Dernière mise à jour : 01/10/2011
Ici, en complément de la page consacrée au groupe, quelques souvenirs de concerts de l'Alba, compte-rendus, affiches, photos.
Rappel : Vous trouverez également d'autres concerts sur le site :
A Filetta :
Concerts 1991-2005
Concerts 2006
Concerts 2007
Concerts 2008
Concerts 2009
Concerts 2010
Concerts 2011
Concerts autres artistes
Jazz live (Concerts de jazz)
Et les concerts à venir sont en page Agenda.






Pour découvrir les autres photos de Brigitte Kuehn, suivre ce lien.

Source : La Voix du Nord du 16 février 2011 - Merci à Françoise Debeurme
Nous n'avions plus revu en concert l'Alba depuis un an, jour pour jour. L'impatience était grande de retrouver le groupe dans son actualité, et notamment d'apprécier l'apport de Marie, la nouvelle venue à la batterie. Pour ce concert donné à 21h45, la cathédrale de Calvi était pleine, avec un public très mélangé où l'on entendait parler anglais, allemand...
Premier changement visible : le placement des musiciens a changé par rapport à l'an dernier. L'harmonium s'est déplacé sur la gauche, de même que les basses d'Eric, Benjamin se décalant à l'extrême gauche, la batterie de Marie trônant au centre en arrière de la scène. Jean-François se tient légèrement en avant, un peu en arrière de Cédric, Ceccè et ses clarinettes se positionnant à droite.
Le premier morceau est I fanali . Marie accompagne les musiciens en caressant les tambours de ses paumes.
Puis vient U Carognu. U Tracciapiste ensuite, suivi de Di l'Alba.
La basse d'Eric introduit U Clonu auquel la batterie donne un nouveau son. Intro de guitare andalouse pour Si tù.
L'ombra d'oru lui succède, très différent d'il y a un an, avec des notes de violon très subtiles.
Puis Cédric, Benjamin, Jean-François et Ceccè se rapprochent, on croit à une paghjella, mais c'est U Lamentu di Ghjesù qu'entonne Ceccè. Une magnifique interprétation. Ceccè très applaudi nous dira après le concert qu'il s'était senti un peu serré dans ses vêtements !
U celu est joué sur un rythme évoquant l'Orient et le Maghreb. Le concert touche à sa fin, Alba, O sangue se succèdent, puis vient Batelli qui se termine tout en douceur par les délicates notes du violon de Cédric.
Bien sûr, ils ne peuvent pas partir tout de suite, et ils reviennent pour un rappel : Beie à stancià dulori, puis enfin l'admirable Sta mane. Le public est debout, les sept artistes visiblement satisfaits saluent l'assistance.
Que retenir de cette belle soirée ? Tout d'abord, la parfaite intégration des percussions de Marie dans le son du groupe. Ensuite, une maîtrise vocale et instrumentale toujours plus grandes. Enfin, le fait que rien n'est jamais figé et définitif pour ces artistes exigeants. Sans cesse les morceaux sont remis sur l'ouvrage, avec de subtiles variations, des enrichissements, de nouveaux arrangements.




















Une vidéo (de très mauvaise qualité) tournée lors du concert de
Corbara :


L’Alba a un son très personnel. Sur la solide assise rythmique de la contrebasse de l’excellent Eric Ferrari se déploient la guitare de Jean-François, la cetera et le violon de Cédric et surtout les interventions inspirées de Ceccè aux clarinettes (notammant à la clarinette basse) et à la pivana. Et le groupe excelle aussi dans le chant a cappella.
Outre le Sta mane déjà cité, chanté par Sébastien avec la basse « circulaire » du groupe, il faut mentionner aussi les paghjelle, chantées par Jean-François (siconda ou bassu), Sébastien (terza) et Ceccè (bassu ou siconda). Nous attendons avec impatience la sortie du prochain disque de l’Alba sur lequel figurera Sta mane.
En tout cas il faut
encourager comme il se doit ce groupe qui propose une
musique originale, sachant
dépasser
la tradition sans jamais la renier.
Et on peut regretter que les autorités locales n’aient pas pris la
juste
mesure de cet immense talent et ne donnent pas à ce groupe le petit
coup de pouce
qui lui permettrait de recueillir une plus vaste audience.
Il est réconfortant de constater la vitalité de la scène musicale
corse. Les groupes corses semblent enfin sortis du modèle longtemps
dominant que
constituait le Canta u Populu Corsu des glorieux aînés, dont l’aura
avait semble-t-il quelque peu paralysé la créativité des jeunes
groupes. Actuellement de nombreux groupes de qualité proposent des
musiques
très variées, comme Zamballarana ou Voce Ventu, par exemple, sans
parler
des groupes de rock comme Erin.


Instrumentaux enlevés et rythmés, chants aux mélodies bien soutenues par des musiciens créant des atmosphères très personnelles et chants a capella se partageaient le programme.
Même si l’on peut regretter sur certains chants l’absence de
voix
basses et des structures de morceaux souvent trop proches (intro
instrument / chant
leader / reprise du chœur), l’ensemble était d’excellente tenue
avec quelques perles dans chaque registre.
Et pour finir un Kyrie (en fait, le titre de ce
morceau est Sta mane)
a capella de toute beauté, dégageant
une profonde émotion.
Pour tout dire, cette formation allégée par rapport à
l’époque du disque Cilva permet au groupe d’aller
plus à
l’essentiel et par-là même de nous toucher plus. On a hâte de
retrouver l’Alba en confirmation de ces bonnes orientations.
Pierre Casanova

