La collaboration entre
Bruno Coulais et A Filetta se poursuit avec Le Libertin de Philippe
Aghion. Surprise, Boy George participe à l'aventure. La musique est aussi
déjantée que le film...
Plusieurs
années après, les morceaux du Libertin sont encore au programme
des concerts d'A Filetta : La folie du cardinal (Exorciso Te), Gloria et
Joyeux anniversaire (Exorcismus).
Bruno
Coulais récidive avec Himalaya, l'enfance d'un chef, César
2002 pour la meilleure musique de film et Cd d'or.
C'est une réussite
d'autant plus éclatante que la musique colle parfaitement avec l'excellent
film d'Eric Valli. Le mariage des voix tibétaines et corses est si parfait
qu'on en arrive à confondre les voix.
Cette musique a été
présentée à Calvi en septembre 1999 lors des Rencontres
polyphoniques.
|
| |
|
"Même s'il
m'est difficile d'analyser après-coup une démarche qui fut d'abord intuitive,
je sais que pour la musique du film Himalaya, l'enfance d'un chef je n'ai
pas cherché à imiter la musique tibétaine mats plutôt à transposer les impressions
qu'elle me procurait. Pour magnifier les voix de Tsering Lodoe, de cette enfant
tibétaine, et celles des Lamas ainsi que les sonorités des instruments traditionnels,
il m'est apparu évident de les servir avec des instruments occidentaux, un ensemble
à cordes et le groupe polyphonique corse A Filetta.
Cette diversité, sorte
de jeu de miroirs, a créé un pont entre ces cultures. Pour faire écho à la spiritualité
de ce peuple, j'ai tenté de créer une longue méditation scandée par des mantras
et des prières.
La rencontre naturelle entre les Corses et les Tibétains fut
pour moi le plus beau cadeau de cette aventure, prouvant ainsi que plus on s'ouvre
sur le monde, plus on s'enrichit et plus on précise sa singularité.
J'ai voulu
dégager des impressions mais ne pas faire une musique tibétaine
classique. Les voix d'A Filetta se sont très bien adaptées aux voix
tibétaines et on a l'impression d'entendre des chants issus de la mémoire,
des chants intemporels qui ont en commun la douleur et l'émotion",
dit Bruno Coulais.
Bruno Coulais écrit aussi de très intéressantes
partitions pour des films "à gros budget" comme Les Rivières Pourpres (2000),
Belphégor ou Vidocq.
Le
Peuple Migrateur (2001) est également une réussite exemplaire
(décidément, les productions de Jacques Perrin conviennent bien
à Bruno Coulais).
Plus varié qu'Himalaya, on peut y entendre
Nick Cave, Robert Wyatt, A Filetta, des choeurs Bulgares, Gabriel Yacoub...
Un
bonus du DVD du film montre brièvement le travail en studio de Bruno avec
A Filetta sur la respiration.
De
1997 à 2002, A Filetta participe ainsi à une dizaine de musiques de films (Don
Juan, Himalaya, Le peuple migrateur,
Comme un aimant, Le libertin, Serial lover, Scènes
de crimes, Harrison's flowers, Vidocq)
Bruno
Coulais a connu en 2004 un succès sans précédent avec Les Choristes,
dont l'album de la BO s'est vendu à plus de 250 000 exemplaires (un véritable
record pour le genre, qui ne concerne habituellement qu'à peine 1 % des ventes
de disques en France !).

Un
sacrée consécration (très méritée) pour le musicien mais qui ne représente
qu'une des nombreuses facettes de son talent.
"Ce
qui m'amuse et me fait progresser, c'est de travailler avec des gens qui ne viennent
pas de mon horizon musical. Que ce soit A Filetta ou Akhenaton, ce sont des gens
qui m'apportent beaucoup parce qu'ils ont un autre rapport que le mien à
la musique, une autre culture, une autre approche".
"En
France, on est tellement cloisonné, on ne fréquente que les personnes
qui vivent dans le même monde musical. Pour ma part, j'ai envie de tenter
des expériences à chaque fois, de découvrir des choses, de
me mettre en péril, de ne pas m'installer dans une routine".
"Le
scénario d'un film m'intéresse moins que le climat qu'il instaure.
La musique, c'est la lumière narrative du film, ses contours secrets, tout
ce qui n'est pas dit..."
| | En
2001, le Festival de Saint-Denis invite Bruno Coulais pour un concert "Toit
du monde" avec A Filetta et Marie Kobayashi, autour des musiques de Don
Juan et Himalaya.
Bruno
Coulais souhaite réduire ses contributions au cinéma pour se consacrer
à d'autres projets (création d'un opéra pour enfants Il
Gioco di Robin e Marion, projets avec Akhenaton ou le groupe A Filetta,
ou compositions contemporaines, telles le Stabat Mater présenté
à Saint-Denis en 2005. |
| | "Chercher
le « sacré » dans les petites choses du quotidien est la leçon que j’ai reçue
du cinéma, et c’est une idée qui m’a accompagné tout au long de l’écriture de
ce Stabat Mater. Dans le texte si beau et si poignant du XIIIe siècle,
bâti en 20 strophes de 3 vers, j’ai retenu la douleur d’une mère face à la mort
de son enfant plutôt que le récit de la Vierge pleurant la mort du Christ. Toujours
du cinéma, et tout particulièrement de L’Évangile selon Saint Matthieu de Pasolini,
j’ai appris que la rencontre d’univers musicaux très divers pouvait nous conduire
à « l’universel ». Ainsi, le cri de cette mère peut prendre tour à tour les voix
sublimes de Marie Kobayashi et d’Aïcha Redouane, les voix blessées de Robert Wyatt
et Guillaume Depardieu, ou encore le chant lumineux du chœur de chambre Mikrokosmos.
|
On
retrouve ce cri dans le jeu si inventif de Laurent Korcia, dans la violence du
quatuor à cordes, dans la guitare électrique de Slim Pezin qui se fond dans le
chœur, dans les percussions colorées de Marc Chantereau, dans le solo virtuose
de l’altiste Françoise Gnéri, mais aussi dans le jeu si pénétrant de Claire Désert.
Après l’enregistrement du concert en la Basilique de Saint-Denis, j’ai souhaité
bouleverser l’ordre des airs, obéissant plutôt à une logique musicale qu’à la
succession traditionnelle des strophes."
Bruno Coulais

Marie
Kobayashi
Magnifique, ce premier
Stabat Mater du XXIe siècle. On le sait, Bruno Coulais ne se limite pas aux musiques
de films.
Déjà, à St Denis, nous avions pu entendre il y a quelques années
un magnifique requiem à la mémoire de Christine Pascal.
Ce Stabat Mater est
étonnant. Les voix de Marie Kobayashi et d'Aïcha Redouane se succèdent ou se mêlent
à celle de Guillaume Depardieu et au choeur Mikrokosmos dans des séquences très
émouvantes. Très beaux moments de cordes, avec Laurent Korcia, l'excellent quatuor
à cordes et le violoncelle de Jean-Philippe Audin.
Cette captation en direct
a été très retravaillée en studio : l'ordre des morceaux a été modifié, mais les
spectateurs de St Denis seront surpris d'entendre la partition de Robert Wyatt
sur le CD (en fait, des séquences en boucle extraites du "Peuple migrateur"),
beaucoup plus audible qu'au concert. Finalement, une impression assez différente
de celle du concert. Certaines parties semblent complètement remixées, voire réenregistrées
(celle de Slim Pezin notamment). En revanche dans mon souvenir, Marie Kobayashi
chantait plus longtemps (la durée du concert me semblait dépasser la durée de
ce CD) .
Malgré la grande
diversité des musiques de Bruno Coulais, quelques constantes peuvent être
identifiées : son sens du rythme, son utilisation des cuivres, son
goût pour la voix humaine, les voix d'enfants et pour l'opéra , pour
la recherche de sonorités originales, pour les musiques du monde et le
mélange de cultures musicales, et pour les séquences répétitives,
et enfin, une tendance certaine à privilégier dans ses musiques
de film la notion d'ambiance à celle de narration.
Filmographie
La
Femme secrète (1986), de Sebastien
Grall
Qui trop embrasse (1986), de Jacques Davila
Zanzibar (1988),
de Christine Pascal
La Campagne de Cicéron (1990), de Jacques
Davila
Le Jour des rois (1991), de Marie-Claude Treilhou
Le Fils
du requin (1992), de Agnès Merlet
Le Retour de Casanova (1992),
de Edouard Niermans
Les Equilibristes (1992), de Nico Papatakis
Le
petit prince a dit (1992), de Christine Pascal
Vieille Canaille
(1992), de Gérard Jourd'hui
Waati (1994), de Souleymane Cissé
Adultère
mode d'emploi (1995), de Christine Pascal
La Rivière espérance
(1995), de Josée Dayan
Microcosmos, le peuple de l'herbe (1995),
de Claude Nuridsany
La Famille Sapajou (TV) (1997), de Elisabeth Rappeneau
Don Juan (1997), de Jacques Weber
Serial Lover (1997), de James
Huth
Les Equilibristes (1992), de Nico Papatakis
Le petit prince
a dit (1992), de Christine Pascal
Vieille Canaille (1992), de Gérard
Jourd'hui
Waati (1994), de Souleymane Cissé
Adultère
mode d'emploi (1995), de Christine Pascal
Déjà mort
(1997), de Olivier Dahan
Préférence (1997), de Grégoire
Delacourt
Gaetan et Rachel en toute innocence (1997), de Suzy Cohen
Belle
Maman (1998), de Gabriel Aghion
Le Comte de Monte Cristo (1998),
de Josée Dayan
Balzac (TV) (1999) de Josée dayan
Epouse-moi
(1999), de Harriet Marin
La débandade (1999) de Claude Berri
Scènes
de crimes (1999), de Frédéric Schoendorfer
Le Libertin
(1999) de Gabriel Aghion
Un Dérangement considérable
(1999), de Bernard Stora
Zaide, un petit air de vengeance (1999), de
Josée Dayan
Comme un aimant (2000), de Akhenaton
Les Rivières
pourpres (2000), de Mathieu Kassovitz
Harrison's Flowers (2000),
de Elie Chouraqui
Belphégor, le fantôme du Louvre (2000)
de Jean-Paul Salomé
De l'amour (2000), de Jean-François Richet
Un
aller simple (2000), de Laurent Heynemann
Vidocq (2001), de Pitof
Origine
océan quatre milliards d'années sous les mers (2001) de Gérald
Calderon
L'Enfant qui voulait être un ours (2001), de Jannick
Astrup
Genesis (2002), de Claude Nuridsany
Les Choristes (2003),
de Christophe Barratier
Agents secrets (2003), de Frédéric
Schoendoerffer
Je préfère qu'on reste amis... (2004),
de Eric Toledano
Brice de Nice (2004), de James Huth
Les Rois
Maudits (2005), de Josée Dayan
La Planète Blanche (2006),
de Stéphane Milliere