité. Inner Voices , enregistré à cette époque aux côtés de Dave Liebman, en est la preuve. Avec lui, Paolo connaît la consécration internationale. Ses partenaires s'appellent désormais Dave Holland, Kenny Wheeler, Gerry Mulligan, John Zorn, Michel Portal, Daniel Humair, Joachin Kühn ; ses groupes réunissent des musiciens de toutes nationalités... Ainsi du quartet Palatino créé en 1995 qui rassemble Aldo Romano, italien, Glenn Ferris, américain et Michel Benita, français.
Fidèle à ses origines, le Sarde ne continue pas moins de jouer régulièrement avec son quintet italien à géométrie variable (très bel album Night on the City enregistré en 1994). Le jeu du trompettiste s'y révèle d'une simplicité déconcertante tout en recelant de trésors harmoniques. Ce CD reçoit d'ailleurs le Django d'Or et le prix de l'Académie du jazz.
Avec le même groupe il enregistre Wanderlust en 1996, Melos en 2000 et plus récemment P.A.R.T.E.
S'il délaisse un peu le classicisme, comme sur les albums avec Nguyen Lê (Angel et Metamorfosi) où le guitariste n'hésite pas à jouer saturé, il rend hommage à ses illustres inspirateurs Chet Baker (Shades of Chet, avec Enrico Rava) et Miles Davis (Kind of Porgy and Bess).
En redécouvrant de façon neuve une sonorité familière, il retrouve une fraîcheur et une profondeur jamais égalées.
Paolo Fresu est un homme de rencontres. Parmi ces dernières, celle avec l'oudiste Dhafer Youssef est particulièrement intéressante. Lorsque Paolo Fresu et Dhafer Youssef jouent ensemble, leur duo dégage un charme particulier rendu par la combinaison de deux instruments d'apparence si éloignée, l'oud et la trompette. La musique arabe et les improvisations jazz se rencontrent sans conflits.
Dans son abondante discographie, retenons les cinq disques de la série "5ET." Blue Note Italie a offert au groupe la possibilité d'enregistrer une série de disques, chacun dédié aux compositions de l'un des membres du quintet. Les disques, tous enregistrés dans le studio de La Buissonne à Pernes-les-Fontaines, ont été publiés à une cadence régulière : les compositions du pianiste Roberto Cipelli ("Kosmopolites") d'abord, puis celles du bassiste Attilio Zanchi ("P.a.r.t.e."), celles du saxophoniste Tino Tracanna ("Incantamento") et celles du batteur Ettore Fioravanti ("Thinking"), pour finir avec celles de Paolo, ("Rosso, verde, giallo e blu"). Citons également "Things", le disque en duo avec Uri Cane...
En octobre 2006, il rencontre André Jaume et A Filetta pour Mistico mediterraneo à l'Aghja pour quelques soirées. Espérons que cette collaboration débouche sur un disque... En tout cas, Mistico mediterraneo a remporté un grand succès le 14 septembre 2007 dans le cadre des Rencontres polyphoniques de Calvi.
Paolo Fresu a intégré en 2007 la formation de Carla Bley, "The Lost Chords", pour une série de concerts à Châlon-en-Champagne le 10/05, au Mans le 11/05, à Monte Carlo le 15/05 et à Coutances le 17/05, puis d'autres en automne, et un CD est paru chez ECM mi-octobre 2007.
F. à Léo présente Paolo Fresu en compagnie de Gianmaria Testa, Philippe Garcia at Attilio Zanchi sur un projet du pianiste Roberto Cipelli d'hommage à Léo Ferré. On doit à Paolo (qui intervient sur la moitié des morceaux du disque) et à Gianmaria Testa les moments les plus intéressants d'un disque un peu trop sage.
Un disque en quartet de Paolo publié sous son nom, Stanley Music ! : un disque d'enfer selon J. Duclos-Arkilovitch de Jazzman !
Dans le numéro 619 de Jazz magazine/Jazzman, Paolo revient sur son dernier double Cd "Songlines" ainsi que sur le projet "Mistico Mediterraneo".
Le Paolo Fresu Quintet, avec Tino Tracanna, Roberto Cipelli, Attilio Zanchi et Ettore Fioravanti, existe depuis vingt-cinq ans. Paolo a joué et joue dans de nombreuses autres formations :
Il faut citer en outre plusieurs projets liés à la musique traditionnelle sarde :
- Sonos 'e memoria avec Elena Ledda, Luigi Lai, les choeurs Su Cuncordu et Su Rosariu di Santu Lussurgiu, Antonello Salis, Federico Sanesi.
- Ethnografie avec Dhafer Youssef, Elena Ledda, David Linx, Diederik Wissels, Eivind Aarset, Joël Allouche, et l'orchestre de chambre Gli Arconauti.
- Il Rito e la Memoria avec les trois communes sardes de Castelsardo, Oroseiet Santu Lussurgiu.
Il travaille également avec le groupe polyphonique corse A Filetta et le bandonéiste Daniele di Bonaventura, au projet "Mistico Mediterraneo", créé aux Rencontres polyphoniques de Calvi 2009, CD sorti en janvier 2011 (ECM).
Paolo inaugure son propre label « Tük Music » avec un album de deux cd, l'un revisitant vingt ans de compositions personnelles, l'autre le répertoire de géants du jazz. Il livre peut-être ici son meilleur disque depuis longtemps avec son Quintette italien.
Le premier CD, « Songlines », présente d'abord des ballades acoustiques (Eterninna) évoquant ses deux maîtres, Miles et Chet, sur des tempos lents.
Puis vient « The Right Way », sur un tempo plus vif, avec le son du Fender Rhodes. Puis un morceau au climat modal, « Lirico », et une séquence électrique avec « Nucleo »...
Le second CD, « Night & Blue », est plus "classique" puisque consacré aux reprises de standards. Paolo est sublime sur « Blue Gardenia ». « Blue in Green », « Blue Seven » de Rollins, « Blue Samba », « Moonlight In Vermont », « Summer Night », « Nightlake » , « Night Flower » , « Children Of The Night », « Blue Silver » , « Peace », une reprise de « Blue Gardénia »... Il faudrait tout citer, tout décrire... A écouter de toute urgence !
La vidéo de présentation :

Mon compte-rendu sur la page "discographe A Filetta"
Les premières critiques dans la presse et sur le net :
Le Monde :
Sept voix, celles de l'ensemble vocal corse A Filetta, des sons de bandonéon, y compris le bruit des touches, par l'Italien Daniele di Bonaventura, originaire de Fermp (Italie), et la trompette et le bugle de son compatriote sarde Paolo Fresu, parfois déformés par l'utilisation de machines (échos, étalements, réverbérations) sont mis en jeu dans Mistico Mediterraneo, rencontre entre le jazz et les musiques du monde. Ce qui est proposé ici est une musique qui mène à l'apaisement, une musique d'espace et de respirations, en un traitement délicat du silence, de la gravité. On se laisse porter, transporter même, par ces mélanges de voix et d'instruments qui permettent, sans imposer de formes, couleurs ou ambiances, toutes les imaginations de l'auditeur.
Sylvain Siclier, Le Monde des 6/7 février 2011
Evene :
En perpétuel mouvement, le trompettiste Paolo Fresu nous propose ici un voyage à travers les sons de la tradition méditerranéenne avec une rencontre croisée entre polyphonie corse et les musiques de sa Sardaigne natale ; entre jazz, chant séculier et chant sacré... Il est accompagné par Daniele Di Bonaventura, le joueur de bandonéon italien qui crée ainsi un lien parfait entre la trompette et les sept voix du choeur A Filetta. Mistico Mediteraneo est composé d'un programme varié et très mélodique, issu essentiellement du répertoire du groupe vocal A Filetta. Les compositions sont pour la plupart celles de Jean-Claude Acquaviva, l'un des membres fondateur de l'ensemble.

par Anne-Laure Lemancel
Pour dessiner les contours de cette Méditerranée mystique, trois entités, trois territoires, joignent ici leur souffle : le groupe de polyphonies corse A Filetta, la trompette claire du jazzman sarde Paolo Fresu, et le bandonéon rêveur de l'Italien Daniele di Bonaventura. Entre les deux espaces insulaires, la musique navigue, chargée d'un parfum de garrigue, uni au vent de chaque instrument, pour créer, âme contre âme, rien moins qu'une aube : un nouveau monde. D'unissons en contrepoints, de respirations conjointes en brisures, cette communion initiée en 2006 embrasse tour à tour la mer diffractée, un rayon de soleil, et l'ancrage à la terre, sa patrie... Dans cette épopée, chaque artiste fait jouer son timbre, sa singularité, sa matière et ses contrastes pour susciter l'harmonie suprême : sur les polyphonies rugueuses et séculaires, s'élève la trompette bleue, quand le bandonéon, point de jonction, lance ses lamentos déchirants. Et chacun, à tour de rôle, de s'affirmer soliste, ou d'assurer la rythmique. Dans Mistico Mediterraneo, rayonne surtout le respect et l'écoute entre chaque artiste, une entente prodigue, de ceux qui se connaissent par delà les âges et les distances, de ceux qui ont reçu comme héritage la beauté d'une mer, et l'exigence de la musique. Dans cet album magique et puissant, forgé aux trippes et au cœur, il y a l'alchimie des trois, qui convoque en toute logique l'intervention divine. Un disque hors des temps, qui révèle à chaque ressac, sa force, sa tendresse et sa luminosité.
La note evene : 5/5 par Anne-Laure Lemancel
France Info :
Pour dessiner les contours de cette Méditerranée mystique, trois entités, trois territoires, joignent ici leur souffle : le groupe de polyphonies corse A Filetta, la trompette claire du jazzman sarde Paolo Fresu, et le bandonéon rêveur de l'Italien Daniele di Bonaventura. Entre les deux espaces insulaires, la musique navigue, chargée d'un parfum de garrigue, uni au vent de chaque instrument, pour créer, âme contre âme, rien moins qu'une aube : un nouveau monde. D'unissons en contrepoints, de respirations conjointes en brisures, cette communion initiée en 2006 embrasse tour à tour la mer diffractée, un rayon de soleil, et l'ancrage à la terre, sa patrie...
Dans cette épopée, chaque artiste fait jouer son timbre, sa singularité, sa matière et ses contrastes pour susciter l'harmonie suprême : sur les polyphonies rugueuses et séculaires, s'élève la trompette bleue, quand le bandonéon, point de jonction, lance ses lamentos déchirants. Et chacun, à tour de rôle, de s'affirmer soliste, ou d'assurer la rythmique.
Dans Mistico Mediterraneo, rayonne surtout le respect et l'écoute entre chaque artiste, une entente prodigue, de ceux qui se connaissent par delà les âges et les distances, de ceux qui ont reçu comme héritage la beauté d'une mer, et l'exigence de la musique. Dans cet album magique et puissant, forgé aux trippes et au cœur, il y a l'alchimie des trois, qui convoque en toute logique l'intervention divine. Un disque hors des temps, qui révèle à chaque ressac, sa force, sa tendresse et sa luminosité.
France Info - Chroniques - Tendance jazz
Anne Chépeau - 23 janvier 2011
Le trompettiste sarde Paolo Fresu est un musicien profondément attaché à ses racines. Après avoir consacré un album aux traditions musicales de son île natale il y a dix ans, le voici de nouveau plongé au cœur des musiques de la méditerranée, avec Mistico Mediterraneo , projet dans lequel il est associé au joueur de bandonéon Daniele di Bonaventura et surtout au groupe polyphonique corse A Filetta. Un ensemble créé il y a trente ans et qui tout en défendant les traditions vocales de son île n’a eu de cesse de les ouvrir aux créations contemporaines. La rencontre avec le voisin sarde Paolo Fresu, figure majeure du jazz européen et curieux de toutes les aventures, apparaît donc comme une évidence. Mistico Mediterraneo, plus proche de la musique de chambre que du jazz est une ode propice au recueillement.
Music story :
Lorsqu’un trompettiste sarde et des polyphonies corses se rencontrent, on a un présupposé sur ce qu’ils se racontent, mais on a surtout envie d’être mesuré, considérant le caractère, disons, ombrageux, de l’un, et des autres. Si on ajoute au panorama un natif de Fermo, Italie centrale (le bandonéiste Daniele Di Bonaventura, qu’on a pu apprécier au côté de Miroslav Vitous), on pourra conclure aisément qu’il n’y aura ici point de musique qui ne soit de caractère. C’est le cas.
Certes, on pourrait se contenter d’une analyse clinique de l’objet, insistant sur les épousailles entre jazz et art vocal, entre patrimoine choral et talent de la note en suspension, hérité de Miles Davis. Mais les choses sont, naturellement, un peu moins simples que cela, car Paolo Fresu n’est pas un trompettiste banal, plutôt avare de ses notes, tel un praticien du pointillisme harmonique. Que le groupe de Jean-Claude Acquaviva, qu’on a un peu vite considéré comme le simple gardien du temple de la tradition (a filetta signifie la fougère, emblème des versants corses), s’est surtout montré émérite dans sa synthèse d’un art liturgique certes, mais également profondément ancré dans la fibre populaire. Et que l’instrument de Di Bonaventura, tout aussi confortable sur les places de village en fête que dans les salons enfiévrés de pénombre, apporte ici un souffre sensuel et humain, trop humain.
Ainsi, chacun rejoint cette Méditerranée Mystique avec son viatique : A Filetta a, entre autres, proposé deux extraits de son Requiem, ainsi que divers emprunts à des musiques de films (dont l’Hymalaya, Enfance d’un Chef d’Eric Valli), et Di Bonaventura trois pièces. Mais tous se sont retrouvés dans un jeu pour adultes pas sages en treize thèmes, où le savant mélange, la somme des différentes combinaisons sonores des registres s’avère largement supérieur aux parties. De même, alors que chacun se fond dans cet esperanto harmonique (la raucité des instruments, le lyrisme du chant), ce qui était à l’origine un discours régional, voire régionaliste (car insulaire) acquiert une dimension universelle insoupçonnée.
Mistico Mediterraneo a été créé aux Rencontres Polyphoniques de Calvi, en 2009. On nous promet, à l’occasion de l’édition de l’album, une large tournée au mois de mai 2011. Ce qui nous promet de bien douces soirées de printemps.
Christian Larrède
http://www.music-story.com
Mondomix :
La Méditerranée mystique, dont il est question ici, trouve sa source dans les courants oniriques qui relient la Sardaigne du trompettiste Paolo Fresu, la Corse du chœur polyphonique A Filetta et l’Italie du bandonéoniste de Fermo, Daniele Di Bonaventura. Aérienne, aquatique mais ne négligeant pas non plus les forces de la terre, leur union musicale a été éprouvée par le temps : ce projet, né en 2006, a attendu de parvenir à maturité pour être enregistré pour le fameux label allemand.
Composé de pièces de différents répertoires des sept chanteurs corses et de deux compositions de Di Bonaventura, cette collection offre toutefois un tout cohérent, une œuvre inédite. Car l’apport de chacun est modulé par la présence de l’autre et chaque élément trouve une place naturelle qui s’harmonise à l’ensemble de façon originale et des plus élégantes.
Benjamin MiNiMuM
L'autre bistro des accordéons
La première écoute suffit à nous convaincre : c'est un beau disque. Fresu me fait penser de plus en plus à Miles Davis au fil de ses cds ; Di Bonaventura évoque pour moi d'emblée le son de Dino Saluzzi. Je note que celui-ci est sous label ECM. Et qu'il s'agisse de Fresu ou de Di Bonaventura, comme en ce qui concerne Miles Davis ou Saluzzi, quelle économie de moyens ! Les voix - ils sont sept -, forcément, nous touchent. Plusieurs titres sont à connotation religieuse : "Dies Irae", "Gloria", "Sanctus", par exemple. On est dans le registre du recueillement. Mais nous touchent aussi plusieurs introductions trompette et bandonéons d'une simplicité et d'une profondeur jansénistes. On est fidèle au label : du noir et du blanc, entre les deux toutes les gradations et nuances de gris, mais pas de couleurs. Ce serait trop réaliste sans doute, trop concret, trop dépourvu d'intériorité.
J'imagine cette musique dans l'un de ces lieux mystiques par définition : un cloître.
Quant à la dimension mystique du disque nettement affichée dans le titre "Mistico Mediterraneo", j'imagine qu'elle est le lien qui unit ces trois pôles de la Méditerranée : la Sardaigne de P. Fresu, la Corse d'A Filetta et l'Italie de D. di Bonaventura. C'est un disque ECM. il ne faut donc pas attendre d'éclats ni de brillances. Tout au contraire, une invitation et -pourquoi pas ? - une initiation à la méditation. La mer sera philosophique ou ne sera pas !
Je note d'ailleurs, et ce n'est certes pas le fait du hasard, que P. Fresu a fait en 2007, sous label ACT, avec R. Galliano et J. Lundgren, un album intitulé "Mare nostrum". Comme le disait le poète :"Homme libre, toujours tu chériras la mer".
Publié par michel le 26 janvier 2011
J'ai déjà dit quelques mots au sujet de "Mistico Mediterraneo" dans un post daté du mercredi 26. Un disque qui s'inscrit bien dans la tradition du label ECM : un bel objet culturel, une musique dénuée de toutes fioritures et autres afféteries ou facilités. J'avais noté la parenté de P. Fresu avec Miles Davis et de D. di Bonaventura avec D. Saluzzi, c'est tout dire. Quant aux voix d'A Filetta, c'est un choeur de sept chanteurs corses. Rigueur assurée. J'avais, je crois, parlé de jansénisme.
Après plusieurs écoutes, je voudrais ajouter quelques éléments à mes premières impressions :
- d'abord, la place de la trompette et du bandonéon, qui est loin de se réduire à un simple accompagnement. Le son de P. Fresu a quelque chose de fragile qui m'émeut beaucoup. Sa trompette est à la fois claire et vibrante comme un fil sur le point de se rompre. Il est comme le contrepoint fragile des voix. Quant au bandonéon, il est proche de Saluzzi en ce qu'il est économe de notes et que sa voix est comme voilée. Si j'osais la comparaison, je dirais qu'il me fait penser à la voix d'Aznavour, qui se développe sur un double registre : amplitude et vibrations mates.
- les textes sont en langue française, latine et corse, avec quelque chose de rugueux dans ces deux dernières. J'imagine le disque enregistré sur un promontoire surplombant la mer, en lisière d'une dense forêt de pins, entre la tombée de la nuit et la nuit noire qui ne permet plus de distinguer entre l'eau et le ciel. Et qui ne permet plus de voir les artistes devenus pures sources sonores. Tel est mon imaginaire.
- les chants sont sacrés et profanes. Sacrés comme "Dies Irae", "Gloria", "La folie du cardinal", "U Sipolcru", "Sanctus". Auxquels on peut ajouter "Le lac" inspiré d'un mantra tibétain. Profanes comme "Liberata" ou "Scherzi veranili", encore qu'ils comportent aussi une certaine dimension sacrée : l'exigence de liberté d'une part, la vie de la nature d'autre part.
- je note enfin, parmi les compositeurs, J.-C. Acquaviva, leader du groupe et compositeur principal, ou D. di Bonaventura qui apporte une couleur particulière, je pense par exemple au "Sanctus", et d'autres encore, le nom de J.-M. Giannelli, un compositeur de chant polyphonique contemporain, dont j'ai beaucoup apprécié le "Dies Irae", "Da té à mé" et "Scherzi veranili". Une belle découverte.
Publié par michel le 28 janvier 2011
JazzEcho (D)
28.01.2011
Paolo Fresu - Sketches Of Corsica
Auf seinem neuen Album “Mistico Mediterraneo” taucht Trompeter Paolo Fresu in die geheimnisvolle Welt der korsischen Folklore ein.

Paolo Fresu, a Filetta Vocal Ensemble and Daniele di Bonaventura © Andrea Boccalini / ECM
Bei ihrer Suche nach neuen Inspirationsquellen und exotischen Sounds haben Jazzmusiker buchstäblich schon die ganze Welt abgegrast. Doch nicht immer muss man in weite Ferne schweifen. Das zeigt nun der italienische Trompeter Paolo Fresu, den es für sein jüngstes Projekt “Mistico Mediterraneo” auf die Insel Korsika zog.
Gemeinsam mit dem Bandoneónspieler Daniele die Bonaventura und dem korsischen Gesangsseptett A Filetta taucht der Trompeter in die geheimnisvolle Welt der traditionellen korsischen Folklore ein. Fresu wuchs auf der zu Italien gehörenden Nachbarinsel Sardinien auf, die wie Korsika zwar eine ganz eigene Gesangstradition besitzt, dem Trompeter aber den Zugang zu den “ebenso raffinierten wie archaischen Klängen” der korsischen Musik erleichtert haben mag. In den von der Filetta gesungenen Liedern vermischen sich auf wunderbare Art zeitgenössische Kompositionen und altüberlieferte “Melodien, die davor bewahrt werden, im Dunkel der Zeit zu verschwinden”. Etliche der neueren Kompositionen stammen aus der Feder von Jean-Claude Acquaviva, der das einzigartige korsische Gesangsensemble seit 30 Jahren leitet. Andere steuerte der innovative italienische Bandoneónspieler Daniele die Bonaventura bei, den man zuletzt auf Miroslav Vitous Album “Universal Syncopations II” hören konnte.
Gemeinsam mit Fresu, dessen atemberaubend lyrische Trompeten- und Flügelhornsoli Erinnerungen an sein Vorbild Miles Davis heraufbeschwören, improvisiert di Bonaventura über die betörenden Vorlagen, die ihnen das Gesangsseptett A Filetta bietet. Obwohl die instrumentalen und stilistischen Ingredienzen dieses Albums ganz andere sind, drängt sich ein Vergleich mit den faszinierenden musikalischen Experimenten auf, die Jan Garbarek und das Hilliard Ensemble bei ihrem “Officium”-Projekt wagten. In Analogie zu Miles Davis “Sketches Of Spain” könnte man hier von “Sketches Of Corsica” sprechen.
Source : http://www.jazzecho.de
A fascinating collaboration between lyrical Italian jazz improvisers trumpeter Paolo Fresu and bandoneon player Daniele di Bonaventura and the transfixing voices of A Filetta from Corsica. The prize-winning vocal ensemble, renowned as the standard-bearers of Corsican polyphony, make their ECM debut
The appealing combination of sound-colours and idioms adds up to ‘Sketches of Corsica’
As the improvisers approach this regional music of universal appeal, Fresu’s pensive, romantic trumpet inevitably brings Milesian associations to mind, and the ingenious bandoneon of di Bonaventura implies ‘chamber music’ and ‘folk music’ in every breath of the bellows
A Filetta (“Filetta” translates as “fern” or “bracken”), led by Jean-Claude Acquaviva, is celebrated for its re-casting of Corsican vocal polyphony over the last three decades. Many commentators credit the group for “saving” a unique singing tradition, both secular and sacred, whose roots stretch back into antiquity. Paolo Fresu, from the neighbouring island of Sardinia, could relate at once to the Corsican music with its “refined and archaic voices”, its mix of contemporary compositions and its attempt to hold fast to “melodies vanishing in the darkness of time”
Acquaviva is the group’s principal composer and two of his pieces here, “Rex tremendae” and “Figliolu d’Ella” are parts of a requiem composed in 2004, while “Liberata” was created for the soundtrack of a film about the Corsican resistance movement in World War II. Other pieces are by Parisian film composer Bruno Coulais, and di Bonaventura contributes three
Despite different instrumentation and goals, the juxtaposition of ‘jazz’-informed creativity and vocal music in Mistico Mediterraneo has some affinities to the Garbarek/Hilliards Officium project and will likely appeal to a similar audience.
La Sardegna :
Voci e suoni di due isole sorelle, il nuovo cd di Paolo Fresu
Nel nuovo cd, Paolo Fresu con i corsi «A Filetta» e con Di Bonaventura. In «Mistico Mediterraneo» jazz e canto polifonico in un unicum di avvincente fascino ed emozione
di Walter Porcedda

Paolo Fresu in concerto con i corsi A Filetta e Daniele Di Bonaventura
Quella che può essere definita una costante nell'opera di Paolo Fresu, addirittura il suo mood distintivo, è la continua mobilità tra passato e contemporaneità. Radici e futuro, come cuore nascosto di una popolarità conquistata in tutto il mondo. La capacità di raccontare con la tromba decadi di jazz, rilette con sapienza filologica quanto spiazzante per innesti innovativi (sempre eleganti, mai urlati, ma sostanziali) non smette mai di sorprendere. Nel jazz e oltre.
Fresu è infatti artista onnivoro, attento lettore e studioso di tradizioni, non solo quelle afroamericane - derivazioni e declinazioni europee comprese - ma pure della canzone popolare come della musica classica. E, naturalmente, di quelle del bacino mediterraneo. Prime fra tutte quelle della sua terra (vedi il monumentale e vagabondo progetto di «Sonos'e Memoria»). Fresu ha la sensibilità giusta per confrontarsi con i suoni di launeddas o dell'oud come di surfare nei meandri dell'elettronica.
Oltre il jazz appunto. Come accade in questo nuovo capitolo appena pubblicato dalla prestigiosa Ecm, «Mistico mediterraneo», album di magiche atmosfere che mette assieme amore per le tradizioni e inediti sentieri espressivi dove il jazz incontra il canto polifonico di un coro superbo come il corso A Filetta e i suoni nostalgici del bravo bandeonista Daniele Di Bonaventura. È un album sontuoso che toglie il respiro ad ascoltarlo.
Ha la maestosità di una sinfonia, riecheggia il ritmo delle onde del mare e il suono del vento tra gli alberi, evocando misteri di antiche liturgie. Suona così incredibilmente ricco di rimandi, con una musica che, navigando tra le due isole sorelle, di Corsica e Sardegna, ne ha raccolto umori secolari interiorizzandone ritmi e melodie. Brani tradizionali e originali (di Jean Claude Acquaviva) che, rimodellati dal dialogo con Fresu e la trama raffinata di Di Bonaventura, colpiscono per la loro fresca attualità.
Ritroviamo qui gli accenti davisiani e la passione bakeriana di Fresu assieme a una possente orchestra vocale combinati in una alchimia dai profumi sperimentali eppure quasi fuori dal tempo (risultato ben diverso in questo da un altro celebre disco Ecm, in cui un jazzista incontra un coro polifonico, quello di Jan Garbarek e Hilliard Ensemble, «Officium», meraviglioso viceversa proprio per quel procedere parallelo, rispettoso e distaccato del sassofonista nordico...).
Dodici brani come stazioni di un viaggio nel cuore della mediterraneità, dove splendono gemme come «Gloria» e «Dies Irae». Ma da «Rex tremendae» a «Liberata», «Da tè a mè», «Le lac», «U sipolcru» e «Sanctus», «Mistico Mediterraneo» è un unicum, un ininterrotto flusso di emozione.
(03 febbraio 2011)
http://lanuovasardegna.gelocal.it
Gerovijazz :
Pillole di Jazz per appassionati.(Ricordi, curiosità, recensioni, rarità discografiche, video ed affini, con particolare attenzione al JAZZ ITALIANO)
02 febbraio 2011
"Mistico mediterraneo" l'ultimo interessante disco di Paolo Fresu
In un panorama discografico caratterizzato prevalentemente da una proliferazione di albums spesso insignificanti e ripetitivi, utili solo ad ampliare la discografia e a soddisfare l'Ego dei protagonisti, il 2011 si è aperto con la pubblicazione di un disco che esula da questo scenario.
Si tratta dell'ultimo album di Paolo Fresu "Mistico Mediterraneo", edito dalla ECM, che sviluppa un tema caro al musicista isolano, quello del rapporto fra jazz e folklore popolare.
Il disco è stato inciso con il gruppo polifonico corso A Filetta (La Felce) il cui repertorio mescola tradizione e rinnovamento, canti antichi ai quali fanno eco brani originali, nati in quasi trent'anni di attività e con il bandoneon di Daniele di Bonaventura che contribuisce ad amalgamare le sonorità polifoniche con la tromba di Fresu.
Il percorso di ricerca iniziato anni orsono con il folklore sardo attraverso lavori come Sonos 'e Memoria (2001) e Etnografie (2004), ha trovato un più ampio bacino d'espansione attraversando le Bocche di Bonifacio e approdando in Corsica. Secondo Fresu infatti: «La Corsica e la Sardegna hanno diversità culturali e storiche, ma le sonorità possono essere molto in sintonia. Loro avevano relazioni dirette con i cori di Orosei e Santu Lussurgiu, che tra l’altro sono le confraternite sarde con le quali collaboro di più. Soprattutto ho provato con loro un rapporto diretto emozionale, molto di stomaco, come si usa fare tra isolani. Sono rimasto colpito da questa polifonia».
In queste settimane i musicisti sono in tournée in Italia per promuovere il disco.
Questo interessante progetto vede la sintesi fra jazz e folklore, musicalità arcaiche e spunti moderni, sentimenti religiosi e profani, il tutto messo insieme con grande maestria.
http://gerovijazz.splinder.com
Mondojazz :
Il canto polifonico della tradizione corsa è qui accompagnato, sospinto e stimolato, da due musicisti che da soli costruiscono un impatto orchestrale: Paolo Fresu alla tromba e flicorno e Daniele Di Bonaventura al bandoneon. Il coro A Filetta è costituito da sette cantanti diretti da Jean Claude Acquaviva che da più di 30 anni tengono viva la tradizione musicale e vocale della Corsica senza disdegnare, nel repertorio e nella scelta dei patners, l'innovazione e la creatività.
Antico e moderno qui respirano fianco a fianco senza discrepanza alcuna, favoriti dall'intelligenza musicale dei due strumentisti italiani che ben si amalgamano intersecando linee vocali e tessendo con perizia linee melodiche. Le voci, dal sapore arcaico, figlie di una tradizione secolare e sacra, spaziano in un repertorio che pesca nell'antico ma anche dalla scrittura dello stesso leader Acquaviva (Rex Tremendae, Figliolu d'ella), ripesca brani dell'autore francese Bruno Coulais (Le Lac, tratto dalla colonna sonora del film Himalaya) e altri (Gloria, La Folie du cardinal) da un altro film, Le Libertin del regista Gabriel Aghion . Ci sono anche brani del compositore di canto polifonico Jean Michel Giannelli, due di questi su testi del poeta corso Petru Santucci.
La musica ha un impatto emotivo molto forte, l'alchimia che si stabilisce tra le voci e gli strumenti è perfetta, e da vita ad un continuum straniante che lascia l'ascoltatore senza fiato per bellezza e sorpresa.
Per quanto il progetto possa apparire simile all'esperienza dell'Hilliard Ensemble con Jan Garbarek, in realtà se ne discosta per finalità e costruzione. In Offiicum è presente un etereo terreno di incontro tra antico e contemporaneo, delimitato dalle voci e solo in parte interconnesso e aperto alla innovazione, mentre in Mistico Mediterraneo tutto è sperimentazione, dal repertorio alla strumentazione. Ovviamente cercare in questo album della musica jazz è fuorviante, ma a tutti gli ascoltatori attenti e aperti alle musiche del mondo nel senso più nobile del termine, Mistico Mediterraneo non potrà non essere fonte di suggestioni ed emozione.
V A L U T A Z I O N E : * * * *
http://blog.libero.it/MondoJazz
Dagbladet (Oslo) :
UENDELIG vakkert er også samarbeidet mellom den italienske trompetisten Paolo Fresu (Sardinia), hans landsmann, bandoneonisten Daniele di Bonaventura og den franske vokalseptetten A Filetta (Korsika) på albumet «Mistico Mediterraneo».
A Filetta har i tre tiår vært den fremste bæreren av Korsikas tradisjonelle flerstemte sang, som ensemblet lar klinge i et repertoar som spenner fra middelalder- til nykomponert materiale. Mannsstemmene, de lyriske trompet- og flygelhorntonene og det ikke mindre følsomme bandoneonspillet veves til et mysteriefylt uttrykk som noen ganger leder tanken på Garbarek/Hilliard-samarbeidet, andre ganger på Miles Davis og Gil Evans i spansk modus.
http://www.dagbladet.no
Arta (Tchéquie) :
Sketches of Corsica, the Mediterranean and the wider world abound in this fascinating collaboration between lyrical Italian jazz improvisers Paolo Fresu and Daniele di Bonaventura and vocal ensemble A Filetta. “Mistico Mediterraneo” is the first documentation of an alliance that has been gathering momentum for a few years already; it is also the ECM debut of the Corsican singers.
The A Filetta group, is celebrated for its re-casting of Corsican vocal polyphony over the last three decades, and for helping to preserve a unique singing tradition, both secular and sacred, whose roots stretch back to antiquity. The A Filetta singers (“Filetta” translates as “fern” or “bracken”) never lose sight of the tradition, but have kept it alive by taking it to new places, writing compositions for the ensemble and initiating meetings with musicians of other genres. The group is led by Jean-Claude Acquaviva, who was just 13 when A Filetta was founded in 1978. For him, “Mistico Mediterraneo” is a faithful reflection of the trajectory of the group’s music: anchored in tradition but continually reaching out to other musics, “ethnic” and otherwise.
Paolo Fresu, from the neighbouring island of Sardinia, which has its own special vocal tradition, could relate at once to the Corsican music with its “refined and archaic voices”, its mix of contemporary compositions and its attempt to hold fast to “melodies vanishing in the darkness of time”. As the improvisers approach this regional music of universal appeal, Fresu’s pensive, romantic trumpet inevitably brings Milesian associations to mind, and the ingenious bandoneon of Daniele di Bonaventura implies ‘chamber music’ and ‘folk music’ in every breath of the bellows .
In October 2006, Fresu and Italian bandoneonist Daniele di Bonaventura, along with two other jazz improvisers (saxophonist André Jaume and percussionist Philippe Biondi ), were invited by stage director Francis Aïqui for a celebratory event in Ajaccio’s L’Aghja theatre, establishing a basis for further collaboration. Over the last four years the musicians have fine-tuned the song cycle now known as “Mistico Mediterraneo”, and di Bonaventura has gone on to work with the singers in other contexts.
Jean-Claude Acquaviva is A Filetta principal composer. His “Rex tremendae” and “Figliolu d’ella” derive from a requiem written in 2004, “Di Corsica riposu, requiem pour deux regards”, and first performed inside the Basilique de Saint-Denis outside Paris. “U Sipolcru” is a chant created for a Passion play enacted in Calvi at the beginning of the 1990s. “Liberata” is from a documentary dealing with the Corsican resistance movement during the Second World War. Film has been an important medium for the dissemination of A Filetta’s message, and they have worked extensively with Parisian film composer Bruno Coulais on soundtracks and incidental music of a dozen films and stage works. The chant “Le Lac”, based on a Tibetan mantra, was composed by Coulais for Eric Valli’s film “Himalaya, L’enfance d’un chef”(1999), while “Gloria” and “La folie du cardinal” are from Gabriel Aghion’s movie “Le Libertin” (2000). Three pieces here were written for A Filetta by Jean-Michel Giannelli, composer of contemporary polyphonic chant and occasional on-stage instrumentalist with the ensemble; two of his compositions set texts by Corsican poet Petru Santucci.
Paulo Fresu’s recent ECM collaboration with Ralph Towner, “Chiaroscuro” (released in 2009), successful both with the critics and the public, figured in the quarterly list of Preis der deutschen Schallplattenkritik. Since 1990, when he swept the Musica Jazz Polls, the trumpeter has been a multiple award winner. Fresu has appeared on more than 300 albums including leader dates for EMI, RCA and Blue Note. While “Chiraoscuro” was his first ECM release, he can also be heard on the ECM-distributed Watt label, performing with Carla Bley on the album “The Lost Chords Find Paolo Fresu” (recorded 2007).
Bandoneonist Daniele di Bonaventura (born in Fermo, Italy) was last heard on ECM on Miroslav Vitous’s “Universal Syncopations II” (also a major prize-winning disc - Preis der deutschen Schallplattenkritik, Jahrespreis 2007). Di Bonaventura has played across a broad field of music – from classical to jazz to tango; he contributes three compositions to “Mistico Mediterraneo”.
http://www.arta.cz
John Fordham guardian.co.uk, Thursday 10 February 2011 23.43 GMT
Sardinian trumpeter Paolo Fresu has been a key figure in Italian jazz since the late 80s as a Miles Davis-influenced artist who makes a lyrical music with sharp turns, and an imaginative interpreter of his culture's own traditions. This might seem like an attempt to turn Fresu and bandoneon partner Daniele di Bonaventura into the Mediterranean Jan Garbarek – since it hitches their graceful improvised variations to the sepulchral whispers, sacred-music declamations and ardent intimacies of a Corsican vocal-polyphony group, the seven-piece A Filetta. But Mistico Mediterraneo has a warm informality and often jazzy swing that distinguishes it from the more stately journeys of Garbarek and the Hilliards. Fresu's evocative sound holds the stage alone before the vocalists swell around him. Sometimes Di Bonaventura prods his partner with a chugging dance rhythm or cushions him with melancholy chords while occasional overdubbing expands the brass lines into echoing swirls. On the closing Sanctus, the accordion and trumpet bring a languid cafe-music allure to the notes of the bassoon intro to The Rite of Spring.
'Mistico Mediterraneo' Seduces With Corsican-Sardinian-Italian Folk-Jazz-Classical Magic
Feb 22nd 2011 by Steve Hochman
It's a Romeo and Juliet story. Only instead of being set in the bloody Montague and Capulet feud of 16th century Verona, it's the lingering rivalry between the Mediterranean islands of Italian Sardinia and French Corsica. And instead of moony teens reaching across the battle lines it's veteran musicians representing not just their respective homes, but seemingly at-odds genres and approaches to their art. Not to mention that this has anything but a tragic ending.
In any case, the coming together of Corsican vocal group A Filetta and Sardinian trumpet and flugelhorn virtuoso Paolo Fresu – plus Italian bandoneon player Daniele di Bonaventura – in 2006 was, per A Filetta leader Jean-Claude Acquaviva, magical: "It was love at first sight and we have never been far apart since then."
Musically speaking, of course.
It is an odd match: A Filetta draw on centuries of Corsican polyphony, both from the church and daily life, for tightly composed vocal tapestries. Fresu is steeped in modern jazz, heavy on improvisation. And di Bonaventura comes from a classical background. But the combo, which is releasing its first album, 'Mistico Mediterraneo,' on ECM Records, results in music of poetic drama, rich beauty and, as the title suggests, an engulfing mystique. It's all there in the opening piece, 'Rex Tremendae,' drawn from a requiem Acquaviva wrote in 2004 and sung in Church Latin.
"Some say there is bad blood between Sardinia and Corsica," says Fresu. "It's true that the two islands, while very close geographically, don't have a lot of contact; and it's also true that they have two different histories."
But, he continues, the similarities win out.
"I believe that between Sardinians and Corsicans there are a lot more things in common than between Corsicans and French and maybe also between Sardinians and Italians."
Fresu – heard in recent years on other ECM Records collaborations with jazz composer Carla Bley's band the Lost Chords and a 2010 duet album with guitarist Ralph Towner – says what he brings from Sardinia to this project is not anything specific but "rather a mood and a feeling which was metabolized."
And it's not like the respective musical traditions are unrelated.
"Sardinian and Corsican traditions have in common a vocal polyphony which is powerful, rough and built upon natural voices," Acquaviva says. "Let's say that in Sardinia we find more dance songs and also a stronger tradition of practicing the instrument than in Corsica."
For this project, it was more a matter of reconciling the conflicting styles and approaches than anything cultural.
"We started with our own repertoire, essentially," says Acquaviva. "We deconstructed it and then reconstructed it with Paolo and Daniele, who managed to infiltrate with our voices with a great deal of intelligence, sensibility, respect and tact."
The result is material that's somber in underlying tone, yet buoyant with creative energy.
"'Rex' evokes the Creator's pity on Judgment Day," says the composer-singer.
Several other pieces are liturgical, as well, while 'Liberata,' Acquaviva explains, "evokes the battles the resistance fought on the island during the Second World War" and is sung in the Corsican dialect. And 'Le Lac' moves outside the Mediterraneo but retains the mistico, a resetting of a Tibetan chant originally done for A Filetta by French composer Bruno Coulais for the soundtrack to the 1999 film 'Himalaya, L'enfance d'un chef.'
That mix was in place from the start when Fresu and di Bonaventura were invited by A Filetta to participate in a concert honoring the 20th anniversary of a theater in the vocal ensemble's hometown of Ajaccio. And it was confirmed with a later concert in Italy and then a returned favor at an edition of a Fresu-hosted festival in Sardinia.
"I remember that the pieces which struck me most at first were 'Le Lac' and 'Liberata,'" says Fresu. "When we gave the first concert in Italy, in Brescia, I coined the name 'Mistico Mediterraneo,' which I thought appropriate to the music and they all accepted it with enthusiasm – mistico because there is a lot of pathos in what we were doing and Mediterraneo because it had to do with a dialog between two islands, with a third element which is the other Mediterranean of Daniele di Bonaventura."
That dialog (trialog?), however, has a vibrancy that lifts any sense of gloom that may be inherent in the subject matter. The very human tones of Fresu's brass and di Bonaventura's wheezy squeezebox dance easily among the shifting dynamics of A Filetta's seven interlocking male vocals like late afternoon sunlight on waves in the, well, Mediterranean. Comparisons have been made to Miles Davis' 'Sketches of Spain' in which the leader's trumpet floats through and over Iberian settings. And several earlier ECM projects could be seen as precedents – most notably 1994's 'Officium,' on which Norwegian saxophonist Jan Garbarek improvises over medieval chants sung by the Hilliard Ensemble.
"When we began the work on this project, we did not refer to any previous experience," Fresu says. "Also, the music of A Filetta is so strong and archaic in its contemporariness that it's difficult to make comparisons."
He acknowledges the influence of Davis and Chet Baker on his tone and spirit and says that one might hear a "distant quote" from 'Sketches of Spain' at the end of the piece 'Dies Irae.'
"But each one of us brought into the music his own experience and his own language."
That gives the results a character all its own. "All the material for this album was modified in the moment when three entities enriched it," Fresu says. "More than a distortion, I would speak of an enriching which was absolutely natural."
This is not, Acquaviva cautions, folk traditions coming together. But it is very much tied to the places and cultures that produced the musicians.
"A Filetta is not strictly speaking a traditional Corsican ensemble, since our repertoire is essentially compositions," he says. "However, the relationship with the local polyphonic tradition is undeniable. Paolo, on the other hand, is a musician molded by his Sardinian culture, even if he is a jazz musicians and a formidable improviser. And, finally, Daniele is a classical musician by training, but he has contributed to various projects blending ethnic music and improvisations. Let's say that this work is fundamentally innovative while carrying the memory of the Mediterranean, which gives it location and roots."
So totaling it up: Three lands of origin. Three musical approaches. Material sung in three different languages. In some ways, though, it's easier to describe what 'Mistico Mediterraneo' isn't than what it is. That's fine with the participants.
"A noted French jazz magazine reviewed our disc in just a few lines, saying the only true jazziness of our project were my solos and a few things of Daniele di Bonaventura," Fresu says. "Naturally, it was supposed to be a bad review. But I took it as a great compliment because that was exactly the sense of our meeting."
Heck, Shakespeare probably got reviews like that, too.
Source : http://www.spinner.com/2011/02/22/mistico-mediterraneo/
Sunday Herald, Feb 27, 2011
It may be slightly optimistic to suggest that Paolo Fresu's meeting with the Corsican choral group A Filetta on Mistico Mediterraneo could do for the Sardinian trumpeter's career what working with the Hilliard Ensemble did for Norwegian saxophonist Jan Garbarek's audience expansion, but anyone who enjoyed the latter partnership should be encouraged to investigate this beautiful recording.
A Filetta are spikier than the Hilliards, their polyphonic sound often reflecting their island home's granite ruggedness, but Fresu and the Italian bandoneon player Daniele di Bonaventura merge so successfully with their rhythmical chants and soothing chorales that the effect is at once almost other worldly and yet comforting.
Fresu combines the melancholy qualities of Miles Davis and Chet Baker with a nimble improvising style and di Bonaventura's bandoneon can be as grand as a cathedral organ or as mobile as a concertina. Their two duets are models of conversational music-making, but it's the full company pieces that make Mistico Mediterraneo an early contender for the year's most inspired cross- cultural collaboration.
La Tribune de Genève, 11.02.2011
Quand les sublimes polyphonies vocales d’A Filetta croisent la trompette solaire de Paolo Fresu et le bandonéon clair-obscur de Daniele di Bonaventura, la rencontre ne peut qu’engendrer un chef-d’œuvre. Dans Mistico Mediterraneo, les fascinantes voix masculines du groupe corse (programmé jeudi dernier au festival Antigel) tissent leurs entrelacs avec une ferveur qui donne la chair de poule, ouvrant toutes grandes les portes de la spiritualité. Originaire de Sardaigne, Paolo Fresu vient en voisin poser ses envolées radieuses sur ce canevas à la fois grandiose et émouvant, vibrant et proche du murmure, comme une prière qu’on ne dit qu’à soi-même. Essentiel. L.S.
All About Jazz by John Kelman
At a time when cross-pollination has become the new musical evolution, ECM Records remains at the vanguard. Whether blending music of Tunisian origins with European impressionistic concerns and hints of New World groove on oudist Anouar Brahem's The Astounding Eyes of Rita (2009), or marrying Persian percussion with Baroque instrumentation and Fourth World improvisation on keyboardist Jon Balke's Siwan (2009), few labels (if any) can boast such an impressive catalogue of constant innovation, where unfailing respect for tradition is matched by an equal disregard for the hard-coded conventions that seem, on the surface, inherent to its very definition.
Mistico Mediterraneo follows in the footsteps of Jan Garbarek and The Hillard Ensemble's (so far) trifecta, including Officium Novum (2010), where the saxophonist and classical vocal group turned eastward, further enriching an improvised language they've honed for nearly two decades. But as a collaboration between trumpeter Paolo Fresu , Corsican vocal group A Filetta, and bandoeonist Daniele di Bonaventura, the roots of Mistico Mediterraneo—and its ultimate destination—are inherently different. Rather than looking to an extant classical repertoire that crosses not just centuries, but millennia, Mistico Mediterraneo's song cycle is of distinctly contemporary origins, though the polyphonic tradition at its core dates back to the 9th century. The music may sometimes feel of timeless antiquity, but hints of modernity abound, as in French film composer Bruno Coulais' "Le lac," where Fresu's electronically treated horn creates a near-ambient soundscape, over which di Bonaventura's bandoneon evokes a rippling, Steve Reich-ian pulse before A Filetta enters, with a plaintive chant revolving around a repetitive, descending three-chord pattern.
The bass-heavy A Filetta—now led by Jean-Claude Acquaviva who, joining the group at 13, has since become its primary composer, contributing five pieces to this program—brings a different vocal tradition to the table than The Hilliards, one as steeped in the folk tradition of its locale as it is a classical one, blending sacred and secular texts sung in French, Corsican and Latin. Above it all Fresu, a trumpeter with his own deep roots in the jazz vernacular of Chet Baker and Miles Davis, intertwines with A Filetta's seven voices, while engaging with di Bonaventura—surely the European answer to South American bandoneon master (and label-mate) Dino Saluzzi—on a profoundly interpretive level. This sublime combination of voice, horn and reeds is particularly effective on Jean-Michel Giannelli's "Dies Irae" which, despite its Latin text and cascading voices, somehow feels cousin to bassist Charlie Haden's often-covered "Silence."
Mistico Mediterraneo has something else that Garbarek/The Hilliards don't—a pulse. Tracks like "Gloria," with di Bonaventura's propulsive, ebb-and-flow rhythm supported by A Filetta's similarly driven delivery, meet modernity with the timbral oscillations of Fresu's horn, while the all-vocal miniature, "La folie du Cardinal ," would be relentless if it weren't only a couple minutes in duration. It all comes together in a recording that might be compared too quickly to Garbarek and The Hilliards' ongoing collaboration, but with music at least partly rooted in more temperate locales farther south, the superb Mistico Mediterraneo sings with a resonant collective voice all its own.
Virtual WOMEX
text by Helmut Buergel in EWMF newsletter oct.09
A Filetta's new adventure is a sublime musical research between polyphonique singing, Daniele di Bonaventura's earthy, but nonetheless more than traditional bandoneon sounds and Paolo Fresu's fearless explorations and trumpet improvisations beyond the borders of jazz or any other style. Trying to categorize this concert would mean to domesticate it. It was near the state of the art of polyphonic singing, haunting, touching, inspired music, broadening the score of vocal music between traditional and contemporary.
After a mix of Sardaigne's musics in projects like Sonos'e memoria and Etnografie , Paolo Fresu's trip through the Mediterranean's musical traduction brings him to Corsica for an inspired meeting with the twin island's polyphony. Daniele di Bonaventura accompanies him with his bandoneon, a living and breathing instrument, completing the chain between Paolo Fresu's trompet and A filetta's seven voices choir, got together as Mistico Mediterraneo .
The idea of beginning a collaboration with Paolo Fresu, famous jazzman, and Daniele di Bonaventura inspired pianist-bandoneonist, was born in Ajaccio (Corsica) in 2006.
Mistico Mediteraneo is the fruit of musical imagination and collective expression. All the artists involved in the project have developed a common vision and taste for miscellanies.
Jazz Loft
Sketches of Corsica: the radiant lyric trumpet of Paolo Fresu glides across the massed voices of A Filetta, the singers who are both trailblazers and keepers of tradition in the realm of Corsican polyphony. The ancient and the experimental blend seamlessly in these compositions, several of them written by ensemble founder Jean-Claude Acquaviva, who has directed the singing group for more than 30 years. A powerful showing here also for Italian bandoneon innovator Daniele do Bonaventura, who contributes new music, solos imaginatively, duets with Fresu, and envelops voices and trumpet with an almost orchestral sense of form.
The Financial Times
by David Honigmann
Published: February 19 2011
Paolo Fresu/A Filetta/Daniele di Bonaventura
Mistico Mediterraneo
(ECM)
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From the combination of trumpet and vocal chorus, the first impression this gives is of a Mediterranean cousin to Jan Garbarek and the Hilliard Ensemble. But this is very much its own disc, playing off the contrasting and intertwining sonorities of Fresu’s trumpet and flugelhorn, di Bonaventura’s bandoneon and the deep bass voices of the Corsicans. Parts of a Latin Mass mingle with Tibetan chant and island solitude.
Copyright The Financial Times Limited 2011. Print a single copy of this article for personal use.
L'ultimo disco di Paolo Fresu "Mistico mediterraneo", edito dalla ECM sviluppa un tema caro al musicista isolano, quello del rapporto fra jazz e folklore popolare.
Il disco è stato inciso con il gruppo polifonico corso "A Filetta" il cui repertorio mescola tradizione e rinnovamento, canti antichi ai quali fanno eco brani originali, nati in quasi trent'anni di attività, il bandoneon di Daniele di Bonaventura e la tromba di Fresu contribuiscono ad amalgamare le loro ricche sonorità polifoniche.
Source : http://wooper.forumfree.it/
The Guardian/The Observer
Dave Gelly
A jazz soloist placed in tasteful juxtaposition with exponents of an age-old vocal tradition – it could only be an ECM production. In this case it's Sardinian trumpeter Paolo Fresu and Corsican ensemble A Filetta, together with bandoneon player Daniele di Bonaventura. Some people are stoutly resistant to this kind of thing, but it is wonderfully atmospheric, especially with that sepulchral echo, and Fresu is a gentle, lyrical player with the most gorgeous tone. This could be your musical refuge after a stressful day. One final ECM touch: lyrics are printed in Corsican and Latin, with helpful translations in French.
This is a fascinating collaboration between lyrical Italian jazz improvisers Paolo Fresu and Daniele di Bonaventura and the transfixing voices of A Filetta from Corsica. A Filetta, prize-winning vocal ensemble, internationally renowned as the standard-bearers of Corsican polyphony, make their ECM debut here. The appealing combination of sound-colours and idioms adds up to `Sketches of Corsica'. As the improvisers approach this regional music of universal appeal, Fresu's pensive, romantic trumpet inevitably brings Milesian associations to mind, and the ingenious bandoneon of di Bonaventura implies `chamber music' and `folk music' in every breath of the bellows.
Sketches of Corsica, the Mediterranean and the wider world abound in this fascinating collaboration between lyrical Italian jazz improvisers Paolo Fresu and Daniele di Bonaventura and vocal ensemble A Filetta. "Mistico Mediterraneo" is the first documentation of an alliance that has been gathering momentum for a few years already; it is also the ECM debut of the Corsican singers.
The A Filetta group, is celebrated for its re-casting of Corsican vocal polyphony over the last three decades, and for helping to preserve a unique singing tradition, both secular and sacred, whose roots stretch back to antiquity. The A Filetta singers ("Filetta" translates as "fern" or "bracken") never lose sight of the tradition, but have kept it alive by taking it to new places, writing compositions for the ensemble and initiating meetings with musicians of other genres. The group is led by Jean-Claude Acquaviva, who was just 13 when A Filetta was founded in 1978. For him, "Mistico Mediterraneo" is a faithful reflection of the trajectory of the group''s music: anchored in tradition but continually reaching out to other musics, "ethnic" and otherwise.
Paolo Fresu, from the neighbouring island of Sardinia, which has its own special vocal tradition, could relate at once to the Corsican music with its "refined and archaic voices", its mix of contemporary compositions and its attempt to hold fast to "melodies vanishing in the darkness of time". As the improvisers approach this regional music of universal appeal, Fresu''s pensive, romantic trumpet inevitably brings Milesian associations to mind, and the ingenious bandoneon of Daniele di Bonaventura implies ''chamber music'' and ''folk music'' in every breath of the bellows .
It's not everyday you get to hear something as different as Mistico Meditarraneo, a collaboration between Italian trumpet star Paolo Fresu, bandoneon player Daniele di Bonaventura, and the A Filetta Corsican Voices. While much of what you'll find on this CD can be classified as jazz, the addition of di Bonavantura's bandoneon (an accordion-like portable wind instrument that sort of sounds like a clarinet) and the wonderful vocal interplay of the A Filetta bring plenty of folk and gypsy flavors to the mix. This is actually the first time the A Filetta Corsican Voices have appeared on an ECM recording, and I'm guessing it won't be the last.
Listen to di Bonaventura go for broke on the engaging "Da tè à mè", a rousing number with flurrying banoneon notes while Fresu smolders underneath. The trumpet master makes his presence felt throughout the album, but often times he shows plenty of restraint and creates haunting soundscapes over which the singers can lay down their majestic vocal counterpoint. "Le Lac" is one such number, with ominous trumpet sounds from Fresu drifting over the great distance while the A Filetta drop in a wide variety of vocal passages. It's a somewhat chilling, yet ultimately calming experience. Fresu's yearning melodies tug at your heart on the gorgeous "Dies Irae", while the more upbeat "Gloria" sees the vocalists doing a wonderful acapella amidst intriguing soundscapes. The fantastic vocal counterpoint on "La folie du Cardinal" quickly brought to mind the early 70's work of legendary prog rock band Gentle Giant, and fans of Miles Davis' classic album Sketches of Spain will love the majestic number "U Sipolcru". Fresu mixes in some flugelhorn on the classical-meets-jazz piece "Figliolu d'ella", and the somber "Sanctus" closes out the album in a very touching and poignant way, with Fresu's trumpet never sounding more beautiful and di Bonaventura's bandoneon gently offering some emotional notes.
There's a great booklet included that features plenty of photos, a long essay about the creation of the album, and all the original Corsican lyrics. Mistico Mediterraneo is unlike just about anything else you'll hear this year, and definitely worth checking into.
Sardinian trumpeter Paolo Fresu has been a key figure in Italian jazz since the late 80s as a Miles Davis-influenced artist who makes a lyrical music with sharp turns, and an imaginative interpreter of his culture’s own traditions. This might seem like an attempt to turn Fresu and bandoneon partner Daniele di Bonaventura into the Mediterranean Jan Garbarek ? since it hitches their graceful improvised variations to the sepulchral whispers, sacred-music declamations and ardent intimacies of a Corsican vocal-polyphony group, the seven-piece A Filetta. But Mistico Mediterraneo has a warm informality and often jazzy swing that distinguishes it from the more stately journeys of Garbarek and the Hilliards. Fresu’s evocative sound holds the stage alone before the vocalists swell around him. Sometimes Di Bonaventura prods his partner with a chugging dance rhythm or cushions him with melancholy chords while occasional overdubbing expands the brass lines into echoing swirls. On the closing Sanctus, the accordion and trumpet bring a languid cafe-music allure to the notes of the bassoon intro to The Rite of Spring.
Rating: 4/5
John FordhamEn 1977, le label italien Black Saint publiait un disque atypique : le quartet italo-américain du contrebassiste Marcello Melis (1939-1994) y rencontrait les voix du Grupo Rubanu, un ensemble vocal traditionnel sarde. La rusticité des chants traditionnels contrastait avec la flamboyance free d’un ensemble où scintillait la trompette d’Enrico Rava aux côtés du tromboniste Roswell Rudd et du batteur de l’AACM, Don Moye.
La démarche de Paolo Fresu, sarde lui aussi et trompettiste, est un peu comparable mais sonne tout autrement. En s’associant au chœur corse A Filetta, il cultive le bon voisinage insulaire. Pas de choc des mondes musicaux ici mais une rencontre fusionnelle entre un chœur masculin qui perpétue une tradition vocale sans la dévoyer et un trompettiste qui sait rester lui-même dans les contextes les plus variés. Qu’il joue en contrechant des harmonies vocales de l’ensemble ou qu’il improvise accompagné du bandonéon de Daniele Di Bonaventura (Liberata, est une des perles du disque pour l’équilibre voix-instruments), Paolo Fresu privilégie la profondeur des sonorités cuivrées sans céder à des effets de virtuosité. Lorsqu’il utilise l’électronique, c’est pour augmenter avec une grande expertise l’amplitude du maillage sonore aidé en cela par la qualité d’une prise de son qui reste fidèle à l’esthétique légendaire du label ECM.
Un très beau projet qui a germé en octobre 2006 à Ajaccio lors d’une rencontre entre le chœur A Filetta et un quartet composé de Paolo Fresu, Daniele Di Bonaventura, du percussionniste Philippe Biondi. Le saxophoniste André Jaume, un des maîtres à penser des musiques improvisées méditerranéennes était une des chevilles ouvrières de ce projet. Il faut lui rendre cet hommage !
Digital jazz news
A stunning recording that takes on a life of ist own. This release is far more than a “recording” it is an “experience”… Hauntingly Beautiful…
Brent Logan Black
Jazzthetik
Mistico Mediterraneo ist genau das, was der Titel verspricht: Musik vom Mittelmeer, die tief in archaischen Gesangstraditionen wurzelt und aus sakraler Innigkeit, Chormusik des 20. Jahrhunderts und stmosphärischen Filmmusikelementen eine mystische Stimmung heraufbeschwört.
La vie
Se fondant en une même respiration, ces trois esthétiques, entre jazz, folk et musique de chambre, composent un répertoire qui sonne comme un chant sacré.
Jazz Times
True to the title, the musical goods here wax mystical and Mediterranean and are brushed throughout with graceful melancholy. Although our ears latch onto Fresu’s singular sound on trumpet (electronically affected, with mute and without) and flugelhorn, the pieces in the 13-part song cycle were composed by others, including A Filetta founder Jean-Claude Acquaviva and Di Bonaventura. Remarkably, this synthesis pulls our ears and minds in multiple directions while offering an impressively focused aesthetic.
Josef Woodard
24heures
Quand les sublimes polyphonies vocales d’A Filetta croisent la trompette solaire de Paolo Fresu et le bandonéon clair-obscur de Daniele di Bonaventura, la rencontre ne peut qu’engendrer un chef-d’œuvre.
L.S.
Songlines
The wheeze and clack of Italian bandoneón (squeezebox) player Daniele di Bonaventura’s instrument sets up a depp drone, from which the sighing lament of A Filetta’s male voices rises in a powerful unison. A sparingly applied halo of electronics and the burnished purity of Sardinian jazz trumpeter Paolo Fresu circles the mix, framed by an effortlessly airy ECM recording.
Andrew McGregor
Jazzthing
Die eigentlichen Stars auf “Mistico Mediterraneo sind jedoch die Sänger von A Filetta. Bodenständig, in der Tradition der Vokal-Polyphonie der Mittelmeerinsel verwurzelt, aber je nach Lage der Winde stets neuen Richtungen zuneigend, suchen A Filetta nach Wegen, eine einzigartige, bis in die Antike zurückreichende Form des Gesangs in der Gegenwart zu verankern. Mit Hilfe der lyrischen Gravität von Fresus Trompete und der süßen Melancholie des Bandoneons verwandeln sich die 13 ebenso säkularen wie sakralen Lieder in eine Art musikalisches Über-Ich. (...) Triumph einer Musik, die wohldosiert aus den Zeitströmen schöpft und gleichermaßen Bauch, Herz und Kopf entspringt.
Reinhard Köchl
La Dépêche
“Mistico Mediterraneo” puise au plus profond de l’âme. Promenade intérieure, réflexion intime, sonorités envoûtantes, l’album est une des belles surprises de ce début d’année. On y respire l’essence meme de la Corse secrete comme en fusionne avec la trompette de Paolo Fresu, qui se meut d’une plage musicale à l’autre, tout en douceur et tout en profondeur.
Rondo Magazin
Instrumente und Gesang umgarnen sich, vereinen sich, lösen sich ab, so dass ständing neue Eindrücke entstehen. Dabei mutet die puristische Herangehensweise keinesfalls archaisch an; im Gegenteil, es greifen alle drei von Atem und bewegter Luft getragenen Klangelemente abwechslungsreich und ständig die Färbungen wechselnd ineinander.
Werner Stiefele
Arkansas Democraty Gazette
Graceful and mesmerizing, this lovely and haunting collaboration among Sardinia native trumpet player Paolo Fresu, bandoneon player Daniele di Bonaventura and the Corsican polyphonic vocal ensemble A Filetta is mysterious and haunting.
Ellis Widner
Jazzpodium
„Mistico Mediterrano“ ist eine superbe Überraschung, ein exzellent inszeniertes Experiment mit der korsischen Vokalgruppe A Filetta und dem folkloristisch verwurzelten Bandoneonspieler Daniele di Bonaventura. […] Kompositionen und Texte knüpfen an sakrale und säkulare Gesangstraditionen Korsikas an, Vergangenheit wird Gegenwart, vermittelt durch Bandoneon und Fresus sehr lyrisch gespielter Trompete. Polyphone Vokalparts und weit ausholende Improvisationen verschmelzen zu einem irritierenden und faszinierendem Ganzen – mal Gebet, mal vom Alltag inspiriert.
Heribert Ickerott
Vibrations
Évocatrices des polyphonies insulaires, de la musique de chambre et du Miles évanescent, leurs harmonies lancinantes charrient l’émotion des requiem.
Éric Delhaye
All about jazz
Few labels (if any) can boast such an impressive catalogue of sconstant innovation, where unfailing respect for tradition is matched by an equal disregard for the hard-coded conventions that seem, on the surface, inherent to its very definition. […] Rather than lookin to an extant classical repertoire that crosses not just centureis, but millennia, “Mistico Mediterraneo’s” song cycle is of distinclty contemporary origins, though the polyphonic tradition at its core dates back to the 9th century. The music may sometimes feel of timeless antiquity, but hints of modernity abound.
John Kelman
Jazz ‘N’ More
Der Titel ist kein leeres Versprechen.
Badische Zeitung
Paolo Fresu and Daniele di Bonaventura geben den Gesängen von A Filetta einen Rahmen, sie setzen aber auch Kontrapunkte, erweitern die Kompositionen mit Improvisationen. Jazz und Tango klingen an. Die beiden ordnen sich dem so kraftvollen korsischen Gesangsensemble nicht unter, sie fordern es heraus, umspielen es, erweitern es. Dass sich da aber verwandte Geister getroffen haben, ist in jeder Sekunde zu spüren. Ein Liederzyklus ist auf diese Weise entstanden, in dem sich Spirituelles und Irdisches, Kontemplation und Spannung, Trauriges und Freudiges mischen, der etwas von einem Gottesdienst in einer Kathedrale hat, aber auch hohe Kunst für den Konzertsaal ist.
Thomas Steiner
Seattle PI
This is an album with such taste, forward vision, and grace that I simply cannot recommend it highly enough. It was clearly a treat for those involved to make, and an incredibly satisfying set of music for the audience. Very highly recommended.
Greg Barbrick
(...) Dans le registre de l'évocation subtile, charnelle et vigoureuse à la fois, Paolo Fresu est un autre maître de la trompette. L'automne dernier, sur son propre label Tuk Music, avec son quintet, il nous avait proposé «Songlines/Night & Blue», un double CD carrément sublime. Le genre de musique, d'une richesse inépuisable, qui vous transporte et vous transcende... Rebelote avec «Mistico Mediterraneo» (ECM/Universal) où, avec le bandonéoniste Daniele di Bonaventura et les chanteurs d'A Filetta, il nous embarque cette fois-ci pour la Corse. Pas besoin de prendre le bateau pour sentir la rudesse et la beauté de l'île. Tout y est: l'exaltation et le mystère, le souffle et la pureté. Minimaliste et fascinant.
04/04/2011

Passata la festa “gabbato lu santo”, si diceva dalle parti mie. E allora, sfangata la Pasqua e passato anche un primo maggio quest’anno più bianco che rosso, possiamo finalmente parlare di musica sacra. Musica sacra letta attraverso la lente dell’interpretazione popolare, per la precisione, che il vincolo etnico è quello che ci siamo dati, e ci appassiona. Perché ancora, nei paesini del sud Italia, il giovedì santo insospettabili miscredenti si ricordano di fare parte di una Congrega, indossano pesanti panni scuri, e danno vita a processioni al debole lume delle torce, cantando litanie su ‘La crudel morte di Cristo’.
Sono canti che affondano le radici nella polifonia medievale e rinascimentale, musica sacra e antica quindi, ma riletti e rinnovati (qualche ingenuo direbbe semplificati) dalla pratica popolare che di anno in anno si rinnova. Il gruppo A Filetta, proveniente dalla Corsica, rappresenta un’ulteriore evoluzione di questa tradizione viva. Pur essendo una formazione classica di polifonia còrsa – ensemble a cappella di sette voci – nata nel 1978 per preservare questa forma in via di estinzione, ha nel tempo riformulato il proprio obiettivo, e oggi interpreta solo brani originali del leader Jean:Claude Acquaviva o pezzi scritti appositamente da compositori contemporanei. E anche se i titoli possono ingannare (‘Rex tremendae’, ‘Gloria’, ‘Dies Irae’, ‘Sanctus’, ‘U sipolcru’), il risultato è sorprendentemente mosso, fresco, swing.
Forse per questo il gruppo è stato intercettato dal jazzista Paolo Fresu. O forse per l’antica propensione al recupero delle musiche pericolanti, secondo una concezione di mecenatismo musicale, benemerita quanto poco diffusa, in base alla quale l’artista baciato dal successo ne approfitta non per farsi la villa ad Antigua ma per farsi sponsor di altre realtà meno note: il trombettista sardo aveva anni fa dato alle stampe ‘Sonos e Memoria’, cui partecipava anche un quartetto vocale tradizionale (Su Cuncordu e Rosariu di Santu Lussurgiu).
Il paragone con il canto a tenore della Sardegna, e con quel cd in particolare, è quindi obbligatorio. Come pure un altro parallelismo che scatta automatico, per questo ‘Mistico Mediterraneo’in cui mette voce anche Daniele di Bonaventura con il suo bandoneon, è quello con il mitico ‘Officium’ del sassofonista Jan Garbarek e del gruppo vocale antico Hilliard Ensemble. Ma non c’entrano niente: tanto la polifonia còrsa è distante anche se simile nell’impianto al canto dei tenores sardi, tanto l’incontro con il fiato jazz è diverso dal caso di Garbarek. Lì era uno scontro di modalità affatto diverse, che tentavano di parlarsi ma che alla fine proprio dai contrasti traevano la propria bellezza; qui tutto avviene su un piano diverso, superiore.
Perché se, come s’è già detto, da un lato A Filetta swinga, dall’altro Fresu entra nelle tessiture in modo silente e rispettoso, quasi sacro. Ruoli ribaltati rispetto alle attese quindi, o ancora meglio completamente sconvolti: come quando un mantra tibetano e il minimalismo contemporaneo si fondono nel brano di un compositore di colonne sonore parigino (Bruno Coulais) dando lo spunto a improvvisazioni di melodia e ritmo… ma basta, passiamo all’ascolto.
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A stunning recording that takes on a life of ist own. This release is far more than a “recording” it is an “experience”… Hauntingly Beautiful…
Brent Logan Black, Digital jazz news
Mistico Mediterraneo ist genau das, was der Titel verspricht: Musik vom Mittelmeer, die tief in archaischen Gesangstraditionen wurzelt und aus sakraler Innigkeit, Chormusik des 20. Jahrhunderts und stmosphärischen Filmmusikelementen eine mystische Stimmung heraufbeschwört.
Jazzthetik
Se fondant en une même respiration, ces trois esthétiques, entre jazz, folk et musique de chambre, composent un répertoire qui sonne comme un chant sacré.
La vie
True to the title, the musical goods here wax mystical and Mediterranean and are brushed throughout with graceful melancholy. Although our ears latch onto Fresu’s singular sound on trumpet (electronically affected, with mute and without) and flugelhorn, the pieces in the 13-part song cycle were composed by others, including A Filetta founder Jean-Claude Acquaviva and Di Bonaventura. Remarkably, this synthesis pulls our ears and minds in multiple directions while offering an impressively focused aesthetic.
Josef Woodard, Jazz Times
Quand les sublimes polyphonies vocales d’A Filetta croisent la trompette solaire de Paolo Fresu et le bandonéon clair-obscur de Daniele di Bonaventura, la rencontre ne peut qu’engendrer un chef-d’œuvre.
L.S., 24heures
The wheeze and clack of Italian bandoneón (squeezebox) player Daniele di Bonaventura’s instrument sets up a depp drone, from which the sighing lament of A Filetta’s male voices rises in a powerful unison. A sparingly applied halo of electronics and the burnished purity of Sardinian jazz trumpeter Paolo Fresu circles the mix, framed by an effortlessly airy ECM recording.
Andrew McGregor, Songlines
Die eigentlichen Stars auf “Mistico Mediterraneo sind jedoch die Sänger von A Filetta. Bodenständig, in der Tradition der Vokal-Polyphonie der Mittelmeerinsel verwurzelt, aber je nach Lage der Winde stets neuen Richtungen zuneigend, suchen A Filetta nach Wegen, eine einzigartige, bis in die Antike zurückreichende Form des Gesangs in der Gegenwart zu verankern. Mit Hilfe der lyrischen Gravität von Fresus Trompete und der süßen Melancholie des Bandoneons verwandeln sich die 13 ebenso säkularen wie sakralen Lieder in eine Art musikalisches Über-Ich. (...) Triumph einer Musik, die wohldosiert aus den Zeitströmen schöpft und gleichermaßen Bauch, Herz und Kopf entspringt.
Reinhard Köchl, Jazzthing
“Mistico Mediterraneo” puise au plus profond de l’âme. Promenade intérieure, réflexion intime, sonorités envoûtantes, l’album est une des belles surprises de ce début d’année. On y respire l’essence meme de la Corse secrete comme en fusionne avec la trompette de Paolo Fresu, qui se meut d’une plage musicale à l’autre, tout en douceur et tout en profondeur.
La Dépèche
Instrumente und Gesang umgarnen sich, vereinen sich, lösen sich ab, so dass ständing neue Eindrücke entstehen. Dabei mutet die puristische Herangehensweise keinesfalls archaisch an; im Gegenteil, es greifen alle drei von Atem und bewegter Luft getragenen Klangelemente abwechslungsreich und ständig die Färbungen wechselnd ineinander.
Werner Stiefele, Rondo Magazin
Graceful and mesmerizing, this lovely and haunting collaboration among Sardinia native trumpet player Paolo Fresu, bandoneon player Daniele di Bonaventura and the Corsican polyphonic vocal ensemble A Filetta is mysterious and haunting.
Ellis Widner, Arkansas Democraty Gazette
„Mistico Mediterrano“ ist eine superbe Überraschung, ein exzellent inszeniertes Experiment mit der korsischen Vokalgruppe A Filetta und dem folkloristisch verwurzelten Bandoneonspieler Daniele di Bonaventura. […] Kompositionen und Texte knüpfen an sakrale und säkulare Gesangstraditionen Korsikas an, Vergangenheit wird Gegenwart, vermittelt durch Bandoneon und Fresus sehr lyrisch gespielter Trompete. Polyphone Vokalparts und weit ausholende Improvisationen verschmelzen zu einem irritierenden und faszinierendem Ganzen – mal Gebet, mal vom Alltag inspiriert.
Heribert Ickerott, Jazzpodium
Évocatrices des polyphonies insulaires, de la musique de chambre et du Miles évanescent, leurs harmonies lancinantes charrient l’émotion des requiem.
Éric Delhaye, Vibrations
Few labels (if any) can boast such an impressive catalogue of sconstant innovation, where unfailing respect for tradition is matched by an equal disregard for the hard-coded conventions that seem, on the surface, inherent to its very definition. […] Rather than lookin to an extant classical repertoire that crosses not just centureis, but millennia, “Mistico Mediterraneo’s” song cycle is of distinclty contemporary origins, though the polyphonic tradition at its core dates back to the 9th century. The music may sometimes feel of timeless antiquity, but hints of modernity abound.
John Kelman, All about jazz
Der Titel ist kein leeres Versprechen.
Jazz ‘N’ More
Paolo Fresu and Daniele di Bonaventura geben den Gesängen von A Filetta einen Rahmen, sie setzen aber auch Kontrapunkte, erweitern die Kompositionen mit Improvisationen. Jazz und Tango klingen an. Die beiden ordnen sich dem so kraftvollen korsischen Gesangsensemble nicht unter, sie fordern es heraus, umspielen es, erweitern es. Dass sich da aber verwandte Geister getroffen haben, ist in jeder Sekunde zu spüren. Ein Liederzyklus ist auf diese Weise entstanden, in dem sich Spirituelles und Irdisches, Kontemplation und Spannung, Trauriges und Freudiges mischen, der etwas von einem Gottesdienst in einer Kathedrale hat, aber auch hohe Kunst für den Konzertsaal ist.
Thomas Steiner, Badische Zeitung
This is an album with such taste, forward vision, and grace that I simply cannot recommend it highly enough. It was clearly a treat for those involved to make, and an incredibly satisfying set of music for the audience. Very highly recommended.
Greg Barbrick, Seattle PI
La musica ha un impatto emotivo molto forte, l’alchimia che si stabilisce tra le voci e gli strumenti è perfetta, e da vita ad un continuum straniante che lascia l’ascoltatore senza fiato per bellezza e sorpresa.
blog.libero.it
pour Le Monde.fr | 11.02.11 |
Paolo Fresu Devil Quartet, au New Morning

Le trompettiste et bugliste sarde Paolo Fresu, dont vient de paraître un nouveau CD, Mistico Mediterraneo, enregistré avec la formation vocale corse A Filetta et le bandonéiste Daniele Di Bonaventura (Le Monde du 7 février), est en mini-tournée avec son Devil Quartet qui se termine le 12 février. La formation explore la part rock, parfois électro de Fresu, l'un des représentants du jazz italien les plus passionnants, dont les explorations musicales sont les plus variées (pour mémoire l'une de ses autres formations, l'Angel Quartet, relève du jazz acoustique dans toute son élégance classique). Sonorité de rêve, énergie, jeu collectif de grand allant, le Devil Quartet s'impose.
New Morning, 7-9 rue des Petites-Ecuries, Paris (10e), métro Château-d'Eau. Tél. : 01-45-23-51-41. Vendredi 11 février, à 21 heures, 25,30 €.
Salle des fêtes, place du Chevalier-d'Antras, Marciac (Gers). Samedi 12 février, à 21 heures. De 10 € à 26,80 €. www.jazzinmarciac.com.
Pour écouter des compositions : paolofresu.it
Paolo Fresu : « Le son de trompette est le fil conducteur de l’émotion »

"Le Midi Libre"
Entretien avec le trompettiste italien, en concert avec son Devil Quartet, mercredi à Nîmes et le 24 mars à Montpellier.
Vous jouez avec Ralph Towner et les chanteurs corses de A Filetta, vous développez le label Tuk Music, vous tournez avec toutes sortes de formations... C’est de la boulimie !
Et je fais ça depuis trente ans ! J’aurai 50 ans le 10 février et ça fait partie de ma vie. Je ne me pose jamais de questions par rapport au marché. J’aime autant la musique acoustique qu’électrique et c’est en tournant avec quatre ou cinq projets que je ne m’ennuie jamais.
Quel est le point commun à tous ces projets ?
Moi ! C’est une vision de la musique qui m’appartient, malgré l’impression
de patchwork. Le son de la trompette est le fil conducteur qui transmet la poésie et l’émotion au public et aux autres musiciens. A condition d’être honnête.
Quand on est influencé par Miles Davis, comment se façonne-t-on un son de trompette personnel ?
J’ai focalisé pendant des mois sur sa version de’Round About Midnight en 1956. Miles Davis ayant inventé ce son de trompette bouchée, la référence est systématique. Mais c’est une erreur : depuis, beaucoup d’influences et de nuances de respiration sont apparues et il y a aujourd’hui autant de façons d’écouter le son d’une trompette que de regarder un tableau de Matisse.
Le fait d’être Italien influence-t-il aussi votre personnalité musicale ?
Absolument. La culture de l’opéra, du bel canto, de la chanson napolitaine et des fanfares où nous avons débuté ont marqué des jazzmen comme Giovanni Mirabassi, Flavio Boltro ou Stefano Di Battista. Le jazz, musique universelle et voyageuse, plonge aussi ses racines dans la terre où les jazzmen habitent.
Vous tournez avec le Devil Quartet, successeur du Angel Quartet...
Mon quintet historique existe depuis vingt-six ans mais j’ai monté d’autres formations. Dont le Angel Quartet, un clin d’œil au Angel de Hendrix, avec le guitariste Nguyên Lê. Et donc le Devil Quartet, avec le guitariste Bebo Ferra, alterne musique du diable et ballades angéliques : le binaire et l’électro d’un côté, le jazz romantique et mélodique de l’autre, c’est tout ce que j’aime !
ERIC DELHAYE
En concert le 9 février à 20 h 30, hôtel Atria, Nîmes. 15 €. 04 66 80 30 27. Également le 24 mars à 21 h, Jam, Montpellier. 18 € et 20 €. 04 67 58 30 30.
IL GRANDE JAZZ DI FRESU E BONAVENTURA A FERMO PER EVENTO BENEFICO 25/01/2011

Grande appuntamento quello con il duo Fresu - Di Bonaventura al Teatro dell'Aquila di Fermo
Venerdi 28 Gennaio alle 21.30.
L'iniziativa è finalizzata a raccogliere fondi per il gruppo otorinolaringoiatrico fermano ONLUS.
Difficilmente si potrà dire di averli già ascoltati; in assolo si sono esibiti solo qualche volta, ma ora (insieme ai cantori corsi A Filetta) hanno in grembo un capolavoro che porta il marchio ECM uscito proprio il 21 gennaio, intitolato "Mistico Mediterraneo" e si sa che "certe" etichette guardano lontano...
Sarà quindi proprio questa la prima occasione per ascoltare il nuovo CD: brani sacri, pezzi originali del bandoneonista marchigiano e del trombettista sardo, improvvisazioni, standard rivisitati in maniera del tutto particolare e chissà quante altre sorprese... e di sorprese ce ne saranno!
A cominciare dalla presenza della ritmica che costituisce il gruppo Band'Union, reduce dalla registrazione del nuovo cd dopo quasi sei anni dall'uscita del bellissimo "Canto alla Terra" .
Più che di un concerto si può parlare di un incontro, umano e artistico, riuscito, sorprendente, che lascerà a Fermo, nel tempo, una lunga eco di sé.
I cinquanta concerti di Paolo Fresu in Sardegna per i suoi 50 anni
di Franco Fayenz
6 febbraio 2011
Paolo Fresu, trombettista e flicornista illustre come pochi, compie cinquant'anni. E' nato il 10 febbraio 1961 a Berchidda, "la città del miele e del vino" a metà strada fra Olbia e Sassari, adagiata sui primi contrafforti del Monte Limbara nella Sardegna centro-settentrionale. Lo chiamano il trombettista insonne, oppure l'uomo dalle sette vite per la sua attività incessante e molteplice. Qualche esempio? Duecento concerti all'anno; dischi a suo nome uno dopo l'altro, a tal punto che non ricorda più quanti ne abbia incisi in trent'anni di attività; responsabilità totale del festival estivo Time in Jazz di Berchidda, fondato da lui, che quest'anno approda alle ventiquattresima edizione; una casa discografica propria, la Tuk; la direzione artistica del Festival del Jazz di Bergamo che però intende lasciare nel 2011 perché, dice, «è il terzo anno che me ne occupo e dopo tre anni un direttore artistico deve lasciare il posto ad altri»; un rapporto importante con la casa discografica tedesca Ecm per la quale ha pubblicato nel 2009 il cd Chiaroscuro in duo con il chitarrista Ralph Towner e in questi giorni esce Mistico Mediterraneo; un paio di libri firmati da lui, e si potrebbe continuare.
Adesso, per il suo mezzo secolo di vita, sta inventando un'impresa temeraria per la quale ha già trovato un nome: 50/50, vale a dire cinquanta come i suoi anni e cinquanta come i concerti che avranno luogo a sua cura in Sardegna dal 12 giugno al 31 luglio prossimi, in pratica un appuntamento ogni sera in luoghi diversi. «Come si vede» fa notare subito «il festival di Berchidda non c'entra perché avrà luogo regolarmente come ogni anno a cavallo del Ferragosto, fra il 9 e il 16. Però 50/50 inizierà a Berchidda con un concerto del mio quintetto storico: Paolo Fresu tromba e flicorno, Tino Tracanna sax tenore e soprano, Roberto Cipelli pianoforte, Attilio Zanchi contrabbasso, Ettore Fioravanti batteria, lo stesso che è il protagonista del mio ultimo cd per Tuk, il doppio Songlines/Night & Blue. Gli altri concerti vedranno sul palcoscenico i gruppi che ho riunito e diretto nel tempo e grandi solisti con cui ho collaborato e collaboro, ad esempio il pianista Uri Caine, ma anche solisti e complessi che verranno apposta dall'America. Non ci saranno sovvenzioni pubbliche, ma soltanto i contributi dei comuni interessati e degli sponsor. L'ultimo concerto si terrà a Cagliari, non si è ancora deciso chi suonerà».
Fresu sottolinea che i luoghi prescelti saranno di particolare interesse culturale, storico, sociale e archeologico. In Sardegna ce ne sono tanti, sarà imbarazzante lasciarne da parte parecchi. Un altro punto sarà l'utilizzo di energie biosostenibili per le necessità delle singole serate. In Sardegna la sensibilità per questo problema si è fatta più acuta da quando, di recente, un incidente ha provocato a Porto Torres una marea nera che le correnti portano verso Santa Teresa di Gallura. Ma ora il trombettista insonne, su precisa richiesta, mette da parte la veste di organizzatore di cultura e accenna alle sue ultimissime imprese di musicista con un eloquio da far invidia ai critici. Tiene molto al cd Mistico Mediterraneo per Ecm, basato su un insieme di linguaggi musicali che trascendono il jazz. Qualcuno già ci trova una similitudine con i cd del sassofonista norvegese Jan Garbarek in simbiosi con il classico quartetto vocale Hilliard, ma Fresu smentisce. Qui c'è la vocalità della Corsica che si avvale di sette cantori ed è diversa da quella dei sardi, tuttavia è definibile come un raffinato arcaismo non popolare, o perlomeno non soltanto popolare. Poi parla del suo tour "Back to Bach", appena terminato con i Virtuosi Italiani di Verona per rileggere la musica barocca nelle sue affinità, ben chiare agli esperti più avveduti, con il jazz contemporaneo. Ci sono contributi di Richard Galliano, Massimo Colombo e Uri Caine. Infine c'è addirittura un film, "La metafisica per le scimmie" di Marina Spada con la colonna sonora di Paolo Fresu. Può bastare? Buon compleanno, maestro.
Source : http://www.ilsole24ore.com
Paolo Fresu: tranquille navigation entre le jazz et la Sardaigne
Le Parisien Libéré, 28.12.2010
Le trompettiste Paolo Fresu navigue depuis trente ans dans les mers du jazz, en remettant régulièrement le cap sur son île natale, la Sardaigne, où il donnera l'été prochain, l'année de ses 50 ans, cinquante concerts dans autant de lieux et de formations différents.
"Ce projet, +! 50 Cinquanta !+, va se passer entre le 12 juin et le 31 juillet", a confié à l'AFP Paolo Fresu, qui jouera pour la circonstance dans des lieux inhabituels, une prison, sur la mer, à flanc de colline, dans un château, une chapelle, une ancienne mine, une forêt, à la pointe d'un cap.
.. Un bel hommage à son île, dans le respect de son histoire et de sa géographie.
"J'ai fait plusieurs cartes blanches, mais celle-là sera la plus grande et la plus complexe de ma vie !", s'enthousiasme-t-il.
Le musicien a convié à cette fête, où les concerts iront du solo à la fanfare, la plupart des musiciens ayant jalonné une carrière fructueuse: Nguyen Lê, Uri Caine, Bojan Z, Aldo Romano, David Linx, Ralph Towner, Enrico Rava, Gianmaria Testa, les complices de son quintet...
"C'est MA terre, avec tout ce qui vient avant et après, affirme Paolo Fresu, fils d'un berger de Berchidda au nord de l'île. Là-bas, j'ai encore mes parents. La Sardaigne c'est un peu le cordon ombilical avec le monde. En plus, je viens d'une famille de la terre, mon père et ma mère ont toujours travaillé à la campagne".
Eveillé à la musique dans la fanfare municipale, le jeune Paolo développe son sens musical dans les orchestres de bals et les fêtes de villages. A 19 ans, il préfère au métier d'électricien l'aventure du jazz.
Tout s'enchaîne alors: deux ans d'études musicales à Sienne, naissance en 1984 du premier quintette, toujours "miraculeusement" vivant avec ses membres d'origine, puis départ en 1986 pour Paris.
Fanfare, "musica leggera", maîtrise de la composition et de l'improvisation, expériences vécues de diverses formes de jazz -classique, expérimental, ouvert aux musiques populaires italiennes-. Avec un tel bagage, le jeune homme s'impose presque naturellement dans le monde du jazz.
Mais Paolo Fresu, c'est surtout une sonorité, pleine, claire, tranquillement joyeuse, dont il émane une certaine lumière, directement inspirée de ses maîtres, Miles Davis pour la sourdine et la créativité, et Chet Baker, "musicien et chanteur, donc instrumentiste magnifique et poétique". Une sonorité qui s'est encore arrondie et que l'on retrouve sur "Songlines - Night & Blue", double album paru fin septembre, pour un jazz tout en nuances.
Les voyages liés au succès du musicien le ramènent toujours vers son île: en 1986, il créé à Berchidda le festival "Time in Jazz", devenu aussi réputé en Italie que Marciac en France; "Tük Music", le nom de son label né cet automne où il va lancer de jeunes talents, vient de Tucconi, le toponyme des collines qui l'ont vu grandir.
L'épicentre de la Méditerranée est encore au coeur du disque "Mistico Meditarraneo" (ECM), à paraître fin janvier, une oeuvre pour voix corses, trompette et accordéon influencée par le baroque, où Fresu ne dédaigne pas les effets électroniques.
Sarde encore, la "pasta alla bottarga di cabri", recette qu'il a choisie sur "Jazz All Dente", un double album paru fin novembre où dix-sept musiciens ou formations italiens interprètent un thème sur l'un et donnent sur l'autre leur recette préférée.
"La bottarga, c'est l'été et la mer de Sardaigne", s'enthousiasme Paolo Fresu.
On peut citer aussi parmi les innombrables disques dans lesquels apparaît Paolo :
* 1983 : Roberto Ottaviano - Aspects (Tactus)
* 1983 : Paolo Damiani / Gianluigi Trovesi 5tet - Roccellanea (Ismez)
* 1983 : Paolo Damiani Opus Music Ensemble - Flash Back (Ismez)
* 1984 : Kenny Wheeler, Norma Winstone, Paolo Fresu, John Taylor, Paolo Damiani, Tony Oxley - Live in Roccella Jonica (Splasc(h) Records)
* 1985 : Musica Mu(n)ta Orchestra - Anninnia (Ismez)
* 1985 : Piero Marras - In Concerto (Tekno)
* 1986 : Giovanni Tommaso 5tet - Via G.T. (Red Records)
* 1986 : Mimmo Cafiero - Emersion (Ismj)
* 1986 : Cosmo Intini Jazz Set - See in the Cosmic (Splasc(h) Records)
* 1986 : Barga jazz Orchestra - 1986 (Barga jazz)
* 1986 : Max Meazza - Nighttime Call (Solid Air)
* 1987 : Attilio Zanchi - Early Spring (Splasc(h) Records)
* 1988 : Barga jazz Orchestra - 1987 (Splasc(h) Records)
* 1988 : Mimmo Cafiero - I Go (Splasc(h) Records)
* 1988 : Paolo Damiani 5tet - Pour Memory (Splasc(h) Records)
* 1988 : Billy Sechi - Billy's garage (Jazz Sardegna)
* 1988 : Aldo Romano - Ritual (OWL)
* 1988 : Giovanni Tommaso 5tet - To Chet (Red Records)
* 1989 : Roberto Cipelli - Moona Moore (Splasc(h) Records)
* 1989 : Big Bang Orchestra / Phil Woods - Embraceable you (Philology)
* 1989 : Tiziano Popoli - Lezioni di anatomia (Stile libero)
* 1989 : Paolo Marrocco - Grosso modo (Stile libero)
* 1989 : Alice - Il sole nella pioggia (EMI)
* 1989 : Aldo Romano 4tet - Paesaggi sonori (New Sound)
* 1990 : Enzo Pietropaoli - Orange Park (Gala Record)
* 1990 : Aldo Romano - To Be Ornette To Be (OWL)
* 1990 : Maria Pia de Vito - Hit The Best (Phrases)
* 1990 : Coro Al Aqsa - Kufia, Canto per la Palestina (Il Manifesto)
* 1990 : Cosmo Intini / Gary Bartz - 'My Favorite Roots (Timeless)
* 1990 : Giuseppe Emmanuele - A Waltz for Debbie (Splasc(h) Records)
* 1990 : Tino Tracanna - 292 (Splasc(h) Records)
* 1990 : Tanit (Carlo Mariani, Gianluca Ruggeri, Fulvio Maras) - Tanit (Classico)
* 1990 : Paolo Fresu / Sergio Cossu - Mi ritorni in mente (Gala Record)
* 1990 : Guido di Leone - All for Hall (Splasc(h) Records)
* 1991 : Piero Umiliani - Umiliani Jazz Family (Liuto)
* 1991 : Aldo Romano - Dreams and Waters (OWL)
* 1991 : Paolo Fresu / Joan Minguell / Patrizia Vicinelli - Maiakowski, il 13e Apostolo (Lab. 2029)
* 1992 : Renato Sellani / Paolo Fresu / Massimo Moriconi - Intimate Jazz for Friends (Friends)
* 1992 : Paolo Carrus - Sardegna oltre il mare (Splasc(h) Records)
* 1992 : Alice - Mezzogiorno sulle Alpi (EMI)
* 1992 : Gerardo Iacoucci / Modern Big Band - Great News from Italy (Yvp)
* 1992 : C.P.M. di Siena '92-'93 (SJR)
* 1992 : Memorabilia - Memorabilia (RTI)
* 1992 : Phil Woods with Big Bang Orchestra - A Jazz Life (Philology-MJ)
* 1993 : Aldo Romano - Canzoni (Nippon Crown)
* 1993 : Aldo Romano - Non dimenticar (Polygram)
* 1993 : Mimmo Cafiero - Jazz in Sicilia Vol. 1 (Splasc(h) Records)
* 1993 : Giuseppe Emmanuele - Jazz in Sicilia Vol. 2 (Splasc(h) Records)
* 1993 : Cordas et Cannas - 'Terra de 'entos (Tekno)
* 1994 : Tino Tracanna - Arcadia (MDT)
* 1994 : Linea C (Massimo Colombo, Attilio Zanchi, Walter Calloni) - Linea di confine (DDD)
* 1994 : Giuseppe Emmanuele - North, South or vice-versa (A.V. Arts)
* 1994 : Paolo Damiani ESO Group - ESO (Splasc(h) Records)
* 1994 : Tiziana Ghiglioni - Tenco Project (Philology)
* 1994 : Riccardo Luppi - Twelve Changes (MDT)
* 1994 : Massimo Colombo - Relazioni e Rapporti (MDT)
* 1994 : Tiziana Ghiglioni - Quando... Tributo a L. Tenco (WEA)
* 1994 : Rocco de Rosa - Officina (Officina)
* 1994 : Vinicio Capossela - Camera a sud (CGD)
* 1995 : Peter Gritz - Thank You To Be (Charlotte R.)
* 1995 : Aldo Romano - Prosodie (Verve/Polygram)
* 1995 : Nico Catacchio - Awaited Sound (Promo Jazz)
* 1995 : Giulio Stracciati - Mariposa (Pentaflowers)
* 1995 : Furio Di Castri, Paolo Fresu, Andrea Dulbecco, Francesco Sotgiu, Loris Bertot - Scalabrün (JVS)
* 1995 : Françoise Pujol - Françoise Pujol (Pan Music)
* 1995 : Valentina Casula - This is Always (Pan Music)
* 1995 : Michel Portal - Cinémas (Label Bleu)
* 1995 : Nicola Toscano - Naufragi (Sam Rec.)
* 1995 : Dorian Gray - Matamoros (Interbeat)
* 1995 : Alice - Sharade (Warner Bros.)
* 1995 : Giovanni Tommaso 5tet - Jazz Sampler (Red Records)
* 1995 : Paolo Fresu / Furio Di Castri / Antonello Salis - La fisarmonica nel jazz (MJCD)
* 1995 : Simone Guiducci Gramelot Ensemble - Gramelot (Esagono)
* 1995 : Paolo Fresu solo - Lavori in Corso (Stile Libero)
* 1995 : Siena Jazz - CPM Siena Jazz (SJR)
* 1995 : Ornella Vanoni - Sheherazade (CGD)
* 1995 : Michele Calgaro - The Edge (Flex Rec.)
* 1995 : Palma - Cosa vuoi da me (Winner)
* 1995 : Cordas et Cannas - Place of Winds (Terra Nova)
* 1996 : Nguyên Lê - Tales From Viêt-Nam (ACT)
* 1996 : Ahmed Ben Dhiab - Trasmigrazioni (Il Manifesto)
* 1996 : Orchestra jazz della Sardegna - Scrivere in jazz (Flex Rec.)
* 1996 : Maria Pia De Vito - Fore Paese (Polosud)
* 1996 : Flavio Piras / Paolo Fresu / Furio Di Castri / Antonello Salis - The Hands (Night & Day)
* 1996 : Aldo Romano 4tet - Sempler Polygram Compilation (Polygram)
* 1996 : Giorgio Gaslini / Ensemble Mobile - Jelly's Back in Town (DDQ)
* 1996 : Nello Toscano - Anaglyphos (NTA)
* 1997 : Luca Lapenna - A vocal rendering of Bill Evans Music (Splasc(h) Records)
* 1997 : Trilok Gurtu - The Glimpse (CMP)
* 1997 : Sonos e Memoria - Suoni e Visioni, Antologia (CGD)
* 1997 : Aldo Romano - Canzoni (Enja)
* 1997 : Paolo Fresu / John Taylor / Furio Di Castri - Egea, Radici mediterranee... (Egea)
* 1997 : Paolo Carrus / Sardegna Oltre il mare - Odras (Splasc(h) Records)
* 1997 : Ornella Vanoni - Argilla (CGD)
* 1998 : Guido Manusardi Sextet - The village Fair (Soul Note)
* 1998 : Paolo Fresu, Jacques Pellen, Erik Marchand, Henri Texier - Condaghes (Silex/Naïve).
* 1998 : Paolo Fresu et Iridescente Ensemble - Things Left Behind (Abeille Musique)
* 2000 : Raffaele Casarano & Locomotive - Legend (Dodicilune)
* 2001 : Lars Jansson - Giving Receiving (Imogena).
* 2001 : David Linx, Diederik Wissels, Paolo Fresu - Heartland (Universal).
* 2001 : Paolo Fresu, Nguyên Lê, Esbjörn Svensson : Global Magic (Act Music).
* 2002 : Italian Trumpet Summit - A Night in Berchidda (Time in jazz).
* 2002 : Enrico Rava Plays Miles Davis (Label bleu).
* 2004 : Lars Jansson - Temenos (Spice of Life).
* 2005 : Kočani Orkestar meets Paolo Fresu e Antonello Salis - Live (Il Manifesto).
* 2006 : Nguyên Lê - Bakida (Act Music).
* 2006 : Nguyên Lê - Homescape (Act Music).
* 2006 : Nguyên Lê - Maghreb & Friends (Act Music).
* 2006 : Soriba Kouyate - Kanakassi (Act Music).
* 2008 : Joanna Rimmer - Dedicated To... Just Me! (Sam productions).
















Sur cette vidéo, Paolo compare - par l'exemple - Miles Davis et Chet Baker.
Summertime
Il existe un livre (en italien) consacré à Paolo.

Et un livre DE Paolo lui-même, passionnant :

Site de Paolo Fresu : www.paolofresu.it

Sortie le 24 janvier de Alma, fruit de la nouvelle collaboration entre le pianiste et compositeur cubain Omar Sosa et Paolo Fresu, avec la collaboration sur 4 titres du magnifique violoncelliste, arrangeur et réalisateur brésilien Jacques Morelenbaum.
L'album a été enregistré à Udine (Italie) en mai 2011. Extrait vidéo :
Source :
http://wisesociety.it//
Laura Campo, 19 settembre 2011

Quali riflessioni ci possiamo portare via da questa XXIV edizione di Time in Jazz dedicata alla Terra, e allo stato del Pianeta?
Quello di quest’anno, la Terra, è stato un tema particolarmente complesso ed emozionante, sia perché abitiamo sulla terra, sia perché terra significa anche territorio: la “glocalità” ed è forse quello ha sposato meglio le nostri ambizioni, le nostre finalità. Mi sembra che a proposito di queste tematiche ci sia da parte della maggioranza delle persone una coscienza nuova e diversa. La Sardegna, non a caso, è stata la prima regione a indire un referendum sul nucleare e i suoi abitanti a votare così numerosi per il no: trovo che sia un fatto positivo. Ci stiamo rendendo conto che si sono fatti troppi errori in passato nei confronti dell’ambiente e che è compito di tutti porvi rimedio. È importante, secondo me, per sensibilizzare il pubblico anche su questi temi usare bene i grandi eventi come questo festival frequentati da tanta gente che è ricettiva alle questioni ambientali. Noi come Time in jazz, ma anche io, in prima persona come artista noto, abbiamo una grande responsabilità e credo che dobbiamo anche prendere posizioni nette in alcuni casi. Io l’ho fatto quando, a gennaio di quest’anno, c’è stato il disastro ambientale dell’azienda E.On a Porto Torres e lo sversamento in mare di migliaia di litri di petrolio proprio di fronte al Parco Naturale dell’Asinara, e ho già espresso le mie forti perplessità a proposito dei quattro radar previsti qui nell’isola (a Capo Pecora e l’Argentiera nei posti più belli e strategici della Sardegna) che dovrebbero monitorare il flusso migratorio delle persone, e che invece non si capisce a cosa servano.

La vocazione all’ecosostenibilità di Time in Jazz è sempre più evidente. Ci sono, secondo lei, dei comportamenti virtuosi che dal festival possono essere esportati altrove?
Sì, in questo momento forse quello della produzione dell’energia alternativa. Noi abbiamo fatto un esperimento ben riuscito quest’anno con il “carro delle energie” di Tommaso Onori, un’iniziativa che ha reso possibile tramite un gruppo elettrogeno-ecologico alimentato dall’energia solare e eolica, la realizzazione di molti spettacoli senza incidere sull’ambiente. Si tratta di uno strano veicolo con sistema fotovoltaico e pale eoliche con il quale abbiamo alimentato di fatto quasi tutti i concerti del tour !50 (compreso il sistema di amplificazione e di luci a led) che ho fatto a luglio in giro per l’isola. Non a caso il sottotitolo era “musica non convenzionale a energia rinnovabile”. Il discorso però non riguarda solo la produzione dell’energia ma soprattutto il suo consumo, che va limitato il più possibile: noi infatti eravamo partiti proprio dall’idea di consumare poco e quindi poter autoprodurre l’energia che ci serviva. Il problema non è dimostrare che con il fotovoltaico si può essere autosofficienti ma, per esempio, utilizzare meglio le pale eoliche. Non tanto fare nuovi parchi eolici, ma usando di più le pale piccole, meno impattanti e che ogni famiglia potrebbe avere. Non dobbiamo nasconderci però, che a livello individuale le energie alternative siano ancora una cosa da ricchi: io sto facendo il fotovoltaico a casa mia a un costo di 16 mila euro. E capisco che magari chi non ha una grande disponibilità economica ci pensa due volte a farlo. Non ci sono sgravi, non ti danno aiuti, è ancora tutto troppo difficile, quindi per il momento credo sia meglio riuscire a sensibilizzare le persone su cose più fattibili e immediate: mettere tutti a casa le lampadine a basso consumo, usare i riduttori per l’acqua, gli elettrodomestici in meno più intelligente, questa è la vera scommessa che può partire dal basso. E quello che la gente si porta via da Berchidda è innanzitutto un’emozione, un suggerimento. È chiaro che da qui non possiamo cambiare il mondo, ma essere di stimolo. La musica e l’arte possono suggerire e portare allo sviluppo di una sensibilità verso l’ecosostenibilità che nel tempo può diventare reale, tradursi in comportamenti concreti.

A proposito… In un momento di crisi dei valori come quello che stiamo vivendo, che compito possono avere l’arte, la musica, anche la sua musica in particolare?
Io penso che possano fare davvero molto: stimolare la gente a vedere quello che di bello c’è, ad essere più aperti e spontanei, ad abbattere le barriere tra il proprio essere e il mondo. In questo momento storico in cui le persone hanno davvero paura e tendono a rinchiudersi la musica, soprattutto in luoghi profondamente legati alla natura come questi, permette a chi l’ascolta di tornare a relazionarsi con il mondo, con l’altro, scoprendo magari di aver vicino un amico e non un nemico come si è portati a pensare. Un dato interessante piuttosto recente dice che le persone comprano meno cd, ma vanno più spesso ai concerti perché lo ritengono un momento importante di fruizione collettiva: un po’ la stessa differenza che c’è tra guardarsi un dvd a casa da soli o andare al cinema. Al cinema ridi con gli altri, piangi con gli altri. La cultura, la musica diventano uno stimolo all’apertura verso le cose, che poi significa dialogo, comunicazione, emozione: condividere un sentimento collettivo. Una cosa davvero molto preziosa.
Ci racconta qualcosa sulla recente esperienza dei cinquanta concerti per i suoi 50 anni? Un avvenimento più unico che raro nel mondo della musica…
È stato un evento straordinario, a metà tra sogno e follia, e penso che con queste modalità non sia mai stato fatto al mondo. Cinquanta giorni, cinquanta concerti, cinquanta gruppi, mai un palcoscenico, ma sempre immersi nella natura totale. Abbiamo suonato nei posti più belli e impensabili dell’isola ed è stato un successo incredibile. Ogni sera c’erano 4 mila persone presenti e 2 mila che ci seguivano in streaming: per un concerto jazz, davvero una cosa impensabile. Io mi aspettavo molto, volevo che fosse un regalo, un cammino nella mia terra e per la mia terra, ma anche l’incontro con una Sardegna diversa, un viaggio nella scoperta delle potenzialità dell’isola, con la possibilità di incontrare gente nuova, stabilire un rapporto con tutti. Ed è stato non solo così, ma molto di più di quello che mi aspettavo: una cosa rarissima. Quando abbiamo finito ci siamo guardati negli occhi e ci veniva da piangere: ci siamo detti e ora che cosa possiamo fare più di questo? Ora però sento il bisogno di riflettere su questa esperienza straordinaria, sul suo successo che ancora non ho capito del tutto. Non venivano a sentirmi ogni giorno 3-4 mila persone perché sono Paolo Fresu, e perché i concerti erano tutti gratis tranne l’ultimo a Cagliari (che comunque ha fatto il pienone lo stesso) credo che questo evento abbia mosso una sorta di immaginario collettivo, che abbia dato il via a un bisogno di ritrovarsi, di stare insieme e di assaporare la bellezza dei luoghi. Mi ha fatto capire sempre meglio che c’è bisogno di bellezza, di cultura, di condivisione. Non ce ne dobbiamo dimenticare.

A 48 anni il primo libro (l’autobiografia Musica Dentro) a 50 questo evento straordinario e in questi anni anche l’esperienza della paternità. Che cosa vuole dai suoi prossimi 50 anni?
Esattamente quello che ho. Poter continuare a fare quello che sto facendo, perché mi piace, mi diverte. Poter stare con la mia famiglia, fare musica, ascoltare qualcuno del pubblico che alla fine di un concerto mi dice: “grazie è stato bellissimo”
Come vede il futuro del mondo, dell’umanità?
Io sono una persona positiva, nel senso che credo che in ogni uomo ci sia qualcosa di straordinario, anche se poi magari non riesce a manifestarsi. Le vere piaghe del nostro tempo, per me oggi sono un sistema economico completamente sbagliato e tutto ciò che ne deriva. Ma il segno di un cambiamento c’è: lo stesso sistema economico è in crisi perché abbiamo capito che è sbagliato. Abbiamo perso certezze, l’uomo sta cercando un nuovo cammino. Nel secolo scorso l’umanità è arrivata a un limite, ora bisogna cambiare percorso. Mi sembra ci siano riflessioni profonde su queste tematiche anche da parte dei giovani: il problema, soprattutto in Italia, è cambiare mentalità, nella politica come nella società. Bisogna smettere di pensare di fare una cosa per avere qualcosa in cambio, ma solo di pensare di farla perché va fatta. Molto dipende da come gestiremo il futuro, ma le persone insieme possono fare molto e stanno cominciando a capirlo. Io spero che le nuove generazioni trovino un rapporto diverso tra il proprio sé e il mondo. E mio figlio vedrà un mondo migliore se saprà prima pensarlo in un modo diverso.
Qual è il valore più importante per lei e quello che, per primo, insegna a suo figlio?
La libertà. La libertà di capire il mondo, il rispetto verso gli altri e quindi verso se stessi e quello che ci circonda.

Pour ses cinquante ans, Paolo a décidé de donner cinquante concerts pendant lété. Cinquante concerts dans des lieux différents de Sardaigne avec à chaque fois des musiciens différents.
Tout le programme sur http://www.50fresu.it/il-calendario-di-50.htm
L'essenza di !50
A 50 anni si tende a stilare il bilancio della propria vita ma io non lo voglio fare. Perché non me li sento addosso e perché inizio a vivere ora. Come padre, uomo e artista. Come padre prima che come uomo perché è la paternità ad avere dato un senso reale alla mia vita ed è l’uomo a dare un senso al mio essere artista. Ho avuto la grande fortuna di nascere in Sardegna. In un’isola dove notoriamente non si invecchia e dove il mondo sembra a volte essere lontano, nel bene e nel male. E’ la campagna di Berchidda ad avermi forgiato ancorché prima della musica. La sua lingua ad avermi suggerito valori e tradizioni che solo successivamente ho potuto traslare in suoni e in emozioni. Non mi sento di fare bilanci perché la responsabilità di ora è quella di ripartire, con più convinzione e con la forza della conoscenza e della maturità acquisita sui palchi del mondo, verso nuove destinazioni che devono tenere necessariamente conto di quel vissuto che è anche ‘su connottu’, il conosciuto. Da oggi il compito sarà ancora più difficile e complesso: quello del mettere la musica al servizio della vita, per provare nel mio piccolo a migliorarla utilizzando lo strumento che meglio conosco, il suono. Perché la magia di questo sta nella sua capacità di essere forte e delicato nello stesso tempo. A volte lancinante per raccontare questo momento così difficile (per la nostra Isola e per il mondo più vasto) e a volte tenero per provare a rendere il meglio che c’è dentro di noi e a descrivere la bellezza del nostro pianeta. Mi ritengo molto fortunato. Per essere nato in questa porzione di mondo che, nonostante faccia una musica che non va spesso in televisione (fortunatamente!) né tantomeno si racconta nei rotocalchi delle escort svestite, mi ha accolto da sempre con amore e passione. Come un figlio vero quale sono. Devo dunque troppo per permettermi di fermarmi e ho un debito con me stesso e con gli altri. Da uomo verso il mondo, da artista verso gli uomini e da padre verso quel figlio che domani dovrà raggiungere i suoi anni migliori senza dover essere costretto a fare altrettanti bilanci forzati e preventivi. Anche oggi sarò su uno dei tanti palchi del mondo e non potrebbe essere altrimenti. Giuro a me stesso che il primo pensiero sarà per i bimbi Rom morti bruciati a Roma, per gli operai delle industrie sarde, per i pastori in difficoltà, per l’ambiente minacciato dalle tante macchie nere. Quelle vicine e quelle lontane. Perché la più grande fortuna che ho avuto in questi quasi trent’anni di carriera è il regalo del poter suggerire riflessioni senza le parole attraverso quel suono che mi rende giovane e che arriva diretto al cuore e alla mente. Ecco perché non posso fare bilanci. Significherebbe trarre conclusioni e stilare certezze che, oggi più che mai, non esistono… Riordinare cifre per addizionare pensieri si! Certo di avere sbagliato i conti e pronto a ripartire verso una nuova destinazione con ancora più passione, determinazione, amore per le cose e rispetto per la vita. Grazie a tutti quelli che mi circondano con il loro affetto e che mi danno la forza per continuare. Viva la Sardegna. Paolo Fresu
Paolo Fresu. Foto Daniela Zedda
di Caterina De Roberto
Cinquanta concerti per cinquant'anni: il viaggio di Paolo Fresu, un ideale abbraccio musicale alla Sardegna, non poteva che partire da Berchidda dove tutto è cominciato. Non poteva che partire con la banda musicale, dove il ragazzino undicenne che sarebbe diventato una star del jazz internazionale ha preso in mano la sua prima tromba. Perché le radici sono importanti anche per chi vola alto (ma ha sempre bisogno di una casa in cui tornare) e pochi le curano come Paolo Fresu: per il suo paese ha inventato un grande festival, e porta la migliore sardità in giro per il mondo come un vestito dell’anima. «Il vero viaggio per me è da Olbia a Civitavecchia - ha raccontato un giorno - tutte le altre distanze sono trascurabili».
E di distanze ne ha coperto tante: tangibili come i chilometri percorsi in ogni angolo del globo o metaforiche come quelle che passano tra il jazz e altri generi musicali, tra la musica e le altre arti. Le ha esplorate tutte: la danza, il cinema, il teatro, la letteratura, le arti figurative. Per i cinquant’anni in tanti si regalano una pazzia. In fin dei conti anche questa lo è: cinquanta concerti, tutti diversi, in cinquanta giorni, passando per paesini sperduti, miniere, pozzi sacri, fino a chiudere - solo con la sua tromba - a Cagliari il 31 luglio. Gli invidiosi, nell’isola dei sardi non mancano mai, sussurrano che è un compleanno un po’ narcisista. Può essere. Ma è prima di tutto un grande atto d’amore per la Sardegna. E a una dichiarazione d’amore così, chi potrebbe mai resistere?
C’est au détour d’une rencontre improvisée que le talentueux Paolo Fresu, trompettiste jazz d’origine sarde, a rejoint l’Ile de Beauté et son navire mystique. Accompagné du bandonéoniste italien Daniele di Bonaventura, il a vogué au gré des phrasés du choeur A Filetta jusqu’à entrevoir Mistico Mediterraneo, nouvel horizon immortalisé par le label ECM.
Comment est né le projet Mistico Mediterraneo ?
Paolo Fresu : J’ai connu A Filetta en 2006. A l’occasion des 30 ans du Théâtre de l’Aghja, ils m’ont proposé, ainsi qu’au bandonéoniste Daniele di Bonaventura, de participer à Ajaccio à une création originale. Le moment fut tellement magique qu’on a prolongé l’aventure par quelques concerts en Italie, notamment lors de mon festival en Sardaigne (Time in jazz, à Berchidda). A l’issue de cette série de concerts, nous avons enregistré une maquette en studio. Je l’ai fait écouter à Manfred Eicher du label ECM, qui a été bouleversé par cette ébauche et nous a aidés à réaliser le disque.
Où se situent les frontières de la Méditerranée que vous invoquez ?
Paolo Fresu : J’en vois tellement qu’on ne les distingue plus. Dans l’album, on évoque cette mer qui embrasse la Sardaigne et la Corse, et le dialogue entre ces deux îles. Et de fait, il y a une « méditerranéité » perceptible dans les chants polyphoniques ou dans le mélisme. Cette technique, qui consiste à jouer plusieurs notes sur une même syllabe, est pratiquée tant par les Corses que les Maghrébins ou les Aragonais. La Méditerranée, c’est le flamenco, la musique sarde, sicilienne, maltaise… Il existe une façon typiquement méditerranéenne de défendre la vocalité.
En tant que Sarde, les polyphonies étaient-elles pour vous un son familier ?
Paolo Fresu : Quand j’entends chanter les Corses, j’ai l’impression d’écouter des voix sardes. Ce sont aussi des chants religieux en grande majorité. Mais les canti a tenore, typiques de la Sardaigne, sont plus profanes que les chants corses, tout comme ceux des polyphonies a cuncordu. La spécificité d’A Filetta, c’est qu’ils sont allés bien au-delà de la polyphonie « traditionnelle ». Leur musique est assez indéfinissable, à l’image de notre disque. Car ce disque, qu’est-ce que c’est ? Ni de la musique traditionnelle, ni de la musique contemporaine, ni du jazz. Mais toutes ces influences le traversent.
Ne vous êtes-vous pas sentis désorientés par cette pluralité de genres ?
Paolo Fresu : Non, car dans un tel contexte, notre jeu n’était pas le même. Daniele di Bonaventura vient, comme moi, du jazz. Il possède une grande flexibilité, chère aux improvisateurs. Entre jazzmen, c’est facile d’improviser alors qu’on ne s’est jamais vus auparavant. Mais lorsqu’on se confronte à d’autres genres musicaux, c’est moins évident. Avec A Filetta, tout a été d’un naturel déconcertant. Ils sont très ouverts et malléables. Ils ont l’habitude de travailler à des musiques de films, d’inviter des groupes du monde entier à leur festival (les Rencontres de chants polyphoniques de Calvi). Jean-Claude Acquaviva, le directeur du choeur, compose une musique qui recèle cette générosité d’écoute. Nous avons partagé une idée musicale commune à tous, avecune approche faite dans l’équité et le respect. Chacun d’entre nous, avec son propre langage, a tenté d’aller vers l’univers de l’autre. De cette idée est né un territoire inconnu, Mistico Mediterraneo.
Propos recueillis par Nadia Aci pour Mondomix