Groupe "historique" (il a fêté ses 40 ans en 2017), I Chjami Aghjalesi est actuellement composé des quatre frères Pesce (Mai, Tieri, Toni et Francescu), de François-Xavier Prosperi et Filippu Rocchi, accompagnés par Patrick Croce, Paul-Félix Nasica, Richard Romani, Francescu Filippu Barbolosi, Jean-Marc Bertrand et Vincent Bonci.
Le groupe I Chjami Aghjalesi est né en 1976 de la volonté passionnée de jeunes Corses qui entendaient participer à leur manière au formidable renouveau culturel qu’a connu la Corse depuis la fin des années
Il s’agissait dans un premier temps de retrouver les réflexes ancestraux du chant Corse, réflexes techniques, esthétiques, réflexes sociaux aussi.
C’est ainsi que ce groupe d’amis entreprit un tour de Corse des lieux où le chant corse avait encore le droit de cité, en fait tous les espaces traditionnels de convivialité: foires rurales, cérémonies religieuses, villages où retentissaient encore spontanément la polyphonie profane et sacrée du peuple corse.
Le nom du groupe, littéralement "les appels de l'aire de battage du blé", sera proposé par Antoine Amadei, à l'époque professeur d'histoire-géographie au collège Saint-Joseph. Alain Nicoli (aujourd'hui disparu), Mai Pesce, Saveriu Luciani, Camille Albertini, Patriziu Croce, Petru Fondacci, Tony Pesce et François Pesce vont constituer le premier noyau.
Très tôt le groupe initial composé de quelques lycéens, devait prendre conscience de la nécessité de réintégrer le chant sur la totalité de l’espace insulaire. Dans ce but, et suivant en cela l’exemple de Canta u Populu Corsu, devait naître une véritable structure de travail qui s’orientait de plus en plus vers la création et intégrait de nouvelles recrues, de nouvelles compétences.
Leur premier disque "Nant'à u solcu di a Storia" (Dans le sillon de l'Histoire) témoigne de cette véritable volonté des jeunes chanteurs originaires de la région bastiaise de perpétuer la mémoire et les traditions insulaires tout en participant au mouvement de renaissance culturelle engagée depuis le début des années
Le groupe se structure au fil du temps et s'impose dès le milieu des années 1980 comme une véritable référence de la musique corse avec les sorties remarquées d'albums à fort engagement politique. Il faut dire que certains titres comme Populu Vivu ou Catena deviennent de véritables hymnes de la chanson identitaire corse. Les sorties remarquées d'albums à fort engagement politique comme "Cuntrasti et riccucate" ou encore "Populu vivu" entrent dans cette optique. Néanmoins, le groupe s’intéresse également à d’autres thèmes universels.
Plus de 40 ans après les débuts, trois éléments caractérisent toujours le groupe :
Tout d’abord, sa cohésion est basée sur le ciment de l’amitié; c’est celui qui lui confère cette longévité rarement égalée dans le monde de la musique corse.
Ensuite la tradition vocale corse était et reste la base obligée de l’apprentissage des membres du groupe, le support et la couleur de ses créations, quelles que soient les diverses influences musicales et rythmiques intégrées à l’écoute du monde.
Enfin, le groupe se veut complètement perméable aux évolutions et aux contradictions de la société corse, il s’inscrit par là toujours dans le vaste mouvement de réappropriation par les Corses des espaces et des moyens nécessaires pour générer eux-mêmes leur identité et leur avenir collectif.
C’est sur ce triptyque que s’est élaborée une démarche originale alliant tradition et modernité, défense et promotion d’une culture spécifique dans laquelle les Corses devaient se reconnaître, donnant par leur soutien un formidable élan à un groupe qui aujourd’hui peut se targuer de compter sur un public très large allant des plus jeunes jusqu’aux détenteurs de la tradition.
I Chjami Aghjalesi est un groupe qui allie la musique traditionnelle corse, les paghjelle et demeure aujourd’hui un véritable pilier de la chanson corse.
Nant'à u solcu di a storia (1978)
Esse (1981)
L'altu pratu di a Memoria (1983)
U mio cantu (1986)
Guerrieri di l'Eternu (1986)
Cuntrasti è ricuccate (1990)
Cantu sacru (1991)
Populu vivu (1993)
Credo (1998)
I Vinti cinque Baroni (2001)
Canti per u presepiu (2001)
L'Aghjalesi (2006)
Sventulerà (2010)
A Chjama (2022)
Lien vers extrait vidéo
Le site : http://www.chjami-aghjalesi.comPar Julian MATTEI
Publié le 26/09/22 dans Corse Matin
Depuis quarante-cinq ans, ses albums à fort engagement politique, empreints de thèmes universels et de musiques traditionnelles, en ont fait un pilier de la scène musicale insulaire. Avec son dernier opus, A Chjama, le groupe fondé en 1977 par de jeunes militants culturels issus pour la plupart du quartier de Saint-Joseph, à Bastia, s'inscrit dans le droit fil d'un itinéraire artistique qui a toujours mêlé les chants de révolte, la polyphonie et un style folk à la musique la plus traditionnelle.
Douze ans après Sventulerà, ce nouveau disque se veut un kaléidoscope, une succession de combinaisons aux styles différents en résonance avec des pages de l'histoire insulaire et d'ailleurs.
À travers dix-huit titres, la formation composée d'une vingtaine de chanteurs et de musiciens propose un répertoire qui perpétue le fleuve au long cours de la tradition en l'alimentant avec la création d'œuvres contemporaines.
L'album porte le nom de l'un de ces titres, signé de la main de Dumenicu Barazza, et met en scène pas moins d'une douzaine de chanteurs.
« Ce nouveau disque, le dixième, est aussi une occasion de mettre en avant une nouvelle génération, puisque des jeunes, et parfois même nos enfants, ont rejoint le groupe, explique Maì Pesce, membre fondateur et figure emblématique des Chjami. Nous avons souhaité nous inscrire dans une forme de renouveau, tout en restant fidèles à l'esprit militant qui a forgé notre identité. »
Si muverà, Quante, L'ultime cunfine, Sò dì... À sa manière, chaque titre, ou presque, met en musique un indéfectible engagement militant, qui fait partie de l'ADN du groupe. Certains dénoncent tantôt ces Corses qui vendent leur terre, la disparition de la langue, quand d'autres appellent à une émancipation collective ou plaident la cause des prisonniers exilés de l'autre côté de la Méditerranée.
Le groupe a d'ailleurs choisi de dédier ces chansons à deux figures de la lutte culturelle et politique disparues ces derniers mois, l'un des porte-voix du Riacquistu, Petru Guelfucci, emporté par la maladie voilà près d'un an, et Yvan Colonna, assassiné en mars dernier à la maison centrale d'Arles.
L'album n'en reste pas moins empreint de thèmes plus universels et historiques, dont le cheminement musical conduit de l'épopée d'Achille Murati à Capraia jusqu'à des rives plus lointaines, aux confins de l'empire mongol du temps de Genghis Khan.
Un clin d'œil à ce personnage historique, signé Patriziu Croce, qui fait écho à tant d'autres figures qui ont rythmé les différents albums des Chjami Aghjalesi, d'Attila le Hun au navigateur Christophe Colomb. L'un des fils rouges de cet itinéraire musical loin d'être achevé et sans doute à l'aube d'un renouveau cristallisé autour de compositions originales, enregistrées par Alexandre Guidi, de Hill side studio, et d'une nouvelle génération de chanteurs que les Chjami dévoileront en fanfare sur la scène du théâtre de Bastia, les 3 et 4 mars. Comme un passage de témoin après une œuvre musicale dense de près d'un demi-siècle.


Un film de Pierre Antoine Beretti produit par Domique Lanzalavi- Storia productions-
Le groupe Chjami Aghjalesi célèbre ses 40 ans d’existence. 40 ans de chants, de créations, de tournées, de militantisme...
Retour sur ce groupe qui entretient une relation unique avec le public depuis 40 ans.
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