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Autres musiques, autres artistes

Dernière mise à jour : 20/07/2010

Cette page est dédiée à ŕ toutes les musiques n'ayant pas trouvé leur place dans les autres pages. Inclassables, ces artistes font fi des classifications dans lesquelles ont voudrait les faire entrer.


Ensemble Organum
Christina Pluhar
Gian Maria Testa
Robert Wyatt



Robert Wyatt


Né le 28 janvier 1945 à Bristol en Angleterre, Robert Wyatt commence sa carrière en 1963 en participant, avec le bassiste Hugh Hopper, au trio de Daevid Allen. Il rejoindra ensuite le guitariste Richard Sinclair (futur fondateur de Caravan) et Kevin Ayers au sein des Wilde Flowers. En été 1966, il forme le groupe Soft Machine où il se distingue par un jeu de batterie très fin, proche du jazz et une voix émouvante aux accents très caractéristiques très proche du registre de haute-contre.
Après le chef d'oeuvre qu'est Third avec le sommet que constitue Moon in June, suite à des dissensions au sein du groupe, qui s'oriente vers une musique plus proche du jazz, il quitte la formation après le quatrième album, Fourth, dans lequel il se considère comme "chanteur au chômage".

Robert Wyatt fonde Matching Mole et sort un disque du même nom (1972) où il chante et joue de la batterie et du mellotron, avec Phil Miller à la guitare, Dave McRae, au piano électrique et à l'orgue, Bill McCormick à la basse et David Sinclair au piano et à l'orgue. Dans ce disque, il renoue avec un type de musique plus rock et plus mélodique, un retour au style de Canterbury de ses débuts.
Il chante à nouveau, offrant avec le titre O Caroline une ligne mélodique complexe et émouvante. Le groupe sort la même année son second disque, Little Red Record dans lequel on note une participation de Brian Eno.
Suite à une chute de quatre étages, il reste paralysé des deux jambes. Il entame une carrière solo, produisant des albums où il exécute la plupart des parties musicales. Deux d'entre eux, Rock bottom (1974), "l'un des chefs d'œuvres les plus originaux de l'histoire du rock" (Alain Dister), et Ruth Is Stranger Than Richard (1975) connaissent un certain succès public.

Rock Bottom est particulèrement représentatif de l'art de Robert Wyatt. On y retrouve son goût pour les échos et les boucles sonores, mais aussi l'émotion de la voix et une atmosphère flottante et profonde.
Sea Song, qui ouvre le disque, est simple et grandiose à la fois. Alifib est porté par la basse d'Hugh Hopper. Alifie instaure un climat onirique, avec le sax de Gary Windo. Enfin Little Red Robin Hood Hit The Road est à la fois fou, inventif et émouvant. Un disque à écouter et réécouter.

L'ambiance de Ruth is stranger than Richard est très différente, laissant plus de place aux rythmes et aux cuivres de Gary Windo et Mongezi Feza.
Robert Wyatt enregistre plusieurs disques avec Michael Mantler : Silence, The Hapless Child et Many have no speech. Particulièrement réussi est The Hapless Child (1975) avec Mantler, Terje Rypdal, Carla Bley, Steve Swallow et Jack DeJohnette. Sur les textes cruels d'Edward Gorey, la voix envoutante de Wyatt, répercutée par l'écho, se fait inquiétante, la guitare de Terje Rypdal met le feu aux poudres et plane au-dessus du brasier, tandis que DeJohnette se livre à une démonstration de la façon dont s'utilisent les cymbales. Carla Bley et Steve Swallow assurent. Un très bon disque.
En 1979 Robert Wyatt participe à Fictitious Sports, disque signé Nick Mason mais où l'on retrouve l'orchestre de Carla Bley au grand complet.


En 2001, Bruno Coulais fait appel à Robert Wyatt pour enregistrer l'un des morceaux du Peuple Migrateur, The Highest Gander.
"La voix de Robert Wyatt, par sa fragilité et son étrangeté, nous émeut et fait basculer le film dans un univers surnaturel, loin du documentaire."
En juin 2005 il fait de nouveau appel à sa voix enregistrée pour son Stabat Mater de Saint-Denis.
La musique de Robert Wyatt est très attachante. Aujourd'hui un grand nombre de musiciens citent son nom comme une de leurs sources d'inspiration, et l'Orchestre National de Jazz lui a rendu hommage en 2009 par l'album Around Robert Wyatt élu Victoire du Jazz 2009.

Texte de présentation :


"Robert Wyatt est un artiste résolument à part. Depuis Rock Bottom, son chef-d’œuvre de 1974, invariablement classé dans les disques les plus marquants de l’histoire du rock, le chanteur n’a cessé de susciter respect et passion. Au sein de Soft Machine, l’un des premiers groupes à avoir fait se rencontrer avec audace et pertinence rock et jazz, puis avec Matching Mole, sa formation suivante, il fut également l’un des batteurs les plus créatifs de sa génération. Il entamera ensuite une carrière solo devenant, au gré de merveilleux opus, l’inventeur d’une pop onirique et mélancolique, et une voix, intemporelle, instinctive et envoûtante, l’une des plus intrigantes de la musique d’aujourd’hui. Parmi ceux qui le citent comme une incontournable référence : David Bowie, Elvis Costello, David Gilmour…
Conçu autour d’une collaboration inédite entre Robert Wyatt et Daniel Yvinec, spécialement pour l’Orchestre national de jazz, ce programme plonge dans l'univers du chanteur à la personnalité protéiforme. Outre celle de Robert Wyatt, il invite à se joindre, autour d'un répertoire constitué de ses compositions mais également d'autres chansons qu’il a habitées avec bonheur, les voix d'artistes prestigieux qui offriront leur propre vision de son monde. L'idée est simple : partir du bijou pour confectionner l'écrin. Les voix ont été enregistrées en premier lieu, a cappella, dans la nudité et l'intimité d'une émotion palpable. Elles ont par la suite été habillées de somptueux arrangements orchestraux conçus en collaboration avec Vincent Artaud, talentueux explorateur de la confluence, utilisant ainsi les finesses de chaque inflexion comme source d'inspiration à une relecture profondément originale. Around Robert Wyatt nous permet donc de redécouvrir ces mélodies enchanteresses (Shipbuilding, Alifib…) révélant sous un jour nouveau, en le confrontant à la palette sonore unique de l'orchestre, l'univers de Robert Wyatt. Sur scène, le réalisateur Antoine Carlier élaborera une mise en image onirique et poétique, en résonance avec la musique comme avec l’identité de chacun des artistes associés et les musiciens de l’ONJ."



Discographie (non exhaustive)

avec Soft Machine
1968 Soft Machine (Volume One) ·
1969 Volume Two ·
1970 Third ·
1971 Fourth

avec Matching Mole ·
1972 Matching Mole ·
1972 Little Red Record ·
1994 BBC-Live (Londres 1972) ·
2001 Smoke Signal (compilations à partir de concerts en 1971) ·
2002 March

En solo
1970 The End Of An Ear
1974 Rock Bottom
1975 Ruth Is Stranger Than Richard
1982 Nothing Can Stop Us
1985 Old Rottenhat
1991 Dondestan
1997 Shleep
2003 Cuckooland

avec Carla Bley et Michael Mantler
Silence
1975 The Hapless Child
Many have no speech

avec Bruno Coulais
2001 B.O.F. Le peuple migrateur
2005 Stabat Mater

ORGANUM

C'est par le chant corse, plus précisément par son enregistrement Corsica: Chants polyphoniques et par Chant corse : manuscrits franciscains édité en 1995 par Harmonia Mundi, que j'ai connu l'ensemble Organum. Marcel Pérès y était entouré de chanteurs corses, essentiellement issus de Pigna, que l'on retrouvera dans A Cumpagnia, Jean-Pierre Lanfranchi, Jean-Etienne Langianni, Claude Bellagamba, Jérôme Casalonga et Antoine Sicot, des chanteuses du groupe Donnisulana et par celles qui formeront par la suite Madrigalesca : Nicole Casalonga, Jackie Micaelli, Aline Filippi, Gigi Casabianca, Joëlle Tomasini.

Fondé en 1982 par Marcel Pérès à l'Abbaye de Sénanque, accueilli dès 1984 la Fondation Royaumont, l'ensemble Organum a développé des programmes où se croisent les sources, issues des manuscrits musicaux, et les esthétiques du chant conservées par tradition orale. Cette approche a permis de vivifier les musiques anciennes en leur insufflant des germes vivants où résonnent encore l'écho des répertoires oubliés dont il ne nous reste que des signes pour retrouver le son.
L'ensemble fut dans un premier temps l'outil de diffusion des activités de l'ARIMM - Atelier pour la Recherche sur l'Interprétation des Musiques Médiévales - fondé en 1984 par Marcel Pérès au sein de la Fondation Royaumont. Cet Atelier devint en 1994 le CERIMM, Centre Européen pour la Recherche sur l'Interprétation des Musiques Médiévales.

En 2001, pour répondre à l'attente croissante des chercheurs et du public en faveur des musiques médiévales, Marcel Pérès a transféré le siège de l'ensemble Organum à l'Abbaye de Moissac, et a créé une nouvelle structure, le CIRMA - Centre Itinérant de Recherche sur les Musiques Anciennes - destinée à développer les activités de recherche, d'enseignement, de diffusion et d'édition, qui avaient été initiées dans le cadre du CERIMM, dans un contexte mieux adapté aux nouveaux enjeux culturels qui se profilent à l'aube de ce nouveau millénaire.

Les membres du groupe ont changé au fil du temps : Josep Cabré, Josep Benet, Gérard Lesne, Antoine Sicot, Malcolm Bothwell y ont notamment participé.

C'est à une autre approche du passé que voudrait inviter l'ensemble Organum, approche où les faits historiques sont perçus comme des événements émergeant d'un flux continu dans lequel les siècles ne sont plus des frontières, mais où chaque événement nouveau devient l'expression d'un moment privilégié de traditions qui se croisent, se mélangent, s'atténuent, disparaissent, ou encore restent distinctes et pérennes.

L'ensemble a abordé la plupart des répertoires européens qui marquèrent l'évolution de la musique depuis le VIe siècle. Les investigations se sont étendues jusqu'aux trois derniers siècles du deuxième millénaire, mettant en relief l'existence de permanences esthétiques médiévales dans certains milieux jusque dans les dernières décennies du XXe siècle. La structure souple de l'ensemble permet de faire appel pour chaque répertoire à des chanteurs et chanteuses issus de pays et de milieux très diversifiés.


La discographie de l'Ensemble présente des oeuvres qui remontent aux premiers temps du christianisme jusqu'au XVIIIe siècle, avec parfois des incursions dans le XXe siècle, par l'utilisation de savoir-faire vocaux ou instrumentaux qui existent toujours dans certaines contrées. Au-delà du simple plaisir acoustique, les programmes de recherche, concrétisés par les concerts, sont pensés dans une perspective transdisciplinaire afin d'élargir les champs d'investigation et de faire de la musique l'outil privilégié d'une réflexion sur l'histoire des mentalités.

Discographie

Polyphonie aquitaine du XIIe siècle: St. Martial de Limoges Harmonia Mundi 901134
Messe du Jour de Noel (École de Notre-Dame) Harmonia Mundi 901148
Chants de l'Église de Rome des VIIe et VIIIe siècles: période byzantine Harmonia Mundi 901218
Josquin Desprez: Missa Pange lingua w/ Ensemble Clément Janequin Harmonia Mundi 901239
Codex Chantilly: airs de cour du XIVe siècle Harmonia Mundi 901252
Corsica: Chants polyphoniques Harmonia Mundi 901256
François Couperin: Messe a l'usage ordinaire des paroisses (1690) Jean-Charles Ablitzer (orgue) Harmonic Records H/CD 8613
Chants de l'Église Milanaise Harmonia Mundi 901295
Plain-chant Cathedrale d'Auxerre Harmonia Mundi 901319
Ludus paschalis sive de Passione Domini Harmonia Mundi 901323/24 (2 CDs)
Le jeu des pèlerins d'Emmaüs: drame liturgique du XIIe siècle Harmonia Mundi 901347
Messe de Tournai Harmonia Mundi 901353
Codex Faenza - Selections Harmonia Mundi 901354
Messe de Saint Marcel Harmonia Mundi 901382
Palestrina: Missa Viri Galilaei, Motet Viri Galilaei, Magnificat primi toni La Chapelle Royale - Philippe Herreweghe Harmonia Mundi 901388
Chants Cisterciens Harmonia Mundi 901392
Graduel d'Aliénor de Bretagne Harmonia Mundi 901403
Ockeghem: Requiem Harmonia Mundi 901441
Chant de la Cathedrale de Benevento Harmonia Mundi 901476
Plain-Chant Parisien: XVIIe et XVIIIe siecles Harmonia Mundi 901480
Chant Corse: Manuscrits franciscains des XVIIe-XVIIIe siècles Harmonia Mundi 901495
Chant Mozarabe Cathédrale de Tolède (XVe siècle) Harmonia Mundi 901519
École Notre Dame: Messe de la Nativité de la Vierge Harmonia Mundi 901538
Laudario di Cortona: Un mystère du XIIIe siècle Harmonia Mundi 901582
Guillaume de Machaut: La Messe de Nostre Dame Harmonia Mundi 901590
Chants de l'église de Rome - Vêpres Harmonia Mundi 901604
Hildegard von Bingen: Laudes de Sainte Ursule Harmonia Mundi 901626
Compostela ad Vesperas Sancti Iacobi: Codex Calixtinus Ambroisie 9966
Ad vesperas Sancti Ludovici Regis Franciæ Antiphonaire des Invalides, 1682 Ambroisie 9982
Le Manuscrit du Saint Sépulcre Le Chant des Templiers Ambroisie 9997


Gianmaria Testa


Gianmaria Testa partage sa vie entre la chanson et... son métier de chef de gare.

Ce compositeur de chansons poétiques et intimistes gagne le Premier Prix du Festival de Recanati (qui récompense les jeunes auteurs-compositeurs) en 1994. Son premier disque « Montgolfières » où se mélangent jazz, bossa, tango et habanera connaît un grand succès en France. Devenu ami de Jean-Claude Izzo qui le cite dans ses romans, il met en musique dans «La Valse d’un jour», édité par le prestigieux label «Le chant du Monde», un des derniers textes écrits par Izzo, mort en 2000 .

C'est un chanteur attachant et intègre, qui ne fait pas de compromis. Ainsi lorsqu’un producteur lui demande d’ajouter des compositions plus rythmées pour séduire la télévision, il préfère renoncer à son disque !

Altre Latitudini


Plus que jamais dans ce disque, les murmures, l’accent piémontais et les graves veloutés de Gian Maria Testa nous émeuvent. Ses histoires de lucioles d’août, de fleurs d’hiver, de touaregs et d’étoiles sont chantées sur les arrangements sobres et élégants de son vieux complice Piero Ponzo. Des cordes, du swing, une trompette bouchée, une guitare...
Un bel album.

Da questa parte del mare



Un disque concept sur le thème de l’exil, souvent contraint.


testa
De sa voix grave un peu éraillée, Testa chante le déracinement, l’absolue nécessité de s’adapter au plus vite à des cultures étrangères, l’hostilité rencontrée sur la nouvelle terre d’accueil, la précarité, la souffrance. L’humour salvateur est souvent sous-jacent, comme dans "Al mercato di Porta Palazzo", où un agent de police accouru sur une place de village où a lieu un accouchement de fortune, réclame promptement leurs papiers à toutes les personnes présentes.

Gian Maria Testa est entouré d'excellents musiciens qui magnifient les textes en tissant une trame subtile autour du chanteur : Gabriele Mirabassi à la clarinette, le trompettiste Paolo Fresu, au jeu plein de retenue, le guitariste américain Bill Frisell, connu notamment pour ses disques avec Paul Motian.

Christina Pluhar - L'Arpeggiata

arpeggiata

Christina Pluhar tient une place à part dans le marché classique français et international. Elle est probablement la seule artiste au monde dont les enregistrements consacrés à la musique baroque primitive se vendent par dizaines de milliers d’exemplaires. C’est sans doute grâce à la conjonction d’une très grande rigueur musicologique, d’une liberté et d’une fantaisie, que ses concerts sont toujours pleins. Qui n’a pas vu Philippe Jaroussky se lâcher aux côtés de la chanteuse Lucilla Galeazzi dans une danse endiablée ne peut comprendre le phénomène Christina Pluhar. Pour Christina Pluhar, les grandes traditions musicales populaires sont les racines de la musique savante. C’est pour cette raison que Christina Pluhar ne craint pas les rencontres inédites et fécondes.

Christina Pluhar est née en 1965 à Graz (Autriche). Spécialiste de musique ancienne et baroque, harpiste, luthiste et joueuse de théorbe, elle vit à Paris où elle a fondé en 2000 l'ensemble L'Arpeggiata.
Cet ensemble vocal et instrumental propose des programmes autour du répertoire du premier baroque italien, en collaboration avec des solistes exceptionnels venus aussi bien de la musique savante baroque que de la musique traditionnelle ou d’autres genres, tel que le jazz ou encore d’autres formes d’expression artistique comme la danse ou le théâtre. L'ensemble s'est donné comme fils directeurs l'improvisation instrumentale, la recherche sur l'instrumentarium en exploitant la richesse de celui-ci dans la plus pure tradition baroque, la recherche d’une vocalité authentique dans la musique traditionnelle et la création et mise en scène de spectacles «événements».

Après le succès de son 1er album Teatro d’amore, parait aujourd’hui Via Crucis. Christina Pluhar entreprend cette fois de nous montrer la pérennité du sentiment religieux dans le monde méditerranéen, à travers les musiques savantes et populaires. La Passion du Christ, notamment, éveille une ferveur identique tant chez les grands maîtres “savants” comme Giovanni Felice Sances que dans les rues de l’Italie ou de Corse. Ici c'est
Barbara Furtuna qui représente brillamment la musique populaire.













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