
Il s'oriente progressivement vers le cinéma suite à la rencontre du réalisateur François Reichenbach qui lui confie en 1977 la bande son de son documentaire Mexico Magico. Il compose sa première musique pour un long-métrage en 1986 avec La Femme secrète de Sébastien Grall. Il travaille pour la télévision notamment pour Gérard Marx, Laurent Heynemann et Josée Dayan, et au cinéma, avec Christine Pascal.

Enregistré très
rapidement (d'ailleurs,
Jean-Claude Acquaviva nous confiait qu'il n'était pas
très satisfait de ce disque et qu'il aurait
souhaité pouvoir le réenregistrer), ce disque fut
pour beaucoup un véritable choc. C'était la
première fois que nous entendions A Filetta dans un autre
contexte et avec une cantatrice classique, en l'occurence Marie
Kobayashi, qui retrouvera Bruno Coulais et A Filetta pour d'autres
collaborations.
La
collaboration entre Bruno Coulais et A Filetta se poursuit avec Le
Libertin de Philippe Aghion. Surprise, Boy George
participe à l'aventure. La musique est aussi
déjantée que le film...
Plusieurs années après, les morceaux du Libertin sont encore au programme des concerts d'A Filetta : La folie du cardinal (Exorciso Te), Gloria et Joyeux anniversaire (Exorcismus).
Cette
musique a été
présentée à Calvi en septembre 1999
lors des Rencontres
polyphoniques.
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"Même
s'il m'est difficile d'analyser après-coup une
démarche qui fut d'abord intuitive, je sais que pour la
musique du film Himalaya, l'enfance d'un chef je
n'ai pas cherché à imiter la musique
tibétaine mats plutôt à transposer les
impressions qu'elle me procurait. Pour magnifier les voix de Tsering
Lodoe, de cette enfant tibétaine, et celles des Lamas ainsi
que les sonorités des instruments traditionnels, il m'est
apparu évident de les servir avec des instruments
occidentaux, un ensemble à cordes et le groupe polyphonique
corse A Filetta.
Cette diversité, sorte de jeu de miroirs, a
créé un pont entre ces cultures. Pour faire
écho à la spiritualité de ce peuple,
j'ai tenté de créer une longue
méditation scandée par des mantras et des
prières.
La rencontre naturelle entre les Corses et les Tibétains fut
pour moi le plus beau cadeau de cette aventure, prouvant ainsi que plus
on s'ouvre sur le monde, plus on s'enrichit et plus on
précise sa singularité.
J'ai voulu dégager des impressions mais ne pas faire une
musique tibétaine classique. Les voix d'A Filetta se sont
très bien adaptées aux voix tibétaines
et on a l'impression d'entendre des chants issus de la
mémoire, des chants intemporels qui ont en commun la douleur
et l'émotion", dit Bruno Coulais.
Bruno Coulais écrit aussi de très
intéressantes partitions pour des films "à gros
budget" comme Les Rivières Pourpres (2000),
Belphégor ou Vidocq.
Le Peuple
Migrateur (2001) est également une
réussite exemplaire (décidément, les
productions de Jacques Perrin conviennent bien à Bruno
Coulais).
Plus varié qu'Himalaya, on peut y entendre Nick Cave, Robert
Wyatt, A Filetta, des choeurs Bulgares, Gabriel Yacoub...
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De 1997 à 2002, A Filetta participe ainsi à une dizaine de musiques de films (Don Juan, Himalaya, Le peuple migrateur, Comme un aimant, Le libertin, Serial lover, Scènes de crimes, Harrison's flowers, Vidocq).
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Un sacrée consécration (très méritée) pour le musicien mais qui ne représente qu'une des nombreuses facettes de son talent.
"Ce qui m'amuse et me fait progresser, c'est de travailler avec des gens qui ne viennent pas de mon horizon musical. Que ce soit A Filetta ou Akhenaton, ce sont des gens qui m'apportent beaucoup parce qu'ils ont un autre rapport que le mien à la musique, une autre culture, une autre approche".
"En France, on est tellement cloisonné, on ne fréquente que les personnes qui vivent dans le même monde musical. Pour ma part, j'ai envie de tenter des expériences à chaque fois, de découvrir des choses, de me mettre en péril, de ne pas m'installer dans une routine".
"Le
scénario d'un film m'intéresse moins que le
climat qu'il instaure. La musique, c'est la lumière
narrative du film, ses contours secrets, tout ce qui n'est pas dit..."
Après L’ENFANT QUI VOULAIT ETRE UN OURS, Bruno COULAIS revient au cinéma d’animation avec MAX and CO. Un joyeux patchwork avec Slim Pezin, un chanteur de yodle et... A Filetta, d'abord brièvement derrière un choeur d'enfants, puis avec une fanfare lors du réveil de Max.
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En 2001, le
Festival de Saint-Denis invite Bruno Coulais pour un concert "Toit
du monde" avec A Filetta et Marie Kobayashi, autour des
musiques de Don Juan et Himalaya.
Bruno Coulais
souhaite réduire ses contributions au cinéma pour
se consacrer à d'autres projets
(création d'un opéra pour enfants Il
Gioco di Robin e Marion, projets avec Akhenaton ou
le groupe A Filetta, ou compositions contemporaines, telles le Stabat
Mater présenté à
Saint-Denis en 2005.
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"Chercher le «
sacré » dans les petites choses du quotidien est
la leçon que j’ai reçue du
cinéma, et c’est une idée qui
m’a accompagné tout au long de
l’écriture de ce Stabat Mater.
Dans le texte si beau et si poignant
du XIIIe siècle, bâti en 20 strophes de 3 vers,
j’ai retenu la douleur d’une mère face
à la mort de son enfant plutôt que le
récit de la Vierge pleurant la mort du Christ.
Toujours du cinéma, et
tout particulièrement de L’Évangile
selon Saint Matthieu de Pasolini, j’ai appris que la
rencontre d’univers musicaux très divers pouvait
nous conduire à "l’universel
".
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Ainsi, le cri de cette mère peut prendre tour à tour les voix sublimes de Marie Kobayashi et d’Aïcha Redouane, les voix blessées de Robert Wyatt et Guillaume Depardieu, ou encore le chant lumineux du chœur de chambre Mikrokosmos.
On retrouve ce cri dans le jeu si
inventif de Laurent Korcia, dans la violence du quatuor à
cordes, dans la guitare électrique de Slim Pezin qui se fond
dans le chœur, dans les percussions colorées de
Marc Chantereau, dans le solo virtuose de l’altiste
Françoise Gnéri, mais aussi dans le jeu si
pénétrant de Claire Désert.
Après l’enregistrement du concert en la Basilique
de Saint-Denis, j’ai souhaité bouleverser
l’ordre des airs, obéissant plutôt
à une logique musicale qu’à la
succession traditionnelle des strophes."
Bruno Coulais

Marie
Kobayashi
Magnifique, ce premier
Stabat Mater du XXIe siècle. On le sait, Bruno Coulais ne se
limite pas aux musiques de films.
Déjà, à St Denis, nous avions pu
entendre il y a quelques années un magnifique requiem
à la mémoire de Christine Pascal.
Ce Stabat Mater est étonnant. Les voix de Marie Kobayashi et
d'Aïcha Redouane se succèdent ou se
mêlent à celle de Guillaume Depardieu et au choeur
Mikrokosmos dans des séquences très
émouvantes. Très beaux moments de cordes, avec
Laurent Korcia, l'excellent quatuor à cordes et le
violoncelle de Jean-Philippe Audin.
Cette captation en direct a été très
retravaillée en studio : l'ordre des morceaux a
été modifié, mais les spectateurs de
St Denis seront surpris d'entendre la partition de Robert Wyatt sur le
CD (en fait, des séquences en boucle extraites du "Peuple
migrateur"), beaucoup plus audible qu'au concert. Finalement, une
impression assez différente de celle du concert. Certaines
parties semblent complètement remixées, voire
réenregistrées (celle de Slim Pezin notamment).
En revanche dans mon souvenir, Marie Kobayashi chantait plus longtemps
(la durée du concert me semblait dépasser la
durée de ce CD) .
Malgré la grande diversité des musiques de Bruno Coulais, quelques constantes peuvent être identifiées : son sens du rythme, son utilisation des cuivres, son goût pour la voix humaine, les voix d'enfants et pour l'opéra , pour la recherche de sonorités originales, pour les musiques du monde et le mélange de cultures musicales, et pour les séquences répétitives, et enfin, une tendance certaine à privilégier dans ses musiques de film la notion d'ambiance à celle de narration.
La Femme secrète (1986), de Sebastien Grall
Qui trop embrasse (1986), de Jacques Davila
Zanzibar (1988), de Christine Pascal
La Campagne de Cicéron (1990), de Jacques Davila
Le Jour des rois (1991), de Marie-Claude Treilhou
Le Fils du requin (1992), de Agnès Merlet
Le Retour de Casanova (1992), de Edouard Niermans
Les Equilibristes (1992), de Nico Papatakis
Le petit prince a dit (1992), de Christine Pascal
Vieille Canaille (1992), de Gérard Jourd'hui
Waati (1994), de Souleymane Cissé
Adultère mode d'emploi (1995), de Christine Pascal
La Rivière espérance (1995), de Josée Dayan
Microcosmos, le peuple de l'herbe (1995), de Claude Nuridsany
La Famille Sapajou (TV) (1997), de Elisabeth Rappeneau
Don Juan (1997), de Jacques Weber
Serial Lover (1997), de James Huth
Les Equilibristes (1992), de Nico Papatakis
Le petit prince a dit (1992), de Christine Pascal
Vieille Canaille (1992), de Gérard Jourd'hui
Waati (1994), de Souleymane Cissé
Adultère mode d'emploi (1995), de Christine Pascal
Déjà mort (1997), de Olivier Dahan
Préférence (1997), de Grégoire Delacourt
Gaetan et Rachel en toute innocence (1997), de Suzy Cohen
Belle Maman (1998), de Gabriel Aghion
Le Comte de Monte Cristo (1998), de Josée Dayan
Balzac (TV) (1999) de Josée dayan
Epouse-moi (1999), de Harriet Marin
La débandade (1999) de Claude Berri
Scènes de crimes (1999), de Frédéric Schoendorfer
Le Libertin (1999) de Gabriel Aghion
Un Dérangement considérable (1999), de Bernard Stora
Zaide, un petit air de vengeance (1999), de Josée Dayan
Comme un aimant (2000), de Akhenaton
Les Rivières pourpres (2000), de Mathieu Kassovitz
Harrison's Flowers (2000), de Elie Chouraqui
Belphégor, le fantôme du Louvre (2000) de Jean-Paul Salomé
De l'amour (2000), de Jean-François Richet
Un aller simple (2000), de Laurent Heynemann
Vidocq (2001), de Pitof
Origine océan quatre milliards d'années sous les mers (2001) de Gérald Calderon
L'Enfant qui voulait être un ours (2001), de Jannick Astrup
Genesis (2002), de Claude Nuridsany
Les Choristes (2003), de Christophe Barratier
Agents secrets (2003), de Frédéric Schoendoerffer
Je préfère qu'on reste amis... (2004), de Eric Toledano
Brice de Nice (2004), de James Huth
Les Rois Maudits (2005), de Josée Dayan
La Planète Blanche (2006), de Stéphane Milliere
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