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Daniele Di Bonaventura

Invité des Rencontres de Calvi en 2007, 2008, 2009 et 2014
Dernière mise à jour : 13/11/2015

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Calvi Jazz Festival 2008 - Photo © Jean-Claude Casanova

Né à Fermo dans les Marches (Italie), Daniele di Bonaventura, compositeur et arrangeur, pianiste et bandonéiste, a cultivé dès le début de son activité musicale un fort intérêt pour la musique improvisée, tout en ayant reçu une formation musicale classique commencée dès l'âge de 8 ans avec l'étude du piano, du violoncelle, de la composition et de la direction d'orchestre. Il est diplômé en composition.
Ses collaborations s'étendent de la musique classique à la musique contemporaine, du jazz au tango, de la musique ethnique à la world music, avec des incursions dans le monde du théâtre, du cinéma et de la danse.

Il a joué dans les principaux festivals italiens et internationaux parmi lesquels :
En Italie, Rumori Mediterranei à Roccella Jonica en 1987 et 88; Jazz & Image de Villa Celimontana à Rome, Ravenna Jazz 2000 , Clusone Jazz 2001, Biennale Arte Venezia 2001; Sant'Anna Arresi Jazz 2004; Festival della Letteratura Mantova 2004; Cormòns 2005, Accademia Nazionale di Santa Cecilia saison musique de chambre 2005-06. En Angleterre : Music Hall Festival et Royal Festival Hall à Londres; aux Pays-Bas : Music Hall à Leeuwarden; en Allemagne : 30° Deutsches Jazz Festival à Francfort; Berlin Jazz Festival; en Espagne : Festa de la Mercè à Barcelone; en Egypte : Opera du Caire; en Norvège : Olavsfestdagen à Trondheim;et d'autres en France, Suisse, Portugal, Brésil, Argentine, Slovénie, Croatie...

Il a joué, enregistré et collaboré avec : Enrico Rava; Paolo Fresu; Oliver Lake; David Murray; Miroslav Vitous; Rita Marcotulli; David Liebman; Toots Tielemans; Omar Sosa; Flavio Boltro; Joanne Brackeen; Greg Osby; Ira Coleman; Dino Saluzzi; Guinga; Javier Girotto; Cèsar Stroscio; Tenores di Bitti; Enzo Favata; Aires Tango; Peppe Servillo; David Riondino; Francesco Guccini; Sergio Cammariere; Lella Costa; Eugenio Allegri; Giuseppe Piccioni; Mimmo Cuticchio; Custòdio Castelo; Andrè Jaume; Tiziana Ghiglioni; Furio Di Castri; U.T. Gandi; Luis Agudo; etc..

Il a publié plus de 30 disques sous diverses étiquettes discographiques: Via Veneto Jazz; Philology; Manifesto; Felmay; Amiata Records; Splasc(H); World Music; CCn'C Records; Dodicilune.

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Ci dessous la traduction de l'anglais du texte de Gregory A. Vozar sur le premier disque de Daniele, Solo Bandoneon :

Après plusieurs décennies de relative obscurité, le bandonéon a réussi à retrouver une place importante. Jadis connu en Europe centrale en tant qu'instrument "folk" et en Argentine et en Uruguay comme partie essenteille d'un orquesta típica ou d'un ensemble de tango, sa voix n'a été entendue que rarement en dehors de ces contrées. Cependant, un cercle de plus en plus grand de musiciens semblent attirés par ce concertina d'origine allemande. Sans aucun doute, cette résurrection a commencé avec la musique du compositeur et bandonéiste argentin Astor Piazzolla, mais le potentiel expressif de l'instrument l'a déjà propulsé dans le jazz et la musique expérimentale.

Après avoir écouté ce disque, il est évident que Daniele di Bonaventura est l'un des nouveaux musiciens pour lesquels le bandoneon est plus qu'une fantaisie. Originaire de Fermo, Italie, il a commencé ses études musicales à l'âge de huit ans, apprenant d'abord le piano et la composition et plus tard choisissant le bandonéon. Entreprendre cette difficile transition valait la peine tant le bandonéon semble parfaitement adapté à son expression personnelle.

Sur cet album, Solo Bandoneon, Di Bonaventura a fait des choix simples mais pertinents en explorant le riche mais original répertoire de Piazzolla. Il nous offre cinq courtes pièces introspectives qui expriment les multiples aspects du tango, de la musique classique et du jazz. ces "tangos" un peu "rhapsodiques" rappellent les preludes sans mesure du répertoire français pour clavier de la fin du 17e siècle. Leurs mélodies se déroulent librement, seulement soutenues par un accompagenement d'accords. Cela donne au musicien de considérables opportunités d'embellissement, d'accentuation et de modelage de la ligne mélodique. Di Bonaventura fait cela avec sûreté, alternant tension et détente tout en permettant à l'architecture harmonique de chaque morceau de dicter sa forme. Son parlando et son style de jeu impressionniste est très personnel, et il se marie bien avec la musique de Piazzolla. Le jeu est d'une grande force émotionnelle, et son aptitude à communiquer surpasse celle d'autres musiciens même techniquement supérieurs.

De même qu'un chanteur doit prendre sa respiration entre les phrases, le bandoneon doit aussi inspirer et expirer regulièrement. Le phrasé de l'artiste, comme mis entre parenthèses entre ces respirations, donne à son jeu une qualité proche de la voix et un sens de mouvement linéaire.

Au milieu du disque on trouve trois compositions de Bonaventura ; c'est peut-être le passage le plus poétique et attrayant de ce court enregistrement. "Ballata Triste", le premier de ces trois morceaux, évoque des ciels gris et tristes dans un style introspectif de ballade jazz. Nous n'avons cependant pas à rester longtemps dans le froid et l'humidité, car une douce lueur d'affection réchauffe les échos nostalgiques de "Remniscenze (Inno)". "La Caccia" est une sorte de jeu de cache-cache, parfois coquet et ludique, parfois mystérieux et séduisant, la pulsation de la passion jamais loin sous la surface. Délibérément simples, ces morceaux ne sont pas du tango nuevo, mais des compositions originales dans un style jazzy. En plus d'être de la bonne musique, ils sont très adaptés au bandonéon et représentent une nouvelle direction pour sa voix!

La qualité sonore de ce compact est très bonne, un des meilleurs disques de bandonéon solo que j'aie entendus. Il y a un parfait équilibre entre présence et espace. Des micros très sensibles ont capté chaque couleur, chaque nuance, y compris la résonance chaude du cadre en bois de l'instrument, le son des valves et des soufflets, le cliquetis des clés et le souffle de l'air. Certains appelleront cela du bruit, mais je suis reconnaissant aux ingénieurs du son d'avoir conservé ces sons "parasites", partie intégrante de l'instrument. On entend aussi les gémissements quasiment extatiques involontaires du musicien, témoignages d'une interprétation profondément ressentie et passionnée.

Je n'ai que deux regrets mineurs à exprimer sur ce CD: sa briéveté tout d'abord, ainsi que l'absence de détails biographiques sur la pochette. Etant donné la qualité du disque, il se termine bieen trop tôt ! J'aurais personnellement apprécié d'entendre quelques autres compositions de Di Bonaventura. Mais c'était peut être le but de laisser l'auditeur sur sa faim pour assurer son retour. Si c'est cela, c'est réussi. Mon appétit s'est aiguisé à l'écoute de ce disque !

En 2003, Daniele Di Bonaventura a enregistré pour il Manifesto CD son CD "Suite per Bandoneon e Orchestra", composé pour l'Orchestra Filarmonica Marchigiana.

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Ses dernières collaborations sont celles avec Miroslav Vitous, pour son CD Universal Syncopation II publié chez ECM; et avec Ornella Vanoni pour le morceau Nuova Vita qui sera publié sur son nouvel album dont la sortie est prévue pour septembre 2007.

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En décembre 2007, il enregistre un CD solo, Ritus (probablement auto-produit; j'ai pu en faire l'acquisition lors des Rencontres 2008 à Calvi) et, en 2010, il enregistre un album avec le Vetere String Quartet, Sine Nomine.

En 2013 paraît Nadir, avec Daniele di Bonaventura bandoneon, Marcello Peghin guitare, Felice Del Gaudio contrebasse, Alfredo Laviano percussions

"Nadir" - Extrait du double CD (TuK Music) :

On peut retrouver Daniele sur son site http://www.danieledibonaventura.com/ ainsi que sur myspace.

Una telecamera indugia su due amanti a Parigi: è il film di Ferraro
Inquadrature fisse e lunghe anche 10 minuti in “Quattro notti di uno straniero”, con cui la Boudu Film porta al grande pubblico una pellicola da Mostra

film

Quattro notti di uno straniero - film

Un uomo ed una donna si sfiorano a Parigi. La telecamera li segue, li osserva, e si sofferma su di loro e su ciò che li circonda. La pesantezza delle scale o un ponte trafficato diventano un punto d’osservazione amplificato da un’inquadratura che indugia anche per 10 minuti. In poltrona lo spettatore viene chiamato in prima persona sulla realtà di ciò che circonda i protagonisti e piano piano diventa lui il protagonista, spingendosi ad osservare ciò che neanche passeggiando si sofferma a guardare. E’ “Quattro notti di uno straniero”, il film di Fabrizio Ferraro, da questo weekend al cinema, distribuito dalla Boudu Film che vuole rendere di dominio del pubblico comune quel cinema che spesso viene relegato solo ai festival. I protagonisti della storia hanno il volto di Marco Teti e Caterina Gueli Rojo, sottoposti allo sguardo di una telecamera che li scruta e li spia. Dopo “Penultimo Paesaggio”, che ha visto, tra gli altri, la collaborazione musicale di Paolo Fresu e Daniele Di Bonaventura, Ferraro ripropone in una sua pellicola Parigi, la città dove abita, con “Quattro notti di uno straniero”, capitolo conclusivo del dittico sul “contatto”. Anche qui un uomo ed una donna si incontrano nella stessa città. I due si inseguono, si sfuggono. Ispirata alle “Notti bianche” di Dostoevskij, la pellicola si svolge in quattro movimenti. Quattro notti in cui i due incerti protagonisti si accompagnano e si specchiano in una Parigi illuminata da un biancore abbagliante che fonde notte e giorno. “Quattro notti di uno straniero” è prodotto da Marcello Fagiani e Fabrizio Ferraro per Boudu Film ed è coprodotto da Rai 3 e Fuori Orario. E’ nei cinema di Roma, Milano, Bologna, Firenze, Torino, Lecce, Salerno, Cagliari, Vicenza, Catania, Pescara, Ascoli Piceno, Fermo, Bari.

E mentre un film esce, un altro è in cantiere. Fabrizio Ferraro è già al lavoro per la sua nuova pellicola. Il nuovo progetto nasce dall'incontro artistico tra il regista, i musicisti Paolo Fresu, Daniele Di Bonaventura e il produttore musicale di fama internazionale Manfred Eicher (ECM Records). Il film esplorerà la dimensione sonora e visiva della fuga attraverso il tradimento-trascrizione di una delle fughe del grande musicista tedesco J.S.Bach presente nel Clavicembalo Ben Temperato, Libro II. Le riprese del film sono previste per l’inizio dell'estate del 2013 tra Fermo, nelle Marche, Parigi e Lugano. Il film è prodotto, tra gli altri, dalla Run to me film di Roma.

Ce n'est pas le CD que j'avais annoncé, mais un autre : "Eleven Projects", auto-produit par Daniele, qui sort cette semaine (20/03/2013). Qui s'en plaindrait ?

eleven

Daniele Di Bonaventura: du piano au bandonéon et retour

Ci-dessous la traduction de l'article de Giulio Cancelliere pour Suoni e Strumenti. L'original est ici : http://www.suoniestrumenti.it/
15/11/2013

L'histoire d'un muisicien est faite de visions, de changements de direction inopinés et d'engouements foudroyants. Parfois même le choix de l'instrument d'élection est difficile et il n'est pas dit que ce choix soit définitif ou absolu. Certains amours reviennent plus tard, renaissent, se rallument et naissent alors des œuvres doubles, comme Nadir qui montre Daniele Di Bonaventura devant un piano, après des années passées à embrasser seulement le bandonéon.  

GIULIO CANCELLIERE  C'est ta réconciliation avec le piano?
DANIELE DI BONAVENTURA   Mais non! Ou peut-être sì, dans le sens où en privé nous nous voyions toujours, car je compose au piano,  mais en concert et en studio d'enregistrement je jouias toujours du bandonéon.  

GIULIO   Mais comment se fait-il que vous vous sotez séparés ? Qu-est-ce qui s'est déclenché avec le bandonéon? Il est vrai que tu es de Fermo, et Castelfidardo est juste derrière chez toi, et pourtant l'accordéon ne t'a jamais attiré.
DANIELE    Peut-être parce qu'on en jouait autour de moi depuis toujours. J'ai étudié longtemps le piano, j'ai fait aussi du violoncelle pendant quelques années, mais j'ai eu un diplome de composition musicale. J'ai ensuite joué du piano dans des formations pop et rock, j'ai fait du pianobar et même un peu de musette. Ensuite j'ai fait ma carrière de pianiste de jazz avec des musiciens italiens et américains, mais à un certain moment je suis entré en crise.

GIULIO   Quand et pourquoi?
DANIELE   Je parle du début des années quatre-vingt. Le langage que j'utilisais ne me satisfaisait plus, je voulais me remettre en cause, trouver un idiome plus original. Je me considérais comme plutôt bon,, j'avais fréquenté les séminaires de Siena Jazz avec Franco D’Andrea, j'avais joué avec David Murray, Oliver Lake, j'étais sur la bonne voie, comme des centaines de pianistes.

GIULIO   E alors?
DANIELE    E alors parmi les différentes options j'ai pensé aussi au lien avec ma terre et j'ai essayé l'accordéon. Il était très lourd, mal commode, même si moins que le piano. J'enviais les flûtistes, les saxophonistes, qui portaient leur instrument sous le bras, pendant que je devais me coltiner sur les épaules mon piano électrique, parce que dans les clubs souvent il n'y a pas de piano acoustique. Puis se sont produits une série d'évènements: l’écoute de plusieurs disques de Piazzolla, la vision  du film Tangos de Fernando Solanas et le concert de Piazzolla avec Gary Burton à Ravenne. Je suis devenu fou de ces sonorités : j'ai demandé à un ami d'Argentine de m'acheter un bandonéon et je me suis enfermé chez moi sept heures par jour pour l'étudier.

GIULIO    Etre pianiste t'a aidé?
DANIELE    Oui et non. La pratique du piano est utile seulement pour l'indépendance des mains et la conception harmonique, dérivant aussi des études de composition. C'est un instrument à soufflet absurde aussi pour un accordéoniste, sans logique, avec deux claviers qui se multiplient en ouverture et fermeture. Même Richard Galliano m'a tout de suite rendu mon bandonéon tout de suite après m'avoir demandé de l'essayer, parce qu'il est de type diatonique et pas chromatique que les français aiment mieux; il disait qu'il fallait avoir la tête divisée en quatre parties.  Et c'est vrai. En réalité, le bandonéon a été conçu par Heinrich Band  en s'inspirant du concertina diatonique, mais il l'a rendu plus complexe et plus complet. De la fin du XIXe siècle au mileiu des années 20, on a construit des bandonéons avec des claviers très différents les uns des autres.  Puis, d'abord dans les années 40 une codification a homologué les instruments de type argentin, qui sont diatoniques seulement de nom, parce qu'en réalité ils sont constitués de cinq octaves chromatiques complètes. Quand tu regardes jouer un bandonéoniste, surtout s'il est français, dans 99% des cas il utilise un chromatique parce qu'il ne veut pas changer la forme d'espriot nécessaire pour jouer du diatonique.  

GIULIO    Combien en as-tu?
DANIELE    Trois, dont un de 1927 qui est une vraie relique.
GIULIO    Combien de temps t'a t-il fallu pour atteindre un niveau convenable te permettant de jouer en public sans avoir honte?
DANIELE    La belle phrase serait “on n'en fionit jamais d'étudier et d'approfondir”, mais après quelques années d'étude intense j'ai commencé à me produire.

GIULIO    Premières satisfactions?
DANIELE    Après trois ans d'application, j'ai été appelé par un groupe dans lequel jouait Dino Saluzzi pour le remplacer sur quelques morceaux. Au début je les ai pris pour des fous, parce que Saluzzi étaiot, et est encore un mythe pour moi, mais ils ont insisté et après six mois de préparation, pendant lesquels j'ai progressé de six ans, je me suis inséré dans cette formation.

GIULIO   Ton modèle était Saluzzi?
DANIELE    Pas seulement, il y avait aussi Piazzolla et Mederos, mais Saluzzi est celui qui est le plus proche du jazz et de mon univers, il jouait du bandonéon dans les années 70 comme Zawinul utilisait les claviers…

GIULIO   Un autre ex-accordéoniste, d'ailleurs.
DANIELE    En effet. Je voulais utilser l'instrument dans un contexte complètement différent du tango.

GIULIO     Comment amplifies-tu le bandonéon?
DANIELE    Ça dépend: si je suis en studio, c'est facile, avec deux micros à condensateur à droite et à gauche; sur scène au contraire, dans un concert de jazz avec beaucoup d'instruments et la batterie, je mets deux micros directement sur l'instrument de façon à avoir la bonne présence, passés dans un préampli et dans quelques réverb que j'utilise, pour donner à l'ingénieur du son le son déjà fait. Dans des contextes plus classiques, je cherche à amalgamer mon son avec celui des autres par l'utilisation de micros à condensateur, de toutes façons en faisant en sorte d'obtenir le son le plus naturel possible, par rapport aux conditions.

GIULIO    Existe-t-il des micros étudiés spécialement pour le bandonéon?
DANIELE   Tu parles! Il n'y a même pas d'étuis pour bandonéon. Le mien est fabriqué spécialement pour moi.

GIULIO    Tu joues des musiques diverses dans des contextes divers, folk, jazz, pop, expérimental...   Comment traverse t-on les styles, avec quel état d'esprit? Il faut être souple, personnel, s'adpater ou s'imposer? Il semble qu'il n'y ait plus de barrières ou de catégories, que tout soit égal. C'est ainsi ?

DANIELE
   En réalité les contextes culturels ne sont pas tous égaux et il faut les comprendre et les reconnaître. Et c'est possible si l'on est ouvert et si l'on a assimilé beaucoup de musique de chaque genre. A ce moment-là, l'esprit identifie le contexte et guide le musicien vers la façon qui est juste.  ce processus d'apprentissage cependant,  je peux le dire après avoir étudié dix ans au conservatoire, aboutit en dehors de ces murs. J'ai eu la chance de jouer dans des bars, des clubs, des dancings, d'avoir rencontré le tango et la musique classique, Bill Evans et la musique contemporaine, d'avoir appris à jouer d'oreille et à regarder et écouter tout. Souvent l'école te rigidifie et tu ne peux pas t'en sortir. Je ne dis pas que les musiciens classiques sont des musiciens à moitié, je les adore et je voudrais jouer comme eux, mais je crois qu'ils n'exploitent pas complètement leurs potentialités. L’interpretation est quand même un don extraordinaire: à l'Accademia Santa Cecilia j'ai joué le Double Concerto pour Bandoneon et guitare de Piazzolla  qui est, de fait, une partition de musique classique  complètement écrite et c'est merveilleux de le jouer, de même que la Missa Tango de Bacalov que j'ai jouée en Allemagne. D’un autre côté j'aime changer de peau et être capable d'engager un dialogue improvisé avec un autre soliste, que ce soit Javier Girotto ou Paolo Fresu ou accompagner comme il faut Franco Califano ou Ornella Vanoni. Cela nécessite sensibilité et respect pour les musiques.

GIULIO   Au niveau du son, tu aimes te caractériser dans divers contextes, au besoin en les contestant, ou suivre le flux sonore?
DANIELE    Dans un contexte électrique j'utilise un son adapté, avec quelques effets, avec des dispositifs électroniques, chorus et processeurs, qui altèrent le son. Je n'aime pas le son de Gotan  Project, par exemple, qui utilise le son traditionnel dans un contexte électrique, ça m'ennuie. Si je veux écouter le son nature du bandonéon, je préfère des contextes classiques: parfois je vais répéter à l'église, pour profiter de la réverbération naturelle.

GIULIO    "Nadir" est un disque double: dans le première partie en quartet tu joues du bandonéon; dans la seconde tu joues du piano en trio. Comment chacun de ces deux instruments te représente t-il aujourd'hui ?
DANIELE    Le bandonéon me représente comme personnalité artistique plus authetique; le piano est une représentation plus indirecte, influencée par les écoles que j'ai faites, par les études des styles de Evans, Bley, Jarrett, qui ont conditionné mon langage. Cela dit, je pense que si je n'avais pas joué de bandonéon je n'aurais pas joué du piano de cette façon, car sans aucun doute l'un a influencé l'autre.

GIULIO   Le disque est produit sous l'étiquette Tuk de Paolo Fresu. Tu joues souvent avec des musiciens sardes, depuis Marcello Peghin qui joue de la guitare à dix cordes. Pourquoi?
DANIELE   En  Sardaigne j'ai connu des tas de musiciens et j'y ai rencontré une magie, une énergie particulière qui s'est conservée au fil du temps.  Et aussi la culture musicale est très répandue.

GIULIO   Peux-tu me parler de Miroslav Vitous? Tu as souvent joué avec lui.
DANIELE    Miroslav m'a appelé pour participer à son Universal Syncopation II. dans le premier disque, que j'écoutais souvent en voiture, il y avait des pointures comme Chick Corea, Jan Garbarek, John McLaughlin, Jack  DeJohnette, l’Olympe du jazz international. Je suis allé près de Cuneo dans son studio hypertechnologique et j'ai enregistré un morceau. je suis le seul musicien italien au milieu de Randy Brecker, Bob Mintzer, Gerald Cleaver et autres.

GIULIO     Comment t'es-tu senti avec Vitous comme leader?
DANIELE    C'est avant tout un grand musicien avec une vision précise et complète de la musique. Malgré cela, il te fait comprendre en deux mots ce qu'il veut, dans des termes conceptuels et il te laisse libre de t'exprimer comme tu veux. Dans tous les concerts que j'ai faits avec lui il y avait 80% d'improvisation.

GIULIO     Avec Vitous et Fresu tu as eu l'occasion d'enregistrer pour ECM et Manfred Eicher. C'est aussi contraignant que certains le disent?
DANIELE    J'ai grandi avec les disques ECM et j'en partage l'esthétique. Pour moi enregistrer pour Eicher a été la réalisation d'un rêve: je suis le second bandonéiste d'ECM après Saluzzi. Je ne crois pas que ce soit contraignant et de toutes façons je ne me laisserais pas contraindre ou conditionner. J'ai joué pour son étiquette comme je le voulais et le son qui sort des disques me représente totalement.

Une critique de "Nadir" publiée par Musica Jazz :

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Interview de Daniele sur "Strumenti Musicali" de décembre 2014 :

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Nouveau DVD/CD "Mare Calmo" (sortie août 2015)

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1. Dança des Crianças
2. Waltz for Catia
3. Maria e il Mare
4. Continuum
5. Mare Calmo
6. Namibia
7. Guardo Passare
8. In Trasparenza
9. Colline
10. La Regina delle Api
11. New Day in Kibuye (piano solo)
12. Mare Calmo (bandoneon solo)
13. Tarentella d'Autunno
14. Foglie d'Inverno

Le Cd est chroniqué sur la page "Disques du mois".

Un article de la revue Neapolis Jazz :

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Le nouveau CD live (y compris un film à voir on line une fois que l'on a acheté le disque) du Band'Union de Daniele di Bonaventura vient de sortir. Pour informations et commandes écrire à danieledibonaventura@gmail.com.

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Le site de Daniele :

http://www.danieledibonaventura.com/

separateur

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