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Sidi Larbi Cherkaoui

Dernière mise à jour : 08/05/2012


D'origine marocaine par son père et flamande par sa mère, Sidi Larbi Cherkaoui débute la danse tardivement (à l'âge de 16 ans) et participe à des concours d'imitation d'artiste et de danse dans des émissions télévisées. Il décide alors de suivre une formation de danse contemporaine professionnelle et entre dans la célèbre école des Performing Arts Research and Training Studios fondée par la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeke. Il travaille parallèlement avec des compagnies de hip-hop (Bang Gang) et de modern jazz (Extravadance) et se rend à New York pour suivre des cours au Broadway Dance Center. Son style reste marqué par cette époque, notamment en raison ses capacités peu ordinaires de souplesse voire de réel contorsionniste.
En 1995, il remporte le concours du meilleur solo de danse organisé par Alain Platel, directeur artistique des Ballets contemporains de la Belgique, ce qui lui ouvre bien des portes : Alain Platel l'invite à participer en 1997 à la création de son spectacle 'Iets op Bach'.
Membre des Ballets Contemporains de la Belgique, Cherkaoui y participe depuis lors en tant que chorégraphe et danseur. Il crée en 2000 sa première chorégraphie, 'Rien de rien' et gagne Special Prize au BITEF Festival à Belgrade en 2001. Avec Nienke Reehorst, il dirige un atelier avec des acteurs handicapés mentaux et crée avec eux un spectacle 'Ook'.
A partir de là, les créations s'enchaînent, les plus grands théâtres lui commandent des chorégraphies comme 'Loin' (2005) pour le Ballet du Grand Théâtre de Genève.

Chorégraphe de renom, Sidi Larbi Cherkaoui signe également ses propres créations qui tournent dans toute l'Europe telles que 'Foi' en 2003 et plus récemment, 'Myth' ou 'Origine'.

Par son ouverture à toutes les formes d'art scénique, le répertoire de Cherkaoui est fortement personnel, théâtral et éclectique, avec par exemple l'utilisation fréquente du plain-chant avec son complice Damien Jalet qu'il a rencontré lors de Rien de rien. Les créations de Cherkaoui sont presque toujours en relation avec l'exploration de l'identité qu'elle soit culturelle, religieuse, ethnique, ou sexuelle. De même, pour certaines chorégraphies, dont Ook, il travaille avec des danseurs et des comédiens handicapés psychiques et mentaux issus du Theater Stap. Une autre constante de Cherkaoui est l'humour, utilisé dans les mots, les gestes, et la musique.

En 2005, Sidi Larbi Cherkaoui crée et danse un duo important avec Akram Khan, Zero Degree, qui rencontrera un succès mondial pour les deux chorégraphes montants des années 2000. Il s'autonomise alors en 2006 des Ballets C de la B en s'installant en résidence à la Toneelhuis d'Anvers. En 2007, il travaille avec le plasticien Gilles Delmas sur une installation intitulée La Zon-Mai et créée pour la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, qui consiste en une maison de toile sur les faces de laquelle est projetée en boucle une mosaïque de performances chorégraphiques de vingt-un danseurs filmées dans leurs propres maisons. L'esprit de ce travail est repris en partie l'année suivante dans le spectacle Origine de 2008 mettant en scène les thèmes de l'immigration et du départ, des gestes du quotidien et du chez-soi. Également en 2007, il part dans le sud de la Chine travailler avec des moines d'un monastère Shaolin pour l'écriture de son spectacle Sutra qu'il crée en collaboration avec le sculpteur Antony Gormley.

L'année 2010, marque une importante transition dans la carrière de Sidi Larbi Cherkaoui avec la fondation en janvier de sa nouvelle compagnie intitulée Eastman qui est en résidence à la Toneelhuis d'Anvers. Babel (Words) créé en collaboration avec Damien Jalet, remporte un vif succès ; un triptyque informel initié en 2003 avec Foi et continué en 2007 avec Myth sur « la quête du salut » et le lien entre l'homme et Dieu.

Chorégraphies :

1999 : Anonymous Society
2000 : Rien de rien
2002 : It de Wim Vandekeybus en collaboration avec Ultima Vez.
2002 : Ook pour le Theater STAP en collaboration avec Nienke Reehorst.
2002 : D'avant en collaboration avec Damien Jalet, Luc Dunberry...
2003 : Foi
2004 : Tempus fugit
2004 : In memoriam pour les Ballets de Monte-Carlo avec A Filetta
2005 : Loin pour le ballet du Grand Théâtre de Genève
2005 : Zero Degrees crée et dansé avec Akram Khan
2005 : Je t'aime tu sais en collaboration avec Damien Jalet
2006 : Corpus Bach en collaboration avec Nicolas Vladyslav
2006 : Mea Culpa pour les Ballets de Monte-Carlo
2006 : End pour le Ballet Cullberg
2007 : L'Homme de bois pour le Ballet royal danois
2007 : Myth avec l'Ensemble Micrologus
2007 : Apocrifu pour La Monnaie avec A Filetta
2008 : Origine avec l'Ensemble Sarband
2008 : Sutra en collaboration avec Antony Gormley
2009 : Dunas en collaboration avec María Pagés
2009 : Orbo novo pour le Cedar Lake Contemporary Ballet de New York
2010 : BABEL (words) en collaboration avec Damien Jalet et Antony Gormley
2011 : Play (sur une idée de Pina Bausch), avec Shantala Shivalingappa
2012 : TeKuZa
           PuZ/Zle avec A Filetta et Fadia El-Hage





Sidi Larbi Cherkaoui, chorégraphe forte tête

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Photo Shinji Hos

Programmé à Paris, à Montpellier et à Avignon, le Belge est devenu une des stars des scènes mondiales malgré certaines critiques récurrentes.

Où sera-t-il demain ? Personne ne le sait. Et lui non plus. En quelques années, ce jeune talent, révélé au sein des Ballets C de la B avec Alain Platel, est devenu le petit prince de la danse actuelle. Son parcours est un presque-sans-faute. Même si on devine que Sidi Larbi Cherkaoui a dû galérer avant d’en arriver là. Enfant de la mixité, une mère flamande et un père marocain, il affiche aujourd’hui sans complexe le fait d’être végétarien, bouddhiste et homosexuel. Petit, il s’essayait à dessiner les chefs-d’oeuvre de la peinture flamande età apprendre les pas de Michael Jackson ! Remarqué dans des émissions de télé en figurant danseur, il passe ensuite par Parts, l’école pluridisciplinaire d’Anne Teresa De Keersmaeker, à Bruxelles. Puis remporte un concours de solo. « Rien de rien », son premier opus, le consacre : une danse brute de décoffrage où le réel se frotte à l’imagination. Et des danseurs qui semblent venus de nulle part !

Sidi Larbi Cherkaoui y distribue même son ancienne prof de danse ! On retrouve depuis ce goût de l’autre en scène : un chanteur dialogue avec un artiste du cirque, un vidéaste avec un des interprètes de hiphop. Dans sa trilogie, « Foi », « Myth » et « Tempus fugit », il brasse religion, dialogue et amour. Avec, parfois, un excès de naïveté qui lui vaut d’être moqué par certains. A tort ? Cherkaoui est tout entier, généreux. Et forte tête. Déçu de l’accueil d’une de ses chorégraphies au théâtre de la Ville à Paris, il change de crémerie et donne maintenant ses spectacles à la Villette. Pour son dernier passage, il a attiré 20 000 spectateurs à la Grande Halle ! Il y revient, ce printemps, pour un hommage au dieu du manga,Osamu Tezuka. Ce dessinateur, star au Japon, qui inventa le personnage d’Astro Boy, a également mis en bulles la vie de Bouddha. Sidi Larbi Cherkaoui emporta ce manga « sacré » dans ses bagages en allant préparer « Sutra », ballet avec des moines de Shaolin. Le résultat : « TeZukA », avec neuf danseurs, trois musiciens, deux experts en arts martiaux et un calligraphe. « Souvent, les gens me disent : “Tu es un enfant de Pina Bausch. Et je réponds : “Oui, mais je suis aussi un enfant de Tezuka… Il permettait tout dans son univers.” » Au Festival d’Avignon, il dévoilera une nouvelle pièce, « Puz/zle » : en scène, les polyphonies de A Filetta et la chanteuse libanaise Fadia El-Hage, aux côtés de sa troupe. Lorsqu’on lui demande pourquoi il danse, il répond : « Pour honorer mes ancêtres. Pour rassembler des gens, pour se rencontrer grâce à la scène. Pour mieux comprendre la vie quotidienne. Pour exprimer les choses qu’on ne sait dire.»

Très demandé par les grandes compagnies, Sidi Larbi Cherkaoui a déjà oeuvré, avec succès, pour le ballet du Grand Théâtre de Genève ou les Ballets de Monte-Carlo. Pour les Américains du Cedar Lake Contemporary Ballet, il a créé « Orbo Novo ». Le ballet de l’Opéra de Paris lui a demandé de revisiter la saison prochaine le « Boléro » de Ravel avec l’artiste Marina Abramovic et Damien Jalet, son fidèle complice. Le plus zen des chorégraphes se fera-t-il aux ors du palais Garnier ? A moins qu’il ne trouve l’inspiration sur les toits de l’Opéra où ruches et abeilles sont à leur aise. Une autre façon de prendre de la hauteur.

culture-match | vendredi 4 mai 2012

Cherkaoui, une saison en France

tezuka
Crédits photo : Hugo Glendinning

Avec Tezuka à La Villette, le chorégraphe débute une série de créations qui passe par Avignon, le Louvre et l'Opéra de Paris.

Osamu Tezuka est le père du manga et l'inventeur d'Astro Boy, de Princesse Saphir et du roi Léo. Sidi Larbi Cherkaoui l'a rencontré dans l'enfance: «C'est un de mes parents artistiques. Je suis de la génération Dorothée. Il y avait beaucoup de dessins animés japonais dans la programmation télé», dit-il. «Tezuka est le Walt Disney du Japon mais avec un monde beaucoup moins limité: soldat, il est devenu médecin après la guerre et puis s'est mis à dessiner des histoires. C'est un homme qui répond aux difficultés que la vie lui soumet en créant des liens avec différents univers. Même si son monde est violent, il travaille dans le respect de l'être humain et œuvre à sa réconciliation.»

Touché par le personnage, Larbi est allé au Japon à la rencontre de ses enfants, de sa maison de production. Il a voulu le faire connaître en lui dédiant un spectacle qui traduit son énergie et son audace mais lié à l'encre, au papier, au noir et blanc, aux cadres rectangulaires des mangas. «Parfois les mouvements sont très carrés, les personnages peuvent aussi s'incarner dans une gestuelle fluide comme s'ils étaient l'encre connectée au pinceau qui dessine sur le papier», dit-il. Damien Jalet, en narrateur, dit la vie de Tezuka avant d'entrer lui-même dans la danse. Neuf danseurs, trois musiciens qui interprètent une composition pop de Nitin Shawney, deux experts en arts martiaux et un calligraphe se partagent la scène. «Le début de la pièce est lumineux, la fin dramatique. Nous travaillions à Tokyo avec la troupe, composée à moitié de Japonais au moment du tsunami. La troupe a volé en éclats: les danseurs européens ont été embarqués dans une arche de Noé à destination de terres plus sûres, tandis que les Japonais restaient sur place, exposés à un danger tel que les autres devaient fuir. C'était un déchirement, une rencontre avec le destin, comme dans les tragédies.» Un seul vœu? «Qu'après avoir vu Tezuka, le public achète Bouddha ou MW», dit Cherkaoui.

Une pléiade de projets

Cet été, dans la carrière Boulbon, Larbi créera sa troisième pièce pour Avignon. Elle sera inspirée par la pierre, ce qui est organique et ce qui ne l'est pas, et par tout ce qui a trait à la reproduction des différentes formes de vie: sexualité, clonage, ADN. À l'automne, Cherkaoui sera au Louvre pour l'ouverture du département des Arts de l'islam, avant de créer un Boléro avec Marina Abramovicz et Damien Jalet pour le ballet de l'Opéra de Paris: une dizaine de danseurs, une recherche sur l'envol (Boléro c'est faire voler le partenaire, ) et sur les sources: Béjart et Ida Rubinstein.

Sidi Larbi Cherkaoui:
Tezuka, La Grande Halle de La Villette, Parc de La Villette, Porte de Pantin (XIXe).
Tél.: 01 40 03 75 75.
Du 9 au 19 mai, mar., mer., ven. et sam. à 20 h 30, jeu. à 19 h 30.
Pas de représentation le jeu. 17 mai.
Places: de 20 à 26 €.
Par Ariane Bavelier (Le Figaro)

 

Message International du 30è anniversaire de la Journée Internationale de la Danse 2012

"Célébrer l'infinie chorégraphie de la vie

A travers le temps, à travers les âges, c'est surtout l'art qui perdure. L'art semble être tout ce que l'humanité laisse à ses héritiers - que ce soit au travers des bâtiments, des livres, des peintures ou de la musique. Ou du mouvement, ou de la danse. En ce sens, je considère la danse comme la leçon d'histoire la plus actuelle et la plus moderne, en relation constante avec son passé le plus récent tout en ne pouvant se dérouler qu'au présent.

La danse aussi, d'une certaine manière, n’aborde pas les frontières de la même façon que beaucoup d’autres formes artistiques. Même quand certains styles essaient de se limiter ou de travailler dans un cadre ; le mouvement de la vie, sa chorégraphie et son besoin de changement perpétuel : cela prend le dessus très vite, permettant aux styles de se mélanger.  Tout s'engage avec tout, naturellement, et la danse s'établit seulement dans l'espace auquel elle appartient- ce présent en perpétuel changement.

Je crois que la danse est l'une des formes d'expression les plus honnêtes, que nous devons chérir : car lorsque les gens dansent, que ce soit dans un ballet, une battle hip hop, un spectacle expérimental de danse contemporaine ou simplement dans une discothèque, ils se lâchent, et rarement alors les mensonges peuvent se déployer, les masques se porter. Les gens se reflètent les uns les autres constamment mais quand ils dansent, ce qu'ils reflètent sans doute le plus est ce moment d'honnêteté.

En bougeant comme les autres, en bougeant avec les autres et en les regardant, nous pouvons mieux ressentir leurs émotions, lire leurs pensées et nous connecter à leur énergie. C'est peut être l'instant où nous pouvons clairement les connaître et les comprendre.

J'aime à imaginer une performance de danse comme une célébration de la coexistence, une manière de donner et de faire de l'espace et du temps pour l’autre. Nous avons tendance à oublier cela, mais l'implicite beauté d’une performance réside avant tout dans la convergence d'une foule, de personnes assises les unes à côté des autres, partageant le même moment. Il n'y a rien de privé dans cela; une performance est une expérience extrêmement sociale. Chacun d'entre nous rassemblés pour ce rituel, qui est notre lien avec la performance, notre lien avec ce même présent.

Et donc, en 2012, je souhaite à tout le monde beaucoup de danse. Non pas pour oublier les problèmes de 2011, mais au contraire, pour les combattre de manière créative, pour danser autour d'eux, pour trouver un moyen d'engager chacun d'entre nous et le monde, de nous engager avec la vie comme une part de cette chorégraphie infinie. Danser pour trouver l'honnêteté, la transmettre, la refléter et la célébrer."

Sidi Larbi Cherkaoui

Traduction : Thomas Muzart et Zoé Simard, France.

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Quelques extraits vidéo de chorégraphies de Sidi Larbi Chekaoui :

Myth :

In Memoriam :

Zero degrees

 

Apocrifu

 

Babel (words)













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