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I Muvrini

Dernière mise à jour : 27/01/2017

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Certainement le plus célèbre des groupes corses, I Muvrini est créé par les frères Alain et Jean-François Bernardini à la fin des années 1970. Ils furent initiés jeunes à la musique corse traditionnelle par leur père, Ghjuliu, qui était un poète et chanteur corse assez connu. Commençant par chanter des chansons dans un style traditionnel corse (guitare et voix, polyphonies), le groupe s'ouvrit progressivement vers les musiques du monde et la variété. Il a notamment enrichi son orchestration avec des instruments tels que la vielle à roue ou la cornemuse qui ont longtemps été utilisés par le groupe de ses débuts, jusqu'à la fin des années 90.

De nombreux excellents sites leur sont consacrés, notamment :
www.muvrini.com/
www.terracorsa.info/
curagiu.com/muvrini.php
Voir aussi en allemand :
www.muvrini.info.

Discographie :

1979 - Ti Ringrazianu
1980 - Anu da vultà
1984 - È campa quì
1984 - Lacrime
1985 - I Muvrini 85
1986 - À l'encre rouge
1988 - Pè l'amore di tè
1989 - Quorum
1990 - ... In core (live au théâtre de Bastia)
1991 - À voce rivolta
1993 - Noi
1994 - Zenith 93
1995 - Curagiu
1996 - Bercy 96
1997 - I Muvrini (1 inédit + 3 nouvelles versions)
1997 - Terra corsa (3 cd)
1998 - Leia
2000 - A strada (Best of)
2000 - Pulifunie (paru initialement comme le 2e CD de la version double album de "A Strada"
2002 - Jalàlàbàd + inédits giru 2002 (maxi CD 4 titres)
2002 - Umani
2003 - Umani disc 2
2003 - Terra (Long Box, compilation, 3 disques)
2005 - Alma
2006 - Alma le live à Bruxelles de décembre 2005 (cd et dvd)
2007 - I Muvrini et les 500 choristes
2010 - Gioia
2011 - Live à l'Olympia
2011 - A tè corsica
2012 - Imaginà
2015 - Invicta

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En langue corse, i muvrini signifie « les petits mouflons ». Animaux souples et sauvages qui arpentent les reliefs de leur île sans que jamais, on ne puisse les capturer. Depuis plus de vingt ans, les Muvrini ressemblent à ceux dont ils portent le nom. Partout, ils promènent avec la même agilité la beauté escarpée des chants corses, sans se laisser enfermer dans les clichés du folklore. Leur musique est vivante, mouvante. Leur musique est vivante, mouvante. « I Muvrini » renouvellent la tradition en y glissant des instruments électriques et en multipliant les rencontres inattendues, bien au-delà des rives de leur île dans une volonté délibérée d’ouverture. Choix artistique et choix de vie, ils défendent la diversité en la faisant grandir.

Nul ne s'étonne plus de les avoir vu chanter avec Véronique Sanson (1994), Sting (1998), MC Solaar (2002) ou des chœurs zoulous (2005). Nul ne devrait s'étonner de les retrouver aujourd'hui mêlant leurs voix à celle de Tina Arena, d'Anggun ou de 500 choristes. Les Muvrini, qui n'ont plus rien à prouver, sortent un album iconoclaste qui interpelle par ses audaces et apaise par ses douceurs mélodiques et vocales.
Sur la douzaine de titres retenus (il aurait pu y en avoir le double), se glissent huit inédits et quelques reprises ; titres classiques du patrimoine corse, titres issus de leur propre répertoire ou empruntés au reste du monde, comme l'Amsterdam de Brel ou les Streets of Philadelphia de Springsteen, qui prennent ici d'envoûtants accents corses.

Tant pis si les gardiens du temple polyphonique grincent des dents ; depuis longtemps, le public a reconnu les siens. Le 8 mars prochain, les Muvrini rempliront une fois de plus l'espace immense de Bercy, entourés de leurs 500 choristes et se moquant comme toujours des modes ou des codes. Fidèles à l'envie de découverte et de partage qui est la leur depuis le début.

Le début, justement, revenons y.

L'histoire du groupe prend corps au début des années 70, dans un petit village de Haute-Corse, Taglio Isolaccio, tout près des grandes forêts de châtaigniers. Ghjuliu Bernardini – Jules –, le père, est poète et chanteur, dépositaire d'une tradition ancestrale mise à mal par les mutations du temps. Les chants ne rythment plus la vie des hommes et des villages.
Dans cette France pompidolienne qui célèbre l'urbanité et la modernité, les polyphonies ne résonnent plus guère que dans quelques rares îlots de résistance. A Taglio Isolaccio par exemple. Par la voix de Jules Bernardini. A ses fils Alain et Jean-François, l'homme va alors transmettre la tradition comme un bien précieux à défendre et à faire fructifier.

A quel âge les deux frères ont-ils commencé à chanter ? Leurs souvenirs les ramènent au plus creux de l'enfance, à l'heure où d'ordinaire les gamins comptent leurs billes. Eux, chantaient à l'église ou sur la place du village, sous le regard bienveillant des anciens. Ils chantaient comme on joue. Le chant s'est glissé en eux sans même qu'ils s'en rendent compte, sous la forme d'une évidence, en dehors de toute revendication.
Cinq ou six ans plus tard, changement d'époque. Alors que les Bernardini abordent l'âge adulte, la Corse entre de plain-pied dans l'effervescence du réveil identitaire. Un peu partout – et plus seulement à Taglio –, la jeunesse redécouvre son patrimoine musical : c'est la renaissance de la culture corse, le Riacquistu, qui fait alors souvent marcher de pair le chant et le militantisme politique. Une formation emblématique voit le jour, Canta u Populu Corsu (littéralement : « le peuple corse chante »). Jean-François et Alain participent brièvement à l'aventure. Puis montent leur propre groupe.

1979 : premier album d'I Muvrini. Premiers concerts dans les villages de Corse, dans des conditions parfois difficiles. Les mouflons se débrouillent, ne facturent pas toujours leurs spectacles, refusent de faire payer les enfants (c'est toujours le cas !). Dans un climat politique de plus en plus tendu, où le seul fait de chanter corse est vite interprété comme un acte de subversion, les Muvrini affrontent parfois une franche hostilité. En 1984, l'un de leurs concerts sur l'île est interdit : les CRS bloquent la route du village mais le public vient quand même, à pied.
Sont-ils de ceux qui prônent le repli identitaire ? Jamais. Dès ces premières années, ils invitent le Guinéen Mory Kanté, le Catalan Lluis Llach ou le Malgache Régis Gizavo à partager la scène avec eux. Déjà.
Aujourd'hui, les voilà donc entourés d'une chorale géante Toujours dans le même souci d'ouverture. Les 500 choristes de nos mouflons sont-ils les mêmes que ceux de la télévision? Oui... Si ce n'est qu'ici, il ne s'agit pas d'un prime time vite plié vite oublié, mais d'une vraie rencontre artistique qui va se prolonger.
Pour la première fois, des artistes professionnels, les Muvrini, se sont déplacés en Lorraine dans le fief des choristes, pour se présenter à eux, répéter à leurs côtés et bien sûr enregistrer. De ces centaines de chanteurs passionnés venus parfois de fort loin, Jean-François Bernardini garde le souvenir lumineux d'une incroyable ferveur. Ils seront tous ensemble, sur scène, pour le lancement de la tournée le 4 mars prochain à Nancy. Puis à Paris, au POPB, quatre jours plus tard. Ils seront aussi là, sur les dates de la tournée, sans doute pas toujours au grand complet mais chaque fois, les plus nombreux possible.
Entre les deux frères de Taglio et les 500 amateurs, témoins d'une lame de fond qui traverse en France (on recense aujourd'hui près de 6 millions de choristes dans tout le pays !), une histoire singulière s'est nouée, loin des lois du marketing.

Histoires singulières aussi que celles des duos de l'album.

Sarah Brightman, d'abord.

La soprano anglaise, star incontestée chez elle, adore les croisements artistiques. Bon point commun avec nos Corses. Et c'est elle qui les sollicita. Dans leur pas de deux désormais gravé sur CD, les envolées du lyrisme rencontrent le chant de la terre. Les frères Bernardini n'ont jamais oublié que Gjuliu, leur père, adorait chanter des airs d'opéra...

Anggun, ensuite.

L'Indonésienne au timbre suave rencontre les Bernardini en 2005 sur la tournée Night of the Proms. Elle qui les pensait plutôt traditionnels s'étonne chaque soir de les découvrir si ancrés dans leur temps. L'envie d'un duo s'impose naturellement. Ce seront les très touchantes Streets of Philadelphia, chantées ici en anglais et en corse. Le son folk-pop se fond aux polyphonies comme s'il en avait toujours été ainsi.

Tina Arena, enfin.

L'Australienne à la voix vertigineuse donne au disque l'une de ses contributions les plus marquantes, sans doute même la plus emblématique. Elle aussi, croise les Muvrini sur l'aventure Night of the Proms et craque illico sur leur musique... « J'aimerais chanter avec vous », glisse-t-elle plusieurs fois. Résultat au-delà des espérances : Tina Arena est venue l'été dernier à Taglio Isolaccio pour enregistrer avec les frères Bernardini dans le studio tout neuf qu'ils ont bâti à la sortie du village... Et pas question pour elle de demander une adaptation anglaise : c'est bien en langue corse qu'elle a tenu à chanter !

Jean-François Bernardini en sourit encore, émerveillé de ces si belles rencontres qui ne cessent de jalonner son parcours d'homme et d'artiste. En vingt ans d'un chemin pas forcément simple à tracer, mais toujours résolu, les Muvrini de Taglio ont gagné la liberté des mouflons des montagnes. Ils affirment aujourd'hui une identité forte, fière de ses racines et de ses spécificités, mais qui toujours s'enrichit de celle de autres. Avec les choristes, comme avec leurs partenaires de duos passés ou à venir, ils créent ce qui nous manque tellement en ces temps de repli : des liens d'humanité

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Jean-François Bernardini : "Je crois plus à la conviction qu'à la subvention"

Source : Corse Matin du samedi 13 mars

« La fondation a déjà effectué un travail de rénovation de la châtaigneraie à Pianello et va maintenant se pencher sur un projet d'amélioration de la brebis corse avec les producteurs fermiers. »

Comment trouvez-vous encore l'énergie après trente ans de carrière ?

C'est la passion. On pourrait tomber dans la facilité mais nous avons une esthétique nouvelle, d'autres titres. Le public et la scène se méritent, il n'y a pas de hasard. L'art et la chanson, c'est d'abord du travail. Ce n'est pas suffisant d'avoir une belle voix. Et puis il faut savoir payer le prix : j'étais enseignant, j'ai tout lâché. Il faut payer le prix du nomadisme, assumer de partir avec vingt personnes sur les routes.

La reconnaissance par l'Unesco des paghjelle ?

C'est à double tranchant. Il y a une reconnaissance publique. Mais elle montre que le biotope qui génère cette musique est mal en point, c'est pour ça qu'il y aura des subsides. Mais je préfère toujours voir un dauphin sauter dans la mer plutôt que de le regarder empaillé ! Sommes-nous seulement conscients d'être à 80 % analphabètes en langue corse. Nous avons choisi d'écrire et de chanter dans une langue avec une surface sociale minuscule et on pourrait s'interroger : « Qui va m'écouter ? » Mais non. Notre politique, c'est de porter cette langue de partout.

La langue n'est-elle pas assez soutenue ?

On fabrique des fonctionnaires de la langue corse, on se félicite qu'il y ait toujours plus d'enfants qui se le voient enseigner. Mais après ? Il ne faut pas toujours tout attendre des institutions. Notre groupe fonctionne sans subvention publique et je crois d'ailleurs plus à la conviction qu'à la subvention !

Comment appréhendez-vous les critiques qui vous jugent trop consensuels ?

C'est la caractéristique d'un pays malade et c'est un aveu de faiblesse. Nous ne voulons pas polémiquer. Je le dis : en Corse, la culture n'est pas prise au sérieux. C'est quoi le folklore ? C'est quand on vous lance : « Tu n'as rien à dire mais qu'est-ce que tu le dis bien... » Je suis tout aussi indigné de voir que l'on se vende pour des tournages de films ou de séries, sans souci de qualité, sans objectif tout simplement.

Comment avance votre fondation ?

Nous avons 400 000 e sur ce compte. Un projet de rénovation de la châtaigneraie ancestrale de Pianello a été mené. Nous allons également travailler avec des producteurs fermiers. Car nous croyons à cette terre. Je trouve fou qu'à la première grève de bateaux, on s'inquiète de ne plus voir de fruits et légumes dans les rayons. La richesse de demain, c'est la richesse alimentaire.

Et les élections territoriales ?

Je félicite ceux qui arrivent à s'y intéresser. Les idées d'aujourd'hui avec les comportements d'hier, ça ne peut pas marcher. On en gère que la dépendance chez nous...

Propos Recueillis Par Ch. L.

Lire aussi "I Muvrini affichent complet dans leur nouvelle tournée européenne"

Août 2010 :

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I Muvrini Live Olympia 2011
Double CD
Sortie le 18 juillet

TOUTE LA MAGIE D’I MUVRINI EN LIVE

Inclus : Elli a sanu, Quandu senterà, Un ti ne scurdà, Di, Inseme si pò + 3 titres inédits dont « Tu seras un homme mon fils »
en duo avec Grand Corps Malade

Grace à ce double album live, vous vivrez ou revivrez durant 2h15 les moments forts d’émotion, d’humanité et de générosité. Le tout enrobé d’humour !

Parmi les nombreux temps forts de la soirée, la prestation de Grand Corps Malade qui a interprété avec le groupe Una terra nova, extrait de l'album, et Tu seras un homme mon fils, le célèbre texte de Rudyard Kipling.

Acclamée aussi la prestation de la chorale Musicanta regroupant des collégiens de Bastia venus pour l’occasion…

Le dernier album d’I Muvrini, Gioa est certifié disque d’or. Et c’est fort de ce succès discographique qu’I Muvrini s'est produit le 1er février 2011 à l'Olympia.

A DECOUVRIR ET A COMMANDER DES AUJOURD'HUI SUR :
http://www.muvrini.com/nvboutiqueliveolympia.php

15/05/2012

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Mars 2015

« Invicta » en avant-première au lycée Nicoli

Lundi soir, le groupe I Muvrini a présenté au public son nouvel album « Invicta » au lycée Jean-Nicoli de Bastia. Cet événement, organisé par l’établissement, a permis de mettre en place un projet pédagogique pour les élèves. Ils se sont occupés de la logistique et de l’accueil du public avec brio. C’était également l’occasion pour les fans du groupe d’entendre en avant-première ce nouvel album, qui sortira le 30 mars 2015.

Entre chaque chanson présentée au public, la pré-écoute de l’album fut animée par les lycéens, certains posant des questions aux membres d’I Muvrini, d’autres lisant les paroles des chansons. « Nous sommes heureux de voir tous ces lycéens qui se sont investis dans l’organisation, pour ce rendez-vous qu’on voulait original. » a commenté l’artiste en introduction. Le lycée professionnel de Bastia a en effet profité de cet événement pour mettre en place un projet pédagogique pour les étudiants du service logistique, et ceux du service accueil. Comme l’a souligné la directrice de l’établissement Corinne Casimiri, le lieu pour la présentation d’Invicta ne fut pas un hasard. Jean-François Bernardini, à travers son association Umani, a en effet plusieurs fois donné des conférences sur le thème de la non-violence dans ce lycée, qu’il a lui-même fréquenté durant sa jeunesse. « Je me rappelle, on n’avait pas le droit d’avoir de guitare à l’internat. Le soir, je partais chez ma sœur pour jouer dix minutes de la guitare, c’est comme ça que j’ai appris la musique. »  

« Invicta », porteur de bonnes nouvelles

Invicta est la déclinaison féminine d’Invictus, poème qui a permis à Nelson Mandela de supporter, durant 27 ans de prison, l’injustice des hommes. « Je suis le maitre de mon destin, je suis le capitaine de mon âme », le leader d’I Muvrini a puisé son inspiration dans le fameux texte de William Ernest Henley pour enregistrer son nouvel album, riche de 15 titres inédits. « Ça a été trois années d’écriture, et plus de 150 jours en studio. » précisa t-il au public. On retrouve dans cet album les sonorités classiques qui caractérisent le groupe, avec des cornemuses, une basse puissante, des guitares acoustiques qui s’entremêlent et des chœurs féminins émouvants. Reconnaissable dès les premières notes, la musique d’I Muvrini tient encore toutes ses promesses. Mêlant le son des guitares corses à une atmosphère World-Music, force est de constater que le groupe souhaite faire plaisir à son fidèle public. Mettant en valeur des textes poétiques chantés ou parlés en langue Corse, le groupe insulaire connaît donc la recette magique pour enflammer les salles de concerts. Rappelons qu’I Muvrini se produiront à l’Olympia le 3 avril prochain.  
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L’île de Lampedusa, le conflit israélo-palestinien, l’emprisonnement de Nelson Mandela… autant de thèmes abordés par Jean François Bernardini avec les élèves durant ce rendez-vous. Des sujets lourds, tristes, où l’artiste a néanmoins essayé d’y puiser de l'espérance pour composer une note musicale d’espoir tout au long de l’album. C’est le cas du titre «O Isma », qui traite du conflit israélo-palestinien, mais qui raconte, sous un refrain entrainant que reprendra surement en chœur le public durant les concerts, l’incroyable histoire  d’Ahmed Al-Khatib. « O Isma ! O Isma ! » parle de cet enfant palestinien de 12 ans, tué par l’armée Israélienne, dont les parents avaient décidé de donner ses organes pour sauver trois enfants israéliens…  

La langue corse en question

À travers diverses questions, les élèves du lycée Jean-Nicoli ont aussi abordé le problème de la langue Corse. L’occasion pour le leader d’I Muvrini de livrer son opinion : « Je me rends compte que pour se faire comprendre il faut parler français, on prend conscience aujourd’hui qu’en Corse il y a un linguicide qui est programmé depuis des années. Ce qui me fait peur, c’est qu’on transfère le problème de la langue Corse à Paris, si on attend que la solution vienne de Paris, on peut attendre très longtemps. On ne va pas faire aimer cette langue par des lois ou par une obligation, mais par amour et par conviction, cette langue… c’est notre couleur de peau. La voix de la Corse est attendue et précieuse, soyons conscient des richesses que nous avons, et combien le modèle paysan et rural qu’est le notre nous donne des forces incroyables pour partager avec le monde. La culture construit des ponts d’intelligence entre la Corse et le monde

I Muvrini contre un monde sans âme

Source : L'Avenir.net
«Invicta», le nouvel album de I Muvrini sort aujourd’hui.

Avec un message clair: nous pouvons changer le monde.

«Nous nous sommes dits, “ soyons généreux ”! Il y a quinze chansons sur notre album. Au départ, nous en avions même 25 dans notre tiroir. Les meilleures se sont imposées.» Jean-François Bernardini a la volubilité des gens du sud. Et quand il parle du dernier-né d’I Muvrini, Invicta – qui sort aujourd’hui – il devient lyrique. Un album qui affirme simplement que chacun, à son niveau peut changer le monde. «C’est exactement ça le message. Si nous voulons changer ce monde qui ne tourne pas rond, c’est d’abord nous-mêmes que nous devons changer. Ce n’est peut-être pas facile mais c’est comme des milliers de petites lumières qui s’allument et qui modifient la fréquence du monde.»

En corse le plus souvent mais parfois en français ou en anglais, Invicta parle de non-violence. «C’est la version féminine d’Invictus. Ce poème de William Ernest Henley que citait souvent Nelson Mandela. C’est la conscience jamais vaincue. C’est se donner encore plus de force pour faire face à la violence.»

Invicta c’est aussi un album d’hommages. A un père d’abord, Ismael Khatib dont le fils Ahmed a été tué dans un camp de réfugiés palestiniens et qui a accepté de donner les organes du petit pour sauver cinq autres vies. «Un film a été tiré de cette histoire. Après l’avoir vu, nous avons décidé de faire une chanson. On y entend la voix du père et de l’infirmier israélien qui lui a demandé s’il serait d’accord de donner ces organes, même le cœur. Nous avons alors demandé aux chanteurs des Polyphonies hébraïques de Strasbourg s’ils accepteraient de chanter avec nous. Pour rassembler Arabes et Israéliens. Ils ont directement dit oui. La solidarité c’est primordial pour les hommes. Une autre chanson U pelegrinu est dédiée à Vincent Franchini, un Corse formidable qui est mort voici juste un an. Il avait 105 ans. Un jour il m’a dit “ va dire au monde que la chose qui rend le plus heureux c’est la solidarité ”. J’ai aimé l’associer à cette chanson qui est une reprise d’un vieux blues américain que j’ai découvert grâce à un autre combattant merveilleux, un prêtre et écrivain, Stan Rougier. C’est un blues qui parle du dernier voyage. C’est rempli de spiritualité. Pour moi, le religieux, c’est ce qui relie. C’est important. Stan Rougier dit “ dans toutes les traditions, je me sens chez moi ”. Je ne suis que candidat à croire (rires) mais je constate que nous sommes dans un monde qui produit de plus en plus d’hommes sans âmes…»

Étonnant aussi, cette reprise de Blowin’in the wind de Bob Dylan. Un hommage? «Pas vraiment. C’est la première chanson que j’ai découverte à la guitare. C’était l’âge d’or du folk américain. C’est un peu un clin d’œil. Pour moi, elle fait partie du patrimoine universel. Et surtout, les questions posées sont d’une extrême actualité. Or, l’important est là, apprendre à poser les bonnes questions.»

Corse, français, anglais, I Muvrini aime cette ouverture au monde. Comme ce drapeau universel multicolore qu’on découvre sur la pochette de l’album. «Je suis un homme habité par plusieurs langues. Je suis persuadé que l’avenir est au multilinguisme. Un poème arménien dit “ autant de langues tu parles, autant de fois tu es un homme ”. Il n’y a pas de langues ennemies, c’est nous qui les rendons telles. Pour nos chansons, le choix d’une langue ou de l’autre est inconscient. À un moment, une voix s’impose.»

Mais la non-violence n’est pas, non plus, le laisser faire. «ne rien faire ou frapper? Nous disons, ni l’un, ni l’autre. À quoi servent les artistes aujourd’hui? À l’heure du tout au divertissement, sommes-nous encore capables d’avoir un regard politique sur les choses? Il y a une grande famine morale dans le monde. Dès qu’on donne un peu de nourriture, ça nous rend plus forts!»

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I Muvrini en Belgique (mars/avril 2016)

Avec Zuflucht (chorale de réfugiés Syriens) et Renaud à Bruxelles, Cirque Royal - 26 mars 2016

Novembre 2016

Nouvel album d'I Muvrini : "Pianetta"

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« Pianetta » : Quand I Muvrini prônent la dimension planétaire de l’homme


Rédigé par Antoine Astima le Mercredi 16 Novembre 2016 à 23:52 | Modifié le Jeudi 17 Novembre 2016 - 00:29

Le célèbre groupe insulaire a présenté, ce mercredi, à la maison de quartier des Cannes, à Ajaccio, son dernier album. « Pianetta », un opus particulier réalisé avec le concours d’élèves bilingues du collège des Padule. Un an et 1 500 heures de travail pour seize titres qui interpellent autant qu’ils placent l’homme face à lui-même…

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« Un grain de blé peut nourrir l’humanité parce que son intelligence peut  faire des millions d’autres grains. Un cm3 de terre recèle des millions de bactéries, une goutte d’eau, la vie et un cm3 d’air, l’oxygène dont on a besoin… Si je respecte cela, alors je peux changer le monde… »
Par cette allocution qu’on lui connaît, Jean-François Bernardini, leader des Muvrini, a présenté, ce mercredi à la maison de quartier des Cannes, à Ajaccio, le dernier album du groupe mythique.
Les Cannes ? Tout sauf un lieu anodin. « C’est à côté du collège des Padule, explique Julien Comelli, professeur au sein de l’établissement et dont les élèves de la classe bilingue (3e) ont participé à ce beau projet :
« Pianetta ». Une ode à la fraternité, l’amour et la solidarité que l’on retrouve tout au long de l’album. Seize chansons au total parmi lesquels « dui pulmoni », allusion aux forêts et aux océans, « i castagnoni », « libertà di pensà », « u saltere » toutes interprétées par le groupe accompagné de quelques-uns des élèves.
« Ce projet était dans nos têtes depuis longtemps, lance le chanteur, entre nos concert et tournées, on avait du mal à lui consacrer du temps. Il est destiné aux juniors autant qu’aux adultes. On s’est il y a un an, qu’il fallait s’y mettre. On a bossé mais c’est un travail d’équipe. On a impliqué les élèves des Padule. Il y a eu, dans la foulée, le projet des collégiens sur scène. Le CD présente seize titres. Ce sont des titres de conscience planétaire. Traités sans infantiliser en leur transmettant cette conscience de la planète pour dire à l’homme : prenons conscience de notre inconscience ! »
La langue corse occupe, bien sûr, dans ce beau projet, une place importante. « Il faut la porter et tout le monde peut faire un petit pas, reprend Jean-François Bernardini, la langue passe par le cœur. La bienveillance, c’est d’être exigeant. En musique, on ne peut pas tricher… »
L’après-midi s’est achevé autour du verre de l’amitié en compagnie de personnalités de la Ville (Simone Guerrini, adjoint déléguée à la culture) et même du monde culturel (Battista Acquaviva).
Le groupe se produira en décembre prochain à l’Auditorium de Montreux en compagnie de 200 choristes. Toujours dans le même esprit…

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Décembre 2016

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Des élèves de Saint-Martin-Boulogne enregistrent une chanson avec I Muvrini

L'an dernier, des élèves du collège Roger Salengro à Saint-Martin-Boulogne avaient chanté au Zénith de Lille, avec le groupe corse I Muvrini. L'aventure se poursuit aujourd'hui avec l'enregistrement d'un titre.

  • Publié le 26/01/2017 par F3 Nord

 

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"On va vivre ce moment, on va enregistrer, on va donner le meilleur de nous mêmes" explique aux enfants, le chanteur corse. Être exigeant avec soi pendant l'enregistrement, pour figurer peut-être sur le prochain album d'I Muvrini. Depuis la rentrée de septembre, ces élèves du collège Roger Salengro de Saint-Martin-Boulogne, répètent avec leur professeur de musique un titre écrit par le groupe I Muvrini.

La chanson "On ne met pas ses enfants sur l'eau" a été composée en réaction au drame d'Elan, l'enfant migrant syrien retrouvé noyé sur une plage de Turquie ...Une expérience unique pour ces jeunes : "C'est extraordinaire de chanter avec un grand chanteur" ,"c'est une grande aventure".

C'est ça la partition de la vie, la partition du monde. Et être sur la scène aujourd'hui pour un artiste, c'est être sur la scène du monde, avec tout ce que cela veut dire de beauté, d'originalité, de fraîcheur," explique le chanteur corse en désignant les enfants "et en même temps d'être capable d'être à la hauteur de cette époque."
Un moment de réflexion et de partage musical à découvrir courant 2017 sur l'album du groupe corse.

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