Seitdem hallt Jahr für Jahr von den Mauern der Zitadelle das Echo dieser Stimmen wider, die der Erde, den Ozeanen, Bergen und Sternen erzählen, die uns die Geschichte vom Leiden der Völker, der Hoffnung der Völker, den Träumen der Völker berichten. Calvi wird so der Ort dieser intensiven Freude und dieser puren Emotion, die aus vollem Herzen schlägt, wenn heutige Menschen zusammen kommen, nur um die faszinierende Modernität polyphoner Kunst zu singen.
JC. ACQUAVIVA
Es ist noch anzumerken, dass die Rencontres sich „Treffen des polyphonen Gesangs“ nennen, ohne dass sie ausschließlich für diese Art des Gesangs reserviert sind. Es sind die Rencontres selbst, die polyphon sind. Es ist nicht immer notwendig, zu verstehen, was gesagt wird, um sich mit jemandem zu verstehen….
Zwei Anekdoten, die eine von Jean-Claude Acquaviva berichtet, die andere von Dominique Bianconi :
Am Ende eines Abends um 5 Uhr morgens in der Poudrière. Es waren ein Georgier, ein Kubaner, ein Sarde und ein Kontinentalfranzose dort, die alle ein wenig betrunken waren. Sie sprachen miteinander jeder in seiner Sprache und erweckten den Eindruck, dass sie einander verstehen. Danach schrieen sie sich etwas an, ohne jede Heftigkeit, aber es war surreal sie dabei zu beobachten, wie sie so etwas wie eine echte philosophische Debatte führten.
In einem Jahr hatte einer der georgischen Sänger sehr starke Ohrenschmerzen. Wir ließen einen Arzt zur Poudrière kommen, aber niemand sprach Französisch. Der Georgier, der Schmerzen hatte, erklärte sein Befinden einem anderen Georgier, der einer Freundin ins Englische übersetzte, die dann dem Arzt übersetze… Und es klopfte an die Tür. Es waren die sardischen Sänger von Tenore de Bitti, die anfragten, ob sie mit ihrer Probe beginnen könnten. Und sie begannen zu singen. Der Arzt unterbrach einen Moment seine Untersuchung und sagte: "Ich glaubte, Calvi zu kennen. Aber wo bin ich?!"
Die Rencontres finden jährlich an 5 Tagen Mitte September statt (siehe Kalender)
Informationen:
Association U Svegliu Calvese
Tel: 04.95.65.23. 57, e-mail: svegliu@aol.com
Seit 1999 hatten wir die Gelegenheit, fast jedes Jahr an den Rencontres in Calvi teilzunehmen. Unter den vielen Erinnerungen an diese besonderen Tage, möchte ich die Aufführung von Himalaya, l'enfance d'un chef im Jahre 1999, das Treffen mit Antoine Ciosi 2004 und die Entdeckung von Voix de Géorgie hervorheben.
Ein großes Dankeschön an Gerda-Marie für das Ausleihen ihres reichen Archivs, das es mir erlaubt hat, die Jahre „ohne“ zu ergänzen.
1995 : VIIes Rencontres
Via
Stella a récemment diffusé un film de Frédéric Deret sur les VIIes
Rencontres Polyphoniques, qui accueillaient, entre autres, Les Voix de
Géorgie, Su Cuncordu de Orosei, un groupe bulgare et un groupe
sud-africain.
1996 : VIIIes Rencontres
Mardi 10 septembre 1996, Eglise Saint Jean, Bastia
A
Filetta (Corse)
Giovanna Marini (Italie)
Mercredi
11 septembre 1996,
Calvi
Yann-Fanch
Kemener
(Bretagne)
Roulez Fillettes (France)
Huun-Huur-Tu
(République Tuva)
Jeudi
12 septembre 1996,
Calvi
Ozan
Firat (Anatolie)
Henry's Eight (Grande-Bretagne)
A
Filetta (Corse) : Chants de la Passion
Vendredi
13 septembre 1996,
Calvi
Yann-Fanch
Kemener
(Bretagne) et Didier Squiban
Salasa
(Madagascar)
El Cabrero - Paco del Gastor (Espagne)
Samedi
14 septembre 1998,
Calvi
Concerts
dans la citadelle avec la participation des confréries de
Balagne, du choeur polyphonique de Calvi, d'U Concordu de Orosei
(Sardaigne), d'Anghjula Dea, A Ribuccata, etc.
Final
avec tous les
participants.
Le Voci Atroci (Italie)
1997 : IXes Rencontres
Photo
Studio Luis pour Corse Matin
Samedi
20 septembre 1997,
Calvi
Concerts
dans la citadelle avec U Concordu de Orosei, Anghjula Dea, U Fiatu
Muntese, Mzetamze, les Voix de Géorgie.
Photo
Studio Luis pour Corse Matin
1998
: Xèmes Rencontres
Lundi 14 septembre 1998, Jardins de la
Poudrière, Calvi
Courts
métrages de Mikhail
Kobakhidzé.
Mardi 15 septembre 1998, Eglise Saint Jean,
Bastia
A
Filetta (Corse)
Crédit
photo : Jean-Marie Colonna
Vocal
Sampling (Cuba)
Le succès et la popularité de ce groupe cubain
n'ont cessé de croître en Europe depuis 1992,
entre jazz et salsa, entre rumba et mérengué.
Vocal Sampling - crédit photo Jean-Marie
Colonna
Mercredi 16 septembre
1998, Calvi - Soirée en hommage
à Ghjuliu Bernardini
Anghjula
Dea (Corse)
Cinq jeunes femmes issues de l'école de chant d'A Filetta.
Ensemble Organum (France)
Cet ensemble dirigé par Marcel Pérès a
une structure souple qui permet de faire appel pour chaque
répertoire à des chanteurs issus d'horizons
divers.
Pour cette Messe de Guillaume de Machaut,
Marcel
Pérès a fait appel à des chanteurs
corses issus de la tradition.
I Muvrini
Pour des générations de chanteurs, Ghjuliu
Bernardini, fondateur avec ses enfants du groupe désormais
mondialement connu et reconnu, fut, est et restera une
référence.
Jeudi 17 septembre 1998, Calvi
U
Fiatu Muntese (Corse)
Yann-Fanch Kemener
(Bretagne)
Houria Aichi (chants
berbères)
Houria Aichi revivifie la tradition de la poésie populaire
chantée des Chaouis d'Algérie, paysans
berbères de l'Aurès.
Voix
de Géorgie (Géorgie)
Les chants géorgiens passent parmi les plus beaux du monde.
Tous les chants interprétés par les Voix de
Géorgie, groupe créé en 1986, le sont
dans la version originale qui leur a été transmise par leurs ancêtres.
Les Voix de Géorgie et A Filetta -
crédit photo : Jean-Marie Colonna
Vendredi 18 septembre
1998, Calvi
Aghja Rossa (Corse)
Ces
jeunes chanteurs balanins issus des ateliers de l'association
"Ghjuventù in mossa" appartiennent également aux
confréries calvaises.
Voix de Géorgie (Géorgie)
crédit photo : Jean-Marie Colonna
Yann-Fanch
Kemener (Bretagne)
Le "pays" et ses légendes, les celtes et leurs
rêves, c'est son coeur, son âme, et chacune des
inflexions de la voix singulère de Yann-Fanch Kemener nous
en fait don.
Huun-Huur-Tu
(République Tuva)
La République Tuva, au sud de la Sibérie, est une
région montagneuse de steppes et de taïga. Cette
terre a inspiré cette musique mystérieuse et
méditative.
Samedi 19 septembre
1998, Calvi
Concerts
dans la citadelle avec la
participation d'U Concordu de Orosei (Sardaigne), clôture
avec tous les participants.
Vocal Sampling (Cuba)
"...ce
n'est pas l'instrument
exotique ou la pose de la main sur l'oreille qui donne sa force
à une musique; c'est plutôt la
sensibilité qui la guide, sa façon à
elle de raconter, témoigner le monde, la vie, l'humain, tout
ce qui par là-même lui donne cette force vitale.
La
réduire aux apparats de son décor, c'est
l'amputer de son entière substance, lui refuser sa pleine
existence."
Jean-François
Bernardini
1999
: XIes Rencontres
Création MédiaTerra
Répétition
à Calvi, septembre 1999
Mardi
14 septembre 1999, Théatre municipal de Bastia
Jean-Pierre Lanfranchi : Sogni à l'arrizà
Le Voci Atroci
Marcello Colasurdo e La Paranza Vocale : Il Cortile che canta
Du mercredi au vendredi : concerts de 18 h:
L'Alba, L'Aghja Rossa, Anghjula Dea, U Fiatu Muntese
Mercredi
15 septembre, Cathédrale
A Madrigalesca
Tembang Sunda & Kachapi Sulin
Mercredi 15 septembre, Oratoire
Marilis Orionaa
Sabri Moudalal, Omar Sarmini et l'Ensemble Al-Kindi : le salon de
musique d'Alep
The Helping Hand Gospel Singers
Jeudi 16 septembre, Oratoire
Tembang Sunda & Kachapi Sulin
La Squadra
Jeudi 16 septembre, Cathédrale
Tenores Antonia Mesina d'Orgosolo
Sheikh Hamza Shakkûr & Al-Kindi : Liturgie soufie de
la Grande Mosquée des Omeyades de Damas
Vendredi
17
septembre, Oratoire
Marcello Colasurdo e La Paranza Vocale : Il
Cortile che canta
Vendredi 17 septembre, Place d'Armes
La Musique Vocale de Bruno Coulais avec Marie Kobayashi,
Tsering Lodoe et A Filetta
A Filetta chante Himalaya
Samedi 18 septembre
Flying
Pickets
Tenores Antonia Mesina d'Orgosolo
The Helping Hand Gospel Singers
2000
: XIIes Rencontres
Mardi 12
septembre 2000, théâtre de Bastia : A
Filetta - Musique du film Himalaya, l'enfance d'un chef.
Mercredi 13 septembre
2000, Calvi
Salve
Regina (Corse, création) par A Filetta, Anghjula Dea, U
Fiatu Muntese, L'Alba et Aghja Rossa
Tiharea (Madagascar)
Utali (chants amérindiens)
Souffle Arctique (chants inuits et tchouktches)
Bulgarka Junior (Bulgarie)
Jeudi
14 septembre 2000, Calvi
Souffle
Arctique
(chants inuits et tchouktches)
Su Concordu
de
Orosei (Sardaigne)
L'Alba
(Corse)
L'Alba
- crédit photo : Jean-Marie Colonna
Chanteurs
de Tipa
(Tibet)
Dialogos (Croatie, Italie)
Soledonna et A
Filetta (Corse) : Canti, incanti e creazione
(Création Bruno Coulais)
Soledonna
- Photo Studio Luisi
Vendredi
15 septembre 2000, Calvi
Ariodela (Italie)
Ariodela - Photo Studio Luisi
Tiharea
(Madagascar)
Bulgarka Junior (Bulgarie)
Samedi
16 septembre 2000, Calvi
Su
Concordu de Orosei, Ariodela,
confréries de Calvi
Patrizia Bovi, Gigi Casabianca et Francesca Breschi :
Ogn'om
m'intenda
La géographie de l'imaginaire
A
l'heure où les technologies et le marketing
régissent les succès musicaux, où
quasiment plus personne ne s'insurge contre le play-back, où
l'émotion se limite aux lectures des potins du show
business, il existe pourtant aujourd'hui encore des
démarches singulières dans le domaine musical.
(...)
Depuis 13 ans déjà a lieu à
Calvi une manifestation culturelle, intitulée Les
rencontres de chants polyphoniques, qui permet au public et
aux voix du monde de se rencontrer. Une fois de plus pour la
12ème édition qui s'est
déroulée du 12 au 16 septembre dernier, le mot
"rencontre" y a pris tout son sens, car des rencontres il y en eut
beaucoup. Notamment lors des repas à la
Poudrière, siège social de l'association
organisatrice, lieu de vie de cette manifestation : celle des jeunes
chanteurs de Calvi qui échangèrent leurs
techniques vocales avec les chanteuses tchouches, rencontre moins
surprenante de la Corse et de la Sardaigne avec cette année
le groupe l'Alba et le Su Concordu d'Orosei, sans oublier la surprise
des chanteuses bulgares et amérindiennes
découvrant et échangeant un chant commun
à leur patrimoine respectifs.
A noter la formule concert-rencontre qui a pris une place majeure cette
année avec une affluence record et des spectateurs
enthousiastes, débordants de curiosité, de
désir de partage et de découverte : les
interventions de l'animateur Philippe-Jean Catinchi
ajoutèrent à cette édition en
permettant une meilleure compréhension des techniques
vocales et des traditions d'où qu'elles puisent leurs
sources.
Mais la polyphonie
ce n'est pas que la tradition : d'ailleurs
l'occasion fut donnée d'assister à des
créations : Himalaya ou l'enfance d'un chef,
bande originale d'un film signée Bruno Coulais,
donné en ouverture au théâtre de Bastia
et interprétée par A Filetta et
les Tibétains Tsering Lodoe et Gurgan
Kyap, le concert dans la cathédrale St Jean
Baptiste incontri et creazione, un duo
réussi entre A Filetta et le groupe de polyphonies
féminines Soledonna sur une musique de Bruno Coulais, et
enfin le concert-lecture autour de la tradition mariale
pièce intitulée Salve Regina,
création du Svegliu Calvese Le final aussi, s'inscrit dans
cette démarche avec le thème " La
géographie de l'imaginaire ", il surprit le public qui
était resté sur des répertoire festifs
avec Colarsurdo, Flying Pickets, Vocal Sampling, Voce Atroci. La mise
en scène et les lumières proposées
démontrèrent que le chant et lumières
peut pleinement imprégner un patrimoine et
s'imprégner de lui.
JF.
ROUCHON
(Source :
http://membres.lycos.fr/jpas - Copyright All right reserved
CITADELLA MEDIA (tm))
Mardi 11 septembre 2001, Bastia
A Filetta (Corse)
Moines de Gyütö (Tibet)
Mercredi 12 septembre
2001, Calvi
Yann-Fanch Kemener et Aldo Ripoche (Bretagne)
Quatuor
Giovanna Marini (Italie)
Lo Cor
de la Plana (chant occitan)
Jeudi
13 septembre 2001, Calvi
Quatuor
Giovanna Marini (Italie)
La
Risonanza
A Filetta (Corse - Choeurs de Medea : création)
Vendredi
14 septembre 2001, Calvi
Lo
Cor de la Plana (chant occitan)
U
Fiatu Muntese (Corse)
Ensemble Baba Mirzayev (Azerbaïdjan)
L'Alba (Corse)
Moines de Gyütö (Tibet)
Photo
Gérard Baldocchi pour Corse
Matin
Jean-Paul
Poletti et le
Choeur d'hommes de Sartène
Samedi 15 septembre 2001, Calvi
Concert
promenade
Salve Regina
Final
Bnet Marrakech (Maroc)
2002 : XIVes Rencontres
Nous
n'avions pas pris
l'abonnement complet cette année-là (quelle drôle d'idée !)
Nous avons ainsi
manqué, notamment, les excellents concerts d'Eva Quartet et
de la chanteuse algérienne Houria Aïchi...
Nous
avons
assisté aux concerts de Pino de Vittorio, A Filetta le jeudi
et Erotokritos le vendredi. Le samedi, avant le final nous avons
découvert Tempus Fugit.
Le
final très africain regroupait les chanteurs et danseurs
sud-africains de Colenso Abafana, la Malienne Nahawa Doumbia,
l'Erythréenne Fatyinga et encore d'autres.
2003 : XVes Rencontres
Création Media Terra
Mardi 16 septembre 2003,
Cathédrale Ste Marie à Bastia :
A Filetta
"Intantu"
Alim Qasimov (Azerbaïdjan)
Considéré comme un
phénomène vocal, Alim Qasimov chante le "Mugham",
forme musicale du IXe siècle comportant des morceaux
poétiques et des ballades sur l'amour, la guerre, la vie.
Assurd (Naples)
Ce groupe puise son inspiration dens la tradition de Campanie, des
Pouilles, de Calabre et du Lazio. "Tammurriate" ou chants a capella et
créations. Ces danses et chants sont de
véritables hymnes à la vie.
Mercredi 17 septembre
2003, Calvi
L'Alba
Sélectionnés au Printemps de Bourges 2001 dans la
catégorie "espoirs", les chanteurs de l'Alba allient les
chants profanes et sacrés issus de la tradition orale corse,
en sachant créer l'osmose entre polyphonie, rythme et
musique instrumentale.
Il en manque un pour faire un sextuor
Une des surprises des Rencontres que ce groupe de musique
vocale a cappella. Chants italiens de la Renaissance,
prières polonaises, standards de Cole Porter : un
répertoire très éclectique.
Antonella Morea et le groupe Media Aetas
Cette chanteuse napolitaine, qui a travaillé sous la
direction de Roberto de Simone, s'appuie sur la tradition de sa
région mais également sur ses
expériences jazzistiques, de même que le groupe
Media Aetas.
Assurd
Jeudi 18 septembre 2003
Jean-Claude Acquaviva et Danyel
Waro
Rencontre alléchante que celle du
réunionnais Danyel Waro et de Jean-Claude Acquaviva. Le
maloya, ancienne musique d'esclaves, combine des influences africaines,
malgaches et indiennes en un chant de révolte.
Alim Qasimov
Tavagna
"Canta Malcolm Bothwell"
Le musicologue et musicien anglais Malcolm Bothwell a
collaboré avec le groupe Tavagna sur trois pièces
musicales corses (a pesta, a Moresca, A l'Antigona).
Ma'allem Abdelatif el Makhsoumi (Maroc)
Un des derniers géants de l'envoûtante culture
Gnaoui marocaine. Les "Gnaouas" prêtent leur savoir ancestral
à un rite de possession nommé "lila"
(veillée).
Confrérie di a Pieve di a Serra
On ne dira jamais assez l'importance capitale des confréries
en Corse. Ces structures confraternelles constituent depuis toujours
des espace de tolérance et d'entraide. Elles sont aussi les
dépositaires d'un patrimoine exceptionnel de chants
sacrés.
Vendredi 19 septembre
Confréries Saint Antoine
Abbé et Saint Erasme
crédit
photo : Jean-Marie Colonna
Ma'allem
Abdelatif el Makhsoumi
(Maroc)
A Filetta "Si di
mè"
Photo
Denis Derond
Samedi
20 septembre
Concerts dans la Citadelle
"Chanter : est-ce toujours dire ?" ou "à l'iniziu c'era a
parolla"
2004
: XVIes
Rencontres
Compte-rendu
des 16es rencontres polyphoniques
du
14 au 18 septembre 2004
Mardi 14 septembre 2004, Cathédrale Ste Marie
à Bastia :
Premier concert pour A Filetta autour des
musiques de films de Bruno Coulais : de larges extraits,
complètement réarrangés pour le groupe
sans accompagnement musical, de Don Juan, Himalaya et du Libertin.
Performance remarquable sur des compositions qui sont loin
d'être faciles et dans un lieu pas forcément
approprié. La Cathédrale de Calvi, plus petite,
se prête mieux au chant tout en nuances d'A Filetta. Un petit
plantage sur La Mort de Don Juan. Cela arrive même aux
meilleurs !
Pour le deuxième concert, Jean-Claude avait
prévenu le public : ceux qui n'ont jamais entendu
les Voix
de Géorgie allaient être soufflés.
Effectivement, tant l'aspect physique de ces douze géorgiens
en costume traditionnel (bottes de cuir, cartouchières et
poignard au fourreau) que la puissance de leur chant ont
enthousiasmé le public. Les Géorgiens ont offert
un éventail de leurs capacités, avec des chants
religieux, des chants de mariage, de labour, de
célébration, de chasse, d’amour,
passant du plus tonitruant au plus doux.
Mercredi 15 septembre 2004, Calvi :
Retour à Calvi ce mercredi pour un premier concert
à la Cathédrale du groupe féminin
Isulatine. Né en 1998,
Isulatine
réunit
Antoinette d'Angeli, Elisabeth Andreani et Letizia Giuntini. Ces trois
jeunes femmes issues du jazz ou du chant traditionnel (Letizia a
vécu toute son enfance à Lumio à
côté du Carubbu cher à A
Filetta)…ont déjà chanté
ensemble dans différentes formations (Anghjula Dea) autour
d'une même passion pour le chant.
Comme le laisse présager le nom du groupe (Isula+latine),
leur répertoire témoigne d’une
volonté d’ouverture et se compose d'une palette de
chants d'horizons très différents. Leur concert
reprend en majeure partie les morceaux de leur album Sogni
d’Aprile enregistré en avril 2003, des
créations en langue corse et des chants traditionnels d'ici
ou d'ailleurs (un morceau jazz, une berceuse géorgienne, une
paghjella, une nanna).
Le soir, deux concerts : tout d'abord de nouveau Les Voix de
Géorgie. Le concert s’est terminé sur
… Dio Vi Salvi Regina chanté avec A Filetta !
Puis venait Okna Tsahan Zam (Kalmoukie). Autre moment
étonnant que de découvrir le chant diphonique
issu du chant mongol traditionnel.
Le
jeudi
16 septembre 2004,
à 18 h le groupe réunionnais
Salem
Tradition se
produisait dans la Cathédrale. Ce groupe de trois chanteuses
et deux musiciens chantent le maloya, chant d’origine
africaine interdit encore récemment par les
autorités françaises. Du punch.
A 21h 30 dans la Cathédrale, A Filetta présentait
"Di Corsica Riposu, Requiem pour deux regards"
créé dix semaines plus tôt pour le
festival de St Denis. Une œuvre âpre, assez ardue
à la première écoute, avec des moments
de grâce comme dans
Figliolu d'ella chanté
en trio par Paul, Jean-Luc et Jean et des moments d'extrême
tension comme le
Rex Tremendae avec des dissonances
inhabituelles. Textes de Borges lus par la belle voix grave de
l'omniprésent Pierre Bertoni, que l'on a vu successivement
au cours de ces Rencontres chanter, déplacer des
barrières, aider une personne handicapée, animer
un atelier de chant, toujours avec le sourire.
Vendredi
17 septembre 2004,
c'était le tour des Albanais de
Tirana
Concert
très intéressant. Les Albanais pratiquent une
polyphonie complexe à quatre voix : soliste
(l'équivalent de "a seconda") - le preneur " marrës
", le coupeur " prurës ", le repreneur " hedhës " -
et un bourdon " iso ". Gag : lors du débat, une traductrice
était chargée de relayer en albanais les
questions de l'auditoire et de traduire les réponses en
français. Or, le chanteur albanais répondait en
italien, ce qui fit dire à plusieurs personnes de l'assistance qu'elles
comprenaient l'albanais !
A 21h30 le
Corou de Berra
, groupe des Alpes méridionales qui
mêle polyphonies et orchestre.
Enfin,
Antoine
Ciosi clôturait la soirée,
prévue à l'origine sur la place d'Armes mais
transférée à l'intérieur de
l'église à cause du vent et de la pluie
annoncée (qui ne vint pas). Concert mémorable.
D'une part, Ciosi est un personnage d'une rare présence. Il
a enthousiasmé l'auditoire au cours d'un concert qui a
duré pas moins de 2 heures. D'autre part, ce concert a
été chargé d'émotion : tout
d'abord quand Antoine Ciosi a avisé dans la salle la
présence de son vieux compère Dominique Vicenti,
qu'il a fait acclamer par le public ; ensuite, lorsqu'il a repris
U
Ritrattu avec José d'A Filetta, qui se trouve être
l’arrière petit-fils d'a vecchja Maria de la
chanson, jeune veuve d'un soldat tué dans les
tranchées au début de la guerre de 14-18; enfin,
quand A Filetta au complet l'a rejoint sur scène. L'immense
admiration pour « celui qui fit découvrir
d’immenses poètes de langue corse aux jeunes
chanteurs » était palpable. « Dans sa
bouche, notre langue chante, danse, embrasse et surtout
espère », dira Jean-Claude.
Samedi
18 septembre 2004
Tout d'abord dans l'après-midi les plus courageux
s’étaient rendus sur les hauteurs de Calvi,
à Notre-Dame de la Serra, pour le discours du chef indien
Seattle et pour les 32 variations pour violoncelle composées
par Jean-Philippe Audin. Pendant ce temps, à l'Oratoire se
sont succédé les Géorgiens (qui
avaient troqué leur lourd costume contre des t-shirts des
rencontres polyphoniques), puis les stagiaires des cours d'initiation
dispensés par les confrères de St Antoine
Abbé et de St Erasme au sein desquels on a pu
reconnaître des chanteurs d'U Fiatu Muntese et de l'Alba.
A 18 h,l’
Alba
justement présentait dans la
cathédrale le matériel de son album (toujours
à paraître) Cilva. Musique très
originale aux multiples influences. faire swinguer la polyphonie sans
la dénaturer, quelle performance !
Enfin à 21h30 ce fut l'heure de la clôture
intitulée “
Calusgiule à
l’ultimu" (Etincelles pour finir). Avant
l'excellente prestation de
Toto – Bona
- Lokua, pratiquement
tous les invités se sont succédé :
Antoine Ciosi et A Filetta d'abord, avec des paroles très
fortes d'Antoine et de Jean-Claude pour dénoncer le racisme
et la xénophobie, les Voix de Géorgie, Tirana,
les kalmouks, Salem Tradition, l'Alba et A Filetta, revenue pour un
extrait d'Himalaya, deux extraits du Requiem (
Rex et
Figliolu d'Ella)
et un vibrant
Sumiglia.
. Seul bémol, deux
fâcheuses qui ont bavardé toute la
soirée pendant les chants. Une mise au point a
été nécessaire ! Autour de minuit,
quand les dernières notes de Gérard Toto, Richard
Bona et Lokua Kanza se sont éteintes, on était
partagé entre le regret que ce soit
déjà fini et l'intense bonheur d'avoir
vécu depuis le mardi des moments qui resteront pour toujours
dans nos mémoires…
2005 : XVIIes
Rencontres
Affiche
conçue
et réalisée par Area Communication (ZA Corbara
0495315405)
Compte-rendu
des 17es rencontres polyphoniques
du
13 au 17 septembre 2005

Ces
Rencontres ont vu le jour dans un contexte très difficile.
Le financement et la programmation ont été
bouclés in extremis, à telle enseigne que le
programme n’était disponible que 10 jours avant
l’ouverture. Alors que le Svegliu Calvese, dont on ne saluera
jamais assez le travail admirable accompli par ses
bénévoles, se débattait dans les
problèmes de financement, deux élus de la
Collectivité Territoriale dévoilaient le montant
de la subvention accordée sans aucun débat
à Michel Drucker pour son "Vivement dimanche" insipide
à Calvi : plus de 100.000 euros. Sans
commentaire…
Mardi 13 septembre
2005, Bastia
(Trop)
court concert
d’accueil d’A Filetta, qui
chante Beati, Kyrie, U Lamentu di Maria, L’Arditezza, deux
chants d’Himalaya, un extrait du Libertin, Rex, Pater Noster
et pour finir un Lamentu di Ghjesu bouleversant, avant
d’accueillir le 1er invité de ces 17es rencontres
: le groupe mongol
Egschiglen.
Après de
nombreuses péripéties (perte et casse
d’instruments pendant le voyage), ce groupe
composé de 6 musiciens et une danseuse nous fait
découvrir sa musique très virtuose, par les
acrobaties vocales du khöömie (chant diphonique) mais
aussi sur le plan instrumental sur cithare, basse et luth à
deux cordes. Quelques aperçus de danse mongole où
l’on sent une certaine parenté avec Bali par
l’importance de la gestuelle des mains et des bras. Rythmes
chaloupés des caravanes, cavalcades des chevaux, traditions
chamanes sont également évoqués par
cette belle musique loin du folklore.
Mercredi 14
septembre 2005, Calvi
Les
Rencontres de 18h s’ouvrent avec
Madrigalesca.
Ce groupe à géométrie variable
composé ce jour de Gigi Casabianca (chant), Nicole Casalonga
(clavecin et chant), Anne Pellegrini (flûtes, dont la pivana)
et Joëlle Tomasini (chant) présente un lien
équilibré entre musique savante et musique
populaire. Très belles voix, notamment de Gigi et
Joëlle. Comme chaque année, les concerts de 18
heures donnent lieu à de passionnants échanges
entre les groupes et Philippe-Jean Catinchi. Le public peut
également poser des questions.
Madrigalesca
A 21h30, les chants d’A Filetta (
U
Casticu,
Figliolu d’Ella et
A
Paghjella di l’Impiccati : la perfection)
accueillent
Silvia
Malagugini et son groupe, la
Compagnie Nonna Sima.
La
démarche du groupe s‘apparente à
celle de Madrigalesca : mélange de « populaire
» et de « classique », de culture savante
et de tradition orale. Ces Mystères sont une rencontre entre
« Il Laudario di Cortona », recueil de laudes du
XIIIe siècle, Monteverdi, Stradella et les chants
traditionnels d’Italie du Sud, où des influences
multiples, notamment arabes, se font sentir.
Ça
débute au berimbau, on croirait entendre Nana
Vasconcelos, puis les deux hommes (Edmond Hurtrait et Fréderic
Lair) paraissent avec des bougies allumées qu’ils
disposent sur la balustrade. Le chant des deux femmes (Silvia et
Joëlle Faye) arrive du fond du chœur. Et nous
voilà embarqués dans l’histoire de
Marie, chant tour à tour baroque, arabisant, italien
populaire. Etonnant chant diphonique de
Mathias Duplessy qui
joue
également de l’oud, de la guitare et des
percussions. Ovation méritée de l'auditoire.
Nonna Sima
Pour
conclure la
soirée,
A
Cumpagnia,
composé de Nando Acquaviva, François-Philippe
Barbalosi, Laurent Barbalosi, Claude Bellagamba,
Jérôme Casalonga et Ceccè Guironnet, a
peut-être pâti de l’heure tardive et de
la programmation très riche de cette journée.
Le
chant puissant du
groupe de Pigna, enraciné dans la
tradition tout en recherchant des formes innovantes, a
néanmoins séduit le public.
A Cumpagnia
Jeudi
15
septembre 2005, Calvi
Aux
Rencontres de 18h était
programmé le
Warsaw
Village Band pour
un premier concert en formation restreinte : les trois femmes (Maya
Mayall Klezcz, violoncelle et chant, Magdalena Sabczak, cymbalum et chant, et Sylwia Mazura Swiatkowska, violon, suka et chant) ont
présenté leurs « voix blanches
» mêlées aux instruments traditionnels,
notamment le suka, violon se jouant avec les ongles.
Etonnant, frais, souvent très beau.
Une « musique du chaos
», prenant sa source dans les chants traditionnels mais
à travers un style personnel et actuel, comme l’a
très bien expliqué Maya, dans un
français excellent.
Warsaw Village
Band
A 21h30
Pater
Noster,
Le Lac et
U Furore chantés par A
Filetta introduisaient Mahwash, grande
chanteuse afghane accompagnée par l’ensemble Radio
Kaboul. Pour ma part j’ai davantage
apprécié les duos tabla/sitar de Prabhu Edouard
et Ustad Khalil Gudaz que le chant.
Slaveï
Quartet
Enfin,
le Quartet
Bulgaria
Slaveï a recueilli les ovations du public
enthousiaste. Ces quatre chanteuses (deux sopranos, une mezzo
et… une basse) au physique imposant ont non seulement des
voix admirables mais aussi un humour certain. Parées de
leurs costumes traditionnels aux couleurs éclatantes, elles
ont emballé le public. Leur répertoire puise dans
les chants religieux aussi bien que dans les chants traditionnels
profanes. Technique vocale parfaite.
Et
pour finir, elles ont annoncé « une surprise
pour nos amis d’A Filetta ». Et ont
entonné « A Violetta » dans un corse
parfait. La Cathédrale debout les a ovationnées !
Vendredi 16
septembre 2005, Calvi
A 18h le groupe marseillais
Lo
Cor de la Plana
mené par Manu Théron a
présenté son répertoire de chants
sacrés de Provence ou plutôt ses «
polyphonies trépidantes ».
Très
surprenant chant scandé,
trépidant effectivement, circulaire, parfois proche du rap,
sur des textes évoquant notamment la vie d’Alexis,
saint déchu, ou empruntant aux Noëls de Notre-Dame
des Doms. Décapant !
Le
soir, le temps
étant menaçant, le spectacle initialement
prévu sur la Place d’armes se déroulait
dans la Cathédrale.
Le
Cuncordu de
Orosei (Patrizio Mura, Piero Pala, Massimo Roych,
Mario
Siotto et Gianluca Frau) présentait "Cola Voche" avec un
violoncelliste hollandais, Ernst Reijseger et un percussionniste
écossais, Alan Purves. Très étonnant
quant on connaît l’attachement des sardes au chant
traditionnel, ici subverti par le jeu complètement
dément du violoncelliste, qui utilise son instrument de
toutes les manières possibles (en accords comme une guitare,
en grattant les cordes avec une clef, en l’utilisant comme
une percussion…)
Pour finir, le Warsaw Village Band au complet a
enflammé la Cathédrale. Concert très
différent de celui de la veille, très
rythmé, avec des influences multiples. Le " bio techno"
polonais, sorte de transe cadencée par les percussions, les
violons nerveux et les voix fortes des chanteuses. Une fois de plus, le
public était debout.
Françoise
COULOMB : Lever de soleil sur la citadelle
Samedi 17
septembre 2005, Calvi
A partir de 16 h, Pierre Bertoni présentait
avec talent et humour les chants des Confréries, rejoints par
Silvia Malagugini et son groupe et les Sardes du Cuncordu de Orosei
dans l’Oratoire.
U Fiatu Muntese
(photo Pierre Casanova)
A
18h leur succédait
U
Fiatu Muntese
(dont l’un des chanteurs est d’ailleurs membre
d’une Confrérie).
Depuis ses débuts en 1994, ce groupe devient meilleur chaque
année.
Ce concert du 17 septembre était magnifique,
mêlant chants a cappella et compositions avec instruments :
O
Salutaris Hostia,
Nannina
géorgienne,
Perdono mio Dio, une
Paghjella, L'Ecclesiaste de J.C. Acquaviva,
O
Mà,
Corciu Paese, un tango..
Le
final
s’annonçait étonnant : 42 enfants de
Calvi devaient jouer sur la Place d’Armes «
Fantastica,
la Grammaire de
l’imagination », mise en scène
par Orlando Forioso sur la base de textes de Gianni Rodari. Et Paul
Giansily nous avait promis une surprise…
La
pluie battante a
malheureusement contraint les organisateurs
à modifier le programme en dernière minute :
à la Cathédrale, Lo Cor de la Plana et le
Cuncordu de Orosei précédaient A Filetta, pendant
ce temps les autres groupes chantaient à
l’Oratoire.
Après
d’excellentes
prestations des groupes
marseillais (encore plus délirant mais tout aussi talentueux
que la veille) et sarde, A Filetta nous a offert sa surprise : quelques
extraits de
Si di Mè, avant de
présenter les chants du spectacle
théâtral.
Photo Corse matin
Nous
étions
prévenus, mais la surprise fut grande de
découvrir A Filetta dans un registre tout à fait
nouveau : le comique. Fous rires du public en voyant Paul
déchaîné prendre la voix et les
mimiques d’une sorcière, du petit chaperon rouge,
d’un garçonnet… Tout le groupe
s’amusait visiblement en chantant l’histoire de
Pasqualinu-qui-perd-tout, évoquant tour à tour
Tarzan, le Père Noël et pour finir « le
plus fou des corses », Napoléon.
Après cette soirée animée, le
déluge qui s’est abattu sur Calvi, transformant
les rues de la citadelle en torrents, n’a même pas
réussi à doucher l’enthousiasme des
spectateurs.
Pour
conclure,
malgré les problèmes cités plus haut,
en dépit des intempéries, une réussite
éclatante, une programmation pertinente et audacieuse, avec, en fil conducteur, une création prolongeant et renouvelant
la tradition. Pour reprendre les termes de Jean-Claude Acquaviva :
« La tradition n’a de sens que si elle continue
d’être le reflet d’une
communauté qui avance». Il appartient maintenant
au public d’aider à pérenniser ces
Rencontres « en faisant progresser
l’idée qu’un vrai partage ne peut
trouver d’écho favorable dans ce qui pourrait
s’apparenter à une logique d’animation
».