Ajoutons que le
poids
d'une image numérique est proportionnel à sa définition. Ainsi, une
image RVB 8 bits de 1000 x 1500 pixels donnera un fichier de 1 000 x 15
000 x 24/=4 500 000 octets.
Pour obtenir un tirage 20x30 cm à 300
dpi, il faut que l'image initiale comporte 2362 x 3543 pixels, le
fichier résultant faisant 24 Mo. Si l'on passe au format 24x36 cm, le
fichier pèse 36 Mo et il fera plus de 53 Mo pour une impresssion en
30x45 cm.
Des fichiers de ce poids ne sont pratiquement pas
transmissibles par internet et ne pourront être transférés d'un
ordinateur à un autre qu'en utilisant des moyens de stockage de grande
capacité (par exemple, CD Rom, cartes Compact Flash, cartouches Zip).
Ils seront également longs à ouvrir, à visualiser et à "traiter" si
l'on ne dispose pas d'un ordinateur doté d'une bonne carte graphique et
d'au moins 128 Mo de mémoire vive (RAM); un disque dur rapide et de
grande capacité apportera un confort supplémentaire.
En revanche, la
performance et la "vitesse" du processeur ne jouent pas un grand rôle,
sauf si l'on utilise des filtres générant des effets complexes comme on
en trouve dans les logiciels de traitement de l'image (Photoshop,
Paintshop Pro, par exemple).
Enfin, il est évident que le temps de
traitement de l'image par l'imprimante s'allonge considérablement en
fonction du poids du fichier.
La place que prend l'image
sur l'écran
dépend de la résolution du moniteur. Par exemple, une image de 750x550
pixels affichée à 100% occupera la quasi totalité de l'écran si la
résolution du moniteur est de 800x600 pixels; elle occupera une place
beaucoup plus petite pour un affichage de 1024 x 768 tandis qu'elle
n'apparaîtra pas dans sa totalité avec une résolution de 640 x 480. Les
cartes graphiques et les moniteurs des ordinateurs ne peuvent afficher
qu'un nombre maximum de pixels en largeur et en hauteur en fonction du
nombre de couleurs (ou de nuances de gris) désirées. Les résolutions
les plus courantes sont : 800 x 600 – 1024 x 768 – 1280 x 1024 pixels.
Il faut cependant savoir qu'à l'heure actuelle la majorité des
"internautes" utilise la résolution de 1024 x 768 pour accéder à
internet; aussi les images destinées à être affichées sur des sites web
devront-elles avoir des dimensions de l'ordre de 900 x 650 pixels (il
faut en effet tenir compte des éléments "fixes" des navigateurs qui
prennent de la place) si l'on veut que l'utilisateur puisse les voir
dans leur totalité sans défilement.
Petite règle mnémotechnique
: divisez par 100 les dimensions en pixels du fichier natif et vous
obtenez les dimensions en cm de l'image imprimée sans perte de qualité;
exemple : 2000x3000 = 20x30 cm.
La bonne résolutionIl
n'existe pas de résolution optimale de l'image dans l'absolu : tout
dépend de l'usage final. Il ne sert à rien en effet de disposer d'une
image de grande taille en qualité d'impression si celle-ci n'est
destinée qu'à figurer sur un site web, d'autant plus que le poids des
fichiers est une contrainte non négligeable.
On considère qu'une
résolution d'impression de 300 dpi est une valeur optimale, mais il est
normalement possible d'obtenir d'excellentes images sur une imprimante
jet d'encre personnelle avec une résolution de 240 dpi. Toutefois,
seuls des essais comparatifs successifs vous permettront de déterminer
quelle est la résolution idéale pour votre matériel. Idéalement, il
faudrait que l'image imprimée ait la même taille que l'image d'origine,
sans "gonflement" artificiel par extrapolation.
Une photo de 2240 x
1493 pixels permettra d'avoir un tirage 19x12,6 à 300 dpi, 22x14,5 à
260 dpi et 22,7x15 cm à 250 dpi; dans les trois cas, le poids du
fichier sera de 9,5 Mo.
Pour approcher les dimensions de tirages
argentiques, il faudrait que l'image fasse 2700x1800 pixels afin
d'obtenir des tirages de 22,8x15,2 à 300 dpi, 26,4x17,6 à 260 dpi et
27,4x18,3 à 250 dpi, le fichier pesant alors 14 Mo.
Formats d'enregistrement et compressionLes
logiciels de traitement de l'image, mais aussi les scanners et quelques
rares appareils de prise de vues, permettent de choisir entre
différents formats d'enregistrement dont les principaux sont les
suivants :
TIFF (.tif) : format très répandu; autorise la compression LZW non destructive
JPEG
(.jpg) : format également très répandu, notamment pour les images
destinées à être affichées sur l'internet; permet des taux de
compression très élevés mais avec détérioration.
BMP (.bmp) : format graphique "natif" de Windows; pas de compression.
GIF
(.gif) : format très utilisé sur l'internet mais ne supporte que 256
couleurs; convient donc mieux aux dessins et éléments graphiques qu'aux
photographies; compression non destructive.
PSD (.psd) : format
natif de Photoshop qui permet de conserver notamment les calques,
couches, grilles, repères et autres informations précieuses pour le
travail avec ce logiciel; pas de compression.
Il faut signaler aussi
les formats RAW, en général différents selon le fabricant de
l'appareil. Toutes les données de prises de vue sont enregistrées
"brutes", ce qui permet une qualité optimale mais nécessite un
"développement" préalable des photos.
Pour afficher des photos
sur internet, vous devrez les enregistrer au format JPEG (ou au format
GIF si elles contiennent moins de 256 couleurs). En revanche, pour
l'archivage et l'impression, je vous conseille vivement le format TIFF
(ou PSD si vous utilisez Photoshop et que vos images contiennent des
calques et autres éléments que vous voulez retrouver ultérieurement,
mais attention au poids des fichiers !).
Pour résoudre le problème
du poids des fichiers, les logiciels de traitement de l'image disposent
de fonctions de compression, certaines méthodes permettant d'atteindre
des taux extrêmement élevés. C'est en particulier le cas du format JPEG
qui peut réduire la taille du fichier jusqu'à un facteur de 50 environ.
Sachant que l'image sera dégradée plus ou moins fortement suivant le
taux de compression choisi, et qu'il n'y a pas de "marche arrière"
possible pour retrouver l'image de départ une fois la compression
effectuée, vous devrez choisir le meilleur (c'est-à-dire le moins
mauvais) compromis entre la qualité et le poids du fichier.
Enfin,
il est important de ne pas enregistrer plusieurs fois de suite une même
image dans le format JPEG : les effets cumulés des compressions
successives sont particulièrement dévastateurs !
Si vous
utilisez un appareil numérique de prise de vues, il y a de fortes
chances pour qu'il enregistre les images directement au format JPEG.
Dans ce cas, dès que les images auront été transférées sur votre
ordinateur, ouvrez-les et enregistrez-les en TIFF avant toute autre
intervention; ainsi, vous pourrez faire des retouches, recadrages et
autres manipulations par la suite sans courir le risque de dégrader
votre image par des compressions successives. Ce n'est qu'une fois
votre travail complètement achevé que vous pourrez sauver l'image au
format JPEG si celle-ci est destinée à une publication sur internet
(mais conservez quand même le fichier ".tif", on ne sait jamais !).
A la prise de vueOn
l'aura compris, sauf si l'on ne destine ses photos qu'à la
visualisation, il est impératif de prendre les photos en haute
définition. L'inconvénient est le poids des photos (une carte de
512 K contient grosso modo 140 photos HQ en 5 MPixels. Il faut donc trouver un compromis entre qualité et nombre de photos.
Il
existe une solution : disposer d'un disque dur portable.
Personnellement, j'ai un Compact Drive PD70X avec disque dur de 2,5
pouces d'une capacité de 37 GB. Il me permet de vider chaque soir (ou
même en cours de randonnée, car il fonctionne sur piles) tous types de
carte mémoire (xD, MS, MMC, SD, Compact Flash). Mais le prix des cartes
a tellement baissé qu'on peut aussi tout simplement s'équiper de
plusieurs cartes...
Au retour de voyageAprès
avoir transféré les photos sur le disque dur du PC se pose le problème
de leur gestion : il faut renommer les fichiers, les classer, les
sélectionner, éventuellement les retraiter et les sauvegarder.
Voici comment je procède :
1.
Elimination des photos ratées ou inutiles au moyen d'une visionneuse
genre iView, ACDSee ou PhotoShop Album...ou simplement l'explorateur
Windows.
2. Choix des noms de fichiers
L'APN
donne des noms par défaut assez ésotériques, du style "DSCF0256.jpg" ou
"P51242486.jpg". Il est mieux de les renommer. Plusieurs logiciels
gratuits font cela très bien.
Je donne d'abord un code correspondant
au projet ("CSC" pour "photos de Corse"), suivi de la date de prise de
vue (au format anglo saxon aaaammjj car cela permet un tri
chronologique).
Ensuite un tiret et un numéro d'ordre.
Enfin en quelques lettres une descrition sommaire de la photo.
Cela donne finalement quelque chose du genre :
CSC 20050604-0024 Calvi Poudrière.
N.B. : A ce stade, aucune photo n'a été retouchée.
3.
Sauvegarde (en format d'origine, généralement jpg) sur deux
emplacements distincts : disque dur externe et gravure sur CD ou DVD.
4. Optimisation des photos.
Préalablement
la photo est sauvegardée au format Tiff, retraitée dans PhotoShop puis
à la fin seulement sauvegardée en Jpeg, afin d'éviter toute dégradation.
IMPORTANTPour
imprimer des photos, la résolution doit être élevée (300 dpi est un bon
compromis). Les images sortant des APN est la plupart du temps de très
grandes dimensions avec une résolution de 72 dpi. Il faut donc
redimensionner la photo. Il faut absolument dans Photoshop décocher la
case "réenchantillonnage", ce qui conserve les dimensions en pixels de
la photo, sous peine de dégradation de la qualité.
A
titre d'exemple, à partir d'un original de 3008 x 2000 pixels en
72 dpi (dimensions : 106x71cm, poids 17,2 Mo), on peut obtenir :
-
soit en cochant "rééchantillonnage", une image en 300 dpi, de même
dimensions en cm. Elle fera alors... 12 534x8334 pixels, et pèsera près
de 300 Mo !
- soit, en décochant "rééchantillonage", une image
toujours de 3008x2000 pixels, mais cette fois en 300 dpi, et de 25x17
cm et toujours de 17,2 Mo.
Le classement et l'archivageJ'utilise pour chaque voyage trois répertoires :
- "Originaux" : les originaux renommés mais sans aucune retouche ;
- "Originaux tiff" : les originaux sauvegardés en tiff (ou à défaut en jpg qualité maximale);
- "Optimisées" : les photos optimisées en jpg qualité maximale.
Le
répertoire « originaux tiff » n’a pas vocation à perdurer : il sert
simplement de sécurité pendant les traitements. On peut ainsi disposer
d’originaux non compressés à partir desquels on peut retravailler sans
toucher aux originaux.
Les photos optimisées en jpg sont
sauvegardées au format d’impression courant (en 300 dpi). Il est
possible de les copier au format web (96 dpi en 440 pixels de hauteur
pour affichage dans la galerie)
En cas de besoin, on revient à
l’original. Le principe est de ne pas sauvegarder plusieurs fois
successives en jpg, car à chaque fois on compresse les données, au prix
de la qualité.
Page largement inspirée de la Revue Chasseur d'Images et du tutoriel de Gérard Desroches sur son site
http://www.gdesroches.com/formation/