A noter sur votre agenda :
Jazz en Corse :
Jazz in Aiacciu 2009
Calvi Jazz Festival 2008
Calvi Jazz Festival 2009
Calvi Jazz Festival 2010
Calvi Jazz Festival 2011
Calvi Jazz Festival 2012
Nuits de la guitare de Patrimonio 2009
Jazz Equinoxe Bastia
Nuits de la guitare de Patrimonio 2011
Jazz in Aiacciu 2011
Après Officium, qui a rencontré un immense succès et Mnemosyme, Officium Novum, aborde notamment la musique arménienne à partir d’adaptations de l'ethnomusicologue Vardapets Komitas et le chant byzantin ainsi que des oeuvres d’Arvo Pärt et de Perotin et deux compositions de Garbarek. Une musique qui ne rentre dans aucune des catégories sans lesquelles en France critiques et producteurs se sentent perdus. Saluons donc l'ouverture des organisateurs. Il est vrai que le seul nom de Garbarek remplit les salles dans le monde entier...
Le concert commence (avec un peu de retard) par Jan Garbarek seul. Le son de son saxophone soprano recourbé est magnifique. Bientôt l'on perçoit d'autres sons, sans au début pouvoir déterminer s'il s'agit de sons électroniques ou de voix. Ce sont bien les voix du Hilliard Ensemble. Les quatre hommes font leur entrée lentement, solennellement et s'installent sur le côté gauche. Dans la suite du concert, Garbarek restera rarement à côté des chanteurs. Au contraire il se déplacera dans le fond du choeur, veillant à ne pas couvrir les voix et usant de la réverbération des lieux avec une grande maîtrise.
Le moment le plus fascinant du concert est celui où les cinq hommes se déplacent dans toute la nef, créant un effet spatial étonnant.
Une musique qui nous entraîne dans un voyage étrange et lointain. Une autre forme de métissage et une expérience hors du commun.
" Ce n'est ni du jazz ni de la musique classique, elle n'est ni nouvelle ni ancienne, cette musique existe tout simplement, pour que chacun s'en émerveille et s'en nourrisse. "
Geoff Brown • The Times
Ov zarmanali – KOMITAS
Svjete tihij – BYZANTINE CHANT
Allting finns – JAN GARBAREK
Litany – NIKOLAI N. KEDROV
Otche nash – FROM THE LIPOVAN OLD BELLEVERS TRADITION
Dostoini est – ANONYMOUS
Surb, surb – KOMITAS
Most Holy Mother of God – ARVO PART
Tres morillas – SPANISH ANONYMOUS
Sirt im sasani – KOMITAS
Hays hark nviranats ukhti – KOMITAS
Alleluia.Nativitas – PEROTIN
We are the stars – JAN GARBAREK
Nu rein Weniges noch - GIORGOS SEFERIS
En cette fin du mois d'août, le trio de Giovanni Mirabassi était de retour au Sunside pour quatre concerts (jeudi, vendredi et deux samedi). Après une longue attente, le concert commence enfin, et allait durer près de quatre heures pour finir à deux heures moins le quart du matin ! Mais cela valait la peine tant la musique était bonne et l'engagement des musiciens intense.
Le premier set reprenait en grande partie le répertoire du CD Live à Tokyo : NY #1, Worlds Changes, It's Us, Six for Sex, et aussi une nouvelle composition, Somewhere in Seoul ainsi qu'un standard, If I Should Lose You. C'est un régal d'observer les regards entre Giovanni et Gianluca, véritablement habité par la musique.
Après une première pause, le deuxième set débute sur une nouvelle composition Viva Verdi, évoquant une soirée récente à la Scala au cours de laquelle le nom de Verdi est devenu le symbole de l'opposition des Italiens à leur Premier ministre. Après le thème de Gold and Diamonds, c'est un standard du bop, Billie's Bounce, qui est interprété. Suivent une belle ballade (probablement My Broken Heart) puis Here's the Captain. Nouvelle pause, il est près d'une heure du matin, mais peu de spectateurs ont envie de rentrer chez eux.
Le dernier set démarre par une nouvelle composition, The Ancient Oak, puis vient une ballade un peu dans le style d'Enrico Pieranunzi, et le concert se termine par une très longue version d'Autumn Leaves. Malgré l'heure tardive, les spectateurs réclament - et obtiennent - un rappel. Quelqu'un demande à Giovanni de jouer Les passantes. Il hésite, disant qu'il ne s'en souvient plus très bien, dit à Gianluca qu'il commencera tout seul, et que pour la suite, on verra, et se lance. Bientôt le thème se transforme en ... Someday my prince will come !! Le concert s'achève par une ovation méritée. Trois heures d'une musique sublime. Giovanni a montré toutes les facettes de son talent, passant de la ballade la plus délicate aux déluges de notes les plus fous, mais toujours pleins de musicalité et sans démonstrativité, créant des atmosphères profondément personnelles. Deux acolytes hors de pair, plus complices qu'accompagnateurs : Gianluca Renzi nous a montré son extrême virtuosité, notamment dans It’s Us, Ludmik Perez, relativement discret en début de concert, se déchaînant au fil des morceaux.

Merci aux trois musiciens qui ont visiblement pris un grand plaisir à jouer ensemble. Encore une merveilleuse soirée dans ce club phare du jazz parisien.
Paris, Salle Pleyel, 13 juillet 2011 : L'invitu y était !
Nous étions ce mardi 13 juillet Salle Pleyel pour l’événement que constitue le passage à Paris, après trois ans d'absence, de Keith Jarrett, Gary Peacock et Jack DeJohnette.
Depuis 1983, ce trio explore les standards avec une complicité inouïe et sans doute inégalée dans l’histoire du jazz.
J’avais un peu oublié l’architecture de la salle : les premiers balcons sont en fait très haut (de l’ordre de trois étages) mais même si l’on est loin, la visibilité est bonne partout, et l’acoustique est excellente. Après l’annonce traditionnelle sur les téléphones portables et la demande expresse de ne faire aucune photo, même pendant les applaudissements, les trois hommes font leur entrée, Keith chaussant une paire de lunettes noires avant de s’asseoir devant le clavier.
Une longue introduction solo, puis basse et batterie entrent en jeu, et c’est LE trio tel qu’on le connaît. Mise en place impeccable, belles interventions de Gary Peacock, jeu impérial de Jack DeJohnette, et le maître officie, assis sur son tabouret ou plus souvent debout, dansant devant les 88 touches d’ivoire, chantonnant, gémissant…
Déjà l’entracte, les quelques 50 minutes de la première partie ont passé comme un éclair. Au retour des trois musiciens, la tension monte avec quelques interprétations de standards. Keith nous offre d'autres standards, une belle ballade, un morceau rythmé… et c’est déjà la fin ! Le public applaudit à tout rompre, et le trio revient pour un long et magnifique God Bless the Child. Nouveau rappel de la salle debout, Jack DeJohnette fait mine de sortir et s'empare du micro pour demander : « Please, NO photographs ! ». En effet, quelques spectateurs ont pris des photos malgré l'interdiction, et au flash !! La musique reprend pour un final hors pair.
Le spectateur critique dira que cette mécanique bien huilée (plus de 30 ans !) est sans surprise et manque un peu de folie. Il n’aura pas entièrement tort. Mais quelle belle mécanique !
"Le" trio commence son grand chelem estival par le Festival de jazz de Strasbourg
Le Monde, 08.07.11
Cérémonie. Liturgie estivale. A Strasbourg, jeudi 7 juillet, le premier concert de la tournée européenne du trio - Keith Jarrett, piano, Gary Peacock, contrebasse, Jack DeJohnette, batterie - démarre sur deux pattes. Bascule d'un coup. Affiche un Keith Jarrett en pleine forme, amoureux. S'emballe vers un Django à pleurer (composition de John Lewis). Après quoi, pour la route, God Bless The Child. La messe est dite. Juste avant la mort de Franco (1975), sévissait génialement dans l'ABC, journal madrilène conservateur mais pas franquiste, un critique de messe. Tous les lundis, il exerçait les catégories du jugement kantien sans déchoir : cloches, heure, fleurs, orgue, chants, affluence, exactitude du rite, homélie. Plus le petit point d'émotion singulier.
Le trio Jarrett, Peacok, DeJohnette, c'est pareil. Chaque été, il appareille. Chaque été, ils calent sept dates de luxe : Copenhague, Paris (12 juillet), Juan-les-Pins (16), Naples, Milan, Barcelone, Londres. Ils ne se parlent guère. Se retrouvent. Choisissent à l'amiable, le temps de la balance, quelques standards piochés dans la Bible. Dînent végétarien avec un demi-verre d'eau minérale. Entrent en scène tels des sprinters sur la piste. Ressemblent soudain, du côté jardin au côté cour, à un Chaplin grisonnant (piano), Pascal Quignard juché sur tabouret de 74 centimètres (contrebasse), Jesse Owens à la démarche "of course" féline (batterie).
Leur cirque magique
Après quoi, office, simple joie de la musique, les voilà qui jouent comme des fous. Pause de quatorze minutes (abricots, eau minérale). Triomphe. Se retirent seuls en loge, quittent la place par limousines séparées, prennent un avion privé pour la Méditerranée, lisent des livres, nagent, et disparaissent. Leur cirque magique dure depuis trente ans.
Moyenne d'âge, 68 ans. Auriez-vous l'imprudence de fureter dans un dico pour savoir avec qui ils ont joué ? Qui ils ont rencontré ? Vous tomberez sur 6 284 noms de chanteuses et musiciens, trois quarts de siècle de musique classique américaine (le "jazz"). Ils auront connu cent fois moins d'amoureuses que de partenaires. Ensemble, ils procèdent à l'inventaire. Exaspérants pour les exaspérés de profession. Passionnants pour les passionnés de la passion. Tous les soirs, ils innovent, parfois ils se plantent.
Point d'orgue d'un festival de luxe à Strasbourg (Jeff Beck, Mike Stern, Esperanza Spalding, George Benson), "le trio" attaque comme on débouche un Château Palmer 2005 : astringent au début, épanoui dans un style d'abricot secret, fantastique, et finalement inoubliable pile au moment où il n'en reste plus. Ainsi va la vie.
Des trios, en jazz, on en a connu, et de vraiment géniaux (Ellington, Mingus et Roach sur African Flowers ; Phineas Newborn ; Thelonious Monk ; Ray Bryant ; Hank Jones ; Joachim Kühn ; Bob Vatel...). Ils se multiplient aujourd'hui, genre multiplication des petits pains. La formule est si tentante. Tous les trios actuels, sans exception, jouent mieux que "le trio" de Jack, Gary et Keith. Mais aucun, il s'en faut, aussi bien.
Francis Marmande
Article paru dans l'édition du 09.07.11
| Samedi 14 mai à 21h30 | |
|||
| Andy SHEPPARD / Michel BENITA / Sebastian ROCHFORD | ||||
| Andy Sheppard – saxophones ; Michel Benita – c.basse ; Sebastian Rochbord – batterie | ||||
| Andy Sheppard est considéré comme un des solistes majeurs du jazz européen. Depuis plus de vingt ans, Andy Sheppard travaille régulièrement avec la grande compositrice Carla Bley. Pour ce nouveau trio r, il s’est entouré d’une nouvelle équipe avec deux fidèles compagnons, le contrebassiste Michel Benita, compagnon de Aldo Romano, Erik Truffaz qui fleurte entre jazz, world et musique électronique... Et le batteur anglais Sebastian Rochford découvert au côté de Bojan Z et leader du groupe acoustic Ladyland. Un trio en couleur et feux. |
Le nouveau trio "Trio Libero" réuni autour d'Andy Sheppard, composé du batteur Sebastian Rochford et du contrebassiste Michel Benita, se produisait au Sunset le 14 mai.
Le concert commence par Libertino avec Sheppard au ténor, qui expose le thème avant de passer la main à Benita. Le bassiste français, à la bonne humeur contagieuse, s'est avéré le parfait complément du sax d'Andy.
Ensuite, ce fut "Land of Nod," au cours duquel Sheppard passe au soprano pour une mélodie très fraîche.. Le dialogue entre le soprano et la basse est captivant, renforcé par le druming de Rochford. Après Let me tighten you up, un morceau "futuriste", "Space Walk part 1" voit Andy, à l'instar de son compère chez Carla Bley Paolo Fresu, s'aider de l'électronique, avec delay et écho, un peu dans la veine de Jan Garbarek.
Une entente palpable entre les musiciens, Andy très décontracté et plein d'humour, le jeune batteur fixant le bassiste; Seb Rochford fut pour moi la surprise de la soirée, avec une technique éblouissante, une touche exquise sur les cymbales, et un rythme implacable sur la grosse caisse et les toms
Le premier set s'achève sur un long morceau, Unconditional secret.
Nous avons droit à un second set avec une belle ballade, "When We Live On The Stars", avec plusieurs solos de basse, puis des morceaux de Benita et Rochford et la seconde partie de Spacewalk, et enfin un rappel. Près de deux heures de bonne musique !.
Un trio passionnant, avec un Andy Sheppard au jeu plus "acide" qu'à l'accoutumée, évoquant parfois Sonny Rollins, Joe Lovano voire fugitivement Ornette Coleman.
Décidément, nous avons pris goût aux soirées au Sunside, puisque nous y retournons dix jours après avoir vu Paolo Fresu. Il faut dire que l'accueil est sympathique, les cocktails délicieux, et que pour peu d'arriver suffisamment tôt on peut être très bien placé.
Nous étions ainsi juste en face de cet autre Italien de Paris, Giovanni Mirabassi, et nous avons pu suivre tous les détails de son jeu, non sans jeter un coup d'oeil aux deux autres protagonistes de la soirée, le bassiste Gianluca Renzi et le batteur Lukmil Perez, excellents tous les deux.
Giovanni attaque un standard, magnifique, et nous admirons déjà son jeu élégant. Puis le trio joue de larges extraits du dernier album "Live at the Blue Note, Tokyo". Que ce soit dans les ballades ou dans les morceaux plus rythmés, le trio nous régale. Le sommet, pour moi, My broken heart. En rappel, à la demande d'un spectateur, Giovanni joue Le Chant des Partisans. Beauté, raffinement, limpidité, lyrisme. Encore une soirée enthousiasmante !


© J.C. Casanova
Deux vidéos tournées lors de ces concerts de décembre 2010 :
Pour la sortie de l’album “Songlines - Night & Blue” (chez Tukmusic) et également à l'occasion des dix ans du Sunside, Paolo Fresu se produisait avec son "quintette italien". En ce froid samedi de décembre, c'était particulièrement réconfortant de se serrer dans la petite salle du club parisien pour réchauffer en dégustant cette belle musique. Dès le premier morceau, "Que reste-t-il de nos amours" et "T.R.E.A.P." enchaîné directement après, on sent la parfaite entente entre ces musiciens qui jouent ensemble depuis pas moins de 26 ans. Nous entendrons successivement Ninna Nanna per Andrea/Inno alla Vita, Eterninna,d'autres morceaux encore. Très belles interventions du pianiste Roberto Cipelli et du saxophoniste Tino Tracanna au ténor et au soprano, Paolo quant à lui alternant, au sein d'un même morceau, le bugle et la trompette avec ou sans sourdine. Attilio Zanchi à la contrebasse et Ettore Fioravanti assurent un soutien parfait aux solistes, auxquels se joint en fin de concert le jeune saxophoniste Raffaele Casarano, d'abord à l'alto sur un morceau très free, puis au soprano. Un musicien très prometteur qui vient d'enregistrer son premier CD, Argente, sur le nouveau label de Paolo, Tuk music.
Peu avant le rappel, Paolo annonce "une mauvaise nouvelle" : Attilio vient de casser une corde, celle de ré, ce qui occasionne un petit échange comique : quelqu'un déclare "si può fare a meno del rè", ce à quoi quelqu'un ajoute "anche del presidente", plaisanterie compréhensible seulement par les italophones !
Même sans ré et sans basse, le quintette assure. Il nous régale d'un dernier rappel en trio, avec Lascia ch'io pianga d'après Haendel. Une merveilleuse soirée. Merci Paolo, merci le quintet !
IMPORTANT : Ce concert était diffusé en direct par FIP. Il peut être écouté (avec en prime une interview de Paolo) pendant une semaine à cette adresse : http://sites.radiofrance.fr/chaines/fip/jazz/index.php
Malheureusement, ce concert est incomplet et diffusé en 32 kb. Si quelqu'un l'a enregistré en direct, je serais très intéressé par une copie !
Une vidéo trouvée sur youtube : "Soundcheck at the Sunside (Paris). 2010 November"
Je rappelle que les informations sur Paolo Fresu se trouvent, non pas en page "jazz", non plus en page "invités", mais sur sa propre page !
Samedi soir dernier, dans le cadre de la Série Invitation du Festival International de Jazz de Montréal, le trompettiste italien Paolo Fresu était accompagné du guitariste américain Ralph Towner. Au menu, la plupart des pièces de Chiaroscuro, leur plus récent album lancé sur étiquette ECM. Le duo débute avec Punte Giara, une musique sarde qui fait référence à la rencontre de ces deux musiciens 20 ans plus tôt. Towner alterne entre une guitare classique et une guitare baryton, Fresu entre la trompette et le bugle. La majorité des morceaux sont des compositions de Ralph Towner tel Wistful Thinking ou Sacred Place. Plus bas, une vidéo d'un concert similaire à Innsbruck avec la pièce Chiaroscuro.
Il règne dans la salle du Gésu une atmosphère feutrée, presque méditative. La musique est simple, mais de cette simplicité à laquelle atteignent les grands au sommet de leur art. La richesse harmonique, la vibration qui se dégagent du jeu de Towner, amplifié par l'excellente acoustique de la salle, donnent le frisson. De son côté, la sonorité de Fresu est une merveille de subtilité et de retenue. Quelques standards émaillent la soirée, Blue in Green, la très jolie Beautiful Love. Le duo dialogue avec une connivence assumée. Un grand moment du festival, assurément!
Source : http://jazzfrisson.blogspot.com/2010/06/paolo-fresu-ralph-towner-festival-de.html


Sonny Rollins, saxophoniste ténor, né en 1930 à New York, colosse du jazz, donne en France deux concerts cet été. A Nice, le 25 juillet (Le Monde du 28 juillet), il met les choses en place. A Marciac, il confirme en très grandes largeurs. Rollins l'avait annoncé à Jean-Louis Guillaumon, inventeur du festival. Pas une promesse de Gascon. Il savait. Pour l'avoir vu deux cents fois ou presque depuis le 4 novembre 1965 à Paris, on l'annonce, on le claironne : le concert du vendredi 31 juillet, en ouverture de la 32e édition de Jazz in Marciac (JIM) comptera dans l'histoire du festival, comme dans celle du musicien.
Pourquoi ? Seule et unique raison, la musique, le jazz à l'état chimiquement pur. Balayés les enfantins fantasmes d'âge et de mort. Les liturgies de Rollins parfaitement réglées, exercice spirituel du souffle, touchent au coeur nucléaire de la musique. Ce 31 juillet, il l'a su. Les 6 527 auditeurs du chapiteau de Marciac, aussi.
Son
premier
morceau, Strode Rode, il le prend avec un engagement à la hauteur de
l'accueil somptueux que lui fait le public. Or ce Strode Rode, il vient
de le prendre à fond, deux heures avant le concert, en fin de balance,
ce réglage du son, des lumières, des micros. Pour un groupe rodé et un
colosse vieilli, la balance peut durer quinze minutes. Là, sans public,
en une heure et demie de minutie où chacun joue pour soi, il finit par
ce Strode Rode lancé à fond, comme si la vie de tous en dépendait. Les
vieux routiers du groupe, le tromboniste Clifton Anderson et le
bassiste Bob Cranshaw, n'en reviennent pas. Les techniciens non plus.
Quant
au batteur, excellent, Kobie Watkins, au guitariste Bobby Broom ou au
percussionniste Victor Y. See Yuen, ils n'ont plus assez, vu leur âge,
d'une vie, pour mesurer la statue très vivante qu'ils ont la chance
d'accompagner. Rollins vient de sortir des loges, un Algeco blanc d'où
s'échappait un son de cathédrale, un son de sirène et de ville, le son
du ténor, le son de Sonny Rollins. La chaleur est à crever. Il ne sue
pas. Personne à l'horizon. Il entre en répétition. Elégance peu
croyable, le corps défait par des hanches qui le tracassent. Au
saxophone, il change quatre fois d'anche.
L'orchestre
tourne
comme une horloge hors norme. Il va de l'un à l'autre, se plante sur
ses hanches, écoute bien en face. Psychiquement, ça doit faire drôle de
jouer devant six mille chaises encore vides sous le regard de Rollins.
Lui, mais il faudrait Hugo pour le décrire, il vient d'entrer en piste,
joue free sans complexe, aligne ses six mille mémoires, déambule et
parfois coupe court, fait trois remarques à voix calme : "La salle
renvoie beaucoup, vous savez. Ah, avec le public, ce sera absorbé ?
Espérons. Moi, je ne peux plus tout faire."
Au-dessus du
groupe, de petites caméras virevoltent, ce sont leurs essais, comme des
drones pompettes. Sonny Theodore Walter Rollins souffle soudain non pas
rageusement, première idée pauvre qui vient à l'esprit, mais en
connexion directe avec le cosmos. Il jette les yeux aux cintres, marche
à tâtons vers l'avant-scène, lance des uppercuts pour personne, devant
les chaises encore vides, joue à se vider avant le vrai concert, onze
minutes montre en main. Le temps ne fait rien à l'affaire.
Après
quoi, le vrai concert, il l'entame ou le suit du même Strode Rode.
Espèce de riff génialement productif, bombardé par l'orchestre,
cependant qu'il va, Sonny Rollins, dans toutes les directions pendant
près de trois heures, s'offre des traits que pas grand monde du haut
free jazz ne se fût permis, cite un instant, entre mille, un petit air
de Chaplin, se promène dans sa musique comme on arpente une galaxie. Du
coup la rejoint et l'entraîne, semble tout éberlué sous l'écroulement
de bonheur du chapiteau.
Avec, dans le
désordre, des
ballades, des solos, des folies, force calypsos, une version lente à
mourir d'In a Sentimental Mood, de Duke Ellington, des codas sans le
moindre venin, plus un triomphal St Thomas dont la joie exulte ; on le
chante en rentrant. À cette réserve près, que quand Sonny Rollins le
prend, depuis des siècles, c'est pour signaler la fin du concert. La
fin du carnaval. Comme la vie en somme.
Francis
Marmande
Ce
2 juillet
2008, le
New Morning accueillait The Lost
Chords, le quartet de Carla Bley augmenté de Paolo Fresu.
Vers 21h40 les
musiciens entrent enfin en scène et Carla présente The Lost Chords,
fait
mine de chercher sous le piano… et Paolo apparaît, trompette et bugle
à la main. Le concert commence avec l’intégrale de la
Banana suite
en 5 parties et demie,
suivie de Rut .
Après
cette
magnifique première partie, Carla annonce une
« intermission », avant de trouver le mot
« pause ». Et le concert reprend de plus belle, avec La Paloma, puis une
version époustouflante de
« The Girl who
cried
champagne », Paolo et Andy déchaînés,
toujours
soutenus admirablement par la basse et la batterie. Après The Liver of life,
une nouvelle composition dont le nom
m’a échappé (« jouée pour la première fois
ce soir », annonce Carla, le dernier morceau, Death of Superman,
arrive. Malgré l’heure
tardive et la sortie des spectateurs craignant de manquer le dernier
métro,
un rappel extraordinaire : Ad
infinitum.
Un très beau
concert, des musiciens au sommet de leur art, notamment un Andy
Sheppard très
inspiré. Cet admirable musicien nous a montré hier soir toutes les
facettes
de son talent au saxo ténor, alternant montées dans l'aigu et notes
graves
pleines d'harmoniques. Son entente avec Paolo est étonnante,
visiblement les deux
musiciens prennent un grand plaisir à jouer ensemble, comme par exemple
la fin
d'un morceau où, s'aidant de la réverbération, ils
s'amusèrent à se répondre.

©Pierre
de Chocqueuse
L'idea è venuta a Carla Bley. È lei che, in occasione di un concerto al Festival Jazz di Berchidda, ha individuato proprio nell'organizzatore del Festival sardo, Paolo Fresu, il quinto elemento – la tromba – da aggiungere al suo quartetto The Lost Chords in vista di un tour. È a lei, quindi, che si deve la possibilità del concerto di stasera e le siamo grati, perché è stato davvero un bel concerto. Certo, per il pubblico italiano, la proposta era intrigante: uno dei quartetti di maggior qualità oggi in circolazione, The Lost Chords appunto, e uno dei jazzisti italiani in assoluto più amati e seguiti, Paolo Fresu. La risposta di pubblico, infatti, non ha tradito le aspettative. Tuttavia, la proposta non è nata affatto per allettare il pubblico nostrano, non si è trattato del concerto del quartetto della Bley + la tromba di Fresu. Abbiamo, invece, assistito davvero al concerto di un quintetto. E, per chi sa come lavora Carla Bley, grande talento compositivo, che non lascia al caso neanche l'improvvisazione, non sorprende affatto.
Non
sorprende affatto, dunque, che ad
aprire il concerto sia stata una lunga suite, Banana
Quartet,
composta dalla
Bley
apposta per la presenza di
Fresu,
per esaltare il lirismo peculiare della sua tromba, quel tratto che già
al primo ascolto l'ha impressionata – "era elegante ed
eloquente, terrena e al tempo stesso eterea" – e spinta a
chiedere una collaborazione. E in effetti, nonostante la battuta della
Bley, che per spiegare il titolo
si autoescludeva dal maschile "quartetto di banane",
Banana Quartet è davvero una composizione per un
quintetto, da un quintetto magistralmente eseguita. La composizione
della
Bley
scommetteva sull'interplay tra il sax e il flicorno, che ha
entusiasmato il pubblico proprio per l'equilibrio e l'armonia tra le
due diverse sensibilità: sobrio, rigoroso, cristallino il suono di
Sheppard;
fantasioso e melodico quello di
Fresu.
L'interplay tra i fiati ha rappresentato il leit-motiv dell'intero
concerto: sia la Bley
che Swallow
hanno infatti ridotto al minimo i loro interventi solistici. Le
composizioni della
Bley
non hanno nemmeno sacrificato e ingabbiato la personalità jazzistica di
Fresu,
che, ad esempio, in un brano dalle suggestioni arabeggianti, vi ha
impresso il suo peculiare modo di orchestrare con il campionatore il
suono della tromba, sfidando
Sheppard
ad avventurarsi in territori per lui poco consueti.
Il concerto è durato circa due ore, senza mai
smettere di riservare sorprese, concludendosi con Ad Infinitum,
composizione della Bley
di trent'anni fa, che, grazie al suo tema semplice e accattivante, ha
conservato intatta la sua freschezza e la capacità di entusiasmare il
pubblico. In conclusione, speriamo che l'insistenza con cui il pubblico
ha richiesto inutilmente un ennesimo bis sia servita almeno a
convincere la
Bley
e Fresu
a non fare di questa collaborazione soltanto un episodio, seppur
straordinario.
di Dario
Gentili
Source
:
http://www.jazzitalia.net/iocero/CarlaBley_PaoloFresu.asp


xxx

PROGRAMME
(Ce programme est susceptible de légères modifications)
|
Mardi 21 juin 2011 21h30 Remparts Fête de la musique ! Soirée offerte par la Mairie de Calvi Tao-By & invités Mercredi 22 juin 2011 18h00 Oratoire : Chorale U Timpanu 18h30 Amphi : Cynthia Saint-Ville Quartet 21h30 Remparts : Soirée Jazz Electro 23h00 Glacier : Manhu Roche 23h00 Golfe : Frédéric Nardin Jeudi 23 juin 2011 18h00 Oratoire : Chorale Argentella 18h30 Amphi : Frédéric Borey « Lines » Quartet 21h30 Remparts : Soirée Big Band 23h00 Glacier : Chagui Costa 23h00 Golfe : Pascal Mohy | Vendredi 24 juin 2011 18h30 Amphi : Trio Sphere 21h30 Remparts : Soirée Hommage à Ray Charles 23h00 Glacier : Zool Fleischer 23h00 Golfe : Manu Franchi Samedi 25 juin 2011 18h00 Oratoire : Lucien Ferreri et Gérard Poletti 18h30 Amphi : Midnight Voyage - hommage à Michael Brecker 21h30 Remparts : Soirée Salsa 23h00 Glacier : Mariannick Saint-Céran 23h00 Golfe : Olivier Temime Dimanche 26 juin 2011 21h30 Remparts : Soirée Hommage à Stéphane Grappelli
|
Et dans la ville, tous les soirs à partir de 19h
> La Fracada, batucada calvaise
> Cosmopolit’s Jazz Band


Période d'ouverture :
Du 16/7/2011 Au 23/7/2011
Contacts:
Association Les Nuits de la guitare de Patrimonio
BP 12
20253 Patrimonio
+33 (0)4 95 37 12 15
+33(0)9 52 71 37 36
+33 (0)4 95 37 12 21

Jeudi
25 juin - Lazaret - 21h00
Samedi
4 juillet
- Citadelle - 21h00

|
Mardi
23 juin
Soirée Jazz Corse
U Calvi Rhythm & Blues Squadra |
Antoinette
d’Angeli – Gilles Rouvet Subtone Soirée Cubaine Nelson Palacios y su reparto Changüi Henri Florens Jean-Philippe Scali |
|
|
Mercredi
24 juin Nobili – Tomasso Duo Trio Sylvestre – Bardy – Martin Hommage à John Coltrane The Blue Train Sextet Mathias Allamane Anne Pacéo |
Chorale
Argentella Lionel Dandine Trio Hommage à James Brown Soul Magic Funky Big Gang Jean-Philippe Viret Eric Prost |
|
| Jeudi
25 juin Lucien
Ferreri Fabienne Marcangeli Quartet Soirée Hard Bop “Woman’s Perfume” Quartet Marc Thomas Julie Saury |
Soirée
Jazz Manouche The Swing “Manouche” Quartet |












|
Mardi 10 juin 2008
Soirée
Jazz Corse |
Vendredi
13 juin
2008 Daniele di Bonaventura invite A Filetta Rémi Vignolo Quintet Fiesta Latina Philippe Baden Powell Quartet Donne Latine Orchestra invite Marcia Maria Benoît de Mesmay Joan Eche-Puig |
|
Mercredi 11 juin 2008 Duo Tomasso-Ciavatti
Carte blanche
à Samy Thiébault
Nuit
de l’Accordéon
Jazz
Trio Guitare Musette
Alexis Avakian Accordéons Jazz Lolo Bellonzi |
Samedi 14 juin 2008
Thomas de Pourquery – Andy
Emler |
|
Jeudi 12 juin 2008 Groupe vocal Generations Benjamin
Lecourt Quartet
Soirée
Funky Jazz
Dominique Di Piazza
Trio
Da
Romeo Band
Antonio
Farao
Yoann
Loustalot |
Dimanche
15 juin
2008 |



Et
auparavant, il y eut aussi Daniele di Bonaventura avec A Filetta à
l'Oratoire...
A
lire en page "Concerts
A Filetta
2008"
2011
Giovanni Mirabassi Trio: 25, 26, 27 août au Sunside, 60 rue des Lombards, 75001 Paris
http://www.sunset-sunside.com
2010
Jan Garbarek Group le 13 juin au Parc Floral de Paris
Anouar Brahem le 18 juillet au Parc Floral
Jazz à la Villette 31 août au 12 septembre télécharger le programme

Du 16 octobre 2009 au 17 janvier 2010
Organisée avec le soutien du Miles Davis Properties, l’exposition de la Cité de la musique propose de retracer le parcours musical et personnel de Miles Davis, de la ville de son enfance, East St-Louis, jusqu’au concert rétrospectif qu’il donna sur le site même de La Villette à Paris, à quelques semaines seulement de sa disparition.
À partir du milieu des années soixante, Miles Davis fit
apparaître
sur ses disques la mention « Directions in Music by Miles Davis »
plutôt que son nom seul.
En hommage à cette démarche visionnaire,
ce sont chacune de ces « directions » que le visiteur pourra découvrir
au fil d’un parcours regroupant des clichés pris par les plus grands
noms de la photographie musicale, des extraits vidéo de ses concerts,
des instruments dont il joua lui-même ou dont jouèrent ses compagnons
de route, des partitions rares et des tenues de scène, des documents
liés à la réalisation de ses albums, des pressages originaux de ses
grands disques ainsi que des œuvres d’art, tableaux ou sculptures, qui
témoignent d’une aura qui excède largement la seule sphère de la
musique.
Commissaire : Vincent Bessières
